Un article paru dans iScience décrit le fardeau des maladies infectieuses d’origine dans une approche Une seule santé (Foodborne disease burden in Sweden with a One Health perspective).
Merci à Joe Whiworth de Food Safet News de m’avoir signalé cet article.
- De 2013 à 2022, les maladies infectieuses d'origine alimentaire ont causé 1,2 million de cas et 37 665 DALYs* en Suède.
- La campylobactériose et la salmonellose présentent la charge de DALYs la plus élevée parmi les autres
- Des liens étroits existent entre les cas de campylobactériose humaine et les épidémies dans les élevages de volailles.
- Des associations sont observées entre les variables bioclimatiques et les cas annuels de maladies infectieuses d'origine alimentaire.
* Le DALY (année de vie corrigée de l'incapacité) représente la perte de l'équivalent d'une année de vie en bonne santé.
Résumé
Les maladies infectieuses d'origine alimentaire représentent un fardeau considérable pour la santé publique mondiale. Pourtant, leur ampleur et leurs facteurs déterminants en Suède n'ont pas fait l'objet d'une évaluation exhaustive. Dans le cadre de l'approche « Une seule santé », nous avons estimé le fardeau national des maladies infectieuses d'origine alimentaire de 2013 à 2022 et exploré les liens avec les sources zoonotiques et les facteurs climatiques. Nous avons recensé plus de 1,2 million de cas, pour la plupart non déclarés, correspondant à 37 665 années de DALYs. La campylobactériose représente la part la plus importante des cas et du fardeau de morbidité, avec de fortes corrélations avec les foyers épidémiques dans les élevages de volailles et la consommation de viande de poulet contaminée. La salmonellose se classe au deuxième rang en termes de fardeau de morbidité. La listériose a causé relativement peu de cas, mais un fardeau de morbidité disproportionné. L'augmentation des températures et des précipitations était associée à une incidence annuelle plus élevée. Un fardeau plus élevé, ajusté à la population, a été observé dans les comtés du nord. Ces résultats permettent de mieux comprendre la dynamique des maladies infectieuses d'origine alimentaire en Suède et soulignent la nécessité de renforcer les stratégies de prévention et de surveillance tout au long de la chaîne de production alimentaire.
Nous y voilà, comme dans d’autres pays, la Suède fait face à une sous déclaration des cas de maladies infectieuses d'origine alimentaire.
Introduction
Incidence estimée de la maladie et DALY
Discussion
Il a été aussi constaté que le portage de Campylobacter chez les poulets de chair dans les élevages avicoles suédois était étroitement lié à la campylobactériose humaine endémique, soulignant le lien fort entre la viande de poulet contaminée et la campylobactériose.
Conclusion
Globalement, ces résultats soulignent l'importance d'une approche intégrée « Une seule santé » qui prend en compte conjointement la santé humaine, animale et les facteurs environnementaux lors de l'évaluation et de la gestion des risques liés aux maladies d'origine alimentaire. À la lumière de nos conclusions, les priorités à court terme devraient porter sur : (1) le renforcement des contrôles tout au long de la filière avicole, de la biosécurité à la ferme à l'hygiène d'abattage et à la manipulation en point de vente, afin d'endiguer la campylobactériose endémique ; (2) l'intégration d'une gestion des risques tenant compte du climat (par exemple, un renforcement de la surveillance et des contrôles d'hygiène pendant les périodes chaudes et humides) ; et (3) le renforcement de la surveillance des aliments non issus de l'élevage, en particulier les légumes frais (par exemple, les légumes à feuilles, les salades composées, les herbes aromatiques) et les fruits et légumes/baies importés, en intégrant les flux de données actuellement fragmentés entre les différents organismes. Les données relatives aux sources d'épidémies devraient continuer d'être utilisées comme indicateurs de vecteurs traçables plutôt que comme mesures de l'exposition au niveau de la population, et les comtés présentant des taux d'exposition plus élevés, ajustés à la population, pourraient bénéficier de stratégies de surveillance et de prévention adaptées aux systèmes alimentaires locaux et aux capacités de dépistage. À l'avenir, les plateformes de données partagées One Health, qui relient systématiquement les données humaines, animales, alimentaires et climatiques, associées à des enquêtes microbiologiques et sur la chaîne alimentaire ciblées, permettront des tests de sensibilité plus rigoureux et une meilleure compréhension des causes, guidant ainsi des actions préventives plus précises en matière de sécurité des aliments en Suède.
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