jeudi 1 octobre 2026

La Suède a intensifié les inspections alimentaires en 2025, mais des disparités subsistent

Alors que de 2012 à 2024, les inspections en sécurité des aliments en France ont, soit baissé (2012 à 2016), soit stagné (2017 à 2022), puis subitement augmenté en 2023 et 2024*, cet article sur la Suède interroge notre propre pays (même si les explications fournies ne sont pas les mêmes) sur le nombre d’inspections qui a, certes, atteint des niveaux inédits, mais surtout pour quels objectifs, et pourtant, il y a encore tant à faire dans ce domaine ...

« La Suède a intensifié les inspections alimentaires en 2025, mais des disparités subsistent », source Food Safety Magazine.

Les autorités suédoises ont réalisé plus de 60 000 inspections alimentaires programmées en 2025, soit environ 4 000 de plus qu'en 2024, atteignant ainsi l'objectif national annuel fixé pour ces contrôles, selon le rapport de l'Agence suédoise de l'alimentation (Livsmedelsverket) sur les contrôles alimentaires de 2025.

En 2025, les autorités ont mené à bien 91 % des contrôles alimentaires programmés fondés sur les risques, dépassant l'objectif national de 90 %. Pour les établissements présentant un risque élevé, 88 % des contrôles prévus ont été réalisés.

Une plus grande cohérence dans l'évaluation de la conformité des entreprises alimentaires est nécessaire

En Suède, la majorité des contrôles alimentaires sont effectués par les municipalités, aux côtés des conseils administratifs de comté et de l'agence nationale. Selon le rapport de 2025, bien que les contrôles officiels aient été généralement fondés sur les risques et que la plupart des entreprises alimentaires aient respecté les règles en vigueur, le manque d'uniformité entre les autorités de contrôle a été identifié comme un point à améliorer. L'Agence suédoise de l'alimentation a relevé des différences significatives dans la manière dont les autorités municipales évaluent la conformité des entreprises, ce qui pourrait entraîner des conditions inégales pour les entreprises selon les municipalités.

Toutefois, la cohérence des évaluations des entreprises par les différentes autorités s'est légèrement améliorée en 2025, atteignant 53 %, contre 49 % l'année précédente.

Autres pistes d'amélioration pour les contrôles alimentaires en Suède

Le rapport a mis en évidence d'autres domaines nécessitant des améliorations.
Par exemple, le taux de vérification de la traçabilité tout au long de la chaîne alimentaire suédoise s'est établi à 70 %, un chiffre inférieur à l'objectif de 90 %.

De plus, 69 % des non-conformités identifiées ont fait l'objet d'un suivi et ont été corrigées dans un délai d'un an, un résultat en deçà de l'objectif national de 75 %.

L'Agence suédoise de l'alimentation a commencé à mettre en œuvre un processus de contrôle standardisé visant, en partie, à améliorer le suivi et la correction rapides des non-conformités. Sur la base des résultats des contrôles alimentaires nationaux de 2025, la Suède a défini quatre domaines prioritaires sur lesquels concentrer ses efforts pour la période 2026-2029 : des contrôles cohérents et fondés sur les risques, des contrôles efficaces, la traçabilité et la préparation.

* A titre de comparaison avec la France, en 2025, l'AFSCA de Belgique a réalisé 182 420 inspections auprès de 56 456 entreprises, dont 85,9 % ont donné un résultat favorable. 62 168 échantillons ont été analysés, dont 98,1 % se sont révélés conformes.

En France, en 2025, il n’a été réalisé que 120 765 inspections en sécurité des aliments, si je puis dire ...

Vote en Suisse : l'initiative des écologistes pour une "alimentation sûre" a été balayée

Nos amis suisses ont voté le dimanche 27 septembre 2026. Les Suisses ont massivement balayé deux initiatives populaires, l'une sur une redéfinition rigoriste de la neutralité, l'autre sur l'agriculture et l'alimentation. Elles ont été balayées. Source article du blog Agriculture, alimentation, santé publique... soyons rationnels

C’est de l’initiative sur l’alimentation dont il va être question.

C'était une initiative « Pour une alimentation sûre – grâce au renforcement de la production indigène durable, à davantage de denrées alimentaires végétales et à une eau potable propre »

On aura compris à la lecture de son intitulé que l'initiative est complexe. Elle l'est encore plus quand on lit le texte de la modification constitutionnelle proposée et soumise au vote.

Voici un résumé issu par l'administration fédérale :

« L’initiative sur l’alimentation demande que la Suisse produise nettement plus de denrées alimentaires afin d’être moins dépendante de l’étranger. À l’avenir, au moins 70 % des aliments consommés en Suisse devront être produits dans le pays. Pour y parvenir, l’agriculture suisse devra produire moins d’aliments d’origine animale et davantage d’aliments végétaux. De la sorte, les mêmes surfaces pourraient nourrir un plus grand nombre de personnes. En outre, l’initiative veut mieux protéger l’environnement, l’eau potable, la fertilité des sols et la biodiversité. Les agriculteurs devront utiliser moins de produits phytosanitaires et d’engrais. Les objectifs doivent être atteints dans les dix ans à compter de l’acceptation de l’initiative. »

L'initative avait été déposée par un comité citoyen dont la figure de proue est la militante écologiste Franziska Herren, déjà à l’origine d’une initiative sur l’eau potable rejetée en 2021, et qui réunissait notamment des agriculteurs (dont certains agriculteurs bio), des chercheurs et des spécialistes de l’eau.

Elle n'avait été soutenue par aucun parti politique. Sans surprise, elle a aussi été vivement combattue par les milieux agricoles.

Elle a été rejetée par 75,52 % des votants (5,37 points de plus que pour la votation sur la neutralité), avec 47,04 % de participation (0,03 points de moins) et par tous les cantons.

La Tribune de Genève a titré à juste titre : « L'initiative alimentation s’écrase, mais les enjeux restent » (article payant).

Dans un autre article, M. Florent Quiquerez relève l'entêtement des initiants, pour qui tout compromis relevait de la compromission :

« Ce manque d’appui ne tombe pas de nulle part. Si les buts des initiants étaient louables – préserver les eaux, les sols et augmenter le taux d’autoapprovisionnement en misant davantage sur la production végétale –, ils ont fait preuve d’un entêtement à ne rien vouloir changer à leur texte.

Or, il y avait un chemin pour accepter les mains tendues de la gauche sur les questions environnementales. Voire pour chercher à bâtir un pont avec les milieux agricoles pour doper la production de denrées indigènes. Mais en croyant à tort que tout compromis était synonyme de compromission, ils se sont autosabordés. »

Bref, on n'aura pas fini de parler de ces questions en Suisse.