mercredi 17 juin 2026

L’évolution du rôle de l’assurance qualité dans la sécurité des aliments

Bien entendu, de nombreux éléments de l’article ci-après sont connus, sus et appliqués, et il semble bien révolu ce temps où un jeune responsable qualité, à qui je posais quelques questions sur l’hygiène et la sécurité des aliments dans son entreprise, m’avait répondu, « on fait de l’hygiène, sauf pendant les promos. »

Par ailleurs cet article est américain et il ne reflète pas totalement la situation chez nous, néanmoins, à mes yeux, il constitue une bonne piqûre de rappel, au cas où ?

Voici donc The Evolving Role of the Quality Assurance Professional in Food Safety (L’évolution du rôle du professionnel de l’assurance qualité dans la sécurité des aliments) par Andrew Thomson et Matthew Wilson.

Le rôle des professionnels de l'assurance qualité (AQ) dans l'industrie agroalimentaire connaît une transformation majeure. Autrefois perçus principalement comme des garants de la conformité, les équipes de l’AQ sont désormais appelées à devenir des partenaires stratégiques, façonnant la culture de la sécurité des aliments, stimulant le développement des compétences et exploitant l'analyse des risques et des données pour permettre une amélioration continue.

Au-delà de la seule conformité

Le respect des normes de conformité et de certification n'est qu'un prérequis. Pour réussir pleinement, les entreprises alimentaires doivent intégrer la sécurité des aliments au cœur de leurs activités, allant au-delà des exigences réglementaires pour améliorer leur efficacité, renforcer la confiance des consommateurs et assurer une croissance durable.

Trop longtemps, les entreprises ont considéré l'AQ comme une simple fonction de conformité, ce qui est une erreur. De nombreux concepts fondamentaux du management de la qualité ont vu le jour aux États-Unis, grâce à des statisticiens et des pionniers de la qualité tels que Walter Shewhart, W. Edwards Deming et Joseph Juran. Le Japon a adopté, développé, intégré et popularisé ces méthodes plus efficacement que de nombreuses entreprises occidentales après la Seconde Guerre mondiale. Cette volonté d'améliorer la qualité et la compétitivité des produits a transformé la perception des produits et technologies japonais, passant d'une image « bon marché et variable » à celle d'une référence mondiale d'excellence. Ce même changement de mentalité est essentiel pour l'industrie alimentaire.

Les professionnels de l'assurance qualité doivent aller au-delà de la simple conformité et devenir des leaders capables de mobiliser les employés, d'influencer les priorités de l'entreprise et de favoriser l'amélioration continue de la sécurité et de la qualité des aliments. En passant d'une approche répressive à une approche pédagogique et collaborative, les équipes d'assurance qualité peuvent instaurer un changement de comportement significatif et durable.

Compétences-clés pour réussir en assurance qualité

Communication et influence
Les professionnels de l'assurance qualité efficaces doivent communiquer clairement et avec conviction, en obtenant l'adhésion des employés en première ligne et des dirigeants. Au lieu de se contenter de signaler les non-conformités, ils doivent expliquer le « pourquoi » des protocoles de sécurité des aliments, en s'appuyant sur des exemples concrets et des données probantes pour renforcer les messages clés.

Les futurs responsables de l'assurance qualité devront également posséder d'excellentes compétences en présentation pour mobiliser la direction et garantir que la sécurité des aliments demeure une priorité absolue dans la prise de décision. De plus, ils doivent tenir la direction informée de la législation alimentaire et des normes de certification, afin de garantir la clarté des obligations réglementaires et des risques pour l'entreprise.

Leadership et collaboration

La sécurité des aliments est une responsabilité partagée. Les professionnels de l'assurance qualité doivent collaborer entre les différents services (production, achats et direction) afin d'intégrer la sécurité des aliments à la culture de l'entreprise. Les meilleurs responsables qualité encouragent une approche proactive, en accompagnant et en formant leurs équipes pour promouvoir les meilleures pratiques plutôt que de se contenter d'identifier les problèmes.

Approche fondée sur l’analyse des risques

Une approche fondée sur l’analyse des risques permet aux équipes d'assurance qualité de prioriser les actions en matière de sécurité des aliments en fonction des dangers et des vulnérabilités, au lieu de se fier uniquement à des check-lists. Comprendre et appliquer correctement les évaluations des risques, et les intégrer aux opérations quotidiennes, aide les entreprises à prévenir les problèmes avant qu'ils ne surviennent.

Formation et développement des compétences

Les formations traditionnelles en sécurité des aliments peinent souvent à induire un changement de comportement durable. Notre article « Développer des effectifs qualifiés et compétents dans l'industrie alimentaire » aborde ces questions plus en détail. Les professionnels de l'assurance qualité devraient participer activement à des stratégies d'apprentissage en milieu professionnel qui privilégient l'expérience pratique, le microlearning, les études de cas concrets et les mises en situation. Ces méthodes préparent mieux les employés aux défis liés à la sécurité des aliments qu'ils rencontrent au travail.

Prise de décision fondée sur les données

Les indicateurs de sécurité des aliments et les indicateurs clés de performance ne doivent pas se limiter à des critères de conformité ; ils doivent également être des outils d’amélioration continue. Les professionnels de l’assurance qualité doivent apprendre à interpréter les données, à identifier les tendances et à présenter des analyses pertinentes pour une prise de décision éclairée à tous les niveaux de l’organisation. L’analyse approfondie des données permet de cibler les problèmes, les risques, les défis et les opportunités sous-jacents, garantissant ainsi des interventions ciblées pour améliorer la performance en matière de sécurité des aliments.

Le rôle des universités et des écoles techniques dans la conduite du changement

Les établissements d’enseignement supérieur jouent un rôle essentiel dans la formation des futurs professionnels de l’assurance qualité. Les universités doivent dépasser le cadre des cours théoriques et intégrer des expériences pratiques, des études de cas et des approches fondées sur les risques dans leurs programmes d’enseignement. Le renforcement de la collaboration entre le monde universitaire et l’industrie permettra aux diplômés d’intégrer le marché du travail en tant que praticiens de l’assurance qualité polyvalents et stratégiques.

Pour relever les défis changeants du secteur, les universités doivent adapter leurs programmes aux besoins modernes de l’assurance qualité, en intégrant la technologie, l’analyse prédictive et la collaboration interfonctionnelle. Les stages et les projets industriels contribueront à combler le fossé entre l’apprentissage théorique et l’application pratique.

Développement professionnel continu

Les professionnels de l'assurance qualité doivent s'engager dans une formation continue pour rester performants dans un secteur alimentaire en constante évolution. Le développement professionnel continu devrait comprendre :
  • Formation continue en analyse de données et évaluation des risques
  • Mises à jour régulières de la réglementation et des meilleures pratiques en matière de sécurité des aliments à l'échelle mondiale
  • Développement du leadership pour renforcer l'influence au sein des l’organisation
  • Participation à des conférences, ateliers et forums sectoriels.

En participant activement à la formation continue, les professionnels de l'assurance qualité peuvent anticiper les risques émergents, les évolutions réglementaires et les nouvelles technologies, et ainsi apporter une expertise et un leadership précieux.

Impact des changements réglementaires et des normes internationales

La réglementation et le cadre de la certification en matière de sécurité des aliments sont de plus en plus complexes. Les professionnels de l'assurance qualité doivent :
  • Se tenir informés des normes locales et internationales en matière de sécurité des aliments
  • S'adapter à l'évolution des exigences de conformité et mettre en œuvre proactivement les meilleures pratiques
  • Collaborer avec les organismes de réglementation et de certification pour garantir la conformité de leur organisation aux obligations légales.

Le rôle de la technologie et de l'automatisation dans l'assurance qualité

La transformation numérique de l'industrie alimentaire redéfinit les pratiques d'assurance qualité. Les équipes d'assurance qualité visionnaires devraient adopter des technologies telles que :
  • L'IA et l'analyse prédictive pour identifier les risques avant qu'ils ne s'aggravent
  • La blockchain pour une traçabilité et une transparence accrues de la chaîne d'approvisionnement
  • Des capteurs connectés pour surveiller en temps réel les conditions de stockage et de transformation des aliments.

L'utilisation de ces outils permet aux professionnels de l'assurance qualité d'obtenir des informations plus approfondies, d'améliorer l'efficacité et de renforcer la conformité aux normes de sécurité des aliments.

Collaboration interfonctionnelle : L'assurance qualité comme partenaire stratégique

Les professionnels de l'assurance qualité doivent collaborer activement avec les autres services (achats, opérations et marketing) afin d'intégrer la sécurité des aliments à tous les niveaux de l'entreprise. Une collaboration efficace garantit que :

  • Les fournisseurs respectent des normes de sécurité des aliments rigoureuses, réduisant ainsi les risques liés à la chaîne d'approvisionnement
  • Les équipes opérationnelles maintiennent la sécurité des aliments sans sacrifier l'efficacité
  • Les équipes marketing tirent parti des messages relatifs à la sécurité des aliments en s'appuyant sur la réputation de la marque et la confiance des consommateurs.

L'intérêt commercial de l'assurance qualité comme partenaire stratégique

Les entreprises qui font de l'assurance qualité un véritable partenaire stratégique, au-delà du simple rôle de responsable de la conformité, constateront des avantages concrets, notamment :
  • Moins d'incidents liés à la sécurité des aliments : une gestion proactive des risques réduit les rappels de produits et les cas de contamination.
  • Une image de marque renforcée : un engagement fort en matière de sécurité des aliments fidélise la clientèle.
  • Des gains d'efficacité opérationnelle : un personnel bien formé réduit le gaspillage, améliore la productivité et diminue les coûts de conformité.

Une meilleure préparation aux audits et à la conformité réglementaire : une culture de sécurité des aliments solide réduit le stress et les perturbations liés aux audits.

Ce que l'assurance qualité doit faire

Pour pleinement assumer leur rôle de partenaires stratégiques, les professionnels de l'assurance qualité doivent mobiliser la direction afin d'intégrer la sécurité des aliments aux objectifs généraux de l'entreprise et mettre en œuvre des approches fondées sur les risques pour prioriser les initiatives en la matière. Ils doivent promouvoir une culture d'apprentissage continu grâce à des formations pratiques et adaptées au site, et utiliser l'analyse de données pour mesurer et améliorer la performance en matière de sécurité des aliments. Les professionnels de la sécurité des aliments pourraient également envisager de perfectionner leurs compétences en présentation afin d'obtenir l'adhésion de la direction. Enfin, ils devraient renforcer les partenariats entre l'industrie et le monde universitaire pour améliorer la formation en sécurité des aliments.

Points-clés

Le rôle des professionnels de l'assurance qualité en matière de sécurité des aliments ne se limite plus à l'application des normes ; il s'agit désormais d'inspirer le changement, de favoriser la collaboration et de stimuler l'amélioration continue. En renforçant la communication, le leadership et une approche fondée sur les risques, les équipes d'assurance qualité peuvent devenir des partenaires stratégiques indispensables au sein de leur organisation.

Il est temps pour les entreprises alimentaires de reconnaître et d'investir dans ce rôle en constante évolution, afin que la sécurité des aliments ne soit pas seulement une obligation de conformité, mais aussi une valeur fondamentale de l'entreprise.


Questions-clés à se poser par les entreprises alimentaires :
  • La sécurité des aliments est-elle une priorité absolue pour la direction ?
  • Quelles mesures proactives sont mises en place pour préparer les salariés aux nouveaux risques en matière de sécurité des aliments ?
  • L'entreprise dispose-t-elle d'un système d'amélioration continue pour la formation et les méthodes spécifiques à chaque site ?
  • Comment l'entreprise intègre-t-elle une culture de la sécurité des aliments qui va au-delà de la simple conformité ?

lundi 15 juin 2026

C’est l’histoire de la fermeture en urgence d’un restaurant à Lyon

Côté pile, selon Lyon Mag, les dirigeants ont tenu à réagir après l'annonce de cette fermeture. Selon ces derniers, cette décision intervient après "le 12e contrôle sanitaire en six mois au sein de l'ensemble de nos établissements",lesquels auraient, selon eux, été "tous conclus sans anomalie majeure." 

Dans un communiqué, les restaurateurs indiquent que la préfecture leur a demandé de réaliser "certains travaux et aménagements complémentaires" à la suite des observations formulées lors du dernier contrôle de leur établissement des Cordeliers. Ils affirment notamment que des "traces de nuisibles ont été observées dans la cour de l'immeuble et non dans les espaces de préparation ou de service", précisant avoir été contraints de mener des travaux de"rebouchage et de sécurisation" de plusieurs points du bâtiment, aujourd'hui "entièrement achevés." 

D’après le communiqué, ils ont "immédiatement engagé toutes les actions nécessaires" afin de répondre aux exigences des autorités et soutiennent que "les mesures correctives ont été intégralement mises en place". Ils indiquent enfin avoir profité de cette période pour "renforcer la formation" de leurs équipes en matière d'hygiène alimentaire et de procédures HACCP. "Aujourd'hui, tout est rentré dans l'ordre et nous sommes dans l'attente de la validation des autorités compétentes pour pouvoir rouvrir nos portes très prochainement", concluent-ils, tout en remerciant leurs clients pour leur "fidélité", leur "confiance" et leurs nombreux messages de soutien.

Ētrange communication de ces restauateurs : en quoi des contrôles satisfaisants dans d’autres établissements signifient-ils que tout va bien dans un autre établissement récemment contrôlé ?

Côté face, par un arrêté préfectoral, la préfecture du Rhône a prononcé la fermeture administrative de l'établissement de restauration, mesure est effective depuis le 12 juin et restera en vigueur jusqu'à la réalisation de l'ensemble des mesures correctives exigées par les autorités.

Cette décision intervient à la suite d'un contrôle réalisé le jour même par un agent du Bureau Veritas Exploitation, dans le cadre des contrôles officiels délégués par les services de l'État. Selon l'arrêté, le rapport établi à l'issue de cette inspection a mis en évidence des "manquements graves aux règles d'hygiène."

Parmi les principaux constats figurent notamment la "présence de déjection de souris", "la détention de denrées périmées", le "non-respect des températures de conservation des denrées" ou encore "l'absence de traçabilité des denrées." Les inspecteurs ont également relevé l'absence de système de ventilation adapté dans certaines zones de production ainsi qu'un "défaut caractérisé de maintenance et de nettoyage des locaux de production et de stockage ainsi que des équipements."

L'arrêté mentionne également l'absence de plusieurs procédures sanitaires essentielles. Les services de l'État évoquent notamment "l'absence de référence HACCP", "l'absence de gestion et de surveillance concernant les opérations à risques", mais aussi l'absence d'autocontrôles microbiologiques, de bonnes pratiques d'hygiène du personnel ou encore de formation du personnel à l'hygiène alimentaire.

Last but not the least, La préfecture souligne par ailleurs que ces manquements interviennent malgré des démarches déjà engagées auparavant. Le document rappelle en effet "la non-réalisation de la mise en demeure du 11 mai 2026" et estime que "la situation sanitaire s'est dégradée depuis le 11 mai 2026."

Si au lieu de dépenser son argent en com, les dirigeants le dépensaient utilement dans la sécurité des aliments, ça se saurait ...

Stratégies similaires entre les entreprises du tabac et des aliments ultransformés

De nouvelles études suggèrent que les aliments ultratransformés pourraient créer une véritable dépendance, en utilisant des tactiques similaires à celles des grandes entreprises du tabac.

Il n'est pas rare d'entendre dire qu'un aliment est addictif. Parfois, c'est simplement une façon exagérée de dire que quelque chose a vraiment bon goût. Mais lorsqu'il s'agit des en-cas, biscuits, chips, sodas et autres aliments ultra-transformés qui nous entourent, le terme « addictif » n'est pas exagéré : en empruntant des technologies et des stratégies marketing des géants du tabac, des entreprises alimentaires ont créé des produits dont on ne peut plus se passer. Alors que plus de la moitié des calories quotidiennes des Américains proviennent désormais d’aliments ultratransformés, des experts en santé publique estiment qu'il est grand temps de révéler les secrets de cette industrie.

Dans son numéro de juin 2026, l'American Journal of Public Health a publié un dossier spécial consacré aux aliments ultratransformés, l'une des analyses les plus complètes et approfondies de leurs impacts à ce jour. Cette publication marque également le lancement d'une nouvelle campagne de sensibilisation des consommateurs, « Fed UP! » (Ça suffit !).

Menée par plusieurs contributeurs de ce numéro, ainsi que par des associations de défense de la santé publique, cette initiative vise à informer le public sur les dangers des aliments ultratransformés et les pratiques de l'industrie agroalimentaire qui ont permis leur prolifération dans nos supermarchés, nos écoles, nos restaurants et nos foyers.

Ce numéro s'appuie sur la série d'articles parus dans The Lancet et que nous avions analysés l'an dernier , en présentant de nouvelles données sur la prévalence des aliments ultratransformés dans notre alimentation et les risques sanitaires qui y sont associés, tout en retraçant l'histoire accablante de leur essor.

Plusieurs articles mettent en lumière les liens étroits entre l'industrie du tabac et celle de l'alimentaire, explorant comment l'influence des fabricants de tabac sur le secteur alimentaire a largement dépassé le simple recours à des stratégies marketing pour des produits dangereux. Si l'histoire de l'industrie du tabac a préparé le terrain à l'essor des aliments ultratransformés, elle peut aussi contribuer à leur déclin : les experts en santé publique présentés dans ce numéro proposent diverses solutions, allant des actions en justice et de la sensibilisation à la réorientation des subventions et à la réglementation, susceptibles de limiter l'influence des entreprises alimentaires sur notre environnement alimentaire et de réduire notre consommation d'aliments ultratransformés.

Vous trouverez sur le site de la caisse d’assurance maladie (Ameli), un dossier sur les aliments ultratransformés. L’Anses a aussi publié sur la question, Aliments dits ultratransformés : mieux comprendre leurs effets potentiels sur la santé.

Des supporters japonais nettoient les tribunes après le match entre les Pays-Bas et le Japon

La belle tradition culturelle des supporters japonais qui nettoient les tribunes à chaque Coupe du monde. Source.

Le nettoyage des stades par les supporters japonais est perçu comme l'expression d'une culture qui met l'accent sur l'esprit communautaire, le respect des espaces partagés et la responsabilité envers autrui.

Chaque supporter japonais avait préparé un sac en plastique pour ramasser les déchets dans les tribunes. Photo : Asahi Shimbun

D'après le quotidien sud-coréen Chosun, les matchs de l'équipe nationale japonaise de football attirent souvent l'attention en raison des initiatives de nettoyage des stades prises par leurs supporters. Cette tendance devrait se poursuivre lors de la Coupe du Monde de la FIFA 2026 en Amérique du Nord, où les supporters japonais devraient se munir de sacs-poubelle et nettoyer volontairement leurs places après la rencontre.

Le 14 juin, la chaîne sportive ESPN a publié un article intitulé « Pourquoi les supporters japonais nettoient-ils les stades ? », analysant les facteurs historiques et culturels à l'origine de cet acte consistant pour les supporters japonais à ramasser les déchets et à nettoyer les tribunes après les matchs.

Cette pratique ne se limite pas aux supporters. Les joueurs japonais nettoient aussi souvent les vestiaires après utilisation et laissent des mots de remerciement au personnel, témoignant ainsi de leur reconnaissance pour les conditions de jeu mises à leur disposition.

Les médias suggèrent que cette culture de la propreté trouve son origine dans le proverbe japonais « Tatsu tori ato o dorosazu » (立つ鳥跡を濁さず), qui signifie « Un oiseau qui s'envole ne soulève pas une flaque d'eau ». Ce proverbe implique que chacun est responsable de l'espace qu'il occupe, le laissant propre et sans gêner autrui. Il s'agit d'une norme comportementale profondément ancrée dans la société japonaise.

dimanche 14 juin 2026

Bilan globalement positif de la culture de la sécurité des aliments, selon un rapport de l'UE

Nouveau rapport de la Commission européenne sur l'état des contrôles de la culture de la sécurité alimentaire dans l'UE

Un rapport récemment publié le 10 juin 2026 par la Commission européenne offre un aperçu des progrès réalisés en matière de contrôle de la culture de la sécurité sanitaire des aliments dans les États membres de l'UE. Cette évaluation fait suite à des exigences législatives relativement récentes visant à s'aligner sur les normes internationales en intégrant la culture de la sécurité sanitaire des aliments dans les activités des entreprises agroalimentaires.

Pour ceux qui souhaite connaître ce concept de culture de la sécurité alimentaire, voir ce règlement de l’UE du 3 mars 2021. A noter que ce règlement ne donne pas une définition de la culture de la sécurité des aliments mais il liste un certain nombre d’items.

Ce règlement fait état de la culture de la sécurité alimentaire au lieu de culture de la sécurité des aliments.

Dans le document de position de la Global Food Safety Initiative (GFSI), publié en 2018, la culture de la sécurité des aliments est ainsi définie, “Un ensemble de valeurs, croyances et normes communes qui ont une incidence sur l’état d’esprit et le comportement à l’égard de la sécurité des aliments au sein d’une organisation, à l’échelle de l’organisation et dans l’ensemble de celle-ci.”

Le rapport présente l’état de la mise en œuvre des modifications législatives de l’UE et constate que les contrôles officiels vérifient activement les aspects liés à la culture de la sécurité alimentaire dans environ deux tiers des États membres, principalement dans le cadre d’inspections et d’audits réguliers. Malgré ces progrès, des difficultés persistent, notamment pour évaluer objectivement les éléments culturels et maintenir des normes de contrôle uniformes dans l’ensemble du secteur agroalimentaire.

Face aux difficultés identifiées, plusieurs États membres ont lancé des initiatives nationales visant à aider les entreprises du secteur alimentaire à adopter une culture rigoureuse de la sécurité sanitaire des aliments et les contrôles officiels y afférents. Certaines de ces mesures novatrices sont présentées dans le rapport afin d'être susceptibles d'être reprises et développées par d'autres autorités.

Résumé

Ce rapport décrit les conclusions d'un projet de la Commission portant sur l'approche des États membres en matière de contrôles officiels relatifs à la “culture de la sécurité alimentaire (CSA)”.

Conformément aux normes internationales, les exigences de la CSA ont été introduites dans la législation de l'Union européenne en 2021. Ce concept relativement nouveau met en lumière l'importance des aspects culturels, tels que les valeurs, les mentalités et les comportements, pour garantir l'efficacité des systèmes de management de la sécurité sanitaire des aliments.

Certains États membres ont mis en place des initiatives visant à faciliter la mise en œuvre de la CSA par l'industrie agro-alimentaire. Sur la base des résultats des contrôles officiels et, dans une moindre mesure, des résultats des audits réalisés par des tierce parties, un petit nombre d'autorités compétentes ont évalué la mise en œuvre des exigences de la CSA au niveau des établissements. Les résultats (limités) suggèrent un niveau global de mise en œuvre des exigences de la CSA globalement meilleur dans les grandes et moyennes entreprises, ce qui pourrait être lié aux audits réalisés par des tierce parties portant sur la CSA. Des contrôles officiels de la CSA sont en place dans environ deux tiers des États membres, au moins dans certains secteurs alimentaires, ciblant spécifiquement les exigences de la CSA de la législation ou étant intégrés aux contrôles (déjà existants) des systèmes de management de la sécurité sanitaire des aliments des exploitants alimentaires. Les contrôles de la CSA sont généralement effectués dans le cadre d'inspections et/ou d'audits réguliers de portée plus large. Un petit nombre d'autorités compétentes ont signalé avoir constaté des non-conformités aux exigences de la CSA et avoir pris des mesures coercitives liées à ces non-conformités.

La plupart des États membres rencontrent des difficultés dans la mise en œuvre des contrôles officiels de la CSA. Outre les aspects communs à d'autres domaines de contrôle, tels que les ressources, les difficultés découlent principalement de la relative nouveauté des exigences de la CSA, en particulier la dimension “culturelle” et la manière de la contrôler efficacement et objectivement, en garantissant la cohérence de ces contrôles dans l'ensemble de la filière alimentaire. Face à des ressources limitées de contrôle et à un retour sur investissement incertain pour les contrôles spécifiques de la CSA, certains États membres ne les mettent pas en œuvre et ne sont pas favorables à des investissements supplémentaires dans leur développement.

Environ la moitié des États membres ont entrepris ou continuent d'entreprendre des efforts pour trouver des solutions aux défis identifiés. Certaines des approches qu'ils ont adoptées ainsi que les résultats de leurs travaux sont mis à disposition pour une éventuelle reprise et un développement ultérieur par d'autres autorités compétentes.

Commentaire

Un résumé peut cacher bien des choses et vous lirez avec intérêt ce qui est rapporté dans le détail du rapport.

L’Irlande a publié en 2025 un guide sur la culture de la sécurité des aliments, ici.

Parmi les initiatives innovantes sur la CSA parmi les États membres, la France est citée (cocorico) ; en effet, l’autorité compétente a contribué financièrement et techniquement aux travaux de l’Afnor pour l’élaboration d’un guide définissant les spécifications requises pour se conformer aux exigences de la CSA.

Un guide de la CSA (décembre 2025) intitulé curieusement, Guide à l’usage des dirigeants pour la mise en oeuvre d’une culture positive de la sécurité des alimentsest disponible en consultation gratuite, mais il est possible de l’obtenir gratuitement, par exemple, ici.

Une question quand je lis l’intitulé de ce guide, pourquoi une culture positive ? Veut-on faire en sorte que les salariés du secteur alimentaire soient heureux dans leur travail ? Pas simple du tout ! À suivre ...

vendredi 12 juin 2026

Bientôt, une réglementation européenne sur la présence de céréulide dans les préparations pour nourrissons

L’UE a déjà pris plusieurs mesures en réponse à cet incident, notamment en renforçant les contrôles sur les importations d’huile d'acide arachidonique en provenance de Chine. 

L’Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA) a également établi une dose de référence aiguë (ARfD) pour la céréulide chez les nourrissons et des seuils de sécurité pour cette toxine dans les préparations pour nourrissons. Il a été proposé proposé une dose aiguë de référence de 0,014 μg/kg de poids corporel pour la céréulide chez les nourrissons.

Un projet de réglementation relatif aux contrôles de la présence de céréulide dans les préparations pour nourrissons sera soumis à la consultation publique avant son adoption, prévue pour le premier trimestre 2027.


En réponse aux récentes préoccupations en matière de sécurité, la Commission propose d'introduire des contrôles supplémentaires pour les préparations pour nourrissons et les aliments spéciaux pour nourrissons. Ceci permettra de garantir l'absence de la toxine céréulide dans les produits alimentaires suivants vendus dans l'UE :

  • préparations pour nourrissons en poudre,
  • aliments diététiques en poudre destinés à des fins médicales spéciales pour les nourrissons de moins de 6 mois,
  • préparations de suite en poudre.

L'objectif est de rendre ces aliments plus sûrs pour tous les enfants de l'UE, tout en garantissant des règles équitables et cohérentes pour les producteurs européens.

Commentaire. Il faut attendre la survenue d'un incident pour prendre des mesures, pas très proactive l'UE !

De l'hygiène en restauration

Un article paru dans International Journal of Food Microbiology a pour titre « Food safety assessment of last mile delivery as an alternative food distribution system for ready-to-eat multi-ingredient salad bowls » (Évaluation de la sécurité des aliments lors de la livraison du dernier kilomètre* en tant que système alternatif de distribution alimentaire pour des salades composées prêtes à consommer).

La présente étude indique que la livraison du dernier kilomètre de salades composées prêtes à consommer ne présente pas de risques microbiologiques supplémentaires par rapport à ceux déjà associés aux salades prêtes à consommer préemballées vendues en magasin ou à emporter. Les délais de livraison étaient généralement courts (35 minutes en moyenne en zone urbaine) et, bien que les salades livrées du dernier kilomètre soient destinées à une consommation immédiate, un court stockage à température ambiante ne favorise pas la prolifération de pathogènes humains ni de bactéries d'altération. Cependant, face à l'expansion continue des services de livraison de repas en ligne dans l'UE, il est recommandé de mettre en place des procédures de livraison adaptées, des recommandations, une communication efficace et un contrôle par les autorités sanitaires lors de la livraison du dernier kilomètre. Parallèlement, il demeure essentiel de sensibiliser les consommateurs à leur responsabilité en matière de sécurité alimentaire à domicile.

* Le « dernier kilomètre » est l'ensemble des agents, opérations et équipements associés et mis en œuvre dans les derniers segments de la chaîne de distribution finale des biens ou services.

Un autre article publié dans Journal of Food Protection, « Routine Restaurant Inspections: An Underutilized Data Source for Foodborne Illness Prevention » (Inspections régulières des restaurants : une source de données sous-utilisée pour la prévention des maladies infectieuses d’origine alimentaire) soutient que les données d'inspection de routine des restaurants constituent une ressource sous-utilisée pour la prévention des maladies infectieuses d'origine alimentaire, et que les analyses reliant les données d'inspection aux données de surveillance des épidémies pourraient potentiellement contribuer à prévenir les éclosions de maladies d'origine alimentaire. L’étude a porté sur les États-Unis.

Les maladies d'origine alimentaire demeurent un enjeu majeur de santé publique, et les restaurants sont des lieux fréquents de transmission. Les inspections des restaurants constituent une fonction essentielle de santé publique visant à réduire le risque de transmission de ces maladies. Bien que les données de surveillance de la santé publique et les données d'inspection des restaurants soient collectées de manière systématique et partagent un objectif commun de prévention, elles sont rarement croisées afin de comprendre le lien direct entre les infractions aux normes de sécurité alimentaire et la survenue de maladies d'origine alimentaire. Nous décrivons les éléments probants établissant un lien entre les inspections de routine des restaurants et la survenue de maladies d'origine alimentaire, les difficultés rencontrées pour croiser ces données, et soulignons les avantages potentiels de cette approche comme nouveau cadre pour réduire la fréquence de ces maladies.

jeudi 11 juin 2026

Cas groupés d'infection à Salmonella dans des nouilles instantanées et dans des graines germées dans l'UE

Éclosion dans plusieurs pays à Salmonella Stanley ST2045, source ECDC.

Des cas d'infection dans plusieurs pays à Salmonella Stanley ST2045 signalés dans le rapport sur les menaces de maladies transmissibles du 28 mai 2026 sont toujours en cours. Cela touche principalement les enfants et les jeunes adultes, avec au moins 20 cas hospitalisés, ce qui indique un impact significatif sur la santé publique. Au 5 juin 2026, 83 cas confirmés ont été signalés, les symptômes étant apparus entre décembre 2025 et mi-mai 2026. Par ailleurs, 24 autres cas de Salmonella Stanley identifiés en 2026 n’ont pas encore été séquencés et pourraient être liés à l’éclosion précédente. De nouveaux cas continuent d’être identifiés, ce qui suggère une exposition continue.

En Angleterre, 21 patients sont concernés par cette éclosion. Ils ont présenté des symptômes entre fin janvier et mi-avril. Huit patients sont des enfants et six personnes ont été hospitalisées. L'Autriche est également touchée avec six cas.

En Allemagne, des investigationss épidémiologiques suggèrent un lien avec des nouilles instantanées aromatisées au poulet et/ou les produits à base de poulet transformés. Certains patients ont déclaré avoir consommé des nouilles instantanées sans préparation, uniquement avec l'assaisonnement fourni.

Plusieurs personnes malades ont consommé des nouilles instantanées de la même marque. Cependant, ce produit n'explique pas tous les cas.

La bactérie Salmonella Stanley a été détectée dans un plat de nouilles instantanées en provenance d'Ukraine via la Pologne.

En Allemagne, des nouilles instantanées Reeva saveur poulet (60 grammes) ont fait l'objet d'un rappel. Le lot concerné porte la référence L0126 et sa date de péremption est le 5 avril 2027.

Selon les informations fournies par SLCO GmbH & Co. KG, une enquête menée par les autorités de Saxe a permis de détecter la présence de Salmonella Stanley dans le produit.

Le Centre européen de prévention et de contrôle des maladies (ECDC) a indiqué que le risque d'infection est très faible pour la population générale et faible pour les enfants et les jeunes adultes, à condition que les instructions de cuisson soient respectées.

« Les consommateurs doivent suivre les instructions du fabricant lors de la préparation et de la consommation des nouilles instantanées et du mélange d'épices associé, qui ne sont pas des aliments prêts à consommer. »

On dénombre actuellement 19 isolats humains de Salmonella Stanley regroupés dans l'outil de typage moléculaire du Centre européen de prévention et de contrôle des maladies (ECDC). Ces isolats datent tous de 2026 et proviennent de trois des pays européens.

Le Danemark a initialement détecté l’éclosion et a publié une notification dans EpiPulse le 23 mars 2026. Les cas appartiennent à un cluster (cas groupés) génétique étroit et ont été identifiés en Autriche, en République tchèque, au Danemark, en Estonie, en France, en Allemagne, en Lituanie, aux Pays-Bas et au Royaume-Uni.

L'identification d'un cluster (cas groupés) génétique étroit de S almonella  Stanley ST2045 impliquant plusieurs pays, combinée à la répartition temporelle des cas, suggère une source commune à l'origine de l'éclosion. La prédominance des jeunes pourrait indiquer un mode d'exposition, une préférence alimentaire ou des habitudes de consommation spécifiques.

D’après les connaissances actuelles, le risque global d’infection à Salmonella Stanley est considéré comme très faible pour la population générale et faible pour les enfants et les jeunes adultes, à condition de respecter les instructions de cuisson. Les consommateurs doivent suivre les instructions du fabricant lors de la préparation et de la consommation de nouilles instantanées et du mélange d’épices associé, qui ne sont pas des aliments prêts à consommer. La poursuite des investigations coordonnées est essentielle pour identifier la ou les sources et prévenir toute transmission ultérieure.

Le Centre européen de prévention et de contrôle des maladies (ECDC) et l’Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA) coordonneront une évaluation rapide conjointe de l’éclosion afin d’en déterminer plus précisément l’origine.

Par ailleurs, l’ECDC et l’EFSA élaborent également un document sur l’éclosion dans plusieurs pays à Salmonella bovismorbificans liée à la consommation de graines germées. Sa publication est prévue pour fin juin.

L’Irlande, la Finlande et le Royaume-Uni ont signalé 50 patients infectés par des isolats bactériens de Salmonella bovismorbificans génétiquement très proches entre janvier et avril 2026.

Les investigations menées dans les trois pays font état de la consommation de graines germées de différentes sortes. Au moins cinq personnes ont été hospitalisées. Les personnes infectées étaient des adultes, dont 71% étaient des femmes. La Finlande a indiqué une émergence inhabituelle de ce sérotype. Les investigations épidémiologiques menées dans ces trois pays indiquent que des graines germées de différentes variétés seraient le facteur alimentaire commun.

Selon une notification d’alerte du réseau dit d'alerte rapide pour les aliments pour animaux (RASFF), les sources suspectées sont des graines de luzerne, de trèfle, de brocoli et de radis provenant d'Italie.

mardi 9 juin 2026

Cadmium : Quand les députés marchent sur la tête !

Le slogan « On marche sur la tête » n’aura jamais mieux porté son nom et ce sont les députés qui se sont rendus coupable de démagogie …

Cadmium : l’Assemblée nationale vote une nouvelle surtransposition et tourne définitivement le dos à la « Souveraineté alimentaire », source communiqué de presse conjoint de cinq associations sectorielles de producteurs – AGPB, AGPM, CGB, FOP et UNPT – en réaction à l'adoption par l'Assemblée Nationale de la proposition de loi sur le cadmium.

Les organisations représentatives des grandes cultures française (AGPB, AGPM, CGB, FOP, UNPT) dénoncent avec consternation l’adoption cette nuit par l’Assemblée nationale de la proposition de loi visant à abaisser les seuils de cadmium dans les engrais phosphatés.

À l’image de l’examen de la loi d’urgence agricole, où les promesses de simplification ont en réalité conduit à davantage de surtranspositions et de complexité, les actes viennent une nouvelle fois contredire les discours.

Par 144 voix contre 22, les députés ont choisi d’imposer à l’agriculture française une surtransposition supplémentaire, alors même que ces mêmes responsables politiques affirment, depuis des mois, vouloir mettre fin aux distorsions de concurrence qui pénalisent nos producteurs face à leurs homologues européens et mondiaux.

Sur le cadmium, alors qu’une réglementation européenne existe déjà avec un seuil de 60 mg de cadmium/kg de P₂O₅ (pentoxyde de phosphore) applicable dans les 27 États membres, l’Assemblée nationale a choisi d’aller seule plus loin. Malgré le réexamen prochain du dossier par la Commission européenne et malgré le soutien du Gouvernement à une solution plus équilibrée, les députés ont adopté des seuils purement franco-français de 40 mg/kg dès 2027 puis de 20 mg/kg à partir de 2030.

Ce vote n’est ni une victoire de la science, ni une victoire de la santé publique. C’est avant tout une victoire politique des tenants de la décroissance agricole et… de leurs alliés de circonstance.

Depuis plusieurs années, une partie croissante de la classe politique poursuit la même logique : moins de production, plus de contraintes et toujours davantage de culpabilisation de ceux qui nourrissent le pays. Le cadmium n’aura été qu’un nouveau prétexte.

NB : N’hésitez pas à lire l’intégralité du communiqué commun

La biodynamie et la foi ...

Dans son blog-notes du 9 juin 2023, Olivier Masbou nous propose un article « Biodynamie : le livre qui nous avait échappé ».

Nous sommes tombés sur un article du père Jean-Christophe Thibaut, auteur du livre, « Un regard chrétien sur l’agriculture biodynamique : méthode bio ou pratique occulte ? » (Artège, Juin 2024). L’auteur rappelle que « les croyances de Rudolf Steiner (inventeur de la biodynamie) sont aussi nombreuses que baroques (.) Certains agriculteurs chrétiens peuvent se laisser séduire par le langage apparemment spirituel de la biodynamie, mais celui-ci repose sur une pensée de type panthéiste (tout est divin), antinomique avec la révélation judéo-chrétienne qui professe la foi en un Dieu unique et créateur. L’anthroposophie, qui est la base doctrinale de la biodynamie, s’inscrit dans la mouvance du néopaganisme et anticipe l’avènement du New-Age. Si l’on parle effectivement du Christ dans l’anthroposophie, il s’agit du « Christ Solaire » et non du Jésus des Évangiles. Certes, la biodynamie n’utilise pas des pratiques de sorcellerie au sens propre (pas d’invocations, de rituels magiques), mais elle éloigne les croyants de la foi révélée en les faisant adhérer, plus ou moins explicitement, à une pensée idolâtrique contraire à l’enseignement biblique. Certains agriculteurs chrétiens pensent qu’il suffit de séparer la méthode de son contenu ésotérique pour utiliser sans problème la biodynamie, mais est-ce vraiment possible ? »

« Nier le lien entre le label Demeter et la Société Anthroposophique serait aussi se voiler la face : Demeter reverse chaque année 100 000 euros à la Société Anthroposophique et propose des stages pour découvrir et approfondir la pensée de Steiner. Si tous les adhérents ne deviennent pas anthroposophes, la Société Anthroposophique trouve dans la biodynamie un moyen efficace de recruter de nouveaux membres ».

Rappelons que pour le père Jean-Christophe Thibaut,

Parmi la trentaine de labels bio qui fleurissent actuellement, l’un d’entre eux, Demeter, attire l’attention des cavistes et des restaurateurs. Ce label regroupe des vignobles, mais aussi des produits agricoles, issus de l’agriculture biodynamique. Ceux-ci sont réputés être « plus bio que le bio ». Effectivement, le cahier des charges est exigeant : aucun produit chimique de synthèse n’est toléré, ni aucun engrais azoté chimique, ni aucune semence ou plant OGM. 

Mais la méthode repose également sur d’autres principes moins conventionnels, comme la position des astres et du zodiaque, ainsi que sur certaines préparations, comme la bouse de cornes enterrée pendant une saison pour se charger de « forces cosmiques », puis « dynamisée » dans un seau d’eau afin d’être répandue à dose homéopathique sur les cultures ou les vignes. On insiste aussi sur l’importance de la pratique de la méditation et sur l’échange spirituel que l’agriculteur doit nouer avec des « êtres élémentaires » (gnomes, ondines, sylphes, salamandres).

NB : A la suite de l’article du père Jean-Christophe Thibaut est proposé une réponse de l’association Demeter France ...