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samedi 3 octobre 2026

Un projet financé par l'UE vise à développer des technologies innovantes pour la surveillance microbienne en continu de la chaîne d'approvisionnement de la volaille

« Un projet financé par l'UE vise à développer des technologies innovantes pour la surveillance microbienne en continu de la chaîne d'approvisionnement avicole », source Food Safety Magazine.

Un projet de recherche européen développe des technologies de détection photonique associées à l'intelligence artificielle (IA) afin de détecter, en temps réel, les problèmes liés à la sécurité des aliments, la qualité et au bien-être animal tout au long de la chaîne d'approvisionnement avicole.

Le projet Sensor4Food développera cinq technologies de détection photonique destinées à identifier les contaminations, les maladies et les problèmes de qualité aux étapes critiques de la production avicole. Les chercheurs étudieront également si les données recueillies tout au long de la chaîne d'approvisionnement pourraient servir de base à un système d'identification numérique, qualifié par le projet de « passeport avicole », reliant les informations relatives à la production, au transport, au bien-être et à la transformation des volailles.

Soutenu par une subvention de 6,98 millions d'euros au titre du programme « Horizon Europe » (action d'innovation), le projet Sensor4Food est coordonné par l'Université des sciences appliquées de Turku (Finlande) et se déroulera jusqu'en février 2030. Le consortium réunit 21 organisations à travers l'Europe, notamment des instituts de recherche, des experts du domaine, des partenaires industriels et l'Association des transformateurs et du commerce de volaille des pays de l'UE (AVEC).

Une attention particulière portée à Campylobacter

Le projet se concentre en partie sur l'amélioration de la détection de Campylobacter, bactérie responsable de la maladie infectieuse d'origine alimentaire la plus fréquemment signalée dans l'UE. L'EFSA estime qu'environ 9 millions de cas de campylobactériose humaine surviennent chaque année dans l'UE et que les poulets ainsi que la viande de poulet pourraient être directement à l'origine de 20 à 30 % de ces cas.

Une surveillance continue en temps réel

« La filière avicole européenne fonctionne à une cadence extraordinaire, transformant jusqu'à 20 000 poulets par jour et par site ; pourtant, nos contrôles de sécurité sanitair reposent encore sur des méthodes analogiques aux délais trop longs », a déclaré David Oliva, responsable des technologies cognitives à l'Université des sciences appliquées de Turku, également chercheur principal du projet Sensor4Food. « Prélever quelques échantillons aléatoires dans un camion et attendre une journée pour obtenir les résultats d'analyse crée une zone d'ombre importante. Notre ambition est de remplacer certaines de ces zones d'ombre par des informations beaucoup plus complètes et disponibles en temps réel. » Par exemple, chez un producteur de volaille participant au projet, l'aliment pour animaux est actuellement contrôlé par prélèvement d'échantillons à des points précis de chaque chargement de camion, lesquels sont envoyés en laboratoire pour analyse ; l'obtention des résultats prend environ une journée. Les chercheurs de Sensor4Food étudieront si la détection photonique pourrait, à la place, analyser l'aliment en continu lors du déchargement du camion, permettant ainsi de surveiller la quasi-totalité de la cargaison plutôt que de se fier à des prélèvements aléatoires.

Technologies photoniques pour la sécurité sanitaire et la qualité de l'alimentation des volailles

Sensor4Food fera passer cinq technologies photoniques du stade de la validation en laboratoire ou niveau de maturité technologique 4 (TRL 4 pour Technology Readiness Level 4) à celui du déploiement industriel en conditions réelles (TRL 7). Ces technologies comprennent la détection dans l'infrarouge moyen, la biodétection par photonique sur silicium, l'imagerie hyperspectrale, la détection par radiofréquence et les ultrasons.

Un système d'IA combinera les informations issues des technologies photoniques avec des données en temps réel sur les conditions environnementales, l'acoustique, le transport et les composés organiques volatils (COV).

« La photonique nous permet de voir ce que les méthodes d'inspection conventionnelles ne peuvent pas déceler », a expliqué la Dr Oliva. « En analysant la manière dont la lumière interagit avec les matières biologiques, nous pouvons identifier les risques plus tôt et avec une plus grande précision, sans ralentir la production alimentaire. »

Étude des liens entre le bien-être des volailles et la qualité de la viande

Outre les applications liées à la sécurité des aliments, les chercheurs de Sensor4Food étudieront si les données recueillies tout au long de la chaîne de production avicole peuvent fournir des informations sur le bien-être animal. Ils combineront des informations sur les conditions d'élevage et de transport avec des analyses photoniques de la viande de volaille afin de déterminer si certains problèmes de qualité mesurables peuvent être associés aux conditions vécues par les volailles durant leur croissance et leur transport. Le projet vise à identifier des modèles susceptibles d'aider les producteurs de volaille à améliorer le bien-être animal et la qualité de la viande.

Proposition d'un « passeport volaille » numérique pour la traçabilité

Sensor4Food étudiera également la possibilité de regrouper les données générées tout au long de la chaîne d'approvisionnement avicole en un « passeport volaille » numérique.

Le système envisagé relierait, au sein d'un dossier continu, des informations concernant le lieu d'élevage, la qualité de l'aliment, les conditions environnementales, le transport, le bien-être animal et la transformation. Les chercheurs examineront dans quelle mesure cette traçabilité pourrait être appliquée, potentiellement jusqu'au niveau de la volaille individuelle ou du produit avicole.

Ce passeport numérique demeure un concept de recherche ; le projet en évaluera la faisabilité au fur et à mesure de l’avancement de Sensor4Food.

La détection photonique pourrait contribuer à réduire le gaspillage alimentaire

Des chercheurs étudieront également les applications de la photonique pour réduire le gaspillage alimentaire. En Norvège, la détection dans l'infrarouge moyen sera utilisée pour évaluer la qualité des protéines récupérées à partir des coproduits de la filière avicole. Le projet examinera si cette approche pourrait favoriser l’utilisation de sous-produits de transformation à faible valeur ajoutée comme ingrédients à plus forte valeur ajoutée.

NB : Sauf erreur de ma part, il n’y a pas de participant français au programme Sensor4Food. Voir liste des particpants ici.