mercredi 3 juin 2026

Choses lues sur la listériose, ministère de l'Agriculture vs Santé publique France

En date du 2 juin 2026, le ministère de l’Agriculture publie, « Zoonoses : les fiches techniques ».

Chaque fiche détaille l'agent responsable de la maladie, les modes de transmission ainsi que les symptômes chez l'animal et chez l'homme. Les mesures de prévention et la conduite à tenir en cas de contaminations sont ensuite précisées.

A la lecture de la fiche sur la listériose, le blog a constaté une approximation liée au nombre de cas. Il est indiqué « En France, 250 à 300 cas par an. »

Ce n’est pas l’avis de Santé publique France qui rapporte :

Entre 1999 (première année de mise en place de la déclaration obligatoire) et 2005, le nombre annuel de cas de listériose a fluctué entre 188 et 269 cas. Ce nombre a augmenté entre 2006 et 2020, fluctuant selon les années entre 276 et 414 cas.
Depuis 2021, le nombre annuel de cas de listériose est en augmentation nette, avec 619 cas notifiés en 2024.

Dans l’article du blog du 16 mars, Choses lues sur la listériose, Anses vs Santé publique France, j’avais déjà signalé des approximations sur les données de la listériose …, et fort heureusement, le blog était déjà là !

Santé publique France recense 400 à 600 cas par an, comme le montre le document Listériose en France. Période 1999-2024. Voir la figure ci-dessous.

Tout comme le blog a signalé à plusieurs reprises la très très grande discrétion de Santé publique France dans la diffusion de l’information sur les données TIAC en France en 2023Est-on obligé de croire les fadaises de Caroline Semaille, directrice générale de Santé publique France, quand elle écrit !
  • 10 ans d'engagement et d'action au service de la santé publique
  • Construire la santé publique de demain
  • Santé publique France s'est construite sur un modèle capable de produire des données robustes et de les traduire en leviers d'action. Elle dispose de l'expérience pour relever les défis de la nouvelle décennie, avec l'appui d'un collectif de partenaires mobilisés.
Des mots, des voeux pieux, des paroles ...

Faire la vaisselle et ses effets secondaires : quand les éponges de cuisine libèrent des microplastiques ...

De la libération de microplastiques par les éponges de cuisine et effets environnementaux potentiels ou La vaisselle et ses effets secondaires : les éponges de cuisine libèrent des microplastiques ...

Les éponges de cuisine sont des ustensiles indispensables dans la plupart des foyers, mais elles pourraient aussi être une source insoupçonnée de pollution par les microplastiques. Une nouvelle étude menée par des chercheurs de l'Université de Bonn a examiné la quantité de minuscules particules de plastique libérées par les éponges lors de la vaisselle quotidienne et leur impact sur l'environnement. Source ScienceDaily. Référence : Environmental Advances, From sink to Sea: Microplastic release from kitchen sponges and potential environmental effects.

Les résultats montrent que les éponges de cuisine libèrent effectivement des quantités mesurables de microplastiques au fil du temps. Cependant, les chercheurs ont constaté que le principal impact environnemental du lavage de la vaisselle à la main ne provient pas des particules de plastique elles-mêmes, mais plutôt de la consommation d'eau 

Les éponges de cuisine comme source de microplastiques

Bien que les éponges de cuisine soient utilisées quotidiennement dans des millions de foyers, leur rôle en tant que source de microplastiques a été relativement peu étudié. L'équipe de recherche a entrepris de mesurer la quantité de plastique libérée par l'usure des éponges lors d'une utilisation normale et d'évaluer les conséquences environnementales grâce à une analyse du cycle de vie.

Pour recueillir des données réalistes, l'étude a combiné des tests en laboratoire et une démarche participative. Des ménages en Allemagne et en Amérique du Nord se sont portés volontaires pour utiliser l'un des trois types d'éponges dans le cadre de leur routine de vaisselle habituelle, tout en documentant leur utilisation.

Les chercheurs ont pesé chaque éponge avant et après utilisation afin de déterminer la quantité de matière perdue au fil du temps. Ils ont également mené des expériences contrôlées en laboratoire à l'aide d'un système de test automatisé appelé « SpongeBot », qui reproduit les contraintes mécaniques subies par les éponges lors du lavage de la vaisselle.

Quelle quantité de microplastiques les éponges libèrent-elles ?

L'étude a révélé que toutes les éponges testées perdaient de la matière lors de leur utilisation, entraînant la libération de microplastiques. Selon le type d'éponge, les émissions annuelles variaient d'environ 0,68 gramme à 4,21 grammes de microplastiques par personne.

Les éponges fabriquées avec moins de plastique ont libéré nettement moins de particules que celles ayant une teneur en plastique plus élevée.

La science participative a joué un rôle important dans ce projet, car les participants ont utilisé les éponges dans des conditions domestiques réelles. Cela a permis aux chercheurs de saisir les habitudes et les modes d'utilisation réalistes en matière de lavage de la vaisselle, ce qui a conduit à des estimations plus précises que celles obtenues par les seuls tests en laboratoire.

La consommation d'eau a le plus grand impact environnemental

Bien que la quantité de microplastiques libérée par une seule éponge puisse paraître faible, les quantités totales augmentent considérablement à grande échelle. Les chercheurs ont estimé que si un certain type d'éponge était utilisé dans chaque foyer allemand, les émissions annuelles pourraient atteindre 355 tonnes de microplastiques.

Bien que les stations d'épuration des eaux usées captent une grande partie de ces particules, plusieurs tonnes pourraient tout de même se retrouver chaque année dans les rivières, les lacs, les océans et les sols.

Néanmoins, les microplastiques n'étaient pas la principale cause des dommages environnementaux observés dans l'étude. L'évaluation environnementale a révélé qu'environ 85 à 97% de l'impact total du lavage manuel de la vaisselle provient de la consommation d'eau. Comparées à cette dernière, les émissions de microplastiques contribuent beaucoup moins aux dommages globaux causés à l'écosystème.

Comment les consommateurs peuvent réduire leur empreinte écologique ?

  • Les chercheurs ont identifié plusieurs mesures pratiques que les consommateurs peuvent prendre pour réduire l'impact environnemental du lavage de la vaisselle :
  • Utilisez moins d'eau pour faire la vaisselle, car c'est ce qui présente le plus grand avantage pour l'environnement.
  • Choisissez des éponges à faible teneur en plastique afin de réduire la libération de microplastiques.
  • Conservez les éponges en bon état plus longtemps, car prolonger leur durée de vie réduit la consommation globale de ressources.
Commentaire. La question n'est pas posée, mais faut-il utiliser un lave-vaisselle ?

mardi 2 juin 2026

La santé comme arme politique

Je relaie bien volontiers l'éditorial de Gil Rivière-Wekstein - la santé comme arme politique, paru le 1er juillet sur son site agriculture et environnement 

À l’heure où les écuries se mettent en ordre de bataille pour la présidentielle de 2027, une question se doit d’être posée : quelle place l’agriculture occupera-t-elle dans la campagne ? Le sujet tient à cœur aux Français, c’est certain. Mais il risque fort d’être éclipsé par des thèmes jugés plus urgents – la sécurité, les turbulences géopolitiques et, surtout, le pouvoir d’achat. On pourrait espérer que le réarmement industriel, omniprésent dans les discours, apporte du grain à moudre à ceux qui veulent relancer notre agriculture. Il est pourtant à craindre que le sujet agricole soit abordé d’une manière bien plus problématique.

Les propos de Jean-Luc Mélenchon, candidat déclaré de La France insoumise, en offrent une illustration limpide. Sa stratégie est claire et assumée : alimenter l’anxiété autour de notre alimentation pour mettre en cause le modèle agricole en particulier, et le capitalisme en général. 

« L’infertilité, le diabète et les cancers sont des maladies politiques et écologiques », écrit-il ainsi sur X, avant de poursuivre : « Les pesticides déversés sur le pays ont pollué tous les cours d’eau. Ils propagent ces maladies. Les modes de production actuels sont aussi responsables des laits infantiles contaminés. » Sa conclusion tombe comme un verdict : « Cela ne peut plus durer. Nous devons changer en profondeur notre système de production. » 

Un commentaire non dénué d’ironie lui répond : « Je n’avais pas remarqué que l’espérance de vie et l’espérance de vie en bonne santé s’effondraient année après année… Merci à toi de m’avoir éclairé, phare universel de la pensée. » Les propos de cet internaute paraissent beaucoup plus raisonnables que ceux de Tatiana Giraud, directrice de recherche au CNRS et spécialiste des champignons pathogènes, entendus sur LCI, assurant, sans le moindre contradicteur, que nous sommes « la seule espèce qui empoisonne sa nourriture – pour ne pas que d’autres espèces nous la mangent – et qui la mange après, sachant qu’on l’a empoisonnée ! »

Du côté des écologistes, la même mécanique est à l’œuvre. En témoigne la Convention consacrée à la santé environnementale, le 30 mai, à Paris, qui s’est articulée autour de deux tables rondes : l’une sur les « Pesticides, PFAS, microplastiques, cadmium… : l’empoisonnement invisible », et l’autre intitulée « En finir avec la fabrique du doute ». 

Venant en renfort à cette offensive, diverses ONG, telles que Générations Futures ou le WWF, investissent à leur habitude l’espace public avec leurs campagnes sur le thème de l’eau polluée par les pesticides ou sur la présence des pesticides dans l’alimentation. Et pendant que la population essuie une nouvelle vague de désinformation, le candidat Mélenchon se frotte les mains…

vendredi 29 mai 2026

Une étude établit un lien entre le changement climatique et la résistance de Salmonella aux antibiotiques

Le texte ci-après est issu d'un article de Lisa Lock paru dans MedicalXpress le 27 mai 2026.

La résistance aux antibiotiques est principalement due à la surutilisation et à la mauvaise utilisation des antibiotiques, ce qui permet aux bactéries résistantes de survivre et de se propager. Cependant, la hausse des températures et l'évolution des régimes de précipitations peuvent influencer la survie, la mutation et la propagation des bactéries, augmentant potentiellement l'échange de gènes de résistance aux antibiotiques. Bien que des études antérieures aient établi un lien entre les températures élevées et les niveaux plus importants de bactéries résistantes, les études quantitatives mondiales sur cette relation restent limitées.

Selon une étude internationale inédite publiée dans The Lancet Planetary Health, le changement climatique est associé à une augmentation mondiale de 10 % des gènes de résistance aux antibiotiques de Salmonella entre 1940 et 2023.

Les chercheurs ont analysé les génomes de plus de 480 000 échantillons de Salmonella provenant de 139 pays et collectés entre 1940 et 2023. Ils ont comparé les niveaux de gènes de résistance aux antibiotiques avec les variations de température et de précipitations moyennes au fil du temps. L’étude, menée à l’aide d’un modèle , a révélé que la résistance aux antimicrobiens n’augmente pas simplement de façon constante avec la hausse des températures, mais que le nombre de gènes de résistance évolue de manière plus complexe, en fonction à la fois de la température et des précipitations. Ces résultats suggèrent que les changements environnementaux peuvent accélérer l’adaptation des bactéries aux antibiotiques.

L'étude a révélé que 82 % des pays étudiés ont constaté une augmentation des gènes de résistance aux antibiotiques chez Salmonella, les hausses les plus importantes, liées au climat, étant observées au Moyen-Orient et en Afrique du Nord, suivies de l'Asie du Sud et de l'Afrique subsaharienne. Les auteurs précisent que l'étude met en évidence un lien entre le changement climatique et les gènes de résistance aux antibiotiques chez Salmonella, mais ne prouve pas que le changement climatique soit la cause directe de cette augmentation.

L'étude a également utilisé un modèle pour prédire l'évolution des gènes de résistance aux antibiotiques chez Salmonella d'ici 2100 selon différents scénarios d'émissions climatiques. Ce modèle suggère que si les pays respectent les objectifs de réduction des émissions et renforcent leurs efforts pour un usage responsable des antibiotiques, les niveaux de gènes de résistance pourraient être inférieurs de 24 % à ceux observés dans le scénario d'émissions le plus élevé. Les auteurs soulignent toutefois que ces projections, comme tous les modèles, comportent une part d'incertitude.

Les auteurs affirment que ces résultats soulignent la nécessité de prendre en compte les changements climatiques dans la surveillance et la lutte contre la résistance aux antimicrobiens. Ils ajoutent qu'une action climatique plus ambitieuse , conjuguée à un usage responsable des antibiotiques et à une surveillance accrue des maladies chez l'humain, l'animal et dans l'environnement, sera essentielle pour limiter la propagation future de la résistance aux antibiotiques.

dimanche 24 mai 2026

Repenser la formation à la sécurité des aliments : Placer le consommateur au cœur des préoccupations

L’article ci-dessous s’inscrit dans la droite ligne de l’article sur le distributeur, Aldi en Belgique, à suite d’une décision de la Cour de justice européenne.

Même si ce distributeur avait vu sa démarche validée par les autorités de tutelle, « Les juges luxembourgeois ont déclaré que le droit européen de la sécurité des aliments vise à garantir la sécurité réelle des aliments pour les consommateurs, et non à se contenter de prouver, sur le papier, qu'une entreprise dispose de plans de conformité et de systèmes de contrôle. En vertu de la législation européenne, les supermarchés sont les principaux responsables de la protection des aliments tout au long de la chaîne d'approvisionnement, y compris pour les produits déjà en rayon et accessibles aux clients. »

Ci-après il est question de l’ensemble de la filière alimentaire qui doit de changer de raisonnement mais aussi, me semble-t-il, les autorité de tutelle, à vous de voir ...

Dans ce contexte, voici « Repenser la formation à la sécurité des aliments : Placer le consommateur au cœur des préoccupations ». Article d’Andrew Thomson et Matthew Wilson paru le 20 mai 2026 dans Food Safety Magazine.

Pour adopter une formation à la sécurité des aliments centrée sur le consommateur, l'industrie doit humaniser la notion de risque et repenser l'intégration en tenant compte des conséquences pour le consommateur .

L'ensemble de l'industrie alimentaire, de la production à la consommation, a consacré des décennies à axer la formation à la sécurité des aliments sur le respect des exigences réglementaires, au détriment des consommateurs. Cette approche a atteint ses objectifs, mais il est temps de changer de paradigme. Nous devons intégrer le consommateur à la formation – au sens figuré – et repenser l'enseignement et la formation en sécurité des aliments pour un impact plus ciblé.

Les consommateurs sont remarquablement absents de nos programmes et cadres de formation. Leurs besoins, leurs vulnérabilités, leurs attentes et leur confiance sont rarement pris en compte. Pourtant, ce sont eux qui sont touchés en cas de problème – qu'il s'agisse d'intoxications alimentaires, d'hospitalisations et de soins continus, de réactions allergiques, ou pire encore.

Pourquoi le statu quo ne fonctionne pas

Les faits sont éloquents : si l’approche actuelle de l’industrie alimentaire en matière de formation était réellement efficace, nous n’assisterions pas à la persistance des incidents liés à la sécurité des aliments. Dans des articles précédents, les auteurs ont mis en lumière une multitude d’incidents de ce type largement médiatisés. Il s’agit d’un problème mondial (se référer au tableau des statistiques des maladies inectieuses d’origine alimentaire, dont la France, décrit dans l’article original).

Pour beaucoup dans l’industrie alimentaire, la sécurité des aliments se résume à une simple formalité. Les employés suivent des formations en ligne mal conçues, axées principalement sur les connaissances théoriques, avec peu de compréhension, un encadrement limité et sans responsabilisation. Nombre de ces programmes ne respectent pas les principes fondamentaux de l’apprentissage chez l’adulte et proposent un contenu passif et standardisé qui ne parvient pas à impliquer véritablement les employés. Par conséquent, la formation se trouve déconnectée des réalités complexes de la sécurité des aliments en milieu professionnel. Les employés ne sont pas suffisamment préparés pour appliquer leurs connaissances dans des contextes professionnels concrets et ne sont souvent pas tenus responsables de leurs actes. Dans bien des cas, ni l'entreprise alimentaire, ni sa direction ne le sont pas plus.

Ces manquements ne se limitent pas à la simple absence d'application ou de priorité accordée aux pratiques de sécurité des aliments. Ils découlent d'un problème plus profond : une lacune fondamentale dans la compréhension, la responsabilisation et l'engagement collectif en faveur de la protection de la santé des consommateurs. Fondamentalement, ces manquements reflètent une méconnaissance réelle qui dépasse la simple conformité et une compréhension globale des risques et des conséquences. Les entreprises alimentaires ont été amenées à croire que la réussite d'un audit de conformité ou l'obtention d'un certificat de formation suffisaient à garantir la sécurité des aliments. La réalité est bien plus complexe. Une véritable sécurité des aliments exige des connaissances approfondies, activement appliquées, renforcées à tous les niveaux de l'organisation et priorisées pour protéger le bien-être des consommateurs.

Les statistiques publiques mettent en évidence le fardeau mondial des maladies d'origine alimentaire et soulignent l'urgence d'une formation efficace en matière de sécurité des aliments dans tous les secteurs de l'industrie alimentaire. Les auteurs reconnaissent que les méthodologies et les systèmes d'enregistrement varient d'un pays à l'autre, ce qui peut influencer les données publiées. La sécurité des aliments est le fruit d'une culture, de comportements, d'un leadership et d'une prise de décision, et non pas seulement de la paperasserie ou du simple contrôle des températures des chambres froides et des mesures de température des aliments à l'aide de systèmes numériques.

Pourquoi ce changement est nécessaire

La conformité à elle seule ne suffit pas à garantir la sécurité des personnes que nous servons. Les consommateurs doivent être au cœur de chaque décision prise en usine, en cuisine et dans le secteur de la restauration. Pour que ce changement s'opère, nous devons d'abord lever les obstacles qui entravent une formation efficace en matière de sécurité des aliments.

Malgré toute la bonne volonté, la formation à la sécurité des aliments est souvent insuffisante en raison de trois obstacles majeurs :

1. Manque de temps : La formation et le renforcement des acquis sont souvent sacrifiés par manque de temps, ce qui entraîne un apprentissage fragmenté ou inefficace. Les employés ne sont pas préparés à appliquer leurs connaissances en situation professionnelle.

2. Ressources et personnel limités : De nombreuses entreprises ont du mal à allouer les ressources nécessaires à une formation et à une documentation efficaces. Sans un nombre suffisant d'employés et d'outils, la formation se réduit souvent à une approche standardisée, négligeant les exigences et les spécificités de chaque poste. Des employés compétents sont nécessaires pour former les autres ou pour accomplir les tâches nécessaires au respect des bonnes pratiques.

3. Soutien insuffisant de la direction : Lorsque la direction ne fait pas de la formation une priorité, elle envoie un message clair aux employés : la sécurité des aliments n'est pas une priorité. Cela compromet le potentiel de toute initiative de formation, qui est alors perçue comme une « simple formalité » plutôt qu'un impératif sérieux de sécurité pour les entreprises et les consommateurs.

Ces obstacles ne sont pas d'ordre technique ; ils sont stratégiques et culturels. Au fond, ils mettent en lumière une faille fondamentale de l'approche actuelle : la formation à la sécurité des aliments est une obligation de conformité, et non comme un investissement essentiel dans la formation et le développement des employés, la santé publique et la confiance des consommateurs.

Le rôle du consommateur dans la sécurité des aliments : pourquoi son point de vue est important.

Imaginez si vos sessions de formation à la sécurité des aliments intégraient les témoignages et les expériences des consommateurs qui dépendent d'une alimentation saine. Et si, au lieu de nous concentrer uniquement sur les procédures et la législation alimentaire, nous renforcions les compétences des employés de la production et de la manipulation des aliments afin qu'ils pensent comme les personnes qu'ils servent : les personnes allergiques, les jeunes enfants, les personnes âgées ou celles dont le système immunitaire est affaibli ?

Les consommateurs attendent et méritent une alimentation saine pour protéger leur santé et leur bien-être. Pourtant, dans la plupart des cas, ils ne sont absolument pas représentés dans les programmes de formation à la sécurité des aliments. Cela doit changer.

Voir dans l’article original l’enquête mondiale sur la confiance des consommateur par pays.

Un problème majeur mis en lumière par de récentes enquêtes mondiales sur la sécurité des aliments est la forte baisse de la confiance des consommateurs. Aux États-Unis, la confiance dans la sécurité de l’approvisionnement alimentaire a atteint son niveau le plus bas en 13 ans, selon l’enquête 2025 de l’International Food Information Council's (IFIC's). . Malgré les progrès des technologies numériques qui devraient améliorer la sécurité des aliments, cette tendance se poursuit dans le sens inverse. De nombreux consommateurs estiment que le profit prime sur la sécurité sanitaire et que l’industrie agroalimentaire ne collabore pas efficacement pour assurer la protection des consommateurs.

Un tableau présente les principales préoccupations des consommateurs en matière de sécurité des aliments, souligne les lacunes des programmes de formation actuels et montre comment une approche repensée et axée sur le consommateur peut combler ces lacunes, améliorant ainsi les pratiques de l’industrie et la confiance des consommateurs.

Les sessions de formation aux compétences en matière de sécurité des aliments, destinées aux salariés de la production et aux manipulateurs d'aliments et conçues du point de vue du consommateur, abordent directement ces préoccupations (voir dans le texte original ce tableau). Elles garantissent que la sécurité des aliments ne se limite pas à éviter les infractions ; il s'agit de prendre chaque jour des décisions éclairées et éthiques qui protègent les personnes.

Des programmes de formation insuffisants : l'industrie reconnaît le problème

L'enquête mondiale sur la formation en matière de sécurité des aliments 2024, menée pour la huitième année consécutive, a compilé les données de plus de 3 000 entreprises alimentaires, couvrant la fabrication, l'agriculture, l'emballage, la distribution, la vente au détail et la restauration. Réalisée par un consortium d'organisations reconnues, l'enquête révèle des lacunes importantes dans la conception, la mise en œuvre et l'évaluation des formations au sein de l'industrie alimentaire. Malgré le respect des réglementations dans de nombreux cas, les efforts de formation ne parviennent souvent pas à induire de véritables changements de comportement susceptibles d'améliorer la santé publique. Selon l'enquête, près des trois quarts des entreprises alimentaires mondiales partagent l'avis suivant : « Malgré nos efforts de formation, certains de nos employés ne respectent toujours pas les protocoles établis sur le terrain. »

De plus, une entreprise sur quatre juge ses programmes de formation « médiocres », tandis que 60 % les estiment simplement « suffisants ». Seules six entreprises sur dix pensent que la formation a un impact positif sur la productivité, et un nombre important estime qu'elle n'a aucun effet sur la fidélisation du personnel, 10 % d'entre elles indiquant même qu'elle nuit à l'engagement des employés.

Ces résultats reflètent les préoccupations exprimées par les consommateurs dans des enquêtes menées à travers le monde : le fait que les entreprises privilégient les profits ou la conformité au détriment de la sécurité des aliments. Si les trois quarts des entreprises ne parviennent pas à traduire la formation en actions concrètes sur le terrain, comment le public peut-il avoir confiance dans la sécurité des aliments qu'il consomme ? Ce décalage entre la formation et la pratique sur le terrain met en lumière un problème alarmant : les consommateurs peuvent supposer que les employés sont bien formés, mais bien souvent, les entreprises elles-mêmes admettent que ce n'est pas le cas en pratique. Ces lacunes en matière de compétences nuisent non seulement à l'efficacité opérationnelle, mais surtout à la sécurité des consommateurs. Si les employés en contact direct avec la clientèle ne respectent pas les protocoles de base malgré la formation, les consommateurs sont exposés à des risques de maladies d'origine alimentaire, d'exposition à des allergènes et de contamination. La conséquence directe est une érosion croissante de la confiance des consommateurs, comme en témoigne le déclin de la confiance dans la sécurité des aliments observé à l'échelle mondiale.

Malgré ces difficultés, certaines organisations ont déjà pris l'initiative d'améliorer les règles de qualité et de sécurité des aliments.

Les responsables doivent sensibiliser et informer les employés, les sous-traitants et toute personne liée aux activités de l'entreprise ou impactée par celles-ci aux enjeux de sécurité sanitaire et de santé.

Signaux de l’industrie alimentaire : La formation est souvent négligée

Malgré les défis croissants en matière de sécurité des aliments, les données du secteur montrent systématiquement que la formation à la sécurité des aliments n'est pas une priorité. Ce problème ne concerne pas uniquement les employés de production et les manipulateurs d'aliments ; il révèle un problème systémique qui touche l'ensemble de la filière alimentaire, des dirigeants d'entreprise aux organismes de formation et de certification.

Une conclusion importante des déclarations de divulgation des risques des entreprises au Royaume-Uni a révélé que seulement 17% des entreprises alimentaires ont classé la sécurité des aliments parmi leurs dix principaux risques. Ce constat rejoint les conclusions de diverses enquêtes mondiales sur la sécurité des aliments et de rapports sur les risques des entreprises menés par les organisations du secteur. Les entreprises ont tendance à privilégier les risques financiers, la réduction des coûts et la concurrence, reléguant la formation à la sécurité des aliments au rang de charges non essentielles. Cette mentalité persiste dans de nombreuses organisations, où la formation est perçue comme un simple coût à minimiser, plutôt que comme un investissement essentiel qui améliore l'efficacité opérationnelle, réduit les risques et instaure une confiance durable des consommateurs.

Étapes pratiques : Intégrer le consommateur à la formation

Pour une formation à la sécurité des aliments axée sur le consommateur, il faut d'abord humaniser le risque. Ne vous contentez pas de parler de « contamination croisée » ou de listériose. Diffusez des vidéos ou racontez des histoires de personnes réellement touchées par des défaillances en matière de sécurité des aliments. Appuyez-vous sur des études de cas d'incidents locaux. Rendez la formation concrète et mémorable.

Deuxièmement, repensez l'intégration en tenant compte des résultats pour le consommateur. L'intégration des nouveaux employés ne doit pas se limiter à la simple démonstration des gestes à effectuer ; elle doit les amener à comprendre l'importance de ces gestes. Chaque nouvel employé doit non seulement maîtriser les aspects techniques de la sécurité des aliments, mais aussi prendre conscience des conséquences concrètes de ses actions. Il doit pouvoir répondre aux questions suivantes : Qui est-ce que je protège ? Quels sont les risques en cas de problème ?

Passez du discours sur « comment se laver les mains » à celui sur « comment l'hygiène des mains protège les personnes qui consomment nos aliments ». Ce changement de perspective permet de relier les tâches de base à leur impact concret et aide les employés à comprendre leur rôle dans le contexte plus large de la sécurité des aliments.

Lors de l'intégration de nouveaux employés, insistez sur l'aspect humain en utilisant des exemples comme ceux ci-dessous :

- « Vous travaillez sur une chaîne de production où vous emballez des plats préparés. Une contamination croisée peut entraîner une intoxication alimentaire.»

- « Vous préparez des repas pour un EHPAD dont les résidents ont un système immunitaire affaibli.»

- « Vous préparez des repas sans gluten pour des clients atteints de la maladie cœliaque.»

- « Vous êtes chef cuisinier dans un restaurant, et votre clientèle comprend des femmes enceintes, des enfants et des personnes âgées. Une cuisson insuffisante des aliments crus ou un stockage inadéquat des aliments potentiellement dangereux peuvent entraîner un transfert de contamination et mettre des vies en danger.»

Insistez sur le fait qu'il ne s'agit pas de concepts abstraits, ni d'exigences de conformité. Ce sont de vraies personnes qui dépendent de la sécurité des aliments que vous préparez. Il ne s'agit pas simplement de formation, mais d'un investissement dans la confiance et le bien-être des consommateurs.

Le leadership doit être le moteur du changement

Rien de tout cela ne fonctionnera si les dirigeants ne soutiennent pas et ne donnent pas l'exemple. Si les dirigeants considèrent les formations en sécurité des aliments comme une simple formalité, leurs équipes feront de même. En revanche, s'ils participent activement à l'apprentissage, discutent ouvertement des risques liés à la sécurité des aliments et font de la protection des consommateurs une priorité pour l'ensemble de l'entreprise, alors le changement devient possible.

Intégrez la voix du consommateur dans les conseils d'administration et les réunions d'information sur la sécurité des aliments. Remettez en question les idées reçues. Faites de la sécurité des aliments un critère d'évaluation des performances, non seulement pour les employés de première ligne, mais aussi pour les dirigeants et les cadres supérieurs.

L'appel au changement

Le temps des changements progressifs est révolu. Face à la persistance des maladies d'origine alimentaire qui affectent les consommateurs du monde entier et à la baisse historique de la confiance du public dans la sécurité des aliments, il est clair que l'industrie agroalimentaire doit dépasser le simple respect des normes minimales et adopter une véritable démarche d'amélioration continue. La sécurité des consommateurs doit devenir le moteur de tous les efforts de formation, sous peine de compromettre la confiance du public dans l'ensemble de la chaîne d'approvisionnement alimentaire.

Conclusion

Il est clair que la formation en matière de sécurité des aliments, dans sa forme actuelle, ne suffit pas à protéger les consommateurs, ni à renforcer la confiance du public dans l'industrie agroalimentaire. Nous devons remettre en question le statu quo, repenser l'éducation et la formation en matière de sécurité des aliments et créer un système où la santé et l'autonomisation des consommateurs sont au cœur de toutes nos actions. Cela exige un leadership audacieux, un investissement continu dans les compétences des employés et un engagement en faveur d'un changement significatif. L'avenir de la sécurité des aliments et la santé et le bien-être de millions de personnes dans le monde en dépendent.

NB : Pour des raisons de temps, les référence bibliographiques de l’article ne sont pas citées ainsi que différents documents instructifs proposés par les auteurs. N’hésitez pas à vous y référer pour aller plus loin .. -aa.

vendredi 22 mai 2026

L'OMS déplore des progrès insuffisants dans la lutte contre les maladies d'origine alimentaire

Je ne sais pas quels sont les pays visés, mais il me semble que chez nous, comme le budget 'sécurité sanitaire des aliments est en baisse pour la deuxième année consécutive, 2025 et 2026, on a du mouron à se faire.

Lors de la 79ᵉ Assemblée mondiale de la santé, l'Organisation mondiale de la santé (OMS) a exprimé des préoccupations concernant les progrès insuffisants dans la lutte contre les maladies d'origine alimentaire. Ces maladies, causées par des aliments contaminés par des bactéries, des virus, des parasites ou des substances chimiques, affectent chaque année 600 millions de personnes dans le monde, entraînant 420 000 décès et la perte de 33 millions d'années de vie en bonne santé, OMS.

Selon l'OMS, les capacités nationales de surveillance des maladies d'origine alimentaire se sont légèrement améliorées, mais restent insuffisantes.

L’Organisation mondiale de la santé (OMS) a présenté un bilan des progrès accomplis concernant la Stratégie mondiale pour la sécurité sanitaire des aliments lors de la 79e Assemblée mondiale de la santé.

Les données montrent que malgré une amélioration progressive de la surveillance des maladies d'origine alimentaire et de la contamination des aliments, les objectifs ne seront pas atteints au rythme actuel. FSN.

mercredi 20 mai 2026

Aldi est bel et bien responsable des conditions d’hygiène dans ses magasins, selon la justice de l’UE

Belle page de pub pour Aldi et autres distributeurs car ils sont, au travers ce cas, tous concernés et responsables ...

Des excréments de rats et d’autres soucis d’hygiène valent à Aldi d'être mis en cause devant la justice européenne. La chaîne de supermarchés n'a pas réussi à convaincre la plus haute juridiction européenne que le droit de la sécurité des aliments ne concerne que les mesures de prévention et non l'état des produits en rayon. Source.

La plus haute juridiction européenne ayant déclaré que les supermarchés peuvent toujours être tenus responsables en vertu de la loi européenne sur la sécurité des aliments même s'ils affirment avoir fait tout leur possible pour empêcher les nuisibles d'entrer.

La question que la Cour de cassation (Belgique) soumet à la Cour dans le cadre de la présente demande de décision préjudicielle était la suivante :

1. Est-ce que la découverte de traces de nuisibles dans les magasins et entrepôts d’un exploitant du secteur alimentaire suffit à elle seule à établir une infraction aux règles d’hygiène prévues par le règlement (CE) n°852/2004 relatif à l’hygiène des denrées alimentaires ou l’autorité compétente doit-elle plutôt prouver que l’exploitant du secteur alimentaire concerné n’a pas respecté les obligations de moyen stipulées dans ce règlement ?

Les juges luxembourgeois ont déclaré que le droit européen de la sécurité des aliments vise à garantir la sécurité réelle des aliments pour les consommateurs, et non à se contenter de prouver, sur le papier, qu'une entreprise dispose de plans de conformité et de systèmes de contrôle. En vertu de la législation européenne, les supermarchés sont les principaux responsables de la protection des aliments tout au long de la chaîne d'approvisionnement, y compris pour les produits déjà en rayon et accessibles aux clients.

Le tribunal a déclaré que la présence répétée de traces et d'excréments de rongeurs à proximité des aliments et des équipements de restauration peut, à elle seule, constituer une infraction à plusieurs obligations d'hygiène de l'UE. Les autorités n'ont pas non plus à prouver qu'un supermarché n'a pas déployé suffisamment d'efforts ou a négligé des mesures préventives possibles.

Selon un expert, « La Cour penche clairement pour une obligation d'hygiène plus stricte, en partie axée sur les résultats, afin d'obtenir des résultats concrets en matière de sécurité des aliments ».

Un plan de lutte contre les nuisibles est nécessaire mais non suffisant, une certification est sans doute nécessaire mais était-elle suffisante, etc.

« Les distributeurs de toute l’UE pourraient être confrontés à des inspections renforcées, à une responsabilité accrue et à une pression accrue pour maintenir des systèmes de lutte antinuisibles à tolérance quasi nulle », a-t-il déclaré.

Samuele Tonello, responsable principal des politiques alimentaires à l'Organisation européenne des consommateurs (BEUC), a déclaré que ce jugement confirme que le droit de la sécurité des aliments concerne en fin de compte l'expérience des consommateurs dans les magasins, et non seulement les systèmes de conformité internes.

« Les consommateurs partent du principe que les aliments qu’ils achètent sont sûrs », a déclaré Tonello. « Cette confiance repose sur la responsabilité des détaillants quant aux conditions réelles de stockage dans leurs points de vente et entrepôts. »

« La législation en matière de sécurité des aliments existe pour protéger les personnes, et non pour certifier les procédés », a déclaré Tonello.

En France, l’actualité nous offre une nouvelle preuve de ce qui est avancé dans cette décision juridique, avec la découverte par un consommateur de présence dune partie d’un animal dans une boite de petits pois vendue chez Lidl …

Les 5 euros de dédommagement proposée par Lidl sont une insulte faite aux consommateurs et Lidl doit, si plainte est déposée, en répondre devant la justice ..

La réponse à la question initiale doit être interprétée « en ce sens que une contamination par des nuisibles constatée à plusieurs reprises pendant plusieurs mois, rendant les denrées alimentaires impropres à la consommation humaine, dans, sur et à proximité immédiate de denrées alimentaires qui se trouvent au stade de la mise sur le marché, est de nature à prouver qu’un exploitant du secteur alimentaire a manqué aux obligations qui lui incombent en vertu des règles d’hygiène prévues par la législation relative à l’hygiène alimentaire. »

Màj du 20 mai 2026. Voici qu'un magasin Auchan (19e) a été fermé pari la Préfecture de Paris pour cause présence de nuisibles (rats) dans le supermarché et dans des frigos alimentaires ...

Il ne va bientôt plus avoir de supermarchés ouverts tant le problème des nuisibles a été sous-estimé...

MàJ du 23 mai 2026La Cour de cassation belge a interrogé la CJUE concernant les obligations d'hygiène alimentaire suite à des contrôles de l'AFSCA dans des magasins et dépôts Aldi. Ces contrôles ont révélé des problèmes graves (excréments de rongeurs, articles souillés), posant la question de la responsabilité de l'enseigne face aux règlements européens d'hygiène (Règlement CE n° 852/2004). La jurisprudence indique que les supermarchés ne peuvent se contenter de simples procédures administratives si la contamination est avérée sur le terrain.

mardi 19 mai 2026

Mercosur et sécurité des aliments. Les viandes du Brésil bientôt interdites d'exportation !

Y aurait-il des trous dans la raquette Mercosur ?

L'UE et le Mercosur confrontés à la réalité, les exportations de viande brésiliennes menacées d'interdiction par l'UE. Source. C'est un revers majeur pour la Commission européenne face à la réalité de la sécurité des aliments.

Deux semaines se sont écoulées depuis l'entrée en vigueur provisoire de l'accord commercial UE-Mercosur. Pourtant, un événement majeur est survenu : le Brésil, principal partenaire du Mercosur, sera interdit d'exporter de la viande vers l'UE à partir de septembre en raison de l'utilisation d'antimicrobiens pour favoriser la croissance animale.

Cette décision est-elle irréversible, et que pouvons-nous en apprendre ?

Jeudi (12 mai), l'UE a mis à jour sa liste de pays autorisés à exporter de la viande vers l'UE, à la lumière des règles sanitaires et phytosanitaires de l'UE.

Sans grande surprise, le Brésil a été retiré de la liste. Selon la Commission, le Brésil ne peut prouver que la viande exportée vers l'UE est exempte de facteurs de croissance antimicrobiens.

Pourquoi maintenant ?

Avant la signature de l'accord commercial UE-Mercosur en début d'année, la Commission a dû rassurer les Européens sur le renforcement des contrôles sanitaires et phytosanitaires sur la viande importée.

L’idée était de convaincre les agriculteurs de tout le continent que tous les produits entrant sur le marché de l’UE seraient conformes aux normes de l’UE et, par conséquent, ne leur feraient pas concurrence à armes égales.

Et maintenant, place à la mise en œuvre concrète.

Après les contrôles, il est apparu que le Brésil utilisait toujours des facteurs de croissance antimicrobiens. Mais plus grave encore, le pays est incapable de démontrer que la viande exportée vers l'UE est conforme à la réglementation européenne et exempte de facteurs de croissance antimicrobiens.

Cette décision pourrait-elle être annulée ?

Le retrait de la liste des pays autorisés ne prendra effet que le 3 septembre.

Interrogé un responsable de la Commission, a expliqué que deux facteurs allaient influencer le processus.

Premièrement, le Brésil doit mettre en place des mesures telles que des modifications législatives et des contrôles pour éliminer les facteurs de croissance antimicrobiens des chaînes de production.

Deuxièmement, le Brésil doit s'assurer que les produits exportés à l'avenir respecteront les nouvelles exigences. En règle générale, un morceau de bœuf exporté dans six mois ne sera probablement pas conforme, car l'animal aura reçu des antimicrobiens par le passé.

Il est donc difficile de dire si le Brésil pourra réintégrer la liste d'ici septembre.

Mais avec une volonté politique et certains arrangements techniques, cela pourrait se produire.

Le Brésil milite depuis longtemps pour la signature de l'accord de libéralisation des échanges entre l'UE et le Mercosur. L'exportation de viande vers l'UE revêt une grande importance économique pour le pays.

Et jusqu'à présent, des compromis ont été trouvés entre les deux blocs pour résoudre tous les problèmes qui avaient empêché la conclusion de l'accord ces dernières années.

jeudi 14 mai 2026

Nouvelle infographie de l'Anses : 10 gestes utiles en cuisine pour ne pas tomber malade

Depuis le bilan 2023 des données des TIAC par Santé publique France, qui n’a pas été bon, comme celui de 2022, et probablement celui de 2024 (données publiées par l’EFSA), le blog se demandait quand et comment des 'autorités' allaient répondre à ces défis posés par ces ‘records’ de TIAC et de personnes malades. Le mot ‘record’ n’est pas de mon cru, mais de Santé publique France.

« Le nombre de TIAC notifiées en 2023 est le plus élevé enregistré depuis la mise en place de la surveillance en 1987. Il a dépassé le précédent record de 2022 (1 924 TIAC déclarées). »

Une réponse a été fournie par l’Anses avec un article publié le 11 mai 2026, Sensibilisation à l’hygiène en cuisine : nos aliments ont quelque chose à nous dire !

« Nous avons décidé de parler d'hygiène en cuisine sur un ton différent : en faisant parler les aliments eux-mêmes dans des situations au plus près du quotidien. Nos scientifiques viennent en appui pour décrypter les mécanismes microbiologiques qui échappent à l’œil nu et donner à chacun les clés d’une cuisine sûre et responsable. Notre philosophie : mieux comprendre pour mieux agir » explique Marianne Chemaly, directrice scientifique de la sécurité sanitaire des aliments à l’Anses.

L’objectif est de « Renforcer la sécurité sanitaire des aliments » et la cible principale est le consommateur car, selon l’Anses, « Chaque année, près d’un tiers des toxi-infections alimentaires déclarées surviennent à domicile, sachant que celles qui ne sont pas signalées aux médecins et aux autorités sont sans doute très nombreuses également ! »

L’Anses propose pour chaque item de son infographie deux petites vidéos, l’une ludique, et l’autre qui la complète avec un discours plus technique et scientifique, « En cuisine, le meilleur ingrédient, c’est l’hygiène ! ».

Je n’ai pas visionné toutes les vidéos, mais les propos associés à la cuisson des aliments, Contre les infections, respectez la cuisson, me semblent poser souci, on y parle de couleur et de jus clair, bref, autant de propos non validés scientifiquement, à vous de voir ...

J’ai retenu le meilleur pour la GT fin à savoir l’infographie simple et très bien faite autour de « 10 gestes en cuisine pour ne pas tomber malade ». Ces 10 gestes vont à l’essentiel.

Merci l’Anses !

A quand des infographies pour la restauration commerciale et collective ?

mercredi 13 mai 2026

Ÿnsect : autopsie d’un fiasco industriel

« Ÿnsect : autopsie d’un fiasco industriel » est un article de Gil Rivière-Wekstein paru sur son blog Agriculture et Environnement.
Extraits

La liquidation judiciaire d’Ÿnsect, prononcée le 1er décembre 2025 par le tribunal de commerce d’Évry laisse une usine vide et 43 chômeurs, alors que plus de 600 millions d’euros avaient été levés, dont 148 millions d’argent public. Retour sur l’un des symboles d’une décennie d’égarement politique.

L’État a endossé et financé ce projet, qui relevait bel et bien d’une sorte de fantasme collectif. 

Loin d’être une mésaventure isolée, cette affaire témoigne de l’égarement politique et industriel français des années Macron.

Dans le même temps, le président Macron voyait en Ÿnsect un « champion de demain », tandis que le ministre de l’Économie de l’époque, Bruno Le Maire, notait, il y a à peine trois ans : « Je pense par exemple à Ÿnsect ou Innovafeed, qui inventent la filière agroalimentaire de demain. »

A lire dans le détail car ce fiasco financier mais aussi écologique est une illustration parmi d'autres de l'illusion de la trop fameuse et vaseuse transition écologiste.