lundi 17 août 2026

Brève de vacances : Les tomates sans eau, quand France 2 remet le couvert !

« Tomates sans eau : France 2 remet le couvert ! » est une information publiée le 15 août 2026 par le blog d'André Heitz, Agriculture, alimentation, santé publique... soyons rationnels

Horresco referens ! Dans son journal de 13 heures du 13 août 2026, France 2 a produit à nouveau une séquence – un publireportage indécent – sur les tomates qui poussent sans eau (ou presque) et des plantes qui « ont appris à supporter la canicule directement », et sur les vertus miraculeuses des « semences paysannes ».

Apprendront-ils un jour ? Que fait l'ARCOM contre ce genre d'infox.

Le 13 août 2026, dans son journal de 13 heures, France 2 a produit une séquence de près de 2 minutes 30 que l'on retrouve sur Internet sous le titre : « Sécheresse : des tomates cultivées sans eau, ou presque ».

En chapô :

« 70 % du territoire est soumis à des restrictions d’usage de l’eau, un casse-tête pour les agriculteurs. Dans l’Hérault, une maraîchère a peut-être trouvé une solution : des tomates qui poussent presque sans eau. Ses légumes peuvent tenir un mois sans recevoir une goutte et la récolte est spectaculaire. »

Ce qui est spectaculaire, c'est que nos « reporters » aient pu croire qu'une maraîchère aurait trouvé une martingale, les autres producteurs devant être trop stupides pour ne pas l'avoir découverte eux aussi.

C'est un publireportage effarant. Lisez !

De la représentation de la sécurité des aliments au niveau du conseil d'administration

« De la représentation de la sécurité des aliments au niveau du conseil d'administration » (Food Safety Representation at the Board Level), source FSM.

Pour s'acquitter de leurs responsabilités en matière de gouvernance, les conseils d'administration ont besoin de rapports réguliers et de haute qualité qui traduisent les enjeux techniques liés à la sécurité des aliments en termes de risques commerciaux.

Compte tenu de l'ampleur de ce secteur et de son importance pour la santé publique, les défaillances en matière de sécurité des aliments peuvent avoir des conséquences considérables pour les consommateurs, les entreprises et les investisseurs.

Les sociétés cotées en bourse sont dirigées par un conseil d'administration chargé de gérer les risques et de protéger la valeur actionnariale à long terme. Le conseil approuve les décisions stratégiques majeures, supervise les risques, contrôle la performance du PDG et veille à ce que l'entreprise reste fidèle à son objectif de maximisation de la valeur à long terme. Si les conseils d'administration des entreprises alimentaires comptent souvent des experts en finance, stratégie, gestion de la réputation et tendances de consommation, il est relativement rare que leurs administrateurs possèdent une expertise approfondie en matière de sécurité des aliments. Ce constat est important car la sécurité des aliments demeure l'un des risques les plus importants auxquels sont confrontées les entreprises agroalimentaires, avec des conséquences potentielles pour les consommateurs, des perturbations opérationnelles, des atteintes à l'image de marque, des sanctions réglementaires et une érosion de la valeur actionnariale.

Plusieurs publications traitent du coût des rappels de produits alimentaires pour les entreprises. Éviter les conséquences négatives d'un rappel est un facteur déterminant qui justifie l'intégration de ce sujet aux discussions des conseils d'administration. Les rappels de grande ampleur, rendus publics ont un impact négatif sur la confiance des consommateurs, ce qui peut nuire à la réputation et à l'image de marque, et entraîner une perte de parts de marché. Ces pertes peuvent se traduire par une réduction des flux de trésorerie, un impact sur le chiffre d'affaires net et les bénéfices, ainsi qu'une diminution de la capacité d'investissement, dont il est souvent difficile de se remettre. Seo et al. ont démontré que les effets négatifs d'un incident de sécurité des aliments sur le cours de l'action d'une entreprise peuvent persister jusqu'à un an. Les publications négatives sur les réseaux sociaux peuvent également amplifier cet impact, car la diffusion massive d'informations peut être difficile à gérer.

La sécurité des aliments demeure un risque majeur pour les entreprises, exigeant une surveillance constante du conseil d'administration. Un article récent de Food Safety Magazine a recensé les dix risques les plus fréquents dans l'industrie agroalimentaire. Le premier risque était la « sécurité des aliments », suivi de la « qualité des produits et des rappels ». Compte tenu de la sensibilité accrue des consommateurs, de la vigilance réglementaire grandissante et de la surveillance médiatique renforcée, ce constat n'a rien d'étonnant. Face à la multiplication des risques graves qui exercent une pression croissante sur les conseils d'administration et leurs ressources, il est essentiel de maintenir l'attention sur la sécurité des aliments. Dans cet article, les risques, numéros 3 et 8, étaient respectivement les « risques liés à la chaîne d'approvisionnement » et les « risques opérationnels ». Ces risques concernent la complexité croissante des chaînes d'approvisionnement et la nécessité d'éviter toute rupture de ces dernières, tout en améliorant l'efficacité opérationnelle. Un incident de sécurité des aliments est susceptible d'entraîner des perturbations des opérations et de la chaîne d'approvisionnement, confirmant ainsi sa position de risque prioritaire.

L'ampleur du fardeau pour la santé publique illustre davantage pourquoi la sécurité des aliments doit être considérée comme un enjeu stratégique de gouvernance. Dans la communication des données, les maladies aiguës sont privilégiées car il est plus facile d'établir un lien entre une source de contamination aiguë et la maladie. Les données récemment mises à jour de l'OMS sur le fardeau des maladies d'origine alimentaire révèlent que jusqu'à 866 millions de personnes dans le monde ont été malades en 2021 après avoir consommé des aliments contaminés. Parmi elles, 1,52 million sont décédées, les enfants de moins de 5 ans étant touchés de manière disproportionnée. Les maladies diarrhéiques sont responsables de plus de la moitié du fardeau mondial des maladies d'origine alimentaire.

Exemple de cas : E. coli dans des germes de fenugrec, Allemagne, 2011

L’impact des incidents liés à la sécurité des aliments peut être difficile à contenir et s’étendre à d’autres acteurs d’un secteur, d’une industrie, voire d’un pays entier. À titre d’exemple, citons l’épidémie à E. coli survenue de mai à juillet 2011 et liée à des germes de fenugrec cultivés en Allemagne. Cette épidémie a entraîné 3 950 cas d’infections confirmées et 53 décès.

Dans un premier temps, les autorités allemandes ont identifié à tort des concombres et des tomates espagnols comme la source probable de l'épidémie. Cette erreur d'attribution aurait coûté à l'Espagne environ 200 millions $ de pertes à l'exportation, tandis que les ventes de concombres ont chuté sur tous les marchés, quel que soit leur pays d'origine. La situation a également exacerbé les tensions politiques au sein de l'UE. Les investigateurs ont par la suite déterminé que l'épidémie provenait de germes de fenugrec cultivés en Allemagne.

L'incident aurait engendré des coûts humains estimés à 2,8 milliards $, incluant les dépenses médicales et les pertes de productivité liées aux maladies. La confiance des consommateurs dans les produits frais a été fortement ébranlée, provoquant d'importantes répercussions économiques à travers l'Europe. Les producteurs auraient perdu environ 330 millions $ par semaine en raison de la chute de la demande, et les effets se sont fait sentir tout au long de la chaîne d'approvisionnement des produits frais.

Bien que la plupart des maladies d'origine alimentaire soient de courte durée et d'origine microbiologique, provoquant des symptômes tels que nausées, vomissements et diarrhée, elles peuvent également entraîner des maladies à long terme comme le cancer, l'insuffisance rénale ou hépatique, et des troubles cérébraux et neurologiques. Ces maladies peuvent être plus graves chez les enfants, les femmes enceintes et les personnes âgées ou immunodéprimées. À mesure que les connaissances scientifiques progressent, il apparaît de plus en plus clairement que les formes aiguës ne représentent qu'une partie du fardeau associé aux maladies d'origine alimentaire. Les conséquences à long terme sur la santé sont tout aussi importantes, et nombre d'entre elles restent mal comprises et difficiles à quantifier. Parallèlement, les maladies d'origine alimentaire deviennent de plus en plus complexes et continueront d'évoluer à mesure que les systèmes de sécurité des aliments devront relever de nouveaux défis, notamment les allergènes alimentaires, les effets chroniques sur la santé et les besoins d'une population vieillissante.

La sécurité des aliments, autrefois considérée comme relevant principalement des équipes techniques et de production, doit désormais être perçue comme un impératif stratégique global pour l'ensemble de l'entreprise. Face à la complexification croissante des risques liés à la sécurité des aliments et à l'aggravation de leurs conséquences potentielles, ces risques constituent une menace grandissante pour les entreprises agroalimentaires. Par conséquent, la sécurité des aliments et la gestion des risques associés doivent être intégrées aux enjeux fondamentaux de gouvernance et faire l'objet d'un suivi régulier par le conseil d'administration.

Gestion des risques liés à la sécurité des aliments au niveau du conseil d'administration

La publication de 2025 du gouvernement néo-zélandais, « Guide de bonne gouvernance en matière de sécurité des aliments à l’intention des administrateurs », décrit clairement les rôles et les responsabilités du conseil d’administration en matière de sécurité des aliments. Ces rôles et responsabilités sont les suivants :
  • Créer un environnement dans lequel la sécurité des aliments peut fonctionner avec succès
  • Responsabiliser la direction quant à la mise en œuvre du système de sécurité des aliments.

Ces rôles ont été élargis dans un modèle de gouvernance de la sécurité des aliments en quatre étapes :

  • Étape 1 : S'engager en faveur de la gouvernance de la sécurité des aliments
  • Étape 2 : Promouvoir une culture de la sécurité des aliments où la sécurité des aliments est clairement énoncée comme une valeur fondamentale
  • Étape 3 : S'assurer que les risques liés à la sécurité des aliments sont identifiés, évalués et gérés
  • Étape 4 : Surveiller la conception du système de sécurité des aliments et les performances de l'entreprise.

Les quatre étapes décrites ci-dessus sont en réalité interdépendantes. La gestion des risques liés à la sécurité des aliments vise à protéger à la fois l'entreprise et les consommateurs en identifiant puis en gérant le risque. Un risque pour la sécurité des aliments est présent lorsqu'un danger d'origine alimentaire (biologique, chimique, physique ou allergène non déclaré) est associé à une exposition à ce danger, généralement par la consommation d'aliments contaminés.

La législation en vigueur dans de nombreuses juridictions et les meilleures pratiques du secteur exigent l'élaboration et le renforcement de mesures fondées sur les risques afin de garantir la sécurité et la conformité des aliments à leur usage. Par conséquent, les entreprises doivent suivre une démarche structurée pour évaluer les risques liés à la sécurité des aliments, élaborer des contrôles, les mettre en œuvre et tenir des registres. Elles doivent également vérifier l'efficacité du système et rendre compte de ses performances.

L’évaluation des risques et l’identification des contrôles appropriés représentent un défi de taille dans l’industrie agroalimentaire. Les matières premières, souvent issues de l’agriculture, peuvent présenter des variations importantes d’une année à l’autre, voire d’un lot à l’autre. Parallèlement, les entreprises doivent concilier des priorités concurrentes, telles que les objectifs de développement durable, les contraintes de coûts, les attentes des consommateurs et, parfois, des exigences réglementaires contradictoires.

La performance en matière de sécurité des aliments dépend fortement des employés de première ligne, dont les actions quotidiennes jouent un rôle crucial dans la gestion des risques. Par conséquent, la sécurité des aliments est influencée par une interaction complexe de facteurs techniques, humains, sociaux et environnementaux. Ces facteurs étant en constante évolution, les risques liés à la sécurité des aliments évoluent continuellement, ce qui oblige les organisations à revoir et à mettre à jour régulièrement leurs systèmes et contrôles de sécurité des aliments.

Il est donc essentiel de gérer ces risques au moyen d'un plan de management des risques (PMR) complet. Un PMR efficace adopte une vision globale du risque à l'échelle de l'entreprise, s'étendant au-delà des opérations de fabrication et des activités de la chaîne d'approvisionnement pour inclure les fonctions de soutien telles que le marketing, la recherche et le développement, les ressources humaines et la finance. Les décisions prises dans chacun de ces domaines peuvent avoir des répercussions importantes sur la sécurité des aliments.

Cette approche holistique s'inscrit dans les principes de la gestion des risques d'entreprise (GRE), que les organisations de premier plan utilisent pour identifier, évaluer et gérer les risques susceptibles de compromettre la réalisation de leurs objectifs commerciaux. La GRE fournit un cadre d'analyse des risques à l'échelle de l'entreprise, couvrant les domaines financier, opérationnel, stratégique et lié aux risques naturels.

Le processus de gestion des risques d'entreprise (GRE) comprend généralement cinq éléments clés : la définition de la stratégie et des objectifs, l'identification des risques, l'évaluation des risques, la gestion des risques et la communication et le suivi continus. Pour les entreprises alimentaires, ce processus identifie presque systématiquement la sécurité des aliments comme un risque critique. L'objectif est de déterminer quels risques, malgré la prise en compte des contrôles existants, demeurent à un niveau inacceptable ou présentent un risque d'aggravation, nécessitant ainsi une attention et une surveillance accrues de la part de la direction.

Bien que de nombreuses organisations aient mis en place des processus de gestion des risques d'entreprise, les informations présentées au conseil d'administration n'offrent pas toujours la perspective stratégique nécessaire à une supervision efficace. Les rapports du conseil se concentrent souvent sur la documentation et la résolution des risques individuels, plutôt que sur l'examen des défis actuels de l'organisation, des menaces émergentes et de l'efficacité de sa stratégie de gestion des risques à long terme. C'est pourquoi le processus de GRE devrait être complété par une discussion stratégique structurée sur les risques liés à la sécurité des aliments, animée par un professionnel qualifié en sécurité des aliments ou un comité consultatif indépendant. Cela permet aux administrateurs d'interpréter les tendances des risques, de remettre en question les hypothèses et d'évaluer si l'approche de gestion des risques de l'organisation demeure pertinente.

Le conseil d'administration joue un rôle crucial dans la définition des priorités et de la tolérance au risque de l'organisation. L'absence de la sécurité des aliments lors des discussions au niveau du conseil peut laisser entendre, au sein de l'organisation, qu'elle n'est pas considérée comme un risque stratégique. Toutefois, compte tenu de l'étendue des responsabilités qui incombent aux administrateurs, il est illusoire d'attendre de l'ensemble du conseil qu'il dispose du temps ou de l'expertise technique nécessaires pour superviser en détail tous les aspects des risques liés à la sécurité des aliments. C'est pourquoi, souvent, il est préférable de traiter ces risques par le biais du comité du conseil chargé de la supervision des risques, généralement le comité d'audit et des risques. L'examen stratégique des risques liés à la sécurité des aliments décrit précédemment correspond parfaitement aux responsabilités de ce comité et peut apporter l'expertise spécialisée nécessaire à une supervision efficace.

Quel que soit le niveau de supervision détaillé, la sécurité des aliments doit rester une priorité pour l'ensemble du conseil d'administration. À tout le moins, les administrateurs doivent recevoir un rapport annuel sur les performances en matière de sécurité des aliments et les risques émergents. Ces rapports doivent inclure des indicateurs avancés, tels que les taux de clôture des actions correctives, les conclusions d'audit et la conformité des formations, ainsi que des indicateurs retardés, tels que les réclamations des consommateurs, les retraits de produits et les rappels. Ensemble, ces indicateurs offrent une vision plus complète des performances et du profil de risque de l'organisation en matière de sécurité des aliments.

Lorsqu'ils communiquent avec la direction et le conseil d'administration, les professionnels de la sécurité des aliments doivent dépasser le jargon technique et exprimer les risques en termes commerciaux. Les responsables techniques doivent être prêts à aborder les conséquences financières, opérationnelles et réputationnelles des manquements à la sécurité des aliments. Présenter la sécurité des aliments sous l'angle des pertes potentielles, de l'atteinte à l'image de marque, des conséquences réglementaires et des risques pour la continuité des activités permet de garantir que ce problème reçoive l'attention qu'il mérite au plus haut niveau de l'organisation.

Meilleures pratiques pour les systèmes de maîtrise de la sécurité des aliments

L’efficacité du contrôle exercé par le conseil d’administration repose en définitive sur la confiance dans la mise en place et le bon fonctionnement des dispositifs de sécurité des aliments appropriés. L’industrie a consacré de nombreuses années à identifier les meilleures pratiques en matière de systèmes de contrôle de la sécurité des aliments. Les processus structurés comprennent : 
  • Bonnes pratiques opérationnelles du secteur alimentaire
  • Bonnes pratiques agricoles
  • Bonnes pratiques de fabrication et bonnes pratiques d'hygiène
  • Analyse des dangers - points critiques pour leur maîtrise ou HACCP
  • Vérification (c’est-à-dire comment vérifier si les commandes fonctionnent). 

Il est essentiel que les entreprises comprennent non seulement leurs performances, mais aussi les facteurs qui limitent leur capacité à mener à bien leurs programmes clés. La plupart des organisations s'appuient sur des audits et des tests pour vérifier les performances de leurs fournisseurs et évaluer leurs propres opérations. Cependant, ces outils n'offrent qu'une visibilité partielle sur les risques et les performances. Les conseils d'administration doivent reconnaître que les audits et les analyses ou tests présentent d'importantes limites et que multiplier les audits ou les prélèvements d'échantillons n'améliore pas nécessairement la gestion des risques. Les nouvelles approches fondées sur les données, notamment les indicateurs de risque prédictifs et les systèmes intégrés de suivi des performances, peuvent contribuer à pallier certaines de ces limites.

Cela a des implications importantes pour les informations communiquées aux conseils d'administration. Les organisations se concentrent souvent sur des indicateurs rétrospectifs faciles à mesurer, qui reflètent les problèmes une fois qu'ils sont survenus, tels que les rappels de produits, le nombre d'audits réalisés ou les scores d'audit globaux. Bien que ces indicateurs aient leur utilité, ils n'offrent qu'une vision limitée des risques émergents. Les rapports destinés aux conseils d'administration devraient privilégier les indicateurs avancés qui signalent un affaiblissement des contrôles avant même que des défaillances ne se produisent. Il s'agit notamment de mesures telles que le taux de rotation du personnel d'entretien, le taux de rotation des responsables qualité et le respect des formations du personnel de première ligne. Une surveillance efficace devrait également s'étendre au-delà des opérations internes pour inclure les principaux facteurs de risque externes, notamment la disponibilité de l'eau, l'instabilité géopolitique et l'imbrication croissante entre la sécurité des aliments et les initiatives de développement durable.

Conclusion

La sécurité des aliments représente un risque existentiel pour toute entreprise alimentaire. Comme les systèmes efficaces de sécurité des aliments permettent souvent de prévenir les problèmes avant même qu'ils ne soient visibles, les conseils d'administration ont parfois tendance à accorder peu d'attention à ce sujet. Cela pose un problème de gouvernance : bien que les conseils d'administration soient responsables en dernier ressort de la supervision des risques importants pour l'entreprise, la plupart des administrateurs ne possèdent pas d'expertise technique approfondie en matière de sécurité des aliments, et les outils utilisés pour leur rendre compte (par exemple, la gestion des risques d'entreprise) se limitent généralement à une vue d'ensemble trop générale, ce qui ne permet pas de communiquer efficacement les risques.

Il ne faut pas attendre des conseils d'administration qu'ils gèrent les aspects techniques des systèmes de sécurité des aliments. Leur rôle est d'établir une gouvernance solide, de promouvoir une culture où la sécurité des aliments est reconnue comme une valeur fondamentale de l'entreprise et de veiller à l'existence de processus robustes pour identifier, évaluer, gérer et surveiller les risques liés à la sécurité des aliments. Ils doivent également être en mesure de questionner efficacement la direction et d'évaluer la pertinence des stratégies de sécurité des aliments de l'organisation ainsi que le bon fonctionnement des systèmes. La responsabilité de la supervision détaillée est souvent mieux déléguée par le biais de la structure de gouvernance des risques du conseil d'administration, appuyée par une expertise interne et externe appropriée.

Pour assumer ces responsabilités, les conseils d'administration exigent des rapports réguliers et de qualité qui traduisent les enjeux techniques liés à la sécurité des aliments en termes de risques commerciaux. Ces rapports doivent offrir une visibilité sur les facteurs de risque internes et externes, communiquer clairement l'évolution de l'exposition au risque au fil du temps et inclure des indicateurs avancés et retardés pertinents. Plus important encore, les discussions du conseil d'administration doivent porter sur la question de savoir si la direction agit dans les limites de l'appétit pour le risque défini par l'organisation et si des contrôles suffisants sont en place pour prévenir tout dommage. En définitive, une gouvernance efficace de la sécurité des aliments ne vise pas seulement à protéger la valeur de l'entreprise, mais aussi à remplir la responsabilité fondamentale du secteur envers la protection des consommateurs.

samedi 15 août 2026

Thriller de l'été aux États-Unis : La FDA entame enfin une inspection chez Taylor Farms au Mexique ; le nombre officiel de cas à Cyclospora approche les 10 000 ; où l'on découvre les liens troubles entre Taylor Farms et le président Trump

Bonne fête du 15 août 2026

L’article ci-après met non seulement à jour le nombre de cas provisoire à Cyclospora aux États-Unis, mais aussi les relations pour le moins troubles entre Taylor Farms et l’entourage du président Trump. Un vrai scénario de thriller et la suite vaudra prochainement son pesant de cacahuètes

« La FDA entame une inspection chez Taylor Farms Mexico alors que le nombre officiel de cas d'épidémie à Cyclospora approche les 10 000 », source article de Bailee Henderson dans Food Safety Magazine du 14 août 2026.

Résumé

  • La FDA a entamé des inspections sur place et des prélèvements chez Taylor Farms au Mexique, où la laitue iceberg à l'origine de l'épidémie a été cultivée, alors que le nombre officiel de cas atteint 9 481 dans 17 États, dont deux décès.
  • Au-delà de cette épidémie, le CDC signale 13 895 cas de transmission locale confirmés en laboratoire et a connaissance de milliers d'autres cas nécessitant une analyse, tandis que la FDA enquête sur six autres épidémies dont les vecteurs alimentaires sont inconnus.
  • Des législateurs et des acteurs de la sécurité des aliments s'interrogent sur la réponse de Taylor Farms et demandent instamment la fin du retard pris dans l'application de la règle de la FDA sur la traçabilité des aliments , ainsi que des financements et des effectifs adéquats pour la surveillance.

Le 13 août 2026, la FDA des États-Unis a annoncé qu'elle avait commencé des inspections et des prélèvements sur place chez Taylor Farms au Mexique, où était cultivée la laitue iceberg impliquée dans l'épidémie de cyclosporose en cours dans plusieurs États, en coordination avec les autorités mexicaines.

L'agence a également mis à jour le nombre officiel de cas de l'épidémie pour inclure 9 481 cas de maladie rapportés dans 17 États : Arkansas, Iowa, Illinois, Indiana, Kansas, Kentucky, Massachusetts, Maine, Michigan, Missouri, Nebraska, New Hampshire, Caroline du Nord, Ohio, Oklahoma, Pennsylvanie et Virginie-Occidentale.

De plus, deux décès dus à une déshydratation induite par la cyclosporose chez des patients présentant des problèmes de santé sous-jacents ont été associés à cette épidémie.

La distribution du produit rappelé a été confirmée dans 31 États : Alabama, Arkansas, Connecticut, Floride, Géorgie, Iowa, Illinois, Indiana, Kansas, Kentucky, Louisiane, Massachusetts, Maryland, Maine, Michigan, Missouri, Mississippi, Caroline du Nord, Nebraska, New Hampshire, New Jersey, New York, Ohio, Oklahoma, Pennsylvanie, Caroline du Sud, Tennessee, Texas, Virginie, Wisconsin et Virginie-Occidentale.

La FDA a également dit qu'elle était « convaincue que toute la laitue iceberg rappelée en lien avec cette épidémie spécifique de Cyclospora a été retirée du marché ».

Autres cas et épidémies de cyclosporose à l'échelle nationale

Parallèlement, le nombre d'infections à Cyclospora rapportées par le CDC et les États, y compris celles associées à l'épidémie de laitue de chez Taylor Farms et les cas sporadiques ou ceux liés à d'autres épidémies, est beaucoup plus élevé.

D'après une mise à jour du 11 août, le CDC a reçu des signalements de 13 895 cas de cyclosporose contractés aux États-Unis et confirmés en laboratoire depuis le 1er mai de cette année. L'agence a également eu connaissance d'au moins 10 455 cas supplémentaires d'infection à Cyclospora nécessitant des investigations et des analyses complémentaires.

Au Michigan seulement, où le plus grand nombre de cas a été signalé, le ministère de la Santé a connaissance de 13 909 infections à Cyclospora  , ayant entraîné 314 hospitalisations et deux décès (vraisemblablement les deux mêmes décès qui font partie de l'épidémie de laitue de Taylor Farms).

Dans l'Ohio, un autre État fortement touché, un total de 3 299 cas de cyclosporose a été signalé rien que dans les comtés du nord-ouest de l'État.

Outre l'épidémie survenue chez Taylor Farms, la FDA enquête actuellement sur six autres foyers de cyclosporose, responsables respectivement de deux, huit, 11, 18, 25 et 112 cas. Aucun aliment vecteur de la maladie n'a encore été identifié pour aucun de ces six foyers.

Taylor Farms critiquée pour sa gestion de l'épidémie ; les parties prenantes demandent l'application des règles de traçabilité.

Les législateurs et le public s'interrogent sur la réaction de Taylor Farms face à l'épidémie de cyclosporose.

Le 27 juillet, le représentant américain Robert Garcia, démocrate, membre du comité de surveillance et de la réforme gouvernementale de la Chambre des représentants des États-Unis, a exigé des réponses de Taylor Farms concernant sa réponse à l'épidémie, citant des rapports sur les tentatives présumées de Taylor Farms d'influencer la Maison Blanche et la FDA, ainsi que les déclarations publiques « contradictoires et confuses » de l'entreprise.

La lettre soulevait notamment des questions quant aux dons de Taylor Farms au président Donald Trump et à ses activités de lobbying liées à la législation sur la sécurité des aliments, en précisant qu'un don d'un million de dollars à un Trump super PAC* avait eu lieu une semaine avant que l'administration ne reporte l'entrée en vigueur du règlement de la FDA sur la traçabilité des aliments au 20 juillet 2028. Sans ce report, la règle serait entrée en vigueur en janvier 2026, facilitant ainsi la traçabilité des aliments contaminés impliqués dans des épidémies d'intoxication alimentaire et permettant leur retrait plus rapide du marché.

Faisant écho à cela, le 12 août, la Safe Food Coalition a adressé une lettre aux dirigeants du Congrès, les exhortant à abroger un amendement budgétaire qui empêche la FDA d'utiliser des fonds fédéraux pou administrer ou appliquer sa Food Traceability Rule avant le 20 juillet 2028. Cette disposition enjoignait également la FDA à identifier d'éventuelles flexibilités supplémentaires pour satisfaire aux exigences de suivi au niveau des lots, ce qui, selon la Safe Food Coalition, « incite la FDA à abandonner la pierre angulaire de son cadre de traçabilité et à revoir sa copie ».

La Safe Food Coalition s'est également jointe à des experts, des législateurs et au public pour demander le rétablissement de financements et des personnels adéquats au sein du CDC et des États pour la surveillance des maladies d'origine alimentaire et la réponse aux épidémies.

Par ailleurs, suite à l'annonce de l'ouverture d'une enquête sur place par la FDA chez Taylor Farms au Mexique, Consumer Reports, membre de la Safe Food Coalition, a déclaré : « Il est alarmant que la FDA ait mis autant de temps à se rendre sur place et à identifier les facteurs potentiels ayant pu contribuer à cette épidémie. Elle aurait dû dépêcher des enquêteurs immédiatement après l'établissement du premier lien entre Taylor Farms et l’épidémie. Une présence sur le terrain permet aux enquêteurs d'observer de près les opérations, ce que les tests seuls ne peuvent reproduire, et d'identifier les conditions susceptibles d'avoir contribué à cette épidémie. Les enquêteurs peuvent également en tirer des enseignements importants qui pourraient contribuer à prévenir de futures épidémies. »

* Trump Super PAC désigne un comité d'action politique ndépendant autorisé à collecter et dépenser des sommes d'argent illimitées auprès de donateurs riches ou d'entreprises pour soutenir Donald Trump.

MàJ du 16 août 2026. La date limite de consommation des laitues iceberg rappelées suite à l'importante épidémie à Cyclospora est dépassée, selon une mise à jour publiée le 13 août 2026 par la FDA. Par conséquent, les laitues de Taylor Farms contaminées par Cyclospora ne devraient plus être disponibles dans les commerces et les restaurants. Source CIDRAP News.

vendredi 14 août 2026

Explorer les facteurs modifiant la sécurité des aliments domestique des personnes âgées

« Au-delà des connaissances et des comportements : explorer les facteurs modifiant la sécurité des aliments domestique des personnes âgées » (Beyond knowledge and behaviour: Exploring the modifying factors influencing older adults’ domestic food safety) est un article à paraître dans Journal of Food Protection.

Faits saillants

  • Les dimensions du bien-être ont été utilisées pour explorer les facteurs influençant la sécurité des aliments domestique.
  • Les résultats mettent en évidence la complexité des influences sur les comportements alimentaires des personnes âgées.
  • Des facteurs interdépendants ont influencé les achats, la manipulation et le stockage des aliments à domicile.
  • Le chevauchement entre les déterminants suggère la nécessité de simplifier les classifications.
  • Un nouveau cadre est proposé pour faciliter l'élaboration de futures interventions ciblées en matière de sécurité des aliments

Résumé

Les personnes âgées présentent un risque accru de maladies d'origine alimentaire en raison des modifications de leur système immunitaire liées à l'âge. Des recherches antérieures ont mis en évidence des divergences entre les connaissances, les attitudes, les pratiques déclarées et les comportements observés en matière de sécurité des aliments chez les personnes âgées ; toutefois, les raisons de l'adoption de pratiques potentiellement dangereuses en matière de sécurité des aliments restent inconnues. Le modèle des croyances relatives à la santé identifie des facteurs modificateurs influençant les comportements de santé, or ces facteurs sont rarement pris en compte dans les recherches sur la sécurité des aliments des consommateurs. Cette étude visait à explorer les facteurs modificateurs influençant les croyances et les comportements en matière de sécurité des aliments domestique chez les personnes âgées. Une analyse qualitative rétrospective a été menée à partir des transcriptions d'entretiens issus d'une étude doctorale achevée, conduite auprès de 100 adultes âgés de 60 ans et plus vivant au Pays de Galles.

L'étude initiale avait identifié des divergences entre les connaissances et les comportements en matière de sécurité des aliments, mais les facteurs contribuant à ces différences n'avaient pas été explorés. Les transcriptions d'entretiens ont été analysées à l'aide des dimensions du bien-être (physique, intellectuel, émotionnel, social, spirituel, professionnel, financier et environnemental) comme cadre d'analyse afin d'examiner les facteurs modificateurs du modèle des croyances relatives à la santé. Les facteurs influençant les croyances et les comportements en matière de sécurité des aliments incluent les changements de santé, le déclin sensoriel, les transitions familiales, la situation sociale, l'accès à l'alimentation, les ressources financières et l'évolution de l'environnement alimentaire. Les résultats indiquent que les comportements en matière de sécurité des aliments sont façonnés par des facteurs de vie plus larges que par les seules connaissances et perceptions. Bien que les huit dimensions aient fourni un cadre exploratoire utile, un chevauchement considérable a mis en évidence la nécessité de les affiner en cinq déterminants plus généraux : biologiques, physiques, psychologiques, économiques et sociaux. Ce cadre révisé offre une approche plus structurée pour comprendre les facteurs modifiant les comportements en matière de sécurité des aliments chez les personnes âgées. Il peut également soutenir les recherches futures et le développement d'interventions ciblées en matière de sécurité des aliments.

Conclusion

Les résultats de cette étude suggèrent que les croyances et les comportements des personnes âgées en matière de sécurité des aliments sont influencés par un ensemble de facteurs interagissant, allant au-delà des seules connaissances et perceptions du risque. L'application des huit dimensions du bien-être comme facteurs modificateurs au sein du modèle des croyances relatives à la santé a permis une meilleure compréhension des influences physiques, psychologiques, intellectuelles, professionnelles, économiques, sociales et spirituelles qui influent sur les décisions alimentaires et, par conséquent, sur la sécurité des aliments. L'analyse des relations et des recoupements entre ces dimensions suggère la nécessité d'affiner le cadre en cinq déterminants plus larges : biologiques, physiques, psychologiques, économiques et sociaux.

Ce cadre affiné élargit la composante des facteurs modificateurs du modèle des croyances relatives à la santé en reconnaissant les circonstances plus générales qui influencent la capacité des personnes âgées à mettre en œuvre les pratiques recommandées en matière de sécurité des aliments. Des recherches supplémentaires sont nécessaires pour explorer l'applicabilité de ce cadre aux populations âgées actuelles et pour déterminer comment ces déterminants interagissent pour influencer la vulnérabilité en matière de sécurité des aliments, ainsi que pour éclairer l'élaboration d'interventions ciblées en matière de sécurité des aliments. Les futures recherches sur la sécurité des aliments devraient aller au-delà de la simple mesure et de la prise en compte des connaissances, des attitudes et des pratiques déclarées en matière de sécurité des aliments, mais aussi considérer les facteurs modificateurs qui influencent ce que les consommateurs savent, croient et, en fin de compte, font.

Facteurs financiers. Certains des facteurs précédents faisaient allusion aux finances. Par exemple, une modification des revenus liée à la retraite aurait également modifié les habitudes d'achat des participants ; certains ont déclaré disposer d'un budget plus important, tandis que d'autres ont signalé une réduction du budget disponible pour l'alimentation. Ainsi, les participants comme le 87, qui bénéficiaient de plus d'argent après leur retraite, achetaient ce qu'ils désiraient sans le consommer immédiatement, déclarant: « Maintenant, je peux me permettre d'acheter ce que je veux. » Le participant 37 a également indiqué avoir plus d'argent : « J'ai plus d'argent maintenant et, évidemment, je n'ai plus à faire les courses pour mes enfants, donc je peux plus ou moins me faire plaisir. » Le participant 14 a fait de même, car il nourrissait moins de personnes : « Maintenant, je fais généralement mes courses pour deux, alors qu'il y a quelques années, c'était pour six. Les contraintes budgétaires influençaient davantage mes achats à l'époque. » En revanche, les personnes disposant de revenus plus faibles, comme le participant 31, récemment retraité, achetaient de grandes quantités d'aliments avant leur date limite de consommation en raison de leur prix réduit, afin de les faire durer le plus longtemps possible : « Je vis avec un revenu fixe, ce qui signifie que le prix que je paie pour les aliments est très important. »

Il est évident que le coût et l'accessibilité des aliments ont un impact significatif sur les comportements alimentaires. Il est également suggéré que les pratiques des populations en situation d'insécurité des aliments peuvent avoir des conséquences importantes sur la sécurité des aliments. De plus, depuis la réalisation de cette étude, le Royaume-Uni a connu une crise du coût de la vie. Par conséquent, on peut s'attendre à ce que des facteurs financiers, tels que le coût des aliments et le coût de l'énergie nécessaire au fonctionnement des appareils ménagers, influencent davantage les pratiques. Par exemple, certaines personnes peuvent utiliser différentes méthodes de cuisson, comme le micro-ondes ou l‘air fryer ou friteuse à air chaud, pour éviter d'utiliser le four pendant de longues périodes. Cependant, le manque de familiarité avec ces différentes techniques de cuisson peut entraîner des risques pour la sécurité des aliments. De même, certaines personnes peuvent choisir de faire fonctionner leur réfrigérateur à une température plus élevée afin d'éviter une consommation d'énergie excessive. Compte tenu de l'impact potentiel de la crise du coût de la vie au Royaume-Uni, les facteurs financiers devraient être intégrés aux recherches futures.

TIAC : Les approximations de Santé publique France

On savait que Santé publique France se foutait (je ne vois pas d'autre terme) des données des toxi-infections alimentaires collectives. En effet, aucun résultat des données de 2022 et 2023 paru respectivement le 21 février 2024 et le 20 mars 2026 n’a eu droit à la rubrique actualités du site internet de l’agence, c’est dire, donc, ne parlons pas de ce qui fâche ...

Autre preuve ce qui rapporté, ce qui est indiqué dans la rubrique « la maladie ».


- En 2023, 2 231 TIAC ont été déclarées en France, affectant 22 282 personnes.
- En 2022, 1 924 TIAC ont été déclarées en France, affectant 16 763 personnes.

Selon les résultats publiés par l’EFSA pour 2024, les chiffres sont du même ordre de grandeur. Il serait peut-être temps de prendre la mesure du problème !

Last but not the least, à quelle date aura-t-on les données de 2024 par Santé publique France ? Rien ne presse !

Un rapport de l'EFSA évalue la sécurité des aliments des substituts végétaux ou des faux aliments d'origine végétale

Un rapport réalisé dans différents pays au sein de l’UE, dont la France, représentée par l’Anses, propose « Une étude de prévalence en magasin visant à examiner les niveaux de contamination microbiologique des substituts végétaux prêts à consommer (PAC) de produits laitiers, de viande et de poisson ». Source EFSA du 12 août 2026.

Avec d’autres mots, que valent les fakes aliments (ou les faux aliments : les fauxmages,la fausse viande,etc., en termes de sécurité des aliments. Il y a, selon moi, des gens qui ont vraiment de l’argent à perdre, surtout quand il s’agit d’aliments ultratransformés …

Résumé

Ce rapport exhaustif examine la contamination microbiologique des substituts végétaux prêts à consommer (PAC) de produits laitiers, de viande et de poisson, reflétant l'intérêt croissant du marché et des consommateurs pour les sources de protéines alternatives.

L'objectif principal était d'évaluer la prévalence et les niveaux des principaux indicateurs microbiens et pathogènes dans ces produits, afin d'évaluer leur innocuité et les risques potentiels pour la santé publique. Une stratégie d'échantillonnage systématique a été mise en œuvre, couvrant une gamme diversifiée de substituts végétaux PAC disponibles dans le commerce. Les échantillons ont fait l'objet d'analyses microbiologiques rigoureuses, incluant le dénombrement des germes viables totaux, des entérobactéries, de Listeria monocytogenes, de Salmonella spp. et d'autres micro-organismes pertinents, selon des protocoles de laboratoire standardisés. Les résultats ont révélé des niveaux de contamination microbienne variables selon les catégories de produits, certains échantillons dépassant les seuils de sécurité établis pour certains pathogènes ou indicateurs d'hygiène. Notamment, la présence de Listeria monocytogenes et de Salmonella spp. était rare, mais a souligné la nécessité d'une vigilance constante dans les chaînes de production et d'approvisionnement.

L'étude a identifié des facteurs influençant la contamination, tels que la formulation du produit, les conditions de transformation et les pratiques de stockage, soulignant l'importance de systèmes de gestion de la sécurité alimentaire robustes et adaptés aux produits végétaux prêts à consommer.

En conclusion, bien que la majorité des substituts végétaux prêts à consommer aient démontré une qualité microbiologique satisfaisante, des cas isolés de niveaux de contamination élevés justifient l'attention de l'industrie et des autorités réglementaires. Les résultats confirment la nécessité d'une surveillance continue, d'une évaluation ciblée des risques et de l'élaboration de lignes directrices spécifiques pour garantir la sécurité des aliments végétaux prêts à consommer.

Ce rapport fournit des données essentielles pour éclairer les politiques, orienter les meilleures pratiques de l'industrie et protéger la santé publique, alors que le secteur continue de se développer.

Conclusion

Bien que la qualité microbiologique des échantillons analysés dans le cadre de cette enquête ait été globalement satisfaisante, certains problèmes ont été relevés. L'enquête met en évidence la présence de pathogènes d'origine alimentaire dans des substituts végétaux (produits laitiers, viandes et poissons) prêts à consommer ; bien que rare, ce phénomène peut survenir de manière sporadique. La maîtrise adéquate des risques potentiels doit être prise en compte dans le cadre des bonnes pratiques d'hygiène (BPH) de l'exploitant du secteur alimentaire et des procédures fondées sur HACCP, au sein de son système de management de la sécurité des denrées alimentaires. Les exploitants doivent gérer ces dangers de manière appropriée grâce aux programmes préalables : contrôle rigoureux des matières premières auprès des fournisseurs, programmes d'hygiène adéquats, formation du personnel, ainsi qu'un entretien approprié et une maîtrise de la température de la chaîne du froid. À défaut, il existe un risque que toute contamination pathogène potentielle atteigne des niveaux susceptibles de provoquer de graves maladies d'origine alimentaire, de manière comparable à ce qui est observé pour les produits d'origine animale (produits laitiers, viandes et poissons) prêts à consommer.

Des recherches supplémentaires sont nécessaires pour mieux comprendre la prévalence des pathogènes dans les matières premières utilisées pour les aliments végétaux prêts à consommer et pour valider les procédés de transformation. Comme le montre cette enquête, le marché de détail propose une gamme variée de substituts végétaux (produits laitiers, viandes et poissons) prêts à consommer. Des investigations complémentaires sont requises pour identifier les points nécessitant une attention particulière, notamment les points critiques pour leur maîtrise ou CCP dans les procédés de fabrication de ces substituts végétaux émergents.

Ces études devraient orienter l'élaboration de lignes directrices spécifiques concernant les BPH, les paramètres temps/température et les recommandations de formulation des produits, afin de garantir la sécurité microbiologique lors de la transformation et de la conservation. Par ailleurs, des modèles prédictifs adaptés et des challenge tests devraient étayer la détermination de la durée de conservation, en fournissant aux exploitants des orientations fondées sur des données scientifiques pour fixer cette durée.

Au cours de cette enquête collaborative menée dans 15 États membres, il a été observé que, si certains pays participants ont établi des lignes directrices nationales incluant des critères microbiologiques recommandés pour surveiller la contamination des produits végétaux PAC présents sur le marché, ce n'est pas le cas de manière uniforme dans tous les États membres. L'élaboration et la mise en œuvre de critères microbiologiques harmonisés pour évaluer la qualité microbiologique de ces substituts végétaux PAC seraient utiles pour favoriser la cohérence des évaluations officielles de la conformité microbiologique de ces types de produits. Enfin, les consommateurs perçoivent souvent les aliments d'origine végétale comme étant plus sûrs que leurs équivalents d'origine animale. Une vigilance continue de la part des autorités de réglementation et des exploitants du secteur alimentaire est nécessaire pour maintenir les normes de sécurité sanitaire des aliments et pour traiter les cas isolés susceptibles de poser un problème de santé publique s'ils ne sont pas gérés. Il est recommandé aux autorités chargées de la sécurité sanitaire des aliments, en collaboration avec les parties prenantes concernées, de revoir et de mettre à jour la communication sur les risques destinée aux consommateurs concernant le stockage et l'utilisation des produits végétaux PAC. 

Les produits végétaux réfrigérés PAC échantillonnés dans le cadre de cette enquête portaient souvent une date de durabilité minimale (« à consommer de préférence avant le... ») plutôt qu'une date limite de consommation (« à consommer jusqu'au... »). Ce constat a été fait pour 77 % (n = 334/436) des substituts de fromage et 63 % (n=323/509) des substituts de viande. La date de durabilité minimale concerne la qualité de l'aliment, tandis que la date limite de consommation a trait à la sécurité des aliments. Cela signifie que les consommateurs peuvent choisir de consommer un aliment portant une date de durabilité minimale après l'échéance de celle-ci, si son aspect, son odeur et son goût semblent normaux. 

En vertu de la législation sur la sécurité des aliments, les exploitants du secteur alimentaire doivent prendre en compte le comportement des consommateurs en évaluant les conditions raisonnablement prévisibles de distribution, de stockage et d'utilisation, ainsi que la consommation normale d'un produit alimentaire, lorsqu'ils déterminent si un aliment présente un risque pour la sécurité des aliments. Le non-respect des températures de conservation et les longues durées de conservation des produits portant une date de durabilité minimale, que certains consommateurs peuvent choisir de consommer bien après la date indiquée, sont susceptibles de favoriser la prolifération de micro-organismes nocifs jusqu'à des niveaux jugés dangereux pour la sécurité sanitaire. Il est important de fournir aux consommateurs des informations claires sur les risques, soulignant la nécessité de respecter les conditions de conservation indiquées sur l'étiquette et d'assurer une manipulation adéquate des produits végétaux prêts à consommer, en particulier après ouverture, lorsque la durée de conservation au réfrigérateur est limitée, afin de garantir la sécurité sanitaire des aliments jusqu'à l'assiette.

NB : On lira dans Food Safety Magazine un article qui traite du rapport de l’EFSA avec ce titre, « Une étude de l'UE sur les pathogènes dans les aliments d'origine végétale prêts à consommer suggère un potentiel de croissance microbienne et la nécessité d'une attention réglementaire » (EU Survey of Pathogens in RTE Plant-Based Foods Suggests Microbial Growth Potential, Need for Regulatory Attention).

Commentaire

Pour faire court, des gens du marketing se sont emparés de ce marché et ne connaissent, le plus souvent, peu ou pas grand-chose en matière de réglementation en hygiène et sécurité des aliments. J’espère qu'avec cette étude, l’EFSA ne fait pas la promotion de ces produits ...
Pour se rendre compte de ce que sont ces « produits », lire cet article du blog du 28 juin 2023, « Qui est l’un des plus grands experts de la listéria dans l’agroalimentaire ? » C’est édifiant !

jeudi 13 août 2026

Autriche : Situation des toxi-infections alimentaires collectives en 2025

En Autriche, AGES publie une situation en 2025 des toxi-infections alimentaires collectives. Rappelons qu’en France, nous n’en sommes qu’en 2023. Pour les données de 2025, il vous faudra attendre 2028, au bas mot !

En 2025, 33 foyers de cas d'intoxication alimentaire ont été recensés, soit un de moins qu'en 2024.

Au total, 354 personnes ont été touchées, soit 45 % de plus qu'en 2024 avec 194, mais nettement moins qu'en 2019 avec 793 personnes, avant la pandémie de COVID-19.

110 personnes ont dû être hospitalisées (2024 : 77 ; 2023 : 38 ; 2022 : 57 ; 2021 : 27 ; 2020 : 17 ; 2019 : 159).

Aucun décès n'a été déploré (2024 : 2 décès ; 2023 : 1 décès ; 2022 : 4 décès ; 2021 : 2 décès ; 2020 : 0 décès ; 2019 : 1 décès). Le nombre moyen de personnes par foyer de cas était de 10,7, allant de deux à 86 personnes. 

En 2025, 16 foyers de cas ont été recensés (48 %), dont deux foyers internationaux et deux foyers persistant depuis 2023. Dix-sept foyers (52 %) ont été enregistrés au sein des foyers. 

Comme les années précédentes (2024 : 10 foyers ; 2023 : 15 foyers), huit de ces foyers étaient liés à des séjours à l’étranger.

Salmonella était l'agent causal le plus fréquent (13 foyers de cas et 278 personnes atteintes). Campylobacter était le deuxième pathogène le plus fréquent (9 foyers et 39 cas), suivi de trois foyers à norovirus (14 personnes) et de deux foyers à Shigella spp. (5 personnes). Un foyer de cas a été causé par chacun des pathogènes suivants : Escherichia coli non typé (deux personnes), STEC (deux personnes), virus de l'hépatite A (trois cas), Listeria monocytogenes (six personnes), céréulide (trois cas) et Entamoeba histolytica (deux personnes).

Une importante et prolongée épidémie transfrontalière de maladies infectieuses d'origine alimentaire a été causée par Salmonella Strathcona ST2559 CT3910. Cette épidémie a touché 52 personnes en Autriche en 2025, entraînant 20 hospitalisations. Entre 2023 et le 30 septembre 2025, 437 cas confirmés d'infection à S. Strathcona ST2559 ont été recensés dans 17 pays de l'UE/EEE. Des tomates de petite taille provenant de Sicile ont été identifiées comme source de l'infection. En réponse, l'Autorité italienne de sécurité des aliments a mené des investigations approfondies. La détection de Salmonella Strathcona dans un prélèvement d'eau d'irrigation de l'exploitation d'un producteur de tomates en Sicile a confirmé le rôle de l'environnement comme source de contamination des tomates. Ces résultats ont également mis en évidence la nécessité d'une approche multidisciplinaire intégrant des évaluations environnementales aux enquêtes liées aux aliments afin de réduire efficacement le risque de contamination par Salmonella. Voir ECDC et EFSA, 2025. Épidémie prolongée à Salmonella Strathcona ST2559 touchant plusieurs pays et liée à la consommation de tomates dans l'UE/EEE. Première mise à jour au 23 octobre 2025.

Une autre épidémie d'origine alimentaire, solidement étayée, a touché l'Autriche et l'Allemagne. Elle était due à la souche de Salmonella Infantis ST603 CT28911. En Autriche, cette éclosion a entraîné 20 cas de maladie et dix hospitalisations.

Les investigations ont permis d'identifier rapidement la source de l'infection, confirmée microbiologiquement : du beurre de noix de cajou bio aux framboises, produit par une entreprise allemande. Cette dernière a par la suite retiré les produits du marché et a procédé à plusieurs rappels publics de produits concernant du ‘beurre de noix de cajou dmBio aux framboises’. Le rappel concernait tous les lots dont la date limite de consommation était fixée au 28 avril 2026.

Une autre éclosion d'intoxication alimentaire, solidement étayée, était déjà en cours depuis 2023. Elle était due à Listeria monocytogenes Sg IIa/ST101/CT7699. En 2023, une personne a été infectée après avoir consommé des aliments contaminés. En 2024, quatre personnes ont été touchées lors de cette éclosion ; toutes ont dû être hospitalisées et l'une d'elles est décédée des suites de l'infection. En 2025, six nouveaux cas ont été recensés, nécessitant également une hospitalisation. La viande et les produits carnés ont été identifiés comme étant les aliments contaminés.