mardi 28 juillet 2026

États-Unis : L'épidémie à Cyclospora a été, et reste, un échec en matière de communication

« L'épidémie à Cyclospora a été, et reste, un échec en matière de communication », source article de Jess Steier paru le 27 juillet 2026 dans CIDRAP News.

La réponse à l'importante épidémie actuelle de maladies infectieuses d'origine alimentaire causées par un parasite microscopique constitue un échec de communication, et non un échec de l'investigation.

Certaines caractéristiques de Cyclospora rendent sa traque complexe. Comme le parasite ne peut pas être cultivé en laboratoire, les procédures habituelles ne s'appliquent pas. Pour la plupart des bactéries d'origine alimentaire, le laboratoire cultive l'organisme, le séquence et verse son empreinte génétique sur PulseNet, le réseau national qui signale lorsqu'un cas dans un État correspond à un cas dans un autre.

Le Centers for Disease Control and Prevention (CDC) des États-Unis a dû se baser sur un génotypage partiel, car le génome de Cyclospora est trop complexe pour les méthodes de séquençage efficaces sur les bactéries. La contamination des produits agricoles par Cyclospora est souvent faible et inégalement répartie ; elle se situe généralement à la limite des capacités de détection des tests, ce qui explique pourquoi de la laitue contaminée peut s'avérer négative lors de l'analyse. Les enquêteurs ont donc dû recourir aux méthodes les plus anciennes : des entretiens et l'examen des registres d'expédition.

Des indices précoces importants largement passés inaperçus

Le Dr Mike Osterholm, directeur du Center for Infectious Disease Research and Policy de l'Université du Minnesota, m'a appris que lorsque les cas commencent à affluer, le profil démographique des personnes touchées peut fournir un indice précoce précieux. Ces cas concernaient majoritairement des adultes, le CDC situant l'âge médian à 44 ans, dans une fourchette allant de 1 à 89 ans, et l'absence relative de jeunes enfants orientait les soupçons vers les légumes verts plutôt que vers les fruits.

Si vous avez de jeunes enfants, vous en comprenez parfaitement la raison : ce sont de grands amateurs de fruits, alors qu'ils sont plus réticents à l'égard des légumes.

Cela permet de restreindre le champ des recherches, mais la traque se poursuit. Il existe également d'autres facteurs importants, comme la compréhension de la manière dont une zone de culture est divisée en parcelles, la date et qui récolte de chaque produit, la façon dont les produits issus de différents champs sont regroupés chez le transformateur, le temps nécessaire pour acheminer les produits d'un champ du centre du Mexique jusqu'à un restaurant du Michigan, ainsi que la vitesse à laquelle un produit périssable s'écoule dans les rayons. Ces informations ne servent pas uniquement à désigner un coupable ; elles permettent aussi d'estimer combien de personnes ont pu être exposées et où. Elles indiquent à quel moment les produits contaminés auraient dû disparaître des rayons et les nouvelles expositions cesser, même si le nombre de cas signalés continue d'augmenter pendant les semaines suivantes. Comme le typage moléculaire ne permet pas d'obtenir une empreinte génétique aussi précise que lors d'une épidémie bactérienne, ces données sont cruciales pour déterminer si un cas survenu dans un État est lié à un autre cas dans un État différent. La traçabilité est une démarche qui relève autant du management de la chaîne d'approvisionnement que de l'épidémiologie.

Les autorités du Michigan ont analysé l'historique de consommation (ingrédient par ingrédient) de 190 personnes ayant mangé chez Taco Bell avant de tomber malades ; 90 % d'entre elles avaient consommé de la laitue iceberg. L'enquête de traçabilité menée par la FDA a remonté la piste documentaire jusqu'à un fournisseur, puis jusqu'à une exploitation agricole indépendante du centre du Mexique qui, selon Taylor Farms, représente moins de 1 % de l'approvisionnement américain en laitue iceberg. Le rappel des produits a été ordonné le 17 juillet.

Une épidémie touchant neuf États, mais 41 États au total ont été concernés

Il s'agit de la plus vaste épidémie à Cyclospora jamais documentée aux États-Unis, un point que la couverture médiatique a bien saisi. Le public a surtout retenu un chiffre alarmant qui ne cesse d'augmenter.

Ce qui échappe au public, c'est que si la cyclosporiase, nom donné à l'infection par Cyclospora, a été signalée dans 41 États, l'épidémie elle-même ne concerne que neuf États. Les chiffres communiqués reflètent des réalités différentes. Le CDC et la FDA ont recensé 1 947 cas confirmés liés à l'épidémie dans les neuf États liés à l’épidémie de Taco Bell, que les preuves épidémiologiques et la traçabilité relient à la laitue iceberg, tandis que le CDC signale par ailleurs plus de 4 000 cas confirmés contractés sur le territoire national depuis le mois de mai.

Par ailleurs, des milliers d'échantillons prélevés sur des patients attendent encore la confirmation du CDC, auxquels s'ajoutent plusieurs centaines de cas concernant des voyageurs tombés malades ailleurs. Certains États comptabilisent conjointement les cas probables et confirmés, ce qui porte leurs totaux à des niveaux encore plus élevés.

Si l'on additionne le tout, comme l'ont fait de nombreux médias, on obtient l'image d'une épidémie nationale unique qui, en réalité, n'existe pas.

Prenons l'exemple de ce qui s'est passé lorsque le CDC a ajouté quatre États à la liste des zones touchées par l'épidémie, le 24 juillet. On aurait pu croire que l'épidémie s'était propagée, mais les enquêteurs estiment que ces patients sont peut-être tombés malades à peu près au même moment que ceux des cinq premiers États, et qu'il a simplement fallu plus de temps pour établir le lien avec la même source.

La cyclosporose survient chaque été, suivant un schéma saisonnier bien établi, même si ses causes exactes demeurent inconnues, et les épidémies sont fréquemment liées à la consommation de produits frais. Plusieurs États, dont la Californie et le New Jersey, ont indiqué que les chiffres enregistrés cette année correspondent aux niveaux saisonniers habituels. La Caroline du Nord attribue sa propre hausse au persil et à la coriandre, deux aliments qui ne sont pas apparus comme des facteurs déterminants à l'échelle nationale, tandis que la FDA enquête parallèlement sur des cas groupés d'infection touchant au moins 72 personnes, sans qu'aucune source n'ait pu être identifiée.

Regrouper toutes ces données en un total cumulé nous coûte bien plus que la simple tranquillité publique : cela masque la possibilité que plusieurs foyers d'infection soient actifs simultanément.

L'Illinois, l'un des quatre États ajoutés à la liste la semaine dernière, signale que le nombre de cas recensés en juillet atteint des niveaux inédits depuis 2018. L'Illinois a raison de se référer à 2018, bien que le nombre de cas ne constitue pas la leçon la plus importante à retenir. Cet été-là avait vu apparaître 511 cas liés à un mélange de salades Fresh Express servi chez McDonald's, 250 cas associés à des plateaux de légumes de chez Del Monte, ainsi qu'un troisième foyer au Texas dont la source n'a jamais été identifiée.

Si le décompte cumulé constitue un outil de surveillance essentiel, il ne permet pas de savoir si l'on court un risque au cours de la semaine en cours, ce qui est pourtant l'information que le public recherche avant tout.

Prenons l'exemple d'une personne incluse dans ce décompte. Elle consomme une salade fin juin et ne ressent aucun symptôme pendant une semaine. Après quelques jours supplémentaires passés à croire à une simple gastro-entérite, elle consulte un médecin au cours de la deuxième semaine de juillet ; elle ne subit un test de dépistage que parce qu'un professionnel de santé pense à rechercher Cyclospora, un parasite souvent absent des analyses de selles et des panels gastro-intestinaux de routine. Le laboratoire confirme le diagnostic vers la fin du mois, et l'entretien épidémiologique a lieu ultérieurement. Il faudra peut-être attendre le mois d'août pour déterminer si son cas est lié à cette épidémie ou s'il relève de l'incidence estivale habituelle.

Chaque cas figurant sur ces graphiques reflète, à des degrés divers, ce décalage temporel ; c'est pourquoi la FDA a prévenu que le nombre de cas confirmés continuerait d'augmenter bien après le rappel des produits.

Probablement plusieurs vagues d'exposition

Le 24 juillet, le CDC a enfin publié la courbe épidémique de cette flambée, en classant les 1 947 cas associés selon la date d'apparition des symptômes plutôt que selon la date de signalement. On observe deux pics distincts : le premier (correspondant à l'apparition des symptômes chez les personnes touchées) culmine vers le 25 juin, et le second (lié au signalement de la maladie) vers le 10 juillet, avec un creux marqué entre les deux.

Cet intervalle est suffisamment important pour suggérer que l'exposition a pu se produire en plusieurs vagues. En remontant le fil à partir de la période d'incubation habituelle de Cyclospora, environ une semaine, on situe ces expositions vers la mi-juin, puis à nouveau au début du mois de juillet. Contrairement au maïs ou au soja, la laitue n'est pas récoltée en une seule fois pour être ensuite stockée ; elle est découpée de manière quasi continue et consommée dans les jours qui suivent. Par conséquent, la maladie survient peu de temps après la circulation du produit contaminé. Un tel écart suggère donc davantage de périodes d'exposition distinctes qu'une exposition prolongée et ininterrompue.

Le décompte cumulatif est un outil de surveillance essentiel, certes, mais il ne permet pas de savoir si vous courez un risque au cours de la semaine en cours.

Le premier pic de contamination était déjà retombé avant que le CDC ne publie leur avis sanitaire le 14 juillet, et avant que la FDA ne désigne publiquement la laitue comme source du problème deux jours plus tard. La courbe ne permet pas à elle seule de déterminer si ces deux vagues correspondent à des épisodes de contamination distincts, un produit contaminé par intermittence sur différents lots de récolte, ou une autre cause, et personne d'autre n'a pu l'établir non plus. Cette information a été communiquée le jour même où l'épidémie s'étendait à neuf États, une semaine après le rappel des produits et bien après que l'affaire ait été principalement présentée sous l'angle d'un chiffre national en constante augmentation.

L'élaboration de cette vue d'ensemble est la seule chose qu'aucun État n'aurait pu réaliser seul. Le Michigan publie le nombre de cas par date de signalement, avec une mise à jour hebdomadaire clairement indiquée comme telle. D'autres États publient des courbes d'apparition des symptômes, des cartes par comté ou des décomptes bihebdomadaires. Chacune de ces méthodes répond à une question concernant une juridiction spécifique, mais aucune ne permet de savoir si deux États sont touchés par la même épidémie ; en effet, aucun État ne peut répondre à une question dans plusieurs États à partir de ses seules données, aussi soigneusement soient-elles recueillies. Cette synthèse s'opère à un niveau supérieur, et il a fallu attendre la quatrième semaine de juillet pour y parvenir.

Trop tard, puis trop vite

La communication a aggravé la situation. L'avis du réseau d'alerte sanitaire (Health Alert Network) du CDC a été diffusé le 14 juillet, soit environ dix semaines après que l'agence ait commencé à recevoir des signalements faisant état d'une augmentation des cas à l'échelle nationale.

Quelques jours plus tard, le samedi 18 juillet, la FDA a annoncé la détection de Cyclospora dans un échantillon de laitue, avant de se rétracter le lendemain et sans toutefois expliquer le déroulement des faits avant l'après-midi du 20 juillet. Cet échantillon provenait d'un contrôle de routine aux frontières et non d'un produit faisant l'objet d'un rappel ; par ailleurs, les éléments épidémiologiques et les données de traçabilité incriminant la laitue de Taylor Farms ne reposaient nullement sur ce prélèvement. Entre-temps, l'information faisant état d'un « faux positif » avait déjà largement circulé dans les médias, laissant nombre de personnes croire que l'entreprise avait été mise hors de cause dans une enquête qui suscitait déjà l'attention des autorités politiques.

Osterholm, qui, j'en suis convaincu, possède peut-être un don de clairvoyance, avait exposé cet argument dans le New England Journal of Medicine en 1997, après que les autorités du Texas et de Houston eurent désigné les fraises de Californie comme source d'un foyer de cyclosporose qui s'est finalement avéré lié à des framboises du Guatemala. L'obligation d'avertir le public est bien réel, écrivait-il, et il doit être mis en balance avec le coût de l'erreur, un coût qui se paie deux fois : une première fois par la personne accusée à tort, et une seconde fois par chaque futur avertissement auquel le public cesse, en silence, de croire. Il a repris ce même argument en 1999, sous le titre « Lessons Learned Again » (Leçons apprises à nouveau), après une nouvelle épidémie du même type.

Ce second coût n'a rien d'abstrait. Il se traduit par des consommateurs qui cessent d'acheter de la laitue, quelle qu'elle soit, pour le reste de l'été ; par des producteurs qui perdent une saison de récolte ; et par des personnes qui vont ignorer le prochain avis de rappel parce que le précédent a semblé être démenti par la suite. Il se traduit aussi par un public incapable de faire la distinction entre une épidémie à source ponctuelle (où les cas sont reliés à un aliment précis) et le niveau habituel, saisonnier, d'une maladie à déclaration obligatoire ; résultat : chaque été finit par ressembler à une situation d'urgence.

Deux réponses justes, un seul message

Il y avait deux réponses justes dans cette situation, mais un seul message a été diffusé. Pour une personne sous chimiothérapie ou greffée, la cyclosporose ne se résume pas à une semaine difficile. La maladie dure plus longtemps, récidive et entraîne des complications nécessitant une véritable prise en charge médicale. Conseiller à une telle personne de s'abstenir totalement de consommer de la laitue, alors que la source de contamination était encore inconnue, était une bonne chose.

En revanche, ce n'était pas le cas pour la majeure partie de la population. Craig Hedberg de l'Université du Minnesota, défend ce point de vue depuis le début du mois ; il a raison d'affirmer que recommander une éviction alimentaire généralisée sans connaître la source du problème fait plus de mal que de bien. Diffuser ces deux messages simultanément implique de savoir à qui l'on s'adresse et de le dire clairement.

Le travail d'enquête sur cette épidémie a été mené par les services de santé des États, et il a été bien fait. M. Hedberg a décrit la suite des événements : les États repèrent une augmentation des cas bien avant que les données ne soient centralisées au niveau fédéral pour permettre aux autorités d'agir.

Il en résulte une situation hétérogène où certains États assurent une surveillance efficace tandis que d'autres en sont incapables ; or, ce système est inadapté pour un produit cultivé dans de nombreuses exploitations, mélangé dans des centres de transformation et distribué partout dans le pays.

Ce délai n'est pas inévitable, mais il devient de plus en plus difficile à éviter. Il faut bien que quelqu'un collecte, normalise et synthétise les données recueillies par les États ; or, des chercheurs de Johns Hopkins ont mis en évidence l'érosion des effectifs, du financement et des capacités d'application de la réglementation au niveau fédéral, autant d'éléments dont dépend ce travail. Il en résulte une situation hétérogène où certains États assurent une surveillance efficace tandis que d'autres en sont incapables ; une telle disparité est inadaptée pour un produit cultivé dans de nombreuses exploitations, regroupé dans une unité de transformation centrale et distribué partout.

Tous ceux qui gèrent cette épidémie font de leur mieux à partir d'informations fragmentaires, face à un public légitimement inquiet qui cherche chaque jour à savoir quels aliments sont sans danger.

Ici, la nuance et les détails revêtent une importance capitale, mais tout cela a été réduit à un chiffre unique en constante augmentation. Prendre un peu de recul pour adopter une vue d'ensemble aurait permis une communication plus fluide, plus précise et bien plus utile aux personnes cherchant à savoir quoi donner à manger à leur famille.

Le droit est devenu un terrain de guerre contre l’agriculture

Je dédie cet article au commentaire récent d’un inconnu ou d'un anonyme qui disait, « Il me semble opportun de garder ses idéaux politiques pour soi... Surtout en matière agricole/environnementale, qui n'est pas le sujet du blog ». Ben voyons ...

Alors pour cet inconnu, mais surtout pour tous les lecteurs du blog, voici quelques extraits d’un article proposé par le blog agriculture et environnement intitulé, « Le droit est devenu un terrain de guerre contre l’agriculture ».

Carole Hernandez-Zakine, docteure en droit, membre de l’Académie d’agriculture, est l’auteure d’une note « Judiciarisation des projets agricoles et alimentaires », publiée en mai 2026 par le think tank Les Z’Homnivores.

Vous venez de publier une analyse d’une quarantaine de pages sur la judiciarisation de l’agriculture. Pourquoi cette note et pourquoi maintenant ?

Carole Hernandez-Zakine

Parce que le phénomène produit désormais pleinement ses effets et que personne ne le dit clairement. Les agriculteurs ressentent depuis des années une pression croissante venue des tribunaux, mais ce ressenti est systématiquement renvoyé à une hypersensibilité du monde agricole. Ce que j’ai voulu faire, c’est objectiver la réalité : montrer, avec des décisions de justice à l’appui, qu’il s’agit d’une dynamique documentée, structurée et délibérément construite. On parle beaucoup des normes, des prix, du renouvellement des générations. On parle très peu du fait que le juge est en train de devenir un acteur central de la politique agricole française – sans y avoir été invité par les urnes.

Ce que Les Z’Homnivores publient est une synthèse accessible d’un travail de fond beaucoup plus dense, puisqu’il repose sur des décisions de justice, choisies pour leur exemplarité, à tous les niveaux de juridiction : civile, pénale, administrative, constitutionnelle, européenne. Ce qui m’a frappée, c’est la cohérence d’ensemble. On pourrait croire à une accumulation de litiges disparates. Bien au contraire, les contentieux se nourrissent les uns des autres et convergent vers le même objectif : abattre un modèle agricole productif, non pas dans l’arène politique, mais devant les tribunaux.

La suite est à lire ici.

lundi 27 juillet 2026

La FSA met en garde contre une complexité croissante des incidents alimentaires alors que leur nombre dépasse les 2 000 en 2025-26

La Food Standards Agency (FSA) a publié 25 juin 2026 un rapport annuel sur les incidents, la résilience et la prévention 2024/25 (Annual Report of Incidents, Resilience and Prevention). Cela concerne l'Angleterre, l'Irlande du Nord et le Pays de Galles

Cet article résume partiellement ce document et je vous engage à le lire en intégralité. Ce rapport est concis et détaillé à la fois, il peut servir d’exemple ...

Ce document présente le travail accompli par la FSA avec ses partenaires réglementaires, les pouvoirs publics et l'industrie pour gérer les incidents liés à la sécurité des aliments pour l'alimentation humaine et animale au cours de l'année écoulée, et décrit comment nous renforçons nos capacités.

En 2025/26, nous avons traité un nombre croissant d'incidents. Les données révèlent une évolution de la nature des risques, les chaînes d'approvisionnement mondiales, la distribution transfrontalière et les plateformes de vente en ligne contribuant à la complexité de la situation.

Si certains dangers traditionnels ont diminué, la part des incidents complexes et hautement prioritaires, nécessitant une coordination inter-agences et souvent internationale, est en augmentation. Les épidémies et les « clusters d'intérêt » (ou cas groupés d’intérêt -aa) restent gourmands en ressources, et les progrès des techniques analytiques accroissent la complexité des enquêtes. Globalement, le système est de plus en plus interconnecté, moins prévisible et davantage dépendant du partage de renseignements et d'une action coordonnée.

Les équipes de la FSA assurent un service continu, 7 jours sur 7 et toute l'année, en Angleterre, au Pays de Galles et en Irlande du Nord, en étroite collaboration avec Food Standards Scotland et la Food Safety Authority of Ireland, le cas échéant. Les équipes de gestion des risques et des politiques de la FSA travaillent de concert pour fournir des évaluations et des conseils fondés sur des données probantes afin d'éclairer la gestion des incidents, en collaboration avec les autorités locales, l'industrie et d'autres ministères (tels que la UK Health Security Agency, UKHSA) et des partenaires internationaux.

Volume et complexité des incidents)

La FSA a été informée de 2073 incidents (versus 1 825 pour la prériode 2024-2025) liés à la sécurité des aliments et des aliments pour animaux en Angleterre, en Irlande du Nord et au Pays de Galles au cours de l'exercice 2025/26, soit une augmentation de 14 % par rapport à l'année précédente. Nous disposons de peu d'éléments pour expliquer cette augmentation, mais elle pourrait être due à une hausse des signalements de problèmes ou à d'éventuels changements dans les méthodes de test et les programmes d'échantillonnage.

Outre une augmentation globale du nombre d’incidents, on observe une hausse de ceux classés comme hautement et moyennement prioritaires, confirmant une tendance observée ces dernières années. Cette augmentation reflète l’ampleur et la complexité croissantes des incidents, dues en partie aux chaînes d’approvisionnement mondiales et à la distribution transfrontalière, comme l’illustre l’étude de cas sur le céréulide (voir ici).

Les épidémies et les cas groupés d’intérêt représentent certains des risques les plus complexes et les plus exigeants en ressources gérés par l’organisation. Ils nécessitent souvent une coordination interinstitutionnelle soutenue avec les partenaires nationaux et internationaux. Si des progrès tels que le séquençage du génome entier renforcent notre capacité à détecter et à relier les cas, ils accroissent également l’ampleur et la complexité des éléments de preuve à évaluer, par exemple en reliant des cas qui auraient été auparavant considérés comme sporadiques plutôt que comme une épidémie. Cela allonge la durée et intensifie les enquêtes (voir une étude de cas).

Bien que les micro-organismes pathogènes soient le type de danger le plus fréquemment signalé, le nombre d'incidents qui leur sont attribuables a diminué d'une année sur l'autre, passant de 451 en 2023/24 à 413 en 2025/26 (436 pour 2024/25). Cette diminution s'explique principalement par des modifications apportées aux modalités de déclaration, les incidents liés aux maladies animales n'étant plus comptabilisés comme incidents.

Les incidents liés aux allergènes constituent le deuxième danger le plus fréquemment signalé. La nouvelle catégorie « non-conformité », introduite cette année pour une collecte de données plus précise, se classe troisième. Le nombre d'incidents liés à l'étiquetage a presque doublé, principalement en raison de l'évolution des procédures de déclaration dans le nouveau système.

Le micro-organisme pathogène le plus fréquemment signalé tous incidents confondus était Salmonella sp., représentant 50 % (n = 206) des cas impliquant des micro-organismes pathogènes. Venaient ensuite Listeria (22 % ; n = 92) et E. coli (STEC) (13 % ; n = 57). On observe une augmentation des cas liés à Salmonella par rapport aux années précédentes, tandis que la tendance reste stable ou à la baisse pour la plupart des agents pathogènes.

samedi 25 juillet 2026

Loi d'urgence agricole : le point de vue de M. Jean-Baptiste Moreau*

Le projet de loi d'urgence pour la protection et la souveraineté agricoles a été définitivement adopté par le Parlement le 21 juillet 2026.

J'assiste depuis des années, et même durant mon mandat, à l'hystérisation des débats dès que l'on parle agriculture.

Les débats autour de cette loi n'ont pas échappé à cette tendance : « Acetamiprid is the new glyphosate ».

Ces molécules deviennent des symboles pour les idéologues de tout poil pour se livrer de façon totalement irrationnelle scientifiquement à une critique d'une agriculture qu'on caricature à l'infini en ne connaissant rien de ses réalités.

Je suis bien placé pour parler de cela, pour avoir été rapporteur de la loi egalim où j'ai du consentir pour empêcher l'interdiction par la loi du glyphosate qui aurait eu des conséquences dramatiques sur l'ensemble de l'agriculture, de passer un compromis avec les écolos de mon camp ou des autres, en interdisant la flupyradifurone. Je savais que cela aurait des conséquences sur certaines productions, mais je les pensais moins problématiques que l'interdiction du glyphosate.

Je regrette cette décision et je salue le fait que le texte laisse à l'ANSES la possibilité de déroger à l'interdiction.

Ces décisions n'ont rien à faire dans la main des politiques. Elles doivent être uniquement prises en fonction des faits scientifiques démontrés. Sinon le politique se vautre dans la démagogie, instrumentalisé par des idéologies qui ne conduiront qu'à la ruine de notre agriculture.

J'entends les inquiétudes sur la dangerosité de certaines molécules ou certaines pratiques agricoles. Mais c'est la science qui doit rassurer nos concitoyens et la peur ne doit pas être instrumentalisée par le politique.

Nous sommes en train de faire avec l'agriculture ce que nous avons fait avec le nucléaire.

La pensée unique du moment c'est que notre modèle agricole doit changer, que tout le monde devrait passer en bio.

On assiste aux mêmes caricatures que quand on expliquait que le nucléaire était le mal absolu. À l'époque, les ONG, le grand public et quasiment toute la classe politique voulaient la fin du nucléaire à tel point que certains pays l'ont fait, comme l Allemagne.

Or la tendance s'est inversée aujourd'hui devant la peur de voir des pénuries d'énergie ou le prix de l'énergie flamber, ce qui affecterait notre mode de vie. Et on voit combien cette vision de l'époque va nous coûter cher pour remettre à niveau ce secteur.

Ainsi faut-il attendre que nos rayons de supermarché ou de commerce soient vide de toute aliment français pour que nos concitoyens se rendent compte que notre agriculture est menacée de mort ?

Et qu'on ne mette pas cette mort programmée sur le compte de la concurrence internationale. Ce ne sont que des fadaises pour gogos susceptibles de gober les âneries et autre idéologie mortifère des extrêmes.

Elle va crever car nous sommes au comble de l'hypocrisie. Nous voulons que notre agriculture produise sans aucun produit, sans aucun intrant, mais nous refusons de payer ses produits au juste prix et nous achetons abondamment des produits issues d'une agriculture que nous ne voulons pas.

Et pitié, pas de couplet sur « on part les premiers, les autres suivront ». Ils ne suivent jamais, car ils voient bien que ce que nous faisons est une impasse totale.

L'agriculture française a vocation à produire de l'alimentation saine et durable. Elle n'aura jamais pour vocation unique d'entretenir les espaces car les agriculteurs deviendraient des fonctionnaires et c'est absolument incompatible avec la nature profonde de l'agriculteur faite de passions, de prises de risques. L'agriculteur est un entrepreneur par essence, qui vit dans le réel et n'a d'autre choix que de s'adapter au réel : au climat, aux demandes du consommateur.

oo0oo

Le mythe d'une agriculture vivrière refermée sur nos frontières n'est qu'un mythe. Tous ceux qui ont essayé ont tué leur agriculture. On peut toujours rêver d'un monde où il en fut autrement, mais ce monde n'a jamais existé à travers l'histoire et n'existera jamais. L'agriculture a besoin d échanges pour permettre aux agriculteurs de vivre .

C'est une réalité intangible économique et scientifique. Et on ne peut pas obliger nos agriculteurs à courir avec des boulets au pied. Bien sûr, il ne s'agit pas de faire n'importe quoi pour produire, mais ce n'est déjà absolument pas le cas.

Si nous voulons avoir encore des agriculteurs demain en France, il va falloir renouer le contact, arrêter de les juger sur la base de croyances. Et du côté des agriculteurs, les manifestations ne suffiront pas à faire comprendre les nécessités de ce métier. Bien aimer les agriculteurs, c'est bien ; le leur prouver, c'est mieux. Et on ne le leur prouve pas en leur expliquant comment ils devraient exercer un métier, dont au final on ne connaît rien.

* Ancien député (2017-2022). Paysan de la Creuse à jamais. Consultant indépendant et libre.

Références, 1 et 2.

NB: Je remercie André Heitz d’avoir signalé ce texte paru sur son blog ici.


La vie des bactéries, entre biofilms et gènes de résistance

Deux articles récents, publiés dans des revues scientifiques, rapportent i) le rôle des biofilms de Listeria monocytogenes sur différents types de surface, et ii) les produits de charcuterie prêts à consommer comme vecteurs potentiels de transmission de Enterococcus faecium résistant aux antibiotiques.

1. « Impact du type de surface et de l'utilisation d'un désinfectant sur la réduction des biofilms de Listeria monocytogenes soumis à des conditions de disponibilité en nutriments variables  », article paru dans Journal of Food Protection.

Faits saillants

  • L. monocytogenes est capable de persister sous forme de biofilm sur diverses surfaces en contact avec les aliments.
  • L. monocytogenes a survécu sur les surfaces pendant 17 jours malgré une disponibilité limitée en nutriments.
  • L'efficacité des désinfectants dépend du type de surface en contact avec les aliments.
  • L'acide lactique a montré une efficacité accrue contre L. monocytogenes.

Résumé

La capacité de L. monocytogenes à adhérer aux surfaces et à former un biofilm tout en survivant dans un environnement froid accroît le risque de contamination croisée dans les environnements de transformation alimentaire. Cette étude vise à déterminer quels matériaux de surface en contact avec les aliments favorisent la formation et la survie de biofilms de L. monocytogenes dans des conditions favorisant ou limitant la disponibilité en nutriments. L'efficacité antimicrobienne de trois désinfectants (acide lactique à 5 %, chlore à 200 ppm, composé d'ammonium quaternaire à 200 ppm) contre les biofilms formés dans ces deux environnements nutritionnels a également été évaluée. Un cocktail de cinq souches de L. monocytogenes a été utilisé pour développer des biofilms sur quatre types de coupons, acétal, nitrile, caoutchouc et acier inoxydable.

Les résultats ont montré que les populations cellulaires associées aux biofilms dépassaient 6,75 log UFC/cm² sur tous les types de surfaces dans les conditions favorisant les nutriments. Les conditions limitant les nutriments ont entraîné une réduction des populations microbiennes sur tous les types de surfaces, pour atteindre des niveaux compris entre 6,21 et 6,48 log UFC/cm². Bien que l'efficacité des agents désinfectants ait varié selon le type de surface, tous ont permis d'obtenir des réductions significatives (P < 0,05) par rapport au témoin, dans les deux conditions d'essai et pour la majorité des types de surfaces.

L'acide lactique a systématiquement entraîné une réduction plus importante (P < 0,05) dans les deux conditions. Cette étude confirme la capacité de L. monocytogenes à adhérer à diverses surfaces en contact avec les aliments utilisées dans les environnements de transformation alimentaire et à y former un biofilm, ainsi qu'à survivre dans un milieu pauvre en nutriments ; elle suggère également que l'efficacité des désinfectants contre les biofilms dépend du type de surface servant de support.

Les récentes épidémies liées à la présence de L. monocytogenes dans des aliments prêts à consommer soulignent le défi que ce micro-organisme représente pour les producteurs de denrées alimentaires. Les recherches portant sur les interactions entre la disponibilité des nutriments, le type de surface et l'utilisation de désinfectants apportent un éclairage précieux sur le comportement et l'écologie de L. monocytogenes dans les environnements de transformation alimentaire. Plus précisément, ces travaux ont confirmé la capacité de L. monocytogenes à survivre dans des conditions nutritionnelles et sur des types de surfaces très variés. Ils ont démontré que l'efficacité des désinfectants peut dépendre du type de surface et que diverses interventions de désinfection restent efficaces lorsqu'elles sont correctement mises en œuvre. Des essais supplémentaires portant sur différents types de surfaces, de désinfectants et de souches de L. monocytogenes permettront de mieux comprendre le comportement de cette bactérie.

2. Va paraître dans International Journal of Food Microbiology, « Ready-to-eat meat foods as potential vectors for the transmission of antibiotic-resistant Enterococcus faecium » (Les produits de charcuterie prêts à consommer comme vecteurs potentiels de transmission de Enterococcus faecium résistant aux antibiotiques).

Faits saillants

  • Les produits carnés prêts à consommer constituent des vecteurs potentiels de Enterococcus faecium résistant.
  • Les souches résistantes ciblées présentent une forte survie lors d'une simulation de transit dans le tractus gastro-intestinal supérieur.
  • Le transit simulé peut accroître le transfert de résistance au linézolide chez les souches ciblées.
  • Les isolats récupérés après le transit conservent leurs caractéristiques de résistance et modulent la production de biofilm.
  • Les produits carnés prêts à consommer à courte durée de maturation constituent des sources potentielles de bactéries multirésistantes.

Résumé

Enterococcus faecium, membre du microbiote intestinal humain et deuxième espèce d'entérocoque la plus abondante après E. faecalis, est un agent important d'infections associées aux soins. Sa grande capacité à acquérir des gènes de résistance aux antibiotiques (GRAs) rend les infections difficiles à traiter. Cette étude a examiné des produits de charcuterie* prêts à consommer, typiques du centre de l'Italie, en tant que vecteurs potentiels d'entérocoques résistants aux antibiotiques, en se concentrant sur E. faecium. Au total, 148 souches d'entérocoques ont été isolées, dont 36 ont été identifiées comme étant E. faecium. Parmi 22 clones distincts, huit étaient résistants à la tétracycline (TET), deux l'étaient également au linézolide (LZD) et un présentait un phénotype de multirésistance. La sensibilité aux antibiotiques a été déterminée par la mesure de la concentration minimale inhibitrice, complétée par une analyse du séquençage du génome entier. Les deux souches résistantes au LZD possédaient des gènes de résistance au LZD, tandis qu'un seul isolat a présenté un transfert horizontal de gènes par conjugaison. Les isolats ont ensuite été caractérisés en fonction de leurs facteurs de virulence et de leur capacité à former un biofilm, aussi bien dans des conditions basales qu'après exposition à une simulation de transit dans le tractus gastro-intestinal supérieur. Les huit souches résistantes à la TET présentaient des caractéristiques génotypiques de virulence. Après exposition à la simulation de transit gastro-intestinal supérieur, ces isolats ont affiché des taux de survie élevés, conservant à la fois leurs phénotypes de résistance aux antibiotiques et leur capacité à former un biofilm. Ces résultats soulignent le rôle potentiel des produits carnés prêts à consommer analysés comme vecteurs de souches de E. faecium virulentes et résistantes aux antibiotiques, capables de survivre à l'exposition dans le tractus gastro-intestinal supérieur.

L'étude met en évidence la nécessité de mettre en place une surveillance des entérocoques dans le secteur alimentaire afin d'améliorer le suivi de E. faecium résistant et de limiter sa dissémination potentielle ainsi que les risques cliniques associés.

Conclusion

Les souches de E. faecium isolées à partir de produits carnés prêts à consommer constituent une source potentielle de diffusion de gènes de résistance aux antibiotiques d'importance clinique ; cette capacité de survie suggère un risque potentiel pour la santé publique, en contribuant à la dissémination de déterminants de résistance. Toutefois, des études épidémiologiques supplémentaires comparant les consommateurs d'aliments prêts à consommer à des cohortes témoins appropriées sont nécessaires pour mieux cerner les implications de la consommation de ces produits, notamment en ce qui concerne le risque de transmission bactérienne. Par ailleurs, ces résultats soulignent le potentiel considérable des approches de séquençage du génome entier pour obtenir une vue d'ensemble de la résistance aux antibiotiques et de sa mobilité potentielle, ainsi que de la virulence associée. Une fois intégrée aux analyses de routine, cette approche peut représenter une avancée majeure pour la surveillance et la caractérisation de E. faecium, en soutenant notamment les mesures de prévention essentielles pour réduire l'impact clinique de ce pathogène opportuniste.
*ciauscolo, salami et autre charcuterie.

vendredi 24 juillet 2026

Contamination aux salmonelles d'œufs d'origine polonaise : la Confédération Française de l'Aviculture appelle à acheter des œufs français

Le 21 juillet 2026, Lidl informe du rappel suivant : la société OVOTEK SP. Z O.O.. procède au retrait et au rappel des produits Oeufs Frais x30 ainsi que les Oeufs Frais x20 suite à la présence de Salmonella Enteritidis. Ces oeufs ont été commercialisés jusqu'au 17 juillet 2026. 

Même date de rappel du 21 juillet 2026 chez RappelConso.

S’agissant du rappel de Lidl, « la Confédération Française de l'Aviculture appelle à privilégier les Œufs de France ! », communiqué du 23 juillet 2026.

La Confédération Française de l'Aviculture (CFA) prend acte du rappel d'œufs d'origine polonaise commercialisés par l'enseigne Lidl à la suite d'une contamination par des salmonelles.

En choisissant de commercialiser des œufs étrangers, l’enseigne Lidl démontre qu'elle ne fait pas suffisamment confiance à la filière française, pourtant capable de répondre aux attentes des consommateurs en matière de qualité, de sécurité sanitaire et de disponibilité. Un choix incompréhensible qui fait peser des risques sur la santé des consommateurs !

La France applique l'un des dispositifs de surveillance des salmonelles les plus exigeants d'Europe, offrant aux consommateurs un niveau élevé de garanties sanitaires.

Parallèlement, la production française d'œufs poursuit sa progression. Le plan de filière de l’interprofession commence à porter ses fruits. Les éleveurs ont investi et la production va augmenter de 5 % en 2026 afin de répondre à une demande croissante des consommateurs. La filière « Œufs de France » est aujourd'hui pleinement mobilisée pour fournir des œufs français, dans le respect des plus hauts standards sanitaires, environnementaux et de bien-être animal.

La Confédération Française de l'Aviculture appelle les distributeurs à continuer de privilégier les approvisionnements nationaux et à renforcer leurs engagements en faveur des « Œufs de France ». Soutenir la production française, c'est soutenir des éleveurs engagés, préserver notre souveraineté alimentaire et offrir aux consommateurs les meilleures garanties en matière de sécurité sanitaire.

La CFA invite également les consommateurs à privilégier les œufs portant la mention « Œufs de France » ou identifiés « Origine France », gages de traçabilité, de qualité et d'un haut niveau d'exigence sanitaire.

Opération «purge» à La Courneuve : 17 commerces d'une même rue fermés en raison d'un manque d'hygiène

« Une purge » à La Courneuve avec la fermeture en cascade de 17 commerces d'une même rue pour cause de manque d’hygiène, forcément, cela interroge. Source actu.fr.

Début juillet 2026, la préfecture de Seine-Saint-Denis a fermé par mesure d'hygiène 17 commerces du quartier des Quatre-Routes à La Courneuve. Une situation singulière.

En plein mois de juillet 2026, la fermeture pourrait être estivale. C’est d’ailleurs ce que pensent de prime abord les passants interrogés. Il faut dire que sur les rideaux tirés des commerces de l’avenue Paul-Vaillant-Couturier à La Courneuve (Seine-Saint-Denis), aucun écriteau n’indique la raison de cette mise à l’arrêt. La réalité est toute autre. Entre le 2 et le 7 juillet, la préfecture de Seine-Saint-Denis a pris pas moins de 17 arrêtés de fermeture administrative pour des manquements d’hygiène.

« Sur 39 villes du département, on n’a jamais connu un contrôle aussi massif », ne décolère pas Aly Diouara, maire LFI de la ville. « Le nombre de fermetures prononcées s’explique par la gravité des manquements relevés lors des inspections », répond la préfecture de Seine-Saint-Denis. 

Dans le recueil des actes administratifs publié mercredi 15 juillet, la préfecture de Seine-Saint-Denis détaille pas moins de 17 arrêtés de fermeture d’urgence visant des commerces de la commune, pris entre le 2 et le 10 juillet. La très grande majorité des établissements concernés de La Courneuve sont situés avenue Paul-Vaillant-Couturier, l’un des principaux axes commerçants de la ville. Source actu.fr.

Un exemple parmi d’autres

Le fast-food Full Time (ou Full Time des Amis), situé avenue du Président-Wilson à Saint-Denis, a été fermé d’urgence par la préfecture après la découverte de nombreux manquements aux règles d’hygiène (source actu.fr).

La sanction est tombée. Par un arrêté pris jeudi 16 juillet 2026, le préfet de la Seine-Saint-Denis a ordonné la fermeture d’urgence de l’établissement Full Time, situé 77 avenue du Président-Wilson à Saint-Denis, en raison de nombreux manquements aux règles d’hygiène susceptibles de mettre en danger la santé des consommateurs. Cette décision intervient après plusieurs contrôles menés par Bureau Veritas pour le compte de la Direction départementale de la protection des populations (DDPP). 

Voici ce que rapporte l’arrêté de la préfecture :

... au cours d'une visite effectuée le 15/07/2026 par l'organisme Bureau Veritas, auquel les activités de contrôle officiels des établissements de la remise directe de la DDPP-93 ont été déléguées par la DRIAAF ile-de-France, il est constaté dans cet établissement de graves manquements aux règles d'hygiène et d'entretien général des lieux et des installations, notamment:

  • Absence de fonctionnement de l'unique chambre froide positive de l'établissement,
  • Absence de plan de lutte efficace contre les nuisibles,
  • Présence de nuisibles constatée (mouches),
  • Procédure relative à la surveillance des températures des denrées non appliquée,
  • Absence d'hygiène manuelle, ce manquement présente un risque élevé de contaminations croisées de germes pathogènes préjudiciables pour la santé des consommateurs,
  • Absence de respect des bonnes pratiques d'hygiène,
  • Procédure de nettoyage et de désinfection des locaux et du matériel non appliquée
  • Absence de liste des allergènes à déclaration obligatoire pour les consommateurs,
  • Absence de traçabilité des denrées,
  • Absence de contrôle à réception des matières premières,
  • Le plan de maîtrise sanitaire et les procédures qui l'accompagne est absent.
Commentaire
Excellente action de la part de la Préfet de Seine-Saint-Denis qui, hélas, ne sait pas ou ne veut pas communiquer sur les réseaux sociaux, comme son collègue du Val d'Oise. Cela étant, tout ceci était su et connu depuis bien longtemps, dès lors pourquoi avoir attendu ? La réponse est simple, on faisait avec les moyens du moment, bref, on ratrappe le temps perdu ...
L'expression 'hygiène manuelle' citée dans l'arrêté est inusitée, préférez l'expression 'hygiène des mains'.

MàJ. Ce document proposé sur le site du ministère de l'agriculture pourrait servir à des restaurants de La Courneuve, Restauration : quelles obligations en matière de formation à l'hygiène des aliments ? 
MàJ du 24 juillet 2026. La Courneuve : 17 commerces fermés en dix jours à l’issue d’opérations de contrôle, la préfecture balaie des accusations d’«acharnement». Source Le Figaro.
Le motif ? Des manquements à l’hygiène jugés suffisamment sérieux pour justifier une mise à l’arrêt immédiate.
Les propriétaires des établissements fermés ont exprimé leur mécontentement, estimant que les contrôles étaient excessifs et ciblés de manière injuste. Ils ont dénoncé un manque de dialogue avec les autorités et ont demandé une réévaluation des sanctions imposées.
La préfecture a réaffirmé son engagement à assurer la sécurité et le bien-être des citoyens, soulignant que les contrôles sont effectués de manière impartiale et conformément à la loi.

jeudi 23 juillet 2026

Listeria monocytogenes dans les denrées alimentaires prêtes à être consommées : suivez la cirulaire de l'AFSCA

Le blog vous avait déjà proposé Listeria monocytogenes pour les Nuls. Plus que 99 jours d'ici le 1er juillet 2026 et plus récemment, Depuis le 1er juillet 2026, qu’est-ce qui a changé dans la maîtrise de Listeria dans les aliments réfrigérés prêts à être consommés ?

Et voici que l’AFSCA de Belgique nous propose une circulaire Listeria monocytogenes dans les denrées alimentaires prêtes à être consommées du 22/07/2026 (nouvelle version). Il s’agit d’une version avec mise en évidence des modifications par rapport à la version précédente.

Merci à nos amis belges !

La présente circulaire a pour but d'informer les opérateurs de leurs obligations en ce qui concerne l'application du critère microbiologique pour Listeria monocytogenes, figurant dans le Règlement (CE) n° 2073/2005, ainsi que la durée de conservation, en ce qui concerne Listeria monocytogenes, des denrées alimentaires prêtes à être consommées autres que celles destinées aux nourrissons ou à des fins médicales spéciales.
La présente circulaire a également pour but d'informer les laboratoires exécutant des études de laboratoire pour L
isteria monocytogenes.

Plus de 1 000 foyers de cas de maladies infectieuses d’origine alimentaire enregistrés aux Pays-Bas en 2025

Source résumé en anglais du RIVM, L'Institut national de la santé publique et de l'environnement est une agence publique du Ministère de la Santé, du Bien-être et des Sports des Pays-Bas.

La consommation d'aliments contenant diverses bactéries, virus ou parasites peut rendre des personnes malades. Ces pathogènes peuvent également provoquer des maladies par d'autres voies. Ils peuvent, par exemple, se transmettre d'une personne à l'autre, souvent par contact avec des matières fécales, ou par l'intermédiaire d'animaux. Cela entraîne généralement des symptômes gastro-intestinaux tels que des vomissements, des douleurs abdominales ou des diarrhées (parfois sanglantes). Dans certains cas, les conséquences peuvent être plus graves, comme une hépatite, une septicémie ou une méningite.

Tout comme en 2023 et 2024, le nombre de personnes tombées malades à cause de Salmonella Enteritidis a été plus élevé en 2025 qu'au cours de la période 2015-2019.

La présence de ce type de bactérie chez les poules pondeuses aux Pays-Bas a également augmenté. Cela signifie que les mesures de contrôle n'ont pas encore eu l'effet escompté.

Par ailleurs, davantage de personnes ont été touchées par des bactéries telles que. E. coli producteurs de shigatoxines (STEC), par le virus de l'hépatite A et par norovirus. Ce phénomène ne présente pas de cause évidente.

Au total, on estime que près de 2 millions de personnes aux Pays-Bas ont été infectées par des pathogènes d'origine alimentaire en 2025.

La charge de morbidité est exprimée à l'aide d'une unité de mesure internationale : le DALY (année de vie corrigée de l'incapacité). La charge totale estimée pour 14 agents pathogènes d'origine alimentaire en 2025 s'élève à 12 000 DALY. Ce chiffre est identique à celui de 2024. La part de cette charge attribuable à une transmission par voie alimentaire est estimée à 4 700 DALY pour 2025, un niveau également comparable à celui de 2024.

Le coût total pour la santé lié à ces 14 agents pathogènes d'origine alimentaire, toutes voies de transmission confondues, est estimé à 581 millions d'euros pour 2025.

Ce montant est sensiblement le même qu'en 2024 (586 millions d'euros, soit une baisse de 0,9 %). Les coûts estimés des infections dues aux aliments contaminés en 2025 s'élèvent à 202 millions d'euros, un chiffre également comparable à celui de 2024 (199 millions d'euros, soit une hausse de 0,5 %).

Chaque année, l'Institut national de la santé publique et de l'environnement (RIVM) recense les cas d'infections d'origine alimentaire et entérique aux Pays-Bas et assure le suivi des épidémies ainsi que de la charge de morbidité, y compris les coûts associés. Le RIVM mène ces activités en collaboration avec des partenaires tels que l'Autorité néerlandaise de sécurité des aliments et des produits de consommation (NVWA) et Wageningen Food Safety Research (WFSR).

En 2025, les Pays-Bas ont enregistré plus de 1 000 foyers de cas (équivalent aux TIAC en France) de maladies d'origine alimentaire, un chiffre remarquable qui souligne la prévalence des infections alimentaires dans le pays. Au total, 1 178 foyers de cas ont été signalées, positionnant les Pays-Bas parmi les pays européens avec le plus grand nombre de foyers de cas en 2025. Les agents pathogènes les plus fréquemment identifiés étaient :

Salmonella avec 1 238 cas, norovirus avec 631 cas, et Listeria monocytogenes avec 38 cas.

Les aliments les plus souvent impliqués dans ces foyers comprennent : les œufs, les produits laitiers au lait cru et les graines germées.

Enfin, il est noté dans le rapport une sous-déclaration des foyers de cas de la part des centres municipaux de santé.

Commentaire

Encore un pays européen qui publie des données sur les maladies infectieuses d’origine alimentaire en 2025. Chez nous, pour les TIAC, nous en sommes à 2023, 2024, si on prend en compte le rapport 2024 de l’EFSA sur les zoonoses dans le cadre de l’initiative « Une seule santé » de l’Union européenne. Pour accéder à toutes les données des maladies infectieuses d’origine alimentaire en France, il faut rechercher les documents « éparpillés façon puzzle » ici et là.

Chose insensée chez nous, ici, on connaît le coût des maladies infectieuses d’origine alimentaire, il est vrai qu’en France, la santé n’a pas de prix ...