samedi 8 août 2026

En cas de rappel, pourquoi il faut pouvoir disposer d'informations en temps réel sur l'ensemble de la chaîne alimentaire ?

L'article « The Missing Link in Outbreak Response: Why Distributors Need Real-Time Supplier Intelligence, Not Just Recall Notices » (Le chaînon manquant dans la réponse aux épidémies : pourquoi les distributeurs ont besoin d’informations en temps réel sur leurs fournisseurs, et pas seulement d’avis de rappel) souligne l'importance pour les distributeurs de disposer d'informations en temps réel sur leurs fournisseurs afin de réagir efficacement aux épidémies d’origine alimentaire. Il met en lumière le cas de l'épidémie de cyclosporose liée à la laitue iceberg, où la rapidité et la précision des informations ont été cruciales pour limiter la propagation de la maladie. Il plaide pour une collaboration renforcée entre les distributeurs, les fournisseurs et les services réglementaires, en mettant l'accent sur la nécessité d'une communication efficace et d'une transparence accrue pour améliorer la sécurité des aliments. 

Voici ci-dessous une traduction adaptée par mes soins de cet article. 

L'éclosion de cyclosporose de cet été est l'une des plus importantes jamais documentées aux États-Unis : au 5 août, le CDC avaient recensé plus de 10 400 cas confirmés en laboratoire dans 47 États, dont au moins 6 358 cas de maladie et 278 hospitalisations spécifiquement liés à de la laitue iceberg provenant de 15 États. À titre de comparaison, le CDC enregistre généralement entre 200 et 1 000 cas de cyclosporose à l'échelle nationale sur une année entière.

Le 17 juillet, l'entreprise Taylor Farms de Mexico a procédé au rappel de toutes les laitues iceberg provenant du centre du Mexique. Les données épidémiologiques et de traçabilité ont mis en cause de la laitue iceberg découpée produite par Taylor Farms de Mexico et servie dans des restaurants Taco Bell de l'Indiana, du Kentucky, du Michigan, de l'Ohio et de la Virginie-Occidentale.

Quelques jours plus tard, dans un rebondissement ayant davantage semé la confusion qu'apporté de la clarté, la FDA a annoncé que l'un des prélèvements de laitue initialement incriminés s'était révélé être un faux positif pour Cyclospora cayetanensis.

La FDA a toutefois pris soin de préciser que Taylor Farms restait impliquée sur le plan épidémiologique dans l'éclosion. Cette simple précision en dit long sur l'incertitude qui peut entourer la gestion d'une épidémie en cours, ainsi que sur la manière très différente dont cette incertitude est ressentie selon la position de l'entreprise dans la chaîne d'approvisionnement.

Un autre point important est que Cyclospora est un parasite, et non une bactérie. Il n'est pas détecté lors des analyses de selles courantes à moins qu'un médecin ne prescrive spécifiquement un test de dépistage ; c'est l'une des principales raisons pour lesquelles le décompte officiel des cas lors d'une épidémie à Cyclospora a tendance à sous-estimer le nombre réel de personnes touchées. De plus, le parasite ne peut être éliminé par un lavage standard des produits agricoles, ni par les désinfectants habituels ; seule une cuisson à 70°C permet de l'éliminer de manière fiable.

Ces infections peuvent provoquer une diarrhée aqueuse et une fatigue persistant plusieurs semaines, avec un risque élevé de rechute ; le coût humain et économique d'un seul cas dépasse donc largement la durée de la maladie initiale. Pour un produit comme les légumes à feuilles, vendus réfrigérés et rarement cuits, cette combinaison de résilience du pathogène et de difficulté de diagnostic est précisément ce qui rend une épidémie de ce type si difficile à contenir rapidement.

L'échelon souvent ignoré dans la couverture médiatique des épidémies

Lorsqu'une épidémie de ce genre éclate, on entend généralement parler de deux choses : le producteur ou le fournisseur à l'origine présumée de la contamination, et l'enquête gouvernementale visant à le confirmer. On prête beaucoup moins d'attention à l'étape intermédiaire. C'est là qu'intervient le grossiste distributeur, qui gère simultanément des centaines de relations avec des fournisseurs de produits réfrigérés et tente de déterminer en temps réel lesquels pourraient être concernés. Pendant ce temps, les commerçants se posent la même question et attendent de leur distributeur une réponse rapide et fiable.

Lorsqu'une épidémie survient, la question n'est pas de savoir si nous sommes touchés, mais plutôt : « Quels fournisseurs traitent ce produit et cette zone de culture, et quelle réponse étayée pouvons-nous fournir à nos distributeurs ? »

Pourquoi la documentation statique de conformité ne suffit pas

L'arsenal standard du secteur pour évaluer et gérer les risques liés aux fournisseurs a longtemps reposé essentiellement sur des documents papier : certifications GFSI, lettres de garantie, attestations d'assurance et avis de rappel émis une fois les problèmes survenus. Ces documents sont importants et restent fondamentaux pour tout programme crédible de sécurité des aliments. Toutefois, au mieux, ils ne reflètent la situation d'un fournisseur qu'à un instant T. Ils ne permettent pas au distributeur d'identifier un risque accru dès l'apparition d'une nouvelle épidémie.

L'exemple de Taylor Farms illustre bien cette limite. L'entreprise a dû procéder à plusieurs rappels ces dernières années, notamment en mars 2024 pour des salades au poulet prêtes à consommer contenant un allergène (blé) non déclaré, et en octobre 2024 pour des oignons jaunes liés à une épidémie à E. coli associée à des hamburgers servis dans une chaîne de restauration rapide. Chacun de ces événements a fini par générer un document dans le dossier du fournisseur. Aucun de ces éléments n'aurait permis de signaler l'entreprise comme présentant un risque élevé en amont, car la documentation de conformité statique n'a pas de valeur prédictive ; elle se contente de confirmer ce qui s'est déjà produit.

Les légumes à feuilles figurent sur la liste de la FDA relative à la traçabilité des aliments ; la réglementation imposera à terme un suivi normalisé au niveau du lot, avec des registres devant être transmis à la FDA dans les 24 heures suivant une demande. L'entrée en vigueur de cette règle, initialement prévue pour janvier 2026, a été repoussée de 30 mois, au 20 juillet 2028. Cela signifie que, pour les deux prochaines années au moins, les distributeurs ne pourront pas compter sur une infrastructure de traçabilité imposée par le gouvernement fédéral pour combler cette lacune. En attendant, des outils permettant d'identifier et de gérer les risques avant qu'ils ne débouchent sur un rappel de produits doivent être mis en place volontairement, au niveau de chaque entreprise.

Mise en place du maillon manquant

Lorsqu'une épidémie survient, nous savons déjà quels fournisseurs appartiennent à la catégorie de risque la plus élevée pour le produit concerné, et nous disposons déjà de documents à jour, sans avoir à les réclamer dans l'urgence. C'est ce changement d'approche que les distributeurs du secteur doivent opérer.

La question pertinente à se poser

La réponse à une épidémie au sein d'une entreprise de distribution ne doit pas commencer au moment où l'avis de rappel est reçu. Elle doit s'appuyer sur un système capable d'identifier en amont où se concentrent les risques parmi les fournisseurs ; ainsi, lorsqu'un incident survient, la question n'est pas « Qui devons-nous appeler en premier ? », mais plutôt « Quels fournisseurs, parmi ceux que nous surveillions déjà, sont concernés ? ».

La surveillance automatisée des fournisseurs selon une classification des risques ne permet ni d'empêcher une épidémie, ni de se substituer au travail de traçabilité effectué par la FDA et le CDC ; en revanche, elle modifie la rapidité et la précision avec lesquelles un distributeur peut agir pendant le déroulement de l'enquête. C'est précisément à ce stade que les distributeurs, et, in fine, les consommateurs, comptent sur un acteur de la chaîne d'approvisionnement pour agir vite et avec justesse.

Alors que l'épidémie à Cyclospora continue d'évoluer, les distributeurs ont l'occasion de se poser une question plus complexe que « Avons-nous été touchés ? ». La question pertinente est plutôt : « Aurions-nous déjà la réponse avant même la réception de l'avis de rappel ? »

Un autre article va, me semble-t-il, dans le même sens. Publié par Bill Marler dans Food Safety News, « Publisher’s Platform: Recall readiness is assumed, never measured. The people who price the risk can change that » (La disponibilité pour le rappel est présumée, jamais mesurée. Les personnes qui évaluent le risque peuvent changer cela), il discute aussi de la rapidité ou non de la réponse en cas de rappel lié à une épidémie d’origine alimentaire.

Le concept de disponibilité en cas de rappel est donc inscrit au dossier comme une hypothèse. Cette hypothèse est formulée lors de la souscription, lors du renouvellement, et on découvre qu'elle était erronée le troisième jour d'un événement réel, soit le moment le plus coûteux pour s'en apercevoir.

On pourrait plutôt mesurer ces données, et les mesures ne sont pas complexes. Combien de temps faut-il, à partir d'un seul résultat positif, pour obtenir la liste complète des codes de lot concernés ? Quel pourcentage de destinataires directs peut être contacté et confirmé sous 24 heures (pas par e-mail, mais par téléphone) ? Les codes de lot sont-ils conservés après le reconditionnement, ou l'identité est-elle compromise lors du premier reconditionnement ? Existe-t-il un moyen de contacter le transporteur, ou la chaîne de traçabilité s'arrête-t-elle au quai de chargement ? Quand a eu lieu le dernier exercice de simulation de rappel ? A-t-il été observé ? Des partenaires commerciaux externes étaient-ils impliqués ? Quel a été le résultat ? Il faut tenir compte de ces éléments pour fixer le prix de la police d'assurance. Il faut accorder un véritable crédit à l'entreprise qui peut le prouver et exiger de celles qui ne le peuvent pas qu'elles en comprennent les raisons.

Et il faut le faire pour l'ensemble de la chaîne, et non pas assurer un assuré à la fois, car la préparation n'est pas l'apanage d'une seule entreprise, mais celui d'un réseau. Un producteur aux registres impeccables reste tributaire d'un distributeur qui fonctionne uniquement sur documents papier. C'est ce qui donne tout son sens à l'expression « Communautés prêtes à faire face aux rappels de produits ».

Aucune entreprise agroalimentaire ne peut avoir une vision globale de sa chaîne d'approvisionnement. Un assureur qui couvre l'ensemble de cette chaîne peut en avoir une quasi-certitude.

Corée du Sud : Les cas d'intoxication alimentaire bondissent de 28 % sous l'effet d'éclosions à Salmonella et à norovirus

L'année dernière (2025), le nombre de cas d'intoxication alimentaire en Corée a frôlé les 10 000, enregistrant une hausse de 28 % par rapport à l'année précédente, alors que des cas liés à une mauvaise manipulation des œufs envoyaient de plus en plus de familles entières aux urgences. Source Seoul Economic Daily du 7 août 2026.

Le ministère de la sécurité des aliments et des médicaments a annoncé le 7 août que le pays avait recensé un total de 319 foyers d'intoxication alimentaire l'année dernière, touchant 9 780 personnes. Par rapport à 2024 (265 foyers, 7 624 patients), le nombre de foyers a augmenté de 20 % et celui des patients de 28 %.

Cette hausse s'explique par une augmentation combinée des cas dus à la Salmonella et à norovirus. Concernant la Salmonella, la contamination croisée d'ingrédients tels que les œufs a été identifiée comme un facteur majeur, tandis que pour norovirus, une mauvaise hygiène personnelle constituait la cause principale.

À l'échelle nationale, les foyers d'infection étaient principalement localisés dans les restaurants ; les intoxications d'origine bactérienne prédominaient en été, tandis que celles d'origine virale étaient plus fréquentes en hiver.

Par agent pathogène, Salmonella a été à l'origine de 79 foyers et a touché 4 248 personnes, soit 43 % de l'ensemble des patients. Les intoxications dues à cette bactérie suivent une courbe ascendante depuis cinq années consécutives, passant de 32 cas en 2021, 44 en 2022, 48 en 2023 et 58 en 2024 à 79 en 2025.

Norovirus a également provoqué 68 foyers de cas (soit 31 de plus que l'année précédente), tandis que les foyers de cas à Salmonella ont augmenté de 21 ; ces deux pathogènes affichent ainsi une tendance claire à la hausse.

Sur le plan chronologique, le mois de septembre a enregistré le plus grand nombre de cas, avec 45 foyers et 1 475 patients. Il était suivi par le mois d'août (42 foyers), juillet (37) et janvier (30). Selon l'analyse du ministère, les intoxications bactériennes ont tendance à augmenter par temps chaud et humide en été, alors que les intoxications virales, comme celles dues à norovirus, progressent en hiver. Si l'été représentait la part la plus importante (34 %), c'est en hiver que la progression a été la plus marquée.

En termes de lieux, les restaurants ont concentré 192 foyers, soit une part prépondérante dépassant 60 % du total. Venaient ensuite les établissements de restauration collective (47 cas) et les cantines scolaires (36 cas). Avec l'augmentation de la fréquentation des restaurants, les intoxications alimentaires liées à ce secteur ont représenté plus de la moitié des cas chaque année. Par type d'établissement, les foyers d'infection sont apparus le plus souvent dans les restaurants coréens, les points de vente de repas à emporter et de collations, ainsi que dans les restaurants japonais et de sashimis. Parmi les écoles, les établissements primaires constituaient une source majeure, tandis que pour la restauration collective, les cantines d'entreprise ont été pointées du doigt.

Concernant les mesures préventives, le ministère a recommandé de toujours se laver les mains après avoir manipulé des œufs et de cuire les aliments à une température à cœur d'au moins 75°C pendant au moins une minute. Il a expliqué que pour prévenir la propagation de Salmonella, il est crucial de prévenir la contamination croisée lors de la manipulation des œufs crus.

Quant aux aliments en cause, les plats cuisinés complexes, tels que les repas scolaires et le gimbap, ont été le plus souvent incriminés (62 cas), suivis par les poissons et les coquillages, puis la viande. Les œufs constituent un cas particulier : bien qu'ils n'aient été à l'origine que de 14 foyers d'infection, les 2 392 personnes touchées représentaient 24 % du total, ce qui classe les œufs parmi les aliments entraînant un impact sanitaire important par incident.

Le ministère a indiqué qu'à la lumière de ces résultats, il prévoyait d'intensifier les inspections préventives dans les établissements à risque et les campagnes d'information ciblées, tout en poursuivant les mesures de gestion de la sécurité des aliments adaptées aux spécificités de chaque saison et de chaque cause d'intoxication.

vendredi 7 août 2026

Après Cyclospora dans des laitues Iceberg, voici désormais Salmonella dans des piments jalapeños

Aux États-Unis, une éclosion chasse l’autre !

Après des cas d’infection à Cyclospora présent dans des laitues Iceberg, il y aurait selon le CDC en date du 5 ooût 2026, 6 358 personnes malades, 278 personnes hospitalisées et 2 décès.

L’éclosion concerne désormais 15 États des États-Unis. Il n’y a pas que les États-Unis qui soient touchés, au Canada, 51 cas ont été rapportés par les autorités sanitaires.

Au Royaume-Uni, Public Health England met en garde les voyageurs se rendant au Mexique. 204 cas de cyclosporose ont été recensés depuis le 1er juin, dont 148 chez des touristes ayant séjourné dans des hôtels et complexes touristiques de la Riviera Maya.

Le 5 août 2026, le CDC et la FDA signale une éclosion de cas de salmonellose liée aux piments jalapeños servis dans les restaurants Chipotle et Qdoba à travers le pays, qui s’étend désormais s’étend à 27 États.

Au 6 août 2026, des cas ont été signalés dans 27 États, et au moins 345 personnes ont été infectées. Au total, 36 personnes ont été hospitalisées, mais aucun décès n'a été rapporté. Le Colorado et le Minnesota ont chacun recensé 110 cas, et l'Illinois 30. Source CIDRAP.

« Sur les 191 personnes interrogées, 177 (93 %) ont déclaré avoir mangé dans un restaurant de style mexicain avant leur maladie, notamment Chipotle Mexican Grill et QDOBA, avec des dates de repas allant du 14 juin 2026 au 14 juillet 2026 », a dit le CDC.

La FDA a indiqué que les piments jalapeños provenaient de Sinaloa, au Mexique, et étaient distribués aux restaurants par Coast Citrus Distributors. Le distributeur a procédé au rappel des piments, et les restaurants Qdoba et Chipotle ont cessé de les proposer.

« Le CDC et la FDA estiment qu’il n’existe plus de risque actuel pour les consommateurs lié à cette épidémie provenant de ces établissements », selon le CDC.

Le gouvernement britannique sous pression pour interdire la viande bovine du Brésil

Le blog vous en avait parlé en mai 2026, et voici que le gouvernement britannique est sous pression pour interdire la viande bovine du Brésil

L'Ulster Farmer’s Union (UFU) fait pression sur le gouvernement britannique pour qu'il prenne des mesures concernant les importations de viande brésilienne.

L'UFU accroît sa pression sur le gouvernement britannique pour qu'il instaure des restrictions sur le bœuf, la volaille et autres produits animaux brésiliens suite à la décision de l'Union européenne de durcir ses exigences en matière d'importation.

L'UE s'apprête à interdire les importations de viande brésilienne, notamment de bœuf et de volaille, à partir du 3 septembre 2026, au motif que le Brésil n'est pas en mesure de démontrer sa conformité aux restrictions de l'UE concernant l'utilisation d'antibiotiques chez les animaux destinés à la production de denrées alimentaires.

L'UFU a écrit à tous les députés d'Irlande du Nord à ce sujet, et plusieurs ont accepté de soulever la question à Westminster. Le syndicat a également fait part de ses préoccupations directement, par écrit et lors d'entretiens, au ministre de l'Environnement, de l'Alimentation et des Affaires rurales (DEFRA), Stephen Morgan.

Le vice-président de l'UFU, Clement Lynch, a déclaré que le gouvernement britannique devait clarifier sa position et veiller à ce que les produits ne répondant pas aux normes de production britanniques ne soient pas réorientés vers le marché britannique.

« L’UFU a activement soulevé cette question auprès des députés et directement auprès du gouvernement britannique. Nous exigeons des garanties que le Royaume-Uni ne deviendra pas une destination pour les produits qui ne peuvent plus accéder au marché européen en raison de problèmes de traçabilité, de contrôles antimicrobiens ou de méthodes de production. »

« La perspective de voir du bœuf ou de la volaille produits avec des hormones de croissance intégrer la chaîne d'approvisionnement d'Irlande du Nord et du Royaume-Uni est extrêmement préoccupante. Ces hormones sont interdites au Royaume-Uni, et nos agriculteurs sont soumis à des règles strictes visant à protéger le bien-être animal, la sécurité alimentaire et la confiance des consommateurs. »

« Il serait totalement inacceptable d’exiger des agriculteurs locaux qu’ils respectent ces normes élevées tout en étant concurrencés par des produits importés fabriqués selon des normes qui ne seraient pas autorisées ici. »

L'UFU a également pris contact avec ses homologues des syndicats agricoles du Royaume-Uni et avec l'Association des agriculteurs irlandais concernant les implications potentielles pour les agriculteurs et la chaîne d'approvisionnement alimentaire.

M. Lynch a déclaré que toute réorientation des exportations brésiliennes hors de l'UE pourrait avoir de graves conséquences sur un marché déjà instable.

« Le Brésil est un exportateur mondial majeur, et même une augmentation relativement faible du volume de bœuf ou de volaille entrant au Royaume-Uni pourrait exercer une pression supplémentaire à la baisse sur les prix à la production. »

« Les producteurs de bœuf sont déjà confrontés à une importante incertitude sur le marché, tandis que les transformateurs ont également exprimé leurs inquiétudes quant aux perturbations potentielles que des importations supplémentaires pourraient engendrer tout au long de la chaîne d'approvisionnement. »

« Le temps presse. Le gouvernement britannique doit agir avant que les échanges commerciaux ne soient réorientés, plutôt que d'attendre que notre agriculture nationale subisse des dommages irréparables. Nous poursuivons notre collaboration avec les syndicats agricoles et continuerons de faire pression sur le gouvernement britannique afin de garantir la protection de nos agriculteurs, de nos consommateurs et de nos normes alimentaires. »

Contexte

En 2019, l'UE a introduit une nouvelle législation sur les médicaments vétérinaires (Règlement (UE) 2019/6). Outre la garantie de la disponibilité de médicaments vétérinaires sûrs et efficaces dans toute l'UE, ce texte vise également à lutter contre l'antibiorésistance (ou résistance aux antimicrobiens) en restreignant l'usage inapproprié de ces substances. Les dispositions relatives à l'antibiorésistance s'appliquent aussi aux importations en provenance de pays tiers.

Cette législation a été complétée par le Règlement délégué (UE) 2023/905 de la Commission. Ce dernier impose des restrictions sur l'utilisation d'antimicrobiens chez les animaux vivants et dans les produits d'origine animale exportés vers l'UE. Il interdit l'utilisation d'antimicrobiens comme facteurs de croissance ou pour augmenter les rendements, ainsi que l'usage de certains antimicrobiens réservés au traitement humain.

En vertu de cette législation, à partir du 3 septembre 2026, les pays exportant des produits d'origine animale (POA) devront se conformer aux règles de l'UE en matière d'antimicrobiens. Ces pays doivent figurer sur la liste officielle des pays exportateurs autorisés, et les certificats officiels doivent comporter une attestation de conformité signée par les autorités compétentes.

Le 12 mai 2026, les États membres de l'UE ont voté une liste actualisée des pays tiers autorisés à exporter vers l'UE des animaux destinés à la production de denrées alimentaires et des produits d'origine animale. Le Brésil ne figurait pas sur cette liste.

Cela signifie qu'à compter du 3 septembre 2026, le Brésil ne sera plus autorisé à exporter des POA vers l'UE. Toutefois, les produits limités suivants sont exemptés : gélatine, collagène, produits hautement raffinés, produits composés, animaux sauvages et produits issus d'insectes, de grenouilles, d'escargots et de reptiles ; animaux et denrées d'origine animale en transit, non mis sur le marché de l'UE ; animaux ou produits d'origine animale non destinés à la consommation humaine ou dont la destination n'a pas été arrêtée lors de l'entrée dans l'UE ; échantillons de denrées d'origine animale destinés à l'analyse de produits et à des tests de qualité, non mis sur le marché.

Une fois que le Brésil sera en mesure de fournir des garanties suffisantes, les exportations vers l'UE pourraient reprendre. Toutefois, un vote favorable du comité SCoPAFF (Standing Committee on Plants, Animals, Food and Feed ou Comité permanent de la chaîne alimentaire et de la santé animale) serait au préalable requis pour chaque type de produit. Source.

jeudi 6 août 2026

A propos de la récupération d'aliments dans les conteneurs à ordures. Le cas du Royaume-Uni

Voici un article qui s’intéresse à ce que Wikipédia appelle, « Le déchétarisme, le glanage alimentaire ou trésordure qui est le fait de fouiller dans les poubelles des magasins de grande distribution et des restaurants (mais aussi présentes sur la voie publique -aa) pour en extraire des aliments encore consommables par le déchétarien ou glaneur. »

L’article paru dans Global Food Security s’intitule, « Beyond the bin: demographic characteristics and attitudes associated with dumpster diving. The UK as a case study » ou « Au-delà des poubelles : caractéristiques démographiques et attitudes liées à la récupération dans les conteneurs à ordures. Le Royaume-Uni comme étude de cas »


Faits saillants
  • La récupération de nourriture dans les poubelles est une pratique courante au Royaume-Uni, puisque 4,7 % des adultes ont commencé à s'approvisionner en nourriture dans les poubelles ou les zones de déchets au cours des 12 derniers mois.
  • Les personnes souffrant d'une maladie chronique, ayant des enfants à charge ou ayant recours aux banques alimentaires sont plus susceptibles d'avoir commencé à fouiller les poubelles.
  • La crainte des intoxications alimentaires et la difficulté à manger sainement constituent des freins à la fouille des poubelles.
  • La pratique courante de la fouille des poubelles reflète des inefficacités systémiques dans la distribution alimentaire et la gestion des déchets dans les pays à revenu élevé.

Résumé

La récupération alimentaire dans les poubelles consiste à se procurer des aliments jetés dans les conteneurs à ordures des supermarchés. Cette pratique, apparue dans plusieurs pays riches, reflète les inefficacités systémiques de la distribution alimentaire et de la gestion des déchets, fréquentes dans les pays à revenu élevé. Il est essentiel de s'attaquer à ces problèmes pour atteindre les objectifs mondiaux tels que l'ODD* 2 (Faim Zéro) et l'ODD 12.3 (Réduire de moitié le gaspillage alimentaire). Cette recherche vise à identifier : 1) les caractéristiques démographiques associées à la récupération alimentaire dans les poubelles ; et 2) les attitudes et préoccupations liées à cette pratique. L'étude a analysé les données de l'enquête de la Food Standards Agency du Royaume-Uni, « Food and You 2 » (2023-2024), une enquête de l'Office for Official Statistics.

À partir des données recueillies auprès de 5 861 répondants au Royaume-Uni, une série de modèles a permis d'identifier : 1) les caractéristiques socio-démographiques, socio-économiques et géographiques ; et 2) les attitudes et préoccupations liées à la récupération alimentaire dans les poubelles.

Nous démontrons que les personnes souffrant d'une affection de longue durée, celles ayant des enfants à charge, celles qui ont recours aux banques alimentaires ou celles qui vivent en milieu urbain sont plus susceptibles de se procurer de la nourriture dans les poubelles des supermarchés. À l'inverse, celles qui craignent les intoxications alimentaires et souhaitent manger sainement sont moins susceptibles d'avoir recours à cette pratique.

Cette étude fournit aux décideurs politiques des éléments probants pour agir d'urgence afin d'apporter un soutien accru et une source d'alimentation alternative aux groupes vulnérables. Bien que cette étude porte sur le Royaume-Uni, ses conclusions ont une portée plus large en matière de sécurité des aliments au niveau mondial.

Nous proposons une explication rudimentaire à la prévalence de la récupération de nourriture dans les poubelles en milieu urbain : la concentration de supermarchés, de restaurants et d’entreprises alimentaires est plus élevée en milieu urbain qu’en milieu rural, ce qui offre davantage d’opportunités de récupérer de la nourriture dans les poubelles.

Le cas du Royaume-Uni illustre un paradoxe commun à de nombreux pays à revenu élevé : gaspillage alimentaire et insécurité alimentaire simultanés.

Conclusion

Bien que cette étude ait été menée au Royaume-Uni, ses implications concernent les efforts mondiaux en matière de sécurité des aliments, soulignant l'urgence d'interventions systémiques pour réduire le gaspillage alimentaire et garantir un accès équitable à une alimentation saine et nutritive dans le monde entier. Notre analyse descriptive montre que 5 % des personnes interrogées au Royaume-Uni ont commencé à se procurer de la nourriture dans les poubelles ou les zones de déchets des supermarchés ou des magasins au cours des 12 derniers mois, bien que la prévalence réelle soit probablement plus élevée. Nos analyses démontrent que cette pratique était plus fréquente parmi les groupes vulnérables, notamment les personnes ayant des enfants à charge et celles souffrant de maladies chroniques. La fréquence de la récupération de nourriture dans les poubelles au sein de ces groupes est particulièrement préoccupante, car les jeunes enfants, dont le système immunitaire est moins développé, sont plus exposés aux risques de graves conséquences sanitaires liées aux intoxications alimentaires.

* ODD : objectif de développement durable.

Commentaire

La France est tout aussi concernée par les faits rapportés ci-dessus. Dans le cadre de l’Agenda 2030, la France s’est fixée un certain nombre d’objectifs dont, ODD2 - Éliminer la faim, assurer la sécurité alimentaire, améliorer la nutrition et promouvoir une agriculture durable.

« L’objectif vise à éradiquer la faim et la malnutrition en garantissant l’accès à une alimentation sûre, nutritive et suffisante pour tous. Il appelle à la mise en place de systèmes de production alimentaire et de pratiques agricoles durables et résilientes. L’ODD2 ne pourra être atteint que si les cibles de plusieurs autres ODD sont également atteintes. Les décideurs ont un rôle à jouer dans la promotion de systèmes de production durables à grande échelle et dans le bon fonctionnement des marchés alimentaires. »

Par ailleurs, dans une grande ville comme Paris où je vis, il existe dans de nombreux lieux des ‘vendeurs’ qui proposent des produits alimentaires aux acheteurs éventuels, plats cuisinés, boissons à base de fruits, etc., proposés à température ambiante, sans aucune garantie de sécurité des aliments.

Ces microbes qui influencent la persistance des biofilms à Listeria

Une étude met en lumière les caractéristiques de surface favorisant la persistance des biofilms de Listeria. Des chercheurs de l'Université de Floride, de l'USDA-ARS et d'autres institutions ont découvert que le type de plastique utilisé pour les surfaces en contact avec les aliments, ainsi que la conception de la surface et la communauté microbienne environnante, peuvent influencer de manière significative la persistance des biofilms de Listeria monocytogenes

Ils ont notamment constaté que des indicateurs classiques, tels que la rugosité et la mouillabilité de la surface, ne permettaient pas à eux seuls de prédire de façon fiable la formation de biofilms de Listeria, ce qui suggère que la composition chimique du matériau et les interactions microbiennes jouent un rôle plus important qu'on ne le pensait auparavant. Source Food Safety Magazine.

Le type de plastique utilisé pour les surfaces en contact avec les aliments, ainsi que sa conception de surface et la communauté microbienne environnante, peuvent influencer de manière significative la persistance des biofilms de Listeria monocytogenes, selon une nouvelle étude publiée dans npj Science of Food et intitulée, « Surface–microbe interactions regulating Listeria monocytogenes persistence in multispecies biofilms on plstic food contact substances ».

Des chercheurs de l'Université de Floride, de l’ARS-USDA et d'institutions partenaires ont évalué la formation de biofilms de Listeria monocytogenes sur quatre plastiques couramment utilisés dans l'industrie agroalimentaire : le polyéthylène à ultra-haut poids moléculaire (PE), le polyoxyméthylène (POM), le polypropylène (PP) et le polychlorure de vinyle (PVC). Chaque matériau a été testé avec des surfaces lisses (nues), microstructurées (micropoints) et microstructurées (microlignes), en présence de biofilms mono- et multi-espèces.

Les chercheurs ont constaté que la composition du plastique et la présence d'autres Listeria monocytogenes. Parmi les matériaux testés, le polypropylène (PP) favorisait systématiquement une plus grande accumulation de L. monocytogenes dans les biofilms comportant plusieurs espèces microbiennes, tandis que les surfaces à motifs linéaires favorisaient généralement une persistance plus importante du pathogène que les surfaces lisses en présence de plusieurs espèces.

L’étude a également montré que les interactions avec les micro-organismes présents en surface pouvaient soit favoriser, soit inhiber la survie de Listeria monocytogenes, selon le matériau de surface. Pseudomonas fluorescens a systématiquement favorisé la formation de biofilm de L. monocytogenes sur presque tous les types de plastique et toutes les topographies, tandis que Escherichia coli O157:H7 et Ralstonia insidiosa ont produit des effets synergiques ou antagonistes selon la surface spécifique.

Les chercheurs ont notamment constaté que les indicateurs classiques tels que la rugosité et la mouillabilité de surface ne permettaient pas, à eux seuls, de prédire de manière fiable la formation de biofilm de Listeria monocytogenes. Dans certains cas, les plastiques plus lisses favorisaient une plus grande accumulation de biofilm que les surfaces plus rugueuses, ce qui suggère que la chimie des matériaux et les interactions microbiennes jouent un rôle plus important qu'on ne le pensait auparavant.

Les auteurs indiquent que leurs résultats démontrent que la persistance des pathogènes sur les surfaces en plastique en contact avec les aliments est régie par les effets combinés de la composition du matériau, de la topographie de surface et de l'écologie microbienne, plutôt que par un seul facteur. Ils suggèrent que P. fluorescens, les surfaces en polypropylène et les topographies à motifs linéaires pourraient servir d'indicateurs pratiques d'un risque accru de persistance de L. monocytogenes dans les environnements de transformation alimentaire.

Les chercheurs ont précisé que l'étude avait été menée dans des conditions contrôlées de laboratoire, utilisant des environnements de transformation de produits simulés. Ils ont ajouté que des recherches supplémentaires sont nécessaires pour mieux comprendre comment ces interactions microbiennes dépendantes des surfaces se produisent dans les installations de transformation alimentaire industrielles et pour orienter les futures stratégies d'hygiène et la conception des surfaces en contact avec les aliments.

mercredi 5 août 2026

Les infections à STEC en Angleterre sont restées stables en 2025

L'Angleterre a enregistré près de 2 500 cas de STEC en 2025, une donnée stable par rapport à l'année précédente, source Food Safety Magazine

L'Angleterre a signalé 2 457 cas d'infection à Escherichia coli producteurs de shigatoxine (STEC) confirmés par culture en 2025, soit une baisse de 3,4 % par rapport à 2024, selon le rapport annuel de surveillance de UK Health Security Agency’s (UKHSA). Ce léger recul s'explique en partie par les données élevés de l'année précédente, attribuables à une éclosion à STEC O145 qui avait causé 293 cas en 2024. Parmi les cas confirmés par culture signalés en 2025, 568 étaient dus à la souche STEC O157 et 1 889 à des souches STEC non-O157. Le nombre de cas de STEC O157 a légèrement augmenté (+0,7 %) par rapport à 2024, tandis que le nombre total de signalements à STEC non-O157, incluant les cas positifs par PCR mais négatifs par culture, a progressé de 3,2 % pour atteindre 2 850. Parmi les infections à STEC non-O157 confirmées par culture, le sérogroupe STEC O146 a été le plus fréquemment identifié, représentant 280 cas (14,8 %).

Données démographiques cliniques et cas de SHU

Les enfants ont continué d'afficher les taux d'infection les plus élevés. Comme en 2023 et 2024, les enfants âgés de 1 à 4 ans ont présenté l'incidence la plus élevée d'infection à STEC O157, tandis que les nourrissons de moins d'un an ont enregistré l'incidence la plus élevée d'infection à STEC non-O157 en 2025.

Parmi les cas pour lesquels des informations cliniques étaient disponibles, environ un quart des patients atteints de STEC O157 (26,1 %) et de STEC non-O157 confirmés par culture (27,7 %) ont été hospitalisés. Aucun décès n'a été signalé parmi les cas de STEC O157, alors que trois décès sont survenus parmi les cas de STEC non-O157.

La proportion de patients ayant développé un syndrome hémolytique et urémique (SHU) est restée faible. Un syndrome hémolytique et urémique (SHU) a été signalé chez 1,2 % des cas d'infection à STEC O157 et chez 1,1 % de l'ensemble des cas signalés d'infection à STEC non-O157. L'UKHSA a également noté que la proportion de cas à STEC O26 évoluant vers un SHU a diminué, passant de 8,4 % en 2024 à 5,7 % en 2025.

Deux éclosions nationales à STEC non résolues en 2025

Seules deux éclosions nationales à STEC, impliquant 19 cas confirmés en laboratoire, ont fait l'objet d'une enquête en 2025 ; toutes deux étaient causées par des STEC non-O157. L'une des éclosions était due à STEC O26 et l'autre à STEC O145. Les enquêteurs n'ont pu identifier aucun vecteur alimentaire confirmé ou suspecté pour l'une ou l'autre de ces éclosions.

L'éclosion à STEC O145 correspondait à la réémergence d'une souche précédemment associée à des foyers ayant touché 44 personnes en 2022-2023 et 293 personnes en 2024. Bien que des enquêtes antérieures aient désigné la laitue en feuilles de variété Apollo comme le vecteur probable des éclosions précédentes, aucune source n'a été identifiée pour les cas survenus en 2025.

Stabilisation de la tendance à la hausse des cas de STEC en 2025

L'UKHSA a indiqué que le nombre relativement stable de signalements à STEC en 2025 marquait une rupture avec les augmentations annuelles constantes observées depuis 2021, période durant laquelle d'importantes éclosions avaient contribué de manière significative au nombre total de cas. Toutefois, l'agence a souligné que le déploiement continu des tests PCR dans les laboratoires hospitaliers devrait améliorer la détection des souches de STEC autres que O157 ; ces dernières restent sous-diagnostiquées en Angleterre, car les tests moléculaires n'ont pas encore été adoptés par l'ensemble des laboratoires de diagnostic.

Commentaire

En France, selon Santé publique France, les données ne concernent que « le syndrome hémolytique et urémique (SHU) secondaire à une infection à Escherichia coli producteurs de Shiga-toxines (STEC) touche principalement le jeune enfant. »
Les dernières données publiées sont celles de 2024, comme celles de toutes les maladies infectieuses d’origine alimentaire en France.

Une étude identifie les conditions optimales de nettoyage des cages de transport de volailles pour réduire Salmonella

Une étude identifie les conditions optimales de nettoyage des cages de transport de volailles pour réduire Salmonella (Study Identifies Optimal Poultry Transport Cage Washing Conditions to Reduce Salmonella), source Food Safety Magazine.

Une nouvelle étude publiée dans la revue Hygiene (Optimization of Washing Parameters for Transport Cages Cleaning to Reduce Salmonella Levels in Poultry Slaughterhouses) et menée par l'Université de Cordoue a permis d'identifier les températures de lavage optimales et les concentrations de détergent pour les cages de transport de volailles afin de réduire la contamination par Salmonella dans les abattoirs tout en diminuant l'utilisation de détergent.

Les chercheurs ont évalué six conditions de lavage à l'échelle industrielle pour les cages de transport de dindes , en utilisant différentes températures d'eau (40 °C, 45 °C et 60 °C) et une conductivité du détergent chloré alcalin allant de 0 à 4 millisiemens par centimètre (mS/cm). Ils ont recherché la présence de Salmonella, de bactéries aérobies mésophiles (BAM) et de Enterobacteriaceae avant et après lavage, au début, au milieu et à la fin d'une journée de production.

Température de lavage optimale et concentration de détergent

Les chercheurs ont constaté que le lavage des cages à 60 °C avec un détergent d'une conductivité de 2 mS/cm éliminait complètement Salmonella détectables dans tous les échantillons, tout en réduisant considérablement les micro-organismes indicateurs. L'augmentation de la conductivité du détergent à 4 mS/cm n'a pas amélioré les résultats microbiologiques, ce qui suggère que des concentrations chimiques plus élevées n'apportent aucun avantage supplémentaire dans les conditions testées.

En comparaison, le lavage sans détergent ou à des températures plus basses a donné des résultats inconstants. L'eau seule à 40 °C ou 60 °C a réduit la contamination, mais n'a pas permis d'éliminer systématiquement Salmonella, et les traitements effectués à 45 °C ont montré une efficacité variable tout au long de la journée de production. Selon les chercheurs, ces résultats démontrent un effet synergique entre la température de lavage et la concentration de détergent, plutôt que l'un ou l'autre de ces facteurs, pris isolément, déterminant l'efficacité du nettoyage.

Dans des conditions de lavage optimales, le nombre de bactéries aérobies microbiennes (BAM) a été réduit en moyenne de près de 3 log et celui des entérobactéries d'environ 2,5 log. Les chercheurs ont également observé des réductions allant jusqu'à 3 à 5 log pour les micro-organismes indicateurs dans ces mêmes conditions, les entérobactéries se montrant plus sensibles aux traitements que l'ensemble des bactéries aérobies.

Implications pour l'industrie

Les cages de transport sont reconnues comme une source potentielle de contamination croisée dans les abattoirs de volailles, car elles peuvent transporter des matières fécales et des agents pathogènes entre les lots si elles ne sont pas nettoyées correctement. Les auteurs ont noté qu'optimiser le lavage des cages peut renforcer les programmes de nettoyage et de désinfection préalables dans le cadre du système HACCP et contribuer à réduire la transmission de Salmonella dès les premières étapes de la transformation des volailles.

Les chercheurs ont également souligné que les paramètres de lavage identifiés pourraient améliorer l'efficacité opérationnelle en réduisant la consommation de détergent sans compromettre l'hygiène. Ils ont noté qu'éviter des concentrations de détergent inutilement élevées pourrait réduire les coûts et contribuer à préserver les matériaux galvanisés des cages en limitant la corrosion liée à des conditions de nettoyage plus agressives.

dimanche 2 août 2026

Unusual suspect : Listeria monocytogenes et les boissons végétales pasteurisées et réfrigérées

« A new suspect: Listeria monocytogenes outbreak linked to pasteurised plant-based beverages, Canada, 2024 (Un nouveau suspect : une éclosion à Listeria monocytogenes liée à des boissons végétales pasteurisées, Canada, 2024) », source Eurosurveillance.
Article très utile pour mieux comprendre, si besoin en était, la contamination par Listeria monocytogenes.

Qu’avons-nous appris de cette étude ?

L'éclosion a touché 20 personnes, confirmées en laboratoire, et a entraîné trois décès. Tous les cas étaient dus à la même souche génétique de Listeria monocytogenes. Des boissons végétales de substitution aux produits laitiers ont été identifiées comme l’origine de l'épidémie, soulignant l'importance de prendre en compte de nouvelles sources non identifiées jusqu'ici dans les enquêtes sur les épidémies à L. monocytogenes.

Quelles sont les implications de vos résultats pour la santé publique ?

Le prélèvement et l'analyse d'échantillons de restes alimentaires ont joué un rôle déterminant dans l'identification rapide d'une nouvelle source d'éclosion. Bien que l’origine de la contamination n'ait pas été identifiée, le respect par les fabricants de la réglementation applicable à Listeria monocytogenes dans les aliments prêts à consommer, y compris les boissons à base de végétaux, demeure essentiel pour prévenir la contamination et les maladies, voire les décès, qui pourraient en découler.

Dans une boisson à la noix de coco réfrigérée, chez un patient, vendue sous la marque A et périmée, a été identifiée la souche de L . monocytogenes qui était génétiquement apparentée à l'isolat clinique du cas.

Listeria n'a pas été détecté dans aucun des autres échantillons prélevés au domicile du patient, y compris un prélèvement de boisson aux amandes vendue sous la même marque A.

Cet article décrit l'enquête menée en Ontario, Canada, qui a établi un lien entre une éclosion de 20 cas à L. monocytogenes génétiquement apparentés et des boissons pasteurisées à base de plantes, et met en lumière les preuves recueillies pour incriminer les boissons à base de végétaux comme source de la maladie, ainsi que les mesures de maîtrise de l'éclosion.

Dans l’usine, ligne 1, Listeria monocytogenes a été détecté dans quatre écouvillons prélevés sur des surfaces non en contact avec les aliments dans les zones de traitement post-pasteurisation liées à la ligne 1. Deux des isolats positifs à L. monocytogenes provenaient de surfaces non en contact avec les aliments (un siphon de la zone de la zone de conditionnement et la grille du siphon de la ligne de traitement) correspondaient génétiquement à la souche responsable de l'éclosion.

Deux autres écouvillons positifs à L. monocytogenes (le couvercle d'une cuve de stockage et la rigole du siphon de la ligne de traitement) n'étaient pas considérés comme génétiquement apparentés entre eux, ni à la souche responsable de l'éclosion. De plus, ils n'étaient apparentés à aucun autre isolat clinique de la base de données canadienne.

La source de contamination à l'usine de fabrication X n'a pas été déterminée. Toutefois, l’usine de fabrication n’a pas respecté la politique de Santé Canada concernant la présence de Listeria monocytogenes dans les aliments prêts à consommer, notamment en ce qui concerne les prélèvements environnementaux et les analyses des produits finis. Suite à l’avis de rappel d’aliments, la production n’a jamais repris sur la chaîne de production concernée et le fabricant a depuis fermé définitivement l’usine de fabrication X en Ontario.

L’identification d’un nouvel aliment pose souvent des défis d’enquête nécessitant le recours à diverses techniques. Cependant, comme l’ont démontré cette enquête et d’autres similaires, la sélection et l’analyse appropriées des échantillons alimentaires peuvent accélérer l’identification de l’origine et la mise en œuvre de mesures de santé publique, prévenant ainsi d’autres cas de maladie.

Les boissons à base de plantes ne sont pas une source connue d’éclosions à Listeria monocytogenes et, comme le produit incriminé était pasteurisé, aucune contamination n’était attendue. Mais compte tenu d’éclosions antérieures, dont une survenue en Ontario liée au lait chocolaté en 2015-2016, il a été estimé qu’un produit peut être contaminé après pasteurisation et favoriser la croissance de L. monocytogenes. Fort de cette expérience, il a été proposé d’inclure le produit pasteurisé dans les échantillons restants prélevés au domicile d’un cas en juin 2024, malgré un risque perçu plus faible et le fait que cet aliment n’ait pas été mentionné dans le questionnaire national standardisé.

La pasteurisation, si la température et la durée sont suffisantes, est efficace pour éliminer Listeria, et aucune défaillance liée au processus de pasteurisation n'a été constatée. La souche responsable de l'éclosion a été retrouvée sur des surfaces non en contact avec des aliments dans les zones de traitement post-pasteurisation de la ligne 1. La contamination a donc pu se produire à n'importe quelle étape du traitement post-pasteurisation. Des études antérieures ont démontré que Listeria peut s'implanter dans les installations de production et former des biofilms et des sites de colonisation, qui peuvent survivre pendant des mois dans des zones qui ne peuvent être correctement nettoyées ou désinfectées, entraînant ainsi une contamination des produits.

La production n'ayant jamais repris sur la ligne 1 incriminée et le fabricant ayant depuis fermé l'usine, une réapparition de cette souche est peu probable. De plus, la source de contamination n'ayant pas été déterminée, il est impossible de formuler des recommandations pour prévenir des éclosions similaires à l'avenir, en Ontario et ailleurs.

Par ailleurs, Listeria n’a pas été détectée dans des échantillons de marque A, qu’ils proviennent de points de vente fermés ou de réserves. Seul un petit nombre d’échantillons fermés ont été analysés, compte tenu du volume de produits visé par l’avis de rappel. Comme l’ont démontré d’autres enquêtes sur L. monocytogenes et compte tenu de la répartition des cas d’éclosion sur une période de 11 mois, la contamination du produit était probablement intermittente, certains produits étant contaminés et d’autres non.