dimanche 2 août 2026

Unusual suspect : Listeria monocytogenes et les boissons végétales pasteurisées et réfrigérées

« A new suspect: Listeria monocytogenes outbreak linked to pasteurised plant-based beverages, Canada, 2024 (Un nouveau suspect : une éclosion à Listeria monocytogenes liée à des boissons végétales pasteurisées, Canada, 2024) », source Eurosurveillance.
Article très utile pour mieux comprendre, si besoin en était, la contamination par Listeria monocytogenes.

Qu’avons-nous appris de cette étude ?

L'éclosion a touché 20 personnes, confirmées en laboratoire, et a entraîné trois décès. Tous les cas étaient dus à la même souche génétique de Listeria monocytogenes. Des boissons végétales de substitution aux produits laitiers ont été identifiées comme l’origine de l'épidémie, soulignant l'importance de prendre en compte de nouvelles sources non identifiées jusqu'ici dans les enquêtes sur les épidémies à L. monocytogenes.

Quelles sont les implications de vos résultats pour la santé publique ?

Le prélèvement et l'analyse d'échantillons de restes alimentaires ont joué un rôle déterminant dans l'identification rapide d'une nouvelle source d'éclosion. Bien que l’origine de la contamination n'ait pas été identifiée, le respect par les fabricants de la réglementation applicable à Listeria monocytogenes dans les aliments prêts à consommer, y compris les boissons à base de végétaux, demeure essentiel pour prévenir la contamination et les maladies, voire les décès, qui pourraient en découler.

Dans une boisson à la noix de coco réfrigérée, chez un patient, vendue sous la marque A et périmée, a été identifiée la souche de L . monocytogenes qui était génétiquement apparentée à l'isolat clinique du cas.

Listeria n'a pas été détecté dans aucun des autres échantillons prélevés au domicile du patient, y compris un prélèvement de boisson aux amandes vendue sous la même marque A.

Cet article décrit l'enquête menée en Ontario, Canada, qui a établi un lien entre une éclosion de 20 cas à L. monocytogenes génétiquement apparentés et des boissons pasteurisées à base de plantes, et met en lumière les preuves recueillies pour incriminer les boissons à base de végétaux comme source de la maladie, ainsi que les mesures de maîtrise de l'éclosion.

Dans l’usine, ligne 1, Listeria monocytogenes a été détecté dans quatre écouvillons prélevés sur des surfaces non en contact avec les aliments dans les zones de traitement post-pasteurisation liées à la ligne 1. Deux des isolats positifs à L. monocytogenes provenaient de surfaces non en contact avec les aliments (un siphon de la zone de la zone de conditionnement et la grille du siphon de la ligne de traitement) correspondaient génétiquement à la souche responsable de l'éclosion.

Deux autres écouvillons positifs à L. monocytogenes (le couvercle d'une cuve de stockage et la rigole du siphon de la ligne de traitement) n'étaient pas considérés comme génétiquement apparentés entre eux, ni à la souche responsable de l'éclosion. De plus, ils n'étaient apparentés à aucun autre isolat clinique de la base de données canadienne.

La source de contamination à l'usine de fabrication X n'a pas été déterminée. Toutefois, l’usine de fabrication n’a pas respecté la politique de Santé Canada concernant la présence de Listeria monocytogenes dans les aliments prêts à consommer, notamment en ce qui concerne les prélèvements environnementaux et les analyses des produits finis. Suite à l’avis de rappel d’aliments, la production n’a jamais repris sur la chaîne de production concernée et le fabricant a depuis fermé définitivement l’usine de fabrication X en Ontario.

L’identification d’un nouvel aliment pose souvent des défis d’enquête nécessitant le recours à diverses techniques. Cependant, comme l’ont démontré cette enquête et d’autres similaires, la sélection et l’analyse appropriées des échantillons alimentaires peuvent accélérer l’identification de l’origine et la mise en œuvre de mesures de santé publique, prévenant ainsi d’autres cas de maladie.

Les boissons à base de plantes ne sont pas une source connue d’éclosions à Listeria monocytogenes et, comme le produit incriminé était pasteurisé, aucune contamination n’était attendue. Mais compte tenu d’éclosions antérieures, dont une survenue en Ontario liée au lait chocolaté en 2015-2016, il a été estimé qu’un produit peut être contaminé après pasteurisation et favoriser la croissance de L. monocytogenes. Fort de cette expérience, il a été proposé d’inclure le produit pasteurisé dans les échantillons restants prélevés au domicile d’un cas en juin 2024, malgré un risque perçu plus faible et le fait que cet aliment n’ait pas été mentionné dans le questionnaire national standardisé.

La pasteurisation, si la température et la durée sont suffisantes, est efficace pour éliminer Listeria, et aucune défaillance liée au processus de pasteurisation n'a été constatée. La souche responsable de l'éclosion a été retrouvée sur des surfaces non en contact avec des aliments dans les zones de traitement post-pasteurisation de la ligne 1. La contamination a donc pu se produire à n'importe quelle étape du traitement post-pasteurisation. Des études antérieures ont démontré que Listeria peut s'implanter dans les installations de production et former des biofilms et des sites de colonisation, qui peuvent survivre pendant des mois dans des zones qui ne peuvent être correctement nettoyées ou désinfectées, entraînant ainsi une contamination des produits.

La production n'ayant jamais repris sur la ligne 1 incriminée et le fabricant ayant depuis fermé l'usine, une réapparition de cette souche est peu probable. De plus, la source de contamination n'ayant pas été déterminée, il est impossible de formuler des recommandations pour prévenir des éclosions similaires à l'avenir, en Ontario et ailleurs.

Par ailleurs, Listeria n’a pas été détectée dans des échantillons de marque A, qu’ils proviennent de points de vente fermés ou de réserves. Seul un petit nombre d’échantillons fermés ont été analysés, compte tenu du volume de produits visé par l’avis de rappel. Comme l’ont démontré d’autres enquêtes sur L. monocytogenes et compte tenu de la répartition des cas d’éclosion sur une période de 11 mois, la contamination du produit était probablement intermittente, certains produits étant contaminés et d’autres non.

samedi 1 août 2026

Forte augmentation des infections à Cyclospora chez des touristes britanniques liées à des voyages au Mexique

Des cas d’infections à Cyclospora sont survenues au Royaume-Uni en liaisons à des complexes touristiques mexicains, source CIDRAP News.

Le 29 juillet 2026, l'UK Health Security Agency (UKHSA) a annoncé une augmentation du nombre de personnes diagnostiquées avec une cyclosporose. L'agence a indiqué que 67 personnes ayant voyagé ont reçu un diagnostic de cyclosporose. Parmi les personnes ayant voyagé au Mexique, les cas ont fait état de séjours dans divers hôtels des régions de la Riviera Maya et de Cancún, ainsi que de la consommation d'aliments et de boissons variés dans le cadre de formules de vacances « tout compris ».

En une année ordinaire, le Royaume-Uni enregistre environ 93 cas de cyclosporose.L' UKHSA s'attend à une recrudescence des cas chez des personnes contractant Cyclospora lors de voyages au Mexique et aux États-Unis.

En raison de la forte augmentation des infections à Cyclospora liées à des voyages au Mexique, les voyageurs sont invités à suivre les recommandations d'hygiène alimentaire et de l'eau pour réduire le risque d'infection.

Les dernières données, publiées ce jour, indiquent que 67 cas ont été signalés chez des voyageurs de retour en Angleterre (30 cas), au Pays de Galles (10 cas) et en Écosse (27 cas) entre le 30 avril et le 15 juillet 2026 ; il s'agit d'une forte augmentation cette année par rapport à la moyenne annuelle de 93 cas enregistrée entre 2022 et 2025.

Des informations sur les déplacements sont disponibles pour 52 de ces 67 cas ; parmi eux, 48 ont signalé un séjour au Mexique, dont l'un a également mentionné un voyage aux États-Unis. Un autre cas a signalé un voyage uniquement aux États-Unis, et un dernier, un voyage au Kenya.

Des investigations complémentaires concernant ces cas sont en cours.

L'UKHSA prévoit une augmentation continue des cas liés aux voyages, en raison de la hausse des déplacements estivaux vers le Mexique et d'une augmentation potentielle des cas liés aux voyages aux États-Unis, où une épidémie généralisée a été signalée.

Commentaire

S’agissant de la France, je pense qu’il n’y a pas eu de touristes tant au Mexique qu’aux Etats-Unis ou bien Santé publique France ne s’est encore pas saisie du sujet, étonnant, non ?

NB : L'image est issue de cet article ici.

En attendant la certitude : Ce que les investigations sur les épidémies révèlent sur la communication stratégique

« En attendant la certitude : Ce que les investigations sur les épidémies révèlent sur la communication stratégique », article de Marianna Naum paru le 31 juillet 2026 dans Food Safety Magazine.

Les investigations sur les épidémies d'origine alimentaire se déroulent rarement de manière linéaire. À mesure que de nouveaux éléments apparaissent, les hypothèses sont affinées, les résultats de laboratoire sont évalués, les investigations de traçabilité se poursuivent et notre compréhension de l'épidémie évolue. Pour les professionnels de la sécurité des aliments, rien d'étonnant : c'est ainsi que fonctionne la science.

L'investigation en cours sur l'épidémie à Cyclospora nous le rappelle une fois de plus. Les premiers résultats de laboratoire laissaient entrevoir une conclusion avant que des preuves supplémentaires n'apportent davantage de clarté. Au fur et à mesure de l'avancement de l'investigation, l'attention du public s'est naturellement portée sur les changements intervenus et leurs raisons.

Le problème est que la science et la prise de décision suivent rarement le même calendrier.

Tandis que les investigateurs continuent de recueillir des preuves, les acteurs de la chaîne alimentaire prennent des décisions en temps réel : les consommateurs choisissent ce qu'ils vont servir à leur famille, les entreprises évaluent les impacts opérationnels et les responsables de la santé publique déterminent la meilleure façon de communiquer l'évolution de la situation.

Aucune de ces décisions n'attend la fin d'une investigation. Cette réalité a des implications importantes sur notre conception de la communication stratégique.

La science et la prise de décision suivent des calendriers différents

La démarche scientifique est délibérément méthodique. Les chercheurs recueillent des preuves, évaluent les hypothèses concurrentes, vérifient les résultats de laboratoire, effectuent des traçabilités et affinent continuellement leurs connaissances à mesure que de nouvelles informations sont disponibles. Les recommandations évoluent au gré des avancées scientifiques.

En dehors du cadre de l'investigation, le calendrier est cependant bien différent. Les consommateurs décident si un aliment est sans danger pour leur famille, les distributeurs déterminent si les produits doivent rester en rayon, les fabricants évaluent les impacts opérationnels et envisagent les prochaines étapes, les professionnels de santé décident si les symptômes d'un patient justifient des examens complémentaires, et les responsables de la santé publique doivent trouver un équilibre entre la nécessité de communiquer rapidement et celle de garantir l'exactitude de l'information. Aucune de ces décisions n'est suspendue le temps de recueillir des preuves supplémentaires.

Comme l'a démontré l'investigation sur l'épidémie à Cyclospora, tandis que les scientifiques continuent d'évaluer de nouvelles preuves, les acteurs de la chaîne alimentaire prennent des décisions en fonction des meilleures informations disponibles à ce moment précis. Cela crée une tension naturelle.


Les scientifiques se demandent alors, à juste titre :
  • Que nous apprennent les preuves ?
  • Sommes-nous confiants dans ces résultats ?
  • De quelles informations supplémentaires avons-nous besoin ?
  • Qu’est-ce qui reste d’incertain ?

Tout le monde se demande : Que dois-je faire aujourd’hui ?

Reconnaître cette différence est l’une des premières étapes vers une communication stratégique plus efficace.

Des publics différents ; des décisions différentes

La communication stratégique commence souvent par un exercice classique : identifier le public. S’agit-il de l’industrie ? Des consommateurs ? Des professionnels de santé ? Des autorités chargés de la réglementation ? Des médias ?

Identifier le public est important, mais ce n’est que le point de départ. Une question plus pertinente serait : Quelles décisions les différents publics cherchent-ils à prendre ?

Ce changement subtil modifie notre approche de la communication.

Les personnes ne vivent pas une épidémie simplement comme des membres d’un public. Ils la vivent en tant que décideurs.

Bien que tous suivent la même investigation, les questions qu’ils se posent diffèrent. Les consommateurs se demandent si les aliments sont sans danger à consommer. Les acteurs de l’industrie s’interrogent sur les conséquences de l’investigation pour leurs activités et leurs obligations réglementaires. Les professionnels de santé cherchent à savoir comment l’évolution des informations doit influencer la prise en charge des patients. Les responsables de la santé publique s'interrogent sur la manière de communiquer rapidement les données probantes en constante évolution, tout en fournissant le contexte nécessaire à une prise de décision éclairée.

Chaque public est confronté au même événement. Chacun prend une décision différente.

L'investigation sur l'épidémie à Cyclospora illustre clairement ces différences. À mesure que les recommandations évoluent, les questions que se posent les gens évoluent également, non pas parce qu'ils doutent des données scientifiques, mais parce qu'ils ont besoin de comprendre ce que les données probantes en constante évolution impliquent pour les décisions qu'ils doivent prendre.

Lorsque la communication repose sur la compréhension de ces décisions, il devient plus facile de déterminer les informations nécessaires aux différents publics, le niveau de détail approprié et la meilleure façon de fournir un contexte pertinent.

L'objectif n'est pas de présenter des faits différents à différents publics. L'objectif est de fournir les mêmes données probantes de manière à étayer les différentes décisions.
Communiquer en situation d'incertitude

L'un des plus grands défis de la communication en matière de sécurité des aliments est que les investigations sur les épidémies nécessitent souvent de communiquer avant que toutes les réponses ne soient connues. La tentation peut être grande d'attendre que l'incertitude soit levée. Dans de nombreuses situations, cependant, cela est tout simplement impossible car les gens ont encore besoin d'informations. L'investigation en cours sur Cyclospora illustre bien cette difficulté. À mesure que les chercheurs rassemblent de nouvelles données sont recueillies, les recommandations publiques évoluent en conséquence. Cette évolution reflète la démarche scientifique, et non une incohérence. Toutefois, sans le contexte approprié, une modification des recommandations peut facilement être mal interprétée.

L’objectif n’est pas d’éliminer l’incertitude, mais l’objectif est de communiquer en tenant compte de celle-ci.

Cela implique d’exposer clairement ce qui est connu, de faire preuve de transparence sur les points encore à l’étude et d’être prêt à expliquer pourquoi les recommandations sont susceptibles d’évoluer à mesure que de nouvelles données deviennent disponibles.

La plupart des personnes comprennent que la science évolue. Ce qui suscite la frustration, ce n’est pas le changement des conclusions, mais le fait que des personnes ne comprennent pas pourquoi cela a changé. Fournir ce contexte aide le public à interpréter les nouvelles informations comme s’inscrivant dans une démarche d’investigation continue, plutôt que comme la preuve que les communications précédentes manquaient de fiabilité.

Ainsi, la transparence quant à l’incertitude peut renforcer la crédibilité au lieu de l’affaiblir.

Au-delà de la diffusion d’informations

La sécurité des aliments a toujours reposé sur une science rigoureuse. De plus en plus, elle dépend aussi de notre capacité à aider le public à suffisamment comprendre cette science pour prendre des décisions éclairées, alors même que les données continuent d’évoluer.

La communication est souvent évaluée à l’aune de la rapidité de diffusion de l’information. La rapidité, l’exactitude et la transparence sont toutes importantes. Mais un autre critère mérite tout autant d’attention : les personnes ont-elles reçu les informations nécessaires pour prendre les décisions auxquelles elles étaient confrontés ?

Bien après que les détails de l’investigation sur l’épidémie actuelle à Cyclospora seront tombés dans l’oubli, les leçons de communication qu’elle a mises en lumière resteront pertinentes. Les investigations futures soulèveront sans doute des questions scientifiques différentes, mais le défi en matière de communication restera sensiblement le même : aider les personnes à prendre des décisions éclairées alors que la science continue d’évoluer.

Les investigations sur les épidémies nous rappellent que la communication ne consiste pas simplement à transmettre une information d’un point à un autre. Il s’agit de favoriser la compréhension.

Lorsque la communication stratégique s’appuie sur une compréhension des décisions que les différents publics cherchent à prendre, elle devient bien plus qu’un simple vecteur d’information. Elle joue un rôle essentiel pour aider les gens à naviguer dans des situations complexes avec plus de clarté et de confiance.

Cette investigation finira par aboutir, mais les leçons de communication qu’elle nous enseigne devraient perdurer. 

C’est peut-être là l’un des enseignements les plus précieux que nous offrent les investigations sur les épidémies, non seulement en matière de sécurité des aliments, mais aussi quant au rôle d’une communication stratégique et efficace pour soutenir une prise de décision éclairée.

vendredi 31 juillet 2026

Les vagues de chaleur prolongées accroissent le risque de maladies infectieuses en Europe

« Alors que les vagues de chaleur prolongées accroissent le risque de maladies infectieuses en Europe, l’ECDC intensifie son action et appelle à la coopération », source ECDC du 29 juillet 2026.

Le risque de contracter certaines maladies infectieuses augmente à mesure que les étés s'allongent et se réchauffent en Europe ; une coopération étroite entre les pays et les secteurs est donc vitale pour prédire, prévenir et réagir efficacement, a déclaré aujourd'hui le Centre européen de prévention et de contrôle des maladies (ECDC). L’ECDC évalue régulièrement l’état de préparation et la résilience des pays face aux menaces pour la santé publique ; les données récentes indiquent qu’environ la moitié des États membres de l’UE disposent d’un plan national d’adaptation au changement climatique.

Si les vagues de chaleur actuelles font la une de l’actualité, ce sont les températures constamment plus élevées et de plus longue durée qui créent les conditions propices à la propagation de nombreuses infections. Cet été, la surveillance et la collecte de données menées par l’ECDC mettent en lumière quatre domaines d’une importance particulière :

Maladies infectieuses d’origine alimentaire : elles figurent parmi les maladies estivales les plus fréquentes, les températures plus élevées favorisant la prolifération bactérienne dans les aliments.

  • Veiller à une bonne hygiène, laver les fruits et légumes avant de les consommer et cuire soigneusement les aliments (en particulier la viande) peut aider à prévenir les infections.
Vibriose : les eaux côtières chaudes et à faible salinité, comme celles de la mer Baltique ou des estuaires, offrent des conditions optimales au développement des bactéries comme Vibrio, responsable de la vibriose. L’ECDC a récemment lancé un outil interactif de visualisation des données, mis à jour, qui permet de prédire les zones où le risque d’infection est potentiellement plus élevé.
  • Éviter de se baigner en présence de plaies ouvertes, d’égratignures ou de piercings récents, et s’assurer que les coquillages et crustacés de mer provenant de ces zones sont bien cuits, permet de réduire la probabilité d’infection.
Maladies transmises par les moustiques : l’allongement des saisons chaudes et humides favorise la prolifération de moustiques envahissants dans des régions où ils étaient auparavant rares, voire absents. Les maladies transmises par les moustiques, telles que la dengue, le chikungunya et le virus du Nil occidental, constituent une préoccupation croissante pour la santé publique en Europe.
  • L’utilisation de répulsifs, le port de vêtements couvrants et les mesures de protection à l’intérieur (moustiquaires aux fenêtres, climatisation ou moustiquaires de lit) offrent une protection efficace. Il est également important d’éviter de laisser de l’eau stagnante à proximité des habitations et des jardins, car il s’agit d’un lieu de reproduction idéal pour les moustiques.
Maladies transmises par les tiques : les tiques sont présentes dans toute l’Europe et leur période d’activité s’allonge à mesure que le printemps et l’automne deviennent plus doux dans de nombreuses régions. Les tiques infectées peuvent transmettre la maladie de Lyme et l’encéphalite à tiques, deux affections susceptibles d’entraîner de graves complications à long terme.
  • Le port de manches longues et de pantalons longs lors de randonnées ou de sorties dans les parcs peut aider à prévenir les piqûres de tiques ; il est également recommandé de s’examiner pour détecter la présence éventuelle de tiques et de les retirer après avoir passé du temps en extérieur. Il existe un vaccin efficace contre l’encéphalite à tiques.

L’ECDC a élaboré des informations pratiques sur ces questions de santé — ainsi que sur d’autres, qui revêtent une importance particulière durant les mois d’été, contribuant ainsi à protéger les individus comme la collectivité dans son ensemble.

Parallèlement, alors que le changement climatique multiplie les menaces pour la santé publique, il devient de plus en plus nécessaire d’instaurer une collaboration et une coopération stratégiques à long terme entre les secteurs de la santé humaine, de l’environnement et de la santé animale. L’approche « Une seule santé » (One Health) de l’UE concrétise cet engagement commun en faveur d’un travail interdisciplinaire, en soulignant la nécessité d’une coopération pour garantir la santé des personnes, des animaux, des plantes et de notre environnement commun.

L’ECDC évalue régulièrement la mise en œuvre de l’approche « Une seule santé » au sein de l’UE, aidant ainsi les États membres à renforcer leur état de préparation et leur résilience face aux vagues de chaleur et autres phénomènes météorologiques extrêmes. Les évaluations les plus récentes révèlent que plus de la moitié des États membres de l’UE disposent d’un plan national d’adaptation au changement climatique ; toutefois, des efforts restent nécessaires pour garantir la mise en place de mesures spécifiques visant à traiter, de manière transversale, les répercussions des phénomènes météorologiques extrêmes sur la santé publique.

A propos de l'élimination de biofilms monospécifiques et bispécifiques de Escherichia coli O157:H7 et de Listeria monocytogenes formés sur diverses surfaces en contact avec les aliments en flux dynamique par l'acide peracétique

Longtemps, je me suis intéressé aux biofilms. Il s’agit de cette forme de vie usuelle des micro-organismes, qui, comme chacun le sait, ne vivent pas en suspension.

Ainsi en est-il de nouvelle article à paraître où il va être question de biofilms en flux dynamique, comme dans la vraie vie, et du rôle d’un désinfectant majeur en entreprise alimentaire, l’acide peracétique.

On sait que les désinfectants ne sont pas des produits qui font des miracles sur les surfaces en contact avce les aliments, le nettoyage préalable est toujours indispasable. Ici les auteurs de l’étude montre une nouvelle donne des surfaces en contact avec les aliments avec la notion d'aplatissement d'une surface (ou kurtosis* surfacique), en résumé la topographie de la surface et non pas la seule rugosité. L’étude a aussi utilisé une bactérie environnementale** Gram négatif, reconnue comme ayant un fort producteur de biofilm. Voilà, vous lire dans cet article, les Faits saillant, le résumé et la conclusion, et vous vous direz avec les auteurs qu’il est particulièrement difficile d’éliminer un biofilm avec un désinfectant, fut-ce l’acide peracétique. Mais n’anticipons pas, bonne lecture !

Va paraître dans Journal of Food Protection un article intitulé, « Efficacy of Peracetic Acid in Removing Escherichia coli O157:H7 and Listeria monocytogenes from Single- and Dual-Species Biofilms formed on Various Food Contact Surfaces under Dynamic Flow » (Efficacité de l'acide peracétique pour l'élimination des biofilms monospécifiques et bispécifiques de Escherichia coli O157:H7 et de Listeria monocytogenes formés sur diverses surfaces en contact avec les aliments en flux dynamique).

Faits saillants

  • Le stress lié aux forces de cisaillement influence la formation du biofilm et son élimination par l'acide peracétique.
  • Les pathogènes sont plus difficiles à éliminer des surfaces en EPDM (Éthylène-Propylène-Diène Monomère un caoutchouc synthétique).
  • L. monocytogenes est plus résistant que E. coli O157:H7 au sein du biofilm.
  • La bactérie indigène Ralstonia insidiosa protège les pathogènes présents dans les biofilms contre le désinfectant.

Résumé

Les biofilms de Escherichia coli O157:H7 et de Listeria monocytogenes survivent souvent aux procédures de nettoyage et de désinfection standardisées, ce qui représente un risque majeur pour la sécurité des aliments dans le secteur de la transformation alimentaire. Pour étudier ce phénomène, nous avons cultivé des biofilms monospécifiques et bispécifiques de ces pathogènes en co-culture avec la bactérie Ralstonia insidiosa, jouant le rôle de promoteur, sur des coupons de différents matériaux en contact avec les aliments (acier inoxydable, PTFE et EPDM), dans des conditions de contrainte de cisaillement contrôlées. Les coupons portant les biofilms ont ensuite été transférés dans un réacteur Bio-inLine® afin d'évaluer l'efficacité de décontamination de l'acide peracétique selon diverses conditions hydrodynamiques.

L'efficacité de l'acide peracétique a varié en fonction du type de surface, des conditions de cisaillement lors de la formation du biofilm et de la durée d'exposition. L'EPDM s'est révélé être systématiquement la surface la plus difficile à nettoyer ; le traitement à l'acide peracétique a permis une réduction de E. coli significativement plus faible sur EPDM que sur l'acier inoxydable (0,81 contre 5,09 log UFC/cm²) pour les biofilms formés sous une force de cisaillement élevée. Une force de cisaillement élevée durant le développement du biofilm a probablement favorisé une architecture matricielle plus résistante dans les biofilms monospécifiques des pathogènes, tandis que R. insidiosa a offert une protection supplémentaire à ces derniers, agissant potentiellement comme une barrière structurelle.

Nos résultats suggèrent que les protocoles de nettoyage et de désinfection pourraient nécessiter une optimisation en fonction du matériau de surface afin de garantir une élimination plus efficace des biofilms. Par ailleurs, la gestion des zones opérationnelles soumises à un cisaillement élevé et le choix des types de surfaces seront essentiels, car ces facteurs physiques peuvent influencer la pénétration de l'acide peracétique et l'élimination ultérieure du biofilm.

Conclusion

Cette étude met en évidence le fait que le matériau de surface et la force de cisaillement hydrodynamique lors de la transformation influencent considérablement l'efficacité de l’acide peracétique, pour l'élimination des biofilms.

La valeur élevée de l'aplatissement d'une surface (ou kurtosis surfacique) de l'EPDM crée un environnement protecteur pour les bactéries et favorise la formation de biofilms persistants sur les lignes de transformation alimentaire ; cela met en évidence que la topographie de la surface peut jouer un rôle plus déterminant que la simple rugosité dans l'efficacité anti-biofilm des désinfectants.

L'écoulement hydrodynamique du fluide affecte considérablement la résistance des biofilms, car ceux qui se forment sous un fort cisaillement peuvent présenter une résilience accrue aux traitements par les désinfectants. Par ailleurs, le rôle de R. insidiosa comme promoteur de croissance ou d'activité métabolique dans les environnements plurispécifiques souligne la nécessité de protocoles de désinfection ciblant les bactéries facilitatrices présentes dans l'environnement, lesquelles uniformisent la résistance microbienne sur divers matériaux.

Nos résultats démontrent que le choix du désinfectant est complexe et dépend des paramètres du procédé de transformation alimentaire. Les conditions de cisaillement, la nature des matériaux de surface ainsi que l'usure structurelle de la surface polymère peuvent influencer l'efficacité anti-biofilm du désinfectant.

** L’aplatissement d'une surface (ou kurtosis surfacique est un paramètre métrologique et statistique qui mesure l'acuité et la distribution des pics et des vallées d'une texture de surface par rapport à une loi normale.

** Ralstonia insidiosa est une bactérie environnementale Gram négatif, reconnue comme un fort producteur de biofilm jouant un rôle de « pont » ou de promoteur pour l'adhésion d'autres pathogènes. La bactérie survit en milieu pauvre en nutriments, les réseaux d'eau et les milieux industriels. Voir aussi ici.

jeudi 30 juillet 2026

Intoxications accidentelles par des champignon, la France est-elle au niveau de la Chine ?

Inlassablement, année après année, l'Anses publie courant septembre des informations sur la cueillette des chamignons et leur consommation ainsi que les risques encourus, rien n'y fait ...

Selon le rapport d’étude de toxicovigilance de septembre 2025, publié par l’Anses, sur les intoxications accidentelles par des champignons en France métropolitaine (Bilan des cas enregistrés par les Centres antipoison entre le 1er juillet et le 31 décembre 2024) 1 363 personnes ont appelé un Centre antipoison pour une intoxication par des champignons en France hexagonale. Parmi elles, 1 320 personnes s’étaient intoxiquées lors d’un repas. Les intoxications restantes correspondaient à une ingestion accidentelle d’un champignon par méconnaissance du risque.

Si la plupart des intoxications étaient bénignes, 3,1 % étaient de gravité forte, avec notamment trois décès et trois cas d’insuffisance rénale chronique. Les symptômes observés étaient majoritairement digestifs : douleurs abdominales, nausées, vomissements, diarrhées. 

Qu'en est-il de 2025 ? Une information de vigilance de l’Anses sur « Cueillette des champignons : vigilance face aux risques d'intoxications » du 25 septembre 2025 rapportait que « Depuis le 1er juillet 2025, environ 500 intoxications liées à la cueillette et à la consommation de champignons ont déjà été recensées par les Centres antipoison. »

500 cas entre le 1er juillet et le 25 septembre, c'est pas mal du tout ...

Alors quand je lis le titre d’un article de Joe Whitworth dans Food Safety News selon lequel « La Chine enregistre un pic des cas d'intoxication aux champignons, avec plus de 2 100 patients rapportés », je me dis que sur ce sujet, nous sommes presque au niveau de la Chine ...

En effet, un article récent paru dans China CDC Weekly, « Mushroom Poisoning Outbreaks - China, 2025 » rapporte qu’en 2025, le CDC de Chine a enquêté sur 828 cas d’intoxication aux champignons dans 27 divisions administratives de niveau provincial, touchant 2 165 patients et ayant entraîné 13 décès, soit un taux de létalité de 0,6 %, le plus bas enregistré depuis 2019. 

Ce pic de 2 165 patients contraste avec les données de 2019 à 2024 où le nombre annuel de cas a oscillé entre 276 et 676, et le taux de létalité entre 0,87 % et 2,86 %.

Les intoxications aux champignons constituent une menace majeure pour la sécurité alimentaire en Chine. Bien que l’été et l’automne soient les saisons de pointe, des cas mortels peuvent survenir à tout moment de l’année, et le nord du pays a connu une nette augmentation. De plus, un nombre croissant de champignons vénéneux, dont plusieurs espèces potentiellement nouvelles, ont été identifiés lors d’intoxications. Ce problème persistant exige des efforts continus de sensibilisation du public, un contrôle rigoureux du marché et une collaboration interdisciplinaire renforcée afin d’en réduire l’incidence.

Contribution de l’élevage industriel des volailles à la propagation de Campylobacter, selon une étude

« L’élevage industriel de volailles accélère la propagation d’une importante maladie d’origine alimentaire », est le titre du communiqué de l’Institut Ineos d'Oxford paru le 27 juillet 2026.

Une nouvelle étude de l'Institut Ineos pour la recherche antimicrobienne révèle que l'élevage industriel de volailles a entraîné une augmentation de plus de 100 fois de la propagation de Campylobacter, permettant à des souches qui circulaient autrefois chez les oiseaux sauvages de se mélanger largement dans les populations de volailles commerciales.

Campylobacter est la principale cause bactérienne de diarrhée dans le monde, responsable  chaque année au Royaume-Uni de plus de 3,5 fois plus de cas de gastro-entérite que toutes les autres bactéries d'origine alimentaire surveillées réunies. L'augmentation des taux de résistance aux antimicrobiens (RAM), qui survient lorsque les bactéries résistent aux médicaments conçus pour les éliminer, rend les infections à Campylobacter de plus en plus difficiles à traiter. 

Campylobacter, la bactérie responsable des intoxications alimentaires les plus fréquentes au monde, est couramment présente dans le microbiote intestinal des poulets. 

Publiée dans PNAS, « Accelerating Campylobacter zoonosis in the Anthropocene », une étude a analysé près de 2 800 génomes bactériens prélevés sur des poulets et des oiseaux sauvages dans 30 pays (dont le Royaume-Uni et les États-Unis) entre 1979 et 2024. Les chercheurs ont constaté que l'expansion mondiale massive de l'élevage de poulets a créé des conditions idéales pour que la bactérie se propage, se mélange et acquière de nouvelles caractéristiques qui l'aident à survivre.

Depuis les années 1960, le nombre de poulets dans le monde a été multiplié par sept, atteignant environ 31 milliards d'individus. Aujourd'hui, les poulets représentent près de 70 % de la biomasse aviaire totale sur Terre. Si cette augmentation a permis une production à grande échelle de protéines animales abordables, elle a également créé des conditions idéales pour l'adaptation et la prolifération des bactéries. 

Grâce à l'analyse génomique, les chercheurs ont identifié des modifications génétiques chez Campylobacter associées à son adaptation à l'environnement avicole. Parmi celles-ci figurent des gènes impliqués dans la résistance aux antimicrobiens, la tolérance au stress oxydatif, l'acquisition de métaux et la mobilité, ainsi que des caractéristiques favorisant la survie et la prolifération des bactéries dans les systèmes modernes de production avicole.

L’agriculture industrielle a créé l’un des plus vastes habitats animaux de la planète. Nos résultats apportent de nouvelles preuves que les modifications environnementales d’origine humaine peuvent accroître la propagation des maladies infectieuses.

Avec l'augmentation des populations de poulets, les bactéries autrefois confinées aux oiseaux sauvages ont désormais beaucoup plus d'opportunités de pénétrer dans les élevages de volailles, de s'y propager et de s'y implanter. Comprendre ces conséquences évolutives est essentiel pour réduire les risques futurs de zoonoses et de résistance aux antimicrobiens.

Le professeur Sam Sheppard, professeur de génomique et d'évolution microbienne à l'université d'Oxford et auteur principal de l'article a déclaré : L'étude suggère également que les vastes élevages de poulets à forte densité peuvent agir comme des « éponges à pathogènes » écologiques, absorbant et amplifiant les souches bactériennes provenant de sources multiples. La modélisation mathématique a montré qu'une fois que les populations de poulets atteignent une taille critique, les souches provenant d'oiseaux sauvages peuvent se maintenir au sein de ces populations, même lorsqu'elles sont mal adaptées à leur nouvel hôte. 

Une étude précédente de l'Institut Ineos a révélé que 80 % des  infections humaines à Campylobacter dans l'Oxfordshire sont associées à la viande de volaille et que nombre de ces infections sont résistantes aux antibiotiques.

À mesure que les souches de Campylobacter s'adaptent à la vie chez les volailles, elles peuvent acquérir des caractéristiques qui les aident à survivre dans des environnements difficiles, notamment des caractéristiques liées à la résistance aux antimicrobiens. Comprendre comment les pratiques d'élevage influencent l'évolution bactérienne est une étape importante pour réduire le fardeau des maladies d'origine alimentaire.

Commentaire

Selon Santé publique France, Campylobacter est au deuxième rang estimé du nombre total des infections d’origine alimentaire. Le nombre de cas d’infections à Campylobacter d’origine alimentaire en France estimé à 392 000. Voir aussi le bilan de la surveillance des infections à Campylobacter en France en 2023.

Destruction de quatre réserves de substitution ordonnée par la justice en Charente-Maritime : une décision ubuesque qui va à contre-sens de l'intérêt du territoire

Merci à André Heitz d’avoir publié ce texte sur son blog Agriculture,alimentation, santé publique... soyons rationnels que je relaie bien volontiers.

Une construction légale, financée et encadrée par l'État

En 2010, lorsque ces projets de réserves de substitution se sont achevés, ils étaient pleinement conformes au cadre légal et réglementaire en vigueur, au point d'avoir été autorisés par l'État et financés à hauteur de 62,5 % par des fonds publics.

Aujourd'hui, alors que les irrigants assument leurs emprunts et que les cotisations issues de l'activité économique réalisée sur le territoire ont largement contribué à rentabiliser l'investissement public, l'acharnement de l'association Nature Environnement 17 à saisir le tribunal administratif de Poitiers confine au harcèlement. L'ordonnance de destruction va imposer aux agriculteurs un préjudice et une charge financière considérables et hors normes qu'ils seront dans l'incapacité d'assumer en plus de leurs dettes d'investissement et dans un contexte agricole de crise sans précédent.

Un non-sens mortifère pour notre production agricole et l'économie du territoire

À l'heure où l'Assemblée nationale et le Sénat viennent d'adopter une loi d'urgence pour la protection et la souveraineté agricoles, confortant le développement du stockage de l'eau, avec pour objectif le doublement des volumes stockés d'ici dix ans, l'ordonnance de destruction de quatre réserves de substitution constitue un non-sens absolu, dans le contexte et à l'heure où l'on doit urgemment mettre en place des outils d'adaptation au changement climatique pour l'agriculture.

Nous ne pouvons, d'un côté, acter, au niveau législatif, le doublement des capacités, et, de l'autre, détruire des infrastructures existantes, construites légalement, financées et intégrées aux territoires. Cette situation heurte de plein fouet le principe de cohérence de l'action publique, crée une insécurité juridique pour le monde agricole, met en péril la survie de plusieurs exploitations et soulève une interrogation fondamentale sur la conciliation entre les orientations fixées par la législation et l'exécution des décisions de justice.

L'agriculture est aujourd'hui l'otage d'une situation administrative et judiciaire ubuesque, incompréhensible et parfaitement inacceptable. Nous ne pouvons accepter d'être le jouet d'une philosophie de bureau déconnectée des réalités du terrain. Nos territoires ont besoin de solutions concrètes, pas de la destruction d'outils qui participent justement à leur adaptation.

Des réserves à double intérêt en pleine période de sécheresse

Alors que des vagues de chaleur et de sécheresse historiques frappent nos territoires, ces réserves d'eau constituent un levier vital pour la sauvegarde des exploitations et du territoire.

En retenant une toute petite partie de l'eau de la nappe de surface l'hiver, quand elle est abondante, ces ouvrages évitent les prélèvements dans le milieu naturel durant les périodes critiques l'été. Il est ainsi possible de concilier la préservation de la ressource hydrique locale et la sécurisation de la production agricole indispensable à notre souveraineté alimentaire.

Et pourtant, en demandant la disparition de ces ouvrages, l'association Nature Environnement 17 prend le risque de favoriser le retour de prélèvements estivaux directs, précisément lorsque ceux-ci ont le plus d'impact sur les cours d'eau. Un paradoxe difficilement compréhensible. De plus, le refus de l'association Nature Environnement 17 de participer à une médiation montre leur vrai visage : ils n'ont aucune intention de trouver une issue positive pour le territoire.

En pleine période de sécheresse, et à l'heure où les incendies s'intensifient, ordonner la destruction de ces réserves d'eau relève presque de l'inconscience. Au-delà de leur rôle agricole, ces infrastructures constituent des points de ravitaillement stratégiques et vitaux pour les pompiers qui font face à de nombreux départs de feu (forêts, récoltes, habitations, etc.). Détruire délibérément des réserves, alors que les pompiers appellent à plus de moyens, constituerait un crime pour nos territoires.

Ainsi, nous apportons notre soutien plein et entier à l'ensemble des agriculteurs-irrigants et des structures qui portent un ouvrage de stockage d'eau pour nourrir leurs concitoyens. Tous font preuve d'un courage sans faille et continuent de porter leurs projets dans cette tempête de textes, d'études, d'arrêtés, d'injonctions et de menaces sur leur avenir, qui va à l'encontre même de leur volonté pour améliorer la situation.

L'agriculture nourrit les Français, s'adapte chaque jour, fait évoluer ses pratiques, diversifie ses assolements, réduit ses impacts et contribue à corriger les erreurs du passé. Pour réussir cette transition, elle a besoin d'outils d'adaptation. Les réserves de substitution en font partie. Les détruire serait une faute pour l'avenir de nos territoires. Nous utiliserons tous les leviers à notre disposition pour faire barrage à cette décision.

Contacts : ADIV & Aquanide - Octavine Daguet - 86adiv.communicationt@gmail.com - 06 32 51 46 23. Irrigants de France - Guillaume Le Hoan - guillaume.le-hoan@agpm.com - 06 16 09 42 30.

Source « Cela coûterait plus cher que la construction» : condamnés à détruire leurs réserves d'eau, les irrigants font appel.