samedi 25 juillet 2026

Loi d'urgence agricole : le point de vue de M. Jean-Baptiste Moreau*

Le projet de loi d'urgence pour la protection et la souveraineté agricoles a été définitivement adopté par le Parlement le 21 juillet 2026.

J'assiste depuis des années, et même durant mon mandat, à l'hystérisation des débats dès que l'on parle agriculture.

Les débats autour de cette loi n'ont pas échappé à cette tendance : « Acetamiprid is the new glyphosate ».

Ces molécules deviennent des symboles pour les idéologues de tout poil pour se livrer de façon totalement irrationnelle scientifiquement à une critique d'une agriculture qu'on caricature à l'infini en ne connaissant rien de ses réalités.

Je suis bien placé pour parler de cela, pour avoir été rapporteur de la loi egalim où j'ai du consentir pour empêcher l'interdiction par la loi du glyphosate qui aurait eu des conséquences dramatiques sur l'ensemble de l'agriculture, de passer un compromis avec les écolos de mon camp ou des autres, en interdisant la flupyradifurone. Je savais que cela aurait des conséquences sur certaines productions, mais je les pensais moins problématiques que l'interdiction du glyphosate.

Je regrette cette décision et je salue le fait que le texte laisse à l'ANSES la possibilité de déroger à l'interdiction.

Ces décisions n'ont rien à faire dans la main des politiques. Elles doivent être uniquement prises en fonction des faits scientifiques démontrés. Sinon le politique se vautre dans la démagogie, instrumentalisé par des idéologies qui ne conduiront qu'à la ruine de notre agriculture.

J'entends les inquiétudes sur la dangerosité de certaines molécules ou certaines pratiques agricoles. Mais c'est la science qui doit rassurer nos concitoyens et la peur ne doit pas être instrumentalisée par le politique.

Nous sommes en train de faire avec l'agriculture ce que nous avons fait avec le nucléaire.

La pensée unique du moment c'est que notre modèle agricole doit changer, que tout le monde devrait passer en bio.

On assiste aux mêmes caricatures que quand on expliquait que le nucléaire était le mal absolu. À l'époque, les ONG, le grand public et quasiment toute la classe politique voulaient la fin du nucléaire à tel point que certains pays l'ont fait, comme l Allemagne.

Or la tendance s'est inversée aujourd'hui devant la peur de voir des pénuries d'énergie ou le prix de l'énergie flamber, ce qui affecterait notre mode de vie. Et on voit combien cette vision de l'époque va nous coûter cher pour remettre à niveau ce secteur.

Ainsi faut-il attendre que nos rayons de supermarché ou de commerce soient vide de toute aliment français pour que nos concitoyens se rendent compte que notre agriculture est menacée de mort ?

Et qu'on ne mette pas cette mort programmée sur le compte de la concurrence internationale. Ce ne sont que des fadaises pour gogos susceptibles de gober les âneries et autre idéologie mortifère des extrêmes.

Elle va crever car nous sommes au comble de l'hypocrisie. Nous voulons que notre agriculture produise sans aucun produit, sans aucun intrant, mais nous refusons de payer ses produits au juste prix et nous achetons abondamment des produits issues d'une agriculture que nous ne voulons pas.

Et pitié, pas de couplet sur « on part les premiers, les autres suivront ». Ils ne suivent jamais, car ils voient bien que ce que nous faisons est une impasse totale.

L'agriculture française a vocation à produire de l'alimentation saine et durable. Elle n'aura jamais pour vocation unique d'entretenir les espaces car les agriculteurs deviendraient des fonctionnaires et c'est absolument incompatible avec la nature profonde de l'agriculteur faite de passions, de prises de risques. L'agriculteur est un entrepreneur par essence, qui vit dans le réel et n'a d'autre choix que de s'adapter au réel : au climat, aux demandes du consommateur.

oo0oo

Le mythe d'une agriculture vivrière refermée sur nos frontières n'est qu'un mythe. Tous ceux qui ont essayé ont tué leur agriculture. On peut toujours rêver d'un monde où il en fut autrement, mais ce monde n'a jamais existé à travers l'histoire et n'existera jamais. L'agriculture a besoin d échanges pour permettre aux agriculteurs de vivre .

C'est une réalité intangible économique et scientifique. Et on ne peut pas obliger nos agriculteurs à courir avec des boulets au pied. Bien sûr, il ne s'agit pas de faire n'importe quoi pour produire, mais ce n'est déjà absolument pas le cas.

Si nous voulons avoir encore des agriculteurs demain en France, il va falloir renouer le contact, arrêter de les juger sur la base de croyances. Et du côté des agriculteurs, les manifestations ne suffiront pas à faire comprendre les nécessités de ce métier. Bien aimer les agriculteurs, c'est bien ; le leur prouver, c'est mieux. Et on ne le leur prouve pas en leur expliquant comment ils devraient exercer un métier, dont au final on ne connaît rien.

* Ancien député (2017-2022). Paysan de la Creuse à jamais. Consultant indépendant et libre.

Références, 1 et 2.

NB: Je remercie André Heitz d’avoir signalé ce texte paru sur son blog ici.


La vie des bactéries, entre biofilms et gènes de résistance

Deux articles récents, publiés dans des revues scientifiques, rapportent i) le rôle des biofilms de Listeria monocytogenes sur différents types de surface, et ii) les produits de charcuterie prêts à consommer comme vecteurs potentiels de transmission de Enterococcus faecium résistant aux antibiotiques.

1. « Impact du type de surface et de l'utilisation d'un désinfectant sur la réduction des biofilms de Listeria monocytogenes soumis à des conditions de disponibilité en nutriments variables  », article paru dans Journal of Food Protection.

Faits saillants

  • L. monocytogenes est capable de persister sous forme de biofilm sur diverses surfaces en contact avec les aliments.
  • L. monocytogenes a survécu sur les surfaces pendant 17 jours malgré une disponibilité limitée en nutriments.
  • L'efficacité des désinfectants dépend du type de surface en contact avec les aliments.
  • L'acide lactique a montré une efficacité accrue contre L. monocytogenes.

Résumé

La capacité de L. monocytogenes à adhérer aux surfaces et à former un biofilm tout en survivant dans un environnement froid accroît le risque de contamination croisée dans les environnements de transformation alimentaire. Cette étude vise à déterminer quels matériaux de surface en contact avec les aliments favorisent la formation et la survie de biofilms de L. monocytogenes dans des conditions favorisant ou limitant la disponibilité en nutriments. L'efficacité antimicrobienne de trois désinfectants (acide lactique à 5 %, chlore à 200 ppm, composé d'ammonium quaternaire à 200 ppm) contre les biofilms formés dans ces deux environnements nutritionnels a également été évaluée. Un cocktail de cinq souches de L. monocytogenes a été utilisé pour développer des biofilms sur quatre types de coupons, acétal, nitrile, caoutchouc et acier inoxydable.

Les résultats ont montré que les populations cellulaires associées aux biofilms dépassaient 6,75 log UFC/cm² sur tous les types de surfaces dans les conditions favorisant les nutriments. Les conditions limitant les nutriments ont entraîné une réduction des populations microbiennes sur tous les types de surfaces, pour atteindre des niveaux compris entre 6,21 et 6,48 log UFC/cm². Bien que l'efficacité des agents désinfectants ait varié selon le type de surface, tous ont permis d'obtenir des réductions significatives (P < 0,05) par rapport au témoin, dans les deux conditions d'essai et pour la majorité des types de surfaces.

L'acide lactique a systématiquement entraîné une réduction plus importante (P < 0,05) dans les deux conditions. Cette étude confirme la capacité de L. monocytogenes à adhérer à diverses surfaces en contact avec les aliments utilisées dans les environnements de transformation alimentaire et à y former un biofilm, ainsi qu'à survivre dans un milieu pauvre en nutriments ; elle suggère également que l'efficacité des désinfectants contre les biofilms dépend du type de surface servant de support.

Les récentes épidémies liées à la présence de L. monocytogenes dans des aliments prêts à consommer soulignent le défi que ce micro-organisme représente pour les producteurs de denrées alimentaires. Les recherches portant sur les interactions entre la disponibilité des nutriments, le type de surface et l'utilisation de désinfectants apportent un éclairage précieux sur le comportement et l'écologie de L. monocytogenes dans les environnements de transformation alimentaire. Plus précisément, ces travaux ont confirmé la capacité de L. monocytogenes à survivre dans des conditions nutritionnelles et sur des types de surfaces très variés. Ils ont démontré que l'efficacité des désinfectants peut dépendre du type de surface et que diverses interventions de désinfection restent efficaces lorsqu'elles sont correctement mises en œuvre. Des essais supplémentaires portant sur différents types de surfaces, de désinfectants et de souches de L. monocytogenes permettront de mieux comprendre le comportement de cette bactérie.

2. Va paraître dans International Journal of Food Microbiology, « Ready-to-eat meat foods as potential vectors for the transmission of antibiotic-resistant Enterococcus faecium » (Les produits de charcuterie prêts à consommer comme vecteurs potentiels de transmission de Enterococcus faecium résistant aux antibiotiques).

Faits saillants

  • Les produits carnés prêts à consommer constituent des vecteurs potentiels de Enterococcus faecium résistant.
  • Les souches résistantes ciblées présentent une forte survie lors d'une simulation de transit dans le tractus gastro-intestinal supérieur.
  • Le transit simulé peut accroître le transfert de résistance au linézolide chez les souches ciblées.
  • Les isolats récupérés après le transit conservent leurs caractéristiques de résistance et modulent la production de biofilm.
  • Les produits carnés prêts à consommer à courte durée de maturation constituent des sources potentielles de bactéries multirésistantes.

Résumé

Enterococcus faecium, membre du microbiote intestinal humain et deuxième espèce d'entérocoque la plus abondante après E. faecalis, est un agent important d'infections associées aux soins. Sa grande capacité à acquérir des gènes de résistance aux antibiotiques (GRAs) rend les infections difficiles à traiter. Cette étude a examiné des produits de charcuterie* prêts à consommer, typiques du centre de l'Italie, en tant que vecteurs potentiels d'entérocoques résistants aux antibiotiques, en se concentrant sur E. faecium. Au total, 148 souches d'entérocoques ont été isolées, dont 36 ont été identifiées comme étant E. faecium. Parmi 22 clones distincts, huit étaient résistants à la tétracycline (TET), deux l'étaient également au linézolide (LZD) et un présentait un phénotype de multirésistance. La sensibilité aux antibiotiques a été déterminée par la mesure de la concentration minimale inhibitrice, complétée par une analyse du séquençage du génome entier. Les deux souches résistantes au LZD possédaient des gènes de résistance au LZD, tandis qu'un seul isolat a présenté un transfert horizontal de gènes par conjugaison. Les isolats ont ensuite été caractérisés en fonction de leurs facteurs de virulence et de leur capacité à former un biofilm, aussi bien dans des conditions basales qu'après exposition à une simulation de transit dans le tractus gastro-intestinal supérieur. Les huit souches résistantes à la TET présentaient des caractéristiques génotypiques de virulence. Après exposition à la simulation de transit gastro-intestinal supérieur, ces isolats ont affiché des taux de survie élevés, conservant à la fois leurs phénotypes de résistance aux antibiotiques et leur capacité à former un biofilm. Ces résultats soulignent le rôle potentiel des produits carnés prêts à consommer analysés comme vecteurs de souches de E. faecium virulentes et résistantes aux antibiotiques, capables de survivre à l'exposition dans le tractus gastro-intestinal supérieur.

L'étude met en évidence la nécessité de mettre en place une surveillance des entérocoques dans le secteur alimentaire afin d'améliorer le suivi de E. faecium résistant et de limiter sa dissémination potentielle ainsi que les risques cliniques associés.

Conclusion

Les souches de E. faecium isolées à partir de produits carnés prêts à consommer constituent une source potentielle de diffusion de gènes de résistance aux antibiotiques d'importance clinique ; cette capacité de survie suggère un risque potentiel pour la santé publique, en contribuant à la dissémination de déterminants de résistance. Toutefois, des études épidémiologiques supplémentaires comparant les consommateurs d'aliments prêts à consommer à des cohortes témoins appropriées sont nécessaires pour mieux cerner les implications de la consommation de ces produits, notamment en ce qui concerne le risque de transmission bactérienne. Par ailleurs, ces résultats soulignent le potentiel considérable des approches de séquençage du génome entier pour obtenir une vue d'ensemble de la résistance aux antibiotiques et de sa mobilité potentielle, ainsi que de la virulence associée. Une fois intégrée aux analyses de routine, cette approche peut représenter une avancée majeure pour la surveillance et la caractérisation de E. faecium, en soutenant notamment les mesures de prévention essentielles pour réduire l'impact clinique de ce pathogène opportuniste.
*ciauscolo, salami et autre charcuterie.

vendredi 24 juillet 2026

Contamination aux salmonelles d'œufs d'origine polonaise : la Confédération Française de l'Aviculture appelle à acheter des œufs français

Le 21 juillet 2026, Lidl informe du rappel suivant : la société OVOTEK SP. Z O.O.. procède au retrait et au rappel des produits Oeufs Frais x30 ainsi que les Oeufs Frais x20 suite à la présence de Salmonella Enteritidis. Ces oeufs ont été commercialisés jusqu'au 17 juillet 2026. 

Même date de rappel du 21 juillet 2026 chez RappelConso.

S’agissant du rappel de Lidl, « la Confédération Française de l'Aviculture appelle à privilégier les Œufs de France ! », communiqué du 23 juillet 2026.

La Confédération Française de l'Aviculture (CFA) prend acte du rappel d'œufs d'origine polonaise commercialisés par l'enseigne Lidl à la suite d'une contamination par des salmonelles.

En choisissant de commercialiser des œufs étrangers, l’enseigne Lidl démontre qu'elle ne fait pas suffisamment confiance à la filière française, pourtant capable de répondre aux attentes des consommateurs en matière de qualité, de sécurité sanitaire et de disponibilité. Un choix incompréhensible qui fait peser des risques sur la santé des consommateurs !

La France applique l'un des dispositifs de surveillance des salmonelles les plus exigeants d'Europe, offrant aux consommateurs un niveau élevé de garanties sanitaires.

Parallèlement, la production française d'œufs poursuit sa progression. Le plan de filière de l’interprofession commence à porter ses fruits. Les éleveurs ont investi et la production va augmenter de 5 % en 2026 afin de répondre à une demande croissante des consommateurs. La filière « Œufs de France » est aujourd'hui pleinement mobilisée pour fournir des œufs français, dans le respect des plus hauts standards sanitaires, environnementaux et de bien-être animal.

La Confédération Française de l'Aviculture appelle les distributeurs à continuer de privilégier les approvisionnements nationaux et à renforcer leurs engagements en faveur des « Œufs de France ». Soutenir la production française, c'est soutenir des éleveurs engagés, préserver notre souveraineté alimentaire et offrir aux consommateurs les meilleures garanties en matière de sécurité sanitaire.

La CFA invite également les consommateurs à privilégier les œufs portant la mention « Œufs de France » ou identifiés « Origine France », gages de traçabilité, de qualité et d'un haut niveau d'exigence sanitaire.

Opération «purge» à La Courneuve : 17 commerces d'une même rue fermés en raison d'un manque d'hygiène

« Une purge » à La Courneuve avec la fermeture en cascade de 17 commerces d'une même rue pour cause de manque d’hygiène, forcément, cela interroge. Source actu.fr.

Début juillet 2026, la préfecture de Seine-Saint-Denis a fermé par mesure d'hygiène 17 commerces du quartier des Quatre-Routes à La Courneuve. Une situation singulière.

En plein mois de juillet 2026, la fermeture pourrait être estivale. C’est d’ailleurs ce que pensent de prime abord les passants interrogés. Il faut dire que sur les rideaux tirés des commerces de l’avenue Paul-Vaillant-Couturier à La Courneuve (Seine-Saint-Denis), aucun écriteau n’indique la raison de cette mise à l’arrêt. La réalité est toute autre. Entre le 2 et le 7 juillet, la préfecture de Seine-Saint-Denis a pris pas moins de 17 arrêtés de fermeture administrative pour des manquements d’hygiène.

« Sur 39 villes du département, on n’a jamais connu un contrôle aussi massif », ne décolère pas Aly Diouara, maire LFI de la ville. « Le nombre de fermetures prononcées s’explique par la gravité des manquements relevés lors des inspections », répond la préfecture de Seine-Saint-Denis. 

Dans le recueil des actes administratifs publié mercredi 15 juillet, la préfecture de Seine-Saint-Denis détaille pas moins de 17 arrêtés de fermeture d’urgence visant des commerces de la commune, pris entre le 2 et le 10 juillet. La très grande majorité des établissements concernés de La Courneuve sont situés avenue Paul-Vaillant-Couturier, l’un des principaux axes commerçants de la ville. Source actu.fr.

Un exemple parmi d’autres

Le fast-food Full Time (ou Full Time des Amis), situé avenue du Président-Wilson à Saint-Denis, a été fermé d’urgence par la préfecture après la découverte de nombreux manquements aux règles d’hygiène (source actu.fr).

La sanction est tombée. Par un arrêté pris jeudi 16 juillet 2026, le préfet de la Seine-Saint-Denis a ordonné la fermeture d’urgence de l’établissement Full Time, situé 77 avenue du Président-Wilson à Saint-Denis, en raison de nombreux manquements aux règles d’hygiène susceptibles de mettre en danger la santé des consommateurs. Cette décision intervient après plusieurs contrôles menés par Bureau Veritas pour le compte de la Direction départementale de la protection des populations (DDPP). 

Voici ce que rapporte l’arrêté de la préfecture :

... au cours d'une visite effectuée le 15/07/2026 par l'organisme Bureau Veritas, auquel les activités de contrôle officiels des établissements de la remise directe de la DDPP-93 ont été déléguées par la DRIAAF ile-de-France, il est constaté dans cet établissement de graves manquements aux règles d'hygiène et d'entretien général des lieux et des installations, notamment:

  • Absence de fonctionnement de l'unique chambre froide positive de l'établissement,
  • Absence de plan de lutte efficace contre les nuisibles,
  • Présence de nuisibles constatée (mouches),
  • Procédure relative à la surveillance des températures des denrées non appliquée,
  • Absence d'hygiène manuelle, ce manquement présente un risque élevé de contaminations croisées de germes pathogènes préjudiciables pour la santé des consommateurs,
  • Absence de respect des bonnes pratiques d'hygiène,
  • Procédure de nettoyage et de désinfection des locaux et du matériel non appliquée
  • Absence de liste des allergènes à déclaration obligatoire pour les consommateurs,
  • Absence de traçabilité des denrées,
  • Absence de contrôle à réception des matières premières,
  • Le plan de maîtrise sanitaire et les procédures qui l'accompagne est absent.
Commentaire
Excellente action de la part de la Préfet de Seine-Saint-Denis qui, hélas, ne sait pas ou ne veut pas communiquer sur les réseaux sociaux, comme son collègue du Val d'Oise. Cela étant, tout ceci était su et connu depuis bien longtemps, dès lors pourquoi avoir attendu ? La réponse est simple, on faisait avec les moyens du moment, bref, on ratrappe le temps perdu ...
L'expression 'hygiène manuelle' citée dans l'arrêté est inusitée, préférez l'expression 'hygiène des mains'.

MàJ. Ce document proposé sur le site du ministère de l'agriculture pourrait servir à des restaurants de La Courneuve, Restauration : quelles obligations en matière de formation à l'hygiène des aliments ? 
MàJ du 24 juillet 2026. La Courneuve : 17 commerces fermés en dix jours à l’issue d’opérations de contrôle, la préfecture balaie des accusations d’«acharnement». Source Le Figaro.
Le motif ? Des manquements à l’hygiène jugés suffisamment sérieux pour justifier une mise à l’arrêt immédiate.
Les propriétaires des établissements fermés ont exprimé leur mécontentement, estimant que les contrôles étaient excessifs et ciblés de manière injuste. Ils ont dénoncé un manque de dialogue avec les autorités et ont demandé une réévaluation des sanctions imposées.
La préfecture a réaffirmé son engagement à assurer la sécurité et le bien-être des citoyens, soulignant que les contrôles sont effectués de manière impartiale et conformément à la loi.

jeudi 23 juillet 2026

Listeria monocytogenes dans les denrées alimentaires prêtes à être consommées : suivez la cirulaire de l'AFSCA

Le blog vous avait déjà proposé Listeria monocytogenes pour les Nuls. Plus que 99 jours d'ici le 1er juillet 2026 et plus récemment, Depuis le 1er juillet 2026, qu’est-ce qui a changé dans la maîtrise de Listeria dans les aliments réfrigérés prêts à être consommés ?

Et voici que l’AFSCA de Belgique nous propose une circulaire Listeria monocytogenes dans les denrées alimentaires prêtes à être consommées du 22/07/2026 (nouvelle version). Il s’agit d’une version avec mise en évidence des modifications par rapport à la version précédente.

Merci à nos amis belges !

La présente circulaire a pour but d'informer les opérateurs de leurs obligations en ce qui concerne l'application du critère microbiologique pour Listeria monocytogenes, figurant dans le Règlement (CE) n° 2073/2005, ainsi que la durée de conservation, en ce qui concerne Listeria monocytogenes, des denrées alimentaires prêtes à être consommées autres que celles destinées aux nourrissons ou à des fins médicales spéciales.
La présente circulaire a également pour but d'informer les laboratoires exécutant des études de laboratoire pour L
isteria monocytogenes.

Plus de 1 000 foyers de cas de maladies infectieuses d’origine alimentaire enregistrés aux Pays-Bas en 2025

Source résumé en anglais du RIVM, L'Institut national de la santé publique et de l'environnement est une agence publique du Ministère de la Santé, du Bien-être et des Sports des Pays-Bas.

La consommation d'aliments contenant diverses bactéries, virus ou parasites peut rendre des personnes malades. Ces pathogènes peuvent également provoquer des maladies par d'autres voies. Ils peuvent, par exemple, se transmettre d'une personne à l'autre, souvent par contact avec des matières fécales, ou par l'intermédiaire d'animaux. Cela entraîne généralement des symptômes gastro-intestinaux tels que des vomissements, des douleurs abdominales ou des diarrhées (parfois sanglantes). Dans certains cas, les conséquences peuvent être plus graves, comme une hépatite, une septicémie ou une méningite.

Tout comme en 2023 et 2024, le nombre de personnes tombées malades à cause de Salmonella Enteritidis a été plus élevé en 2025 qu'au cours de la période 2015-2019.

La présence de ce type de bactérie chez les poules pondeuses aux Pays-Bas a également augmenté. Cela signifie que les mesures de contrôle n'ont pas encore eu l'effet escompté.

Par ailleurs, davantage de personnes ont été touchées par des bactéries telles que. E. coli producteurs de shigatoxines (STEC), par le virus de l'hépatite A et par norovirus. Ce phénomène ne présente pas de cause évidente.

Au total, on estime que près de 2 millions de personnes aux Pays-Bas ont été infectées par des pathogènes d'origine alimentaire en 2025.

La charge de morbidité est exprimée à l'aide d'une unité de mesure internationale : le DALY (année de vie corrigée de l'incapacité). La charge totale estimée pour 14 agents pathogènes d'origine alimentaire en 2025 s'élève à 12 000 DALY. Ce chiffre est identique à celui de 2024. La part de cette charge attribuable à une transmission par voie alimentaire est estimée à 4 700 DALY pour 2025, un niveau également comparable à celui de 2024.

Le coût total pour la santé lié à ces 14 agents pathogènes d'origine alimentaire, toutes voies de transmission confondues, est estimé à 581 millions d'euros pour 2025.

Ce montant est sensiblement le même qu'en 2024 (586 millions d'euros, soit une baisse de 0,9 %). Les coûts estimés des infections dues aux aliments contaminés en 2025 s'élèvent à 202 millions d'euros, un chiffre également comparable à celui de 2024 (199 millions d'euros, soit une hausse de 0,5 %).

Chaque année, l'Institut national de la santé publique et de l'environnement (RIVM) recense les cas d'infections d'origine alimentaire et entérique aux Pays-Bas et assure le suivi des épidémies ainsi que de la charge de morbidité, y compris les coûts associés. Le RIVM mène ces activités en collaboration avec des partenaires tels que l'Autorité néerlandaise de sécurité des aliments et des produits de consommation (NVWA) et Wageningen Food Safety Research (WFSR).

En 2025, les Pays-Bas ont enregistré plus de 1 000 foyers de cas (équivalent aux TIAC en France) de maladies d'origine alimentaire, un chiffre remarquable qui souligne la prévalence des infections alimentaires dans le pays. Au total, 1 178 foyers de cas ont été signalées, positionnant les Pays-Bas parmi les pays européens avec le plus grand nombre de foyers de cas en 2025. Les agents pathogènes les plus fréquemment identifiés étaient :

Salmonella avec 1 238 cas, norovirus avec 631 cas, et Listeria monocytogenes avec 38 cas.

Les aliments les plus souvent impliqués dans ces foyers comprennent : les œufs, les produits laitiers au lait cru et les graines germées.

Enfin, il est noté dans le rapport une sous-déclaration des foyers de cas de la part des centres municipaux de santé.

Commentaire

Encore un pays européen qui publie des données sur les maladies infectieuses d’origine alimentaire en 2025. Chez nous, pour les TIAC, nous en sommes à 2023, 2024, si on prend en compte le rapport 2024 de l’EFSA sur les zoonoses dans le cadre de l’initiative « Une seule santé » de l’Union européenne. Pour accéder à toutes les données des maladies infectieuses d’origine alimentaire en France, il faut rechercher les documents « éparpillés façon puzzle » ici et là.

Chose insensée chez nous, ici, on connaît le coût des maladies infectieuses d’origine alimentaire, il est vrai qu’en France, la santé n’a pas de prix ...

mercredi 22 juillet 2026

Inquiétude croissante de l’industrie alimentaire concernant les risques liés à la sécurité des aliments, selon un rapport

Le Global Food, Beverage and Agriculture Risk Report 2026 de Willis met en lumière plusieurs défis majeurs auxquels sont confrontés les secteurs de l'industrie agroalimentaire. Source communiqué de presse.

Les inquiétudes concernant la sécurité des aliments et la santé se sont fortement accrues : près de la moitié des entreprises (45 %) citent désormais ce facteur parmi leurs risques majeurs, contre 29 % en 2024, dans un contexte de préoccupations croissantes liées aux aliments ultra-transformés et à l'exposition accrue aux litiges.

La montée des tensions géopolitiques, les droits de douane, la hausse des coûts des intrants, l'intensification des cybermenaces, les pressions climatiques et les risques liés à la chaîne d'approvisionnement figurent également parmi les principales préoccupations qui, en 2026, exercent une pression croissante sur l'industrie agroalimentaire.

Principales conclusions

  • Les inquiétudes liées aux risques sanitaires s'intensifient : 45 % citent la sécurité des aliments et la santé comme un risque majeur, contre 29 % en 2024.
  • Les entreprises privilégient les produits offrant un bon rapport qualité-prix : 52 % considèrent les offres à bon rapport qualité-prix comme une opportunité clé, alors qu'elles doivent faire face à la hausse du coût de la vie et à l'augmentation des coûts des intrants.
  • Les conflits mettent en lumière les vulnérabilités de la chaîne d'approvisionnement : 44 % s'inquiètent des risques liés à la chaîne d'approvisionnement (contre 40 % en 2024), une préoccupation alimentée par l'instabilité géopolitique, les tensions commerciales et les risques de perturbation.
  • La confiance dans le management des risques diminue : 62 % estiment maîtriser plus ou moins bien leurs risques, contre 75 % en 2024 et 89 % en 2023, reflétant un environnement plus complexe et plus volatil.
  • Les risques environnementaux, sociaux et de gouvernance (ESG) restent une priorité malgré un certain recul : 84 % affirment que le management des risques ESG sera prioritaire au cours des deux prochaines années, alors que les producteurs commencent à ressentir les effets de la multiplication des sécheresses et des inondations, et que des problèmes tels que le stress hydrique et la dégradation des sols deviennent plus urgents.
  • Renforcement des processus de continuité d'activité : 83 % des entreprises déclarent disposer de plans formels de continuité d'activité (contre 78 %), témoignant d'une meilleure préparation face aux perturbations.

Pour une bonne nouvelle, c'est une bonne nouvelle. La loi d'urgence agricole adoptée !

Pour une bonne nouvelle, c'est une bonne nouvelle. La loi d'urgence agricole pour la protection et la souveraineté agricoles a été adoptée !

Mais il y a aussi une autre bonne nouvelle, la démission de Madame Barbut !

Je crois que le blog a été quelque peu prophétique sur ce coup-là en publiant, Les aventures de Madame Barbut ou un feu de paille avant l’été …

Une du Figaro du mercredi 23 juillet 2026

L'été commence sous de bons auspices pour nos agriculteurs mais il ne faut pas s'arrêter en chemin, il y a encore quelques normes, règles et agences à supprimer ...

MàJ du 23 juillet 2026. On lira l'éditorial de Vincent Trémolet de Viller dans Le Figaro du 22 juillet 2026 intitulé « Le fiasco des écolos », en voici un extrait, 

L'écologie politique aura été la première victime de ces semaines de sécheresse et de canicule. Pendant que des pompiers luttent au prix de leur vie contre les flammes, que les agriculteurs craignent pour leurs récoltes, leurs troupeaux, Monique Barbut, ministre de la Transition écologique, s'élève contre un vote de l'Assemblée comme s'il s'agissait d'un arbitrage du premier ministre. Fascinant pays où personne, au gouvernement, ne songerait à démissionner après la légalisation de l'euthanasie, mais où une ministre invoque son non possumus (« nous ne pouvons pas ») contre les pesticides. 

Une nouvelle étude suggère que les particules de plastique renforcent les biofilms de E. coli ; les chercheurs soulignent les implications pour la sécurité sanitaire de l'eau potable

« Une nouvelle étude suggère que les particules de plastique renforcent les biofilms de E. coli ; les chercheurs soulignent les implications pour la sécurité sanitaire de l'eau potable », source Food Safety Magazine.

Les microplastiques et les nanoplastiques pourraient aider les bactéries pathogènes à survivre aux efforts d'élimination, leur permettant ainsi de persister dans les systèmes d'eau potable, selon une nouvelle étude publiée dans Water Research.

Plus précisément, les chercheurs ont constaté que les nanoplastiques peuvent renforcer les biofilms bactériens qui se développent à l'intérieur des canalisations d'eau potable et autres infrastructures hydrauliques. Ces biofilms deviennent plus résistants à la désinfection au chlore, ce qui peut rendre l'éradication des bactéries pathogènes des systèmes de traitement et de distribution d'eau plus difficile.

Les microplastiques et les nanoplastiques constituent déjà une préoccupation croissante de santé publique en raison de l'exposition alimentaire via l'eau et les aliments, dont l'ampleur et les conséquences sanitaires restent encore mal connues. L’étude récente suggère que ces particules de plastique pourraient affecter indirectement la santé humaine en influençant le comportement de pathogènes comme Escherichia coli dans les systèmes aquatiques.

« Il est crucial de mieux comprendre les effets néfastes des nanoplastiques sur la santé humaine, mais aussi sur l'environnement, ce qui a une incidence indirecte sur la santé humaine », a déclaré Jingqiu Liao, co-auteur de l'étude. « Les nanoplastiques peuvent favoriser la survie des agents pathogènes résistants aux antimicrobiens, ce qui pourrait nuire à l'environnement et avoir des conséquences sur la santé publique. »

L'étude a été réalisée par des chercheurs de Virginia Tech, de l'Université Rice, de l'Académie chinoise des sciences, de l'Institut fédéral suisse des sciences et technologies aquatiques et de l'Université du Zhejiang

Les nanoplastiques renforcent les biofilms de E. coli et de Pseudomonas

Les biofilms sont des communautés de bactéries qui adhèrent aux surfaces et s'entourent d'une matrice protectrice appelée substances polymériques extracellulaires (extracellular polymeric substances pour EPS). Ces communautés microbiennes qui se développent dans les réseaux de distribution d'eau potable peuvent héberger des pathogènes opportunistes et rendre leur élimination plus difficile.

Pour comprendre l'influence des nanoplastiques sur la dynamique des biofilms, les chercheurs ont exposé des biofilms composés de deux espèces bactériennes, Escherichia coli et Pseudomonas aeruginosa, à des nanoplastiques de polystyrène chargés positivement et négativement, à des concentrations environnementales pertinentes allant de 100 à 1 000 nanogrammes par litre (ng/L). Les nanoplastiques chargés positivement ont produit les effets les plus marqués.

Les chercheurs ont constaté que les nanoplastiques pénétraient dans les cellules bactériennes et augmentaient le stress oxydatif, faisant augmenter les niveaux de dérivés réactifs de l'oxygène d'environ 2,2 fois. Ce stress activait les bactériophages dormants, des virus infectant les bactéries, provoquant une lyse partielle des cellules de E. coli et la libération de matériel intracellulaire dans le biofilm environnant.

Parallèlement, des analyses transcriptomiques et protéomiques ont montré que les nanoplastiques activaient les réponses au stress chez les bactéries, stimulaient la réplication des bactériophages et renforçaient le quorum sensing, un système de communication chimique utilisé par les bactéries pour coordonner leur comportement collectif. En communiquant entre elles, les bactéries sécrétaient de plus grandes quantités d'EPS, produisant ainsi des biofilms plus épais, plus denses et plus protecteurs.

Les chercheurs ont également observé l'activation des systèmes de défense antiviraux bactériens en réponse aux prophages, des bactériophages qui insèrent leur génome dans l'ADN de bactéries hôtes et détruisent les cellules bactériennes qu'ils infectent tout en produisant un grand nombre de nouvelles particules virales. Pour se défendre contre ces prophages, les bactéries utilisent le système CRISPR (Clustered Regularly Interspaced Short Palindromic Repeats), un ensemble de séquences d'ADN ou d'ARN.

Ensemble, ces processus ont augmenté la quantité d'ADN extracellulaire au sein du biofilm, amélioré sa résistance mécanique d'environ 1,5 fois et accru significativement sa résistance à la désinfection au chlore. L'analyse métagénomique des biofilms présents dans les pipelines a suggéré que ces interactions bactéries-phages favorisaient également le développement de communautés de biofilms multi-espèces plus résilientes.

Les auteurs ont conclu que des biofilms plus résistants et plus robustes aux désinfectants pourraient créer de nouveaux défis pour les systèmes de traitement et de distribution d'eau potable en rendant les biofilms plus difficiles à éradiquer des surfaces des infrastructures.

Des recherches futures sont nécessaires pour identifier les processus moléculaires qui régissent les réponses des biofilms complexes contenant plusieurs espèces microbiennes aux particules de plastique, ainsi que pour comprendre le rôle de la taille des particules (c.-à-d. microplastiques vs nanoplastiques) sur la dynamique bactéries-phages.

Ces conclusions s'appuient sur des preuves émergentes liant les plastiques aux risques microbiens.

Ces nouvelles découvertes viennent s'ajouter à un ensemble croissant de recherches suggérant que les microplastiques et les nanoplastiques peuvent modifier le comportement bactérien de manière à accroître la persistance microbienne, la résistance aux antimicrobiens (RAM) et la virulence.

Par exemple, une étude menée en 2025 par l'Université de Boston a révélé que les microplastiques augmentaient la résistance aux antimicrobiens et la formation de biofilms chez E. coli, ce qui soulève des inquiétudes quant au fait que la pollution plastique pourrait contribuer à la propagation de la résistance aux antimicrobiens parmi les agents pathogènes d'origine alimentaire.

Des chercheurs de l'Université de l'Illinois à Urbana-Champaign avaient rapporté des résultats similaires concernant les nanoplastiques. Cette étude avait révélé que les nanoplastiques chargés modifiaient la croissance, la viabilité, les réponses au stress physiologique, la virulence et la formation de biofilm de E. coli pathogène. Une autre étude avait également montré que les nanoplastiques augmentaient la virulence de Salmonella, favorisaient la formation de biofilm et exacerbaient la résistance aux antimicrobiens, les effets étant plus marqués à des concentrations plus élevées.

Prises ensemble, ces études suggèrent que les particules de plastique peuvent influencer les communautés microbiennes par de multiples voies biologiques, augmentant potentiellement la persistance des bactéries pathogènes dans les matrices alimentaires et les systèmes aquatiques.

mardi 21 juillet 2026

L’impossible équation du 100% bio

« L’impossible équation du 100% bio » est un article de Gil Rivière-Wekstein paru sur son site, agriculture et environnement, le 20 juillet 2026.

Le blog vous en propose quelques extraits de cet article très documenté et à lire en intégralité.

Reprise timide mais réelle, clame l’Agence Bio pour 2025. Un examen des données montre plutôt un modèle qui stagne, et qui ne pourra jamais remplacer l’agriculture conventionnelle.

Le 16 juin, Bruno Martel, le président de l’Agence Bio, a présenté le « livret annuel des chiffres du bio » pour l’année 2025, en se félicitant de la consolidation d’un marché de quelque 12,6 milliards d’euros. Selon lui, la reprise serait enfin là, timide mais réelle, avec une croissance de 3,6 % en valeur et de 2% en volume par rapport à 2024.

Et de déployer la communication habituelle de l’Agence en l’étayant d’une batterie de chiffres censés démontrer que les bonnes perspectives sont de retour, et que cette embellie, « confirmant l’attractivité du bio », est de nature à susciter un regain d’optimisme chez les producteurs et à encourager les conversions et installations. « La crise est derrière nous », a confirmé au Nouvel Obs Franck Poncet, directeur général de Biocoop, le leader des magasins spécialisés qui a enregistré en 2025 une année « record » en termes de chiffre d’affaires et une hausse de fréquentation de 6,5%.

(...)
L’Agence Bio a beau insister sur le fait que 59% des Français déclarent aujourd’hui manger bio au moins une fois par mois et 35 % au moins une fois par semaine – soit cinq points de plus qu’en 2024 – et assurer que « toutes les catégories de population sont concernées, sans considération d’âge ou de niveau de vie », les chiffres sont têtus : 94 % des denrées composant l’assiette des Français restent issues de l’agriculture conventionnelle. Quant à la restauration collective, qui devait atteindre 20 % de bio avec la loi EGalim, elle plafonne à 552 millions d’euros, c’est-à-dire 6% du total.
(…)
Le « 100% bio » – manière détournée d’imposer la sortie des pesticides – pose donc une équation que la géographie a déjà tranchée : la France ne possède pas, et ne possédera jamais, les terres que ce modèle réclamerait. S’il existe indubitablement un marché bio, qui représente 5 à 6% de la consommation alimentaire des Français, est-il pour autant souhaitable de l’étendre en y consacrant de l’argent public? La question reste ouverte…