jeudi 3 septembre 2026

Brève de vacances : Entreprises, comme l’Église, séparez-vous de l’État !

Cette brève de vacances n’a toujours rien à voir avec la sécurité des aliments, et pourtant, à y regarder de près …

Voici donc une tribune de Moïse Mitterrand parue dans Le Figaro du 3 septembre 2026, : «Entreprises, comme l’Église, séparez-vous de l’État !»

Alors que le Medef a reçu la semaine dernière les principaux candidats à l’élection présidentielle, l’essayiste, petit-neveu de François Mitterrand, appelle les entreprises à renoncer à toute subvention publique en échange d’une suppression de tous les impôts, excepté sur les bénéfices.

Extrait

Le problème, c'est l'État qui étouffe ce pays et qui a le toupet de se présenter comme le remède. On voudrait vous faire croire à une guerre de classes: riches contre pauvres, actionnaires contre salariés, retraités contre salariés. C'est faux, l'État est le seul responsable de ces oppositions. Une heure de travail produit 63 euros de richesse. Le salarié en perçoit 23 euros nets, la françaises paient pourtant mieux leurs salariés part la plus faible d'Europe. Les entreprises que leurs concurrentes allemandes, tout en dé-gageant les marges les plus basses du continent. Alors, qui vole qui? Ce ne sont pas les actionnai-res. C'est l'État, qui prélève 29 euros sur cette même heure de trav ail, près de la moitié, et qui ose ensuite se poser en arbitre du partage du reste. L'État est votre premier actionnaire, votre premier employeur, votre plus gros client, et le seul qui ne supporte jamais les conséquences de ses erreurs. Chefs d'entreprise, vous vivez mêmes angoisses que vos salariés.

Commentaire
Lorque j’habitais en Mayenne, j’ai été invité à l’inauguration d’une PME. Le discours officiel disait que pour s'agrandir cette PME, le dirigeant aurait pû benéficier de subventions publiques que l’État et les collectivités étaient prêts à lui apporter. La réponse du dirigeant de la PME a été en substance le suivant : Merci pour des éventuelles subventions, mais je préfère un prêt auprès d’une banque car je sais qu’en 5 ou 10 ans, l’affair sera terminée. Avec de l’argent public, je devrais m’en souvenir, et vous me le rappellerez, toute ma vie !

Voir les précédentes brèves de vacances :

94 % des adultes américains s'inquiètent de la fréquence des rappels de produits alimentaires, selon un sondage. Quid en France ?

« Selon un sondage, 94 % des adultes américains s'inquiètent de la fréquence des rappels de produits alimentaires », source Food Safety Magazine Editorial Team.

Un nouveau sondage auprès des consommateurs, commandé par GS1 US, révèle que 94 % des adultes américains se disent préoccupés par la fréquence des rappels de produits alimentaires, un chiffre en légère hausse par rapport aux 93 % enregistrés en 2025. Parallèlement, 80 % des personnes interrogées estiment que les rappels de produits alimentaires sont efficaces pour protéger la santé et la sécurité sanitaire publiques, contre 85 % en 2025.

Le sondage indique également que les consommateurs prennent des précautions plus larges à la suite d'incidents liés à la sécurité des aliments. Parmi les répondants :

- 67 % ont déclaré avoir évité une catégorie entière de produits alimentaires après un rappel, contre 60 % en 2025 ;
- 66 % ont affirmé hésiter à racheter le même produit ou la même marque, contre 59 % en 2025 ;
- 59 % ont indiqué avoir jeté des aliments faisant l'objet d'un rappel, même si leur État ou leur région n'était pas touché, contre 57 % en 2025.

Bien que 9 % des consommateurs aient déclaré qu'ils n'achèteraient plus jamais une marque ayant fait l'objet d'un rappel, les personnes envisageant un nouvel achat ont mentionné plusieurs facteurs susceptibles d'influencer leur décision. Il s'agit notamment du délai écoulé depuis le rappel et de la gravité de la contamination (tous deux cités par 39 % des répondants), ainsi que des recommandations des autorités (citées par 35 % d'entre eux).

Bob Carpenter, dirigeant de GS1 US, a souligné que le système de rappel des produits alimentaires constitue une ligne de défense importante pour la protection des consommateurs. Il a suggéré qu'une traçabilité plus complète et un meilleur partage des données pourraient aider les entreprises à identifier les produits concernés et à fournir aux consommateurs des informations plus claires sur l'ampleur des rappels.

Traçabilité alimentaire et codes-barres 2D pour une meilleure gestion des rappels

GS1 US a réaffirmé son soutien à la réglement de la FDA sur la traçabilité alimentaire, établie en vertu de la section 204 de la loi FSMA (Food Safety Modernization Act), en promouvant l'application des normes GS1, la formation du secteur et la diffusion de recommandations. GS1 US a également souligné l'adoption des codes-barres bidimensionnels (2D) comme un outil potentiel pour la gestion des rappels de produits. Selon l'organisation, les données produit encodées dans ces codes ou accessibles par leur biais, notamment les informations relatives au lot, permettraient aux partenaires commerciaux et aux consommateurs d'identifier plus précisément les produits concernés lors d'incidents liés à la sécurité des aliments.

Commentaire

Je fais partie des français qui s'inquiètent de la fréquence des rappels de produits alimentaires. Pas vous ?

Toxi-infection alimentaire mortelle à Bacillus cereus dans un restaurant en Allemagne

Un article vient de paraître dans International Journal of Food Microbiology qui apporte un éclairage sur une toxi-infection alimentaire mortelle à Bacillus cereus avec vomissements associée à la consommation de tortellinis précuits en Allemagne, août-septembre 2024.

Une toxi-infection alimentaire causée par des souches émétiques de B. cereus (sensu stricto) est une intoxication : la maladie n'est pas déclenchée par l'ingestion du pathogène lui-même, mais par la céréulide, une toxine produite dans l'aliment.

Une fois formée dans l'aliment, cette toxine ne peut plus être inactivée par les techniques de transformation alimentaire courantes. Il est bien établi que la forme émétique de cette toxi-infection est souvent associée à la consommation de plats de riz ou de pâtes.

En règle générale, les intoxications par B. cereus (sensu stricto) sont bénignes et guérissent spontanément en 24 heures. La céréulide est habituellement rapidement éliminée par les vomissements ou les selles ; toutefois, dans certains cas, la toxine persiste dans l'organisme et peut provoquer des symptômes graves, voire, dans de rares cas, entraîner le décès (par exemple, en raison d'une atteinte hépatique aiguë causée par l'inhibition de l'oxydation mitochondriale des acides gras).

Il n'existe pas d'obligation de déclaration spécifique pour les maladies liées à B. cereus (sensu stricto) en vertu de la loi allemande sur la protection contre les infections (IfSG) ; cependant, conformément à l'article 6 de l'IfSG, les intoxications alimentaires et les gastro-entérites infectieuses doivent généralement être déclarées si la personne atteinte travaille dans le secteur de la transformation alimentaire ou s'il existe un lien épidémiologique entre deux cas humains ou plus. En Allemagne, cinq foyers épidémiques causés par B. cereus (sensu stricto) et ses toxines (soit 14 % des foyers recensés dans le pays) ont été signalés en 2024, impliquant 229 cas humains ; quatre personnes ont été hospitalisées et une est décédée. On estime que le nombre réel d'intoxications alimentaires dues à B. cereus (sensu stricto) est sous-estimé en raison de l'évolution spontanément favorable de la maladie. Dans l'Union européenne, 127 foyers (soit 1,9 % de l'ensemble des foyers signalés dans l'UE) causés par des toxines de B. cereus (sensu stricto) ont été signalés en 2024. Au total, 3 315 cas humains (5,3 % de l'ensemble des cas liés à des foyers) ont été recensés ; parmi eux, 49 personnes ont été hospitalisées (1,5 % du total des hospitalisations) et neuf sont décédées (0,27 % du total des décès), ce qui représente le nombre le plus élevé enregistré pour cet agent depuis le début de la collecte de données dans l'UE par l’EFSA.

Faits saillants

  • Présentation d'un foyer de cas ayant fait l'objet d'une enquête approfondie et causée par une bactérie, Bacillus cereus .
  • Cela met en évidence le danger d'une manipulation incorrecte et non hygiénique, notamment des aliments riches en amidon.
  • L’inclusion des maladies présentant des symptômes non spécifiques d'intoxication alimentaire, telles que l'insuffisance hépatique ou l'iléus*.

Résumé

En septembre 2024, les autorités sanitaires ont été informées que deux personnes étaient tombées malades après avoir fréquenté un restaurant, et que l'une d'elles était décédée peu après. D'autres personnes ayant déjà signalé des symptômes graves et une hospitalisation suite à leur visite dans cet établissement, une intoxication alimentaire a été suspectée. L'investigation a établi que l'intoxication était très probablement due à des tortellinis précuits farcis à la viande. Des niveaux élevés de bactéries productrices de toxine émétique du groupe Bacillus cereus ont été détectés dans des prélèvements alimentaires et environnementaux au restaurant, ainsi que dans les selles d'une personne hospitalisée. De plus, la toxine émétique céréulide a été détectée dans des restes de tortellinis précuits, des résidus alimentaires d'une barquette en aluminium provenant d'un plat à emporter et dans des prélèvements de selles. Les liens entre ces différents éléments ont été démontrés grâce au séquençage de nouvelle génération, qui a confirmé une relation génétique entre les isolats correspondants provenant des échantillons alimentaires, environnementaux et humains. L'intoxication a été liée à au moins onze cas humains, dont un décès.

Mesures de maîtrise de l'épidémie

Après le signalement de l'épidémie, les autorités officielles de contrôle des aliments ont procédé à plusieurs inspections et prélèvements d'échantillons. Dans un premier temps, l'exploitant a fermé l'établissement de son propre chef. Une fois les résultats de l'enquête communiqués à l'autorité compétente, l'établissement a été définitivement fermé et radié du registre. Avant qu'un nouveau restaurant ne soit autorisé à ouvrir dans ces locaux, le nettoyage et la désinfection à l'aide d'un agent sporicide par une entreprise spécialisée ont été exigés, et des prélèvements officiels par écouvillonnage de l'environnement ont été effectués. À la suite de résultats d'analyse négatifs pour Bacillus cereus (sensu stricto), les nouveaux propriétaires ont été autorisés à ouvrir leur restaurant.

Conclusion

En résumé, le cas présent permet de conclure à un foyer de cas de toxi-infection alimentaire impliquant au moins onze personnes, causée par la consommation d'aliments contenant de la céréulide (en particulier des tortellinis farcis à la viande).

Compte tenu des éléments disponibles, à savoir la présence, dans des prélèvements effectués sur le site de production et sur le matériel de nettoyage, de bactéries B. cereus (sensu stricto) capables de produire une toxine émétique et présentant une parenté génétique très étroite avec les isolats issus des aliments liés à l'épidémie (tortellinis à la viande précuits, résidus alimentaires dans une barquette en aluminium) ainsi que des prélèvements de selles, on peut conclure que l'agent pathogène a (également) été introduit depuis l'environnement de production (en raison de lacunes dans l'hygiène opérationnelle et les procédures). Ce facteur, conjugué à d'éventuelles erreurs de gestion des températures ou de durée de conservation (les anomalies organoleptiques indiquent que les tortellinis n'avaient pas été précuits récemment), explique le foyer de cas en question. Une contamination d'autres aliments (prêts à consommer) est également jugée au moins possible, compte tenu du niveau de contamination constaté (par exemple sur un torchon) et de la contamination croisée apparente du jambon cuit.

* L'iléus est un arrêt temporaire ou une perturbation des mouvements normaux de l'intestin qui empêche les aliments et les gaz de progresser.

Cadre pour aider l'industrie alimentaire à classer les risques microbiologiques des ingrédients à faible teneur en eau, selon ILSI Europe

« ILSI Europe élabore un cadre pour aider l'industrie alimentaire à classer les risques microbiologiques des ingrédients déshydratés », source Food Safety Magazine Editorial Team.

Une nouvelle étude scientifique présente un cadre qualitatif basé sur les risques pour aider les fabricants de produits alimentaires, les exploitants de services de restauration, les fournisseurs et les acheteurs à évaluer les risques microbiologiques associés aux fruits secs, aux légumes, aux herbes et aux épices et à identifier les mesures de réduction des pathogènes appropriés.

Publiée dans la revue Comprehensive Reviews in Food Science and Food Safety, cette étude a été réalisée par un groupe d'experts de l'ILSI Europe (International Life Sciences Institute) spécialisé dans la sécurité microbiologique des aliments. Les chercheurs ont constaté que, bien qu'une faible activité de l'eau (aw) inhibe la croissance microbienne dans les ingrédients secs , les bactéries pathogènes peuvent y survivre pendant de longues périodes. De plus, les ingrédients secs sont souvent ajoutés aux aliments prêts à consommer après une étape validée de réduction des pathogènes, ce qui signifie qu'aucun traitement létal supplémentaire n'est appliqué avant la consommation.

L'étude a examiné les épidémies et la prévalence des pathogènes associés aux ingrédients séchés, la survie de ces agents pendant le séchage et le stockage, ainsi que l'efficacité des technologies de décontamination conventionnelles et émergentes. Parmi les pathogènes impliqués dans les épidémies liées aux herbes et épices séchées, on retrouve Bacillus cereus, Clostridium perfringens, Escherichia coli pathogène, Salmonella enterica et norovirus. Les épidémies associées aux fruits et légumes séchés impliquent principalement Salmonella et des virus d'origine alimentaire, notamment le virus de l'hépatite A et norovirus.

Les chercheurs ont souligné que les données de prévalence disponibles présentent d'importantes limites. Les études standardisées font défaut pour de nombreux produits secs, et les données de surveillance peuvent être influencées par des enquêtes ciblées menées en réponse à des épidémies. Par conséquent, l'absence de rappels, de notifications ou de détections de pathogènes ne doit pas nécessairement être interprétée comme la preuve qu'un ingrédient ne présente aucun risque microbiologique.

Le cadre fondé sur les risques privilégie la réduction validée des pathogènes

Le cadre proposé attribue des scores pondérés dans sept domaines : preuves historiques de contamination ; risque de contamination du système agricole ; exposition des cultures au souillures et à l’eau d’irrigation ; stockage, manutention et transformation avant séchage ; lieu de séchage ; étapes validées de réduction des pathogènes ; et maîtrise contre la contamination croisée après traitement létal.

Dans ce cadre, une importance prépondérante est accordée aux mesures validées de réduction des pathogènes. Les traitements préalables au séchage, le séchage, les traitements postérieurs au séchage et le stockage contrôlé peuvent tous être pris en compte, à condition qu'ils aient été validés comme permettant de réduire la charge des pathogènes. En règle générale, le cadre considère qu'une réduction d'au moins 5 log d'unités formant colonies par gramme (UFC/g) du pathogène le plus résistant ou d'un substitut approprié équivaut à un traitement assurant une létalité totale, bien que des évaluations des risques spécifiques au produit ou des exigences réglementaires puissent fixer des objectifs différents.

Le score global obtenu s'échelonne de 7 à 115. Un score de 30 ou moins indique que les mesures de réduction des risques liés aux pathogènes dans la chaîne d'approvisionnement de l'ingrédient sont jugées adéquates, sans nécessiter d'intervention supplémentaire de la part du client ou du consommateur. Les scores compris entre 31 et 55 signalent que des mesures complémentaires sont recommandées, tandis que l'utilisation d'ingrédients obtenant un score de 56 ou plus est déconseillée sans une étape supplémentaire de réduction des pathogènes effectuée par le client ou le consommateur.
Les chercheurs ont également souligné que les analyses de recherche de pathogènes sur le produit fini ne sauraient se substituer à des mesures de maîtrise validées. En raison de la faiblesse potentielle des niveaux de contamination naturelle et des tailles d'échantillon pratiquement réalisables, l'absence de détection d'un pathogène ne prouve pas qu'un lot d'ingrédients entier est exempt de contamination ni qu'une étape de maîtrise a été efficace.

Dans l'ensemble, ce cadre a été conçu comme un outil simplifié et indicatif plutôt que comme une évaluation quantitative exhaustive des risques. Selon les chercheurs, il peut faciliter les décisions d'approvisionnement, le développement des procédés, l'analyse des dangers, l'évaluation des risques microbiologiques ainsi que la communication entre fournisseurs et clients. Ils ont recommandé d'adopter des hypothèses prudentes lorsque les informations font défaut ou que la qualité des données est incertaine.

mercredi 2 septembre 2026

Les aliments ultra-transformés sont à l'origine de la plupart des notifications de risque élevé pour la sécurité des aliments concernant l'acrylamide dans l'UE

« Les aliments ultra-transformés sont à l'origine de la plupart des notifications de risque élevé pour la sécurité des aliments concernant l'acrylamide dans l'UE », source article de Bailee Henderson paru le 2 septembre 2026 dans Food Safety Magazine.

Les aliments ultra-transformés (AUTs) ont constitué la plupart des notifications de risque grave et d'alerte concernant l'acrylamide signalées par le biais du système d'alerte rapide de l'UE pour les denrées alimentaires et les aliments pour animaux (RASFF) sur une période de 17 ans, selon une nouvelle analyse.

Publiée dans la revue Toxics et menée par l'Université de Novi Sad, l'étude a examiné 98 notifications RASFF relatives à la présence d'acrylamide dans les aliments, signalées entre 2009 et 2025. Les chercheurs ont analysé les notifications par catégorie d'aliment, décision de risque, classification de la notification et pays d'origine, et ont classé les produits signalés selon le système de classification des aliments NOVA*.

Le système de classification alimentaire NOVA à quatre catégories définit les AUTs dans la catégorie 4 comme « des produits alimentaires fabriqués industriellement composés de plusieurs ingrédients (formulations) comprenant du sucre, des huiles, des graisses et du sel, ainsi que des substances alimentaires d'usage culinaire nul ou rare ».

L'acrylamide est un contaminant qui se forme lors de la cuisson à haute température (supérieure à 120 °C), comme la friture ou le rôtissage, dans les aliments riches en amidon, en certains sucres ou en certains acides aminés. Ce composé peut être neurotoxique, génotoxique, cancérogène et nuire à la santé reproductive et au développement. Des études ont également établi un lien entre ce contaminant et certains cancers, comme le cancer du sein.

Les auteurs ont noté que la fréquence de notification au RASFF ne représente pas la prévalence réelle de la contamination par l'acrylamide et ne peut pas, sans données supplémentaires sur la consommation et la concentration, être utilisée pour estimer l'exposition alimentaire, l'incidence du cancer ou la charge de morbidité.

Augmentation des notifications suite à la mise en œuvre de la réglementation européenne

L'étude a révélé une forte augmentation des notifications liées à l'acrylamide suite à l'entrée en vigueur du règlement (UE) 2017/2158 en 2017, qui fixait des seuils de référence et des stratégies de réduction d'acrylamide dans différentes catégories d'aliments, et en 2019, année où les catégories d'aliments soumises à la surveillance de l'acrylamide ont été élargies. Les chercheurs ont souligné que cette hausse des notifications était davantage due à un renforcement de la surveillance et des contrôles qu'à une réelle augmentation de la contamination. Le nombre de notifications est resté constamment élevé entre 2023 et 2025.

Céréales, produits de boulangerie en tête des notifications

Les céréales et les produits de boulangerie, notamment les biscuits, étaient la catégorie d'aliments la plus fréquemment impliquée, suivies des plats préparés et des en-cas, principalement des chips. Ces deux catégories subissent un traitement thermique, comme la cuisson au four, la friture ou le rôtissage, dans des conditions propices à la formation d'acrylamide. Sur les 98 notifications, 28 (28,6 %) ont été classées comme présentant un risque grave.

Ces résultats concordent avec les études alimentaires menées auprès des populations de l'UE. Par exemple, la plus récente étude sur l'alimentation totale française 3 (EAT3), publiée en 2026, a révélé que les pommes de terre frites, les pommes de terre sautées, les chips et les biscuits étaient les aliments les plus susceptibles d'être contaminés par l'acrylamide.

Les AUTs représentaient 85 % des notifications d'acrylamide

Lors de la catégorisation des produits selon le système NOVA, les AUTs représentaient 84,7 % des notifications liées à l'acrylamide. Elles représentaient également 85,7 % des notifications classées comme présentant un risque grave et 77,3 % des alertes.

Dans la catégorie AUT, 32,4 % des notifications ont été classées comme présentant un risque grave, 14,9 % comme présentant un risque potentiellement grave et 21,6 % comme présentant un risque potentiel.

Des études de surveillance du marché montrent une variabilité de la teneur en acrylamide dans les aliments

Les chercheurs ont également analysé des études récentes de surveillance du marché et constaté une variabilité importante des concentrations d'acrylamide, tant au sein des catégories d'aliments transformés traités thermiquement qu'entre elles. Bien que les mesures de réduction aient permis de réduire la teneur en acrylamide dans certains produits et sur certains marchés, des concentrations élevées continuent d'être signalées dans des catégories telles que les produits de pommes de terre, les céréales pour petit-déjeuner, les biscuits, les gaufrettes, le maïs soufflé et le café torréfié.

Ceci confirme des recherches antérieures suggérant que la formation de contaminants lors des procédés de transformation thermique diffère selon les types de procédés, tels que la cuisson par extrusion, le soufflage et le grillage. Par exemple, une étude menée en 2026 par l'Université de Münster a révélé que le soufflage à l'air chaud produisait les concentrations les plus élevées d'acrylamide dans les céréales.

Appels à un renforcement des mesures de réduction et de surveillance de l'acrylamide

Les chercheurs de l'Université de Novi Sad ont conclu que les aliments ultra-transformés (AUTs) devraient être une priorité en matière de réduction de l'acrylamide et de surveillance réglementaire. Ils ont préconisé une surveillance continue, un renforcement du contrôle réglementaire, l'optimisation des technologies de transformation et des stratégies de réduction plus efficaces tout au long de la chaîne d'approvisionnement alimentaire.

Dans cette optique, et suite aux demandes des associations de consommateurs visant à renforcer le règlement (UE) 2017/2158, l'UE envisage de fixer des seuils maximaux d'acrylamide spécifiques et juridiquement contraignants pour certains aliments. Par ailleurs, la Food Standards Agency du Royaule-Uni examine les données relatives aux niveaux de présence d'acrylamide afin d'éclairer d'éventuelles décisions politiques.

Il existe des preuves que les efforts déployés par l'industrie agroalimentaire pour réduire la présence d'acrylamide dans les aliments peuvent porter leurs fruits. Par exemple, une conclusion notable de la plus récente étude sur l'alimentation totale française 3 a été la diminution des niveaux d'acrylamide dans les aliments les plus contaminés, considérés comme les principales sources d'exposition, notamment l'absence d'acrylamide dans le café torréfié.

* Pour la classification NOVA, voir cet article. Elle catégorise les aliments selon 4 groupes, en fonction de leur degré de transformation industrielle : aliments peu ou pas transformés (NOVA1), ingrédients culinaires comme le sucre, le sel, l’huile ou le beurre (NOVA2), aliments transformés (NOVA3), aliments ultra-transformés (NOVA4). 

NB : On lira sur le site de l’Inserm, « Pas si super – C’est quoi un aliment ultra-transformé ? »

Brève de vacances: La France ne fabrique pas assez de milliardaires

Je sais, on est loin de la sécurité des aliments, mais ne boudez pas le plaisir de lire une chronique aussi drôle et qu’acide.

Dans cette chronique talentueuse, Bertille Bayart du Figaro écrit le 2 septembre 2026, « La France ne fabrique pas assez de milliardaires ».
L’actualité fait la chronique, désespérante, des succès des cerveaux français aux États-Unis. Nous avons exporté nos milliardaires avant même qu’ils le deviennent.

Extrait

Cette chronique des succès américains des cerveaux français est désespérante. «Ah, monsieur, votre terre est la terre promise! Que je m'estimerais heureux d'exister dans un si bon pays», écrivait un Français (cité dans L'Humeur révolutionnaire, de Robert Darnton). Deux cent quarante ans plus tard, cet appel du large est toujours irrésistible pour les entrepreneurs.

Que vont-ils chercher là-bas? Trois promesses. Celle de pouvoir lever du capital en quantité, c'est-à-dire par centaines de millions voire par milliards de dollars, en Bourse ou auprès des fonds d'investissement. Celle de trouver un écosystème de talents et d'entreprises sur lequel appuyer la croissance d'une entreprise technologique. Celle d'avoir un accès à un marché riche et profond. Et à la clé de ces trois promesses, il y a une possibilité : celle de devenir milliardaire.


Voir les précédentes brèves de vacances :

Eclairage sur Campylbacter en Nouvelle-Zélande et en France

1. Un article récemment paru dans Journal of the Royal Society of New Zealand, traite de la « Detection of Antibiotic‐Resistant Campylobacter on Retail Chicken in New Zealand: A Sentinel Survey » ou Détection de Campylobacter résistant aux antibiotiques dans le poulet vendu au détail en Nouvelle-Zélande : une enquête sentinelle.

Résumé

Les antibiotiques sont essentiels pour traiter et prévenir les infections chez l'homme, l'animal et les végétaux. Toutefois, l'utilisation d'antimicrobiens, en particulier lorsqu'elle est inutile ou inappropriée, a contribué à l'émergence et à la propagation de l'antibiorésistance. La transmission par voie alimentaire de bactéries résistantes aux antibiotiques constitue une préoccupation croissante de santé publique, notamment via la volaille contaminée par Campylobacter jejuni.

Cette étude a examiné la prévalence de la contamination par Campylobacter et l'antibiorésistance associée dans du poulet réfrigéré acheté dans le commerce en Nouvelle-Zélande. Campylobacter a été détecté dans 50 % (12/24 ; IC à 95 % : 31,3 %-68,7 %) des échantillons grâce à des méthodes de culture sélective, de PCR et de séquençage.

Parmi les isolats confirmés, des taux élevés de résistance à la tétracycline (92 %) et à la ciprofloxacine (83 %) ont été observés, tandis que 83 % des isolats étaient sensibles à l'érythromycine. Aucun isolat ne s'est révélé totalement sensible à l'ensemble des antibiotiques testés. Ces résultats préliminaires indiquent que des souches de Campylobacter résistantes aux antibiotiques peuvent être détectées dans le poulet réfrigéré vendu au détail en Nouvelle-Zélande ; ils soulignent la nécessité de mener des études de surveillance probabilistes de plus grande envergure afin d'établir des estimations nationales de la prévalence et de la résistance. La poursuite de la surveillance, l'adoption de politiques plus strictes concernant les produits avicoles contaminés et le développement d'alternatives aux antibiotiques classiques sont recommandés pour protéger la santé publique.

Discussion

Les auteurs soulignent, « nos données indiquent que la résistance aux antimicrobiens de première intention reste fréquente dans les produits de volaille vendus au détail. Les implications de ces résultats en matière de politique publique doivent être examinées dans le contexte du cadre actuel de sécurité sanitaire des aliments en Nouvelle-Zélande. Des études antérieures ont souligné la faible sensibilisation des consommateurs à la contamination des volailles crues par Campylobacter et ont proposé l'apposition d'un étiquetage d'avertissement obligatoires comme stratégie potentielle de réduction des risques. Si l'étiquetage peut attirer l'attention sur le risque au moment de l'achat, des campagnes d'éducation du public complètes, axées sur les bonnes pratiques de préparation des aliments, seraient probablement plus efficaces pour prévenir la campylobactériose. D'autres mesures réglementaires envisageables incluent le durcissement des objectifs de performance concernant Campylobacter sur les carcasses lors de la transformation et/ou la restriction de la vente de poulet réfrigérés dépassant les seuils de contamination convenus. Il a été démontré que la congélation réduit considérablement la charge en Campylobacter ; certaines juridictions encouragent donc les consommateurs à privilégier l'achat de volaille surgelée afin de limiter les risques. L'optimisation des contrôles industriels, le renforcement de l'éducation des consommateurs et le développement d'alternatives à l'utilisation traditionnelle d'antimicrobiens ou les peptides antimicrobiens pourraient contribuer à réduire la pression de sélection antibiotique tout en préservant le bien-être animal. »

En conclusion, le poulet vendu au détail en Nouvelle-Zélande demeure un vecteur potentiel de transmission de souches de Campylobacter résistantes aux antimicrobiens. Une surveillance continue et des réponses coordonnées de la part du secteur seront essentielles pour limiter la propagation de Campylobacter résistant et protéger la santé publique.

2. Un peu auparavant l’article en Nouvelle-Zélande, un article paru Antimicrobial Agents and Chemotherapy traite de la « Contributions of whole-genome sequencing to the epidemiological monitoring of Campylobacter spp. in France » ou Apport du séquençage du génome entier à la surveillance épidémiologique de Campylobacter spp. en France.

Résumé

Les techniques de séquençage de nouvelle génération ont révolutionné l'épidémiologie et la compréhension des infections à Campylobacter spp. Dans cette étude, nous présentons les résultats d'une analyse par séquençage de nouvelle génération (NGS) réalisée en 2024 sur 2 360 souches de Campylobacter spp. isolées en France, incluant 1 959 souches de Campylobacter jejuni, 358 de Campylobacter coli et 43 de Campylobacter fetus. Nous décrivons la diversité des souches en circulation et dressons un panorama des principaux mécanismes de résistance aux antibiotiques. Nous avons identifié divers mécanismes de résistance, notamment vis-à-vis des pénicillines du groupe A. Il convient de souligner l'identification d'un nouveau promoteur en amont du gène codant pour une bêta-lactamase. À l'aide de marqueurs d'attribution de source pour C. jejuni et C. coli, nous avons identifié la volaille comme le principal vecteur d'infection par ces deux espèces. Toutefois, la viande de ruminant est à l'origine d'une proportion significative d'infections à C. jejuni en France. Cette étude démontre comment une stratégie de séquençage permet de générer des données à grande échelle et à haute résolution pour mieux comprendre les infections à Campylobacter spp.

Dans l’introduction à cet article, les auteurs indiquent, « Grâce à la culturomique, le rôle de Campylobacter spp. dans l'épidémiologie des diarrhées infectieuses aiguës est mieux compris. Campylobacter est désormais considéré comme la principale étiologie, occupant une place encore plus centrale que la salmonellose. »


Dans la discussion, les auteurs rapportent :
C. jejuni était l'espèce prédominante dans notre étude, ce qui concorde avec l'épidémiologie des infections à Campylobacter spp. en France et dans d'autres pays industrialisés.

La volaille constitue la principale source d'infection par C. jejuni et C. coli. En France, les ruminants sont à l'origine d'une proportion importante des infections à C. jejuni, tandis que les porcs sont responsables d'une part plus limitée des infections à C. coli. Ces données concordent avec nos analyses antérieures et diffèrent de celles observées dans d'autres pays.

La surveillance stricte des clones de Campylobacter spp. se poursuit et sera encore renforcée dans les années à venir grâce à des études menées en collaboration avec Santé publique France et l'Anses.

Nous estimons que les données présentées apportent un éclairage nouveau sur les infections à Campylobacter spp., en particulier en France. Dans les années à venir, nous suivrons les données relatives à l'antibiorésistance et à l'attribution des sources ; celles-ci pourront servir de base à des études comparatives pour d'autres laboratoires souhaitant mettre en œuvre une approche de séquençage de nouvelle génération (NGS) dans le cadre de l'étude systématique des infections à Campylobacter spp.

mardi 1 septembre 2026

Brève de vacances : Que Choisir et les pesticides : la désinformation augmente !

« Que Choisir et les pesticides : la désinformation augmente ! », source article documenté à lire d’André Heitz paru le 31 août sur son blog Agriculture, alimentation, santé publique... soyons rationnels.

Marronnier ? Contribution subreptice à de prochaines campagnes antipesticides d'envergure et coordonnées ? Besoin de remplir les 66 pages d'un numéro de la revue ? Quatre pages du numéro de septembre 2026 ne font pas honneur au mouvement consumériste, et encore moins à Que Choisir.

Actualité oblige, la couverture du numéro de septembre 2026 de la revue Que Choisir se devait de titrer en très grand : « Hold-up sur vos données ». En plus petit et en bas de page : « Pesticides : la contamination augmente ! ».

En page intérieure, c'est : « Pesticides – La contamination en hausse », mais en chapô, cela devient : « […] la contamination perdure... voire s'aggrave ».

Que faut-il penser du procédé mis en œuvre ici – exagération dans les titres, relative modération dans le texte ?

L’article se décline sous plusieurs paragraphes ...

- Une sémantique anxiogène
- Des choix « stratégiques » pour un effet d'aubaine
- Achetez français ?…
- ...mais non ! Il faut acheter « bio » !

L’article conseille de lire ou de relire avec intérêt « Les dérives de l’UFC-Que Choisir » de Gil Rivière-Wekstein. C'était déjà sur la base d'un article de Que Choisir sur les résidus de pesticides dans les aliments.

Commentaire

Ce mouvement consumériste semble être devenu une ONG à part entière !

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Chaque dollar dépensé pour la surveillance de pathogènes d'origine alimentaire par séquençage du génome entier génère un retour sur investissement de 31 dollars, selon une étude

« Une étude suggère que chaque dollar dépensé pour la surveillance des pathogènes d'origine alimentaire par séquençage du génome entier (WGS) aux États-Unis génère un retour sur investissement de 31 dollars », source Food Safety Magazine Editorial Team.

Une nouvelle étude a estimé que chaque dollar investi dans l'analyse par séquençage du génome entier (WGS) pour trois pathogènes majeurs d'origine alimentaire, réalisée par les laboratoires américains du réseau GenomeTrakr, pourrait permettre d'économiser environ 31 dollars en frais de santé évités.

Ces résultats confortent des recherches antérieures, notamment des études menées en Australie et au Canada, qui démontrent les avantages économiques et sanitaires du WGS pour la surveillance nationale des pathogènes d'origine alimentaire.

Publiée dans Journal of Food Protection et dirigée par des chercheurs de la FDA des États-Unis, cette étude a évalué les coûts et les retombées économiques de la surveillance par WGS pour Salmonella enterica, Listeria monocytogenes et Escherichia coli producteurs de shigatoxines (STEC). Les chercheurs ont analysé les données relatives aux coûts et aux volumes de séquençage provenant de 23 laboratoires du GenomeTrakr, dont cinq laboratoires de la FDA et 18 laboratoires partenaires (étatiques ou universitaires) soutenus par la FDA, pour la période de 12 mois allant de juillet 2024 à juillet 2025. Afin d'estimer le retour sur investissement global de la surveillance nationale par GenomeTrakr, les chercheurs ont appliqué le coût moyen pondéré par échantillon (observé dans les laboratoires participants) aux séquençages réalisés par les 36 laboratoires nationaux du GenomeTrakr au cours de la même période.

Principaux résultats

Pour l'ensemble des 23 laboratoires ayant fourni des données sur les coûts, le coût moyen pondéré du WGS s'élevait à 286 dollars par échantillon, dans une fourchette allant de 88 à 1 041 dollars. Des volumes de séquençage plus élevés étaient fortement associés à des coûts par échantillon plus faibles, ce qui suggère l'existence d'économies d'échelle pour les laboratoires traitant des volumes plus importants. En s'appuyant sur un modèle d'analyse du seuil de rentabilité issu d'une étude antérieure sur les retombées économiques de la surveillance par séquençage du génome entier (WGS) en matière de réduction des maladies d'origine alimentaire, les chercheurs ont estimé que la surveillance menée dans les 36 laboratoires a permis d'éviter 870 cas de maladie et 53,7 millions de dollars de coûts liés à la santé. Ce bilan inclut, selon les estimations, 579 cas de salmonellose (pour un coût évité de 9,7 millions de dollars), 17 cas de listériose (42,1 millions de dollars) et 274 cas d'infection à STEC (2 millions de dollars).

Au regard d'un coût annuel de la surveillance par WGS estimé à 1,75 million de dollars, le rapport avantages-coûts global s'établit à environ 31 pour 1. Le rendement variait considérablement d'un laboratoire à l'autre, allant de 2,20 dollars à 123,35 dollars de coûts de santé évités par dollar investi. La surveillance de Listeria a généré le rapport avantages-coûts le plus élevé pour un pathogène donné, soit environ 101,52 dollars par dollar dépensé, contre 12,18 dollars pour Salmonella et 3,66 dollars pour les STEC.

Les chercheurs ont également mis au point un outil de calcul avantages-coûts du WGS, accessible au public, qui permet aux laboratoires de saisir leur volume de séquençage et leurs coûts afin d'estimer le nombre de cas évités, les coûts de santé épargnés et les rapports avantages-coûts pour les trois pathogènes.

Limites et conclusions

Les auteurs ont reconnu plusieurs limites. Les estimations du nombre de cas évités reposaient sur des modèles publiés antérieurement, supposant une relation stable entre le volume de séquençage et la réduction de la maladie ; par ailleurs, l'analyse n'intégrait pas les coûts liés aux infrastructures scientifiques et informatiques centralisées. De plus, l'étude ne portait que sur trois pathogènes et excluait les isolats cliniques. Les chercheurs ont donc précisé que les estimations du retour sur investissement devaient être interprétées principalement du point de vue des laboratoires participants, et non de celui de l'ensemble du système de santé publique.

En conclusion, les chercheurs ont estimé que la surveillance génomique fondée sur le WGS constituait un investissement rentable pour la santé publique et que des outils économiques standardisés pourraient aider les laboratoires à démontrer la valeur de leurs activités de surveillance et à orienter les futurs investissements dans les infrastructures de sécurité des aliments.

lundi 31 août 2026

Les compléments alimentaires contenant du lithium sont interdits

En avril 2026, l’Anses avait parlé du lithium afin de « mieux connaître les expositions pour maîtriser les risques sanitaires et environnementaux », mais il n’était pas question de compléments alimentaires …

Voici une autre information du 31 août 2026 issue de l'Office fédéral de la protection des consommateurs et de la sécurité des aliments (BVL) d’Allemagne, « Le lithium ne doit être pris que sous surveillance médicale. Les compléments alimentaires contenant du lithium sont interdits »

« Santé neurologique », « clarté mentale », « paix intérieure » ou « forte concentration » : autant d’allégations utilisées pour promouvoir des produits contenant du lithium, vendus en ligne comme compléments alimentaires. Or, même une légère augmentation du taux de lithium dans l’organisme peut avoir de graves conséquences sur la santé. C’est pourquoi les aliments, y compris les compléments alimentaires, contenant des composés de lithium ajoutés sont interdits dans l’Union européenne.

L’Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA) rappellent que le lithium n’est pas autorisé dans les compléments alimentaires au sein de l’Union européenne. Cette interdiction s’applique quel que soit le composé chimique contenant du lithium, notamment le carbonate de lithium et l’orotate de lithium. L’enrichissement d’autres aliments en lithium ou en ses composés chimiques est également interdit. « Le lithium est naturellement présent dans les aliments en très faibles quantités. Son rôle dans l’organisme n’est pas encore totalement élucidé. Même une légère augmentation du taux de lithium peut avoir des conséquences graves et significatives sur la santé ».

Les signes possibles d'une intoxication au lithium incluent une soif intense, des mictions fréquentes, la diarrhée, des vomissements, une déshydratation, des tremblements, des troubles neurologiques tels qu'une faiblesse musculaire, des vertiges, de la fatigue, de la confusion et des troubles de la coordination, de la parole et de la vision. Une intoxication grave peut entraîner des convulsions, un coma, voire la mort.

En raison de ses effets pharmacologiques et des risques qu'il représente pour la santé, les produits contenant des composés de lithium ajoutés et étiquetés comme aliments sont probablement soit des médicaments non autorisés, soit des produits alimentaires impropres à la consommation. Dans les deux cas, leur commercialisation est donc interdite.

Commentaire

Un simple recherche sur internet montre à l’évidence que les compléments alimentaires contenant du lithium sont commercialisés.