vendredi 9 octobre 2026

Sécurité des aliments en France : similitudes et différences des courbes du nombre d'inspections et du nombre de TIAC, selon l'IA

Le blog cède aussi à la mode de l’intelligence artificielle (IA). J’ai donc demandé à l’IA quelles étaient les similitudes ou les différences entre ces deux courbes ?

A partir de deux courbes que j’ai réalisées :

- une courbe sur l’évolution du nombre d’inspections en sécurité des aliments de 2012 à 2025. Toutes ces données sont disponibles sur le site du ministère de l’Agriculture.
- une courbe sur l’évolution du nombre de TIAC de 2012 à 2024. A noter que les données de 2024 sont celles publiées par l’EFSA sur son rapport 2024 sur les zoonoses ; Santé publique France n’ayant toujours pas, à ce jour, diffusé les données des TIAC de 2024.

Cette interprétation n’attirant pas de commentaire de ma part et je vous laisse à vos réflexions ...

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Les deux courbes présentent certaines similitudes dans leur évolution, mais aussi des différences importantes.

Similitudes entre les deux courbes
  • Une tendance relativement stable au début : entre 2012 et 2015, les deux courbes évoluent peu. Le nombre d’inspections diminue légèrement, tandis que le nombre de TIAC déclarées reste relativement stable ou augmente légèrement.
  • Une évolution fluctuante : les deux courbes connaissent des hausses et des baisses au fil des années, sans suivre une progression régulière.
  • Une baisse autour de 2016-2017 pour les inspections et en 2017 pour les TIAC : les deux indicateurs connaissent une diminution durant cette période, même si elle ne se produit pas exactement la même année.
  • Une remontée à partir de 2021 : les deux courbes montrent une augmentation après 2020, particulièrement marquée à partir de 2022.
Différences entre les deux courbes
  • Une évolution différente entre 2016 et 2020 : le nombre d’inspections diminue fortement en 2016, puis reste relativement stable jusqu’en 2019, avant de chuter en 2020. À l’inverse, le nombre de TIAC augmente entre 2017 et 2019, puis diminue fortement en 2020.
  • Une baisse en 2020 dans les deux cas : les inspections atteignent leur niveau le plus bas, autour de 41 000, tandis que les TIAC déclarées descendent à environ 1 000.
  • Une forte augmentation des inspections en 2024 et 2025 : les inspections passent d’environ 50 000 en 2023 à 106 000 en 2024, puis à 120 000 en 2025. Les TIAC augmentent également entre 2021 et 2023, mais diminuent très légèrement en 2024 avec toujours plus de 2 000 TIAC.
  • Des niveaux et des périodes différents : les inspections mesurent une activité de contrôle, tandis que les TIAC déclarées reflètent des événements sanitaires signalés. Les deux indicateurs ne mesurent donc pas la même chose.

Comparaison synthétique

Période
Nb d’inspections en sécurité aliments
Nb de TIAC déclarées
2012-2015
Diminution progressive
Relative stabilité, légère hausse
2016-2019
Baisse, puis stabilisation
Fluctuations, puis hausse
2020
Forte baisse
Forte baisse
2021-2023
Légère reprise, puis stabilité
Forte augmentation
2024
Forte augmentation
Légère diminution
2025
Nouvelle augmentation
Pas de donnée

Conclusion et interprétation

La principale similitude est la baisse observée en 2020, suivie d’une reprise des deux indicateurs à partir de 2021. Cependant, leurs évolutions divergent ensuite : les TIAC déclarées augmentent nettement jusqu’en 2023, puis diminuent très légèrement en 2024, alors que les inspections connaissent une hausse très importante en 2024 et 2025.

Il est important de noter que l’augmentation du nombre d’inspections ne signifie pas nécessairement une augmentation des TIAC, ni leur diminution une amélioration automatique de la sécurité des aliments. Davantage d’inspections peuvent permettre de détecter davantage de problèmes et leur nombre peut aussi dépendre des moyens de contrôle disponibles, des priorités administratives et des méthodes de déclaration.

Les avantages de la vaccination vont au-delà de la protection contre l'infection

« Les avantages de la vaccination vont au-delà de la protection contre l'infection », source EurekAlert!.

Une étude menée sur des souris par des chercheurs de l'université Pompeu Fabra montre que la vaccination peut prévenir les conséquences immunitaires à long terme d'une infection virale aiguë.

La vaccination prévient non seulement les maladies causées par une infection aiguë, mais protège également contre les séquelles immunitaires à long terme pouvant survenir après une infection virale aiguë. C’est la principale conclusion d’une étude menée par le Laboratoire de biologie des infections de l’Université Pompeu Fabra. Cette étude, réalisée sur des souris, montre qu’après une infection virale aiguë, les animaux subissent une période prolongée d’affaiblissement de leur réponse immunitaire, compromettant ainsi la capacité de leur système immunitaire à répondre efficacement à de futures agressions. La vaccination préalable a permis de prévenir ces conséquences néfastes, préservant la fonction immunitaire et contribuant ainsi à une meilleure compréhension des bienfaits de la vaccination.  

On considère souvent les infections virales aiguës, comme le rhume ou une gastro-entérite, comme une simple succession d'événements : le virus se multiplie et provoque des symptômes, puis il est maîtrisé et, finalement, la personne guérit. Ce processus global génère également une immunité spécifique au virus, qui contribue à la protéger contre de futures infections par le même pathogène. Mais que se passerait-il si la guérison d'une infection aiguë impliquait bien plus que cela ? 

Une étude menée par des chercheurs du Laboratoire de biologie des infections de l'Université Pompeu Fabra, publiée dans la revue Cell Death & Disease, montre que la guérison d'une infection virale aiguë peut entraîner des séquelles à long terme pour le système immunitaire. À l'aide d'un modèle murin d'infection aiguë, les chercheurs ont constaté que, même si les animaux parvenaient à contrôler le virus et à surmonter la phase aiguë de l'infection, leur système immunitaire restait altéré bien plus longtemps. 

Selon Andreas Meyerhans, professeur de recherche ICREA à l'UPF et responsable de l'étude, « on a généralement l'impression qu'une infection virale aiguë est un événement relativement mineur et transitoire : une fois le virus maîtrisé et les symptômes disparus, l'organisme est pleinement rétabli et retrouve son fonctionnement normal. Mais cette vision risque de sous-estimer des conséquences qui ne sont pas immédiatement visibles et qui peuvent persister longtemps après la guérison de l'infection elle-même. »

En tant qu'effet collatéral de la réponse immunitaire générée pour contrôler et éliminer le virus, les chercheurs ont observé une perturbation importante de l'architecture de la rate chez les souris guéries. Le tissu s'est fibrosé, tandis que l'organisation et la localisation des cellules immunitaires ont été profondément altérées. Ces modifications ont perturbé les interactions cellulaires nécessaires à l'activation des lymphocytes T, acteurs clés de l'immunité adaptative qui reconnaissent et éliminent les cellules infectées. Par conséquent, après la guérison de l'infection aiguë, les souris ont présenté une altération prolongée de leur capacité à déclencher de nouvelles réponses immunitaires lors d'infections ultérieures.

« L’infection peut être maîtrisée, mais cela ne signifie pas nécessairement que l’hôte est complètement rétabli », explique la Dre Paula Cebollada Rica, première auteure de l’étude. « Nos résultats montrent que les conséquences immunitaires d’une infection virale aiguë peuvent persister au-delà de la période où le virus est détectable, laissant les animaux dans un état d’immunodéficience. »

La vaccination a permis d'éviter les conséquences à long terme de l'infection

La question suivante était de savoir s'il existait un moyen de prévenir ces conséquences à long terme. La vaccination apparaissait comme une solution naturelle. Dans ce modèle murin, les animaux préalablement vaccinés ne présentaient aucune des altérations observées après la guérison de l'infection aiguë : leur architecture splénique restait intacte et la fonctionnalité de leurs lymphocytes T était comparable à celle des souris naïves. 

« Après avoir guéri d’une infection virale aiguë, les animaux vaccinés n’ont présenté ni dysfonctionnement des lymphocytes T ni altérations de la rate. Cela signifie que la vaccination a non seulement prévenu la maladie consécutive à l’infection aiguë, mais a également préservé la capacité du système immunitaire à faire face à de nouvelles agressions », explique Cebollada Rica. 

Implications pour la santé publique

Ces résultats interviennent à un moment où les décisions relatives à la vaccination et à la prévention des maladies infectieuses sont de plus en plus influencées par les politiques publiques. Les données scientifiques sur les conséquences des infections et les bienfaits de la vaccination sont particulièrement importantes à l'heure où les décisions politiques peuvent compromettre les efforts concertés de prévention des maladies. Ces résultats suggèrent que la vaccination pourrait avoir des avantages qui vont au-delà de la simple prévention de la maladie causée par une infection.

« Les bienfaits de la vaccination mis en évidence par cette recherche sont importants non seulement pour les soins de santé, mais aussi pour la manière dont nous communiquons l'importance de la vaccination à l'ensemble de la population », déclare Meyerhans. « Il est essentiel que les gens soient conscients de la protection plus large qu'offre la vaccination et qu'ils continuent de faire confiance aux vaccins, considérés comme l'un des outils les plus efficaces pour prévenir les maladies. En clair, les vaccins offrent des avantages considérables pour la santé à un coût relativement faible pour la société. »

La confiance des Américains envers la sécurité des aliments et la surveillance fédérale atteint un niveau historiquement bas, selon un sondage

« Un sondage Gallup révèle que la confiance des Américains envers la sécurité des aliments et la surveillance fédérale atteint un niveau historiquement bas », source Food Safety Magazine.

La confiance des Américains dans la sécurité de l'approvisionnement alimentaire aux États-Unis et dans la capacité du gouvernement fédéral à garantir cette sécurité a chuté à des niveaux historiquement bas, selon un nouveau sondage Gallup. Parallèlement, davantage de consommateurs ont déclaré prendre des précautions en réaction aux rappels de produits alimentaires et aux avis de sécurité.

Baisse de la confiance envers les aliments vendus en magasin

Seulement 65 % des adultes américains se sont dits très ou assez confiants quant à la sécurité des aliments vendus dans la plupart des magasins d'alimentation ; ce chiffre était de 73 % en 2025 et de 81 % en 2019. Par ailleurs, 66 % ont exprimé leur confiance quant à la sécurité des aliments servis dans la plupart des restaurants, un indicateur que Gallup a inclus pour la première fois cette année.

Les Américains moins confiants dans la surveillance fédérale de la sécurité des aliments

La confiance dans la capacité du gouvernement fédéral à garantir la sécurité de l'approvisionnement alimentaire a également atteint un nouveau plus bas, s'établissant à 47 %, contre 53 % en 2025 et 68 % en 2019. Pour la première fois dans l'histoire des sondages Gallup, une majorité d'Américains (53 %) a déclaré n'avoir que peu ou pas du tout confiance dans la surveillance fédérale de la sécurité des aliments.

Davantage de consommateurs prennent des précautions

Parallèlement, les consommateurs sont plus enclins à prendre des précautions à la suite d'avertissements concernant la sécurité alimentaire. Plus précisément, Gallup a constaté que :

- 73 % des Américains avaient évité d'acheter certaines marques ou certains types d'aliments à la suite d'un rappel ou d'un avis des autorités au cours de l'année écoulée, contre 53 % en 2024 ;

- 45 % avaient jeté ou rapporté un produit alimentaire, contre 37 % en 2024 ;
- 42 % avaient craint que l'un des aliments qu'ils avaient consommés ne soit contaminé, contre 26 % en 2024.

Différences partisanes dans la perception de la sécurité des aliments

Le sondage a également révélé un creusement des écarts partisans concernant la confiance envers la surveillance fédérale de la sécurité alimentaire. Chez les Républicains, 70 % ont exprimé leur confiance dans la capacité du gouvernement fédéral à garantir la sécurité des aliments, contre 30 % chez les Démocrates. Toutefois, une majorité de personnes, tous bords politiques confondus, ont déclaré avoir évité certains aliments en raison de rappels ou d'avis sanitaires, notamment 63 % des Républicains, 73 % des Indépendants et 81 % des Démocrates.

La baisse de confiance envers la sécurité des aliments fait suite à des épidémies majeures

Ces résultats font suite à la plus importante épidémie de cyclosporose jamais enregistrée aux États-Unis, qui a touché plus de 12 000 personnes dans 21 États et s'est achevée en septembre 2026.

Gallup a noté que les précédentes baisses de confiance envers la surveillance fédérale de la sécurité des aliments avaient également coïncidé avec des épidémies majeures de maladies d'origine alimentaire, notamment celles liées à Escherichia coli et à Salmonella en 2007 et 2008. Cependant, les dernières données indiquent que les préoccupations des Américains concernant la contamination alimentaire et leurs réactions aux avertissements sanitaires se sont accrues au sein de tous les groupes politiques, malgré les divergences partisanes quant à la confiance accordée à la surveillance fédérale.

jeudi 8 octobre 2026

Suisse : Deux cas de botulisme alimentaire découverts en Valais, une première depuis plus de trois décennies

« Deux cas de botulisme alimentaire découverts en Valais, une première depuis plus de trois décennies », source RTS.

C'est une première depuis plus de trente ans. Deux cas de botulisme alimentaire ont été détectés en Valais. Deux personnes ont été intoxiquées et sont actuellement hospitalisées. Elles ont reçu un traitement antitoxine. Il n'y a pas de risque de contagion.

Un rappel de produit a été diffusé par l’Office fédéral de la sécurité alimentaire et des affaires vétérinaires (OSAV) sur l’application RecallSwiss en raison d’une suspicion concernant une terrine de jarret de porc, vendue sur les marchés de Sierre et de Martigny, ainsi que dans certaines boucheries.

« Les lots ont été retirés du marché. Les personnes ayant acheté un produit de ce type sont appelées à ne pas le consommer et à ne pas l’ouvrir. Le produit doit être jeté », a communiqué, mercredi, l'Etat du Valais, confirmant une information préalable de Rhône FM.

Se rendre aux urgences

Les premiers symptômes apparaissent généralement dans les heures ou les jours suivant l’ingestion. Ils peuvent notamment comprendre une sécheresse de la bouche, des troubles de la vision tels qu’une vision floue ou double, des difficultés à parler ou à avaler ainsi qu’une faiblesse ou une paralysie musculaire. Des nausées, vomissements ou diarrhées peuvent également survenir. Dans les formes sévères, la paralysie peut atteindre les muscles respiratoires et nécessiter une prise en charge médicale intensive.

Les personnes ayant consommé ce produit et qui présenteraient des symptômes compatibles avec le botulisme doivent se rendre sans délai aux urgences et signaler au personnel médical la consommation du produit concerné ainsi que la suspicion de botulisme.

NB : Merci à Joe Whitworth de Food Safety News d’avoir signalé cette information.


Et chez nous ...
Du 1er janvier 2018 au 31 décembre 2024, 74 foyers ont été déclarés en France métropolitaine, totalisant 122 cas (dont 107 cas hospitalisés et 1 décès).
Dans près de 80 % des cas, il s'agit d'un botulisme alimentaire lié à la consommation de conserves familiales, artisanales ou de charcuteries mal stérilisées.

Des chercheurs s'inquiètent de la circulation de Campylobacter multirésistants entre les secteurs et les pays en Europe

« Des chercheurs s'inquiètent de la circulation de Campylobacter multirésistants entre les secteurs et les pays en Europe », source Food Safety Magazine.

Une lignée de Campylobacter coli multirésistant circule depuis des années entre les sources humaines, animales, alimentaires et environnementales en Europe, soulignant la nécessité d'une surveillance génomique coordonnée selon l'approche Une seule santé, d'après une étude publiée dans la revue du CDC, Emerging Infectious Diseases.

Une équipe internationale de chercheurs a caractérisé l'émergence et la transmission de la séquence type (ST) 10042 de C. coli, initialement identifié comme un séquence type prédominant grâce à une surveillance fondée sur le séquençage du génome entier au Portugal. L'étude a porté sur 217 isolats de C. coli ST10042 collectés dans neuf pays européens entre août 2018 et décembre 2025. Parmi eux, 184 étaient d'origine humaine et 33 provenaient de sources animales, alimentaires ou environnementales.

Le Portugal a fourni le plus grand nombre d'isolats humains (85), suivi de l'Allemagne (30) et du Luxembourg (21). Au Portugal, la ST10042 représentait 30 % des infections à C. coli en 2022 ; ce taux a chuté à 14-15 % en 2023-2024 avant de remonter à 24 % en 2025. Dans l'ensemble, la ST10042 a été la séquence type de C. coli le plus fréquemment identifié dans le pays entre 2021 et 2025.

Sur les 30 isolats d'origine animale ou alimentaire inclus dans l'étude, 83 % provenaient de volailles. Ces isolats ont été obtenus à partir de viande de volaille crue, de plats préparés à base de poulet, d'animaux d'élevage et d'un chien. Trois autres isolats provenaient d'eaux de surface.

L'analyse génomique a mis en évidence des clusters transfrontaliers, notamment un vaste groupe composé principalement d'isolats du Portugal et du Luxembourg, ainsi que d'isolats provenant d'Allemagne, d'Irlande, du Royaume-Uni, d'Espagne et des Pays-Bas. D'autres clusters notables reliaient des isolats provenant d'Allemagne, du Danemark et d'Irlande. Selon les chercheurs, ces résultats démontrent une circulation transnationale et intersectorielle soutenue, plutôt que des infections sporadiques isolées à C. coli.

Cette lignée présentait également un profil de multirésistance conservé. Les 98 isolats portugais soumis à des tests de sensibilité aux antimicrobiens étaient tous résistants à la ciprofloxacine, à la tétracycline et à l'ampicilline. La quasi-totalité était résistante à l'amoxicilline/acide clavulanique et présentait une sensibilité diminuée à l'ertapénem. Toutefois, les chercheurs ont souligné que l'absence de seuils cliniques établis et de données sur l'évolution clinique limite l'interprétation de la sensibilité à l'ertapénem.

Les chercheurs ont identifié des déterminants génétiques associés à la résistance aux fluoroquinolones, aux tétracyclines et aux β-lactamines dans un ensemble plus vaste de 217 isolats. Ils ont également suggéré que la variation du gène porA influençait la sensibilité à l'amoxicilline/acide clavulanique et à l'ertapénem.

L'étude était limitée par les différences de couverture de la surveillance par séquençage du génome entier entre les pays, la surreprésentation des isolats portugais et le manque de données épidémiologiques détaillées nécessaires pour confirmer les voies de transmission ou la causalité de l'épidémie. Dans l'ensemble, les chercheurs ont affirmé que les résultats démontraient l'importance d'une surveillance harmonisée du séquençage du génome entier dans le cadre de l'approche Une seule santé pour les secteurs humain, animal, alimentaire et environnemental, incluant des méthodes d'échantillonnage et d'analyse standardisées et des bases de données génomiques partagées pour la détection des lignées émergentes de Campylobacter résistants aux antimicrobiens. 

Le Danemark et l'Autriche contribuent à résoudre deux importantes épidémies de salmonellose en Europe

Une étude avec 36 auteurs est paru en septembre 2026 dans Epidemiology and Infection à propos de foyers de cas étendus à Salmonella Enteritidis en Europe liées à de la viande de poulet originaire de Pologne, 2023 (Widespread European outbreaks of Salmonella Enteritidis related to chicken meat from Poland, 2023)

Cet article présente des données sur les épidémies survenues en Europe et décrit les investigations microbiologiques, épidémiologiques et alimentaires menées en Autriche et au Danemark lors de ces deux épidémies transfrontalières simultanées à S. Enteritidis.

Résumé

Salmonella Enteritidis se transmet généralement à l'homme par la consommation d'œufs ou de viande de volaille. En juillet 2023, le Danemark et l'Autriche ont signalé simultanément deux épidémies causées par des souches de S. Enteritidis de séquence type (ST) 11 génétiquement distinctes. Dans les deux pays, des cas ont été rattachés à ces épidémies grâce au typage de séquence multilocus basé sur le core génome (cgMLST) entre le 1er janvier et le 1er octobre 2023. Les investigations ont inclus des entretiens avec les patients, la traçabilité des aliments et, par analyse cgMLST, la comparaison d'isolats d'origine humaine, alimentaire et environnementale.

Au total, 207 cas ont été recensés dans 11 pays de l'UE. Les informations recueillies sur l'alimentation des patients ont orienté les soupçons vers le poulet, souvent vendu sous forme de viande à kebab. Des enquêtes approfondies de traçabilité, menées à partir des restaurants et grossistes concernés en Autriche et au Danemark, ont identifié la viande de poulet produite en Pologne comme le vecteur de ces épidémies.

Suite au décès d'un patient en Autriche, les autorités de la sécurité des aliments ont renforcé les contrôles sur ce produit, entraînant des rappels de denrées alimentaires. Des rappels de produits spécifiques à base de poulet originaire de Pologne ont également été effectués au Danemark. Malgré les interventions nationales et les réglementations visant les producteurs de volaille, l'UE reste collectivement vulnérable aux épisodes de contamination alimentaire à grande échelle prenant leur source dans un seul État membre. Une collaboration internationale et intersectorielle efficace a été déterminante pour identifier le vecteur de ces épidémies.

Conclusion

Cette enquête démontre l'efficacité de la traçabilité alimentaire internationale comme outil de résolution des épidémies.

Elle souligne également l'importance d'une généralisation du séquençage du génome entier ainsi que de la capacité à partager et comparer les données de séquençage issues d'isolats humains et alimentaires entre les différents pays. L'utilisation d'une plateforme commune telle qu'EpiPulse favorise la collaboration et renforce la réponse collective face aux menaces pour la santé publique. L'émergence d'épidémies de S. Enteritidis liées à du poulet polonais met en lumière la complexité des défis ainsi que la nature multidimensionnelle de la prévention et de la lutte contre les maladies d'origine alimentaire dans un monde de plus en plus interconnecté. Relever ces défis exige une action concertée de toutes les parties prenantes, gouvernements, organismes de réglementation, partenaires industriels et consommateurs, afin de mettre en œuvre des stratégies globales fondées sur des données probantes, visant à réduire le risque de contamination par Salmonella dans les produits avicoles et à préserver la santé publique à l'échelle mondiale.

Deux épidémies distinctes à Salmonella ST11

Un tableau présente les données relatives à l'épidémie 1 (N = 149), à l'épidémie 2 (N = 60) et au total (N = 209).
- Sexe : Les hommes constituent la majorité dans les deux épidémies (54,4 % pour l'épidémie 1, 68,3 % pour l'épidémie 2, 58,4 % au total).
- Tranche d'âge : Les groupes les plus touchés sont ceux des 11-20 ans (19,1 % au total) et des 21-30 ans (22,5 % au total). L'épidémie 2 présente une concentration notable dans la tranche d'âge des 81 ans et plus (16,7 %).
- Hospitalisation : 11,0 % de l'ensemble des cas ont été hospitalisés, bien que cette information soit inconnue pour 72,7 % des cas.
- Voyage à l'étranger : 12,4 % de l'ensemble des cas ont signalé un voyage, tandis que cette information est inconnue pour 52,2 % d'entre eux.
- Pays : Le Royaume-Uni a enregistré le nombre de cas le plus élevé (80 cas, soit 38,3 %), suivi de la France (49 cas, soit 23,4 %) et du Danemark (29 cas, soit 13,9 %). L'épidémie 1 était fortement concentrée au Royaume-Uni (46,3 %), alors que l'épidémie 2 était plus uniformément répartie entre la France (23,3 %), l'Autriche (18,3 %) et l'Allemagne (18,3 %).
- Consommation de poulet : 19,6 % de l'ensemble des cas ont confirmé en avoir consommé, tandis que l'information est inconnue pour 79,9 % d'entre eux.
- Consommation de kebab : 16,7 % de l'ensemble des cas ont confirmé en avoir consommé, tandis que l'information est inconnue pour 76,6 % d'entre eux.

NB : Merci à Joe Whitworth de Food Safety News d’avoir signalé cette information.

France : Questions sur un rappel de jambon sec contaminé par de l'ochratoxine A

D’habitude quand il y a un rappel de jambon sec sur RappelConso, vous pouvez vérifier, il s’agit le plus souvent en raison de la présence de Listeria monocytogenes et de temps à autre de la présence de Salmonella.

Mais là, à ma connaissance, c’est bien la première fois qu’un rappel de jambon sec en France soit dû à la présence d’ochratoxine A, une mycotoxine bien connue.

Reprenons les faits qui ont évolué lentement,semble-t-il, selon la chronologie suivante :

- Le 25 septembre 2026, RappelConso informe du rappel de jambon sec supérieur U 10 tranches. Le motif du rappel est une non conformité chimique liée à la présence identifiée d'ochratoxine A

- Le distributeur Système U, à l’origine du rappel, mentionne ce rappel, mais il ne dit pas à quelle date ce rappel a été effectué. Il va falloir corriger ça.
- Le 1er octobre 2026, la France notifie au RASFF de l’UE, référence 2026.8697, la présence excessive d’ochratoxine A (116 ± 35 µg/kg ) dans du jambon sec de France. Le maximum étant 3 µg/kg (?)

Le souci de ce rappel, qui était sans aucun doute nécessaire, là n’est pas la question, n’a pas de base réglementaire.

En effet, selon le règlement (UE) 2023/915 concernant les teneurs maximales pour certains contaminants dans les denrées alimentaires, il n’y a pas de seuils fixés pour le jambon sec. Autrement dit, la législation européenne ne réglemente pas l'ochratoxine A dans la viande et les produits dérivés de la viande.

Le maximum de 3 µg/kg ne correspond pas au jambon sec, qui n’est pas mentionné du tout dans ce règlement précité.

Autre sujet de discussion, comment se fait-il qu'on est retrouvé de l'ochratoxine A sur ou dans du jambon sec ?

Deux pistes peuvent être proposées :

- Le processus de fabrication du jambon sec nécessite une période de séchage et de maturation plus ou moins longue. Des moisissures peuvent parfois proliférer à la surface du produit si les paramètres environnementaux (hygrométrie, ventilation) ne sont pas parfaitement maîtrisés.
- La chaîne alimentaire animale : le porc a pu consommer des céréales elles-mêmes contaminées par ces moisissures avant l'abattage, ce qui peut laisser des résidus dans les tissus.

Mais là où cela va devenir vraiment intéressant c’est de lire la littérature scientifique, deux articles récents sélectionnés, sur le sujet de la présence d’ochratoxine A dans du jambon sec ou des produits de charcuterie.

Présence d'ochratoxine A dans les produits de charcuterie aux Pays-Bas

Une étude de juin 2026, paru dans Toxins, a réalisé une enquête sur la présence d'ochratoxine A dans les produits de charcuterie aux Pays-Bas.

L'ochratoxine A est un métabolite toxique produit par des champignons, présent dans divers produits alimentaires, céréales et aliments pour animaux d'origine végétale (matières premières). Il a été démontré que l'ochratoxine A a des effets toxiques après ingestion, tant chez l'animal que chez l'homme. Par conséquent, l'EFSA a conclu que la contribution des viandes (transformées) à l'exposition humaine à l'ochratoxine A ne devait pas être négligée. L'objectif de cette étude était d'évaluer la présence d'ochratoxine A ; des données sur l'ochratoxine A dans les charcuteries ont donc été collectées.

50 produits de charcuterie ont été obtenus auprès de supermarchés néerlandais. L'ochratoxine A a été détectée à des concentrations égales ou supérieures à la limite de quantification dans quatre échantillons de jambon cru (de 0,30 µg/kg à 79,8 µg/kg) et deux échantillons de saucisses (0,2 µg/kg et 0,41 µg/kg). Au total, l'ochratoxine A a été détectée dans vingt échantillons, ce qui indique que sa concentration dépassait la limite de quantification dans 40 % des charcuteries analysées.


Contribution clé : Quarante pour cent des produits de charcuterie analysés étaient contaminés par l'ochratoxine A. Bien que les niveaux de contamination soient généralement faibles, la possibilité d'une contamination relativement importante ne peut être exclue. Par conséquent, cette incidence de contamination de 40 % suggère que la consommation de produits de charcuterie peut contribuer à une exposition faible, mais fréquente, des consommateurs néerlandais à l'ochratoxine A.

Recherche d'ochratoxine A dans les jambons séchés à l'air en République tchèque 
Une étude tchèque de 2024, paru dans Meat Science, avait pour objectif de rechercher l'ochratoxine A dans les jambons séchés à l'air. La photo est issue de cet article.

La législation de l'Union européenne relative à l'ochratoxine A dans les denrées alimentaires a évolué récemment (il s’agit du règlement de 2023 cité plus haut -aa). Toutefois, elle ne réglemente pas la présence d'ochratoxine A dans les viandes et les produits carnés. Dans le cadre de cette mise à jour, la Commission européenne a demandé de nouvelles études, notamment sur la présence d'ochratoxine A dans le jambon, ce qui soulève des inquiétudes quant à un risque potentiel d'exposition à cette toxine lors de sa consommation. Cette étude vise à analyser la présence d'ochratoxine A dans 195 échantillons de jambons séchés à l'air, prélevés sur le marché tchèque entre janvier et juin 2023.

De l'ochratoxine A a été détectée dans 93 échantillons (48 %) de jambon séché à l'air, avec une concentration atteignant 14,58 ng/g. En raison de l' absence actuelle de limites réglementaires, les résultats de cette étude ont été comparés à la limite maximale italienne de 1 ng/g pour l'ochratoxine A dans la viande et les sous-produits porcins. Cette limite a été dépassée dans 22 échantillons (11 %). De plus, 14 de ces échantillons étaient d'origine italienne, ce qui est très préoccupant en matière de sécurité des aliments. Cette étude montre que la population tchèque est exposée à l'ochratoxine A provenant de ces sous-produits porcins. Il est donc essentiel d'établir une limite réglementaire pour l'ochratoxine A dans la viande et les aliments qui en sont issus afin de protéger la santé humaine.

Évaluation par l’EFSA

Selon les données recueillies par l’EFSA (2020) de 29 pays européens entre 2009 et 2018, les aliments présentant les moyennes de contamination en ochratoxine A les plus élevées étaient (ordre décroissant) :
- compléments alimentaires à base de plantes ;
- piments rouges ;
- réglisse et bonbons à la réglisse ;
- épices (paprika, poudre de piments, piment de la Jamaïque, poivre de Cayenne, noix de muscade, curry) ;
- ail ; 
- figues sèches ;
- jambon sec ;
- herbes aromatiques ;
- fromages.
Données extraites de la fiche de l’Anses sur Aspergilli et Penicillia producteurs d’ochratoxine A, mai 2023.

Prochaine étape ?

En France, il y a bien eu une étude en 2018 sur du muscle et du foie de porcs avec un dosage d'ochratoxine A dans 70 échantillons. Trois échantillons ont dépassé le niveau maximal recommandé en Italie de 1 μg OTA kg−1. Aucune différence significative n'a été constatée entre les productions biologiques et conventionnelles. 

Cela étant, il faudrait envisager une enquête en France sur les produits de charcuterie, dont les jambons secs, afin de connaître quel est l’état des lieux de la présence d’ochratoxine A, et surtout que l’EFSA puisse enfin fixer des valeurs seuils pour ces produits.

mercredi 7 octobre 2026

Une étude suggère que des aliments riches en sucre amplifient les perturbations du microbiote intestinal induites par les antibiotiques

« Une étude suggère que des aliments riches en sucre amplifient les perturbations du microbiote intestinal induites par les antibiotiques », source article de Chris Dall dans CIDRAP News.

Comme le chantait Mary Poppins, une cuillère de sucre peut aider à faire passer le médicament. Mais pour les patients atteints d'un cancer du sang sous antibiotiques, cela pourrait aggraver leur état.

C'est ce que révèle une étude de cinq ans qui a suivi de près le rôle de l'alimentation dans les perturbations du microbiote intestinal induites par les antibiotiques. Les résultats ont été publiés la semaine dernière dans la revue Nature.

Cette étude observationnelle, menée par des chercheurs du New York University Langone Health, du Memorial Sloan Kettering Cancer Center et du City of Hope National Medical Center, a suivi des patients atteints d'un cancer du sang pendant leur hospitalisation, avant et après une greffe de cellules souches. La chimiothérapie affaiblissant le système immunitaire, les patients atteints de cancer sont très vulnérables aux infections et dépendent des antibiotiques pour les combattre.

Tous les patients participant à l'étude ont suivi un traitement antibiotique à un moment donné, et nombre d'entre eux ont reçu des antibiotiques à large spectre, connus pour perturber significativement l'équilibre entre les bonnes et les mauvaises bactéries du microbiote intestinal et accroître la vulnérabilité aux infections résistantes aux médicaments.

Les chercheurs ont étudié l'influence de l'alimentation, dont il a été démontré qu'elle influence le microbiote intestinal, sur cet effet.

Dans l'une des études les plus vastes et les plus détaillées de ce type, les chercheurs ont analysé 9 419 repas consommés par 173 patients atteints de cancer du sang entre 2017 et 2022, au gramme près. Après chaque repas, ils les ont interrogés sur les quantités consommées et ont associé ces données aux informations nutritionnelles de chaque repas. Ils ont ensuite analysé des échantillons de selles des patients afin de suivre l'évolution du microbiote intestinal.

« Le microbiote est extrêmement important pour notre santé », a déclaré Jonas Schluter, co-auteur principal de l'étude et professeur au département de microbiologie de NYU Langone, à CIDRAP News. Mais c'est encore plus important pour les patients atteints de cancer et subissant une greffe de cellules souches, car la recherche a démontré qu'une perturbation du microbiome chez ces patients est associée à un mauvais pronostic.

« Chez ces patients, on observe depuis des décennies de fortes corrélations entre l'issue du traitement anticancéreux et l'état du microbiome pendant ce traitement », a-t-il déclaré. « Il est donc pertinent d'étudier chez ces patients les actions possibles sur le microbiome. »

La consommation de sucreries amplifie et exacerbe les lésions du microbiome

Schluter et ses collègues ont constaté que la consommation de sucreries, de sucres et de boissons sucrées (désignés collectivement comme ‘sucreries’ dans l'étude) par les patients participant à l'étude amplifiait ce que Schluter appelle les « lésions du microbiome » causées par les antibiotiques. L'analyse des données de 1 009 prélèvements de selles provenant de 158 patients a révélé que chaque augmentation de 100 grammes de consommation de sucreries après une exposition aux antibiotiques entraînait une diminution supplémentaire de 24 % de la diversité alpha, qui reflète le nombre d'espèces bactériennes différentes et leur répartition au sein du microbiome.

« Les sucres exacerbent la perte de diversité déjà constatée induite par les antibiotiques », a déclaré Schluter. Plusieurs analyses complémentaires ont abouti à des résultats similaires.

Des analyses plus poussées ont suggéré que les boissons nutritionnelles transformées, telles que les boissons pour sportifs et les substituts de repas, contribuaient fortement à la perte de diversité bactérienne, contrairement aux sucres naturellement présents. Les auteurs de l'étude soulignent que ces compléments alimentaires sont fréquemment recommandés aux personnes transplantées.

Une espèce bactérienne en particulier semblait tirer profit de cette réduction de la diversité bactérienne : Enterococcus faecium, un pathogène opportuniste qui est une cause majeure d'infections nosocomiales. Souvent résistant aux antibiotiques, il peut être particulièrement dévastateur pour les patients atteints de cancer, surtout s'il pénètre dans la circulation sanguine.

Comme l’a expliqué Schluter, les sucres simples « nourrissent les bactéries survivantes, ce qui exacerbe les dommages causés par les antibiotiques, car souvent, les bactéries survivantes ne sont pas celles que l’on souhaite voir présentes ».Schluter a noté que l’un des antibiotiques auxquels E. faecium est naturellement résistant est la vancomycine, que plusieurs patients prenaient pour prévenir une infection à Clostridioides difficile. Les chercheurs ont également constaté que chez les personnes ayant une consommation élevée de sucre, la durée d’exposition aux antibiotiques à large spectre était associée à un risque de mortalité plus élevé.

« Maintenant que nous savons que les sucres aggravent cette dynamique peut-être inévitable, une question se pose : ne pouvons-nous pas agir sur ce phénomène par des modifications alimentaires ?» a-t-il demandé.

Des expériences supplémentaires menées sur des souris ayant reçu des antibiotiques et un régime riche en saccharose ont corroboré ces résultats. Les souris ont présenté une augmentation de 16 fois de la population de Enterococcus dans leur microbiote intestinal dès le troisième jour de l'étude, avec une multiplication par 33 au sixième jour. En revanche, lorsque les souris étaient soumises à un régime riche en saccharose sans prise d'antibiotiques, aucun effet n'a été observé.

« Le fait que les études animales corroborent les associations relevées dans les données des patients constitue un argument solide en faveur de futurs essais cliniques visant à déterminer si une réduction de la consommation de sucre pendant un traitement antibiotique pourrait préserver le microbiote », a déclaré dans un communiqué de presse le Dr Marcel van den Brink, co-auteur principal de l'étude et président du City of Hope.

Réduire les dommages collatéraux des antibiotiques

Le Dr Martin Blaser, directeur du Center for Advanced Biotechnology and Medicine de l'université Rutgers et spécialiste du microbiote humain depuis des décennies, estime que ces résultats pourraient revêtir une importance particulière pour l'oncologie.

« Nous savons que les antibiotiques, en perturbant le microbiote, nuisent à l'efficacité de certains protocoles thérapeutiques majeurs, notamment ceux faisant appel à l'immunothérapie », a expliqué le Dr Blaser, qui n'a pas participé à l'étude. « Le sucre peut être considéré comme une seconde agression : nous savons qu'il perturbe le microbiote, et cette étude met en évidence l'effet synergique de ces deux facteurs perturbateurs. »

Selon M. Schluter, les patients atteints de cancer constituent une population idéale pour étudier ce phénomène, car l'effet y est considérablement amplifié, agissant « comme une loupe sur l'impact de l'alimentation ». Bien qu'il souligne la nécessité de recherches supplémentaires pour établir un lien de causalité et comprendre les mécanismes en jeu, il pense que ces conclusions pourraient concerner également les personnes par ailleurs en bonne santé devant prendre des antibiotiques. Il affirme lui-même qu'il réduirait sa consommation de sucreries s'il devait suivre un traitement antibiotique.

« Il apparaît de plus en plus clairement que, même chez des personnes par ailleurs en bonne santé, la prise d'antibiotiques par voie orale entraîne des dommages collatéraux pour le microbiote, avec des répercussions sur la santé », a déclaré M. Schluter. « Dès lors, que pouvons-nous faire pour atténuer ces dommages ? »

Un nouveau traitement à la lumière bleu-violet cible Campylobacter sur le poulet cru

« La lumière bleu-violet antimicrobienne s'avère prometteuse pour réduire la présence de Campylobacter résistants aux antimicrobiens sur la volaille », source Food Safety Magazine.

Une nouvelle étude a démontré l'efficacité d'un traitement par lumière bleu-violet de faible puissance contre divers isolats de Campylobacter associés à la volaille, y compris des souches résistantes aux antimicrobiens (RAM). Ces travaux ont été menés par des chercheurs de l'Université de Reading en collaboration avec UK Animal and Plant Health Agency (APHA).

Publiée dans la revue Microbiology, One light to rule them all: photodynamic inactivation of diverse Campylobacter (Une seule lumière pour les gouverner toutes : l'inactivation photodynamique de diverses souches de Campylobacter), l'étude a évalué la technique d'inactivation photodynamique par la lumière bleu-violet (VB-PDI pour Violet-Blue-Photodynamic Inactivation), qui utilise une lumière visible de 405 nanomètres (nm) pour activer des photosensibilisateurs naturellement présents dans les cellules bactériennes. Ce processus génère des espèces réactives de l'oxygène intracellulaires à des niveaux létaux pour Campylobacter. Les chercheurs étudient la lumière VB-PDI comme une intervention non chimique potentielle pour réduire la contamination de surface des produits avicoles.

Campylobacter est la principale cause de gastro-entérite bactérienne dans le monde. Au Royaume-Uni, environ 70 000 cas confirmés en laboratoire ont été signalés en 2024 et en 2025. Le coût économique annuel lié aux infections à Campylobacter au Royaume-Uni est estimé à 0,7 milliard de livres sterling. De plus, Campylobacter est présent sur environ deux tiers des poulets crus vendus par les distributeurs britanniques.

Efficacité de la VB-PDI selon les espèces de Campylobacter et les profils de résistance

Afin de déterminer si la technologie VB-PDI serait efficace contre la diversité des souches de Campylobacter présentes dans la filière avicole, les chercheurs ont testé 64 isolats collectés dans le cadre de programmes de surveillance nationaux britanniques entre 2008 et 2024. La collection comprenait 43 isolats de C. jejuni, 14 de C. coli et sept de C. lari, provenant de poulets de chair, d'élevages de poulets de chair et de dindes.

Les 64 isolats ont tous présenté une sensibilité à la VB-PDI dépendante de la dose. À la dose la plus élevée testée, soit 36 joules par centimètre carré (J/cm²), tous les isolats ont subi une réduction d'au moins 2 log du nombre de cellules viables, et 44 % ont connu une réduction supérieure à 4 log. Les chercheurs n'ont observé aucune différence significative de sensibilité entre les trois espèces de Campylobacter. Une analyse bio-informatique distincte portant sur 6 658 génomes représentant 53 espèces de Campylobacter a également révélé que les gènes associés au mécanisme de sensibilité à la VB-PDI étaient omniprésents au sein du genre.

Lors d'expériences complémentaires, la réduction de la charge bactérienne a augmenté de manière linéaire en fonction de la durée d'exposition. Aucune cellule viable n'a été détectée après 15 minutes de traitement à une puissance élevée de 50 milliwatts, ni après 80 minutes à une puissance plus faible de 10 milliwatts, ce qui correspond à des réductions supérieures à 5 log (soit 99,999 %). Par ailleurs, les chercheurs n'ont pas détecté de cellules persistantes dans les conditions expérimentales retenues.

Il est important de noter que la résistance aux antimicrobiens (RAM) préexistante n'a pas altéré l'efficacité de la VB-PDI. Parmi les isolats, 61,5 % étaient résistants à la ciprofloxacine, 55,4 % à la tétracycline et 16,9 % à l'ertapénème. De plus, 18,5 % présentaient une multirésistance. Aucune corrélation significative n'a été observée entre ces phénotypes de résistance et la sensibilité à la VB-PDI. L'aérotolérance, facteur pouvant contribuer à la persistance de Campylobacter dans les environnements de production avicole, n'a pas non plus eu d'incidence significative sur la sensibilité au traitement.

Aucune preuve d'apparition d'une résistance à la VB-PDI n'a été mise en évidence

Les chercheurs ont également examiné si une exposition répétée à la VB-PDI pouvait favoriser la sélection de souches résistantes de Campylobacter. Trois lignées issues d'un isolat de terrain de C. jejuni ont été soumises à 15 traitements consécutifs ; chaque traitement entraînait une réduction d'environ 3 log, laissant survivre près de 0,1 % de la population à chaque exposition.

Aucune augmentation significative de la tolérance à la VB-PDI n'a été observée à la suite de ces traitements répétés. Les chercheurs ont attribué ce faible potentiel d'apparition de résistance, en partie, au mécanisme d'action de la VB-PDI : celle-ci provoque des dommages médiés par des espèces réactives de l'oxygène sur de multiples cibles cellulaires, contrairement à de nombreux antibiotiques qui agissent sur une cible unique. Ils ont toutefois reconnu que des recherches supplémentaires seraient nécessaires pour caractériser de manière plus concluante le risque d'émergence d'une résistance.

Une réduction de 2 log pourrait diminuer de 90 % le risque pour la santé publique

Les chercheurs ont souligné que la transformation de la volaille constituait un domaine d'application potentiel pour la VB-PDI. En se fondant sur des données historiques de contamination au Royaume-Uni, ils ont estimé qu'une réduction de 2 log de la charge bactérienne sur les carcasses de poulets de chair permettrait de faire passer la proportion de carcasses fortement contaminées sortant des abattoirs de 26 % à 7 %. L'application de cette même réduction aux données d'une enquête menée en 2023 dans le commerce de détail ramènerait la proportion de poulets entiers fortement contaminés de 10 % à environ 2 %. Des modèles d'évaluation des risques antérieurs, cités par les chercheurs, suggéraient qu'une réduction de 2 log pourrait diminuer jusqu'à 90 % le risque d'infection pour la santé publique en aval.

En utilisant des LED à faible consommation d'énergie, dotées d'une longue durée de vie et nécessitant un entretien minimal, la technique VB-PDI pourrait constituer une solution économiquement abordable, y compris pour les producteurs des pays à revenu faible ou intermédiaire.

Les applications dans la transformation de la volaille nécessitent des études complémentaires

Toutefois, ces résultats reposent sur des expériences de laboratoire contrôlées utilisant des suspensions bactériennes, et non sur le traitement de carcasses de volaille. Les chercheurs soulignent que la peau de la volaille, les matières organiques et les biofilms présents dans les environnements de transformation pourraient influer sur la pénétration de la lumière et la sensibilité des bactéries. Il est donc nécessaire de mener des essais sur des carcasses naturellement contaminées, dans des conditions de transformation représentatives de la réalité industrielle, afin de déterminer si les réductions observées in vitro peuvent être reproduites en contexte commercial.

Pourquoi vous devriez vous intéresser au projet HOLiFood et à sa base de données CHEFS en sécurité des aliments ?

Connaissez-vous le projet HOLiFood ?

Le projet consiste à pérenniser les aliments : transformer l'analyse des risques pour un système alimentaire plus performant et adaptable

Le projet HOLiFOOD, ainsi que 2 autres projets financés par l'UE (ECOREADY et EFRA), ont mis en place une ressource intéressante : CompreHensive European Food Safety (CHEFS).

Cette base de données (après inscription gratuite) regroupe 392 millions de résultats analytiques issus de 25 années de surveillance de la sécurité des aliments en Europe sur une plateforme unique et accessible.

Résoudre un défi critique en matière de données

Jusqu'à présent, les chercheurs étaient confrontés à un obstacle majeur lorsqu'ils travaillaient avec les données européennes sur la sécurité des aliments, car les données de surveillance complètes des États membres de l'UE étaient dispersées dans environ 1 000 fichiers totalisant plusieurs centaines de gigaoctets.

Cette fragmentation a rendu l'analyse exhaustive extrêmement difficile pour la plupart des équipes de recherche.

La base de données CHEFS change la donne en offrant un accès unifié à plus de 15,2 millions d'échantillons couvrant plus de 4 000 produits alimentaires différents, de 2000 à 2024. Elle comprend des résidus de pesticides, des résidus de médicaments vétérinaires et des contaminants chimiques dans un format structuré et prêt pour l'analyse.

Cet ensemble de données consolidé ouvre de nouvelles perspectives pour les applications de l'intelligence artificielle dans la recherche sur la sécurité des aliments. Les chercheurs peuvent désormais élaborer des modèles sophistiqués pour analyser les tendances, prédire les risques émergents et soutenir les systèmes d'alerte précoce avec une portée et une précision sans précédent.

La base de données CHEFS représente une avancée majeure pour l'infrastructure de recherche européenne en matière de sécurité des aliments. Son accès libre garantit que ses bénéfices profitent à l'ensemble de la communauté scientifique, favorisant ainsi l'accélération des progrès scientifiques et l'amélioration de la sécurité des aliments pour les consommateurs européens.

Un article paru dans Food Control détaille ce que représente CHEFS, « Food safety trends across Europe: insights from the 392-million-entry CompreHensive European Food Safety (CHEFS) database »

Faits saillants

  • CHEFS regroupe 392 millions de résultats d'analyses de sécurité des aliments de l'UE en un jeu de données structuré unique.
  • CHEFS ouvre les pesticides, les médicaments vétérinaires et les contaminants chimiques dans 15,2 millions de prélèvements alimentaires.
  • CHEFS permet l'utilisation de l'intelligence artificielle pour l'analyse des tendances, la prédiction des risques et les systèmes d'alerte précoce.
  • CHEFS résout les problèmes d'accès en fusionnant plus de 1 000 fichiers en une base de données propre et cohérente.
  • CHEFS révèle les tendances clés de la surveillance de la sécurité des aliments en Europe (2000–2024).

Résumé

Dans l'Union européenne, les données officielles de surveillance de la sécurité des aliments collectées par les États membres sont transmises à l'EFSA et publiées sur Zenodo. Ces données comprennent 392 millions de résultats d'analyses issus de plus de 15,2 millions d'échantillons couvrant plus de 4 000 types de produits alimentaires différents, offrant ainsi d'importantes opportunités pour l'intelligence artificielle d'analyser les tendances, de prédire les dangers et de soutenir les systèmes d'alerte précoce. Toutefois, le format actuel, caractérisé par une dispersion des données dans environ 1 000 fichiers totalisant plusieurs centaines de gigaoctets, entrave l'accessibilité et l'analyse. Pour remédier à cette situation, nous présentons la base de données CHEFS (CompreHensive European Food Safety), qui consolide les données de surveillance de l'EFSA relatives aux résidus de pesticides, aux résidus de médicaments vétérinaires et aux contaminants chimiques en un jeu de données unifié et structuré. Nous décrivons la création et la structure de la base de données CHEFS et démontrons son potentiel en analysant les tendances des données européennes de surveillance de la sécurité des aliments sur la période 2000-2024. Nos analyses examinent l'évolution des activités de surveillance, les produits les plus fréquemment testés, ceux présentant le plus souvent des cas de non-conformité, les contaminants les plus souvent détectés, ainsi que les différences entre les pays. Ces résultats mettent en évidence l'intérêt de la base de données CHEFS, à la fois comme source de données centralisée et comme outil stratégique pour orienter les politiques, la recherche et la réglementation en matière de sécurité des aliments.

NB : Merci à Joe Whitworth de Food Safety News d'avoir signalé cette information.