Il s’agit de
la suite de l’information
publiée sur le site du ministère de l’agriculture, et dont le
blog vous avait relaté le sujet, ici,
le 2 septembre 2026.
« Détection
de Salmonella dans le cadre d'une épidémie
liée à des graines de courge de France », source article
de Joe Whitworth publié le 28 septembre dans Food Safety News.
Des
analyses effectuées sur des graines de courge et au sein de l'usine
de transformation ont permis de détecter la présence de Salmonella,
selon des chercheurs enquêtant sur une épidémie en France.
Une
épidémie nationale à Salmonella Enteritidis a touché 81
personnes entre le 3 mai et le 12 août. L'âge médian des patients
était de 35 ans et 56 d'entre eux étaient des femmes. Huit
personnes ont été hospitalisées et deux se sont présentées aux
urgences en raison de leurs symptômes.
Le
30 juillet, le Centre national de référence (CNR) des E. coli,
Shigella et Salmonella de l'Institut Pasteur et
Santé publique France a signalé une augmentation d'un cluster
génomique de Salmonella Enteritidis, avec 49 isolats recensés
depuis le mois de mai.
Une
étude publiée dans la revue Eurosurveillance
a indiqué que les personnes malades étaient majoritairement des
femmes, avec un âge médian de 32 ans, et que 17 d'entre elles
provenaient d'une même région. Le délai entre l'isolement de la
souche par le laboratoire initial et l'obtention des résultats de
séquençage est d'environ quatre semaines.
Une
avancée grâce à l'Autriche
Santé
publique France a mené des enquêtes épidémiologiques par
téléphone auprès des cas, en utilisant un questionnaire exhaustif
de 25 pages sur les salmonelloses, interrogeant les patients sur
leurs expositions alimentaires et environnementales.
Les
entretiens visant à formuler des hypothèses ont révélé que la
plupart des cas faisaient leurs courses dans l'enseigne Grand Frais.
Toutefois, aucun aliment spécifique n'a été identifié. Au fil des
investigations, une proportion inhabituellement élevée de patients
a signalé la consommation de diverses noix et graines.
Les
graines de courge ont une longue durée de conservation, sont souvent
consommées crues et sont intégrées dans des mélanges pour en-cas,
ce qui complique les enquêtes épidémiologiques et de traçabilité.
En
août, un message a été publié sur EpiPulse, une plateforme en
ligne permettant aux autorités sanitaires européennes d'échanger
des informations sur les épidémies. L'Autriche a signalé un isolat
d'origine alimentaire, obtenu en juin à partir de graines de courge
importées de Pologne, présentant un profil identique à celui de
l'isolat de référence français. La consommation de graines de
courge, seules ou en mélange, a par la suite été confirmée pour
21 des 24 patients.
Les
enquêtes de traçabilité ont permis d'identifier un producteur de
graines de courge qui fournissait l'enseigne Grand Frais. Cette
entreprise a fourni les graines, conditionnées dans de grands sacs
portant un numéro de lot, à deux prestataires français ; ces
derniers les ont soit reconditionnées dans des contenants plus
petits pour la vente en vrac, soit préemballées pour une vente
directe (seules ou en mélange) en grande distribution.
Prélèvements
positifs et contexte général
Des
échantillons de graines de courge provenant de l'enseigne Grand
Frais, dans leur emballage d'origine, ont été prélevés au
domicile de trois personnes touchées. Les trois échantillons se
sont révélés positifs à Salmonella Enteritidis, et le
séquençage a confirmé un lien génétique avec les cas humains
recensés.
Fin
août, le fournisseur a procédé au rappel et au retrait des lots de
graines de courge commercialisés depuis le mois de mars. Des
inspections sur site ont révélé la présence de Salmonella
Enteritidis sur deux prélèvements de surface effectués dans
l'usine de transformation ; des analyses par séquençage sont en
cours.
Les
graines incriminées provenaient de jeunes plants importés
d'Autriche, puis avaient été cultivées et transformées en France.
Les investigations de traçabilité n'ont pas permis d'établir un
lien entre le producteur et des graines de courge en provenance de
Pologne.
Le
système d'alerte rapide pour les denrées alimentaires et les
aliments pour animaux (RASFF) a permis d'identifier des exportations
vers la Belgique, la Suisse et le Luxembourg. Aucun cas lié à
l'épidémie n'a été signalé en Suisse ni en Belgique, mais le
Luxembourg a enregistré un cas humain associé le 3 septembre. La
personne concernée, tombée malade fin août, avait consommé un
mélange de fruits à coque et de raisins secs contenant des graines
de courge. L'analyse des prélèvemments des restes de ces produits a
confirmé la contamination par la souche épidémique.
Le
Royaume-Uni et le Portugal ont également signalé des isolats
appartenant au même groupe épidémique. Le patient britannique
avait séjourné en France de la mi-juillet au début du mois d'août
et a présenté des symptômes la semaine suivant son retour au
Royaume-Uni, mais aucune information n'est disponible quant à une
éventuelle consommation de graines de courge. L'isolat provenant du
Portugal date de mai 2026, mais aucun lien n'a pu être établi avec
la France ou avec des graines de courge.
Commentaire
Aucune
information n’a été publiée en France mais uniquement sur le
site européen de la revue Eurosurveillance et seulement
disponible en anglais.