mardi 6 octobre 2026

Salmonella dans des tomates cerises siciliennes : interdiction dans les cantines scolaires des Pouilles. Foyers de cas en Lombardie, Latium et Frioul

« Salmonella dans des tomates cerises siciliennes : interdiction dans les cantines scolaires des Pouilles. Foyers en Lombardie, Latium et Frioul », source article de Roberto La Pira du 3 octobre 2026 paru sur le site il fatto alimentare.

Il s'agit de la même souche qui circule en Europe depuis 2023 et qui a touché 437 personnes. Des foyers ont également été signalés en Lombardie, dans le Latium et au Frioul. Et sans doute dans le Val Trompia ?

Interdiction des tomates crues dans les cantines des crèches, écoles, hôpitaux et maisons de retraite. Place aux légumes cuits ! Telle est la mesure demandée par la région des Pouilles aux municipalités et aux restaurateurs dans une déclaration urgente du ministère de la Santé. Selon la directive, citée par l’ANSA, cette décision fait suite à la réunion du Groupe de travail national du 30 septembre concernant les nombreux cas de salmonellose recensés dans les Pouilles, Lombardie, Latium et Frioul-Vénétie Julienne, attribués à la consommation de tomates fraîches, notamment de tomates cerises crues.

Pour les lecteurs d' Il Fatto Alimentare, ce n'est pas une surprise. Il y a un an, nous avions déjà signalé qu'une même souche de salmonelle, liée aux tomates cerises siciliennes, rendait malades des centaines de personnes en Europe. Et il y a deux semaines, alors que nous enquêtions sur l'épidémie dans les écoles de Val Trompia, un lecteur nous a suggéré de nous concentrer sur les tomates cerises. Aujourd'hui, cette hypothèse se confirme. Quatre régions, une seule souche.

La région des Pouilles interdit la consommation de tomates cerises crues dans les cantines scolaires.

La directive des Pouilles fait suite à une augmentation des cas de salmonellose à Salmonella Strathcona ST2559 et aux foyers de salmonellose recensés en septembre. Les enquêtes épidémiologiques menées par les services de prévention établissent un lien entre ces cas et la consommation de tomates fraîches, notamment de tomates cerises crues. Des analyses ont révélé la présence de Salmonella dans un lot de tomates provenant de la province de Caltanissetta. Les autorités sanitaires locales ont décrété une interdiction, applicable immédiatement, concernant les crèches, les écoles maternelles et primaires, les cantines d'hôpitaux, les EHPAD et les maisons de retraite.

Parallèlement, le ministère de la Santé a émis un avis de rappel concernant un lot de tomates cerises G&V Ortaggi, produites à Gela (Caltanissetta), en raison de la présence de Salmonella spp. Il s'agit du lot n°210, conditionné en emballages d'environ 6,5 kg (nous avons publié l'alerte il y a quelques jours). L'avis de rappel ne précise pas si le produit était destiné à la restauration ou à la vente au détail et ne contient aucune image. On ignore s'il s'agit du même lot que celui mentionné par la région des Pouilles.

De forts soupçons planent sur un lot de tomates cerises siciliennes.

Un problème connu depuis 2011

La souche Strathcona de séquence type ST2559 n'est pas nouvelle. La première épidémie européenne remonte à 2011 au Danemark, déjà liée à des tomates cerises siciliennes. Dans sa mise à jour d'octobre 2025, l'ECDC et l'EFSA ont recensé 437 cas confirmés dans 17 pays entre janvier 2023 et septembre 2025. L'Italie était en tête avec 123 cas, devant l'Allemagne (113) et l'Autriche (76).

Des enquêtes menées en Autriche (2023 et 2025) et en Italie (2024) ont identifié les tomates cerises siciliennes comme source de la contamination. Une étude européenne collaborative a reconstitué 662 cas sur 14 ans, liés à une source commune, et estime que le nombre réel de cas est bien plus élevé. La découverte la plus significative concerne l'origine : en janvier 2025, la souche a été détectée dans l'eau d'irrigation d'un puits appartenant à un producteur sicilien.

L’ECDC a exigé des vérifications et des contrôles avant récolte, en commençant par l'eau d'irrigation. Les producteurs siciliens ont rejeté ce lien, affirmant qu'aucune contamination n'avait jamais été constatée dans les tomates analysées. Par ailleurs, en septembre 2026, une enquête allemande sur une épidémie ayant touché plus d'une centaine de personnes a de nouveau mis en cause les tomates italiennes.

Et qu'en est-il de Salmonella dans la vallée de Val Trompia ?

À la mi-septembre, une épidémie de salmonellose a touché des crèches, des écoles maternelles et des écoles primaires à Gardone Val Trompia, Concesio et Marcheno, dans la province de Brescia. L'ATS de Brescia (ATS pour Agenzia di Tutela della Salute) a recensé 117 cas, dont plusieurs adultes et jusqu'à 14 enfants hospitalisés. L'origine de l'épidémie a été attribuée à des repas préparés les 10 et 11 septembre par le centre de restauration Inzino, fermé depuis le 14 septembre.

Selon la presse locale, les inspections des centres de restauration et des cafétérias n'ont révélé aucune anomalie. L'ATS a annoncé des tests sur des « repas tests » stockés, mais n'a pour l'instant divulgué ni le sérotype isolé chez les enfants, ni les résultats des analyses alimentaires. Cependant, un lecteur nous a écrit pour nous inciter à concentrer nos efforts sur les tomates cerises.

Aujourd'hui, la directive des Pouilles inclut la Lombardie parmi les quatre régions concernées, et nous savons que des foyers épidémiques liés aux tomates cerises dans les Pouilles ont été recensés en septembre. Les dates concordent. Cependant, le lien reste hypothétique : aucune autorité ne l'a confirmé. Il y a une semaine, nous avons écrit à l'ATS de Brescia pour obtenir des nouvelles de l'enquête, mais nous n'avons reçu aucune réponse.

Les laver suffit-il ?

Il y a un an, suite à notre article sur l'épidémie européenne, de nombreux lecteurs nous ont demandé si laver les tomates cerises suffisait. Nous avons interrogé Antonello Paparella, professeur de microbiologie alimentaire à l'université de Teramo, qui a déclaré : « La contamination par Salmonella des fruits et légumes frais comme les tomates cerises peut se produire de diverses manières et ne se limite pas toujours à la surface extérieure . »

Les bactéries proviennent généralement de l'eau d'irrigation, du sol, des engrais organiques ou des animaux sauvages et restent en surface. Dans de rares cas, cependant, Salmonella peut pénétrer dans la plante par des micro-lésions ou les stomates, notamment en cas de différence de température entre l'eau d'irrigation et l'eau de lavage.

Point crucial : la souche Strathcona a été détectée dans de l’eau d’irrigation d’une entreprise sicilienne. C’est l’une des raisons pour lesquelles, dans les cafétérias accueillant enfants, personnes âgées et malades, il est préférable de privilégier les légumes cuits.

Les questions qui demeurent

La souche est connue depuis 15 ans, le vecteur reste le même et l'eau contaminée a été détectée en 2025. Pourtant, en 2026, des interdictions d'urgence sont toujours en vigueur dans les cantines. Plusieurs questions demeurent. Pourquoi les contrôles de l'eau d'irrigation des entreprises concernées ne sont-ils pas obligatoires, comme le demande l’ECDC ? Pourquoi seule la région des Pouilles a-t-elle suspendu la vente de tomates crues, alors que quatre régions sont touchées par l'épidémie ? Qui a constitué le groupe de travail, comme l'indique l'ANSA, et pourquoi ses conclusions n'ont-elles pas été rendues publiques ? Quels foyers en Lombardie ont-ils été examinés ? Le Val Trompia en fait-il partie ? Enfin, pourquoi l'avis de rappel des tomates G&V Ortaggi n'indique-t-il pas la destination finale du produit ?

Pour les consommateurs, le risque en magasin demeure faible, mais les conseils de Paparella restent valables : bien laver les tomates à l’eau courante, nettoyer les plans de travail, les couteaux et les assiettes, choisir des fruits entiers et les conserver au réfrigérateur. Les jeunes enfants, les personnes âgées, les femmes enceintes et les personnes vulnérables peuvent privilégier les tomates cuites pour le moment.

Obtenir l'adhésion de la direction à la sécurité des aliments

« Obtenir l'adhésion de la direction à la sécurité des aliments », source article d'Andrew Thomson et de Matthew Wilson paru dans Food Safety Magazine.

À retenir

    La sécurité des aliments suscite l'intérêt de la direction lorsque les risques sont traduits en termes commerciaux : perturbations opérationnelles, coûts de rappel, exposition réglementaire et confiance des clients.

  • L'accord de principe ne garantit pas l'action ; des décisions claires, une répartition des responsabilités, des échéanciers et un suivi rigoureux sont nécessaires pour concrétiser l'engagement de la direction.

  • La formation seule ne suffit pas à développer les compétences ; les connaissances enjustify matière de sécurité des aliments doivent être consolidées par des systèmes, la pratique, la communication et les comportements de la direction. 
  • Intégrer la sécurité des aliments aux indicateurs clés de performance, aux évaluations et aux décisions d'investissement de la direction permet d'établir une responsabilité partagée à l'échelle de l'organisation.

La sécurité des aliments ne se définit pas par les discours des entreprises, mais par les décisions et les actions concrètes, en particulier dans les situations de forte pression. L'adhésion de la direction est souvent réduite aux programmes de formation, aux budgets ou à la conformité réglementaire. En réalité, l'enjeu est bien plus profond.

Trop souvent, la sécurité des aliments est encore perçue comme une simple exigence de conformité, un élément juxtaposé à l'activité plutôt qu'un facteur déterminant de son fonctionnement. Cette vision est étroite et limitée. La sécurité des aliments est au cœur du management des risques, avec des répercussions sur la performance opérationnelle, la confiance des clients et, surtout, la santé des consommateurs.

Les conséquences d'une défaillance en matière de sécurité des aliments sont considérables : arrêts de production, rappels de produits, atteinte à la réputation et perte de confiance des autorités réglementaires et des consommateurs. Une défaillance de la sécurité des aliments devient une défaillance de l'entreprise elle-même. Notre précédent article, « L'argument économique en faveur du développement des compétences en sécurité des aliments » (The Business Case for Building Food Safety Skills), met en lumière ce changement de perspective, en présentant la sécurité des aliments comme un levier de performance, de confiance et de croissance. Pourtant, l'évolution nécessaire pour intégrer la sécurité des aliments dans la prise de décision quotidienne reste un défi majeur pour tous les secteurs de l'industrie alimentaire.

Pour changer la donne, les échanges avec la haute direction doivent s'aligner sur les priorités de l'entreprise, tant actuelles que futures. La sécurité des aliments doit être appréhendée sous l'angle du risque, de la performance et de la responsabilité. Sans ce changement d'approche, elle reste un élément géré en marge de l'activité ; avec elle, elle devient partie intégrante du management même de l'entreprise.

Cet article s'appuie sur les éclairages de Ben Chapman (professeur à l'Université d'État de Caroline du Nord), d'Adam Wilkinson (responsable conformité RH/santé et sécurité au travail chez Fleurieu Milk Company), de Jovana Komlenic (responsable de la culture de la sécurité des aliments chez FRoSTA), de Kerstin Janson (responsable qualité chez FRoSTA), de Friederike Ahlers (relations publiques chez FRoSTA) et d'Alodia Bourke (directrice des opérations chez Diageo Australia) ; leur expérience collective couvre la stratégie, les comportements de leadership et l'évolution de la culture d'entreprise. Bien que chaque entreprise évolue dans un contexte différent, leurs approches sont complémentaires.

Si les exemples cités dans cet article proviennent de divers secteurs de l'industrie alimentaire, les défis sous-jacents ne sont pas spécifiques à un secteur donné. Qu'il s'agisse de production industrielle, de restauration, de distribution ou de production à petite échelle, une même tension persiste : celle de concilier impératifs de production, coûts et risques liés à la sécurité des aliments. Les principes abordés ici concernent la manière dont les décisions sont prises, et non simplement la conception de systèmes.

Cet article se concentre spécifiquement sur la prise de décision au niveau de la haute direction. Bien que les pratiques de terrain et les compétences des équipes soient cruciales, elles sont façonnées par les conditions instaurées par les dirigeants, à travers les priorités définies, l'allocation des ressources et les décisions prises. L'objectif n'est pas ici de revenir sur ce qui se passe en atelier, mais d'examiner comment les décisions de la direction déterminent si les exigences en matière de sécurité des aliments peuvent être appliquées de manière cohérente sur le terrain.

Du savoir à la prise de décision

À l'Université d'Adélaïde, où les auteurs dispensent des formations de troisième cycle dans ce domaine, une importance particulière est accordée à la préparation des futurs professionnels de la sécurité des aliments et de l'assurance qualité, afin qu'ils sachent faire le lien entre théorie et pratique. Les étudiants sont encouragés à présenter leurs idées de manière à susciter l'intérêt de la haute direction, en reliant les produits, la réglementation alimentaire, les normes et les systèmes aux enjeux commerciaux et aux décisions opérationnelles. Une question plus large se pose également pour l'industrie alimentaire : en faisons-nous assez pour préparer les professionnels du secteur à cette réalité ?

Les connaissances techniques demeurent une exigence fondamentale. Toutefois, la capacité à influencer les décisions, à communiquer sur les risques en termes économiques et à mobiliser la haute direction s'avère tout aussi cruciale. Ces compétences ne sont pas toujours développées explicitement dans le cadre de la formation initiale ou des forums professionnels. Par conséquent, de nombreux professionnels compétents maîtrisent la science et les normes, mais sont moins préparés aux échanges qui, en fin de compte, déterminent les résultats. Ce décalage est particulièrement manifeste dans la manière dont on obtient l'adhésion de la direction. Comme le souligne Ben Chapman, chercheur en sécurité des aliments : « Une véritable adhésion se traduit par les actes des dirigeants, et non par leurs paroles. »

C'est là que réside le changement : passer d'un engagement affiché à une action concrète et observable. Cela exige bien plus que des échanges ponctuels ; cela nécessite de la constance.

Cela signifie intégrer les obligations légales en alimentation et les exigences de certification dans les discussions avec la direction, en les reliant directement aux risques, à la performance et à la responsabilité.

Prise de décision sous pression

Lorsqu'un problème de sécurité des aliments survient, la réaction est immédiate. Les dirigeants exigent des réponses rapides. L'objectif est clair : identifier le problème, le résoudre et assurer la continuité de l'activité. La production se poursuit. Les clients doivent être approvisionnés.

Le problème est que l'urgence opérationnelle peut réduire le temps disponible pour caractériser pleinement le risque, notamment sa cause, son ampleur et ses conséquences potentielles. Dans ces conditions, les décisions peuvent être influencées par ce qui semble le plus urgent sur le moment, plutôt que par une compréhension complète du risque lié à la sécurité des aliments.

Comment le risque est compris et hiérarchisé

Pour les professionnels de la sécurité et de la qualité des aliments, ce schéma est familier. Même avec une forte volonté, la prise de décision n'est pas toujours stable sous pression. Comme l'explique Ben Chapman, il ne s'agit généralement pas d'une non-conformité délibérée : « Il est rare que quelqu'un décide de mal agir. Il s'agit plutôt de quelqu'un qui essaie de suivre le rythme. » Sous pression, le comportement est moins déterminé par les connaissances que par le contexte décisionnel, notamment les contraintes de temps, les priorités concurrentes et les indicateurs de réussite. Les dirigeants s'inquiètent, à juste titre, des temps d'arrêt, de la rapidité de résolution des problèmes et de leurs conséquences financières et logistiques potentielles. Ces préoccupations sont légitimes.

La sécurité des aliments est abordée. Les obligations légales sont examinées, les risques sont identifiés et l'importance de protéger le consommateur est reconnue. Ces échanges aboutissent souvent à un accord ; cependant, accord ne rime pas avec action, et bien souvent, la discussion s'arrête là. Aucune décision claire n'est prise. Aucune responsabilité n'est attribuée. Aucun délai n'est fixé. Le problème est reconnu, mais sans suite. Puis, d'autres priorités prennent le dessus. Les pressions sur la production persistent et l'attention se recentre sur la continuité des activités. Les principes convenus ne se traduisent pas en actions concrètes.

Au fil du temps, un schéma familier se dessine : les mêmes risques sont soulevés, les mêmes discussions se répètent et les mêmes lacunes persistent. Il ne s'agit pas d'un manque de volonté, mais plutôt d'une incapacité à transformer l'accord en actions par des décisions claires, une responsabilisation et un suivi rigoureux.

Entamer le dialogue avec la direction

Pour de nombreux professionnels de la sécurité et de la qualité des aliments et responsables opérationnels, le défi n'est pas de comprendre la sécurité des aliments, mais d'influencer la manière dont elle est priorisée. Entamer ce dialogue exige un changement d'approche. Mettre l'accent sur les normes, les résultats d'audit ou les détails techniques est rarement suffisant pour capter l'attention de la direction. Ces éléments restent importants, mais ils ne constituent pas toujours le cadre de référence pour les décisions.

Ce qui fait la différence, c'est la façon dont le message est présenté. Dans l'ensemble des entreprises alimentaires, les conversations efficaces tendent à se concentrer sur trois points : le risque, l'impact et l'action.

Risque. Non pas en termes abstraits, mais dans un langage clair et pratique :

  • Que pourrait-il se passer ?
  • Quelles seraient les conséquences pour l'entreprise ?
  • Quelle est la probabilité et la conséquence ?

Impact. Cela inclut :

  • Perturbation de la production
  • Coût de la défaillance (rappels de produits, rework, temps d'arrêt)
  • Confiance des clients et impact sur la marque.

Les dirigeants raisonnent déjà en ces termes. Aligner la sécurité des aliments sur ces priorités donne du sens à la conversation. Cela concorde avec les recherches de Ben Chapman, qui souligne que les dirigeants réagissent plus fortement lorsque les risques sont présentés en fonction de ce qu'ils gèrent : impact sur la marque, coûts de rappel, perturbations opérationnelles, exposition réglementaire et confiance des clients. Traduire la sécurité des aliments en ces termes la rend concrètement applicable.

Action. Que faut-il changer et quelles décisions s'imposent ? C'est là que de nombreuses conversations échouent. Soulever des problèmes sans définir les décisions nécessaires conduit souvent à un consensus sur la gravité potentielle, mais avec peu de suites concrètes. En pratique, l'action peut impliquer :

  • Intégrer les obligations réglementaires alimentaires aux discussions de la direction
  • Utiliser des exemples concrets, des incidents évités de justesse ou des données de tendances
  • Lier directement les lacunes en matière de compétences aux risques opérationnels
  • Identifier clairement les décisions actuelles susceptibles d'introduire des risques.

Il faut également persévérer. Une seule conversation est rarement suffisante ; ce qui est convenu en principe ne se traduit pas toujours en changements dans la pratique. L'adhésion se construit progressivement grâce à une communication cohérente, des preuves et un suivi rigoureux.

Même avec l'engagement des parties prenantes, la sécurité des aliments peut être reléguée au second plan par d'autres priorités et messages. Au fond, il ne s'agit pas de simplifier la sécurité des aliments, mais de la rendre accessible afin qu'elle puisse éclairer de meilleures décisions. En fin de compte, les résultats en matière de sécurité des aliments ne dépendent pas des procédures écrites, mais des actions et des décisions prises au quotidien.

Ce à quoi les dirigeants adhèrent réellement

Les dirigeants investissent dans la sécurité des aliments et la formation, mais pas dans la formation en elle-même. Ils investissent dans :

  • La confiance dans la compréhension et la maîtrise des risques
  • La cohérence des processus décisionnels au sein de l'entreprise
  • Le développement des compétences des employés
  • a protection du consommateur et de la marque.

C'est ce que représente l'adhésion du leadership.

Les travaux d'Alodia Bourke montrent comment mobiliser le leadership par le biais des risques et de la performance. FRoSTA démontre comment cette adhésion se pérennise grâce à la structure, la communication et les systèmes. Fleurieu Milk Company illustre concrètement comment les décisions prises par le leadership résistent aux pressions opérationnelles. Ensemble, ces exemples offrent un modèle pratique pour construire, renforcer et pérenniser l'adhésion de la direction. Ces contributeurs ont partagé leur expérience et fourni des conseils pratiques sur les bonnes et les mauvaises pratiques en matière de direction, de compétences et de prise de décision.

L'adhésion de la direction en pratique

À quoi ressemble concrètement l'adhésion de la direction ? Dans toute entreprise agroalimentaire, le changement est flagrant. Il se manifeste dans la manière dont les dirigeants se présentent, dans leurs priorités et dans les normes qu'ils promeuvent. Une fois impliqués, les dirigeants passent d'un soutien passif à une participation active. Au niveau opérationnel, cela comprend :
  • La participation directe aux formations en sécurité des aliments
  • L'intégration de la sécurité des aliments à l'ordre du jour permanent des discussions de la direction
  • La réalisation de visites de sites axées sur la sécurité des aliments
  • La formulation de questions plus proactives et basées sur l'analyse des risques
  • L'investissement dans le développement des compétences à tous les niveaux de l'entreprise, et pas seulement au sein du service Assurance Qualité et sécurité des aliments.

Tout aussi important, la communication évolue.

Chez FRoSTA, l'engagement en matière de sécurité des aliments est renforcé par une implication structurée et transversale. Les équipes dédiées à la culture de la sécurité des aliments réunissent les services Qualité, Production, Technique et Hygiène pour analyser les performances, discuter des difficultés rencontrées et impulser l'amélioration. Des canaux de communication ouverts, s'appuyant sur des outils tels que les logiciels de visioconférence et des interlocuteurs directs entre la production et l'assurance qualité, permettent des prises de décision plus rapides et une meilleure harmonisation au sein de l'entreprise. Cela crée une plus grande visibilité. La sécurité des aliments n'est plus cantonnée aux fonctions techniques ; elle devient partie intégrante du fonctionnement quotidien de l'entreprise. Cette visibilité s'accompagne d'une responsabilisation accrue. La sécurité des aliments est intégrée aux indicateurs clés de performance, aux discussions sur les performances et aux décisions d'investissement. Les attentes sont plus claires et la responsabilité est partagée. Chez Fleurieu Milk Company, cet engagement se traduit par un leadership constant, même en période de forte activité. Comme l'explique Adam Wilkinson : « Même en période de forte activité, la direction priorise la sécurité des aliments, sans compromis. » Ce n’est pas la perfection, mais une constance : les responsables doivent assurer le suivi, les processus doivent être appliqués et les problèmes doivent être traités avec rigueur plutôt que d'être ignorés.

Wilkinson explique : « La norme que nous tolérons est celle que nous sommes prêts à accepter. » Cet état d'esprit influence également l'engagement des employés en matière de sécurité des aliments. Lorsque les équipes comprennent le « pourquoi » des exigences en matière de sécurité des aliments, elles sont plus enclines à poser des questions, à signaler leurs préoccupations rapidement et à assumer leurs responsabilités. Les responsables peuvent encourager ce comportement par la reconnaissance, le retour d'information et un dialogue ouvert qui privilégie l'apprentissage et l'identification des causes profondes plutôt que la recherche de coupables. Il en résulte non seulement une meilleure conformité, mais aussi une prise de décision plus solide et plus cohérente en matière de sécurité des aliments à tous les niveaux de l'organisation.

Repenser la sécurité des aliments comme un enjeu commercial

Dans toutes les organisations, obtenir l'adhésion commence par une nouvelle approche de la sécurité des aliments. Pour Alodia Bourke, cela impliquait de recentrer le débat sur la sécurité des aliments, en mettant l'accent sur la conformité plutôt que sur la simple conformité : « J'ai redéfini la sécurité des aliments comme un facteur essentiel de la protection de la marque, de la confiance des clients et de la performance opérationnelle. »

Bourke a commencé par aligner la sécurité des aliments sur les préoccupations majeures de la direction : les coûts, les risques, la productivité, l'impact client et la réputation. Elle s'est appuyée sur des données opérationnelles, des conclusions d'audits et des incidents évités de justesse pour illustrer les conséquences d'un manque de renforcement des compétences. Ainsi, la formation n'est plus perçue comme un simple atout, mais comme un investissement crucial pour l'entreprise, une véritable adhésion aux bonnes pratiques, par exemple « passer de la parole aux actes ».

Une approche similaire est observée chez FRoSTA, où la sécurité des aliments est mise en avant à tous les niveaux : réunions de direction, forums d'usine et présence régulière sur le terrain. « L'objectif est d'expliquer en permanence son importance, en établissant un lien direct avec les risques pour l'entreprise, la confiance des clients et la stabilité opérationnelle », explique l'équipe FRoSTA. Dans certains cas, cela implique de rendre visible l'impact financier des défaillances, comme le coût des rappels de produits.

Les équipes apprennent à reconnaître les bonnes pratiques, comprennent les risques associés, les mettent en application et les renforcent au fil du temps grâce au partage régulier de données et d'indicateurs clés de performance. L'équipe FRoSTA a souligné : « Avec une communication ouverte et positive et l'implication de tous les niveaux de l'entreprise, la sécurité des aliments devient une responsabilité partagée. Cela crée les conditions nécessaires à des décisions plus rapides et mieux éclairées, notamment lorsque des changements en matière d'investissement ou d'exploitation sont requis. »

Chez Fleurieu Milk Company, il n'est pas nécessaire de « vendre » la sécurité des aliments à la direction ; elle fait partie intégrante du fonctionnement de l'entreprise depuis toujours. À mesure que l'organisation s'est développée, son approche s'est renforcée grâce à l'intégration de collaborateurs aux expériences et compétences variées. La formation continue, une communication régulière et des processus de reporting structurés en sont les clés. Cette constance maintient la sécurité des aliments au premier plan et garantit l'engagement de la direction, non pas parce que le sujet est imposé, mais parce qu'il est manifeste dans le fonctionnement quotidien de l'entreprise. Concrètement, la sécurité des aliments repose sur des actions constantes plutôt que sur des initiatives ponctuelles.

Le constat est identique chez les trois entreprises interrogées : la sécurité des aliments gagne du terrain lorsqu'elle est clairement liée à la performance de l'entreprise, et non lorsqu'elle est présentée comme une simple exigence de conformité.

Développer des compétences plutôt que se limiter à la formation

Les responsables de terrain et les professionnels de la sécurité et de la qualité doivent être en mesure de chiffrer à la fois le coût d'une défaillance et la valeur d'une maîtrise optimale des processus. Les rappels de produits, les arrêts de production, les réclamations clients et l'atteinte à l'image de marque représentent des coûts visibles. Moins visibles sont les avantages opérationnels potentiels liés à une performance élevée en matière de sécurité des aliments, tels qu'une efficacité accrue, une réduction du gaspillage et une plus grande régularité des opérations. Une fois traduite en termes économiques, la sécurité des aliments devient plus facile à prioriser.

Comme le souligne Ben Chapman, la formation se concentre souvent sur les connaissances, alors que la performance dépend des comportements. Ce décalage s'explique par le fait que la formation a lieu de manière isolée, tandis que les décisions s'inscrivent dans des systèmes façonnés par les contraintes de temps, la conception des processus et des priorités concurrentes. Sans cohérence entre la formation, la conception du système et le renforcement des acquis, la formation reste au stade de l'information sans se traduire en pratique.

Chez FRoSTA, le développement des compétences repose sur une approche simple mais structurée : « Démontrer, expliquer, imiter, pratiquer ». Concrètement, il s'agit d'abord de montrer ce qu'est une bonne pratique de sécurité des aliments et d'en expliquer le contexte et les risques, puis de permettre aux équipes de mettre ces principes en application et de les consolider en continu grâce à la répétition et au retour d'information. Cette méthode reflète un principe plus large : les compétences se développent par la mise en pratique et le renforcement, plutôt que par des sessions de formation ponctuelles.

Chez Fleurieu Milk Company, cette démarche commence dès le premier jour. Comme l'a expliqué l'équipe : « Chaque membre de l'équipe, quel que soit son rôle, entame son parcours en matière de sécurité des aliments dès son intégration. » Cela établit d'emblée une attente claire : la sécurité des aliments est une responsabilité partagée, et non une simple exigence de conformité. L'accent est mis non seulement sur les connaissances, mais aussi sur la compréhension claire des attentes et leur application systématique sur le terrain.

Repérer les signes annonciateurs de changement

Dans de nombreuses entreprises alimentaires, le besoin de renforcer la sécurité des aliments ne découle pas d'une défaillance isolée, mais plutôt de tendances récurrentes.

Comme l'a souligné Alodia Bourke, la sécurité des aliments était alors considérée comme relevant de la fonction technique plutôt que comme un domaine de responsabilité pour la direction. « Nous constations des non-conformités récurrentes lors des audits, des comportements incohérents et un engagement variable... l'appropriation du sujet par la direction n'était pas suffisante », a-t-elle expliqué.

Chez FRoSTA, une problématique différente mais connexe a émergé. L'équipe a dit : « Nous avons pris conscience que l'amélioration continue est essentielle, en particulier dans le contexte complexe des produits surgelés, où nous développons et fabriquons des plats préparés intégrant une grande variété d'ingrédients. » Des systèmes de sécurité des aliments étaient en place, mais leur logique sous-jacente n'était pas toujours pleinement comprise. Par conséquent, les enseignements tirés ne se traduisaient pas systématiquement par un changement de comportement.

« Nous avons identifié des opportunités pour renforcer la communication, la transparence et l'apprentissage à partir de petits écarts ou de quasi-incidents », a expliqué l'équipe de FRoSTA. « Notre objectif n'était pas de désigner des coupables, mais d'améliorer la manière dont nous abordons les défis, la clarté avec laquelle les attentes sont communiquées et la façon dont les leçons apprises sont partagées entre les équipes. »

Concilier des priorités concurrentes

La sécurité des aliments n'entre pas en concurrence avec la production ; elle définit plutôt les conditions dans lesquelles la production est acceptable. Sous la pression, cette clarté peut s'estomper.

Comme l'a observé Alodia Bourke : « Les contrôles de sécurité des aliments étaient parfois écourtés ou reportés pour atteindre les objectifs de production ; non pas par volonté délibérée, mais en raison de priorités concurrentes. »

C'est là que l'adhésion de la direction devient manifeste. Chez FRoSTA, le défi ne résidait pas dans l'absence de systèmes, mais dans la manière dont ils étaient compris et appliqués. Les discussions sur la sécurité des aliments restaient largement confinées aux services techniques, et la logique derrière les pratiques clés n'était pas toujours claire pour l'ensemble de l'entreprise. En conséquence, les procédures pouvaient sembler déconnectées des opérations quotidiennes et être appliquées de manière inégale.

En impliquant activement les dirigeants dans l'explication du « pourquoi » des décisions en matière de sécurité des aliments, la situation a commencé à évoluer. Les échanges sont devenus plus pratiques, l'engagement s'est accru et les équipes étaient mieux à même de relier les attentes aux réalités du travail. Il en a résulté une approche plus solide, plus cohérente et proactive.

Chez Fleurieu Milk Company, l'attente est plus claire : « Même en période de forte activité, la direction priorise la sécurité des aliments ... sans compromis.» Voilà à quoi ressemble une véritable adhésion.

Avec le temps, les conséquences de ces décisions deviennent évidentes. Comme l'a souligné Ben Chapman, si les entreprises alimentaires souhaitent prendre des décisions différentes sous pression, les incitations et les systèmes doivent être alignés afin que la sécurité des aliments devienne la norme et le choix le plus évident, et non l'exception.

Temps d'arrêt de production versus capacité

Lorsqu'un problème survient, le coût devient visible. La production s'arrête. Les produits sont mis de côté. Des enquêtes sont lancées. Pourtant, les organisations hésitent souvent à investir du temps dans les capacités nécessaires pour protéger la production, pour ensuite perdre beaucoup plus de temps en cas de défaillance. L'accent est souvent mis sur le coût de la formation et des temps d'arrêt. On accorde moins d'attention au coût de la défaillance elle-même : l'arrêt de la production, dans des conditions bien moins contrôlées et avec des conséquences beaucoup plus importantes.

De l'engagement à la responsabilité

L'engagement envers la sécurité des aliments est souvent facile à exprimer. Lorsqu'un incident de sécurité des aliments survient, la déclaration la plus courante d'un dirigeant est : « La sécurité des aliments et la sécurité des clients sont nos priorités absolues.» Les politiques en témoignent. Les dirigeants acquiescent et approuvent sans réserve.

La responsabilité, en revanche, est différente. Elle se manifeste dans les critères d'évaluation des dirigeants, les décisions remises en question et les pratiques acceptées. Au sein des organisations, une tendance se dessine : la sécurité des aliments est rarement ignorée, mais elle est parfois négligée, non pas délibérément, mais par le biais de décisions quotidiennes. Les objectifs de production peuvent primer lorsque les délais sont raccourcis, et les risques sont acceptés ou reportés. C'est là que la responsabilité devient visible. Elle ne se définit pas par l'intention, mais par l'action.

  • Au niveau organisationnel, la responsabilité est renforcée lorsque la sécurité des aliments est :
    Intégrée aux indicateurs clés de performance de la direction
  • Régulièrement examinée par la direction générale
  • Liée aux décisions d'investissement et opérationnelles
  • Considérée comme une condition non négociable de la production.

Sans ces structures, la sécurité des aliments demeure une priorité affichée, mais pas toujours une priorité déterminante. Comme l'a souligné Ben Chapman, « on prête attention à ce que les dirigeants inspectent, pas à ce qu'ils attendent ».

Lorsque la sécurité des aliments est systématiquement mesurée, évaluée et prise en compte par la direction, les attentes sont renforcées au sein de toute l'organisation. Dans le cas contraire, d'autres priorités peuvent prendre le pas. Ceci illustre un principe mis en avant par le spécialiste de la qualité Edwards Deming : « Un mauvais système l'emportera toujours sur une bonne personne. » Autrement dit, la plupart des échecs ne sont pas imputables aux individus, mais aux systèmes dans lesquels ils évoluent. Dans le secteur alimentaire, ces systèmes sont façonnés par les décisions de la direction concernant les priorités, les ressources, les attentes et la responsabilité.

La responsabilité en matière de sécurité des aliments ne repose donc pas uniquement sur le service qualité, sécurité des aliments ; elle incombe également aux dirigeants qui déterminent ce qui est prioritaire, reporté ou accepté. Sans l'adhésion de la direction, la sécurité des aliments peut dépendre des efforts individuels au lieu d'être intégrée au processus décisionnel de l'entreprise.

S'exprimer ne suffit pas.

Encourager les employés à s'exprimer est essentiel, mais insuffisant. Chez FRoSTA, l'accent est mis sur la compréhension des causes profondes plutôt que sur la recherche de coupables. Alodia Bourke a souligné l'importance de créer un environnement où chacun se sent en sécurité pour exprimer ses préoccupations. Cependant, la confiance ne s'instaure que par des actions concrètes.

Chez FRoSTA, les valeurs se traduisent par des comportements clairs et observables qui guident les décisions quotidiennes.

Les comportements illustrés précédemment tels que la communication ouverte, la responsabilisation et l'apprentissage des erreurs assurent la clarté à tous les niveaux de l'organisation. Leur contribution directe à la sécurité des aliments est particulièrement remarquable :
  • La communication permet de signaler les risques au plus tôt
  • La responsabilisation garantit la mise en œuvre des actions
  • L'apprentissage favorise l'amélioration continue
  • L'alignement assure la cohérence.

C'est ainsi que les valeurs dépassent le stade des déclarations et influencent les décisions.

La communication comme levier de la communication

Chez Fleurieu Milk Company, FRoSTA et Diageo Australia, un message commun se dégage : la sécurité des aliments ne se renforce pas uniquement par les systèmes ou la formation, mais par la communication qui les relie aux décisions et aux comportements quotidiens. Une communication efficace aligne les priorités, renforce les attentes et contribue à traduire les connaissances en actions cohérentes au sein de l'organisation.

Les dirigeants n'investissent pas dans la formation pour elle-même ; Ils investissent dans les résultats. L'adhésion de la direction se construit grâce à :

  • La compréhension des risques
  • Des actions cohérentes
  • Une responsabilisation visible
  • Une communication continue
  • Un lien clair et pratique entre la sécurité des aliments et les résultats de l'entreprise, facilitant ainsi la prise de décision.

Cependant, la communication doit être suivie d'actions. Si des préoccupations sont soulevées mais non prises en compte, ou si les priorités en matière de sécurité des aliments cèdent le pas à la pression opérationnelle, les employés constatent le décalage entre ce que disent les dirigeants et ce qu'ils font.

C'est là que la direction se manifeste le plus clairement. Lorsqu'une entreprise alimentaire est sous pression, des priorités concurrentes imposent de prendre des décisions ; or, ce sont ces décisions qui révèlent les véritables valeurs de l'organisation. Dans ces moments-là, la culture de la sécurité des aliments ne se définit pas par des politiques, des formations ou des engagements affichés. Elle se définit par les choix opérés par les dirigeants et par les comportements que ces choix renforcent.

lundi 5 octobre 2026

République tchèque : Problème récurrent de Salmonella dans de la viande de volaille importée

En République Tchèque, cela dévient un sujet récurrent. Déjà en juin 2019, 21 tonnes de volaille importée de Pologne en Tchéquie contaminées par Salmonella.

De nouveau, en septembre 2019, « Trois nouveaux cas d’importation de viande polonaise contaminée à la salmonelle »

Octobre 2026, la République tchèque informe de la présence de Salmonella dans 25 % des prélèvements de viande de volaille importée, source Poultry Med.

Une campagne de surveillance renforcée menée par l'Administration vétérinaire d'État de la République tchèque a mis en évidence une contamination importante à Salmonella dans la viande de volaille importée. La bactérie a été détectée dans près d'un échantillon sur quatre testés.

Cette campagne d'inspection renforcée, en cours depuis fin juillet, s'est concentrée sur les cargaisons en provenance de fournisseurs étrangers, notamment d'autres États membres de l'Union européenne.

Sur les 93 prélèvements de viande de volaille importée testés, 23 étaient positifs pour Salmonella , soit un taux de non-conformité de 24,7 %.

Selon les autorités vétérinaires, ces résultats sont conformes aux tendances observées sur plusieurs années. Les données de surveillance historiques de 2023 à 2025 montrent que la viande de volaille importée présentait un taux de contamination moyen à la salmonelle de 21 %, soit environ trois fois supérieur à la moyenne de 7 % détectée dans la production nationale tchèque de volaille.

Suite à ces résultats positifs, l'Administration vétérinaire d'État a transmis des notifications officielles via le système d'alerte rapide de l'UE pour les denrées alimentaires et les aliments pour animaux (RASFF) et a lancé des enquêtes de traçabilité pour chaque lot concerné. Pour les cargaisons encore stockées avant distribution, les autorités ont imposé des restrictions immédiates empêchant leur mise sur le marché.

Les relations avec la Commission européenne ne sont pas simples non plus, comme en témoigne ces articles du blog de 2021 et de 2020, La République tchèque entend avoir pour ses consommateurs des aliments bien contrôlés. La Commission européenne lui adresse un avis motivé avant saisine de la cour de justice de l'UE et La Commission européenne met en garde la Roumanie et la République tchèque au sujet des règles de sécurité des aliments.

NB : Merci à Joe Whitworth de Food Safety News d’avoir signalé cette information.

Pays-Bas : Près des deux tiers des restaurants estivaux coupables d'infractions aux règles de sécurité des aliments

Pour une surprise, c’est une surprise, aux Pays-Bas, au pays de l’éthique selon Baruch Spinoza, la NVWA (agence chargée de surveiller la sécurité des aliments et des produits de consommation, ainsi que la santé des animaux et des plantes), rapporte que la sécurité des aliments n’était pas conforme aux normes dans les deux tiers des établissements de restauration estivale.

En juillet et août, la NVWA a inspecté 154 établissements estivaux. Ces inspections inopinées ont eu lieu dans des restaurants et bars situés à proximité de piscines, de lacs de loisirs, de campings, d'aires de jeux et sur les plages. Elles ont été motivées par les fortes chaleurs estivales, qui représentent un risque accru pour la sécurité alimentaire. Les données de la NVWA montrent que la présence de mouches a augmenté dans un nombre croissant d'établissements ces dernières années. Les mouches ne sont pas qu'une simple nuisance ; les mouches peuvent propager des agents pathogènes tels que des bactéries et des virus par leurs pattes, leur salive et leurs excréments. Lorsqu'elles se posent sur des aliments, des déchets et des surfaces sales, elles présentent un risque d'intoxication alimentaire.

Les inspections ont été réalisées lorsque la température atteignait 20°C ou plus. Les inspecteurs ont porté une attention particulière au stockage des denrées alimentaires à la bonne température et à la présence de mouches dans les zones de préparation des aliments. Comparé aux premiers mois de l'année, il est apparu que les entreprises avaient plus souvent des difficultés à maintenir la température adéquate pour le stockage des aliments pendant l'été. Des mouches ont été trouvées dans 47 % des sites inspectés. Dans 3 % des entreprises, cette nuisance était importante. Dans 40 % des établissements inspectés, les allergènes n'étaient pas répertoriés ou l'étaient de manière incorrecte.

Au total, des mesures ont été prises à l'encontre de 96 des 154 entreprises inspectées. Cela comprend 88 avertissements officiels et 8 rapports de constatation d'infraction assortis d'une amende. Les entreprises doivent remédier aux infractions constatées. Une inspection de suivi aura lieu dans les trois mois.

Il faut tout de même les citer les 58 entreprises (154 - 96 = 54) qui se sont conformées à la réglementation en matière de sécurité des aliments. Les inspecteurs ont constaté des infractions dans 96 entreprises. Dans 8 de ces entreprises, il s'agissait d'infractions graves, ce qui représente un risque important pour la sécurité alimentaire. Ont-elles pour autant été fermées, le communiqué tolérant de la NWVA ne le dit pas ...

Lors de nos inspections, nous avons examiné les points suivants :

- manipulation des aliments
- lutte antinuisibles
- hygiène et locaux
- Informations sur les allergènes

L'information sur les allergènes constituait un autre problème majeur : 40 % des établissements inspectés n'ont pas fourni d'informations correctes ou complètes à ce sujet.

La NVWA a notamment constaté que les entreprises éprouvaient davantage de difficultés à maintenir les températures de stockage des aliments adéquates en été qu'au cours des premiers mois de l'année.

Présence de mouches

Il a été constaté la présence de mouches dans 72 établissements (47 %). Dans 5 d'entre eux, la nuisance était importante. La NVWA indique que les mouches peuvent propager des bactéries et des virus par leurs pattes, leur salive et leurs excréments lorsqu'elles se posent sur des aliments, des déchets ou des surfaces sales.

Quarante et une entreprises (27 %) étaient en infraction pour avoir pris des mesures insuffisantes afin d'empêcher les mouches d'entrer dans la cuisine ou de les contrôler. Il est possible, par exemple, d'utiliser des moustiquaires, des lampes anti-mouches ou des bandes adhésives.

Des inspections de routine dans les établissements du secteur de l'hôtellerie-restauration en juillet et août 2025 et 2026. En 2025, nous avons constaté la présence de mouches dans 15 % des établissements. En 2026, ce pourcentage atteignait 20 %. Ces pourcentages sont probablement inférieurs à la réalité, car une attention moindre a été portée aux mouches lors de ces inspections de routine.

Conclusion, dans la rubrique ‘devine qui vient dîner’, d'après la NVWA, les inspections n'ont pas été annoncées.

Commentaire

Et chez nous, en France, selon Tendances restauration, « Canicule : Les restaurateurs doivent passer d’une gestion d’urgence à une culture de l’adaptation ».
Il n’est pas ici question d’hygiène et de sécurité des aliments, dans le contenu de l’article disponible, mais d’économie, de social et d’organisation ...

NB : Merci à Joe Whitworth de Food Safety News d’avoir signalé cet article.

Des pathogènes détectés sur des citrons verts brésiliens soulèvent des préoccupations émergentes en matière de sécurité des aliments

« Des pathogènes détectés sur des citrons verts brésiliens soulèvent des préoccupations émergentes en matière de sécurité des aliments »,source Food Safety Magazine.

Lors du screening de bactéries lactiques présentes sur des citrons verts Rangpur (un agrume hybride plutôt qu'un véritable citron vert), des scientifiques brésiliens ont découvert la présence de deux pathogènes émergents. Ces derniers présentent des caractéristiques suscitant des inquiétudes pour la sécurité des aliments et l'approche Une seule santé (One Health).

Ces pathogènes ont été identifiés lors de la phase initiale d'un projet de recherche visant à analyser les micro-organismes bénéfiques de divers fruits tropicaux, mené par des chercheurs de l'Université de São Paulo et de l'Institut polytechnique de Viana do Castelo. En évaluant la croissance d'isolats bactériens, les chercheurs ont constaté que certains d'entre eux ne se développaient pas (absence de croissance) dans des milieux de culture modifiés où le glucose avait été remplacé par du lactose, du saccharose ou du rhamnose ; en revanche, d'autres isolats initiaux ont montré une croissance bactérienne satisfaisante dans ces mêmes milieux modifiés. Ces bactéries ont été identifiées comme étant Escherichia albertii et Kosakonia cowanii. Poussés par la curiosité scientifique, les chercheurs ont approfondi l'étude de ces bactéries.

Les trois souches étudiées, sélectionnées en raison de leur fréquence élevée parmi les isolats microbiens obtenus à partir d'échantillons de fruits, se sont révélées hémolytiques, résistantes à l'ampicilline (avec une sensibilité intermédiaire à l'acide nalidixique) et porteuses de certains gènes de virulence, notamment fim et hly. Elles se sont également révélées positives pour la β-galactosidase, une enzyme favorisant la survie, la colonisation et la persistance des pathogènes opportunistes en dehors de leur hôte principal, et ont présenté une activité présomptive d'acide aminé décarboxylase (indiquant un potentiel de production d'amines biogènes). Ce dernier point constitue un paramètre important pour la sécurité des aliments, car l'accumulation d'amines biogènes peut entraîner des effets toxicologiques graves chez les consommateurs.

Des citrons verts cultivés à proximité d'élevages avicoles

Les citrons verts Rangpur analysés dans le cadre de cette étude provenaient d'une zone rurale située près de São Paulo, Brésil, où la culture fruitière côtoyait l'élevage de volailles. Selon les chercheurs, ces résultats confirment non seulement que les fruits frais cultivés à l'interface entre cultures et élevages peuvent servir de réservoirs à des bactéries opportunistes et émergentes, mais suggèrent également que les fruits cultivés dans cette région pourraient héberger des pathogènes pertinents pour la sécurité des aliments et la surveillance dans le cadre de l'approche « Une seule santé ».

Des résultats suggérant des risques pour la sécurité des aliments et la santé publique

Par ailleurs, l'identification de E. albertii et de K. cowanii sur des agrumes représente un « défi majeur pour la sécurité des aliments », ont déclaré les chercheurs, car elle témoigne d'une résistance microbienne à l'environnement naturellement acide du fruit. Ils ont évoqué des données récentes indiquant que des bactéries entériques et phytopathogènes peuvent mettre en œuvre des mécanismes de réponse au stress, notamment des systèmes de décarboxylation des acides aminés et la formation de biofilms, pour résister à l'acidité.

D'un point de vue épidémiologique, la présence de ces espèces sur des fruits destinés à être consommés sans étape finale d'élimination (traitement létal) des pathogènes présente des risques pour le consommateur. E. albertii est un pathogène humain émergent hautement préoccupant ; il possède des îlots de pathogénicité similaires à ceux observés dans les génomes de bactéries pathogènes telles que E. coli entéropathogène et entérohémorragiques (EPEC et EHEC), ainsi que des séquences codant pour la shigatoxine, capables de provoquer des maladies gastro-intestinales sévères et des complications. Bien que principalement caractérisé comme un phytopathogène provoquant des nécroses tissulaires, K. cowanii a manifesté des caractéristiques opportunistes susceptibles d'entraîner des infections chez des populations hôtes immunodéprimées.

Appels à des analyses approfondies, à une surveillance renforcée et à une prévention avant récolte

« En définitive, l'isolement de ces organismes suggère une contamination d'origine agricole, probablement via l'eau d'irrigation ou les amendements du sol, et souligne la nécessité d'une surveillance renforcée après la récolte », ont conclu les chercheurs. « Un pathogène considéré comme strictement associé au tractus intestinal animal, mais pouvant être détecté sur des fruits et légumes, doit faire l'objet d'une attention particulière quant aux risques potentiels pour la sécurité des aliments. »

Une identification plus poussée, notamment par séquençage du génome entier, ainsi que des analyses bioinformatiques constituent les prochaines étapes nécessaires pour étudier la pathogénicité des souches sélectionnées de E. albertii et de K. cowanii. Les chercheurs ont souligné que leurs résultats ne reflètent pas une menace immédiate pour la santé publique, mais doivent être interprétés dans le cadre d'une étude exploratoire portant sur un nombre limité d'isolats nécessitant des recherches complémentaires ; ils ont ainsi mis en exergue l'importance de la surveillance microbiologique, de l'identification précise des isolats atypiques et des pratiques préventives au sein des systèmes de production primaire.

Dans leur conclusion, les auteurs notent :

Cette étude a mis en évidence la présence de E. albertii et de K. cowanii sur des citrons Rangpur provenant d'une zone de production rurale caractérisée par une grande proximité entre la culture fruitière et l'élevage avicole. Bien que les isolats ne présentaient pas l'ensemble des marqueurs de virulence classiques recherchés, ils affichaient des caractéristiques liées à la persistance environnementale et potentiellement pertinentes pour la sécurité sanitaire des aliments, notamment une activité hémolytique, une résistance à l'ampicilline, une sensibilité réduite à l'acide nalidixique et une capacité potentielle à produire des amines biogènes. Dans l'ensemble, ces résultats étayent l'idée que les fruits frais cultivés à l'interface entre élevage et cultures peuvent servir de réservoirs à des bactéries opportunistes et émergentes.

L'objectif de cette étude n'était pas d'établir un lien de causalité entre la présence de E. albertii et de K. cowanii et la proximité des élevages avicoles, mais de souligner que ces deux espèces pathogènes, déjà signalées dans la littérature comme étant associées au tractus intestinal des volailles, peuvent survivre à la surface, voire dans la pulpe, des agrumes. La détection de ces souches sur des agrumes pourrait être liée à la proximité d'élevages avicoles, mais il s'agit d'une observation secondaire nécessitant des études écologiques approfondies. L'aspect le plus important est que les pathogènes étudiés peuvent survivre sur les agrumes et, très probablement, sur d'autres fruits ou légumes consommés crus, ce qui constitue un risque potentiel pour les consommateurs. Un pathogène considéré comme strictement associé au tractus intestinal animal, mais pouvant être retrouvé sur des fruits et légumes, mérite une attention particulière en matière de sécurité des aliments.

Parallèlement, ces résultats doivent être interprétés dans le contexte d'une étude exploratoire fondée sur un nombre limité d'isolats. Loin d'indiquer une menace immédiate pour la santé publique, ces données soulignent l'importance de la surveillance microbiologique, de l'identification précise des isolats atypiques et des pratiques préventives au sein des systèmes de production primaire. Ces travaux enrichissent également les connaissances actuelles sur la diversité bactérienne associée aux agrumes et contribuent au débat plus large sur la sécurité des aliments dans le cadre de l'approche Une seule santé.

Complément
Une autre étude a révélé que les amendements de sol à base de litière de volaille et les conditions météorologiques influencent la survie de E. coli dans les systèmes de production d'oignons doux en Géorgie (États-Unis). Source SRA.

Dans une étude de terrain menée sur deux ans, « Temporal and Environmental Influences on the Survival of Escherichia coli in Poultry Litter-Based Soil Amendments in Georgia Sweet Onion Production Systems », et publiée dans la revue Risk Analysis, des chercheurs ont constaté que les sols amendés avec des granulés de volaille traités thermiquement et de la litière de volaille compostée favorisaient une survie plus longue de Escherichia coli par rapport aux sols non traités.

Les producteurs de fruits et légumes bio ont de plus en plus recours aux amendements biologiques du sol pour améliorer la santé des sols et la productivité des cultures.