jeudi 10 septembre 2026

États-Unis : Une amélioration de la contamination des arachides par des aflatoxines, selon un rapport d'audit

De l’intérêt des audits en sécurité des aliments, une amélioration se dessine sur la présence d’aflatoxines dans les arachides issus des États-Unis.

Un rapport décrit les conclusions d’un audit réalisé par la Direction Générale de la santé et de la sécurité alimentaire de la Commission européenne aux États-Unis du 4 au 18 mars 2026.

Cet audit a été mené dans le cadre du programme de travail publié par la Direction Générale de la santé et de la sécurité alimentaire. Il visait à évaluer si les systèmes mis en place pour contrôler la contamination par des aflatoxines des arachides destinées à l’exportation vers l’Union européenne (UE) sont conformes à la législation de l’UE, ou du moins équivalents à celle-ci, afin de garantir le respect des limites fixées par ladite législation pour ces contaminants.

Cet audit a été programmé en raison de la persistance de notifications régulières dans le système d’alerte rapide pour les denrées alimentaires et les aliments pour animaux (RASFF) au cours des dernières années concernant la présence d’aflatoxines dans des arachides importées aux États-Unis vers l’UE.

Les autorités et le secteur américains ont déployé des efforts considérables pour donner suite aux recommandations de l’audit précédent réalisé aux États-Unis sur ce sujet en 2019.

La filière américaine de l’arachide a mis en place un programme volontaire d’exportation d’arachides, qui couvrirait entre 80 et 90 % des lots exportés vers l’UE. L’audit a révélé que de bonnes pratiques agricoles et de bonnes pratiques de fabrication sont appliquées lors de la production et de la transformation des arachides afin de réduire le risque de contamination par les aflatoxines. Des instructions détaillées en matière d’échantillonnage sont en place et effectivement appliquées. Il a été conclu que les prélèvements des arachides en vue de l’analyse des aflatoxines, auquel l’équipe d’audit a assisté, était équivalent aux règles de l’UE. Les laboratoires accrédités, agréés dans le cadre du programme d’agrément des laboratoires de l’USDA, qui analysent la teneur en aflatoxines de tous les lots d’arachides destinés à l’exportation vers l’UE, affichent un niveau de performance élevé et respectent les exigences du règlement d’exécution (UE) 2023/2782 de la Commission.

Le taux de notifications RASFF pour dépassement des limites d’aflatoxines dans les arachides et produits à base d’arachides américains exportés vers l’UE s’est maintenu entre 4 % et 6,6 % des lots au cours de la période 2021-2025.

Brève de vacances : En 2026, les rappels de produits alimentaires en France ont atteint leur vitesse de croisière

J’avais écrit cet article en mars 2026, ici, pour signaler le net rebond des rappels de produits alimentaires en France en 2025, avec 15 % d’augmentation.

Qu’en sera-t-il en 2026, vaste question ?

Il semble néanmoins acquis que le chiffre dépassera les 2000 rappels, une constante depuis 2022, car depuis le début de l’année, les rappels mensuels oscillent entre 150 et plus de 200.

- 3 243 en 2021 (de mars à décembre 2021)

- 2 441 en 2022
- 2 022 en 2023
- 2 086 en 2024
- 2 323 en 2025
- 1 572 (au 9 septembre)
Les données mentionnées ne concernent que les produits alimentaires avec un code-barre. 
Que peut-on en dire ?

- Y a-t-il beaucoup de rappels ?

Oui, incontestablement.

- Y en a-t-il davantage qu'avant ?

Ce que l’on peut dire, c'est que le nombre de rappels enregistrés est élevé depuis la création en 2021 de RappelConso, auparavant, c’était assez hétéroclite ...

- Notre alimentation est-elle devenue moins sûre ?

Bien sûr que non ! Le nombre de rappels ne suffit pas à le démontrer, mais c'est un élément dans le contexte de la sécurité des aliments en France.

mercredi 9 septembre 2026

Les bactéries présentes dans la poussière des salles de classe sont associées à une réduction de la fonction pulmonaire chez les enfants

« Des bactéries présentes dans la poussière des salles de classe peuvent contribuer à une légère diminution de la fonction pulmonaire chez les enfants », source CIDRAP News.

Précision

Le titre initial du communiqué de la Société européenne de pneumologie (ERS) est « Les bactéries présentes dans la poussière des salles de classe sont associées à une réduction de la fonction pulmonaire chez les enfants ». Celui de CIDRAP News est le suivant : « Des bactéries présentes dans la poussière des salles de classe peuvent contribuer à une légère diminution de la fonction pulmonaire chez les enfants. »

Une nouvelle étude souligne l'importance de la qualité de l'air intérieur dans les écoles, suggérant que les enfants exposés à la poussière des salles de classe présentant des niveaux plus élevés de deux pathogènes bactériens courants ont une fonction pulmonaire légèrement altérée.

Pour cette étude, présentée au congrès de la Société européenne de pneumologie (ERS) à Barcelone, en Espagne, les chercheurs ont analysé les données du projet SINPHONIE (Schools Indoor Pollution and Health: Observatory Network in Europe). 

L'étude a mesuré les concentrations de Streptomyces et de Mycobacterium dans la poussière de près de 300 salles de classe réparties dans 22 pays européens. Ces deux types de bactéries sont fréquemment présents dans les sols, la poussière et les systèmes d'eau.

L'équipe a également utilisé la spirométrie pour tester la fonction pulmonaire des enfants de chaque classe afin de calculer le volume d'air que les poumons peuvent contenir et la vitesse à laquelle ce volume d'air peut être expiré. 

« Nous savons que la qualité de l'air intérieur dans les écoles peut être affectée par les polluants, l'humidité, la ventilation, la température, l'humidité ambiante et des agents biologiques comme les champignons et les bactéries> », a déclaré Soutrik Banerjee de l'Université de Ferrare en Italie et de la société d'ingénierie française Alten, dans un communiqué de presse de l'ERS. « Cependant, on sait beaucoup moins de choses sur le lien entre les types de bactéries présentes dans la poussière des salles de classe et la fonction pulmonaire des enfants. »

L'altération était modeste

Les enfants scolarisés dans des classes présentant des concentrations plus élevées de Streptomyces avaient une capacité vitale forcée légèrement inférieure, une mesure de la quantité d'air qu'une personne peut expulser après une inspiration profonde.

Les enfants sont exposés chaque jour de la semaine à l'environnement intérieur des écoles, et une réduction légère à modérée de la fonction pulmonaire aujourd'hui peut être un précurseur de maladies pulmonaires évitables plus tard dans la vie. Selon Soutrik Banerjee.

De même, les élèves des classes présentant des niveaux plus élevés de mycobactéries  avaient un volume expiratoire maximal en une seconde (VEMS) et un débit expiratoire de pointe (DEP) légèrement inférieurs. Le VEMS mesure la quantité d'air qu'une personne peut expirer en une seconde, et le DEP correspond au débit expiratoire maximal qu'une personne peut expirer le plus rapidement possible.

« Bien que les réductions observées soient modestes pour chaque enfant, elles sont statistiquement significatives et pourraient avoir des conséquences importantes pour l'ensemble de la population », a déclaré Banerjee. « Les enfants sont exposés quotidiennement à l'environnement intérieur des écoles, et une légère à modérée réduction de leur fonction pulmonaire aujourd'hui pourrait être un facteur de risque de maladie pulmonaire évitable à l'âge adulte. »

« Ces bactéries peuvent avoir un effet biologique direct, ou bien elles peuvent être des indicateurs d’autres facteurs environnementaux intérieurs qui influencent la fonction pulmonaire », indique Banerjee.

Le professeur Alexander Möller, président de l'assemblée pédiatrique de la Société européenne de pneumologie et professeur de pneumologie pédiatrique à l'hôpital universitaire pour enfants de Zurich, Suisse, qui n'a pas participé à la recherche, a déclaré : « Cette vaste étude européenne montre que les poumons des enfants semblent souffrir lorsque deux types courants de bactéries se développent dans la poussière de leurs salles de classe. »

Bien que toutes les bactéries ne soient pas nocives, ces résultats suggèrent que l'environnement scolaire joue un rôle important dans la santé pulmonaire des enfants et confirment l'importance de bâtiments scolaires sains. Concrètement, il ne s'agit pas de transformer les écoles en environnements stériles, mais plutôt de privilégier une bonne qualité de l'air intérieur : une ventilation adéquate, la maîtrise de l'humidité et des moisissures, un nettoyage régulier et un entretien approprié des bâtiments.

Le glyphosate ne justifie pas une classification comme substance cancérigène, selon Agence Européenne des Produits Chimiques

Vous lirez l'article d’André Heitz du blog Agriculture, alimentation, santé publique... soyons rationnels sur le glyphosate qui, comme il l’indique en préambule, est « Confronté à un flot de désinformation, j'ai eu envie de me lâcher un peu et de faire du putaclic... Il y a quand même de bonnes nouvelles, même si celle-ci ne faisait aucun doute. »

Je vais directement à la situation du glyphosate ...

La Commission Européenne a demandé à l'Agence Européenne des Produits Chimiques (ECHA) d'étudier le classement du glyphosate à la lumière de l'étude de l’Institut Ramazzini de 2025 (Effets cancérigènes d'une exposition à long terme, dès la vie prénatale, au glyphosate et aux herbicides à base de glyphosate chez les rats Sprague-Dawley).

L'ECHA a conclu, ce 8 septembre 2026, et ajouté un paragraphe à sa page « Glyphosate ». En voici la traduction :

« RAC [Risk Assessment Committee – Comité d'Évaluation des Risques] : le glyphosate ne justifie pas une classification comme substance cancérigène

Lors de sa réunion du 8 septembre 2026, le RAC a adopté un avis sur les nouvelles données, issues d’une étude menée par l’Institut Ramazzini, concernant la cancérogénicité du glyphosate. À l’issue de son évaluation indépendante et scientifique, le RAC a conclu que cette étude ne modifiait pas les conclusions de l’évaluation des dangers liés au glyphosate, en particulier sa décision antérieure de 2022 selon laquelle cette substance ne justifie pas une classification comme substance cancérogène. Cet avis tient également compte des commentaires reçus lors de la consultation sur l’étude, qui s’est déroulée du 2 au 31 mars 2026, ainsi que des résultats de la discussion préliminaire du RAC qui s’est tenue en juin 2026. L’avis du comité sera disponible d’ici quelques mois ; il sera transmis à l’EFSA et à la Commission, puis publié sur le site web de l’ECHA. »

MàJ. On lira l'article paru dans Food Safety Magazine, « EU Reaffirms Stance That Glyphosate is Not Carcinogenic After Considering New Data » (L'UE réaffirme sa position selon laquelle le glyphosate n'est pas cancérogène après examen de nouvelles données).

Une étude montre que les allergènes alimentaires peuvent se retrouver dans les insectes comestibles après avoir été donnés à manger dans l'alimentation des insectes

« Une étude montre que les allergènes alimentaires peuvent se retrouver dans les insectes comestibles après avoir été donnés à manger dans l'alimentation des insectes. », source Food Safety Magazine.

D'après une étude récente publiée dans la revue Foods, les insectes comestibles élevés sur des substrats contenant des allergènes alimentaires peuvent conserver des résidus d'allergènes même après une période de jeûne de 48 heures avant la récolte. Ces résultats soulignent l'importance de prendre en compte la composition du substrat d'élevage lors de l'évaluation de la sécurité allergénique et de l'étiquetage des aliments à base d'insectes .

Des chercheurs de l'Institut expérimental de zooprophylaxie du Piémont, de la Ligurie et de la Vallée d'Aoste (IZSPLV) et du Centre national de référence pour la détection des allergènes alimentaires et des substances provoquant une intolérance alimentaire (CReNaRiA) en Italie ont étudié si les allergènes d'origine végétale pouvaient être transférés de l'alimentation des insectes aux larves de Hermetia illucens (mouche soldat noire).

Les larves de la mouche soldat noire ont été élevées pendant 15 jours sur des substrats de riz et de maïs contenant 10 % d'arachide, d'amande, de soja, de céleri ou de gluten. Cette concentration de 10 % a été choisie pour représenter une exposition maximale, correspondant au scénario le plus défavorable. Les chercheurs ont prélevé des larves à la fin de l'alimentation, après 24 heures de jeûne et après 48 heures de jeûne. Les échantillons ont été séchés et broyés afin de simuler les procédés industriels standards, puis analysés par PCR en temps réel et par la méthode ELISA.

Le soja a présenté les preuves les plus évidentes de persistance d'allergènes. De l'ADN de soja a été détecté dans les neuf échantillons de traitement, et ce, aux trois moments de prélèvement, contrairement aux témoins. Les tests ELISA ont également révélé la présence de protéines de soja à une concentration supérieure à la limite de détection de 2,5 parties par million (ppm) dans tous les échantillons de traitement, même après 48 heures de jeûne.

L'ADN de céleri a été détecté dans sept des neuf échantillons traités et est resté détectable après 48 heures de jeûne. Sa détection était significativement plus fréquente chez les larves traitées que chez les témoins. L'ADN d'amande a été détecté sporadiquement à la fin de l'alimentation et après 24 heures de jeûne, mais la différence avec les témoins n'était pas statistiquement significative. L'ADN d'arachide n'a été détecté dans aucun échantillon larvaire.

Les concentrations de gluten étaient inférieures à la limite de détection de 5 ppm de la méthode ELISA dans tous les échantillons. Les chercheurs ont toutefois précisé que ce résultat n'indiquait pas nécessairement une absence totale de gluten.

Il est important de noter que les chercheurs n'ont constaté aucune différence statistiquement significative dans la détection des allergènes entre les trois moments de prélèvement. Par conséquent, l'étude n'a pas démontré qu'un jeûne allant jusqu'à 48 heures puisse réduire systématiquement la persistance des allergènes. Les chercheurs suggèrent que cette persistance pourrait dépendre de l'allergène spécifique et être influencée par la composition du substrat, les conditions de transformation et la présence éventuelle de résidus dans le tube digestif ou leur association aux tissus larvaires.

Les auteurs indiquent que ces résultats ont des implications pour les exploitants alimentaires impliqués dans l'élevage d'insectes. Ils soulignent que l'utilisation de substrats exempts d'allergènes et un étiquetage préventif approprié des allergènes constituent des stratégies potentielles pour protéger les consommateurs. Ils insistent également sur le fait que la sécurité des produits à base d'insectes, en ce qui concerne les allergènes provenant de l'alimentation animale, doit être évaluée au cas par cas.

Les chercheurs ont reconnu la petite taille de l'échantillon de l'étude pilote, avec trois réplicats par point d'échantillonnage, et ont appelé à des recherches supplémentaires pour déterminer si les allergènes détectés proviennent du contenu intestinal ou des tissus des insectes.

Commentaire

Sur le sujet des insectes, on lira ici un récent article du blog.

mardi 8 septembre 2026

Les produits de nettoyage parfumés créent une pollution de l'air invisible, selon une étude

« Les produits de nettoyage parfumés créent une pollution de l'air invisible », source ACS.

Les nettoyants de surface enlèvent les germes et la saleté, mais leurs parfums réagissent avec l'ozone intérieur pour former des nanoparticules à des niveaux comparables à ceux de la circulation urbaine.

Quelle est l'odeur d'une pièce propre ? Beaucoup pensent aux agrumes, au pin ou aux fleurs, car ces parfums sont courants dans les produits de nettoyage. Une équipe de recherche dirigée par Brandon Boor a découvert que les composés odorants des produits de nettoyage, conventionnels et à base d'huiles essentielles végétales, réagissent rapidement dans l'air, formant des nanoparticules qui peuvent pénétrer profondément dans les poumons par inhalation. Pour réduire l'exposition à cette pollution invisible, l'équipe suggère d'utiliser des produits sans parfum, de faire fonctionner les ventilateurs d'extraction et d'éviter les appareils générant de l'ozone pendant le nettoyage.

Les chercheurs présenteront leurs résultats lors de la réunion d'automne de l'American Chemical Society (ACS), dans le cadre du symposium « Espaces intérieurs sains : le lien entre microbiome et chimie » (« Healthy Indoor Spaces: Bridging the Microbiome and Chemistry »). « Il est important de noter que le nettoyage enlève virus et bactéries des surfaces, mais il peut aussi générer une pollution de l'air invisible. On ne voit ni poussière, ni fumée dans l'air, mais ces particules se forment. », selon Brandon Boor.

« Nous avons démontré que les réactions de l'ozone intérieur avec les parfums des produits de nettoyage produisent des nanoparticules dont la dose respiratoire est comparable, voire supérieure, à celle que l'on subirait en se tenant à l'extérieur, près d'une route très fréquentée », explique Boor, professeur adjoint de génie civil et de la construction à l'Université Purdue, qui étudie la qualité de l'air intérieur. « La composition des particules est différente, mais la dose totale peut être plus élevée. On ne voit ni fumée, ni poussière, ni brume dans l'air. On a plutôt l'impression que l'air sent bon, donc qu'il est propre. »

Boor et sa collègue Nusrat Jung, également professeure adjointe de génie civil et de la construction à Purdue, ont commencé à étudier l'impact des produits de nettoyage et des désinfectants chimiques sur les environnements intérieurs pendant la pandémie du COVID-19. Dans le cadre de leurs travaux, ils ont observé que nombre de ces produits étaient fortement parfumés. « C'est souvent pour créer une ambiance olfactive agréable à l'intérieur », précise Boor. « Mais l'air pur ne devrait pas sentir les agrumes très concentrés. Il ne devrait pratiquement rien sentir. »

Des chimistes de l'atmosphère ont précédemment établi que les terpènes émis par les plantes, comme le pinène des pins, réagissent avec l'ozone pour créer des nanoparticules en suspension dans l'air. Ces nanoparticules s'agrègent et finissent par atteindre une taille suffisante pour ensemencer les nuages. Or, dans les forêts, les concentrations de terpènes sont relativement faibles, la formation de ces particules est donc lente.

L'utilisation de produits parfumés à l'intérieur libère des terpènes lorsque les composés odorants s'évaporent des surfaces ou des gouttelettes pulvérisées. Parmi les terpènes courants présents dans les liquides de nettoyage, on trouve le pinène, le limonène (citron), le thymol (thym) et le linalol (lavande), à des concentrations bien supérieures à celles que l'on trouve naturellement à l'extérieur. Par conséquent, les concentrations de terpènes dans l'air pendant le nettoyage peuvent atteindre des dizaines, voire des centaines de fois celles présentes dans une forêt, explique Boor.

Pour étudier ce qui se passe lors du nettoyage quotidien, les chercheurs ont testé des produits liquides parfumés classiques ainsi que des sprays et des lingettes désinfectantes à base de plantes dans une maison témoin sur le campus de Purdue. Cette minuscule maison est équipée d'une cuisine fonctionnelle, d'un parquet et d'une salle de bain. Les chercheurs ont découvert que les mêmes réactions chimiques qui forment des nanoparticules à l'extérieur se produisent à l'intérieur, mais plus rapidement et à des concentrations plus élevées, ce qui a des conséquences importantes pour la santé humaine.

Des activités comme laver les sols, vaporiser des produits sur les plans de travail et essuyer les surfaces avec des produits parfumés ont généré des milliards, voire des milliards de milliards de particules, selon le produit utilisé. La plupart de ces particules, appelées nanoparticules ou particules ultrafines, mesuraient entre 1 et 30 nanomètres, une taille souvent indétectable par les appareils de mesure de la qualité de l'air domestiques. En les suivant, les chercheurs ont observé que le nettoyage régulier peut générer une pollution par particules ultrafines à des niveaux supérieurs à ceux de l'extérieur. Cela représente un risque potentiel pour la santé, car ces particules sont suffisamment petites pour se déposer dans les voies respiratoires et profondément dans les poumons. Elles peuvent alors contribuer à l'irritation et à l'inflammation du système respiratoire, ou potentiellement pénétrer dans la circulation sanguine.

Le plus surprenant pour les chercheurs a été la rapidité avec laquelle ces particules se formaient et grossissaient : quelques minutes seulement. « Le temps de nettoyer un espace intérieur, on a déjà formé et inhalé une grande quantité de nanoparticules », explique Boor.

Plus récemment, Boor et Ernest Blatchley, professeur à Purdue, ont découvert que la désinfection simultanée de l'air avec des lampes germicides à ultraviolets lointains (UV-C) et le nettoyage des surfaces avec des produits parfumés créent un environnement propice à la formation de nanoparticules. En effet, les lampes interagissent avec l'oxygène de l'air et génèrent de l'ozone, ce qui porte les niveaux d'ozone dans la mini-maison à environ 20 à 40 parties par milliard, un niveau comparable, bien qu'un peu inférieur, aux niveaux extérieurs au moment des expériences. La combinaison d'une concentration élevée d'ozone et de fortes concentrations de terpènes a entraîné une formation de particules encore plus intense.

Boor souhaite que ces résultats éclairent les choix des consommateurs, et non les alarment. Il propose plusieurs mesures pour réduire l'exposition lors du nettoyage :

- Choisir des produits peu parfumés ou sans parfum.
- Éviter d'utiliser plusieurs produits parfumés au cours d'une même séance de nettoyage.
- Utiliser un ventilateur d'extraction ou ouvrir les fenêtres pour aérer la pièce.
- Ne pas nettoyer simultanément des surfaces avec des produits parfumés et des appareils générant de l'ozone, comme les lampes UV-C.

« Il est important de noter que le nettoyage enlève les virus et les bactéries des surfaces, mais il peut aussi générer une pollution atmosphérique invisible », explique Boor. « Il n'y a pas de poussière, ni de fumée visibles dans l'air, mais ces particules se forment. »

Consultation sur la présence de la toxine céréulide dans les préparations pour nourrissons

La Commission européenne lance une consultation sur la présence de la toxine céréulide dans les préparations pour nourrissons.

Début de la consultation, le 1er septembre 2026 , fin de la consultation, le 29 septembre 2026. Adoption prévue pour le 1er trimestre 2027.

En réponse à des préoccupations récentes en matière de sécurité des aliments, la Commission propose l’introduction de contrôles supplémentaires concernant les préparations pour bébés et les aliments spéciaux pour nourrissons. Cela permettra de garantir que la toxine céréulide n’est pas présente dans les denrées alimentaires suivantes vendues dans l’UE:

  • préparations en poudre pour nourrissons,
  • aliments diététiques en poudre destinés à des fins médicales spéciales pour nourrissons de moins de 6 mois,
  • préparations de suite en poudre.

L’objectif est de rendre ces aliments plus sûrs pour tous les enfants dans l’UE, tout en faisant en sorte que les règles soient équitables et cohérentes pour les producteurs de l’UE.

Sont proposés le projet de règlement et une annexe, uniquement en anglais.

Dans l’annexe, le nouveau crière est ci-dessous :
*Lors des analyses de produits liquides, la limite applicable doit être ajustée en fonction du facteur de reconstitution du fabricant afin de garantir le respect du seuil de 0,1 µg/kg pour les formes lyophilisées correspondantes. Seuls les laboratoires capables d’atteindre une limite de quantification (LQ) suffisamment basse sont habilités à réaliser ces analyses.
** Les prélèvements séchés de la matrice cible doivent être reconstitués en respectant le rapport eau/échantillon spécifié par le fabricant avant de procéder à l'extraction à l'acétonitrile. Les laboratoires peuvent utiliser un rapport inférieur si des données validées démontrent une efficacité d'extraction des toxines équivalente.

Cette législation fait suite à un important rappel mondial de préparations pour nourrissons, survenu début 2026, en raison d'une contamination à la céréulide.

L'huile d'acide arachidonique (AHA), utilisée comme ingrédient et provenant d'un fournisseur chinois commun, a été identifiée comme la cause de cette contamination.
L'UE a déjà pris plusieurs mesures en réponse à cet incident, notamment le renforcement des contrôles sur les importations d'huile d'AHA en provenance de Chine.

L’EFSA avait fourni le 2 février 2027 une évaluation rapide des risques liés à la céréulide dans les préparations pour nourrissons.

L'EFSA avait également établi une dose aiguë de référence (ARfD) pour la céréulide chez les nourrissons et des seuils de sécurité pour cette toxine dans les préparations pour nourrissons.

lundi 7 septembre 2026

Braderie de Lille : Denrées alimentaires détruites en phase avec les deux dernières années

 Pour une bonne nouvelle, ce titre est même une excellente nouvelle !

« 330 kg d'aliments détruits, 28 000 articles saisis, 19 interpellations... Bilan de la Braderie de Lille côté sécurité », selon actu.fr.

On fait dans le classique des saisies de nourriture cette année, très très loin des années précédentes, ainsi :

- 2013, Près de 2 tonnes de denrées alimentaires détruites avant et pendant la Braderie,
- 2014, 1 763 kg de denrées alimentaires détruites,
- 2015, 1 547 kg de denrées alimentaires détruits et 437 sandwichs.

Sur les stands, les services sanitaires ont vérifié les dates de péremption, les températures de conservation, mais aussi l’hygiène et la traçabilité des produits. Ces contrôles ont conduit au retrait et à la destruction de 330 kilos de denrées alimentaires avariées ou non conformes à la réglementation versus peu de denrées détruites en 2024, 230 kg en 2025, 451kg de denrées retirées en 2023 et 885 en 2022.

Le chiffre avancé par les média d’un dispositif déployé en nombre des forces de l'ordre et de secours pour l'édition 2026 de la Braderie de Lille (Nord), n’est pas fondé du tout, car il y a eu « près de 3000 agents de l’État », soit le même chiffre depuis des années ...

Influence de la morphologie des microplastiques en PVC sur la survie bactérienne lors de l'inactivation par des UVC

« Influence de la morphologie des microplastiques en polychlorure de vinyle (PVC) sur la survie bactérienne lors de l'inactivation par ultraviolets C dans des systèmes aqueux, source article paru dans Applied and Environmental Microbiology.

Résumé

Les microplastiques sont de plus en plus détectés dans l'eau et les environnements liés à l'alimentation ; toutefois, la manière dont la morphologie des particules influence la persistance microbienne lors des procédés d'inactivation reste mal comprise.

Cette étude vise à élaborer des particules de microplastiques en polychlorure de vinyle (PVC) présentant des morphologies distinctes et des plages de taille contrôlées, ainsi d’évaluer l'influence de la morphologie des particules sur l'adhésion et la survie bactériennes lors de l'inactivation thermique et par ultraviolets C (UVC) en milieu aqueux.

Dans un premier temps, nous avons mis au point un système modèle de microplastiques en PVC aux morphologies distinctes et aux fractions granulométriques contrôlées. Les particules de PVC d'origine étaient relativement lisses et arrondies, tandis que des particules irrégulières ont été produites par mélange, granulation et broyage cryogénique du même matériau PVC, suivis d'un tamisage pour obtenir des plages de taille définies.

Dans un second temps, à l'aide de ce système modèle, nous avons évalué l'impact de la morphologie des particules de PVC sur l'adhésion et la survie bactériennes lors de l'inactivation thermique et par UVC en milieu aqueux. Escherichia coli O157:H7 et Listeria innocua ont été utilisées respectivement comme bactéries modèles Gram négatif et Gram positif. La microscopie confocale a révélé une adhésion de E. coli aux deux types de particules, avec une association plus marquée sur les particules de PVC broyées. En présence de particules de PVC, les réductions logarithmiques thermiques ont diminué pour atteindre environ 4,0 à 5,1 log UFC/mL (contre environ 5,9 log UFC/mL pour les témoins sans microplastiques), tandis que les réductions logarithmiques avec des UVC sont passées à environ 3,9 à 4,6 log UFC/mL (contre environ 5,2 à 6,0 log UFC/mL pour les témoins sans microplastiques). Le PVC broyé a offert une protection accrue lors du traitement thermique, alors que les deux types de particules ont réduit l'efficacité de l'inactivation par les UVC de manière similaire.

Ces résultats démontrent que les microplastiques en PVC peuvent interférer avec les procédés de maîtrise microbienne et soulignent le rôle de la morphologie des particules comme facteur déterminant de la survie bactérienne en milieu aqueux.

Importance

Les microplastiques sont de plus en plus présents dans l'eau et les environnements liés à l'alimentation, mais leurs effets sur les procédés de contrôle microbien restent mal compris. Cette étude démontre que les microplastiques en PVC peuvent réduire l'efficacité de l'inactivation thermique et par des UVC des pathogènes d'origine alimentaire dans les systèmes aqueux. En élaborant des particules de PVC aux morphologies distinctes et définies, nous démontrons que la forme des particules et les caractéristiques de leur surface influencent l'adhésion et la survie bactériennes, notamment lors des traitements thermiques. Ces résultats apportent un nouvel éclairage mécaniste sur la manière dont les microplastiques peuvent modifier la persistance des bactéries dans des conditions de désinfection ou de transformation alimentaire. Ces travaux mettent en évidence le rôle de la morphologie des microplastiques, un facteur jusqu'ici sous-estimé, dans l'inactivation microbienne et établissent un modèle d'étude pertinent (à base de microplastiques de PVC) pour de futures recherches sur les interactions entre microplastiques et micro-organismes, tant dans l'environnement que dans le secteur alimentaire.

Conclusion
Globalement, ces résultats démontrent que les microplastiques de PVC peuvent perturber l'inactivation microbienne en milieu aqueux et que la morphologie des particules joue un rôle important, notamment lors des traitements thermiques.

Ce travail fournit non seulement un modèle utile de microplastiques de PVC à morphologie définie et à taille contrôlée, mais souligne également la nécessité de prendre en compte les caractéristiques des microplastiques lors de l'évaluation des procédés de contrôle microbien dans les environnements alimentaires. Les recherches futures pourraient s'attacher à élucider les mécanismes physico-chimiques régissant les interactions entre les microplastiques et les cellules bactériennes, en particulier l'influence de la chimie de surface sur l'adhérence et la résistance à l'inactivation.

dimanche 6 septembre 2026

Les clostridia sporulés, des bactéries pathogènes souvent négligés dans la réutilisation des eaux usées

« Les clostridia sporulés : des déterminants souvent négligés du risque microbien dans les systèmes de réutilisation des eaux usées », source article paru dans Applied and Environmental Microbiology.

Résumé

L'utilisation d'eaux usées municipales traitées pour l'irrigation des cultures constitue une stratégie clé pour lutter contre la pénurie d'eau induite par la sécheresse. Toutefois, les normes actuelles de valorisation des eaux usées sous-estiment systématiquement les risques liés aux pathogènes sporulés. Comme le souligne une récente mini-synthèse publiée par A. Mrozinski, C. Le Maréchal et E. Topp dans la revue Applied and Environmental Microbiology (92:e00173-26, 2026) Clostridioides difficile et Clostridium perfringens survivent aux procédés de désinfection conventionnels, persistent indéfiniment dans les sols agricoles et sont porteurs de gènes critiques de résistance aux antibiotiques. Afin de garantir la sécurité des aliments et de protéger la santé publique, les cadres réglementaires doivent évoluer : ils ne doivent plus se fonder uniquement sur les indicateurs bactériens végétatifs classiques, mais inclure la surveillance des pathogènes sporulés résistants.

La récente mini-synthèse de Mrozinski et al. aborde spécifiquement cette question et résume de manière concise un corpus croissant de travaux démontrant que les pathogènes sporulés persistants, tels que Clostridioides difficile et Clostridium perfringens, représentent une menace importante et sous-estimée, que les pratiques actuelles de traitement des eaux usées ne parviennent pas à éliminer efficacement. En raison de différences biologiques fondamentales par rapport aux micro-organismes indicateurs actuels, ces pathogènes sporulés, aisément isolables à partir des eaux usées brutes (et traitées), présentent un avantage considérable pour survivre aux procédés de traitement et de désinfection en vigueur, lesquels réduisent pourtant efficacement d'autres indicateurs courants tels que les coliformes fécaux, Escherichia coli et Salmonella. Suite à la réutilisation des eaux usées traitées pour l'agriculture (irrigation), les spores de C. difficile et de C. perfringens persistent et peuvent s'accumuler dans les sols lors d'épandages répétés, tout en étant susceptibles d'être transportées vers les environnements voisins. Certaines cultures se développant près du sol ou dans le sol, comme les légumes-feuilles ou les légumes-racines, présentent un risque de contamination particulièrement élevé : les spores survivent au lavage initial lors de la transformation alimentaire, contaminent les chaînes de production et finissent par exposer et infecter les humains ou d'autres animaux.

Solutions proposées : appel à l’action destiné aux communautés scientifiques et réglementaires

Mrozinski et al. fournit une base solide pour repenser la manière dont les pathogènes sporulés sont évalués et pris en compte dans les systèmes de réutilisation des eaux usées. Clostridioides difficile et Clostridium perfringens sont persistants, mobiles et adaptables, un risque que les cadres de surveillance actuels ne saisissent pas de manière adéquate. À l'avenir, la communauté scientifique devra impérativement développer des outils de surveillance spécifiques aux Clostridia pathogènes toxinogènes, affiner les modèles d'évaluation des risques et produire les données mécanistes nécessaires pour étayer des politiques fondées sur des preuves. Les autorités réglementaires et les gestionnaires de ressources en eau, tant en Europe que dans le reste du monde, ont besoin de ces informations pour renforcer les directives relatives à la réutilisation des eaux et intégrer la surveillance des pathogènes sporulés aux contrôles de routine. En agissant sur ces priorités, les chercheurs et les décideurs peuvent contribuer à garantir que la réutilisation des eaux usées favorise le développement agricole sans compromettre la sécurité des aliments, ni la santé humaine et animale.