mercredi 5 août 2026

Les infections à STEC en Angleterre sont restées stables en 2025

L'Angleterre a enregistré près de 2 500 cas de STEC en 2025, une donnée stable par rapport à l'année précédente, source Food Safety Magazine

L'Angleterre a signalé 2 457 cas d'infection à Escherichia coli producteurs de shigatoxine (STEC) confirmés par culture en 2025, soit une baisse de 3,4 % par rapport à 2024, selon le rapport annuel de surveillance de UK Health Security Agency’s (UKHSA). Ce léger recul s'explique en partie par les données élevés de l'année précédente, attribuables à une éclosion à STEC O145 qui avait causé 293 cas en 2024. Parmi les cas confirmés par culture signalés en 2025, 568 étaient dus à la souche STEC O157 et 1 889 à des souches STEC non-O157. Le nombre de cas de STEC O157 a légèrement augmenté (+0,7 %) par rapport à 2024, tandis que le nombre total de signalements à STEC non-O157, incluant les cas positifs par PCR mais négatifs par culture, a progressé de 3,2 % pour atteindre 2 850. Parmi les infections à STEC non-O157 confirmées par culture, le sérogroupe STEC O146 a été le plus fréquemment identifié, représentant 280 cas (14,8 %).

Données démographiques cliniques et cas de SHU

Les enfants ont continué d'afficher les taux d'infection les plus élevés. Comme en 2023 et 2024, les enfants âgés de 1 à 4 ans ont présenté l'incidence la plus élevée d'infection à STEC O157, tandis que les nourrissons de moins d'un an ont enregistré l'incidence la plus élevée d'infection à STEC non-O157 en 2025.

Parmi les cas pour lesquels des informations cliniques étaient disponibles, environ un quart des patients atteints de STEC O157 (26,1 %) et de STEC non-O157 confirmés par culture (27,7 %) ont été hospitalisés. Aucun décès n'a été signalé parmi les cas de STEC O157, alors que trois décès sont survenus parmi les cas de STEC non-O157.

La proportion de patients ayant développé un syndrome hémolytique et urémique (SHU) est restée faible. Un syndrome hémolytique et urémique (SHU) a été signalé chez 1,2 % des cas d'infection à STEC O157 et chez 1,1 % de l'ensemble des cas signalés d'infection à STEC non-O157. L'UKHSA a également noté que la proportion de cas à STEC O26 évoluant vers un SHU a diminué, passant de 8,4 % en 2024 à 5,7 % en 2025.

Deux éclosions nationales à STEC non résolues en 2025

Seules deux éclosions nationales à STEC, impliquant 19 cas confirmés en laboratoire, ont fait l'objet d'une enquête en 2025 ; toutes deux étaient causées par des STEC non-O157. L'une des éclosions était due à STEC O26 et l'autre à STEC O145. Les enquêteurs n'ont pu identifier aucun vecteur alimentaire confirmé ou suspecté pour l'une ou l'autre de ces éclosions.

L'éclosion à STEC O145 correspondait à la réémergence d'une souche précédemment associée à des foyers ayant touché 44 personnes en 2022-2023 et 293 personnes en 2024. Bien que des enquêtes antérieures aient désigné la laitue en feuilles de variété Apollo comme le vecteur probable des éclosions précédentes, aucune source n'a été identifiée pour les cas survenus en 2025.

Stabilisation de la tendance à la hausse des cas de STEC en 2025

L'UKHSA a indiqué que le nombre relativement stable de signalements à STEC en 2025 marquait une rupture avec les augmentations annuelles constantes observées depuis 2021, période durant laquelle d'importantes éclosions avaient contribué de manière significative au nombre total de cas. Toutefois, l'agence a souligné que le déploiement continu des tests PCR dans les laboratoires hospitaliers devrait améliorer la détection des souches de STEC autres que O157 ; ces dernières restent sous-diagnostiquées en Angleterre, car les tests moléculaires n'ont pas encore été adoptés par l'ensemble des laboratoires de diagnostic.

Commentaire

En France, selon Santé publique France, les données ne concernent que « le syndrome hémolytique et urémique (SHU) secondaire à une infection à Escherichia coli producteurs de Shiga-toxines (STEC) touche principalement le jeune enfant. »
Les dernières données publiées sont celles de 2024, comme celles de toutes les maladies infectieuses d’origine alimentaire en France.

Une étude identifie les conditions optimales de nettoyage des cages de transport de volailles pour réduire Salmonella

Une étude identifie les conditions optimales de nettoyage des cages de transport de volailles pour réduire Salmonella (Study Identifies Optimal Poultry Transport Cage Washing Conditions to Reduce Salmonella), source Food Safety Magazine.

Une nouvelle étude publiée dans la revue Hygiene (Optimization of Washing Parameters for Transport Cages Cleaning to Reduce Salmonella Levels in Poultry Slaughterhouses) et menée par l'Université de Cordoue a permis d'identifier les températures de lavage optimales et les concentrations de détergent pour les cages de transport de volailles afin de réduire la contamination par Salmonella dans les abattoirs tout en diminuant l'utilisation de détergent.

Les chercheurs ont évalué six conditions de lavage à l'échelle industrielle pour les cages de transport de dindes , en utilisant différentes températures d'eau (40 °C, 45 °C et 60 °C) et une conductivité du détergent chloré alcalin allant de 0 à 4 millisiemens par centimètre (mS/cm). Ils ont recherché la présence de Salmonella, de bactéries aérobies mésophiles (BAM) et de Enterobacteriaceae avant et après lavage, au début, au milieu et à la fin d'une journée de production.

Température de lavage optimale et concentration de détergent

Les chercheurs ont constaté que le lavage des cages à 60 °C avec un détergent d'une conductivité de 2 mS/cm éliminait complètement Salmonella détectables dans tous les échantillons, tout en réduisant considérablement les micro-organismes indicateurs. L'augmentation de la conductivité du détergent à 4 mS/cm n'a pas amélioré les résultats microbiologiques, ce qui suggère que des concentrations chimiques plus élevées n'apportent aucun avantage supplémentaire dans les conditions testées.

En comparaison, le lavage sans détergent ou à des températures plus basses a donné des résultats inconstants. L'eau seule à 40 °C ou 60 °C a réduit la contamination, mais n'a pas permis d'éliminer systématiquement Salmonella, et les traitements effectués à 45 °C ont montré une efficacité variable tout au long de la journée de production. Selon les chercheurs, ces résultats démontrent un effet synergique entre la température de lavage et la concentration de détergent, plutôt que l'un ou l'autre de ces facteurs, pris isolément, déterminant l'efficacité du nettoyage.

Dans des conditions de lavage optimales, le nombre de bactéries aérobies microbiennes (BAM) a été réduit en moyenne de près de 3 log et celui des entérobactéries d'environ 2,5 log. Les chercheurs ont également observé des réductions allant jusqu'à 3 à 5 log pour les micro-organismes indicateurs dans ces mêmes conditions, les entérobactéries se montrant plus sensibles aux traitements que l'ensemble des bactéries aérobies.

Implications pour l'industrie

Les cages de transport sont reconnues comme une source potentielle de contamination croisée dans les abattoirs de volailles, car elles peuvent transporter des matières fécales et des agents pathogènes entre les lots si elles ne sont pas nettoyées correctement. Les auteurs ont noté qu'optimiser le lavage des cages peut renforcer les programmes de nettoyage et de désinfection préalables dans le cadre du système HACCP et contribuer à réduire la transmission de Salmonella dès les premières étapes de la transformation des volailles.

Les chercheurs ont également souligné que les paramètres de lavage identifiés pourraient améliorer l'efficacité opérationnelle en réduisant la consommation de détergent sans compromettre l'hygiène. Ils ont noté qu'éviter des concentrations de détergent inutilement élevées pourrait réduire les coûts et contribuer à préserver les matériaux galvanisés des cages en limitant la corrosion liée à des conditions de nettoyage plus agressives.

dimanche 2 août 2026

Unusual suspect : Listeria monocytogenes et les boissons végétales pasteurisées et réfrigérées

« A new suspect: Listeria monocytogenes outbreak linked to pasteurised plant-based beverages, Canada, 2024 (Un nouveau suspect : une éclosion à Listeria monocytogenes liée à des boissons végétales pasteurisées, Canada, 2024) », source Eurosurveillance.
Article très utile pour mieux comprendre, si besoin en était, la contamination par Listeria monocytogenes.

Qu’avons-nous appris de cette étude ?

L'éclosion a touché 20 personnes, confirmées en laboratoire, et a entraîné trois décès. Tous les cas étaient dus à la même souche génétique de Listeria monocytogenes. Des boissons végétales de substitution aux produits laitiers ont été identifiées comme l’origine de l'épidémie, soulignant l'importance de prendre en compte de nouvelles sources non identifiées jusqu'ici dans les enquêtes sur les épidémies à L. monocytogenes.

Quelles sont les implications de vos résultats pour la santé publique ?

Le prélèvement et l'analyse d'échantillons de restes alimentaires ont joué un rôle déterminant dans l'identification rapide d'une nouvelle source d'éclosion. Bien que l’origine de la contamination n'ait pas été identifiée, le respect par les fabricants de la réglementation applicable à Listeria monocytogenes dans les aliments prêts à consommer, y compris les boissons à base de végétaux, demeure essentiel pour prévenir la contamination et les maladies, voire les décès, qui pourraient en découler.

Dans une boisson à la noix de coco réfrigérée, chez un patient, vendue sous la marque A et périmée, a été identifiée la souche de L . monocytogenes qui était génétiquement apparentée à l'isolat clinique du cas.

Listeria n'a pas été détecté dans aucun des autres échantillons prélevés au domicile du patient, y compris un prélèvement de boisson aux amandes vendue sous la même marque A.

Cet article décrit l'enquête menée en Ontario, Canada, qui a établi un lien entre une éclosion de 20 cas à L. monocytogenes génétiquement apparentés et des boissons pasteurisées à base de plantes, et met en lumière les preuves recueillies pour incriminer les boissons à base de végétaux comme source de la maladie, ainsi que les mesures de maîtrise de l'éclosion.

Dans l’usine, ligne 1, Listeria monocytogenes a été détecté dans quatre écouvillons prélevés sur des surfaces non en contact avec les aliments dans les zones de traitement post-pasteurisation liées à la ligne 1. Deux des isolats positifs à L. monocytogenes provenaient de surfaces non en contact avec les aliments (un siphon de la zone de la zone de conditionnement et la grille du siphon de la ligne de traitement) correspondaient génétiquement à la souche responsable de l'éclosion.

Deux autres écouvillons positifs à L. monocytogenes (le couvercle d'une cuve de stockage et la rigole du siphon de la ligne de traitement) n'étaient pas considérés comme génétiquement apparentés entre eux, ni à la souche responsable de l'éclosion. De plus, ils n'étaient apparentés à aucun autre isolat clinique de la base de données canadienne.

La source de contamination à l'usine de fabrication X n'a pas été déterminée. Toutefois, l’usine de fabrication n’a pas respecté la politique de Santé Canada concernant la présence de Listeria monocytogenes dans les aliments prêts à consommer, notamment en ce qui concerne les prélèvements environnementaux et les analyses des produits finis. Suite à l’avis de rappel d’aliments, la production n’a jamais repris sur la chaîne de production concernée et le fabricant a depuis fermé définitivement l’usine de fabrication X en Ontario.

L’identification d’un nouvel aliment pose souvent des défis d’enquête nécessitant le recours à diverses techniques. Cependant, comme l’ont démontré cette enquête et d’autres similaires, la sélection et l’analyse appropriées des échantillons alimentaires peuvent accélérer l’identification de l’origine et la mise en œuvre de mesures de santé publique, prévenant ainsi d’autres cas de maladie.

Les boissons à base de plantes ne sont pas une source connue d’éclosions à Listeria monocytogenes et, comme le produit incriminé était pasteurisé, aucune contamination n’était attendue. Mais compte tenu d’éclosions antérieures, dont une survenue en Ontario liée au lait chocolaté en 2015-2016, il a été estimé qu’un produit peut être contaminé après pasteurisation et favoriser la croissance de L. monocytogenes. Fort de cette expérience, il a été proposé d’inclure le produit pasteurisé dans les échantillons restants prélevés au domicile d’un cas en juin 2024, malgré un risque perçu plus faible et le fait que cet aliment n’ait pas été mentionné dans le questionnaire national standardisé.

La pasteurisation, si la température et la durée sont suffisantes, est efficace pour éliminer Listeria, et aucune défaillance liée au processus de pasteurisation n'a été constatée. La souche responsable de l'éclosion a été retrouvée sur des surfaces non en contact avec des aliments dans les zones de traitement post-pasteurisation de la ligne 1. La contamination a donc pu se produire à n'importe quelle étape du traitement post-pasteurisation. Des études antérieures ont démontré que Listeria peut s'implanter dans les installations de production et former des biofilms et des sites de colonisation, qui peuvent survivre pendant des mois dans des zones qui ne peuvent être correctement nettoyées ou désinfectées, entraînant ainsi une contamination des produits.

La production n'ayant jamais repris sur la ligne 1 incriminée et le fabricant ayant depuis fermé l'usine, une réapparition de cette souche est peu probable. De plus, la source de contamination n'ayant pas été déterminée, il est impossible de formuler des recommandations pour prévenir des éclosions similaires à l'avenir, en Ontario et ailleurs.

Par ailleurs, Listeria n’a pas été détectée dans des échantillons de marque A, qu’ils proviennent de points de vente fermés ou de réserves. Seul un petit nombre d’échantillons fermés ont été analysés, compte tenu du volume de produits visé par l’avis de rappel. Comme l’ont démontré d’autres enquêtes sur L. monocytogenes et compte tenu de la répartition des cas d’éclosion sur une période de 11 mois, la contamination du produit était probablement intermittente, certains produits étant contaminés et d’autres non.

samedi 1 août 2026

Forte augmentation des infections à Cyclospora chez des touristes britanniques liées à des voyages au Mexique

Des cas d’infections à Cyclospora sont survenues au Royaume-Uni en liaisons à des complexes touristiques mexicains, source CIDRAP News.

Le 29 juillet 2026, l'UK Health Security Agency (UKHSA) a annoncé une augmentation du nombre de personnes diagnostiquées avec une cyclosporose. L'agence a indiqué que 67 personnes ayant voyagé ont reçu un diagnostic de cyclosporose. Parmi les personnes ayant voyagé au Mexique, les cas ont fait état de séjours dans divers hôtels des régions de la Riviera Maya et de Cancún, ainsi que de la consommation d'aliments et de boissons variés dans le cadre de formules de vacances « tout compris ».

En une année ordinaire, le Royaume-Uni enregistre environ 93 cas de cyclosporose.L' UKHSA s'attend à une recrudescence des cas chez des personnes contractant Cyclospora lors de voyages au Mexique et aux États-Unis.

En raison de la forte augmentation des infections à Cyclospora liées à des voyages au Mexique, les voyageurs sont invités à suivre les recommandations d'hygiène alimentaire et de l'eau pour réduire le risque d'infection.

Les dernières données, publiées ce jour, indiquent que 67 cas ont été signalés chez des voyageurs de retour en Angleterre (30 cas), au Pays de Galles (10 cas) et en Écosse (27 cas) entre le 30 avril et le 15 juillet 2026 ; il s'agit d'une forte augmentation cette année par rapport à la moyenne annuelle de 93 cas enregistrée entre 2022 et 2025.

Des informations sur les déplacements sont disponibles pour 52 de ces 67 cas ; parmi eux, 48 ont signalé un séjour au Mexique, dont l'un a également mentionné un voyage aux États-Unis. Un autre cas a signalé un voyage uniquement aux États-Unis, et un dernier, un voyage au Kenya.

Des investigations complémentaires concernant ces cas sont en cours.

L'UKHSA prévoit une augmentation continue des cas liés aux voyages, en raison de la hausse des déplacements estivaux vers le Mexique et d'une augmentation potentielle des cas liés aux voyages aux États-Unis, où une épidémie généralisée a été signalée.

Commentaire

S’agissant de la France, je pense qu’il n’y a pas eu de touristes tant au Mexique qu’aux Etats-Unis ou bien Santé publique France ne s’est encore pas saisie du sujet, étonnant, non ?

NB : L'image est issue de cet article ici.

En attendant la certitude : Ce que les investigations sur les épidémies révèlent sur la communication stratégique

« En attendant la certitude : Ce que les investigations sur les épidémies révèlent sur la communication stratégique », article de Marianna Naum paru le 31 juillet 2026 dans Food Safety Magazine.

Les investigations sur les épidémies d'origine alimentaire se déroulent rarement de manière linéaire. À mesure que de nouveaux éléments apparaissent, les hypothèses sont affinées, les résultats de laboratoire sont évalués, les investigations de traçabilité se poursuivent et notre compréhension de l'épidémie évolue. Pour les professionnels de la sécurité des aliments, rien d'étonnant : c'est ainsi que fonctionne la science.

L'investigation en cours sur l'épidémie à Cyclospora nous le rappelle une fois de plus. Les premiers résultats de laboratoire laissaient entrevoir une conclusion avant que des preuves supplémentaires n'apportent davantage de clarté. Au fur et à mesure de l'avancement de l'investigation, l'attention du public s'est naturellement portée sur les changements intervenus et leurs raisons.

Le problème est que la science et la prise de décision suivent rarement le même calendrier.

Tandis que les investigateurs continuent de recueillir des preuves, les acteurs de la chaîne alimentaire prennent des décisions en temps réel : les consommateurs choisissent ce qu'ils vont servir à leur famille, les entreprises évaluent les impacts opérationnels et les responsables de la santé publique déterminent la meilleure façon de communiquer l'évolution de la situation.

Aucune de ces décisions n'attend la fin d'une investigation. Cette réalité a des implications importantes sur notre conception de la communication stratégique.

La science et la prise de décision suivent des calendriers différents

La démarche scientifique est délibérément méthodique. Les chercheurs recueillent des preuves, évaluent les hypothèses concurrentes, vérifient les résultats de laboratoire, effectuent des traçabilités et affinent continuellement leurs connaissances à mesure que de nouvelles informations sont disponibles. Les recommandations évoluent au gré des avancées scientifiques.

En dehors du cadre de l'investigation, le calendrier est cependant bien différent. Les consommateurs décident si un aliment est sans danger pour leur famille, les distributeurs déterminent si les produits doivent rester en rayon, les fabricants évaluent les impacts opérationnels et envisagent les prochaines étapes, les professionnels de santé décident si les symptômes d'un patient justifient des examens complémentaires, et les responsables de la santé publique doivent trouver un équilibre entre la nécessité de communiquer rapidement et celle de garantir l'exactitude de l'information. Aucune de ces décisions n'est suspendue le temps de recueillir des preuves supplémentaires.

Comme l'a démontré l'investigation sur l'épidémie à Cyclospora, tandis que les scientifiques continuent d'évaluer de nouvelles preuves, les acteurs de la chaîne alimentaire prennent des décisions en fonction des meilleures informations disponibles à ce moment précis. Cela crée une tension naturelle.


Les scientifiques se demandent alors, à juste titre :
  • Que nous apprennent les preuves ?
  • Sommes-nous confiants dans ces résultats ?
  • De quelles informations supplémentaires avons-nous besoin ?
  • Qu’est-ce qui reste d’incertain ?

Tout le monde se demande : Que dois-je faire aujourd’hui ?

Reconnaître cette différence est l’une des premières étapes vers une communication stratégique plus efficace.

Des publics différents ; des décisions différentes

La communication stratégique commence souvent par un exercice classique : identifier le public. S’agit-il de l’industrie ? Des consommateurs ? Des professionnels de santé ? Des autorités chargés de la réglementation ? Des médias ?

Identifier le public est important, mais ce n’est que le point de départ. Une question plus pertinente serait : Quelles décisions les différents publics cherchent-ils à prendre ?

Ce changement subtil modifie notre approche de la communication.

Les personnes ne vivent pas une épidémie simplement comme des membres d’un public. Ils la vivent en tant que décideurs.

Bien que tous suivent la même investigation, les questions qu’ils se posent diffèrent. Les consommateurs se demandent si les aliments sont sans danger à consommer. Les acteurs de l’industrie s’interrogent sur les conséquences de l’investigation pour leurs activités et leurs obligations réglementaires. Les professionnels de santé cherchent à savoir comment l’évolution des informations doit influencer la prise en charge des patients. Les responsables de la santé publique s'interrogent sur la manière de communiquer rapidement les données probantes en constante évolution, tout en fournissant le contexte nécessaire à une prise de décision éclairée.

Chaque public est confronté au même événement. Chacun prend une décision différente.

L'investigation sur l'épidémie à Cyclospora illustre clairement ces différences. À mesure que les recommandations évoluent, les questions que se posent les gens évoluent également, non pas parce qu'ils doutent des données scientifiques, mais parce qu'ils ont besoin de comprendre ce que les données probantes en constante évolution impliquent pour les décisions qu'ils doivent prendre.

Lorsque la communication repose sur la compréhension de ces décisions, il devient plus facile de déterminer les informations nécessaires aux différents publics, le niveau de détail approprié et la meilleure façon de fournir un contexte pertinent.

L'objectif n'est pas de présenter des faits différents à différents publics. L'objectif est de fournir les mêmes données probantes de manière à étayer les différentes décisions.
Communiquer en situation d'incertitude

L'un des plus grands défis de la communication en matière de sécurité des aliments est que les investigations sur les épidémies nécessitent souvent de communiquer avant que toutes les réponses ne soient connues. La tentation peut être grande d'attendre que l'incertitude soit levée. Dans de nombreuses situations, cependant, cela est tout simplement impossible car les gens ont encore besoin d'informations. L'investigation en cours sur Cyclospora illustre bien cette difficulté. À mesure que les chercheurs rassemblent de nouvelles données sont recueillies, les recommandations publiques évoluent en conséquence. Cette évolution reflète la démarche scientifique, et non une incohérence. Toutefois, sans le contexte approprié, une modification des recommandations peut facilement être mal interprétée.

L’objectif n’est pas d’éliminer l’incertitude, mais l’objectif est de communiquer en tenant compte de celle-ci.

Cela implique d’exposer clairement ce qui est connu, de faire preuve de transparence sur les points encore à l’étude et d’être prêt à expliquer pourquoi les recommandations sont susceptibles d’évoluer à mesure que de nouvelles données deviennent disponibles.

La plupart des personnes comprennent que la science évolue. Ce qui suscite la frustration, ce n’est pas le changement des conclusions, mais le fait que des personnes ne comprennent pas pourquoi cela a changé. Fournir ce contexte aide le public à interpréter les nouvelles informations comme s’inscrivant dans une démarche d’investigation continue, plutôt que comme la preuve que les communications précédentes manquaient de fiabilité.

Ainsi, la transparence quant à l’incertitude peut renforcer la crédibilité au lieu de l’affaiblir.

Au-delà de la diffusion d’informations

La sécurité des aliments a toujours reposé sur une science rigoureuse. De plus en plus, elle dépend aussi de notre capacité à aider le public à suffisamment comprendre cette science pour prendre des décisions éclairées, alors même que les données continuent d’évoluer.

La communication est souvent évaluée à l’aune de la rapidité de diffusion de l’information. La rapidité, l’exactitude et la transparence sont toutes importantes. Mais un autre critère mérite tout autant d’attention : les personnes ont-elles reçu les informations nécessaires pour prendre les décisions auxquelles elles étaient confrontés ?

Bien après que les détails de l’investigation sur l’épidémie actuelle à Cyclospora seront tombés dans l’oubli, les leçons de communication qu’elle a mises en lumière resteront pertinentes. Les investigations futures soulèveront sans doute des questions scientifiques différentes, mais le défi en matière de communication restera sensiblement le même : aider les personnes à prendre des décisions éclairées alors que la science continue d’évoluer.

Les investigations sur les épidémies nous rappellent que la communication ne consiste pas simplement à transmettre une information d’un point à un autre. Il s’agit de favoriser la compréhension.

Lorsque la communication stratégique s’appuie sur une compréhension des décisions que les différents publics cherchent à prendre, elle devient bien plus qu’un simple vecteur d’information. Elle joue un rôle essentiel pour aider les gens à naviguer dans des situations complexes avec plus de clarté et de confiance.

Cette investigation finira par aboutir, mais les leçons de communication qu’elle nous enseigne devraient perdurer. 

C’est peut-être là l’un des enseignements les plus précieux que nous offrent les investigations sur les épidémies, non seulement en matière de sécurité des aliments, mais aussi quant au rôle d’une communication stratégique et efficace pour soutenir une prise de décision éclairée.

vendredi 31 juillet 2026

Les vagues de chaleur prolongées accroissent le risque de maladies infectieuses en Europe

« Alors que les vagues de chaleur prolongées accroissent le risque de maladies infectieuses en Europe, l’ECDC intensifie son action et appelle à la coopération », source ECDC du 29 juillet 2026.

Le risque de contracter certaines maladies infectieuses augmente à mesure que les étés s'allongent et se réchauffent en Europe ; une coopération étroite entre les pays et les secteurs est donc vitale pour prédire, prévenir et réagir efficacement, a déclaré aujourd'hui le Centre européen de prévention et de contrôle des maladies (ECDC). L’ECDC évalue régulièrement l’état de préparation et la résilience des pays face aux menaces pour la santé publique ; les données récentes indiquent qu’environ la moitié des États membres de l’UE disposent d’un plan national d’adaptation au changement climatique.

Si les vagues de chaleur actuelles font la une de l’actualité, ce sont les températures constamment plus élevées et de plus longue durée qui créent les conditions propices à la propagation de nombreuses infections. Cet été, la surveillance et la collecte de données menées par l’ECDC mettent en lumière quatre domaines d’une importance particulière :

Maladies infectieuses d’origine alimentaire : elles figurent parmi les maladies estivales les plus fréquentes, les températures plus élevées favorisant la prolifération bactérienne dans les aliments.

  • Veiller à une bonne hygiène, laver les fruits et légumes avant de les consommer et cuire soigneusement les aliments (en particulier la viande) peut aider à prévenir les infections.
Vibriose : les eaux côtières chaudes et à faible salinité, comme celles de la mer Baltique ou des estuaires, offrent des conditions optimales au développement des bactéries comme Vibrio, responsable de la vibriose. L’ECDC a récemment lancé un outil interactif de visualisation des données, mis à jour, qui permet de prédire les zones où le risque d’infection est potentiellement plus élevé.
  • Éviter de se baigner en présence de plaies ouvertes, d’égratignures ou de piercings récents, et s’assurer que les coquillages et crustacés de mer provenant de ces zones sont bien cuits, permet de réduire la probabilité d’infection.
Maladies transmises par les moustiques : l’allongement des saisons chaudes et humides favorise la prolifération de moustiques envahissants dans des régions où ils étaient auparavant rares, voire absents. Les maladies transmises par les moustiques, telles que la dengue, le chikungunya et le virus du Nil occidental, constituent une préoccupation croissante pour la santé publique en Europe.
  • L’utilisation de répulsifs, le port de vêtements couvrants et les mesures de protection à l’intérieur (moustiquaires aux fenêtres, climatisation ou moustiquaires de lit) offrent une protection efficace. Il est également important d’éviter de laisser de l’eau stagnante à proximité des habitations et des jardins, car il s’agit d’un lieu de reproduction idéal pour les moustiques.
Maladies transmises par les tiques : les tiques sont présentes dans toute l’Europe et leur période d’activité s’allonge à mesure que le printemps et l’automne deviennent plus doux dans de nombreuses régions. Les tiques infectées peuvent transmettre la maladie de Lyme et l’encéphalite à tiques, deux affections susceptibles d’entraîner de graves complications à long terme.
  • Le port de manches longues et de pantalons longs lors de randonnées ou de sorties dans les parcs peut aider à prévenir les piqûres de tiques ; il est également recommandé de s’examiner pour détecter la présence éventuelle de tiques et de les retirer après avoir passé du temps en extérieur. Il existe un vaccin efficace contre l’encéphalite à tiques.

L’ECDC a élaboré des informations pratiques sur ces questions de santé — ainsi que sur d’autres, qui revêtent une importance particulière durant les mois d’été, contribuant ainsi à protéger les individus comme la collectivité dans son ensemble.

Parallèlement, alors que le changement climatique multiplie les menaces pour la santé publique, il devient de plus en plus nécessaire d’instaurer une collaboration et une coopération stratégiques à long terme entre les secteurs de la santé humaine, de l’environnement et de la santé animale. L’approche « Une seule santé » (One Health) de l’UE concrétise cet engagement commun en faveur d’un travail interdisciplinaire, en soulignant la nécessité d’une coopération pour garantir la santé des personnes, des animaux, des plantes et de notre environnement commun.

L’ECDC évalue régulièrement la mise en œuvre de l’approche « Une seule santé » au sein de l’UE, aidant ainsi les États membres à renforcer leur état de préparation et leur résilience face aux vagues de chaleur et autres phénomènes météorologiques extrêmes. Les évaluations les plus récentes révèlent que plus de la moitié des États membres de l’UE disposent d’un plan national d’adaptation au changement climatique ; toutefois, des efforts restent nécessaires pour garantir la mise en place de mesures spécifiques visant à traiter, de manière transversale, les répercussions des phénomènes météorologiques extrêmes sur la santé publique.

A propos de l'élimination de biofilms monospécifiques et bispécifiques de Escherichia coli O157:H7 et de Listeria monocytogenes formés sur diverses surfaces en contact avec les aliments en flux dynamique par l'acide peracétique

Longtemps, je me suis intéressé aux biofilms. Il s’agit de cette forme de vie usuelle des micro-organismes, qui, comme chacun le sait, ne vivent pas en suspension.

Ainsi en est-il de nouvelle article à paraître où il va être question de biofilms en flux dynamique, comme dans la vraie vie, et du rôle d’un désinfectant majeur en entreprise alimentaire, l’acide peracétique.

On sait que les désinfectants ne sont pas des produits qui font des miracles sur les surfaces en contact avce les aliments, le nettoyage préalable est toujours indispasable. Ici les auteurs de l’étude montre une nouvelle donne des surfaces en contact avec les aliments avec la notion d'aplatissement d'une surface (ou kurtosis* surfacique), en résumé la topographie de la surface et non pas la seule rugosité. L’étude a aussi utilisé une bactérie environnementale** Gram négatif, reconnue comme ayant un fort producteur de biofilm. Voilà, vous lire dans cet article, les Faits saillant, le résumé et la conclusion, et vous vous direz avec les auteurs qu’il est particulièrement difficile d’éliminer un biofilm avec un désinfectant, fut-ce l’acide peracétique. Mais n’anticipons pas, bonne lecture !

Va paraître dans Journal of Food Protection un article intitulé, « Efficacy of Peracetic Acid in Removing Escherichia coli O157:H7 and Listeria monocytogenes from Single- and Dual-Species Biofilms formed on Various Food Contact Surfaces under Dynamic Flow » (Efficacité de l'acide peracétique pour l'élimination des biofilms monospécifiques et bispécifiques de Escherichia coli O157:H7 et de Listeria monocytogenes formés sur diverses surfaces en contact avec les aliments en flux dynamique).

Faits saillants

  • Le stress lié aux forces de cisaillement influence la formation du biofilm et son élimination par l'acide peracétique.
  • Les pathogènes sont plus difficiles à éliminer des surfaces en EPDM (Éthylène-Propylène-Diène Monomère un caoutchouc synthétique).
  • L. monocytogenes est plus résistant que E. coli O157:H7 au sein du biofilm.
  • La bactérie indigène Ralstonia insidiosa protège les pathogènes présents dans les biofilms contre le désinfectant.

Résumé

Les biofilms de Escherichia coli O157:H7 et de Listeria monocytogenes survivent souvent aux procédures de nettoyage et de désinfection standardisées, ce qui représente un risque majeur pour la sécurité des aliments dans le secteur de la transformation alimentaire. Pour étudier ce phénomène, nous avons cultivé des biofilms monospécifiques et bispécifiques de ces pathogènes en co-culture avec la bactérie Ralstonia insidiosa, jouant le rôle de promoteur, sur des coupons de différents matériaux en contact avec les aliments (acier inoxydable, PTFE et EPDM), dans des conditions de contrainte de cisaillement contrôlées. Les coupons portant les biofilms ont ensuite été transférés dans un réacteur Bio-inLine® afin d'évaluer l'efficacité de décontamination de l'acide peracétique selon diverses conditions hydrodynamiques.

L'efficacité de l'acide peracétique a varié en fonction du type de surface, des conditions de cisaillement lors de la formation du biofilm et de la durée d'exposition. L'EPDM s'est révélé être systématiquement la surface la plus difficile à nettoyer ; le traitement à l'acide peracétique a permis une réduction de E. coli significativement plus faible sur EPDM que sur l'acier inoxydable (0,81 contre 5,09 log UFC/cm²) pour les biofilms formés sous une force de cisaillement élevée. Une force de cisaillement élevée durant le développement du biofilm a probablement favorisé une architecture matricielle plus résistante dans les biofilms monospécifiques des pathogènes, tandis que R. insidiosa a offert une protection supplémentaire à ces derniers, agissant potentiellement comme une barrière structurelle.

Nos résultats suggèrent que les protocoles de nettoyage et de désinfection pourraient nécessiter une optimisation en fonction du matériau de surface afin de garantir une élimination plus efficace des biofilms. Par ailleurs, la gestion des zones opérationnelles soumises à un cisaillement élevé et le choix des types de surfaces seront essentiels, car ces facteurs physiques peuvent influencer la pénétration de l'acide peracétique et l'élimination ultérieure du biofilm.

Conclusion

Cette étude met en évidence le fait que le matériau de surface et la force de cisaillement hydrodynamique lors de la transformation influencent considérablement l'efficacité de l’acide peracétique, pour l'élimination des biofilms.

La valeur élevée de l'aplatissement d'une surface (ou kurtosis surfacique) de l'EPDM crée un environnement protecteur pour les bactéries et favorise la formation de biofilms persistants sur les lignes de transformation alimentaire ; cela met en évidence que la topographie de la surface peut jouer un rôle plus déterminant que la simple rugosité dans l'efficacité anti-biofilm des désinfectants.

L'écoulement hydrodynamique du fluide affecte considérablement la résistance des biofilms, car ceux qui se forment sous un fort cisaillement peuvent présenter une résilience accrue aux traitements par les désinfectants. Par ailleurs, le rôle de R. insidiosa comme promoteur de croissance ou d'activité métabolique dans les environnements plurispécifiques souligne la nécessité de protocoles de désinfection ciblant les bactéries facilitatrices présentes dans l'environnement, lesquelles uniformisent la résistance microbienne sur divers matériaux.

Nos résultats démontrent que le choix du désinfectant est complexe et dépend des paramètres du procédé de transformation alimentaire. Les conditions de cisaillement, la nature des matériaux de surface ainsi que l'usure structurelle de la surface polymère peuvent influencer l'efficacité anti-biofilm du désinfectant.

** L’aplatissement d'une surface (ou kurtosis surfacique est un paramètre métrologique et statistique qui mesure l'acuité et la distribution des pics et des vallées d'une texture de surface par rapport à une loi normale.

** Ralstonia insidiosa est une bactérie environnementale Gram négatif, reconnue comme un fort producteur de biofilm jouant un rôle de « pont » ou de promoteur pour l'adhésion d'autres pathogènes. La bactérie survit en milieu pauvre en nutriments, les réseaux d'eau et les milieux industriels. Voir aussi ici.

jeudi 30 juillet 2026

Intoxications accidentelles par des champignon, la France est-elle au niveau de la Chine ?

Inlassablement, année après année, l'Anses publie courant septembre des informations sur la cueillette des chamignons et leur consommation ainsi que les risques encourus, rien n'y fait ...

Selon le rapport d’étude de toxicovigilance de septembre 2025, publié par l’Anses, sur les intoxications accidentelles par des champignons en France métropolitaine (Bilan des cas enregistrés par les Centres antipoison entre le 1er juillet et le 31 décembre 2024) 1 363 personnes ont appelé un Centre antipoison pour une intoxication par des champignons en France hexagonale. Parmi elles, 1 320 personnes s’étaient intoxiquées lors d’un repas. Les intoxications restantes correspondaient à une ingestion accidentelle d’un champignon par méconnaissance du risque.

Si la plupart des intoxications étaient bénignes, 3,1 % étaient de gravité forte, avec notamment trois décès et trois cas d’insuffisance rénale chronique. Les symptômes observés étaient majoritairement digestifs : douleurs abdominales, nausées, vomissements, diarrhées. 

Qu'en est-il de 2025 ? Une information de vigilance de l’Anses sur « Cueillette des champignons : vigilance face aux risques d'intoxications » du 25 septembre 2025 rapportait que « Depuis le 1er juillet 2025, environ 500 intoxications liées à la cueillette et à la consommation de champignons ont déjà été recensées par les Centres antipoison. »

500 cas entre le 1er juillet et le 25 septembre, c'est pas mal du tout ...

Alors quand je lis le titre d’un article de Joe Whitworth dans Food Safety News selon lequel « La Chine enregistre un pic des cas d'intoxication aux champignons, avec plus de 2 100 patients rapportés », je me dis que sur ce sujet, nous sommes presque au niveau de la Chine ...

En effet, un article récent paru dans China CDC Weekly, « Mushroom Poisoning Outbreaks - China, 2025 » rapporte qu’en 2025, le CDC de Chine a enquêté sur 828 cas d’intoxication aux champignons dans 27 divisions administratives de niveau provincial, touchant 2 165 patients et ayant entraîné 13 décès, soit un taux de létalité de 0,6 %, le plus bas enregistré depuis 2019. 

Ce pic de 2 165 patients contraste avec les données de 2019 à 2024 où le nombre annuel de cas a oscillé entre 276 et 676, et le taux de létalité entre 0,87 % et 2,86 %.

Les intoxications aux champignons constituent une menace majeure pour la sécurité alimentaire en Chine. Bien que l’été et l’automne soient les saisons de pointe, des cas mortels peuvent survenir à tout moment de l’année, et le nord du pays a connu une nette augmentation. De plus, un nombre croissant de champignons vénéneux, dont plusieurs espèces potentiellement nouvelles, ont été identifiés lors d’intoxications. Ce problème persistant exige des efforts continus de sensibilisation du public, un contrôle rigoureux du marché et une collaboration interdisciplinaire renforcée afin d’en réduire l’incidence.