samedi 15 août 2026

Thriller de l'été aux États-Unis : La FDA entame enfin une inspection chez Taylor Farms au Mexique ; le nombre officiel de cas à Cyclospora approche les 10 000 ; où l'on découvre les liens troubles entre Taylor Farms et le président Trump

Bonne fête du 15 août 2026

L’article ci-après met non seulement à jour le nombre de cas provisoire à Cyclospora aux États-Unis, mais aussi les relations pour le moins troubles entre Taylor Farms et l’entourage du président Trump. Un vrai scénario de thriller et la suite vaudra prochainement son pesant de cacahuètes

« La FDA entame une inspection chez Taylor Farms Mexico alors que le nombre officiel de cas d'épidémie à Cyclospora approche les 10 000 », source article de Bailee Henderson dans Food Safety Magazine du 14 août 2026.

Résumé

  • La FDA a entamé des inspections sur place et des prélèvements chez Taylor Farms au Mexique, où la laitue iceberg à l'origine de l'épidémie a été cultivée, alors que le nombre officiel de cas atteint 9 481 dans 17 États, dont deux décès.
  • Au-delà de cette épidémie, le CDC signale 13 895 cas de transmission locale confirmés en laboratoire et a connaissance de milliers d'autres cas nécessitant une analyse, tandis que la FDA enquête sur six autres épidémies dont les vecteurs alimentaires sont inconnus.
  • Des législateurs et des acteurs de la sécurité des aliments s'interrogent sur la réponse de Taylor Farms et demandent instamment la fin du retard pris dans l'application de la règle de la FDA sur la traçabilité des aliments , ainsi que des financements et des effectifs adéquats pour la surveillance.

Le 13 août 2026, la FDA des États-Unis a annoncé qu'elle avait commencé des inspections et des prélèvements sur place chez Taylor Farms au Mexique, où était cultivée la laitue iceberg impliquée dans l'épidémie de cyclosporose en cours dans plusieurs États, en coordination avec les autorités mexicaines.

L'agence a également mis à jour le nombre officiel de cas de l'épidémie pour inclure 9 481 cas de maladie rapportés dans 17 États : Arkansas, Iowa, Illinois, Indiana, Kansas, Kentucky, Massachusetts, Maine, Michigan, Missouri, Nebraska, New Hampshire, Caroline du Nord, Ohio, Oklahoma, Pennsylvanie et Virginie-Occidentale.

De plus, deux décès dus à une déshydratation induite par la cyclosporose chez des patients présentant des problèmes de santé sous-jacents ont été associés à cette épidémie.

La distribution du produit rappelé a été confirmée dans 31 États : Alabama, Arkansas, Connecticut, Floride, Géorgie, Iowa, Illinois, Indiana, Kansas, Kentucky, Louisiane, Massachusetts, Maryland, Maine, Michigan, Missouri, Mississippi, Caroline du Nord, Nebraska, New Hampshire, New Jersey, New York, Ohio, Oklahoma, Pennsylvanie, Caroline du Sud, Tennessee, Texas, Virginie, Wisconsin et Virginie-Occidentale.

La FDA a également dit qu'elle était « convaincue que toute la laitue iceberg rappelée en lien avec cette épidémie spécifique de Cyclospora a été retirée du marché ».

Autres cas et épidémies de cyclosporose à l'échelle nationale

Parallèlement, le nombre d'infections à Cyclospora rapportées par le CDC et les États, y compris celles associées à l'épidémie de laitue de chez Taylor Farms et les cas sporadiques ou ceux liés à d'autres épidémies, est beaucoup plus élevé.

D'après une mise à jour du 11 août, le CDC a reçu des signalements de 13 895 cas de cyclosporose contractés aux États-Unis et confirmés en laboratoire depuis le 1er mai de cette année. L'agence a également eu connaissance d'au moins 10 455 cas supplémentaires d'infection à Cyclospora nécessitant des investigations et des analyses complémentaires.

Au Michigan seulement, où le plus grand nombre de cas a été signalé, le ministère de la Santé a connaissance de 13 909 infections à Cyclospora  , ayant entraîné 314 hospitalisations et deux décès (vraisemblablement les deux mêmes décès qui font partie de l'épidémie de laitue de Taylor Farms).

Dans l'Ohio, un autre État fortement touché, un total de 3 299 cas de cyclosporose a été signalé rien que dans les comtés du nord-ouest de l'État.

Outre l'épidémie survenue chez Taylor Farms, la FDA enquête actuellement sur six autres foyers de cyclosporose, responsables respectivement de deux, huit, 11, 18, 25 et 112 cas. Aucun aliment vecteur de la maladie n'a encore été identifié pour aucun de ces six foyers.

Taylor Farms critiquée pour sa gestion de l'épidémie ; les parties prenantes demandent l'application des règles de traçabilité.

Les législateurs et le public s'interrogent sur la réaction de Taylor Farms face à l'épidémie de cyclosporose.

Le 27 juillet, le représentant américain Robert Garcia, démocrate, membre du comité de surveillance et de la réforme gouvernementale de la Chambre des représentants des États-Unis, a exigé des réponses de Taylor Farms concernant sa réponse à l'épidémie, citant des rapports sur les tentatives présumées de Taylor Farms d'influencer la Maison Blanche et la FDA, ainsi que les déclarations publiques « contradictoires et confuses » de l'entreprise.

La lettre soulevait notamment des questions quant aux dons de Taylor Farms au président Donald Trump et à ses activités de lobbying liées à la législation sur la sécurité des aliments, en précisant qu'un don d'un million de dollars à un Trump super PAC* avait eu lieu une semaine avant que l'administration ne reporte l'entrée en vigueur du règlement de la FDA sur la traçabilité des aliments au 20 juillet 2028. Sans ce report, la règle serait entrée en vigueur en janvier 2026, facilitant ainsi la traçabilité des aliments contaminés impliqués dans des épidémies d'intoxication alimentaire et permettant leur retrait plus rapide du marché.

Faisant écho à cela, le 12 août, la Safe Food Coalition a adressé une lettre aux dirigeants du Congrès, les exhortant à abroger un amendement budgétaire qui empêche la FDA d'utiliser des fonds fédéraux pou administrer ou appliquer sa Food Traceability Rule avant le 20 juillet 2028. Cette disposition enjoignait également la FDA à identifier d'éventuelles flexibilités supplémentaires pour satisfaire aux exigences de suivi au niveau des lots, ce qui, selon la Safe Food Coalition, « incite la FDA à abandonner la pierre angulaire de son cadre de traçabilité et à revoir sa copie ».

La Safe Food Coalition s'est également jointe à des experts, des législateurs et au public pour demander le rétablissement de financements et des personnels adéquats au sein du CDC et des États pour la surveillance des maladies d'origine alimentaire et la réponse aux épidémies.

Par ailleurs, suite à l'annonce de l'ouverture d'une enquête sur place par la FDA chez Taylor Farms au Mexique, Consumer Reports, membre de la Safe Food Coalition, a déclaré : « Il est alarmant que la FDA ait mis autant de temps à se rendre sur place et à identifier les facteurs potentiels ayant pu contribuer à cette épidémie. Elle aurait dû dépêcher des enquêteurs immédiatement après l'établissement du premier lien entre Taylor Farms et l’épidémie. Une présence sur le terrain permet aux enquêteurs d'observer de près les opérations, ce que les tests seuls ne peuvent reproduire, et d'identifier les conditions susceptibles d'avoir contribué à cette épidémie. Les enquêteurs peuvent également en tirer des enseignements importants qui pourraient contribuer à prévenir de futures épidémies. »

* Trump Super PAC désigne un comité d'action politique ndépendant autorisé à collecter et dépenser des sommes d'argent illimitées auprès de donateurs riches ou d'entreprises pour soutenir Donald Trump.

MàJ du 16 août 2026. La date limite de consommation des laitues iceberg rappelées suite à l'importante épidémie à Cyclospora est dépassée, selon une mise à jour publiée le 13 août 2026 par la FDA. Par conséquent, les laitues de Taylor Farms contaminées par Cyclospora ne devraient plus être disponibles dans les commerces et les restaurants. Source CIDRAP News.

vendredi 14 août 2026

Explorer les facteurs modifiant la sécurité des aliments domestique des personnes âgées

« Au-delà des connaissances et des comportements : explorer les facteurs modifiant la sécurité des aliments domestique des personnes âgées » (Beyond knowledge and behaviour: Exploring the modifying factors influencing older adults’ domestic food safety) est un article à paraître dans Journal of Food Protection.

Faits saillants

  • Les dimensions du bien-être ont été utilisées pour explorer les facteurs influençant la sécurité des aliments domestique.
  • Les résultats mettent en évidence la complexité des influences sur les comportements alimentaires des personnes âgées.
  • Des facteurs interdépendants ont influencé les achats, la manipulation et le stockage des aliments à domicile.
  • Le chevauchement entre les déterminants suggère la nécessité de simplifier les classifications.
  • Un nouveau cadre est proposé pour faciliter l'élaboration de futures interventions ciblées en matière de sécurité des aliments

Résumé

Les personnes âgées présentent un risque accru de maladies d'origine alimentaire en raison des modifications de leur système immunitaire liées à l'âge. Des recherches antérieures ont mis en évidence des divergences entre les connaissances, les attitudes, les pratiques déclarées et les comportements observés en matière de sécurité des aliments chez les personnes âgées ; toutefois, les raisons de l'adoption de pratiques potentiellement dangereuses en matière de sécurité des aliments restent inconnues. Le modèle des croyances relatives à la santé identifie des facteurs modificateurs influençant les comportements de santé, or ces facteurs sont rarement pris en compte dans les recherches sur la sécurité des aliments des consommateurs. Cette étude visait à explorer les facteurs modificateurs influençant les croyances et les comportements en matière de sécurité des aliments domestique chez les personnes âgées. Une analyse qualitative rétrospective a été menée à partir des transcriptions d'entretiens issus d'une étude doctorale achevée, conduite auprès de 100 adultes âgés de 60 ans et plus vivant au Pays de Galles.

L'étude initiale avait identifié des divergences entre les connaissances et les comportements en matière de sécurité des aliments, mais les facteurs contribuant à ces différences n'avaient pas été explorés. Les transcriptions d'entretiens ont été analysées à l'aide des dimensions du bien-être (physique, intellectuel, émotionnel, social, spirituel, professionnel, financier et environnemental) comme cadre d'analyse afin d'examiner les facteurs modificateurs du modèle des croyances relatives à la santé. Les facteurs influençant les croyances et les comportements en matière de sécurité des aliments incluent les changements de santé, le déclin sensoriel, les transitions familiales, la situation sociale, l'accès à l'alimentation, les ressources financières et l'évolution de l'environnement alimentaire. Les résultats indiquent que les comportements en matière de sécurité des aliments sont façonnés par des facteurs de vie plus larges que par les seules connaissances et perceptions. Bien que les huit dimensions aient fourni un cadre exploratoire utile, un chevauchement considérable a mis en évidence la nécessité de les affiner en cinq déterminants plus généraux : biologiques, physiques, psychologiques, économiques et sociaux. Ce cadre révisé offre une approche plus structurée pour comprendre les facteurs modifiant les comportements en matière de sécurité des aliments chez les personnes âgées. Il peut également soutenir les recherches futures et le développement d'interventions ciblées en matière de sécurité des aliments.

Conclusion

Les résultats de cette étude suggèrent que les croyances et les comportements des personnes âgées en matière de sécurité des aliments sont influencés par un ensemble de facteurs interagissant, allant au-delà des seules connaissances et perceptions du risque. L'application des huit dimensions du bien-être comme facteurs modificateurs au sein du modèle des croyances relatives à la santé a permis une meilleure compréhension des influences physiques, psychologiques, intellectuelles, professionnelles, économiques, sociales et spirituelles qui influent sur les décisions alimentaires et, par conséquent, sur la sécurité des aliments. L'analyse des relations et des recoupements entre ces dimensions suggère la nécessité d'affiner le cadre en cinq déterminants plus larges : biologiques, physiques, psychologiques, économiques et sociaux.

Ce cadre affiné élargit la composante des facteurs modificateurs du modèle des croyances relatives à la santé en reconnaissant les circonstances plus générales qui influencent la capacité des personnes âgées à mettre en œuvre les pratiques recommandées en matière de sécurité des aliments. Des recherches supplémentaires sont nécessaires pour explorer l'applicabilité de ce cadre aux populations âgées actuelles et pour déterminer comment ces déterminants interagissent pour influencer la vulnérabilité en matière de sécurité des aliments, ainsi que pour éclairer l'élaboration d'interventions ciblées en matière de sécurité des aliments. Les futures recherches sur la sécurité des aliments devraient aller au-delà de la simple mesure et de la prise en compte des connaissances, des attitudes et des pratiques déclarées en matière de sécurité des aliments, mais aussi considérer les facteurs modificateurs qui influencent ce que les consommateurs savent, croient et, en fin de compte, font.

Facteurs financiers. Certains des facteurs précédents faisaient allusion aux finances. Par exemple, une modification des revenus liée à la retraite aurait également modifié les habitudes d'achat des participants ; certains ont déclaré disposer d'un budget plus important, tandis que d'autres ont signalé une réduction du budget disponible pour l'alimentation. Ainsi, les participants comme le 87, qui bénéficiaient de plus d'argent après leur retraite, achetaient ce qu'ils désiraient sans le consommer immédiatement, déclarant: « Maintenant, je peux me permettre d'acheter ce que je veux. » Le participant 37 a également indiqué avoir plus d'argent : « J'ai plus d'argent maintenant et, évidemment, je n'ai plus à faire les courses pour mes enfants, donc je peux plus ou moins me faire plaisir. » Le participant 14 a fait de même, car il nourrissait moins de personnes : « Maintenant, je fais généralement mes courses pour deux, alors qu'il y a quelques années, c'était pour six. Les contraintes budgétaires influençaient davantage mes achats à l'époque. » En revanche, les personnes disposant de revenus plus faibles, comme le participant 31, récemment retraité, achetaient de grandes quantités d'aliments avant leur date limite de consommation en raison de leur prix réduit, afin de les faire durer le plus longtemps possible : « Je vis avec un revenu fixe, ce qui signifie que le prix que je paie pour les aliments est très important. »

Il est évident que le coût et l'accessibilité des aliments ont un impact significatif sur les comportements alimentaires. Il est également suggéré que les pratiques des populations en situation d'insécurité des aliments peuvent avoir des conséquences importantes sur la sécurité des aliments. De plus, depuis la réalisation de cette étude, le Royaume-Uni a connu une crise du coût de la vie. Par conséquent, on peut s'attendre à ce que des facteurs financiers, tels que le coût des aliments et le coût de l'énergie nécessaire au fonctionnement des appareils ménagers, influencent davantage les pratiques. Par exemple, certaines personnes peuvent utiliser différentes méthodes de cuisson, comme le micro-ondes ou l‘air fryer ou friteuse à air chaud, pour éviter d'utiliser le four pendant de longues périodes. Cependant, le manque de familiarité avec ces différentes techniques de cuisson peut entraîner des risques pour la sécurité des aliments. De même, certaines personnes peuvent choisir de faire fonctionner leur réfrigérateur à une température plus élevée afin d'éviter une consommation d'énergie excessive. Compte tenu de l'impact potentiel de la crise du coût de la vie au Royaume-Uni, les facteurs financiers devraient être intégrés aux recherches futures.

TIAC : Les approximations de Santé publique France

On savait que Santé publique France se foutait (je ne vois pas d'autre terme) des données des toxi-infections alimentaires collectives. En effet, aucun résultat des données de 2022 et 2023 paru respectivement le 21 février 2024 et le 20 mars 2026 n’a eu droit à la rubrique actualités du site internet de l’agence, c’est dire, donc, ne parlons pas de ce qui fâche ...

Autre preuve ce qui rapporté, ce qui est indiqué dans la rubrique « la maladie ».


- En 2023, 2 231 TIAC ont été déclarées en France, affectant 22 282 personnes.
- En 2022, 1 924 TIAC ont été déclarées en France, affectant 16 763 personnes.

Selon les résultats publiés par l’EFSA pour 2024, les chiffres sont du même ordre de grandeur. Il serait peut-être temps de prendre la mesure du problème !

Last but not the least, à quelle date aura-t-on les données de 2024 par Santé publique France ? Rien ne presse !

Un rapport de l'EFSA évalue la sécurité des aliments des substituts végétaux ou des faux aliments d'origine végétale

Un rapport réalisé dans différents pays au sein de l’UE, dont la France, représentée par l’Anses, propose « Une étude de prévalence en magasin visant à examiner les niveaux de contamination microbiologique des substituts végétaux prêts à consommer (PAC) de produits laitiers, de viande et de poisson ». Source EFSA du 12 août 2026.

Avec d’autres mots, que valent les fakes aliments (ou les faux aliments : les fauxmages,la fausse viande,etc., en termes de sécurité des aliments. Il y a, selon moi, des gens qui ont vraiment de l’argent à perdre, surtout quand il s’agit d’aliments ultratransformés …

Résumé

Ce rapport exhaustif examine la contamination microbiologique des substituts végétaux prêts à consommer (PAC) de produits laitiers, de viande et de poisson, reflétant l'intérêt croissant du marché et des consommateurs pour les sources de protéines alternatives.

L'objectif principal était d'évaluer la prévalence et les niveaux des principaux indicateurs microbiens et pathogènes dans ces produits, afin d'évaluer leur innocuité et les risques potentiels pour la santé publique. Une stratégie d'échantillonnage systématique a été mise en œuvre, couvrant une gamme diversifiée de substituts végétaux PAC disponibles dans le commerce. Les échantillons ont fait l'objet d'analyses microbiologiques rigoureuses, incluant le dénombrement des germes viables totaux, des entérobactéries, de Listeria monocytogenes, de Salmonella spp. et d'autres micro-organismes pertinents, selon des protocoles de laboratoire standardisés. Les résultats ont révélé des niveaux de contamination microbienne variables selon les catégories de produits, certains échantillons dépassant les seuils de sécurité établis pour certains pathogènes ou indicateurs d'hygiène. Notamment, la présence de Listeria monocytogenes et de Salmonella spp. était rare, mais a souligné la nécessité d'une vigilance constante dans les chaînes de production et d'approvisionnement.

L'étude a identifié des facteurs influençant la contamination, tels que la formulation du produit, les conditions de transformation et les pratiques de stockage, soulignant l'importance de systèmes de gestion de la sécurité alimentaire robustes et adaptés aux produits végétaux prêts à consommer.

En conclusion, bien que la majorité des substituts végétaux prêts à consommer aient démontré une qualité microbiologique satisfaisante, des cas isolés de niveaux de contamination élevés justifient l'attention de l'industrie et des autorités réglementaires. Les résultats confirment la nécessité d'une surveillance continue, d'une évaluation ciblée des risques et de l'élaboration de lignes directrices spécifiques pour garantir la sécurité des aliments végétaux prêts à consommer.

Ce rapport fournit des données essentielles pour éclairer les politiques, orienter les meilleures pratiques de l'industrie et protéger la santé publique, alors que le secteur continue de se développer.

Conclusion

Bien que la qualité microbiologique des échantillons analysés dans le cadre de cette enquête ait été globalement satisfaisante, certains problèmes ont été relevés. L'enquête met en évidence la présence de pathogènes d'origine alimentaire dans des substituts végétaux (produits laitiers, viandes et poissons) prêts à consommer ; bien que rare, ce phénomène peut survenir de manière sporadique. La maîtrise adéquate des risques potentiels doit être prise en compte dans le cadre des bonnes pratiques d'hygiène (BPH) de l'exploitant du secteur alimentaire et des procédures fondées sur HACCP, au sein de son système de management de la sécurité des denrées alimentaires. Les exploitants doivent gérer ces dangers de manière appropriée grâce aux programmes préalables : contrôle rigoureux des matières premières auprès des fournisseurs, programmes d'hygiène adéquats, formation du personnel, ainsi qu'un entretien approprié et une maîtrise de la température de la chaîne du froid. À défaut, il existe un risque que toute contamination pathogène potentielle atteigne des niveaux susceptibles de provoquer de graves maladies d'origine alimentaire, de manière comparable à ce qui est observé pour les produits d'origine animale (produits laitiers, viandes et poissons) prêts à consommer.

Des recherches supplémentaires sont nécessaires pour mieux comprendre la prévalence des pathogènes dans les matières premières utilisées pour les aliments végétaux prêts à consommer et pour valider les procédés de transformation. Comme le montre cette enquête, le marché de détail propose une gamme variée de substituts végétaux (produits laitiers, viandes et poissons) prêts à consommer. Des investigations complémentaires sont requises pour identifier les points nécessitant une attention particulière, notamment les points critiques pour leur maîtrise ou CCP dans les procédés de fabrication de ces substituts végétaux émergents.

Ces études devraient orienter l'élaboration de lignes directrices spécifiques concernant les BPH, les paramètres temps/température et les recommandations de formulation des produits, afin de garantir la sécurité microbiologique lors de la transformation et de la conservation. Par ailleurs, des modèles prédictifs adaptés et des challenge tests devraient étayer la détermination de la durée de conservation, en fournissant aux exploitants des orientations fondées sur des données scientifiques pour fixer cette durée.

Au cours de cette enquête collaborative menée dans 15 États membres, il a été observé que, si certains pays participants ont établi des lignes directrices nationales incluant des critères microbiologiques recommandés pour surveiller la contamination des produits végétaux PAC présents sur le marché, ce n'est pas le cas de manière uniforme dans tous les États membres. L'élaboration et la mise en œuvre de critères microbiologiques harmonisés pour évaluer la qualité microbiologique de ces substituts végétaux PAC seraient utiles pour favoriser la cohérence des évaluations officielles de la conformité microbiologique de ces types de produits. Enfin, les consommateurs perçoivent souvent les aliments d'origine végétale comme étant plus sûrs que leurs équivalents d'origine animale. Une vigilance continue de la part des autorités de réglementation et des exploitants du secteur alimentaire est nécessaire pour maintenir les normes de sécurité sanitaire des aliments et pour traiter les cas isolés susceptibles de poser un problème de santé publique s'ils ne sont pas gérés. Il est recommandé aux autorités chargées de la sécurité sanitaire des aliments, en collaboration avec les parties prenantes concernées, de revoir et de mettre à jour la communication sur les risques destinée aux consommateurs concernant le stockage et l'utilisation des produits végétaux PAC. 

Les produits végétaux réfrigérés PAC échantillonnés dans le cadre de cette enquête portaient souvent une date de durabilité minimale (« à consommer de préférence avant le... ») plutôt qu'une date limite de consommation (« à consommer jusqu'au... »). Ce constat a été fait pour 77 % (n = 334/436) des substituts de fromage et 63 % (n=323/509) des substituts de viande. La date de durabilité minimale concerne la qualité de l'aliment, tandis que la date limite de consommation a trait à la sécurité des aliments. Cela signifie que les consommateurs peuvent choisir de consommer un aliment portant une date de durabilité minimale après l'échéance de celle-ci, si son aspect, son odeur et son goût semblent normaux. 

En vertu de la législation sur la sécurité des aliments, les exploitants du secteur alimentaire doivent prendre en compte le comportement des consommateurs en évaluant les conditions raisonnablement prévisibles de distribution, de stockage et d'utilisation, ainsi que la consommation normale d'un produit alimentaire, lorsqu'ils déterminent si un aliment présente un risque pour la sécurité des aliments. Le non-respect des températures de conservation et les longues durées de conservation des produits portant une date de durabilité minimale, que certains consommateurs peuvent choisir de consommer bien après la date indiquée, sont susceptibles de favoriser la prolifération de micro-organismes nocifs jusqu'à des niveaux jugés dangereux pour la sécurité sanitaire. Il est important de fournir aux consommateurs des informations claires sur les risques, soulignant la nécessité de respecter les conditions de conservation indiquées sur l'étiquette et d'assurer une manipulation adéquate des produits végétaux prêts à consommer, en particulier après ouverture, lorsque la durée de conservation au réfrigérateur est limitée, afin de garantir la sécurité sanitaire des aliments jusqu'à l'assiette.

NB : On lira dans Food Safety Magazine un article qui traite du rapport de l’EFSA avec ce titre, « Une étude de l'UE sur les pathogènes dans les aliments d'origine végétale prêts à consommer suggère un potentiel de croissance microbienne et la nécessité d'une attention réglementaire » (EU Survey of Pathogens in RTE Plant-Based Foods Suggests Microbial Growth Potential, Need for Regulatory Attention).

Commentaire

Pour faire court, des gens du marketing se sont emparés de ce marché et ne connaissent, le plus souvent, peu ou pas grand-chose en matière de réglementation en hygiène et sécurité des aliments. J’espère qu'avec cette étude, l’EFSA ne fait pas la promotion de ces produits ...
Pour se rendre compte de ce que sont ces « produits », lire cet article du blog du 28 juin 2023, « Qui est l’un des plus grands experts de la listéria dans l’agroalimentaire ? » C’est édifiant !

jeudi 13 août 2026

Autriche : Situation des toxi-infections alimentaires collectives en 2025

En Autriche, AGES publie une situation en 2025 des toxi-infections alimentaires collectives. Rappelons qu’en France, nous n’en sommes qu’en 2023. Pour les données de 2025, il vous faudra attendre 2028, au bas mot !

En 2025, 33 foyers de cas d'intoxication alimentaire ont été recensés, soit un de moins qu'en 2024.

Au total, 354 personnes ont été touchées, soit 45 % de plus qu'en 2024 avec 194, mais nettement moins qu'en 2019 avec 793 personnes, avant la pandémie de COVID-19.

110 personnes ont dû être hospitalisées (2024 : 77 ; 2023 : 38 ; 2022 : 57 ; 2021 : 27 ; 2020 : 17 ; 2019 : 159).

Aucun décès n'a été déploré (2024 : 2 décès ; 2023 : 1 décès ; 2022 : 4 décès ; 2021 : 2 décès ; 2020 : 0 décès ; 2019 : 1 décès). Le nombre moyen de personnes par foyer de cas était de 10,7, allant de deux à 86 personnes. 

En 2025, 16 foyers de cas ont été recensés (48 %), dont deux foyers internationaux et deux foyers persistant depuis 2023. Dix-sept foyers (52 %) ont été enregistrés au sein des foyers. 

Comme les années précédentes (2024 : 10 foyers ; 2023 : 15 foyers), huit de ces foyers étaient liés à des séjours à l’étranger.

Salmonella était l'agent causal le plus fréquent (13 foyers de cas et 278 personnes atteintes). Campylobacter était le deuxième pathogène le plus fréquent (9 foyers et 39 cas), suivi de trois foyers à norovirus (14 personnes) et de deux foyers à Shigella spp. (5 personnes). Un foyer de cas a été causé par chacun des pathogènes suivants : Escherichia coli non typé (deux personnes), STEC (deux personnes), virus de l'hépatite A (trois cas), Listeria monocytogenes (six personnes), céréulide (trois cas) et Entamoeba histolytica (deux personnes).

Une importante et prolongée épidémie transfrontalière de maladies infectieuses d'origine alimentaire a été causée par Salmonella Strathcona ST2559 CT3910. Cette épidémie a touché 52 personnes en Autriche en 2025, entraînant 20 hospitalisations. Entre 2023 et le 30 septembre 2025, 437 cas confirmés d'infection à S. Strathcona ST2559 ont été recensés dans 17 pays de l'UE/EEE. Des tomates de petite taille provenant de Sicile ont été identifiées comme source de l'infection. En réponse, l'Autorité italienne de sécurité des aliments a mené des investigations approfondies. La détection de Salmonella Strathcona dans un prélèvement d'eau d'irrigation de l'exploitation d'un producteur de tomates en Sicile a confirmé le rôle de l'environnement comme source de contamination des tomates. Ces résultats ont également mis en évidence la nécessité d'une approche multidisciplinaire intégrant des évaluations environnementales aux enquêtes liées aux aliments afin de réduire efficacement le risque de contamination par Salmonella. Voir ECDC et EFSA, 2025. Épidémie prolongée à Salmonella Strathcona ST2559 touchant plusieurs pays et liée à la consommation de tomates dans l'UE/EEE. Première mise à jour au 23 octobre 2025.

Une autre épidémie d'origine alimentaire, solidement étayée, a touché l'Autriche et l'Allemagne. Elle était due à la souche de Salmonella Infantis ST603 CT28911. En Autriche, cette éclosion a entraîné 20 cas de maladie et dix hospitalisations.

Les investigations ont permis d'identifier rapidement la source de l'infection, confirmée microbiologiquement : du beurre de noix de cajou bio aux framboises, produit par une entreprise allemande. Cette dernière a par la suite retiré les produits du marché et a procédé à plusieurs rappels publics de produits concernant du ‘beurre de noix de cajou dmBio aux framboises’. Le rappel concernait tous les lots dont la date limite de consommation était fixée au 28 avril 2026.

Une autre éclosion d'intoxication alimentaire, solidement étayée, était déjà en cours depuis 2023. Elle était due à Listeria monocytogenes Sg IIa/ST101/CT7699. En 2023, une personne a été infectée après avoir consommé des aliments contaminés. En 2024, quatre personnes ont été touchées lors de cette éclosion ; toutes ont dû être hospitalisées et l'une d'elles est décédée des suites de l'infection. En 2025, six nouveaux cas ont été recensés, nécessitant également une hospitalisation. La viande et les produits carnés ont été identifiés comme étant les aliments contaminés.

Un manipulateur d'aliments provoque une intoxication alimentaire bien qu'il ait suivi les règles d'hygiène. Norovirus inside !

Voici donc une investigation sur une intoxication alimentaire collective à norovirus lors d'un événement social avec un traiteur, « Investigation of a norovirus outbreak at a catered social event, Australian Capital Territory, 2024 », source Communicable Diseases Intelligence.

Contexte

Une épidémie de gastro-entérite a été signalée, touchant les participants à une réception privée dans le Territoire de la capitale australienne en 2024. Des investigations ont été menées pour déterminer l'agent infectieux, la source de la maladie et le mode de transmission, ainsi que pour déterminer les mesures de santé publique nécessaires pour prévenir d'autres cas de maladie.

Résultats

Environ 250 à 500 personnes ont participé à un événement ; 224 d’entre elles ont rempli le questionnaire et 65 cas ont été recensés (5 confirmés et 60 probables). Un employé du service alimentaire, qui avait présenté des symptômes et qui a préparé des plateaux de fruits et de charcuterie pour l’événement plus de 96 heures après la disparition de ces symptômes, a par la suite été testé positif à norovirus. Les investigations des services d’hygiène environnementale ont montré que l’établissement respectait les bonnes pratiques d’hygiène alimentaire et d’hygiène des mains ; l’enquête n’a identifié aucun risque persistant pour le public. Les analyses de prélèvements alimentaires n’ont révélé aucun pathogène bactérien d’origine alimentaire. Les investigations épidémiologiques ont établi un lien significatif entre la consommation de fruits frais et la maladie.

Conclusion
Les données épidémiologiques et cliniques indiquent que la transmission de norovirus s'est faite par le biais de plateaux de fruits frais et de charcuterie contaminés. Malgré le respect des bonnes pratiques d'hygiène alimentaire et de lavage des mains dans l'établissement, la contamination est probablement due à un employé qui avait été malade la semaine précédant l'événement et qui a préparé les aliments incriminés plus de 96 heures après la disparition de ses symptômes. Cette investigation épidémiologique montre que les bonnes pratiques d'hygiène alimentaire et les périodes d'exclusion réduisent le risque, sans toutefois l'éliminer complètement. Nos résultats soulignent la nécessité de poursuivre la formation sur l'hygiène des mains dans les services de préparation des aliments, en particulier après une gastro-entérite. 

Commentaire

Dans « Comment éviter les intoxications alimentaires liées aux norovirus ? », l’Anses ne parle pas de période d’attente après la fin des symptômes de gastroentérite, mais principalement du lavage des mains.

Dans la fiche de l’Anses sur Norovirus figure des recommandations aux opérateurs que l’on peut qualifier de classiques, mais qui ne fournissent pas de période d’attente après la disparition des symptômes de gastroentérite.

Le personnel de cuisine ou toute personne amenée à manipuler des aliments, surtout si ces aliments sont destinés à être consommés crus ou peu cuits, doit être sensibilisé au risque de transmission féco-orale et à la mise en œuvre des bonnes pratiques d’hygiène. Le personnel qui présenterait des symptômes de gastroentérite doit être incité à ne pas manipuler des aliments.

Merci à Joe Whitworth d'avoir signalé cette information. 

mercredi 12 août 2026

Italie : Le « Fort Knox du fromage » subit de plein fouet les conséquences du changement climatique, qui fait grimper les coûts et les risques

« Le « Fort Knox du fromage » italien subit de plein fouet les conséquences du changement climatique, qui fait grimper les coûts et les risques. », source Ynetnews.

Credito Emiliano, qui exploite deux importants entrepôts de fromages d'une valeur d'environ 350 millions de dollars, a modernisé ses systèmes de chauffage et de refroidissement, amélioré l'isolation et accru son utilisation d'énergies renouvelables afin de maintenir des conditions stables. Malgré ces efforts, la chaleur extrême fait grimper la consommation électrique quotidienne des entrepôts d'environ 30 %, ce qui réduit la rentabilité, la banque s'efforçant de maintenir la température et l'humidité précises nécessaires à l'affinage optimal des fromages.

Le « Fort Knox du fromage » italien subit de plein fouet les conséquences du changement climatique, qui fait grimper les coûts et les risques.

La chaleur réduit également la production laitière et bouleverse les industries italiennes du vin et de l'huile d'olive.

Les insolites « banques de fromages » italiennes sont contraintes de dépenser beaucoup plus d'énergie car la vague de chaleur qui frappe l'Europe menace des centaines de milliers de meules de Parmigiano Reggiano détenues en garantie de prêts.

Ce modèle, en vigueur depuis 1953, permet aux producteurs de parmesan de recevoir une avance représentant environ 60 % à 80 % de la valeur d'une meule, alors que le fromage est encore jeune. Les meules sont ensuite affinées pendant 12 à 36 mois dans des entrepôts bancaires à Reggio Emilia et à Modène avant d'atteindre leur pleine valeur marchande.

Environ 500 000 meules sont conservées dans ces « banques à fromage », sur une production italienne annuelle totale d’environ 4 millions de meules. Un seul coffre renferme des fromages d’une valeur de plus de 300 millions d’euros. Un porte-parole de la banque a décrit l’installation comme le « Fort Knox du fromage », soulignant que les températures extérieures élevées nécessitent des quantités d’énergie toujours plus importantes pour préserver l’environnement stable dont le produit a besoin.

Cette vulnérabilité est de plus en plus prise en compte par les prêteurs dans leurs calculs de risque de crédit. Si les conditions climatiques réduisent la production ou endommagent l'affinage du fromage, la valeur des garanties sous-jacentes aux prêts peut également s'en trouver affectée.

L'économie du parmesan au sens large est estimée à environ 4,7 milliards de dollars, ce qui fait des perturbations liées au climat une préoccupation non seulement pour les agriculteurs et les fromagers, mais aussi pour les prêteurs dont le modèle de financement dépend de la valeur future du produit.

Cette même vague de chaleur perturbe d'autres secteurs clés de l'industrie agroalimentaire italienne.

En Lombardie, les vendanges 2026 ont débuté le 30 juillet, soit le début le plus précoce jamais enregistré, tandis qu'en Sicile, les producteurs ont étalé les vendanges sur près de 100 jours pour tenter de faire face aux vagues de chaleur répétées.

L'organisation agricole italienne Coldiretti a estimé les coûts supplémentaires à environ 250 euros par hectare pour l'énergie, les engrais et autres intrants, tandis que les valeurs à l'exportation ont chuté de 7 % au cours des quatre premiers mois de 2026.

La production d'huile d'olive a également été touchée. La production nationale cette année est estimée entre 270 000 et 300 000 tonnes, contre une moyenne historique de plus de 350 000 tonnes.

Les économistes préviennent que les pertes annoncées pourraient sous-estimer les dégâts à long terme, car les chocs thermiques peuvent se répercuter sur l'ensemble des chaînes d'approvisionnement. Une baisse de la production à un moment donné peut engendrer des pénuries et une hausse des coûts ailleurs quelques mois plus tard, amplifiant ainsi l'impact financier.

La fraude alimentaire coûte jusqu'à 2 milliards de livres sterling par an à l'économie britannique, selon une étude

« Une nouvelle étude révèle que la fraude alimentaire coûte jusqu'à 2 milliards de livres sterling par an à l'économie britannique », source communiqué de l’université de Portsmouth du 7 août 2026.

Des chercheurs soulignent qu'un investissement accru dans la lutte contre ce délit pourrait générer des retombées significatives tout en protégeant les consommateurs et les entreprises honnêtes.

La fraude alimentaire coûte jusqu'à 2 milliards de livres sterling par an à l'économie britannique, selon la première étude à en évaluer l'impact économique global. Menée par l'Université de Portsmouth, cette étude estime le coût annuel de la fraude alimentaire entre 400 millions et 2 milliards de livres sterling, ce qui en fait l'une des formes de criminalité économique les plus coûteuses du pays.

L'étude examine diverses infractions, telles que la substitution de produits, l'étiquetage trompeur et la falsification de documents, impliquant une présentation délibérément erronée des produits à des fins lucratives.

Publiée dans le Journal of Economic Criminology, cette recherche propose une nouvelle méthode pour mesurer le coût de la fraude alimentaire en analysant les opérations criminelles dans leur ensemble plutôt que des incidents isolés. Elle prend également en compte l'impact plus large sur le secteur agroalimentaire légitime, notamment le manque à gagner lorsque des produits frauduleux se substituent aux produits authentiques.

Les chercheurs ont constaté qu'environ les trois quarts du coût économique total découlent du remplacement direct de produits légitimes par des alternatives frauduleuses, comme la commercialisation de saumon fumé présenté comme étant d'origine écossaise alors qu'il provient de Norvège.

Bien que les consommateurs puissent ne jamais se rendre compte qu'ils ont été trompés, les conséquences peuvent inclure des pertes financières pour les entreprises, une érosion de la confiance envers les chaînes d'approvisionnement alimentaire et, dans certains cas, de graves risques pour la santé publique, par exemple, des spiritueux contrefaits contenant des produits chimiques industriels.

La fraude alimentaire ne se résume pas au fait que les consommateurs paient pour un produit qui ne correspond pas à sa description. Elle nuit aux entreprises honnêtes, fausse la concurrence sur les marchés et, dans les cas les plus graves, met en péril la santé des personnes.

Le Dr David Shepherd, de l'École de criminologie et de justice pénale de l'Université de Portsmouth, a déclaré : « La fraude alimentaire est souvent perçue comme un problème marginal, mais nos conclusions montrent qu'elle a un impact économique considérable au Royaume-Uni. Il ne s'agit pas seulement de consommateurs payant pour un produit qui ne correspond pas à ce qu'il prétend être. Ce phénomène nuit aux entreprises honnêtes, fausse la concurrence sur les marchés et, dans les cas les plus graves, met en péril la santé des personnes.« En mesurant le coût économique global, nous pouvons mieux appréhender l'ampleur du problème et prendre des décisions plus solides, fondées sur des données probantes, quant aux domaines où concentrer les efforts de contrôle et de prévention. »

Contrairement à de nombreuses autres formes de fraude, les chercheurs suggèrent que la fraude alimentaire reste relativement rare grâce aux contrôles approfondis intégrés aux chaînes d'approvisionnement alimentaire britanniques. Ils affirment que la collaboration entre les autorités de régulation, les fabricants, les détaillants et les organismes de certification a permis de mettre en place de multiples niveaux d'assurance qualité, rendant l'activité des opérateurs malhonnêtes beaucoup plus difficile.

La professeure Lisa Jack, de l'École de comptabilité, d'économie et de finance de l'Université de Portsmouth, a déclaré : « L'une des conclusions les plus encourageantes de cette étude est que l'industrie agroalimentaire britannique a mis au point des systèmes rendant la fraude nettement plus difficile que dans de nombreux autres secteurs. Les entreprises, les autorités de régulation et les dispositifs de garantie collaborent pour ériger des barrières empêchant les produits frauduleux d'accéder aux marchés légitimes. »

Toutefois, cela ne justifie pas le moindre relâchement. Il est essentiel de continuer à investir dans la prévention et l'application de la réglementation pour maintenir la confiance du public envers les aliments que nous achetons et pour protéger les entreprises qui respectent les règles. » L'étude suggère également que l'investissement dans les enquêtes sur la fraude alimentaire pourrait générer des retombées économiques importantes. Sur la base des cas analysés, les chercheurs estiment que les poursuites judiciaires peuvent offrir un retour sur investissement supérieur à 400 %, ce qui indique qu'un renforcement des contrôles pourrait s'autofinancer tout en réduisant les préjudices au sein du système alimentaire.

Ces résultats fournissent aux décideurs la première estimation fondée sur des données probantes du coût réel de la fraude alimentaire au Royaume-Uni et proposent un cadre susceptible d'être affiné à mesure que de meilleures données seront disponibles. Les chercheurs espèrent que cela aidera les gouvernements et le secteur à mieux cibler les ressources et à renforcer la résilience des chaînes d'approvisionnement alimentaire face à la criminalité organisée.

1 livre sterling = 1,17 euro.

En complément, notons qu'Eurofins a publié un article sur la fraude alimentaire, un enjeu mondial, détecter, protéger, prévenir.

En France, pas de données précises, mais des grands principes, « cela reste reste un problème préoccupant, affectant la sécurité sanitaire, la confiance des consommateurs et l'économie. »

La fraude alimentaire en France concerne notamment :
  • La falsification des produits (dilution, substitution, ajout d’ingrédients non déclarés)
  • La fausse indication d'origine (ex : vente de produits hors saison ou venant d'autres pays sous label français), appelée aussi ou la francisation de denrées alimentaires à l’étranger à bas prix pour les revendre avec l'appellation « made in France ».
  • La contrefaçon (imitations de marques ou de produits de luxe alimentaires).
  • La non-conformité aux normes sanitaires (vente de produits périmés ou impropres à la consommation).

Des œufs de Pologne sont à l'origine de quatre foyers de cas d'intoxication alimentaire à Salmonella en France

Le blog vous avait parlé de cet incident le 24 juillet 2026 dans Contamination aux salmonelles d'œufs d'origine polonaise : la Confédération Française de l'Aviculture (CFA) appelle à acheter des œufs français.

Si on avait écouté la CFA, on n’en serait pas là !

Voici que l’on apprend par l’EFSA, qu’il y aurait eu, non pas un mais quatre foyers distincts liés à des salmonelles provenant d’œufs de Pologne en France. As usual, silence radio de Santé publique France, du ministère de l’Agriculture et de l’Anses, on a désormais l'habitude ...

L'EFSA rend compte de ces quatre foyers dans « Incidents de contamination alimentaire lié à Salmonella Enteritidis ST11 dans des produits à base d'œufs », source EFSA.

Résumé

Salmonella enterica demeure l'une des principales causes de foyers de toxi-infections alimentaires collectives dans l'Union européenne. Salmonella Enteritidis est le sérotype le plus fréquemment signalé dans le cadre de ces foyers, les œufs et les ovoproduits constituant des vecteurs d'infection majeurs. La séquence type prédominante, ST11, présente une répartition mondiale et comprend plusieurs lignées phylogénétiques caractérisées par une diversité génomique limitée au sein de chaque lignée ; cette particularité peut compliquer les enquêtes sur les foyers épidémiques en générant des profils de séquençage du génome entier (WGS) très similaires entre des isolats sans lien épidémiologique. Ce rapport décrit un incident de contamination alimentaire identifié en France entre mai et juillet 2026, impliquant quatre foyers distincts d'infections à S. Enteritidis ST11 géographiquement dispersés.

Les enquêtes épidémiologiques et microbiologiques ont confirmé que des produits à base d'œufs préparés de manière artisanale (« faits maison ») étaient à l'origine des infections. Cette conclusion a été étayée par l'identification de cinq isolats d'origine alimentaire, prélevés sur des œufs et des produits à base d'œufs au domicile des patients, appartenant à deux souches distinctes. Ces isolats correspondaient aux deux souches humaines représentatives des quatre foyers français.

Les enquêtes de traçabilité alimentaire ont relié tous les foyers à un réseau commun de distribution d'œufs impliquant deux centres de conditionnement et trois élevages de poules pondeuses appartenant au même groupe agroalimentaire en Pologne.

Ces élevages avaient déjà été associés à l'épidémie multinationale et polyclonale de salmonellose liée aux œufs qui a touché 18 pays européens entre 2016 et 2020. Tout comme lors de cet événement antérieur, plusieurs souches de S. Enteritidis ST11 ont été identifiées au cours de l'incident de 2026.

La détection répétée de Salmonella dans des œufs provenant du même groupe de production suggère une contamination persistante ou une éventuelle réintroduction en amont de la chaîne de production. Ces résultats soulignent la nécessité d'investigations supplémentaires pour identifier les causes profondes possibles d'une contamination verticale et/ou horizontale. Par ailleurs, la détection de cas groupés humains et non humains s'étendant à la France et à d'autres pays en 2026 suggère une possible dimension transfrontalière de l'incident et justifie des investigations complémentaires.

Contexte

Entre mai et juillet 2026, les autorités nationales de France ont enquêté sur quatre foyers d'infection liés à la consommation de produits faits maison contenant des œufs. Face au signal croissant observé par les autorités nationales compétentes en France, suggérant une possible propagation et circulation de clones étroitement apparentés appartenant au même type de séquence (ST11) de S. Enteritidis contaminant des œufs, ont fait une demande d'assistance scientifique de l'EFSA pour l'enquête sur les foyers multinationaux de toxi-infections alimentaires collectives ».

Pour mémoire, la notification initiale au RASFF de l’UE, 2026.4993, par la France date du 15 juin 2026. Il fait fait mention de 16 cas de contamination et quatre personnes ont été hospitalisées.

Quatre foyers distincts en France

Entre mai et juillet 2026, les autorités nationales ont enquêté sur quatre foyers d'infection liés à la consommation de produits faits maison contenant des œufs. Les enquêtes de traçabilité ont permis d'identifier des opérateurs alimentaires communs aux quatre foyers étudiés. Plus précisément, les opérateurs concernés (deux centres de conditionnement et trois élevages) appartenaient tous au même groupe polonais (groupe A). Par ailleurs, des lots d'œufs identiques ont été identifiés comme aliments communs à certains de ces foyers. Le lot d'œufs B a été utilisé pour la préparation de la mousse au chocolat et du tiramisu suspectés (deuxième et troisième foyers). Le lot d'œufs C était lié au foyer de tiramisu (troisième foyer) et à celui de mayonnaise (quatrième foyer). Le lot C s'est révélé positif à S. Enteritidis. Une description détaillée des aliments impliqués dans chaque foyer est rapporté dans le rapport de l’EFSA. Les trois élevages du groupe polonais A avaient déjà été impliqués dans une épidémie dans plusieurs pays survenue en Europe entre 2016 et 2020 (ECDC et EFSA, 2020). Le 27 juillet 2026, la France a signalé via le système RASFF que la vente en France des œufs suspectés d'être contaminés avait été suspendue à titre préventif (fup16, 2026.4993).

Premier foyer : Le produit suspecté était une mayonnaise faite maison, prélevée le 27 mai 2026 au domicile d'un patient. L'analyse microbiologique de la mayonnaise a révélé la présence de S. Enteritidis ST11, correspondant à la souche humaine représentative nationale de ce premier foyer, selon l'analyse nationale des clusters par séquençage du génome entier (WGS). Les enquêtes épidémiologiques liées à la mayonnaise positive ont permis de remonter la piste des œufs utilisés pour sa préparation (lot d'œufs A) jusqu'au centre de conditionnement polonais A et à l'élevage polonais A (fup13, 2026.4993).

Deuxième foyer : Le produit suspecté était une mousse au chocolat faite maison. Aucun reste de mousse au chocolat n'était disponible pour analyse. Les enquêtes épidémiologiques ont permis de remonter la piste des œufs utilisés pour la préparation de la mousse au chocolat maison (œufs du lot B) jusqu’au centre de conditionnement polonais B et à l’élevage polonais B (fup13, 2026.4993).

Troisième foyer : Le produit suspecté était un tiramisu maison. Il ne restait aucun échantillon de tiramisu à analyser. Les enquêtes épidémiologiques ont permis de remonter la piste des œufs utilisés pour la préparation du tiramisu maison (œufs des lots B et C) jusqu’au centre de conditionnement polonais B, à l’élevage polonais B et à l’élevage polonais C, respectivement (fup13, 2026.4993).

Quatrième foyer : Le produit suspecté était de la mayonnaise maison. L’autorité a indiqué que la souche représentative nationale de ce foyer correspondait à la souche de référence des deuxième et troisième foyers. Il ne restait aucun échantillon de mayonnaise à analyser. Toutefois, quatre échantillons d’œufs ont été prélevés au domicile du patient. Ces œufs se sont révélés positifs à S. Enteritidis et correspondaient à la souche humaine représentative nationale. Les enquêtes épidémiologiques ont permis de remonter la piste des œufs prélevés (lot C) jusqu’au centre de conditionnement polonais B et à l’élevage polonais C (fup13, 2026.4993).

Conclusion

La détection répétée de Salmonella dans des produits à base d'œufs provenant du groupe polonais suggère une contamination persistante ou une éventuelle réintroduction en amont de la chaîne de production des œufs. Cela souligne la nécessité d'investigations approfondies pour identifier les causes profondes possibles d'une contamination verticale et/ou horizontale des œufs. Cette situation exige également la mise en œuvre efficace de mesures de surveillance et de contrôle de Salmonella à tous les niveaux de la pyramide de production des poules pondeuses. Par ailleurs, la détection d'un foyer d'infection (humain et non humain) touchant la France et d'autres pays en 2026 suggère une possible dimension transfrontalière de l'incident et justifie des investigations complémentaires.

Commentaires

Nous verrons bien ce qu’il en sera de « la mise en œuvre efficace de mesures de surveillance et de contrôle de Salmonella à tous les niveaux de la pyramide de production des poules pondeuses. »

L’EFSA rappelle parmi les recommandations les règles d’hygiène ci-dessous, tout en sachant très bien que ces règles n’éliminent pas Salmonella qui était présent dans les œufs de Pologne.

« Il est conseillé aux consommateurs d'observer les bonnes pratiques d'hygiène lors de la manipulation des œufs et des ovoproduits, notamment en se lavant soigneusement les mains, en prévenant les contaminations croisées et en nettoyant correctement les surfaces en contact avec les aliments. »

* séquence type (ou Sequence Type, abrégé en ST) désigne un profil génotypique défini par la méthode MLST (Multi-Locus Sequence Typing). Il est obtenu en combinant les allèles de sept gènes de ménage (housekeeping genes). Les souches sont répertoriées dans la base de données internationale EnteroBase.