
Qu’avons-nous appris de cette étude ?
Quelles sont les implications de vos résultats pour la santé publique ?
Dans une boisson à la noix de coco réfrigérée, chez un patient, vendue sous la marque A et périmée, a été identifiée la souche de L . monocytogenes qui était génétiquement apparentée à l'isolat clinique du cas.
Listeria n'a pas été détecté dans aucun des autres échantillons prélevés au domicile du patient, y compris un prélèvement de boisson aux amandes vendue sous la même marque A.
Cet article décrit l'enquête menée en Ontario, Canada, qui a établi un lien entre une éclosion de 20 cas à L. monocytogenes génétiquement apparentés et des boissons pasteurisées à base de plantes, et met en lumière les preuves recueillies pour incriminer les boissons à base de végétaux comme source de la maladie, ainsi que les mesures de maîtrise de l'éclosion.
Dans l’usine, ligne 1, Listeria monocytogenes a été détecté dans quatre écouvillons prélevés sur des surfaces non en contact avec les aliments dans les zones de traitement post-pasteurisation liées à la ligne 1. Deux des isolats positifs à L. monocytogenes provenaient de surfaces non en contact avec les aliments (un siphon de la zone de la zone de conditionnement et la grille du siphon de la ligne de traitement) correspondaient génétiquement à la souche responsable de l'éclosion.
Deux autres écouvillons positifs à L. monocytogenes (le couvercle d'une cuve de stockage et la rigole du siphon de la ligne de traitement) n'étaient pas considérés comme génétiquement apparentés entre eux, ni à la souche responsable de l'éclosion. De plus, ils n'étaient apparentés à aucun autre isolat clinique de la base de données canadienne.
La source de contamination à l'usine de fabrication X n'a pas été déterminée. Toutefois, l’usine de fabrication n’a pas respecté la politique de Santé Canada concernant la présence de Listeria monocytogenes dans les aliments prêts à consommer, notamment en ce qui concerne les prélèvements environnementaux et les analyses des produits finis. Suite à l’avis de rappel d’aliments, la production n’a jamais repris sur la chaîne de production concernée et le fabricant a depuis fermé définitivement l’usine de fabrication X en Ontario.
L’identification d’un nouvel aliment pose souvent des défis d’enquête nécessitant le recours à diverses techniques. Cependant, comme l’ont démontré cette enquête et d’autres similaires, la sélection et l’analyse appropriées des échantillons alimentaires peuvent accélérer l’identification de l’origine et la mise en œuvre de mesures de santé publique, prévenant ainsi d’autres cas de maladie.
Les boissons à base de plantes ne sont pas une source connue d’éclosions à Listeria monocytogenes et, comme le produit incriminé était pasteurisé, aucune contamination n’était attendue. Mais compte tenu d’éclosions antérieures, dont une survenue en Ontario liée au lait chocolaté en 2015-2016, il a été estimé qu’un produit peut être contaminé après pasteurisation et favoriser la croissance de L. monocytogenes. Fort de cette expérience, il a été proposé d’inclure le produit pasteurisé dans les échantillons restants prélevés au domicile d’un cas en juin 2024, malgré un risque perçu plus faible et le fait que cet aliment n’ait pas été mentionné dans le questionnaire national standardisé.
La pasteurisation, si la température et la durée sont suffisantes, est efficace pour éliminer Listeria, et aucune défaillance liée au processus de pasteurisation n'a été constatée. La souche responsable de l'éclosion a été retrouvée sur des surfaces non en contact avec des aliments dans les zones de traitement post-pasteurisation de la ligne 1. La contamination a donc pu se produire à n'importe quelle étape du traitement post-pasteurisation. Des études antérieures ont démontré que Listeria peut s'implanter dans les installations de production et former des biofilms et des sites de colonisation, qui peuvent survivre pendant des mois dans des zones qui ne peuvent être correctement nettoyées ou désinfectées, entraînant ainsi une contamination des produits.
La production n'ayant jamais repris sur la ligne 1 incriminée et le fabricant ayant depuis fermé l'usine, une réapparition de cette souche est peu probable. De plus, la source de contamination n'ayant pas été déterminée, il est impossible de formuler des recommandations pour prévenir des éclosions similaires à l'avenir, en Ontario et ailleurs.
Par ailleurs, Listeria n’a pas été détectée dans des échantillons de marque A, qu’ils proviennent de points de vente fermés ou de réserves. Seul un petit nombre d’échantillons fermés ont été analysés, compte tenu du volume de produits visé par l’avis de rappel. Comme l’ont démontré d’autres enquêtes sur L. monocytogenes et compte tenu de la répartition des cas d’éclosion sur une période de 11 mois, la contamination du produit était probablement intermittente, certains produits étant contaminés et d’autres non.

