samedi 12 septembre 2026

Canada : résultats de la surveillance de divers produits alimentaires et de la présence de contaminants microbiologiques

Le Canada publie les résultats de la surveillance de la sécurité des aliments concernant divers produits alimentaires et la présence de contaminants microbiologiques, source Food Safety Magazine.

Le 8 septembre 2026, l'Agence canadienne d'inspection des aliments (ACIA) a publié les résultats de plusieurs campagnes d'échantillonnage et d'analyse visant divers contaminants microbiologiques et chimiques dans une gamme de produits alimentaires. La grande majorité des échantillons ont été jugés satisfaisants dans le cadre de ces campagnes.

Attention, ne sont présentés ci-dessous que les résultats sur la présence de contaminants microbiologiques.

L'ACIA a mené les activités de suivi appropriées lorsque les analyses ont révélé un risque potentiel pour la santé, et des rappels de produits ont été émis lorsque cela s'avérait nécessaire.

Présence de Cyclospora et de Giardia dans les légumes à feuilles importés

Une enquête ciblée a permis d'analyser 1 984 échantillons de légumes importés sur une période de cinq ans, du 1er avril 2020 au 31 mars 2025. Sur les 1 984 échantillons, 1 310 ont été analysés pour détecter la présence à la fois de Cyclospora cayetanensis (C. cayetanensis) et de Giardia spp., tandis que 664 ont été analysés pour détecter la présence de C. cayetanensis uniquement et 10 pour détecter la présence de Giardia spp. uniquement.

Sur les 1 984 échantillons analysés, 99,6 % ont été jugés satisfaisants. La présence de C. cayetanensis a été détectée dans cinq des 1 974 échantillons (0,3 %) analysés. La présence de Giardia spp. a été détectée dans trois des 1 320 échantillons (0,2 %) analysés.

Présence de STEC et de Salmonella dans les légumes à feuilles

Une étude ciblée a analysé 1 613 échantillons de légumes à feuilles frais entiers, importés (832) et nationaux (781), sur une période de cinq ans allant du 1er avril 2020 au 31 mars 2025. Les échantillons ont été analysés afin de détecter la présence des pathogènes bactériens suivants : E. coli producteur de shigatoxines (STEC) O157:H7, STEC non-O157 et Salmonella spp. Tous les échantillons ont également fait l'objet d'un test de dépistage de E. coli générique, un indicateur de l'efficacité globale des bonnes pratiques agricoles et des conditions sanitaires.

Une grande majorité (99,7 %) des échantillons analysés s'est révélée satisfaisante. Aucun cas de STEC O157:H7 ni de Salmonella spp. n'a été détecté, respectivement, parmi les 1 609 et les 1 451 échantillons. Des STEC non-O157 ont été détectés dans trois (0,2 %) des 1 609 échantillons. Des concentrations élevées de E. coli générique ont été constatées dans deux (0,1 %) des 1 613 échantillons.

Dioxines dans certains aliments

Une enquête ciblée a porté sur l'analyse de 183 échantillons d'aliments pour y rechercher des dioxines et des composés de type dioxine ; ces substances ont été détectées dans 66 % des échantillons analysés. Les échantillons ont été prélevés dans des points de vente au détail entre le 1er avril 2021 et le 31 mars 2024. La proportion la plus élevée d'échantillons présentant des taux détectables de dioxines et de composés de type dioxine a été observée dans les graines et les beurres de graines (73 %), tandis que la proportion la plus faible a été relevée dans les pignons de pin (59 %).

Santé Canada a conclu que ces produits ne présentaient aucun risque pour la santé.

Listeria, Salmonella et S. aureus dans les saucisses de viande prêtes à consommer

Une étude ciblée a analysé 863 échantillons de saucisses de viande réfrigérées, préemballées et prêtes à consommer sur une période de trois ans, du 1er avril 2021 au 31 mars 2024, afin de détecter la présence des agents pathogènes Listeria monocytogenes (L. monocytogenes), Salmonella spp., et de Staphylococcus aureus (S. aureus). Les échantillons ont également été analysés pour détecter la présence de E. coli générique, qui sert d'indicateur des conditions d'hygiène et de salubrité globales de la chaîne d'approvisionnement alimentaire.

La quasi-totalité (99,9 %) des 863 échantillons analysés se sont révélés conformes. Aucun échantillon ne contenait de L. monocytogenes, de Salmonella spp. ni de S. aureus. Des concentrations élevées de E. coli générique ont été détectées dans l'un des 863 échantillons (0,1 %). 

Salmonella dans le tahini importé

Une enquête ciblée a permis d'analyser 908 échantillons de tahini (pâte de sésame) importés sur une période de sept ans, du 1er avril 2018 au 31 mars 2025. Ces échantillons de tahini ont été analysés afin de détecter la présence de la bactérie pathogène Salmonella spp.

La majorité (99,4 %) des échantillons analysés se sont révélés conformes. La bactérie Salmonella spp. a été détectée dans 0,6 % (cinq sur 908) des échantillons.

Enquête à grande échelle sur les bactéries, les virus et les parasites dans divers aliments

Entre le 1er avril 2018 et le 31 mars 2025, un total de 38 917 échantillons d'aliments ont été analysés dans le cadre d'une série d'enquêtes ciblées visant à rechercher la présence de pathogènes bactériens et d'indicateurs bactériens, de virus et de parasites. Parmi les échantillons analysés, 99,27 % étaient satisfaisants, 0,65 % ont nécessité une enquête approfondie et 0,08 % étaient insatisfaisants.

Les aliments analysés comprenaient notamment des fromages au lait cru, des produits frais et surgelés, des huîtres, des aliments pour bébés, des noix décortiquées crues, du kimchi, des pâtisseries fourrées à la crème et des champignons. Ces aliments ont été ciblés en raison de leur lien historique avec des éclosions de cas de maladies d'origine alimentaire et des rappels de produits au Canada.

Les micro-organismes recherchés comprenaient E. coli générique, E. coli O157, L. monocytogenes, Salmonella, S. aureus, Cyclospora, le virus de l'hépatite A et norovirus, ainsi que la flore aérobie mésophile, un indicateur d'hygiène.

Salmonella et S. aureus dans la pâte de poisson crue

Une étude ciblée a analysé 33 échantillons de pâte de poisson crue réfrigérée sur une période d'un an, du 1er avril 2024 au 31 mars 2025, afin de détecter la présence des agents pathogènes Salmonella spp. et Staphylococcus aureus (S. aureus). Tous les échantillons ont également fait l'objet d'un test de dénombrement des colonies aérobies, qui peut servir d'indicateur des conditions d'hygiène et de salubrité globales de la chaîne d'approvisionnement alimentaire.

Tous les échantillons analysés (100 %) ont donné des résultats satisfaisants tant pour Salmonella spp. que pour S. aureus, car ni Salmonella spp. ni des concentrations élevées de S. aureus n'ont été détectées dans aucun des échantillons. Des concentrations élevées de NCA ont été constatées dans 24 des 33 échantillons (72,7 %). L'Agence canadienne d'inspection des aliments a mené les mesures de suivi appropriées.

Salmonella dans des graines de pavot entières importées

Une enquête ciblée a porté sur l'analyse de 108 échantillons de graines de pavot entières importées, entre le 1er avril 2023 et le 31 mars 2025, afin de détecter la présence de Salmonella. Tous les échantillons analysés (100 %) se sont révélés conformes. Aucun échantillon n’a révélé la présence de Salmonella spp.

NB : A partir de ce lien vous pouvez accéder, en Français, à l’ensemble des données sur la présence de contaminants chimiques dans divers aliments dans le cadre de la surveillance par l’ACIA.

Santé publique France et le traitement de l'information

J’avais déjà évoqué le traitement de l’information par Santé publique France dans « TIAC : Les approximations de Santé publique France ».

Je poursuis cette quête d’une information fiable et documentée et voici ce que je trouve …

Toxi-infections alimentaires collectives

Est publié sur le site de Santé publique France, dans les thématique « toxi-infections alimentaires collectives », ce qui suit :

- Le 21 février 2024, nous avons eu la publication des données des toxi-infections alimentaires collectives déclarées en France en 2022 avec « près de 2 000 cas ».

- Le 20 mars 2026 (avec une mise à jour au 01/09/2026), nous avons eu la publication des données des toxi-infections alimentaires collectives déclarées en France en 2023, avec ce titre très sobre, « Bilan 2023 », dont on sait que ce bilan dépasse celui de 2022 ...

A ce rythme-là, on n’est pas prêt d’avoir de nouvelles informations, en particulier les données de 2024. Pourtant, Santé publique France a diffusé les données de 2024 à l’EFSA qui les a publiées en décembre 2025. La pesanteur administrative bien connue chez nous, voir un récent exemple ici, nous fait dire que pour avoir les données de 2024, il nous faudra attendre au mieux 2027, voire au moins encore deux ans …

Maladies infectieuses d’origine alimentaire

Autre point à mettre en évidence le traitement subi par la thématique « maladies infectieuses d’origine alimentaire » à Santé publique France.

Si on liste les dernières actualités, l’actualité du 4 septembre 2026 sur les « Cas groupés de salmonellose en lien avec la consommation de graines de courge » a disparu de la liste des actualités

Comme vous pourrez le découvrir sur ce lien, qui filtre les actualités de Santé publique France, selon la thématique « maladies infectieuses d’origine alimentaire », l’information du 4 septembre 2026 sur les « Cas groupés de salmonellose en lien avec la consommation de graines de courge » a, quant à elle, totalement disparu des actualités, et elle se retouve uniquement dans la sous rubrique ‘Données’ sur la Salmonellose. Il faut le dire ce traitement de l’information n’est pas nouveau, mais il ne m’apparait pas normal !

Tirer la chasse d'eau peut libérer des particules microbiennes à hauteur du visage d'un adulte

Ça faisait quelque temps que le blog n’en avait pas parlé. La dernière fois, c’était en février 2020 dans Est-il important de fermer le couvercle des toilettes avant de tirer la chasse d'eau? Oui !

« Tirer la chasse d'eau peut libérer des particules microbiennes à hauteur du visage d'un adulte », source CIDRAP News.

Selon une méta-analyse de 22 études publiée dans la revue Science of The Total Environment par des chercheurs australiens, la chasse d'eau peut projeter des aérosols dans l'air de la salle de bain à hauteur de respiration, créant ainsi une voie potentielle d'inhalation de pathogènes aéroportés.

Les auteurs, issus des universités Flinders et d'Adélaïde en Australie, ont évalué les facteurs influençant les concentrations d'aérosols et de bioaérosols après avoir tiré la chasse d'eau, en se concentrant sur la conception des toilettes, les micro-organismes cibles et les méthodes de prélèvement d'air pertinentes. Certaines des études incluses ont ajouté des micro-organismes ou des organismes de substitution à l'eau des toilettes au lieu d'évaluer les aérosols non contaminés.

« Tirer la chasse d'eau crée des turbulences qui peuvent libérer des aérosols dans l'air ambiant », a déclaré Lira Adiyani, doctorante à Flinders et auteure principale de l'étude, dans un communiqué de presse de l'université. « Les microbes peuvent provenir soit d'une contamination de la cuvette pendant son utilisation, soit de l'eau utilisée pour la chasse d'eau. »

Fermer le couvercle est-il utile ? Les aérosols sont restés en suspension dans l'air, atteignant parfois la hauteur d'un adulte, pendant au moins 20 secondes après la chasse d'eau. En général, des concentrations initiales plus élevées et des volumes de chasse d'eau plus importants étaient associés à des concentrations plus élevées d'aérosols et de bioaérosols, ce qui, selon les auteurs, indique que les niveaux de pathogènes et l'énergie de la chasse d'eau sont les principaux facteurs de génération d'aérosols.

« Plus il y a de microbes présents dans les toilettes, plus il est probable que des bioaérosols soient libérés », a déclaré Adiyani. « Par conséquent, des volumes de chasse d'eau plus importants produisent généralement plus d'aérosols. »

Dans l'ensemble, les résultats soulignent le rôle central de la conception des toilettes et de la charge microbienne initiale dans l'exposition aux bioaérosols, avec des implications importantes pour l'évaluation des risques, la conception des bâtiments et la prévention des infections.

Dans les études utilisant des micro-organismes inoculés, des niveaux microbiens plus élevés dans l'eau des toilettes étaient liés à des concentrations plus élevées d'aérosols, souvent observées plus près des toilettes, notamment à hauteur de siège. Cependant, les preuves des effets indépendants de la pression de la chasse d'eau, de la position du couvercle et de la ventilation étaient limitées et incohérentes. D’après les auteurs, les résultats suggèrent qu’un nettoyage régulier des toilettes et des surfaces environnantes, associé au lavage des mains après utilisation et à l’emploi de toilettes à faible volume de chasse d’eau, peut contribuer à minimiser la contamination microbienne et l’exposition aux pathogènes aéroportés.

Bien que la ventilation et la position du couvercle n’aient pas été significativement associées aux concentrations d’aérosols, les chercheurs indiquent que ces facteurs peuvent néanmoins influencer la dispersion des aérosols. Ainsi, selon eux, une ventilation adéquate peut contribuer à disperser et à éliminer les aérosols, tandis que certaines études suggèrent que la fermeture de l'abattant peut forcer les aérosols à s'échapper par les interstices entre l'abattant et la cuvette plutôt que de se propager directement vers le haut. Toutefois, une étude de 2024 a révélé que la quantité de virus recueillie sur les surfaces des toilettes ou sur le sol ne différait pas de manière significative selon que l'abattant était ouvert ou fermé.

« Dans l'ensemble, ces résultats soulignent le rôle central de la conception des toilettes et de la charge microbienne initiale dans l'exposition aux bioaérosols, avec des implications importantes pour l'évaluation des risques, la conception des bâtiments et la lutte contre les infections, à une époque marquée par des tensions liées à la sécurité de l'eau et par l'émergence de maladies infectieuses », ont conclu les chercheurs.

vendredi 11 septembre 2026

Microplastiques dans des tissus de tumeurs cérébrales : une étude ne permet pas de tirer des conclusions quant au développement du cancer, selon leBfR.

Microplastiques dans des tissus de tumeurs cérébrales : une étude ne permet pas de tirer des conclusions quant au développement du cancer. Source BfR.

Une équipe de recherche a procédé à la détection de micro- et nanoplastiques (MNP) dans des cerveaux humains. Des tissus sains ont été comparés à des tissus pathologiques. Il a été constaté que la concentration de MNP dans les tumeurs cérébrales et dans les tissus environnants était plus élevée que dans les tissus sains.

Toutefois, cela ne prouve pas que les MNP influencent la croissance des tumeurs cérébrales ou qu'ils en sont la cause. Les auteurs soulignent également que les données ne révèlent aucun lien de causalité : il est impossible de démontrer, sur la base des données disponibles, si les MNP provoquent une tumeur cérébrale ou si la tumeur cérébrale entraîne une accumulation de microplastiques.

Les précédentes détections de MNP dans des cerveaux humains ont suscité des controverses en raison de lacunes méthodologiques (voir ici).

L'étude examinée ici se distingue de ces travaux, notamment par le fait qu'elle porte sur un nombre plus important d'échantillons et que les auteurs eux-mêmes signalent, dans leur publication, les limites des méthodes de détection utilisées. Il est également frappant de constater que les concentrations de microplastiques mesurées dans les échantillons de cerveau lors de cette étude sont nettement inférieures.

Aucun lien entre les MNP et la formation ou la croissance de tumeurs cérébrales ne peut être établi à partir de cette étude. En l'état actuel des connaissances, il n'existe aucune preuve toxicologique fiable indiquant que l'ingestion de microplastiques via l'alimentation présente des risques pour la santé. Le BfR fournit des informations complémentaires sur l'état actuel des connaissances dans sa foire aux questions (FAQs).

Glycérol dans les aliments : la valeur guide sanitaire s’applique non seulement à la glace pilée, mais aussi aux aliments solides, selon le BfR

« Selon des responsables allemands de la sécurité des aliments, les limites d'exposition au glycérol pour les boissons devraient également s'appliquer aux aliments solides », source Food Safety Magazine Editorial Team.

L'Institut fédéral allemand d'évaluation des risques (BfR) a conclu que les valeurs sanitaires établies pour l'exposition aiguë au glycérol issu de boissons devraient également s'appliquer aux aliments solides contenant cet additif. Cette position vient enrichir les discussions menées par les autorités de l'UE et du Royaume-Uni concernant les risques d'intoxication au glycérol chez les jeunes enfants et les niveaux d'exposition sans danger.

Le glycérol (ou glycérine), autorisé dans l'UE sous le code E 422, est utilisé aussi bien dans des boissons comme les granités que dans des aliments solides tels que les produits de boulangerie fine. Aucune teneur maximale n'a été fixée pour le glycérol ; il est autorisé selon le principe du quantum satis, ce qui signifie qu'il peut être utilisé en quantité nécessaire pour obtenir l'effet recherché.

Le dernier avis de 2025 du BfR visait à déterminer si les conclusions antérieures concernant les effets potentiels du glycérol sur la santé dans les boissons s'appliquaient également aux aliments solides. En se fondant sur les études disponibles chez l'homme et en l'absence de données expérimentales humaines pour des matrices alimentaires spécifiques, le BfR a jugé justifié de supposer que le glycérol provenant d'aliments solides n'est pas absorbé plus lentement que celui provenant de boissons.

Par conséquent, le BfR a indiqué que la dose aiguë de référence (ArfD pour acute reference dose) de 125 milligrammes par kilogramme (mg/kg) de poids corporel (pc), établie par l'EFSA, ainsi que la dose minimale thérapeutiquement efficace de 250 mg/kg pc précédemment identifiée par le BfR, peuvent également être appliquées à l'évaluation du glycérol dans les aliments solides, notamment les produits de boulangerie fine.

L'intoxication au glycérol chez les jeunes enfants suscite l'attention des autorités réglementaires européennes

Cette conclusion s'appuie sur l'évaluation récente, par les autorités européennes, de l'exposition au glycérol, en particulier chez les jeunes enfants consommant des granités. L'EFSA a fixé la dose aiguë de référence à 125 mg/kg de poids corporel en mars 2026, après avoir conclu que les enfants et les adultes pouvaient dépasser ce seuil en consommant une seule portion de certaines boissons contenant du glycérol. L'EFSA a également recommandé à la Commission européenne d'envisager l'établissement de teneurs maximales pour le glycérol dans les boissons.

Par ailleurs, en 2025, le BfR a constaté que même une petite portion de granité contenant des concentrations moyennes mesurées de glycérol pouvait exposer les jeunes enfants à des niveaux susceptibles d'entraîner des effets sur la pression intracrânienne. Des inquiétudes concernant le glycérol ont commencé à émerger en 2023, lorsque la Food Standards Agency a recommandé de ne pas vendre de granités contenant du glycérol aux enfants âgés de quatre ans ou moins, à la suite de cas d'intoxication au glycérol ayant entraîné des hospitalisations. En cas d'exposition à des niveaux très élevés, généralement lorsque plusieurs portions sont consommées par un enfant sur une courte période, l'intoxication au glycérol peut provoquer un état de choc, une hypoglycémie et une perte de connaissance.

EFSA : L'utilisation du sel d’aspartame-acésulfame ou E 962 ne soulève pas de préoccupations en matière de sécurité sanitaire

Autant le dire de suite, Que Choisir juge que le sel d’aspartame-acésulfame (E962) est ‘peu recommandables, il est préférable d’éviter d’en consommer’. Pour être complet, si l’on peut dire, je lis dans 20minutes, « C’est scandaleux », tempêtent les ONG foodwatch, Yuka et la Ligue contre le cancer ».

Passons donc plus sereinement à l’information scientifique du 10 septembre 2026 de l’EFSA qui conclut que le sel d’aspartame-acésulfame (E 962) est sans danger aux niveaux d’exposition actuels.

L’EFSA a achevé la réévaluation de l’additif alimentaire « sel d’aspartame-acésulfame » (E 962) et a conclu que son utilisation ne soulève pas de préoccupations en matière de sécurité sanitaire.

Le sel d’aspartame-acésulfame est un édulcorant autorisé dans divers aliments et boissons sans sucre ou à teneur énergétique réduite. Une fois ingéré, il se dissocie en ses composants individuels : l’aspartame et l’acésulfame.

Le groupe d’experts n’a relevé aucune préoccupation en matière de sécurité sanitaire associée aux usages et aux niveaux d’utilisation actuellement déclarés pour l’acésulfame K (E 950), l’aspartame (E 951) et le sel d’aspartame-acésulfame (E 962).

Cette conclusion repose sur la dose journalière admissible (DJA) pour l’aspartame, fixée précédemment à 40 mg/kg de poids corporel par jour (et désormais confirmée), ainsi que sur la DJA pour l’acésulfame K, récemment révisée à 15 mg/kg de poids corporel par jour. Les estimations actuelles de l’exposition pour toutes les tranches d’âge restent inférieures à ces DJA.

Les experts recommandent de mettre à jour les spécifications de l’UE pour le E 962 afin de garantir leur conformité avec celles de l’aspartame et de l’acésulfame K utilisés dans sa fabrication.

Conformément à l’approche appliquée à d’autres édulcorants réévalués, ils recommandent également de revoir les limites d’arsenic et de plomb figurant dans les spécifications de l’aspartame (E 951).

Contexte

L’avis scientifique a été adopté en juillet 2026 lors d’une réunion plénière publique du groupe d’experts de l’EFSA sur les additifs alimentaires et les arômes (FAF), permettant aux observateurs d’assister au processus décisionnel collectif du groupe.

L’évaluation a suivi le protocole d’identification et de caractérisation des dangers liés aux édulcorants (publié pour consultation publique en 2019) ainsi que le protocole d’évaluation de l’exposition aux édulcorants (publié pour consultation publique en 2020).

jeudi 10 septembre 2026

Brèves de vacances : Le 110 mètres haies le moins rapide !

Le blog-notes d’Olivier Masbou est revenu de vacances pour nous proposer dans la rubrique le blog en camagne, « Le 110 mètres haies le moins rapide ».

Ce qui suit est une illustration parfaite des pesanteurs de la vie publique française. 

En janvier 2024, Gabriel Attal, alors Premier ministre, prend l’engagement de passer de treize réglementations différentes sur les haies à une seule. Ce régime unique a été adopté un an plus tard dans la loi d’orientation pour la souveraineté alimentaire et le renouvellement des générations futures promulguée le 24 mars 2025. 

Une typologie de haies a été fixée par arrêté interministériel en date du 3 avril 2026. Le régime unifié applicable aux travaux sur les haies va entrer en vigueur le 1er octobre 2026, soit 2 ans et 9 mois après la première annonce. 

33 mois, plus de la moitié d’un quinquennat, pour simplifier une seule mesure !

États-Unis : Une amélioration de la contamination des arachides par des aflatoxines, selon un rapport d'audit

De l’intérêt des audits en sécurité des aliments, une amélioration se dessine sur la présence d’aflatoxines dans les arachides issus des États-Unis.

Un rapport décrit les conclusions d’un audit réalisé par la Direction Générale de la santé et de la sécurité alimentaire de la Commission européenne aux États-Unis du 4 au 18 mars 2026.

Cet audit a été mené dans le cadre du programme de travail publié par la Direction Générale de la santé et de la sécurité alimentaire. Il visait à évaluer si les systèmes mis en place pour contrôler la contamination par des aflatoxines des arachides destinées à l’exportation vers l’Union européenne (UE) sont conformes à la législation de l’UE, ou du moins équivalents à celle-ci, afin de garantir le respect des limites fixées par ladite législation pour ces contaminants.

Cet audit a été programmé en raison de la persistance de notifications régulières dans le système d’alerte rapide pour les denrées alimentaires et les aliments pour animaux (RASFF) au cours des dernières années concernant la présence d’aflatoxines dans des arachides importées aux États-Unis vers l’UE.

Les autorités et le secteur américains ont déployé des efforts considérables pour donner suite aux recommandations de l’audit précédent réalisé aux États-Unis sur ce sujet en 2019.

La filière américaine de l’arachide a mis en place un programme volontaire d’exportation d’arachides, qui couvrirait entre 80 et 90 % des lots exportés vers l’UE. L’audit a révélé que de bonnes pratiques agricoles et de bonnes pratiques de fabrication sont appliquées lors de la production et de la transformation des arachides afin de réduire le risque de contamination par les aflatoxines. Des instructions détaillées en matière d’échantillonnage sont en place et effectivement appliquées. Il a été conclu que les prélèvements des arachides en vue de l’analyse des aflatoxines, auquel l’équipe d’audit a assisté, était équivalent aux règles de l’UE. Les laboratoires accrédités, agréés dans le cadre du programme d’agrément des laboratoires de l’USDA, qui analysent la teneur en aflatoxines de tous les lots d’arachides destinés à l’exportation vers l’UE, affichent un niveau de performance élevé et respectent les exigences du règlement d’exécution (UE) 2023/2782 de la Commission.

Le taux de notifications RASFF pour dépassement des limites d’aflatoxines dans les arachides et produits à base d’arachides américains exportés vers l’UE s’est maintenu entre 4 % et 6,6 % des lots au cours de la période 2021-2025.

Brève de vacances : En 2026, les rappels de produits alimentaires en France ont atteint leur vitesse de croisière

J’avais écrit cet article en mars 2026, ici, pour signaler le net rebond des rappels de produits alimentaires en France en 2025, avec 15 % d’augmentation.

Qu’en sera-t-il en 2026, vaste question ?

Il semble néanmoins acquis que le chiffre dépassera les 2000 rappels, une constante depuis 2022, car depuis le début de l’année, les rappels mensuels oscillent entre 150 et plus de 200.

- 3 243 en 2021 (de mars à décembre 2021)

- 2 441 en 2022
- 2 022 en 2023
- 2 086 en 2024
- 2 323 en 2025
- 1 572 (au 9 septembre)
Les données mentionnées ne concernent que les produits alimentaires avec un code-barre. 
Que peut-on en dire ?

- Y a-t-il beaucoup de rappels ?

Oui, incontestablement.

- Y en a-t-il davantage qu'avant ?

Ce que l’on peut dire, c'est que le nombre de rappels enregistrés est élevé depuis la création en 2021 de RappelConso, auparavant, c’était assez hétéroclite ...

- Notre alimentation est-elle devenue moins sûre ?

Bien sûr que non ! Le nombre de rappels ne suffit pas à le démontrer, mais c'est un élément dans le contexte de la sécurité des aliments en France.

mercredi 9 septembre 2026

Les bactéries présentes dans la poussière des salles de classe sont associées à une réduction de la fonction pulmonaire chez les enfants

« Des bactéries présentes dans la poussière des salles de classe peuvent contribuer à une légère diminution de la fonction pulmonaire chez les enfants », source CIDRAP News.

Précision

Le titre initial du communiqué de la Société européenne de pneumologie (ERS) est « Les bactéries présentes dans la poussière des salles de classe sont associées à une réduction de la fonction pulmonaire chez les enfants ». Celui de CIDRAP News est le suivant : « Des bactéries présentes dans la poussière des salles de classe peuvent contribuer à une légère diminution de la fonction pulmonaire chez les enfants. »

Une nouvelle étude souligne l'importance de la qualité de l'air intérieur dans les écoles, suggérant que les enfants exposés à la poussière des salles de classe présentant des niveaux plus élevés de deux pathogènes bactériens courants ont une fonction pulmonaire légèrement altérée.

Pour cette étude, présentée au congrès de la Société européenne de pneumologie (ERS) à Barcelone, en Espagne, les chercheurs ont analysé les données du projet SINPHONIE (Schools Indoor Pollution and Health: Observatory Network in Europe). 

L'étude a mesuré les concentrations de Streptomyces et de Mycobacterium dans la poussière de près de 300 salles de classe réparties dans 22 pays européens. Ces deux types de bactéries sont fréquemment présents dans les sols, la poussière et les systèmes d'eau.

L'équipe a également utilisé la spirométrie pour tester la fonction pulmonaire des enfants de chaque classe afin de calculer le volume d'air que les poumons peuvent contenir et la vitesse à laquelle ce volume d'air peut être expiré. 

« Nous savons que la qualité de l'air intérieur dans les écoles peut être affectée par les polluants, l'humidité, la ventilation, la température, l'humidité ambiante et des agents biologiques comme les champignons et les bactéries> », a déclaré Soutrik Banerjee de l'Université de Ferrare en Italie et de la société d'ingénierie française Alten, dans un communiqué de presse de l'ERS. « Cependant, on sait beaucoup moins de choses sur le lien entre les types de bactéries présentes dans la poussière des salles de classe et la fonction pulmonaire des enfants. »

L'altération était modeste

Les enfants scolarisés dans des classes présentant des concentrations plus élevées de Streptomyces avaient une capacité vitale forcée légèrement inférieure, une mesure de la quantité d'air qu'une personne peut expulser après une inspiration profonde.

Les enfants sont exposés chaque jour de la semaine à l'environnement intérieur des écoles, et une réduction légère à modérée de la fonction pulmonaire aujourd'hui peut être un précurseur de maladies pulmonaires évitables plus tard dans la vie. Selon Soutrik Banerjee.

De même, les élèves des classes présentant des niveaux plus élevés de mycobactéries  avaient un volume expiratoire maximal en une seconde (VEMS) et un débit expiratoire de pointe (DEP) légèrement inférieurs. Le VEMS mesure la quantité d'air qu'une personne peut expirer en une seconde, et le DEP correspond au débit expiratoire maximal qu'une personne peut expirer le plus rapidement possible.

« Bien que les réductions observées soient modestes pour chaque enfant, elles sont statistiquement significatives et pourraient avoir des conséquences importantes pour l'ensemble de la population », a déclaré Banerjee. « Les enfants sont exposés quotidiennement à l'environnement intérieur des écoles, et une légère à modérée réduction de leur fonction pulmonaire aujourd'hui pourrait être un facteur de risque de maladie pulmonaire évitable à l'âge adulte. »

« Ces bactéries peuvent avoir un effet biologique direct, ou bien elles peuvent être des indicateurs d’autres facteurs environnementaux intérieurs qui influencent la fonction pulmonaire », indique Banerjee.

Le professeur Alexander Möller, président de l'assemblée pédiatrique de la Société européenne de pneumologie et professeur de pneumologie pédiatrique à l'hôpital universitaire pour enfants de Zurich, Suisse, qui n'a pas participé à la recherche, a déclaré : « Cette vaste étude européenne montre que les poumons des enfants semblent souffrir lorsque deux types courants de bactéries se développent dans la poussière de leurs salles de classe. »

Bien que toutes les bactéries ne soient pas nocives, ces résultats suggèrent que l'environnement scolaire joue un rôle important dans la santé pulmonaire des enfants et confirment l'importance de bâtiments scolaires sains. Concrètement, il ne s'agit pas de transformer les écoles en environnements stériles, mais plutôt de privilégier une bonne qualité de l'air intérieur : une ventilation adéquate, la maîtrise de l'humidité et des moisissures, un nettoyage régulier et un entretien approprié des bâtiments.