jeudi 5 novembre 2026

Retrait-rappel de morilles séchées en raison d’une probable contamination par une toxine susceptible d’avoir occasionné un décès

« Retrait-rappel de morilles séchées en raison d’une probable contamination par une toxine susceptible d’avoir occasionné un décès », source ministère de l’Agriculture du 5 novembre 2026. Voici ci-dessous l'intégralité du communiqué.

Les autorités sanitaires ont été informées le 3 novembre du décès d'une patiente (âgée de 27 ans), suite à une intoxication grave potentiellement liée à la consommation de morilles déshydratées commercialisées dans un magasin de l’enseigne B&M. A ce titre, un retrait-rappel du produit est en cours.

La patiente, qui ne souffrait d’aucune comorbidité, a présenté des symptômes gastro-intestinaux sévères le 2 novembre, quelques heures après la consommation de morilles séchées. Après avoir contacté le centre antipoison et de toxicovigilance de sa région, la patiente a été orientée vers l’établissement le plus proche où elle a pu bénéficier d’une prise en charge rapide. Cependant, malgré cette prise en charge rapide, elle est décédée le 3 novembre.

A ce stade des investigations menées par les ministères chargés de la Santé et de l’Agriculture, un lien est suspecté entre la consommation des morilles, la survenue des symptômes gastro-intestinaux et le décès. Des analyses complémentaires sont en cours.

Informées par les autorités sanitaires, les enseignes concernées ont procédé sans délai, en raison de ce lien suspecté, au retrait et au rappel des morilles incriminées.

Les produits concernés peuvent être identifiés d’après les fiches publiées sur RappelConso ou auprès des points de vente. Au 3/11 soir, une première fiche de rappel a été publiée. Des rappels d’autres enseignes suivront.

Il est demandé aux personnes qui détiendraient les produits concernés par ce retrait-rappel de ne pas les consommer. Ils peuvent être toxiques, même après cuisson.

Le communiqué du ministère de la santé est sensiblement le même. Pas de communiqué de presse de la part de Santé publique France.

Précisions

A propos de ces rappels, une « première fiche de rappel » est datée du 4 novembre et concerne des morilles séchées. Un second rappel daté du 5 novembre concerne aussi des morilles séchées et a été commercialisé par K 2 M PROMOCASH.

L’affichette du rappel indique une probable contamination d'un lot de morilles par une toxine susceptible d'être à l'origine d'intoxication alimentaire.

Description complémentaire du risque : Ce lot de morilles séchées est susceptible d'être associé à la survenue de symptômes indésirables de type diarrhées et/ou vomissements dans les heures qui suivent sa consommation pouvant, dans de rares cas, entraîner une déshydratation sévère.

Conduite à tenir par le consommateur : Ne plus consommer, Détruire le produit.

L’Anses avait alerté le 4 septembre 2026 sur les « Intoxications liées à la cueillette de champignons : restez vigilants ! ». L’article indiquait :

Les conséquences sur la santé peuvent être graves et conduire à une hospitalisation : troubles digestifs sévères, complications rénales, atteintes du foie pouvant nécessiter une greffe. Certaines intoxications peuvent entraîner le décès. 

Il y a eu en France des intoxications graves aux morilles (446 cas), mais pas de décès, selon une étude nationale des centres antipoison français entre 2010 et 2020.
En 2023, deux décès attribués à l’ingestion de morilles (Morchella spp.) crues ont été signalés aux États-Unis. 

Brésil : une nouvelle étude révèle comment le bétail lié au travail forcé échappe aux contrôles de la chaîne d'approvisionnement

Réfléchissons un peu, si vous le voulez bien …

Qui est donc cette personne au sommet de l’UE qui a bien pu signer un accord commercial (Mercosur) pour l’achat de viande bovine du Brésil, et surtout, qui voulait signer l’accord à tout prix ?

« Une nouvelle étude révèle comment le bétail lié au travail forcé échappe aux contrôles de la chaîne d'approvisionnement au Brésil », source EurekAlert!

Une étude révèle que des éleveurs figurant sur la « liste noire » du Brésil ont fait transiter leur bétail par des ranchs intermédiaires, permettant ainsi à des produits liés à l'esclavage moderne de rester dans les chaînes d'approvisionnement nationales et internationales.

La « Liste noire » du Brésil, un registre public recensant les employeurs reconnus coupables d'infractions à la législation anti-esclavagiste, est un élément clé de la lutte contre le travail forcé au Brésil. Les principaux abattoirs brésiliens ont signé des engagements d'approvisionnement durable, promettant de ne pas acheter de bétail directement auprès des éleveurs figurant sur cette liste. Cependant, de nouvelles études montrent que les éleveurs ont trouvé des moyens de contourner ces restrictions, en faisant transiter le bétail par des intermédiaires et en permettant ainsi à des animaux issus du travail forcé de rester dans les filières d'approvisionnement nationales et internationales de viande bovine et de cuir.

Le Brésil est le premier exportateur mondial de viande bovine, et son secteur bovin est aussi l'un des plus grands responsables du travail forcé dans le pays. La pression publique a incité un groupe d'entreprises, dont les trois plus grands abattoirs d'Amazonie, à signer des accords contraignants les obligeant à ne pas acheter de bétail directement auprès d'éleveurs inscrits sur la liste noire brésilienne.

« À bien des égards, le Brésil est un chef de file mondial dans la lutte contre ce problème », affirme Holly Gibbs, professeure d'études environnementales à l'Université du Wisconsin-Madison, qui étudie la filière bovine brésilienne depuis plus de 15 ans. « Le fait qu'il existe une liste publique permettant aux entreprises d'éviter de faire affaire avec les contrevenants est remarquable. Cependant, nous avons constaté que les répercussions sur les résultats globaux des éleveurs sont limitées, car le bétail n'a pas disparu de la filière. Il a simplement changé de mains. »

L’esclavage moderne est illégal et dissimulé. Au Brésil, des travailleurs peuvent être attirés des villes vers des ranchs très isolés où ils sont contraints au travail forcé. C’est ce qui rend son étude particulièrement difficile, selon Tara Mittelberg, doctorante à l’Université du Wisconsin-Madison et auteure principale d’une nouvelle étude sur l’industrie bovine brésilienne, « Laundering and evasion in response to antislavery policies in Brazil’s cattle sector » (Blanchiment et contournement en réaction aux politiques antiesclavagistes dans le secteur de l’élevage bovin au Brésil), récemment publiée dans Proceedings of the National Academy of Sciences.

« Il est impossible de mesurer directement l’esclavage à cette échelle pour vérifier si des politiques comme la Liste noire des entreprises à risque contribuent à le réduire », explique Mittelberg. « Cependant, une approche basée sur big data nous permet d’estimer comment les employeurs ayant eu recours au travail forcé ont réagi aux sanctions visant à les punir. Nous constatons qu’ils échappent à la plupart des conséquences de ces sanctions, et que le coût de cette évasion est relativement faible. »

Des chercheurs du laboratoire de Gibbs et un collaborateur de l'Université de l'Illinois à Urbana-Champaign ont suivi les ventes de bétail en utilisant des données sur des dizaines de millions de transactions de bétail dans l'Amazonie brésilienne.

« Ce type de données transactionnelles détaillées nous a offert une opportunité exceptionnelle », explique Holly Gibbs, professeure à l’Université du Wisconsin-Madison et directrice du Laboratoire mondial d’utilisation des terres et d’environnement. « Au lieu de simplement nous demander si les entreprises avaient cessé d’acheter directement auprès des éleveurs figurant sur la liste noire, nous avons pu suivre les ventes de ces éleveurs afin de comprendre comment le bétail issu du travail forcé a circulé dans la chaîne d’approvisionnement. »

Les données ont révélé que, lorsqu'ils figuraient sur la liste noire, les éleveurs ont fortement réduit leurs ventes directes aux abattoirs s'étant engagés à éviter les fournisseurs impliqués dans des violations du droit du travail et de l'environnement. Cependant, comme ces accords interdisent uniquement les achats directs auprès des éleveurs figurant sur cette liste, ces derniers ont réorienté leurs ventes de bétail vers d'autres éleveurs, dont beaucoup ont ensuite approvisionné les mêmes abattoirs. Le coût de cette réorientation est faible : une baisse de revenus d'environ 1 % à 14 %, selon l'étude.

Les chercheurs montrent également que bon nombre de ces abattoirs vendaient du bœuf et des produits en cuir dans les chaînes d'approvisionnement internationales à peu près au même moment où ils achetaient directement ou indirectement auprès d'éleveurs figurant sur la liste noire.

« Avec les systèmes de surveillance actuels, les chaînes d’approvisionnement internationales sont vulnérables à la contamination par l’esclavage moderne », explique Mittelberg. « Si nous voulons réellement éliminer le travail forcé des chaînes d’approvisionnement agricoles, nous avons besoin d’une traçabilité complète du bétail tout au long du système de production, y compris dans les élevages qui ne vendent jamais directement à l’abattoir. »

L'analyse des données de vente révèle également que lorsque les éleveurs sont inscrits sur la liste noire, ils ont tendance à augmenter leurs ventes d'animaux proches de l'âge d'abattage, mais ne modifient pas celles des jeunes animaux. Comme il suffit de deux années de bonnes pratiques pour être retiré de cette liste, les chercheurs estiment probable que les éleveurs conservent leurs jeunes animaux pendant la courte période d'attente qui leur permettra de retrouver l'accès à l'ensemble des acheteurs.

Selon Gibbs, deux types de changements pourraient contribuer à empêcher que le bœuf brésilien issu du travail forcé ne se retrouve sur les marchés étrangers. Une plus grande transparence – notamment un meilleur accès aux données que son laboratoire a extraites des dossiers sanitaires des bovins – permettrait aux acheteurs de tracer plus loin la chaîne d'approvisionnement des animaux, au-delà du dernier propriétaire.

« L’esclavage moderne est délibérément difficile à déceler, mais de meilleures données et un meilleur suivi peuvent rendre sa dissimulation beaucoup plus complexe », explique Gibbs. « Nous avons développé un outil, appelé Visipec, en collaboration avec des partenaires, pour aider les entreprises à évaluer leurs fournisseurs indirects. Et les efforts déployés au Brésil pour établir une traçabilité au niveau animal pourraient rendre cet autocontrôle encore plus précis. »

Gibbs travaille également avec d'autres scientifiques pour utiliser l'imagerie satellite et l'IA afin de cartographier le bétail à travers l'Amazonie, ouvrant potentiellement de nouvelles perspectives pour le suivi de la production bovine, le renforcement de la traçabilité et le développement de la confiance dans les efforts des entreprises pour s'approvisionner en bétail de manière responsable.

Les acheteurs internationaux de viande peuvent également jouer un rôle, explique Gibbs, en utilisant leurs décisions d'achat pour envoyer des signaux aux producteurs et inciter à un meilleur suivi de la chaîne d'approvisionnement.

« Le secteur bovin brésilien poursuit ses efforts pour trouver des solutions afin de gérer sa chaîne d'approvisionnement complexe », déclare Gibbs. « Mais nous devons offrir des incitations plus importantes aux entreprises qui prennent des initiatives. »

En juin, lorsque le président Donald Trump a proposé d'imposer des droits de douane sur les importations brésiliennes, notamment le bœuf, il a invoqué le recours au travail forcé comme justification. En août, il a annoncé que les États-Unis achèteraient plus de 270 millions de kilos de bœuf brésilien sans droits de douane. « Nous espérons que ces informations permettront également aux consommateurs américains de mieux comprendre les pratiques qui ont pu influencer la production du bœuf qu'ils achètent », a déclaré Marin Skidmore, auteur de l'étude, professeure d'économie agricole à l'Université de l'Illinois et ancienne élève de l'Université du Wisconsin à Madison.

« Si nous devons acheter davantage de bœuf brésilien, cela nous offre l'occasion de réfléchir à la manière d'encourager un suivi plus fiable de la chaîne d'approvisionnement », explique Gibbs. « En véhiculant le bon message par nos décisions d'achat, nous pourrions contribuer à mettre fin au travail forcé. »

États-Unis : les foyers de cas à Cyclospora de ces dernières années ont été associées à des pertes de ventes de salades en sachet s'élevant à 374 millions de dollars

États-Unis : les foyers de cas à Cyclospora de ces dernières années ont été associées à des pertes de ventes de salades en sachet s'élevant à 374 millions de dollars, source article de Laine Bergeson paru dans CIDRAP News.

Les consommateurs américains ont acheté moins de salades en sachet lors des éclosions à Cyclospora entre 2018 et 2022, ce qui a contribué à des pertes de vente au détail d'environ 374 millions de dollars, selon une nouvelle étude intitulée, « Information Spillovers Across Media Markets: Risk Perceptions and Cyclospora Outbreaks in U.S. Bagged Salads » (Retombées d’informations sur le marché des médias : perceptions des risques et épisodes de contamination par Cyclospora liés aux salades en sachet aux États-Unis), et publiée dans Risk Analysis.

Des chercheurs des universités de Floride et d'État de l'Ohio ont constaté une baisse moyenne de 3,9 % des achats hebdomadaires de salades en sachet durant la période étudiée. Cette baisse a été observée aussi bien dans les États touchés par l'épidémie que dans les zones limitrophes partageant les mêmes marchés que les régions affectées.

« Ce que les personnes lisent en ligne se reflète dans ce qu'ils mettent dans leur caddie », déclare Xuerui Yang, auteur principal de l'étude et membre de l'Institut des sciences alimentaires et agricoles de l'Université de Floride, dans un communiqué de presse (Lorsque les consommateurs recherchent « Cyclospora », les ventes de salades en sachet en pâtissent) de la Society for Risk Analysis, qui publie Risk Analysis via Wiley.

L'étude n'a pas intégré les données récentes et n'a donc pas évalué l'impact de l'importante épidémie de cyclosporose survenue cette année et liée à de la laitue iceberg. Cette épidémie a causé au moins 12 833 cas de maladie, 570 hospitalisations et deux décès dans 21 États. Du 1er mai au 31 août 2026, le CDC a confirmé 20 996 cas de cyclosporose, un chiffre probablement sous-estimé.

Des pertes dans le commerce de détail, même dans les zones non touchées.

Pour cette étude, les chercheurs ont examiné six éclosions à Cyclospora ayant eu un impact important sur la santé publique (définies comme plus de 100 cas). Quatre de ces six épidémies étaient liées à la consommation de salades en sachet. Au total, ces épidémies touchant plusieurs États ont été responsables de 2 157 cas de maladie, soit 65 % des 3 344 cas de cyclosporose associés à des épidémies et signalés au Système national de notification des épidémies (National Outbreak Reporting System) pendant la période étudiée. 

« Ce que les gens lisent en ligne se reflète dans ce qu'ils mettent dans leur panier », a dit Xuerui Yang.

L'équipe a analysé les données d'achat des ménages et l'activité de recherche Google dans 210 marchés médiatiques, en utilisant le volume de recherche pour estimer l'exposition aux informations relatives aux épidémies. Comme ces marchés médiatiques s'étendent souvent sur plusieurs États, les chercheurs ont pu examiner les achats effectués dans les États non touchés ayant été exposés à ces informations.

Les chercheurs ont constaté que les recherches liées à des épidémies spécifiques (par exemple, « Cyclospora ») étaient associées à une perception accrue du risque et à une réduction plus importante des achats. Les recherches plus générales concernant les salades étaient quant à elles liées à des réductions d'achats moins marquées. Dans les États non touchés par une épidémie, la diffusion d'informations a été associée à une baisse hebdomadaire de 3,3 % des achats de salades en sachet. 

Lorsque les chercheurs ont analysé les données des distributeurs, ils n'ont constaté aucune réduction statistiquement significative des produits en stock pendant les épidémies ou les rappels, ce qui a conforté leur interprétation selon laquelle les réductions d'achat étaient principalement dues à la demande des consommateurs.

Deux foyers épidémiques ont été à l'origine des pertes les plus importantes.

Parmi les épidémies étudiées, deux, l’une en 2018 et l’autre en 2020, ont engendré les pertes les plus importantes pour le commerce de détail. L’ épidémie à Cyclospora de 2018 a duré 31 semaines et touché 16 États, entraînant des pertes de 79 millions de dollars pour le commerce de détail. Celle de 2020 s’est étendue à 33 États pendant 29 semaines et a été associée aux pertes totales les plus élevées pour le commerce de détail, s’élevant à 190 millions de dollars.

L'épidémie de 2018 a été la plus importante étudiée. Elle a entraîné 771 cas de maladie.

Les chercheurs suggèrent qu'une communication claire et une surveillance active des recherches en ligne pendant les épidémies pourraient aider à prédire les zones qui subiront les plus fortes pertes dans le secteur du commerce de détail. « Une communication équilibrée sur les risques et une surveillance constante de l'activité de recherche pendant les épidémies critiques peuvent aider à anticiper les zones où les pertes de demande se concentreront », explique Yang.

L’UE renforce les exigences relatives aux emballages alimentaires recyclés et autorise quatre nouvelles substances destinées au contact avec des denrées alimentaires

« L’UE renforce les exigences relatives aux emballages alimentaires recyclés et autorise quatre nouvelles substances destinées au contact avec des denrées alimentaires », source Food Safety Magazine.

La Commission européenne a adopté deux règlements qui actualisent les exigences applicables aux matériaux et objets en plastique destinés à entrer en contact avec des denrées alimentaires. Ces textes renforcent les obligations en matière de traçabilité et de documentation de conformité pour les plastiques recyclés, et autorisent l’utilisation de quatre substances supplémentaires dans ces matériaux.

Ces règlements modifient la législation européenne existante régissant les emballages alimentaires en plastique recyclé ainsi que les substances autorisées dans les matériaux plastiques destinés au contact avec des denrées alimentaires . Les modifications portent sur la surveillance des installations de recyclage, les contrôles à l’importation, la migration de substances chimiques et des restrictions sur certaines applications d’emballage.

L’UE renforce les exigences de traçabilité et de conformité pour les plastiques recyclés destinés au contact avec des denrées alimentaires

En vertu du règlement (UE) 2026/2376 de la Commission modifiant le règlement (UE) 2022/1616 en ce qui concerne la gestion du registre de l’Union, la documentation relative à la conformité, les méthodes d’essai et les documents à présenter lors de la mise en libre pratique, l’UE a étendu les exigences en matière de documentation de conformité à l’ensemble de la chaîne d’approvisionnement des plastiques recyclés. Cela inclut de nouvelles obligations pour les recycleurs, les transformateurs et les autres opérateurs intervenant dans la fabrication et la distribution de matériaux et objets en plastique recyclé destinés au contact avec des denrées alimentaires.

Ce règlement modifie le règlement (UE) 2022/1616, qui fixe les exigences relatives aux technologies et procédés de recyclage, ainsi qu’à la fabrication et à la mise sur le marché de matériaux et objets en plastique recyclé destinés au contact avec des denrées alimentaires.

Auparavant, la législation imposait aux recycleurs et aux transformateurs d’émettre des déclarations de conformité. Les modifications étendent ces exigences à d’autres étapes de fabrication et introduisent deux nouveaux types de déclarations : la « déclaration P », qui atteste de l’origine et de la conformité des intrants plastiques avant le recyclage, et la « déclaration C », une déclaration simplifiée destinée aux matériaux et objets en plastique recyclé dont la composition ne subit pas de modification substantielle lors des étapes de fabrication ultérieures.

Les entreprises alimentaires qui utilisent des emballages en plastique recyclé sont dispensées de fournir des déclarations aux détaillants et distributeurs, sous réserve de certaines conditions : les consignes de sécurité nécessaires et les informations sur la teneur en matière recyclée doivent être communiquées via l’étiquetage ou tout autre document approprié. Elles doivent toutefois être en mesure de fournir des déclarations de conformité sur demande, dans les délais impartis.

Le règlement instaure également de nouvelles exigences en matière de documentation à l’importation pour certains matériaux et objets en plastique recyclé, notamment pour des catégories spécifiques de polyéthylène téréphtalate (PET) recyclé, ainsi que pour certains ustensiles de cuisine et articles de table en plastique recyclé. Les importateurs sont tenus de présenter les déclarations de conformité requises aux autorités douanières lors de la demande de mise en libre pratique dans l’UE.

Par ailleurs, ces modifications établissent des procédures plus détaillées pour l’enregistrement et le suivi des installations de recyclage, par le biais d’un système d’enregistrement électronique. Le système prévoit des statuts définis pour les installations de décontamination, notamment « active », « inactive », « suspendue » et « en attente d’audit », et établit des procédures pour la mise à jour des enregistrements ainsi que pour la réalisation d’audits officiels.

La réglementation introduit également des critères de qualité spécifiques pour les intrants en plastique utilisés dans le recyclage mécanique du PET post-consommation ; ces critères incluent des limites maximales vérifiées par des essais conformes à la norme ISO 12418-2:2012, ou par des méthodes ayant démontré des performances équivalentes, voire supérieures.

Afin de permettre aux opérateurs de s’adapter, la Commission a fixé des échéances transitoires : le 18 février 2027 pour les déclarations A et B révisées, et le 18 mai 2027 pour les nouvelles déclarations P et C, sous réserve des conditions transitoires prévues par le règlement.

L’UE autorise quatre nouvelles substances destinées aux matériaux en plastique en contact avec les denrées alimentaires

Par ailleurs, le règlement (UE) 2026/2412 de la Commission du 28 octobre 2026 concernant les matériaux et objets en matière plastique destinés à entrer en contact avec des denrées alimentaires a modifié le règlement (UE) n°10/2011 afin d’autoriser quatre substances supplémentaires pour une utilisation dans les matériaux en plastique destinés au contact avec des denrées alimentaires , à la suite des évaluations de la sécurité sanitaire réalisées par l’EFSA.

Les substances nouvellement autorisées et leurs conditions d’utilisation comprennent :

- Des fibres de carbone coupées obtenues à partir de polyacrylonitrile carbonisé (n° MCDA n° 1086) : autorisées en tant que matériau de renforcement dans les plastiques à base de polyéther éther cétone (PEEK), à des concentrations allant jusqu’à 40 % en poids, sous réserve que les fibres respectent des exigences spécifiques en matière de teneur en carbone et de dimensions.

- Du carbonate de calcium nano-précipité (n° MCDA 1087) : autorisé en tant que charge dans les matériaux en plastique destinés au contact avec des denrées alimentaires , à l’exclusion de ceux destinés au contact avec des préparations pour nourrissons. L’EFSA a conclu que cette substance ne posait pas de problème de sécurité sanitaire pour le consommateur dans les conditions évaluées, mais n’a pas pu se prononcer sur sa sécurité sanitaire en cas de contact avec des préparations pour nourrissons. Le règlement souligne également un risque potentiel de dépassement des limites de migration globale lorsque des matériaux contenant cette substance entrent en contact avec des denrées alimentaires acides.

- Du poly(acide 2-hydroxypropanoïque), esters de n-octyle/n-décyle (n° MCDA 1088) : autorisés en tant qu’additifs dans les matériaux en acide polylactique (PLA) à des concentrations allant jusqu’à 15 % en poids, sous réserve de restrictions concernant les types d’aliments, la durée de contact, la température et la migration. L’autorisation exclut les matériaux en PLA contenant de l’amidon ou d’autres additifs ayant des fonctions similaires susceptibles d’augmenter migration.

- le mélange de 1,9-nonanediamine (NMDA) et de 2-méthyl-1,8-octanediamine (MODA) (n° MCDA 1090) : son utilisation est autorisée dans la fabrication de matériaux et objets en polyamide destinés au contact avec des denrées alimentaires, sous réserve de limites de migration spécifiques. Ce mélange est interdit dans les matériaux destinés à entrer en contact avec des préparations pour nourrissons ou du lait maternel.

L’EFSA a conclu que ces quatre substances ne posaient pas de problème en matière de sécurité sanitaire des consommateurs, compte tenu des conditions d’utilisation évaluées pour chacune d’elles. La Commission a assorti les autorisations de restrictions et de limites de migration afin de tenir compte de l’exposition potentielle des consommateurs.

NB : MCDA : Matériaux en contact avec les aliments

Un nouveau bactériophage montre un potentiel pour lutter contre Bacillus cereus multirésistant dans le lait, le riz et la viande de porc

« Un nouveau bactériophage montre un potentiel pour lutter contre Bacillus cereus multirésistant dans le lait, le riz et la viande de porc », source Food Safety Magazine.

Une nouvelle étude, intitulée, « A novel lytic phage with potent efficacy against Bacillus cereus, its biofilms and spores, and biocontrol potential in food matrices », publiée dans la revue Current Research in Food Science, a mis en évidence un bactériophage inédit capable de réduire de manière significative, voire d’éliminer, des souches de Bacillus cereus multirésistantes présentes dans le lait, le riz et la viande de porc, aussi bien à température ambiante qu’en conditions réfrigérées. Ce phage a également démontré son efficacité contre les biofilms de B. cereus et a inhibé le développement des spores germées, ce qui suggère son potentiel en tant qu’agent de biocontrôle pour la sécurité des aliments.

L’étude a été menée par des chercheurs de l’Université agricole du sud de la Chine, située à Guangzhou. Ils ont isolé un nouveau phage lytique, baptisé WAH2, à partir d’eaux usées prélevées dans une usine agroalimentaire, en utilisant comme hôte une souche de B. cereus multirésistante, préalablement isolée dans de la charcuterie chinoise.

Le phage WAH2 présente une activité antibactérienne et anti-biofilm

Les chercheurs ont caractérisé les propriétés biologiques, le spectre d’hôtes, la composition génomique et l’efficacité antibactérienne du phage WAH2. Ce dernier s’est révélé capable d’infecter sept des 51 souches de B. cereus testées (soit 13,7 %), correspondant à trois types de séquences génétiques. Bien que son spectre d’hôtes soit relativement restreint, tous les isolats sensibles étaient multirésistants.

Le phage WAH2 est demeuré stable dans une plage de températures allant de 4 à 45°C, à des niveaux de pH compris entre 5 et 11, et à des concentrations en sel variant de 2 à 10 %. L’analyse génomique n’a révélé aucun gène de résistance aux antibiotiques, aucun facteur de virulence, ni aucun élément lié à la lysogénie, ce qui renforce son adéquation potentielle pour des applications de biocontrôle dans le secteur alimentaire.

Lors d’expériences en laboratoire, le phage WAH2 a inhibé la croissance de B. cereus pendant 36 heures, sans aucune repousse bactérienne décelable. Il a également permis de réduire significativement la formation de biofilms et de désorganiser des biofilms matures sur des surfaces en acier inoxydable. Le traitement de biofilms déjà constitués a entraîné une diminution du nombre de bactéries viables de 3,68 à 3,84 log UFC/mL après 12 heures.

Par ailleurs, le phage WAH2 a inhibé le développement des spores germées de B. cereus dans des milieux riches en nutriments. Cependant, le phage n'a pas inactivé directement les spores dormantes et n'a pas empêché leur germination, ce qui indique que son activité dépendrait de la présence de cellules bactériennes métaboliquement actives.

Le traitement par phages réduit la présence de B. cereus dans les matrices alimentaires

Afin d'évaluer le potentiel du phage WAH2 dans le biocontrôle alimentaire, les chercheurs ont inoculé des échantillons de lait, de riz et de viande de porc avec B. cereus, puis les ont traités avec différentes concentrations de ce phage, à 25°C et à 4°C.

À 25 °C, les deux concentrations de phages les plus élevées ont permis de réduire la présence de B. cereus dans le lait à un niveau indétectable en moins de trois heures. Dans le riz, la concentration la plus élevée a abouti au même résultat en trois heures, tandis que la concentration la plus faible a nécessité 24 heures.

Dans la viande de porc, la concentration de phages la plus élevée a réduit B. cereus à un niveau indétectable en 12 heures. Des concentrations plus faibles ont permis des réductions allant de 1,66 à 6,68 log UFC/g après 72 heures.

Le phage WAH2 a également fait preuve d'une activité antibactérienne en conditions réfrigérées. À 4°C, la concentration de phages la plus élevée a réduit B. cereus à un niveau indétectable dans le lait en 12 heures, et dans le riz en 48 heures. Dans la viande de porc, la concentration la plus élevée a permis une réduction de 2,12 log UFC/g après 72 heures.

Aucune repousse bactérienne n'a été observée dans les matrices alimentaires traitées au cours de la période expérimentale de 72 heures.

Des expériences complémentaires ont montré que le phage WAH2 conservait son pouvoir infectieux dans le lait et dans un milieu de culture en laboratoire pendant au moins 120 heures, aux deux températures testées ; aucune bactérie survivante résistante au phage n'a été détectée.

Des études supplémentaires sont nécessaires pour évaluer les applications pratiques

Les chercheurs ont conclu que le phage WAH2 constitue un agent de biocontrôle prometteur contre la contamination par B. cereus dans les denrées alimentaires, grâce à son activité antibactérienne durable, sa stabilité environnementale et son efficacité contre les biofilms et les spores ayant germé.

Toutefois, l'étude présente certaines limites. Le spectre d'hôtes restreint de WAH2 pourrait limiter son efficacité face à des populations de B. cereus génétiquement diversifiées. Par ailleurs, les matrices alimentaires ont été prétraitées afin de minimiser les interférences dues à la microflore indigène ; les résultats obtenus pourraient donc ne pas refléter parfaitement l'efficacité du phage dans des aliments naturellement contaminés. Les chercheurs ont suggéré que de futures études portent sur des cocktails de phages, afin d’élargir le spectre des souches de B. cereus sensibles, ainsi que sur l’amélioration des méthodes d’administration des phages et leur validation dans des conditions réelles de transformation et de stockage des aliments.

mercredi 4 novembre 2026

Après les réfigérateurs des supermarchés, cyberattaques impactant des chambres froides contenant des échantillons de sang

« Cyberattaque d'un prestataire de l'EFS. Les hackers ont du sang sur les mains », source Le Canard enchaîné du 3 novembre 2026.

Coolworld, un prestataire de services de l'Etablissement français du sang (ESF), a été l'objet d'une cyberattaque dans la nuit du 1er au 2 novembre. Des chambres froides contenant des échantillons de sang ont été réchauffées jusqu’à 110 degrés par des pirates informatiques. Un acte de malveillance sans précédent qui a de quoi glacer sang pour sang des patients !

Après les frigos des supermarchés, les cybercriminels s’en prennent aux frigos sanitaires. La société Coolworld, qui assure la maintenance de conteneurs de stockage de l’Etablissement français du sang, notamment en Bourgogne-Franche-Comté, a été piratée le 1er novembre. Les chambres froides, où sont conservés à -30°C des échantillons de donneurs, ont été programmées pour atteindre 110°C !

Le ministère de la Santé garde son sang-froid : « Il y a zéro conséquence opératoire, car la situation a été repérée. »

Les installations de supervision et de pilotage de chambres froides déployées sur trois sites de l'EFS ont été touchées.

Cet incident survient après que des supermarchés de plusieurs pays européens eurent signalé cette semaine que leurs réfrigérateurs et congélateurs s’étaient réchauffés après avoir été piratés à distance, entraînant la détérioration de plusieurs tonnes de denrées alimentaires pour un coût total de plusieurs millions d’euros. Source.

L’Établissement français du sang (EFS) a indiqué dans un communiqué publié mardi soir que «des seuils de température et de dégivrage ont été portés à de très hautes températures», lundi, dans trois de ses sites de stockage de produits sanguins

«Aucun impact sanitaire n’a été identifié et aucune perte de produits sanguins n’est à déclarer», a signalé l’EFS. La cyberattaque a touché les installations de supervision et de pilotage de chambres froides sur trois sites de l’EFS.

Les produits stockés étaient «des poches de plasma destinées à la transfusion et des poches de plasma destinées au fractionnement pour la fabrication de médicaments». Ils ont été soit transférés, soit mis en sécurité, précise le communiqué.

«Les systèmes de surveillance et d’alarme de l’EFS ont permis d’identifier rapidement ces anomalies et de prendre les mesures nécessaires afin qu’aucun échantillon ou produit sanguin ne soit altéré», a indiqué l’EFS.

L’Agence nationale de la sécurité des systèmes d’information et le ministère de la Santé mènent actuellement une enquête sur cet incident.

La Commission européenne recommande la surveillance des paraffines chlorées dans les denrées alimentaires jusqu’en 2029

« La Commission européenne recommande la surveillance des paraffines chlorées dans les denrées alimentaires jusqu’en 2029 », source Food Safety Magazine.

La Commission européenne a publié le 22 octobre 2026 la recommandation (UE) 2026/2335 sur le contrôle de la présence de paraffines chlorées dans les denrées alimentaires invitant les États membres de l’UE et les exploitants du secteur alimentaire à surveiller la présence de paraffines chlorées dans les denrées alimentaires jusqu’en 2029. Cette recommandation précise les méthodes analytiques, les catégories de denrées alimentaires ainsi que les valeurs seuils justifiant des analyses complémentaires.

Souvent appelées alcanes polychlorés, les paraffines chlorées sont classées, selon la longueur de leur chaîne carbonée, en paraffines chlorées à chaîne courte (de C10 à C13), à chaîne moyenne (de C14 à C17) et à chaîne longue (entre C18 et C30).

Cette recommandation fait suite à un avis scientifique émis en 2020 par l’EFSA, qui concluait que l’insuffisance des données ne permettait pas de réaliser une évaluation robuste de l’exposition alimentaire, ni une caractérisation complète des risques liés aux paraffines chlorées. Par conséquent, l’EFSA a estimé qu’il n’était pas approprié, à ce stade, d’établir une valeur de référence fondée sur des critères sanitaires. L’EFSA a préconisé le développement de méthodes analytiques validées, de normes et de matériaux de référence appropriés, ainsi que la collecte de données supplémentaires sur la présence de paraffines chlorées dans les denrées alimentaires.

Cette initiative de surveillance vise à améliorer la disponibilité des données sur la présence et la répartition des paraffines chlorées dans les denrées alimentaires, afin de permettre des évaluations plus solides de l’exposition alimentaire humaine.

Que sont les paraffines chlorées ?

Selon l’EFSA, les paraffines chlorées sont des substances chimiques industrielles produites depuis les années 1930 pour diverses applications, notamment dans les lubrifiants, les plastiques, le caoutchouc, les produits d’étanchéité et les textiles. Les paraffines chlorées peuvent pénétrer dans l’environnement au cours de leur production industrielle, de leur utilisation ou de leur élimination, contaminant potentiellement la chaîne alimentaire. Ces substances peuvent s’accumuler dans les organismes aquatiques et les tissus animaux ; par ailleurs, l’alimentation animale contaminée ainsi que le transfert de paraffines chlorées depuis des ustensiles de cuisine lors de la préparation des aliments ont également été identifiés comme des sources potentielles de contamination des denrées alimentaires.

L’avis scientifique de l’EFSA de 2020 a révélé que, dans le cadre d’expérimentations animales, les paraffines chlorées ont été associées à des effets néfastes sur le foie, les reins, la thyroïde et le développement de la descendance ; certains mélanges de paraffines chlorées ont également provoqué l’apparition de tumeurs chez les rongeurs. Toutefois, l’EFSA a souligné que l’insuffisance de données toxicologiques et de données sur l’exposition alimentaire empêchait une évaluation complète des risques pour la santé humaine.

Méthodes analytiques pour les paraffines chlorées dans les denrées alimentaires

Selon la Commission européenne, les méthodes analytiques capables de détecter toutes les paraffines chlorées, y compris les composés à longue chaîne, ne sont actuellement disponibles que dans un nombre restreint de laboratoires spécialisés. Par conséquent, la recommandation préconise une approche par étapes, donnant la priorité à la mesure des paraffines chlorées à chaîne carbonée C10 à C17, qui constituent le groupe prédominant dans les denrées alimentaires.

Selon cette recommandation, une analyse initiale visant à déterminer la somme des paraffines chlorées C10 à C17 doit être effectuée par chromatographie en phase gazeuse couplée à la spectrométrie de masse en tandem (CG-SM/SM) ou par chromatographie en phase gazeuse couplée à la spectrométrie de masse basse résolution (CG-SMBR) . D’autres techniques peuvent être utilisées si leur adéquation pour mesurer la somme des paraffines chlorées C10 à C17 est démontrée.

Les échantillons dépassant les seuils fixés doivent faire l’objet d’analyses complémentaires portant sur l’ensemble des paraffines chlorées, y compris les composés à longue chaîne (entre C18 et C30), au moyen de la chromatographie en phase liquide ou de la chromatographie gazeuse (CG) couplée à la spectrométrie de masse basse résolution (SMBR).

Seuils déclenchant des analyses complémentaires

La Commission a établi les seuils suivants pour le déclenchement d’analyses complémentaires ; ces seuils visent à initier des investigations plus approfondies et ne constituent pas des teneurs maximales autorisées pour ces contaminants :

- pour le poisson : 100 ng/g de poids à l’état frais

- pour le lait et les produits laitiers : 20 ng/g de poids frais
- pour les huiles et graisses végétales et animales : 1 000 ng/g de graisses
- pour les produits d’origine animale autres que le poisson, le lait, les produits laitiers et les graisses animales (par exemple, viande, œufs, etc.) : 300 ng/g de graisses
- pour les denrées alimentaires transformées (repas entiers) : 50 ng/g de poids à l’état frais
- pour les aliments pour bébés : 20 ng/g de poids à l’état frais.

La Commission a également recommandé aux États membres et aux exploitants du secteur alimentaire de transmettre leurs données de surveillance à l’EFSA, afin qu’elles soient intégrées dans une base de données centralisée, conformément aux lignes directrices de l’EFSA et aux exigences de déclaration complémentaires.

Complément. Voir le document AGRIINFO sur les paraffines chlorées dans les denrées alimentaires.

Important. Les seuils fournis dans la recommandation de la Commission européenne ne constituent pas des teneurs maximales légales. Les denrées alimentaires dont la teneur dépasse ces seuils ne seront pas considérées comme non conformes et ne seront pas retirées du marché de l’UE. L’objectif est de recueillir des données qui étayeront l’évaluation des risques liés aux paraffines chlorées réalisée par l’EFSA. 

L'Agence suédoise de l'alimentation indique que la définition des aliments ultra-transformés de NOVA « ne donne pas une image complète »

L'Agence suédoise de l'alimentation indique que la définition des aliments ultra-transformés de NOVA « ne donne pas une image complète », source Food Safety Magazine.

Une nouvelle étude suédoise a démontré que les estimations de la consommation d'aliments ultra-transformés peuvent varier considérablement selon l'application du système de classification NOVA, ce qui soulève des questions quant à sa fiabilité pour la recherche en diététique et l'élaboration de politiques nutritionnelles. Bien qu'une consommation plus élevée d'aliments ultra-transformés soit généralement associée à une moins bonne qualité de l'alimentation, les chercheurs ont constaté que la classification ne reflétait pas systématiquement le profil nutritionnel des aliments, ni l'IMC des individus.

Se fondant sur les conclusions de l'étude, l'Agence suédoise de l'alimentation a qualifié les aliments ultra-transformés de « définition qui ne donne pas une image complète ».

L’étude, publiée dans Nutrition Journal , a été menée par des chercheurs de l’Université de Göteborg en collaboration avec l’Agence suédoise de l’alimentation (Livsmedelsverket). Elle a analysé les données de trois enquêtes nationales suédoises sur l’alimentation, portant sur 1 797 adultes (2010-2011), 3 099 adolescents (2016-2017) et 1 820 jeunes enfants (2021-2024).

Les chercheurs ont appliqué le système NOVA, qui catégorise les aliments selon la nature, l'étendue et la finalité de leur transformation industrielle, afin de déterminer la proportion d'énergie alimentaire provenant des aliments ultra-transformés et d'examiner les liens avec la qualité nutritionnelle et le poids corporel.

Les estimations de consommation d'aliments ultra-transformés variaient considérablement selon la classification

Étant donné que les enquêtes alimentaires nationales ne recensent pas toujours les ingrédients, les procédés de fabrication ou les méthodes de préparation nécessaires à la classification des aliments selon le système NOVA, les chercheurs ont élaboré trois scénarios de classification pour tenir compte de l'incertitude.

Selon la classification initiale, les aliments ultra-transformés représentaient en moyenne 45 % de l'apport énergétique chez les adultes, 52 % chez les adolescents et 46 % chez les jeunes enfants. Toutefois, avec une classification plus stricte, ces estimations tombaient respectivement à 23 %, 26 % et 29 %. Avec la classification la plus large, les estimations correspondantes augmentaient à 52 %, 63 % et 53 %.

Les différences observées reflétaient en grande partie des hypothèses concernant les aliments aux caractéristiques de transformation ambiguës, tels que le pain et les plats composés, pour lesquels aucune information détaillée sur les ingrédients ou la préparation n'était disponible.

Le pain était la principale source d'énergie provenant des aliments ultra-transformés chez les adultes et les jeunes enfants, tandis que les sandwichs, les pizzas et les aliments similaires y contribuaient le plus chez les adolescents. Les chercheurs ont constaté que certains pains étaient classés comme ultra-transformés car ils contenaient des ingrédients tels que du gluten isolé ou du sirop, malgré des profils nutritionnels par ailleurs favorables.

Ces résultats ont mis en évidence la difficulté de comparer les estimations de consommation d'aliments ultra-transformés entre des études utilisant des hypothèses de classification différentes, même en analysant des données alimentaires similaires.

La relation entre une consommation plus élevée d'aliments ultra-transformés et la qualité de l'alimentation dépendait de l'indicateur nutritionnel.

Tous groupes d'âge confondus, une consommation plus élevée d'aliments ultra-transformés était généralement associée à une densité énergétique alimentaire plus importante, à un apport plus élevé en sucres ajoutés et à une consommation plus faible de fibres alimentaires et de céréales complètes. La densité nutritionnelle de la plupart des vitamines et minéraux diminuait également à mesure que la consommation d'aliments ultra-transformés augmentait.

Cependant, ces associations n'étaient pas systématiques pour tous les indicateurs nutritionnels. Une consommation plus élevée d'aliments ultra-transformés était associée à une plus faible densité en sel dans l'alimentation, et ce, dans tous les groupes d'âge. En revanche, l'apport en graisses saturées n'était pas significativement associé à la consommation d'aliments ultra-transformés chez les adultes et les adolescents.

Chez les jeunes enfants, une consommation plus élevée d'aliments ultra-transformés était associée à un apport plus important en fer et en vitamine E, reflétant potentiellement la consommation de céréales enrichies pour enfants, de bouillie et de produits similaires classés comme ultra-transformés.

En utilisant des critères adaptés du système d'étiquetage nutritionnel suédois Keyhole, les chercheurs ont également constaté que 8,5 % des aliments classés entièrement comme aliments ultra-transformés répondaient aux critères des choix d'« aliments généralement recommandés », démontrant ainsi que les classifications basées sur la transformation ne correspondent pas toujours aux recommandations diététiques.

Aucune relation significative n'a été établie entre la consommation d'aliments ultra-transformés et l'IMC

Concernant le poids corporel, chaque augmentation de 10 points de pourcentage de l'apport énergétique alimentaire provenant des aliments ultra-transformés était associée à une augmentation de 0,61 % de l'indice de masse corporelle (IMC) chez les adultes dans l'analyse principale. Cependant, cette association n'était pas statistiquement significative selon d'autres scénarios de classification des aliments ultra-transformés.

Aucune association significative avec l'IMC, le surpoids ou l'obésité n'a été observée chez les adolescents et les jeunes enfants. En conclusion, les chercheurs ont estimé que l'étude n'avait pas mis en évidence de lien robuste entre la consommation d'aliments ultra-transformés et le poids.

Comme l'étude était transversale, elle n'a pas permis d'établir si la transformation des aliments elle-même contribuait aux différences de poids corporel ou si les associations observées reflétaient d'autres caractéristiques alimentaires.

Ces conclusions alimentent le débat international sur les définitions et les politiques relatives aux aliments ultra-transformés

Ces résultats contribuent à un débat en cours sur la question de savoir si les classifications alimentaires basées sur la transformation fournissent suffisamment d'informations pour éclairer les politiques nutritionnelles, en particulier lorsque des aliments aux profils nutritionnels sensiblement différents sont regroupés.

Par exemple, un rapport antérieur examinant les implications nutritionnelles de la classification des aliments ultra-transformés a soulevé des inquiétudes quant à la fiabilité des catégories de transformation pour indiquer la valeur nutritionnelle. À l'inverse, des recherches comparant différents systèmes de classification des aliments transformés ont mis en évidence des liens constants entre les catégories de transformation et les résultats nutritionnels et sanitaires, malgré les différences dans la manière dont les aliments étaient catégorisés.

La question a également retenu l'attention des autorités internationales en matière de politique alimentaire. L'UE a entrepris des travaux visant à élaborer des avis scientifiques et éthiques pertinents pour l'élaboration de politiques relatives aux aliments ultra-transformés, avis attendus début 2027. Par ailleurs, la Commission du Codex Alimentarius a reçu une proposition visant à établir un cadre d'analyse des risques liés à l'alimentation pour les maladies d'origine alimentaire, bien que le Comité du Codex sur l'étiquetage des denrées alimentaires ait rejeté, lors de sa 49e réunion en mai, une proposition visant à lancer des travaux relatifs aux aliments ultra-transformés .

Les chercheurs suédois ont souligné l'importance d'approches transparentes et standardisées pour la classification des aliments ultra-transformés, notamment lorsque les enquêtes alimentaires existantes ne fournissent pas suffisamment d'informations sur les méthodes de transformation. Ils ont également plaidé pour l'amélioration des outils d'évaluation alimentaire et le perfectionnement continu des protocoles de classification afin de réduire les incertitudes dans les recherches futures.