mardi 8 septembre 2026

Les produits de nettoyage parfumés créent une pollution de l'air invisible, selon une étude

« Les produits de nettoyage parfumés créent une pollution de l'air invisible », source ACS.

Les nettoyants de surface enlèvent les germes et la saleté, mais leurs parfums réagissent avec l'ozone intérieur pour former des nanoparticules à des niveaux comparables à ceux de la circulation urbaine.

Quelle est l'odeur d'une pièce propre ? Beaucoup pensent aux agrumes, au pin ou aux fleurs, car ces parfums sont courants dans les produits de nettoyage. Une équipe de recherche dirigée par Brandon Boor a découvert que les composés odorants des produits de nettoyage, conventionnels et à base d'huiles essentielles végétales, réagissent rapidement dans l'air, formant des nanoparticules qui peuvent pénétrer profondément dans les poumons par inhalation. Pour réduire l'exposition à cette pollution invisible, l'équipe suggère d'utiliser des produits sans parfum, de faire fonctionner les ventilateurs d'extraction et d'éviter les appareils générant de l'ozone pendant le nettoyage.

Les chercheurs présenteront leurs résultats lors de la réunion d'automne de l'American Chemical Society (ACS), dans le cadre du symposium « Espaces intérieurs sains : le lien entre microbiome et chimie » (« Healthy Indoor Spaces: Bridging the Microbiome and Chemistry »). « Il est important de noter que le nettoyage enlève virus et bactéries des surfaces, mais il peut aussi générer une pollution de l'air invisible. On ne voit ni poussière, ni fumée dans l'air, mais ces particules se forment. », selon Brandon Boor.

« Nous avons démontré que les réactions de l'ozone intérieur avec les parfums des produits de nettoyage produisent des nanoparticules dont la dose respiratoire est comparable, voire supérieure, à celle que l'on subirait en se tenant à l'extérieur, près d'une route très fréquentée », explique Boor, professeur adjoint de génie civil et de la construction à l'Université Purdue, qui étudie la qualité de l'air intérieur. « La composition des particules est différente, mais la dose totale peut être plus élevée. On ne voit ni fumée, ni poussière, ni brume dans l'air. On a plutôt l'impression que l'air sent bon, donc qu'il est propre. »

Boor et sa collègue Nusrat Jung, également professeure adjointe de génie civil et de la construction à Purdue, ont commencé à étudier l'impact des produits de nettoyage et des désinfectants chimiques sur les environnements intérieurs pendant la pandémie du COVID-19. Dans le cadre de leurs travaux, ils ont observé que nombre de ces produits étaient fortement parfumés. « C'est souvent pour créer une ambiance olfactive agréable à l'intérieur », précise Boor. « Mais l'air pur ne devrait pas sentir les agrumes très concentrés. Il ne devrait pratiquement rien sentir. »

Des chimistes de l'atmosphère ont précédemment établi que les terpènes émis par les plantes, comme le pinène des pins, réagissent avec l'ozone pour créer des nanoparticules en suspension dans l'air. Ces nanoparticules s'agrègent et finissent par atteindre une taille suffisante pour ensemencer les nuages. Or, dans les forêts, les concentrations de terpènes sont relativement faibles, la formation de ces particules est donc lente.

L'utilisation de produits parfumés à l'intérieur libère des terpènes lorsque les composés odorants s'évaporent des surfaces ou des gouttelettes pulvérisées. Parmi les terpènes courants présents dans les liquides de nettoyage, on trouve le pinène, le limonène (citron), le thymol (thym) et le linalol (lavande), à des concentrations bien supérieures à celles que l'on trouve naturellement à l'extérieur. Par conséquent, les concentrations de terpènes dans l'air pendant le nettoyage peuvent atteindre des dizaines, voire des centaines de fois celles présentes dans une forêt, explique Boor.

Pour étudier ce qui se passe lors du nettoyage quotidien, les chercheurs ont testé des produits liquides parfumés classiques ainsi que des sprays et des lingettes désinfectantes à base de plantes dans une maison témoin sur le campus de Purdue. Cette minuscule maison est équipée d'une cuisine fonctionnelle, d'un parquet et d'une salle de bain. Les chercheurs ont découvert que les mêmes réactions chimiques qui forment des nanoparticules à l'extérieur se produisent à l'intérieur, mais plus rapidement et à des concentrations plus élevées, ce qui a des conséquences importantes pour la santé humaine.

Des activités comme laver les sols, vaporiser des produits sur les plans de travail et essuyer les surfaces avec des produits parfumés ont généré des milliards, voire des milliards de milliards de particules, selon le produit utilisé. La plupart de ces particules, appelées nanoparticules ou particules ultrafines, mesuraient entre 1 et 30 nanomètres, une taille souvent indétectable par les appareils de mesure de la qualité de l'air domestiques. En les suivant, les chercheurs ont observé que le nettoyage régulier peut générer une pollution par particules ultrafines à des niveaux supérieurs à ceux de l'extérieur. Cela représente un risque potentiel pour la santé, car ces particules sont suffisamment petites pour se déposer dans les voies respiratoires et profondément dans les poumons. Elles peuvent alors contribuer à l'irritation et à l'inflammation du système respiratoire, ou potentiellement pénétrer dans la circulation sanguine.

Le plus surprenant pour les chercheurs a été la rapidité avec laquelle ces particules se formaient et grossissaient : quelques minutes seulement. « Le temps de nettoyer un espace intérieur, on a déjà formé et inhalé une grande quantité de nanoparticules », explique Boor.

Plus récemment, Boor et Ernest Blatchley, professeur à Purdue, ont découvert que la désinfection simultanée de l'air avec des lampes germicides à ultraviolets lointains (UV-C) et le nettoyage des surfaces avec des produits parfumés créent un environnement propice à la formation de nanoparticules. En effet, les lampes interagissent avec l'oxygène de l'air et génèrent de l'ozone, ce qui porte les niveaux d'ozone dans la mini-maison à environ 20 à 40 parties par milliard, un niveau comparable, bien qu'un peu inférieur, aux niveaux extérieurs au moment des expériences. La combinaison d'une concentration élevée d'ozone et de fortes concentrations de terpènes a entraîné une formation de particules encore plus intense.

Boor souhaite que ces résultats éclairent les choix des consommateurs, et non les alarment. Il propose plusieurs mesures pour réduire l'exposition lors du nettoyage :

- Choisir des produits peu parfumés ou sans parfum.
- Éviter d'utiliser plusieurs produits parfumés au cours d'une même séance de nettoyage.
- Utiliser un ventilateur d'extraction ou ouvrir les fenêtres pour aérer la pièce.
- Ne pas nettoyer simultanément des surfaces avec des produits parfumés et des appareils générant de l'ozone, comme les lampes UV-C.

« Il est important de noter que le nettoyage enlève les virus et les bactéries des surfaces, mais il peut aussi générer une pollution atmosphérique invisible », explique Boor. « Il n'y a pas de poussière, ni de fumée visibles dans l'air, mais ces particules se forment. »

Consultation sur la présence de la toxine céréulide dans les préparations pour nourrissons

La Commission européenne lance une consultation sur la présence de la toxine céréulide dans les préparations pour nourrissons.

Début de la consultation, le 1er septembre 2026 , fin de la consultation, le 29 septembre 2026. Adoption prévue pour le 1er trimestre 2027.

En réponse à des préoccupations récentes en matière de sécurité des aliments, la Commission propose l’introduction de contrôles supplémentaires concernant les préparations pour bébés et les aliments spéciaux pour nourrissons. Cela permettra de garantir que la toxine céréulide n’est pas présente dans les denrées alimentaires suivantes vendues dans l’UE:

  • préparations en poudre pour nourrissons,
  • aliments diététiques en poudre destinés à des fins médicales spéciales pour nourrissons de moins de 6 mois,
  • préparations de suite en poudre.

L’objectif est de rendre ces aliments plus sûrs pour tous les enfants dans l’UE, tout en faisant en sorte que les règles soient équitables et cohérentes pour les producteurs de l’UE.

Sont proposés le projet de règlement et une annexe, uniquement en anglais.

Dans l’annexe, le nouveau crière est ci-dessous :
*Lors des analyses de produits liquides, la limite applicable doit être ajustée en fonction du facteur de reconstitution du fabricant afin de garantir le respect du seuil de 0,1 µg/kg pour les formes lyophilisées correspondantes. Seuls les laboratoires capables d’atteindre une limite de quantification (LQ) suffisamment basse sont habilités à réaliser ces analyses.
** Les prélèvements séchés de la matrice cible doivent être reconstitués en respectant le rapport eau/échantillon spécifié par le fabricant avant de procéder à l'extraction à l'acétonitrile. Les laboratoires peuvent utiliser un rapport inférieur si des données validées démontrent une efficacité d'extraction des toxines équivalente.

Cette législation fait suite à un important rappel mondial de préparations pour nourrissons, survenu début 2026, en raison d'une contamination à la céréulide.

L'huile d'acide arachidonique (AHA), utilisée comme ingrédient et provenant d'un fournisseur chinois commun, a été identifiée comme la cause de cette contamination.
L'UE a déjà pris plusieurs mesures en réponse à cet incident, notamment le renforcement des contrôles sur les importations d'huile d'AHA en provenance de Chine.

L’EFSA avait fourni le 2 février 2027 une évaluation rapide des risques liés à la céréulide dans les préparations pour nourrissons.

L'EFSA avait également établi une dose aiguë de référence (ARfD) pour la céréulide chez les nourrissons et des seuils de sécurité pour cette toxine dans les préparations pour nourrissons.

lundi 7 septembre 2026

Braderie de Lille : Denrées alimentaires détruites en phase avec les deux dernières années

 Pour une bonne nouvelle, ce titre est même une excellente nouvelle !

« 330 kg d'aliments détruits, 28 000 articles saisis, 19 interpellations... Bilan de la Braderie de Lille côté sécurité », selon actu.fr.

On fait dans le classique des saisies de nourriture cette année, très très loin des années précédentes, ainsi :

- 2013, Près de 2 tonnes de denrées alimentaires détruites avant et pendant la Braderie,
- 2014, 1 763 kg de denrées alimentaires détruites,
- 2015, 1 547 kg de denrées alimentaires détruits et 437 sandwichs.

Sur les stands, les services sanitaires ont vérifié les dates de péremption, les températures de conservation, mais aussi l’hygiène et la traçabilité des produits. Ces contrôles ont conduit au retrait et à la destruction de 330 kilos de denrées alimentaires avariées ou non conformes à la réglementation versus peu de denrées détruites en 2024, 230 kg en 2025, 451kg de denrées retirées en 2023 et 885 en 2022.

Le chiffre avancé par les média d’un dispositif déployé en nombre des forces de l'ordre et de secours pour l'édition 2026 de la Braderie de Lille (Nord), n’est pas fondé du tout, car il y a eu « près de 3000 agents de l’État », soit le même chiffre depuis des années ...

Influence de la morphologie des microplastiques en PVC sur la survie bactérienne lors de l'inactivation par des UVC

« Influence de la morphologie des microplastiques en polychlorure de vinyle (PVC) sur la survie bactérienne lors de l'inactivation par ultraviolets C dans des systèmes aqueux, source article paru dans Applied and Environmental Microbiology.

Résumé

Les microplastiques sont de plus en plus détectés dans l'eau et les environnements liés à l'alimentation ; toutefois, la manière dont la morphologie des particules influence la persistance microbienne lors des procédés d'inactivation reste mal comprise.

Cette étude vise à élaborer des particules de microplastiques en polychlorure de vinyle (PVC) présentant des morphologies distinctes et des plages de taille contrôlées, ainsi d’évaluer l'influence de la morphologie des particules sur l'adhésion et la survie bactériennes lors de l'inactivation thermique et par ultraviolets C (UVC) en milieu aqueux.

Dans un premier temps, nous avons mis au point un système modèle de microplastiques en PVC aux morphologies distinctes et aux fractions granulométriques contrôlées. Les particules de PVC d'origine étaient relativement lisses et arrondies, tandis que des particules irrégulières ont été produites par mélange, granulation et broyage cryogénique du même matériau PVC, suivis d'un tamisage pour obtenir des plages de taille définies.

Dans un second temps, à l'aide de ce système modèle, nous avons évalué l'impact de la morphologie des particules de PVC sur l'adhésion et la survie bactériennes lors de l'inactivation thermique et par UVC en milieu aqueux. Escherichia coli O157:H7 et Listeria innocua ont été utilisées respectivement comme bactéries modèles Gram négatif et Gram positif. La microscopie confocale a révélé une adhésion de E. coli aux deux types de particules, avec une association plus marquée sur les particules de PVC broyées. En présence de particules de PVC, les réductions logarithmiques thermiques ont diminué pour atteindre environ 4,0 à 5,1 log UFC/mL (contre environ 5,9 log UFC/mL pour les témoins sans microplastiques), tandis que les réductions logarithmiques avec des UVC sont passées à environ 3,9 à 4,6 log UFC/mL (contre environ 5,2 à 6,0 log UFC/mL pour les témoins sans microplastiques). Le PVC broyé a offert une protection accrue lors du traitement thermique, alors que les deux types de particules ont réduit l'efficacité de l'inactivation par les UVC de manière similaire.

Ces résultats démontrent que les microplastiques en PVC peuvent interférer avec les procédés de maîtrise microbienne et soulignent le rôle de la morphologie des particules comme facteur déterminant de la survie bactérienne en milieu aqueux.

Importance

Les microplastiques sont de plus en plus présents dans l'eau et les environnements liés à l'alimentation, mais leurs effets sur les procédés de contrôle microbien restent mal compris. Cette étude démontre que les microplastiques en PVC peuvent réduire l'efficacité de l'inactivation thermique et par des UVC des pathogènes d'origine alimentaire dans les systèmes aqueux. En élaborant des particules de PVC aux morphologies distinctes et définies, nous démontrons que la forme des particules et les caractéristiques de leur surface influencent l'adhésion et la survie bactériennes, notamment lors des traitements thermiques. Ces résultats apportent un nouvel éclairage mécaniste sur la manière dont les microplastiques peuvent modifier la persistance des bactéries dans des conditions de désinfection ou de transformation alimentaire. Ces travaux mettent en évidence le rôle de la morphologie des microplastiques, un facteur jusqu'ici sous-estimé, dans l'inactivation microbienne et établissent un modèle d'étude pertinent (à base de microplastiques de PVC) pour de futures recherches sur les interactions entre microplastiques et micro-organismes, tant dans l'environnement que dans le secteur alimentaire.

Conclusion
Globalement, ces résultats démontrent que les microplastiques de PVC peuvent perturber l'inactivation microbienne en milieu aqueux et que la morphologie des particules joue un rôle important, notamment lors des traitements thermiques.

Ce travail fournit non seulement un modèle utile de microplastiques de PVC à morphologie définie et à taille contrôlée, mais souligne également la nécessité de prendre en compte les caractéristiques des microplastiques lors de l'évaluation des procédés de contrôle microbien dans les environnements alimentaires. Les recherches futures pourraient s'attacher à élucider les mécanismes physico-chimiques régissant les interactions entre les microplastiques et les cellules bactériennes, en particulier l'influence de la chimie de surface sur l'adhérence et la résistance à l'inactivation.

dimanche 6 septembre 2026

Les clostridia sporulés, des bactéries pathogènes souvent négligés dans la réutilisation des eaux usées

« Les clostridia sporulés : des déterminants souvent négligés du risque microbien dans les systèmes de réutilisation des eaux usées », source article paru dans Applied and Environmental Microbiology.

Résumé

L'utilisation d'eaux usées municipales traitées pour l'irrigation des cultures constitue une stratégie clé pour lutter contre la pénurie d'eau induite par la sécheresse. Toutefois, les normes actuelles de valorisation des eaux usées sous-estiment systématiquement les risques liés aux pathogènes sporulés. Comme le souligne une récente mini-synthèse publiée par A. Mrozinski, C. Le Maréchal et E. Topp dans la revue Applied and Environmental Microbiology (92:e00173-26, 2026) Clostridioides difficile et Clostridium perfringens survivent aux procédés de désinfection conventionnels, persistent indéfiniment dans les sols agricoles et sont porteurs de gènes critiques de résistance aux antibiotiques. Afin de garantir la sécurité des aliments et de protéger la santé publique, les cadres réglementaires doivent évoluer : ils ne doivent plus se fonder uniquement sur les indicateurs bactériens végétatifs classiques, mais inclure la surveillance des pathogènes sporulés résistants.

La récente mini-synthèse de Mrozinski et al. aborde spécifiquement cette question et résume de manière concise un corpus croissant de travaux démontrant que les pathogènes sporulés persistants, tels que Clostridioides difficile et Clostridium perfringens, représentent une menace importante et sous-estimée, que les pratiques actuelles de traitement des eaux usées ne parviennent pas à éliminer efficacement. En raison de différences biologiques fondamentales par rapport aux micro-organismes indicateurs actuels, ces pathogènes sporulés, aisément isolables à partir des eaux usées brutes (et traitées), présentent un avantage considérable pour survivre aux procédés de traitement et de désinfection en vigueur, lesquels réduisent pourtant efficacement d'autres indicateurs courants tels que les coliformes fécaux, Escherichia coli et Salmonella. Suite à la réutilisation des eaux usées traitées pour l'agriculture (irrigation), les spores de C. difficile et de C. perfringens persistent et peuvent s'accumuler dans les sols lors d'épandages répétés, tout en étant susceptibles d'être transportées vers les environnements voisins. Certaines cultures se développant près du sol ou dans le sol, comme les légumes-feuilles ou les légumes-racines, présentent un risque de contamination particulièrement élevé : les spores survivent au lavage initial lors de la transformation alimentaire, contaminent les chaînes de production et finissent par exposer et infecter les humains ou d'autres animaux.

Solutions proposées : appel à l’action destiné aux communautés scientifiques et réglementaires

Mrozinski et al. fournit une base solide pour repenser la manière dont les pathogènes sporulés sont évalués et pris en compte dans les systèmes de réutilisation des eaux usées. Clostridioides difficile et Clostridium perfringens sont persistants, mobiles et adaptables, un risque que les cadres de surveillance actuels ne saisissent pas de manière adéquate. À l'avenir, la communauté scientifique devra impérativement développer des outils de surveillance spécifiques aux Clostridia pathogènes toxinogènes, affiner les modèles d'évaluation des risques et produire les données mécanistes nécessaires pour étayer des politiques fondées sur des preuves. Les autorités réglementaires et les gestionnaires de ressources en eau, tant en Europe que dans le reste du monde, ont besoin de ces informations pour renforcer les directives relatives à la réutilisation des eaux et intégrer la surveillance des pathogènes sporulés aux contrôles de routine. En agissant sur ces priorités, les chercheurs et les décideurs peuvent contribuer à garantir que la réutilisation des eaux usées favorise le développement agricole sans compromettre la sécurité des aliments, ni la santé humaine et animale.

Brève de vacances : C'est quoi une boisson hygiénique ?

De passage dans la ville de Thuir (Pyrénées orientales), berceau des caves Byrrh, je pensais que cette boisson avait disparu et, si les ventes ne sont plus ce qu’elles étaient auparavant, le Byrrh existe toujours bel et bien toujours !

Des installations agricoles, industrielles et commerciales ont été bâties pour la fabrication du Byrrh, apéritif inventé par les frères Violet en 1866. Une visite des caves s’impose et c'est ce que j'ai fait !

Cette boisson a été très connue via des camapgnes de publicité, à l’époque de sa gloire (fin du XIXe et début du XXe siècle), en indiquant que c'était une boisson « hygiénique ».

Mais voici qu’on nous dit que « Le vin est la plus saine et la plus hygiénique des boissons ». Source Le Bras Stéphane. « “Le vin est la plus saine et la plus hyblackgiénique des boissons” : anatomie d’une légende (xixe-xxe siècles) ». Faux bruits, rumeurs et fake news, édité par Philippe Bourdin, Éditions du Comité des travaux historiques et scientifiques, 2021.

Il existe une boisson parée de vertus thérapeutiques et bénéfiques pour la santé, le vin jouit d’un statut à part dans la culture française. Celui-ci est en partie fondé à l’époque contemporaine sur la phrase de Pasteur, « le vin est la plus saine et le plus hygiénique des boissons » (1866), qui lui octroie une légitimité sans pareille dans la filière des boissons alcoolisées.

Le Byrrh, boisson hygiénique, était donc ainsi vantée par la pub auparavant, mais c'est surtout, désormais, à boire avec modération.

La boisson hygiénique, c'est donc bien finie, mais voici que des gens du marketing de la santé préparent des « sodas sains », qui seraient, me dit-on, des alternatives les plus saines aux sodas traditionnels, un peu comme les lessives qui étaient sensées nettoyer plus blanc que blanc ...


Voir les précédentes brèves de vacances :
- Où il est question de "Madame Transat" et de l'absurdisthan

samedi 5 septembre 2026

L’Union européenne suspend les importations de bœuf et de volaille brésiliens : antibiotiques inside ?

« L’Union européenne suspend les importations de bœuf et de volaille brésiliens à partir du 3 septembre », source toute l’europe.

À partir du jeudi 3 septembre, le Brésil ne pourra plus exporter vers l'Union européenne plusieurs catégories de produits d'origine animale, dont la viande bovine et la volaille. La mesure intervient alors que l'accord commercial entre l'UE et les pays du Mercosur est appliqué provisoirement depuis le 1er mai.

Le bœuf et la volaille brésiliens ne pourront plus être importés dans l'Union européenne, a confirmé la Commission européenne, lundi 31 aout, pour une application dès ce jeudi 3 septembre. Un règlement adopté le 4 juin retire en effet le Brésil de la liste des pays autorisés à exporter vers l'UE certaines catégories d'animaux et de produits d'origine animale destinés à la consommation humaine.

Outre les bovins et la volaille, la mesure concerne notamment les équidés, les produits de l'aquaculture, le miel et les boyaux. L'exécutif européen considère que les autorités brésiliennes n'ont pas fourni les garanties suffisantes pour démontrer que les filières concernées respectent les exigences européennes sur l'utilisation des antimicrobiens.

Des règles contre l'antibiorésistance

Les antimicrobiens, dont les antibiotiques, servent notamment à traiter les infections. Leur utilisation excessive peut toutefois favoriser l'apparition de bactéries résistantes. L'Union européenne interdit donc leur emploi pour accélérer la croissance des animaux ou augmenter les rendements, ainsi que l'usage de certains médicaments réservés à la médecine humaine. Des règles qui s'appliquent aussi aux produits importés.

Dans le cas du Brésil, la Commission estime ne pas disposer de garanties suffisantes. Bruxelles émet ainsi des doutes sur la capacité du système brésilien à certifier le respect des règles européennes.

La suspension pourrait être temporaire. Un audit européen concernant notamment la volaille et le miel doit s'achever le 4 septembre. S'il est concluant, certaines exportations pourraient reprendre rapidement. Pour le bœuf, le processus pourrait être plus long, le Brésil devant garantir la conformité des animaux sur l'ensemble de leur cycle de production.

Un enjeu essentiel de l'accord avec le Mercosur

L'enjeu économique est important : en 2025, le Brésil était le deuxième fournisseur de viande bovine de l'Union européenne, avec plus de 92 000 tonnes exportées, pour une valeur supérieure à 713 millions d'euros.

Surtout, cette décision de la Commission s'applique quelques mois après l'entrée en application provisoire, le 1er mai 2026, de l'accord commercial entre l'Union européenne et les pays du Mercosur (Argentine, Brésil, Paraguay et Uruguay). Un traité de libre-échange très contesté par une partie du monde agricole européen, notamment en France, qui redoute une concurrence accrue des productions sud-américaines.

Cette suspension est juridiquement indépendante de l'accord commercial. Pour reprendre ses exportations dans les secteurs concernés, le Brésil devra désormais convaincre Bruxelles de la fiabilité de ses contrôles sur l'utilisation des antimicrobiens.

Présence de PFAS dans des compléments de protéines végétales disponibles dans le commerce, selon une étude

« Une étude révèle la présence de PFAS dans tous les compléments de protéines végétales testés et disponibles dans le commerce », source Food Safety Magazine Editorial Team.

À retenir

  • Des PFAS ont été détectés dans les cinq types de compléments de protéines végétales testés ; ils constituaient la principale source du risque cumulé non cancérogène estimé, la protéine de riz affichant le quotient de danger lié aux PFAS le plus élevé.
  • D'autres contaminants ont également été détectés, notamment des mycotoxines, des pesticides néonicotinoïdes, des hydrocarbures aromatiques polycycliques (HAP) et du 5-HMF (5-hydroxymethylfurfural ) ; certains résultats ont soulevé des préoccupations potentielles au regard des évaluations des risques préliminaires menées dans le cadre de l'étude.
  • Les chercheurs ont préconisé une surveillance systématique des contaminants émergents et ont souligné l'importance d'évaluer les risques liés à la présence simultanée de plusieurs contaminants, tout en notant que la taille réduite de l'échantillon et les hypothèses d'exposition limitaient la généralisation des résultats.

Une étude portant sur des compléments de protéines végétales disponibles dans le commerce a révélé la présence de plusieurs classes de contaminants chimiques, les substances per- et polyfluoroalkylées (PFAS) étant identifiées comme la principale source du risque cumulé non cancérogène estimé.

Publiée dans le NFS Journal et menée par l'Université de Varmie-Mazurie à Olsztyn et l'Université d'agriculture de Cracovie (Pologne), l'étude a analysé des isolats de protéines issus de soja, de riz, de pois, de chanvre et de graines de courge afin d'y rechercher des PFAS, des mycotoxines, des pesticides, des hydrocarbures aromatiques polycycliques (HAPs) et un contaminant lié à la transformation, le 5-hydroxyméthylfurfural (5-HMF). Les chercheurs visaient à caractériser la co-occurrence de contaminants issus de la pollution environnementale, de résidus agricoles, de toxines naturelles et de procédés industriels.

Les produits ont été achetés dans des points de vente à Olsztyn, en Pologne. Pour l'évaluation de l'exposition, les chercheurs ont retenu l'hypothèse d'une consommation quotidienne de 30 grammes de complément protéique par un adulte de 70 kg.

Dans leur conclusion, les auteurs notent :

Les résultats obtenus soulignent la nécessité d'un meilleur contrôle de la contamination environnementale, d'une optimisation des conditions de transformation visant à minimiser la formation de substances toxiques induites par la chaleur, ainsi que d'une surveillance systématique des contaminants émergents dans les produits à base de protéines végétales. Compte tenu de la popularité croissante de ces compléments dans l'alimentation courante, des recherches supplémentaires sont nécessaires pour étudier l'exposition cumulative à long terme et la variabilité selon les marques et les procédés de fabrication, afin de mieux caractériser leur contribution à la charge chimique globale de l'alimentation.

Eau de coco fraîche : comment éviter les risques ?

« Eau de coco fraîche : comment éviter les risques ? », source portail de la sécurité alimentaire du Luxembourg.

La consommation d’eau de coco provenant d’une noix fraîche et intacte est généralement sans risque. Toutefois, comme tout produit alimentaire d’origine végétale, une noix de coco peut se détériorer si elle est conservée trop longtemps ou dans de mauvaises conditions.

Dans de rares cas, des moisissures peuvent se développer à l’intérieur de la noix et produire des substances toxiques appelées mycotoxines. Celles-ci peuvent contaminer l’eau de coco ainsi que la chair et présenter un risque pour la santé.

Plusieurs cas d’intoxication liés à la consommation d’eau de coco provenant de noix altérées ont été signalés en Europe. Un cas mortel a notamment été rapporté au Danemark après la consommation d’eau de coco issue d’une noix conservée pendant environ un mois à température ambiante. Des analyses ont révélé la présence d’une moisissure productrice de toxines.

Avant toute consommation, il est recommandé de vérifier l’état de la noix de coco et de ne pas la consommer en cas d’odeur, d’aspect ou de goût inhabituels.

Plus d’informations et conseils aux consommateurs dans la fiche informative « Conseils aux consommateurs : Consommation d’eau de coco directement à partir de la noix ».

vendredi 4 septembre 2026

France : Des graines de courge à l'origine d'un foyer de 81 cas groupés de salmonellose

Il était une fois une notification au RASFF de l’UE, 2026.7693, du 1er septembre par la France au sujet de la présence de Salmonella Enteritidis dans des graines de courge de France.

Le produit a fait l’objet d’un rappel au Luxembourg et en Belgique le 1er septembre et aurait été distribué en Suisse.

En France, il y a eu deux rappels le 28 août 2026, 1 et 2, et un rappel le 3 septembre, ici.

Mais ce qui frappel le plus est l’information selon laquelle il y aurait 76 cas de maladie …

Mercredi 2 septembre 2026, Joe Whitworth de Food Safety News a posé des questions à Santé publique France, et aujourd’hui, 4 septembre 2026, nous avons un communiqué du ministère de l’agriculture, « Cas groupés de salmonellose : retrait-rappel de graines de courge »

Pas de response directement, mais nous avons ce communiqué, « la pression, ça marche (peut-etre un petit peu…) », me dit Joe Whitworth ...

Des cas groupés de Salmonella Enteritidis causés par une même souche bactérienne ont été identifiés par les autorités sanitaires.

Au 4 septembre 2026, il y avait 81 cas et le 2 septembre 2026, 76 cas.

Les investigations menées par Santé publique France en lien avec le Centre national de référence (CNR) des Salmonella et le ministère chargé de l’Agriculture, en coordination avec le ministère chargé de la Santé, orientent vers une contamination par des graines de courge provenant d’un transformateur situé dans le Lot-et-Garonne (47), distribuées principalement dans le réseau de magasins de l’enseigne Grand Frais.

D’autres enseignes de distributions sont également concernées, tant par des graines crues seules que par des mélanges de graines contenant les graines de courge contaminées.

Les investigations se poursuivent afin de préciser la source de la contamination.

Point de situation épidémiologique

Santé publique France en lien avec le Centre national de référence (CNR) des Salmonella de l’Institut Pasteur a identifié un regroupement génomique de Salmonella Enteritidis impliquant à ce jour 81 cas ayant été infectés par une même souche.

Les souches ont été isolées entre le 3 mai et le 12 août 2026 chez des personnes malades. Les cas sont répartis dans plusieurs régions françaises.

Des investigations épidémiologiques ont été menées par Santé publique France. Elles ont notamment permis d’interroger certains malades sur les produits consommés, les dates et lieux d’achats, etc. Parmi les malades interrogés, 6 ont été hospitalisés et 2 ont consulté aux urgences pour leur infection. Tous ont connu une évolution favorable de leurs symptômes et sont rentrés à domicile.

Selon le court communiqué de Santé publique France du 4 septembre 2026, on apprend :

Les personnes ont été malades entre le 3 mai et le 12 aout 2026. Il s’agit de 56 femmes et 25 hommes, âgés en moyenne de 36 ans. Ces personnes sont réparties dans 10 régions : Auvergne-Rhône-Alpes (27), Île-de-France (12), Hauts-de-France (8), Bourgogne-Franche-Comté (8), Provence-Alpes-Côte d’Azur (8), Grand Est (5), Bretagne (5), Occitanie (4), Pays de la Loire (2) et Normandie (2).  

Investigations et mesures de gestion

Une inspection a été menée par la Direction départementale chargée de la protection des populations (DDPP) du Lot-et-Garonne auprès du transformateur concerné, sans que la source de la contamination n’ait pu être identifiée à ce stade. Sans attendre les résultats de l’enquête sur la source de la contamination, les éléments épidémiologiques et analytiques ont conduit le transformateur à mettre en œuvre un retrait-rappel. Les éléments de traçabilité font apparaître une distribution vers plusieurs enseignes de supermarchés dont essentiellement les magasins de l’enseigne Grand Frais.

Symptômes et conduite à tenir

Les toxi-infections alimentaires causées par les salmonelles se traduisent par des troubles gastro-intestinaux (diarrhée, vomissements) d’apparition généralement brutale, souvent accompagnés de fièvre et de maux de tête qui surviennent généralement dans les 6 à 72 heures suivant la consommation d’un produit contaminé. Ces symptômes peuvent être plus prononcés chez les jeunes enfants, les femmes enceintes, les sujets immunodéprimés et les personnes âgées.

Les personnes qui auraient consommé ce produit et qui présenteraient ces symptômes sont invitées à consulter leur médecin traitant en lui signalant cette consommation. En cas d’urgence, appelez le 15.

En l’absence de symptômes dans les 7 jours après la consommation du produit concerné, il est inutile de s’inquiéter et de consulter un médecin.

Si vous détenez ce produit, ne le consommez pas et jetez-le. Si vous le souhaitez, vous pouvez le rapporter au point de vente.

Produits rappelés

Le ministère de l’agriculture indique dans son communiqué la liste des produits rappelés par Grand Frais : il s’agit de deux rappels déjà mentionnés plus haut le 28 septembre 2026. Un troisième rappel du 3 septembre 2026, pas par Grand Frais, a semble-t-il, été omis …

Un grand merci à Joe Whitwoth sans qui nous n’aurions sans doute pas eu accès à cette information.

Complément du 5 septembre 2026

Il y a eu, en 2018, un rappel de graines de courge aux États-Unis pour cause de présence de Listeria monocytogenes.