lundi 19 octobre 2026

Le Corset, film d'animation avec l’agriculture en toile de fond

Découvrez la bande-annonce du film LE CORSET ! Un film de Louis Clichy le 14 octobre au cinéma.
Prix Spécial du Jury Un Certain Regard au Festival de Cannes, Prix du Jury, Prix du Public et Prix Fondation GAN au Festival d'Annecy 2026.

« Le Corset, un film d’animation avec l’agriculture en toile de fond », source La France Agricole.

Sorti en salle le mercredi 14 octobre 2026, le premier long-métrage de Louis Clichy, Le Corset, raconte l’histoire d’un garçon de 11 ans dans une ferme de la Beauce durant la fin des années 1980. Par ce récit, le réalisateur, lui-même issu du milieu agricole, s’inspire en partie de sa propre enfance.

Pays-Bas : recrudescence des cas de salmonellose humaine liée aux poules pondeuses et aux produits avicoles, selon le bilan des zoonoses 2025

« Pays-Bas : recrudescence des cas de salmonellose humaine liée aux poules pondeuses et aux produits avicoles », source Poultry Med du 9 octobre 2026.

Selon les données de surveillance compilées par l'Institut national pour la santé publique et l'environnement (RIVM) et l'Autorité néerlandaise de sécurité des aliments et des produits de consommation (NVWA), les cas de salmonellose humaine ont connu une augmentation marquée en 2025. La surveillance épidémiologique et les modèles d'attribution des sources désignent le secteur avicole, en particulier les poules pondeuses, les œufs contaminés et la viande de poulet de chair, comme étant les principaux facteurs contribuant à ce risque accru pour la santé publique.

En 2025, Salmonella a été isolé chez 1 736 personnes (cas confirmés en laboratoire), un chiffre supérieur à ceux enregistrés en 2023 et 2024, et dépassant les niveaux de référence observés avant la pandémie de COVID-19. S. Enteritidis a été isolé chez 694 patients, soit le total annuel le plus élevé enregistré depuis 2004. Le séquençage du génome entier (WGS) a révélé que cette augmentation était liée à des dizaines de petits foyers génétiquement diversifiés, plutôt qu'à une épidémie unique issue d'une source commune ; cela suggère une diffusion généralisée au sein de la chaîne de production et d'approvisionnement avicole.

Le modèle néerlandais d'attribution des sources a estimé que les poules pondeuses, principalement par le biais de la consommation d'œufs crus ou insuffisamment cuits, étaient à l'origine d'environ 32 % des cas de salmonellose humaine en 2025.

Élevages de poules pondeuses : des niveaux de contamination élevés ont persisté, avec une prévalence au niveau des élevages d'environ 4,99 % (119 élevages infectés, dont 115 positifs à S. Enteritidis). Ce taux dépassant l'objectif réglementaire de 2 % fixé par l'Union européenne, des protocoles de surveillance renforcés ont été mis en place en 2025, imposant un échantillonnage régulier des élevages tous les 4 à 8 semaines, selon l'âge des volailles.

Poulets de chair et élevages de reproducteurs : parmi les élevages de reproducteurs, 14 sur 1 218 ont été testés positifs, principalement à S. Enteritidis. Concernant les élevages de poulets de chair, 36 ont été testés positifs aux sérovars visés par l'UE, à savoir S. Enteritidis et S. Typhimurium. Des taux de détection élevés ont également été signalés pour des sérovars non ciblés, notamment S. Infantis et S. Paratyphi B var. Java.

Surveillance des viandes au stade de la vente au détail : des prélèvements effectués dans le commerce de détail ont révélé la présence de Salmonella dans 4,0 % des échantillons de viande de poulet réfrigérée et dans 4,6 % des préparations à base de viande de poulet réfrigérée.

Deux foyers humains importants de S. Enteritidis ont été reliés à de la viande de volaille grâce à des enquêtes de traçabilité.

Complément

Pour ceux que cela intéresse, est paru paru l’état des lieux des zoonoses en 2025 aux Pays-Bas. Source Agence nationale de sécurité sanitaire de l'alimentation et de l'environnement (NVWA) et du Centre intégré de surveillance de l'environnement et de la santé publique (RIVM-Cib).
À ma connaissance, il n’existe pas un tel document en France, mais je ne demande qu’à le connaître ...
Ils découvriront que pour les TIAC, appelées ‘éclosions d’origine alimentaire’, il y a eu 1 142 foyers de cas, totalisant 4 279 personnes atteintes.

dimanche 18 octobre 2026

Pesticides et suicides : le projecteur vise à côté

Je relaie bien volontiers l’article de Gil Rivière-Wekstein, « Pesticides et suicides : le projecteur vise à côté », paru le 13 octobre 2026 sur le site agriculture et environnement (A&E).

Une étude de l’université de Poitiers affirme avoir établi un lien statistique entre l’usage des pesticides et les tentatives de suicide dans le monde agricole.

Décryptage

Le 24 septembre 2026, Armand Chatard, professeur de psychologie à l’université de Poitiers, a présenté à l’AFP son étude publiée le 4 septembre dans la revue BMC Public Health. Selon lui, cette étude, qui envoie « un signal clair », serait « une brique supplémentaire dans un faisceau de preuves qui devient de plus en plus important au niveau international, notamment depuis une méta-analyse, publiée en 2023 », qui aurait permis « de conclure à un effet nocif de l’exposition aux pesticides sur la dépression et le suicide ». Et il enfonce le clou : « Toutes choses égales par ailleurs, la fréquence des comportements suicidaires est plus importante dans les départements où on épand plus de pesticides. » Le communiqué du CNRS avance un chiffre : quand l’indicateur de traitements augmente d’une unité, le taux de tentatives de suicide hospitalisées serait supérieur « d’environ 10 % en 2020 et 8 % en 2021 et 2022 ». Chacune de ces affirmations va au-delà de ce que démontre l’étude. Pire encore, certaines se trouvent contredites par l’étude elle-même. Face au drame des suicides d’agriculteurs, la manière dont ce travail a été présenté au public pose un grave problème.

Ce que l’on sait du suicide agricole
Le suicide agricole est une réalité sérieuse, dramatique et largement documentée.

Il est suivi depuis 2011 par Santé publique France et la Mutualité sociale agricole (MSA), et a fait l’objet d’un rapport du Sénat en 2021. Les chiffres sont alarmants : en 2022, le risque de décès par suicide des assurés agricoles de 15 à 64 ans dépassait de 46 % celui des autres assurés, et de 57 % chez les exploitants. Mis bout à bout, les éléments disponibles brossent un tableau évident. Les agriculteurs qui se suicident le plus sont des éleveurs qui utilisent peu de pesticides (jusqu’à +56 % en lait et +127 % en viande selon les années), et des retraités (+77 % en 2022 chez les 65 ans et plus), qui n’en utilisent plus. Et toutes les institutions qui étudient ce drame depuis quinze ans, de Santé publique France à la MSA en passant par le Sénat, décrivent des causes multiples, où prévalent la détresse économique, l’isolement et l’épuisement. Aussi, braquer le projecteur sur les pesticides, alors que rien de ce que l’on sait du suicide agricole n’y invite, revient à ajouter de la confusion sur un sujet déjà suffisamment complexe. Et c’est d’autant plus affligeant que la solidité de l’étude est, elle aussi, largement contestable.

Une étude prudente, un auteur qui ne l’est pas

Le principe de l’étude est simple. Pour chaque département, sur les années 2020, 2021 et 2022, les auteurs ont mis en regard deux données : l’intensité d’utilisation des pesticides, mesurée par l’indicateur de fréquence de traitements (IFT) du ministère de l’Agriculture, et le nombre de tentatives de suicide ayant conduit à une hospitalisation parmi les affiliés de la MSA.

Braquer le projecteur sur les pesticides, alors que rien de ce que l’on sait du suicide agricole n’y invite, revient à ajouter de la confusion sur un sujet déjà suffisamment complexe

A&E a vérifié les calculs : les chiffres sont exacts et l’article scientifique bien plus mesuré que les déclarations d’Armand Chatard, puisqu’il précise avoir comparé des territoires et non des personnes, avertit que ses chiffres ne disent rien du risque individuel et consacre de longs paragraphes à ses limites. De même, il ne mentionne aucune méta-analyse montrant un effet des pesticides sur le suicide, et va jusqu’à reconnaître que les comportements suicidaires ont été « comparativement moins étudiés », la seule synthèse récemment publiée portant sur la dépression. Aussi, affirmer à la presse qu’une méta-analyse aurait permis de « conclure à un effet nocif de l’exposition aux pesticides sur la dépression et le suicide », c’est forcer la littérature scientifique à dire ce que l’article lui-même ne se permet pas.

Un résumé démenti par ses propres annexes

Mais le plus grave est ailleurs. Le résumé de l’étude affirme que, quelle que soit la façon de faire les calculs, le lien reste solide. Or, ses propres annexes disent exactement le contraire. Ainsi, pour l’année 2022, dès que l’on tient compte du chômage, de la pauvreté et du caractère rural des départements, l’écart attribué aux pesticides tombe à 4 %. Et pire, l’incertitude autour de ce chiffre devient telle que les données sont parfaitement compatibles avec l’absence de tout lien. C’est ce qu’on appelle un résultat statistiquement non significatif. L’affirmation « toutes choses égales par ailleurs » du professeur Chatard ne tient donc pas, à commencer dans ses propres données.

Et ce n’est pas tout. Les départements qui utilisent beaucoup de pesticides en 2020 sont quasiment les mêmes en 2021 et en 2022, les auteurs ayant en réalité regardé trois fois la même carte. A&E a repris leurs données pour poser une question simple : quand l’IFT d’un même département varie d’une année sur l’autre, les tentatives de suicide varient-elles dans le même sens ? Résultat : aucun lien statistique n’apparaît. L’association n’existe que lorsqu’on compare les départements entre eux mais elle disparaît si l’on compare chaque département à lui-même. Cela ne prouve pas que les pesticides sont sans effet, car trois ans est un laps de temps court. Mais cela montre que le « signal » de l’étude vient des différences durables entre territoires, et non d’une relation entre les traitements et les tentatives de suicides.

Tout repose en partie sur la Gironde

Cela se corse si l’on braque le projecteur sur la Gironde. Son indicateur de traitements atteint 8,1, très loin devant le deuxième département, les Deux-Sèvres, à 5,6. Dans un calcul de ce type, un point aussi éloigné des autres pèse beaucoup plus lourd sur le résultat. La Gironde est d’ailleurs le département qui influence le plus le résultat, pour chacune des trois années.

Sans la Gironde, l’effet passe d’environ 8 % à environ 5 % en 2021 et 2022, et bascule dans la zone du statistiquement non significatif, devenant trop incertain pour confirmer le lien. Sur les trois années, il n’en reste alors qu’une seule - 2020 -, où l’association tienne encore. Un seul département suffit par conséquent à faire vaciller le « signal clair ».

Or, la Gironde ne se distingue pas seulement par ses traitements. Son agriculture dominée par une viticulture en difficulté a poussé en décembre 2022 la préfète Fabienne Buccio à réunir une cellule de crise pour faire face à l’urgence sociale vécue par de nombreux viticulteurs, avec la participation de la MSA. Rien ne permet cependant d’affirmer que cette crise explique à elle seule les tentatives de suicide observées en Gironde. Mais l’étude ignore cette réserve, préférant ne voir qu’un département qui traite beaucoup et où les tentatives sont nombreuses, dans l’incapacité de dire si les secondes tiennent aux pesticides ou aux difficultés économiques de ceux qui les utilisent.

Sans la Gironde, « l’effet » bascule dans la zone du statistiquement non significatif

Pour aller plus loin, A&E a comparé les données de l’étude aux statistiques agricoles officielles (Agreste) sur les cultures de chaque département. La prise en compte du type de cultures ne fait pas disparaître le lien : il serait donc faux de le réduire à un simple effet de la vigne. Mais savoir qu’un département est viticole ne dit rien de la santé économique de sa filière, deux vignobles pouvant très bien traverser la même période dans des situations radicalement différentes. Et d’autres secteurs agricoles, dans d’autres régions, sont aussi fortement affectés par la crise que traverse l’agriculture.

Le choix des indicateurs

Reste la question des indicateurs. L’IFT est un indicateur agronomique : il renseigne sur l’intensité des traitements appliqués aux cultures d’un territoire. Il ne mesure en rien l’exposition réelle des personnes. C’est pourtant lui qui sert, dans l’étude, de substitut à l’exposition de l’ensemble de la population MSA d’un département.

Son usage à l’échelle départementale laisse d’ailleurs perplexe. La Vienne affiche un IFT inférieur à 0,7, alors que les Deux-Sèvres voisines, aux cultures comparables, dépassent 5,6. La Somme, pays de la betterave et de la pomme de terre, est à 1,6 contre 4,9 pour l’Aisne ; le Vaucluse à 1,8 quand l’Hérault atteint 4,8. Ces écarts ne prouvent pas que l’IFT est faux, mais ils interdisent de l’interpréter comme la quantité de pesticides à laquelle les agriculteurs d’un département seraient exposés.

Quant à la population MSA, elle n’est pas composée d’utilisateurs de pesticides. À peine la moitié des affiliés sont en activité, les autres étant retraités, conjoints ou enfants, et parmi les actifs, beaucoup de salariés ne manipulent jamais de produits phytosanitaires. Comparer des départements ne dit donc rien du risque d’une personne, comme l’étude le reconnaît. C’est pourtant ce raccourci qui a fait florès dans les médias : « Une unité de pesticide en plus, c’est 10 % de tentatives en plus. »

Le mécanisme, enfin, reste entièrement à démontrer. L’étude ne sait rien de l’exposition réelle des personnes ayant fait une tentative de suicide : ont-elles manipulé des pesticides ? Si oui, lesquels, à quelle dose, pendant combien de temps ?

Deux explications possibles, une seule retenue

D’autres faiblesses de l’étude mériteraient d’être relevées, mais tenons-nous-en au seul résultat : les départements qui utilisent durablement le plus de pesticides comptent, en moyenne, un peu plus de tentatives de suicide hospitalisées parmi les affiliés MSA. Admettons. Mais ces départements se distinguent aussi par leurs productions, leurs revenus, leur endettement, leurs conditions de travail, les crises de leurs filières et la population qui les compose. Un département qui traite beaucoup peut aussi être un département dont l’agriculture est sous forte pression économique. Les auteurs le reconnaissent eux-mêmes, et leur étude ne permet pas de faire la part des choses.

Des explications contraires à celle qu’avance Armand Chatard restent donc possibles, la plus plausible étant celle de régions cumulant à la fois un usage important de pesticides et des difficultés économiques ou sociales, et ce sont ces dernières qui pèsent sur la santé mentale.

Une instrumentalisation indigne

Qu’une équipe de psychologues et de psychiatres, sans un seul épidémiologiste, agronome ni toxicologue, puisse produire une corrélation fragile, fondée sur un indicateur agronomique utilisé comme substitut d’une exposition humaine qu’il ne mesure pas, a déjà de quoi interpeller. Mais que le CNRS se fasse l’écho de cette « association observée » dans un communiqué est beaucoup plus préoccupant.

Le suicide des agriculteurs ne doit pas être instrumentalisé pour alimenter, sans preuve, le procès des pesticides

Le suicide des agriculteurs, cette tragédie qui frappe des familles entières et que médecins et élus tentent de combattre sur le terrain, ne doit pas être instrumentalisé pour alimenter, sans preuve, le procès des pesticides. Non seulement on détourne ainsi l’attention des causes réelles, mais on ajoute encore à la détresse des agriculteurs un soupçon de plus : celui d’être les artisans de leur propre malheur. Il est profondément déplorable qu’un universitaire se prête à cet exercice destructeur, de surcroît sous le sceau du CNRS.

Complément. On lira aussi l’article paru sur le blog Agriculture, alimentation, santé publique... soyons rationnels , « Pesticides, suicides... et désinformation ».

France : un bilan 2024 toujours trop élevé des toxi-infections alimentaires collectives et toujours pas d'objectif pour la sécurité des aliments

Voici 'enfin' le bilan 2024 des toxi-infections alimentaires collectives en France, selon Santé publique France.

'Enfin' est une façon de voir, j’aurais pu aussi écrire déjà ?

Qu’on en juge :

le bilan 2024 est paru le 16 octobre 2026, celui de 2023, le 26 mars 2026 (puis soi disant mis à jour le 1er septembre 2026 ?), pas facile à suivre Santé publique France, tandis que le bilan de 2022 est paru … le 21 février 2024. Il devait y avoir certainement une urgence à publier ces bilans, d’autant les données de 2024 étaient connues depuis presque un an grâce à l’EFSA. Dans sa précipitation, le site de Santé publique France met en ligne le bilan 2024 et celui de 2022 ; exit 2023 avec son 'record', étonnant, non ?

Voici ci-dessous la courbe d'évolution du nombre de TIAC en reprenant les données fournies par Santé publique France.
Quelques extraits
« Le nombre de TIAC notifiés en 2022 est le plus élevé depuis la mise en place de la déclaration obligatoire en 1987 et cela s’est donc poursuivi en 2023 (avec un nouveau record) puis une légère baisse en 2024, mais toujours avec un nombre de TIAC élevés. »

« Les années 2023 et 2024 ont confirmé la tendance à l’augmentation du nombre de TIAC signalées, avec respectivement 2 231 et 2 096 signalements, prolongeant ainsi la progression déjà observée en 2022. », selon le document diffusé par Santé publique France.

« Le nombre de malades liés aux TIAC signalées en 2024 était de 20 045. Bien que ce nombre reste légèrement inférieur à celui de 2023, la tendance globale à la hausse du nombre de malades liés aux TIAC signalées reste valable (22 282 en 2023 vs 16 763 en 2022). »

L’effort sans précédent du nombre d’inspections de la police sanitaire unique trouve sans doute sa justification avec ce qui suit, « Globalement, les données de 2024 confirment la place prépondérante de la restauration commerciale parmi les lieux de survenue des TIAC signalées, avec près d’une TIAC sur deux déclarée dans ce secteur (48 %). »

Points clés*

  • En 2024, 2 096 toxi-infections alimentaires collectives (TIAC) ont été signalées en France (2 231 en 2023 et 1 924 en 2022), affectant 20 045 personnes (22 282 en 2023 et 16 763 en 2022), dont 630 (3 %) se sont présentées à l’hôpital (hospitalisation ou passage aux urgences) et 6 (0,03 %) sont décédées. Ces TIAC signalées étaient liées majoritairement à des repas dans des restaurants commerciaux (48 %).
  • En 2024, le nombre total de signalements de TIAC, reste à un niveau élevé, malgré la légère baisse par rapport à l’année précédente (2 231 en 2023), les années 2022-2024 enregistrant ainsi les niveaux les plus élevés depuis le début de la surveillance en 1987.
  • Comme les années précédentes, Salmonella demeurait l’agent pathogène le plus fréquemment confirmé représentant 43 % des TIAC à agent confirmé (31 % en 2023, 42 % en 2022 et ). Les agents pathogènes les plus couramment suspectés sur la base des informations épidémiologiques et cliniques, mais sans avoir été confirmés par des analyses microbiologiques, étaient les agents toxiniques Bacillus cereus, Staphylococcus aureus et Clostridium perfringens, correspondant à 71 % des TIAC pour lesquelles un agent a été suspecté (70 % en 2023 et 73 % en 2022 et 67 % en 2021). Pour 11 % des TIAC signalées, aucun agent n’a pu être ni confirmé, ni suspecté sur la base des informations épidémiologiques et cliniques disponibles (12 % en 2023 et 15 % en 2022).
  • En 2024, des mesures correctives ont été rapportées (information/formation du personnel, désinfection d’établissement, mise en demeure et avertissement, rappels réglementaires et saisie de denrées) pour 402 TIAC (versus 595 en 2023 et 591 en 2022) en restauration commerciale et 160 TIAC en collectivités , soit 41 % de l’ensemble des TIAC survenues en ces lieux versus (45 % en 2023 et 46 % en 2022).

* complétés par mes soins -aa.

Augmentation du nombre de TIAC

« Cette hausse significative s’expliquerait en partie, et plus précisément pour la restauration commerciale, par l’impact de la plateforme de signalement en ligne accessible au grand public « SignalConso », mis en service depuis 2021, qui facilite la déclaration directe et simple des suspicions de TIAC par les consommateurs à la DDecPP. »

« en partie » est sans doute vrai, mais quelle est l’autre partie ? Nous le saurons pas !

Cela étant, cette justification reste à relativiser quand on sait que « les TIAC demeurent historiquement sous-déclarées, avec des disparités selon les secteurs d’activité ». En effet, «la restauration commerciale est moins bien représentée dans les statistiques et les données épidémiologiques, en raison d’une déclaration moins structurée, souvent liée à la méconnaissance des procédures ou à la crainte des conséquences pour les professionnels. »

Décès liés aux TIAC

En 2024, six décès ont été déclarés survenus, pour quatre décès, dans des instituts médico-sociaux (4 TIAC). Dans ces contextes, notamment en EHPAD, où les populations sont plus vulnérables, il est particulièrement important d’appliquer rigoureusement les bonnes pratiques d’hygiène, de refroidir rapidement les plats après cuisson et de les réchauffer convenablement avant leur consommation.
En 2023, 19 décès à la suite de TIAC, dont 13 décès survenus dans des instituts médico-sociaux.
Le niveau des décès est l’unisson du nombre de TIAC rapportées ...

Les TIAC et l’iceberg

« Les TIAC ne représentent qu’une fraction des infections d’origine alimentaire survenant en France, mais constituent un indicateur essentiel de leur surveillance. Depuis la mise en place de leur déclaration obligatoire en 1987, la surveillance des TIAC s’inscrit comme un dispositif de veille sanitaire complémentaire des autres systèmes de surveillance des infections d’origine alimentaire. Elle contribue à la détection des épisodes, à l’identification des aliments et agents pathogènes en cause, à la mise en œuvre de mesures de gestion adaptées et au renforcement des actions de prévention. »

Moi qui pensait que les TIAC était un indicateur de l'état de la sécurité des aliments en France !

Par ailleurs, notons que selon Santé publique France, les cas annuels de salmonellose sont de 198 000 dont 183 000 par transmission alimentaire.

Rappelons enfin que le fardeau global des maladies infectieuses d’origine alimentaire a été estimé en 2018 entre 1,28 et 2,23 millions de personnes affectées chaque année sur la période 2008-2013 [1].

Conclusion

Il reste donc vraiment beaucoup à faire pour améliorer la sécurité des aliments en France, mais malheureusement, aucun objectif n’a été fixé par nos service publiques, DGAL en tête, que ce soit au niveau des TIAC, des maladies infectieuses d’origine alimentaires ou des rappels qui plafonnent désormais à plus de 2 000 depuis quelques années. Ce sera vraisemblablement le rôle de la nouvelle directrice de la DGAL, en tout état de cause, c’est à espérer ...

MàJ du 19 octobre 2026. Pour ceux que cela intéresse, est paru l’état des lieux des zoonoses en 2025 aux Pays-Bas. Ils découvriront que pour les TIAC, appelées ‘éclosions d'origine alimentaire’, 1 142 foyers de cas, totalisant 4 279 personnes atteintes. Ces résultats sont issus de l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l'alimentation et de l'environnement (NVWA) et du Centre intégré de surveillance de l'environnement et de la santé publique (RIVM-Cib).

Quand Santé publique France ne tient pas compte de l'évolution de la situation : « De 10 000 à 16 000 personnes sont touchées chaque année par une TIAC. Pour Santé publique France, les enjeux sont la surveillance et la prévention des TIAC pour réduire les risques de contamination et contribuer à la sécurité alimentaire. » D'accord, mais comment ?

samedi 17 octobre 2026

Bacillus cereus constitue un risque sous-estimé pour la sécurité des aliments en Afrique, selon une étude

« Une étude révèle que Bacillus cereus constitue un risque sous-estimé pour la sécurité des aliments en Afrique », source Food Safety Magazine.

Une nouvelle étude de synthèse, (Bacillus cereus in African food systems from 2000 to 2025 as an underrecognized foodborne pathogen and emerging public health challenge) publiée dans la revue Discover Public Health (Springer Nature), met en évidence la prévalence de Bacillus cereus au sein des systèmes alimentaires africains, notamment dans les produits de céréales, les produits laitiers et les aliments prêts à consommer vendus dans la rue, ainsi que des lacunes importantes dans la surveillance de ce pathogène d'origine alimentaire sur le continent.

Menée par des chercheurs de l'Institut national de santé publique du Mali et de deux universités béninoises (l'université de Parakou et l'université d'Abomey-Calavi), cette étude a synthétisé les données disponibles sur la contamination par B. cereus, la diversité des gènes toxinogènes et la résistance aux antimicrobiens (RAM) dans les systèmes alimentaires africains, pour la période allant de janvier 2000 à octobre 2025. Bien que couvrant un intervalle de 25 ans, seules dix études répondaient aux critères d'éligibilité fixés par les chercheurs, ce qui souligne la rareté des données à travers les 54 pays africains. Les travaux retenus concernaient dix pays, situés principalement en Afrique de l'Ouest et en Afrique de l'Est.

Des taux élevés de contamination par B. cereus dans les aliments en Afrique

Les études examinées font état de taux de contamination des aliments par B. cereus allant d'environ 15 % à plus de 70 %, selon le type d'aliment et la méthode de détection utilisée.

Certains des taux de contamination les plus élevés ont été observés dans des produits de céréales au Nigeria (71 %), des produits laitiers au Ghana (68 %), du lait fermenté en Tanzanie (55 %) et des aliments vendus dans la rue en Côte d'Ivoire (52 %). Au Burkina Faso, B. cereus a été détecté dans 42 % des céréales pour nourrissons analysées, ce qui soulève des inquiétudes quant à l'exposition des populations vulnérables.

Les chercheurs soulignent qu'un contrôle inadéquat des températures, des infrastructures de réfrigération limitées et un stockage inapproprié des aliments cuits sont des facteurs majeurs favorisant la prolifération de B. cereus. Par ailleurs, la capacité de ce pathogène à former des spores thermorésistantes lui permet de survivre à certains procédés de préparation des aliments.

Identification de gènes liés aux toxines et à la résistance aux antimicrobiens

L’étude a également mis en évidence une présence généralisée de gènes associés à des toxines (à savoir nhe, hbl et cytK) parmi les isolats de B. cereus ; ces gènes sont liés à des maladies diarrhéiques. Le groupe de gènes nhe a été détecté chez 70 à 100 % des isolats examinés. Par ailleurs, le groupe de gènes ces, associé à la production de la toxine émétisante céréulide, a été détecté moins fréquemment, mais était tout de même présent dans certains isolats.

De plus, une résistance aux antibiotiques de la famille des bêta-lactamines, notamment la pénicilline et l’ampicilline, a été régulièrement rapportée. Une multirésistance aux antibiotiques a été observée chez 8 à 22 % des isolats provenant du Ghana, de l’Éthiopie et de l’Afrique du Sud.

Les chercheurs appellent à un renforcement de la surveillance des pathogènes d’origine alimentaire

Les chercheurs ont souligné que la fragmentation des systèmes de surveillance, les capacités limitées des laboratoires et une coordination insuffisante entre les autorités chargées de la sécurité des aliments et celles de la santé publique contribuent probablement à une sous-estimation des maladies d’origine alimentaire causées par B. cereus en Afrique.

Pour combler ces lacunes, les auteurs recommandent de renforcer les capacités des laboratoires, notamment en matière de tests par réaction de polymération en chaîne (PCR) et de séquençage du génome entier (WGS), de normaliser les protocoles de surveillance, d’étendre les actions de sensibilisation à la sécurité des aliments auprès des vendeurs du secteur informel, et de mettre en place une surveillance systématique de la résistance aux antimicrobiens (RAM).

Les chercheurs préconisent également d’intégrer la surveillance de B. cereus aux réseaux existants de suivi des maladies d’origine alimentaire, et d’aligner ces efforts sur la Stratégie de sécurité des aliments 2022-2036 de l’Union africaine (Food Safety Strategy for Africa: 2022 - 2036) ainsi que sur les initiatives relevant de l’approche Une seule santé.

Évaluation de la probabilité de transmission de norovirus par des gobelets en plastique, selon le RIVM

Le RIVM des Pays-Bas propose une réponse en réalisant une « Évaluation de la probabilité de transmission de norovirus par des gobelets en plastique » (publiée en octobre 2026).

Objet

Les gobelets en plastique réutilisables sont de plus en plus utilisés lors d’événements. Lors de récentes épidémies à norovirus, la transmission a pu se produire par l’intermédiaire de gobelets réutilisables ayant été rincés.
Question de recherche : Le Bureau d’évaluation des risques et de recherche (BuRO) a donc soumis les questions suivantes au Guichet unique pour la sécurité des denrées alimentaires et des produits :

1) Comment le risque de transmission par des gobelets en plastique se compare-t-il au risque, déjà établi, associé aux verres ?

2) Dans quelle mesure les avis précédemment émis concernant les virus enveloppés s’appliquent-ils à d’autres virus, non enveloppés, tels que norovirus ?

3) Réaliser une évaluation fondée sur la littérature (récente), et non pas sur une enquête, concernant le risque de transmission de virus d’origine alimentaire, en particulier norovirus, par le biais de gobelets réutilisables.

Conclusion

1) La plupart des gobelets en plastique sont fabriqués en polypropylène. Les données disponibles concernant le risque de contamination par norovirus via ce type de contenant sont essentiellement indirectes, les études portant souvent sur d'autres types de plastique ou sur des virus de substitution. Les recherches les plus pertinentes suggèrent que, dans certaines situations, le risque de contamination par norovirus via des gobelets en plastique pourrait être inférieur à celui observé avec des contenants en verre (ou en acier inoxydable). Cela s'explique par le fait que le virus adhère plus fortement au plastique qu'au verre ; toutefois, les résultats ne sont pas suffisamment constants pour en faire une règle universelle.

2) Compte tenu de la stabilité de norovirus, un virus non enveloppé, comparée à celle des virus enveloppés, et de leur capacité potentiellement plus élevée à adhérer aux surfaces en plastique qu'au verre, les gobelets en plastique doivent être considérés comme présentant un risque potentiel. Il est donc recommandé de ne pas partager ces gobelets et de les soumettre à un nettoyage industriel après chaque utilisation. Si un nettoyage industriel n'est pas réalisable, les recommandations précédemment établies pour les virus enveloppés sur la verrerie restent applicables. Cela signifie que les gobelets en plastique devraient, idéalement, être nettoyés dans un lave-vaisselle ou un lave-verres. Bien que les virus non enveloppés, tels que norovirus, soient plus stables que les virus enveloppés, l'utilisation de ces machines réduit considérablement leur présence, grâce à une combinaison d'élimination mécanique (rinçage) et d'inactivation thermique. Les machines à usage professionnel atteignent des températures de 80 à 85 °C, ce qui permet d'inactiver, dans une large mesure, norovirus. Si un nettoyage en lave-vaisselle ou en lave-verres n'est pas possible, les gobelets peuvent être nettoyés dans un évier équipé de brosses, en utilisant de l'eau additionnée d'un produit nettoyant (selon le dosage préconisé par le fabricant) et en veillant à renouveler l'eau régulièrement. Le nettoyage dans un évier s'effectue à des températures inférieures aux 80–85 °C atteints dans un lave-vaisselle professionnel. Au vu des connaissances actuelles, il est difficile d'évaluer l'efficacité de cette méthode ; elle dépend de la rigueur du processus d'élimination mécanique, qui implique de frotter l'intérieur et l'extérieur du gobelet avec une brosse pendant 15 secondes. Néanmoins, comme le nettoyage dans un évier correspond aux pratiques courantes de lavage des verres dans le secteur de l'hôtellerie-restauration, cette méthode peut également être considérée comme acceptable dans le contexte d'un festival. Nous recommandons donc d’appliquer les recommandations précédemment émises, initialement conçues pour les virus enveloppés sur de la verrerie, ainsi qu’aux virus non enveloppés présents sur des gobelets en plastique.

3) L’analyse de la littérature indique que le risque de transmission de norovirus par l’intermédiaire de gobelets en plastique réutilisables est difficile à quantifier. Il est toutefois établi que les norovirus adhèrent plus fortement au plastique qu’au verre, ce qui rend leur élimination plus complexe. Par conséquent, un gobelet en plastique est susceptible de demeurer une source de risque potentielle pendant une durée plus longue que ne le serait un récipient en verre.

Traduction par mes soins -aa.

vendredi 16 octobre 2026

Œufs d’Ukraine au Royaume-Uni : quand une épidémie chasse l’autre …

La Food Standards Agency (FSA) demande aux entreprises de retirer et de rappeler les œufs d'une entreprise agroalimentaire ukrainienne suite à des enquêtes révélant une contamination à Salmonella Enteritidis.

La FSA a publié une alerte alimentaire à l'intention des entreprises, y compris les traiteurs, les fabricants, les grossistes et les consommateurs, car des enquêtes en cours ont révélé que des œufs provenant d'une entreprise alimentaire ukrainienne étaient contaminés par Salmonella Enteritidis.

La Food Alert for Action contient les recommandations de la FSA et s'adresse principalement aux entreprises susceptibles de détenir les produits concernés. Elle préconise le retrait et le rappel immédiats des œufs visés, tout au long de la chaîne d'approvisionnement. Bien que la majeure partie de ces œufs soit destinée au secteur de la restauration, certains peuvent être proposés à la vente dans de petits commerces de détail ; ils ne sont toutefois pas distribués dans les grandes enseignes, telles que les supermarchés.

Les œufs proviennent de l’entreprise Yasensvit Ltd, située à Kiev (Ukraine), et portent le code 3UA1012066, inscrit directement sur la coquille. Source.

La FSA conseille aux consommateurs ayant acheté ces produits de ne pas les consommer et de s'en débarrasser, car ils pourraient présenter un risque pour la santé. Des prélèvements d'œufs ont été effectués dans le cadre d'une enquête en cours sur une épidémie de Salmonella Enteritidis, potentiellement liée à des œufs importés. L'agence britannique de la santé, UKHSA, a détecté la présence de Salmonella Enteritidis dans des échantillons d'œufs provenant d'un fournisseur ukrainien.

Le séquençage du génome complet a révélé que cette souche ne correspondait pas à celles identifiées dans le cadre de l'épidémie faisant actuellement l'objet d'une enquête. Néanmoins, la souche détectée dans ces œufs a été associée à 36 cas d'infection à Salmonella signalés en Angleterre en 2026.

Jacquelyn McCormick, responsable de la gestion des incidents à la Food Standards Agency, a déclaré :

« Nous avons identifié Salmonella Enteritidis dans des œufs importés d'une entreprise ukrainienne. Nous avons pris des mesures urgentes pour protéger la santé publique, en recommandant le retrait et le rappel de tous les produits concernés présents sur le marché britannique. Il est toutefois important de préciser que les œufs produits au Royaume-Uni ne sont pas concernés. »

Les œufs vendus dans les grandes surfaces sont produits au Royaume-Uni et ne sont donc pas touchés par cet incident. Le problème concerne spécifiquement des œufs provenant d'une entreprise ukrainienne, distribués principalement via des grossistes et le secteur de la restauration, mais également vendus dans de petits commerces. Nous invitons instamment les entreprises et les consommateurs à suivre les recommandations figurant dans notre alerte sanitaire. Les consommateurs ne doivent pas consommer ces œufs, et les entreprises doivent procéder à leur retrait, voire à leur rappel, si des ventes au détail ont eu lieu, car leur consommation pourrait présenter un risque. Pour les œufs non visés par cette alerte, nos recommandations restent inchangées : des œufs correctement cuits et manipulés dans le respect des règles d'hygiène ne devraient pas présenter de risque pour la sécurité sanitaire des aliments. Les nourrissons, les jeunes enfants, les personnes enceintes et les personnes âgées ne devraient consommer des œufs crus ou peu cuits que s'ils portent le label « British Lion » ou s'ils sont produits dans le cadre du programme « Laid in Britain ». Nous continuons, en collaboration avec l'UKHSA et nos partenaires, à suivre les données probantes ; nous prendrons toutes les mesures nécessaires pour protéger la santé publique à mesure que notre enquête progresse.

Hannah Charles, épidémiologiste principale à l'UKHSA, a déclaré :

« Dans le cadre des analyses d'œufs effectuées lors de notre enquête sur une épidémie de salmonellose en cours, nous avons confirmé la présence de S. Enteritidis (t5.8998) dans des œufs importés d'Ukraine. Nous avons immédiatement transmis cette information à la FSA afin qu'elle puisse prendre les mesures de sécurité sanitaire nécessaires pour protéger la santé publique. »

Nous invitons la population britannique à suivre les recommandations formulées par la FSA dans sa Food Alert for Action. La souche de S. Enteritidis identifiée dans ce lot d'œufs importés est génétiquement différente des souches liées à l'épidémie de salmonellose actuellement sous enquête ; elle est toutefois associée à 36 cas de salmonellose signalés en Angleterre en 2026. En Angleterre, toutes les souches de Salmonella détectées chez des patients pris en charge en milieu hospitalier ou dans le cadre des soins de santé primaires font systématiquement l'objet d'une analyse par séquençage du génome entier, ce qui nous aide à identifier et à étudier les foyers épidémiques potentiels.

La plupart des infections à Salmonella provoquent des diarrhées, des crampes abdominales, des vomissements et de la fièvre ; ces symptômes disparaissent généralement en quelques jours, sans traitement. Cependant, l'infection peut parfois entraîner des complications plus graves, notamment une septicémie nécessitant une hospitalisation, en particulier chez les jeunes enfants, les personnes âgées, les femmes enceintes et les personnes dont le système immunitaire est affaibli.

La FSA collabore avec les autorités locales pour garantir une mise en œuvre rapide de cette alerte. L'agence continue d'examiner des mesures plus larges concernant l'origine de l'épidémie actuelle et travaille avec des partenaires internationaux dans le cadre de son enquête en cours.

Turquie : audit sur les produits de la pêche destinés vers l’Union européenne

La Commission européenne a publié le rapport final d’un audit en Turquie mené du 23 février au 6 mars 2026 visant à évaluer les systèmes de contrôle en place régissant la production de produits de la pêche destinés à l’exportation vers l’Union européenne. Le précédent audit avait eu lieu en 2018.

Résumé

La Turquie dispose d’un système de contrôle officiel bien développé, couvrant les produits de la pêche destinés à être exportés vers l’UE, l’ensemble de leur chaîne de production ainsi que la certification à l’exportation. Ce système de contrôle s’appuie sur des procédures adéquates et repose sur un cadre juridique satisfaisant.

Toutefois, certaines lacunes ont été relevées ; elles compromettent la capacité de l’autorité compétente à fournir toutes les garanties nécessaires et à attester pleinement du respect des exigences liées au certificat officiel de l’UE.

Ces lacunes concernent notamment : l’absence de mise à jour des garanties visant à assurer la conformité aux normes de l’UE des matières premières importées et utilisées dans la fabrication de produits destinés à l’exportation vers l’UE ; l’évaluation, par les agents officiels, des systèmes HACCP des opérateurs, évaluation qui n’est pas toujours menée de manière suffisamment approfondie pour garantir une gestion efficace des risques liés à la sécurité des aliments ; ainsi que l’évaluation insuffisante des mesures mises en place par les opérateurs, conformément au règlement (CE) n° 2073/2005, pour les denrées alimentaires prêtes à consommer, en particulier en ce qui concerne Listeria monocytogenes dans les produits de la pêche fumés.

Un essai clinique sur un vaccin contre les infections invasives à E. coli s'arrête faute de preuve

« Les données d’un essai clinique expliquent l’échec d’un vaccin contre les infections invasives à E. coli », source article de Chris Dall dans CIDRAP News.

De nouvelles données, publiées cette semaine dans la revue The Lancet Infectious Diseases, révèlent les raisons pour lesquelles un essai de phase 3 portant sur un vaccin ciblant les souches de Escherichia coli pathogènes extra-intestinaux (connus sous l'acronyme ExPEC, de l'anglais extraintestinal pathogenic E. coli) a été interrompu prématurément l’an dernier.

Ces résultats sont issus de l’étude E.mbrace, un essai clinique randomisé, en double aveugle et contrôlé par placebo, qui évaluait l’efficacité, la sécurité et l’immunogénicité du vaccin ExPEC9V. Ce vaccin a été développé conjointement par Janssen Pharmaceuticals et Sanofi pour prévenir les infections invasives à E. coli (IIE) chez les personnes âgées. Le vaccin ExPEC9V cible neuf souches de E. coli responsables de la majorité des cas d’IIE, des infections survenant lorsque la bactérie pénètre dans la circulation sanguine, les voies urinaires ou d’autres sites normalement stériles de l’organisme.

Les souches ExPEC sont à l’origine d’environ 10 millions de cas d’IIE par an et constituent une cause majeure de septicémie, en particulier chez les personnes âgées atteintes de maladies chroniques. Par ailleurs, le traitement est rendu plus complexe par l’antibiorésistance : une étude internationale a estimé qu’au moins 10 % des souches de E. coli isolées dans le sang sont multirésistantes. Le développement de vaccins permettant de prévenir les IIE répond à un besoin médical majeur non satisfait.

Une réponse immunitaire qui ne s’est pas traduite par une efficacité clinique

L’essai a débuté en 2021 et a inclus plus de 17 000 adultes âgés de 60 ans et plus, répartis dans 20 pays. Les participants, qui présentaient des antécédents d’infections urinaires, ont été répartis de manière aléatoire (selon un ratio 1:1) pour recevoir soit le vaccin ExPEC9V, soit un placebo. Le critère d’évaluation principal était l’incidence des IIE, détectées dans le sang ou d’autres sites stériles, causées par les souches ciblées par le vaccin.

Une dose unique d’ExPEC9V a suscité une réponse anticorps robuste et durable, sans poser de problème de sécurité. Un an après la vaccination, le taux d’anticorps spécifiques restait plus élevé chez les personnes ayant reçu le vaccin ExPEC9V que chez celles ayant reçu le placebo. En l’absence de corrélats de protection établis, l’immunité induite par le vaccin pourrait avoir été d’une ampleur ou d’une qualité insuffisantes pour assurer une protection clinique contre les infections extra-intestinales à E. coli (IED) et les événements associés.

Toutefois, une analyse prédéfinie du critère d’évaluation principal, réalisée par un comité indépendant de surveillance des données, a révélé 11 cas d’IED dans le groupe ayant reçu le vaccin ExPEC9V et 13 cas dans le groupe placebo, soit une efficacité vaccinale de 14,6 %, ce qui indique une absence d’effet protecteur. Une absence d’efficacité similaire a été observée dans les analyses par sous-groupes.

« Bien que la réponse immunitaire se soit maintenue pendant au moins la première année, elle ne s’est pas traduite par une efficacité vaccinale, la plupart des cas d’IED étant survenus au cours de cette première année », ont écrit les chercheurs. « En l’absence de corrélats de protection établis, l’immunité induite par le vaccin pourrait avoir été d’une ampleur ou d’une qualité insuffisantes pour assurer une protection clinique contre les IED et les événements associés. »

Ils ajoutent qu’une analyse plus approfondie des données, incluant l’étude des souches de E. coli isolées chez les participants ayant développé une IED au cours de l’essai, est nécessaire pour comprendre pleinement pourquoi le vaccin n’a pas permis d’offrir une protection contre les IED.

Johnson & Johnson, société mère de Janssen Pharmaceuticals, a annoncé le 13 février 2025 que le vaccin n’atteindrait vraisemblablement pas son critère d’évaluation principal et que l’essai clinique était par conséquent interrompu.

jeudi 15 octobre 2026

Plaidoyer pour l’andouille traditionnelle de Guéméné

Être ministre de l’Agriculture n’est pas simple, surtout quand on se met à rapporter des contre-vérités …

Pourtant la com s’était bien mise en marche avec deux communiqués, l’un du ministère de l’Agriculture et l’autre du préfet du Morbihan, et tout ça pourquoi ? Pour l’andouille de Guéméné !

- « Andouille de Guémené : Annie Genevard (la ministre) réaffirme son attachement à ce savoir-faire, la protection des consommateurs et l’égalité de traitement des fabricants. » « Un seul fabricant est concerné par un dépassement des teneurs maximales en hydrocarbures aromatiques polycycliques (HAP), que les services de l’État accompagnent depuis plus de dix ans. »

Quant au préfet, il est à l’unisson de la ministre, « Dans le Morbihan, la production d’une seule sociétéest concernée par le dépassement de cesseuils.Les services de l’État, notamment la direction départementale de la protection des populations, accompagnent l’entreprise concernée depuis 2016 pour qu’elle puisse, comme les autres fabricants d’andouilles de Guémené aujourd’hui, garantir un produit de tradition tout en préservant la santé humaine. Pendant 10 ans, des améliorations notables ont été constatées au sein de cette andouillerie pour tendrevers un respect progressif des taux de HAP. Grâce à l’appui d’un institut technique agricole avec lequel l’entreprise travaille, un procédé de fabrication est en passe d’être fiabilisé pour garantir une parfaite qualité sanitaire de ses produits. »

Et qu’en pense l’intéressé de ce qu’on dit de lui

La réponse est à retrouver ici :
Contacté, Benoît Rivalan, président de la Maison de l'andouille, n'est pas, à cette heure, informé d'une quelconque avancée. L'une des solutions pourrait être que les recherches, débutées il y a trois mois, soient terminées et validées. La technique des chaussettes contre les particules nocives pourrait en effet aider à améliorer la situation.

Depuis 35 ans, Benoît Rivalan respecte à la lettre ce savoir-faire et pour lui, pas question de changer de méthode. « C'est peut-être mon côté Breton, mais je ne changerai pas, si on refuse que je travaille comme je l'ai toujours fait, j'arrête », nous confie-t-il ce mercredi.

« Si on fait passer en avant les HAP, c'est le fumage qui risque d'être moins bien fait. Plus les HAP sont hauts, plus le goût de l'andouille est agréable, plus les HAP sont bas, plus le goût de l'andouille est atténué. »

Question au gouvernement

Ce mercredi, le Sénateur du Morbihan Yves Bleunven s'est adressé à la ministre de l’Agriculture, Annie Genevard, lors des questions d'actualité : « Faut-il menacer un savoir-faire traditionnel quand une simple mention sur l’emballage pourrait informer le consommateur ? »

La solution proposée par le sénateur : « informer plutôt qu’interdire ». Il demande ainsi « d’abroger l’instruction imposant de mesurer les HAP avec la peau et de la remplacer par une mention d’information sur l’emballage. L’objectif : protéger la santé des consommateurs sans condamner des savoir-faire transmis de génération en génération ».

« Au-delà de l’andouille de Guémené, c’est aussi l’avenir de tout un patrimoine charcutier artisanal qui est en jeu », ajoute-t-il encore.