lundi 26 octobre 2026

Récits et risques : comment des histoires façonnent les perceptions liées à la sécurité sanitaire des produits laitiers, une analyse narrative

Voici un article à paraître dans Journal of Food Protection, et je vous recommande tout particulièrement, « Récits et risques : comment des histoires façonnent les perceptions liées à la sécurité sanitaire des produits laitiers, une analyse narrative »

Faits saillants

- Les récits relatifs aux catastrophes rares peuvent nuire à la perception de la sécurité intrinsèque des aliments .
- Les récits alarmistes gagnent rapidement en popularité et persistent souvent même après que les risques ont été réduits.
- Les résultats scientifiques mesurés attirent moins l'attention du public que les récits alarmistes.
- Privilégier la recherche sur les risques futurs plutôt que l'étude répétée des incidents passés.
- Présenter les résultats scientifiques de manière claire et attrayante afin d'éviter toute mauvaise interprétation.

Résumé

La perception de la sécurité des produits laitiers est souvent fortement influencée par des récits qui mettent l'accent sur des événements rares et médiatisés plutôt que sur des évaluations des risques régulières et fondées sur des données probantes. Cet article examine comment les communications techniques et non techniques ont contribué à l'inquiétude persistante, et parfois disproportionnée, du public concernant les préparations pour nourrissons, en comparant la chronologie et le message de deux études de cas : (i) la crise de la contamination à la mélamine de 2008 en Chine et (ii) l'enquête de Consumer Reports de mars-avril 2025 sur les contaminants chimiques dans les préparations pour nourrissons. En combinant l'analyse de la littérature scientifique et l'étude de la chronologie médiatique, nous comparons le contenu des données toxicologiques, cliniques et épidémiologiques primaires avec la manière dont elles sont présentées et amplifiées dans les titres de la presse et les résumés populaires. Nous constatons que les récits alarmistes ont rapidement acquis une grande visibilité et une longue durée de vie, tandis que les résultats scientifiques mesurés ultérieurs ont reçu une attention publique comparativement limitée. Dans l'exemple de Consumer Reports, l'étiquetage catégoriel des produits, fondé sur de faibles différences de concentration (par exemple, des différences à l'échelle du µg/kg) et des hypothèses d'exposition prudentes, a été facilement décontextualisé par les médias, aboutissant à des présentations simplistes « sûr/dangereux » susceptibles d'induire en erreur un public non spécialisé. Cet article soutient que la distinction entre détection des dangers et gestion des risques, la communication transparente des niveaux d'analyse et des hypothèses d'exposition, ainsi que la promotion de résultats nuls lors des contrôles de routine sont essentielles à l'élaboration d'un discours public proportionné. Des recommandations pratiques sont proposées aux chercheurs, aux communicants et aux organismes de réglementation afin d'améliorer la présentation des risques, de limiter la diffusion involontaire d'inquiétudes et de favoriser une compréhension publique équilibrée et fondée sur des données probantes de la sécurité des produits laitiers.

Introduction

En matière d'évaluation des risques, un « danger » est un agent ou une situation susceptible de causer un dommage. Dans le secteuralimentaire, les dangers pour la sécurité des aliments comprennent les dangers chimiques et microbiologiques. Les dangers chimiques incluent des substances, des résidus d'antibiotiques et des métaux lourds, dont la dangerosité dépend de leur concentration et de leur toxicocinétique. Les dangers microbiologiques peuvent inclure (sans s'y limiter) Salmonella, Listeria, Escherichia coli, Bacillus cereus et Staphylococcus aureus, la dangerosité dépendant du nombre de bactéries viables et/ou de la dose infectieuse des micro-organismes et/ou de leurs toxines. Le risque combine la probabilité de dommage lié à ces dangers avec la gravité des conséquences (Risque = Probabilité × Conséquence) et dépend donc de la dose, des voies d'exposition et du contexte (par exemple, transformation, stockage, sensibilité de l'hôte).

Les dangers peuvent être inhérents à un produit ou à un procédé, mais peuvent également être introduits par des actes délibérés, des accidents ou une négligence. Les termes « adultération » et « contamination » sont souvent associés à des risques introduits, mais la terminologie employée est hétérogène et peut prêter à confusion. Les dictionnaires définissent généralement l’adultération alimentaire comme l’ajout, la substitution ou le retrait de substances qui diminuent la valeur ou la qualité d’un aliment, sans distinction entre les actes intentionnels et non intentionnels. L’usage réglementaire varie selon les juridictions ; notamment, la FDA des États-Unis utilise une définition juridique large du terme « adultéré » qui englobe les aliments dangeruex pour la santé, contaminés ou préparés/manipulés dans des conditions insalubres. Ainsi, un lait présentant une prolifération bactérienne excessive peut être qualifié d’« adultéré » même si aucune contamination n’a été intentionnellement ajoutée. Aux États-Unis, en vertu de la loi fédérale américaine sur les aliments, les médicaments et les cosmétiques (Food, Drug, and Cosmetic Act), un aliment peut être considéré comme « falsifié » s’il « contient une substance toxique ou dangereuse », s’il est « sale, putride ou décomposé », ou s’il a été produit dans des conditions insalubres, entre autres critères (voir par exemple 21 U.S.C. § 342.

Afin de réduire cette ambiguïté dans le présent document et d’assurer la cohérence de la discussion, nous réservons le terme « falsification » aux actes délibérés, c’est-à-dire l’ajout ou la substitution intentionnels, et utilisons les termes « contamination » ou « contamination par négligence » pour décrire respectivement les dangers présents involontairement ou introduits par négligence.

Les produits laitiers qui font l’objet de procédés de transformation et de contrôles de qualité rigoureux présentent intrinsèquement un haut degré de sécurité des aliments. Autrement dit, pour de nombreux produits laitiers transformés, la sécurité est avant tout assurée par des contrôles préventifs et des procédés hygiéniques tout au long de la chaîne d'approvisionnement des ingrédients, plutôt que par de simples analyses microbiologiques ou chimiques en fin de chaîne. Les analyses, à elles seules, ne garantissent pas le niveau de sécurité de base offert par des systèmes de production et de contrôle validés ; elles constituent plutôt un niveau d'assurance supplémentaire et complémentaire, capable de détecter les écarts par rapport aux conditions attendues, de signaler les défaillances de processus ou de fournir des données pour la gestion des risques. Cette distinction est particulièrement importante pour les préparations pour nourrissons, pour lesquelles les normes réglementaires et industrielles exigent des contrôles préventifs rigoureux et des mesures de protection de la chaîne d'approvisionnement qui privilégient l'élimination des risques plutôt que le recours aux analyses pour réduire les dangers identifiés. Le contrôle de la sécurité des produits laitiers doit prendre en compte les risques chimiques et microbiologiques (par exemple, la prévention de la contamination, le respect des limites maximales de résidus/des apports journaliers admissibles, la pasteurisation, la maîtrise du temps et de la température, l'hygiène). La communication sur la sécurité des produits laitiers doit distinguer la simple détection d'un danger (potentiel) d'un risque réel (probable). Ainsi, une détection hors contexte (dose, voie d'exposition, sensibilité) peut susciter une inquiétude disproportionnée.

Néanmoins, des événements passés et actuels démontrent que des tests (même de routine) peuvent parfois générer une inquiétude au sein du public. Dans une minorité de cas, ces alertes ont été liées à des dommages réels, mais bien plus souvent, elles ont reflété des « faux positifs » ou des résultats mal interprétés (parfois délibérément) hors de leur contexte. Les rappels de produits, qu'ils soient essentiels (problème connu) ou préventifs (problème potentiel), peuvent faire partie de ces événements, où le public est alarmé par tous les aspects, y compris la couverture médiatique et les pénuries de produits qui en résultent (avec un risque d'achats paniqués de produits alternatifs, si ceux-ci continuent d'être perçus comme sûrs). Même dans le cadre de rappels préventifs, la méfiance du public envers les produits alimentaires semble souvent dépasser le cadre des marques, des produits et des zones géographiques concernés ; paradoxalement, une culture de la sécurité des aliments caractérisée par peu d’avertissements préventifs semble renforcer la confiance.

À titre d’exemple de cette méfiance généralisée, Sariman et al. 2025 ont fourni des informations intéressantes sur les incidents liés aux préparations pour nourrissons survenus aux États-Unis en 2025. Les nouveau-nés ont des besoins nutritionnels spécifiques et essentiels, auxquels le lait maternel répond de manière optimale.

Lorsque l’allaitement maternel est impossible ou insuffisant, les préparations pour nourrissons disponibles dans le commerce, dont beaucoup sont à base de produits laitiers, constituent une solution de remplacement nutritionnellement complète. Par conséquent, les parents et les personnes en charge des nourrissons s’attendent, à juste titre, à ce que ces préparations soient au moins aussi sûres (voire plus) que les autres modes d’alimentation infantile. Toute incertitude, réelle ou perçue, quant à la sécurité de ces produits suscite donc une vive inquiétude au sein du public, ce qui peut, par ricochet, influencer les pratiques en matière d’alimentation des nourrissons. Sariman et al. (2025) ont mis en évidence des comportements préoccupants chez les consommateurs, sources de nouveaux risques, tels que le constitution de stocks, la dilution des préparations pour nourrissons ou encore la préparation de formules « maison ».

Dans cet article, nous examinons deux études de cas illustrant la manière dont la perception et les comportements du public peuvent être affectés. La première concerne l’affaire de la contamination à la mélamine en Chine en 2008 : une falsification délibérée d’ingrédients laitiers a entraîné des lésions rénales chez des nourrissons chinois, provoquant même des décès tragiques. La seconde porte sur une enquête publiée en 2025 par Consumer Reports, faisant état de la présence de divers « contaminants chimiques » (un terme employé par Consumer Reports et généralement perçu comme ayant une connotation négative) dans des préparations pour nourrissons ; dans ce cas précis, aucune preuve épidémiologique de préjudice pour les nourrissons n’a été établie. Pour chaque étude de cas, nous distinguons les faits empiriques, mesures validées, données toxicologiques et cliniques, événements documentés au sein de la chaîne d’approvisionnement, des récits qui ont émergé par la suite dans les sphères techniques, réglementaires et médiatiques.

Nous utilisons ces exemples pour illustrer un phénomène plus large : l’évolution des discours publics sur la sécurité des aliments s’éloigne souvent des données techniques, en particulier lorsque des informations contextuelles plus globales (telles que l’évaluation de l’exposition, les seuils toxicologiques ou la réglementation des pratiques de production) ne sont pas communiquées, voire sont présentées de manière erronée. Dans l’affaire de la mélamine, les faits attestent d’une falsification délibérée ayant entraîné des préjudices cliniques avérés ; dans l’exemple de Consumer Reports, les faits se limitent à des mesures analytiques, sans contexte clinique ou épidémiologique confirmant l’existence d’effets néfastes. Pourtant, dans les deux cas, ces événements peuvent être invoqués, parfois de manière irrationnelle, dans les discours et les comportements du public par la suite. Par exemple, un parent ou un responsable d’enfant inquiet, qui prépare un lait infantile « maison » pour parer à un risque perçu de contamination, peut involontairement exposer l’enfant à un risque élevé de malnutrition ou à d’autres dangers. L’origine d’un tel comportement peut, semble-t-il, être attribuée à des craintes amplifiées par certains types de récits portant sur des incidents antérieurs.

Les êtres humains intègrent les informations par le biais de cadres narratifs ; des récits percutants ont souvent plus d’influence que des arguments techniques nuancés. Comme l’a fait remarquer Housel, 2023, « c’est la meilleure histoire qui l’emporte » ; autrement dit, la saillance et la résonance émotionnelle dictent souvent davantage l’interprétation du public que la rigueur analytique. Un récit qui interprète mal ou applique de manière erronée des données probantes peut ainsi s’imposer et susciter des comportements en contradiction avec les recommandations fondées sur l’évaluation des risques. Ce phénomène est exacerbé lorsque les résultats techniques sont décontextualisés lors de leur passage de la littérature scientifique spécialisée vers les médias grand public ou les plateformes sociales.

Dans le domaine de la sécurité des aliments, les données brutes comprennent des mesures microbiologiques et chimiques validées, des études toxicologiques in vitro et in vivo, des observations cliniques contrôlées ainsi que des enquêtes épidémiologiques. La traduction de ces données en messages cohérents destinés au public exige une contextualisation minutieuse (prenant en compte, par exemple, la dose d’exposition, la biodisponibilité et les populations vulnérables), ainsi qu’une communication claire sur les incertitudes et les limites des résultats. Lorsque le contexte est perdu, l’interprétation du public peut devenir inexacte et disproportionnée par rapport au risque réel ; de telles représentations erronées peuvent alors facilement devenir « virales ». Un exemple extrême, issu de la littérature technique (Poonia et al., 2017), est l’idée selon laquelle « ajouter de l’eau au lait est dangereux », sans pour autant préciser les circonstances. Une telle affirmation ne peut être vraie sans son contexte : les personnes qui ajoutent frauduleusement de l’eau au lait le font parfois de telle manière qu’elles introduisent d’autres dangers.

Les études de cas présentées ici visent à illustrer comment des messages techniques peuvent être déformés au fil des canaux de communication. Le modèle classique de Lasswell pose la question suivante : « qui dit quoi, par quel canal, à qui et avec quel effet ? » ; ce modèle englobe non seulement les mots, mais aussi les images, les vidéos, le ton, le langage corporel et d’autres éléments de communication. La présente analyse se concentre uniquement sur la première composante, « qui dit quoi », et n’évalue pas directement les effets de la communication. Pour illustrer une éventuelle influence sur le public, nous retenons une hypothèse prudente selon laquelle les résultats de recherche sur Google les mieux classés pourraient façonner les comportements par un phénomène d’alignement sur les tendances. Les effets réels pourraient être moins marqués ; par exemple, les parents qui envisagent d’utiliser du lait infantile sollicitent généralement l’avis de professionnels de santé ainsi que des sources médiatiques (Appleton et al., 2022). Les exemples doivent donc être interprétés comme des illustrations qualitatives de récits déformés, plutôt que comme des estimations de leur prévalence ou de leur impact.

L’objectif de présenter ces études de cas n’est pas de nier les préoccupations légitimes suscitées par des incidents liés à la sécurité des aliments, mais de favoriser une prise de conscience sur la manière dont les canaux de communication façonnent la compréhension et les comportements du public. Cela est particulièrement crucial lorsque ces comportements engendrent des risques nouveaux, potentiellement bien plus graves. Nous analysons la façon dont les messages techniques peuvent être déformés au fil de leur diffusion et identifions des points précis où ces défauts de communication peuvent être atténués. À la suite de ces études de cas, nous formulons des recommandations visant à accroître la fidélité des récits publics concernant la sécurité des aliments ; celles-ci mettent l’accent sur une présentation des faits fondée sur des données probantes, une clarification des notions d’exposition et de risque, ainsi qu’une communication proactive auprès des parties prenantes. Bien que le récit le plus marquant continue probablement de dominer la perception du public, des stratégies de communication réfléchies et transparentes permettent de construire des récits plus conformes aux données techniques, favorisant ainsi, de manière plus efficace, des comportements sains et sans danger.

Deux études de cas sont proposées :

- Étude de cas 1 : Falsification à visée économique et catastrophe liée à la mélamine en Chine en 2008
- Étude de cas 2 : Contaminants dans les préparations pour nourrissons et réactions à une enquête de Consumer Reports aux États-Unis

Conclusion

Les récits viraux et chargés d'émotion continueront d'apparaître car ils sont simples et percutants, même s'ils ne sont pas nécessairement exacts. Les deux études de cas présentées ici illustrent comment une peur disproportionnée peut naître lorsque des résultats sont rapportés hors contexte. Une terminologie claire, des données contextualisées (y compris les résultats négatifs de routine) et un leadership serein et fondé sur des preuves peuvent réduire les erreurs d'interprétation et contribuer à préserver, voire à renforcer, la confiance du public dans la sécurité des aliments.

Ces mesures s'appliquent à un large éventail de risques pour la sécurité des aliments, qu'ils soient chimiques, microbiologiques ou liés à des corps étrangers, où le risque réel doit primer sur les récits sensationnalistes. Les recommandations formulées ici ne sont pas exhaustives ; toutefois, une meilleure contextualisation et une communication plus efficace contribueront à atténuer la propagation et l'impact des informations trompeuses.

NB : Précision l’expression et al. après un auteur est l'abréviation de la locution latine et alii (ou ses variantes et aliae, et alia). Elle signifie littéralement « et les autres ». D’où l’usage de l’écrire en italiques.

L'aconit et son actualité en 2026

La racine d'aconit (Aconitum napellus ou aconit napel) est considérée comme une des plantes la plus toxique d'Europe. Selon les spécialistes, il suffirait d'ingérer entre un et trois grammes de sa racine pour provoquer une réaction mortelle dans l'heure qui suit. Cette plante est appelée la « reine des poisons ».

L’Anses, en 2019, a publié un avis relatif à « une demande d’avis lié à un projet d’arrêté relatif à l’information préalable devant être délivrée aux acquéreurs de végétaux susceptibles de porter atteinte à la santé humaine ».

L’aconit ou son autre nom vernaculaire est cité, page 25, comme étant « une espèce végétale pouvant être toxique en cas d’ingestion ».

Mais en page 72, elle est citée comme une « plante toxique en cas d’ingestion. Peut être mortelle en cas d’ingestion. Plante également toxique pour les animaux. Parties toxiques de la plante : toutes les parties de la plante sont toxiques. »

L’actualité a jeté son projecteur sur deux affaires en 2026 et … la racine d’acronit.

1. Selon ce site d’informations du 21 octobre 2026, « Arsenic végétal ou reine des poisons » … en Seine-et-Marne, un homme gravement intoxiqué avec une racine mortelle

Un homme a été gravement intoxiqué, après l’ingestion de racines d’une plante dangereuse, mercredi 21 octobre 2026 au Mée-sur-Seine. L’empoisonnement pourrait être volontaire. »

Les belles fleurs de l’aconit, souvent violacées, lui valent les noms de «  Casque-de-Jupiter » ou « Tue-Loup », mais la toxicité de la plante est aussi à l’origine d’appellations comme « arsenic végétal » ou « reine des poisons ».

Ce charmant végétal a comme vous l’avez lu aussi de très nombreux noms, liste non officielle, casque de Jupiter ou casque de Minerve, char de Vénus, capuchon de moine (ou Capuce de moine), sabot du pape, aconit faux navet (en raison de la forme de ses racines), napel ou napel bleu, pistolet, coqueluchon, herbe aux loups, tue-loups ou étrangle-loups , casque bleu, etc.

2. C’est aussi dans les romans et aussi au cinéma que cette plante a inspiré des faits divers comme celui relaté par Le Parisien, dont le jugement a eu lieu en mars 2026,

« De l’aconit dans un plat, du ricin dans les olives… Amélie D. jugée pour avoir empoisonné son compagnon, comme dans « Breaking bad », avec l’aide de sa mère. La fille, Amélie D. entretenait une relation toxique avec Enrique B, qu’elle a tenté à plusieurs reprises d’empoisonner avec l’aide de sa mère. Les deux femmes encourent la réclusion à perpétuité. »

Vient ensuite l’aconit, une plante toxique, saupoudré sur un plat de chili con carne. Enrique B. se rappelle avoir eu des « fourmis dans la bouche » et des frissons dès les premières bouchées. Il « croit mourir » ce jour-là. Il y aura aussi le ricin, glissé dans un paquet de tabac et dans un sachet d’olives, qu’Enrique B. n’a finalement pas consommé.

« Je reconnais les faits », a déclaré à l’ouverture du procès Amélie D., 37 ans, cheveux blonds détachés, en veste de tailleur noire. Elle a nié lors de l’enquête avoir voulu le tuer. Aux enquêteurs, elle avait expliqué s’être inspirée de plusieurs séries télévisées : l’aconit, elle l’a vue dans un épisode de « You », le ricin dans une scène de « Breaking Bad ».

Les accusées, Amélie D. et sa mère Carole D., ont été reconnues coupables et condamnées respectivement à 20 ans et 15 ans de réclusion criminelle ...

vendredi 23 octobre 2026

Considérations sur les rappels de produits alimentaires en France

Sur les rappels de produits alimentaires, tout le monde a une idée sur l'importance du nombre de rappels …

Le blog a adopté une position constante, il y a trop de rappels de produits alimentaires, et sans doute beaucoup trop en France, surtout si l’on se compare avec les autres pays européens, voire même avec les États-Unis, c’est dire !

- 3 243 en 2021 (de mars à décembre 2021)

- 2 441 en 2022
- 2 022 en 2023
- 2 086 en 2024
- 2 323 en 2025
- 1858 au 23 octobre 2026

Ce qui semble acté est une constance autour des plus de 2 000 rappels annuels ; l’année 2026 dépassera-t’elle les données de l’année 2025, la question

reste d’actualité …

Pourquoi est-ce important d’avoir un indicateur sur le nombre de rappel de produits alimentaires faible ?

Le nombre de rappels fait partie des indicateurs clés de la sécurité des aliments, avec le nombre d’inspections en sécurité des aliments, qui viennent, depuis deux ans, d’augmenter significativement, sans qu’on connaissance pourtant les objectifs visés par cette soudaine augmentation ; le troisième indicateur est le nombre de toxi-infections alimentaires collectives dont on sait, via Santé publique France, que les données 2024 demeurent trop élevées, et ce, depuis trois ans ...

Dans une émission de radio de 2025, la question était, « Pourquoi y a-t-il autant de rappels de produits alimentaires?». La réponse tient en gros avec cette phrase, « Une hausse réelle mais à relativiser ».

Le ministère de l'Agriculture nuance le nombre de rappels dans l'alimentaire en expliquant que « pour une même alerte sur un produit, il peut y avoir une seule ou de nombreuses fiches sur RappelConso, en fonction du nombre de présentations commerciales du produit soumis à alerte ». Pas très convainquant ...


« Il est normal d'observer une montée en puissance. La visibilité du nombre de rappels en cours donnée par le site Rappel conso peut être vue positivement: en France, il existe un haut niveau d'information des consommateurs sur les produits sur le marché qui ne devraient pas être consommés », selon le ministère de l’agriculture. Toujours pas convainquant ...

La Voix du Nord signale en juillet 2025, « Plus de cinq alertes par jour sur toute l’année » et pose la question sans y répondre, «

 pourquoi y a-t-il autant de rappels de produits alimentaires ? »

Sur ce site de consommateurs, cet article de mars 2026, « Les rappels de produits alimentaires : une hausse inquiétante ou un signe de progrès ? »

Des chiffres en constante augmentation et une conclusion, « la hausse des rappels alimentaires n’est pas forcément synonyme de baisse de qualité, mais plutôt d’un système de contrôle plus efficace et plus réactif. Elle invite cependant à rester vigilant et à exiger toujours plus de transparence de la part des industriels et des autorités. »

Plus récemment, en septembre 2026, le site Alerte-Conso, que je découvre, et qui me semble très bien fait, indique dans « Toujours plus de rappels produits, vraiment ? »,

Lors de mes échanges, on me dit souvent, comme un constat non réfutable, qu’il y a de plus en plus de rappels… J’ai donc regardé les chiffres et, surtout, ce qui se cache derrière leur évolution. Avec seulement quatre années complètes, la réponse est moins spectaculaire que le total.

Pour les produits alimentaires, « Je n’en conclus pas pour autant que 2026 finira au même niveau que les années précédentes. Les rappels alimentaires sont déjà 6,2 % plus nombreux qu’à la même date en 2025, et l’année peut donc finir au-dessus de 2025. Pour le moment, c’est un signal de hausse… Pas une explosion ;) ».

Ce qu’il y a d’intéressant dans ce site est qu’il indique régulièrement combien de temps se passe entre la commercialisation et la publication du rappel; autrement dit, pour ce produit donné, c’est un exemple, il est indiqué que le rappel a été publié 8 jours après la fin de vente.

Cela vient contredire ce que rapporte le ministère de l’Agriculture, « Le site RappelConso permet à chaque consommateur de trouver toutes les informations utiles à l’occasion d’un rappel de produit. », et précisément, c’est ce qui lui est souvent reproché, la réponse de nos autorités n’est pas assez proactive !

Enfin, sur le site Alerte-Conso, dans l’observatoire des rappels de produits, vous trouverez ce qui suit :

- Par famille de risque : microbiologique, chimique, allergène, physique ou non-conformité (j'aurais mis Par famille de danger)
- Dans les rappels alimentaires : Listeria, Salmonella et E. coli (STEC)

Trois suggestions pour ce site, à qui je souhaite longue vie, 

i) compléter la liste des distributeurs et enseignes avec Lidl et Aldi, 
ii) compléter la liste des pathogènes en y ajoutant Staphylococus aureus, Bacillus cereus et norovirus et parmi les contaminants chimiques, ajouter les mycotoxines, et, 
iii) établir la liste des rappels de produits alimentaires issus de l’agriculutre biologique ou bio.

MàJ du 24 ocrobre 2026. 

1. On lira avec intérêt, sérieux et amusement l’article d’André Heitz, « Rappels conso : un peu de pédagogie », paru sur son blog Agriculture, alimentation, santé publique... soyons rationnels.
Il prend prétexte d’un rappel de produit, dix jours après la fin de la commercialisation, pour faire un peu de pédagogie.
« Surtout ne les consommez pas » est une injonction fréquente des médias qui relaient les rappels conso.
Cette démonstration est à lire sans modération !

2. Cela augmente en ce 24 octobre 2026, nous en sommes désormais à 1 871 rappels pour octobre 2026 !

jeudi 22 octobre 2026

DGCCRF : bilan des contrôles en matière d’alimentation durable

La DGCCRF dresse le bilan de ses contrôles en matière d’alimentation durable, c’est-à-dire les résultats de ses contrôles auprès de plus de 6 500 professionnels, à tous les stades de la chaîne de valeur, du champ à l’assiette en passant par la distribution et les cantines.

Pour la DGCCRF, l’alimentation durable est « une thématique clé pour la protection de l’environnement. Lutter contre le greenwashing sur les produits alimentaires et les modes de production, notamment sur l’agriculture biologique, et accompagner les nouvelles pratiques alimentaires. »

Comme souvent avec la DGCCRF, il y a des chiffres (voir en fin d’article), mais hélas, relativement peu ou pas de détails, dommage !

- En 2024 et 2025, plus de 4 800 professionnels ont été contrôlés, dont 15,5 % on fait l’objet de suites correctives et répressives. Les contrôles ont notamment mis au jour une absence de certification et de notification de l’activité à l’Agence bio.

- En 2025, plus de 460 professionnels, dans les secteurs des fruits et légumes et du vin, ont été contrôlés, avec une attention particulière portée aux allégations relatives à l’absence de pesticides, d’OGM, à la mention « issu d’une exploitation de Haute Valeur Environnementale » et aux labels privés.

- Les enquêtes menées par la DGCCRF en 2024 et 2025 auprès de plus de 600 établissements avaient pour objectif de s’assurer du respect des engagements pris par les fournisseurs et les prestataires de services, et de s’assurer de la loyauté des informations communiquées aux usagers.

- Plus de 115 avertissements ont par ailleurs été adressés en 2024 et 2025 aux collectivités, établissements gestionnaires de cantines et prestataires, en raison d’une méconnaissance de la réglementation, permettant de leur rappeler leurs obligations en matière d’information loyale du consommateur compte tenu des écarts constatés entre les logos et mentions apposés sur les menus et les produits effectivement proposés.

Accompagner l’évolution des pratiques alimentaires et la réduction des déchets dans la restauration

L’émergence de nouveaux produits et de nouvelles tendances de consommation justifie l’intérêt porté par la DGCCRF aux produits végétaux, végans, boissons végétales, substituts végétaux aux produits carnés. En 2024, des contrôles ont été réalisés auprès de 200 professionnels, visant à garantir une information fiable en matière de composition et d’étiquetage, particulièrement scrutés par les consommateurs (apports nutritionnels, allégations).

Les enquêteurs ont sanctionné les manquements les plus graves, comme la présence d’allégations « sans additifs » dans la communication d’un foodtruck qui utilisait des saucisses végétales contenant de nombreux additifs, ou des écarts entre les valeurs nutritionnelles mesurées et les valeurs déclarées.

La DGCCRF a également vérifié le respect, par près de 800 professionnels de la restauration, de leur obligation d’utiliser de la vaisselle réemployable, de fournir des contenants permettant la remise de « doggy-bags » et de mettre à disposition de l’eau potable gratuite.

Si une large majorité des restaurateurs contrôlés connaissent désormais et respectent les premières obligations, les contrôles ont en revanche montré que près de la moitié ne respectaient pas les obligations relatives à la mise à disposition d’eau potable gratuitement et à l’information des consommateurs à ce sujet.

Plusieurs amendes ont été adressées aux restaurateurs qui connaissaient leurs obligations mais refusaient de servir gratuitement de l’eau potable, certains estimant que l’offre payante d’eau filtrée proposée suffisait.

La DGCCRF poursuit, au-delà de ses enquêtes, la sensibilisation des professionnels de ce secteur à ces dispositions, essentielles pour la protection des consommateurs particulièrement en période de fortes chaleurs.

Suit enfin un bilan avec les chiffres-clés :

- Enquêtes 2024-2025 :
7
- Nombre d’établissements contrôlés :
6 500
- Taux de suites correctives et répressives (injonctions de mise en conformité, amendes administratives et procès-verbaux pénaux) :
15%
- Injonctions de mise en conformité :
800
- Procès-verbaux pénaux transmis au Parquet :
170
- Avertissements (suites pédagogiques) :
1 100

Commentaire
J’ai comme l’impression que je n’ai pas une alimentation durable, est-ce grave ?

Les œufs suédois sont, paraît-il, moins contaminés par Salmonella que ceux de l’UE

Ils s’en posent des questions nos amis suédois, jugez plutôt …

L'Agence nationale suédoise de l'alimentation veille à ce que les aliments produits, vendus et servis en Suède soient sûrs et conformes aux normes de qualité, pour une société où il est facile de se nourrir sainement et durablement, et pour un approvisionnement en eau et en aliments sûr au quotidien et en temps de crise. Par « aliments sûrs », nous entendons que personne ne tombe malade à cause de substances dangereuses ou d'infections présentes dans les aliments ou l'eau potable. Nos outils sont la connaissance, le conseil, la réglementation et le contrôle.

Ce rapport, commandé par l'Unité d'hygiène alimentaire de l'Administration nationale suédoise de l'alimentation, traite des risques de salmonellose liés aux œufs en Suède. Il vise à servir de base à la révision des recommandations actuelles destinées aux consommateurs et aux professionnels de la restauration, notamment dans le secteur public. 

Le rapport L 2026 n° 06, « Risques liés à la présence de Salmonella dans les œufs sur le marché suédois », publié par l'Administration nationale suédoise de l'alimentation (Livsmedelsverket) en avril 2026 propose une base de décision pour les futurs conseils diététiques et les décisions politiques concernant les œufs suédois crus ou à la coque.L'étude estime que le risque pour les consommateurs suédois est nettement inférieur à la moyenne européenne. Le rapport complet est en suèdois, seuls le titre et le résumé sont en anglais.

Résumé

Ce rapport examine les risques associés à la présence de Salmonella dans les œufs commercialisés en Suède, en se concentrant tout particulièrement sur le sérotype Salmonella Enteritidis. La prévalence des salmonelles au sein des élevages de poules pondeuses en Suède a historiquement été très faible. Cela s'explique principalement par un programme national de contrôle complet, incluant des échantillonnages réguliers et des mesures strictes en cas de résultat positif. Par conséquent, les œufs suédois ont longtemps été considérés comme sûrs.

Ces dernières années, on a observé une évolution dans la répartition des sérotypes présents dans les élevages suédois. Depuis 2021, Salmonella Enteritidis est devenu le sérotype le plus fréquent, alors qu'il était auparavant rare. Cette évolution est significative, car ce sérotype possède une capacité particulière à infecter les organes reproducteurs des poules. En conséquence, le contenu de l'œuf peut être contaminé avant même la formation de la coquille. Cela entraîne un risque accru d'infection lors de la consommation d'œufs crus ou insuffisamment cuits.

Malgré cette évolution, la prévalence globale des salmonelles demeure faible en Suède. Sur la période 2015-2024, des salmonelles ont été détectées dans 0,42 % des élevages examinés. La prévalence de Salmonella Enteritidis s'est établie, en moyenne, à 0,10 %. Entre 2021 et 2024, cette proportion a atteint 0,21 %, avec un pic à 0,34 % en 2022. Par rapport à la moyenne de l'Union européenne, où la prévalence de Salmonella Enteritidis avoisine 1 %, les taux observés en Suède restent nettement plus bas.

L'évaluation des risques présentée dans ce rapport repose sur une modélisation de la probabilité qu'un œuf soit contaminé en interne par Salmonella Enteritidis. Les résultats indiquent qu'environ 0,9 à 1,4 œuf par million produit en Suède pourrait être contaminé. À titre de comparaison, ce chiffre est d'environ 4,4 œufs par million au sein de l'Union européenne. Le risque estimé de contracter une maladie en consommant des œufs crus ou peu cuits en Suède se situe entre 0,09 et 0,21 cas par million de consommateurs. Cela correspond, approximativement, à une proportion comprise entre un quart et un tiers du risque observé au sein de l'Union européenne.

La taille de l’élevage influe sur le risque global. Les grandes structures peuvent, en valeur absolue, produire davantage d’œufs contaminés que les plus petites. Une infection au sein de grands élevages peut donc entraîner des conséquences plus importantes. Par ailleurs, le risque global à l’échelle de la population dépend avant tout de la prévalence de l’infection au sein des élevages.

En résumé, le rapport indique que le risque d’exposition à Salmonella Enteritidis via les œufs a légèrement augmenté en Suède ces dernières années, tout en restant à un niveau faible. Malgré cette hausse, ce risque demeure, en Suède, inférieur à la moyenne observée dans l’Union européenne.

mercredi 21 octobre 2026

Agriculture : quand l’audiovisuel public cautionne le semis de plantes invasives [par Jean-Paul Pelras]

« Agriculture : quand l’audiovisuel public cautionne le semis de plantes invasives » par Jean-Paul Pelras*

A la suite d’André Heitz du blog Agriculture, alimentation, santé publique... soyons rationnels, je me permets l'« emprunt » d'une chronique publiée dans Le Point. En ces temps de convergence des luttes, il y a aussi des convergences d'indignations.

Chronique. Sur France Inter une chroniqueuse encourage à cultiver une mauvaise herbe, dont la prolifération est pourtant redoutée par l’Anses et le monde agricole.

L’actualité étant de toute évidence consacrée à la convergence des luttes, évoquons l’émission intitulée La Terre au carré diffusée du lundi au vendredi sur France Inter. Une émission dédiée à l’écologie où, le 14 octobre dernier, Ophélie Damblé, youtubeuse connue sous le pseudonyme de Ta Mère Nature, était invitée au micro de Mathieu Vidard pour y lire sa chronique, sans être dérangée par le moindre contradicteur.

La vidéaste aux 200.000 abonnés sur Instagram commença son propos en vantant les atouts de l’amarante, plante résistant au glyphosate [elle n'est pas résistante partout], dont certaines variétés, grâce à la sélection naturelle, pourraient être consommées comme céréales. Une information qui aurait mérité l’avis de ceux qui ne peuvent se contenter d’expériences lunaires pour nourrir, trois fois par jour et 365 jours par an, 68 millions de Français.

L’amarante pas si marrante

En 2025, un rapport de l’Anses (Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail) mettait, à ce titre, en garde contre la prolifération possible de l’amarante de Palmer, très invasive et, effectivement, résistante à plusieurs herbicides. Avec des pertes de rendements constatées aux États-Unis de 91 % sur le maïs et de 79 % sur le soja.

Présente dans les pays transfrontaliers, l’amarante pourrait rapidement coloniser champs, vignes et vergers avec, toujours selon l’Anses, une probabilité « très élevée » d’introduction en France. La même agence, dans son rapport de décembre 2025, recommande de classer l’amarante de Palmer comme organisme nuisible, sachant que, si aux États-Unis elle impacte les secteurs céréaliers, viticoles et maraîchers, en Espagne et en Italie c’est la luzerne qui est concernée. D’où les réserves émises sur le soja et le maïs importés ainsi que sur les aliments pour bétail.

Et la chroniqueuse de poursuivre en évoquant ladite « résistance » de certaines plantes qui serait, selon elle, devenue « un symbole politique ». D’où, non sans une certaine satisfaction, l’énumération d’actions menées par des activistes : « En avril dernier, dans le Finistère, des militants ont semé des graines dans un champ de tulipes industrielles accusées de polluer les sols et l’eau avec des pesticides. En juillet 2024, dans les Deux-Sèvres, des militants ont fait voler des cerfs-volants au-dessus d’une mégabassine pour larguer des lentilles d’eau. Petites plantes aquatiques qui se développent rapidement et peuvent boucher pompes et tuyaux mettant ainsi l’ouvrage hors d’état de nuire. »

La réalité des champs

Et ainsi de suite avant l’intervention de Mathieu Vidard, dépourvue de toute ambiguïté : « Est-ce que les plantes seraient la solution pour renverser l’agrobusiness ? » Réponse d’Ophélie Damblé : « Et si les autres êtres vivants n’étaient pas seulement des victimes qu’il fallait protéger, mais plutôt des alliés avec lesquels inventer d’autres moyens d’habiter le monde et de lutter ensemble. Franchement si ça donne quelques idées à nos lycéens actuellement dans la rue, ça me va ! »

Et voilà comment nous retrouvons la convergence des luttes entre ceux qui n’ont pas encore quitté l’école et ceux qui veulent les initier à l’écologie avec, offert en prime aux saboteurs en herbe, le tutoriel du petit semis contestataire. Qui dans le studio, ce jour-là, pour donner la mesure de ce que pourrait provoquer la prolifération d’une plante invasive, avec un impact sur le prix des denrées alimentaires en période de pénurie ? Et comment ne pas s’interroger sur la responsabilité du service audiovisuel public, qui maintient la diffusion de ce genre d’émission sans avis agronomique ou scientifique étayé.

Car il faut aussi se mettre à la place de celui qui écoute la radio sur son tracteur, dans son étable ou dans son champ, alors que depuis Paris, installés derrière un micro, des intervenants parlent de son activité sans jamais être interrompus, sans savoir forcément ce qu’il en coûte de cultiver, de nourrir et de protéger, de produire suffisamment pour rembourser ses prêts et rémunérer ses salariés, entre autres charges rarement évoquées par ceux qui se contentent d’idéaliser.

C’est ainsi que le rouleau compresseur des environnementalistes avance sur notre agriculture, jour après jour, émission après émission, pour affaiblir tout un secteur d’activité et, de facto, concéder des pans entiers de nos marchés traditionnels aux marchandises importées.

* Jean-Paul Pelras est écrivain, ancien syndicaliste agricole et journaliste. Lauréat du prix Méditerranée Roussillon pour « Un meurtre pour mémoire » et du prix Alfred-Sauvy pour « Le Vieux Garçon », il est l’auteur de 23 ouvrages dont « Le sacrifice paysan » paru aux éditions Erick Bonnier.

Source Agriculture : quand l’audiovisuel public cautionne le semis de plantes invasives.

NB : Les autres articles de Jean-Paul Pelras, qui n’ont pas pris une ride, sont à lire sur le blog : 1, 2, 3, 4, 5, 6, 7, 8, 9, 10, 11, 12, 13 et 14.