Le blog d'Albert Amgar
«L'hygiène, avant la microbiologie, n'est hygiénique que dans ses intentions. C'est la science des apparences qui repose entre des mains d'aveugles : est sain ce qui est beau, bon, et ne sent pas mauvais.» Pierre Darmon, L'homme et les microbes, Fayard, 1999.
lundi 9 mars 2026
La tolérance des désinfectants vis-à-vis de Listeria aux concentrations d'utilisation montre une association limitée avec les marqueurs génétique
Le mythe de la pomme empoisonnée revisitée
« Le mythe de la pomme empoisonnée », est un article du professeur Andreas Hensel, président du BfR, Instut fédéral de l’évaluation des en Allemagne, paru le 19 février 2026 dans le magazine "Land", publié par Familienbetriebe Land und Forst.
Comment les produits phytosanitaires sont-ils testés quant à leurs risques pour la santé ? Et pourquoi sont-ils sans danger lorsqu'ils sont utilisés conformément aux instructions, malgré toutes les critiques ?
Dans le conte de Blanche-Neige, c'est la méchante belle-mère qui empoisonne sa belle-fille avec une pomme. De nos jours, ce sont les résidus de produits phytosanitaires qui représentent un danger pour les consommateurs non avertis au rayon fruits et légumes des supermarchés. Bon, j'exagère un peu ...
Mais à peine. Car récemment, peu de gens dans ce pays semblent avoir une crainte plus grande que celle de ces résidus de pesticides. L'« Observatoire des consommateurs » de l'Institut fédéral allemand d'évaluation des risques ( BfR ) constate régulièrement dans ses enquêtes que deux tiers de la population sont préoccupés par ces résidus de pesticides.
Ces inquiétudes sont-elles justifiées ? Et d'où viennent-elles ?
« Substance toxique dans votre assiette », « Pesticides : quels aliments éviter ? », « Un danger dans votre panier » et « 140 pesticides dangereux découverts dans les aliments » sont des titres courants dans les médias grand public.
Au vu de ces informations alarmantes, il n'est pas étonnant que certaines personnes en aient des frissons dans le dos.
En règle générale, cependant, ce genre d'articles de presse cache un phénomène tout à fait banal. Même utilisés conformément aux instructions, il n'est pas rare de détecter des traces de produits phytosanitaires ou de leurs produits de dégradation dans ou sur les fruits, les légumes et autres aliments. Le facteur déterminant pour établir la dangerosité d'une substance n'est pas sa présence, mais sa concentration.
La dose fait le poison
Le médecin Paracelse l'avait déjà compris, il y a environ 500 ans lorsqu'il affirmait : la dose fait le poison. Cela signifie qu'une très faible dose d'une substance toxique en soi (comme l'atropine contenue dans la belladone) n'entraîne pas nécessairement d'atteinte à la santé. En revanche, une forte dose d'une substance inoffensive, voire essentielle (comme le sel de table), peut s'avérer dangereuse. Et lorsque les médias « découvrent » la présence de pesticides dans les aliments, il s'agit presque toujours de quantités infimes (et donc inoffensives).
Comment en être si sûr ?, pourraient se demander certains. La raison est que les substances actives des pesticides font l'objet de tests approfondis afin de détecter d'éventuels effets sur la santé. Ce n'est que lorsque ces tests ne révèlent aucun effet néfaste qu'une substance active est autorisée au niveau de l'UE. L'Institut fédéral allemand d'évaluation des risques (BfR) participe également à cette évaluation des risques.
Pour cette évaluation, le demandeur doit notamment fournir des études dans lesquelles la substance a été testée sur des animaux. Sur la base de ces informations, des valeurs guides toxicologiques (ou quelques fois appelées valeurs limites) sont établies pour la substance. Ces valeurs indiquent la quantité maximale de la substance qui ne provoque aucune modification dangereuse détectable chez l'être humain.
Une fois autorisée,
une substance peut entrer dans la composition d'un produit
phytopharmaceutique (PPP). Les PPP sont des préparations disponibles
dans le commerce qui peuvent contenir une ou plusieurs substances et
additifs. Contrairement à l'autorisation européenne de la
substance, l'autorisation d'un PPP est délivrée au niveau national,
dans le pays où il sera commercialisé ou utilisé.
L'Institut fédéral allemand d'évaluation des produits phytopharmaceutiques (BfR) évalue les produits phytopharmaceutiques en termes de santé humaine et animale, de prévention des risques sanitaires liés à la contamination des sols et de méthodes d'analyse des résidus. Tous les groupes de personnes potentiellement concernés sont pris en compte : consommateurs, utilisateurs, travailleurs, riverains et personnes présentes à proximité (comme les promeneurs). La substance, dans le cadre de l'utilisation prévue du PPP, fait l'objet d'un nouvel examen approfondi en vue de son autorisation. Celle-ci n'est pas accordée de manière générale, mais uniquement pour une culture spécifique, comme les pommes, les raisins ou les tomates.
Limite maximale de résidus (LMR) : ce qui est encore autorisé
Il est impératif de garantir que les résidus de substances actives présents dans ou sur les denrées alimentaires ne présentent aucun risque pour la santé, que ce soit par ingestion quotidienne tout au long de la vie ou par la consommation de grandes quantités d’aliments en une seule occasion. À cette fin, le BfR réalise une évaluation complète des risques sanitaires des PPPs dans le cadre de la procédure d’autorisation et, sur cette base, établit des propositions de limites maximales de résidus (LMR). Il s’agit de concentrations maximales autorisées de substances actives de pesticides et de leurs produits de dégradation pouvant subsister dans les aliments. Le respect d’une limite maximale de résidus (LMR) détermine si un produit alimentaire est commercialisable ou doit être retiré du marché.
Comment le BfR détermine-t-il une limite maximale de résidus (LMR) ? Deux facteurs sont pris en compte,: premièrement, les valeurs guides mentionnées précédemment concernant l’apport de la substance active du pesticide contenue dans le produit phytopharmaceutique. Un exemple important est la DJA (Dose Journalière Admissible). La DJA correspond à la quantité d'une substance qu'une personne peut ingérer quotidiennement tout au long de sa vie sans risque sanitaire perceptible. La dose de référence aiguë (Acute reference dose ou ARfD) est également importante. Il s'agit de la quantité d'une substance qu'une personne peut ingérer avec des aliments au cours d'une journée sans risque sanitaire perceptible.
Par ailleurs, il est essentiel de prendre en compte la quantité d'une substance ingérée par un consommateur via son alimentation. Cette quantité est appelée « exposition ». En effet, la fréquence de consommation d'un aliment, comme les tomates ou les pommes de terre, ou sa rareté, comme les choux de Bruxelles ou les petits pois, a une incidence considérable. Des études de consommation fournissent des informations sur la consommation en Allemagne.
Autant que nécessaire, aussi peu que possible
L'exposition du consommateur est déterminée à partir de la quantité d'aliments habituellement consommés et du niveau de résidus présents dans ces aliments. Ce dernier peut être déterminé grâce à des études utilisant des produits phytopharmaceutiques (PPP) dans des conditions réalistes. Lors de la détermination du dosage d'une substance et de sa limite maximale de résidus (LMR) dans le produit, le principe ALARA («,aussi bas que raisonnablement possible »
ouAs Low As Reasonably Achievable ») s'applique. Une substance doit être efficace, bien entendu, mais elle ne doit pas non plus nuire à la santé.En résumé, le BfR n'autorise l'utilisation d'un produit phytopharmaceutique que si les résidus susceptibles de subsister sur les denrées alimentaires après utilisation prévue sont inoffensifs pour la santé et si des méthodes d'analyse appropriées existent pour contrôler ces résidus. C'est finalement la principale raison pour laquelle, malgré les nombreuses informations inquiétantes, nous pouvons encore croquer à pleines dents dans une pomme.
Danger ou risque : la nuance subtile
Il convient à présent d'aborder la différence entre les termes « danger » et « risque ». Dans le langage courant, ces deux termes sont souvent utilisés comme synonymes.
En toxicologie – la science des substances toxiques –, ces termes ont des significations différentes. Le danger désigne la possibilité (théorique) qu'une substance puisse causer un dommage. Le risque, quant à lui, désigne la probabilité (pratique) que ce dommage se produise réellement.
Exemple : Un tigre est dangereux, cela ne fait aucun doute. C'est une propriété intrinsèque. Mais il ne devient une menace réelle, et donc un risque, que lorsqu'il est en liberté. C'est seulement à ce moment-là que les médias en parlent. Un tigre en cage, en revanche, n'intéresse personne, aussi fort qu'il soit. Il en va de même pour la dose d'une substance, comme mentionné précédemment. La dose détermine si une substance est toxique, s'il existe un risque réel. Une dose élevée est synonyme d'exposition élevée. De nombreuses publications et articles de presse importants négligent ce lien. Ils parlent de pesticides « dans le panier d'achat » sans mentionner la dose, pourtant essentielle. L'accent est toujours mis sur le danger, et non sur le risque.
La controverse autour du glyphosate
Vous vous souvenez peut-être du vif débat suscité par l'herbicide glyphosate. Là encore, l'accent a été mis sur les notions de « danger » et de « risque ». Au cœur de ce débat se trouvait la classification du glyphosate comme « probablement cancérogène pour l'homme » par le Centre international de recherche sur le cancer (CIRC) en mars 2015. Cette classification reposait principalement sur le fait que le CIRC ne classe que les dangers. Une telle évaluation (qui est controversée dans le cas du glyphosate) identifie la propriété d'une substance susceptible de provoquer un cancer. Cependant, la classification du CIRC ne tient pas compte de la probabilité de survenue effective d'un cancer, car celle-ci dépend de la quantité ingérée. Il convient également de noter que l'Agence européenne des produits chimiques (ECHA) a déjà jugé à deux reprises qu'il n'était pas nécessaire de classer le glyphosate comme cancérogène.
En revanche, l'Institut fédéral allemand d'évaluation des risques (BfR) réalise une évaluation des risques dans le cadre de la procédure d'autorisation des pesticides. Outre l'analyse des dangers liés à une substance, cette évaluation prend également en compte l'apport estimé de cette substance. L'institut utilise ces informations pour déterminer le risque de développer un cancer. Après avoir examiné son évaluation des risques sanitaires, le BfR a conclu que, sur la base des connaissances actuelles, il est impossible d'établir un risque cancérogène pour l'homme lorsque le glyphosate est utilisé conformément à sa destination. Toutes les autorités d'évaluation du monde entier ayant eu accès aux données originales sont parvenues à la même conclusion. En un mot : l'écart entre le danger et le risque peut être considérable.
Alors pourquoi tant de personnes s'inquiètent-elles encore ? Plusieurs facteurs sont à prendre en compte. D'une part, il existe une peur instinctive de l'empoisonnement, inhérente à chacun d'entre nous. L'idée d'ingérer une substance toxique par le biais d'une pomme est, bien sûr, alarmante. Le fait que notre alimentation soit aujourd'hui plus sûre que jamais ne contribue guère à apaiser cette crainte. La peur est une émotion puissante qui, en cas de doute, l'emporte sur la raison. Cela est particulièrement vrai lorsqu'elle est associée à une méfiance envers l'« industrie agricole ».
Le mythe de la nature bienveillante
« Industrie agricole » est un mot-clé pertinent. Ce terme est souvent associé à une profonde méfiance envers l'agriculture moderne, fondée sur la technologie, avec ses machines, l'utilisation d'engrais et de pesticides synthétiques et la « stérilité » apparente des champs. Ce monde façonné et contrôlé par l'homme est opposé à une nature intacte, sauvage et primitive. J'appelle cela le mythe de la « nature bienveillante ». C'est un cliché largement utilisé en publicité. Il se complaît dans des images romantiques d'une vie rurale idyllique. Compréhensible, certes, mais bien loin de la réalité.
C'est un cadre conceptuel riche en contrastes. « Nature » et « humanité » s'affrontent. « Bio » se mesure au « chimique », le « naturel » à l'« artificiel », le « pur » à l'« impur », le « sain » au « nocif », le « spirituel » au « mécanique ». Bien sûr, à y regarder de plus près, ce ne sont que des contradictions apparentes. Après tout, l'être humain fait partie de la nature, toute vie est aussi une affaire de chimie, et Mère Nature produit les substances toxiques les plus puissantes ; elle peut donc assurément nous rendre malades.
Essence de la pomme
Le fait qu'une telle vision « dichotomique » des choses soit néanmoins très influente tient à ce que les psychologues appellent « l'essentialisme ». Il s'agit de la tendance humaine à attribuer une « essence » spécifique et immuable à toute chose. Dans le cas d'objets « naturels » comme une pomme issue de l'agriculture biologique, cette essence est pure, authentique et intacte. Si la pomme est traitée chimiquement, en revanche, son aura est impure, suspecte et de qualité inférieure. Peu importe que les deux pommes soient probablement identiques en tous points quant à leur composition. C'est leur essence qui les distingue, et cela comporte même une dimension morale : la nature innocente se heurte à la civilisation « corrompue » par l'homme. Le jeu du « bien » et du « mal » est clairement tranché.
Le monde réel n'est pas aussi manichéen que ces affirmations le laissent entendre. L'une des missions essentielles du BfR est d'informer le public sur les risques sanitaires. Pour ce faire, nous nous efforçons de dresser un tableau nuancé, plus complexe – ou coloré – que manichéen. Et nous n'occultons pas les lacunes de ce tableau, car il se doit d'être mis en lumière, la science étant un processus continu. Le vif intérêt que portent de nombreux citoyens et les médias à notre travail témoigne de l'importance accrue d'une éducation fondée sur les faits. Profitons des bienfaits de la connaissance !
Contrôles de l’huile d’olive dans l’UE: des auditeurs pointent des lacunes
Les règles européennes définissent des exigences minimales concernant l’étiquetage, la vérification des catégories et les analyses sur la présence de pesticides. Cependant, les auditeurs ont constaté que certains contrôles de conformité sont incomplets et que des segments du marché sont parfois exclus des contrôles fondés sur les risques. Ces lacunes pourraient nuire à la qualité du produit et, en définitive, saper la confiance des consommateurs.
Les contrôles visant à détecter la présence de résidus de pesticides dans l’huile d’olive européenne sont bien établis et aboutissent rarement à la détection de manquements. Ceux concernant d’autres contaminants sont en revanche incohérents et l’approche fondée sur les risques n’est pas toujours documentée. Bien que l’UE importe l’équivalent d’environ 9 % de sa production annuelle d’huile d’olive, les auditeurs ont constaté, dans les États membres qu’ils ont visités, que les contrôles sur la présence de pesticides et d’autres contaminants dans ces importations étaient soit inexistants soit sporadiques.
Les Vingt-Sept surveillent la traçabilité à des degrés divers lors de leurs contrôles de la sécurité et de la conformité des denrées alimentaires. Afin de renforcer la transparence et d’éviter les fraudes, des pays tels que l’Espagne et l’Italie utilisent des registres électroniques pour remonter jusqu’à l’origine des olives et de l’huile à tous les stades de la chaîne d’approvisionnement.
Cela étant, il s’avère difficile de suivre l’huile d’olive au-delà des frontières nationales, notamment lorsqu’elle provient de plusieurs pays européens ou qu’elle est obtenue par assemblage d’huiles originaires de l’Union et de pays tiers. En outre, aucune règle ou orientation n’indique précisément comment ou quand il faut contrôler la traçabilité. Enfin, certaines exigences légales – concernant, par exemple, l’assemblage d’huiles de différentes catégories ou années de récolte – manquent de clarté. Résultat: les pratiques varient d’un pays à l’autre, et la qualité des produits risque de s’en ressentir au fil du temps.
La Commission européenne ne connaît que partiellement le fonctionnement des systèmes de contrôle nationaux. Sa capacité à les surveiller efficacement est limitée, car les rapports annuels et les réunions avec les autorités nationales ne suffisent pas à partager toutes les informations pertinentes.
Source
- Rapport spécial 01/2026: Les systèmes de contrôle de l’huile d’olive dans l’Union européenne – Un cadre exhaustif, mais appliqué de manière inégale
- L’essentiel en un coup d’œil
vendredi 6 mars 2026
2025 : Les notifications au RASFF de l’UE toujours en hausse et les rappels en France de produits alimentaires en net rebond
Brève note factuelle ...
En 2025, il y a eu 5 344 notifications de produits alimentaires et de boissons au RASFF de l’UE versus 5 250 pour l'ensemble de l'année 2024, qui elles-mêmes avaient augmentées de 8% par rapport à 2023, un nouveau palier donc …
Selon mes informations, pour les produits d’origine France, il y a eu 265 notifications au RASFF de l’UE cours de l’année 2025 versus 272 en 2024 et la France a été à l’origine de 535 notifications en 2025 versus 614 en 2024.
Une analyse de l'année 2025 des notifications de produits alimentaires et des boissons selon le Sedgwick’s 2026 State of the Nation Product Safety and Recall Index report vient d'être publiée. Prudence lors de la lecture car les chiffres proposés ne sont pas toujours en adéquation avec les données de l’UE, même si les chiffres proposés indiquent une hausse des notifications.
Enfin, vous lirez avec intérêt l’analyse de Joe Whitworth dans Food Safety News, European analysis finds rise in recalls.
mercredi 4 mars 2026
De l'importance du nettoyage régulier du réfrigérateur, selon une étude
Tout consommateur connaît bien les études de l’Anses sur les réfrigérateurs dont Comment garantir l'hygiène des aliments dans son réfrigérateur ?
Une autre étude de l’Anses avait étudié la température des réfrigérateurs des Européens pour mieux protéger les consommateurs.
Cela étant, si la maîtrise de la température est essentielle, « Une mauvaise hygiène a plus d'influence sur la diversité microbienne que la maîtrise de la température ».
Une étude récente menée sur la température des réfrigérateurs domestiques a confirmé ce problème déjà connu : seuls 38% des réfrigérateurs examinés affichaient une température inférieure au seuil recommandé de 5°C. De plus, 24% présentaient des températures supérieures à 7°C.
L’étude de l'Université de médecine vétérinaire de Vienne (Vetmeduni) a révélé que les réfrigérateurs hébergent des communautés microbiennes complexes qui peuvent présenter un risque pour la sécurité des aliments plus important qu'on ne le pensait auparavant, et que le nettoyage du réfrigérateur est peut-être plus important que la maîtrise de la température dans la gestion de ces communautés.
Résumé
Les réfrigérateurs domestiques sont indispensables à la conservation des aliments, mais constituent également des réservoirs pour diverses communautés microbiennes, y compris des pathogènes potentiels. Les recommandations internationales préconisent une conservation à une température inférieure à 5°C, mais fournissent peu d'indications sur l'hygiène (nettoyage et désinfection) des réfrigérateurs domestiques. Cette étude examine comment la température et l'hygiène influencent la charge microbienne, la résistance aux antimicrobiens et la structure des communautés microbiennes dans les réfrigérateurs domestiques, grâce au séquençage par métagénomique shotgun. Des prélèvements effectués sur 45 réfrigérateurs ont révélé une diversité importante, avec Acinetobacter, Pseudomonas et Staphylococcus comme genres dominants. Seuls 38% des réfrigérateurs avaient des températures inférieures à 5°C, tandis que 24% dépassaient 7°C. La fréquence de nettoyage était le principal facteur associé à la charge microbienne et à la diversité, la charge élevée étant liée à un nettoyage peu fréquent. Des espèces pathogènes, notamment Bacillus cereus et Staphylococcus aureus, ont été détectées dans 60% des réfrigérateurs ; Listeria monocytogenes et Yersinia intermedia ont été observées sporadiquement. L'analyse du résistome a permis d'identifier des gènes de résistance aux antimicrobiens, notamment des variants de blaOXA, en particulier dans les réfrigérateurs plus anciens, révélant un potentiel réservoir domestique de résistance. Ces résultats soulignent la nécessité de recommandations plus claires concernant l'hygiène et la maîtrise de la température des réfrigérateurs domestiques, et contribuent à une meilleure compréhension des communautés microbiennes présentes dans ces appareils et de leurs implications pour la santé des consommateurs, participant ainsi à l'amélioration de la sécurité des aliments à la maison.
Références
vendredi 20 février 2026
La contamination de laits infantiles remonterait à 2024
La contamination des produits de nutrition infantile par la céruléide a été initialement détectée par Nestlé dans son usine de Nunspeet (Pays-Bas), fin novembre 2025, entraînant le blocage des approvisionnements. Un rappel de produits a été émis le 10 décembre 2025.
Une analyse de 65 lots d'huile d'acide arachidonique (ARA) reçus du producteur chinois entre avril 2023 et octobre 2025 a révélé une contamination remontant à octobre 2024 et qui a persisté tout au long de l'année 2025, avec la concentration la plus élevée dans les livraisons de juillet 2025.
Les fabricants de produits alimentaires (laitiers, riz, pâtes) quant à eux font appel à des laboratoires privés spécialisés équipés de la technologie LC-MS/MS (chromatographie en phase liquide-spectrométrie de masse).
Màj du 23 février 2026. On notera l'absence d'information de la part de Santé publique France, tout comme pour les Tiac de 2023, 2024, etc. ...
Màj du 27 février 2026. À compter du 26 février 2026, les importations d'huile d'acide arachidonique en provenance de Chine seront soumises à des conditions particulières à leur entrée dans l'Union. Chaque lot d'huile d'acide arachidonique originaire de Chine devra être présenté aux postes de contrôle frontaliers des États membres, où il fera l'objet de contrôles documentaires et, dans 50 % des cas, de contrôles physiques et d'identité. De plus, chaque lot devra être accompagné des résultats d'analyses de laboratoire et d'un certificat officiel, délivré par la Chine, attestant que les résultats des prélèvements et des analyses démontrent l'absence de céréulide.
samedi 7 février 2026
Mercosur, on est sûr de rien !
« Mercosur : le point » est un article synthèse d'Olivier Masbou paru sur son blog-notes le 3 février 2026
Tout va bien dans le système européen de contrôles des produits agricoles et alimentaires importés de pays tiers. C’est en substance ce que nous dit la Commission pour calmer les inquiétudes des Européens après la signature de l’accord de libre-échange avec les pays du Mercosur. Tout va tellement bien que la CE a indiqué, le 26 janvier, mettre en place « un groupe de travail pour renforcer les contrôles à l’importation en matière de sécurité alimentaire ». Tout va bien mais ça ira mieux demain ;
nous avons, récemment, interrogé la Commission, sur les contrôles des viandes bovines en provenance de la zone Mercosur. Nous publions sa réponse dans son intégralité : « L’audit de 2024 auquel il est fait référence a révélé que la supervision par les autorités brésiliennes du système dual de production des bovins était insuffisante ; En effet, les contrôles officiels ne permettaient pas de garantir pleinement la fiabilité des déclarations sous serment des éleveurs quant à la non-utilisation d’œstradiol à des fins zootechniques (reproduction) chez les bovins femelles destinés à l’abattage pour l’exportation vers l’UE ; Ce constat a conduit l’UE à formuler la recommandation n°2 du rapport d’audit de 2024 visant à remédier à cette lacune ; En réaction, le Brésil s’est engagé à mettre en place un protocole privé susceptible de traiter le problème identifié ; Afin de vérifier l’efficacité du dispositif brésilien, un audit de suivi fut réalisé au Brésil fin octobre 2025. Le rapport d’audit est en cours de finalisation et sera publié une fois prêt ; En d’autres termes, lorsqu’une défaillance est identifiée, il est demandé au pays tiers de mettre en place les mesures correctives nécessaires. Si jamais il s’avère que ces mesures sont insuffisantes, il est possible, en cas de risque sérieux pour la santé humaine et/ou animale, de procéder au delisting du pays tiers, c’est-à-dire de suspendre l’autorisation d’exportation vers l’UE pour les biens concernés. L’existence d’un accord commercial tel que l’accord UE-Mercosur ne modifie en rien cette approche ». Limpide et rassurant !
C’est par 334 voix contre 324 et 11 abstentions que les députés européens ont voté le 21 janvier en faveur d’une saisine de la Cour de justice de l’Union européenne. Une réelle victoire pour les agriculteurs européens qui ont manifesté massivement contre cet accord, victoire pour les Etats membres comme la France qui ont voté contre cet accord, et défaite pour la Commission, et singulièrement sa présidente qui n’a pas ménagé ses efforts pour faire passer cet accord en force, on peut l’écrire. Le vote en faveur de la saisine n’était pas acquis d’avance, et il a fallu aller chercher les voix une par une. Au récent congrès de l’UNPT, Céline Imart (député européen, PPE-LR) racontait comment, avec d’autres collègues français, elle est allée chercher le vote des socialistes roumains par exemple. Cette saisine est en principe suspensive de l’application de l’accord. Espérons que Mme von der Leyen sera bonne joueuse et ne décidera pas l’exécution provisoire de l’accord. Ce qui serait un véritable déni de démocratie.
Commentaire. Un déni de démocratie ? Un de plus pour la présidente de la CE ...
Màj : Le Parlement européen a définitivement adopté le 11 février une clause de sauvegarde qui comprend des mesures de protection des agriculteurs face à l’impact éventuel de l’accord commercial avec les pays latino-américains du Mercosur.
Màj du 27 février 2026. Ce qui devait arriver est hélas arrivé :
Malgré la saisine de la Cour de justice de l'UE par le Parlement européen, Ursula von der Leyen annonce l'application provisoire de l'accord commercial avec le Mercosur.
vendredi 6 février 2026
France: Les données des toxi-intoxications alimentaires collectives 2023 et 2024 vues par l'IA
Quand les données des Tiac en France sont confirmées par l'IA. Le blog vous avait proposé un article mettant en évidence une nette augmentation des Tiac en France en 2023 et 2024, ici, et cela semble être confirmé par l'IA. Rappelons que nous ne disposons que des données officielles de 2022, et pourtant, nous sommes en février 2026...
Évolution des TIAC en France (2022-2024) selon l’IA de Google
Indicateurs |
2022 (Consolidé) |
2023 (Estimations partielles) |
2024 (Tendance provisoire) |
Nombre de foyers déclarés |
1 924 |
~1 950 |
> 2000 |
Nombre de malades |
16 763 |
~17 000 |
~18 500 |
samedi 31 janvier 2026
Office Français de la Biodiversité : une nomination qui ne passe pas !
mardi 16 décembre 2025
Sécurité des aliments en France en 2025 : Un bien étrange bilan !
Chers Lecteurs,
1. Les rappels de produits alimentaires continuent sur leur lancée, après une baisse toute relative en 2023 et 2024, voici que 2025 aura été un bon cru. Voici les chiffres sur ces cinq dernières années :
Et pourtant les données des TIAC en 2022, 2023 et 2024 ne sont pas bonnes du tout ...
Les résultats produits éclairent les enjeux de santé publique, enrichissent les connaissances sur l’état de santé et fournissent des informations nécessaires pour guider les politiques de prévention et aider à réduire les inégalités sociales et territoriales de santé.
Totalement hors sol !


