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samedi 3 octobre 2026

Un projet financé par l'UE vise à développer des technologies innovantes pour la surveillance microbienne en continu de la chaîne d'approvisionnement de la volaille

« Un projet financé par l'UE vise à développer des technologies innovantes pour la surveillance microbienne en continu de la chaîne d'approvisionnement avicole », source Food Safety Magazine.

Un projet de recherche européen développe des technologies de détection photonique associées à l'intelligence artificielle (IA) afin de détecter, en temps réel, les problèmes liés à la sécurité des aliments, la qualité et au bien-être animal tout au long de la chaîne d'approvisionnement avicole.

Le projet Sensor4Food développera cinq technologies de détection photonique destinées à identifier les contaminations, les maladies et les problèmes de qualité aux étapes critiques de la production avicole. Les chercheurs étudieront également si les données recueillies tout au long de la chaîne d'approvisionnement pourraient servir de base à un système d'identification numérique, qualifié par le projet de « passeport avicole », reliant les informations relatives à la production, au transport, au bien-être et à la transformation des volailles.

Soutenu par une subvention de 6,98 millions d'euros au titre du programme « Horizon Europe » (action d'innovation), le projet Sensor4Food est coordonné par l'Université des sciences appliquées de Turku (Finlande) et se déroulera jusqu'en février 2030. Le consortium réunit 21 organisations à travers l'Europe, notamment des instituts de recherche, des experts du domaine, des partenaires industriels et l'Association des transformateurs et du commerce de volaille des pays de l'UE (AVEC).

Une attention particulière portée à Campylobacter

Le projet se concentre en partie sur l'amélioration de la détection de Campylobacter, bactérie responsable de la maladie infectieuse d'origine alimentaire la plus fréquemment signalée dans l'UE. L'EFSA estime qu'environ 9 millions de cas de campylobactériose humaine surviennent chaque année dans l'UE et que les poulets ainsi que la viande de poulet pourraient être directement à l'origine de 20 à 30 % de ces cas.

Une surveillance continue en temps réel

« La filière avicole européenne fonctionne à une cadence extraordinaire, transformant jusqu'à 20 000 poulets par jour et par site ; pourtant, nos contrôles de sécurité sanitair reposent encore sur des méthodes analogiques aux délais trop longs », a déclaré David Oliva, responsable des technologies cognitives à l'Université des sciences appliquées de Turku, également chercheur principal du projet Sensor4Food. « Prélever quelques échantillons aléatoires dans un camion et attendre une journée pour obtenir les résultats d'analyse crée une zone d'ombre importante. Notre ambition est de remplacer certaines de ces zones d'ombre par des informations beaucoup plus complètes et disponibles en temps réel. » Par exemple, chez un producteur de volaille participant au projet, l'aliment pour animaux est actuellement contrôlé par prélèvement d'échantillons à des points précis de chaque chargement de camion, lesquels sont envoyés en laboratoire pour analyse ; l'obtention des résultats prend environ une journée. Les chercheurs de Sensor4Food étudieront si la détection photonique pourrait, à la place, analyser l'aliment en continu lors du déchargement du camion, permettant ainsi de surveiller la quasi-totalité de la cargaison plutôt que de se fier à des prélèvements aléatoires.

Technologies photoniques pour la sécurité sanitaire et la qualité de l'alimentation des volailles

Sensor4Food fera passer cinq technologies photoniques du stade de la validation en laboratoire ou niveau de maturité technologique 4 (TRL 4 pour Technology Readiness Level 4) à celui du déploiement industriel en conditions réelles (TRL 7). Ces technologies comprennent la détection dans l'infrarouge moyen, la biodétection par photonique sur silicium, l'imagerie hyperspectrale, la détection par radiofréquence et les ultrasons.

Un système d'IA combinera les informations issues des technologies photoniques avec des données en temps réel sur les conditions environnementales, l'acoustique, le transport et les composés organiques volatils (COV).

« La photonique nous permet de voir ce que les méthodes d'inspection conventionnelles ne peuvent pas déceler », a expliqué la Dr Oliva. « En analysant la manière dont la lumière interagit avec les matières biologiques, nous pouvons identifier les risques plus tôt et avec une plus grande précision, sans ralentir la production alimentaire. »

Étude des liens entre le bien-être des volailles et la qualité de la viande

Outre les applications liées à la sécurité des aliments, les chercheurs de Sensor4Food étudieront si les données recueillies tout au long de la chaîne de production avicole peuvent fournir des informations sur le bien-être animal. Ils combineront des informations sur les conditions d'élevage et de transport avec des analyses photoniques de la viande de volaille afin de déterminer si certains problèmes de qualité mesurables peuvent être associés aux conditions vécues par les volailles durant leur croissance et leur transport. Le projet vise à identifier des modèles susceptibles d'aider les producteurs de volaille à améliorer le bien-être animal et la qualité de la viande.

Proposition d'un « passeport volaille » numérique pour la traçabilité

Sensor4Food étudiera également la possibilité de regrouper les données générées tout au long de la chaîne d'approvisionnement avicole en un « passeport volaille » numérique.

Le système envisagé relierait, au sein d'un dossier continu, des informations concernant le lieu d'élevage, la qualité de l'aliment, les conditions environnementales, le transport, le bien-être animal et la transformation. Les chercheurs examineront dans quelle mesure cette traçabilité pourrait être appliquée, potentiellement jusqu'au niveau de la volaille individuelle ou du produit avicole.

Ce passeport numérique demeure un concept de recherche ; le projet en évaluera la faisabilité au fur et à mesure de l’avancement de Sensor4Food.

La détection photonique pourrait contribuer à réduire le gaspillage alimentaire

Des chercheurs étudieront également les applications de la photonique pour réduire le gaspillage alimentaire. En Norvège, la détection dans l'infrarouge moyen sera utilisée pour évaluer la qualité des protéines récupérées à partir des coproduits de la filière avicole. Le projet examinera si cette approche pourrait favoriser l’utilisation de sous-produits de transformation à faible valeur ajoutée comme ingrédients à plus forte valeur ajoutée.

NB : Sauf erreur de ma part, il n’y a pas de participant français au programme Sensor4Food. Voir liste des particpants ici.

vendredi 25 septembre 2026

Enquête au Royaume-Uni sur des cas de maladie potentiellement liés à du lait infantile contaminé par la toxine céréulide

Selon la UKHSA, une enquête a été mise à jour le 24 septembre 2026 en ce qui concerne le rappel de préparations pour nourrissons et de préparations de suite en raison d'une contamination possible par la toxine céréulide.

Le 5 janvier 2026, la Food Standards Agency (FSA) a confirmé que Nestlé procédait au rappel préventif de plusieurs lots de 12 produits de type préparations pour nourrissons et préparations de suite SMA® au Royaume-Uni, en raison de la présence possible de toxine céréulide (rappel Nestlé n° 1). Ce rappel a été mis à jour le 9 janvier 2026 pour inclure de nouvelles dates de péremption (rappel Nestlé n° 2). Le 24 janvier 2026, Danone – un autre distributeur majeur de préparations pour nourrissons – a rappelé un lot de préparation pour nourrissons Aptamil First® en raison d'une contamination par la céréulide (rappel Danone).

La UK Health Security Agency (UKHSA), ainsi que les organismes de santé publique d'Écosse, du Pays de Galles, d'Irlande du Nord (PHA) et d'Irlande, apportent leur soutien à la Food Standards Agency (FSA), à Food Standards Scotland (FSS) et aux autorités locales dans le cadre des enquêtes menées suite au rappel de préparations pour nourrissons potentiellement contaminées par la toxine céréulide.

Bacillus cereus est une bactérie sporulante capable de contaminer divers produits alimentaires ; lorsque certaines souches prolifèrent, elles peuvent produire de la toxine céréulide. La céréulide est une toxine émétisante (provoquant des vomissements) et thermostable, qui a peu de chances d'être inactivée ou détruite par un traitement thermique. Les symptômes d'une intoxication alimentaire à Bacillus cereus ou à la toxine céréulide se manifestent le plus souvent par des vomissements, mais peuvent également inclure des crampes abdominales et de la diarrhée. L'apparition des symptômes est généralement rapide, survenant entre 15 minutes et 6 heures après l'ingestion. L'affection est le plus souvent spontanément résolutive, les symptômes disparaissant généralement en 24 heures en l'absence d'exposition continue à la toxine céréulide. L'ingestion de la toxine entraîne rarement des complications graves ; toutefois, quelques cas de lésions hépatiques ou rénales, de dégradation musculaire et de défaillance multiviscérale ont été signalés. Les personnes présentant un risque élevé de complications comprennent les jeunes enfants et les personnes immunodéprimées (1, 2).

La FSA enquête sur la source de la contamination en collaboration avec des partenaires internationaux. Le rappel des préparations pour nourrissons contaminées a été effectué dans plusieurs pays (3, 4).

La UKHSA et ses partenaires surveillent activement l'impact de cette contamination potentielle sur la santé publique. Il a été recommandé aux professionnels de santé de procéder à une évaluation clinique et à une coproculture pour rechercher B. cereus toxinogène chez les personnes se présentant à l'hôpital avec des symptômes compatibles, ainsi que de faire analyser la préparation pour nourrissons faisant l'objet d'un rappel afin de détecter la toxine céréulide, si celle-ci est disponible. À l'heure actuelle, le dépistage direct de la toxine céréulide dans les échantillons cliniques sans mise en culture n'est pas disponible au Royaume-Uni.

Au 3 février 2026, l'UKHSA et ses organismes partenaires avaient reçu 36 signalements cliniques concernant des enfants ayant consommé les lots incriminés et présentant des symptômes compatibles avec une intoxication par la toxine céréulide, répartis comme suit : Angleterre (24), Écosse (7), Pays de Galles (3), Irlande du Nord (1) et Dépendances de la Couronne (1). Dix-sept enfants étaient de sexe masculin et 16 de sexe féminin ; le sexe n'a pas été précisé pour 3 d'entre eux. Des infections confirmées par des virus saisonniers, qui circulent largement en parallèle, ont été relevées chez quelques enfants. Les indicateurs de surveillance syndromique ne montrent pas d'augmentation inhabituelle des signalements de vomissements chez les enfants de moins d'un an, que ce soit via les hôpitaux, les soins de premier recours pour cette période de l'année.

L'UKHSA surveille étroitement plusieurs systèmes de santé et poursuivra l'enquête sur cet incident en collaboration avec d'autres organismes de santé publique et de sécurité sanitaire des aliments ainsi qu'avec des partenaires internationaux, afin de réduire l'impact potentiel de cette contamination sur la santé publique.

samedi 12 septembre 2026

Canada : résultats de la surveillance de divers produits alimentaires et de la présence de contaminants microbiologiques

Le Canada publie les résultats de la surveillance de la sécurité des aliments concernant divers produits alimentaires et la présence de contaminants microbiologiques, source Food Safety Magazine.

Le 8 septembre 2026, l'Agence canadienne d'inspection des aliments (ACIA) a publié les résultats de plusieurs campagnes d'échantillonnage et d'analyse visant divers contaminants microbiologiques et chimiques dans une gamme de produits alimentaires. La grande majorité des échantillons ont été jugés satisfaisants dans le cadre de ces campagnes.

Attention, ne sont présentés ci-dessous que les résultats sur la présence de contaminants microbiologiques.

L'ACIA a mené les activités de suivi appropriées lorsque les analyses ont révélé un risque potentiel pour la santé, et des rappels de produits ont été émis lorsque cela s'avérait nécessaire.

Présence de Cyclospora et de Giardia dans les légumes à feuilles importés

Une enquête ciblée a permis d'analyser 1 984 échantillons de légumes importés sur une période de cinq ans, du 1er avril 2020 au 31 mars 2025. Sur les 1 984 échantillons, 1 310 ont été analysés pour détecter la présence à la fois de Cyclospora cayetanensis (C. cayetanensis) et de Giardia spp., tandis que 664 ont été analysés pour détecter la présence de C. cayetanensis uniquement et 10 pour détecter la présence de Giardia spp. uniquement.

Sur les 1 984 échantillons analysés, 99,6 % ont été jugés satisfaisants. La présence de C. cayetanensis a été détectée dans cinq des 1 974 échantillons (0,3 %) analysés. La présence de Giardia spp. a été détectée dans trois des 1 320 échantillons (0,2 %) analysés.

Présence de STEC et de Salmonella dans les légumes à feuilles

Une étude ciblée a analysé 1 613 échantillons de légumes à feuilles frais entiers, importés (832) et nationaux (781), sur une période de cinq ans allant du 1er avril 2020 au 31 mars 2025. Les échantillons ont été analysés afin de détecter la présence des pathogènes bactériens suivants : E. coli producteur de shigatoxines (STEC) O157:H7, STEC non-O157 et Salmonella spp. Tous les échantillons ont également fait l'objet d'un test de dépistage de E. coli générique, un indicateur de l'efficacité globale des bonnes pratiques agricoles et des conditions sanitaires.

Une grande majorité (99,7 %) des échantillons analysés s'est révélée satisfaisante. Aucun cas de STEC O157:H7 ni de Salmonella spp. n'a été détecté, respectivement, parmi les 1 609 et les 1 451 échantillons. Des STEC non-O157 ont été détectés dans trois (0,2 %) des 1 609 échantillons. Des concentrations élevées de E. coli générique ont été constatées dans deux (0,1 %) des 1 613 échantillons.

Dioxines dans certains aliments

Une enquête ciblée a porté sur l'analyse de 183 échantillons d'aliments pour y rechercher des dioxines et des composés de type dioxine ; ces substances ont été détectées dans 66 % des échantillons analysés. Les échantillons ont été prélevés dans des points de vente au détail entre le 1er avril 2021 et le 31 mars 2024. La proportion la plus élevée d'échantillons présentant des taux détectables de dioxines et de composés de type dioxine a été observée dans les graines et les beurres de graines (73 %), tandis que la proportion la plus faible a été relevée dans les pignons de pin (59 %).

Santé Canada a conclu que ces produits ne présentaient aucun risque pour la santé.

Listeria, Salmonella et S. aureus dans les saucisses de viande prêtes à consommer

Une étude ciblée a analysé 863 échantillons de saucisses de viande réfrigérées, préemballées et prêtes à consommer sur une période de trois ans, du 1er avril 2021 au 31 mars 2024, afin de détecter la présence des agents pathogènes Listeria monocytogenes (L. monocytogenes), Salmonella spp., et de Staphylococcus aureus (S. aureus). Les échantillons ont également été analysés pour détecter la présence de E. coli générique, qui sert d'indicateur des conditions d'hygiène et de salubrité globales de la chaîne d'approvisionnement alimentaire.

La quasi-totalité (99,9 %) des 863 échantillons analysés se sont révélés conformes. Aucun échantillon ne contenait de L. monocytogenes, de Salmonella spp. ni de S. aureus. Des concentrations élevées de E. coli générique ont été détectées dans l'un des 863 échantillons (0,1 %). 

Salmonella dans le tahini importé

Une enquête ciblée a permis d'analyser 908 échantillons de tahini (pâte de sésame) importés sur une période de sept ans, du 1er avril 2018 au 31 mars 2025. Ces échantillons de tahini ont été analysés afin de détecter la présence de la bactérie pathogène Salmonella spp.

La majorité (99,4 %) des échantillons analysés se sont révélés conformes. La bactérie Salmonella spp. a été détectée dans 0,6 % (cinq sur 908) des échantillons.

Enquête à grande échelle sur les bactéries, les virus et les parasites dans divers aliments

Entre le 1er avril 2018 et le 31 mars 2025, un total de 38 917 échantillons d'aliments ont été analysés dans le cadre d'une série d'enquêtes ciblées visant à rechercher la présence de pathogènes bactériens et d'indicateurs bactériens, de virus et de parasites. Parmi les échantillons analysés, 99,27 % étaient satisfaisants, 0,65 % ont nécessité une enquête approfondie et 0,08 % étaient insatisfaisants.

Les aliments analysés comprenaient notamment des fromages au lait cru, des produits frais et surgelés, des huîtres, des aliments pour bébés, des noix décortiquées crues, du kimchi, des pâtisseries fourrées à la crème et des champignons. Ces aliments ont été ciblés en raison de leur lien historique avec des éclosions de cas de maladies d'origine alimentaire et des rappels de produits au Canada.

Les micro-organismes recherchés comprenaient E. coli générique, E. coli O157, L. monocytogenes, Salmonella, S. aureus, Cyclospora, le virus de l'hépatite A et norovirus, ainsi que la flore aérobie mésophile, un indicateur d'hygiène.

Salmonella et S. aureus dans la pâte de poisson crue

Une étude ciblée a analysé 33 échantillons de pâte de poisson crue réfrigérée sur une période d'un an, du 1er avril 2024 au 31 mars 2025, afin de détecter la présence des agents pathogènes Salmonella spp. et Staphylococcus aureus (S. aureus). Tous les échantillons ont également fait l'objet d'un test de dénombrement des colonies aérobies, qui peut servir d'indicateur des conditions d'hygiène et de salubrité globales de la chaîne d'approvisionnement alimentaire.

Tous les échantillons analysés (100 %) ont donné des résultats satisfaisants tant pour Salmonella spp. que pour S. aureus, car ni Salmonella spp. ni des concentrations élevées de S. aureus n'ont été détectées dans aucun des échantillons. Des concentrations élevées de NCA ont été constatées dans 24 des 33 échantillons (72,7 %). L'Agence canadienne d'inspection des aliments a mené les mesures de suivi appropriées.

Salmonella dans des graines de pavot entières importées

Une enquête ciblée a porté sur l'analyse de 108 échantillons de graines de pavot entières importées, entre le 1er avril 2023 et le 31 mars 2025, afin de détecter la présence de Salmonella. Tous les échantillons analysés (100 %) se sont révélés conformes. Aucun échantillon n’a révélé la présence de Salmonella spp.

NB : A partir de ce lien vous pouvez accéder, en Français, à l’ensemble des données sur la présence de contaminants chimiques dans divers aliments dans le cadre de la surveillance par l’ACIA.

dimanche 23 novembre 2025

France : Surveillance des STEC à tous les âges à compter de janvier 2025 ?

Auparavant, en France, la surveillance des Escherichia coli producteurs de toxine Shiga (STEC) reposait sur les notifications volontaires de SHU pédiatriques et la surveillance microbiologique. Mais cela est en train de changer, pour autant « faut-il en faire tout un fromage ? », c’est ce que nous allons voir ...

A la suite d'un total de 17 cas confirmés et 4 cas possibles déclarés entre le 9 décembre 2024 et le 29 janvier 2025. Tous les patients ont été hospitalisés pour un syndrome hémolytique et urémique (SHU), huit d'entre eux présentaient des complications neurologiques et trois sont décédés. 

Des scientifiques (poster présenté à l’ESCAIDE 2025) ont indiqué qu'il s'agissait du premier foyer documenté de STEC exclusivement chez l'adulte en France et ont souligné le potentiel épidémique des souches atypiques et leur impact clinique grave. La consommation de fromage au lait cru de vache avant l'apparition des symptômes a été rapportée dans 15 des 17 cas étudiés. L'enquête a permis d'identifier un fabricant commun ainsi qu’une procédure de rappel/retrait de morbier.

Ce constat a également conforté la décision d'étendre la surveillance des STEC à tous les âges à compter de janvier 2025.
On attend la confirmation officielle de Santé publique France ...

Source. Joe Whitworth. E. coli causes fatal outbreaks in France and Belgium. Food Safety News.

mercredi 29 novembre 2023

Allemagne : Des résultats 2022 de la surveillance des denrées alimentaires, selon l’Office fédéral pour la protection des consommateurs et la sécurité sanitaire des aliments

L'Office fédéral pour la protection des consommateurs et la sécurité sanitaire des aliments (BVL) présente le 28 novembre 2023 les résultats actuels de la surveillance des denrées alimentaires dont des germes dans les canards gras, des pratiques frauduleuses dans les anneaux de calamars, les olives en vrac peuvent être contaminées par des agents pathogène et les menus en ligne à l’épreuve : vérification de l’étiquetage des allergènes et des additifs.

1. Des germes dans le rôti de Noël ?

2. Trop peu de calamars dans les produits à base de calamars panés et étiquetage trompeur

Dans le cadre du plan de surveillance national 2022, 205 produits à base de calamars panés ont été contrôlés pour leur composition et leur correspondance avec le nom figurant sur l'emballage ainsi que pour la teneur en calamars. Presque un échantillon sur trois des «rondelles de calamar» examinées présentait une proportion de panure trop élevée. De plus, presque un produit sur trois n’était pas étiqueté correctement. Puisqu'il est difficile pour les consommateurs de distinguer ces produits tant extérieurement que sensoriellement, une surveillance intensive par les inspecteurs des denrées alimentaires est nécessaire.

3. Les olives vendues en vrac peuvent être contaminées par des agents pathogènes

Lors de tests officiels de détection de Listeria sur des olives noires et noircies en vrac auprès de détaillants, un nombre inquiétant de bactéries a été trouvé dans des échantillons individuels. Ceux-ci peuvent présenter un risque potentiel pour la santé. Étant donné que les olives sont souvent consommées crues et que les germes ne sont pas détruits par la chaleur, les groupes de consommateurs sensibles, tels que par exemple, les personnes âgées doivent éviter de manger des olives vendues en vrac.

4. Les menus en ligne à l’épreuve : vérification de l’étiquetage des allergènes et des additifs

En 2022, les menus de 1 273 établissements de restauration ont été contrôlés dans le cadre du plan de surveillance national. Des non-conformités à l'étiquetage des allergènes ont été enregistrées dans 633 des établissements inspectés (49,7%) et des non-conformités de l'étiquetage des additifs ont été enregistrées dans 586 des établissements inspectés (46,0 %).

5. Des substances dangereuses contenues dans les livres d’images et les jeux de réflexion en carton peuvent être évitées

Pour la surveillance 2022, 99 imagiers et 67 grands jeux de réflexion en carton ont été examiné. Il a été recherché dans quelle mesure les substances appartenant au groupe des chloropropanols 1,3-DCP et 3-MCPD peuvent être libérées lors d'un contact buccal intensif. Les livres et jeux étaient déclarés destinés aux enfants de moins de trois ans. Les enquêtes ont montré que les chloropropanols peuvent, en principe, être techniquement évités aussi bien dans les livres d'images que dans les grands puzzles en carton. Dans la grande majorité des échantillons examinés (81,9%), les valeurs d'évaluation qui, en cas de dépassement, présentent un risque pour la santé, ont été respectées.

Les résultats présentés ici proviennent des trois rapports suivants :

Commentaire

Cela devrait donner quelques idées à nos autorités sanitaires.

jeudi 16 novembre 2023

France : Bilan de la surveillance des infections à Campylobacter en 2022. Le nombre de souches isolées augmente ...

Qu’en est-il en 2022 ?

Voici que Santé publique France publie le Bilan de la surveillance des infections à Campylobacter en France en 2022.

Points clés

En 2022, la surveillance des infections à Campylobacter en France a confirmé les tendances épidémiologiques et biologiques déjà observées ces dernières années :

- une prédominance de l’espèce C. jejuni ;
- un nombre de cas et une incidence plus élevés chez les enfants ;
- une prédominance des infections chez les hommes ;
- un pic saisonnier pendant la période estivale sauf pour C. fetus;
- une résistance élevée aux fluoroquinolones et aux tétracyclines, restée stable ces dernières années ;
- une absence d’augmentation significative des taux de résistances des six antibiotiques testés en routine.

Pour en savoir plus, il vous faut aller dans un autre document.

Caractéristiques des patients infectés par Campylobacter rapportés par le CNR

En 2022, l’âge à l’infection variait entre 0 et 102 ans, avec une moyenne à 34 ans et une médiane à 27 ans. L’incidence était maximale pour la classe d’âge 0-9 ans (27 cas/100 000 habitants).

Globalement, l’incidence était plus élevée chez les hommes (15 cas/100 000 habitants) que chez les femmes (12 cas/100 000 habitants). Cette tendance était observée dans toutes les classes d’âge, sauf chez les 20-29 ans.

Les infections par C. fetus ont été principalement rapportées chez des personnes de 60 ans et plus (91% des infections), tandis que les infections par C. jejuni ont été majoritairement rapportées chez des enfants et jeunes adultes de moins de 30 ans (55% des infections).

Autant en 2021, le bilan s’était cantonné aux caractéristiques des souches de Campylobacter isolées en 2022 répertoriées par le CNR, cette fois-ci, et pour la premère fois, il est fait d’un nombre de patients en 2022.

Le CNR a répertorié 9 160 souches de Campylobacter spp. isolées en 2022 (versus 8 875 en 2021 et 7 920 en 2020), correspondant à 10 498 patients infectés (dont 60 avec plusieurs souches isolées).

Conclusion de la surveillance 2022
Le nombre de souches de Campylobacter répertoriées par le CNR est en augmentation depuis 2013, année de la mise en place de la saisie des données en ligne par les laboratoires du réseau. L’augmentation observée en France pourrait être un reflet d’une réelle augmentation des infections à Campylobacter.

Commentaire

Si le nombre de souches augmente, cela peut vouloir signifier que le nombre de cas augmente …
Le reste des constats et des recomandations de ce bilan est assez proche de celui de 2021.
Ce bilan cite en référence une étude de 2018,

 En France, le nombre annuel moyen de cas symptomatiques d’infections à Campylobacter a été estimé à 493 000 (intervalle de crédibilité (IC) 90% : 273 000-1 080 000), dont 392 000 cas auraient été infectés par transmission alimentaire. Campylobacter serait responsable de 26% du nombre total estimé des infections d’origine alimentaire et de 31% des hospitalisations associées à ces infections.

Peut-être faudrait-il actualiser cette étude qui a désormais 5 ans ...

mardi 31 octobre 2023

L’épidémie liée aux pizzas Buitoni de marque Fraîch’up de chez Nestlé a entraîné un niveau de grande ampleur de cas de SHU pédiatrique en France, mais pas seulement ...

Santé publique France publie discrètement le 25 octobre 2023, «Données de surveillance du syndrome hémolytique et urémique (SHU) en 2022».

Points clés

- En 2022, 253 cas de SHU pédiatriques ont été notifiés à Santé publique France, dont un cas dans les départements français et régions d’outre-mer.

- L’incidence annuelle du SHU pédiatrique était la plus élevée observée depuis le début de la surveillance en 1996. Cette forte hausse de l’incidence, observée dans toutes les tranches d’âge et dans la majorité des régions, est liée en partie à la survenue de plusieurs épidémies dont une de très grande ampleur (57 cas confirmés), mais reste élevée avec une analyse restreinte au cas sporadiques.

- Ces épidémies ont impacté l’épidémiologie des cas de SHU pédiatriques en 2022 avec deux pics de cas, un premier en mars-avril en lien avec l’épidémie liée aux pizzas surgelées, et un deuxième en période estivale comme habituellement observé. Une hétérogénéité régionale est observée comme chaque année, mais elle est influencée en partie par la distribution des cas liés à des épidémies dans certaines régions (Hauts de France, Île de France, Pays de la Loire, Paca).

- Le sérogroupe O26 restait très majoritaire et était à l’origine de deux épidémies. Le nombre de souches O80 était stable, de même que le nombre de souches O157.

Pour les détails, il faut aller au rapport, «Surveillance du syndrome hémolytique et urémique post-diarrhéique chez l’enfant de moins de 15 ans en France en 2022».

En 2022, 253 cas de SHU pédiatriques ont été notifiés à Santé publique France, dont un cas dans les départements français et régions d’outre-mer.

Habituellement, si l’on peut dire, Santé publique France rapporte qu’il y a 100 à 160 cas de SHU notifiés en France …

Je reprend ci-après l’article paru dans Food Safety News le 31 octobre 2023 à ce sujet,

Lors de l’épidémie provoquée par les pizzas surgelées Buitoni Fraîch’Up, 59 patients avaient un âge médian de 6 ans. Ils sont tombés malades entre janvier et avril 2022. Deux enfants sont décédés.

Record de cas de SHU

Les 253 cas de SHU en 2022 constituent le chiffre le plus élevé depuis le début de la surveillance en 1996. En 2021, 128 cas ont été signalés. Les données de surveillance du SHU de Santé publique France ne couvrent que les moins de 15 ans.

La forte augmentation de l’incidence est en partie due à plusieurs épidémies, dont le seul incident majeur de Nestlé, mais également à un grand nombre de cas sporadiques.

En 2022, il y a eu deux pics de cas, le premier en mars et avril en raison de l'épidémie liée aux pizzas et un second durant l'été vers juillet, où l'on observe habituellement un pic.

Comme les années précédentes, la plupart des enfants avaient moins de 3 ans et étaient âgés de 1 mois à 14 ans. Un peu plus de la moitié étaient des filles. Les taux d'incidence étaient plus élevés dans tous les groupes d'âge et dans toutes les régions.

La durée médiane d'hospitalisation était de six jours, mais variait de 1 à 25 jours pour les 59 cas pour lesquels cette information était disponible.

Le sérogroupe O26 de E. coli était prédominant, suivi du sérogroupe O80. Le nombre de cas dus à O80 et O157 est resté comparable à 2021. Sur 226 cas, 114 étaient O26, 16 étaient O80 et neuf étaient O157.

Onze enquêtes épidémiologiques ont été menées suite à des suspicions de foyers d'infection. Il a été possible de confirmer deux fois l'origine d'un aliment, ce qui a donné lieu à des mesures de rappel et de retrait.

Pour deux autres incidents, soit un type d'aliment commun a été suspecté, mais aucune confirmation n'a été possible, soit une origine alimentaire a été suspectée sans qu'aucun élément spécifique n'ait été identifié.

Mises en évidence de l’épidémie

Lors de l'épidémie liée aux pizzas surgelées, 55 personnes ont été infectées par E. coli producteur de shigatoxines (STEC) O26:H11 et deux par STEC O103:H2. Deux cas probables n'avaient pas de souche isolée mais avaient un lien épidémiologique avec un cas confirmé. Les patients étaient âgés de moins de 1 an à 40 ans.

Les premières investigations ont révélé plusieurs aliments suspects consommés par les cas, notamment de la viande bovine hachée et des produits de la même chaîne de restauration rapide, mais les travaux de traçabilité ont exclu ces sources. L'analyse des données des cartes de fidélité a permis d'identifier l'achat fréquent de pizzas surgelées Buitoni, et un deuxième questionnaire destiné aux familles a confirmé la consommation régulière de ces pizzas par les personnes malades.

La gamme de pizzas impliquée était produite à partir de farine non cuite. Les ingrédients ont été testés positifs pour les souches épidémiques. Au total, 41 patients sur 55 ont déclaré avoir mangé cette marque de pizzas.

À l'été 2022, cinq cas de SHU ont été signalés par un hôpital des Bouches-du-Rhône. Neuf STEC O26:H11 confirmés et trois patients possibles ont finalement été identifiés. Onze cas d’infection sont survenues en région Provence-Alpes-Côte d’Azur et deux en Occitanie. Tous les patients avaient un SHU et ont été hospitalisés en juin et juillet.

Les investigations ont permis d'identifier des produits laitiers vendus par une ferme de l'Aupillon dans les Bouches-du-Rhône. STEC O26 a été isolé d'un produit appartenant au même groupe génomique que les souches isolées des patients. Après un rappel de produits à base de lait cru, aucun autre cas n'a été enregistré.

En septembre 2022, Santé publique France s'est penchée sur un excès de cas de STEC O145 dans plusieurs régions de l'ouest de la France. Quatre enfants atteints de SHU et deux souffrant de diarrhée sanglante ont été infectés par STEC O145:H28 en septembre. Les enquêtes épidémiologiques ont mis en évidence des légumes, mais il n'a pas été possible de trouver une source commune d'infection.

Lors d'un autre incident, 16 cas confirmés de STEC O157:H7 ont été constatés en avril et mai 2022. Il s'agissait de 14 enfants âgés de 1 à 13 ans et de deux adultes. Six enfants souffraient du SHU. La source n'a pas été trouvée.

Dans la discussion, les auteurs notent,

En 2022, l’incidence annuelle du SHU pédiatrique était la plus élevée observée depuis le début de la surveillance en 1996. Cette forte hausse de l’incidence, observée dans toutes les tranches d’âge et dans la majorité des régions, est liée en partie à la survenue de plusieurs épidémies dont une de très grande ampleur (57 cas confirmés), mais reste élevée avec une analyse restreinte au cas sporadiques.

Commentaire

Un constat simple, il y a eu plus de cas de SHU pédiatriques liés à d’autres causes que celle des pizzas surgelées. Même sans les cas de SHU pédiatriques liés aux pizzas surgelées, il y aurait eu en France un record de cas de SHU pédiatriques en 2022.

L’article remercie les familles qui ont participé aux investigations, mais Santé publique France aurait dû mettre en première page de son site internet les données de la surveillance du syndrome hémolytique et urémique post-diarrhéique chez l’enfant de moins de 15 ans en France en 2022. Un peu d’empathie, cela ne fait pas de mal.

On pourrait aussi citer le retard des rappels de produits laitiers au lait cru par RappelConso, le 27 juillet 2023, alors le journal La Provence en parle le 22 juillet 2022.

Dernier constat, les consommateurs sont peu ou pas informés des cas de SHU pédiatriques régulièrement par des communiqués, le silence ou l’absence de transparence de la DGAL est assourdissant.

jeudi 24 août 2023

L'Islande et la Norvège invitées à améliorer leurs systèmes de contrôles officiels

«L'Islande et la Norvège invitées à améliorer leurs systèmes de contrôles officeils», source article de Food Safety News du News du 24 août 2023.

Selon l'Autorité de surveillance de l'AELE (ESA), des améliorations sont possibles dans les systèmes officiels de contrôle des aliments en Islande et en Norvège.

L'Islande et la Norvège font partie de l'Association européenne de libre-échange (AELE). L'Autorité de surveillance AELE (ESA) surveille la manière dont les deux pays mettent en œuvre les règles de l'Espace économique européen (EEE) sur la sécurité sanitaire des denrées alimentaires et des aliments pour animaux, ainsi que sur la santé et le bien-être des animaux.

Les deux pays ont mis en place des systèmes de contrôle pour garantir qu'ils respectent les exigences pertinentes de l'EEE, mais certains domaines doivent être renforcés, a dit l'ESA.

Recommandations mises en œuvre

En mai 2022, l'ESA a envoyé une lettre de mise en demeure à l'Islande concernant une mise en œuvre incorrecte des exigences en matière d'hygiène alimentaire et l'incapacité d'entreprendre des contrôles officiels concernant l'huile de poisson.

Lors d'un audit d'examen général plus tôt cette année, l'ESA a évalué la manière dont l'Islande avait donné suite aux recommandations qu'elle avait formulées dans ses rapports entre janvier 2018 et septembre 2022. L'Islande avait pris des mesures pour résoudre les problèmes dans six audits sur neuf.

Pour trois audits, des progrès limités ont été constatés. Un exemple est celui de l’Islande qui n’a pas remédié aux lacunes identifiées lors d’un audit de 2018 sur les contrôles officiels des sous-produits animaux non destinés à la consommation humaine.

Le même processus a été entrepris pour la Norvège. L’ESA a constaté que des progrès avaient été réalisés pour donner suite aux recommandations dans quatre des neuf audits.

Toutefois, la Norvège n'a pas respecté les délais indiqués pour certaines actions correctives répertoriées dans les autres audits. Cela signifie qu'un certain nombre de recommandations n'ont pas été prises en compte de manière satisfaisante ou que seuls des progrès limités ont été réalisés, selon l'ESA.

L'ESA a dit que les mesures visant à améliorer les contrôles sur le bien-être des animaux pendant le transport et les opérations associées étaient toujours en suspens cinq ans après l'audit. Les responsables norvégiens ont déclaré que la mise en œuvre d'un nouveau processus de planification et de vérification des contrôles officiels pour résoudre ces problèmes était prévue pour la fin de cette année.

Performance par secteur

Pour les produits de la pêche, les deux pays disposent d'un système de contrôle officiel basé sur les risques et, en général, il est mis en œuvre de manière cohérente et adéquate et couvre l'ensemble de la chaîne de production, de la capture au produit fini.

Toutefois, les systèmes sont affaiblis par une vue d'ensemble incomplète des sites de débarquement et du registre des navires en Islande et par des contrôles officiels qui ne sont pas toujours effectués conformément aux fréquences établies par le système basé sur les risques en Norvège.

Les deux pays appliquent un système basé sur les risques pour établir la durée ou la fréquence minimale des contrôles officiels liés à la viande de volaille en fonction de la taille et de l'activité de l'entreprise alimentaire. Toutefois, les contrôles des sous-produits animaux étaient faibles car ils ne garantissent pas la prévention des risques pour la santé humaine et animale découlant de ces produits.

Pour les denrées alimentaires d'origine non animale, les postes de contrôle frontaliers respectent généralement les exigences minimales du règlement pertinent de l'EEE et, s'ils sont présentés au contrôle officiel, les envois sont pour la plupart soumis à des contrôles documentaires, d'identité et physiques conformément à la législation.

Toutefois, l'organisation des contrôles officiels en Islande ne garantit pas que les envois concernés soient présentés aux contrôles. Cela compromet la garantie que seuls des produits conformes sont mis sur le marché.

Le suivi d'un audit de 2019 sur les mollusques bivalves vivants en Islande a révélé que des mesures supplémentaires doivent être prises pour donner suite à certaines des recommandations afin de garantir que les mollusques bivalves mis sur le marché sont sans danger pour la consommation humaine.

vendredi 30 juin 2023

États-Unis : Incidence préliminaire et tendances des infections causées par des pathogènes transmis couramment par les aliments en 2022

«Incidence préliminaire et tendances des infections causées par des pathogènes transmis couramment par les aliments. Réseau de surveillance active des maladies d'origine alimentaire sur 10 sites américains en 2022», source MMWR du 30 juin 2023.

Résumé

Que sait-on déjà sur ce sujet ?
Campylobacter et Salmonella sont les principales causes d'infections entériques bactériennes transmises couramment par les aliments. L'in
cidence signalée des infections entériques était plus faible pendant la pandémie de la COVID-19 (2020-2021) par rapport aux années précédentes.

Qu'apporte cet article ?

En 2022, FoodNet a identifié des incidences plus élevées d'infections à Escherichia coli producteurs de shigatoxines, à Yersinia, à Vibrio et à Cyclospora par rapport à 2016-2018. Les incidences de Campylobacter, Salmonella, Shigella et Listeria n'ont pas changé.

Quelles sont les implications pour la pratique de la santé publique?

Aucun progrès dans la réduction de l'incidence des infections entériques n'a été observé en 2022, car les influences de la pandémie de COVID-19 se sont atténuées. La collaboration entre les producteurs d'aliments, les transformateurs, les magasins de détail, les restaurants et les agences de réglementation est nécessaire pour réduire la contamination par des pathogènes lors de l'abattage des volailles et pour prévenir la contamination des légumes verts à feuilles.

Discussion

De nombreux facteurs liés à la pandémie de la COVID-19 influençant la transmission, la détection et la déclaration des maladies entériques ont pris fin d'ici 2022. L'incidence des infections causées par des pathogènes transmis couramment par les aliments en 2022 est généralement revenue aux niveaux observés pendant la période pré-pandémique 2016-2018. Des efforts concertés sont nécessaires maintenant pour mettre en œuvre des stratégies visant à atteindre les cibles nationales de prévention et à réduire la prévalence des infections entériques.

Cet article souligne l'absence de progrès dans la réduction de l'incidence des infections entériques. L'incidence des infections à Salmonella en 2022 était supérieure à l'objectif Healthy People 2030. En 2022 également, l'incidence des infections domestiques les plus courantes, celles causées par Campylobacter (17,4 pour 100 000 habitants), était supérieure à l'objectif Healthy People 2030. de 10.9. La viande de volaille est la source la plus couramment identifiée d'infections à Campylobacter dans de nombreux pays depuis de nombreuses années et on estime également qu'elle est la source la plus courante d'infections à Salmonella aux États-Unis.

Des efforts supplémentaires pour réduire la contamination lors de l'abattage et de la transformation de la volaille sont nécessaires pour réduire l'incidence de Campylobacter, de Salmonella et d'autres pathogènes d'origine alimentaire. En 2021, le FSIS de l’USDA a publié de nouvelles directives pour les établissements d'abattage et de transformation de la volaille afin de maîtriser Campylobacter dans la volaille crue. l'eau, les aliments et la litière des volailles. En 2022, le FSIS a proposé un nouveau cadre réglementaire pour maîtriser Salmonella dans les produits de volaille, guidé par les recommandations du National Advisory Committee on Microbiological Criteria for Foods. En 2023, le FSIS a publié une proposition d'avis de détermination visant à déclarer Salmonella comme un contaminant dans les produits de poulet panés et farcis non prêts à consommer, et la Loi sur la modernisation de la sécurité des aliments pourraient également réduire Salmonella, STEC, Listeria et d'autres pathogènes qui causent des maladies d'origine alimentaire.

En 2022, 73% des infections détectées par la surveillance FoodNet avaient un résultat d’un test sans cuture (CIDT pour culture-independent diagnostic test), allant de 24% à 100% par pathogène. Ces tests rapides et très sensibles permettent des diagnostics cliniques rapides à partir d'un large éventail d'étiologies potentielles, améliorant la détection d'infections qui, autrement, seraient restées non détectées. Cependant, l'adoption de la CIDT et l'utilisation courante des méthodes de culture ont varié selon le temps, le pathogène et les forces du marché. Ces facteurs ainsi que la sensibilité et la spécificité différentes des CIDT compliquent l'interprétation des données de surveillance. De plus, le fait d'avoir une proportion plus faible de cas avec un isolat obtenu par culture réflexe limite la réponse de santé publique en réduisant le nombre d'isolats ayant des génomes séquencés, ce qui peut entraver l'identification des épidémies d'infections génétiquement liées et la détermination des gènes codant pour la résistance aux antibiotiques.

Les résultats de cette analyse sont soumis à au moins trois limites. Premièrement, le nombre d'infections signalées pourrait être sous-estimé parce que certaines personnes malades pourraient ne pas demander de soins, et les tests recommandés pour les personnes malades pourraient ne pas toujours être effectués ; à l'inverse, des résultats faussement positifs peuvent entraîner un certain surcomptage.

Deuxièmement, les personnes répondant aux critères FoodNet d'hospitalisation ou de décès sont incluses dans cet article, bien que les raisons sous-jacentes de l'hospitalisation ou du décès puissent être inconnues.

Enfin, les décès associés à des infections entériques survenant > 1 semaine après le prélèvement d'échantillons chez les patients non hospitalisés, et survenant après le congé chez des personnes hospitalisées (p. ex., en soins palliatifs), pourraient avoir été omis.

Les incidences des infections causées par certains pathogènes signalées en 2022 étaient plus élevées que pendant la période prépandémique 2016-2018, et des progrès substantiels vers les objectifs Healthy People 2030 n'étaient pas évidents. Des mesures de prévention visant à réduire la contamination des aliments, y compris le cadre réglementaire pour Salmonella proposé par le FSIS pour réduire les maladies liées à la volaille, sont nécessaires pour réduire la prévalence des maladies et atteindre les objectifs Healthy People 2030. Une meilleure compréhension des raisons de la diminution de l'incidence des infections d'origine alimentaire pendant la pandémie de la COVID-19 (2020-2021) qui n'a pas été maintenue en 2022 pourrait aider à orienter la création de stratégies de réduction supplémentaires.