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mardi 24 mars 2026

Mise en œuvre en France des contrôles zoosanitaires relatifs à l’influenza aviaire selon un rapport d'audit. Peut mieux faire ...

Vient de paraître un rapport d’un audit de l'UE concernant la France effectué du 3 au 18 juin 2025 afin d’évaluer la mise en œuvre des contrôles zoosanitaires relatifs à l’influenza aviaire.

Le présent rapport décrit les résultats d’un audit effectué en France, du 3 au 18 juin 2025, dans le cadre du programme de travail de la direction générale de la santé et de la sécurité alimentaire.

L’objectif de cet audit était d’évaluer l’application des mesures prises par l’Union européenne pour la prévention de l’influenza aviaire hautement pathogène (IAHP) et la lutte contre cette maladie au cours des saisons 2022/2023, 2023/2024 et 2024/2025, y compris des campagnes de vaccination, et d’assurer le suivi d’un ensemble de lacunes constatées lors du précédent audit de la Commission en 2022 [DG(SANTE) 2022/7496)].

L’audit a révélé que la France avait considérablement amélioré sa préparation et sa réaction à l’IAHP. L’introduction de la vaccination préventive des canards, une première au niveau de l’UE, a été bien structurée, largement mise en œuvre et efficacement surveillée, contribuant ainsi à une forte réduction des foyers. Le système de contrôle bénéficie d’une bonne coordination entre les niveaux central et local, d’une planification structurée des mesures d’urgence et d’un cadre juridique et opérationnel clair. Les changements organisationnels récents, l’amélioration des systèmes de données et l’augmentation des effectifs ont renforcé la capacité de la France à gérer les risques d’IAHP.

La détection précoce et la réaction à l’apparition de la maladie sont rapides et solides, soutenues par des capacités de laboratoire fiables. Les contrôles officiels relatifs aux mesures de gestion des foyers sont cohérents et rapides, avec des preuves de la mise en œuvre rapide des restrictions de mouvement, du dépeuplement et des procédures de désinfection. La surveillance des oiseaux sauvages est complète et bien ciblée.

Toutefois, certaines faiblesses subsistent. Tous les établissements avicoles ne font pas régulièrement l’objet d’inspections de biosécurité officielles en fonction des risques, et l’autorité compétente n’a pas accès aux résultats des contrôles privés. La surveillance passive renforcée dans les cheptels vaccinés n’est pas mise en œuvre conformément aux exigences de l’UE et les procédures visant à vérifier son application correcte sont inefficaces. L’absence de délégation formelle aux éleveurs de tâches de surveillance constitue également une violation des dispositions légales.

NB : On lira aussi ce document du 22 mars 2026, La gestion des maladies animales sous une approche « Une seule santé/One Health ». Le cas de l’influenza aviaire hautement pathogène (IAHP) en questions/réponses.

samedi 14 mars 2026

Viande bovine du Brésil contaminée par de l'œstradiol 17β : Que dit l'IA ?

En complément de l’article, Mercosur : Bienvenue aux bovins du Brésil traités à l’œstradiol 17β, j’ai demandé à l’IA si ma crainte de voir de la viande bovine du Brésil contaminée par de l'œstradiol 17β entrer dans l’UE était justifiée ?

Voici ce que me répond l’IA :

Effectivement, vous avez tout à fait raison : ce n'est plus une simple crainte théorique, mais un fait documenté par des audits de la Commission européenne publiés fin 2024 et confirmés début 2026.

Voici ce que révèlent précisément ces rapports et ce qu'il faut en penser :

1. Le constat de l'audit (Rapport 2024-8087)

L'audit mené par la DG Santé (Direction générale de la santé et de la sécurité alimentaire) au printemps 2024 a révélé des failles majeures dans le système brésilien :

L'hormone en cause : Il s'agit de l'œstradiol 17β, une hormone utilisée au Brésil pour synchroniser les cycles de reproduction des femelles (génisses et vaches). En Europe, cette substance est strictement interdite car elle est classée comme cancérigène (elle favorise l'apparition de tumeurs).

Défaut de traçabilité : L'audit a conclu que les autorités brésiliennes étaient incapables de garantir que la viande exportée vers l'UE provenait d'animaux n'ayant jamais reçu cette hormone. Les "déclarations sous serment" des éleveurs brésiliens ont été jugées "peu fiables".

2. Les révélations récentes (Février 2026)

Le dossier a pris une dimension plus grave très récemment :

Reconnaissance de contamination : Le 25 février 2026, la Commission européenne a admis pour la première fois que de la viande congelée contenant des traces d'œstradiol était effectivement entrée sur le marché d'une dizaine d'États membres au cours des années 2024 et 2025.

Échec du plan d'action : Bien que le Brésil ait suspendu ses exportations de viande de génisses vers l'UE fin 2024 pour tenter de corriger le tir, les derniers rapports indiquent que les recommandations critiques de l'UE n'ont pas encore été pleinement suivies.

3. Les conséquences et les risques

Pour le consommateur : Le risque sanitaire immédiat est jugé faible par les autorités (car les traces sont souvent minimes), mais le non-respect du principe de précaution pose un problème éthique et politique majeur. L'œstradiol est un perturbateur endocrinien puissant.

Pour les éleveurs européens : C'est un argument de poids contre l'accord de libre-échange UE-Mercosur. Les syndicats agricoles (comme la FNB en France) dénoncent une "tromperie" et demandent une suspension totale des importations de bœuf brésilien.

Transparence : On ignore encore précisément où cette viande a été consommée (restauration collective, plats préparés, boucheries industrielles), car la traçabilité après l'importation est souvent complexe.

En résumé : Votre méfiance est validée par les faits. La Commission européenne est actuellement sous le feu des critiques pour avoir tardé à reconnaître l'ampleur du problème tout en continuant de négocier des accords commerciaux avec ces mêmes pays.

Conseil pratique : Pour éviter tout risque lié à ces importations, privilégiez les viandes portant le label "Viande Bovine Française" (VBF) ou des labels de qualité (AOP, Label Rouge), qui garantissent le respect de l'interdiction totale des hormones de croissance.

Commentaire. Si quelqu'un a une réaction du ministère de l'agriculture, je suis preneur ...

vendredi 13 mars 2026

Mercosur : Bienvenue aux bovins du Brésil traités à l’œstradiol 17β

On lira dans l'excellent blog-notes d'Olivier Masbou :

Dans un rapport publié le 25 février, la DG Santé de la Commission européenne reconnaît officiellement que du bœuf hormoné d’animaux traités à l’œstradiol 17β a été importé du Brésil par l’UE. « Bien que la MAPA [Department of Agriculture, Livestock and Food Supply du Brésil] ait mis en place un certain nombre de mesures, auxquelles elle s’est engagée dans son plan d’action, celles-ci n’ont pas permis d’exclure pleinement l’exportation vers l’UE de la viande d’animaux femelles traités à l’œstradiol 17β » écrit la DG Santé. 

« Démonstration est faite que les dispositifs de contrôle supposés garantir le respect de cette norme européenne ne fonctionnent pas », écrit Patrick Bénézit, président de la FNB, dans une lettre ouverte à Emmanuel Macron

« La FNB vous appelle, Monsieur le Président de la République, à la suspension immédiate de toute importation de bœuf brésilien sur notre territoire, et à veiller aux viandes qui pourraient être rebaptisées européennes à leur entrée dans d’autres états-membres ». Jusqu’à présent, la CE reconnaîssait qu’elle ne pouvait pas garantir que les viandes importées du Brésil n’étaient pas traitées. Désormais, elle garantit qu’elles le sont. On progresse ...

Nucléaire : un mea culpa bien tardif suivi demain du Mercosur ...

« Alors qu’en 1990, un tiers de l’électricité européenne provenait du nucléaire, aujourd’hui cette part est tombée à environ 15 %. Cette réduction de la part du nucléaire était un choix. Je pense que c’était une erreur stratégique », a déclaré Ursula von der Leyen, présidente de la Commission européenne, le 10 mars 2026. Déjà, en décembre dernier, la CE avait renoncé à l’objectif de 2035 pour interdire les voitures thermiques et passer au tout-électrique. Dans une dizaine d’années, la Commission reconnaîtra que l’accord avec le Mercosur ou le démantèlement de la PAC étaient eux aussi des « erreurs stratégiques ». Mais ce sera trop tard.
Comment dit-on mea culpa en eurocrate ?

Une question écrite E-000726/2026, L'hormone œstradiol est présente dans le bœuf brésilien importé du 20 février 2026, signale que la Commission a eu connaissance dès octobre d'un chargement de viande bovine brésilienne contaminée par de l'œstradiol-17β à destination de l'Europe. Toutefois, la notification RASFF n'est intervenue que plusieurs semaines plus tard. De plus, le 14 novembre, une simple notification d'information a été diffusée, au lieu de l'alerte urgente requise pour les substances cancérogènes et les substances formellement interdites. La notification est donc arrivée trop tard et une partie de la viande avait déjà été consommée.

Neuf mois auparavant, les avertissements de Sander Smit, député européen, entre autres, concernant les importations de viande contaminée à l'œstradiol-17β, avaient été rejetés. La Commission n'avait constaté « aucune preuve » de viande contaminée sur le marché de l'UE et avait souligné que les mêmes normes s'appliquaient à tous. Elle était convaincue que le Brésil honorerait les garanties qu'il avait données.

Fait remarquable, quelques jours après la notification du RASFF, la Commission a décidé d’élargir le champ d’application de l’autocertification (pour la volaille et les œufs).


1. Pourquoi des semaines se sont-elles écoulées entre la constatation de l'audit et la notification du RASFF, et pourquoi une simple notification a-t-elle été choisie plutôt qu'une alerte ?
2. Pourquoi la Commission n’a-t-elle pas – de sa propre initiative ou à la demande de la Commission – imposé une interdiction d’importation ou des conditions d’importation spéciales comme l’exige l’article 53 du règlement (CE) n° 178/2002 ?
3. Comment justifier l’élargissement du champ d’application de l’autocertification à la lumière des 24 alertes à la salmonelle émises par le RASFF l’année dernière ?

Comme l’on dit, affaire à suivre ...

lundi 9 mars 2026

Contrôles de l’huile d’olive dans l’UE: des auditeurs pointent des lacunes

Les règles européennes définissent des exigences minimales concernant l’étiquetage, la vérification des catégories et les analyses sur la présence de pesticides. Cependant, les auditeurs ont constaté que certains contrôles de conformité sont incomplets et que des segments du marché sont parfois exclus des contrôles fondés sur les risques. Ces lacunes pourraient nuire à la qualité du produit et, en définitive, saper la confiance des consommateurs.

Les contrôles visant à détecter la présence de résidus de pesticides dans l’huile d’olive européenne sont bien établis et aboutissent rarement à la détection de manquements. Ceux concernant d’autres contaminants sont en revanche incohérents et l’approche fondée sur les risques n’est pas toujours documentée. Bien que l’UE importe l’équivalent d’environ 9 % de sa production annuelle d’huile d’olive, les auditeurs ont constaté, dans les États membres qu’ils ont visités, que les contrôles sur la présence de pesticides et d’autres contaminants dans ces importations étaient soit inexistants soit sporadiques.

Les Vingt-Sept surveillent la traçabilité à des degrés divers lors de leurs contrôles de la sécurité et de la conformité des denrées alimentaires. Afin de renforcer la transparence et d’éviter les fraudes, des pays tels que l’Espagne et l’Italie utilisent des registres électroniques pour remonter jusqu’à l’origine des olives et de l’huile à tous les stades de la chaîne d’approvisionnement.

Cela étant, il s’avère difficile de suivre l’huile d’olive au-delà des frontières nationales, notamment lorsqu’elle provient de plusieurs pays européens ou qu’elle est obtenue par assemblage d’huiles originaires de l’Union et de pays tiers. En outre, aucune règle ou orientation n’indique précisément comment ou quand il faut contrôler la traçabilité. Enfin, certaines exigences légales – concernant, par exemple, l’assemblage d’huiles de différentes catégories ou années de récolte – manquent de clarté. Résultat: les pratiques varient d’un pays à l’autre, et la qualité des produits risque de s’en ressentir au fil du temps.

La Commission européenne ne connaît que partiellement le fonctionnement des systèmes de contrôle nationaux. Sa capacité à les surveiller efficacement est limitée, car les rapports annuels et les réunions avec les autorités nationales ne suffisent pas à partager toutes les informations pertinentes.

Source


NB : Les articles du blog sur l'huile d'olive sont ici.

vendredi 6 mars 2026

2025 : Les notifications au RASFF de l’UE toujours en hausse et les rappels en France de produits alimentaires en net rebond

Brève note factuelle ...

En 2025, il y a eu 5 344 notifications de produits alimentaires et de boissons au RASFF de l’UE versus 5 250 pour l'ensemble de l'année 2024, qui elles-mêmes avaient augmentées de 8% par rapport à 2023, un nouveau palier donc

Selon mes informations, pour les produits d’origine France, il y a eu 265 notifications au RASFF de l’UE cours de l’année 2025 versus 272 en 2024 et la France a été à l’origine de 535 notifications en 2025 versus 614 en 2024.

Par ailleurs, les données récupérées sur RappelConso montrent un net rebond des rappels en 2025, comme le montre le bilan des cinq dernières années:

- 3 243 en 2021
- 2 441 en 2022
- 2 023 en 2023
- 2 087 en 2024
- 2 323 en 2025

Une analyse de l'année 2025 des notifications de produits alimentaires et des boissons selon le Sedgwick’s 2026 State of the Nation Product Safety and Recall Index report vient d'être publiée. Prudence lors de la lecture car les chiffres proposés ne sont pas toujours en adéquation avec les données de l’UE, même si les chiffres proposés indiquent une hausse des notifications.

Enfin, vous lirez avec intérêt l’analyse de Joe Whitworth dans Food Safety News, European analysis finds rise in recalls.

MàJ du 14 mars 2023. Comparaison n'est pas raison dit-on, mais tout de même, chez nos voisins allemands, il y a eu respectivement pour 2022, 2023, 2024 et 2025, 311, 310, 310 et 323 rappels de produits alimentaires.

vendredi 20 février 2026

La contamination de laits infantiles remonterait à 2024

«La contamination de laits infantiles remonterait à 2024», selon l'excellent article de Joe Withworth paru le 20 février dans Food Safety News. Adaptation par aa.

La contamination des produits de nutrition infantile par la céruléide a été initialement détectée par Nestlé dans son usine de Nunspeet (Pays-Bas), fin novembre 2025, entraînant le blocage des approvisionnements. Un rappel de produits a été émis le 10 décembre 2025.

Une analyse de 65 lots d'huile d'acide arachidonique (ARA) reçus du producteur chinois entre avril 2023 et octobre 2025 a révélé une contamination remontant à octobre 2024 et qui a persisté tout au long de l'année 2025, avec la concentration la plus élevée dans les livraisons de juillet 2025.

Un remake du COVID ?
En janvier 2026, la Commission européenne a demandé au Réseau international des autorités de sécurité sanitaire des aliments (INFOSAN) de contacter les autorités chinoises afin d'obtenir des informations sur les lots contaminés d'huile ARA provenant du producteur chinois, notamment sur leur distribution, l'analyse des causes profondes et les mesures correctives mises en œuvre. Ces informations n'ont toujours pas été communiquées.

Bilan des victimes en France
Les chiffres officiels communiqués par la Direction Générale de la Santé (DGS) et les autorités sanitaires font état de :
- 14 hospitalisations de nourrissons : Parmi elles, 11 cas de gastro-entérites aiguës sévères sont directement suspectés d'être liés à la consommation de lots contaminés. Les 3 autres cas sont encore en cours d'investigation.
- 3 décès de nourrissons signalés : Des enquêtes judiciaires et des analyses scientifiques sont en cours pour déterminer si un lien formel existe entre ces décès et la consommation du lait incriminé. À ce jour, les autorités restent prudentes et n'ont pas encore confirmé de lien de cause à effet définitif.
- Une cinquantaine de signalements au total : Ce chiffre inclut des alertes remontées par les parents et les centres antipoison.

Analyses
Confirmer les cas est difficile car les symptômes peuvent ressembler à des infections gastro-intestinales virales courantes et les tests de dépistage de la céréulide dans les échantillons de selles ne sont pas disponibles de manière systématique, selon le Centre européen de prévention et de contrôle des maladies (ECDC). 

Pour les cas critiques en 2026, les autorités françaises envoient les échantillons à Sciensano (Belgique), qui possède l'équipement le plus sensible en Europe pour quantifier la céréulide à des niveaux infimes.

Les fabricants de produits alimentaires (laitiers, riz, pâtes) quant à eux font appel à des laboratoires privés spécialisés équipés de la technologie LC-MS/MS (chromatographie en phase liquide-spectrométrie de masse).

Màj du 23 février 2026. On notera l'absence d'information de la part de Santé publique France, tout comme pour les Tiac de 2023, 2024, etc. ...

Màj du 27 février 2026. À compter du 26 février 2026, les importations d'huile d'acide arachidonique en provenance de Chine seront soumises à des conditions particulières à leur entrée dans l'Union. Chaque lot d'huile d'acide arachidonique originaire de Chine devra être présenté aux postes de contrôle frontaliers des États membres, où il fera l'objet de contrôles documentaires et, dans 50 % des cas, de contrôles physiques et d'identité. De plus, chaque lot devra être accompagné des résultats d'analyses de laboratoire et d'un certificat officiel, délivré par la Chine, attestant que les résultats des prélèvements et des analyses démontrent l'absence de céréulide.

samedi 7 février 2026

Mercosur, on est sûr de rien !

« Mercosur : le point » est un article synthèse d'Olivier Masbou paru sur son blog-notes le 3 février 2026 

Tout va bien dans le système européen de contrôles des produits agricoles et alimentaires importés de pays tiers. C’est en substance ce que nous dit la Commission pour calmer les inquiétudes des Européens après la signature de l’accord de libre-échange avec les pays du Mercosur. Tout va tellement bien que la CE a indiqué, le 26 janvier, mettre en place « un groupe de travail pour renforcer les contrôles à l’importation en matière de sécurité alimentaire ». Tout va bien mais ça ira mieux demain ;

nous avons, récemment, interrogé la Commission, sur les contrôles des viandes bovines en provenance de la zone Mercosur. Nous publions sa réponse dans son intégralité : « L’audit de 2024 auquel il est fait référence a révélé que la supervision par les autorités brésiliennes du système dual de production des bovins était insuffisante ; En effet, les contrôles officiels ne permettaient pas de garantir pleinement la fiabilité des déclarations sous serment des éleveurs quant à la non-utilisation d’œstradiol à des fins zootechniques (reproduction) chez les bovins femelles destinés à l’abattage pour l’exportation vers l’UE ; Ce constat a conduit l’UE à formuler la recommandation n°2 du rapport d’audit de 2024 visant à remédier à cette lacune ; En réaction, le Brésil s’est engagé à mettre en place un protocole privé susceptible de traiter le problème identifié ; Afin de vérifier l’efficacité du dispositif brésilien, un audit de suivi fut réalisé au Brésil fin octobre 2025. Le rapport d’audit est en cours de finalisation et sera publié une fois prêt ; En d’autres termes, lorsqu’une défaillance est identifiée, il est demandé au pays tiers de mettre en place les mesures correctives nécessaires. Si jamais il s’avère que ces mesures sont insuffisantes, il est possible, en cas de risque sérieux pour la santé humaine et/ou animale, de procéder au delisting du pays tiers, c’est-à-dire de suspendre l’autorisation d’exportation vers l’UE pour les biens concernés. L’existence d’un accord commercial tel que l’accord UE-Mercosur ne modifie en rien cette approche ». Limpide et rassurant !

C’est par 334 voix contre 324 et 11 abstentions que les députés européens ont voté le 21 janvier en faveur d’une saisine de la Cour de justice de l’Union européenne. Une réelle victoire pour les agriculteurs européens qui ont manifesté massivement contre cet accord, victoire pour les Etats membres comme la France qui ont voté contre cet accord, et défaite pour la Commission, et singulièrement sa présidente qui n’a pas ménagé ses efforts pour faire passer cet accord en force, on peut l’écrire. Le vote en faveur de la saisine n’était pas acquis d’avance, et il a fallu aller chercher les voix une par une. Au récent congrès de l’UNPT, Céline Imart (député européen, PPE-LR) racontait comment, avec d’autres collègues français, elle est allée chercher le vote des socialistes roumains par exemple. Cette saisine est en principe suspensive de l’application de l’accord. Espérons que Mme von der Leyen sera bonne joueuse et ne décidera pas l’exécution provisoire de l’accord. Ce qui serait un véritable déni de démocratie.

Commentaire. Un déni de démocratie ? Un de plus pour la présidente de la CE ...

Màj : Le Parlement européen a définitivement adopté le 11 février une clause de sauvegarde qui comprend des mesures de protection des agriculteurs face à l’impact éventuel de l’accord commercial avec les pays latino-américains du Mercosur.

Màj du 27 février 2026. Ce qui devait arriver est hélas arrivé :

Malgré la saisine de la Cour de justice de l'UE par le Parlement européen, Ursula von der Leyen annonce l'application provisoire de l'accord commercial avec le Mercosur.

mercredi 13 décembre 2023

Deux notifications au RASFF de l’UE en deux mois disent la même chose sur la présence de STEC dans du Morbier, étonnant, non ?

Le 13 octobre 2023, les Pays-Bas ont notifié au RASFF de l’UE le 13 octobre 2023 la présence de
Escherichia coli producteurs de shigatoxines dans du Morbier de France.

La distribution a eu lieu dans 16 pays : Autriche, Belgique, Bulgarie, République tchèque, Estonie, Finlande, Allemagne, France, Hongrie, Lettonie, Luxembourg, Pays-Bas, Pologne, Slovaquie, Suède, États-Unis.

Mais voici que deux mois après, la France a nofifié au RASFF de l’UE le 13 décembre 2023 la présence de Escherichia coli producteurs de shigatoxines dans du Morbier de France.

La distribution a eu lieu dans 13 pays : Andorre, Belgique, République tchèque, France, Allemagne, Hongrie, Malte, Pays-Bas, Norvège, Portugal, Espagne, Suède, Royaume-Uni.

On ne peut qu’être frappé par le rapprochement entre ces deux nototifcations au RASFF de l’UE, la première semble être un coup de semonce, quand on voit le nombre d’avis de rappels qui ont lieu en France.

Le blog a signalé qu’il y avait eu 19 avis de rappels et RappelConso a mis en place sur son site internet le bandeau ci-dessous :
https://rappel.conso.gouv.fr/categorie/0/1/stec - Rappel de nombreux lots de fromages (Morbier, Raclette, Tomme - sous différentes marques et présentations) fabriqués par Route des Terroirs et susceptibles d'être contaminés par des Escherichia coli shigatoxinogènes

Commentaire
On est en droit de se poser des questions quand deux notifications rapprochées disent la même chose. Comme il n’y aura pas d’enquête et que personne ne posera de question à nos autorités sanitaires, classons ce dossier, mais pour moi, un doute subsiste ...

Mise à jour du 14 décembre 2023
Du 6 au 14 décembre 2023, 28 fromages ont été rappelés pour cause de présence de STEC.

Vendredi 15 décembre 2023, le blog fera paraître le Top 10 de l’année 2023 de la sécurité des aliments en France. Il s’gait d’une mise en perspective de quelques faits saillants, mais aussi avec des absents …

mercredi 6 décembre 2023

Il paraît qu’il existe un partage d’informations entre Etats membres de l’Union européenne

Le blog souhaite revenir sur le document de nos autorités sanitaire, «Comment fonctionne le système d'alerte alimentaire ?»

Le blog s’était étonné dans un précédent article qu’après huit rappels de fromages de brebis en quatre mois pour cause de présence de Listeria monocytogenes où étaient les mesures adaptées dans l’entreprise pourtant mentionnées explicitement dans le fonctionnement du système d’alerte alimentaire.

Dans un autre cas, le blog aimerait signaler un autre dysfonctionnement dans le seul but d’améliorer le système de sécurité sanitaire des aliments en France.

Le blog avait signalé en son temps, le 20 novembre le rappel de filets d’anchois en raison d’un risque de teneur en histamine au-delà du seuil réglementaire. Le second rappel en un mois pour cette entreprise et on se retrouve là ausi dans le même cas de figure que celui énoncé ci-dessus.

Mais le souci principal n’est pas là car voici que survient un autre problème.

Le blog avait signalé que «tous les rappels dans les pays de l'UE de produits d'origine France ne font pas l'objet d'une notification au RASFF de l'UE, voir le cas des filets d'anchois, notamment ...»

Pourtant, le document de nos autorités sanitaires sur le fonctionnement du système d’alerte alimentaire semble clair,
La gestion des alertes par la DGAL comprend six points, mais le propos de notre démonstration, je prendrais le point suivant :

- le partage d’informations entre Etats membres de l’Union européenne et avec des pays tiers via le réseau européen d’alerte rapide RASFF (Rapid Alert System for Food and Feed).

Que faut-il constater ?
1. Pas de notification au RASFF pour les filets d’anchois en raison de la présence d’histamine,
2. Le Luxembourg informe le 5 décembre 2023 du rappel des filets d’anchois (pourtant rappelés en France le 20 novembre 2023).

Commentaire
Il est où le partage d’informations entre Etats membres de l’Union européenne ?
Autre aspect pour ceux qui s'intéressent aux dysfonctionnements des rappels en France, deux rappels de produits alimentaires signalés hier par le blog ne font toujours pas l’objet d’une information par RappelConso. Rappelons que le rappel initial à eu lieu le lundi 5 décembre 2023. Ce sera vraisemblablement pour le 7 décembre ...

vendredi 1 décembre 2023

Novembre 2023 : Un très bon bilan de la sécurité des aliments en France, vraiment ?

Après un excellent bilan de la sécurité des aliments en France en octobre 2023, voici selon le même principe,celui de novembre 2023.
Voici deux indicateurs de la sécurité des aliments en France pour novembre 2023. Désolé, mais par manque de transparence de nos autorités sanitaires, je n'en ai pas d'autres sous la main, mais si des lecteurs en ont, je suis preneur ...

Nombre de rappels de produits alimentaires en 2023
- Janvier : 122
- Février : 181
- Mars : 222
- Avril : 141
- Mai : 127
- Juin : 235
- Juillet : 179
- Août : 151
- Septembre: 116
- Octobre : 134
- Novembre : 227
Total : 1 831 versus 2 441 pour l’année 2022
On peut donc penser qu'il y a un progrès en matière de nombre de produits rappelés en 2023, mais le chiffre est tellement vertigineux ...

Nombre de notifications au RASFF de l’UE en 2023 pour les produits d’origine France
- Janvier : 20
- Février : 22
- Mars : 35
- Avril : 15
- Mai : 15
- Juin : 25
- Juillet : 17
- Août : 23
- Septembre : 14
- Octobre : 28
- Novembre : 17, dont six par des Etats membres de l’UE
A noter, trois notifications concernant des huîtres contaminées par norovirus, trois produits alimentaire en raison de la présence de Listeria monocytogenes et deux fromages en rasion de la présence de STEC.
Total : 231 versus 222 pour l’année 2022.

Plus de notifications en 2023, sans oublier que tous les rappels dans les pays de l'UE de produits d'origine France ne font pas l'objet d'une notification au RASFF de l'UE, voir le cas des filets d'anchois, notamment  ...

On pourra aussi lire Augmentation des alertes alimentaires, circulez y'a rien à voir !


Complément
RappelConso signale le 29 novembre 2023 le rappel de tomme de Savoie fermère IGP pour cause d eprésence de E. coli producteurs de shigatoxines O26:H11.
Les autorités du Luxembourg informe du rappel de tomme de Savoie fermière IGP de la marque Conus vendue en vrac en raison de la présence de E. coli STEC O26:H11.
Il n’y a pas eu de notification au RASFF de l’UE ...

dimanche 26 novembre 2023

Un réseau de l’UE met en lumière les principaux problèmes microbiens

«Un réseau de l’UE met en lumière les principaux problèmes microbiens», source article paru dans Food Safety Newsr du 26 novembre 2023.

E. coli producteurs de shigatoxines (STEC), Taenia solium et les produits à base de plantes figuraient parmi les sujets abordés lors de la dernière réunion d'un réseau européen axé sur l'évaluation des risques.

Le Réseau scientifique sur l'évaluation des risques microbiologiques (MRA Network) comprend 25 États membres ainsi que la Suisse et la Norvège en tant qu'observateurs. Il est coordonné par l'Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA).

Divers sujets ont été présentés lors d'une réunion en octobre 2023, notamment la pathogénicité des STEC, les risques dus aux pannes de courant, le chauffage et le stockage réfrigéré des œufs, le lait des fermes laitières atteint de botulisme, les œufs de Echinococcus sur des baies, Salmonella dans la chaîne porcine, les voies de transmission de Campylobacter, Listeria monocytogenes dans les aliments prêts à consommer, Enterobacteriaceae pathogènes dans des gâteaux et une mise à jour sur une épidémie à Taenia solium.

E. coli et botulisme

L'Agence de sécurité sanitaire de l'alimentation, de l'environnement et du travail (Anses) revient sur son avis de 2017 sur le pouvoir pathogène des STEC. Sur la base de l'analyse des données de surveillance de 2017 à 2021, l'agence a proposé une nouvelle classification des souches de STEC selon leur potentiel de virulence. Cette classification prend en compte l'association de souches à des formes sévères d'infection comme le syndrome hémolytique et urémique (SHU), qui attaque les reins, et entraîne des diarrhées sanglantes.

Les souches STEC dotées des gènes stx2a et/ou stx2d et des gènes d'adhésion, eae ou aggR, sont les plus susceptibles de provoquer le SHU. Les souches eae ou aggR négatives avec des variants stx2a et/ou stx2d ont également un potentiel élevé de provoquer le SHU, en particulier chez les adultes. Les souches portant d'autres sous-types du gène stx sont moins fréquemment associées au SHU et se retrouvent principalement chez les patients souffrant de diarrhée sanglante et de diarrhée.

En 2023, Salmonella Enteritidis a été retrouvé chez des poules pondeuses pour la première fois depuis des décennies en Suède. Des millions d'œufs ont été rappelés et au moins 79 personnes étaient malades. Une étude a évalué si les œufs à la coque provenant de lots rappelés pouvaient toujours être consommés sans danger. Si le jaune est crémeux mais ferme, une température d'au moins 65°C suffira à tuer Salmonella Enteritidis.

L'Institut fédéral allemand pour l'évaluation des risques (BfR) a évalué le risque de contracter le botulisme lors de la consommation de produits laitiers si l'on transforme du lait de vaches saines provenant d'une ferme présentant des cas de botulisme dans le troupeau laitier.

L'agence a constaté que le risque de contracter le botulisme en consommant du lait et des produits laitiers était très faible. Il a conseillé aux consommateurs de ne pas conserver le lait cru sans réfrigération et de faire bouillir le lait cru de la ferme avant de le boire.

Trois cas de cysticercose neurologique causée par Taenia solium ont été détectés chez des enfants à Lier, Belgique. Les enfants concernés ont été diagnostiqués en 2023, ils n’avaient pas d’antécédents de voyage et le seul lien est qu’ils fréquentent la même école, bien qu’ils soient dans des classes différentes car ils ont des âges différents. En octobre, un quatrième enfant infecté par le ténia du porc a été découvert. Ils ne présentaient aucun symptôme de maladie mais ont été examinés par mesure de précaution.

L'infection s'est probablement produite il y a plus d'un an. L'enquête se concentre sur les personnes en contact avec les enfants à l'école, notamment celles qui manipulent leurs aliments, mais pas sur les aliments eux-mêmes.

Pathogènes dans les produits à base de végétaux

La prévalence et le potentiel de croissance de Listeria monocytogenes ont été évalués dans une étude portant sur trois catégories d'aliments prêts à consommer préemballés à base de végétaux sur le marché belge – garnitures végétaliens et végétariens de sandwichs en tranches, légumes verts à feuilles fraîchement découpés et bols à salade multi-ingrédients.

Les experts ont également discuté des risques associés aux substituts de produits laitiers et de viande à base de plantes. Quatre foyers ont été couverts en raison des alternatives au fromage, trois étant causés par Salmonella et un par Listeria. Les représentants irlandais ont demandé un échange d'études sur le sujet suite à un rappel dans le pays lié à une épidémie de listériose provoquée par un fromage végétalien.

Une étude européenne a identifié l'ADN des parasites Echinococcus multilocularis et Echinococcus granulosus sensu lato sur des laitues et des baies de plusieurs pays de l'UE, y compris des échantillons de baies des Pays-Bas. Bien que les résultats représentent une étape importante vers la compréhension de la contribution des sources alimentaires aux infections humaines, la viabilité des œufs n'a pas pu être évaluée.

mardi 21 novembre 2023

Présence de pathogènes dans des fromages de France selon trois notifications au RASFF de l’UE

Il y a donc deux notifications au RASFF de l’UE,

- notification du 17 novembre 2023, mise à jour le 21 novembre par la France sur la présence de Listeria monocytogenes (80 ufc/g) dans des fromages au lait cru de chèvre de France, suite à un autocontrôle du fabricant.

Selon la notification, le produit a été distribué en Belgique, France et Luxembourg.
Pour l’instant, seul le Luxembourg a rappelé les produits le 21 novembre 2023 : rappel de Biquette du Ch’ti (Fromage de chèvre), suite à une suspicion de présence de Listeria monocytogenes. La DDM est du 19 novembre 2023.
Signalons aussi un rappel en Suisse le 16 novembre 2023.

- notification du 20 novembre 2023, mise à jour le 21 novembre par la Suède de la présence possible de Escherichia coli (STEC) dans des fromages de France.

Le produit n’a pas été distribué en Suède et a été bloqué en Allemagne. La notification indique qu’il s’agit de Brique de chèvre Sakura No-Ha.

Complément du 23 novembre 2023

notification du 23 novembre 2023 par l'Italie de la présence de Escherichia coli producteurs de shigatoxines(STEC) dans des fromages de chèvre France. Il s’agit selon la notification, d’un fromage à pâte molle au lait cru de chèvre dans une feuille de cerisier (Sakura).

mercredi 1 novembre 2023

Octobre 2023 : Excellent bilan de la sécurité des aliments en France

Voici deux indicateurs de la sécurité des aliments en France pour octobre 2023. Désolé, par manque de transprence de nos autorités sanitaires, je n'en ai pas d'autres sous la main, mais si des lecteurs en ont, je suis preneur ...

Nombre de rappels de produits alimentaires en 2023
- Janvier : 122
- Février : 181
- Mars : 222
- Avril : 141
- Mai : 127
- Juin : 235
- Juillet : 179
- Août : 151
- Septembre: 116
- Octobre : 134
Total : 1 625 versus 2 441 pour l’année 2022
On peut penser qu'il y a un progrès ...

Nombre de notifications au RASFF de l’UE en 2023 pour les produits d’origine France
- Janvier : 20
- Février : 22
- Mars : 35
- Avril : 15
- Mai : 15
- Juin : 25
- Juillet : 17
- Août : 23
- Septembre : 14
- Octobre : 28
Total : 214 versus 222 pour l’année 2022.
Pas de progrès du tout, et tous les rappels des pays de l'UE de produits d'origine France ne font pas l'objet d'une notification ...

mardi 31 octobre 2023

C'est effrayant le chiffre du gaspillage alimentaire au sein de l'UE, mais un autre chiffre effrayant est celui des 773 foyers de cas d’origine alimentaire dans l’UE en 2021

Le chiffre du gaspillage alimentaire est effrayant. Un autre chiffre effrayant est celui des 773 foyers de cas d’origine alimentaire dans l’UE en 2021.  

samedi 28 octobre 2023

Un fromage au lait de chèvre de France soupçonné d'être à l'origine d'une épidémie de cryptosporidiose en Suède

Un fromage au lait de chèvre de France soupçonné d'être à l'origine d'une épidémie de cryptosporidiose en Suède, selon une notification au RASFF de l’UE par la Suède le 27 octobre 2023.

La fiche de danger microbiologique transmissible par les aliments de l’Anses sur Cryptosporidium spp. rappelle qu’en 2017, une épidémie dans l’ouest de la France a été reliée à la consommation de fromage blanc biologique au lait non pasteurisé.

Etait-ce le cas pour ce fromage de chèvre ? Pas d’information à ce jour dans la notification.

Il est noté dans cet article que «La cryptosporidiose humaine apparait largement sous-diagnostiquée en France. Les prescriptions de routine pour le diagnostic biologique de diarrhées persistantes devraient être améliorées en spécifiant une recherche parasitologique (dont cryptosporidies).»

Ainsi dans cette épidémie de gastro-entérite, qui n’était pas qu’une gastro hivernale, ni une suspicion d’intoxication alimentaire, «Le génotype hypertransmissible C. parvum IIaA15G2R1, considéré comme zoonotique, a été retrouvé dans des échantillons de fèces de veaux à proximité du laboratoire de fabrication de fromages.»

A suivre ...

vendredi 27 octobre 2023

Foyer épidémique à Salmonella Enteritidis dans plusieurs pays lié à de la viande de poulet et des produits à base de viande de poulet (kebab)

«Foyer épidémique dans plusieurs pays à Salmonella Enteritidis dans de la viande de poulet et des produits à base de viande de poulet», source EFSA du 26 octobre 2023.

Entre janvier et octobre 2023, 14 pays de l'UE et de l’EEE, le Royaume-Uni et les États-Unis ont signalé 335 cas liés à ce foyer épidémique.

D'après lévaluation rapide du foyer épidémique menée par l'EFSA et l'ECDC, de la viande de poulet et des produits à base de viande de poulet (kebab) constituent la source probable de ce foyer épidémique qui touche plusieurs pays et qui est causé par trois types de Salmonella Enteritidis.

Des bactéries semblables à celles qui ont causé le foyer épidémique ont été détectées dans des échantillons de viande de poulet et de kebab de poulet. Alors que les données de traçabilité des aliments pointent vers des producteurs situés en Pologne (7 producteurs) et en Autriche (1 producteur), aucune preuve microbiologique d'une contamination dans leurs installations n'a été identifiée.

Les scientifiques s'attendent à ce que de nouveaux cas surviennent dans ce foyer qui touche plusieurs pays car la source n'a pas encore été identifiée. Les experts de l'EFSA et de l'ECDC recommandent de poursuivre les investigations afin d'identifier les endroits de la chaîne de production de viande de poulet où la contamination a pu se produire.

Source Three clusters of Salmonella Enteritidis ST11 infections linked to chicken meat and chicken meat products.

L’article de Joe Whitworth du 27 octobre 2023 dans Food Safety News rapporte,

De janvier à octobre 2023, 335 cas de Salmonella Enteritidis de type séquence (ST) 11 confirmés en laboratoire, appartenant à trois groupes, ont été signalés dans 14 pays de l'UE, au Royaume-Uni et aux États-Unis, touchant tous les groupes d'âge. Neuf cas dans trois pays ont été hospitalisés et une personne est décédée en Autriche.

Le dernier nombre de patients représente une augmentation par rapport aux 130 cas dans 11 pays révélés en août lorsqu'une analyse de l'ECDC s'est concentrée sur deux sous-groupes de Salmonella Enteritidis de type 11.

Le blog signalait dès le 2 avril 2023 que La viande de kebab contenant de la viande de poulet est-elle dans le collimateur de l'ECDC ?


Détails de l'épidémie
Le premier cluster compte 66 patients répartis dans neuf pays de l’UE et au Royaume-Uni. Les patients sont âgés de moins de 1 à 84 ans, les hommes étant plus touchés que les femmes. Le Royaume-Uni compte le plus de cas dans ce groupe, avec 21, suivi de la France avec 19. Une personne en Autriche est décédée, trois en Pologne et cinq en Allemagne ont été hospitalisées. Le dernier cas s’est produit au Royaume-Uni en octobre 2023.

Le cluster 2 compte 192 cas dans 12 pays de l’UE et au Royaume-Uni. Une femme était malade aux États-Unis et avait voyagé en Espagne en juin 2023, où l’infection s’est probablement produite. La tranche d’âge des patients dans l’UE allait de moins de 1 à 98 ans. Une personne en Italie a été hospitalisée. Le Royaume-Uni compte le plus grand nombre d'infections, avec 83, suivi de la France avec 60.

Le cluster 3 compte 77 patients dans huit pays de l’UE et au Royaume-Uni. Quatre cas en Pologne se sont produits avant 2023 et ont été détectés lors d'un projet de recherche. Dans ce groupe, l'âge variait de 2 à 83 ans et plus d'hommes étaient malades que de femmes. La France compte le plus de cas avec 33 tandis que le Royaume-Uni en compte 27.

Les pays concernés comprennent l'Autriche, la Belgique, le Danemark, la Finlande, l'Allemagne, l'Irlande, l'Italie, le Luxembourg, les Pays-Bas, la Norvège, la Pologne, la Slovénie et la Suède.

La plupart des cas interrogés ont signalé une consommation de viande de poulet, y compris des brochettes. Trois brochettes contaminées par Salmonella se partageaient plusieurs entreprises alimentaires polonaises.

L'analyse des cas groupés (clusters) des séquences a révélé la présence d'isolats humains en 2022 et 2023 pour le groupe 1, de 2012 à 2023 pour le groupe 2 et de 2014 à 2023 pour le groupe 3 dans plusieurs pays européens, indiquant une circulation prolongée et endémique des souches.

Les contrôles officiels ont également révélé la présence d'autres types de Salmonella, notamment Infantis, Kottbus, Virchow et Rauform.

Bien que la contamination ait pu se produire au niveau du restaurant dans un cas, pour d’autres produits, elle s’est probablement produite avant qu’ils ne quittent leurs sites de production ou de transformation ou au niveau de l’élevage de poulets de chair.

«Des enquêtes supplémentaires sont nécessaires pour identifier la cause profonde de la contamination et la source des infections, ce qui est crucial pour la mise en œuvre rapide de mesures de contrôle et de mesures correctives efficaces et ciblées. Comme les sources n’ont pas été identifiées, de nouveaux cas surviendront probablement dans cette épidémie prolongée dans plusieurs pays , ont déclaré l’ECDC et l’EFSA.