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dimanche 4 octobre 2026

L’UE publiera des avis scientifiques et éthiques relatifs aux aliments ultra-transformés d’ici début 2027

« L’UE publiera des avis scientifiques et éthiques relatifs aux aliments ultra-transformés d’ici début 2027 », source Food Safety Magazine.

La Commission européenne a publié un document de cadrage sur l’évaluation scientifique et éthique de la consommation d’aliments ultra-transformés et les recommandations politiques qui en découlent au sein de l’UE. Bien que ce document ne tire pas de conclusions officielles, il jette les bases des avis que le Groupe des conseillers scientifiques en chef de la Commission (GCSA pour Group of Chief Scientific Advisors) et le Groupe européen d’éthique des sciences et des nouvelles technologies (EGE pour European Group on Ethics in Science and New Technologies) rendront début 2027.

Ces évaluations scientifiques et éthiques à venir pourraient éclairer les futures actions de l’UE concernant les aliments ultra-transformés.

Des experts chargés d’évaluer les fondements des politiques relatives aux aliments ultra-transformés

Plus précisément, le GCSA a été chargé de déterminer les considérations scientifiques qui devraient sous-tendre les politiques de l’UE visant à promouvoir des régimes alimentaires plus sains, en se basant sur les connaissances actuelles concernant la consommation d’aliments ultra-transformés et leurs effets sur la santé. Il a été demandé aux conseillers d'examiner :
- Les principales définitions et systèmes de classification des aliments ultra-transformés (AUTs) et leur pertinence pour l'élaboration des politiques
- Les données scientifiques actuelles concernant leurs effets sur la santé
- Les habitudes de consommation d'AUTs dans l'UE
- Les critères ou indicateurs possibles d'évaluation des effets sur la santé.

Parmi les critères potentiels identifiés figurent le degré et le type de transformation, la densité énergétique, la composition nutritionnelle, les ingrédients tels que les additifs alimentaires et les arômes, la taille des portions, la fréquence de consommation et la contribution de chaque aliment aux apports nutritionnels essentiels et aux recommandations diététiques.

Il est important de noter que le document souligne que la sécurité sanitaire des substances individuelles fait déjà l'objet d'une évaluation des risques par l'Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA) dans le cadre du système d'autorisation de mise sur le marché de l'UE.

Parallèlement, le groupe EGE a été chargé d'examiner les considérations éthiques liées aux AUT tout au long de la chaîne alimentaire. Ses travaux porteront sur la protection de la santé, l'accès à une alimentation adéquate et nutritive, la protection et l'autonomie des consommateurs, la justice sociale, la responsabilité des entreprises, le bien-être animal et les impacts environnementaux. L’étude examinera également les inégalités socio-économiques, le prix, la concentration du marché, le travail, la propriété des données et les externalités environnementales liées à la production et à la consommation d’aliments ultra-transformés (AUTs).

Les deux groupes ont été chargés d’identifier les données probantes crédibles, limitées ou manquantes et de mettre en évidence les lacunes de la recherche. Leurs avis scientifiques et éthiques respectifs sont attendus au premier trimestre 2027.

Définitions floues des AUTs et évolution des données sur leurs effets sur la santé

Préparant le terrain pour que le GCSA et l’EGE puissent formuler leurs avis, le document de cadrage a mis en lumière à la fois les preuves croissantes associant la consommation d’AUTs à des effets néfastes sur la santé et les questions persistantes quant à la définition des AUTs à des fins de recherche et d’élaboration de politiques.

Le terme « aliment ultra-transformé » est le plus souvent associé au système de classification des aliments Nova, qui divise les aliments et les boissons en quatre catégories, les AUT regroupant les produits contenant peu ou pas d’aliments entiers. Le document a souligné les critiques fréquentes formulées à l’encontre des critères Nova, qui manquent de la spécificité requise pour classer les aliments de manière cohérente et sans interprétation subjective.

Des études observationnelles ont établi un lien entre les régimes alimentaires riches en aliments ultra-transmissibles et les maladies non transmissibles, l'obésité et des problèmes de santé mentale, notamment l'anxiété et la dépression. Cependant, la Commission a qualifié ce domaine scientifique d'évolutif et a indiqué que les effets environnementaux et sociaux des AUTs semblent encore mal compris.

Importance fonctionnelle de la transformation des aliments

Le document souligne également que la transformation des aliments remplit des fonctions importantes. Elle permet d'améliorer la sécurité microbiologique, d'éliminer les toxines, de prolonger la durée de conservation, d'accroître la biodisponibilité des nutriments, de faciliter l'enrichissement des aliments et de réduire le gaspillage alimentaire et la charge de travail domestique. Parallèlement, les nouvelles technologies de transformation permettent de créer des formulations à haute stabilité et de modifier les caractéristiques sensorielles, ce qui soulève des questions quant à leurs effets potentiels sur la santé humaine, animale et planétaire.

La consommation d'AUTs varie au sein de l'UE

Selon les données citées par la Commission, le pourcentage de l'apport énergétique total provenant des AUTs définis par la classification Nova varie considérablement en Europe. Les aliments ultra-transformés représentent moins de 25 % de l'apport énergétique dans certains pays d'Europe du Sud, notamment l'Italie, Chypre, la Grèce et le Portugal, mais dépassent 35 % aux Pays-Bas et en Allemagne et atteignent environ 40 % en Suède.

La Commission a également souligné les disparités socio-économiques liées à la consommation d'AUTs. Des recherches citées dans le document ont établi un lien entre une consommation plus élevée d'AUTs et un statut socio-économique et un niveau d'instruction parental plus faibles, tandis que d'autres études ont associé l'insécurité alimentaire à une plus grande probabilité de répondre aux critères de ce que les chercheurs ont appelé la « dépendance aux AUTs ».

Règles existantes de sécurité des aliments dans l'UE et politique potentielle relative aux AUTs

Le document présente les AUTs comme un problème qui dépasse le cadre de la nutrition et de la santé publique. Les pistes politiques potentielles sont les suivantes :

Les domaines identifiés par la Commission comprenaient la sécurité des aliments, l'agriculture, l'industrie et le commerce, la protection et l'autonomie des consommateurs, la justice sociale, la durabilité environnementale, le bien-être animal, la biodiversité, les emballages et le gaspillage alimentaire.

Bien que l'UE ne réglemente pas spécifiquement les aliments ultra-transformés (AUTs) en tant que catégorie distincte, la législation en vigueur régit déjà de nombreux aspects des aliments susceptibles d'entrer dans cette classification. Par exemple, la législation alimentaire générale de l'UE établit le cadre juridique global en matière de sécurité des aliments et prévoit des mesures de management des risques allant de l'information des consommateurs à l'interdiction et au retrait de produits. Des réglementations spécifiques régissent les additifs alimentaires, les arômes, les contaminants et les matériaux entrant en contact avec les aliments.

Le plan pour un cœur en bonne santé (ou Safe Hearts Plan) de la Commission pourrait ouvrir une voie plus directe pour l'élaboration de politiques relatives aux AUTs. Une initiative préconise l'élaboration d'un « système complet d'évaluation de la transformation des aliments », destiné à fournir aux consommateurs des informations fondées sur des données scientifiques concernant les procédés de transformation alimentaire. Une autre initiative vise à examiner les outils potentiels, y compris des mesures financières, pour soutenir la prévention des maladies, la reformulation des produits alimentaires et des choix de consommation plus sains. Cette dernière initiative a explicitement pour vocation de s'appuyer sur des avis scientifiques et éthiques attendus prochainement.

Commentaire

Qu’il y ait des considérations scientifiques sur les aliments ultra-transformés, je crois que tout le monde sera d’accord, mais qu’il y ait des considérations éthiques, je ne suis pas d’accord, car cela ouvrirait la boite de pandore. La consommation de viande pourrait, demain, générer des avis "éthiques" ...

Selon l’Assurance Maladie,

Les aliments ultratransformés sont des produits emballés, fabriqués à partir d’ingrédients traditionnels ayant subi d’importants procédés de transformation industrielle (chimique, physique, biologique), et auxquels on ajoute des arômes et des additifs. 
Les aliments ultratransformés représentent environ 35 % de nos apports caloriques en France (et jusqu’à 60 % aux États-Unis).
En France, environ 80 % des produits disponibles en supermarché sont des aliments ultratransformés.

A noter que selon le Synabio, 50 % des produits emballés des magasins spécialisés bio sont ultratransformés.

samedi 3 octobre 2026

Un projet financé par l'UE vise à développer des technologies innovantes pour la surveillance microbienne en continu de la chaîne d'approvisionnement de la volaille

« Un projet financé par l'UE vise à développer des technologies innovantes pour la surveillance microbienne en continu de la chaîne d'approvisionnement avicole », source Food Safety Magazine.

Un projet de recherche européen développe des technologies de détection photonique associées à l'intelligence artificielle (IA) afin de détecter, en temps réel, les problèmes liés à la sécurité des aliments, la qualité et au bien-être animal tout au long de la chaîne d'approvisionnement avicole.

Le projet Sensor4Food développera cinq technologies de détection photonique destinées à identifier les contaminations, les maladies et les problèmes de qualité aux étapes critiques de la production avicole. Les chercheurs étudieront également si les données recueillies tout au long de la chaîne d'approvisionnement pourraient servir de base à un système d'identification numérique, qualifié par le projet de « passeport avicole », reliant les informations relatives à la production, au transport, au bien-être et à la transformation des volailles.

Soutenu par une subvention de 6,98 millions d'euros au titre du programme « Horizon Europe » (action d'innovation), le projet Sensor4Food est coordonné par l'Université des sciences appliquées de Turku (Finlande) et se déroulera jusqu'en février 2030. Le consortium réunit 21 organisations à travers l'Europe, notamment des instituts de recherche, des experts du domaine, des partenaires industriels et l'Association des transformateurs et du commerce de volaille des pays de l'UE (AVEC).

Une attention particulière portée à Campylobacter

Le projet se concentre en partie sur l'amélioration de la détection de Campylobacter, bactérie responsable de la maladie infectieuse d'origine alimentaire la plus fréquemment signalée dans l'UE. L'EFSA estime qu'environ 9 millions de cas de campylobactériose humaine surviennent chaque année dans l'UE et que les poulets ainsi que la viande de poulet pourraient être directement à l'origine de 20 à 30 % de ces cas.

Une surveillance continue en temps réel

« La filière avicole européenne fonctionne à une cadence extraordinaire, transformant jusqu'à 20 000 poulets par jour et par site ; pourtant, nos contrôles de sécurité sanitair reposent encore sur des méthodes analogiques aux délais trop longs », a déclaré David Oliva, responsable des technologies cognitives à l'Université des sciences appliquées de Turku, également chercheur principal du projet Sensor4Food. « Prélever quelques échantillons aléatoires dans un camion et attendre une journée pour obtenir les résultats d'analyse crée une zone d'ombre importante. Notre ambition est de remplacer certaines de ces zones d'ombre par des informations beaucoup plus complètes et disponibles en temps réel. » Par exemple, chez un producteur de volaille participant au projet, l'aliment pour animaux est actuellement contrôlé par prélèvement d'échantillons à des points précis de chaque chargement de camion, lesquels sont envoyés en laboratoire pour analyse ; l'obtention des résultats prend environ une journée. Les chercheurs de Sensor4Food étudieront si la détection photonique pourrait, à la place, analyser l'aliment en continu lors du déchargement du camion, permettant ainsi de surveiller la quasi-totalité de la cargaison plutôt que de se fier à des prélèvements aléatoires.

Technologies photoniques pour la sécurité sanitaire et la qualité de l'alimentation des volailles

Sensor4Food fera passer cinq technologies photoniques du stade de la validation en laboratoire ou niveau de maturité technologique 4 (TRL 4 pour Technology Readiness Level 4) à celui du déploiement industriel en conditions réelles (TRL 7). Ces technologies comprennent la détection dans l'infrarouge moyen, la biodétection par photonique sur silicium, l'imagerie hyperspectrale, la détection par radiofréquence et les ultrasons.

Un système d'IA combinera les informations issues des technologies photoniques avec des données en temps réel sur les conditions environnementales, l'acoustique, le transport et les composés organiques volatils (COV).

« La photonique nous permet de voir ce que les méthodes d'inspection conventionnelles ne peuvent pas déceler », a expliqué la Dr Oliva. « En analysant la manière dont la lumière interagit avec les matières biologiques, nous pouvons identifier les risques plus tôt et avec une plus grande précision, sans ralentir la production alimentaire. »

Étude des liens entre le bien-être des volailles et la qualité de la viande

Outre les applications liées à la sécurité des aliments, les chercheurs de Sensor4Food étudieront si les données recueillies tout au long de la chaîne de production avicole peuvent fournir des informations sur le bien-être animal. Ils combineront des informations sur les conditions d'élevage et de transport avec des analyses photoniques de la viande de volaille afin de déterminer si certains problèmes de qualité mesurables peuvent être associés aux conditions vécues par les volailles durant leur croissance et leur transport. Le projet vise à identifier des modèles susceptibles d'aider les producteurs de volaille à améliorer le bien-être animal et la qualité de la viande.

Proposition d'un « passeport volaille » numérique pour la traçabilité

Sensor4Food étudiera également la possibilité de regrouper les données générées tout au long de la chaîne d'approvisionnement avicole en un « passeport volaille » numérique.

Le système envisagé relierait, au sein d'un dossier continu, des informations concernant le lieu d'élevage, la qualité de l'aliment, les conditions environnementales, le transport, le bien-être animal et la transformation. Les chercheurs examineront dans quelle mesure cette traçabilité pourrait être appliquée, potentiellement jusqu'au niveau de la volaille individuelle ou du produit avicole.

Ce passeport numérique demeure un concept de recherche ; le projet en évaluera la faisabilité au fur et à mesure de l’avancement de Sensor4Food.

La détection photonique pourrait contribuer à réduire le gaspillage alimentaire

Des chercheurs étudieront également les applications de la photonique pour réduire le gaspillage alimentaire. En Norvège, la détection dans l'infrarouge moyen sera utilisée pour évaluer la qualité des protéines récupérées à partir des coproduits de la filière avicole. Le projet examinera si cette approche pourrait favoriser l’utilisation de sous-produits de transformation à faible valeur ajoutée comme ingrédients à plus forte valeur ajoutée.

NB : Sauf erreur de ma part, il n’y a pas de participant français au programme Sensor4Food. Voir liste des particpants ici.

mercredi 30 septembre 2026

Des audits de l’UE évaluent la sécurité des aliments de la viande bovine, du poulet et du miel du Brésil avec des résultats contrastés

Un audit de l’UE sur la viande bovine du Brésil destinée à l'exportation vers l'Union européenne a eu lieu du 27 avril au 20 mai 2026 et le rapport a été publié le 26 septembre 2026.

Résumé

L’audit visait à évaluer si les contrôles officiels relatifs aux aspects de santé publique et aux systèmes de certification pour la production de viande bovine destinée à l’exportation vers l’UE offrent des garanties suffisantes quant à la conformité de la production de cette denrée aux exigences de la législation de l’UE, et s’ils permettent d’étayer les attestations de santé publique figurant dans le certificat officiel de l’UE correspondant. L’audit conclut que le système de contrôle est conçu de manière adéquate, qu’il s’appuie sur des procédures documentées et des systèmes informatiques, et qu’il prévoit des dispositifs de supervision offrant des garanties satisfaisantes quant à la production de cette denrée dans le respect des exigences de l’UE. Les contrôles officiels sont réalisés de manière efficace dans les établissements de production de viande, ce qui renforce la fiabilité des attestations de santé publique figurant dans le certificat officiel de l’UE correspondant. Toutefois, l’audit a mis en évidence certaines lacunes dans les contrôles visant à vérifier que les exploitants du secteur alimentaire appliquant de l’acide lactique pour réduire la contamination microbiologique de surface des carcasses bovines respectent les exigences de l’UE régissant cette pratique. En réponse aux observations de l’équipe d’audit, l’autorité compétente centrale a engagé des mesures pour remédier à ces lacunes. Le rapport contient une recommandation invitant l’autorité compétente centrale à remédier aux lacunes constatées et à renforcer davantage le système de contrôle.

Selon certaines informations, « Les auditeurs de la Commission ont identifié des lots de viande provenant de vaches traitées à l'œstradiol qui avaient été certifiés à tort pour l'exportation vers l'Union européenne. Éric Thévenard, directeur des audits et analyses sanitaires et alimentaires à la DG SANTE, a indiqué que les produits concernés ont été retirés du marché et que Bruxelles procédera à un nouvel audit de suivi avant de pouvoir juger les garanties du Brésil suffisantes.

Les exportations de viande bovine devraient rester suspendues pendant environ deux ans en raison du délai entre la naissance d'une vache et son abattage, a déclaré lundi au Parlement européen Eric Thévenard.

Autre sujet avec le Brésil, et autre rapport d’audit de l’UE, cette fois-ci sur l’évaluation de la conformité à l'interdiction d'utilisation de certains antimicrobiens chez les animaux et les produits animaux destinés à l'exportation vers l'UE. Ici il est question de poulets et de miel. L’audit a eu lieu du 24 août au 4 septembre 2026. Le rapport a été publié le 28 septembre 2026.

Résumé

L’audit a révélé que le cadre juridique, les manuels de procédures et la formation dispensée aux inspecteurs nationaux, ainsi que les contrôles officiels mis en place au Brésil, sont à même d’offrir les garanties requises par l’article 118, paragraphe 1, du règlement (UE) 2019/6 pour les deux filières couvertes par l’audit. Cette capacité repose sur la séparation de la ligne de production destinée à l’Union dans la filière avicole, ainsi que sur l’absence de produits autorisés pour une utilisation sur les abeilles et sur les contrôles relatifs à l’approvisionnement des apiculteurs dans la filière du miel.
Au moment de l’audit, le système de contrôles officiels concernant la non-utilisation de certains antimicrobiens fonctionnait efficacement dans les deux secteurs, bien qu’il ait été mis en place récemment. La seule faiblesse relevée par les auditeurs concernant les contrôles officiels des établissements fabriquant des prémélanges pour aliments destinés à la volaille a été corrigée par les autorités compétentes alors même que l’audit était en cours.
Il est donc conclu que le système de contrôles officiels, tel qu’il a été mis en œuvre et renforcé par le Brésil au cours de l’audit, constitue une base solide permettant à l’autorité compétente brésilienne d’attester de manière fiable la conformité aux déclarations pertinentes concernant les restrictions d’utilisation de certains antimicrobiens, figurant dans les certificats sanitaires de l’UE pour l’exportation vers l’Union de viande de volaille et de miel, respectivement.

Les auditeurs ont constaté que le système offrait aux autorités brésiliennes une base solide pour certifier que la viande de volaille et le miel exportés vers l'UE respectaient les restrictions.

Les exportations de volaille devraient reprendre plus tôt que celles de viande bovine, car les poulets ont une durée de vie plus courte, ce qui facilite le respect des normes.

M. Thévenard a indiqué que l'audit de 2026 évaluant les garanties antimicrobiennes pour ces produits (volaille et miel. ) avait abouti à un résultat positif. La Commission avait précédemment expliqué qu'un audit positif pourrait lui permettre de proposer une modification de la liste des pays et produits autorisés, mais que toute modification devait suivre la procédure européenne et obtenir l'approbation des États membres.

Les États membres de l'UE doivent encore voter pour rétablir l'autorisation d'importation de volailles brésiliennes. Le comité compétent doit se réunir les 20 et 21 octobre, puis les 16 et 17 novembre.

lundi 21 septembre 2026

Les aflatoxines et les aliments importés sont en tête des notifications liées aux mycotoxines, selon une analyse des données du RASFF

« L'analyse des données du système RASFF de l'UE révèle que les aflatoxines et les aliments importés sont en tête des notifications liées aux mycotoxines », source article de Food Safety Magazine.

À savoir

  • Des chercheurs ont analysé 2 479 notifications de contamination des aliments et des aliments pour animaux par des mycotoxines, signalées via la plateforme iRASFF entre 2020 et 2024, et ont utilisé les rapports annuels du RASFF pour contextualiser les tendances de notification remontant à 2012.
  • Les aflatoxines et les ochratoxines représentaient respectivement 84 % et 15 % des notifications.
  • Les noix, les produits à base de noix et les graines représentaient 54 % de toutes les notifications de mycotoxines, suivis des fruits et légumes (23 %) et des céréales et produits de boulangerie (10 %).
  • Les produits originaires de pays hors de l'UE ont représenté 90 % des notifications liées aux mycotoxines, principalement en provenance de Turquie (24 %) et des États-Unis (14 %).
  • Bien que le nombre annuel de notifications liées aux mycotoxines du RASFF ait atteint un pic de 663 en 2024, l’analyse statistique des données de 2012 à 2024 n’a pas permis d’identifier une tendance à la hausse significative à long terme.

Une analyse des données du système d'alerte rapide de l'UE pour les denrées alimentaires et les aliments pour animaux (RASFF) a montré que les mycotoxines demeurent une préoccupation majeure en matière de sécurité des aliments. Les aflatoxines représentaient la grande majorité des notifications, et les produits originaires de pays hors UE étaient impliqués dans plus de 90 % des notifications liées aux mycotoxines.

Publiée dans la revue Toxins, une étude menée par des chercheurs de l'Université de Cordoue et du Conseil supérieur de la recherche scientifique (CSIC) espagnol a analysé 2 479 notifications de contamination à la mycotoxine dans les aliments pour animaux et les denrées alimentaires, transmises via la plateforme iRASFF entre janvier 2020 et décembre 2024. Les chercheurs ont examiné les tendances par mycotoxine, catégorie de produit, pays d'origine, pays notifiant, décision relative au risque et type de notification. Ils ont également utilisé les rapports annuels du RASFF pour contextualiser les tendances de notification remontant à 2012.

Aflatoxines et ochratoxines : principales notifications de mycotoxines

Sur les 2 479 notifications enregistrées entre 2020 et 2024, 2 076 (84 %) concernaient des aflatoxines. Les ochratoxines étaient les deuxièmes mycotoxines les plus fréquemment signalées, avec 361 notifications (15 %).

L'aflatoxine B1 (AFB1) était à elle seule impliquée dans 1 848 notifications. Les noix, les produits dérivés des noix et les graines représentaient 64 % des notifications d'aflatoxine.

Au total, les noix, les produits à base de noix et les graines représentaient 54 % de toutes les notifications de mycotoxines, suivis des fruits et légumes à 23 % et des céréales et produits de boulangerie à 10 %.

Pour l’ochratoxine A (OTA), les fruits et légumes représentaient 52 % des notifications.

Les notifications OTA sont passées de 44 cas en 2020 à 117 en 2024. Cependant, les chercheurs ont averti que cette augmentation pourrait refléter des changements dans la fréquence des notifications et/ou des améliorations dans la capacité de détection, potentiellement en plus de l'influence du changement climatique sur la prolifération des champignons.

D'autres mycotoxines ont été signalées plus rarement, notamment les fumonisines (26 notifications), la patuline (16), le déoxynivalénol (13), la toxine T-2 (sept) et la zéaralénone (trois). On a également recensé 27 notifications concernant Claviceps purpurea, une mycose associée aux alcaloïdes de l'ergot de seigle.

De nombreuses notifications concernaient des produits provenant de Turquie et des États-Unis

Les produits originaires de pays hors UE représentaient 90 % des notifications liées aux mycotoxines. À l'échelle mondiale, la Turquie et les États-Unis étaient les pays d'origine les plus fréquemment signalés, représentant respectivement 24 % et 14 % des notifications.

Parmi les 2 242 notifications concernant des produits non européens, la Turquie a comptabilisé 585 notifications, suivie des États-Unis avec 353, de l'Inde avec 180, de l'Égypte avec 171, de l'Iran avec 155, de l'Argentine avec 146 et du Pakistan avec 127.

Les profils de mycotoxines des produits de l'UE et des produits hors UE différaient également. Les aflatoxines représentaient près de 88 % des notifications concernant des produits originaires de l'extérieur de l'UE, tandis que les produits d'origine européenne présentaient un profil plus varié. Parmi les produits de l'UE, les aflatoxines représentaient environ 43 % des notifications, suivies de l'OTA (31 %) et des alcaloïdes de l'ergot (11 %).

Les chercheurs ont mis en garde contre l'interprétation des chiffres de notification comme des mesures directes de la prévalence de la contamination ou de l'exposition de la population. Les données du RASFF représentent les non-conformités réglementaires détectées et signalées et peuvent être influencées par les volumes d'échanges commerciaux, l'intensité de l'échantillonnage, les contrôles aux frontières et les stratégies nationales de surveillance.

La majorité des notifications sont classées comme présentant un risque « grave »

Les refus aux frontières représentaient 68 % des notifications liées aux mycotoxines, suivis des alertes (16 %), des notifications d'information nécessitant une attention particulière (13 %) et des notifications d'information nécessitant un suivi (2 %).

De plus, 92 % des notifications de 2020 à 2024 ont été classées comme présentant un risque « grave », et chaque année analysée, plus de 85 % des notifications ont été classées comme telles.

Sur les 2 479 notifications, 2 385 concernaient des aliments destinés à la consommation humaine, contre 94 pour l’alimentation animale. Les chercheurs ont souligné que ce nombre relativement faible de notifications relatives à l’alimentation animale ne devait pas être interprété comme une preuve de risque négligeable, compte tenu du risque de contamination de la chaîne alimentaire humaine par certaines mycotoxines ou leurs métabolites.

Aucune augmentation significative à long terme des notifications de mycotoxines

Bien que le nombre annuel de notifications de mycotoxines du RASFF ait atteint un pic de 663 en 2024, l’analyse statistique des données de 2012 à 2024 n’a pas permis d’identifier une tendance à la hausse significative à long terme.

Parallèlement, le nombre total de notifications RASFF est passé de 3 516 en 2012 à 5 364 en 2024. En conséquence, la part des mycotoxines dans l’ensemble des notifications RASFF a diminué, passant d’environ 15 à 16 % entre 2015 et 2018 à 9 à 12 % entre 2023 et 2024.

Les chercheurs ont conclu que la surveillance continue des frontières, la coopération internationale et le suivi fondé sur les risques sont essentiels pour limiter l'exposition alimentaire aux mycotoxines, notamment dans les produits faisant l'objet d'échanges commerciaux à l'échelle mondiale. Ils ont également préconisé que les stratégies de surveillance et de contrôle s'adaptent à l'évolution des données scientifiques, aux changements climatiques et aux tendances du commerce international.

mardi 15 septembre 2026

L'UE propose des conditions de stockage plus flexibles pour certaines viandes fraîches avant congélation

« L'UE propose des conditions de stockage plus flexibles pour certaines viandes fraîches avant congélation », source Food Safety Magazine.

La Commission européenne a proposé des modifications aux réglementations de l'UE sur l'hygiène des denrées alimentaires. Ces changements offriraient aux opérateurs alimentaires une plus grande flexibilité concernant le stockage de la viande fraîche d'ongulés domestiques (bovins, ovins, porcins) avant sa congélation, en s'appuyant sur un avis scientifique récent de l'EFSA.

Le projet de règlement délégué modifierait l'annexe III du règlement (CE) n° 853/2004, qui fixe des règles d'hygiène spécifiques pour les denrées alimentaires d'origine animale. La proposition est ouverte aux commentaires du public jusqu'au 5 octobre 2026.

Selon les exigences actuelles, la viande d'ongulés domestiques destinée à être congelée doit l'être « sans retard excessif », tout en tenant compte, si nécessaire, d'une période de stabilisation de plusieurs jours pour atteindre un pH et une température à cœur stables.

Les modifications proposées rendraient les exigences plus précises tout en autorisant des approches alternatives pour le stockage avant congélation, notamment différentes combinaisons de durée et de température. Les opérateurs alimentaires pourraient également fournir des preuves microbiologiques, jugées satisfaisantes par les autorités compétentes, démontrant la sécurité de la viande fraîche avant congélation et après décongélation.

Lors de l'élaboration de la réglementation, la Commission européenne a consulté un groupe d'experts représentant les autorités compétentes de tous les États membres de l'UE et a obtenu le soutien de ce groupe. Des organisations privées représentant les parties prenantes ont également été consultées.

S'il est adopté, le règlement entrera en vigueur 20 jours après sa publication et s'appliquera six mois après celle-ci.

L'EFSA a examiné la croissance microbienne sur la viande de bovins, d'ovins et de porcins

Ces changements s'appuient sur un avis scientifique de l'EFSA concernant la sécurité microbiologique de la viande d'ongulés destinée à être congelée puis décongelée, adopté par l'agence en décembre 2025. L'EFSA a comparé la croissance de micro-organismes pertinents (pathogènes, d'altération et indicateurs) selon cinq scénarios de réfrigération, de stockage et de décongélation pour la viande de bovins, d'ovins et de porcins. L'évaluation a utilisé des modèles de microbiologie prédictive prenant en compte la température et, dans la mesure du possible, le pH et l'activité de l'eau.

Les conclusions de l'EFSA ont fourni une base scientifique pour préciser l'exigence actuelle de congélation « sans retard excessif » figurant dans la réglementation de l'UE et pour autoriser des combinaisons alternatives de durée et de température, ou le recours à des preuves microbiologiques, afin de démontrer la sécurité sanitaire de la viande.

L'EFSA n'a pas été en mesure d'évaluer la viande d'ongulés sauvages, ni d'extrapoler les résultats obtenus pour les ongulés domestiques aux ongulés sauvages en raison de données insuffisantes.

MàJ du 22 septembre 2026. On lira ce document de l’UE sur les règles d'hygiène applicables à la viande fraîche issue de mammifères domestiques.

Résumé

L'Union européenne (UE) a notifié au Comité des mesures sanitaires et phytosanitaires (SPS) de l'Organisation mondiale du commerce (OMC) un nouveau projet de règles d'hygiène relatives aux conditions de stockage de la viande fraîche provenant de mammifères domestiques (non sauvages), notamment les vaches, les porcs, les moutons, les chèvres et les chevaux (G/SPS/N/EU/965).

Les règles actuelles exigent que la viande destinée à la congélation soit congelée sans retard injustifié. La Commission européenne propose désormais des règles plus précises concernant le nombre de jours suivant l'abattage et les températures de congélation de la viande fraîche issue de mammifères domestiques. (Les règles applicables à la viande de gibier d'élevage resteront inchangées.)

jeudi 10 septembre 2026

États-Unis : Une amélioration de la contamination des arachides par des aflatoxines, selon un rapport d'audit

De l’intérêt des audits en sécurité des aliments, une amélioration se dessine sur la présence d’aflatoxines dans les arachides issus des États-Unis.

Un rapport décrit les conclusions d’un audit réalisé par la Direction Générale de la santé et de la sécurité alimentaire de la Commission européenne aux États-Unis du 4 au 18 mars 2026.

Cet audit a été mené dans le cadre du programme de travail publié par la Direction Générale de la santé et de la sécurité alimentaire. Il visait à évaluer si les systèmes mis en place pour contrôler la contamination par des aflatoxines des arachides destinées à l’exportation vers l’Union européenne (UE) sont conformes à la législation de l’UE, ou du moins équivalents à celle-ci, afin de garantir le respect des limites fixées par ladite législation pour ces contaminants.

Cet audit a été programmé en raison de la persistance de notifications régulières dans le système d’alerte rapide pour les denrées alimentaires et les aliments pour animaux (RASFF) au cours des dernières années concernant la présence d’aflatoxines dans des arachides importées aux États-Unis vers l’UE.

Les autorités et le secteur américains ont déployé des efforts considérables pour donner suite aux recommandations de l’audit précédent réalisé aux États-Unis sur ce sujet en 2019.

La filière américaine de l’arachide a mis en place un programme volontaire d’exportation d’arachides, qui couvrirait entre 80 et 90 % des lots exportés vers l’UE. L’audit a révélé que de bonnes pratiques agricoles et de bonnes pratiques de fabrication sont appliquées lors de la production et de la transformation des arachides afin de réduire le risque de contamination par les aflatoxines. Des instructions détaillées en matière d’échantillonnage sont en place et effectivement appliquées. Il a été conclu que les prélèvements des arachides en vue de l’analyse des aflatoxines, auquel l’équipe d’audit a assisté, était équivalent aux règles de l’UE. Les laboratoires accrédités, agréés dans le cadre du programme d’agrément des laboratoires de l’USDA, qui analysent la teneur en aflatoxines de tous les lots d’arachides destinés à l’exportation vers l’UE, affichent un niveau de performance élevé et respectent les exigences du règlement d’exécution (UE) 2023/2782 de la Commission.

Le taux de notifications RASFF pour dépassement des limites d’aflatoxines dans les arachides et produits à base d’arachides américains exportés vers l’UE s’est maintenu entre 4 % et 6,6 % des lots au cours de la période 2021-2025.

samedi 5 septembre 2026

L’Union européenne suspend les importations de bœuf et de volaille brésiliens : antibiotiques inside ?

« L’Union européenne suspend les importations de bœuf et de volaille brésiliens à partir du 3 septembre », source toute l’europe.

À partir du jeudi 3 septembre, le Brésil ne pourra plus exporter vers l'Union européenne plusieurs catégories de produits d'origine animale, dont la viande bovine et la volaille. La mesure intervient alors que l'accord commercial entre l'UE et les pays du Mercosur est appliqué provisoirement depuis le 1er mai.

Le bœuf et la volaille brésiliens ne pourront plus être importés dans l'Union européenne, a confirmé la Commission européenne, lundi 31 aout, pour une application dès ce jeudi 3 septembre. Un règlement adopté le 4 juin retire en effet le Brésil de la liste des pays autorisés à exporter vers l'UE certaines catégories d'animaux et de produits d'origine animale destinés à la consommation humaine.

Outre les bovins et la volaille, la mesure concerne notamment les équidés, les produits de l'aquaculture, le miel et les boyaux. L'exécutif européen considère que les autorités brésiliennes n'ont pas fourni les garanties suffisantes pour démontrer que les filières concernées respectent les exigences européennes sur l'utilisation des antimicrobiens.

Des règles contre l'antibiorésistance

Les antimicrobiens, dont les antibiotiques, servent notamment à traiter les infections. Leur utilisation excessive peut toutefois favoriser l'apparition de bactéries résistantes. L'Union européenne interdit donc leur emploi pour accélérer la croissance des animaux ou augmenter les rendements, ainsi que l'usage de certains médicaments réservés à la médecine humaine. Des règles qui s'appliquent aussi aux produits importés.

Dans le cas du Brésil, la Commission estime ne pas disposer de garanties suffisantes. Bruxelles émet ainsi des doutes sur la capacité du système brésilien à certifier le respect des règles européennes.

La suspension pourrait être temporaire. Un audit européen concernant notamment la volaille et le miel doit s'achever le 4 septembre. S'il est concluant, certaines exportations pourraient reprendre rapidement. Pour le bœuf, le processus pourrait être plus long, le Brésil devant garantir la conformité des animaux sur l'ensemble de leur cycle de production.

Un enjeu essentiel de l'accord avec le Mercosur

L'enjeu économique est important : en 2025, le Brésil était le deuxième fournisseur de viande bovine de l'Union européenne, avec plus de 92 000 tonnes exportées, pour une valeur supérieure à 713 millions d'euros.

Surtout, cette décision de la Commission s'applique quelques mois après l'entrée en application provisoire, le 1er mai 2026, de l'accord commercial entre l'Union européenne et les pays du Mercosur (Argentine, Brésil, Paraguay et Uruguay). Un traité de libre-échange très contesté par une partie du monde agricole européen, notamment en France, qui redoute une concurrence accrue des productions sud-américaines.

Cette suspension est juridiquement indépendante de l'accord commercial. Pour reprendre ses exportations dans les secteurs concernés, le Brésil devra désormais convaincre Bruxelles de la fiabilité de ses contrôles sur l'utilisation des antimicrobiens.

MàJ du 10 septembre 2026. 

Mercosur-Brésil : quand Van der Leyen et la Commission retrouvent la mémoire
Depuis le 3 septembre, le bœuf et la volaille brésiliens ne peuvent plus entrer dans l’Union européenne. En effet, le Brésil n’a pas été en mesure d’apporter les garanties exigées sur l’utilisation des antibiotiques dans ses élevages. Le pays ne fournissant pas de preuves suffisantes sur la non utilisation de ces produits, Bruxelles a donc suspendu les importations brésiliennes de bœuf, de volaille, d’œufs et de miel. Quelle surprise : depuis octobre 2024 et un rapport de la Commission européenne, nous savons que les éleveurs brésiliens utilisent notamment de l’œstradiol, un antibiotique, cancérigène chronique interdit depuis 1998 en UE. Mais malgré cela, Ursula Van der Leyen avait décidé de signer en urgence l’accord commercial. Et pire, elle avait opté pour une application anticipée dès le 1er mai dernier, malgré un recours en cours de justice de l’UE (CJUE). Elle saura désormais qu’il est parfois urgent d’attendre. Source blog-notes d’Olivier Masbou.

mercredi 2 septembre 2026

Les aliments ultra-transformés sont à l'origine de la plupart des notifications de risque élevé pour la sécurité des aliments concernant l'acrylamide dans l'UE

« Les aliments ultra-transformés sont à l'origine de la plupart des notifications de risque élevé pour la sécurité des aliments concernant l'acrylamide dans l'UE », source article de Bailee Henderson paru le 2 septembre 2026 dans Food Safety Magazine.

Les aliments ultra-transformés (AUTs) ont constitué la plupart des notifications de risque grave et d'alerte concernant l'acrylamide signalées par le biais du système d'alerte rapide de l'UE pour les denrées alimentaires et les aliments pour animaux (RASFF) sur une période de 17 ans, selon une nouvelle analyse.

Publiée dans la revue Toxics et menée par l'Université de Novi Sad, l'étude a examiné 98 notifications RASFF relatives à la présence d'acrylamide dans les aliments, signalées entre 2009 et 2025. Les chercheurs ont analysé les notifications par catégorie d'aliment, décision de risque, classification de la notification et pays d'origine, et ont classé les produits signalés selon le système de classification des aliments NOVA*.

Le système de classification alimentaire NOVA à quatre catégories définit les AUTs dans la catégorie 4 comme « des produits alimentaires fabriqués industriellement composés de plusieurs ingrédients (formulations) comprenant du sucre, des huiles, des graisses et du sel, ainsi que des substances alimentaires d'usage culinaire nul ou rare ».

L'acrylamide est un contaminant qui se forme lors de la cuisson à haute température (supérieure à 120 °C), comme la friture ou le rôtissage, dans les aliments riches en amidon, en certains sucres ou en certains acides aminés. Ce composé peut être neurotoxique, génotoxique, cancérogène et nuire à la santé reproductive et au développement. Des études ont également établi un lien entre ce contaminant et certains cancers, comme le cancer du sein.

Les auteurs ont noté que la fréquence de notification au RASFF ne représente pas la prévalence réelle de la contamination par l'acrylamide et ne peut pas, sans données supplémentaires sur la consommation et la concentration, être utilisée pour estimer l'exposition alimentaire, l'incidence du cancer ou la charge de morbidité.

Augmentation des notifications suite à la mise en œuvre de la réglementation européenne

L'étude a révélé une forte augmentation des notifications liées à l'acrylamide suite à l'entrée en vigueur du règlement (UE) 2017/2158 en 2017, qui fixait des seuils de référence et des stratégies de réduction d'acrylamide dans différentes catégories d'aliments, et en 2019, année où les catégories d'aliments soumises à la surveillance de l'acrylamide ont été élargies. Les chercheurs ont souligné que cette hausse des notifications était davantage due à un renforcement de la surveillance et des contrôles qu'à une réelle augmentation de la contamination. Le nombre de notifications est resté constamment élevé entre 2023 et 2025.

Céréales, produits de boulangerie en tête des notifications

Les céréales et les produits de boulangerie, notamment les biscuits, étaient la catégorie d'aliments la plus fréquemment impliquée, suivies des plats préparés et des en-cas, principalement des chips. Ces deux catégories subissent un traitement thermique, comme la cuisson au four, la friture ou le rôtissage, dans des conditions propices à la formation d'acrylamide. Sur les 98 notifications, 28 (28,6 %) ont été classées comme présentant un risque grave.

Ces résultats concordent avec les études alimentaires menées auprès des populations de l'UE. Par exemple, la plus récente étude sur l'alimentation totale française 3 (EAT3), publiée en 2026, a révélé que les pommes de terre frites, les pommes de terre sautées, les chips et les biscuits étaient les aliments les plus susceptibles d'être contaminés par l'acrylamide.

Les AUTs représentaient 85 % des notifications d'acrylamide

Lors de la catégorisation des produits selon le système NOVA, les AUTs représentaient 84,7 % des notifications liées à l'acrylamide. Elles représentaient également 85,7 % des notifications classées comme présentant un risque grave et 77,3 % des alertes.

Dans la catégorie AUT, 32,4 % des notifications ont été classées comme présentant un risque grave, 14,9 % comme présentant un risque potentiellement grave et 21,6 % comme présentant un risque potentiel.

Des études de surveillance du marché montrent une variabilité de la teneur en acrylamide dans les aliments

Les chercheurs ont également analysé des études récentes de surveillance du marché et constaté une variabilité importante des concentrations d'acrylamide, tant au sein des catégories d'aliments transformés traités thermiquement qu'entre elles. Bien que les mesures de réduction aient permis de réduire la teneur en acrylamide dans certains produits et sur certains marchés, des concentrations élevées continuent d'être signalées dans des catégories telles que les produits de pommes de terre, les céréales pour petit-déjeuner, les biscuits, les gaufrettes, le maïs soufflé et le café torréfié.

Ceci confirme des recherches antérieures suggérant que la formation de contaminants lors des procédés de transformation thermique diffère selon les types de procédés, tels que la cuisson par extrusion, le soufflage et le grillage. Par exemple, une étude menée en 2026 par l'Université de Münster a révélé que le soufflage à l'air chaud produisait les concentrations les plus élevées d'acrylamide dans les céréales.

Appels à un renforcement des mesures de réduction et de surveillance de l'acrylamide

Les chercheurs de l'Université de Novi Sad ont conclu que les aliments ultra-transformés (AUTs) devraient être une priorité en matière de réduction de l'acrylamide et de surveillance réglementaire. Ils ont préconisé une surveillance continue, un renforcement du contrôle réglementaire, l'optimisation des technologies de transformation et des stratégies de réduction plus efficaces tout au long de la chaîne d'approvisionnement alimentaire.

Dans cette optique, et suite aux demandes des associations de consommateurs visant à renforcer le règlement (UE) 2017/2158, l'UE envisage de fixer des seuils maximaux d'acrylamide spécifiques et juridiquement contraignants pour certains aliments. Par ailleurs, la Food Standards Agency du Royaule-Uni examine les données relatives aux niveaux de présence d'acrylamide afin d'éclairer d'éventuelles décisions politiques.

Il existe des preuves que les efforts déployés par l'industrie agroalimentaire pour réduire la présence d'acrylamide dans les aliments peuvent porter leurs fruits. Par exemple, une conclusion notable de la plus récente étude sur l'alimentation totale française 3 a été la diminution des niveaux d'acrylamide dans les aliments les plus contaminés, considérés comme les principales sources d'exposition, notamment l'absence d'acrylamide dans le café torréfié.

* Pour la classification NOVA, voir cet article. Elle catégorise les aliments selon 4 groupes, en fonction de leur degré de transformation industrielle : aliments peu ou pas transformés (NOVA1), ingrédients culinaires comme le sucre, le sel, l’huile ou le beurre (NOVA2), aliments transformés (NOVA3), aliments ultra-transformés (NOVA4). 

NB : On lira sur le site de l’Inserm, « Pas si super – C’est quoi un aliment ultra-transformé ? »

vendredi 28 août 2026

La communication de l’UE sur les notifications au RASFF de l’UE, l’exemple des six premiers mois de l'année 2026

L’UE publie tous les mois un bilan des notifications du RASFF concernant des produits alimentaires entrant dans l'Union européenne (UE) en provenance de pays à faibles et moyens revenus :

Juin 2026

  • 219 notifications concernant des denrées alimentaires provenant de 44 pays dont les pays suivants : Cameroun, Chine, Équateur, Égypte, Ghana, Guatemala, Honduras, Inde, Jordanie, Liban, Malaisie, Nigeria, Pakistan, Paraguay, Pérou, Sri Lanka, Syrie, Thaïlande, Turquie, Ukraine, Viet Nam.
  • 4 notifications concernant des aliments pour animaux
  • 2 notifications concernant des matériaux en contact avec les denrées alimentaires

Mai 2026

  • 136 notifications concernant des denrées alimentaires
  • 3 notifications concernant des aliments pour animaux
  • 8 notifications concernant des matériaux en contact avec les denrées alimentaires

Avril 2026

  • 217 notifications concernant des denrées alimentaires
  • 4 notifications concernant des aliments pour animaux
  • 3 notifications concernant des matériaux en contact avec les denrées alimentaires

Mars 2026

  • 204 notifications concernant des denrées alimentaires
  • 5 notifications concernant des aliments pour animaux
  • 9 notifications concernant des matériaux en contact avec les denrées alimentaires

Février 2026

  • 145 notifications concernant des denrées alimentaires
  • 4 notifications concernant des aliments pour animaux
  • 3 notifications concernant des matériaux en contact avec les denrées alimentaires

Janvier 2026

  • 145 notifications concernant des denrées alimentaires
  • 3 notifications concernant des aliments pour animaux
  • 8 notifications concernant des matériaux en contact avec les denrées alimentaires

L’UE met en avant ces notifications mais, comme vous allez le voir, cela ne représente qu’une partie du total des notifications au RASFF de l’UE, tous pays confondus, la partie émergée de l’iceberg en quelque sorte des notifications au RASFF, celle qu’on voit et qu’on remarque. Les autres pays, dont ceux de l’UE, forment ce qu’il est convenu d’appeler la partie d’immergée de l’iceberg. Il me semble que c’est aussi un remarke de l’expression « voir la paille dans l'œil du voisin et ne pas voir la poutre dans le sien ».

  • Juin 2026, 489 notifications versus 219 pour les pays à faibles et moyens revenus
  • Mai 2026, 451 notifications versus 136 pour les pays à faibles et moyens revenus
  • Avril 2026, 511 notifications versus 217 pour les pays à faibles et moyens revenus
  • Mars 2026, 479 notifications versus 136 pour les pays à faibles et moyens revenus
  • Février 2026, 356 notifications versus 136 pour les pays à faibles et moyens revenus
  • Janvier 2026, 362 notifications versus 136 pour les pays à faibles et moyens revenus

On lira aussi l’article de Joe Whitworth dans Food Safety News, « Supplements dominate cross-border alerts in Europe. Twenty alerts mentioned the United States ».

mercredi 26 août 2026

L’UE évalue les contrôles de sécurité des aliments sur la viande tant en France qu’en Allemagne

En France, mais pas en Allemagne, on a coutume de parler de couple Franco-Allemand. Loin de moi de faire de la politique, mais le hasard a réuni deux rapports d’audit par la DG SANTÉ de la Commission européenne, d’où l’idée de réunir les deux résumés de ces audits, à titre anecdotique, bien entendu ...

- Audit en Allemagne (CT-2025-0160), Production et mise sur le marché de préparations et de produits carnés, mis en ligne le 13 juillet 2026, afin d’évaluer les contrôles de sécurité des aliments en place régissant la production et la mise sur le marché des préparations de viande et des produits à base de viande.

- Audit en France (CT-2025-0159), préparations et de produits carnés, mis en ligne le 9 juillet 2026, afin d’évaluer les contrôles de sécurité des aliments en place régissant la production et la mise sur le marché des préparations de viande et des produits à base de viande.


France
Le rapport présente les conclusions d'un audit réalisé en France du 12 au 30 septembre 2025 par la direction générale de la santé et de la sécurité des aliments de la Commission européenne, afin d'évaluer les systèmes de contrôle en place régissant la production de préparations de viande et de produits à base de viande.

Le système français de contrôles officiels applicables aux produits à base de viande et à leur production est bien structuré et étayé par des lignes directrices, des instructions et des avis scientifiques complets. En outre, la réalisation de ces contrôles est renforcée par une formation spécialisée et un soutien assurés par un réseau d'agents possédant une expertise dans le domaine de la production de viande. Malgré la solidité de ce dispositif, certains problèmes affectent son efficacité globale :

- l'autorité compétente centrale ne dispose pas d'outils adéquats pour identifier les situations où l'insuffisance des ressources au niveau local pourrait nuire à la réalisation des contrôles. Cela concerne aussi bien la conduite des contrôles programmés que la garantie de leur qualité ;

- des cas de non-respect des procédures ont été constatés lors de l'agrément des établissements. Il en a résulté l'octroi d'agréments à des installations qui n'étaient pas pleinement opérationnelles ou, dans certains cas, l'exercice d'activités non couvertes par l'agrément ;

- toutes les non-conformités relevées lors des contrôles officiels ne font pas l'objet d'un traitement rapide et approfondi. Ce défaut de suivi en temps utile des mesures correctives signifie que les défaillances risquent de ne pas être réexaminées avant l'inspection programmée suivante, ce qui accroît le risque d'aggravation de ces problèmes.

Le rapport formule des recommandations à l’intention des autorités compétentes afin de remédier aux lacunes identifiées et de renforcer davantage le système de contrôle.

Allemagne
Le rapport présente les conclusions d’un audit réalisé en Allemagne du 22 septembre au 7 octobre 2025 par la direction générale de la santé et de la sécurité des aliments de la Commission européenne, afin d’évaluer les systèmes de contrôle en place régissant la production de préparations à base de viande et de produits à base de viande.

L’audit a révélé que le système de contrôle officiel en place, fondé sur l’analyse des risques et étayé par des procédures documentées complètes, est, dans l’ensemble, mis en œuvre de manière satisfaisante et généralement efficace pour identifier les non-conformités pertinentes en matière d’entretien et d’hygiène des établissements. Ce système prévoit des prélèvements officiels aux fins d’analyses microbiologiques afin de vérifier la sécurité des produits à base de viande et des préparations à base de viande.

Toutefois, certaines lacunes ou faiblesses systémiques affectent la surveillance officielle de la production de produits à base de viande et compromettent l’efficacité du système de contrôle, notamment :

- Des lacunes relevées concernant les contrôles effectués par les autorités compétentes auprès des petites entreprises alimentaires, en particulier en ce qui concerne la conception et la mise en œuvre de procédures fondées sur HACCP. Le système en place permet à ces entreprises d’accéder à des plans HACCP génériques, figurant dans les guides nationaux de bonnes pratiques d’hygiène destinés aux bouchers artisans, et de les adapter aux conditions spécifiques de leur établissement. Comme ces plans ne sont pas adaptés individuellement aux conditions propres aux établissements inspectés, ils sont moins aptes à traiter les dangers liés à des procédés de production spécifiques ; cela nuit également à l’efficacité des contrôles officiels visant à vérifier que les exploitants du secteur alimentaire respectent la législation en vigueur.

- Des faiblesses constatées dans l’évaluation, par les autorités compétentes, de la pertinence des plans HACCP et des plans d’échantillonnage pour les autocontrôles des exploitants du secteur alimentaire au sein des entreprises de taille moyenne ou grande.

Le rapport formule des recommandations à l’intention des autorités compétentes afin de remédier aux lacunes identifiées et de renforcer davantage le système de contrôle en place.

Bon, il faudrait peut-etre (re)former un couple franco-allemand en matière de sécurité des aliments, qui sait ?