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samedi 17 septembre 2022

L'industrie alimentaire suisse face à la crise énergétique

Après la Belgique qui a sonné l’alerte, puis la France, voici la Suisse, «L'industrie alimentaire face à la crise énergétique», source AGIR.

Le contexte est tendu pour le secteur alimentaire: hausse du prix des matières premières et des coûts énergétiques, risques de pénurie de gaz et d'électricité, sans oublier la toujours possible résurgence de la pandémie lors de la saison hivernale. Les sociétés se préparent à différents scénarios.

«Les entreprises les plus exposées sont celles où les produits doivent être stockés au frais et où la chaîne du froid doit être respectée scrupuleusement», explique à l'agence AWP Lorenz Hirt, directeur général de la Fédération des industries alimentaires suisses (Fial).

En outre, il y a des sites de production sur lesquels une panne de courant, même de quelques secondes, oblige à cesser complètement les activités de l'installation pour la nettoyer et effectuer les contrôles nécessaires. «De tels processus peuvent durer une demi-journée, voire plus, lorsque l'on parle d'une usine complète.

Ainsi, l'impact serait important pour ces entreprises, même dans le cas d'une courte panne énergétique», selon le spécialiste.

«Nous avons mis en place un groupe de travail dédié», souligne un porte-parole du transformateur laitier Emmi. L'objectif est d'élaborer différents scénarios, des plans d'urgence ainsi que de clarifier la possibilité d'obtenir un accès prioritaire au gaz pour des acteurs essentiels de l'alimentaire dans l'éventualité d'une pénurie en Europe.

Dans le cas où le gaz ne serait pas suffisant, il faudrait remplacer le combustible des chaudières par du fioul ou du gaz liquide lorsque cela est possible, ou bien ralentir, voire stopper complètement l'installation. «En plus des difficultés de production et d'approvisionnement, ce scénario impliquerait des effets indirects négatifs, dans la mesure où une quantité moindre de lait pourrait être réceptionnée et traitée», explique-t-il.

«Nos processus de production d'aliments en poudre à partir de lait ou d'alternatives au lait implique des températures de plus de 200 degrés, qui sont impossibles à réduire pour des raisons de qualité et de sécurité du produit», indique de son côté une porte-parole du fabricant d'aliments pour bébé Hochdorf.

«Dans le cas d'un rationnement de l'énergie, nous avons différentes possibilités pour bifurquer de manière transitoire à des sources alternatives en ce qui concerne le gaz. Mais pour l'électricité, cela sera plus compliqué, car nous en avons besoin tout au long de notre chaîne de production", explique la porte-parole. "Selon le scénario, on peut s'attendre à des capacités réduites et des interruptions de production pour les laits pour bébés et les poudres de lait.»

Quant aux chips Zweifel, différentes mesures d'économies d'électricité et de scénarios de production sont actuellement à l'étude pour continuer à produire dans le cas d'une pénurie. La situation actuelle, qualifiée «d'exceptionnelle», également au niveau des coûts, est un «défi» pour l'entreprise, relève une porte-parole.

Marges sous pression
La Fial plaide pour une priorité à donner en matière d'approvisionnement énergétique au secteur alimentaire. A la question de savoir si des différences doivent être faites selon les produits, qui sont plus ou moins essentiels, la faîtière répond que cela n'est pas de son ressort.

«Ce qui est important, c'est de maintenir les rayons des détaillants bien remplis. S'il y a des problèmes importants d'approvisionnement quelque part et des rayons vides, même seulement pour des produits perçus comme non essentiels, cela aurait une influence psychologique négative sur les comportements d'achat, avec la constitution de provisions dans divers segments.

Cela n'est pas souhaitable, car une situation de pénurie qui n'existait pas auparavant pourrait très bien se créer du jour au lendemain», avertit M. Hirt.

Les acteurs de l'alimentaire risquent de ne pas être en mesure d'absorber la forte hausse des coûts en réduisant les marges. «En général, les marges dans la fabrication de produits alimentaires sont plutôt faibles et ne suffiront certainement pas à absorber la hausse globale des coûts», relève M. Hirt.

«La hausse des prix de l'énergie a fortement pesé sur notre performance semestrielle», confirme à AWP la porte-parole de Hochdorf. «Par rapport au premier semestre 2021, le gaz a renchéri de 54% et l'électricité a enflé entre 307% et 215% selon les endroits. Nous sommes actuellement en discussion avec nos clients pour voir comment répercuter ces coûts», explique-t-elle.

Du côté d'Emmi, la hausse des prix de l'énergie vient s'ajouter aux coûts «massivement plus élevés» pour les achats et la logistique, ce qui «renforce la pression sur les marges dans le marché très compétitif des produits laitiers».
Auteur : Agence Télégraphique Suisse (ATS).

Complément
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