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vendredi 25 septembre 2026

L'illusion du bio

L'illusion du bio est un article de Mauro Proença. Il étudiant en master de nutrition à l'Université São Camilo de São Paulo, au Brésil. Il écrit également pour « Questão de Ciência » (RQC), un magazine numérique « dédié à la promotion de l'utilisation des données scientifiques dans les politiques publiques ». Source The Organic Illusion | ACSH.

Merci à André Heitz du blog agriculture, alimentation,santé publique … soyons rationnels d’avoir diffus écet article en français que je relaie bien volontiers

Peu de symboles figurant sur les étiquettes alimentaires évoquent aussi immédiatement la santé que le « label bio ». Sa promesse d’une production « naturelle » conduit de nombreux consommateurs à penser que les aliments bio sont plus nutritifs et plus sûrs.

Les racines philosophiques de ce mouvement remontent à Rudolf Steiner, fondateur de l’agriculture biodynamique, qui rejetait l’agriculture industrielle basée sur les produits chimiques au profit d’une approche holistique et écologique. Cependant, certaines de ses méthodes, telles que l’enfouissement de cornes de vache remplies de bouse ou les semis en fonction des cycles lunaires, n’ont aucun fondement scientifique. Ces idées ont contribué à l’essor de l’agriculture biologique tout au long du XXe siècle, officialisé au niveau international par les Normes de Base de 1980 de la Fédération Internationale des Mouvements d’Agriculture Biologique (IFOAM), puis par des législations nationales. Aux États-Unis, un produit ne peut être étiqueté « organic » (« bio ») que si au moins 95 % de ses ingrédients respectent les normes en matière de conservation des sols et de l’eau, de biodiversité et de réduction des intrants de synthèse.

Les préoccupations croissantes du public concernant les pesticides et les engrais de synthèse ont accéléré l’essor de ce mouvement tout au long du siècle, ce qui explique pourquoi le terme « bio » reste aujourd’hui associé à une dimension écologique et éthique. Mais ce cadre écologique légitime a, au fil du temps, été étendu à une allégation sanitaire beaucoup plus large et largement non fondée : celle selon laquelle les aliments bio seraient plus nutritifs, plus sûrs, voire exempts de pesticides.

Ils ne sont pas exempts de pesticides. L’agriculture biologique autorise les produits phytosanitaires d’origine naturelle ou minérale, notamment les huiles végétales, les extraits de plantes et les composés à base de cuivre. Le sulfate de cuivre, largement utilisé contre les maladies fongiques, peut nuire à l’environnement et, lorsqu’il est appliqué de manière intensive, provoquer des intoxications professionnelles.

Les consommateurs ignorent pour la plupart que la véritable distinction entre les systèmes biologiques et conventionnels ne réside pas dans la présence ou l’absence de pesticides, mais dans les substances autorisées et la manière dont elles sont réglementées. Une enquête menée auprès de consommateurs nord-américains a révélé que :

- 48 % ont cité la santé comme principale raison d’acheter des produits biologiques ;
- 19 % pensaient que les produits biologiques étaient exempts de pesticides ;
- 15 % ont cité la durabilité ;
- 9 % ont cité la fraîcheur.

La couverture médiatique a souvent renforcé cette méconnaissance au lieu de la corriger. Une interview réalisée en 2018 avec un nutritionniste du Conseil Fédéral Brésilien de la Nutrition

affirmait qu’une utilisation réduite de pesticides stimulait la production d’antioxydants par les plantes, une affirmation que les données nutritionnelles générales ne corroborent pas de manière cohérente.

Un article d’Everyday Health affirmait, sans preuve à l’appui, que l’agriculture biologique réduisait le risque d’allergies, de maladies pulmonaires, de malformations congénitales et de cancer. S’il est vrai que les producteurs certifiés bio utilisent moins d’antibiotiques et que les aliments bio ne peuvent pas être génétiquement modifiés, aucun de ces faits ne démontre pour autant un risque moindre de maladies chroniques.

La plus importante de ces affirmations provient de la cohorte NutriNet-Santé, une vaste étude prospective française qui suit l’alimentation, les antécédents médicaux et les modes de vie des participants depuis plus d’une décennie. L’une de ses analyses a mis en évidence un lien entre la consommation de fruits et légumes bio et un risque moindre de cancer du sein. Comme pour tout résultat d’étude observationnelle, cette conclusion mérite d’être examinée de près avant d’être considérée comme causale – et c’est précisément cet examen qui rend le sujet intéressant.

Sont-ils plus nutritifs ?

Une revue systématique de 2021 publiée dans Helyon a regroupé les données de 147 études, comprenant 1.779 échantillons et 656 comparaisons, couvrant la période de 1990 à 2020 et portant sur les macronutriments, les micronutriments, les résidus de pesticides et les composés bioactifs tels que les polyphénols.

Le résultat s’est avéré mitigé. Environ la moitié des comparaisons portant sur les fruits n’ont révélé aucune différence significative ; les légumes se sont révélés encore plus hétérogènes, les résultats penchant à parts à peu près égales en faveur des produits bio, des produits conventionnels ou d’une absence d’effet. Les aliments bio présentaient généralement des teneurs plus élevées en vitamine C, mais les aliments conventionnels affichaient souvent des teneurs plus élevées en lycopène et en β-carotène. Même les résidus de pesticides ne favorisaient pas systématiquement les aliments bio, certaines comparaisons ayant révélé des concentrations plus élevées en métaux lourds dans les échantillons bio.

La conclusion à retenir n’est pas qu’un système soit meilleur que l’autre, mais que la composition nutritionnelle dépend de l’aliment et du nutriment spécifiques, et non de la catégorie agricole. Le sol, le climat, le degré de maturité à la récolte et la variété cultivée ont plus d’importance que la certification. Le fait qu’un aliment soit étiqueté « bio » ne vous apporte aucune information fiable sur sa teneur en nutriments par rapport à son équivalent conventionnel. Une mise en garde vient toutefois tempérer cette conclusion déjà modeste : les études regroupées étaient trop hétérogènes pour permettre une analyse statistique plus détaillée.

Les études NutriNet-Santé sur le cancer

La composition nutritionnelle étant similaire, on peut se demander si la consommation de « produits bio » modifie le risque de maladie. Cette question exige une norme plus stricte qu’une simple liste de restrictions ; elle nécessite une relation dose-réponse : le risque de cancer devrait diminuer progressivement à mesure que la consommation de produits bio augmente.

Prenons l’exemple d’une étude publiée en 2018 dans JAMA Internal Medicine, dans laquelle les participants se situant dans le quartile supérieur de consommation d’aliments bio présentaient un risque relatif de cancer inférieur d’environ 25 % à celui des participants du quartile inférieur (soit une réduction absolue d’environ 0,6 point de pourcentage), tandis que chaque augmentation de cinq points du score de consommation de produits bio était associée à une baisse du risque de 8 %. Mais les grands consommateurs de produits bio avaient également tendance à être plus aisés, plus diplômés, plus actifs physiquement et à avoir une alimentation plus saine, des différences que l’ajustement statistique ne peut pas entièrement éliminer.

Cela a soulevé une question plus précise : cette association était-elle due à la consommation de produits bio en général, ou spécifiquement au fait de remplacer les produits conventionnels par des produits bio ? Une étude de suivi portant sur la même cohorte a été conçue pour tester cette substitution.

La plausibilité biologique est ici importante. Certains pesticides peuvent endommager l’ADN ; plusieurs sont reconnus comme des perturbateurs endocriniens, même à de faibles doses alimentaires ; et d’autres peuvent altérer le microbiote intestinal et l’inflammation. Les insecticides organophosphorés présentent une activité œstrogénique, tandis que certains herbicides interfèrent avec la signalisation androgénique, mécanismes proposés pour expliquer les cancers hormono-dépendants tels que le cancer du sein. Si ces mécanismes sont en cause, cependant, on devrait s’attendre à une diminution progressive du risque à mesure que la consommation de fruits et légumes bio augmente. La relation dose-réponse est l’un des indicateurs de causalité les plus solides en épidémiologie.

À première vue, l’étude de substitution – 31.179 participants, dont 75 % de femmes, suivis pendant 7,3 ans avec 1.718 cas de cancer – semblait montrer exactement cela. Chaque tranche supplémentaire de 100 g/jour de fruits et légumes bio remplaçant les produits conventionnels était associée à une réduction de 3 % du risque global de cancer et à une réduction de 10 % du risque de cancer du sein postménopausique.

Cependant, cette tendance disparaît lorsqu’on y regarde de plus près. Lorsque les participants ont été répartis en quintiles, aucune relation dose-réponse n’a été observée pour le cancer en général. Même pour le cancer du sein postménopausique, les quatre premiers quintiles présentaient des risques quasi identiques ; seul le quintile le plus élevé affichait une réduction. En d’autres termes, l’estimation largement citée de 10 % par 100 g était presque entièrement due à un petit groupe de grands consommateurs de produits bio, plutôt qu’à une tendance progressive observée dans l’ensemble de la population.

Cela affaiblit l’hypothèse d’un effet lié aux pesticides. Un effet de seuil est possible, mais l’étude ne parvient pas à le démontrer. Au contraire, le quintile de consommation le plus élevé pourrait regrouper des personnes qui diffèrent des autres d’une manière que les modèles n’ont pas pu saisir complètement.

Une consommation plus élevée de fruits et légumes conventionnels était associée à un risque plus faible de tous les cancers dans les trois quintiles les plus élevés. Compte tenu de la composition nutritionnelle globalement similaire des produits biologiques et conventionnels rapportée dans la revue de 2021, ce résultat plaide en faveur d’une explication simple : « plus de fruits et légumes, quelle que soit leur origine ».

Ces résultats sont moins compatibles avec l’hypothèse liée aux pesticides. Consommer davantage de produits conventionnels ne réduit pas l’exposition aux pesticides ; au contraire, cela l’augmente légèrement. Si une exposition moindre aux pesticides était le principal facteur à l’origine de l’association observée avec les aliments biologiques, on ne s’attendrait pas à une association protectrice similaire avec les produits conventionnels. Ce qui semblait au départ être une explication unique s’avère en réalité être deux explications distinctes. Les données viennent étayer l’explication nutritionnelle tout en affaiblissant l’argument selon lequel les pesticides seraient le mécanisme principal. Toute différence restante pourrait plutôt refléter des choix alimentaires spécifiques ou d’autres caractéristiques des consommateurs très soucieux de leur santé que l’étude n’a pas pleinement mesurées.

Rien de tout cela ne prouve que l’association soit fallacieuse. Les auteurs reconnaissent que les estimations pour les cancers individuels sont imprécises en raison du faible nombre de cas et des intervalles de confiance larges ; certaines analyses ont même suggéré un risque plus élevé, mais non statistiquement significatif, de cancer colorectal chez les grands consommateurs de produits bio. Néanmoins, le mécanisme biologique proposé ne cadre pas tout à fait avec les données. On ne s’attend pas à ce qu’un processus fonctionnant en continu dans l’organisme produise une fonction en escalier d’un point de vue statistique.

Les limites habituelles s’appliquent :

La cohorte est composée de manière disproportionnée de femmes et provient de volontaires soucieux de leur santé, ce qui limite la généralisation des résultats à l’ensemble de la population.
  • Le régime alimentaire a été autodéclaré, ce qui peut entraîner des erreurs de mesure, un biais de mémoire et une tendance à surévaluer les comportements vertueux.
  • La consommation n’a été mesurée qu’une seule fois, au début de l’étude, sans garantie que les habitudes soient restées stables tout au long d’un suivi moyen de 7,3 ans.
  • La présence de facteurs de confusion résiduels reste plausible tout au long de l’étude.
  • Même si cette association était véritablement causale, elle devrait encore être reproduite dans d’autres populations et contextes avant de pouvoir étayer une quelconque recommandation générale.

Faut-il acheter des produits bio ?

Le pharmacologue Qin M. Chen et le médecin Joseph S. Alpert, tous deux de l’Université d’Arizona, ont cherché une réponse à cette question dans une étude publiée en 2025 portant sur la composition nutritionnelle, l’exposition aux pesticides et l’utilisation d’antibiotiques et d’hormones dans l’agriculture. Ils ont reconnu les avantages environnementaux plausibles de l’agriculture biologique, notamment la réduction du ruissellement de nitrates et de phosphates et une meilleure préservation de la biodiversité des insectes et des micro-organismes.

Cependant, après avoir passé en revue quatre études majeures, ils n’ont trouvé aucune preuve cohérente indiquant que les aliments bio apportent des bienfaits pour la santé cliniquement significatifs par rapport aux aliments conventionnels. Ils ont noté que les rapports faisant état d’une réduction de 25 % du risque de cancer s’expliquent tout aussi bien par le mode de vie généralement plus sain des consommateurs de produits bio que par les aliments eux-mêmes. Leur conclusion était sans appel : la consommation de produits bio semble sans danger. Elle peut réduire modestement l’exposition aux résidus de pesticides et aux bactéries résistantes aux antibiotiques, mais il n’existe aucune preuve définitive qu’elle améliore les résultats en matière de santé ou prolonge l’espérance de vie.

Une autre revue systématique portant sur 35 études, dont 15 essais cliniques et 20 études observationnelles, est parvenue à la même conclusion. Les essais, pour la plupart de courte durée (de quelques jours à quatre semaines) et présentant un risque élevé de biais, n’ont mis en évidence que peu de différences au niveau des biomarqueurs, tels que la capacité antioxydante, entre les régimes alimentaires biologiques et conventionnels, et aucun n’a mis le doigt sur un résultat à long terme cliniquement significatif. Les études observationnelles ont fait état d’associations avec la fertilité, la sensibilisation allergique et le syndrome métabolique. Cependant, le même problème de facteurs de confusion se pose : les consommateurs de produits bio sont systématiquement en meilleure santé, plus actifs et plus minces que la moyenne, ce qui rend très difficile l’isolation de l’alimentation par rapport au mode de vie qui l’entoure. Ce qui est bien établi, c’est que les régimes alimentaires bio réduisent les concentrations urinaires de métabolites de pesticides ; ce qui reste à établir, c’est de savoir si cette réduction se traduit par un résultat mesurable en matière de santé.

Le message central est simple. Si vous en avez les moyens et que vous préférez les aliments bio, il n’y a aucun mal à les acheter, que ce soit pour soutenir un système agricole auquel vous adhérez, en raison de ses avantages environnementaux plausibles, ou simplement parce que vous les préférez. Mais ne les achetez pas en croyant qu’ils sont nutritionnellement supérieurs ou qu’ils protègent contre les maladies ; les données ne corroborent pas cette hypothèse, et même le signal le plus constant de la cohorte – ce résultat concernant le cancer du sein dans le quintile 5 – attend toujours une explication qui survive à ses propres données, plutôt qu’une explication construite autour de celles-ci.

Si vous n’achetez pas de produits bio, ou si vous n’en avez pas les moyens, continuez à consommer des fruits, des légumes et des légumineuses en toute confiance. Bien plus que le label figurant sur l’emballage, c’est la consommation régulière qui est systématiquement étayée par les données scientifiques.

mercredi 23 septembre 2026

Brève de vacances : l’IA et un ancien président

« J’ai interrogé l’IA sur le bilan de mon quinquennat », écrit l’ancien Président dans son nouveau livre, Unir, chez Robert Laffont, paru le 3 septembre. En une dizaine de secondes, l’agent numérique lui renvoie une note complète et claire, « bien plus équilibrée que les jugements que mes opposants portent sur mon action. » Source L’Opinion et Le Canard enchaîné.

Ce qui fait dire à Olivier Masbou dans son blog-notes, « l’IA et François Hollande, pas si intelligente que ça : bonne nouvelle, l’Intelligence artificielle peut se tromper. »

Le blog pense que cet ancien président, ainsi que son ministre de l’agriculture, sont responsables de la baisse des inspections en sécurité des aliments de 2012 à 2017, comme cela a ét montré à plusieurs reprises sur ce blog, et récemment encore dans cet article, ou encore ci-dessous, et ça, ce ne n’est pas de l’IA ...

Royaume-Uni : la Food Standards Agency va faire progresser des réformes réglementaires de grande envergure du système alimentaire

« Le conseil d'administration de la Food Standards Agency (FSA) décide de faire progresser des réformes réglementaires de grande envergure du système alimentaire », source Food safety Magazine.

Le conseil d'administration de la FSA est d’accord pour faire progresser son projet de refonte systémique de la réglementation alimentaire, notamment en renforçant la mise en œuvre par les autorités locales et en adoptant une nouvelle approche nationale pour superviser certaines des plus grandes entreprises alimentaires du pays.

Cette décision fait entrer le programme « Future of Food Regulation » (Avenir de la réglementation alimentaire) de la FSA dans une phase de conception détaillée. L’agence élaborera des modèles réglementaires potentiels combinant une surveillance nationale des grandes entreprises, en se concentrant initialement sur les principaux distributeurs, et des réformes visant à rendre la réglementation alimentaire locale plus efficace et durable. Les propositions finales devraient être soumises au conseil d’administration de la FSA en mars 2027, suivies d’une consultation publique plus tard dans l’année.

Le Conseil s'était mis d'accord sur le périmètre du programme « Future of Food Regulation » en mars 2026. Les domaines ciblés par la réforme comprennent l'enregistrement des entreprises alimentaires, la réglementation des grandes entreprises alimentaires, les orientations à destination des autorités locales et de l'industrie, les pouvoirs de contrôle et l'accès des consommateurs à l'information sur l'hygiène alimentaire.

La FSA présente sa vision de la future réglementation alimentaire

Dans un rapport remis au Conseil en septembre 2026, la FSA a indiqué que le futur système devait être « efficace, résilient et fiable », tout en garantissant la sécurité et l’authenticité des aliments. L’agence a souligné la nécessité d’élaborer une approche nationale pour certaines grandes entreprises, parallèlement à un renforcement des contrôles locaux assurés par des agents de sécurité et de normalisation des aliments possédant une expertise locale.

La FSA a défini six résultats escomptés pour ce programme :

  1. Enregistrement amélioré des entreprises alimentaires

  2. Différentes voies réglementaires en fonction des caractéristiques de l'entreprise

  3. Un recours accru aux données et au partage de renseignements

  4. Amélioration des conseils

  5. Outils et pouvoirs de mise en application révisés

  6. Une plus grande transparence en matière d'hygiène alimentaire, notamment par l'affichage obligatoire des notes d'hygiène alimentaire en ligne dans tout le Royaume-Uni et dans les établissements physiques en Angleterre.

Réformes impulsées par l'influence des grandes enseignes de distribution

L'importance accordée par la FSA à la surveillance nationale repose essentiellement sur l'envergure et l'influence des grandes entreprises alimentaires. Bien que près de 600 000 entreprises agroalimentaires britanniques soient majoritairement des micro-entreprises, des petites entreprises ou des moyennes entreprises, dix grands distributeurs représentent à eux seuls près de 97 % du marché de détail. La FSA a fait valoir que les décisions prises par ces entreprises au niveau national peuvent avoir des répercussions importantes sur les consommateurs et les chaînes d'approvisionnement, et qu'une meilleure utilisation des données commerciales centralisées des grands distributeurs permettrait d'identifier plus rapidement les risques systémiques.

Dans le cadre du système proposé, les autorités locales continueraient de superviser la grande majorité des entreprises alimentaires. La FSA a également souligné que l'introduction d'une réglementation nationale pour les grandes entreprises ne devrait pas servir de prétexte pour réduire les ressources allouées aux autorités locales.

Ces propositions s'appuient en partie sur un projet pilote mené précédemment par la FSA afin d'étudier une approche alternative de la réglementation des grandes chaînes de supermarchés. Cinq grands distributeurs y ont participé. L'attention s'est déplacée des inspections individuelles des établissements vers un suivi centralisé des données de gestion de la sécurité sanitaire des aliments pour ces entreprises. La FSA a analysé les tendances de performance des distributeurs participants et identifié des pistes d'amélioration des systèmes de sécurité sanitaire des aliments. Elle a conclu que cette approche pourrait fournir des informations comparables, voire supérieures, à celles obtenues par les seules inspections de routine des autorités locales en matière de conformité.

Deux modèles nationaux de surveillance progressent vers un développement plus poussé.

Dans le cadre d'un processus d'élaboration de politiques, la FSA a examiné six cadres potentiels pour la réglementation nationale des grandes entreprises agroalimentaires. L'agence a recommandé de privilégier deux approches pour la conception détaillée : l'assurance directe de la FSA et la FSA en tant qu'autorité compétente.
  • Dans le cadre du modèle d'assurance directe, les grandes entreprises soumettraient directement leurs données et les éléments probants de leurs audits à la FSA, qui exercerait une fonction d'assurance nationale. Les autorités locales demeureraient compétentes et s'appuieraient sur les activités d'assurance de la FSA pour éclairer leur travail réglementaire.

  • Le modèle d'autorité compétente, plus pertinent sur le plan structurel, conférerait à la FSA une supervision nationale directe des grandes entreprises concernées, assortie de pouvoirs d'intervention renforcés. Dans son évaluation, la FSA a indiqué que cette approche était la plus conforme aux objectifs du programme et représentait la seule option envisagée permettant une réforme structurelle complète.

L'agence va désormais élaborer ces deux cadres en modèles réglementaires plus détaillés, en examinant notamment les exigences législatives et en matière de données, l'enregistrement, les modifications apportées au système d'évaluation de l'hygiène alimentaire, les orientations, la mise en œuvre par les collectivités locales et la viabilité des ressources à long terme. La FSA a indiqué qu'elle utilisera ce processus pour approfondir son hypothèse de base selon laquelle certaines grandes entreprises devraient faire l'objet d'une supervision nationale tandis que la plupart des entreprises resteraient soumises à une réglementation locale.

mardi 22 septembre 2026

Après 2024, le nombre d’inspections en sécurité des aliments en France a de nouveau augmenté en 2025

Avec un peu d’avance sur le calendrier habituel, signe des temps, le rapport d'activité de la DGAL, « La DGAL en action 2025 » est paru !

Le consommateur est cité quatre fois dans ce cru 2025 versus cinq fois dans celui de 2024.

Le blog vous présente en exclusivité ce que cela donne sous forme de courbe des inspections en sécurité des aliments depuis 2012 à 2025 et cela montre bien le yo-yo du nombre d'inspections en sécurité des aliments en France.

Le blog prend donc acte avec satisfaction de cette nouvelle augmentation.

Mais que de soubresauts et de chemin parcourus ! Pourtant, la voie était simple « assurer la sécurité des consommateurs », il fallait donc y mettre les moyens, en souhaitant que cela puisse durer ...

Selon la DGAL, « La police sanitaire unique de l’alimentation, de son côté, est un dispositif désormais intégré dans notre quotidien : en 2025, plus de 100 000 contrôles en remise directe ont été réalisés, dont 68 000 effectués par nos délégataires, au service de la protection des consommateurs. »

Nombre total d’inspections en sécurité des aliments

120 765 inspections en 2025 versus 106 280 en 2024, soit une augmentation de 12 %, dont 68 340 inspections par des délégataires du service public en 2025 versus 55 750 en 2024, soit une augmentation de 18,5 %.

Restauration commerciale

49 555 inspections en 2025 versus 51 990 en 2024

Commerces

45 020 inspections en 2025 versus 30 060 en 2024

Restauration collective

9 760 inspections en 2025 versus 9 870 en 2024. A noter que ces inspections ne sont pas déléguées.

Établissements d'abattage*, de transformation et d'entreposage toutes filières confondues**

16 430 inspections en 2025 versus 14 360 en 2024
* Ce nombre prend en compte uniquement l’inspection annuelle des établissements d’abattage où les services vétérinaires assurent par ailleurs une inspection permanente.
** Denrées d’origine animale telles que la viande, les œufs, le fromage, etc., denrées végétales tels que des compotes, des légumes en vrac, etc., les plats cuisinés, etc.

Fermetures totales ou partielles effectives des établissements alimentaires

- 2021 : 500
- 2022 : 810
- 2023 : 989 
- 2024 : 1 750
- 2025 : 1 685

On aura noter une baisse curieuse du nombre d’inspections en restauration commerciale, qui devait constituer le fer de lance de cette nouvelle police sanitaire, ainsi qu'une baisse des inspections en restauration collective.

Enfin, pas un mot sur les toxi-infections alimentaires collectives dont on sait, selon Santé publique France, que « Le nombre de TIAC notifiées en 2023 est le plus élevé enregistré depuis la mise en place de la surveillance en 1987. Il a dépassé le précédent record de 2022 (1 924 TIAC déclarées). »

La question posée, il y a quelques mois, reste donc entière, Quel est l'objectif de la sécurité des aliments en France: une police sanitaire unique ou la baisse des TIAC ?

En conclusion, le rapport 2025 de la DGAL est bel et bien plus un rapport d'activité qu'un véritable rapport d'impact. Le rapport mesure très bien l'activité :

- nombre d'inspections → avertissements → mises en demeure → PV → fermetures, etc.

Mais il mesure beaucoup moins directement le résultat final :

- diminution des contaminations → diminution des maladies → diminution des risques pour le consommateur.

vendredi 18 septembre 2026

Un restaurant deux étoiles au Michelin de Séoul écope d'une amende pour avoir utilisé des fourmis comme garniture

Un restaurant deux étoiles au Michelin de Séoul a été condamné à une amende pour avoir utilisé des fourmis comme garniture pour ses desserts. Source BBC.

Le propriétaire d'Evett dans la capitale sud-coréenne a été condamné à une amende de 15 millions de wons (9 428 euros), tandis que la société exploitant le restaurant a été condamnée à une amende de 10 millions de wons (6 285 euros) pour violation de la loi sur l'hygiène alimentaire, rapportent les médias locaux.

Les fourmis ne figurent pas parmi les dix espèces d'insectes autorisées à la consommation humaine dans ce pays d'Asie de l'Est. La liste autorisée selon le Food Sanitation Act comprend les sauterelles, les criquets et certains vers à soie.

Le parquet avait requis une peine d'un an de prison contre le propriétaire du restaurant, ainsi qu'une amende de 20 millions de wons (12 570 euros), mais le juge a tenu compte du fait que le propriétaire avait reconnu les faits et qu'il n'avait pas d'antécédents judiciaires.

Cependant, le juge aurait déclaré que, outre la violation des normes alimentaires, la présence de métaux lourds dépassant les normes a été détectée dans les fourmis lors des tests, ce qui signifie que « la culpabilité n'est pas légère ».

En effet, les autorités sanitaires ont constaté que le restaurant étoilé utilisait des fourmis qui « contenaient jusqu'à 55 fois plus de métaux lourds que les insectes comestibles habituels », comme l’indique un article du quotidien sud-coréen, Chosun Daily. 

Le propriétaire aurait ignoré que le fait de servir des fourmis dans la nourriture était interdit en Corée du Sud, alors qu'elles sont utilisées comme aliment ailleurs.

Leur utilisation comme garniture pour les sorbets chez Evett a été révélée après que le ministère de la sécurité alimentaire et pharmaceutique a trouvé des commentaires en ligne accompagnés de photographies.

Il a été indiqué que le propriétaire avait saupoudré de trois à cinq fourmis sur certains plats pour leur donner un « goût acide », sur une période de près de quatre ans, ce qui représente environ 49 000 fourmis utilisées comme garniture.

La plupart des fourmis provenaient des États-Unis, tandis que certaines étaient originaires de Thaïlande, a indiqué le ministère.

Le propriétaire a fait valoir qu'elles n'étaient utilisées que dans une « petite partie » du menu à 15 plats du restaurant et que les clients étaient informés qu'ils pouvaient opter pour une garniture alternative sans fourmis.

Dans plusieurs cultures asiatiques, africaines et latino-américaines, les fourmis sont consommées et parfois même considérées comme un mets de choix. Les fourmis tisserandes et leurs œufs sont utilisés dans la cuisine thaïlandaise et cambodgienne, tandis qu'en Colombie, les reines fourmis sont aussi prisées que le caviar.

Le Guide Michelin considère un établissement deux étoiles comme un établissement qui propose une « excellente cuisine » et qui « mérite le détour ».

Les avatars des insectes continuent ici et ici ...

Brève de vacances : Sapiens et les microbes

« Sapiens et les microbes » est un ouvrage de Renaud Piarroux. Il se présente en deux tomes.

Le premier tome de Sapiens et les microbes, sous-titré « Les épidémies d’autrefois », couvre la période allant jusqu’à la grippe espagnole de 1918. CNRS éditions, 2025, 400 pages, 26 euros.

Le site de l’Afis a fait une note de lecture sur cet ouvrage, un entretien avec l’auteur et un petit extrait du livre (avec l’aimable autorisation de l’auteur et de l’éditeur).

Le second tome de Sapiens et les microbes, sous-titré « Les épidémies contemporaines » couvre toute la période qui a suivi la grippe espagnole de 1918, jusqu’à la pandémie de Covid apparue en 2019. 

- le site de l’Afis vous propose une note de lecture de Jean-Paul Krivine,
- un entretien avec l’auteur
- un extrait de l’ouvrage (avec l’aimable autorisation de l’auteur et de l’éditeur).

Un ouvrage à lire

Ce second tome de Sapiens et les microbes, tout comme le premier, se lit comme un roman. Mais ce n’est pas un roman même si, parfois, l’histoire elle-même est digne d’une véritable enquête policière (recherche de l’origine d’une épidémie, explication des raisons de sa propagation, etc. ). C’est un récit précis qui s’appuie sur de très nombreuses sources et références.

S’il y avait une leçon à retenir, en refermant cet ouvrage, c’est celle que l’auteur suggère lui-même : aucune nouvelle maladie infectieuse ne peut être comprise sous un seul angle. « Il faut considérer à la fois l’agent pathogène, avec sa plasticité génétique et sa capacité à franchir les barrières d’espèce, et les sociétés humaines, avec leurs pratiques en évolution constante, leurs structures et leurs failles. C’est de la rencontre entre ces deux forces – la biologie du virus et l’organisation du monde humain – que dépend le destin de toute épidémie naissante. » C’est magistralement expliqué avec les principales maladies infectieuses qui ont jalonné et façonné l’histoire humaine.

On lira aussi avec intérêt la postface de l’ouvrage rédigée par le chercheur Etienne Decroly.

Voir les précédentes brèves de vacances :

Grande Bretagne : Les petites et micro-entreprises alimentaires font preuve d'un fort engagement en matière de sécurité des aliments, selon une étude de la FSA

La Food Standards Agency (FSA) mène depuis 2018 une enquête de suivi (il s’agit ici de la cinquième vague qui a eu lieu en 2025) auprès des petites et micro-entreprises du secteur alimentaire (opérateurs alimentaires de moins de 50 salariés) afin de comprendre leur vécu, leur perception de la réglementation et leur niveau de confiance envers le système alimentaire. La cinquième vague de cette étude couvre l'Angleterre, le Pays de Galles et l'Irlande du Nord, tandis qu'une étude comparable est menée séparément en Écosse. L'étude examine la manière dont les petites entreprises alimentaires perçoivent les exigences réglementaires, leurs interactions avec la FSA ainsi que les pressions extérieures influençant leurs activités. Ce rapport présente uniquement les résultats concernant les opérateurs alimentaires d'Angleterre, du Pays de Galles et d'Irlande du Nord ; les résultats relatifs aux opérateurs alimentaires écossais font l'objet d'un rapport distinct publié par Food Standards Scotland.

Les entretiens ont été réalisés par IFF Research par téléphone, après une phase de tests cognitifs et une étude pilote. L'échantillon d'entreprises a été constitué en tenant compte des secteurs clés et des tailles d'entreprise entrant dans le champ de l'étude ; les résultats ont été pondérés pour refléter la population globale des petites et micro-entreprises du secteur alimentaire. Les notes ou scores obtenus en matière d’hygiène ont aussi été pris en compte dans cette étude.

Principaux résultats

La grande majorité des entreprises connaissaient la FSA (96 %) ; toutefois, la proportion d'entreprises déclarant bien connaître l'agence a diminué par rapport à 2023 (24 % en 2025 contre 32 % en 2023). Le niveau d'interaction avec la FSA est resté stable (26 % ayant eu au moins un contact), les entreprises exerçant une activité en ligne étant plus enclines que les autres à consulter le site internet de la FSA ou à rechercher des informations (38 % pour les entreprises en ligne contre 20 % pour celles n'exerçant pas en ligne).

Parmi les entreprises connaissant la FSA, la confiance envers l'agence est restée globalement élevée, bien que de légères baisses aient été observées sur plusieurs indicateurs par rapport à la vague précédente. Par exemple, les entreprises ont continué à manifester une grande confiance dans l'engagement de l'organisation à garantir la sécurité et les normes alimentaires (91 %) ; en revanche, la confiance dans la capacité de la FSA à utiliser de manière appropriée les informations fournies par les opérateurs alimentaires a reculé (87 %, contre 94 % précédemment). Les taux d'adhésion concernant la clarté de la communication de la FSA (81 %), son accessibilité (80 %) et sa compréhension des besoins des entreprises (79 %) sont restés élevés, mais ont également diminué par rapport aux vagues précédentes (baisses comprises entre 5 % et 9 %).

La plupart des entreprises se sont déclarées bien informées sur la réglementation qui les concernent (88 %). Les entreprises produisant ou vendant des denrées alimentaires sur place étaient plus susceptibles que les autres types d'entreprises de se déclarer bien informées (95 %). Le site internet de la FSA est demeuré la source d'information la plus courante (34 %), les autorités locales et les fournisseurs restant également des sources importantes (27 % et 15 %). La plupart des entreprises continuaient d'estimer que les réglementations en matière de sécurité des aliments protègent efficacement le public (96 %) et qu'elles sont raisonnables et pratiques (88 %). Une majorité d'entreprises considère que ces réglementations apportent une valeur ajoutée à leur activité (77 %), bien que ce chiffre ait reculé par rapport aux vagues précédentes (86 % en 2023).

Les entreprises ont fait état d'un renforcement de leur engagement envers les processus de sécurité des aliments. Elles ont également signalé une intensification des activités d'inspection (65 % en 2025 contre 56 % en 2023), et nombre d'entre elles ont bénéficié de conseils ou de formations dispensés par leur autorité locale ou leur conseil de district (28 %). Une proportion importante a indiqué avoir mis en place des procédures écrites pour le rappel ou le retrait de produits (50 %).

La gestion des allergènes était bien établie. La plupart des entreprises ont déclaré communiquer les informations relatives aux allergènes par des moyens tant écrits qu'oraux (67 %), et beaucoup ont utilisé les outils de la FSA destinés aux denrées alimentaires non préemballées (66 %). Les entreprises ont également indiqué recourir à diverses méthodes pour former leur personnel aux questions d'allergènes alimentaires (par exemple, formation formelle pour le personnel en poste : 78 %).

Les entreprises continuaient de faire face à diverses contraintes opérationnelles. Nombre d'entre elles ont identifié les changements de comportement des consommateurs liés au coût de la vie comme un défi majeur (67 %). Les préoccupations concernant l'inflation, les taux d'intérêt et les coûts de l'énergie se sont légèrement atténuées par rapport à la vague précédente, tout en restant importantes (respectivement 62 %, 62 % et 51 %). Les tensions sur le recrutement ont persisté, en particulier pour les postes nécessitant des compétences spécialisées (32 %), bien que les niveaux soient revenus plus près de ceux observés avant 2023.

L'utilisation des outils numériques a continué de progresser. Davantage d'entreprises ont déclaré disposer de leur propre site internet (61 %) et un nombre croissant d'entre elles ont commencé à les utiliser pour prendre des commandes (25 %). Les réseaux sociaux sont restés un outil de communication courant, tandis qu'une proportion plus faible d'entreprises a utilisé ces plateformes pour prendre des commandes (9 %). Le recours aux plateformes de livraison tierce partie est demeuré globalement stable (14 %), les entreprises de services étant les plus susceptibles d'y avoir recours (17 %).

La notoriété de la National Food Crime Unit est restée limitée (18 %), un niveau comparable à celui des années précédentes. Les cas signalés de fraude alimentaire sont également restés stables, les problèmes les plus fréquents concernant le vol (3 %) ou la substitution (2 %) de produits alimentaires.

Les micro-entreprises avaient tendance à moins consulter le site internet de la FSA (micro-entreprises : 23 % ; petites entreprises : 37 %) et étaient moins susceptibles de déclarer disposer de directives ou de procédures écrites en matière de rappel ou de retrait de produits (micro-entreprises : 49 % ; petites entreprises : 56 %). Les petites entreprises étaient plus susceptibles de déclarer utiliser des outils en ligne pour la formation sur les allergènes alimentaires (micro-entreprises : 46 % ; petites entreprises : 61 %). Des différences selon le secteur et la région ont également été observées. Les entreprises du secteur des services ont fait état du plus fort taux d'utilisation des recommandations et outils de la FSA (74 %, contre une moyenne globale de 66 %), tandis que les entreprises d'Irlande du Nord étaient moins enclines à consulter les ressources numériques (par exemple, 21 % utilisaient le site internet de la FSA, contre une moyenne de 25 %).

Conclusion

Les résultats de la cinquième vague ont montré que les petites entreprises et les micro-entreprises du secteur alimentaire restaient déterminées à garantir la sécurité sanitaire des aliments et continuaient de répondre positivement aux attentes réglementaires. Bien que la confiance ait diminué dans certains domaines, elle est demeurée solide concernant les missions fondamentales de la FSA. Une meilleure compréhension de la FSA, une visibilité accrue des lignes directrices et un soutien à l'interaction numérique contribueraient à garantir que les messages réglementaires atteignent efficacement tous les types d'entreprises.

Commentaire

Je vous laisse imaginer si une telle enquête de suivi pouvait être réalisée en France par l’Anses ou la DGAL ou autre, c’est proprement impossible !

mercredi 16 septembre 2026

BfR : Des BD en français pour dire « Que dit la science? »

Mais non, ce n’est pas une brève de vacances ou un 1er avril, le BfR, l’institut fédéral allemand pour l’évaluation des risques, se lance dans la BD, et qui plus est, le rêve devient réalité avec plusieurs BD scientifiques en français !

Des tubes à essai qui parlent et des microscopes qui ont le virus de la vérification : la science rencontre la bande dessinée dans « Que dit la science? », la BD scientifique du BfR, avec, dans le rôle principal, la professeure Berta Freund. Biochimiste, la professeure Freund a réuni dans son laboratoire une équipe avec laquelle on ne risque pas de s’ennuyer. Sa devise: « Il n’y a pas de questions stupides, il n'y a que des mauvaises réponses. » Ayant sa personnalité bien à elle, chacun des membres contribue de façon unique à la recherche et à l’évaluation des risques. Avec eux, savoir expert et imagination font bon ménage, et les questions scientifiques les plus complexes sont expliquées avec clarté pour le plus grand bonheur de tous.

Liste des BD proposées en français par le BfR

lundi 14 septembre 2026

Quand l’IA apprend à ‘lire’ les bactéries pour lutter contre l’antibiorésistance

« Pasteur IA : quand l’intelligence artificielle apprend à « lire » les bactéries pour lutter contre l’antibiorésistance », source Institut Pasteur du 9 septembre 2026.

Les bactéries résistantes aux antibiotiques pourraient causer plus de 10 millions de décès par an d'ici 2050. Pour trouver de nouvelles molécules efficaces, des scientifiques de l'Institut Pasteur ont entraîné une intelligence artificielle à reconnaître le mode d'action d’antibiotiques, simplement en analysant des images de bactéries au microscope, sans aucun marquage chimique fluorescent.

Pourquoi découvrir de nouveaux antibiotiques est si difficile ?

Trouver une molécule qui tue des bactéries, c’est compliqué. Comprendre comment elle les tue, c’est encore plus difficile. Pourtant, c’est cette question du « mode d’action » qui fait toute la différence : elle permet de savoir si un antibiotique candidat est vraiment innovant et donc capable de contourner les résistances déjà existantes.

Les méthodes actuelles utilisent souvent des marqueurs fluorescents, coûtent cher, et ne détectent un effet que lorsque la molécule est suffisamment concentrée pour bloquer la croissance ou éliminer des bactéries. Résultat : certaines molécules prometteuses, actives à très faible dose, passent complètement inaperçues. 

Une IA qui « voit » l’effet des antibiotiques

Plusieurs équipes de l’Institut Pasteur ont travaillé de pair pour contourner ces limites grâce au deep learning*. Leur modèle d’intelligence artificielle, un réseau de neurones convolutifs inspiré de la façon dont notre cerveau traite les images, a été entraîné à repérer les modifications minimes de forme qu’un antibiotique provoque chez les bactéries.

Pour entraîner leur modèle d’IA, les scientifiques ont utilisé des images de microscopie en lumière blanche (brightfield), sans marquage fluorescent sur des bactéries Escherichia coli exposées à 22 antibiotiques avec huit modes d’action différents. 

Des résultats très prometteurs, même à très faible dose

Les résultats sont particulièrement encourageants. En effet, l’intelligence artificielle reconnaît le mode d’action d’un antibiotique avec une précision quasi parfaite. Mieux encore, elle détecte l’effet d’une molécule à des concentrations sub-inhibitrices, c’est-à-dire avant même que la bactérie ne cesse de se multiplier. Cette capacité constitue un atout majeur pour repérer des candidats que les tests classiques auraient écartés.

Plus surprenant encore, le modèle est capable d’indiquer quand une molécule agit d’une manière inédite. Cette faculté pourrait s’avérer décisive pour découvrir de nouvelles classes d’antibiotiques, celles dont on a le plus besoin pour vaincre les résistances actuelles.

L’approche a aussi été validée sur une autre bactérie, Klebsiella pneumoniae, responsable d’infections graves et souvent multirésistante. Une première preuve que la méthode pourrait s’appliquer à d’autres micro-organismes. 

* Deep learning (apprentissage profond ou apprentissage en profondeur en français est un sous-domaine de l’intelligence artificielle qui utilise des réseaux neuronaux artificiels composés de nombreuses couches pour résoudre des tâches complexes. Cette méthode permet à la machine d'apprendre des représentations hiérarchisées directement à partir des données, sans qu'un expert humain n'ait à expliciter les règles. Source Wikipédia.

samedi 12 septembre 2026

Santé publique France et le traitement de l'information

J’avais déjà évoqué le traitement de l’information par Santé publique France dans « TIAC : Les approximations de Santé publique France ».

Je poursuis cette quête d’une information fiable et documentée et voici ce que je trouve …

Toxi-infections alimentaires collectives

Est publié sur le site de Santé publique France, dans les thématique « toxi-infections alimentaires collectives », ce qui suit :

- Le 21 février 2024, nous avons eu la publication des données des toxi-infections alimentaires collectives déclarées en France en 2022 avec « près de 2 000 cas ».

- Le 20 mars 2026 (avec une mise à jour au 01/09/2026), nous avons eu la publication des données des toxi-infections alimentaires collectives déclarées en France en 2023, avec ce titre très sobre, « Bilan 2023 », dont on sait que ce bilan dépasse celui de 2022 ...

A ce rythme-là, on n’est pas prêt d’avoir de nouvelles informations, en particulier les données de 2024. Pourtant, Santé publique France a diffusé les données de 2024 à l’EFSA qui les a publiées en décembre 2025. La pesanteur administrative bien connue chez nous, voir un récent exemple ici, nous fait dire que pour avoir les données de 2024, il nous faudra attendre au mieux 2027, voire au moins encore deux ans …

Maladies infectieuses d’origine alimentaire

Autre point à mettre en évidence le traitement subi par la thématique « maladies infectieuses d’origine alimentaire » à Santé publique France.

Si on liste les dernières actualités, l’actualité du 4 septembre 2026 sur les « Cas groupés de salmonellose en lien avec la consommation de graines de courge » a disparu de la liste des actualités

Comme vous pourrez le découvrir sur ce lien, qui filtre les actualités de Santé publique France, selon la thématique « maladies infectieuses d’origine alimentaire », l’information du 4 septembre 2026 sur les « Cas groupés de salmonellose en lien avec la consommation de graines de courge » a, quant à elle, totalement disparu des actualités, et elle se retouve uniquement dans la sous rubrique ‘Données’ sur la Salmonellose. Il faut le dire ce traitement de l’information n’est pas nouveau, mais il ne m’apparait pas normal !