Affichage des articles dont le libellé est curiosité. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est curiosité. Afficher tous les articles

jeudi 2 avril 2026

Le 1er avril et la DDPP du Val de Marne

J’ai réussi à trouver un poisson d’avril dans l’article du ministère de l’Agriculture, « Réouverture de restaurant : dans les coulisses d’un contrôle décisif ».

Le focus de l’article cible la DDPP du Val de Marne en ces termes ...

1900 inspections pour 41 agents en 2025, si je compte bien, cela doit faire environ 47 inspections par agent et par an, soit une inspection par semaine ...

J’attends le démenti de cette information ...

Cadmium : ce que les médias n’ont pas retenu

Que dit vraiment l'Anses

L’Anses n’émet pas d’alerte. 

La réglementation est respectée et qu’aucun aliment commercialisé ne dépasse les limites sanitaires fixées. 

L’agence ne réclame pas l’étiquetage des aliments, dont Matthieu Schuler, directeur général délégué au pôle Sciences, balaie lui-même l’idée : « On ne va pas exiger que soient renseignées toutes les traces de mercure, de plomb, d’argent, d’aluminium dans l’alimentation… Cela n’aurait aucun sens. » Que les céréales du petit-déjeuner, brandies comme symbole de l’alimentation industrielle coupable, ne représentent que 2 à 4 % de l’exposition des enfants.

Enfin, la première source d’exposition reste, et de très loin, le tabac.

Alors, pourquoi une telle couverture de presse ? 

Il faut le dire sans détour : l’instrumentalisation de ce dossier sert un double intérêt : celui des écologistes décroissants, toujours au rendez-vous lorsqu’il s’agit de désigner l’agriculture conventionnelle comme bouc émissaire, et celui des fabricants d’engrais russes, qui mènent discrètement leur campagne pour un durcissement réglementaire susceptible d’évincer leurs concurrents du marché européen. 

Deux agendas distincts pour une même dramaturgie de la peur. Et ça fonctionne.

mercredi 1 avril 2026

Quel est l'objectif de la sécurité des aliments en France: une police sanitaire unique ou la baisse des TIAC ?

De bonnes langues estiment qu’« il apparaît que la police sanitaire unique se concentre pour l'instant sur certains secteurs spécifiques, par exemple la restauration, sans qu'il soit possible, à ce stade, ni d'en évaluer pleinement l'impact à partir d'indicateurs objectivés, tels que la réduction des toxi-infections alimentaires collectives (TIAC), ni de mesurer ses effets potentiels sur l'économie locale et les filières concernées. »

L’indicateur de la réduction des TIAC serait utile d’autant plus que les données sont très élevées telles celles atteintes en 2022, 2023 et vraisemblablement en 2024, comme le blog vous l’a révélé.

Il semble clair, comme le blog l’a narré, que les inspections de 2024 étaient en trompe-l’œil, on a voulu faire un coup ...

Le bilan 2025 va donc s'attacher à mesurer si cette augmentation du nombre de contrôles se traduit réellement par une baisse des TIAC, un indicateur dont les données consolidées sont attendues pour la fin de l'année.

De mauvaises langues, dont le blog ne fait pas partie, comme le Sénat et les syndicats, soulignent des points de vigilance et des critiques :

Malgré une plus grande « lisibilité » du dispositif, plusieurs défis ont été soulevés, notamment par :

une charge administrative. Les services départementaux rapportent une charge de travail accrue liée au contrôle des rapports produits par les délégataires privés.

«Il est constaté une charge accrue pour les services départementaux, liée aux activités de vérification, de validation et d'encadrement des rapports transmis par les opérateurs délégués, avec des exigences administratives qui mobilisent de manière croissante les agents en place. Cette situation interroge quant à ses effets sur l'organisation et les moyens des services, ainsi que sur la capacité à maintenir une présence directe sur le terrain. » 

la pédagogie. Certains professionnels de la restauration regrettent une perte de la dimension de conseil lors des inspections déléguées, perçues comme plus rigides ou administratives que celles menées historiquement par les agents publics.

La « privatisation rampante » est LA critique centrale car l’externalisation vue comme une perte de contrôle de l’État et une logique de rentabilité incompatible avec la santé publique . Certains parlent de « sécurité sanitaire low-cost ».

Mais le vrai point de tension est la quantité vs la qualité des inspections. Tout le débat se cristallise ici :


Vision de l’État
Vision des critiques
plus de contrôles = plus de sécurité
mieux vaut moins mais mieux
recours au privé = efficacité
risque de dilution du contrôle
centralisation = simplification
simplification incomplète

En résumé, on ne sait pas encore si la réforme va améliorer réellement la sécurité sanitaire des aliments !

Laissons la conclusion à ce document de FO Agriculture, juillet 2025« Police Sanitaire Unique » (PSU) : une réforme qui patine, faute de visibilité, et d’alignement entre objectifs et moyens.

Le groupe de travail du 3 juillet 2025, réunissant la Directrice générale de l’alimentation (DGAl), des agents des directions départementales en charge de la protection des populations (DDecPP) et leurs représentants, a mis en lumière une accumulation préoccupante de dysfonctionnements.

L’écart entre les ambitions initiales et la réalité opérationnelle s’accentue dangereusement. Le nombre d’inspections dans le secteur de la remise directe, initialement fixé à 25 000, a été révisé à la baisse en 2025, pour atteindre seulement 17 000 inspections, traduisant un recul des exigences face aux défaillances des délégataires. Par ailleurs, l’objectif d’augmentation de 10 % des inspections dans les établissements agréés n’a pas été atteint. Quant au taux de réalisation du Plan de Surveillance et de Contrôles (PSPC), il n’était que de 35 % au 30 juin 2025, en raison de difficultés de montée en compétence.

La formation des délégataires, censée garantir la qualité et la fiabilité des contrôles délégués, apparaît aujourd’hui largement insuffisante. Jusqu’à la moitié du temps des agents des DdecPP, en charge du suivi de la délégation, est absorbée par la correction des rapports des délégataires et la saisie dans des outils informatiques défaillants, éloignant ainsi les équipes de leurs missions essentielles de contrôle.

Un autre point de tension concerne la gestion des suites administratives et judiciaires des inspections. FO Agriculture note que dans certains départements, plus de 40 % des inspections donnent lieu à des suites, un seuil critique qui engendre une surcharge importante pour les agents des DDecPP, chargés de leur gestion administrative, de leur suivi et des recontrôles associés, assurés sans moyens adaptés. Sur le plan des moyens humains, la DGAL a confirmé qu’aucune garantie n’est acquise concernant l’octroi des 60 ETP demandés par le ministère de l’agriculture, dans un contexte de réduction massive des dépenses publiques visant à économiser 44 milliards d’euros. Cette absence de moyens fragilise considérablement les services déconcentrés.

Commentaire

Peu m'importe que cette réforme réussisse ou pas car la « police sanitaire unique » n’est pas une rupture totale, mais une réformette qui, si elle ne transforme pas les règles sanitaires, peut peut-être changer la manière dont elles sont appliquées et contrôlées, du moins, c’est ce qu’il faut espérer, plus de contrôles des restaurants, plus de sécurité pour le consommateur, ce sera alors un vrai progrès, si on y ajoute surtout la communication sur les fermetures administratives par les préfets (name & shame). Mais mis à part le préfet du Val d'Oise (la Légende), peu s'y risquent ...

En 2024 (année des J.O.), il y a eu 106 280 inspections officielles; ce chiffre est en trompe-l'oeil, car il y a eu 55 750 inspections réalisées par des organismes délégataires privés, soit en fait 50 530 inspections par le seul service public, chiffre comparable à 2023 !

Notons que plus de 100 000 inspections est ce que la Belgique a réalisé en 2022, selon l'AFSCA.

Cela étant, que de temps perdu, quand on songe qu’en 2012, peu avant l’arrivée d'un nouveau ministre de l’agriculture, il y avait en France 86 239 inspections en sécurité sanitaire des aliments. Combien de pas en arrière pendant toutes ces années, et pendant cela, les TIAC ont augmenté, augmenté ...

L'objectif de la baisse des TIAC attendra donc encore, mais ce qu'on attend surtout, c'est une prise de conscience de la gravité de la situation liée à l'augmentation incroyable des TIAC en 2022, 2023 et vraisemblablement en 2024. 

Où sont les agences comme l'Anses, la DGAL, et Santé publique France ? Leur silence est coupable, tout comme elles l'ont été quand le nombre d'inspections en sécurité des aliments a baissé drastiquement depuis 2012 pendant plus de 10 ans !

Pour mémoire, voici le yo-yo du nombre d'inspections en sécurité des aliments en France, selon la DGAL de 2012 à 2024, instructif, non !
Dans ces conditions, que penser de la phrase extraite d'une infographie du ministère de l'Agriculture selon laquelle « Le système de sécurité sanitaire français est l'un des plus performants au monde », sans doute un effet du 1er avril ?

MàJ du 7 avril 2026Si l'on en croit ce document, le yo-yo évoqué ci-dessus a encore de beaux jours devant lui, car le nombre d'inspections en sécurité des aliments aurait baissé en 2025 par rapport à 2024 et il va aussi continuer à baisser en 2026 par rapport à 2025. Attendons la confirmation avec le rapport d'activités de la DGAL qui devrait paraître mi-mai 2026.

mardi 24 mars 2026

Listeria monocytogenes pour les Nuls. Plus que 99 jours d'ici le 1er juillet 2026 !

Vient de paraître dans Food Protection Trends, un article payant intitulé, Listeria monocytogenes for Beginners: Hard Lessons Learned, que le blog a traduit par Listeria monocytogenes pour les Nuls ...

Si vous êtes novice en matière de Listeria monocytogenes (et même si ce n'est pas le cas), cet article vous fournira des informations utiles sur cet organisme : sa nature, son mode de développement, les risques qu'il représente pour la santé publique et son statut réglementaire à travers le monde. Nous vous expliquerons comment détecter la bactérie et vous présenterons des ressources utiles à cette recherche. Listeria monocytogenes est un problème courant dans presque toutes les usines agroalimentaires ; de nombreuses ressources sont donc disponibles pour vous aider.

Ce site rappelle fort opportunément que le tournant du 1er juillet 2026 arrive bientôt avec l’application du Règlement UE 2024/2895 (règlement (UE) 2024/2895 de la Commission du 20 novembre 2024 modifiant le règlement (CE) n°2073/2005 en ce qui concerne Listeria monocytogenes) qui introduitune rupture majeure’ dans la gestion des aliments prêts à l’emploi ou prêts à être consommés.

L’inversion de la charge de la preuve. L’industriel doit désormais prouver notamment via un challenge test, que le seuil de 100 ufc/g ne sera pas dépassé sur toute la durée de vie du produit.

Le critère d’absence par défaut. En l’absence de données de validation robustes, la norme devient l’absence totale (non détection dans 25g), augmentant aissi le risque de non-conformité réglementaire.
La base étant la maîtrise de l’environnement de fabrication, l'absence de Listeria monocytogenes dans l’environnement signifie absence de Listeria monocytogenes dans le produit fini.

Le compte à rebours a déjà commencé. Nous sommes à 99 jours du 1er juillet 2026.

vendredi 20 mars 2026

2023 : Le nombre de toxi-infections alimentaires collectives est le plus élevé jamais enregistré

Les données officielles de 2023 ont enfin été publiées le 20 mars 2026.

Le blog n’était pas trop loin de ces données, citant celles publiées par l’EFSA publiées en décembre 2024, et indiquait que l’on s’orientait vers un nouveau record.

Le nombre de TIAC notifiées en 2023 est le plus élevé enregistré depuis la mise en place de la surveillance en 1987. Il a dépassé le précédent record de 2022 (1 924 TIAC déclarées).

En 2023, 2 231 toxi-infections alimentaires collectives (TIAC) ont été déclarées en France, affectant 22 282 personnes, dont 549 (2%) se sont présentées à l’hôpital (hospitalisation ou passage aux urgences) et 19 (0,1%) sont décédées.

Pour dire les choses franchement, la maîtrise de la sécurité des aliments bat de l’aile en France !

2024 devrait aussi confirmé les données de 2022 et 2023 avec un palier à plus de 2000 TIAC et plus de 20 000 personnes concernées, selon les données de l’EFSA publiées en décembre 2025.

Lieux de survenue des TIAC déclarées en 2023

En 2023, 42% des TIAC déclarées étaient liées à des repas dans des restaurants commerciaux (vs 45% en 2022) et 28% à des repas familiaux (25% en 2022). La part des TIAC survenant dans les instituts médicaux-sociaux (IMS) était de 9% et celle des TIAC liées à des repas dans d’autres types de lieux collectifs (banquets, centres de loisir, entreprises, cantines scolaires, autres lieux de collectivité) était de 21%.

En 2023, les TIAC en milieu familial ont concerné 3 074 malades (14% du nombre total de malades), 4 421 malades en restauration commerciale (20%) et 14 708 en restauration collective (66%). Pour 13 TIAC, correspondant à 79 malades (0,5% du nombre total de malades), le lieu du repas n’est pas renseigné.

Quelques faits

Malgré cette hausse observée, les TIAC demeurent historiquement sous-déclarées, avec des disparités selon les secteurs d’activité à l’origine de biais de recrutement.

Les TIAC ne représentent que la partie émergée d’un problème plus large de santé publique lié aux infections d’origine alimentaire. Bien que la majorité des cas surviennent de façon isolée, sans lien épidémique ou microbiologique apparent, le fardeau global de ces infections a été estimé entre 1,28 et 2,23 millions de personnes affectées chaque année sur la période 2008-2013.

Santé publique France nous fournit une explication non étayée par des preuves,

Cette hausse significative s’expliquerait en partie, et plus précisément pour la restauration commerciale, par l’impact de la plateforme de signalement en ligne accessible au grand public « SignalConso » qu facilite la déclaration directe et simple des suspicions de TIAC par les consommateurs à la DdecPP.

Commentaire

Face à ces données, on est sans doute en droit de pointer certaines responsabilités sur la politique de sécurité des aliments en France, mais qui le fera ?

Enfin, que dire de ce pictogramme ci-dessous de Santé publique France qui ne reflète hélas pas du tout la réalité et la gravité de la situation ...

MàJ du 8 avril 2026.
Curiosité. Santé publique France ne cite toujours pas le document sur les TIAC, ni à la Une de son site Internet, ni sur les pages Actualités sur les maladies infectieuses d'origine alimenaire. Pas de réaction, ni du ministère de l'Agriculture, ni de l'Anses, pourtant informés depuis longtemps. On voudrait nous cacher quelque chose que l'on ne s'y prendrait pas autrement ...

mercredi 18 mars 2026

Sécurité des aliments : Le risque zéro n'existe pas

Les idées développées dans l’article ci-après ne sont pas nouvelles ; elles rejoignent cet article paru en 2021 dans Current Opinion in Food Science, « All food processes have a residual risk, some are small, some very small and some are extremely small: zero risk does not exist » (Tous les procédés de transformation alimentaire comportent un risque résiduel, certains faibles, d'autres très faibles et d'autres encore extrêmement faibles : le risque zéro n'existe pas).

Le blog vous propose donc cet article paru sous le titre « La sécurité des aliments doit être guidée par le risque, et non pas par la détection zéro », source communiqué de l’Université Cornell du 17 mars 2026.

Les pathogènes d'origine alimentaire sont responsables d'environ 420 000 décès et 600 millions de cas de maladies chaque année, selon l’OMS. Or, la réglementation actuelle en matière de sécurité des aliments repose souvent sur des analyses ultrasensibles qui visent à détecter les pathogènes, indépendamment du risque qu'ils représentent pour les consommateurs.

Une étude menée par des chercheurs de Cornell suggère que ces analyses ultrasensibles, avec l'objectif de « détection zéro », pourraient entraîner un gaspillage d'aliments consommables, une hausse des coûts pour des bénéfices limités en matière de santé publique et d'autres conséquences néfastes pour l'environnement et la santé humaine.
« Bien que le public s'attende à ce que les aliments soient parfaitement sûrs, il existera toujours un risque de maladie d'origine alimentaire », a dit Martin Wiedmann, auteur principal de l'étude. De même que l'on ne limite pas la vitesse sur les autoroutes à 16 km/h pour minimiser le nombre de décès, il est nécessaire d'adopter une approche équilibrée qui prenne en compte les conséquences négatives potentielles de mesures extrêmes en matière de sécurité des aliments.

L'étude, publiée le 16 mars dans Frontiers in Science, soutient que la réglementation en matière de sécurité des aliments devrait fixer des objectifs fondés sur des données probantes pour garantir un niveau de sécurité alimentaire suffisant, plutôt que de viser le risque zéro, ce qui est irréalisable et non souhaitable. De même, les pratiques de sécurité des aliments devraient se concentrer sur les risques les plus importants.
L'étude explique en détail comment des règles fondées sur le danger – celles qui considèrent toute détection d'un pathogène comme inacceptable, indépendamment de la dose, de l'exposition ou de la capacité d'un aliment à favoriser la croissance microbienne – peuvent déclencher des alertes disproportionnées par rapport au risque réel pour les consommateurs. Dans certains cas, des analyses ultrasensibles détectent des quantités infimes de micro-organismes ou de toxines peu susceptibles de provoquer une maladie.

Cela peut entraîner la destruction d'aliments parfaitement consommables, ainsi qu'une diminution de la disponibilité et de l'acceptation de produits alimentaires nutritifs, conduisant à des rappels inutiles qui érodent la confiance des consommateurs. Des rappels de produits peuvent être mis en place, par excès de prudence, simplement parce que des bactéries similaires à des organismes pathogènes sont détectées dans les champs ou les installations de transformation.

Au-delà des analyses ultrasensibles, les auteurs de l'étude soulignent que des mesures de protection supplémentaires, appliquées sans discernement, peuvent accroître la consommation d'énergie, augmenter les coûts et diminuer la qualité nutritionnelle. Des températures de stockage plus basses, des emballages supplémentaires et des traitements thermiques plus intensifs constituent des garanties importantes, mais doivent être adaptés pour atteindre un niveau de risque acceptable, en tenant compte des compromis environnementaux, économiques et nutritionnels.
« Il est clairement établi que se concentrer sur les analyses du produit fini est généralement inefficace pour garantir la sécurité des aliments », explique Sriya Sunil, co-auteure et chercheuse postdoc en sciences des aliments. « Accorder une importance excessive aux analyses du produit fini risque de détourner l'attention d'autres mesures de sécurité des aliments plus bénéfiques pour la santé publique. »

Pour pallier ce problème, l'équipe préconise de passer d'une approche fondée sur les dangers à une approche ciblée fondée sur les risques, qui prend en compte la probabilité de maladie chez l'humain lors de la mise en œuvre de mesures de sécurité des aliments. Cependant, même les approches actuelles fondées sur les risques peuvent s'avérer insuffisantes au regard des objectifs sociétaux plus larges, notamment ceux liés au développement durable.
Par exemple, abaisser la température de réfrigération des aliments peut minimiser les risques sanitaires, mais risque d'accroître la consommation d'énergie et les émissions de gaz à effet de serre associées. Les chercheurs ont constaté qu'une approche véritablement fondée sur les risques en matière de sécurité des aliments devrait s'aligner sur les priorités sociétales plus larges relatives à des systèmes alimentaires durables, nutritifs et sûrs, afin d'identifier les risques acceptables ou tolérables.

Pour faciliter l'établissement de ces risques acceptables ou tolérables, ils ont indiqué que des outils informatiques peuvent être utilisés. Ces outils intègrent une grande quantité d'informations sur les risques sanitaires liés à la sécurité des aliments au sein du système alimentaire, ainsi que sur les coûts environnementaux et économiques associés.
Bien qu'il soit important de disposer de normes de sécurité des aliments cohérentes et alignées sur les priorités sociétales, notamment pour le commerce international, cela exige de concilier les intérêts parfois divergents des différents individus et des sociétés. Le développement de systèmes fondés sur les risques nécessitera une coopération plus large entre les milieux universitaires, gouvernementaux et industriels.
« Les spécialistes en sciences sociales, économie et des sciences de la vie doivent collaborer pour définir des valeurs qui correspondent aux priorités des consommateurs », a dit Wiedmann.

Points clés
Le risque zéro de maladie d'origine alimentaire n'est ni réalisable, ni souhaitable ; des pratiques de sécurité des aliments trop strictes peuvent entraîner des conséquences imprévues qui l'emportent sur leurs avantages pour la santé publique et la société.
Il est nécessaire de développer de meilleures évaluations des risques liés aux compromis, ainsi que des outils de prédiction et d'aide à la décision associés, afin de soutenir la prise de décision en matière de sécurité des aliments.

Le développement et la mise en œuvre plus poussés d'approches de négociation des risques peuvent contribuer à la mise en place de systèmes alimentaires durables et socialement acceptables, produisant des aliments suffisamment sûrs.

lundi 16 mars 2026

Choses lues sur la listériose, Anses vs Santé publique France

On y lit :
350 à 400 cas sont recensés chaque année en France. Il s’agit de la deuxième cause de décès d’origine alimentaire.

Pourtant Santé publique France recense 400 à 600 cas par an, comme le montre le document Listériose en France. Période 1999-2024. Voir la figure ci-dessous.

L’Anses poursuit son propos en indiquant :

Contrairement à d’autres infections d’origine alimentaires, la grande majorité des cas de listériose sont isolés et il n’est la plupart du temps pas possible de les rattacher à une source alimentaire.

L’Anses aurait pû ou aurait dût faire un point d’actualité sur les Cas de listériose en lien avec la consommation de produits de charcuterie prêts à manger de l’entreprise Drôme Ardèche Tradition, dont le blog a parlé ici, mais ce n'est que partie remise ...

MàJ. A noter que l'Institut Pasteur note de 300 à 500 cas par an ...

samedi 14 mars 2026

Viande bovine du Brésil contaminée par de l'œstradiol 17β : Que dit l'IA ?

En complément de l’article, Mercosur : Bienvenue aux bovins du Brésil traités à l’œstradiol 17β, j’ai demandé à l’IA si ma crainte de voir de la viande bovine du Brésil contaminée par de l'œstradiol 17β entrer dans l’UE était justifiée ?

Voici ce que me répond l’IA :

Effectivement, vous avez tout à fait raison : ce n'est plus une simple crainte théorique, mais un fait documenté par des audits de la Commission européenne publiés fin 2024 et confirmés début 2026.

Voici ce que révèlent précisément ces rapports et ce qu'il faut en penser :

1. Le constat de l'audit (Rapport 2024-8087)

L'audit mené par la DG Santé (Direction générale de la santé et de la sécurité alimentaire) au printemps 2024 a révélé des failles majeures dans le système brésilien :

L'hormone en cause : Il s'agit de l'œstradiol 17β, une hormone utilisée au Brésil pour synchroniser les cycles de reproduction des femelles (génisses et vaches). En Europe, cette substance est strictement interdite car elle est classée comme cancérigène (elle favorise l'apparition de tumeurs).

Défaut de traçabilité : L'audit a conclu que les autorités brésiliennes étaient incapables de garantir que la viande exportée vers l'UE provenait d'animaux n'ayant jamais reçu cette hormone. Les "déclarations sous serment" des éleveurs brésiliens ont été jugées "peu fiables".

2. Les révélations récentes (Février 2026)

Le dossier a pris une dimension plus grave très récemment :

Reconnaissance de contamination : Le 25 février 2026, la Commission européenne a admis pour la première fois que de la viande congelée contenant des traces d'œstradiol était effectivement entrée sur le marché d'une dizaine d'États membres au cours des années 2024 et 2025.

Échec du plan d'action : Bien que le Brésil ait suspendu ses exportations de viande de génisses vers l'UE fin 2024 pour tenter de corriger le tir, les derniers rapports indiquent que les recommandations critiques de l'UE n'ont pas encore été pleinement suivies.

3. Les conséquences et les risques

Pour le consommateur : Le risque sanitaire immédiat est jugé faible par les autorités (car les traces sont souvent minimes), mais le non-respect du principe de précaution pose un problème éthique et politique majeur. L'œstradiol est un perturbateur endocrinien puissant.

Pour les éleveurs européens : C'est un argument de poids contre l'accord de libre-échange UE-Mercosur. Les syndicats agricoles (comme la FNB en France) dénoncent une "tromperie" et demandent une suspension totale des importations de bœuf brésilien.

Transparence : On ignore encore précisément où cette viande a été consommée (restauration collective, plats préparés, boucheries industrielles), car la traçabilité après l'importation est souvent complexe.

En résumé : Votre méfiance est validée par les faits. La Commission européenne est actuellement sous le feu des critiques pour avoir tardé à reconnaître l'ampleur du problème tout en continuant de négocier des accords commerciaux avec ces mêmes pays.

Conseil pratique : Pour éviter tout risque lié à ces importations, privilégiez les viandes portant le label "Viande Bovine Française" (VBF) ou des labels de qualité (AOP, Label Rouge), qui garantissent le respect de l'interdiction totale des hormones de croissance.

Commentaire. Si quelqu'un a une réaction du ministère de l'agriculture, je suis preneur ...

vendredi 13 mars 2026

Mercosur : Bienvenue aux bovins du Brésil traités à l’œstradiol 17β

On lira dans l'excellent blog-notes d'Olivier Masbou :

Dans un rapport publié le 25 février, la DG Santé de la Commission européenne reconnaît officiellement que du bœuf hormoné d’animaux traités à l’œstradiol 17β a été importé du Brésil par l’UE. « Bien que la MAPA [Department of Agriculture, Livestock and Food Supply du Brésil] ait mis en place un certain nombre de mesures, auxquelles elle s’est engagée dans son plan d’action, celles-ci n’ont pas permis d’exclure pleinement l’exportation vers l’UE de la viande d’animaux femelles traités à l’œstradiol 17β » écrit la DG Santé. 

« Démonstration est faite que les dispositifs de contrôle supposés garantir le respect de cette norme européenne ne fonctionnent pas », écrit Patrick Bénézit, président de la FNB, dans une lettre ouverte à Emmanuel Macron

« La FNB vous appelle, Monsieur le Président de la République, à la suspension immédiate de toute importation de bœuf brésilien sur notre territoire, et à veiller aux viandes qui pourraient être rebaptisées européennes à leur entrée dans d’autres états-membres ». Jusqu’à présent, la CE reconnaîssait qu’elle ne pouvait pas garantir que les viandes importées du Brésil n’étaient pas traitées. Désormais, elle garantit qu’elles le sont. On progresse ...

Nucléaire : un mea culpa bien tardif suivi demain du Mercosur ...

« Alors qu’en 1990, un tiers de l’électricité européenne provenait du nucléaire, aujourd’hui cette part est tombée à environ 15 %. Cette réduction de la part du nucléaire était un choix. Je pense que c’était une erreur stratégique », a déclaré Ursula von der Leyen, présidente de la Commission européenne, le 10 mars 2026. Déjà, en décembre dernier, la CE avait renoncé à l’objectif de 2035 pour interdire les voitures thermiques et passer au tout-électrique. Dans une dizaine d’années, la Commission reconnaîtra que l’accord avec le Mercosur ou le démantèlement de la PAC étaient eux aussi des « erreurs stratégiques ». Mais ce sera trop tard.
Comment dit-on mea culpa en eurocrate ?

Une question écrite E-000726/2026, L'hormone œstradiol est présente dans le bœuf brésilien importé du 20 février 2026, signale que la Commission a eu connaissance dès octobre d'un chargement de viande bovine brésilienne contaminée par de l'œstradiol-17β à destination de l'Europe. Toutefois, la notification RASFF n'est intervenue que plusieurs semaines plus tard. De plus, le 14 novembre, une simple notification d'information a été diffusée, au lieu de l'alerte urgente requise pour les substances cancérogènes et les substances formellement interdites. La notification est donc arrivée trop tard et une partie de la viande avait déjà été consommée.

Neuf mois auparavant, les avertissements de Sander Smit, député européen, entre autres, concernant les importations de viande contaminée à l'œstradiol-17β, avaient été rejetés. La Commission n'avait constaté « aucune preuve » de viande contaminée sur le marché de l'UE et avait souligné que les mêmes normes s'appliquaient à tous. Elle était convaincue que le Brésil honorerait les garanties qu'il avait données.

Fait remarquable, quelques jours après la notification du RASFF, la Commission a décidé d’élargir le champ d’application de l’autocertification (pour la volaille et les œufs).


1. Pourquoi des semaines se sont-elles écoulées entre la constatation de l'audit et la notification du RASFF, et pourquoi une simple notification a-t-elle été choisie plutôt qu'une alerte ?
2. Pourquoi la Commission n’a-t-elle pas – de sa propre initiative ou à la demande de la Commission – imposé une interdiction d’importation ou des conditions d’importation spéciales comme l’exige l’article 53 du règlement (CE) n° 178/2002 ?
3. Comment justifier l’élargissement du champ d’application de l’autocertification à la lumière des 24 alertes à la salmonelle émises par le RASFF l’année dernière ?

Comme l’on dit, affaire à suivre ...

Contamination croisée et dramatiques conséquences par l'exemple

Santé publique France est sélectif dans ses informations sur la santé publique et encore plus sur la sécurité des aliments.

Pas un mot sur les laits infantiles contaminés par une toxine de Bacillus cereus, mais abondance relative d’informations sur de cas de listériose en lien avec la consommation de produits de charcuterie prêts à consommer. 

Cela étant, le compte n’y est pas

Santé publique France communique le12 mars, sur un point au 10 mars de « Cas de listériose en lien avec la consommation de produits de charcuterie prêts à manger de l’entreprise Drôme Ardèche Tradition ».

La raison probable est que les produits de cet établissement sont susceptibles d’avoir été contaminés après cuisson

12 patients atteints de listériose, avec des prélèvements positifs réalisés entre le 13/10/2025 et le 23/01/2026. Parmi ces cas, 7 ont été recensés en janvier 2026. Aucun nouveau cas n’a été identifié depuis le 11/02/2026. 2 décès ont été signalés.

Les cas identifiés résident dans les régions : Auvergne-Rhône-Alpes (9), Bourgogne-Franche-Comté (1), Normandie (1), et Nouvelle-Aquitaine (1).

Depuis 2021, le nombre annuel de cas de listériose est en augmentation nette, avec 619 cas notifiés en 2024. Sur la période 2021-2024, l’incidence régionale moyenne de la listériose était la plus forte en Bretagne, en Normandie, et en Corse. Voilà que cette épidémie semble changer la donne ...

Origine de la contamination

Les investigations épidémiologiques ont permis d’identifier, début février, que plusieurs patients avaient consommé du pâté en croûte. Les enquêtes de traçabilité ont confirmé que ces produits provenaient d’une même entreprise, Drôme Ardèche Tradition (26). Par mesure de sécurité, la mise sur le marché de tous les produits de cet établissement susceptibles d’avoir été contaminés après cuisson a été suspendue. Un retrait-rappel des produits commercialisés (lien de Food Safety News plus fiable que celui fourni par la préfecture de la Drôme) a été lancé le 5 mars 2026.

A noter une notification au RASFF de l’UE, 2026.1933, le 12 mars de la présence de Listeria monocytogenes dans des produits de viande suite à un autocontrôle de l’entreprise, sans plus de précision ...

Les analyses du CNR des Listeria ont confirmé que des souches isolées de produits de l’établissement présentaient les mêmes caractéristiques que celles isolées chez les personnes malades.

Quelques questions

Pourquoi le rappel aurait dû être effectif plus tôt. 
Selon le ministère de l’agriculture« Les enquêtes alimentaires et de traçabilité engagées par les services de l’État autour de ces cas ont conduit, le 24 février 2026, à suspecter des produits mis sur le marché par l’établissement Drôme Ardèche Tradition situé à Bourg de Péage (26). Un contrôle de l’établissement a été diligenté et des prélèvements officiels ont donc été réalisés par les services de la Direction départementale de la protection des populations de la Drôme. Au vu des constats effectués lors du contrôle, un arrêté préfectoral de suspension d’activité a été pris et l’entreprise a procédé au retrait et au rappel de tous les produits fabriqués sur le site, sous la supervision des services de l’Etat. »

On ne connaît pas la quantité de Listeria monocytogenes présents dans ces aliments, élément utile pour comprendre cette épidémie ...

On cite l’entreprise, mais qu’en est-il des inspections sanitaires réalisées dans cette entreprise. Le site Alim’confiance ne nous apprendra rien, car « Suite à des contraintes techniques, les résultats des contrôles Alim'confiance sont provisoirement indisponibles. »

Comment se fait-il qu’en 2026, il existe encore des entreprises alimentaires qui ne savent pas que le cru et le cuit sont deux usines strictement séparées afin de prévenir toute contamination croisée ou transfert de contamination ?

jeudi 12 mars 2026

Une haut-fonctionnaire bientôt à la tête de l'Anses ?

Économiste, diplomate, haut-fonctionnaire, voici la future directrice 
générale de l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement, Anses, 
Élisabeth Claverie de Saint Martin

Et elle est où la Science dans cette nomination ?