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jeudi 3 septembre 2026

Brève de vacances : Entreprises, comme l’Église, séparez-vous de l’État !

Cette brève de vacances n’a toujours rien à voir avec la sécurité des aliments, et pourtant, à y regarder de près …

Voici donc une tribune de Moïse Mitterrand parue dans Le Figaro du 3 septembre 2026, : «Entreprises, comme l’Église, séparez-vous de l’État !»

Alors que le Medef a reçu la semaine dernière les principaux candidats à l’élection présidentielle, l’essayiste, petit-neveu de François Mitterrand, appelle les entreprises à renoncer à toute subvention publique en échange d’une suppression de tous les impôts, excepté sur les bénéfices.

Extrait

Le problème, c'est l'État qui étouffe ce pays et qui a le toupet de se présenter comme le remède. On voudrait vous faire croire à une guerre de classes: riches contre pauvres, actionnaires contre salariés, retraités contre salariés. C'est faux, l'État est le seul responsable de ces oppositions. Une heure de travail produit 63 euros de richesse. Le salarié en perçoit 23 euros nets, la françaises paient pourtant mieux leurs salariés part la plus faible d'Europe. Les entreprises que leurs concurrentes allemandes, tout en dé-gageant les marges les plus basses du continent. Alors, qui vole qui? Ce ne sont pas les actionnai-res. C'est l'État, qui prélève 29 euros sur cette même heure de trav ail, près de la moitié, et qui ose ensuite se poser en arbitre du partage du reste. L'État est votre premier actionnaire, votre premier employeur, votre plus gros client, et le seul qui ne supporte jamais les conséquences de ses erreurs. Chefs d'entreprise, vous vivez mêmes angoisses que vos salariés.

Commentaire
Lorque j’habitais en Mayenne, j’ai été invité à l’inauguration d’une PME. Le discours officiel disait que pour s'agrandir cette PME, le dirigeant aurait pû benéficier de subventions publiques que l’État et les collectivités étaient prêts à lui apporter. La réponse du dirigeant de la PME a été en substance le suivant : Merci pour des éventuelles subventions, mais je préfère un prêt auprès d’une banque car je sais qu’en 5 ou 10 ans, l’affair sera terminée. Avec de l’argent public, je devrais m’en souvenir, et vous me le rappellerez, toute ma vie !

Voir les précédentes brèves de vacances :

94 % des adultes américains s'inquiètent de la fréquence des rappels de produits alimentaires, selon un sondage. Quid en France ?

« Selon un sondage, 94 % des adultes américains s'inquiètent de la fréquence des rappels de produits alimentaires », source Food Safety Magazine Editorial Team.

Un nouveau sondage auprès des consommateurs, commandé par GS1 US, révèle que 94 % des adultes américains se disent préoccupés par la fréquence des rappels de produits alimentaires, un chiffre en légère hausse par rapport aux 93 % enregistrés en 2025. Parallèlement, 80 % des personnes interrogées estiment que les rappels de produits alimentaires sont efficaces pour protéger la santé et la sécurité sanitaire publiques, contre 85 % en 2025.

Le sondage indique également que les consommateurs prennent des précautions plus larges à la suite d'incidents liés à la sécurité des aliments. Parmi les répondants :

- 67 % ont déclaré avoir évité une catégorie entière de produits alimentaires après un rappel, contre 60 % en 2025 ;
- 66 % ont affirmé hésiter à racheter le même produit ou la même marque, contre 59 % en 2025 ;
- 59 % ont indiqué avoir jeté des aliments faisant l'objet d'un rappel, même si leur État ou leur région n'était pas touché, contre 57 % en 2025.

Bien que 9 % des consommateurs aient déclaré qu'ils n'achèteraient plus jamais une marque ayant fait l'objet d'un rappel, les personnes envisageant un nouvel achat ont mentionné plusieurs facteurs susceptibles d'influencer leur décision. Il s'agit notamment du délai écoulé depuis le rappel et de la gravité de la contamination (tous deux cités par 39 % des répondants), ainsi que des recommandations des autorités (citées par 35 % d'entre eux).

Bob Carpenter, dirigeant de GS1 US, a souligné que le système de rappel des produits alimentaires constitue une ligne de défense importante pour la protection des consommateurs. Il a suggéré qu'une traçabilité plus complète et un meilleur partage des données pourraient aider les entreprises à identifier les produits concernés et à fournir aux consommateurs des informations plus claires sur l'ampleur des rappels.

Traçabilité alimentaire et codes-barres 2D pour une meilleure gestion des rappels

GS1 US a réaffirmé son soutien à la réglement de la FDA sur la traçabilité alimentaire, établie en vertu de la section 204 de la loi FSMA (Food Safety Modernization Act), en promouvant l'application des normes GS1, la formation du secteur et la diffusion de recommandations. GS1 US a également souligné l'adoption des codes-barres bidimensionnels (2D) comme un outil potentiel pour la gestion des rappels de produits. Selon l'organisation, les données produit encodées dans ces codes ou accessibles par leur biais, notamment les informations relatives au lot, permettraient aux partenaires commerciaux et aux consommateurs d'identifier plus précisément les produits concernés lors d'incidents liés à la sécurité des aliments.

Commentaire

Je fais partie des français qui s'inquiètent de la fréquence des rappels de produits alimentaires. Pas vous ?

mercredi 2 septembre 2026

Brève de vacances: La France ne fabrique pas assez de milliardaires

Je sais, on est loin de la sécurité des aliments, mais ne boudez pas le plaisir de lire une chronique aussi drôle et qu’acide.

Dans cette chronique talentueuse, Bertille Bayart du Figaro écrit le 2 septembre 2026, « La France ne fabrique pas assez de milliardaires ».
L’actualité fait la chronique, désespérante, des succès des cerveaux français aux États-Unis. Nous avons exporté nos milliardaires avant même qu’ils le deviennent.

Extrait

Cette chronique des succès américains des cerveaux français est désespérante. «Ah, monsieur, votre terre est la terre promise! Que je m'estimerais heureux d'exister dans un si bon pays», écrivait un Français (cité dans L'Humeur révolutionnaire, de Robert Darnton). Deux cent quarante ans plus tard, cet appel du large est toujours irrésistible pour les entrepreneurs.

Que vont-ils chercher là-bas? Trois promesses. Celle de pouvoir lever du capital en quantité, c'est-à-dire par centaines de millions voire par milliards de dollars, en Bourse ou auprès des fonds d'investissement. Celle de trouver un écosystème de talents et d'entreprises sur lequel appuyer la croissance d'une entreprise technologique. Celle d'avoir un accès à un marché riche et profond. Et à la clé de ces trois promesses, il y a une possibilité : celle de devenir milliardaire.


Voir les précédentes brèves de vacances :

mardi 1 septembre 2026

Brève de vacances : Que Choisir et les pesticides : la désinformation augmente !

« Que Choisir et les pesticides : la désinformation augmente ! », source article documenté à lire d’André Heitz paru le 31 août sur son blog Agriculture, alimentation, santé publique... soyons rationnels.

Marronnier ? Contribution subreptice à de prochaines campagnes antipesticides d'envergure et coordonnées ? Besoin de remplir les 66 pages d'un numéro de la revue ? Quatre pages du numéro de septembre 2026 ne font pas honneur au mouvement consumériste, et encore moins à Que Choisir.

Actualité oblige, la couverture du numéro de septembre 2026 de la revue Que Choisir se devait de titrer en très grand : « Hold-up sur vos données ». En plus petit et en bas de page : « Pesticides : la contamination augmente ! ».

En page intérieure, c'est : « Pesticides – La contamination en hausse », mais en chapô, cela devient : « […] la contamination perdure... voire s'aggrave ».

Que faut-il penser du procédé mis en œuvre ici – exagération dans les titres, relative modération dans le texte ?

L’article se décline sous plusieurs paragraphes ...

- Une sémantique anxiogène
- Des choix « stratégiques » pour un effet d'aubaine
- Achetez français ?…
- ...mais non ! Il faut acheter « bio » !

L’article conseille de lire ou de relire avec intérêt « Les dérives de l’UFC-Que Choisir » de Gil Rivière-Wekstein. C'était déjà sur la base d'un article de Que Choisir sur les résidus de pesticides dans les aliments.

Commentaire

Ce mouvement consumériste semble être devenu une ONG à part entière !

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lundi 31 août 2026

Les compléments alimentaires contenant du lithium sont interdits

En avril 2026, l’Anses avait parlé du lithium afin de « mieux connaître les expositions pour maîtriser les risques sanitaires et environnementaux », mais il n’était pas question de compléments alimentaires …

Voici une autre information du 31 août 2026 issue de l'Office fédéral de la protection des consommateurs et de la sécurité des aliments (BVL) d’Allemagne, « Le lithium ne doit être pris que sous surveillance médicale. Les compléments alimentaires contenant du lithium sont interdits »

« Santé neurologique », « clarté mentale », « paix intérieure » ou « forte concentration » : autant d’allégations utilisées pour promouvoir des produits contenant du lithium, vendus en ligne comme compléments alimentaires. Or, même une légère augmentation du taux de lithium dans l’organisme peut avoir de graves conséquences sur la santé. C’est pourquoi les aliments, y compris les compléments alimentaires, contenant des composés de lithium ajoutés sont interdits dans l’Union européenne.

L’Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA) rappellent que le lithium n’est pas autorisé dans les compléments alimentaires au sein de l’Union européenne. Cette interdiction s’applique quel que soit le composé chimique contenant du lithium, notamment le carbonate de lithium et l’orotate de lithium. L’enrichissement d’autres aliments en lithium ou en ses composés chimiques est également interdit. « Le lithium est naturellement présent dans les aliments en très faibles quantités. Son rôle dans l’organisme n’est pas encore totalement élucidé. Même une légère augmentation du taux de lithium peut avoir des conséquences graves et significatives sur la santé ».

Les signes possibles d'une intoxication au lithium incluent une soif intense, des mictions fréquentes, la diarrhée, des vomissements, une déshydratation, des tremblements, des troubles neurologiques tels qu'une faiblesse musculaire, des vertiges, de la fatigue, de la confusion et des troubles de la coordination, de la parole et de la vision. Une intoxication grave peut entraîner des convulsions, un coma, voire la mort.

En raison de ses effets pharmacologiques et des risques qu'il représente pour la santé, les produits contenant des composés de lithium ajoutés et étiquetés comme aliments sont probablement soit des médicaments non autorisés, soit des produits alimentaires impropres à la consommation. Dans les deux cas, leur commercialisation est donc interdite.

Commentaire

Un simple recherche sur internet montre à l’évidence que les compléments alimentaires contenant du lithium sont commercialisés.

dimanche 30 août 2026

Brève de vacances : Les personnes en meilleure santé mangent plus de viande !

« Les personnes en meilleure santé mangent plus de viande », source Agri, hebdomadaire professionnel agricole de la Suisse romande.

Frédéric Leroy, professeur à la Vrije Universiteit à Bruxelles, est un spécialiste de la recherche agroalimentaire. Il s’engage pour corriger les idées fausses, les exagérations et les inexactitudes dans le débat sur la viande.

Qu’est-ce qui vous a motivé à défendre la viande?

Mes recherches ont porté sur toute une gamme d’aliments, mais j’ai commencé à m’intéresser à la viande au cours d’un projet de recherche européen, au début des années 2000, en mettant particulièrement l’accent sur la sécurité et la qualité. J’ai toujours trouvé la viande fascinante, en raison de sa valeur nutritionnelle particulière et de ses multiples connotations symboliques, et j’ai continué à l’étudier au fil des ans. Avant cela, j’avais rédigé une thèse sur la sécurité alimentaire au Burundi, à la fin des années 1990, ce qui m’avait déjà permis d’apprécier la valeur du bétail pour les communautés humaines. Vers 2010 et dans les années qui ont suivi, la viande est devenue un sujet de plus en plus controversé dans le discours public et scientifique. Ce changement m’a intrigué, non seulement parce qu’il s’agissait d’un domaine riche pour l’analyse sociologique et culturelle, mais aussi parce que je sentais que j’avais une responsabilité, en tant que spécialiste. Je ressentais à la fois un devoir civique et académique de participer au débat et de rectifier les idées fausses, les exagérations ou les inexactitudes flagrantes qui s’étaient immiscées dans la perception du public et dans certaines publications scientifiques.

N'hésitez pas à lire en intégralité cet entretien de Frédéric Leroy avec Martine Romanens.

NB : Cette brève de vacances a pour origine un article paru dans le blog Agriculture, alimentation, santé publique... soyons rationnels et intitulé « Les personnes en meilleure santé mangent plus de viande » (Frédéric Leroy) – et un billet d'Oliviet Thiery sur LinkedIn.

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vendredi 28 août 2026

Transfert d'allergènes de produits de la mer vers d'autres aliments via une pâte à frire réutilisée et avec une persistance après friture.

Un article à paraître dans Journal of Food Protection attire l’attention sur le transfert d'allergènes de crevettes et de cabillaud vers des aliments autres que des produits de la mer via une pâte à frire réutilisée et avec une persistance après friture.

Faits saillants

  • Les allergènes de crevettes et de cabillaud s'accumulent progressivement dans de la pâte liquide réutilisée.
  • Les allergènes de produits de la mer sont transférés au poulet, aux champignons et aux courgettes via une pâte commune.
  • La friture à 180°C réduit les taux de protéines de produits de la mer détectables dans les aliments enrobés de pâte.
  • La pâte réutilisée transfère des protéines de cabillaud à des niveaux dépassant la dose de référence de 5 mg pour une consommation moyenne.
  • En cas d'usage partagé, la pâte liquide présente un risque de contamination croisée plus élevé que la panure sèche.

Résumé

Le système de pâte liquide réutilisée dans les établissements de restauration et de vente au détail constituent une source potentielle, bien que peu étudiée, de contamination croisée par des allergènes de produits de la mer. Cette étude a quantifié l'accumulation de protéines de crevettes et de cabillaud dans une pâte liquide au fil de 20 lots de préparation successifs, chacun correspondant à une portion individuelle (20-25 g), et a évalué leur transfert vers du poulet, des champignons et des courgettes préparés ultérieurement, avant et après friture à 180°C. Les concentrations en allergènes ont été mesurées à l'aide de quatre kits ELISA commerciaux (deux kits par espèce). Les concentrations en protéines de crevettes ont été multipliées par environ 7 entre les lots 5 et 20, tandis que celles en protéines de cabillaud ont été multipliées par environ 3 sur la même période. Dans l'ensemble, les résidus de cabillaud se sont accumulés dans la pâte à des niveaux nettement plus élevés que ceux de crevettes pour tous les lots. Des protéines de crevettes et de cabillaud ont été détectées dans les trois types d'aliments autres que les produits de la mer après leur préparation dans la pâte réutilisée. La friture a réduit les taux d'allergènes détectables de 1 à 67 % pour les crevettes et de 74 à 88 % pour le cabillaud. Les estimations de l'exposition des consommateurs aux crevettes n'ont pas dépassé la dose de référence de 200 mg pour aucun type d'aliment, avant ou après friture ; en revanche, l'exposition au cabillaud a dépassé la dose de référence de 5 mg de protéines de poisson, même au 25e centile de consommation*, pour tous les types d'aliments. Ces résultats démontrent que les allergènes de produits de la mer s'accumulent et se transfèrent facilement dans la pâte liquide réutilisée, ce qui présente un risque allergique potentiel pour les produits contaminés par transfert de contamination, même après friture.

* Le 25e centile d'une consommation est la valeur en dessous de laquelle se situent 25 % des consommateurs de l'ensemble des données.

La communication de l’UE sur les notifications au RASFF de l’UE, l’exemple des six premiers mois de l'année 2026

L’UE publie tous les mois un bilan des notifications du RASFF concernant des produits alimentaires entrant dans l'Union européenne (UE) en provenance de pays à faibles et moyens revenus :

Juin 2026

  • 219 notifications concernant des denrées alimentaires provenant de 44 pays dont les pays suivants : Cameroun, Chine, Équateur, Égypte, Ghana, Guatemala, Honduras, Inde, Jordanie, Liban, Malaisie, Nigeria, Pakistan, Paraguay, Pérou, Sri Lanka, Syrie, Thaïlande, Turquie, Ukraine, Viet Nam.
  • 4 notifications concernant des aliments pour animaux
  • 2 notifications concernant des matériaux en contact avec les denrées alimentaires

Mai 2026

  • 136 notifications concernant des denrées alimentaires
  • 3 notifications concernant des aliments pour animaux
  • 8 notifications concernant des matériaux en contact avec les denrées alimentaires

Avril 2026

  • 217 notifications concernant des denrées alimentaires
  • 4 notifications concernant des aliments pour animaux
  • 3 notifications concernant des matériaux en contact avec les denrées alimentaires

Mars 2026

  • 204 notifications concernant des denrées alimentaires
  • 5 notifications concernant des aliments pour animaux
  • 9 notifications concernant des matériaux en contact avec les denrées alimentaires

Février 2026

  • 145 notifications concernant des denrées alimentaires
  • 4 notifications concernant des aliments pour animaux
  • 3 notifications concernant des matériaux en contact avec les denrées alimentaires

Janvier 2026

  • 145 notifications concernant des denrées alimentaires
  • 3 notifications concernant des aliments pour animaux
  • 8 notifications concernant des matériaux en contact avec les denrées alimentaires

L’UE met en avant ces notifications mais, comme vous allez le voir, cela ne représente qu’une partie du total des notifications au RASFF de l’UE, tous pays confondus, la partie émergée de l’iceberg en quelque sorte des notifications au RASFF, celle qu’on voit et qu’on remarque. Les autres pays, dont ceux de l’UE, forment ce qu’il est convenu d’appeler la partie d’immergée de l’iceberg. Il me semble que c’est aussi un remarke de l’expression « voir la paille dans l'œil du voisin et ne pas voir la poutre dans le sien ».

  • Juin 2026, 489 notifications versus 219 pour les pays à faibles et moyens revenus
  • Mai 2026, 451 notifications versus 136 pour les pays à faibles et moyens revenus
  • Avril 2026, 511 notifications versus 217 pour les pays à faibles et moyens revenus
  • Mars 2026, 479 notifications versus 136 pour les pays à faibles et moyens revenus
  • Février 2026, 356 notifications versus 136 pour les pays à faibles et moyens revenus
  • Janvier 2026, 362 notifications versus 136 pour les pays à faibles et moyens revenus

On lira aussi l’article de Joe Whitworth dans Food Safety News, « Supplements dominate cross-border alerts in Europe. Twenty alerts mentioned the United States ».

mercredi 26 août 2026

Brève de vacances : Le Salers victime de la sécheresse ?

En faisant la queue chez un fromager de Riom en Auvergne, j’apprends qu’il n’aura bientôt plus de Salers, qu’en est-il ?

La production du fromage Salers AOP est directement menacée par les épisodes répétés de sécheresse et de canicule. Le manque d'eau assèche les estives et les prairies d'altitude, privant les vaches de l'herbe fraîche indispensable exigée par son cahier des charges strict.

Causes de la menace

Le Salers ne peut être produit qu'entre le 15 avril et le 15 novembre, et son règlement impose que les vaches consomment au moins 75 % d'herbe fraîche.

Si l'herbe est grillée par le soleil et que les éleveurs doivent nourrir les bêtes avec du foin ou des céréales de substitution, ils perdent le droit de fabriquer l'appellation salers.

En raison de la sécheresse estivale, une grande partie des producteurs (plus de 70 % certaines années difficiles) se voit contrainte de suspendre temporairement la fabrication pour ne pas tromper le consommateur et préserver la qualité

« Pas d'herbe, pas de salers AOP : la sécheresse contraint ces éleveurs du Cantal à stopper leur fabrication de fromage », source La Montagne, quotidien de Clermont-Ferrand, du 15 août 2026.

À cause de la sécheresse qui sévit dans les prés du Cantal, plus de 70 % des producteurs de salers AOP ont dû cesser temporairement leur fabrication de fromage.


L’UE évalue les contrôles de sécurité des aliments sur la viande tant en France qu’en Allemagne

En France, mais pas en Allemagne, on a coutume de parler de couple Franco-Allemand. Loin de moi de faire de la politique, mais le hasard a réuni deux rapports d’audit par la DG SANTÉ de la Commission européenne, d’où l’idée de réunir les deux résumés de ces audits, à titre anecdotique, bien entendu ...

- Audit en Allemagne (CT-2025-0160), Production et mise sur le marché de préparations et de produits carnés, mis en ligne le 13 juillet 2026, afin d’évaluer les contrôles de sécurité des aliments en place régissant la production et la mise sur le marché des préparations de viande et des produits à base de viande.

- Audit en France (CT-2025-0159), préparations et de produits carnés, mis en ligne le 9 juillet 2026, afin d’évaluer les contrôles de sécurité des aliments en place régissant la production et la mise sur le marché des préparations de viande et des produits à base de viande.


France
Le rapport présente les conclusions d'un audit réalisé en France du 12 au 30 septembre 2025 par la direction générale de la santé et de la sécurité des aliments de la Commission européenne, afin d'évaluer les systèmes de contrôle en place régissant la production de préparations de viande et de produits à base de viande.

Le système français de contrôles officiels applicables aux produits à base de viande et à leur production est bien structuré et étayé par des lignes directrices, des instructions et des avis scientifiques complets. En outre, la réalisation de ces contrôles est renforcée par une formation spécialisée et un soutien assurés par un réseau d'agents possédant une expertise dans le domaine de la production de viande. Malgré la solidité de ce dispositif, certains problèmes affectent son efficacité globale :

- l'autorité compétente centrale ne dispose pas d'outils adéquats pour identifier les situations où l'insuffisance des ressources au niveau local pourrait nuire à la réalisation des contrôles. Cela concerne aussi bien la conduite des contrôles programmés que la garantie de leur qualité ;

- des cas de non-respect des procédures ont été constatés lors de l'agrément des établissements. Il en a résulté l'octroi d'agréments à des installations qui n'étaient pas pleinement opérationnelles ou, dans certains cas, l'exercice d'activités non couvertes par l'agrément ;

- toutes les non-conformités relevées lors des contrôles officiels ne font pas l'objet d'un traitement rapide et approfondi. Ce défaut de suivi en temps utile des mesures correctives signifie que les défaillances risquent de ne pas être réexaminées avant l'inspection programmée suivante, ce qui accroît le risque d'aggravation de ces problèmes.

Le rapport formule des recommandations à l’intention des autorités compétentes afin de remédier aux lacunes identifiées et de renforcer davantage le système de contrôle.

Allemagne
Le rapport présente les conclusions d’un audit réalisé en Allemagne du 22 septembre au 7 octobre 2025 par la direction générale de la santé et de la sécurité des aliments de la Commission européenne, afin d’évaluer les systèmes de contrôle en place régissant la production de préparations à base de viande et de produits à base de viande.

L’audit a révélé que le système de contrôle officiel en place, fondé sur l’analyse des risques et étayé par des procédures documentées complètes, est, dans l’ensemble, mis en œuvre de manière satisfaisante et généralement efficace pour identifier les non-conformités pertinentes en matière d’entretien et d’hygiène des établissements. Ce système prévoit des prélèvements officiels aux fins d’analyses microbiologiques afin de vérifier la sécurité des produits à base de viande et des préparations à base de viande.

Toutefois, certaines lacunes ou faiblesses systémiques affectent la surveillance officielle de la production de produits à base de viande et compromettent l’efficacité du système de contrôle, notamment :

- Des lacunes relevées concernant les contrôles effectués par les autorités compétentes auprès des petites entreprises alimentaires, en particulier en ce qui concerne la conception et la mise en œuvre de procédures fondées sur HACCP. Le système en place permet à ces entreprises d’accéder à des plans HACCP génériques, figurant dans les guides nationaux de bonnes pratiques d’hygiène destinés aux bouchers artisans, et de les adapter aux conditions spécifiques de leur établissement. Comme ces plans ne sont pas adaptés individuellement aux conditions propres aux établissements inspectés, ils sont moins aptes à traiter les dangers liés à des procédés de production spécifiques ; cela nuit également à l’efficacité des contrôles officiels visant à vérifier que les exploitants du secteur alimentaire respectent la législation en vigueur.

- Des faiblesses constatées dans l’évaluation, par les autorités compétentes, de la pertinence des plans HACCP et des plans d’échantillonnage pour les autocontrôles des exploitants du secteur alimentaire au sein des entreprises de taille moyenne ou grande.

Le rapport formule des recommandations à l’intention des autorités compétentes afin de remédier aux lacunes identifiées et de renforcer davantage le système de contrôle en place.

Bon, il faudrait peut-etre (re)former un couple franco-allemand en matière de sécurité des aliments, qui sait ?

vendredi 21 août 2026

Cadmium généalogie d'une méga-désinformation

Le blog agriculture & environnement (A&E) vous propose un article publié le 17 août 2026 sobrement intitulé, « Cadmium genealogie d'une méga-désinformation »

Voici quelques courts extraits et je vous invite à lire cet article documenté en intégralité. Le blog vous avait proposé, il y a peu, quelques articles sur le cadmium, 1, 2 et 3.

L’Assemblée a voté l’abaissement de la teneur du cadmium dans les engrais en invoquant « une bombe sanitaire ». Or, une enquête de A&E révèle que le chiffre évoqué pour justifier cette urgence sanitaire repose sur un seuil théorique que l’Anses est la seule agence à avoir retenu.

« Censé apporter un éclairage objectif sur la question, l’Anses produit un discours résolument anxiogène qui surprend certains journalistes présents lors de la conférence de presse. »

« Les Français ne sont pas plus atteints d’ostéoporose, d’insuffisance rénale ou de cancers attribuables au cadmium que les populations des pays dont les seuils d’imprégnation sont inférieurs. »


mercredi 19 août 2026

Brève de vacances : Où il est question de "Madame Transat" et de l'absurdisthan

Le blog ne reçoit pas beaucoup de commentaires, moins d’une centaine en plusieurs années de blog.

Et pourtant, il y a un commentaire anonyme, comme il se doit, auquel j’ai déjà répondu qui semblait critiquer un article sur les aventures de Madame Barbut, alias « Madame Transat », ci-devant ministre de la transition écologique, qui, selon lui, n’avait pas sa place dans le blog, et que je devais garder pour moi, « mes idéaux politiques ».

Dans son éditorial du jour dans le Figaro, Yves Thréard nous narre les nouvelles aventures de « Monique Barbut, l’été brûlant de “Madame Transat” ».

La ministre de la Transition écologique s’est fait un nom et un surnom en quelques semaines, en provoquant polémique sur polémique par ses sorties de route. La dernière en date : son éloge, ce lundi, de Jean-Luc Mélenchon dans la presse.

Dans le même sens, je vous conseille de lire cet article de Bertille Bayart, « L'obsession du risque zéro : la France des étiquettes et de l'excès de zèle ».

On ne badine pas avec l'information obligatoire.

Ni avec celle des consommateurs. Ni avec celle des services de l'État. Le monde économique et l'administration elle-même s'épuisent dans les tâches de reporting.

Et l’article de conclure, « On pensait, sur le sujet de la suradministration, trouver Kafka, on a du Labiche. »

On n’est pas si loin des « élucubrations » de “Madame Transat” ...

Des chercheurs de la FAO et de Wageningen examinent un large éventail d'applications de l'IA en matière de sécurité des aliments

« Des chercheurs de la FAO et de Wageningen examinent un large éventail d'applications de l'IA en matière de sécurité des aliments », source Food Safety Magazine.

À connaître

  • Les applications potentielles de l'IA en matière de sécurité des aliments comprennent la détection des pathogènes et des dangers chimiques, la lutte contre la fraude alimentaire et le contrôle de l'authenticité des aliments, la surveillance des épidémies, la prévision des risques et la prise de décisions réglementaires.
  • La détection des risques microbiologiques représentait le domaine de recherche le plus important, suivie par les risques chimiques.
  • Des obstacles à une adoption plus large persistent, tels que la quantité, la qualité et l'accessibilité des données ; la confidentialité ; et la transparence.

L’intelligence artificielle (IA) est de plus en plus appliquée dans le domaine de la sécurité des aliments, avec des utilisations potentielles allant de la détection des agents pathogènes et des dangers chimiques à l’identification des fraudes alimentaires, à la surveillance des épidémies, à la prévision des risques et à la prise de décision réglementaire, selon une nouvelle revue systématique réalisée par des chercheurs de Wageningen Food Safety Research (WFSR) et de l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO).

Publiée dans npj Science of Food, cette étude a analysé 161 publications évaluées par des pairs appliquant des méthodes d'intelligence artificielle à des questions de recherche liées à la sécurité des aliments, couvrant la littérature parue jusqu'au 1er avril 2024. Elle révèle une croissance rapide de la recherche en IA appliquée à la sécurité des aliments, le nombre de publications passant de une en 2012 à 46 en 2023. Bien que l'apprentissage automatique classique demeure la méthode la plus courante, la proportion d'études utilisant l'apprentissage profond a augmenté, passant de 22 % en 2019 à 43 % en 2023.

Applications de l'IA pour les risques microbiologiques et chimiques

Les risques microbiologiques Des chercheurs de la FAO et de Wageningen examinent un large éventail d'applications de l'IA en matière de sécurité des alimentsreprésentaient le principal domaine de recherche identifié par l'étude, avec 56 des 161 articles inclus, soit 35 %. Parmi ces études, 33 (59 %) ont appliqué l'IA pour améliorer la précision, la rapidité, le coût ou l'efficacité des analyses de laboratoire. Les applications incluaient la détection ou la quantification de pathogènes tels que Salmonella, Escherichia coli et Listeria à partir de données issues du séquençage du génome entier, de la microscopie, des méthodes moléculaires, du comptage des colonies et de la spectroscopie optique.

Onze autres études sur les risques microbiologiques ont examiné l'intelligence artificielle pour la prévision des risques futurs, tandis que douze autres ont étudié les facteurs de risque ou l'étiologie des pathogènes. Par exemple, une étude a utilisé l'apprentissage automatique et les séquences génomiques de Salmonella provenant de viande hachée de poulet pour prédire l'évolution de la maladie, tandis qu'une autre a montré que les données physico-chimiques sur la qualité de l'eau et les données météorologiques, combinées à des algorithmes de forêts aléatoires, pouvaient servir à prédire les niveaux de E. coli dans l'eau utilisée en agriculture.

Quarante études (25 %) ont abordé la question des risques chimiques. La moitié d'entre elles portaient sur l'amélioration des analyses en laboratoire, notamment pour les pesticides, les résidus de médicaments vétérinaires, les mycotoxines et les métaux lourds. Les chercheurs ont constaté une tendance à combiner l'apprentissage automatique avec des instruments non destructifs, peu coûteux et utilisables sur site, afin d'obtenir des résultats proches de ceux des méthodes d'analyse de laboratoire plus onéreuses et exigeantes en main-d'œuvre.

Fraude alimentaire, surveillance des épidémies et applications réglementaires

Au total, 27 études (17 %) ont examiné l'intelligence artificielle dans le cadre de la lutte contre la fraude alimentaire et de l'évaluation de l'authenticité des produits. La plupart ont utilisé des technologies analytiques telles que la spectroscopie proche infrarouge et de fluorescence, les nez électroniques et les langues électroniques. Certaines recherches ont également exploré des applications réglementaires, notamment un système d'alerte automatisé ayant analysé près de 100 millions de factures électroniques afin d'identifier les fabricants d'huiles alimentaires potentiellement problématiques.

Par ailleurs, neuf études ont porté sur les épidémies et la surveillance des maladies d'origine alimentaire. Celles-ci incluaient des applications utilisant des ensembles de données combinés pour identifier les facteurs de risque d'épidémie, prévoir les épidémies et améliorer la priorisation des inspections. Une étude a analysé des données anonymisées de recherche Internet et de géolocalisation de smartphones afin d'identifier en temps réel les sources potentielles de maladies d'origine alimentaire. Cette approche a permis d'améliorer de plus de trois fois l'identification des établissements potentiellement problématiques par rapport aux méthodes traditionnelles.

29 autres études ont porté sur des applications plus générales en matière de sécurité des aliments, notamment les systèmes d'alerte précoce, la détérioration des aliments, les rapports d'inspection, les rappels de produits et les inspections aux frontières. À titre d'exemple, un modèle d'inspection aux frontières basé sur l'apprentissage automatique a permis de repérer des cas d'importation d'aliments présentant des taux de non-conformité jusqu'à trois fois supérieurs à ceux identifiés par un échantillonnage aléatoire.

Qualité et transparence des données : des défis pour l'IA en matière de sécurité des aliments

Malgré la diversité des applications potentielles, les chercheurs ont identifié des obstacles importants à une utilisation plus large et plus fiable de l'IA dans le domaine de la sécurité des aliments.

Les bases de données sur la sécurité des aliments sont souvent incomplètes ou fortement déséquilibrées, car la plupart des échantillons analysés présentent de faibles niveaux de contamination, tandis que relativement peu dépassent les limites maximales. Ces déséquilibres peuvent engendrer des modèles capables d'identifier avec précision les cas à faible risque, mais peu performants pour reconnaître les cas à risque plus élevé, comparativement rares, pourtant essentiels à la prise de décision en matière de sécurité des aliments.

Les auteurs ont également souligné l'absence de métadonnées et l'accessibilité limitée des données comme autant d'obstacles. Des informations telles que l'origine, le lieu et les conditions de prélèvement des échantillons sont essentielles pour retracer la contamination, identifier les facteurs de risque et prévoir les dangers. Les chercheurs ont plaidé pour une collecte de données standardisée, conforme aux principes FAIR : les données doivent être faciles à trouver, accessibles, interopérables et réutilisables.

Parallèlement, les données relatives à la sécurité des aliments peuvent contenir des informations privées, commercialement sensibles ou réglementaires, ce qui rend leur partage ouvert difficile. Les chercheurs ont identifié l'apprentissage fédéré, dans lequel les modèles interagissent avec des ensembles de données décentralisés sans qu'il soit nécessaire de centraliser les informations sensibles sous-jacentes, comme une approche potentielle pour surmonter cet obstacle.

La transparence est une autre préoccupation, notamment pour les modèles d'apprentissage profond dont le processus décisionnel peut être difficile à interpréter. Les chercheurs ont souligné l'importance croissante de l'IA explicable ou XAI, qui vise à identifier les paramètres influençant les décisions générées par l'IA, pour détecter les biais et favoriser la transparence et la responsabilité dans les applications liées à la sécurité des aliments.

Données insuffisantes sur l'utilisation de l'IA par les producteurs alimentaires

L'étude a également mis en évidence une lacune importante dans la littérature scientifique : relativement peu d'études évaluées par des pairs ont examiné les applications de l'IA dans les secteurs de la production, de la transformation et de la fabrication alimentaires. Les auteurs suggèrent que cela pourrait s'expliquer en partie par le recours des entreprises aux livres blancs plutôt qu'aux revues scientifiques pour communiquer leurs résultats, ainsi que par des considérations commerciales et de propriété intellectuelle qui freinent la publication de travaux liés à l'IA.

Le manque de données sur l'utilisation de l'IA industrielle ne signifie pas pour autant que l'IA n'est pas appliquée dans ces domaines. Dans la rubrique « Perspectives sur la sécurité des aliments » du numéro de juin/juillet 2026 de Food Safety Magazine, une enquête sectorielle a révélé que l'IA s'est déjà intégrée aux programmes de sécurité des aliments, parfois discrètement, même lorsque les entreprises insistent sur le fait qu'elle ne doit pas être utilisée.

Besoins futurs et perspectives d'avenir

Les auteurs de l'étude concluent que l'IA recèle un potentiel considérable pour la sécurité sanitaire des aliments, mais que sa fiabilité et son utilité pratique dépendront de la résolution des problèmes liés à la qualité et à la disponibilité des données, à la protection de la vie privée, à la gouvernance et à l'interprétabilité des modèles. La FAO a également souligné par le passé l'importance d'une gouvernance solide et d'une adoption responsable de l'IA pour la sécurité des aliments.

Le WFSR a annoncé son intention d'organiser la première Food Safety Conference (AIFS) dédiée à l’IA pour la sécurité des aliments en 2027, réunissant des chercheurs internationaux spécialisés en IA et en sécurité des aliments, afin de créer un forum pour discuter des applications émergentes, de la recherche et des défis liés à cette technologie.

lundi 17 août 2026

Brève de vacances : Les tomates sans eau, quand France 2 remet le couvert !

« Tomates sans eau : France 2 remet le couvert ! » est une information publiée le 15 août 2026 par le blog d'André Heitz, Agriculture, alimentation, santé publique... soyons rationnels

Horresco referens ! Dans son journal de 13 heures du 13 août 2026, France 2 a produit à nouveau une séquence – un publireportage indécent – sur les tomates qui poussent sans eau (ou presque) et des plantes qui « ont appris à supporter la canicule directement », et sur les vertus miraculeuses des « semences paysannes ».

Apprendront-ils un jour ? Que fait l'ARCOM contre ce genre d'infox.

Le 13 août 2026, dans son journal de 13 heures, France 2 a produit une séquence de près de 2 minutes 30 que l'on retrouve sur Internet sous le titre : « Sécheresse : des tomates cultivées sans eau, ou presque ».

En chapô :

« 70 % du territoire est soumis à des restrictions d’usage de l’eau, un casse-tête pour les agriculteurs. Dans l’Hérault, une maraîchère a peut-être trouvé une solution : des tomates qui poussent presque sans eau. Ses légumes peuvent tenir un mois sans recevoir une goutte et la récolte est spectaculaire. »

Ce qui est spectaculaire, c'est que nos « reporters » aient pu croire qu'une maraîchère aurait trouvé une martingale, les autres producteurs devant être trop stupides pour ne pas l'avoir découverte eux aussi.

C'est un publireportage effarant. Lisez !

De la représentation de la sécurité des aliments au niveau du conseil d'administration

« De la représentation de la sécurité des aliments au niveau du conseil d'administration » (Food Safety Representation at the Board Level), source FSM.

Pour s'acquitter de leurs responsabilités en matière de gouvernance, les conseils d'administration ont besoin de rapports réguliers et de haute qualité qui traduisent les enjeux techniques liés à la sécurité des aliments en termes de risques commerciaux.

Compte tenu de l'ampleur de ce secteur et de son importance pour la santé publique, les défaillances en matière de sécurité des aliments peuvent avoir des conséquences considérables pour les consommateurs, les entreprises et les investisseurs.

Les sociétés cotées en bourse sont dirigées par un conseil d'administration chargé de gérer les risques et de protéger la valeur actionnariale à long terme. Le conseil approuve les décisions stratégiques majeures, supervise les risques, contrôle la performance du PDG et veille à ce que l'entreprise reste fidèle à son objectif de maximisation de la valeur à long terme. Si les conseils d'administration des entreprises alimentaires comptent souvent des experts en finance, stratégie, gestion de la réputation et tendances de consommation, il est relativement rare que leurs administrateurs possèdent une expertise approfondie en matière de sécurité des aliments. Ce constat est important car la sécurité des aliments demeure l'un des risques les plus importants auxquels sont confrontées les entreprises agroalimentaires, avec des conséquences potentielles pour les consommateurs, des perturbations opérationnelles, des atteintes à l'image de marque, des sanctions réglementaires et une érosion de la valeur actionnariale.

Plusieurs publications traitent du coût des rappels de produits alimentaires pour les entreprises. Éviter les conséquences négatives d'un rappel est un facteur déterminant qui justifie l'intégration de ce sujet aux discussions des conseils d'administration. Les rappels de grande ampleur, rendus publics ont un impact négatif sur la confiance des consommateurs, ce qui peut nuire à la réputation et à l'image de marque, et entraîner une perte de parts de marché. Ces pertes peuvent se traduire par une réduction des flux de trésorerie, un impact sur le chiffre d'affaires net et les bénéfices, ainsi qu'une diminution de la capacité d'investissement, dont il est souvent difficile de se remettre. Seo et al. ont démontré que les effets négatifs d'un incident de sécurité des aliments sur le cours de l'action d'une entreprise peuvent persister jusqu'à un an. Les publications négatives sur les réseaux sociaux peuvent également amplifier cet impact, car la diffusion massive d'informations peut être difficile à gérer.

La sécurité des aliments demeure un risque majeur pour les entreprises, exigeant une surveillance constante du conseil d'administration. Un article récent de Food Safety Magazine a recensé les dix risques les plus fréquents dans l'industrie agroalimentaire. Le premier risque était la « sécurité des aliments », suivi de la « qualité des produits et des rappels ». Compte tenu de la sensibilité accrue des consommateurs, de la vigilance réglementaire grandissante et de la surveillance médiatique renforcée, ce constat n'a rien d'étonnant. Face à la multiplication des risques graves qui exercent une pression croissante sur les conseils d'administration et leurs ressources, il est essentiel de maintenir l'attention sur la sécurité des aliments. Dans cet article, les risques, numéros 3 et 8, étaient respectivement les « risques liés à la chaîne d'approvisionnement » et les « risques opérationnels ». Ces risques concernent la complexité croissante des chaînes d'approvisionnement et la nécessité d'éviter toute rupture de ces dernières, tout en améliorant l'efficacité opérationnelle. Un incident de sécurité des aliments est susceptible d'entraîner des perturbations des opérations et de la chaîne d'approvisionnement, confirmant ainsi sa position de risque prioritaire.

L'ampleur du fardeau pour la santé publique illustre davantage pourquoi la sécurité des aliments doit être considérée comme un enjeu stratégique de gouvernance. Dans la communication des données, les maladies aiguës sont privilégiées car il est plus facile d'établir un lien entre une source de contamination aiguë et la maladie. Les données récemment mises à jour de l'OMS sur le fardeau des maladies d'origine alimentaire révèlent que jusqu'à 866 millions de personnes dans le monde ont été malades en 2021 après avoir consommé des aliments contaminés. Parmi elles, 1,52 million sont décédées, les enfants de moins de 5 ans étant touchés de manière disproportionnée. Les maladies diarrhéiques sont responsables de plus de la moitié du fardeau mondial des maladies d'origine alimentaire.

Exemple de cas : E. coli dans des germes de fenugrec, Allemagne, 2011

L’impact des incidents liés à la sécurité des aliments peut être difficile à contenir et s’étendre à d’autres acteurs d’un secteur, d’une industrie, voire d’un pays entier. À titre d’exemple, citons l’épidémie à E. coli survenue de mai à juillet 2011 et liée à des germes de fenugrec cultivés en Allemagne. Cette épidémie a entraîné 3 950 cas d’infections confirmées et 53 décès.

Dans un premier temps, les autorités allemandes ont identifié à tort des concombres et des tomates espagnols comme la source probable de l'épidémie. Cette erreur d'attribution aurait coûté à l'Espagne environ 200 millions $ de pertes à l'exportation, tandis que les ventes de concombres ont chuté sur tous les marchés, quel que soit leur pays d'origine. La situation a également exacerbé les tensions politiques au sein de l'UE. Les investigateurs ont par la suite déterminé que l'épidémie provenait de germes de fenugrec cultivés en Allemagne.

L'incident aurait engendré des coûts humains estimés à 2,8 milliards $, incluant les dépenses médicales et les pertes de productivité liées aux maladies. La confiance des consommateurs dans les produits frais a été fortement ébranlée, provoquant d'importantes répercussions économiques à travers l'Europe. Les producteurs auraient perdu environ 330 millions $ par semaine en raison de la chute de la demande, et les effets se sont fait sentir tout au long de la chaîne d'approvisionnement des produits frais.

Bien que la plupart des maladies d'origine alimentaire soient de courte durée et d'origine microbiologique, provoquant des symptômes tels que nausées, vomissements et diarrhée, elles peuvent également entraîner des maladies à long terme comme le cancer, l'insuffisance rénale ou hépatique, et des troubles cérébraux et neurologiques. Ces maladies peuvent être plus graves chez les enfants, les femmes enceintes et les personnes âgées ou immunodéprimées. À mesure que les connaissances scientifiques progressent, il apparaît de plus en plus clairement que les formes aiguës ne représentent qu'une partie du fardeau associé aux maladies d'origine alimentaire. Les conséquences à long terme sur la santé sont tout aussi importantes, et nombre d'entre elles restent mal comprises et difficiles à quantifier. Parallèlement, les maladies d'origine alimentaire deviennent de plus en plus complexes et continueront d'évoluer à mesure que les systèmes de sécurité des aliments devront relever de nouveaux défis, notamment les allergènes alimentaires, les effets chroniques sur la santé et les besoins d'une population vieillissante.

La sécurité des aliments, autrefois considérée comme relevant principalement des équipes techniques et de production, doit désormais être perçue comme un impératif stratégique global pour l'ensemble de l'entreprise. Face à la complexification croissante des risques liés à la sécurité des aliments et à l'aggravation de leurs conséquences potentielles, ces risques constituent une menace grandissante pour les entreprises agroalimentaires. Par conséquent, la sécurité des aliments et la gestion des risques associés doivent être intégrées aux enjeux fondamentaux de gouvernance et faire l'objet d'un suivi régulier par le conseil d'administration.

Gestion des risques liés à la sécurité des aliments au niveau du conseil d'administration

La publication de 2025 du gouvernement néo-zélandais, « Guide de bonne gouvernance en matière de sécurité des aliments à l’intention des administrateurs », décrit clairement les rôles et les responsabilités du conseil d’administration en matière de sécurité des aliments. Ces rôles et responsabilités sont les suivants :
  • Créer un environnement dans lequel la sécurité des aliments peut fonctionner avec succès
  • Responsabiliser la direction quant à la mise en œuvre du système de sécurité des aliments.

Ces rôles ont été élargis dans un modèle de gouvernance de la sécurité des aliments en quatre étapes :

  • Étape 1 : S'engager en faveur de la gouvernance de la sécurité des aliments
  • Étape 2 : Promouvoir une culture de la sécurité des aliments où la sécurité des aliments est clairement énoncée comme une valeur fondamentale
  • Étape 3 : S'assurer que les risques liés à la sécurité des aliments sont identifiés, évalués et gérés
  • Étape 4 : Surveiller la conception du système de sécurité des aliments et les performances de l'entreprise.

Les quatre étapes décrites ci-dessus sont en réalité interdépendantes. La gestion des risques liés à la sécurité des aliments vise à protéger à la fois l'entreprise et les consommateurs en identifiant puis en gérant le risque. Un risque pour la sécurité des aliments est présent lorsqu'un danger d'origine alimentaire (biologique, chimique, physique ou allergène non déclaré) est associé à une exposition à ce danger, généralement par la consommation d'aliments contaminés.

La législation en vigueur dans de nombreuses juridictions et les meilleures pratiques du secteur exigent l'élaboration et le renforcement de mesures fondées sur les risques afin de garantir la sécurité et la conformité des aliments à leur usage. Par conséquent, les entreprises doivent suivre une démarche structurée pour évaluer les risques liés à la sécurité des aliments, élaborer des contrôles, les mettre en œuvre et tenir des registres. Elles doivent également vérifier l'efficacité du système et rendre compte de ses performances.

L’évaluation des risques et l’identification des contrôles appropriés représentent un défi de taille dans l’industrie agroalimentaire. Les matières premières, souvent issues de l’agriculture, peuvent présenter des variations importantes d’une année à l’autre, voire d’un lot à l’autre. Parallèlement, les entreprises doivent concilier des priorités concurrentes, telles que les objectifs de développement durable, les contraintes de coûts, les attentes des consommateurs et, parfois, des exigences réglementaires contradictoires.

La performance en matière de sécurité des aliments dépend fortement des employés de première ligne, dont les actions quotidiennes jouent un rôle crucial dans la gestion des risques. Par conséquent, la sécurité des aliments est influencée par une interaction complexe de facteurs techniques, humains, sociaux et environnementaux. Ces facteurs étant en constante évolution, les risques liés à la sécurité des aliments évoluent continuellement, ce qui oblige les organisations à revoir et à mettre à jour régulièrement leurs systèmes et contrôles de sécurité des aliments.

Il est donc essentiel de gérer ces risques au moyen d'un plan de management des risques (PMR) complet. Un PMR efficace adopte une vision globale du risque à l'échelle de l'entreprise, s'étendant au-delà des opérations de fabrication et des activités de la chaîne d'approvisionnement pour inclure les fonctions de soutien telles que le marketing, la recherche et le développement, les ressources humaines et la finance. Les décisions prises dans chacun de ces domaines peuvent avoir des répercussions importantes sur la sécurité des aliments.

Cette approche holistique s'inscrit dans les principes de la gestion des risques d'entreprise (GRE), que les organisations de premier plan utilisent pour identifier, évaluer et gérer les risques susceptibles de compromettre la réalisation de leurs objectifs commerciaux. La GRE fournit un cadre d'analyse des risques à l'échelle de l'entreprise, couvrant les domaines financier, opérationnel, stratégique et lié aux risques naturels.

Le processus de gestion des risques d'entreprise (GRE) comprend généralement cinq éléments clés : la définition de la stratégie et des objectifs, l'identification des risques, l'évaluation des risques, la gestion des risques et la communication et le suivi continus. Pour les entreprises alimentaires, ce processus identifie presque systématiquement la sécurité des aliments comme un risque critique. L'objectif est de déterminer quels risques, malgré la prise en compte des contrôles existants, demeurent à un niveau inacceptable ou présentent un risque d'aggravation, nécessitant ainsi une attention et une surveillance accrues de la part de la direction.

Bien que de nombreuses organisations aient mis en place des processus de gestion des risques d'entreprise, les informations présentées au conseil d'administration n'offrent pas toujours la perspective stratégique nécessaire à une supervision efficace. Les rapports du conseil se concentrent souvent sur la documentation et la résolution des risques individuels, plutôt que sur l'examen des défis actuels de l'organisation, des menaces émergentes et de l'efficacité de sa stratégie de gestion des risques à long terme. C'est pourquoi le processus de GRE devrait être complété par une discussion stratégique structurée sur les risques liés à la sécurité des aliments, animée par un professionnel qualifié en sécurité des aliments ou un comité consultatif indépendant. Cela permet aux administrateurs d'interpréter les tendances des risques, de remettre en question les hypothèses et d'évaluer si l'approche de gestion des risques de l'organisation demeure pertinente.

Le conseil d'administration joue un rôle crucial dans la définition des priorités et de la tolérance au risque de l'organisation. L'absence de la sécurité des aliments lors des discussions au niveau du conseil peut laisser entendre, au sein de l'organisation, qu'elle n'est pas considérée comme un risque stratégique. Toutefois, compte tenu de l'étendue des responsabilités qui incombent aux administrateurs, il est illusoire d'attendre de l'ensemble du conseil qu'il dispose du temps ou de l'expertise technique nécessaires pour superviser en détail tous les aspects des risques liés à la sécurité des aliments. C'est pourquoi, souvent, il est préférable de traiter ces risques par le biais du comité du conseil chargé de la supervision des risques, généralement le comité d'audit et des risques. L'examen stratégique des risques liés à la sécurité des aliments décrit précédemment correspond parfaitement aux responsabilités de ce comité et peut apporter l'expertise spécialisée nécessaire à une supervision efficace.

Quel que soit le niveau de supervision détaillé, la sécurité des aliments doit rester une priorité pour l'ensemble du conseil d'administration. À tout le moins, les administrateurs doivent recevoir un rapport annuel sur les performances en matière de sécurité des aliments et les risques émergents. Ces rapports doivent inclure des indicateurs avancés, tels que les taux de clôture des actions correctives, les conclusions d'audit et la conformité des formations, ainsi que des indicateurs retardés, tels que les réclamations des consommateurs, les retraits de produits et les rappels. Ensemble, ces indicateurs offrent une vision plus complète des performances et du profil de risque de l'organisation en matière de sécurité des aliments.

Lorsqu'ils communiquent avec la direction et le conseil d'administration, les professionnels de la sécurité des aliments doivent dépasser le jargon technique et exprimer les risques en termes commerciaux. Les responsables techniques doivent être prêts à aborder les conséquences financières, opérationnelles et réputationnelles des manquements à la sécurité des aliments. Présenter la sécurité des aliments sous l'angle des pertes potentielles, de l'atteinte à l'image de marque, des conséquences réglementaires et des risques pour la continuité des activités permet de garantir que ce problème reçoive l'attention qu'il mérite au plus haut niveau de l'organisation.

Meilleures pratiques pour les systèmes de maîtrise de la sécurité des aliments

L’efficacité du contrôle exercé par le conseil d’administration repose en définitive sur la confiance dans la mise en place et le bon fonctionnement des dispositifs de sécurité des aliments appropriés. L’industrie a consacré de nombreuses années à identifier les meilleures pratiques en matière de systèmes de contrôle de la sécurité des aliments. Les processus structurés comprennent : 
  • Bonnes pratiques opérationnelles du secteur alimentaire
  • Bonnes pratiques agricoles
  • Bonnes pratiques de fabrication et bonnes pratiques d'hygiène
  • Analyse des dangers - points critiques pour leur maîtrise ou HACCP
  • Vérification (c’est-à-dire comment vérifier si les commandes fonctionnent). 

Il est essentiel que les entreprises comprennent non seulement leurs performances, mais aussi les facteurs qui limitent leur capacité à mener à bien leurs programmes clés. La plupart des organisations s'appuient sur des audits et des tests pour vérifier les performances de leurs fournisseurs et évaluer leurs propres opérations. Cependant, ces outils n'offrent qu'une visibilité partielle sur les risques et les performances. Les conseils d'administration doivent reconnaître que les audits et les analyses ou tests présentent d'importantes limites et que multiplier les audits ou les prélèvements d'échantillons n'améliore pas nécessairement la gestion des risques. Les nouvelles approches fondées sur les données, notamment les indicateurs de risque prédictifs et les systèmes intégrés de suivi des performances, peuvent contribuer à pallier certaines de ces limites.

Cela a des implications importantes pour les informations communiquées aux conseils d'administration. Les organisations se concentrent souvent sur des indicateurs rétrospectifs faciles à mesurer, qui reflètent les problèmes une fois qu'ils sont survenus, tels que les rappels de produits, le nombre d'audits réalisés ou les scores d'audit globaux. Bien que ces indicateurs aient leur utilité, ils n'offrent qu'une vision limitée des risques émergents. Les rapports destinés aux conseils d'administration devraient privilégier les indicateurs avancés qui signalent un affaiblissement des contrôles avant même que des défaillances ne se produisent. Il s'agit notamment de mesures telles que le taux de rotation du personnel d'entretien, le taux de rotation des responsables qualité et le respect des formations du personnel de première ligne. Une surveillance efficace devrait également s'étendre au-delà des opérations internes pour inclure les principaux facteurs de risque externes, notamment la disponibilité de l'eau, l'instabilité géopolitique et l'imbrication croissante entre la sécurité des aliments et les initiatives de développement durable.

Conclusion

La sécurité des aliments représente un risque existentiel pour toute entreprise alimentaire. Comme les systèmes efficaces de sécurité des aliments permettent souvent de prévenir les problèmes avant même qu'ils ne soient visibles, les conseils d'administration ont parfois tendance à accorder peu d'attention à ce sujet. Cela pose un problème de gouvernance : bien que les conseils d'administration soient responsables en dernier ressort de la supervision des risques importants pour l'entreprise, la plupart des administrateurs ne possèdent pas d'expertise technique approfondie en matière de sécurité des aliments, et les outils utilisés pour leur rendre compte (par exemple, la gestion des risques d'entreprise) se limitent généralement à une vue d'ensemble trop générale, ce qui ne permet pas de communiquer efficacement les risques.

Il ne faut pas attendre des conseils d'administration qu'ils gèrent les aspects techniques des systèmes de sécurité des aliments. Leur rôle est d'établir une gouvernance solide, de promouvoir une culture où la sécurité des aliments est reconnue comme une valeur fondamentale de l'entreprise et de veiller à l'existence de processus robustes pour identifier, évaluer, gérer et surveiller les risques liés à la sécurité des aliments. Ils doivent également être en mesure de questionner efficacement la direction et d'évaluer la pertinence des stratégies de sécurité des aliments de l'organisation ainsi que le bon fonctionnement des systèmes. La responsabilité de la supervision détaillée est souvent mieux déléguée par le biais de la structure de gouvernance des risques du conseil d'administration, appuyée par une expertise interne et externe appropriée.

Pour assumer ces responsabilités, les conseils d'administration exigent des rapports réguliers et de qualité qui traduisent les enjeux techniques liés à la sécurité des aliments en termes de risques commerciaux. Ces rapports doivent offrir une visibilité sur les facteurs de risque internes et externes, communiquer clairement l'évolution de l'exposition au risque au fil du temps et inclure des indicateurs avancés et retardés pertinents. Plus important encore, les discussions du conseil d'administration doivent porter sur la question de savoir si la direction agit dans les limites de l'appétit pour le risque défini par l'organisation et si des contrôles suffisants sont en place pour prévenir tout dommage. En définitive, une gouvernance efficace de la sécurité des aliments ne vise pas seulement à protéger la valeur de l'entreprise, mais aussi à remplir la responsabilité fondamentale du secteur envers la protection des consommateurs.