Le focus de l’article cible la DDPP du Val de Marne en ces termes ...
J’attends le démenti de cette information ...
«L'hygiène, avant la microbiologie, n'est hygiénique que dans ses intentions. C'est la science des apparences qui repose entre des mains d'aveugles : est sain ce qui est beau, bon, et ne sent pas mauvais.» Pierre Darmon, L'homme et les microbes, Fayard, 1999.
Le focus de l’article cible la DDPP du Val de Marne en ces termes ...
J’attends le démenti de cette information ...
Que dit vraiment l'Anses ?
L’Anses n’émet pas d’alerte.
La réglementation est respectée et qu’aucun aliment commercialisé ne dépasse les limites sanitaires fixées.
L’agence ne réclame pas l’étiquetage des aliments, dont Matthieu Schuler, directeur général délégué au pôle Sciences, balaie lui-même l’idée : « On ne va pas exiger que soient renseignées toutes les traces de mercure, de plomb, d’argent, d’aluminium dans l’alimentation… Cela n’aurait aucun sens. » Que les céréales du petit-déjeuner, brandies comme symbole de l’alimentation industrielle coupable, ne représentent que 2 à 4 % de l’exposition des enfants.
Enfin, la première source d’exposition reste, et de très loin, le tabac.
Alors, pourquoi une telle couverture de presse ?
Il faut le dire sans détour : l’instrumentalisation de ce dossier sert un double intérêt : celui des écologistes décroissants, toujours au rendez-vous lorsqu’il s’agit de désigner l’agriculture conventionnelle comme bouc émissaire, et celui des fabricants d’engrais russes, qui mènent discrètement leur campagne pour un durcissement réglementaire susceptible d’évincer leurs concurrents du marché européen.
Deux agendas distincts pour une même dramaturgie de la peur. Et ça fonctionne.
L’indicateur de la réduction des TIAC serait utile d’autant plus que les données sont très élevées telles celles atteintes en 2022, 2023 et vraisemblablement en 2024, comme le blog vous l’a révélé.
Il semble clair, comme le blog l’a narré, que les inspections de 2024 étaient en trompe-l’œil, on a voulu faire un coup ...
Le bilan 2025 va donc s'attacher à mesurer si cette augmentation du nombre de contrôles se traduit réellement par une baisse des TIAC, un indicateur dont les données consolidées sont attendues pour la fin de l'année.
De mauvaises langues, dont le blog ne fait pas partie, comme le Sénat et les syndicats, soulignent des points de vigilance et des critiques :
une charge administrative. Les services départementaux rapportent une charge de travail accrue liée au contrôle des rapports produits par les délégataires privés.
la pédagogie. Certains professionnels de la restauration regrettent une perte de la dimension de conseil lors des inspections déléguées, perçues comme plus rigides ou administratives que celles menées historiquement par les agents publics.
La « privatisation rampante » est LA critique centrale car l’externalisation vue comme une perte de contrôle de l’État et une logique de rentabilité incompatible avec la santé publique . Certains parlent de « sécurité sanitaire low-cost ».
Mais le vrai point de tension est la quantité vs la qualité des inspections. Tout le débat se cristallise ici :
Vision de l’État
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Vision des critiques
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plus de contrôles = plus de
sécurité
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mieux vaut moins mais mieux
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recours au privé = efficacité
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risque de dilution du contrôle
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centralisation = simplification
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simplification incomplète
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Laissons la conclusion à ce document de FO Agriculture, juillet 2025« Police Sanitaire Unique » (PSU) : une réforme qui patine, faute de visibilité, et d’alignement entre objectifs et moyens.
Le groupe de travail du 3 juillet 2025, réunissant la Directrice générale de l’alimentation (DGAl), des agents des directions départementales en charge de la protection des populations (DDecPP) et leurs représentants, a mis en lumière une accumulation préoccupante de dysfonctionnements.
L’écart entre les ambitions initiales et la réalité opérationnelle s’accentue dangereusement. Le nombre d’inspections dans le secteur de la remise directe, initialement fixé à 25 000, a été révisé à la baisse en 2025, pour atteindre seulement 17 000 inspections, traduisant un recul des exigences face aux défaillances des délégataires. Par ailleurs, l’objectif d’augmentation de 10 % des inspections dans les établissements agréés n’a pas été atteint. Quant au taux de réalisation du Plan de Surveillance et de Contrôles (PSPC), il n’était que de 35 % au 30 juin 2025, en raison de difficultés de montée en compétence.
La formation des délégataires, censée garantir la qualité et la fiabilité des contrôles délégués, apparaît aujourd’hui largement insuffisante. Jusqu’à la moitié du temps des agents des DdecPP, en charge du suivi de la délégation, est absorbée par la correction des rapports des délégataires et la saisie dans des outils informatiques défaillants, éloignant ainsi les équipes de leurs missions essentielles de contrôle.
Un autre point de tension concerne la gestion des suites administratives et judiciaires des inspections. FO Agriculture note que dans certains départements, plus de 40 % des inspections donnent lieu à des suites, un seuil critique qui engendre une surcharge importante pour les agents des DDecPP, chargés de leur gestion administrative, de leur suivi et des recontrôles associés, assurés sans moyens adaptés. Sur le plan des moyens humains, la DGAL a confirmé qu’aucune garantie n’est acquise concernant l’octroi des 60 ETP demandés par le ministère de l’agriculture, dans un contexte de réduction massive des dépenses publiques visant à économiser 44 milliards d’euros. Cette absence de moyens fragilise considérablement les services déconcentrés.
Commentaire
En 2024 (année des J.O.), il y a eu 106 280 inspections officielles; ce chiffre est en trompe-l'oeil, car il y a eu 55 750 inspections réalisées par des organismes délégataires privés, soit en fait 50 530 inspections par le seul service public, chiffre comparable à 2023 !
Cela étant, que de temps perdu, quand on songe qu’en 2012, peu avant l’arrivée d'un nouveau ministre de l’agriculture, il y avait en France 86 239 inspections en sécurité sanitaire des aliments. Combien de pas en arrière pendant toutes ces années, et pendant cela, les TIAC ont augmenté, augmenté ...
L'objectif de la baisse des TIAC attendra donc encore, mais ce qu'on attend surtout, c'est une prise de conscience de la gravité de la situation liée à l'augmentation incroyable des TIAC en 2022, 2023 et vraisemblablement en 2024.
Où sont les agences comme l'Anses, la DGAL, et Santé publique France ? Leur silence est coupable, tout comme elles l'ont été quand le nombre d'inspections en sécurité des aliments a baissé drastiquement depuis 2012 pendant plus de 10 ans !
Vient de paraître dans Food Protection Trends, un article payant intitulé, Listeria monocytogenes for Beginners: Hard Lessons Learned, que le blog a traduit par Listeria monocytogenes pour les Nuls ...
Si vous êtes novice en matière de Listeria monocytogenes (et même si ce n'est pas le cas), cet article vous fournira des informations utiles sur cet organisme : sa nature, son mode de développement, les risques qu'il représente pour la santé publique et son statut réglementaire à travers le monde. Nous vous expliquerons comment détecter la bactérie et vous présenterons des ressources utiles à cette recherche. Listeria monocytogenes est un problème courant dans presque toutes les usines agroalimentaires ; de nombreuses ressources sont donc disponibles pour vous aider.
Ce site rappelle fort opportunément que le tournant du 1er juillet 2026 arrive bientôt avec l’application du Règlement UE 2024/2895 (règlement (UE) 2024/2895 de la Commission du 20 novembre 2024 modifiant le règlement (CE) n°2073/2005 en ce qui concerne Listeria monocytogenes) qui introduit ‘une rupture majeure’ dans la gestion des aliments prêts à l’emploi ou prêts à être consommés.
L’inversion de la charge de la preuve. L’industriel doit désormais prouver notamment via un challenge test, que le seuil de 100 ufc/g ne sera pas dépassé sur toute la durée de vie du produit.
Le blog n’était pas trop loin de ces données, citant celles publiées par l’EFSA publiées en décembre 2024, et indiquait que l’on s’orientait vers un nouveau record.
Le nombre de TIAC notifiées en 2023 est le plus élevé enregistré depuis la mise en place de la surveillance en 1987. Il a dépassé le précédent record de 2022 (1 924 TIAC déclarées).
En 2023, 2 231 toxi-infections alimentaires collectives (TIAC) ont été déclarées en France, affectant 22 282 personnes, dont 549 (2%) se sont présentées à l’hôpital (hospitalisation ou passage aux urgences) et 19 (0,1%) sont décédées.
Pour dire les choses franchement, la maîtrise de la sécurité des aliments bat de l’aile en France !
2024 devrait aussi confirmé les données de 2022 et 2023 avec un palier à plus de 2000 TIAC et plus de 20 000 personnes concernées, selon les données de l’EFSA publiées en décembre 2025.
Lieux de survenue des TIAC déclarées en 2023
En 2023, les TIAC en milieu familial ont concerné 3 074 malades (14% du nombre total de malades), 4 421 malades en restauration commerciale (20%) et 14 708 en restauration collective (66%). Pour 13 TIAC, correspondant à 79 malades (0,5% du nombre total de malades), le lieu du repas n’est pas renseigné.
Quelques faits
Les TIAC ne représentent que la partie émergée d’un problème plus large de santé publique lié aux infections d’origine alimentaire. Bien que la majorité des cas surviennent de façon isolée, sans lien épidémique ou microbiologique apparent, le fardeau global de ces infections a été estimé entre 1,28 et 2,23 millions de personnes affectées chaque année sur la période 2008-2013.
Santé publique France nous fournit une explication non étayée par des preuves,
Cette hausse significative s’expliquerait en partie, et plus précisément pour la restauration commerciale, par l’impact de la plateforme de signalement en ligne accessible au grand public « SignalConso » qu facilite la déclaration directe et simple des suspicions de TIAC par les consommateurs à la DdecPP.
Commentaire
Enfin, que dire de ce pictogramme ci-dessous de Santé publique France qui ne reflète hélas pas du tout la réalité et la gravité de la situation ...
350 à 400 cas sont recensés chaque année en France. Il s’agit de la deuxième cause de décès d’origine alimentaire.
Pourtant Santé publique France recense 400 à 600 cas par an, comme le montre le document Listériose en France. Période 1999-2024. Voir la figure ci-dessous.
Contrairement à d’autres infections d’origine alimentaires, la grande majorité des cas de listériose sont isolés et il n’est la plupart du temps pas possible de les rattacher à une source alimentaire.
L’Anses aurait pû ou aurait dût faire un point d’actualité sur les Cas de listériose en lien avec la consommation de produits de charcuterie prêts à manger de l’entreprise Drôme Ardèche Tradition, dont le blog a parlé ici, mais ce n'est que partie remise ...
MàJ. A noter que l'Institut Pasteur note de 300 à 500 cas par an ...
En complément de l’article, Mercosur : Bienvenue aux bovins du Brésil traités à l’œstradiol 17β, j’ai demandé à l’IA si ma crainte de voir de la viande bovine du Brésil contaminée par de l'œstradiol 17β entrer dans l’UE était justifiée ?
Voici ce que me répond l’IA :
Voici ce que révèlent précisément ces rapports et ce qu'il faut en penser :
1. Le constat de l'audit (Rapport 2024-8087)
L'hormone en cause : Il s'agit de l'œstradiol 17β, une hormone utilisée au Brésil pour synchroniser les cycles de reproduction des femelles (génisses et vaches). En Europe, cette substance est strictement interdite car elle est classée comme cancérigène (elle favorise l'apparition de tumeurs).
Défaut de traçabilité : L'audit a conclu que les autorités brésiliennes étaient incapables de garantir que la viande exportée vers l'UE provenait d'animaux n'ayant jamais reçu cette hormone. Les "déclarations sous serment" des éleveurs brésiliens ont été jugées "peu fiables".
2. Les révélations récentes (Février 2026)
Reconnaissance de contamination : Le 25 février 2026, la Commission européenne a admis pour la première fois que de la viande congelée contenant des traces d'œstradiol était effectivement entrée sur le marché d'une dizaine d'États membres au cours des années 2024 et 2025.
Échec du plan d'action : Bien que le Brésil ait suspendu ses exportations de viande de génisses vers l'UE fin 2024 pour tenter de corriger le tir, les derniers rapports indiquent que les recommandations critiques de l'UE n'ont pas encore été pleinement suivies.
3. Les conséquences et les risques
Pour les éleveurs européens : C'est un argument de poids contre l'accord de libre-échange UE-Mercosur. Les syndicats agricoles (comme la FNB en France) dénoncent une "tromperie" et demandent une suspension totale des importations de bœuf brésilien.
Transparence : On ignore encore précisément où cette viande a été consommée (restauration collective, plats préparés, boucheries industrielles), car la traçabilité après l'importation est souvent complexe.
En résumé : Votre méfiance est validée par les faits. La Commission européenne est actuellement sous le feu des critiques pour avoir tardé à reconnaître l'ampleur du problème tout en continuant de négocier des accords commerciaux avec ces mêmes pays.
Conseil pratique : Pour éviter tout risque lié à ces importations, privilégiez les viandes portant le label "Viande Bovine Française" (VBF) ou des labels de qualité (AOP, Label Rouge), qui garantissent le respect de l'interdiction totale des hormones de croissance.
Commentaire. Si quelqu'un a une réaction du ministère de l'agriculture, je suis preneur ...
On lira dans l'excellent blog-notes d'Olivier Masbou :
Dans un rapport publié le 25 février, la DG Santé de la Commission européenne reconnaît officiellement que du bœuf hormoné d’animaux traités à l’œstradiol 17β a été importé du Brésil par l’UE. « Bien que la MAPA [Department of Agriculture, Livestock and Food Supply du Brésil] ait mis en place un certain nombre de mesures, auxquelles elle s’est engagée dans son plan d’action, celles-ci n’ont pas permis d’exclure pleinement l’exportation vers l’UE de la viande d’animaux femelles traités à l’œstradiol 17β » écrit la DG Santé.
« Démonstration est faite que les dispositifs de contrôle supposés garantir le respect de cette norme européenne ne fonctionnent pas », écrit Patrick Bénézit, président de la FNB, dans une lettre ouverte à Emmanuel Macron.
« La FNB vous appelle, Monsieur le Président de la République, à la suspension immédiate de toute importation de bœuf brésilien sur notre territoire, et à veiller aux viandes qui pourraient être rebaptisées européennes à leur entrée dans d’autres états-membres ». Jusqu’à présent, la CE reconnaîssait qu’elle ne pouvait pas garantir que les viandes importées du Brésil n’étaient pas traitées. Désormais, elle garantit qu’elles le sont. On progresse ...
Nucléaire : un mea culpa bien tardif suivi demain du Mercosur ...
Une question écrite E-000726/2026, L'hormone œstradiol est présente dans le bœuf brésilien importé du 20 février 2026, signale que la Commission a eu connaissance dès octobre d'un chargement de viande bovine brésilienne contaminée par de l'œstradiol-17β à destination de l'Europe. Toutefois, la notification RASFF n'est intervenue que plusieurs semaines plus tard. De plus, le 14 novembre, une simple notification d'information a été diffusée, au lieu de l'alerte urgente requise pour les substances cancérogènes et les substances formellement interdites. La notification est donc arrivée trop tard et une partie de la viande avait déjà été consommée.
Neuf mois auparavant, les avertissements de Sander Smit, député européen, entre autres, concernant les importations de viande contaminée à l'œstradiol-17β, avaient été rejetés. La Commission n'avait constaté « aucune preuve » de viande contaminée sur le marché de l'UE et avait souligné que les mêmes normes s'appliquaient à tous. Elle était convaincue que le Brésil honorerait les garanties qu'il avait données.
Fait remarquable, quelques jours après la notification du RASFF, la Commission a décidé d’élargir le champ d’application de l’autocertification (pour la volaille et les œufs).
Comme l’on dit, affaire à suivre ...
Pas un mot sur les laits infantiles contaminés par une toxine de Bacillus cereus, mais abondance relative d’informations sur de cas de listériose en lien avec la consommation de produits de charcuterie prêts à consommer.
Cela étant, le compte n’y est pas
Santé publique France communique le12 mars, sur un point au 10 mars de « Cas de listériose en lien avec la consommation de produits de charcuterie prêts à manger de l’entreprise Drôme Ardèche Tradition ».
La raison probable est que les produits de cet établissement sont susceptibles d’avoir été contaminés après cuisson
12 patients atteints de listériose, avec des prélèvements positifs réalisés entre le 13/10/2025 et le 23/01/2026. Parmi ces cas, 7 ont été recensés en janvier 2026. Aucun nouveau cas n’a été identifié depuis le 11/02/2026. 2 décès ont été signalés.
Les cas identifiés résident dans les régions : Auvergne-Rhône-Alpes (9), Bourgogne-Franche-Comté (1), Normandie (1), et Nouvelle-Aquitaine (1).
Depuis 2021, le nombre annuel de cas de listériose est en augmentation nette, avec 619 cas notifiés en 2024. Sur la période 2021-2024, l’incidence régionale moyenne de la listériose était la plus forte en Bretagne, en Normandie, et en Corse. Voilà que cette épidémie semble changer la donne ...
Origine de la contamination
A noter une notification au RASFF de l’UE, 2026.1933, le 12 mars de la présence de Listeria monocytogenes dans des produits de viande suite à un autocontrôle de l’entreprise, sans plus de précision ...
Les analyses du CNR des Listeria ont confirmé que des souches isolées de produits de l’établissement présentaient les mêmes caractéristiques que celles isolées chez les personnes malades.
Quelques questions
On ne connaît pas la quantité de Listeria monocytogenes présents dans ces aliments, élément utile pour comprendre cette épidémie ...
On cite l’entreprise, mais qu’en est-il des inspections sanitaires réalisées dans cette entreprise. Le site Alim’confiance ne nous apprendra rien, car « Suite à des contraintes techniques, les résultats des contrôles Alim'confiance sont provisoirement indisponibles. »
Comment se fait-il qu’en 2026, il existe encore des entreprises alimentaires qui ne savent pas que le cru et le cuit sont deux usines strictement séparées afin de prévenir toute contamination croisée ou transfert de contamination ?
Et elle est où la Science dans cette nomination ?