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vendredi 5 juin 2026

Chaque année, les aliments insalubres coûtent la vie à 1,5 million de personnes dans le monde, selon un nouveau rapport de 'l'OMS

Le fardeau mondial des maladies d'origine alimentaire est comparable à celui du paludisme, selon les estimations actualisées de l'OMS, source Food Safety Magazine. Bien entendu un seul article ne peut résumer le travail colossal de l’OMS et je vous invite à lire dans le détail le communiqué déjà cité et les documents fournis par l’OMS.

L’Organisation mondiale de la santé (OMS) a publié ses estimations actualisées sur la charge mondiale des maladies d’origine alimentaire , qui suggèrent que 42 dangers ont causé environ 866 millions de cas de maladies et 1,52 million de décès en 2021 ou « Unsafe food causes 866 million illnesses and 1.5 million deaths annually, young children at highest risk. »

Les enfants de moins de cinq ans courent près de trois fois plus de risques de tomber malades à cause d'aliments insalubres que les enfants plus âgés et les adultes.

Selon l'OMS, le fardeau des maladies d'origine alimentaire est comparable à celui de la tuberculose, du VIH/SIDA ou du paludisme. Cependant, il est encourageant de constater que ce fardeau semble en baisse depuis 2000.

Quoi de neuf dans les estimations de 2026 ?

Ces estimations ont été produites par le Groupe de référence épidémiologique sur la charge des maladies d'origine alimentaire (FERG ou Foodborne Disease Burden Epidemiology Reference Group) de l'OMS pour la période 2021-2025. La précédente édition de ces estimations, qui constituait également la première édition, a été publiée en 2015. Les estimations de 2015 prenaient en compte 31 dangers.

L’OMS a publié ces nouvelles estimations avant la Journée mondiale de la sécurité sanitaire des aliments du 7 juin, soutenant ainsi le thème de cette année, « Du fardeau aux solutions : des aliments sûrs partout », qui encourage les autorités nationales et les autres parties prenantes à investir dans les systèmes et infrastructures de sécurité sanitaire des aliments, en utilisant les données pour cibler les interventions et les ressources.

Par exemple, les estimations utilisent les années de vie corrigées de l’incapacité (DALYs*) comme mesure commune, permettant aux décideurs de comparer les impacts de différents risques et de prioriser les interventions.  

Les estimations de 2026 révèlent également des différences nationales et régionales dans les tendances des maladies d'origine alimentaire, et offrent des estimations du fardeau économique permettant de comprendre les coûts liés aux aliments non sécuritaires.

Les estimations de 2026 couvrent 42 agents microbiologiques (pathogènes entériques, parasites et substances chimiques) et intègrent des méthodologies actualisées, notamment des modèles d'attribution des sources renforcés, une collecte de données standardisée et une modélisation probabiliste améliorée. Surtout, et pour la première fois, ces estimations mettent en évidence le fardeau des maladies non transmissibles (par exemple, les maladies cardiovasculaires, la déficience intellectuelle) résultant de l'exposition alimentaire aux métaux lourds toxiques (comme l'arsenic et le plomb).

Les estimations spécifiques des dangers ayant fortement contribué à la charge ou au fardeau global des maladies d'origine alimentaire ou constituant d'autres dangers importants en matière d'intoxication alimentaire comprennent (classés par ordre décroissant de DALYs :

  • Arsenic inorganique : 2,21 millions de cas de maladie, 64 000 décès, 15,4 millions DALYs.
  • Plomb : 1,66 million de cas, 466 000 décès, 11,2 DALYs
  • Salmonella enterica non typhique : 23,5 millions de cas, 55 100 décès, 3,58 millions de DALYs
  • Norovirus : 54,8 millions de cas, 14,1 millions de décès, 2,65 millions de DALYs
  • Shigella : 118 millions de cas, 42 500 décès, 2,25 millions de DALYs
  • Campylobacter (C. jejuni ou C. coli) : 148 millions de cas, 35 400 décès, 2,15 millions de DALYs
  • Rotavirus : 25,4 millions de cas, 26 000 décès, 1,84 million de DALYs
  • Escherichia coli entérotoxigène : 131 000 cas, 28 000 décès, 1,79 million de DALYs
  • Escherichia coli producteurs de shigatoxines (STEC) : 51,9 millions de cas, 20 500 décès, 1,24 million de DALYs
  • Toxoplasma gondii : 26,1 millions de cas, 495 000 décès, 887 000 DALYs
  • Cyclospora cayetanensis : 10,2 millions de cas, 14 600 décès, 857 000 DALYs
  • Vibrio cholerae : 23 millions de cas, 21 400 décès, 821 000 DALYs
  • Virus de l'hépatite A : 20 millions de cas, 11 900 décès, 821 000 DALYs
  • Cryptosporidium : 16,2 millions de cas, 11 400 décès, 769 000 DALYs
  • Mycotoxine (aflatoxine B1) : 14 000 cas, 13 200 décès, 412 000 DALYs
  • Listeria monocytogenes : 22 800 cas de maladie, plus de 5 200 décès, 192 000 DALYs.

Bien entendu ce rapport de l’OMS se penche aussi sur le fardeau économique qui est estimé à 647 milliards de dollars de pertes de productivité (absentéisme pour cause de maladie).

« Ce rapport est un signal d’alarme, mais aussi une feuille de route », a fait valoir Yuki Minato, responsable technique de l’OMS pour la sécurité des aliments. 

« Les données montrent que les maladies d’origine alimentaire sont non seulement persistantes, mais qu’elles sont aggravées par le changement climatique, qui accroît les risques de contamination, et par la résistance aux antimicrobiens, qui rend les infections plus difficiles à traiter. Nous ne pouvons pas faire face à ces menaces seuls ».

Selon l’OMS, ces conclusions devraient aider les pays à cibler leurs interventions, à renforcer la surveillance et à améliorer la coopération entre les secteurs de la santé, de l’agriculture et de l’environnement.

* En santé publique, le sigle DALY signifie Disability-Adjusted Life Year (Année de vie corrigée de l'incapacité). C'est une unité de mesure qui évalue le poids global d'une maladie en quantifiant le nombre d'années de vie en bonne santé perdues.

DALY équivaut à la perte d'une année complète de pleine santé, selon l’OMS.

mardi 5 mai 2026

Chaque dollar investi dans la sécurité des aliments peut générer un retour sur investissement de 46 dollars. Quid de la France ?

Selon un nouveau rapport
 
de l'Organisation mondiale de la santé (OMS), chaque dollar US investi dans la 
sécurité des aliments pourrait générer un retour sur investissement de 46 dollars US sous forme de valeur pour la santé publique. En ce moment, 1 USD = 0,855 euros. Source Food Safety Magazine.
Voir aussi 10 raisons pour lesquelles la surveillance des maladies d'origine alimentaire est importante selon l’OMS

Le fardeau mondial des maladies d'origine alimentaire

En 2010, les maladies d'origine alimentaire ont causé, dans le monde, 600 millions de cas de maladie et 420 000 décès prématurés, entraînant une perte de 33 millions d'années de vie en bonne santé due à la mortalité prématurée ou à l'invalidité, selon l'OMS. Ces pertes représentent 95 milliards de dollars par an pour les pays à revenu faible et intermédiaire, en raison de la baisse de productivité. Le fardeau sanitaire mondial des maladies d'origine alimentaire est comparable à celui de la tuberculose et du paludisme.

Bien entendu, comparaison n’est pas raison, et donc comparer la France avec les pays à revenu faible et intermédiaire n’est pas raisonnable, et pourtant, chez nous, on peut constater les aspects suivants …

En résumé, en 2025, le programme 206, « Sécurité et qualité sanitaires de l’alimentation », évolue selon trois grandes lignes :

- Réduction budgétaire significative : les autorisations d’engagement passent d’environ >1,04 Md€ en 2024 à 926,9 M€ en 2025, soit -10,5 %.
- Les crédits de paiement diminuent également (environ -5 %). (Sénat), d’où une pression accrue sur les missions de contrôle sanitaire.
- Réorientation vers des priorités ciblées (risques sanitaires, maladies animales, nouvelles exigences réglementaires).
On passe ainsi d’un modèle d’expansion à un modèle de gestion contrainte avec une priorisation des risques sanitaires.

Une trajectoire confirmée après 2025, car les données pour 2026 confirment la tendance :

- poursuite de la baisse des crédits du programme 206,
- mais une hausse ciblée de certaines actions, notamment la lutte contre les maladies animales. (Sénat)
Cela montre que dès 2025, le programme entre dans une phase de recomposition plutôt que de croissance.

Cela signifie que les 106 280 inspections en sécurité des aliments de 2024 n’ont été qu’une hirondelle de printemps. En 2025, le blog table sur une baisse de 20%, soit autour de 83 000 inspections, en espérant se tromper ...

Rappelons que l'OMS publiera en juin de nouvelles estimations sur les maladies d'origine alimentaire à l'occasion de la Journée mondiale de la sécurité sanitaire des aliments.

jeudi 9 avril 2026

OMS : Publication en juin des estimations actualisées sur les maladies d'origine alimentaire

L'OMS publiera de nouvelles estimations sur les maladies d'origine alimentaire à l'occasion de la Journée mondiale de la sécurité sanitaire des aliments.


Dans le cadre de sa campagne pour la Journée mondiale de la sécurité sanitaire des aliments, l'OMS publiera en juin l'édition 2026 des estimations des maladies d'origine alimentaire, un rapport qui compile et analyse les données sur les risques et les dangers liés à la sécurité sanitaire des aliments dans le monde entier.

Estimations des maladies d'origine alimentaire
La première édition des estimations de l'OMS sur les maladies d'origine alimentaire, publiée en 2015, était le fruit d'une étude mondiale pluriannuelle et fournissait les premières estimations complètes de l'espérance de vie corrigée de l'incapacité (DALYs) associées à 31 dangers d’origine alimentaire.

Le rapport de 2026 réexaminera ces 31 mêmes dangers et élargira l'analyse pour inclure des dangers supplémentaires, ainsi que quatre métaux lourds : l'arsenic, le cadmium, le plomb et le méthylmercure.