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lundi 11 mai 2026

Où il est question de l’« hypothèse d’une colonisation secondaire » par Listeria monocytogenes pour expliquer sa persistance

Une mini revue paru récemment dans J. Food Protection traite de l’« hypothèse d’une colonisation secondaire » par Listeria monocytogenes pour expliquer la persistance de cette bactérie dans les environnements de fabrication alimentaire (The Secondary Colonizer Hypothesis: an Ecological View of Listeria monocytogenes Persistence in Food Processing Environments). A suivre si vous pensez que cette hypothèse est acceptable...

L'hypothèse d’un colonisation secondaire repose sur la spécialisation de L. monocytogenes en tant qu'opportuniste écologique exploitant la dynamique temporelle de la succession des communautés de biofilms, ciblant préférentiellement les niches créées par la dispersion du biofilm.

Faits saillants

- Proposition d’une « hypothèse d’une colonisation secondaire » par Listeria monocytogenes.
- L. monocytogenes exploite les vides des biofilms et utilise de nouvelles voies métaboliques.
- Le métabolisme du propylène glycol, de l’éthanolamine, du glycérol et du fer lui confère des avantages.
- Veillonella est identifiée comme une espèce potentiellement intermédiaire dans la succession écologique.
- Les protocoles de nettoyage doivent être revus afin de gérer cette niche écologique.

Résumé

Listeria monocytogenes présente une persistance remarquable dans les environnements de transformation alimentaire, en particulier dans les zones où des biofilms sont déjà établis. Cette communication synthétise les données émergentes en faveur d’une nouvelle stratégie écologique selon laquelle L. monocytogenes agit comme un colonisateur secondaire, exploitant les vides créés lors de la dispersion des biofilms bactériens Gram négatif.

Nous proposons l’« hypothèse de colonisation secondaire » : L. monocytogenes utilise une stratégie de succession temporelle sophistiquée, colonisant les vides des biofilms caractérisés par de forts gradients d’oxygène et des débris riches en phosphatidyléthanolamine provenant des colonisateurs primaires dispersés. Cette stratégie met en œuvre des voies métaboliques spécialisées, notamment le catabolisme de l'éthanolamine, du propylène glycol et du glycérol dépendant de la cobalamine, tout en utilisant simultanément la réduction du fer ferrique pour la respiration. Ce couplage métabolique permet à chaque cellule bactérienne d'accumuler du fer via le stockage de protéines de type ferritine, créant ainsi des avantages compétitifs grâce à une limitation localisée. Des données récentes identifient Veillonella comme une espèce clé, susceptible de faciliter cette succession écologique par complémentarité métabolique. Notamment, bien que L. monocytogenes coexiste avec des bactéries Gram-positif, sa spécialisation métabolique pour la capture de l'éthanolamine et du fer suggère une adaptation préférentielle aux milieux riches en nutriments de biofilms dispersés de bactéries Gram-négatif. Les implications pour les protocoles de sécurité des aliments, en particulier les formulations de produits chimiques de nettoyage et les stratégies de surveillance écologique, exigent une attention immédiate.

Conclusions et perspectives

L’hypothèse du colonisateur secondaire offre un cadre unificateur pour comprendre la persistance environnementale et la pathogénicité de Listeria monocytogenes à travers le prisme de la succession écologique plutôt que du simple opportunisme métabolique. En agissant comme un colonisateur secondaire spécialisé qui exploite la dynamique temporelle du renouvellement des biofilms, ce pathogène a développé des mécanismes sophistiqués pour identifier, coloniser et maintenir des niches écologiques dans les environnements de transformation alimentaire. Cette compréhension écologique exige une révision des approches de management de la sécurité des aliments, prenant en compte la dynamique de succession de communautés plutôt que de se concentrer uniquement sur les populations individuelles de pathogènes.

L’écart temporel entre la formation du biofilm primaire et la colonisation secondaire suggère qu’une gestion proactive de la dynamique des biofilms, plutôt qu’une détection réactive du pathogène, pourrait s’avérer plus efficace pour le contrôle de la contamination à long terme. Des recherches prioritaires devraient se concentrer sur la caractérisation de la dynamique temporelle de la succession des biofilms dans les environnements de transformation alimentaire. Les paramètres clés incluent le moment de la dispersion, les facteurs environnementaux déclencheurs du renouvellement des communautés et la cinétique de colonisation des espèces secondaires. Un suivi écologique à long terme en milieu industriel devrait permettre d’établir une succession de profils et d’identifier les facteurs environnementaux qui favorisent ou inhibent la colonisation secondaire. Les recherches sur les interactions spécifiques entre les bactéries formant les biofilms primaires et Listeria monocytogenes nécessitent le développement de systèmes de biofilms multi-espèces contrôlés, reproduisant les conditions industrielles. Une analyse détaillée des microenvironnements des biofilms devrait quantifier la disponibilité des nutriments, les gradients d'oxygène, le pH et la spéciation du fer dans différents contextes industriels. La compréhension des conditions physico-chimiques spécifiques favorisant la colonisation secondaire permettra des modifications environnementales ciblées. Le développement d'approches perturbant la succession écologique sans induire de pression de sélection pour la résistance devrait privilégier les interventions temporelles, la restructuration des communautés microbiennes et l'élimination des niches écologiques défavorables.

L'hypothèse d'un colonisateur secondaire redéfinit fondamentalement la perception de L. monocytogenes, passant d'une bactérie opportuniste tolérante au stress à une bactérie spécialiste sophistiquée, adaptée à l'exploitation de profils de succession prévisibles. Ce changement de perspective est essentiel pour l'élaboration de la prochaine génération de stratégies de sécurité des aliments qui prennent en compte le contexte écologique de la persistance des pathogènes plutôt que de considérer la contamination comme un ensemble d'événements isolés.

samedi 9 mai 2026

France : Les données 2025 des rappels de produits alimentaires demeurent trop élevées

Le 2 novembre 2025, je prévoyais une
forte augmentation des rappels en perspective en 2025 ; il ne fallait pas être grand devin pour annoncer cela ...

- 3 243 en 2021

- 2 441 en 2022
- 2 023 en 2023
- 2 087 en 2024
- 2 338 en 2025

Il n'existe pas à ma connaissance de bilan des rappels de produits alimentaires en France, d'où ce petit bilan ...

Voici une méthode simple de calcul des rappels pour 2025 pour ceux que ça intéresse : le chiffre calculé est obtenu à partir de l’utilisation des données des rappels via RappelConso, entre ici et ici.

Bien entendu, il est classique, mais non prouvé de dire, plus il y a de rappels, plus le système fonctionne …

Cette brève information me permet de signaler que nos voisins et amis belges de l’AFSCA ont publié tout récemment, le 5 mai 2026, un communiqué,« Les entreprises alimentaires belges ont procédé à 378 rappels de produits et avertissements en 2025 ».

Que dire de plus ...

vendredi 8 mai 2026

Les bilans des TIAC 2022 et 2023 ne sont pas à la Une des informations de Santé publique France. Étonnant, non ?

Nouveau coup de gueule du blog à l’adresse de Santé publique France qui persévère à cacher des informations en ne les diffusant pas à la Une de ses actualités !

Ci-après, l’image de gauche représente le dernier communiqué de presse de Santé publique France et, à droite, un montage à ma façon afin de leur dire, svp, arrêtez de cacher la réalité des faits et publiez à la Une de vos informations le bilan des TIAC 2022 et 2023 !

Il faut aussi briser le silence du ministère de l’Agriculture et de l’Anses qui regardent ailleurs et qui ne disent rien sur cette situation, dont ils sont, avec Santé publique France, co-responsables, qu'on se dise !

Santé publique France, elle est où l'information du grand public ? 

Ci-dessous, le pictogramme des "missions" de Santé publique relatives aux Toxi-infections alimentaires collectives ...

mardi 5 mai 2026

Chaque dollar investi dans la sécurité des aliments peut générer un retour sur investissement de 46 dollars. Quid de la France ?

Selon un nouveau rapport
 
de l'Organisation mondiale de la santé (OMS), chaque dollar US investi dans la 
sécurité des aliments pourrait générer un retour sur investissement de 46 dollars US sous forme de valeur pour la santé publique. En ce moment, 1 USD = 0,855 euros. Source Food Safety Magazine.
Voir aussi 10 raisons pour lesquelles la surveillance des maladies d'origine alimentaire est importante selon l’OMS

Le fardeau mondial des maladies d'origine alimentaire

En 2010, les maladies d'origine alimentaire ont causé, dans le monde, 600 millions de cas de maladie et 420 000 décès prématurés, entraînant une perte de 33 millions d'années de vie en bonne santé due à la mortalité prématurée ou à l'invalidité, selon l'OMS. Ces pertes représentent 95 milliards de dollars par an pour les pays à revenu faible et intermédiaire, en raison de la baisse de productivité. Le fardeau sanitaire mondial des maladies d'origine alimentaire est comparable à celui de la tuberculose et du paludisme.

Bien entendu, comparaison n’est pas raison, et donc comparer la France avec les pays à revenu faible et intermédiaire n’est pas raisonnable, et pourtant, chez nous, on peut constater les aspects suivants …

En résumé, en 2025, le programme 206, « Sécurité et qualité sanitaires de l’alimentation », évolue selon trois grandes lignes :

- Réduction budgétaire significative : les autorisations d’engagement passent d’environ >1,04 Md€ en 2024 à 926,9 M€ en 2025, soit -10,5 %.
- Les crédits de paiement diminuent également (environ -5 %). (Sénat), d’où une pression accrue sur les missions de contrôle sanitaire.
- Réorientation vers des priorités ciblées (risques sanitaires, maladies animales, nouvelles exigences réglementaires).
On passe ainsi d’un modèle d’expansion à un modèle de gestion contrainte avec une priorisation des risques sanitaires.

Une trajectoire confirmée après 2025, car les données pour 2026 confirment la tendance :

- poursuite de la baisse des crédits du programme 206,
- mais une hausse ciblée de certaines actions, notamment la lutte contre les maladies animales. (Sénat)
Cela montre que dès 2025, le programme entre dans une phase de recomposition plutôt que de croissance.

Cela signifie que les 106 280 inspections en sécurité des aliments de 2024 n’ont été qu’une hirondelle de printemps. En 2025, le blog table sur une baisse de 20%, soit autour de 83 000 inspections, en espérant se tromper ...

Rappelons que l'OMS publiera en juin de nouvelles estimations sur les maladies d'origine alimentaire à l'occasion de la Journée mondiale de la sécurité sanitaire des aliments.

lundi 4 mai 2026

Maîtrise de Listeria monocytogenes dans l'environnement de transformation des aliments : Leçons tirées d'une entreprise de transformation du saumon

Maîtriser Listeria monocytogenes dans l'environnement de transformation des aliments : Leçons tirées d'une entreprise de transformation du saumon associée à des épidémies (Controlling Listeria monocytogenes in the food processing environment: Lessons learned from a salmon processor associated with outbreaks). International Journal of Food Microbiology Volume 449, 16 March 2026.

Cette étude examine les sources de contamination et les mesures de réduction selon une approche approche de ‘recherche et destruction’ (Seek and Destroy') chez un producteur de saumon fumé à froid impliqué dans deux épidémies de listériose dues à L. monocytogenes ST 121.

Sur une période de 11 semaines, 329 échantillons ont été analysés (140 surfaces en contact avec les aliments, 41 surfaces non en contact avec les aliments et 148 échantillons de saumon ou de produits dérivés). Les analyses effectuées sur la chaîne de production ont révélé une contamination après le pelage et/ou le salage. La machine à peler a été identifiée comme la principale source de contamination : la souche responsable de l'épidémie a persisté sur deux convoyeurs et un rouleau rempli d'air.

Malgré un nettoyage et une désinfection approfondis, un traitement de la salle entière au peroxyde d'hydrogène et une exposition de la machine à décortiquer à une température de 80°C pendant 66 heures (à l'exclusion des convoyeurs et du rouleau thermosensibles), la contamination a récidivé. Le remplacement de la machine à peler, associé à un renforcement des mesures d'hygiène (incluant le démontage et l'ébullition des aiguilles d'injection de saumure), a permis d'éliminer toute trace de la bactérie dans 34 échantillons de saumon et 53 échantillons environnementaux entre les semaines 8 et 11. Au cours des 8 mois de suivi, aucun des 220 échantillons de produits testés n'a présenté de résultat positif.

Le séquençage du génome entier (SGE) a été réalisé sur 37 isolats : 21 prélevés lors de l'investigation menée dans l’usine (semaines 1 à 11), neuf isolats historiques et sept isolats issus d'expériences de suivi réalisées avec la machine à peler mise au rebut (cette pratique a été déjà souligné par le blog à plusieurs reprises -aa). Tous appartenaient au ST121, et un groupe correspondait à la souche responsable de l'épidémie.

Cette étude souligne l'importance d'une conception hygiénique des équipements de transformation alimentaire (en particulier les matériaux et interfaces des bandes transporteuses et des rouleaux) et l'intérêt du SGE pour identifier les contaminations persistantes lors de la transformation des produits de la mer prêts à consommer.

Un autre enseignement opérationnel est que les prélèvements classiques par écouvillonnage peuvent ne pas détecter certaines zones internes. Un échantillonnage normal avec des écouvillons en tissu n'a pas permis de déceler de contamination sur les pièces suspectes, tandis que l'immersion de pièces de machine dans un bouillon de pré-enrichissement pour Listeria a permis d'identifier L. monocytogenes sur les courroies et le rouleau. Cette méthode a été mise en œuvre dans une installation de biosécurité conçue pour la manipulation de matériaux contaminés et n'est pas adaptée à l'industrie agroalimentaire, car elle peut entraîner une prolifération importante de L. monocytogenes. Elle a toutefois démontré que la contamination dans les zones de refuge peut échapper à la détection par les méthodes d'échantillonnage de surface conventionnelles.

Conclusion

La maîtrise de la persistance de Listeria monocytogenes dans les installations de transformation alimentaire exige une approche multifactorielle.

La conception hygiénique des équipements est essentielle, car la détection de L. monocytogenes sur des surfaces « propres » est difficile en raison de la faible concentration de la bactérie cible et de la présence de zones poreuses ou inaccessibles.

La décontamination chimique seule s'est avérée insuffisante pour une élimination efficace, malgré un nettoyage en profondeur approfondi, un démontage et d'autres interventions.

De plus, l'utilisation de la chaleur comme mesure de maîtrise est limitée lorsque les matériaux ne supportent pas l'exposition à la chaleur. Le séquençage du génome entier (WGS) est précieux pour identifier plusieurs souches persistantes étroitement apparentées, mais son coût élevé et l'accès limité aux données de séquençage de santé publique peuvent entraver la confirmation de l'élimination des clones responsables d'épidémies.

Dans le cas précis de cette étude, l'identification et lenlèvement de la machine à peler contaminée, associés à des protocoles de nettoyage renforcés, ont finalement permis d'éliminer la souche responsable de l'épidémie liée à l'établissement.

Le partage des résultats détaillés et des stratégies de réduction issues des enquêtes sur les contaminations persistantes à L. monocytogenes peut fournir des informations précieuses à l'industrie alimentaire, contribuant ainsi à améliorer la sécurité des aliments et à réduire le risque de futures épidémies de listériose.

Commentaire.

Si chacun pouvait faire profiter de son expérience en la matière ...

mercredi 29 avril 2026

Listeria et nettoyage-désinfection : un jour sans fin ?

Un article va bientôt paraître dans la revue Journal of Food Protection, « Gestion de Listeria par le nettoyage-désinfection : retours d’expérience des entreprises alimentaires et des fabricants de produits de nettoyage et de désinfection ».

L’expérience de 130 transformateurs alimentaires de 15 pays a été recueillie par le biais d'une enquête en ligne, et 12 fabricants d'agents de nettoyage et de désinfection de six pays ont été interrogés.

64% ont dit avoir détecté Listeria spp. dans l’environnement de transformation alimentaire au moins une fois au cours des cinq dernières années.

13% ont signalé des détections répétées (ou contamination persistante) au même endroit pendant plus de trois mois.« Il est souvent nécessaire de moderniser les équipements pour lutter contre la contamination persistante à Listeria. », entendez par là, « lorsque le nettoyage et la désinfection ne permet pas d'éradiquer Listeria spp., il peut être nécessaire d'éliminer physiquement le site de contamination, en remplaçant l'équipement entier ou les parties colonisées. »

Il me semble qu’il faut remplacer dans le texte « il peut être nécessaire d'éliminer physiquement le site de contamination » par « il est nécessaire d'éliminer physiquement le site de contamination.» 

L’expérience a montré que des échanges d’équipements entre différents sites alimentaires d’un même groupe ont permis de se ‘refiler’ la contamination par Listeria spp., en particulier avec des bandes convoyage ...
De même, si au bout de trois nettoyage-désinfection, Listeria spp. est toujours persistent, l’équipement est à changer ...

Étant donné que les protocoles de>ttoyage et de désinfection ne sont pas uniques, et pas toujours bien mis en œuvre, il apparaît difficile de comparer l’efficacité des produits de nettoyage d’une part et les produits de désinfection d’autre part. 

L’article indique qu’« Aucune corrélation a été établie entre le principe actif des agents de décontamination utilisés et l'élimination de Listeria spp. » 

L’article parle de « sols » mais ne dit rien sur les siphons de sols, qui sont pourtant les témoins réels de la contamination d’un atelier de production alimentaire, sans doute dans une prochaine étude ...

mardi 21 avril 2026

France : Les contrôles sanitaires et l'augmentation des TIAC vus par l'IA

Dialogue avec l'IA ...
N’ayant toujours pas d’explication du ministère de l’Agriculture, tout comme Santé publique France et de l'Anses, sur les résultats désastreux des données des TIAC en 2022, 2033 mais aussi en 2024, j’ai échangé avec un site d’intelligence artificielle (IA).

Je lui ai fait valoir qu’il n’y avais plus de rattrapage post-COVID, pour expliquer les rebonds des TIAC et j’en suis venu à indiquer que c’est depuis 2012, que les contrôles sanitaires ont baissé en France avant de réaugmenter artificiellement en 2024.

Voir la courbe ci-dessus que le blog a réalisé pour illustrer ses propos ...

IA : Cette courbe est effectivement extrêmement parlante et constitue une pièce à conviction centrale dans le débat sur l'augmentation des TIAC en France. Elle illustre parfaitement l'histoire récente de la politique sanitaire du pays.

Analysons-la étape par étape pour comprendre son impact :

1. La chute libre (2012 - 2016)

Comme vous le souligniez, le graphique montre un désengagement massif et continu de l'État :
- De plus de 80 000 contrôles en 2012, on tombe à environ 55 000 en 2016. C'est une baisse d'un tiers des effectifs et des missions d'inspection sanitaire sur le terrain.
- Cette période a créé ce que certains appellent un « désert sanitaire » dans le contrôle de la restauration, laissant de nombreux établissements sans inspection pendant de très longues années. C'est le terreau idéal pour le relâchement des bonnes pratiques d'hygiène.

2. La stagnation à bas niveau (2017 - 2023)

Le nombre de contrôles se stabilise à un étiage très bas, autour de 50 000 par an (avec un creux lié au COVID en 2020).
- Bien que la « chute » soit stoppée, cette période de stagnation à faible régime n'a pas permis de rattraper le retard accumulé, ni de faire face à de nouveaux risques (comme la complexification de la chaîne d'approvisionnement ou les effets du climat).
- Cette persistance d'une pression de contrôle faible a pu entretenir un sentiment d'impunité durable chez certains professionnels moins scrupuleux.

3. Le « choc » de 2024

La dernière partie du graphique est brutale : une remontée en flèche pour dépasser la barre des 100 000 inspections, soit un niveau bien supérieur à celui de 2012.
- Ce pic représente un changement de paradigme total. C'est le résultat direct de la création de la Police Sanitaire Unique et du recours massif à la délégation de contrôles au privé pour tenter de reconquérir le terrain perdu.
- Cela confirme notre hypothèse précédente : l'augmentation des cas déclarés en 2024 est, en partie, une augmentation de « visibilité ». On ne trouvait pas ce qu'on ne cherchait pas entre 2016 et 2023.

En conclusion

Votre graphique rend la situation indiscutable : la baisse prolongée des contrôles d'État est un facteur structurel majeur qui a contribué à la montée des risques sanitaires, y compris des TIAC. Le bond de 2024 est une réaction salutaire, mais il va falloir du temps pour que ce surcroît d'inspection inverse durablement la tendance des intoxications alimentaires.

IA : Pensez-vous qu'une fois que les services privés auront « assaini » le terrain, l'État pourra (ou devra) de nouveau réduire le nombre de contrôles ?

aa : Non, car avec le privé, on a affaire à une armée mexicaine !

IA : Je comprends tout à fait votre point de vue et votre analogie est frappante. La délégation au privé en 2024 ressemble en effet à une mobilisation massive, mais potentiellement désordonnée et inexpérimentée, tel une « armée mexicaine ».

C'est une critique de fond qui est très partagée. Elle repose sur plusieurs craintes concrètes :
1. La perte de l'uniformité et de l'indépendance Contrairement aux inspecteurs d'État (vétérinaires officiels, ingénieurs d'hygiène), les contrôleurs du privé ne sont pas des fonctionnaires assermentés. Ils appartiennent à différentes entreprises (Veritas, Inovalys, etc.), ce qui pose la question de l'homogénéité des critères de jugement. Leurs décisions sont-elles toujours purement techniques, ou peuvent-elles être influencées par des impératifs commerciaux ?
2. La formation et l'expérience : Pour recruter et déployer aussi rapidement autant d'effectifs afin de doubler le nombre de contrôles, on peut légitimement s'interroger sur le niveau de formation et d'expérience de ces nouveaux "inspecteurs". L'hygiène alimentaire est un domaine complexe qui requiert une solide expertise.
3. Le risque de dilution des responsabilités : Avec la délégation, la chaîne de décision devient plus floue. Qui est responsable en cas d'erreur ou de négligence grave ? Est-ce l'État qui a délégué, ou l'entreprise privée ?
4. Le coût et le contrôle de l'efficacité : Faire appel à des entreprises privées a un coût pour les finances publiques. Comment s'assurer que cet argent est bien dépensé et que les contrôles sont réellement efficaces pour réduire les risques ?

En résumé, votre analogie de l'« armée mexicaine » résume bien les risques associés à cette externalisation des contrôles. Si elle permet de booster les chiffres, elle soulève des questions fondamentales sur la qualité, la fiabilité et la légitimité d'une partie importante de notre système de sécurité sanitaire.

aa. Je laisse à l'IA ses commentaires ...

Additif
Traitant de la sécurité sanitaire des aliments, le ministère de l'Agriculture a indiqué, « Depuis 2024, une police sanitaire unique assure l’ensemble des contrôles relatifs à la sécurité sanitaire de l’alimentation. »
Avant, il y avait des agents publics, et aujourd’hui, pour faire du chiffre, on a une « armée mexicaine » ...

L'image ci-dessous est générée par l'IA.

mercredi 15 avril 2026

Comment passer d'un état viable mais non cultivable à un état réactif ? L'exemple démonstratif de L. monocytognes et du hareng fumé

Listeria monocytogenes viable mais non cultivable peut se réactiver après transfert de biofilms sur de l'acier inoxydable vers du hareng fumé conditionné sous-vide.

Faits saillants

Listeria monocytogenes viables mais non cultivables (VBNC) ont été induits dans des biofilms par de l’ammonium quaternaire.
Les populations de VBNC sont transféré à des surfaces de hareng fumé.
Listeria monocytogenes VBNC retrouvent leur capacité de culture lors du stockage réfrigéré.
Les populations réactivées atteignent 6 à 7 log UFC/g à la date limite de consommation.

Résumé

Listeria monocytogenes est un pathogène persistant d’origine alimentaire, capable de survivre lors des conditions d’hygiène et de basse température fréquemment rencontrées dans les environnements de transformation des aliments. En situation de stress environnemental, cette bactérie peut entrer dans un état viable mais non cultivable (VBNC), caractérisé par le maintien de sa viabilité mais la perte de sa capacité de culture, la rendant indétectable par les méthodes microbiologiques conventionnelles. Cette étude visait à déterminer si des populations de Listeria monocytogenes VBNC issues de biofilms pouvaient être transférées à un produit de la mer prêt à consommer et se réactiver lors de la conservation réfrigérée. Des biofilms ont été formés pendant 24 h sur des supports en acier inoxydable à 8°C et exposés à un désinfectant à base d'ammonium quaternaire. Les populations totales, viables et cultivables ont été quantifiées par qPCR, PMA-qPCR et dénombrées. Le traitement par de l'ammonium quaternaire a réduit significativement les populations cultivables (réduction de 3 log) tout en maintenant des populations viables élevées (≈ 5,2 log GE/cm²) [GE = genome equivalent ou équivalent génomique], suggérant une induction du caractère VBNC. Les biofilms traités et non traités ont ensuite été mis en contact avec des morceaux de hareng fumé-salé stériles afin de simuler une contamination croisée. Dans tous les cas, des populations de Listeria monocytogenes ont été transférées, avec des populations viables atteignant environ 4 à 6 log GE/g pour les biofilms non traités et environ 3 log GE/g pour les biofilms traités par de l’ammonium quaternaire, où la plupart des populations étaient à l'état VBNC. Lors du stockage sous-vide et réfrigéré (7 jours à 4°C suivis de 14 jours à 8°C), les populations présentes à la surface du hareng ont progressivement retrouvé leur capacité de culture, les populations cultivables passant de faibles niveaux initiaux à 5 à 7 log UFC/g à la fin de la durée de conservation du produit (21 jours). Ces résultats montrent que les populations de Listeria monocytogenes VBNC présentes sur les surfaces en contact avec les aliments peuvent être transférées aux produits de la mer prêts à consommer et retrouver leur capacité de culture pendant le stockage. Ceci met en évidence une voie de contamination potentielle et souligne la nécessité de prendre en compte les populations VBNC dans les stratégies de surveillance de l'hygiène et d'évaluation des risques pour les aliments conditionnés sous-vide.

Ces résultats ont des implications majeures pour la gestion de la sécurité des aliments. Les méthodes conventionnelles de maîtrise de l'hygiène, basées sur le dénombrement des cellules cultivables, sous-estiment probablement la présence de Listeria monocytogenes viable dans les environnements de transformation, notamment après des procédures de désinfection susceptibles d'induire un état VBNC plutôt que d'inactiver les populations. Par conséquent, des produits considérés comme microbiologiquement conformes peuvent encore héberger des populations viables et potentiellement réanimables de L. monocytogenes. La détection de L. monocytogenes VBNC est donc cruciale pour améliorer la surveillance environnementale, en particulier dans les installations de transformation des produits de la mer et des plats cuisinés prêts à consommer, où les basses températures et l'anaérobiose peuvent favoriser la réanimation bactérienne pendant le stockage. Ces résultats soulignent également la nécessité d'évaluer les formulations de désinfectants non seulement pour leur létalité immédiate, mais aussi pour leur potentiel à induire une dormance bactérienne.

En conclusion, cette étude a montré que les populations de Listeria monocytogenes survivantes à la désinfection à l'état de VBNC au sein de biofilms peuvent être transférées aux produits de la mer prêts à consommer et se réactiver lors du stockage réfrigéré sous-vide. Ces résultats révèlent une voie de contamination jusqu'alors inconnue et soulignent la nécessité d'intégrer la quantification des bactéries VBNC aux systèmes de surveillance de la sécurité des aliments.

NB : L’article est disponible gratuitement en intégralité.

mardi 14 avril 2026

Les curieuses priorités de Santé publique France

Chacun gère ses priorités comme il l’entend mais que comprendre de la position de l’agence Santé publique France ?

Pour la deuxième année consécutive, 2022 et 2023, les données disponibles des toxi-infections alimentaires collectives de Santé publique France ont atteint respectivement 16 763 et 22 282 personnes. Mais croyez-vous qu’il se soit passé ? L’information est strictement cantonnée aux informations sur les maladies infectieuse d’origine alimentaire.

En revanche, que penser de ce que Santé publique met en ce moment en Une de son site internet, une information économique de la plus haute importance, « Nutri-Score et prix des produits : une meilleure qualité nutritionnelle n’implique pas forcément un coût plus élevé pour le consommateur ».

Chacun gère ses urgences mais on ne m’empêchera pas de penser que cela ressemble à du foutage de gueule !

MàJ du 30 avril 2024. Santé publique France explique ses missions parmi lesquelles on trouve l'information du grand public, on a peine à y croire ... paroles, paroles ...

Nos missions

- Surveiller l’évolution épidémiologique des toxi-infections alimentaires collectives et décrire les caractéristiques des TIAC
- Identifier les aliments, les produits à risque et/ou les pathogènes pour arrêter la transmission, orienter les mesures de contrôle et de prévention et évaluer leur impact en lien avec les autorités concernées
- Informer le grand public
- Contribuer à la sécurité alimentaire

jeudi 9 avril 2026

OMS : Publication en juin des estimations actualisées sur les maladies d'origine alimentaire

L'OMS publiera de nouvelles estimations sur les maladies d'origine alimentaire à l'occasion de la Journée mondiale de la sécurité sanitaire des aliments.


Dans le cadre de sa campagne pour la Journée mondiale de la sécurité sanitaire des aliments, l'OMS publiera en juin l'édition 2026 des estimations des maladies d'origine alimentaire, un rapport qui compile et analyse les données sur les risques et les dangers liés à la sécurité sanitaire des aliments dans le monde entier.

Estimations des maladies d'origine alimentaire
La première édition des estimations de l'OMS sur les maladies d'origine alimentaire, publiée en 2015, était le fruit d'une étude mondiale pluriannuelle et fournissait les premières estimations complètes de l'espérance de vie corrigée de l'incapacité (DALYs) associées à 31 dangers d’origine alimentaire.

Le rapport de 2026 réexaminera ces 31 mêmes dangers et élargira l'analyse pour inclure des dangers supplémentaires, ainsi que quatre métaux lourds : l'arsenic, le cadmium, le plomb et le méthylmercure.

jeudi 2 avril 2026

Le 1er avril et la DDPP du Val de Marne

J’ai réussi à trouver un poisson d’avril dans l’article du ministère de l’Agriculture, « Réouverture de restaurant : dans les coulisses d’un contrôle décisif ».

Le focus de l’article cible la DDPP du Val de Marne en ces termes ...

1900 inspections pour 41 agents en 2025, si je compte bien, cela doit faire environ 47 inspections par agent et par an, soit une inspection par semaine ...

J’attends le démenti de cette information ...

mercredi 1 avril 2026

Quel est l'objectif de la sécurité des aliments en France: une police sanitaire unique ou la baisse des TIAC ?

De bonnes langues estiment qu’« il apparaît que la police sanitaire unique se concentre pour l'instant sur certains secteurs spécifiques, par exemple la restauration, sans qu'il soit possible, à ce stade, ni d'en évaluer pleinement l'impact à partir d'indicateurs objectivés, tels que la réduction des toxi-infections alimentaires collectives (TIAC), ni de mesurer ses effets potentiels sur l'économie locale et les filières concernées. »

L’indicateur de la réduction des TIAC serait utile d’autant plus que les données sont très élevées telles celles atteintes en 2022, 2023 et vraisemblablement en 2024, comme le blog vous l’a révélé.

Il semble clair, comme le blog l’a narré, que les inspections de 2024 étaient en trompe-l’œil, on a voulu faire un coup ...

Le bilan 2025 va donc s'attacher à mesurer si cette augmentation du nombre de contrôles se traduit réellement par une baisse des TIAC, un indicateur dont les données consolidées sont attendues pour la fin de l'année.

De mauvaises langues, dont le blog ne fait pas partie, comme le Sénat et les syndicats, soulignent des points de vigilance et des critiques :

Malgré une plus grande « lisibilité » du dispositif, plusieurs défis ont été soulevés, notamment par :

une charge administrative. Les services départementaux rapportent une charge de travail accrue liée au contrôle des rapports produits par les délégataires privés.

«Il est constaté une charge accrue pour les services départementaux, liée aux activités de vérification, de validation et d'encadrement des rapports transmis par les opérateurs délégués, avec des exigences administratives qui mobilisent de manière croissante les agents en place. Cette situation interroge quant à ses effets sur l'organisation et les moyens des services, ainsi que sur la capacité à maintenir une présence directe sur le terrain. » 

la pédagogie. Certains professionnels de la restauration regrettent une perte de la dimension de conseil lors des inspections déléguées, perçues comme plus rigides ou administratives que celles menées historiquement par les agents publics.

La « privatisation rampante » est LA critique centrale car l’externalisation vue comme une perte de contrôle de l’État et une logique de rentabilité incompatible avec la santé publique . Certains parlent de « sécurité sanitaire low-cost ».

Mais le vrai point de tension est la quantité vs la qualité des inspections. Tout le débat se cristallise ici :


Vision de l’État
Vision des critiques
plus de contrôles = plus de sécurité
mieux vaut moins mais mieux
recours au privé = efficacité
risque de dilution du contrôle
centralisation = simplification
simplification incomplète

En résumé, on ne sait pas encore si la réforme va améliorer réellement la sécurité sanitaire des aliments !

Laissons la conclusion à ce document de FO Agriculture, juillet 2025« Police Sanitaire Unique » (PSU) : une réforme qui patine, faute de visibilité, et d’alignement entre objectifs et moyens.

Le groupe de travail du 3 juillet 2025, réunissant la Directrice générale de l’alimentation (DGAl), des agents des directions départementales en charge de la protection des populations (DDecPP) et leurs représentants, a mis en lumière une accumulation préoccupante de dysfonctionnements.

L’écart entre les ambitions initiales et la réalité opérationnelle s’accentue dangereusement. Le nombre d’inspections dans le secteur de la remise directe, initialement fixé à 25 000, a été révisé à la baisse en 2025, pour atteindre seulement 17 000 inspections, traduisant un recul des exigences face aux défaillances des délégataires. Par ailleurs, l’objectif d’augmentation de 10 % des inspections dans les établissements agréés n’a pas été atteint. Quant au taux de réalisation du Plan de Surveillance et de Contrôles (PSPC), il n’était que de 35 % au 30 juin 2025, en raison de difficultés de montée en compétence.

La formation des délégataires, censée garantir la qualité et la fiabilité des contrôles délégués, apparaît aujourd’hui largement insuffisante. Jusqu’à la moitié du temps des agents des DdecPP, en charge du suivi de la délégation, est absorbée par la correction des rapports des délégataires et la saisie dans des outils informatiques défaillants, éloignant ainsi les équipes de leurs missions essentielles de contrôle.

Un autre point de tension concerne la gestion des suites administratives et judiciaires des inspections. FO Agriculture note que dans certains départements, plus de 40 % des inspections donnent lieu à des suites, un seuil critique qui engendre une surcharge importante pour les agents des DDecPP, chargés de leur gestion administrative, de leur suivi et des recontrôles associés, assurés sans moyens adaptés. Sur le plan des moyens humains, la DGAL a confirmé qu’aucune garantie n’est acquise concernant l’octroi des 60 ETP demandés par le ministère de l’agriculture, dans un contexte de réduction massive des dépenses publiques visant à économiser 44 milliards d’euros. Cette absence de moyens fragilise considérablement les services déconcentrés.

Commentaire

Peu m'importe que cette réforme réussisse ou pas car la « police sanitaire unique » n’est pas une rupture totale, mais une réformette qui, si elle ne transforme pas les règles sanitaires, peut peut-être changer la manière dont elles sont appliquées et contrôlées, du moins, c’est ce qu’il faut espérer, plus de contrôles des restaurants, plus de sécurité pour le consommateur, ce sera alors un vrai progrès, si on y ajoute surtout la communication sur les fermetures administratives par les préfets (name & shame). Mais mis à part le préfet du Val d'Oise (la Légende), peu s'y risquent ...

En 2024 (année des J.O.), il y a eu 106 280 inspections officielles; ce chiffre est en trompe-l'oeil, car il y a eu 55 750 inspections réalisées par des organismes délégataires privés, soit en fait 50 530 inspections par le seul service public, chiffre comparable à 2023 !

Notons que plus de 100 000 inspections est ce que la Belgique a réalisé en 2022, selon l'AFSCA.

Cela étant, que de temps perdu, quand on songe qu’en 2012, peu avant l’arrivée d'un nouveau ministre de l’agriculture, il y avait en France 86 239 inspections en sécurité sanitaire des aliments. Combien de pas en arrière pendant toutes ces années, et pendant cela, les TIAC ont augmenté, augmenté ...

L'objectif de la baisse des TIAC attendra donc encore, mais ce qu'on attend surtout, c'est une prise de conscience de la gravité de la situation liée à l'augmentation incroyable des TIAC en 2022, 2023 et vraisemblablement en 2024. 

Où sont les agences comme l'Anses, la DGAL, et Santé publique France ? Leur silence est coupable, tout comme elles l'ont été quand le nombre d'inspections en sécurité des aliments a baissé drastiquement depuis 2012 pendant plus de 10 ans !

Pour mémoire, voici le yo-yo du nombre d'inspections en sécurité des aliments en France, selon la DGAL de 2012 à 2024, instructif, non !
Dans ces conditions, que penser de la phrase extraite d'une infographie du ministère de l'Agriculture selon laquelle « Le système de sécurité sanitaire français est l'un des plus performants au monde », sans doute un effet du 1er avril ?

MàJ du 7 avril 2026Si l'on en croit ce document, le yo-yo évoqué ci-dessus a encore de beaux jours devant lui, car le nombre d'inspections en sécurité des aliments aurait baissé en 2025 par rapport à 2024 et il va aussi continuer à baisser en 2026 par rapport à 2025. Attendons la confirmation avec le rapport d'activités de la DGAL qui devrait paraître mi-mai 2026.