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jeudi 3 septembre 2026

Brève de vacances : Entreprises, comme l’Église, séparez-vous de l’État !

Cette brève de vacances n’a toujours rien à voir avec la sécurité des aliments, et pourtant, à y regarder de près …

Voici donc une tribune de Moïse Mitterrand parue dans Le Figaro du 3 septembre 2026, : «Entreprises, comme l’Église, séparez-vous de l’État !»

Alors que le Medef a reçu la semaine dernière les principaux candidats à l’élection présidentielle, l’essayiste, petit-neveu de François Mitterrand, appelle les entreprises à renoncer à toute subvention publique en échange d’une suppression de tous les impôts, excepté sur les bénéfices.

Extrait

Le problème, c'est l'État qui étouffe ce pays et qui a le toupet de se présenter comme le remède. On voudrait vous faire croire à une guerre de classes: riches contre pauvres, actionnaires contre salariés, retraités contre salariés. C'est faux, l'État est le seul responsable de ces oppositions. Une heure de travail produit 63 euros de richesse. Le salarié en perçoit 23 euros nets, la françaises paient pourtant mieux leurs salariés part la plus faible d'Europe. Les entreprises que leurs concurrentes allemandes, tout en dé-gageant les marges les plus basses du continent. Alors, qui vole qui? Ce ne sont pas les actionnai-res. C'est l'État, qui prélève 29 euros sur cette même heure de trav ail, près de la moitié, et qui ose ensuite se poser en arbitre du partage du reste. L'État est votre premier actionnaire, votre premier employeur, votre plus gros client, et le seul qui ne supporte jamais les conséquences de ses erreurs. Chefs d'entreprise, vous vivez mêmes angoisses que vos salariés.

Commentaire
Lorque j’habitais en Mayenne, j’ai été invité à l’inauguration d’une PME. Le discours officiel disait que pour agrandir cette PME, le dirigeant aurait pû benéficier de subventions publiques que l’État et les collectivités étaient prêts à lui apporter. La réponse du dirigeant de la PME a été en substance la suivante : Merci pour des éventuelles subventions, mais je préfère un prêt auprès d’une banque car je sais qu’en 5 ou 10 ans, ce sera terminé. Avec de l’argent public, je devrais m’en souvenir, et vous me le rappellerez, toute ma vie !

Voir les précédentes brèves de vacances :

mercredi 2 septembre 2026

Brève de vacances: La France ne fabrique pas assez de milliardaires

Je sais, on est loin de la sécurité des aliments, mais ne boudez pas le plaisir de lire une chronique aussi drôle et qu’acide.

Dans cette chronique talentueuse, Bertille Bayart du Figaro écrit le 2 septembre 2026, « La France ne fabrique pas assez de milliardaires ».
L’actualité fait la chronique, désespérante, des succès des cerveaux français aux États-Unis. Nous avons exporté nos milliardaires avant même qu’ils le deviennent.

Extrait

Cette chronique des succès américains des cerveaux français est désespérante. «Ah, monsieur, votre terre est la terre promise! Que je m'estimerais heureux d'exister dans un si bon pays», écrivait un Français (cité dans L'Humeur révolutionnaire, de Robert Darnton). Deux cent quarante ans plus tard, cet appel du large est toujours irrésistible pour les entrepreneurs.

Que vont-ils chercher là-bas? Trois promesses. Celle de pouvoir lever du capital en quantité, c'est-à-dire par centaines de millions voire par milliards de dollars, en Bourse ou auprès des fonds d'investissement. Celle de trouver un écosystème de talents et d'entreprises sur lequel appuyer la croissance d'une entreprise technologique. Celle d'avoir un accès à un marché riche et profond. Et à la clé de ces trois promesses, il y a une possibilité : celle de devenir milliardaire.


Voir les précédentes brèves de vacances :

mardi 1 septembre 2026

Chaque dollar dépensé pour la surveillance de pathogènes d'origine alimentaire par séquençage du génome entier génère un retour sur investissement de 31 dollars, selon une étude

« Une étude suggère que chaque dollar dépensé pour la surveillance des pathogènes d'origine alimentaire par séquençage du génome entier (WGS) aux États-Unis génère un retour sur investissement de 31 dollars », source Food Safety Magazine Editorial Team.

Une nouvelle étude a estimé que chaque dollar investi dans l'analyse par séquençage du génome entier (WGS) pour trois pathogènes majeurs d'origine alimentaire, réalisée par les laboratoires américains du réseau GenomeTrakr, pourrait permettre d'économiser environ 31 dollars en frais de santé évités.

Ces résultats confortent des recherches antérieures, notamment des études menées en Australie et au Canada, qui démontrent les avantages économiques et sanitaires du WGS pour la surveillance nationale des pathogènes d'origine alimentaire.

Publiée dans Journal of Food Protection et dirigée par des chercheurs de la FDA des États-Unis, cette étude a évalué les coûts et les retombées économiques de la surveillance par WGS pour Salmonella enterica, Listeria monocytogenes et Escherichia coli producteurs de shigatoxines (STEC). Les chercheurs ont analysé les données relatives aux coûts et aux volumes de séquençage provenant de 23 laboratoires du GenomeTrakr, dont cinq laboratoires de la FDA et 18 laboratoires partenaires (étatiques ou universitaires) soutenus par la FDA, pour la période de 12 mois allant de juillet 2024 à juillet 2025. Afin d'estimer le retour sur investissement global de la surveillance nationale par GenomeTrakr, les chercheurs ont appliqué le coût moyen pondéré par échantillon (observé dans les laboratoires participants) aux séquençages réalisés par les 36 laboratoires nationaux du GenomeTrakr au cours de la même période.

Principaux résultats

Pour l'ensemble des 23 laboratoires ayant fourni des données sur les coûts, le coût moyen pondéré du WGS s'élevait à 286 dollars par échantillon, dans une fourchette allant de 88 à 1 041 dollars. Des volumes de séquençage plus élevés étaient fortement associés à des coûts par échantillon plus faibles, ce qui suggère l'existence d'économies d'échelle pour les laboratoires traitant des volumes plus importants. En s'appuyant sur un modèle d'analyse du seuil de rentabilité issu d'une étude antérieure sur les retombées économiques de la surveillance par séquençage du génome entier (WGS) en matière de réduction des maladies d'origine alimentaire, les chercheurs ont estimé que la surveillance menée dans les 36 laboratoires a permis d'éviter 870 cas de maladie et 53,7 millions de dollars de coûts liés à la santé. Ce bilan inclut, selon les estimations, 579 cas de salmonellose (pour un coût évité de 9,7 millions de dollars), 17 cas de listériose (42,1 millions de dollars) et 274 cas d'infection à STEC (2 millions de dollars).

Au regard d'un coût annuel de la surveillance par WGS estimé à 1,75 million de dollars, le rapport avantages-coûts global s'établit à environ 31 pour 1. Le rendement variait considérablement d'un laboratoire à l'autre, allant de 2,20 dollars à 123,35 dollars de coûts de santé évités par dollar investi. La surveillance de Listeria a généré le rapport avantages-coûts le plus élevé pour un pathogène donné, soit environ 101,52 dollars par dollar dépensé, contre 12,18 dollars pour Salmonella et 3,66 dollars pour les STEC.

Les chercheurs ont également mis au point un outil de calcul avantages-coûts du WGS, accessible au public, qui permet aux laboratoires de saisir leur volume de séquençage et leurs coûts afin d'estimer le nombre de cas évités, les coûts de santé épargnés et les rapports avantages-coûts pour les trois pathogènes.

Limites et conclusions

Les auteurs ont reconnu plusieurs limites. Les estimations du nombre de cas évités reposaient sur des modèles publiés antérieurement, supposant une relation stable entre le volume de séquençage et la réduction de la maladie ; par ailleurs, l'analyse n'intégrait pas les coûts liés aux infrastructures scientifiques et informatiques centralisées. De plus, l'étude ne portait que sur trois pathogènes et excluait les isolats cliniques. Les chercheurs ont donc précisé que les estimations du retour sur investissement devaient être interprétées principalement du point de vue des laboratoires participants, et non de celui de l'ensemble du système de santé publique.

En conclusion, les chercheurs ont estimé que la surveillance génomique fondée sur le WGS constituait un investissement rentable pour la santé publique et que des outils économiques standardisés pourraient aider les laboratoires à démontrer la valeur de leurs activités de surveillance et à orienter les futurs investissements dans les infrastructures de sécurité des aliments.

mercredi 8 juillet 2026

Les étonnantes méthodes de la grande distribution ...

« Un rapport accablant du Sénat sur les pratiques de la grande distribution », source blog-notes d’Olivier Masbou du 29 mai 2026.

« Menaces », « relations commerciales brutales », le rapport d’une commission d’enquête du Sénat sur les pratiques de la grande distribution (rapport sur les marges des industriels et de la grande distribution) dit enfin clairement ce que les agriculteurs dénoncent depuis des années. « Nous avons constaté l’existence de pratiques prédatrices des distributeurs, envers les industriels et les agriculteurs. En témoigne ce chiffre : seulement 8 % de la valeur ajoutée de l’alimentaire va aux agriculteurs », a déclaré Antoinette Guhl, sénateur (Ecologistes, Paris), rapporteur de la Commission.

Le rapport relève que la répartition de la valeur est « très déséquilibrée au détriment de l’amont (agriculteurs, producteurs, transformateurs et industriels) et au profit de l’aval (grande distribution) ». Ces « relations commerciales brutales » fragilisent la « souveraineté alimentaire du pays ». « L’industrie française est mise sous pression et les marges ont tendance, en particulier pour les PME, à se réduire ».

Le rapport dénonce également « des méthodes de négociation assises sur la menace, l’intimidation et la contrainte ». Il épingle aussi les centrales d’achat européennes qui « sont devenues l’outil favori des distributeurs pour contourner la loi française au profit de droits étrangers ».

Une suite avec David contre Goliath dans le blog-notes d'Olivier Masbou du 6 juillet 2026.

Olivier Mevel est universitaire, maître de conférences en marketing, commerce et distribution. Il est auditionné le 20 janvier dernier dans le cadre de la commission d’enquête parlementaire sur « Les marges des industriels et de la grande distribution ». Le rapport, on le sait, est très sévère contre la grande distribution qui a réagi durement.

Aujourd’hui, les enseignes vont plus loin. Olivier Mevel a reçu, par huissier, mandaté par la FCD, une ‘sommation interpellative’ lui enjoignant de répondre à plusieurs questions concernant son audition (cf. linkedin.com/in/olivier-mevel-090a93b6). Pourquoi est-ce grave ?

Une commission d’enquête parlementaire est, après le vote de la loi, le plus haut niveau d’action du Sénat ou de l’Assemblée nationale. Les personnes entendues doivent prêter serment et un faux témoignage est passible des sanctions prévues par le code pénal (cinq ans d’emprisonnement et 75 000 euros d’amende). Une audition devant une commission d’enquête, c’est pas Jo le Rigolo au bistro du coin!

Si la FCD conteste les propos d’Olivier Mevel, ou de n’importe qu’elle autre personne auditionnée, elle se retourne vers le Sénat qui fera les investigations nécessaires. La méthode retenue par la Fédération, c’est purement, simplement et méchamment de l’intimidation.

Qui osera témoigner dans une autre commission d’enquête (alors que par ailleurs, on ne peut pas se soustraire à une convocation) ?

C’est donc l’institution parlementaire qui est ainsi menacée. Les sénateurs, le président du Sénat, doivent réagir, mais aussi les députés, la présidente de l’Assemblée nationale, le Gouvernement (et notamment le ministre du Commerce qui connaît parfaitement le sujet !) et même le Président de la République, car s’attaquer à une commission d’enquête parlementaire, c’est s’attaquer à la démocratie.

Mevel contre la FCD, c’est David contre Goliath. Je crois me souvenir que c’est David qui gagne à la fin !

mercredi 13 mai 2026

Ÿnsect : autopsie d’un fiasco industriel

« Ÿnsect : autopsie d’un fiasco industriel » est un article de Gil Rivière-Wekstein paru sur son blog Agriculture et Environnement.
Extraits

La liquidation judiciaire d’Ÿnsect, prononcée le 1er décembre 2025 par le tribunal de commerce d’Évry laisse une usine vide et 43 chômeurs, alors que plus de 600 millions d’euros avaient été levés, dont 148 millions d’argent public. Retour sur l’un des symboles d’une décennie d’égarement politique.

L’État a endossé et financé ce projet, qui relevait bel et bien d’une sorte de fantasme collectif. 

Loin d’être une mésaventure isolée, cette affaire témoigne de l’égarement politique et industriel français des années Macron.

Dans le même temps, le président Macron voyait en Ÿnsect un « champion de demain », tandis que le ministre de l’Économie de l’époque, Bruno Le Maire, notait, il y a à peine trois ans : « Je pense par exemple à Ÿnsect ou Innovafeed, qui inventent la filière agroalimentaire de demain. »

A lire dans le détail car ce fiasco financier mais aussi écologique est une illustration parmi d'autres de l'illusion de la trop fameuse et vaseuse transition écologiste.

MàJ du 16 juin 2026. J’apprends la liquidation de Swap Food : le mirage du « faux poulet » à 20 euros le kilo.

La start-up française Swap Food (ex-Umiami), fleuron des substituts végétaux, a été judiciairement liquidée le 11 juin et va cesser son activité. Malgré une levée de fonds massive de 100 millions d'euros, l'entreprise n'a pas su pérenniser son modèle économique. Sa technologie de pointe, visant à imiter la fibre de chair de poulet à partir de soja et de levures, illustre les limites desnproduits ultra-transformés à haut coût de production, avec un positionnement « premium » affiché à 20 euros le kg.

mardi 5 mai 2026

Chaque dollar investi dans la sécurité des aliments peut générer un retour sur investissement de 46 dollars. Quid de la France ?

Selon un nouveau rapport
 
de l'Organisation mondiale de la santé (OMS), chaque dollar US investi dans la 
sécurité des aliments pourrait générer un retour sur investissement de 46 dollars US sous forme de valeur pour la santé publique. En ce moment, 1 USD = 0,855 euros. Source Food Safety Magazine.
Voir aussi 10 raisons pour lesquelles la surveillance des maladies d'origine alimentaire est importante selon l’OMS

Le fardeau mondial des maladies d'origine alimentaire

En 2010, les maladies d'origine alimentaire ont causé, dans le monde, 600 millions de cas de maladie et 420 000 décès prématurés, entraînant une perte de 33 millions d'années de vie en bonne santé due à la mortalité prématurée ou à l'invalidité, selon l'OMS. Ces pertes représentent 95 milliards de dollars par an pour les pays à revenu faible et intermédiaire, en raison de la baisse de productivité. Le fardeau sanitaire mondial des maladies d'origine alimentaire est comparable à celui de la tuberculose et du paludisme.

Bien entendu, comparaison n’est pas raison, et donc comparer la France avec les pays à revenu faible et intermédiaire n’est pas raisonnable, et pourtant, chez nous, on peut constater les aspects suivants …

En résumé, en 2025, le programme 206, « Sécurité et qualité sanitaires de l’alimentation », évolue selon trois grandes lignes :

- Réduction budgétaire significative : les autorisations d’engagement passent d’environ >1,04 Md€ en 2024 à 926,9 M€ en 2025, soit -10,5 %.
- Les crédits de paiement diminuent également (environ -5 %). (Sénat), d’où une pression accrue sur les missions de contrôle sanitaire.
- Réorientation vers des priorités ciblées (risques sanitaires, maladies animales, nouvelles exigences réglementaires).
On passe ainsi d’un modèle d’expansion à un modèle de gestion contrainte avec une priorisation des risques sanitaires.

Une trajectoire confirmée après 2025, car les données pour 2026 confirment la tendance :

- poursuite de la baisse des crédits du programme 206,
- mais une hausse ciblée de certaines actions, notamment la lutte contre les maladies animales. (Sénat)
Cela montre que dès 2025, le programme entre dans une phase de recomposition plutôt que de croissance.

Cela signifie que les 106 280 inspections en sécurité des aliments de 2024 n’ont été qu’une hirondelle de printemps. En 2025, le blog table sur une baisse de 20%, soit autour de 83 000 inspections, en espérant se tromper ...

Rappelons que l'OMS publiera en juin de nouvelles estimations sur les maladies d'origine alimentaire à l'occasion de la Journée mondiale de la sécurité sanitaire des aliments.

vendredi 1 mai 2026

La Ferme France en déroute, mais la partie n’est pas terminée

Les extraits qui suivent sont issus de l’article du 28 avril 2026 de Gil Rivière-Wekstein, « La Ferme France en déroute, mais la partie n’est pas terminée ».

Le sénateur Laurent Duplomb dresse le constat d’un solde commercial agricole en chute libre et de filières en souffrance sous trop de normes étouffantes, tandis que, pendant ce temps, le reste de l’Europe progresse.

À l’occasion des premières Assises de la lutte contre le déclin agricole, qui ont eu lieu au Sénat le 2 février dernier, le sénateur Laurent Duplomb a rendu publics ses travaux visant à actualiser les chiffrages du rapport La France, un champion agricole mondial : pour combien de temps encore ? publié en 2019. Ses conclusions, dont la presse a fait peu de cas, sont sans appel, et présentées sous un titre qui les résume parfaitement : Balance commerciale agricole : chronique d’une chute annoncée. Y a-t-il un pilote dans le tracteur France ?

La démarche du rapporteur s’inscrit dans la continuité de son travail sénatorial. En effet, dès 2019, Laurent Duplomb identifiait trois «  » : la stagnation en volume de la production française, le risque de disparition de l’excédent commercial agricole et la montée des importations alimentaires. Ces tendances ont malheureusement été confirmées en 2022 par un rapport sur la compétitivité de la Ferme France. Depuis lors, les choses ont empiré, dépassant les prévisions les plus sombres.

L’Europe avance, la France recule

En 2019, son solde commercial agricole s’élevait à 7,7 milliards d’euros. En 2024, il était tombé à 3,9 milliards, soit une chute de 49 % en cinq ans. Dans le même temps, le solde italien progressait de 66 % et le solde espagnol de 34 %. À la fin 2025, la situation est devenue historiquement critique.

Les causes d’une contre-performance historique

Inutile de tourner autour du pot : les causes sont bel et bien franco-françaises et ne sont pas imputables aux contraintes imposées par l’UE, ni aux futurs accords de libre-échange.
Sans surprise, le rapporteur souligne que les causes structurelles, bien connues, étaient déjà documentées dans son rapport de 2022 : la perte de compétitivité y joue un rôle essentiel. Et d’ajouter que le poids considérable des normes françaises est sans équivalent en Europe. Reprenant les propos de l’ancien Premier ministre François Bayrou, en janvier 2025, Laurent Duplomb rappelle ainsi que le coût des normes s’évalue à 0,17 % du PIB en Allemagne, 0,8 % en Italie, mais à près de 4 % en France, soit une charge vingt fois supérieure à celle de son principal concurrent européen. Traduit en euros, cela représente 120 milliards par an, « de quoi boucher le déficit budgétaire plusieurs fois »

Cinq défis inchangés depuis 2019

Pour y parvenir, cela nécessite en premier lieu de retrouver de la compétitivité, qui, selon le rapporteur, représente « le nerf de la guerre ». Le desserrement des contraintes normatives inutiles et la lutte contre les surtranspositions franco-françaises constituent à cet égard des leviers prioritaires. En second lieu, il convient de lutter contre la concurrence déloyale et de maintenir une politique agricole commune ambitieuse. Or, les premières annonces faites par la Commission européenne à la fin 2025 laissaient présager une baisse de 22 à 30 % des crédits de la prochaine PAC. Pour la France, cela représenterait une enveloppe de 50,9 milliards d’euros sur la période, soit plus de 7 milliards par an contre plus de 9 milliards actuellement. Un recul qui serait donc considérable à l’heure où, souligne le rapporteur, le soutien public à l’agriculture serait plus que jamais nécessaire.

Définir enfin un cap

Le rapporteur insiste sur l’importance de retrouver un cap stratégique pour l’agriculture française.
Le constat d’échec de la gouvernance agricole française reste le plus préoccupant, les chiffres de la balance commerciale ne faisant qu’accompagner la réalité d’un déclin, qui a pris racine dès 2007 avec le fameux Grenelle de l’environnement et la mise en place d’une politique de réelle décroissance, sous les présidences successives de Nicolas Sarkozy, François Hollande et Emmanuel Macron.
Certes, la partie n’est pas encore perdue pour la France, car notre pays dispose toujours, malgré tout, de la première surface agricole utile d’Europe et d’agriculteurs d’un haut niveau d’excellence. Mais chaque année d’immobilisme rendra cependant le redressement de plus en plus difficile et coûteux.

lundi 11 décembre 2023

«On marche sur la tête» : La colère des agriculteurs

mardi 5 décembre 2023

Le coût des poulets label rouge : Bienvenue en Absurdisthan !

jeudi 30 novembre 2023

Trois raisons qui expliquent pourquoi le bio est plus cher

lundi 20 novembre 2023

Vers une éventuelle reprise du site de Nestlé à Caudry par Italpizza

Nestlé négocie avec Italpizza la vente de son usine de Caudry, à l’arrêt après le scandale sanitaire des pizzas Buitoni. Source L’Usine Nouvelle.

Nestlé est entré en négociation exclusive avec le numéro un des pizzas surgelées en Italie Italpizza pour lui céder son usine de Caudry, a-t-il annoncé lundi 13 novembre. En raison d’une chute des ventes depuis le scandale sanitaire qui mettait en cause les pizzas de la marque Buitoni, fabriquées sur place, en mars 2022, le site, actuellement à l’arrêt, cherchait un repreneur.

L’horizon se dégage enfin pour les salariés du site Nestlé de Caudry (Nord). Le géant de l’agroalimentaire a annoncé lundi 13 novembre être entré en «négociation exclusive» avec Italpizza en vue de lui céder son usine, où sont fabriqués des produits de la marque Buitoni mis en cause dans un scandale sanitaire en mars 2022. Une cinquantaine d’enfants avaient alors été hospitalisés en raison d’une intoxication alimentaire par la bactérie E. coli après avoir consommé des pizzas Buitoni surgelées de la gamme Fraîch'Up. Deux en sont morts.

Basée à Modène, en Italie, Italpizza, numéro un des pizzas surgelées dans le pays qui compte autour de 1 700 salariés, possède actuellement six usines en Europe qui «fournissent des clients dans 56 pays», d’après le groupe suisse. La reprise du site par cette entreprise pourrait permettre de «relancer une activité de production au travers d’un projet solide et pérenne avec des perspectives d’emploi et d’investissement sur le territoire», dit Nestlé dans un communiqué, en précisant que le projet pourrait être finalisé d'ici début 2024.

Le 30 mars 2023, soit quelques mois après la reprise de la production, Nestlé avait définitivement mis à l’arrêt son usine sous prétexte que les volumes de vente de ses produits avaient chuté. Il avait annoncé la recherche d'un repreneur pour ce site, et son éventuelle fermeture. Les syndicats avaient alors obtenu de la direction que les salaires de la centaine de salariés soient maintenus jusqu’à la fin de l’année 2023. D’après Les Echos, le ministre délégué chargé de l'Industrie Roland Lescure se rendra sur place à Caudry mardi 14 novembre pour annoncer officiellement la nouvelle aux salariés.

Effectivement, le ministre s’est rendu à Caudry le 14 novembre 2023, et il a déclaré, «Quarante salariés en 2024, l'avantage d'ITALPIZZA, c'est qu'ils ont besoin de produire très vite et donc ils vont produire dès 2024 des pizzas à Caudry, puis 70 en 2025 et à terme (2026 ou 2027) 140 salariés.

Bien entendu, les promesses d'un ministre n'engagent que ceux qui les écioutent ...

jeudi 10 août 2023

Excellente nouvelle ! La simili-viande de Beyond Meat ne fait plus recette

Vous voyez qu’en été, il y a ici et là de bonnes nouvelles ...

«La simili-viande de Beyond Meat ne fait plus recette», source article de Marie Bartnik dans Le Figaro du 10 août 2023.

Son chiffre d’affaires a chuté de 30% au deuxième trimestre, entraînant dans son sillage son cours de Bourse.

Les temps fastueux de son introduction en Bourse, quand Beyond Meat était valorisée 3,8 milliards de dollars, semblent loin. La start-up spécialisée dans la viande végétale n’en vaut plus que 841 millions à la Bourse de New York. La publication de ses résultats pour le deuxième trimestre a une nouvelle fois fait chuter son cours de Bourse, tombé à 13 dollars, soit 65 % de moins qu’en début d’année…

Un temps jugé très prometteur, le marché de la simili-viande accuse aujourd’hui le coup. Le créneau de Beyond Meat consiste à proposer des produits au goût de viande, mais fabriqués à partir de matières végétales, comme les protéines de pois, l’huile de colza, l’huile de noix de coco, les protéines de riz ou la fécule de pomme de terre. Ce produit est censé répondre au désir des consommateurs de manger moins de viande animale, afin de préserver leur santé et la planète. L’offre de Beyond Meat se distingue des offres émergentes de viande animale produites en laboratoire - un marché encore embryonnaire.

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Commentaire

Encore un qui n’a rien compris, c’est le ministre de l'Economie qui a inauguré le plus grand site français dédié au simili-carné, à Chevilly dans le Loiret.  Il faudra s’en souvenir et le pire, c'est qu'il est ministre de l'Economie, c'est-à-dire ministre de l'argent des contribuables !

«Inflation». Mais pourquoi la fausse viande, qui se dit pourtant amie des animaux et de la planète, est-elle à ce point boudée ? Il ne faut pas chercher très loin : c’est un produit qui n’existe que lorsqu’il y a des clients assez aisés pour s’offrir ces concoctions alambiquées qui foisonnent dans une concurrence débridée des recettes. La réduction de la consommation de viande est, certes, une tendance de fond, le remplacement par des substituts à la mode, non. Quand le porte-monnaie se resserre, les clients ne s’offrent plus de fantaisies... Ils reviennent aux protéines animales moins chères, comme la volaille.

«L’environnement opérationnel continue d'être affecté par des incertitudes liées à la situation macro-économique, y compris une faible demande pour la catégorie des substituts de viandes à base de plantes, une inflation élevée, la hausse des taux d’intérêt», a souligné Beyond Meat. Source L’Opinion du 10 août 2023.

Mise à jour du 7 novembre 2023
On lira l'article publié sur le blog d'André HeitzBeyond Meat s'effondre sans répit – la vérité sur le veggie boom.

dimanche 23 juillet 2023

Et si on laissait faire les agriculteurs ? Faire pousser des légumes sur le toit des immeubles parisiens, c’est pas rentable !

 Ça alors, les fermes urbaines ne marcheraient pas, étonnant, non ?

dimanche 18 juin 2023

Bonne nouvelle ! Les entreprises de 'viande végétale' rencontrent de grosses difficultés économiques

«D’autres entreprises de viande alternative en difficulté», source article de Jim Romahn paru le 16 juin 2023 sur son blog Agri 007.

La valeur des actions que le fabricant de viandes alternatives à base de plantes Impossible Foods Inc. offre aux employés a plongé depuis octobre 2021, selon un nouvel article de Bloomberg.

L'offre actuelle est de 1,67 $ par action, soit une baisse de 89%.

Les fabricants de substituts de protéines végétales afin de remplacer la viande ont plongé en Amérique du Nord et en Europe. Une entreprise au Royaume-Uni s'est récemment effondrée, mettant 50 personnes au chômage.

Maple Leaf Foods Inc., qui a investi massivement pour acheter deux entreprises et construire une grande usine aux États-Unis, a récemment déclaré que ses attentes étaient désormais réduites à l'équilibre pour le reste de cette année.

Commentaire

Il faudrait sans doute dire à M. Le Maire que ces entreprises ne font plus top recette ou alors le ministre de l’économie ne sait compter, c’est une autre possibilité que je n’écarte pas ...
La photo illustre l’inauguation d’une usine de viande végétale par le ministre de l’économie.

mardi 30 mai 2023

Retour sur les spécialités végétales et bio de Jay&Joy contaminées par Listeria, après un reportage sur RMC. Nos impôts ont été très mal utilisés !

Cela étant, cette affaire a commencé avec déjà un rappel en retard en juillet 2022 comme le rapporte le blog ici.

Il s’agissait de spécialités végétales bio se présentant comme des ‘fauxmages’ bio et on en sait un peu plus sur cette éclosion à Listeria avec des produits Jay&Joy en France, comprenant des personnes malades et les anciens membres du personnel, avec ce reportage que l’on peut lire sur RMC, «Fromages Jay&Joy contaminés à la listeria: des victimes témoignent, des ex-salariés dénoncent».

Contaminée à la bactérie Listeria, l’usine Jay&Joy, dans l’Oise, a produit des fromages vegan qui ont provoqué 5 cas graves de listériose entre avril et décembre 2022. Quatre de ces cas sont des femmes qui ont accouché prématurément.

RMC a pu retrouver deux d'entre elles, dont Fanny. En juillet dernier, elle est enceinte de sept mois quand tout bascule. «J'ai commencé à avoir des grosses sueurs, de la fièvre, une toux très forte. Je n'arrivais vraiment plus à marcher, et je me sentais partir en fait», raconte-t-elle.

Après son passage entre les mains des médecins, le diagnostic est posé. «La bactérie a été identifiée, c'était donc la listériose. J'avais tout un protocole d'antibiotiques à suivre, donc là je suis restée alitée, j'ai très peu bougé tout le reste de ma grossesse», poursuit-elle.

Fanny a accouché un mois avant le terme. Les tests menés par l’Agence régionale de santé ont prouvé qu’elle a été infectée par la même souche de Listeria que celle retrouvée dans l’usine Jay&Joy. Aujourd’hui, elle va bien, son bébé de 8 mois aussi, malgré les angoisses de mort qui perdurent.

Si Fanny a décidé de prendre la parole, c’est pour dénoncer l’attitude de la marque. En effet, dès qu’elle a appris sa contamination à la listéria, Fanny a pris contact avec Jay&Joy pour leur demander de diffuser des alertes sur les risques liés à leur produit. Fanny s'est toutefois opposée au refus catégorique de la marque.

«J'ai appris qu'il y avait une femme qui avait vécu les mêmes choses que moi, qui avait fait les mêmes démarches auprès d'eux en avril, soit trois mois avant. Je ne comprends pas comment on ne peut pas se dire 'Mon dieu, potentiellement des femmes vont mourir avec mes produits, il faut qu'il se passe quelque chose', c'est ça que je ne comprends pas», déplore la mère de famille.

En avril 2022, suite au premier cas de listériose, un rappel de produits est décidé. Mais la vente reprend un mois plus tard. Et aucune campagne de prévention à destination des femmes enceintes n’est lancée par Jay&Joy. Bien avant cette date, l’entreprise avait déjà rencontré de graves problèmes d’hygiène. Une ancienne salariée a accepté de témoigner de son histoire, sous couvert d’anonymat. Son témoignage, exclusif, est confirmé par d’autres ex-employés avec qui RMC est en contact.

Cette employée, Assia, est entrée chez Jay&Joy en 2019, au lancement de la marque et avant l’ouverture de leur usine dans l’Oise. Elle a travaillé plus d’un an dans leurs locaux parisiens.

Cette ancienne employée nous a transmis des photos et des vidéos hallucinantes, dans lesquels on y voit notamment une cave de 15m2 installée sous la boutique, sans fenêtres, sans issue de secours et infestée de rongeurs. «Tous les matins, il fallait que je cherche là où il y avait les pièges pour retirer les souris mortes», relate la jeune femme.

«Forcément, il y avait des excréments partout, sur ma table de travail, sur les emballages de fromages, sur les cartons et aussi les matières premières. Je ne supportais plus de travailler dans ces conditions de saleté là», explique Assia, ancienne employée

Assia a donc alerté l’inspection du travail avant de quitter définitivement l’entreprise. Le 15 juillet 2020, des inspecteurs se sont rendus sur place. Dans un échange de mails que RMC a pu se procurer, l’inspectrice du travail explique que «compte-tenu du déménagement imminent des locaux dans l’Oise, mon action sera très limitée concernant l'hygiène et la sécurité car l'entreprise ne sera plus sur mon secteur.»

Le 26 décembre dernier, c’est justement dans la nouvelle usine de l’Oise que la bactérie listeria est découverte sous une plinthe.

Du côté de la marque Jay&Joy, on assure que pour des raisons financières, la marque a cessé la production et qu’elle a demandé son placement en redressement judiciaire le 8 mars dernier. Elle rappelle qu’elle a présenté ses excuses aux victimes, «cette situation est une souffrance», explique la direction, qui affirme qu'à «aucun moment» la société a «menti».

Commentaire
Reportage décevant de RMC qui continue à appeler fromages ce qui est en fait des fauxmages.
Pour le reste, rappelons qu’à ma connaissance, il y a eu huit personnes qui ont été atteintes de listériose, cinq cas en France comme le relatait Santé publique France et trois cas supplémentaires ont été identifiés en Allemagne, en Belgique et aux Pays-Bas.

On apprend aussi que la société a été placé en redressement judiciaire.

La liste des soutiens financiers est très importante, on peut même dire que l'entreprise a tapé aux bonnes portes. Cela étant, il vous faut savoir que bpiFrance, la banque publique d'investissement française, a soutenu le projet de Jay&Joy, c’est-à-dire en quelque sorte nos impôts qui ont été une nouvelle fois bien mal utilisés. On lira sur le site de bpiFrance, Jay&Joy, les « vromages » qui s’exportent en Europe. Parmi les autres soutiens financiers, il y aurait la Nef, pour une banque éthique, quelle farce !

Cette affaire n’est pas sans rappeler une autre entreprise de fausse viande pour laquelle récemment le ministre de l'économie a fait de la pub ! Si j’étais cette entreprise, je me méfierais des coups de pouce financiers publics, ça porte malheur ...

Enfin, le site Internet de Jay&Joy semble toujours exister, comme si de rien n’était, mais je n’ai pas trouvé trace ni de rappels, ni d’excuses. Comportement de start-up gavée de subventions !

NB : Merci à Joe Whitworth d’avoir signalé cette information.

mercredi 10 mai 2023

De l'agriculture urbaine ...

vendredi 21 avril 2023

Dans les pays à faibles ressources, le manque de diagnostics entrave la lutte contre la résistance aux antimicrobiens

«Dans les pays à faibles ressources, le manque de diagnostics entrave la lutte contre la résistance aux antimicrobiens», source article de Chris Dall paru le 19 avril 2023 dans CIDRAP News. Le blog vous propos une petite partie de cet article à lire en intégralité.

Dans une étude publiée l'année dernière dans The Lancet, une équipe internationale de chercheurs a estimé que 1,27 million de personnes sont décédées en 2019 d'une infection résistante aux antibiotiques, et près de 5 millions de décès étaient associés à la résistance aux antimicrobiens (RAM).

L'étude, l'une des premières à chiffrer concrètement le fardeau mondial de la résistance aux antimicrobiens, a révélé que les pathogènes bactériens résistants aux médicaments constituent une menace majeure pour la santé mondiale et sont aussi meurtriers que les maladies infectieuses comme le VIH et le paludisme. Et bien qu'ils constituent une menace pour le monde entier, la charge de la mortalité la plus élevée se trouve dans les pays à revenu faible et intermédiaire (LMICs pour low- and middle-income countries), en particulier ceux d'Afrique subsaharienne et d'Asie du Sud.

«Les charges élevées de la RAM liée aux bactéries sont fonction à la fois de la prévalence de la résistance et de la fréquence sous-jacente des infections critiques telles que les infections des voies respiratoires inférieures, les infections du sang et les infections intra-abdominales, qui sont plus élevées dans ces régions», ont écrit les auteurs de l'étude.

L'étude, ainsi que de nombreuses autres qui ont été menées dans les LMICs, a cité plusieurs raisons pour lesquelles la RAM a un impact disproportionné dans les milieux à faibles ressources. Parmi eux : l'utilisation inappropriée d'antibiotiques qui peuvent être facilement achetés sans ordonnance, les antibiotiques contrefaits et de qualité inférieure, et le manque d'assainissement et d'hygiène. Tous jouent un rôle dans l'augmentation des taux de résistance.

Mais le facteur le plus important est peut-être le manque d'outils de diagnostic qui peuvent déterminer le bon antibiotique nécessaire pour l'infection d'un patient ou si un antibiotique est nécessaire. La disponibilité limitée de ces diagnostics dans les pays pauvres, qu'il s'agisse d'un système automatisé capable d'identifier la bactérie spécifique à l'origine d'une infection et de tester la sensibilité aux antibiotiques, ou d'un test rapide capable de déterminer si une infection est bactérienne ou virale, entrave la capacité de ces pays à faire face à la menace croissante de la résistance aux antimicrobiens au niveau le plus élémentaire.

«La disponibilité d'aides au diagnostic pour soutenir ou informer l'utilisation prudente des médicaments antimicrobiens», a déclaré à CIDRAP News Otridah Kapona, scientifique au laboratoire spécialisé dans la résistance aux antimicrobiens à l'Institut national de santé publique de Zambie. «Et l'inverse est vrai : le manque de capacité de diagnostic, je dirais, soutient l'utilisation inappropriée des médicaments antimicrobiens.»

Manque de capacité de diagnostic dans les hôpitaux et en ville
Kapona, qui a participé à l'élaboration et à la mise en œuvre du premier plan d'action national de la Zambie sur la résistance aux antimicrobiens, affirme que le manque de capacité de diagnostic dans des pays comme la Zambie se manifeste à plusieurs niveaux.

Dans la plupart des hôpitaux des pays riches, les cliniciens ont accès à des systèmes automatisés coûteux qui peuvent fournir une identification rapide des agents pathogènes et effectuer des tests de sensibilité aux antibiotiques (TSA) directement à partir d'échantillons de patients. Mais dans de nombreux hôpitaux des LMICs, les bactéries provenant d'échantillons de patients doivent être cultivées pour identifier l'agent pathogène spécifique et effectuer des tests de sensibilité aux antibiotiques, un processus qui peut prendre 2 à 3 jours.

En conséquence, les cliniciens dans ces milieux ne connaissent souvent pas la bactérie spécifique qui cause l'infection et finissent par traiter les patients en fonction de leurs symptômes et de leur propre expérience clinique. Le résultat typique est un traitement avec des antibiotiques à large spectre qui couvrent un large éventail de bactéries mais peuvent favoriser la résistance.

«Nous ciblons à peu près tout», a déclaré Kapona. "Nous ne sommes pas spécifiques dans notre gestion, et l'utilisation de tels médicaments accélère le rythme auquel la résistance aux antimicrobiens se développe dans des pays comme la Zambie.»

Des scénarios similaires sont observés dans d'autres LIMCs dépourvus du type de systèmes de diagnostic sophistiqués qui pourraient permettre aux cliniciens de déterminer rapidement l'antibiotique spécifique nécessaire. Une étude menée en 2020 par des chercheurs du Center for Disease Dynamics, Economics & Policy a révélé que l'utilisation d'antibiotiques «Watch», un étiquetage donné aux antibiotiques à large spectre qui, selon l'OMS, ne devrait pas être utilisée pour les infections de routine en raison de leur potentiel plus élevé de promotion de la résistance a augmenté de 165% dans les LIMCs de 2000 à 2015.

Les capacités de diagnostic limitées dans les hôpitaux et le manque de laboratoires de référence clinique capables d'effectuer des tests pour les hôpitaux ne sont pas les seules raisons de cette augmentation ; un mauvais assainissement et une incidence plus élevée d'infections résistantes aux médicaments sont également des facteurs. Mais le manque de capacité de diagnostic joue un rôle important.

«Il y a très peu de laboratoires capables de faire de la microbiologie, où ils peuvent identifier correctement un organisme et effectuer des tests de sensibilité aux antimicrobiens pour informer les antimicrobiens que le médecin doit utiliser pour traiter ce patient ou client particulier», a déclaré Kapona.

Et cela a un effet en cascade, selon Cecilia Ferreyra, directrice du programme RAM de la Foundation for Innovative New Diagnostics (FIND). Si les cliniciens hospitaliers n'envoient pas d'échantillons bactériens pour être cultivés et testés pour la sensibilité parce que le processus prend trop de temps, alors les hôpitaux n'ont pas une idée des profils de résistance pour divers agents pathogènes et ne peuvent pas élaborer de directives de traitement précises.

«Lorsqu'un patient se rend à l'hôpital et que nous n'avons pas de diagnostics qui peuvent rapidement me dire si ce patient a une infection à Klebsiella ou une infection à staphylocoque… je ne saurai pas quoi utiliser», a déclaré Ferreyra. «Et parce qu'il y a ce manque général de données sur ce qu'est un profil résistant dans ces contextes, je vais prescrire quelque chose qui pourrait ou non être vraiment utile du tout.»

Le manque de diagnostics affecte également la prescription d'antibiotiques au niveau communautaire dans les milieux à faibles ressources, où les petites cliniques de soins primaires ont encore moins de ressources. Comme Ferreyra, Kapona et leurs collègues l'ont noté dans un article publié l'année dernière dans PLOS Global Public Health, le test le plus largement utilisé dans ces contextes pour déterminer si une infection est virale ou bactérienne, le test de la protéine C réactive (CRP), ne peut pas distinguer si les niveaux élevés de CRP sont causés par des bactéries ou par le paludisme, la dengue ou la COVID-19. Et d'autres tests sur le marché sont trop chers pour les milieux à faibles ressources.

Sans tests rapides, précis et abordables au point de service qui peuvent rapidement distinguer si une infection est bactérienne ou virale, les adultes et les enfants qui entrent avec de la fièvre ou des symptômes respiratoires causés par un virus sont susceptibles de repartir avec des antibiotiques, ce qui sont souvent considérés comme une solution simple et rapide.