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jeudi 10 septembre 2026

Brèves de vacances : Le 110 mètres haies le moins rapide !

Le blog-notes d’Olivier Masbou est revenu de vacances pour nous proposer dans la rubrique le blog en camagne, « Le 110 mètres haies le moins rapide ».

Ce qui suit est une illustration parfaite des pesanteurs de la vie publique française. 

En janvier 2024, Gabriel Attal, alors Premier ministre, prend l’engagement de passer de treize réglementations différentes sur les haies à une seule. Ce régime unique a été adopté un an plus tard dans la loi d’orientation pour la souveraineté alimentaire et le renouvellement des générations futures promulguée le 24 mars 2025. 

Une typologie de haies a été fixée par arrêté interministériel en date du 3 avril 2026. Le régime unifié applicable aux travaux sur les haies va entrer en vigueur le 1er octobre 2026, soit 2 ans et 9 mois après la première annonce. 

33 mois, plus de la moitié d’un quinquennat, pour simplifier une seule mesure !

Brève de vacances : En 2026, les rappels de produits alimentaires en France ont atteint leur vitesse de croisière

J’avais écrit cet article en mars 2026, ici, pour signaler le net rebond des rappels de produits alimentaires en France en 2025, avec 15 % d’augmentation.

Qu’en sera-t-il en 2026, vaste question ?

Il semble néanmoins acquis que le chiffre dépassera les 2000 rappels, une constante depuis 2022, car depuis le début de l’année, les rappels mensuels oscillent entre 150 et plus de 200.

- 3 243 en 2021 (de mars à décembre 2021)

- 2 441 en 2022
- 2 022 en 2023
- 2 086 en 2024
- 2 323 en 2025
- 1 572 (au 9 septembre)
Les données mentionnées ne concernent que les produits alimentaires avec un code-barre. 
Que peut-on en dire ?

- Y a-t-il beaucoup de rappels ?

Oui, incontestablement.

- Y en a-t-il davantage qu'avant ?

Ce que l’on peut dire, c'est que le nombre de rappels enregistrés est élevé depuis la création en 2021 de RappelConso, auparavant, c’était assez hétéroclite ...

- Notre alimentation est-elle devenue moins sûre ?

Bien sûr que non ! Le nombre de rappels ne suffit pas à le démontrer, mais c'est un élément dans le contexte de la sécurité des aliments en France.

jeudi 3 septembre 2026

Brève de vacances : Entreprises, comme l’Église, séparez-vous de l’État !

Cette brève de vacances n’a toujours rien à voir avec la sécurité des aliments, et pourtant, à y regarder de près …

Voici donc une tribune de Moïse Mitterrand parue dans Le Figaro du 3 septembre 2026, : «Entreprises, comme l’Église, séparez-vous de l’État !»

Alors que le Medef a reçu la semaine dernière les principaux candidats à l’élection présidentielle, l’essayiste, petit-neveu de François Mitterrand, appelle les entreprises à renoncer à toute subvention publique en échange d’une suppression de tous les impôts, excepté sur les bénéfices.

Extrait

Le problème, c'est l'État qui étouffe ce pays et qui a le toupet de se présenter comme le remède. On voudrait vous faire croire à une guerre de classes: riches contre pauvres, actionnaires contre salariés, retraités contre salariés. C'est faux, l'État est le seul responsable de ces oppositions. Une heure de travail produit 63 euros de richesse. Le salarié en perçoit 23 euros nets, la françaises paient pourtant mieux leurs salariés part la plus faible d'Europe. Les entreprises que leurs concurrentes allemandes, tout en dé-gageant les marges les plus basses du continent. Alors, qui vole qui? Ce ne sont pas les actionnai-res. C'est l'État, qui prélève 29 euros sur cette même heure de trav ail, près de la moitié, et qui ose ensuite se poser en arbitre du partage du reste. L'État est votre premier actionnaire, votre premier employeur, votre plus gros client, et le seul qui ne supporte jamais les conséquences de ses erreurs. Chefs d'entreprise, vous vivez mêmes angoisses que vos salariés.

Commentaire
Lorque j’habitais en Mayenne, j’ai été invité à l’inauguration d’une PME. Le discours officiel disait que pour agrandir cette PME, le dirigeant aurait pû benéficier de subventions publiques que l’État et les collectivités étaient prêts à lui apporter. La réponse du dirigeant de la PME a été en substance la suivante : Merci pour des éventuelles subventions, mais je préfère un prêt auprès d’une banque car je sais qu’en 5 ou 10 ans, ce sera terminé. Avec de l’argent public, je devrais m’en souvenir, et vous me le rappellerez, toute ma vie !

Voir les précédentes brèves de vacances :

mercredi 2 septembre 2026

Brève de vacances: La France ne fabrique pas assez de milliardaires

Je sais, on est loin de la sécurité des aliments, mais ne boudez pas le plaisir de lire une chronique aussi drôle et qu’acide.

Dans cette chronique talentueuse, Bertille Bayart du Figaro écrit le 2 septembre 2026, « La France ne fabrique pas assez de milliardaires ».
L’actualité fait la chronique, désespérante, des succès des cerveaux français aux États-Unis. Nous avons exporté nos milliardaires avant même qu’ils le deviennent.

Extrait

Cette chronique des succès américains des cerveaux français est désespérante. «Ah, monsieur, votre terre est la terre promise! Que je m'estimerais heureux d'exister dans un si bon pays», écrivait un Français (cité dans L'Humeur révolutionnaire, de Robert Darnton). Deux cent quarante ans plus tard, cet appel du large est toujours irrésistible pour les entrepreneurs.

Que vont-ils chercher là-bas? Trois promesses. Celle de pouvoir lever du capital en quantité, c'est-à-dire par centaines de millions voire par milliards de dollars, en Bourse ou auprès des fonds d'investissement. Celle de trouver un écosystème de talents et d'entreprises sur lequel appuyer la croissance d'une entreprise technologique. Celle d'avoir un accès à un marché riche et profond. Et à la clé de ces trois promesses, il y a une possibilité : celle de devenir milliardaire.


Voir les précédentes brèves de vacances :

Eclairage sur Campylbacter en Nouvelle-Zélande et en France

1. Un article récemment paru dans Journal of the Royal Society of New Zealand, traite de la « Detection of Antibiotic‐Resistant Campylobacter on Retail Chicken in New Zealand: A Sentinel Survey » ou Détection de Campylobacter résistant aux antibiotiques dans le poulet vendu au détail en Nouvelle-Zélande : une enquête sentinelle.

Résumé

Les antibiotiques sont essentiels pour traiter et prévenir les infections chez l'homme, l'animal et les végétaux. Toutefois, l'utilisation d'antimicrobiens, en particulier lorsqu'elle est inutile ou inappropriée, a contribué à l'émergence et à la propagation de l'antibiorésistance. La transmission par voie alimentaire de bactéries résistantes aux antibiotiques constitue une préoccupation croissante de santé publique, notamment via la volaille contaminée par Campylobacter jejuni.

Cette étude a examiné la prévalence de la contamination par Campylobacter et l'antibiorésistance associée dans du poulet réfrigéré acheté dans le commerce en Nouvelle-Zélande. Campylobacter a été détecté dans 50 % (12/24 ; IC à 95 % : 31,3 %-68,7 %) des échantillons grâce à des méthodes de culture sélective, de PCR et de séquençage.

Parmi les isolats confirmés, des taux élevés de résistance à la tétracycline (92 %) et à la ciprofloxacine (83 %) ont été observés, tandis que 83 % des isolats étaient sensibles à l'érythromycine. Aucun isolat ne s'est révélé totalement sensible à l'ensemble des antibiotiques testés. Ces résultats préliminaires indiquent que des souches de Campylobacter résistantes aux antibiotiques peuvent être détectées dans le poulet réfrigéré vendu au détail en Nouvelle-Zélande ; ils soulignent la nécessité de mener des études de surveillance probabilistes de plus grande envergure afin d'établir des estimations nationales de la prévalence et de la résistance. La poursuite de la surveillance, l'adoption de politiques plus strictes concernant les produits avicoles contaminés et le développement d'alternatives aux antibiotiques classiques sont recommandés pour protéger la santé publique.

Discussion

Les auteurs soulignent, « nos données indiquent que la résistance aux antimicrobiens de première intention reste fréquente dans les produits de volaille vendus au détail. Les implications de ces résultats en matière de politique publique doivent être examinées dans le contexte du cadre actuel de sécurité sanitaire des aliments en Nouvelle-Zélande. Des études antérieures ont souligné la faible sensibilisation des consommateurs à la contamination des volailles crues par Campylobacter et ont proposé l'apposition d'un étiquetage d'avertissement obligatoires comme stratégie potentielle de réduction des risques. Si l'étiquetage peut attirer l'attention sur le risque au moment de l'achat, des campagnes d'éducation du public complètes, axées sur les bonnes pratiques de préparation des aliments, seraient probablement plus efficaces pour prévenir la campylobactériose. D'autres mesures réglementaires envisageables incluent le durcissement des objectifs de performance concernant Campylobacter sur les carcasses lors de la transformation et/ou la restriction de la vente de poulet réfrigérés dépassant les seuils de contamination convenus. Il a été démontré que la congélation réduit considérablement la charge en Campylobacter ; certaines juridictions encouragent donc les consommateurs à privilégier l'achat de volaille surgelée afin de limiter les risques. L'optimisation des contrôles industriels, le renforcement de l'éducation des consommateurs et le développement d'alternatives à l'utilisation traditionnelle d'antimicrobiens ou les peptides antimicrobiens pourraient contribuer à réduire la pression de sélection antibiotique tout en préservant le bien-être animal. »

En conclusion, le poulet vendu au détail en Nouvelle-Zélande demeure un vecteur potentiel de transmission de souches de Campylobacter résistantes aux antimicrobiens. Une surveillance continue et des réponses coordonnées de la part du secteur seront essentielles pour limiter la propagation de Campylobacter résistant et protéger la santé publique.

2. Un peu auparavant l’article en Nouvelle-Zélande, un article paru Antimicrobial Agents and Chemotherapy traite de la « Contributions of whole-genome sequencing to the epidemiological monitoring of Campylobacter spp. in France » ou Apport du séquençage du génome entier à la surveillance épidémiologique de Campylobacter spp. en France.

Résumé

Les techniques de séquençage de nouvelle génération ont révolutionné l'épidémiologie et la compréhension des infections à Campylobacter spp. Dans cette étude, nous présentons les résultats d'une analyse par séquençage de nouvelle génération (NGS) réalisée en 2024 sur 2 360 souches de Campylobacter spp. isolées en France, incluant 1 959 souches de Campylobacter jejuni, 358 de Campylobacter coli et 43 de Campylobacter fetus. Nous décrivons la diversité des souches en circulation et dressons un panorama des principaux mécanismes de résistance aux antibiotiques. Nous avons identifié divers mécanismes de résistance, notamment vis-à-vis des pénicillines du groupe A. Il convient de souligner l'identification d'un nouveau promoteur en amont du gène codant pour une bêta-lactamase. À l'aide de marqueurs d'attribution de source pour C. jejuni et C. coli, nous avons identifié la volaille comme le principal vecteur d'infection par ces deux espèces. Toutefois, la viande de ruminant est à l'origine d'une proportion significative d'infections à C. jejuni en France. Cette étude démontre comment une stratégie de séquençage permet de générer des données à grande échelle et à haute résolution pour mieux comprendre les infections à Campylobacter spp.

Dans l’introduction à cet article, les auteurs indiquent, « Grâce à la culturomique, le rôle de Campylobacter spp. dans l'épidémiologie des diarrhées infectieuses aiguës est mieux compris. Campylobacter est désormais considéré comme la principale étiologie, occupant une place encore plus centrale que la salmonellose. »


Dans la discussion, les auteurs rapportent :
C. jejuni était l'espèce prédominante dans notre étude, ce qui concorde avec l'épidémiologie des infections à Campylobacter spp. en France et dans d'autres pays industrialisés.

La volaille constitue la principale source d'infection par C. jejuni et C. coli. En France, les ruminants sont à l'origine d'une proportion importante des infections à C. jejuni, tandis que les porcs sont responsables d'une part plus limitée des infections à C. coli. Ces données concordent avec nos analyses antérieures et diffèrent de celles observées dans d'autres pays.

La surveillance stricte des clones de Campylobacter spp. se poursuit et sera encore renforcée dans les années à venir grâce à des études menées en collaboration avec Santé publique France et l'Anses.

Nous estimons que les données présentées apportent un éclairage nouveau sur les infections à Campylobacter spp., en particulier en France. Dans les années à venir, nous suivrons les données relatives à l'antibiorésistance et à l'attribution des sources ; celles-ci pourront servir de base à des études comparatives pour d'autres laboratoires souhaitant mettre en œuvre une approche de séquençage de nouvelle génération (NGS) dans le cadre de l'étude systématique des infections à Campylobacter spp.

mercredi 26 août 2026

L’UE évalue les contrôles de sécurité des aliments sur la viande tant en France qu’en Allemagne

En France, mais pas en Allemagne, on a coutume de parler de couple Franco-Allemand. Loin de moi de faire de la politique, mais le hasard a réuni deux rapports d’audit par la DG SANTÉ de la Commission européenne, d’où l’idée de réunir les deux résumés de ces audits, à titre anecdotique, bien entendu ...

- Audit en Allemagne (CT-2025-0160), Production et mise sur le marché de préparations et de produits carnés, mis en ligne le 13 juillet 2026, afin d’évaluer les contrôles de sécurité des aliments en place régissant la production et la mise sur le marché des préparations de viande et des produits à base de viande.

- Audit en France (CT-2025-0159), préparations et de produits carnés, mis en ligne le 9 juillet 2026, afin d’évaluer les contrôles de sécurité des aliments en place régissant la production et la mise sur le marché des préparations de viande et des produits à base de viande.


France
Le rapport présente les conclusions d'un audit réalisé en France du 12 au 30 septembre 2025 par la direction générale de la santé et de la sécurité des aliments de la Commission européenne, afin d'évaluer les systèmes de contrôle en place régissant la production de préparations de viande et de produits à base de viande.

Le système français de contrôles officiels applicables aux produits à base de viande et à leur production est bien structuré et étayé par des lignes directrices, des instructions et des avis scientifiques complets. En outre, la réalisation de ces contrôles est renforcée par une formation spécialisée et un soutien assurés par un réseau d'agents possédant une expertise dans le domaine de la production de viande. Malgré la solidité de ce dispositif, certains problèmes affectent son efficacité globale :

- l'autorité compétente centrale ne dispose pas d'outils adéquats pour identifier les situations où l'insuffisance des ressources au niveau local pourrait nuire à la réalisation des contrôles. Cela concerne aussi bien la conduite des contrôles programmés que la garantie de leur qualité ;

- des cas de non-respect des procédures ont été constatés lors de l'agrément des établissements. Il en a résulté l'octroi d'agréments à des installations qui n'étaient pas pleinement opérationnelles ou, dans certains cas, l'exercice d'activités non couvertes par l'agrément ;

- toutes les non-conformités relevées lors des contrôles officiels ne font pas l'objet d'un traitement rapide et approfondi. Ce défaut de suivi en temps utile des mesures correctives signifie que les défaillances risquent de ne pas être réexaminées avant l'inspection programmée suivante, ce qui accroît le risque d'aggravation de ces problèmes.

Le rapport formule des recommandations à l’intention des autorités compétentes afin de remédier aux lacunes identifiées et de renforcer davantage le système de contrôle.

Allemagne
Le rapport présente les conclusions d’un audit réalisé en Allemagne du 22 septembre au 7 octobre 2025 par la direction générale de la santé et de la sécurité des aliments de la Commission européenne, afin d’évaluer les systèmes de contrôle en place régissant la production de préparations à base de viande et de produits à base de viande.

L’audit a révélé que le système de contrôle officiel en place, fondé sur l’analyse des risques et étayé par des procédures documentées complètes, est, dans l’ensemble, mis en œuvre de manière satisfaisante et généralement efficace pour identifier les non-conformités pertinentes en matière d’entretien et d’hygiène des établissements. Ce système prévoit des prélèvements officiels aux fins d’analyses microbiologiques afin de vérifier la sécurité des produits à base de viande et des préparations à base de viande.

Toutefois, certaines lacunes ou faiblesses systémiques affectent la surveillance officielle de la production de produits à base de viande et compromettent l’efficacité du système de contrôle, notamment :

- Des lacunes relevées concernant les contrôles effectués par les autorités compétentes auprès des petites entreprises alimentaires, en particulier en ce qui concerne la conception et la mise en œuvre de procédures fondées sur HACCP. Le système en place permet à ces entreprises d’accéder à des plans HACCP génériques, figurant dans les guides nationaux de bonnes pratiques d’hygiène destinés aux bouchers artisans, et de les adapter aux conditions spécifiques de leur établissement. Comme ces plans ne sont pas adaptés individuellement aux conditions propres aux établissements inspectés, ils sont moins aptes à traiter les dangers liés à des procédés de production spécifiques ; cela nuit également à l’efficacité des contrôles officiels visant à vérifier que les exploitants du secteur alimentaire respectent la législation en vigueur.

- Des faiblesses constatées dans l’évaluation, par les autorités compétentes, de la pertinence des plans HACCP et des plans d’échantillonnage pour les autocontrôles des exploitants du secteur alimentaire au sein des entreprises de taille moyenne ou grande.

Le rapport formule des recommandations à l’intention des autorités compétentes afin de remédier aux lacunes identifiées et de renforcer davantage le système de contrôle en place.

Bon, il faudrait peut-etre (re)former un couple franco-allemand en matière de sécurité des aliments, qui sait ?

vendredi 21 août 2026

Cadmium généalogie d'une méga-désinformation

Le blog agriculture & environnement (A&E) vous propose un article publié le 17 août 2026 sobrement intitulé, « Cadmium genealogie d'une méga-désinformation »

Voici quelques courts extraits et je vous invite à lire cet article documenté en intégralité. Le blog vous avait proposé, il y a peu, quelques articles sur le cadmium, 1, 2 et 3.

L’Assemblée a voté l’abaissement de la teneur du cadmium dans les engrais en invoquant « une bombe sanitaire ». Or, une enquête de A&E révèle que le chiffre évoqué pour justifier cette urgence sanitaire repose sur un seuil théorique que l’Anses est la seule agence à avoir retenu.

« Censé apporter un éclairage objectif sur la question, l’Anses produit un discours résolument anxiogène qui surprend certains journalistes présents lors de la conférence de presse. »

« Les Français ne sont pas plus atteints d’ostéoporose, d’insuffisance rénale ou de cancers attribuables au cadmium que les populations des pays dont les seuils d’imprégnation sont inférieurs. »


mercredi 19 août 2026

Brève de vacances : Où il est question de "Madame Transat" et de l'absurdisthan

Le blog ne reçoit pas beaucoup de commentaires, moins d’une centaine en plusieurs années de blog.

Et pourtant, il y a un commentaire anonyme, comme il se doit, auquel j’ai déjà répondu qui semblait critiquer un article sur les aventures de Madame Barbut, alias « Madame Transat », ci-devant ministre de la transition écologique, qui, selon lui, n’avait pas sa place dans le blog, et que je devais garder pour moi, « mes idéaux politiques ».

Dans son éditorial du jour dans le Figaro, Yves Thréard nous narre les nouvelles aventures de « Monique Barbut, l’été brûlant de “Madame Transat” ».

La ministre de la Transition écologique s’est fait un nom et un surnom en quelques semaines, en provoquant polémique sur polémique par ses sorties de route. La dernière en date : son éloge, ce lundi, de Jean-Luc Mélenchon dans la presse.

Dans le même sens, je vous conseille de lire cet article de Bertille Bayart, « L'obsession du risque zéro : la France des étiquettes et de l'excès de zèle ».

On ne badine pas avec l'information obligatoire.

Ni avec celle des consommateurs. Ni avec celle des services de l'État. Le monde économique et l'administration elle-même s'épuisent dans les tâches de reporting.

Et l’article de conclure, « On pensait, sur le sujet de la suradministration, trouver Kafka, on a du Labiche. »

On n’est pas si loin des « élucubrations » de “Madame Transat” ...

mercredi 12 août 2026

Des œufs de Pologne sont à l'origine de quatre foyers de cas d'intoxication alimentaire à Salmonella en France

Le blog vous avait parlé de cet incident le 24 juillet 2026 dans Contamination aux salmonelles d'œufs d'origine polonaise : la Confédération Française de l'Aviculture (CFA) appelle à acheter des œufs français.

Si on avait écouté la CFA, on n’en serait pas là !

Voici que l’on apprend par l’EFSA, qu’il y aurait eu, non pas un mais quatre foyers distincts liés à des salmonelles provenant d’œufs de Pologne en France. As usual, silence radio de Santé publique France, du ministère de l’Agriculture et de l’Anses, on a désormais l'habitude ...

L'EFSA rend compte de ces quatre foyers dans « Incidents de contamination alimentaire lié à Salmonella Enteritidis ST11 dans des produits à base d'œufs », source EFSA.

Résumé

Salmonella enterica demeure l'une des principales causes de foyers de toxi-infections alimentaires collectives dans l'Union européenne. Salmonella Enteritidis est le sérotype le plus fréquemment signalé dans le cadre de ces foyers, les œufs et les ovoproduits constituant des vecteurs d'infection majeurs. La séquence type prédominante, ST11, présente une répartition mondiale et comprend plusieurs lignées phylogénétiques caractérisées par une diversité génomique limitée au sein de chaque lignée ; cette particularité peut compliquer les enquêtes sur les foyers épidémiques en générant des profils de séquençage du génome entier (WGS) très similaires entre des isolats sans lien épidémiologique. Ce rapport décrit un incident de contamination alimentaire identifié en France entre mai et juillet 2026, impliquant quatre foyers distincts d'infections à S. Enteritidis ST11 géographiquement dispersés.

Les enquêtes épidémiologiques et microbiologiques ont confirmé que des produits à base d'œufs préparés de manière artisanale (« faits maison ») étaient à l'origine des infections. Cette conclusion a été étayée par l'identification de cinq isolats d'origine alimentaire, prélevés sur des œufs et des produits à base d'œufs au domicile des patients, appartenant à deux souches distinctes. Ces isolats correspondaient aux deux souches humaines représentatives des quatre foyers français.

Les enquêtes de traçabilité alimentaire ont relié tous les foyers à un réseau commun de distribution d'œufs impliquant deux centres de conditionnement et trois élevages de poules pondeuses appartenant au même groupe agroalimentaire en Pologne.

Ces élevages avaient déjà été associés à l'épidémie multinationale et polyclonale de salmonellose liée aux œufs qui a touché 18 pays européens entre 2016 et 2020. Tout comme lors de cet événement antérieur, plusieurs souches de S. Enteritidis ST11 ont été identifiées au cours de l'incident de 2026.

La détection répétée de Salmonella dans des œufs provenant du même groupe de production suggère une contamination persistante ou une éventuelle réintroduction en amont de la chaîne de production. Ces résultats soulignent la nécessité d'investigations supplémentaires pour identifier les causes profondes possibles d'une contamination verticale et/ou horizontale. Par ailleurs, la détection de cas groupés humains et non humains s'étendant à la France et à d'autres pays en 2026 suggère une possible dimension transfrontalière de l'incident et justifie des investigations complémentaires.

Contexte

Entre mai et juillet 2026, les autorités nationales de France ont enquêté sur quatre foyers d'infection liés à la consommation de produits faits maison contenant des œufs. Face au signal croissant observé par les autorités nationales compétentes en France, suggérant une possible propagation et circulation de clones étroitement apparentés appartenant au même type de séquence (ST11) de S. Enteritidis contaminant des œufs, ont fait une demande d'assistance scientifique de l'EFSA pour l'enquête sur les foyers multinationaux de toxi-infections alimentaires collectives ».

Pour mémoire, la notification initiale au RASFF de l’UE, 2026.4993, par la France date du 15 juin 2026. Il fait fait mention de 16 cas de contamination et quatre personnes ont été hospitalisées.

Quatre foyers distincts en France

Entre mai et juillet 2026, les autorités nationales ont enquêté sur quatre foyers d'infection liés à la consommation de produits faits maison contenant des œufs. Les enquêtes de traçabilité ont permis d'identifier des opérateurs alimentaires communs aux quatre foyers étudiés. Plus précisément, les opérateurs concernés (deux centres de conditionnement et trois élevages) appartenaient tous au même groupe polonais (groupe A). Par ailleurs, des lots d'œufs identiques ont été identifiés comme aliments communs à certains de ces foyers. Le lot d'œufs B a été utilisé pour la préparation de la mousse au chocolat et du tiramisu suspectés (deuxième et troisième foyers). Le lot d'œufs C était lié au foyer de tiramisu (troisième foyer) et à celui de mayonnaise (quatrième foyer). Le lot C s'est révélé positif à S. Enteritidis. Une description détaillée des aliments impliqués dans chaque foyer est rapporté dans le rapport de l’EFSA. Les trois élevages du groupe polonais A avaient déjà été impliqués dans une épidémie dans plusieurs pays survenue en Europe entre 2016 et 2020 (ECDC et EFSA, 2020). Le 27 juillet 2026, la France a signalé via le système RASFF que la vente en France des œufs suspectés d'être contaminés avait été suspendue à titre préventif (fup16, 2026.4993).

Premier foyer : Le produit suspecté était une mayonnaise faite maison, prélevée le 27 mai 2026 au domicile d'un patient. L'analyse microbiologique de la mayonnaise a révélé la présence de S. Enteritidis ST11, correspondant à la souche humaine représentative nationale de ce premier foyer, selon l'analyse nationale des clusters par séquençage du génome entier (WGS). Les enquêtes épidémiologiques liées à la mayonnaise positive ont permis de remonter la piste des œufs utilisés pour sa préparation (lot d'œufs A) jusqu'au centre de conditionnement polonais A et à l'élevage polonais A (fup13, 2026.4993).

Deuxième foyer : Le produit suspecté était une mousse au chocolat faite maison. Aucun reste de mousse au chocolat n'était disponible pour analyse. Les enquêtes épidémiologiques ont permis de remonter la piste des œufs utilisés pour la préparation de la mousse au chocolat maison (œufs du lot B) jusqu’au centre de conditionnement polonais B et à l’élevage polonais B (fup13, 2026.4993).

Troisième foyer : Le produit suspecté était un tiramisu maison. Il ne restait aucun échantillon de tiramisu à analyser. Les enquêtes épidémiologiques ont permis de remonter la piste des œufs utilisés pour la préparation du tiramisu maison (œufs des lots B et C) jusqu’au centre de conditionnement polonais B, à l’élevage polonais B et à l’élevage polonais C, respectivement (fup13, 2026.4993).

Quatrième foyer : Le produit suspecté était de la mayonnaise maison. L’autorité a indiqué que la souche représentative nationale de ce foyer correspondait à la souche de référence des deuxième et troisième foyers. Il ne restait aucun échantillon de mayonnaise à analyser. Toutefois, quatre échantillons d’œufs ont été prélevés au domicile du patient. Ces œufs se sont révélés positifs à S. Enteritidis et correspondaient à la souche humaine représentative nationale. Les enquêtes épidémiologiques ont permis de remonter la piste des œufs prélevés (lot C) jusqu’au centre de conditionnement polonais B et à l’élevage polonais C (fup13, 2026.4993).

Conclusion

La détection répétée de Salmonella dans des produits à base d'œufs provenant du groupe polonais suggère une contamination persistante ou une éventuelle réintroduction en amont de la chaîne de production des œufs. Cela souligne la nécessité d'investigations approfondies pour identifier les causes profondes possibles d'une contamination verticale et/ou horizontale des œufs. Cette situation exige également la mise en œuvre efficace de mesures de surveillance et de contrôle de Salmonella à tous les niveaux de la pyramide de production des poules pondeuses. Par ailleurs, la détection d'un foyer d'infection (humain et non humain) touchant la France et d'autres pays en 2026 suggère une possible dimension transfrontalière de l'incident et justifie des investigations complémentaires.

Commentaires

Nous verrons bien ce qu’il en sera de « la mise en œuvre efficace de mesures de surveillance et de contrôle de Salmonella à tous les niveaux de la pyramide de production des poules pondeuses. »

L’EFSA rappelle parmi les recommandations les règles d’hygiène ci-dessous, tout en sachant très bien que ces règles n’éliminent pas Salmonella qui était présent dans les œufs de Pologne.

« Il est conseillé aux consommateurs d'observer les bonnes pratiques d'hygiène lors de la manipulation des œufs et des ovoproduits, notamment en se lavant soigneusement les mains, en prévenant les contaminations croisées et en nettoyant correctement les surfaces en contact avec les aliments. »

* séquence type (ou Sequence Type, abrégé en ST) désigne un profil génotypique défini par la méthode MLST (Multi-Locus Sequence Typing). Il est obtenu en combinant les allèles de sept gènes de ménage (housekeeping genes). Les souches sont répertoriées dans la base de données internationale EnteroBase.

mardi 11 août 2026

À Hong Kong, norovirus a la côte !

Bilan des foyers d'intoxication alimentaire à Hong Kong (2016–2025), source Communicable Diseases Watch.

Faits saillants

  • Entre 2016 et 2025, Hong Kong a enregistré 1 964 foyers d'intoxication alimentaire touchant au total 7 758 personnes. La plupart de ces foyers étaient de faible ampleur, 88 % d'entre eux impliquant cinq personnes ou moins. Une tendance saisonnière marquée a été observée : les foyers d'intoxication alimentaire atteignaient un pic en mai et juin, période où les températures plus élevées favorisent la prolifération bactérienne, tandis que les foyers à norovirus étaient plus fréquents durant les mois d'hiver.
  • Les bactéries sont restées les principaux agents responsables, les espèces de Salmonella, Vibrio parahaemolyticus et norovirus étant à l'origine de la majorité des foyers, bien que Clostridium perfringens et Bacillus cereus aient provoqué, en moyenne, des foyers plus importants.
  • Les foyers liés aux norovirus ont pris une ampleur croissante ces dernières années, en particulier ceux associés à la consommation d'huîtres crues ; ils ont représenté plus de 40 % de l'ensemble des foyers d'intoxication alimentaire en 2024 et 2025, une tendance qui s'est poursuivie au début de l'année 2026.
  • Ces constatations soulignent la nécessité d'une vigilance constante en matière de sécurité sanitaire des aliments, notamment par le recours à des sources d'approvisionnement sûres, une cuisson adéquate, un contrôle rigoureux des températures, la prévention des contaminations croisées et une bonne hygiène personnelle, afin de réduire les risques de maladies d'origine alimentaire.

Les éclosions associées à norovirus à Hong Kong sont devenues de plus en plus fréquentes ces dernières années, en particulier celles liées aux huîtres crues, représentant plus de 40 % de tous les cas d’intoxication alimentaire en 2024 et 2025, et se poursuivant jusqu’au début de 2026.

Norovirus a figuré parmi les trois principaux agents responsables au cours de la période 2016-2025, étant à l'origine de 480 foyers d'infection d'origine alimentaire (24,4 %) ayant touché 2 040 personnes (soit une moyenne de 4,3 personnes atteintes par foyer). La part des foyers de cas liés au norovirus a augmenté ces dernières années, représentant plus de 40 % de l'ensemble des foyers en 2024 et en 2025, contre 20,9 % sur la période 2016-2023. Bien que le nombre absolu de foyers liés au norovirus ait diminué, passant de 88 en 2024 à 53 en 2025, leur contribution relative est demeurée élevée, représentant 41,1 % de l'ensemble des foyers en 2025.

Les huîtres crues constituaient, et de loin, le principal aliment incriminé dans les foyers de TIAC liés à norovirus. Entre 2016 et 2025, les huîtres crues ont été l'aliment incriminé dans 390 TIAC à norovirus, soit 81,3 % de l'ensemble des TIAC liés à ce virus sur cette période. Cette tendance s'est maintenue au premier trimestre 2026 : les norovirus étaient à l'origine de 47 des 66 foyers de TIAC (71,2 %) enregistrés au 31 mars, dont 42 impliquaient des huîtres crues.

Et en France ...

Selon la fiche de l’Anses sur norovirus, janvier 2022, en France, les norovirus provoquent chaque année environ 516 000 cas d'infections alimentaires. Ils représentent un tiers des toxi-infections alimentaires et 20 % des hospitalisations de cette origine. La transmission culmine en hiver, souvent favorisée par la consommation de coquillages crus comme les huîtres.
J'avoue ne pas savoir si l'on a des chiffres récents.

Chiffres clés et impact : 516 000 cas d'origine alimentaire par an. 33 % des infections d'origine alimentaire en France. 20 % des hospitalisations pour infections alimentaires. 3e cause d'hospitalisation pour ces infections.

Santé publique France a publié aussi très récemment, juillet 2026, « un cocktail parfait pour une épidémie de gastro-entérites de fin d’année (décembre 2023-janvier 2024) en Nouvelle-Aquitaine, Forte pluviométrie, circulation de norovirus et consommation d’huîtres ».

jeudi 30 juillet 2026

Intoxications accidentelles par des champignon, la France est-elle au niveau de la Chine ?

Inlassablement, année après année, l'Anses publie courant septembre des informations sur la cueillette des chamignons et leur consommation ainsi que les risques encourus, rien n'y fait ...

Selon le rapport d’étude de toxicovigilance de septembre 2025, publié par l’Anses, sur les intoxications accidentelles par des champignons en France métropolitaine (Bilan des cas enregistrés par les Centres antipoison entre le 1er juillet et le 31 décembre 2024) 1 363 personnes ont appelé un Centre antipoison pour une intoxication par des champignons en France hexagonale. Parmi elles, 1 320 personnes s’étaient intoxiquées lors d’un repas. Les intoxications restantes correspondaient à une ingestion accidentelle d’un champignon par méconnaissance du risque.

Si la plupart des intoxications étaient bénignes, 3,1 % étaient de gravité forte, avec notamment trois décès et trois cas d’insuffisance rénale chronique. Les symptômes observés étaient majoritairement digestifs : douleurs abdominales, nausées, vomissements, diarrhées. 

Qu'en est-il de 2025 ? Une information de vigilance de l’Anses sur « Cueillette des champignons : vigilance face aux risques d'intoxications » du 25 septembre 2025 rapportait que « Depuis le 1er juillet 2025, environ 500 intoxications liées à la cueillette et à la consommation de champignons ont déjà été recensées par les Centres antipoison. »

500 cas entre le 1er juillet et le 25 septembre, c'est pas mal du tout ...

Alors quand je lis le titre d’un article de Joe Whitworth dans Food Safety News selon lequel « La Chine enregistre un pic des cas d'intoxication aux champignons, avec plus de 2 100 patients rapportés », je me dis que sur ce sujet, nous sommes presque au niveau de la Chine ...

En effet, un article récent paru dans China CDC Weekly, « Mushroom Poisoning Outbreaks - China, 2025 » rapporte qu’en 2025, le CDC de Chine a enquêté sur 828 cas d’intoxication aux champignons dans 27 divisions administratives de niveau provincial, touchant 2 165 patients et ayant entraîné 13 décès, soit un taux de létalité de 0,6 %, le plus bas enregistré depuis 2019. 

Ce pic de 2 165 patients contraste avec les données de 2019 à 2024 où le nombre annuel de cas a oscillé entre 276 et 676, et le taux de létalité entre 0,87 % et 2,86 %.

Les intoxications aux champignons constituent une menace majeure pour la sécurité alimentaire en Chine. Bien que l’été et l’automne soient les saisons de pointe, des cas mortels peuvent survenir à tout moment de l’année, et le nord du pays a connu une nette augmentation. De plus, un nombre croissant de champignons vénéneux, dont plusieurs espèces potentiellement nouvelles, ont été identifiés lors d’intoxications. Ce problème persistant exige des efforts continus de sensibilisation du public, un contrôle rigoureux du marché et une collaboration interdisciplinaire renforcée afin d’en réduire l’incidence.

Destruction de quatre réserves de substitution ordonnée par la justice en Charente-Maritime : une décision ubuesque qui va à contre-sens de l'intérêt du territoire

Merci à André Heitz d’avoir publié ce texte sur son blog Agriculture,alimentation, santé publique... soyons rationnels que je relaie bien volontiers.

Une construction légale, financée et encadrée par l'État

En 2010, lorsque ces projets de réserves de substitution se sont achevés, ils étaient pleinement conformes au cadre légal et réglementaire en vigueur, au point d'avoir été autorisés par l'État et financés à hauteur de 62,5 % par des fonds publics.

Aujourd'hui, alors que les irrigants assument leurs emprunts et que les cotisations issues de l'activité économique réalisée sur le territoire ont largement contribué à rentabiliser l'investissement public, l'acharnement de l'association Nature Environnement 17 à saisir le tribunal administratif de Poitiers confine au harcèlement. L'ordonnance de destruction va imposer aux agriculteurs un préjudice et une charge financière considérables et hors normes qu'ils seront dans l'incapacité d'assumer en plus de leurs dettes d'investissement et dans un contexte agricole de crise sans précédent.

Un non-sens mortifère pour notre production agricole et l'économie du territoire

À l'heure où l'Assemblée nationale et le Sénat viennent d'adopter une loi d'urgence pour la protection et la souveraineté agricoles, confortant le développement du stockage de l'eau, avec pour objectif le doublement des volumes stockés d'ici dix ans, l'ordonnance de destruction de quatre réserves de substitution constitue un non-sens absolu, dans le contexte et à l'heure où l'on doit urgemment mettre en place des outils d'adaptation au changement climatique pour l'agriculture.

Nous ne pouvons, d'un côté, acter, au niveau législatif, le doublement des capacités, et, de l'autre, détruire des infrastructures existantes, construites légalement, financées et intégrées aux territoires. Cette situation heurte de plein fouet le principe de cohérence de l'action publique, crée une insécurité juridique pour le monde agricole, met en péril la survie de plusieurs exploitations et soulève une interrogation fondamentale sur la conciliation entre les orientations fixées par la législation et l'exécution des décisions de justice.

L'agriculture est aujourd'hui l'otage d'une situation administrative et judiciaire ubuesque, incompréhensible et parfaitement inacceptable. Nous ne pouvons accepter d'être le jouet d'une philosophie de bureau déconnectée des réalités du terrain. Nos territoires ont besoin de solutions concrètes, pas de la destruction d'outils qui participent justement à leur adaptation.

Des réserves à double intérêt en pleine période de sécheresse

Alors que des vagues de chaleur et de sécheresse historiques frappent nos territoires, ces réserves d'eau constituent un levier vital pour la sauvegarde des exploitations et du territoire.

En retenant une toute petite partie de l'eau de la nappe de surface l'hiver, quand elle est abondante, ces ouvrages évitent les prélèvements dans le milieu naturel durant les périodes critiques l'été. Il est ainsi possible de concilier la préservation de la ressource hydrique locale et la sécurisation de la production agricole indispensable à notre souveraineté alimentaire.

Et pourtant, en demandant la disparition de ces ouvrages, l'association Nature Environnement 17 prend le risque de favoriser le retour de prélèvements estivaux directs, précisément lorsque ceux-ci ont le plus d'impact sur les cours d'eau. Un paradoxe difficilement compréhensible. De plus, le refus de l'association Nature Environnement 17 de participer à une médiation montre leur vrai visage : ils n'ont aucune intention de trouver une issue positive pour le territoire.

En pleine période de sécheresse, et à l'heure où les incendies s'intensifient, ordonner la destruction de ces réserves d'eau relève presque de l'inconscience. Au-delà de leur rôle agricole, ces infrastructures constituent des points de ravitaillement stratégiques et vitaux pour les pompiers qui font face à de nombreux départs de feu (forêts, récoltes, habitations, etc.). Détruire délibérément des réserves, alors que les pompiers appellent à plus de moyens, constituerait un crime pour nos territoires.

Ainsi, nous apportons notre soutien plein et entier à l'ensemble des agriculteurs-irrigants et des structures qui portent un ouvrage de stockage d'eau pour nourrir leurs concitoyens. Tous font preuve d'un courage sans faille et continuent de porter leurs projets dans cette tempête de textes, d'études, d'arrêtés, d'injonctions et de menaces sur leur avenir, qui va à l'encontre même de leur volonté pour améliorer la situation.

L'agriculture nourrit les Français, s'adapte chaque jour, fait évoluer ses pratiques, diversifie ses assolements, réduit ses impacts et contribue à corriger les erreurs du passé. Pour réussir cette transition, elle a besoin d'outils d'adaptation. Les réserves de substitution en font partie. Les détruire serait une faute pour l'avenir de nos territoires. Nous utiliserons tous les leviers à notre disposition pour faire barrage à cette décision.

Contacts : ADIV & Aquanide - Octavine Daguet - 86adiv.communicationt@gmail.com - 06 32 51 46 23. Irrigants de France - Guillaume Le Hoan - guillaume.le-hoan@agpm.com - 06 16 09 42 30.

Source « Cela coûterait plus cher que la construction» : condamnés à détruire leurs réserves d'eau, les irrigants font appel.

mardi 28 juillet 2026

Le droit est devenu un terrain de guerre contre l’agriculture

Je dédie cet article au commentaire récent d’un inconnu ou d'un anonyme qui disait, « Il me semble opportun de garder ses idéaux politiques pour soi... Surtout en matière agricole/environnementale, qui n'est pas le sujet du blog ». Ben voyons ...

Alors pour cet inconnu, mais surtout pour tous les lecteurs du blog, voici quelques extraits d’un article proposé par le blog agriculture et environnement intitulé, « Le droit est devenu un terrain de guerre contre l’agriculture ».

Carole Hernandez-Zakine, docteure en droit, membre de l’Académie d’agriculture, est l’auteure d’une note « Judiciarisation des projets agricoles et alimentaires », publiée en mai 2026 par le think tank Les Z’Homnivores.

Vous venez de publier une analyse d’une quarantaine de pages sur la judiciarisation de l’agriculture. Pourquoi cette note et pourquoi maintenant ?

Carole Hernandez-Zakine

Parce que le phénomène produit désormais pleinement ses effets et que personne ne le dit clairement. Les agriculteurs ressentent depuis des années une pression croissante venue des tribunaux, mais ce ressenti est systématiquement renvoyé à une hypersensibilité du monde agricole. Ce que j’ai voulu faire, c’est objectiver la réalité : montrer, avec des décisions de justice à l’appui, qu’il s’agit d’une dynamique documentée, structurée et délibérément construite. On parle beaucoup des normes, des prix, du renouvellement des générations. On parle très peu du fait que le juge est en train de devenir un acteur central de la politique agricole française – sans y avoir été invité par les urnes.

Ce que Les Z’Homnivores publient est une synthèse accessible d’un travail de fond beaucoup plus dense, puisqu’il repose sur des décisions de justice, choisies pour leur exemplarité, à tous les niveaux de juridiction : civile, pénale, administrative, constitutionnelle, européenne. Ce qui m’a frappée, c’est la cohérence d’ensemble. On pourrait croire à une accumulation de litiges disparates. Bien au contraire, les contentieux se nourrissent les uns des autres et convergent vers le même objectif : abattre un modèle agricole productif, non pas dans l’arène politique, mais devant les tribunaux.

La suite est à lire ici.