Le blog vous avait parlé de cet
incident le 24 juillet 2026 dans Contamination
aux salmonelles d'œufs d'origine polonaise : la Confédération
Française de l'Aviculture (CFA) appelle à acheter des œufs
français.
Si
on avait écouté la CFA, on n’en serait pas là !
Voici
que l’on apprend par l’EFSA, qu’il y aurait eu, non pas un mais
quatre foyers distincts liés à des salmonelles provenant d’œufs de
Pologne en France. As usual, silence radio de Santé publique France, du ministère de l’Agriculture et de l’Anses, on a désormais l'habitude ...
L'EFSA rend compte de ces quatre foyers dans « Incidents de contamination alimentaire lié à Salmonella Enteritidis ST11 dans
des produits à base d'œufs », source EFSA.
Résumé
Salmonella
enterica demeure l'une des principales causes de foyers de
toxi-infections alimentaires collectives dans l'Union européenne.
Salmonella Enteritidis est le sérotype le plus fréquemment
signalé dans le cadre de ces foyers, les œufs et les ovoproduits
constituant des vecteurs d'infection majeurs. La séquence type
prédominante, ST11, présente une répartition mondiale et comprend
plusieurs lignées phylogénétiques caractérisées par une
diversité génomique limitée au sein de chaque lignée ; cette
particularité peut compliquer les enquêtes sur les foyers
épidémiques en générant des profils de séquençage du génome
entier (WGS) très similaires entre des isolats sans lien
épidémiologique. Ce rapport décrit un incident de contamination
alimentaire identifié en France entre mai et juillet 2026,
impliquant quatre foyers distincts d'infections à S. Enteritidis
ST11 géographiquement dispersés.
Les
enquêtes épidémiologiques et microbiologiques ont confirmé que
des produits à base d'œufs préparés de manière artisanale («
faits maison ») étaient à l'origine des infections. Cette
conclusion a été étayée par l'identification de cinq isolats
d'origine alimentaire, prélevés sur des œufs et des produits à
base d'œufs au domicile des patients, appartenant à deux souches
distinctes. Ces isolats correspondaient aux deux souches humaines
représentatives des quatre foyers français.
Les
enquêtes de traçabilité alimentaire ont relié tous les foyers à
un réseau commun de distribution d'œufs impliquant deux centres de
conditionnement et trois élevages de poules pondeuses appartenant au
même groupe agroalimentaire en Pologne.
Ces
élevages avaient déjà été associés à l'épidémie
multinationale et polyclonale de salmonellose liée aux œufs qui a
touché 18 pays européens entre 2016 et 2020. Tout comme lors de cet
événement antérieur, plusieurs souches de S. Enteritidis ST11 ont
été identifiées au cours de l'incident de 2026.
La
détection répétée de Salmonella
dans des œufs provenant du même groupe de production suggère une
contamination persistante ou une éventuelle réintroduction en amont
de la chaîne de production. Ces résultats soulignent la nécessité
d'investigations supplémentaires pour identifier les causes
profondes possibles d'une contamination verticale et/ou horizontale.
Par ailleurs, la détection de cas groupés humains et non humains
s'étendant à la France et à d'autres pays en 2026 suggère une
possible dimension transfrontalière de l'incident et justifie des
investigations complémentaires.
Contexte
Entre
mai et juillet 2026, les autorités nationales de France ont enquêté
sur quatre foyers d'infection liés à la consommation de produits
faits maison contenant des œufs. Face au signal croissant observé
par les autorités nationales compétentes en France, suggérant une
possible propagation et circulation de clones étroitement apparentés
appartenant au même type de séquence (ST11) de S.
Enteritidis contaminant des œufs, ont fait une demande d'assistance
scientifique de l'EFSA pour l'enquête sur les foyers multinationaux
de toxi-infections alimentaires collectives ».
Pour
mémoire, la notification initiale au RASFF de l’UE, 2026.4993,
par la France date du 15 juin 2026. Il fait fait mention de 16 cas de
contamination et quatre personnes ont été hospitalisées.
Quatre
foyers distincts en France
Entre
mai et juillet 2026, les autorités nationales ont enquêté sur
quatre foyers d'infection liés à la consommation de produits faits
maison contenant des œufs. Les enquêtes de traçabilité ont permis
d'identifier des opérateurs alimentaires communs aux quatre foyers
étudiés. Plus précisément, les opérateurs concernés (deux
centres de conditionnement et trois élevages) appartenaient tous au
même groupe polonais (groupe A). Par ailleurs, des lots d'œufs
identiques ont été identifiés comme aliments communs à certains
de ces foyers. Le lot d'œufs B a été utilisé pour la préparation
de la mousse au chocolat et du tiramisu suspectés (deuxième et
troisième foyers). Le lot d'œufs C était lié au foyer de tiramisu
(troisième foyer) et à celui de mayonnaise (quatrième foyer). Le
lot C s'est révélé positif à S. Enteritidis. Une description
détaillée des aliments impliqués dans chaque foyer est rapporté
dans le rapport de l’EFSA. Les trois élevages du groupe polonais A
avaient déjà été impliqués dans une épidémie dans plusieurs
pays survenue en Europe entre 2016 et 2020 (ECDC
et EFSA, 2020). Le 27 juillet 2026, la
France a signalé via le
système RASFF que la vente en France des œufs suspectés d'être
contaminés avait été suspendue à titre préventif (fup16,
2026.4993).
Premier
foyer : Le produit suspecté était une mayonnaise faite maison,
prélevée le 27 mai 2026 au domicile d'un patient. L'analyse
microbiologique de la mayonnaise a révélé la présence de S.
Enteritidis ST11, correspondant à la souche humaine représentative
nationale de ce premier foyer, selon l'analyse nationale des clusters
par séquençage du génome entier (WGS). Les enquêtes
épidémiologiques liées à la mayonnaise positive ont permis de
remonter la piste des œufs utilisés pour sa préparation (lot
d'œufs A) jusqu'au centre de conditionnement polonais A et à
l'élevage polonais A (fup13,
2026.4993).
Deuxième
foyer : Le produit suspecté était une mousse au chocolat faite
maison. Aucun reste de mousse au chocolat n'était disponible pour
analyse. Les enquêtes épidémiologiques ont permis de remonter la
piste des œufs utilisés pour la préparation de la mousse au
chocolat maison (œufs du lot B) jusqu’au centre de conditionnement
polonais B et à l’élevage polonais B (fup13,
2026.4993).
Troisième
foyer : Le produit suspecté était un tiramisu maison. Il ne
restait aucun échantillon de tiramisu à analyser. Les enquêtes
épidémiologiques ont permis de remonter la piste des œufs utilisés
pour la préparation du tiramisu maison (œufs des lots B et C)
jusqu’au centre de conditionnement polonais B, à l’élevage
polonais B et à l’élevage polonais C, respectivement (fup13,
2026.4993).
Quatrième
foyer : Le produit suspecté était de la mayonnaise maison.
L’autorité a indiqué que la souche représentative nationale de
ce foyer correspondait à la souche de référence des deuxième et
troisième foyers. Il ne restait aucun échantillon de mayonnaise à
analyser. Toutefois, quatre échantillons d’œufs ont été
prélevés au domicile du patient. Ces œufs se sont révélés
positifs à S. Enteritidis et correspondaient à la souche
humaine représentative nationale. Les enquêtes épidémiologiques
ont permis de remonter la piste des œufs prélevés (lot C) jusqu’au
centre de conditionnement polonais B et à l’élevage polonais C
(fup13,
2026.4993).
Conclusion
La
détection répétée de Salmonella dans des produits à base
d'œufs provenant du groupe polonais suggère une contamination
persistante ou une éventuelle réintroduction en amont de la chaîne
de production des œufs. Cela souligne la nécessité
d'investigations approfondies pour identifier les causes profondes
possibles d'une contamination verticale et/ou horizontale des œufs.
Cette situation exige également la mise en œuvre efficace de
mesures de surveillance et de contrôle de Salmonella à tous
les niveaux de la pyramide de production des poules pondeuses. Par
ailleurs, la détection d'un foyer d'infection (humain et non humain)
touchant la France et d'autres pays en 2026 suggère une possible
dimension transfrontalière de l'incident et justifie des
investigations complémentaires.
Commentaires
Nous
verrons bien ce qu’il en sera de « la mise en œuvre efficace
de mesures de surveillance et de contrôle de Salmonella à
tous les niveaux de la pyramide de production des poules pondeuses. »
L’EFSA rappelle parmi les recommandations les règles d’hygiène ci-dessous, tout en
sachant très bien que ces règles n’éliminent pas Salmonella qui était présent dans les œufs de Pologne.
« Il
est conseillé aux consommateurs d'observer les bonnes pratiques
d'hygiène lors de la manipulation des œufs et des ovoproduits,
notamment en se lavant soigneusement les mains, en prévenant les
contaminations croisées et en nettoyant correctement les surfaces en
contact avec les aliments. »
*
séquence type (ou Sequence
Type, abrégé en ST)
désigne un profil génotypique défini par la méthode MLST
(Multi-Locus Sequence
Typing). Il est obtenu en
combinant les allèles de sept gènes de ménage (housekeeping
genes). Les souches sont
répertoriées dans la base de données internationale EnteroBase.