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vendredi 21 août 2026

Cadmium généalogie d'une méga-désinformation

Le blog agriculture & environnement (A&E) vous propose un article publié le 17 août 2026 sobrement intitulé, « Cadmium genealogie d'une méga-désinformation »

Voici quelques courts extraits et je vous invite à lire cet article documenté en intégralité. Le blog vous avait proposé, il y a peu, quelques articles sur le cadmium, 1, 2 et 3.

L’Assemblée a voté l’abaissement de la teneur du cadmium dans les engrais en invoquant « une bombe sanitaire ». Or, une enquête de A&E révèle que le chiffre évoqué pour justifier cette urgence sanitaire repose sur un seuil théorique que l’Anses est la seule agence à avoir retenu.

« Censé apporter un éclairage objectif sur la question, l’Anses produit un discours résolument anxiogène qui surprend certains journalistes présents lors de la conférence de presse. »

« Les Français ne sont pas plus atteints d’ostéoporose, d’insuffisance rénale ou de cancers attribuables au cadmium que les populations des pays dont les seuils d’imprégnation sont inférieurs. »


mercredi 19 août 2026

Brèves de vacances en France, où il est question de "Madame Transat" et de l'absurdisthan

Le blog ne reçoit pas beaucoup de commentaires, moins d’une centaine en plusieurs années de blog.

Et pourtant, il y a un commentaire anonyme, comme il se doit, auquel j’ai déjà répondu qui semblait critiquer un article sur les aventures de Madame Barbut, alias « Madame Transat », ci-devant ministre de la transition écologique, qui, selon lui, n’avait pas sa place dans le blog, et que je devais garder pour moi, « mes idéaux politiques ».

Dans son éditorial du jour dans le Figaro, Yves Thréard nous narre les nouvelles aventures de « Monique Barbut, l’été brûlant de “Madame Transat” ».

La ministre de la Transition écologique s’est fait un nom et un surnom en quelques semaines, en provoquant polémique sur polémique par ses sorties de route. La dernière en date : son éloge, ce lundi, de Jean-Luc Mélenchon dans la presse.

Dans le même sens, je vous conseille de lire cet article de Bertille Bayart, « L'obsession du risque zéro : la France des étiquettes et de l'excès de zèle ».

On ne badine pas avec l'information obligatoire.

Ni avec celle des consommateurs. Ni avec celle des services de l'État. Le monde économique et l'administration elle-même s'épuisent dans les tâches de reporting.

Et l’article de conclure, « On pensait, sur le sujet de la suradministration, trouver Kafka, on a du Labiche. »

On n’est pas si loin des « élucubrations » de “Madame Transat” ...

mercredi 12 août 2026

Des œufs de Pologne sont à l'origine de quatre foyers de cas d'intoxication alimentaire à Salmonella en France

Le blog vous avait parlé de cet incident le 24 juillet 2026 dans Contamination aux salmonelles d'œufs d'origine polonaise : la Confédération Française de l'Aviculture (CFA) appelle à acheter des œufs français.

Si on avait écouté la CFA, on n’en serait pas là !

Voici que l’on apprend par l’EFSA, qu’il y aurait eu, non pas un mais quatre foyers distincts liés à des salmonelles provenant d’œufs de Pologne en France. As usual, silence radio de Santé publique France, du ministère de l’Agriculture et de l’Anses, on a désormais l'habitude ...

L'EFSA rend compte de ces quatre foyers dans « Incidents de contamination alimentaire lié à Salmonella Enteritidis ST11 dans des produits à base d'œufs », source EFSA.

Résumé

Salmonella enterica demeure l'une des principales causes de foyers de toxi-infections alimentaires collectives dans l'Union européenne. Salmonella Enteritidis est le sérotype le plus fréquemment signalé dans le cadre de ces foyers, les œufs et les ovoproduits constituant des vecteurs d'infection majeurs. La séquence type prédominante, ST11, présente une répartition mondiale et comprend plusieurs lignées phylogénétiques caractérisées par une diversité génomique limitée au sein de chaque lignée ; cette particularité peut compliquer les enquêtes sur les foyers épidémiques en générant des profils de séquençage du génome entier (WGS) très similaires entre des isolats sans lien épidémiologique. Ce rapport décrit un incident de contamination alimentaire identifié en France entre mai et juillet 2026, impliquant quatre foyers distincts d'infections à S. Enteritidis ST11 géographiquement dispersés.

Les enquêtes épidémiologiques et microbiologiques ont confirmé que des produits à base d'œufs préparés de manière artisanale (« faits maison ») étaient à l'origine des infections. Cette conclusion a été étayée par l'identification de cinq isolats d'origine alimentaire, prélevés sur des œufs et des produits à base d'œufs au domicile des patients, appartenant à deux souches distinctes. Ces isolats correspondaient aux deux souches humaines représentatives des quatre foyers français.

Les enquêtes de traçabilité alimentaire ont relié tous les foyers à un réseau commun de distribution d'œufs impliquant deux centres de conditionnement et trois élevages de poules pondeuses appartenant au même groupe agroalimentaire en Pologne.

Ces élevages avaient déjà été associés à l'épidémie multinationale et polyclonale de salmonellose liée aux œufs qui a touché 18 pays européens entre 2016 et 2020. Tout comme lors de cet événement antérieur, plusieurs souches de S. Enteritidis ST11 ont été identifiées au cours de l'incident de 2026.

La détection répétée de Salmonella dans des œufs provenant du même groupe de production suggère une contamination persistante ou une éventuelle réintroduction en amont de la chaîne de production. Ces résultats soulignent la nécessité d'investigations supplémentaires pour identifier les causes profondes possibles d'une contamination verticale et/ou horizontale. Par ailleurs, la détection de cas groupés humains et non humains s'étendant à la France et à d'autres pays en 2026 suggère une possible dimension transfrontalière de l'incident et justifie des investigations complémentaires.

Contexte

Entre mai et juillet 2026, les autorités nationales de France ont enquêté sur quatre foyers d'infection liés à la consommation de produits faits maison contenant des œufs. Face au signal croissant observé par les autorités nationales compétentes en France, suggérant une possible propagation et circulation de clones étroitement apparentés appartenant au même type de séquence (ST11) de S. Enteritidis contaminant des œufs, ont fait une demande d'assistance scientifique de l'EFSA pour l'enquête sur les foyers multinationaux de toxi-infections alimentaires collectives ».

Pour mémoire, la notification initiale au RASFF de l’UE, 2026.4993, par la France date du 15 juin 2026. Il fait fait mention de 16 cas de contamination et quatre personnes ont été hospitalisées.

Quatre foyers distincts en France

Entre mai et juillet 2026, les autorités nationales ont enquêté sur quatre foyers d'infection liés à la consommation de produits faits maison contenant des œufs. Les enquêtes de traçabilité ont permis d'identifier des opérateurs alimentaires communs aux quatre foyers étudiés. Plus précisément, les opérateurs concernés (deux centres de conditionnement et trois élevages) appartenaient tous au même groupe polonais (groupe A). Par ailleurs, des lots d'œufs identiques ont été identifiés comme aliments communs à certains de ces foyers. Le lot d'œufs B a été utilisé pour la préparation de la mousse au chocolat et du tiramisu suspectés (deuxième et troisième foyers). Le lot d'œufs C était lié au foyer de tiramisu (troisième foyer) et à celui de mayonnaise (quatrième foyer). Le lot C s'est révélé positif à S. Enteritidis. Une description détaillée des aliments impliqués dans chaque foyer est rapporté dans le rapport de l’EFSA. Les trois élevages du groupe polonais A avaient déjà été impliqués dans une épidémie dans plusieurs pays survenue en Europe entre 2016 et 2020 (ECDC et EFSA, 2020). Le 27 juillet 2026, la France a signalé via le système RASFF que la vente en France des œufs suspectés d'être contaminés avait été suspendue à titre préventif (fup16, 2026.4993).

Premier foyer : Le produit suspecté était une mayonnaise faite maison, prélevée le 27 mai 2026 au domicile d'un patient. L'analyse microbiologique de la mayonnaise a révélé la présence de S. Enteritidis ST11, correspondant à la souche humaine représentative nationale de ce premier foyer, selon l'analyse nationale des clusters par séquençage du génome entier (WGS). Les enquêtes épidémiologiques liées à la mayonnaise positive ont permis de remonter la piste des œufs utilisés pour sa préparation (lot d'œufs A) jusqu'au centre de conditionnement polonais A et à l'élevage polonais A (fup13, 2026.4993).

Deuxième foyer : Le produit suspecté était une mousse au chocolat faite maison. Aucun reste de mousse au chocolat n'était disponible pour analyse. Les enquêtes épidémiologiques ont permis de remonter la piste des œufs utilisés pour la préparation de la mousse au chocolat maison (œufs du lot B) jusqu’au centre de conditionnement polonais B et à l’élevage polonais B (fup13, 2026.4993).

Troisième foyer : Le produit suspecté était un tiramisu maison. Il ne restait aucun échantillon de tiramisu à analyser. Les enquêtes épidémiologiques ont permis de remonter la piste des œufs utilisés pour la préparation du tiramisu maison (œufs des lots B et C) jusqu’au centre de conditionnement polonais B, à l’élevage polonais B et à l’élevage polonais C, respectivement (fup13, 2026.4993).

Quatrième foyer : Le produit suspecté était de la mayonnaise maison. L’autorité a indiqué que la souche représentative nationale de ce foyer correspondait à la souche de référence des deuxième et troisième foyers. Il ne restait aucun échantillon de mayonnaise à analyser. Toutefois, quatre échantillons d’œufs ont été prélevés au domicile du patient. Ces œufs se sont révélés positifs à S. Enteritidis et correspondaient à la souche humaine représentative nationale. Les enquêtes épidémiologiques ont permis de remonter la piste des œufs prélevés (lot C) jusqu’au centre de conditionnement polonais B et à l’élevage polonais C (fup13, 2026.4993).

Conclusion

La détection répétée de Salmonella dans des produits à base d'œufs provenant du groupe polonais suggère une contamination persistante ou une éventuelle réintroduction en amont de la chaîne de production des œufs. Cela souligne la nécessité d'investigations approfondies pour identifier les causes profondes possibles d'une contamination verticale et/ou horizontale des œufs. Cette situation exige également la mise en œuvre efficace de mesures de surveillance et de contrôle de Salmonella à tous les niveaux de la pyramide de production des poules pondeuses. Par ailleurs, la détection d'un foyer d'infection (humain et non humain) touchant la France et d'autres pays en 2026 suggère une possible dimension transfrontalière de l'incident et justifie des investigations complémentaires.

Commentaires

Nous verrons bien ce qu’il en sera de « la mise en œuvre efficace de mesures de surveillance et de contrôle de Salmonella à tous les niveaux de la pyramide de production des poules pondeuses. »

L’EFSA rappelle parmi les recommandations les règles d’hygiène ci-dessous, tout en sachant très bien que ces règles n’éliminent pas Salmonella qui était présent dans les œufs de Pologne.

« Il est conseillé aux consommateurs d'observer les bonnes pratiques d'hygiène lors de la manipulation des œufs et des ovoproduits, notamment en se lavant soigneusement les mains, en prévenant les contaminations croisées et en nettoyant correctement les surfaces en contact avec les aliments. »

* séquence type (ou Sequence Type, abrégé en ST) désigne un profil génotypique défini par la méthode MLST (Multi-Locus Sequence Typing). Il est obtenu en combinant les allèles de sept gènes de ménage (housekeeping genes). Les souches sont répertoriées dans la base de données internationale EnteroBase.

mardi 11 août 2026

À Hong Kong, norovirus a la côte !

Bilan des foyers d'intoxication alimentaire à Hong Kong (2016–2025), source Communicable Diseases Watch.

Faits saillants

  • Entre 2016 et 2025, Hong Kong a enregistré 1 964 foyers d'intoxication alimentaire touchant au total 7 758 personnes. La plupart de ces foyers étaient de faible ampleur, 88 % d'entre eux impliquant cinq personnes ou moins. Une tendance saisonnière marquée a été observée : les foyers d'intoxication alimentaire atteignaient un pic en mai et juin, période où les températures plus élevées favorisent la prolifération bactérienne, tandis que les foyers à norovirus étaient plus fréquents durant les mois d'hiver.
  • Les bactéries sont restées les principaux agents responsables, les espèces de Salmonella, Vibrio parahaemolyticus et norovirus étant à l'origine de la majorité des foyers, bien que Clostridium perfringens et Bacillus cereus aient provoqué, en moyenne, des foyers plus importants.
  • Les foyers liés aux norovirus ont pris une ampleur croissante ces dernières années, en particulier ceux associés à la consommation d'huîtres crues ; ils ont représenté plus de 40 % de l'ensemble des foyers d'intoxication alimentaire en 2024 et 2025, une tendance qui s'est poursuivie au début de l'année 2026.
  • Ces constatations soulignent la nécessité d'une vigilance constante en matière de sécurité sanitaire des aliments, notamment par le recours à des sources d'approvisionnement sûres, une cuisson adéquate, un contrôle rigoureux des températures, la prévention des contaminations croisées et une bonne hygiène personnelle, afin de réduire les risques de maladies d'origine alimentaire.

Les éclosions associées à norovirus à Hong Kong sont devenues de plus en plus fréquentes ces dernières années, en particulier celles liées aux huîtres crues, représentant plus de 40 % de tous les cas d’intoxication alimentaire en 2024 et 2025, et se poursuivant jusqu’au début de 2026.

Norovirus a figuré parmi les trois principaux agents responsables au cours de la période 2016-2025, étant à l'origine de 480 foyers d'infection d'origine alimentaire (24,4 %) ayant touché 2 040 personnes (soit une moyenne de 4,3 personnes atteintes par foyer). La part des foyers de cas liés au norovirus a augmenté ces dernières années, représentant plus de 40 % de l'ensemble des foyers en 2024 et en 2025, contre 20,9 % sur la période 2016-2023. Bien que le nombre absolu de foyers liés au norovirus ait diminué, passant de 88 en 2024 à 53 en 2025, leur contribution relative est demeurée élevée, représentant 41,1 % de l'ensemble des foyers en 2025.

Les huîtres crues constituaient, et de loin, le principal aliment incriminé dans les foyers de TIAC liés à norovirus. Entre 2016 et 2025, les huîtres crues ont été l'aliment incriminé dans 390 TIAC à norovirus, soit 81,3 % de l'ensemble des TIAC liés à ce virus sur cette période. Cette tendance s'est maintenue au premier trimestre 2026 : les norovirus étaient à l'origine de 47 des 66 foyers de TIAC (71,2 %) enregistrés au 31 mars, dont 42 impliquaient des huîtres crues.

Et en France ...

Selon la fiche de l’Anses sur norovirus, janvier 2022, en France, les norovirus provoquent chaque année environ 516 000 cas d'infections alimentaires. Ils représentent un tiers des toxi-infections alimentaires et 20 % des hospitalisations de cette origine. La transmission culmine en hiver, souvent favorisée par la consommation de coquillages crus comme les huîtres.
J'avoue ne pas savoir si l'on a des chiffres récents.

Chiffres clés et impact : 516 000 cas d'origine alimentaire par an. 33 % des infections d'origine alimentaire en France. 20 % des hospitalisations pour infections alimentaires. 3e cause d'hospitalisation pour ces infections.

Santé publique France a publié aussi très récemment, juillet 2026, « un cocktail parfait pour une épidémie de gastro-entérites de fin d’année (décembre 2023-janvier 2024) en Nouvelle-Aquitaine, Forte pluviométrie, circulation de norovirus et consommation d’huîtres ».

jeudi 30 juillet 2026

Intoxications accidentelles par des champignon, la France est-elle au niveau de la Chine ?

Inlassablement, année après année, l'Anses publie courant septembre des informations sur la cueillette des chamignons et leur consommation ainsi que les risques encourus, rien n'y fait ...

Selon le rapport d’étude de toxicovigilance de septembre 2025, publié par l’Anses, sur les intoxications accidentelles par des champignons en France métropolitaine (Bilan des cas enregistrés par les Centres antipoison entre le 1er juillet et le 31 décembre 2024) 1 363 personnes ont appelé un Centre antipoison pour une intoxication par des champignons en France hexagonale. Parmi elles, 1 320 personnes s’étaient intoxiquées lors d’un repas. Les intoxications restantes correspondaient à une ingestion accidentelle d’un champignon par méconnaissance du risque.

Si la plupart des intoxications étaient bénignes, 3,1 % étaient de gravité forte, avec notamment trois décès et trois cas d’insuffisance rénale chronique. Les symptômes observés étaient majoritairement digestifs : douleurs abdominales, nausées, vomissements, diarrhées. 

Qu'en est-il de 2025 ? Une information de vigilance de l’Anses sur « Cueillette des champignons : vigilance face aux risques d'intoxications » du 25 septembre 2025 rapportait que « Depuis le 1er juillet 2025, environ 500 intoxications liées à la cueillette et à la consommation de champignons ont déjà été recensées par les Centres antipoison. »

500 cas entre le 1er juillet et le 25 septembre, c'est pas mal du tout ...

Alors quand je lis le titre d’un article de Joe Whitworth dans Food Safety News selon lequel « La Chine enregistre un pic des cas d'intoxication aux champignons, avec plus de 2 100 patients rapportés », je me dis que sur ce sujet, nous sommes presque au niveau de la Chine ...

En effet, un article récent paru dans China CDC Weekly, « Mushroom Poisoning Outbreaks - China, 2025 » rapporte qu’en 2025, le CDC de Chine a enquêté sur 828 cas d’intoxication aux champignons dans 27 divisions administratives de niveau provincial, touchant 2 165 patients et ayant entraîné 13 décès, soit un taux de létalité de 0,6 %, le plus bas enregistré depuis 2019. 

Ce pic de 2 165 patients contraste avec les données de 2019 à 2024 où le nombre annuel de cas a oscillé entre 276 et 676, et le taux de létalité entre 0,87 % et 2,86 %.

Les intoxications aux champignons constituent une menace majeure pour la sécurité alimentaire en Chine. Bien que l’été et l’automne soient les saisons de pointe, des cas mortels peuvent survenir à tout moment de l’année, et le nord du pays a connu une nette augmentation. De plus, un nombre croissant de champignons vénéneux, dont plusieurs espèces potentiellement nouvelles, ont été identifiés lors d’intoxications. Ce problème persistant exige des efforts continus de sensibilisation du public, un contrôle rigoureux du marché et une collaboration interdisciplinaire renforcée afin d’en réduire l’incidence.

Destruction de quatre réserves de substitution ordonnée par la justice en Charente-Maritime : une décision ubuesque qui va à contre-sens de l'intérêt du territoire

Merci à André Heitz d’avoir publié ce texte sur son blog Agriculture,alimentation, santé publique... soyons rationnels que je relaie bien volontiers.

Une construction légale, financée et encadrée par l'État

En 2010, lorsque ces projets de réserves de substitution se sont achevés, ils étaient pleinement conformes au cadre légal et réglementaire en vigueur, au point d'avoir été autorisés par l'État et financés à hauteur de 62,5 % par des fonds publics.

Aujourd'hui, alors que les irrigants assument leurs emprunts et que les cotisations issues de l'activité économique réalisée sur le territoire ont largement contribué à rentabiliser l'investissement public, l'acharnement de l'association Nature Environnement 17 à saisir le tribunal administratif de Poitiers confine au harcèlement. L'ordonnance de destruction va imposer aux agriculteurs un préjudice et une charge financière considérables et hors normes qu'ils seront dans l'incapacité d'assumer en plus de leurs dettes d'investissement et dans un contexte agricole de crise sans précédent.

Un non-sens mortifère pour notre production agricole et l'économie du territoire

À l'heure où l'Assemblée nationale et le Sénat viennent d'adopter une loi d'urgence pour la protection et la souveraineté agricoles, confortant le développement du stockage de l'eau, avec pour objectif le doublement des volumes stockés d'ici dix ans, l'ordonnance de destruction de quatre réserves de substitution constitue un non-sens absolu, dans le contexte et à l'heure où l'on doit urgemment mettre en place des outils d'adaptation au changement climatique pour l'agriculture.

Nous ne pouvons, d'un côté, acter, au niveau législatif, le doublement des capacités, et, de l'autre, détruire des infrastructures existantes, construites légalement, financées et intégrées aux territoires. Cette situation heurte de plein fouet le principe de cohérence de l'action publique, crée une insécurité juridique pour le monde agricole, met en péril la survie de plusieurs exploitations et soulève une interrogation fondamentale sur la conciliation entre les orientations fixées par la législation et l'exécution des décisions de justice.

L'agriculture est aujourd'hui l'otage d'une situation administrative et judiciaire ubuesque, incompréhensible et parfaitement inacceptable. Nous ne pouvons accepter d'être le jouet d'une philosophie de bureau déconnectée des réalités du terrain. Nos territoires ont besoin de solutions concrètes, pas de la destruction d'outils qui participent justement à leur adaptation.

Des réserves à double intérêt en pleine période de sécheresse

Alors que des vagues de chaleur et de sécheresse historiques frappent nos territoires, ces réserves d'eau constituent un levier vital pour la sauvegarde des exploitations et du territoire.

En retenant une toute petite partie de l'eau de la nappe de surface l'hiver, quand elle est abondante, ces ouvrages évitent les prélèvements dans le milieu naturel durant les périodes critiques l'été. Il est ainsi possible de concilier la préservation de la ressource hydrique locale et la sécurisation de la production agricole indispensable à notre souveraineté alimentaire.

Et pourtant, en demandant la disparition de ces ouvrages, l'association Nature Environnement 17 prend le risque de favoriser le retour de prélèvements estivaux directs, précisément lorsque ceux-ci ont le plus d'impact sur les cours d'eau. Un paradoxe difficilement compréhensible. De plus, le refus de l'association Nature Environnement 17 de participer à une médiation montre leur vrai visage : ils n'ont aucune intention de trouver une issue positive pour le territoire.

En pleine période de sécheresse, et à l'heure où les incendies s'intensifient, ordonner la destruction de ces réserves d'eau relève presque de l'inconscience. Au-delà de leur rôle agricole, ces infrastructures constituent des points de ravitaillement stratégiques et vitaux pour les pompiers qui font face à de nombreux départs de feu (forêts, récoltes, habitations, etc.). Détruire délibérément des réserves, alors que les pompiers appellent à plus de moyens, constituerait un crime pour nos territoires.

Ainsi, nous apportons notre soutien plein et entier à l'ensemble des agriculteurs-irrigants et des structures qui portent un ouvrage de stockage d'eau pour nourrir leurs concitoyens. Tous font preuve d'un courage sans faille et continuent de porter leurs projets dans cette tempête de textes, d'études, d'arrêtés, d'injonctions et de menaces sur leur avenir, qui va à l'encontre même de leur volonté pour améliorer la situation.

L'agriculture nourrit les Français, s'adapte chaque jour, fait évoluer ses pratiques, diversifie ses assolements, réduit ses impacts et contribue à corriger les erreurs du passé. Pour réussir cette transition, elle a besoin d'outils d'adaptation. Les réserves de substitution en font partie. Les détruire serait une faute pour l'avenir de nos territoires. Nous utiliserons tous les leviers à notre disposition pour faire barrage à cette décision.

Contacts : ADIV & Aquanide - Octavine Daguet - 86adiv.communicationt@gmail.com - 06 32 51 46 23. Irrigants de France - Guillaume Le Hoan - guillaume.le-hoan@agpm.com - 06 16 09 42 30.

Source « Cela coûterait plus cher que la construction» : condamnés à détruire leurs réserves d'eau, les irrigants font appel.

mardi 28 juillet 2026

Le droit est devenu un terrain de guerre contre l’agriculture

Je dédie cet article au commentaire récent d’un inconnu ou d'un anonyme qui disait, « Il me semble opportun de garder ses idéaux politiques pour soi... Surtout en matière agricole/environnementale, qui n'est pas le sujet du blog ». Ben voyons ...

Alors pour cet inconnu, mais surtout pour tous les lecteurs du blog, voici quelques extraits d’un article proposé par le blog agriculture et environnement intitulé, « Le droit est devenu un terrain de guerre contre l’agriculture ».

Carole Hernandez-Zakine, docteure en droit, membre de l’Académie d’agriculture, est l’auteure d’une note « Judiciarisation des projets agricoles et alimentaires », publiée en mai 2026 par le think tank Les Z’Homnivores.

Vous venez de publier une analyse d’une quarantaine de pages sur la judiciarisation de l’agriculture. Pourquoi cette note et pourquoi maintenant ?

Carole Hernandez-Zakine

Parce que le phénomène produit désormais pleinement ses effets et que personne ne le dit clairement. Les agriculteurs ressentent depuis des années une pression croissante venue des tribunaux, mais ce ressenti est systématiquement renvoyé à une hypersensibilité du monde agricole. Ce que j’ai voulu faire, c’est objectiver la réalité : montrer, avec des décisions de justice à l’appui, qu’il s’agit d’une dynamique documentée, structurée et délibérément construite. On parle beaucoup des normes, des prix, du renouvellement des générations. On parle très peu du fait que le juge est en train de devenir un acteur central de la politique agricole française – sans y avoir été invité par les urnes.

Ce que Les Z’Homnivores publient est une synthèse accessible d’un travail de fond beaucoup plus dense, puisqu’il repose sur des décisions de justice, choisies pour leur exemplarité, à tous les niveaux de juridiction : civile, pénale, administrative, constitutionnelle, européenne. Ce qui m’a frappée, c’est la cohérence d’ensemble. On pourrait croire à une accumulation de litiges disparates. Bien au contraire, les contentieux se nourrissent les uns des autres et convergent vers le même objectif : abattre un modèle agricole productif, non pas dans l’arène politique, mais devant les tribunaux.

La suite est à lire ici.

samedi 25 juillet 2026

Loi d'urgence agricole : le point de vue de M. Jean-Baptiste Moreau*

Le projet de loi d'urgence pour la protection et la souveraineté agricoles a été définitivement adopté par le Parlement le 21 juillet 2026.

J'assiste depuis des années, et même durant mon mandat, à l'hystérisation des débats dès que l'on parle agriculture.

Les débats autour de cette loi n'ont pas échappé à cette tendance : « Acetamiprid is the new glyphosate ».

Ces molécules deviennent des symboles pour les idéologues de tout poil pour se livrer de façon totalement irrationnelle scientifiquement à une critique d'une agriculture qu'on caricature à l'infini en ne connaissant rien de ses réalités.

Je suis bien placé pour parler de cela, pour avoir été rapporteur de la loi egalim où j'ai du consentir pour empêcher l'interdiction par la loi du glyphosate qui aurait eu des conséquences dramatiques sur l'ensemble de l'agriculture, de passer un compromis avec les écolos de mon camp ou des autres, en interdisant la flupyradifurone. Je savais que cela aurait des conséquences sur certaines productions, mais je les pensais moins problématiques que l'interdiction du glyphosate.

Je regrette cette décision et je salue le fait que le texte laisse à l'ANSES la possibilité de déroger à l'interdiction.

Ces décisions n'ont rien à faire dans la main des politiques. Elles doivent être uniquement prises en fonction des faits scientifiques démontrés. Sinon le politique se vautre dans la démagogie, instrumentalisé par des idéologies qui ne conduiront qu'à la ruine de notre agriculture.

J'entends les inquiétudes sur la dangerosité de certaines molécules ou certaines pratiques agricoles. Mais c'est la science qui doit rassurer nos concitoyens et la peur ne doit pas être instrumentalisée par le politique.

Nous sommes en train de faire avec l'agriculture ce que nous avons fait avec le nucléaire.

La pensée unique du moment c'est que notre modèle agricole doit changer, que tout le monde devrait passer en bio.

On assiste aux mêmes caricatures que quand on expliquait que le nucléaire était le mal absolu. À l'époque, les ONG, le grand public et quasiment toute la classe politique voulaient la fin du nucléaire à tel point que certains pays l'ont fait, comme l Allemagne.

Or la tendance s'est inversée aujourd'hui devant la peur de voir des pénuries d'énergie ou le prix de l'énergie flamber, ce qui affecterait notre mode de vie. Et on voit combien cette vision de l'époque va nous coûter cher pour remettre à niveau ce secteur.

Ainsi faut-il attendre que nos rayons de supermarché ou de commerce soient vide de toute aliment français pour que nos concitoyens se rendent compte que notre agriculture est menacée de mort ?

Et qu'on ne mette pas cette mort programmée sur le compte de la concurrence internationale. Ce ne sont que des fadaises pour gogos susceptibles de gober les âneries et autre idéologie mortifère des extrêmes.

Elle va crever car nous sommes au comble de l'hypocrisie. Nous voulons que notre agriculture produise sans aucun produit, sans aucun intrant, mais nous refusons de payer ses produits au juste prix et nous achetons abondamment des produits issues d'une agriculture que nous ne voulons pas.

Et pitié, pas de couplet sur « on part les premiers, les autres suivront ». Ils ne suivent jamais, car ils voient bien que ce que nous faisons est une impasse totale.

L'agriculture française a vocation à produire de l'alimentation saine et durable. Elle n'aura jamais pour vocation unique d'entretenir les espaces car les agriculteurs deviendraient des fonctionnaires et c'est absolument incompatible avec la nature profonde de l'agriculteur faite de passions, de prises de risques. L'agriculteur est un entrepreneur par essence, qui vit dans le réel et n'a d'autre choix que de s'adapter au réel : au climat, aux demandes du consommateur.

oo0oo

Le mythe d'une agriculture vivrière refermée sur nos frontières n'est qu'un mythe. Tous ceux qui ont essayé ont tué leur agriculture. On peut toujours rêver d'un monde où il en fut autrement, mais ce monde n'a jamais existé à travers l'histoire et n'existera jamais. L'agriculture a besoin d échanges pour permettre aux agriculteurs de vivre .

C'est une réalité intangible économique et scientifique. Et on ne peut pas obliger nos agriculteurs à courir avec des boulets au pied. Bien sûr, il ne s'agit pas de faire n'importe quoi pour produire, mais ce n'est déjà absolument pas le cas.

Si nous voulons avoir encore des agriculteurs demain en France, il va falloir renouer le contact, arrêter de les juger sur la base de croyances. Et du côté des agriculteurs, les manifestations ne suffiront pas à faire comprendre les nécessités de ce métier. Bien aimer les agriculteurs, c'est bien ; le leur prouver, c'est mieux. Et on ne le leur prouve pas en leur expliquant comment ils devraient exercer un métier, dont au final on ne connaît rien.

* Ancien député (2017-2022). Paysan de la Creuse à jamais. Consultant indépendant et libre.

Références, 1 et 2.

NB: Je remercie André Heitz d’avoir signalé ce texte paru sur son blog ici.


vendredi 24 juillet 2026

Contamination aux salmonelles d'œufs d'origine polonaise : la Confédération Française de l'Aviculture appelle à acheter des œufs français

Le 21 juillet 2026, Lidl informe du rappel suivant : la société OVOTEK SP. Z O.O.. procède au retrait et au rappel des produits Oeufs Frais x30 ainsi que les Oeufs Frais x20 suite à la présence de Salmonella Enteritidis. Ces oeufs ont été commercialisés jusqu'au 17 juillet 2026. 

Même date de rappel du 21 juillet 2026 chez RappelConso.

S’agissant du rappel de Lidl, « la Confédération Française de l'Aviculture appelle à privilégier les Œufs de France ! », communiqué du 23 juillet 2026.

La Confédération Française de l'Aviculture (CFA) prend acte du rappel d'œufs d'origine polonaise commercialisés par l'enseigne Lidl à la suite d'une contamination par des salmonelles.

En choisissant de commercialiser des œufs étrangers, l’enseigne Lidl démontre qu'elle ne fait pas suffisamment confiance à la filière française, pourtant capable de répondre aux attentes des consommateurs en matière de qualité, de sécurité sanitaire et de disponibilité. Un choix incompréhensible qui fait peser des risques sur la santé des consommateurs !

La France applique l'un des dispositifs de surveillance des salmonelles les plus exigeants d'Europe, offrant aux consommateurs un niveau élevé de garanties sanitaires.

Parallèlement, la production française d'œufs poursuit sa progression. Le plan de filière de l’interprofession commence à porter ses fruits. Les éleveurs ont investi et la production va augmenter de 5 % en 2026 afin de répondre à une demande croissante des consommateurs. La filière « Œufs de France » est aujourd'hui pleinement mobilisée pour fournir des œufs français, dans le respect des plus hauts standards sanitaires, environnementaux et de bien-être animal.

La Confédération Française de l'Aviculture appelle les distributeurs à continuer de privilégier les approvisionnements nationaux et à renforcer leurs engagements en faveur des « Œufs de France ». Soutenir la production française, c'est soutenir des éleveurs engagés, préserver notre souveraineté alimentaire et offrir aux consommateurs les meilleures garanties en matière de sécurité sanitaire.

La CFA invite également les consommateurs à privilégier les œufs portant la mention « Œufs de France » ou identifiés « Origine France », gages de traçabilité, de qualité et d'un haut niveau d'exigence sanitaire.

mercredi 22 juillet 2026

Pour une bonne nouvelle, c'est une bonne nouvelle. La loi d'urgence agricole adoptée !

Pour une bonne nouvelle, c'est une bonne nouvelle. La loi d'urgence agricole pour la protection et la souveraineté agricoles a été adoptée !

Mais il y a aussi une autre bonne nouvelle, la démission de Madame Barbut !

Je crois que le blog a été quelque peu prophétique sur ce coup-là en publiant, Les aventures de Madame Barbut ou un feu de paille avant l’été …

Une du Figaro du mercredi 23 juillet 2026

L'été commence sous de bons auspices pour nos agriculteurs mais il ne faut pas s'arrêter en chemin, il y a encore quelques normes, règles et agences à supprimer ...

MàJ du 23 juillet 2026. On lira l'éditorial de Vincent Trémolet de Viller dans Le Figaro du 22 juillet 2026 intitulé « Le fiasco des écolos », en voici un extrait, 

L'écologie politique aura été la première victime de ces semaines de sécheresse et de canicule. Pendant que des pompiers luttent au prix de leur vie contre les flammes, que les agriculteurs craignent pour leurs récoltes, leurs troupeaux, Monique Barbut, ministre de la Transition écologique, s'élève contre un vote de l'Assemblée comme s'il s'agissait d'un arbitrage du premier ministre. Fascinant pays où personne, au gouvernement, ne songerait à démissionner après la légalisation de l'euthanasie, mais où une ministre invoque son non possumus (« nous ne pouvons pas ») contre les pesticides. 

mardi 21 juillet 2026

L’impossible équation du 100% bio

« L’impossible équation du 100% bio » est un article de Gil Rivière-Wekstein paru sur son site, agriculture et environnement, le 20 juillet 2026.

Le blog vous en propose quelques extraits de cet article très documenté et à lire en intégralité.

Reprise timide mais réelle, clame l’Agence Bio pour 2025. Un examen des données montre plutôt un modèle qui stagne, et qui ne pourra jamais remplacer l’agriculture conventionnelle.

Le 16 juin, Bruno Martel, le président de l’Agence Bio, a présenté le « livret annuel des chiffres du bio » pour l’année 2025, en se félicitant de la consolidation d’un marché de quelque 12,6 milliards d’euros. Selon lui, la reprise serait enfin là, timide mais réelle, avec une croissance de 3,6 % en valeur et de 2% en volume par rapport à 2024.

Et de déployer la communication habituelle de l’Agence en l’étayant d’une batterie de chiffres censés démontrer que les bonnes perspectives sont de retour, et que cette embellie, « confirmant l’attractivité du bio », est de nature à susciter un regain d’optimisme chez les producteurs et à encourager les conversions et installations. « La crise est derrière nous », a confirmé au Nouvel Obs Franck Poncet, directeur général de Biocoop, le leader des magasins spécialisés qui a enregistré en 2025 une année « record » en termes de chiffre d’affaires et une hausse de fréquentation de 6,5%.

(...)
L’Agence Bio a beau insister sur le fait que 59% des Français déclarent aujourd’hui manger bio au moins une fois par mois et 35 % au moins une fois par semaine – soit cinq points de plus qu’en 2024 – et assurer que « toutes les catégories de population sont concernées, sans considération d’âge ou de niveau de vie », les chiffres sont têtus : 94 % des denrées composant l’assiette des Français restent issues de l’agriculture conventionnelle. Quant à la restauration collective, qui devait atteindre 20 % de bio avec la loi EGalim, elle plafonne à 552 millions d’euros, c’est-à-dire 6% du total.
(…)
Le « 100% bio » – manière détournée d’imposer la sortie des pesticides – pose donc une équation que la géographie a déjà tranchée : la France ne possède pas, et ne possédera jamais, les terres que ce modèle réclamerait. S’il existe indubitablement un marché bio, qui représente 5 à 6% de la consommation alimentaire des Français, est-il pour autant souhaitable de l’étendre en y consacrant de l’argent public? La question reste ouverte…

samedi 11 juillet 2026

Hausse de la mortalité infantile : un naufrage de la France

Restons si vous le voulez bien dans le domaine de la santé et on se serait passé de ce type d'information ...

«Hausse de la mortalité infantile : les raisons du naufrage de la France», source article de Anne Prigent paru dans Le Figaro du 11 juillet 2026.

La France cumule plusieurs facteurs de risque qui se renforcent les uns les autres.

Notre pays, longtemps exemplaire en matière de périnatalité, voit ses indicateurs se dégrader d’année en année. Les facteurs sont multiples et complexes.

Année après année, la mortalité néonatale progresse en France, confirmant ce que professionnels et associations dénoncent depuis longtemps : une dérive continue, sans véritable inflexion. Les dernières données de la Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques (Drees) et de Santé publique France en apportent une nouvelle illustration. En 2024, 11,2 enfants pour 1 000 naissances sont nés sans vie ou décédés dans leur première semaine (ce qu’on appelle la mortalité périnatale, qui inclut les fausses couches). Un niveau inédit depuis dix ans.

Dans le même temps, la mortalité infantile (avant l'âge de 1 an) atteint 4,08 pour 1000 naissances vivantes, reléguant la France au 21e rang européen, loin derrière les pays scandinaves ou les Pays-Bas. Le moteur principal de ce dé-classement la mortalité néonatale (les bébés qui décèdent dans les sept premiers jours de vie). «Les chiffres sont mauvais pour la mortalité périnatale et pour la mortalité néonatale, et cette haus-se retentit mécaniquement sur la mortalité infantile», analyse la professeur Elsa Kermorvant, présidente de la Société française de néonatologie. Un constat d'autant plus saisissant qu'il concerne un pays longtemps à la pointe dans la prise en charge des nouveau-nés.

Pour l'instant, on sait qu'il y a une dégradation, mais on ne sait pas pourquoi», souligne le professeur François Goffinet. «Le système d'information était très mauvais on n'avait pas les parcours, pas les données, pas les causes. Le futur registre national obstétrical, périnatal et infantile, en cours de construction, doit justement combler cette faille majeure et permettre enfin de comprendre ce qui se joue.»

N'hésitez pas à acheter le journal pour lire l'intégralité de l'article. -aa

Puis, c'était il y a presque 20 ans, un rapport OCDE vient encore de le rappeler en classant la France au premier rang des 31 pays membres pour la mortalité prématurée évitable. Source «La prévention: entre rationalité individuelle et rationalité collective» par Claude Le Pen, 2007.

Et enfin, il y avait eu et surtout le livre de Aquilino Morelle, «La défaite de la santé publique», Flammarion, Paris, 1996.

MàJ du 13 juillet 2026. C'est avec ce titre très bisounours que Santé publique France rapporte ce qui se passe au niveau de la mortalité infantile, jugez plutôt, Santé périnatale en France : Dix années d'évolutions contrastées.

mardi 7 juillet 2026

Cas groupés de salmonellose en France liée à des œufs de Pologne

Cas groupés de salmonellose en France liée à des œufs de Pologne, source article de Joe Whitworth paru dans Food safety News 7 juillet 2026.

Une éclosion de cas de salmonellose survenue en France a probablement été causée par des œufs contaminés provenant de Pologne.

Seize personnes ont été contaminées par Salmonella Enteritidis, dont neuf hommes et sept femmes. Quatre personnes ont été hospitalisées. Les patients étaient âgés de 1 à 55 ans et présentaient principalement de la fièvre et de la diarrhée, selon Santé publique France.

En réponse aux questions de Food Safety News, la Direction générale de l'alimentation (DGAL) a indiqué que le lien initial avait été établi grâce à une enquête auprès de patients, révélant une corrélation entre l'apparition des symptômes et la consommation de produits contenant des œufs crus. L'origine de ces œufs a ensuite été déterminée grâce au code imprimé sur les coquilles.

Les œufs blancs incriminés étaient vendus en supermarché. Ils avaient déjà été consommés lorsque le lien entre la consommation d'œufs et l'apparition des symptômes a été établi, il n'y a donc pas eu de rappel.

La DGAL a indiqué avoir contacté les autorités polonaises afin de s'assurer que toutes les mesures soient prises pour garantir la sécurité des consommateurs.

Épidémie précédente :

Lors d’une précédente épidémie, l’unité régionale Île-de-France de Santé publique France avait été informée d’un foyer de 50 cas d’infection à Salmonella Enteritidis. Il s’agissait de l’épidémie la plus importante jamais enregistrée en Île-de-France, tant par le nombre de cas que par sa durée et sa gravité.

Commentaire

Un grand merci à Joe Withworth pour ces informations. Comme presque tout le temps, l’absence de transparence et d’information sont l’apanage une fois de plus de la DGAL et de Santé publique France.

jeudi 25 juin 2026

Décès liés aux TIAC en Belgique et en France

« Le nombre de décès dus à des maladies infectieuses d'origine alimentaire a doublé en Belgique en 2025 », source Food Safety Magazine du 24 juin 2026.

Selon le rapport 2025 de l'Agence fédérale pour la sécurité de la chaîne alimentaire (AFSCA), le nombre de décès liés à des maladies d'origine alimentaire a doublé, passant de six en 2024 à 12 en 2025. Des décès attribuables à une épidémie à STEC.

La majorité (neuf) des 12 décès signalés en 2025 sont survenus dans le cadre d'une épidémie d'infections à Escherichia coli producteurs de shigatoxines (STEC), liée à la consommation de viande hachée dans 11 établissements de soins de longue durée à travers la Belgique. Plus de 70 personnes ont été touchées par cette épidémie, survenue au mois d'août.

NB : En France, on est toujours en attente du bilan 2025 de la DGAL ...

Cet article m'a donné envie de voir quel était le bilan des décès liés aux TIAC déclarées en France ; la source est, sauf cas particulier, Santé publique France,

- 6 en 2024 selon l'EFSA
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- 2 en 2018
- 5 en 2017
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MàJ du 10 juillet 2026. On lira « Premières estimations de l’impact des maladies d’origine alimentaire en Belgique », source Sciensano.