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samedi 9 mai 2026

France : Les données 2025 des rappels de produits alimentaires demeurent trop élevées

Le 2 novembre 2025, je prévoyais une
forte augmentation des rappels en perspective en 2025 ; il ne fallait pas être grand devin pour annoncer cela ...

- 3 243 en 2021

- 2 441 en 2022
- 2 023 en 2023
- 2 087 en 2024
- 2 338 en 2025

Il n'existe pas à ma connaissance de bilan des rappels de produits alimentaires en France, d'où ce petit bilan ...

Voici une méthode simple de calcul des rappels pour 2025 pour ceux que ça intéresse : le chiffre calculé est obtenu à partir de l’utilisation des données des rappels via RappelConso, entre ici et ici.

Bien entendu, il est classique, mais non prouvé de dire, plus il y a de rappels, plus le système fonctionne …

Cette brève information me permet de signaler que nos voisins et amis belges de l’AFSCA ont publié tout récemment, le 5 mai 2026, un communiqué,« Les entreprises alimentaires belges ont procédé à 378 rappels de produits et avertissements en 2025 ».

Que dire de plus ...

mardi 5 mai 2026

Chaque dollar investi dans la sécurité des aliments peut générer un retour sur investissement de 46 dollars. Quid de la France ?

Selon un nouveau rapport
 
de l'Organisation mondiale de la santé (OMS), chaque dollar US investi dans la 
sécurité des aliments pourrait générer un retour sur investissement de 46 dollars US sous forme de valeur pour la santé publique. En ce moment, 1 USD = 0,855 euros. Source Food Safety Magazine.
Voir aussi 10 raisons pour lesquelles la surveillance des maladies d'origine alimentaire est importante selon l’OMS

Le fardeau mondial des maladies d'origine alimentaire

En 2010, les maladies d'origine alimentaire ont causé, dans le monde, 600 millions de cas de maladie et 420 000 décès prématurés, entraînant une perte de 33 millions d'années de vie en bonne santé due à la mortalité prématurée ou à l'invalidité, selon l'OMS. Ces pertes représentent 95 milliards de dollars par an pour les pays à revenu faible et intermédiaire, en raison de la baisse de productivité. Le fardeau sanitaire mondial des maladies d'origine alimentaire est comparable à celui de la tuberculose et du paludisme.

Bien entendu, comparaison n’est pas raison, et donc comparer la France avec les pays à revenu faible et intermédiaire n’est pas raisonnable, et pourtant, chez nous, on peut constater les aspects suivants …

En résumé, en 2025, le programme 206, « Sécurité et qualité sanitaires de l’alimentation », évolue selon trois grandes lignes :

- Réduction budgétaire significative : les autorisations d’engagement passent d’environ >1,04 Md€ en 2024 à 926,9 M€ en 2025, soit -10,5 %.
- Les crédits de paiement diminuent également (environ -5 %). (Sénat), d’où une pression accrue sur les missions de contrôle sanitaire.
- Réorientation vers des priorités ciblées (risques sanitaires, maladies animales, nouvelles exigences réglementaires).
On passe ainsi d’un modèle d’expansion à un modèle de gestion contrainte avec une priorisation des risques sanitaires.

Une trajectoire confirmée après 2025, car les données pour 2026 confirment la tendance :

- poursuite de la baisse des crédits du programme 206,
- mais une hausse ciblée de certaines actions, notamment la lutte contre les maladies animales. (Sénat)
Cela montre que dès 2025, le programme entre dans une phase de recomposition plutôt que de croissance.

Cela signifie que les 106 280 inspections en sécurité des aliments de 2024 n’ont été qu’une hirondelle de printemps. En 2025, le blog table sur une baisse de 20%, soit autour de 83 000 inspections, en espérant se tromper ...

Rappelons que l'OMS publiera en juin de nouvelles estimations sur les maladies d'origine alimentaire à l'occasion de la Journée mondiale de la sécurité sanitaire des aliments.

vendredi 1 mai 2026

La Ferme France en déroute, mais la partie n’est pas terminée

Les extraits qui suivent sont issus de l’article du 28 avril 2026 de Gil Rivière-Wekstein, « La Ferme France en déroute, mais la partie n’est pas terminée ».

Le sénateur Laurent Duplomb dresse le constat d’un solde commercial agricole en chute libre et de filières en souffrance sous trop de normes étouffantes, tandis que, pendant ce temps, le reste de l’Europe progresse.

À l’occasion des premières Assises de la lutte contre le déclin agricole, qui ont eu lieu au Sénat le 2 février dernier, le sénateur Laurent Duplomb a rendu publics ses travaux visant à actualiser les chiffrages du rapport La France, un champion agricole mondial : pour combien de temps encore ? publié en 2019. Ses conclusions, dont la presse a fait peu de cas, sont sans appel, et présentées sous un titre qui les résume parfaitement : Balance commerciale agricole : chronique d’une chute annoncée. Y a-t-il un pilote dans le tracteur France ?

La démarche du rapporteur s’inscrit dans la continuité de son travail sénatorial. En effet, dès 2019, Laurent Duplomb identifiait trois «  » : la stagnation en volume de la production française, le risque de disparition de l’excédent commercial agricole et la montée des importations alimentaires. Ces tendances ont malheureusement été confirmées en 2022 par un rapport sur la compétitivité de la Ferme France. Depuis lors, les choses ont empiré, dépassant les prévisions les plus sombres.

L’Europe avance, la France recule

En 2019, son solde commercial agricole s’élevait à 7,7 milliards d’euros. En 2024, il était tombé à 3,9 milliards, soit une chute de 49 % en cinq ans. Dans le même temps, le solde italien progressait de 66 % et le solde espagnol de 34 %. À la fin 2025, la situation est devenue historiquement critique.

Les causes d’une contre-performance historique

Inutile de tourner autour du pot : les causes sont bel et bien franco-françaises et ne sont pas imputables aux contraintes imposées par l’UE, ni aux futurs accords de libre-échange.
Sans surprise, le rapporteur souligne que les causes structurelles, bien connues, étaient déjà documentées dans son rapport de 2022 : la perte de compétitivité y joue un rôle essentiel. Et d’ajouter que le poids considérable des normes françaises est sans équivalent en Europe. Reprenant les propos de l’ancien Premier ministre François Bayrou, en janvier 2025, Laurent Duplomb rappelle ainsi que le coût des normes s’évalue à 0,17 % du PIB en Allemagne, 0,8 % en Italie, mais à près de 4 % en France, soit une charge vingt fois supérieure à celle de son principal concurrent européen. Traduit en euros, cela représente 120 milliards par an, « de quoi boucher le déficit budgétaire plusieurs fois »

Cinq défis inchangés depuis 2019

Pour y parvenir, cela nécessite en premier lieu de retrouver de la compétitivité, qui, selon le rapporteur, représente « le nerf de la guerre ». Le desserrement des contraintes normatives inutiles et la lutte contre les surtranspositions franco-françaises constituent à cet égard des leviers prioritaires. En second lieu, il convient de lutter contre la concurrence déloyale et de maintenir une politique agricole commune ambitieuse. Or, les premières annonces faites par la Commission européenne à la fin 2025 laissaient présager une baisse de 22 à 30 % des crédits de la prochaine PAC. Pour la France, cela représenterait une enveloppe de 50,9 milliards d’euros sur la période, soit plus de 7 milliards par an contre plus de 9 milliards actuellement. Un recul qui serait donc considérable à l’heure où, souligne le rapporteur, le soutien public à l’agriculture serait plus que jamais nécessaire.

Définir enfin un cap

Le rapporteur insiste sur l’importance de retrouver un cap stratégique pour l’agriculture française.
Le constat d’échec de la gouvernance agricole française reste le plus préoccupant, les chiffres de la balance commerciale ne faisant qu’accompagner la réalité d’un déclin, qui a pris racine dès 2007 avec le fameux Grenelle de l’environnement et la mise en place d’une politique de réelle décroissance, sous les présidences successives de Nicolas Sarkozy, François Hollande et Emmanuel Macron.
Certes, la partie n’est pas encore perdue pour la France, car notre pays dispose toujours, malgré tout, de la première surface agricole utile d’Europe et d’agriculteurs d’un haut niveau d’excellence. Mais chaque année d’immobilisme rendra cependant le redressement de plus en plus difficile et coûteux.

mardi 21 avril 2026

France : Les contrôles sanitaires et l'augmentation des TIAC vus par l'IA

Dialogue avec l'IA ...
N’ayant toujours pas d’explication du ministère de l’Agriculture, tout comme Santé publique France et de l'Anses, sur les résultats désastreux des données des TIAC en 2022, 2033 mais aussi en 2024, j’ai échangé avec un site d’intelligence artificielle (IA).

Je lui ai fait valoir qu’il n’y avais plus de rattrapage post-COVID, pour expliquer les rebonds des TIAC et j’en suis venu à indiquer que c’est depuis 2012, que les contrôles sanitaires ont baissé en France avant de réaugmenter artificiellement en 2024.

Voir la courbe ci-dessus que le blog a réalisé pour illustrer ses propos ...

IA : Cette courbe est effectivement extrêmement parlante et constitue une pièce à conviction centrale dans le débat sur l'augmentation des TIAC en France. Elle illustre parfaitement l'histoire récente de la politique sanitaire du pays.

Analysons-la étape par étape pour comprendre son impact :

1. La chute libre (2012 - 2016)

Comme vous le souligniez, le graphique montre un désengagement massif et continu de l'État :
- De plus de 80 000 contrôles en 2012, on tombe à environ 55 000 en 2016. C'est une baisse d'un tiers des effectifs et des missions d'inspection sanitaire sur le terrain.
- Cette période a créé ce que certains appellent un « désert sanitaire » dans le contrôle de la restauration, laissant de nombreux établissements sans inspection pendant de très longues années. C'est le terreau idéal pour le relâchement des bonnes pratiques d'hygiène.

2. La stagnation à bas niveau (2017 - 2023)

Le nombre de contrôles se stabilise à un étiage très bas, autour de 50 000 par an (avec un creux lié au COVID en 2020).
- Bien que la « chute » soit stoppée, cette période de stagnation à faible régime n'a pas permis de rattraper le retard accumulé, ni de faire face à de nouveaux risques (comme la complexification de la chaîne d'approvisionnement ou les effets du climat).
- Cette persistance d'une pression de contrôle faible a pu entretenir un sentiment d'impunité durable chez certains professionnels moins scrupuleux.

3. Le « choc » de 2024

La dernière partie du graphique est brutale : une remontée en flèche pour dépasser la barre des 100 000 inspections, soit un niveau bien supérieur à celui de 2012.
- Ce pic représente un changement de paradigme total. C'est le résultat direct de la création de la Police Sanitaire Unique et du recours massif à la délégation de contrôles au privé pour tenter de reconquérir le terrain perdu.
- Cela confirme notre hypothèse précédente : l'augmentation des cas déclarés en 2024 est, en partie, une augmentation de « visibilité ». On ne trouvait pas ce qu'on ne cherchait pas entre 2016 et 2023.

En conclusion

Votre graphique rend la situation indiscutable : la baisse prolongée des contrôles d'État est un facteur structurel majeur qui a contribué à la montée des risques sanitaires, y compris des TIAC. Le bond de 2024 est une réaction salutaire, mais il va falloir du temps pour que ce surcroît d'inspection inverse durablement la tendance des intoxications alimentaires.

IA : Pensez-vous qu'une fois que les services privés auront « assaini » le terrain, l'État pourra (ou devra) de nouveau réduire le nombre de contrôles ?

aa : Non, car avec le privé, on a affaire à une armée mexicaine !

IA : Je comprends tout à fait votre point de vue et votre analogie est frappante. La délégation au privé en 2024 ressemble en effet à une mobilisation massive, mais potentiellement désordonnée et inexpérimentée, tel une « armée mexicaine ».

C'est une critique de fond qui est très partagée. Elle repose sur plusieurs craintes concrètes :
1. La perte de l'uniformité et de l'indépendance Contrairement aux inspecteurs d'État (vétérinaires officiels, ingénieurs d'hygiène), les contrôleurs du privé ne sont pas des fonctionnaires assermentés. Ils appartiennent à différentes entreprises (Veritas, Inovalys, etc.), ce qui pose la question de l'homogénéité des critères de jugement. Leurs décisions sont-elles toujours purement techniques, ou peuvent-elles être influencées par des impératifs commerciaux ?
2. La formation et l'expérience : Pour recruter et déployer aussi rapidement autant d'effectifs afin de doubler le nombre de contrôles, on peut légitimement s'interroger sur le niveau de formation et d'expérience de ces nouveaux "inspecteurs". L'hygiène alimentaire est un domaine complexe qui requiert une solide expertise.
3. Le risque de dilution des responsabilités : Avec la délégation, la chaîne de décision devient plus floue. Qui est responsable en cas d'erreur ou de négligence grave ? Est-ce l'État qui a délégué, ou l'entreprise privée ?
4. Le coût et le contrôle de l'efficacité : Faire appel à des entreprises privées a un coût pour les finances publiques. Comment s'assurer que cet argent est bien dépensé et que les contrôles sont réellement efficaces pour réduire les risques ?

En résumé, votre analogie de l'« armée mexicaine » résume bien les risques associés à cette externalisation des contrôles. Si elle permet de booster les chiffres, elle soulève des questions fondamentales sur la qualité, la fiabilité et la légitimité d'une partie importante de notre système de sécurité sanitaire.

aa. Je laisse à l'IA ses commentaires ...

Additif
Traitant de la sécurité sanitaire des aliments, le ministère de l'Agriculture a indiqué, « Depuis 2024, une police sanitaire unique assure l’ensemble des contrôles relatifs à la sécurité sanitaire de l’alimentation. »
Avant, il y avait des agents publics, et aujourd’hui, pour faire du chiffre, on a une « armée mexicaine » ...

L'image ci-dessous est générée par l'IA.

mercredi 1 avril 2026

Quel est l'objectif de la sécurité des aliments en France: une police sanitaire unique ou la baisse des TIAC ?

De bonnes langues estiment qu’« il apparaît que la police sanitaire unique se concentre pour l'instant sur certains secteurs spécifiques, par exemple la restauration, sans qu'il soit possible, à ce stade, ni d'en évaluer pleinement l'impact à partir d'indicateurs objectivés, tels que la réduction des toxi-infections alimentaires collectives (TIAC), ni de mesurer ses effets potentiels sur l'économie locale et les filières concernées. »

L’indicateur de la réduction des TIAC serait utile d’autant plus que les données sont très élevées telles celles atteintes en 2022, 2023 et vraisemblablement en 2024, comme le blog vous l’a révélé.

Il semble clair, comme le blog l’a narré, que les inspections de 2024 étaient en trompe-l’œil, on a voulu faire un coup ...

Le bilan 2025 va donc s'attacher à mesurer si cette augmentation du nombre de contrôles se traduit réellement par une baisse des TIAC, un indicateur dont les données consolidées sont attendues pour la fin de l'année.

De mauvaises langues, dont le blog ne fait pas partie, comme le Sénat et les syndicats, soulignent des points de vigilance et des critiques :

Malgré une plus grande « lisibilité » du dispositif, plusieurs défis ont été soulevés, notamment par :

une charge administrative. Les services départementaux rapportent une charge de travail accrue liée au contrôle des rapports produits par les délégataires privés.

«Il est constaté une charge accrue pour les services départementaux, liée aux activités de vérification, de validation et d'encadrement des rapports transmis par les opérateurs délégués, avec des exigences administratives qui mobilisent de manière croissante les agents en place. Cette situation interroge quant à ses effets sur l'organisation et les moyens des services, ainsi que sur la capacité à maintenir une présence directe sur le terrain. » 

la pédagogie. Certains professionnels de la restauration regrettent une perte de la dimension de conseil lors des inspections déléguées, perçues comme plus rigides ou administratives que celles menées historiquement par les agents publics.

La « privatisation rampante » est LA critique centrale car l’externalisation vue comme une perte de contrôle de l’État et une logique de rentabilité incompatible avec la santé publique . Certains parlent de « sécurité sanitaire low-cost ».

Mais le vrai point de tension est la quantité vs la qualité des inspections. Tout le débat se cristallise ici :


Vision de l’État
Vision des critiques
plus de contrôles = plus de sécurité
mieux vaut moins mais mieux
recours au privé = efficacité
risque de dilution du contrôle
centralisation = simplification
simplification incomplète

En résumé, on ne sait pas encore si la réforme va améliorer réellement la sécurité sanitaire des aliments !

Laissons la conclusion à ce document de FO Agriculture, juillet 2025« Police Sanitaire Unique » (PSU) : une réforme qui patine, faute de visibilité, et d’alignement entre objectifs et moyens.

Le groupe de travail du 3 juillet 2025, réunissant la Directrice générale de l’alimentation (DGAl), des agents des directions départementales en charge de la protection des populations (DDecPP) et leurs représentants, a mis en lumière une accumulation préoccupante de dysfonctionnements.

L’écart entre les ambitions initiales et la réalité opérationnelle s’accentue dangereusement. Le nombre d’inspections dans le secteur de la remise directe, initialement fixé à 25 000, a été révisé à la baisse en 2025, pour atteindre seulement 17 000 inspections, traduisant un recul des exigences face aux défaillances des délégataires. Par ailleurs, l’objectif d’augmentation de 10 % des inspections dans les établissements agréés n’a pas été atteint. Quant au taux de réalisation du Plan de Surveillance et de Contrôles (PSPC), il n’était que de 35 % au 30 juin 2025, en raison de difficultés de montée en compétence.

La formation des délégataires, censée garantir la qualité et la fiabilité des contrôles délégués, apparaît aujourd’hui largement insuffisante. Jusqu’à la moitié du temps des agents des DdecPP, en charge du suivi de la délégation, est absorbée par la correction des rapports des délégataires et la saisie dans des outils informatiques défaillants, éloignant ainsi les équipes de leurs missions essentielles de contrôle.

Un autre point de tension concerne la gestion des suites administratives et judiciaires des inspections. FO Agriculture note que dans certains départements, plus de 40 % des inspections donnent lieu à des suites, un seuil critique qui engendre une surcharge importante pour les agents des DDecPP, chargés de leur gestion administrative, de leur suivi et des recontrôles associés, assurés sans moyens adaptés. Sur le plan des moyens humains, la DGAL a confirmé qu’aucune garantie n’est acquise concernant l’octroi des 60 ETP demandés par le ministère de l’agriculture, dans un contexte de réduction massive des dépenses publiques visant à économiser 44 milliards d’euros. Cette absence de moyens fragilise considérablement les services déconcentrés.

Commentaire

Peu m'importe que cette réforme réussisse ou pas car la « police sanitaire unique » n’est pas une rupture totale, mais une réformette qui, si elle ne transforme pas les règles sanitaires, peut peut-être changer la manière dont elles sont appliquées et contrôlées, du moins, c’est ce qu’il faut espérer, plus de contrôles des restaurants, plus de sécurité pour le consommateur, ce sera alors un vrai progrès, si on y ajoute surtout la communication sur les fermetures administratives par les préfets (name & shame). Mais mis à part le préfet du Val d'Oise (la Légende), peu s'y risquent ...

En 2024 (année des J.O.), il y a eu 106 280 inspections officielles; ce chiffre est en trompe-l'oeil, car il y a eu 55 750 inspections réalisées par des organismes délégataires privés, soit en fait 50 530 inspections par le seul service public, chiffre comparable à 2023 !

Notons que plus de 100 000 inspections est ce que la Belgique a réalisé en 2022, selon l'AFSCA.

Cela étant, que de temps perdu, quand on songe qu’en 2012, peu avant l’arrivée d'un nouveau ministre de l’agriculture, il y avait en France 86 239 inspections en sécurité sanitaire des aliments. Combien de pas en arrière pendant toutes ces années, et pendant cela, les TIAC ont augmenté, augmenté ...

L'objectif de la baisse des TIAC attendra donc encore, mais ce qu'on attend surtout, c'est une prise de conscience de la gravité de la situation liée à l'augmentation incroyable des TIAC en 2022, 2023 et vraisemblablement en 2024. 

Où sont les agences comme l'Anses, la DGAL, et Santé publique France ? Leur silence est coupable, tout comme elles l'ont été quand le nombre d'inspections en sécurité des aliments a baissé drastiquement depuis 2012 pendant plus de 10 ans !

Pour mémoire, voici le yo-yo du nombre d'inspections en sécurité des aliments en France, selon la DGAL de 2012 à 2024, instructif, non !
Dans ces conditions, que penser de la phrase extraite d'une infographie du ministère de l'Agriculture selon laquelle « Le système de sécurité sanitaire français est l'un des plus performants au monde », sans doute un effet du 1er avril ?

MàJ du 7 avril 2026Si l'on en croit ce document, le yo-yo évoqué ci-dessus a encore de beaux jours devant lui, car le nombre d'inspections en sécurité des aliments aurait baissé en 2025 par rapport à 2024 et il va aussi continuer à baisser en 2026 par rapport à 2025. Attendons la confirmation avec le rapport d'activités de la DGAL qui devrait paraître mi-mai 2026.

mardi 24 mars 2026

Mise en œuvre en France des contrôles zoosanitaires relatifs à l’influenza aviaire selon un rapport d'audit. Peut mieux faire ...

Vient de paraître un rapport d’un audit de l'UE concernant la France effectué du 3 au 18 juin 2025 afin d’évaluer la mise en œuvre des contrôles zoosanitaires relatifs à l’influenza aviaire.

Le présent rapport décrit les résultats d’un audit effectué en France, du 3 au 18 juin 2025, dans le cadre du programme de travail de la direction générale de la santé et de la sécurité alimentaire.

L’objectif de cet audit était d’évaluer l’application des mesures prises par l’Union européenne pour la prévention de l’influenza aviaire hautement pathogène (IAHP) et la lutte contre cette maladie au cours des saisons 2022/2023, 2023/2024 et 2024/2025, y compris des campagnes de vaccination, et d’assurer le suivi d’un ensemble de lacunes constatées lors du précédent audit de la Commission en 2022 [DG(SANTE) 2022/7496)].

L’audit a révélé que la France avait considérablement amélioré sa préparation et sa réaction à l’IAHP. L’introduction de la vaccination préventive des canards, une première au niveau de l’UE, a été bien structurée, largement mise en œuvre et efficacement surveillée, contribuant ainsi à une forte réduction des foyers. Le système de contrôle bénéficie d’une bonne coordination entre les niveaux central et local, d’une planification structurée des mesures d’urgence et d’un cadre juridique et opérationnel clair. Les changements organisationnels récents, l’amélioration des systèmes de données et l’augmentation des effectifs ont renforcé la capacité de la France à gérer les risques d’IAHP.

La détection précoce et la réaction à l’apparition de la maladie sont rapides et solides, soutenues par des capacités de laboratoire fiables. Les contrôles officiels relatifs aux mesures de gestion des foyers sont cohérents et rapides, avec des preuves de la mise en œuvre rapide des restrictions de mouvement, du dépeuplement et des procédures de désinfection. La surveillance des oiseaux sauvages est complète et bien ciblée.

Toutefois, certaines faiblesses subsistent. Tous les établissements avicoles ne font pas régulièrement l’objet d’inspections de biosécurité officielles en fonction des risques, et l’autorité compétente n’a pas accès aux résultats des contrôles privés. La surveillance passive renforcée dans les cheptels vaccinés n’est pas mise en œuvre conformément aux exigences de l’UE et les procédures visant à vérifier son application correcte sont inefficaces. L’absence de délégation formelle aux éleveurs de tâches de surveillance constitue également une violation des dispositions légales.

NB : On lira aussi ce document du 22 mars 2026, La gestion des maladies animales sous une approche « Une seule santé/One Health ». Le cas de l’influenza aviaire hautement pathogène (IAHP) en questions/réponses.

vendredi 20 mars 2026

2023 : Le nombre de toxi-infections alimentaires collectives est le plus élevé jamais enregistré

Les données officielles de 2023 ont enfin été publiées le 20 mars 2026.

Le blog n’était pas trop loin de ces données, citant celles publiées par l’EFSA publiées en décembre 2024, et indiquait que l’on s’orientait vers un nouveau record.

Le nombre de TIAC notifiées en 2023 est le plus élevé enregistré depuis la mise en place de la surveillance en 1987. Il a dépassé le précédent record de 2022 (1 924 TIAC déclarées).

En 2023, 2 231 toxi-infections alimentaires collectives (TIAC) ont été déclarées en France, affectant 22 282 personnes, dont 549 (2%) se sont présentées à l’hôpital (hospitalisation ou passage aux urgences) et 19 (0,1%) sont décédées.

Pour dire les choses franchement, la maîtrise de la sécurité des aliments bat de l’aile en France !

2024 devrait aussi confirmé les données de 2022 et 2023 avec un palier à plus de 2000 TIAC et plus de 20 000 personnes concernées, selon les données de l’EFSA publiées en décembre 2025.

Lieux de survenue des TIAC déclarées en 2023

En 2023, 42% des TIAC déclarées étaient liées à des repas dans des restaurants commerciaux (vs 45% en 2022) et 28% à des repas familiaux (25% en 2022). La part des TIAC survenant dans les instituts médicaux-sociaux (IMS) était de 9% et celle des TIAC liées à des repas dans d’autres types de lieux collectifs (banquets, centres de loisir, entreprises, cantines scolaires, autres lieux de collectivité) était de 21%.

En 2023, les TIAC en milieu familial ont concerné 3 074 malades (14% du nombre total de malades), 4 421 malades en restauration commerciale (20%) et 14 708 en restauration collective (66%). Pour 13 TIAC, correspondant à 79 malades (0,5% du nombre total de malades), le lieu du repas n’est pas renseigné.

Quelques faits

Malgré cette hausse observée, les TIAC demeurent historiquement sous-déclarées, avec des disparités selon les secteurs d’activité à l’origine de biais de recrutement.

Les TIAC ne représentent que la partie émergée d’un problème plus large de santé publique lié aux infections d’origine alimentaire. Bien que la majorité des cas surviennent de façon isolée, sans lien épidémique ou microbiologique apparent, le fardeau global de ces infections a été estimé entre 1,28 et 2,23 millions de personnes affectées chaque année sur la période 2008-2013.

Santé publique France nous fournit une explication non étayée par des preuves,

Cette hausse significative s’expliquerait en partie, et plus précisément pour la restauration commerciale, par l’impact de la plateforme de signalement en ligne accessible au grand public « SignalConso » qu facilite la déclaration directe et simple des suspicions de TIAC par les consommateurs à la DdecPP.

Commentaire

Face à ces données, on est sans doute en droit de pointer certaines responsabilités sur la politique de sécurité des aliments en France, mais qui le fera ?

Enfin, que dire de ce pictogramme ci-dessous de Santé publique France qui ne reflète hélas pas du tout la réalité et la gravité de la situation ...

MàJ du 8 avril 2026.
Curiosité. Santé publique France ne cite toujours pas le document sur les TIAC, ni à la Une de son site Internet, ni sur les pages Actualités sur les maladies infectieuses d'origine alimenaire. Pas de réaction, ni du ministère de l'Agriculture, ni de l'Anses, pourtant informés depuis longtemps. On voudrait nous cacher quelque chose que l'on ne s'y prendrait pas autrement ...

vendredi 6 mars 2026

2025 : Les notifications au RASFF de l’UE toujours en hausse et les rappels en France de produits alimentaires en net rebond

Brève note factuelle ...

En 2025, il y a eu 5 344 notifications de produits alimentaires et de boissons au RASFF de l’UE versus 5 250 pour l'ensemble de l'année 2024, qui elles-mêmes avaient augmentées de 8% par rapport à 2023, un nouveau palier donc

Selon mes informations, pour les produits d’origine France, il y a eu 265 notifications au RASFF de l’UE cours de l’année 2025 versus 272 en 2024 et la France a été à l’origine de 535 notifications en 2025 versus 614 en 2024.

Par ailleurs, les données récupérées sur RappelConso montrent un net rebond des rappels en 2025, comme le montre le bilan des cinq dernières années:

- 3 243 en 2021
- 2 441 en 2022
- 2 023 en 2023
- 2 087 en 2024
- 2 323 en 2025

Une analyse de l'année 2025 des notifications de produits alimentaires et des boissons selon le Sedgwick’s 2026 State of the Nation Product Safety and Recall Index report vient d'être publiée. Prudence lors de la lecture car les chiffres proposés ne sont pas toujours en adéquation avec les données de l’UE, même si les chiffres proposés indiquent une hausse des notifications.

Enfin, vous lirez avec intérêt l’analyse de Joe Whitworth dans Food Safety News, European analysis finds rise in recalls.

MàJ du 14 mars 2023. Comparaison n'est pas raison dit-on, mais tout de même, chez nos voisins allemands, il y a eu respectivement pour 2022, 2023, 2024 et 2025, 311, 310, 310 et 323 rappels de produits alimentaires.

vendredi 20 février 2026

La contamination de laits infantiles remonterait à 2024

«La contamination de laits infantiles remonterait à 2024», selon l'excellent article de Joe Withworth paru le 20 février dans Food Safety News. Adaptation par aa.

La contamination des produits de nutrition infantile par la céruléide a été initialement détectée par Nestlé dans son usine de Nunspeet (Pays-Bas), fin novembre 2025, entraînant le blocage des approvisionnements. Un rappel de produits a été émis le 10 décembre 2025.

Une analyse de 65 lots d'huile d'acide arachidonique (ARA) reçus du producteur chinois entre avril 2023 et octobre 2025 a révélé une contamination remontant à octobre 2024 et qui a persisté tout au long de l'année 2025, avec la concentration la plus élevée dans les livraisons de juillet 2025.

Un remake du COVID ?
En janvier 2026, la Commission européenne a demandé au Réseau international des autorités de sécurité sanitaire des aliments (INFOSAN) de contacter les autorités chinoises afin d'obtenir des informations sur les lots contaminés d'huile ARA provenant du producteur chinois, notamment sur leur distribution, l'analyse des causes profondes et les mesures correctives mises en œuvre. Ces informations n'ont toujours pas été communiquées.

Bilan des victimes en France
Les chiffres officiels communiqués par la Direction Générale de la Santé (DGS) et les autorités sanitaires font état de :
- 14 hospitalisations de nourrissons : Parmi elles, 11 cas de gastro-entérites aiguës sévères sont directement suspectés d'être liés à la consommation de lots contaminés. Les 3 autres cas sont encore en cours d'investigation.
- 3 décès de nourrissons signalés : Des enquêtes judiciaires et des analyses scientifiques sont en cours pour déterminer si un lien formel existe entre ces décès et la consommation du lait incriminé. À ce jour, les autorités restent prudentes et n'ont pas encore confirmé de lien de cause à effet définitif.
- Une cinquantaine de signalements au total : Ce chiffre inclut des alertes remontées par les parents et les centres antipoison.

Analyses
Confirmer les cas est difficile car les symptômes peuvent ressembler à des infections gastro-intestinales virales courantes et les tests de dépistage de la céréulide dans les échantillons de selles ne sont pas disponibles de manière systématique, selon le Centre européen de prévention et de contrôle des maladies (ECDC). 

Pour les cas critiques en 2026, les autorités françaises envoient les échantillons à Sciensano (Belgique), qui possède l'équipement le plus sensible en Europe pour quantifier la céréulide à des niveaux infimes.

Les fabricants de produits alimentaires (laitiers, riz, pâtes) quant à eux font appel à des laboratoires privés spécialisés équipés de la technologie LC-MS/MS (chromatographie en phase liquide-spectrométrie de masse).

Màj du 23 février 2026. On notera l'absence d'information de la part de Santé publique France, tout comme pour les Tiac de 2023, 2024, etc. ...

Màj du 27 février 2026. À compter du 26 février 2026, les importations d'huile d'acide arachidonique en provenance de Chine seront soumises à des conditions particulières à leur entrée dans l'Union. Chaque lot d'huile d'acide arachidonique originaire de Chine devra être présenté aux postes de contrôle frontaliers des États membres, où il fera l'objet de contrôles documentaires et, dans 50 % des cas, de contrôles physiques et d'identité. De plus, chaque lot devra être accompagné des résultats d'analyses de laboratoire et d'un certificat officiel, délivré par la Chine, attestant que les résultats des prélèvements et des analyses démontrent l'absence de céréulide.

vendredi 6 février 2026

France: Les données des toxi-intoxications alimentaires collectives 2023 et 2024 vues par l'IA

Quand les données des Tiac en France sont confirmées par l'IA. Le blog vous avait proposé un article mettant en évidence une nette augmentation des Tiac en France en 2023 et 2024, ici, et cela semble être confirmé par l'IA. Rappelons que nous ne disposons que des données officielles de 2022, et  pourtant, nous sommes en février 2026...

Évolution des TIAC en France (2022-2024) selon l’IA de Google

Indicateurs

2022 (Consolidé)

2023 (Estimations partielles)

2024 (Tendance provisoire)

Nombre de foyers déclarés

1 924

~1 950

> 2000

Nombre de malades

16 763

~17 000

~18 500