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vendredi 19 juin 2026

Le business de la peur n’a pas de saison

Je reprends le titre et une partie du texte de ce site Internet à propos d’une polémique non-fondée sur le sirop de menthe. N’hésitez pas à lire l’intégralité de l’article.

Le sirop de menthe est dans le viseur. Chaque semaine, une nouvelle alerte sanitaire tombe dans les rédactions. Chaque semaine, la même mécanique se répète, et personne ne semble pressé de l’arrêter.

Le 16 juin, Yuka publie « une enquête » sur le colorant E133, le bleu brillant FCF qui donne sa couleur au sirop de menthe. Franceinfo reprend le lendemain. « Risques potentiels pour la santé », « additif controversé », enfants menacés. Le tweet fait son boulot de recrutement de l’attention. En bas de page, une note de communauté rappelle ceci : l’EFSA a évalué le E133, l’a classé sûr, et les niveaux d’exposition réels des consommateurs restent très inférieurs à la dose journalière admissible. L’alerte était close avant d’exister.

Mais alors c’est quoi cette mécanique ?

L’application se pose en autorité sanitaire parallèle en établissant ses propres listes noires. On comprend la logique : chaque alerte rend l’application un peu plus indispensable.

Et qui est complice ? la mauvaise presse qui reprend la campagne de communication d’une application commerciale en la présentant comme une alerte sanitaire, sans vérifier les conclusions de l’autorité européenne compétente. C’est du travail bâclé. Du relai paresseux d’un contenu anxiogène qui performe.

Sur Doctissimo, on en veut vraiment à l’E133 : « ça n’est pas parce qu’un additif isolément ne pose pas ou peu de problème pour la santé que sa consommation est sûre. Associé à d'autres additifs, il peut devenir problématique : c'est ce que l'on appelle l'effet cocktail ».

Récemment, la peur du cadmium a fait la Une des médias mais aussi de l'Assemblée Nationale. Le blog vous en avait parlé ici et ici

MàJ du 21 juin 2026Mars annonce que ses nouveaux M&M's sans colorants artificiels seront lancés aux États-Unis en août, à l'occasion du 85e anniversaire de la marque. 

Mais ce passage aux ingrédients naturels a un coût. Dans le cadre de ce changement, l'entreprise prévoit de retirer de ses emballages deux couleurs emblématiques de la confiserie, le bleu (E133) et le brun (bleu + jaune). 

mercredi 17 juin 2026

Sécurité des aliments dans l’UE : Comment fonctionne le réseau d’alerte? rapide, peu rapide ou pas rapide du tout ? C’est la question qui est posée !

En date du 22 avril 2026, la médiatrice de l’UE va ouvrir une enquête sur la manière dont la Commission garantit la fiabilité du système d’alerte de l’UE en matière de sécurité des aliments ou pour dire les choses plus précisément Comment la Commission européenne assure la protection des consommateurs contre les dangers liés aux denrées alimentaires au moyen du système d’alerte rapide pour les denrées alimentaires et les aliments pour animaux (RASFF).

Le blog a souvent qualifié, depuis plusieurs années, le RASFF de réseau d’alerte dit rapide … Le blog a publié de très nombreux articles sur les retards des rappels tant au niveau du RASFF de l’UE que de RappelConso en France, ici.

La Médiatrice européenne Teresa Anjinho a ouvert une enquête d’initiative sur la manière dont la Commission européenne assure la protection des consommateurs contre les dangers liés aux denrées alimentaires grâce au système d’alerte rapide pour les denrées alimentaires et les aliments pour animaux (RASFF).

La Médiatrice a décidé d’ouvrir l’enquête après qu’un certain nombre de parties prenantes ont fait part de leurs préoccupations quant au fonctionnement du système d’alerte. Ces préoccupations concernent d'éventuels retards dans la transmission de certaines alertes concernant un problème de sécurité des aliments ainsi que la transparence et la qualité des données mises à la disposition des citoyens.

En ouvrant l'enquête, Mme Anjinho attire l'attention sur les récents retards dans l'information des autorités nationales et européennes sur le lait infantile contaminé. Elle note également qu’un système d’alerte fiable et efficace en matière de sécurité des aliments est nécessaire pour protéger plusieurs droits au titre de la charte des droits fondamentaux de l’Union européenne, y compris le droit à la santé et à la protection des consommateurs.

La Médiatrice a posé une série de questions à la Commission pour obtenir un aperçu détaillé du fonctionnement du système. Il s’agit notamment de savoir combien de temps il faut en moyenne pour que les alertes soient diffusées aux membres du RASFF après qu’un risque a été identifié et combien de temps en moyenne il faut aux points de contact nationaux – généralement les autorités chargées de la sécurité des aliments – pour soumettre les notifications.

La Médiatrice a également demandé à la Commission si elle avait elle-même déjà identifié des risques avant qu’ils ne soient signalés par une autorité nationale et si elle envisageait d’introduire des mesures pour garantir que les notifications couvrent efficacement le commerce électronique.

Parallèlement, les médiateurs nationaux de toute l’Europe ont été invités à enquêter sur le fonctionnement du RASFF avec leurs autorités nationales, étant donné qu’un lien étroit entre les actions de la Commission et les autorités nationales concernant le système d’alerte est essentiel pour garantir son efficacité. En tant que coordinatrice du réseau européen des médiateurs, Mme Anjinho partagera ensuite ses conclusions avec la Commission.

Un certain nombre de questions à la Commission figurent à l'annexe de la présente lettre. Je vous saurais gré de bien vouloir recevoir la réponse de la Commission pour le 20 juillet 2026 au plus tard. Si la production d’informations concernant l’un des éléments nécessite une charge disproportionnée, j’invite la Commission à en informer l’équipe d’enquête dès que possible.

Liste des questions à la Commission

A) Lorsqu'un membre du réseau RASFF dispose d'informations relatives à l'existence d'un risque grave direct ou indirect découlant de denrées alimentaires et d'aliments pour animaux, il doit en informer immédiatement la Commission qui, après vérification des informations, les communique aux autres membres du RASFF. La Commission est invitée à fournir des informations sur les points suivants:
  • i. la manière dont il vérifie les informations reçues;
  • ii. Au cours des deux dernières années, combien de temps a été nécessaire en moyenne pour que les notifications d'alerte soient diffusées aux membres du RASFF après qu'un risque a été identifié; et si les délais de 48 heures et de 24 heures pour, respectivement, la soumission par les points de contact et la vérification/transmission par la Commission ont jamais été dépassés;
  • iii. dans le même délai, quel est le délai moyen pris par les points de contact pour soumettre les notifications et pour que la Commission les vérifie et les transmette dans le cas des informations, des nouvelles et des notifications de reclassement ;
  • iv. Enfin, quel est le temps moyen pris par les membres du réseau pour diffuser les notifications de rejet aux frontières, que la Commission ne vérifie qu’a posteriori ?

Pour les questions ii) à iv), la Commission est invitée à fournir l'aperçu statistique correspondant.

B) Comment la Commission procède-t-elle si elle identifie, à elle seule, un risque grave qui n'a pas (encore) été signalé par un membre du RASFF? Est-ce que cela s'est déjà produit, et si oui, comment cela a-t-il été géré ?

C) La Commission est responsable de la gestion du réseau RASFF. En outre, la Commission est également chargée d'assurer le fonctionnement, la maintenance, le support, la mise à jour ou le développement des logiciels et de l'infrastructure informatique sous-jacents à iRASFF. À la lumière de ce qui précède, la Commission est invitée à fournir des informations au Médiateur en ce qui concerne:

  • i. toutes les mesures qu’elle a prises pour garantir la qualité et la cohérence (modalités de notification, actualité) des notifications des points de contact, qu’il s’agisse de notifications d’alerte ou d’autres types de notifications;
  • ii. si elle envisage des mesures visant à garantir que les notifications tiennent mieux compte du contrôle de la sécurité des aliments par le secteur privé et couvrent efficacement le commerce électronique;
  • iii. En ce qui concerne iRASSF, la manière dont il garantit que le système repose sur la technologie la plus récente. En réponse à cette question, la Médiatrice souhaiterait que la Commission fournisse davantage d’informations sur TraceMap, y compris sur la manière dont il est concrètement utilisé dans le cadre du RASFF et sur la manière dont le contrôle humain et le respect de la législation sur l’IA sont assurés.

D) En ce qui concerne la fenêtre RASFF (y compris le portail des consommateurs), la Commission pourrait-elle expliquer si elle entend améliorer sa transparence, en particulier l’identification du nom du produit rappelé, et l’accessibilité du portail pour les citoyens vulnérables tels que les personnes âgées ou les personnes handicapées? Si la Commission n’a pas l’intention de mettre à disposition le nom des produits rappelés, pourrait-elle expliquer pourquoi son approche est différente de celle de Safety Gate pour les produits non alimentaires?

Commentaire

Je pense que la patate chaude va circuler au sein des différentes directions afin de savoir qui et comment répondre à ces interrogations, et il semble désormais évident, que le RASFF a été lié à de nombreux dysfonctionnements sur le dos des consommateurs …

Même s’il existe quelques exemples de rapidité, voir ici tout récemment, en France, RappelConso n’est pas exempt de tout reproche ...

lundi 15 juin 2026

Stratégies similaires entre les entreprises du tabac et des aliments ultransformés

De nouvelles études suggèrent que les aliments ultratransformés pourraient créer une véritable dépendance, en utilisant des tactiques similaires à celles des grandes entreprises du tabac.

Il n'est pas rare d'entendre dire qu'un aliment est addictif. Parfois, c'est simplement une façon exagérée de dire que quelque chose a vraiment bon goût. Mais lorsqu'il s'agit des en-cas, biscuits, chips, sodas et autres aliments ultra-transformés qui nous entourent, le terme « addictif » n'est pas exagéré : en empruntant des technologies et des stratégies marketing des géants du tabac, des entreprises alimentaires ont créé des produits dont on ne peut plus se passer. Alors que plus de la moitié des calories quotidiennes des Américains proviennent désormais d’aliments ultratransformés, des experts en santé publique estiment qu'il est grand temps de révéler les secrets de cette industrie.

Dans son numéro de juin 2026, l'American Journal of Public Health a publié un dossier spécial consacré aux aliments ultratransformés, l'une des analyses les plus complètes et approfondies de leurs impacts à ce jour. Cette publication marque également le lancement d'une nouvelle campagne de sensibilisation des consommateurs, « Fed UP! » (Ça suffit !).

Menée par plusieurs contributeurs de ce numéro, ainsi que par des associations de défense de la santé publique, cette initiative vise à informer le public sur les dangers des aliments ultratransformés et les pratiques de l'industrie agroalimentaire qui ont permis leur prolifération dans nos supermarchés, nos écoles, nos restaurants et nos foyers.

Ce numéro s'appuie sur la série d'articles parus dans The Lancet et que nous avions analysés l'an dernier , en présentant de nouvelles données sur la prévalence des aliments ultratransformés dans notre alimentation et les risques sanitaires qui y sont associés, tout en retraçant l'histoire accablante de leur essor.

Plusieurs articles mettent en lumière les liens étroits entre l'industrie du tabac et celle de l'alimentaire, explorant comment l'influence des fabricants de tabac sur le secteur alimentaire a largement dépassé le simple recours à des stratégies marketing pour des produits dangereux. Si l'histoire de l'industrie du tabac a préparé le terrain à l'essor des aliments ultratransformés, elle peut aussi contribuer à leur déclin : les experts en santé publique présentés dans ce numéro proposent diverses solutions, allant des actions en justice et de la sensibilisation à la réorientation des subventions et à la réglementation, susceptibles de limiter l'influence des entreprises alimentaires sur notre environnement alimentaire et de réduire notre consommation d'aliments ultratransformés.

Vous trouverez sur le site de la caisse d’assurance maladie (Ameli), un dossier sur les aliments ultratransformés. L’Anses a aussi publié sur la question, Aliments dits ultratransformés : mieux comprendre leurs effets potentiels sur la santé.

vendredi 12 juin 2026

Bientôt, une réglementation européenne sur la présence de céréulide dans les préparations pour nourrissons

L’UE a déjà pris plusieurs mesures en réponse à cet incident, notamment en renforçant les contrôles sur les importations d’huile d'acide arachidonique en provenance de Chine. 

L’Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA) a également établi une dose de référence aiguë (ARfD) pour la céréulide chez les nourrissons et des seuils de sécurité pour cette toxine dans les préparations pour nourrissons. Il a été proposé proposé une dose aiguë de référence de 0,014 μg/kg de poids corporel pour la céréulide chez les nourrissons.

Un projet de réglementation relatif aux contrôles de la présence de céréulide dans les préparations pour nourrissons sera soumis à la consultation publique avant son adoption, prévue pour le premier trimestre 2027.


En réponse aux récentes préoccupations en matière de sécurité, la Commission propose d'introduire des contrôles supplémentaires pour les préparations pour nourrissons et les aliments spéciaux pour nourrissons. Ceci permettra de garantir l'absence de la toxine céréulide dans les produits alimentaires suivants vendus dans l'UE :

  • préparations pour nourrissons en poudre,
  • aliments diététiques en poudre destinés à des fins médicales spéciales pour les nourrissons de moins de 6 mois,
  • préparations de suite en poudre.

L'objectif est de rendre ces aliments plus sûrs pour tous les enfants de l'UE, tout en garantissant des règles équitables et cohérentes pour les producteurs européens.

Commentaire. Il faut attendre la survenue d'un incident pour prendre des mesures, pas très proactive l'UE !

jeudi 11 juin 2026

Cas groupés d'infection à Salmonella dans des nouilles instantanées et dans des graines germées dans l'UE

Éclosion dans plusieurs pays à Salmonella Stanley ST2045, source ECDC.

Des cas d'infection dans plusieurs pays à Salmonella Stanley ST2045 signalés dans le rapport sur les menaces de maladies transmissibles du 28 mai 2026 sont toujours en cours. Cela touche principalement les enfants et les jeunes adultes, avec au moins 20 cas hospitalisés, ce qui indique un impact significatif sur la santé publique. Au 5 juin 2026, 83 cas confirmés ont été signalés, les symptômes étant apparus entre décembre 2025 et mi-mai 2026. Par ailleurs, 24 autres cas de Salmonella Stanley identifiés en 2026 n’ont pas encore été séquencés et pourraient être liés à l’éclosion précédente. De nouveaux cas continuent d’être identifiés, ce qui suggère une exposition continue.

En Angleterre, 21 patients sont concernés par cette éclosion. Ils ont présenté des symptômes entre fin janvier et mi-avril. Huit patients sont des enfants et six personnes ont été hospitalisées. L'Autriche est également touchée avec six cas.

En Allemagne, des investigationss épidémiologiques suggèrent un lien avec des nouilles instantanées aromatisées au poulet et/ou les produits à base de poulet transformés. Certains patients ont déclaré avoir consommé des nouilles instantanées sans préparation, uniquement avec l'assaisonnement fourni.

Plusieurs personnes malades ont consommé des nouilles instantanées de la même marque. Cependant, ce produit n'explique pas tous les cas.

La bactérie Salmonella Stanley a été détectée dans un plat de nouilles instantanées en provenance d'Ukraine via la Pologne.

En Allemagne, des nouilles instantanées Reeva saveur poulet (60 grammes) ont fait l'objet d'un rappel. Le lot concerné porte la référence L0126 et sa date de péremption est le 5 avril 2027.

Selon les informations fournies par SLCO GmbH & Co. KG, une enquête menée par les autorités de Saxe a permis de détecter la présence de Salmonella Stanley dans le produit.

Le Centre européen de prévention et de contrôle des maladies (ECDC) a indiqué que le risque d'infection est très faible pour la population générale et faible pour les enfants et les jeunes adultes, à condition que les instructions de cuisson soient respectées.

« Les consommateurs doivent suivre les instructions du fabricant lors de la préparation et de la consommation des nouilles instantanées et du mélange d'épices associé, qui ne sont pas des aliments prêts à consommer. »

On dénombre actuellement 19 isolats humains de Salmonella Stanley regroupés dans l'outil de typage moléculaire du Centre européen de prévention et de contrôle des maladies (ECDC). Ces isolats datent tous de 2026 et proviennent de trois des pays européens.

Le Danemark a initialement détecté l’éclosion et a publié une notification dans EpiPulse le 23 mars 2026. Les cas appartiennent à un cluster (cas groupés) génétique étroit et ont été identifiés en Autriche, en République tchèque, au Danemark, en Estonie, en France, en Allemagne, en Lituanie, aux Pays-Bas et au Royaume-Uni.

L'identification d'un cluster (cas groupés) génétique étroit de S almonella  Stanley ST2045 impliquant plusieurs pays, combinée à la répartition temporelle des cas, suggère une source commune à l'origine de l'éclosion. La prédominance des jeunes pourrait indiquer un mode d'exposition, une préférence alimentaire ou des habitudes de consommation spécifiques.

D’après les connaissances actuelles, le risque global d’infection à Salmonella Stanley est considéré comme très faible pour la population générale et faible pour les enfants et les jeunes adultes, à condition de respecter les instructions de cuisson. Les consommateurs doivent suivre les instructions du fabricant lors de la préparation et de la consommation de nouilles instantanées et du mélange d’épices associé, qui ne sont pas des aliments prêts à consommer. La poursuite des investigations coordonnées est essentielle pour identifier la ou les sources et prévenir toute transmission ultérieure.

Le Centre européen de prévention et de contrôle des maladies (ECDC) et l’Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA) coordonneront une évaluation rapide conjointe de l’éclosion afin d’en déterminer plus précisément l’origine.

Par ailleurs, l’ECDC et l’EFSA élaborent également un document sur l’éclosion dans plusieurs pays à Salmonella bovismorbificans liée à la consommation de graines germées. Sa publication est prévue pour fin juin.

L’Irlande, la Finlande et le Royaume-Uni ont signalé 50 patients infectés par des isolats bactériens de Salmonella bovismorbificans génétiquement très proches entre janvier et avril 2026.

Les investigations menées dans les trois pays font état de la consommation de graines germées de différentes sortes. Au moins cinq personnes ont été hospitalisées. Les personnes infectées étaient des adultes, dont 71% étaient des femmes. La Finlande a indiqué une émergence inhabituelle de ce sérotype. Les investigations épidémiologiques menées dans ces trois pays indiquent que des graines germées de différentes variétés seraient le facteur alimentaire commun.

Selon une notification d’alerte du réseau dit d'alerte rapide pour les aliments pour animaux (RASFF), les sources suspectées sont des graines de luzerne, de trèfle, de brocoli et de radis provenant d'Italie.

lundi 8 juin 2026

Cadmium : les chiffres réels sont loin des discours alarmistes

Cadmium : les chiffres réels sont loin des discours alarmistes, article publié le 7 juin 2026 sur le site d'André Heitz.

Cadmium : les chiffres réels sont loin des discours alarmistes de Patrick Hautefeuille sur LinkedIn.

Le sujet du cadmium mérite d’être traité sérieusement.

Avec des analyses, des suivis de terrain et des données vérifiables. Pas avec des raccourcis anxiogènes.

Que montrent réellement les suivis des récoltes françaises ?

– En pommes de terre, les teneurs moyennes annuelles mesurées en France restent stables depuis plus de 15 ans autour de 0,026 mg/kg.

➡️ La limite réglementaire européenne est fixée à 0,10 mg/kg.

➡️ Les niveaux observés sont donc près de 4 fois inférieurs au seuil réglementaire.

La courbe publiée par Arvalis montre d’ailleurs des valeurs restant globalement entre 0,02 et 0,04 mg/kg depuis 2009, très loin de la ligne rouge correspondant à la norme européenne.

– En blé tendre, la teneur moyenne pluriannuelle est d’environ 0,033 mg/kg, soit environ 3 fois sous la limite réglementaire européenne.

– En blé dur, les teneurs ont diminué d’environ 50 % depuis 2010, notamment grâce au travail de sélection variétale et à l’amélioration des pratiques agronomiques.

Autre réalité souvent oubliée :

– Les apports de phosphore minéral (P₂O₅) ont chuté de 67 % en 25 ans en France.

– En blé tendre, 62 % des surfaces ne reçoivent désormais plus d’apport phosphaté annuel.

Autrement dit : pendant que certains entretiennent une peur permanente autour de l’agriculture française, les agriculteurs et les filières techniques travaillent depuis des années sur :

✔️ la sélection variétale

✔️ l’optimisation des fertilisations

✔️ le suivi analytique des récoltes

✔️ la réduction des transferts vers les cultures.

Le cadmium est un sujet de vigilance.

Mais les chiffres montrent aussi des progrès réels et mesurables.
La science mérite mieux que les caricatures.

Sources :
– Arvalis

NB : Le blog avait consacré un article suivi de deux mises à jour sur le sujet du cadmium, ici.

dimanche 7 juin 2026

Dimanche 7 juin 2026 : Journée internationale de la sécurité sanitaire des aliments.

Cela se passe un dimanche, précisément le dimanche 7 juin 2026, et c’est la Journée internationale de la sécurité sanitaire des aliments.

Les maladies d’origine alimentaire peuvent toucher tout le monde, partout. Avoir conscience de l’ampleur de leur fardeau permet aux autorités nationales et aux dirigeants d’entreprises d’agir de façon ciblée. Des données fiables sur le fardeau que génèrent les aliments insalubres pour la santé constituent les fondations de politiques, d’une action multisectorielle coordonnée et de choix des consommateurs éclairés par des données probantes.

Tous les maillons de la chaîne alimentaire, depuis les agriculteurs et les producteurs jusqu’aux consommateurs en passant par les transporteurs, les détaillants, les inspecteurs de la chaîne alimentaire et les cuisiniers, peuvent tirer parti de données scientifiques et d’orientations claires relatives à la prévention de la contamination et des maladies qui en découlent. En se fondant sur ces données, les États peuvent établir des politiques et interventions coût-efficaces, les entreprises du secteur alimentaire peuvent améliorer leurs pratiques, et les individus peuvent prendre des décisions pertinentes et efficaces. À l’occasion de cette Journée internationale de la sécurité sanitaire des aliments, nous voulons mettre en avant la puissance des données sanitaires : comprendre l’ampleur, la répartition et la nature des risques liés à l’alimentation nous permet de prendre des décisions pour rendre les aliments aussi sûrs que possible.


Rappelons-nous les thèmes des années précédentes :
  • 2025 : La science en action
  • 2024 : Préparons-nous à l’imprévu
  • 2023: Les normes alimentaires sauvent des vies
  • 2022: Des aliments sûrs pour une meilleure santé

Il faut aussi associer à cette journée le nouveau rapport de l’OMS, Chaque année, les aliments insalubres coûtent la vie à 1,5 million de personnes dans le monde, dont le blog vous a entretenu ici.

Bien entendu, nos nombreuses autorités ne manqueront pas de réagir dès lundi 8 juin 2026, afin de célébrer comme il se doit, la Journée internationale de la sécurité sanitaire des aliments.

A suivre ...

Les « avancées » de l'Anses vont-elles mieux protéger les consommateurs des toxi-infections alimentaires ?

Cela suffira t'il à faire baisser les TIAC en France ? 
A vous de voir ...

L'Anses annonce le 5 juin 2026 trois avancées scientifiques au service de la sécurité sanitaire des aliments et d'indiquer que cela va « mieux protéger les consommateurs des toxi-infections alimentaires ».

  1. La spectroscopie Raman couplée au marquage isotopique : une révolution pour les diagnostics microbiologiques.
  2. Accompagner la vaccination contre Salmonella dans les élevages de poules pondeuses
  3. De nouveaux tests pour mieux maîtriser le risque lié à Listeria dans les aliments prêts à consommer

De ces trois « avancées » la première me paraît la plus prometteuse, même si ce n’est pas la première fois que l’on entend parler d’« une approche à la fois rapide et fiable, réduisant le risque de faux positifs et de faux négatifs. »

Ce qui paraît utile est que cette méthode « peut aussi les distinguer d’autres bactéries présentes dans l’échantillon et déterminer si elles sont vivantes, dormantes ou mortes, ce que les méthodes conventionnelles permettent difficilement. »

Nous verrons tout cela à l’usage …

L’Anses poursuit ainsi son approche pour mieux réduire le fardeau des TIAC en France, sans pour autant en parler, comme une espèce d’éléphant dans la pièce.

L’Anses nous avait entretenu mi-mai de la Sensibilisation à l’hygiène en cuisine : nos aliments ont quelque chose à nous  dire ! et le blog avait dit ce qu’il fallait en penser ici.

vendredi 5 juin 2026

Forfait pour la demi-finale simple messieurs en raison d'un virus

Grande tristesse, Matteo Arnaldi forfait pour sa demi-finale à Roland-Garros.  Forfait de Matteo Arnaldi, victime d'un "virus" ...

« Par où commencer, a-t-il lancé au début de sa prise de parole. C'est difficile d'être là, ce n'est pas où je voulais être. Je me suis senti mal la nuit dernière, j'avais des soucis à l'estomac. Je me suis réveillé à 1 heure du matin, je pensais que c'était quelque chose que j'avais mangé mais je n'ai pas dormi de la nuit. Vers 7 heures, j'ai vu les médecins et pris des médicaments. Je pense que c'est un virus, j'avais froid, je pense avoir eu de la fièvre mais je ne sais pas exactement, je sais juste que je ne peux pas bouger, pas manger, pas boire. »

Selon le blog, il semblerait que ce "virus" d'une gastro soit norovirus, à suivre ...

Chaque année, les aliments insalubres coûtent la vie à 1,5 million de personnes dans le monde, selon un nouveau rapport de 'l'OMS

Le fardeau mondial des maladies d'origine alimentaire est comparable à celui du paludisme, selon les estimations actualisées de l'OMS, source Food Safety Magazine. Bien entendu un seul article ne peut résumer le travail colossal de l’OMS et je vous invite à lire dans le détail le communiqué déjà cité et les documents fournis par l’OMS.

L’Organisation mondiale de la santé (OMS) a publié ses estimations actualisées sur la charge mondiale des maladies d’origine alimentaire , qui suggèrent que 42 dangers ont causé environ 866 millions de cas de maladies et 1,52 million de décès en 2021 ou « Unsafe food causes 866 million illnesses and 1.5 million deaths annually, young children at highest risk. »

Les enfants de moins de cinq ans courent près de trois fois plus de risques de tomber malades à cause d'aliments insalubres que les enfants plus âgés et les adultes.

Selon l'OMS, le fardeau des maladies d'origine alimentaire est comparable à celui de la tuberculose, du VIH/SIDA ou du paludisme. Cependant, il est encourageant de constater que ce fardeau semble en baisse depuis 2000.

Quoi de neuf dans les estimations de 2026 ?

Ces estimations ont été produites par le Groupe de référence épidémiologique sur la charge des maladies d'origine alimentaire (FERG ou Foodborne Disease Burden Epidemiology Reference Group) de l'OMS pour la période 2021-2025. La précédente édition de ces estimations, qui constituait également la première édition, a été publiée en 2015. Les estimations de 2015 prenaient en compte 31 dangers.

L’OMS a publié ces nouvelles estimations avant la Journée mondiale de la sécurité sanitaire des aliments du 7 juin, soutenant ainsi le thème de cette année, « Du fardeau aux solutions : des aliments sûrs partout », qui encourage les autorités nationales et les autres parties prenantes à investir dans les systèmes et infrastructures de sécurité sanitaire des aliments, en utilisant les données pour cibler les interventions et les ressources.

Par exemple, les estimations utilisent les années de vie corrigées de l’incapacité (DALYs*) comme mesure commune, permettant aux décideurs de comparer les impacts de différents risques et de prioriser les interventions.  

Les estimations de 2026 révèlent également des différences nationales et régionales dans les tendances des maladies d'origine alimentaire, et offrent des estimations du fardeau économique permettant de comprendre les coûts liés aux aliments non sécuritaires.

Les estimations de 2026 couvrent 42 agents microbiologiques (pathogènes entériques, parasites et substances chimiques) et intègrent des méthodologies actualisées, notamment des modèles d'attribution des sources renforcés, une collecte de données standardisée et une modélisation probabiliste améliorée. Surtout, et pour la première fois, ces estimations mettent en évidence le fardeau des maladies non transmissibles (par exemple, les maladies cardiovasculaires, la déficience intellectuelle) résultant de l'exposition alimentaire aux métaux lourds toxiques (comme l'arsenic et le plomb).

Les estimations spécifiques des dangers ayant fortement contribué à la charge ou au fardeau global des maladies d'origine alimentaire ou constituant d'autres dangers importants en matière d'intoxication alimentaire comprennent (classés par ordre décroissant de DALYs :

  • Arsenic inorganique : 2,21 millions de cas de maladie, 64 000 décès, 15,4 millions DALYs.
  • Plomb : 1,66 million de cas, 466 000 décès, 11,2 DALYs
  • Salmonella enterica non typhique : 23,5 millions de cas, 55 100 décès, 3,58 millions de DALYs
  • Norovirus : 54,8 millions de cas, 14,1 millions de décès, 2,65 millions de DALYs
  • Shigella : 118 millions de cas, 42 500 décès, 2,25 millions de DALYs
  • Campylobacter (C. jejuni ou C. coli) : 148 millions de cas, 35 400 décès, 2,15 millions de DALYs
  • Rotavirus : 25,4 millions de cas, 26 000 décès, 1,84 million de DALYs
  • Escherichia coli entérotoxigène : 131 000 cas, 28 000 décès, 1,79 million de DALYs
  • Escherichia coli producteurs de shigatoxines (STEC) : 51,9 millions de cas, 20 500 décès, 1,24 million de DALYs
  • Toxoplasma gondii : 26,1 millions de cas, 495 000 décès, 887 000 DALYs
  • Cyclospora cayetanensis : 10,2 millions de cas, 14 600 décès, 857 000 DALYs
  • Vibrio cholerae : 23 millions de cas, 21 400 décès, 821 000 DALYs
  • Virus de l'hépatite A : 20 millions de cas, 11 900 décès, 821 000 DALYs
  • Cryptosporidium : 16,2 millions de cas, 11 400 décès, 769 000 DALYs
  • Mycotoxine (aflatoxine B1) : 14 000 cas, 13 200 décès, 412 000 DALYs
  • Listeria monocytogenes : 22 800 cas de maladie, plus de 5 200 décès, 192 000 DALYs.

Bien entendu ce rapport de l’OMS se penche aussi sur le fardeau économique qui est estimé à 647 milliards de dollars de pertes de productivité (absentéisme pour cause de maladie).

« Ce rapport est un signal d’alarme, mais aussi une feuille de route », a fait valoir Yuki Minato, responsable technique de l’OMS pour la sécurité des aliments. 

« Les données montrent que les maladies d’origine alimentaire sont non seulement persistantes, mais qu’elles sont aggravées par le changement climatique, qui accroît les risques de contamination, et par la résistance aux antimicrobiens, qui rend les infections plus difficiles à traiter. Nous ne pouvons pas faire face à ces menaces seuls ».

Selon l’OMS, ces conclusions devraient aider les pays à cibler leurs interventions, à renforcer la surveillance et à améliorer la coopération entre les secteurs de la santé, de l’agriculture et de l’environnement.

* En santé publique, le sigle DALY signifie Disability-Adjusted Life Year (Année de vie corrigée de l'incapacité). C'est une unité de mesure qui évalue le poids global d'une maladie en quantifiant le nombre d'années de vie en bonne santé perdues.

DALY équivaut à la perte d'une année complète de pleine santé, selon l’OMS.

mercredi 3 juin 2026

Choses lues sur la listériose, ministère de l'Agriculture vs Santé publique France

En date du 2 juin 2026, le ministère de l’Agriculture publie, « Zoonoses : les fiches techniques ».

Chaque fiche détaille l'agent responsable de la maladie, les modes de transmission ainsi que les symptômes chez l'animal et chez l'homme. Les mesures de prévention et la conduite à tenir en cas de contaminations sont ensuite précisées.

A la lecture de la fiche sur la listériose, le blog a constaté une approximation liée au nombre de cas. Il est indiqué « En France, 250 à 300 cas par an. »

Ce n’est pas l’avis de Santé publique France qui rapporte :

Entre 1999 (première année de mise en place de la déclaration obligatoire) et 2005, le nombre annuel de cas de listériose a fluctué entre 188 et 269 cas. Ce nombre a augmenté entre 2006 et 2020, fluctuant selon les années entre 276 et 414 cas.
Depuis 2021, le nombre annuel de cas de listériose est en augmentation nette, avec 619 cas notifiés en 2024.

Dans l’article du blog du 16 mars, Choses lues sur la listériose, Anses vs Santé publique France, j’avais déjà signalé des approximations sur les données de la listériose …, et fort heureusement, le blog était déjà là !

Santé publique France recense 400 à 600 cas par an, comme le montre le document Listériose en France. Période 1999-2024. Voir la figure ci-dessous.

Tout comme le blog a signalé à plusieurs reprises la très très grande discrétion de Santé publique France dans la diffusion de l’information sur les données TIAC en France en 2023Est-on obligé de croire les fadaises de Caroline Semaille, directrice générale de Santé publique France, quand elle écrit !
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Faire la vaisselle et ses effets secondaires : quand les éponges de cuisine libèrent des microplastiques ...

De la libération de microplastiques par les éponges de cuisine et effets environnementaux potentiels ou La vaisselle et ses effets secondaires : les éponges de cuisine libèrent des microplastiques ...

Les éponges de cuisine sont des ustensiles indispensables dans la plupart des foyers, mais elles pourraient aussi être une source insoupçonnée de pollution par les microplastiques. Une nouvelle étude menée par des chercheurs de l'Université de Bonn a examiné la quantité de minuscules particules de plastique libérées par les éponges lors de la vaisselle quotidienne et leur impact sur l'environnement. Source ScienceDaily. Référence : Environmental Advances, From sink to Sea: Microplastic release from kitchen sponges and potential environmental effects.

Les résultats montrent que les éponges de cuisine libèrent effectivement des quantités mesurables de microplastiques au fil du temps. Cependant, les chercheurs ont constaté que le principal impact environnemental du lavage de la vaisselle à la main ne provient pas des particules de plastique elles-mêmes, mais plutôt de la consommation d'eau 

Les éponges de cuisine comme source de microplastiques

Bien que les éponges de cuisine soient utilisées quotidiennement dans des millions de foyers, leur rôle en tant que source de microplastiques a été relativement peu étudié. L'équipe de recherche a entrepris de mesurer la quantité de plastique libérée par l'usure des éponges lors d'une utilisation normale et d'évaluer les conséquences environnementales grâce à une analyse du cycle de vie.

Pour recueillir des données réalistes, l'étude a combiné des tests en laboratoire et une démarche participative. Des ménages en Allemagne et en Amérique du Nord se sont portés volontaires pour utiliser l'un des trois types d'éponges dans le cadre de leur routine de vaisselle habituelle, tout en documentant leur utilisation.

Les chercheurs ont pesé chaque éponge avant et après utilisation afin de déterminer la quantité de matière perdue au fil du temps. Ils ont également mené des expériences contrôlées en laboratoire à l'aide d'un système de test automatisé appelé « SpongeBot », qui reproduit les contraintes mécaniques subies par les éponges lors du lavage de la vaisselle.

Quelle quantité de microplastiques les éponges libèrent-elles ?

L'étude a révélé que toutes les éponges testées perdaient de la matière lors de leur utilisation, entraînant la libération de microplastiques. Selon le type d'éponge, les émissions annuelles variaient d'environ 0,68 gramme à 4,21 grammes de microplastiques par personne.

Les éponges fabriquées avec moins de plastique ont libéré nettement moins de particules que celles ayant une teneur en plastique plus élevée.

La science participative a joué un rôle important dans ce projet, car les participants ont utilisé les éponges dans des conditions domestiques réelles. Cela a permis aux chercheurs de saisir les habitudes et les modes d'utilisation réalistes en matière de lavage de la vaisselle, ce qui a conduit à des estimations plus précises que celles obtenues par les seuls tests en laboratoire.

La consommation d'eau a le plus grand impact environnemental

Bien que la quantité de microplastiques libérée par une seule éponge puisse paraître faible, les quantités totales augmentent considérablement à grande échelle. Les chercheurs ont estimé que si un certain type d'éponge était utilisé dans chaque foyer allemand, les émissions annuelles pourraient atteindre 355 tonnes de microplastiques.

Bien que les stations d'épuration des eaux usées captent une grande partie de ces particules, plusieurs tonnes pourraient tout de même se retrouver chaque année dans les rivières, les lacs, les océans et les sols.

Néanmoins, les microplastiques n'étaient pas la principale cause des dommages environnementaux observés dans l'étude. L'évaluation environnementale a révélé qu'environ 85 à 97% de l'impact total du lavage manuel de la vaisselle provient de la consommation d'eau. Comparées à cette dernière, les émissions de microplastiques contribuent beaucoup moins aux dommages globaux causés à l'écosystème.

Comment les consommateurs peuvent réduire leur empreinte écologique ?

  • Les chercheurs ont identifié plusieurs mesures pratiques que les consommateurs peuvent prendre pour réduire l'impact environnemental du lavage de la vaisselle :
  • Utilisez moins d'eau pour faire la vaisselle, car c'est ce qui présente le plus grand avantage pour l'environnement.
  • Choisissez des éponges à faible teneur en plastique afin de réduire la libération de microplastiques.
  • Conservez les éponges en bon état plus longtemps, car prolonger leur durée de vie réduit la consommation globale de ressources.
Commentaire. La question n'est pas posée, mais faut-il utiliser un lave-vaisselle ?

mardi 2 juin 2026

La santé comme arme politique

Je relaie bien volontiers l'éditorial de Gil Rivière-Wekstein - la santé comme arme politique, paru le 1er juillet sur son site agriculture et environnement 

À l’heure où les écuries se mettent en ordre de bataille pour la présidentielle de 2027, une question se doit d’être posée : quelle place l’agriculture occupera-t-elle dans la campagne ? Le sujet tient à cœur aux Français, c’est certain. Mais il risque fort d’être éclipsé par des thèmes jugés plus urgents – la sécurité, les turbulences géopolitiques et, surtout, le pouvoir d’achat. On pourrait espérer que le réarmement industriel, omniprésent dans les discours, apporte du grain à moudre à ceux qui veulent relancer notre agriculture. Il est pourtant à craindre que le sujet agricole soit abordé d’une manière bien plus problématique.

Les propos de Jean-Luc Mélenchon, candidat déclaré de La France insoumise, en offrent une illustration limpide. Sa stratégie est claire et assumée : alimenter l’anxiété autour de notre alimentation pour mettre en cause le modèle agricole en particulier, et le capitalisme en général. 

« L’infertilité, le diabète et les cancers sont des maladies politiques et écologiques », écrit-il ainsi sur X, avant de poursuivre : « Les pesticides déversés sur le pays ont pollué tous les cours d’eau. Ils propagent ces maladies. Les modes de production actuels sont aussi responsables des laits infantiles contaminés. » Sa conclusion tombe comme un verdict : « Cela ne peut plus durer. Nous devons changer en profondeur notre système de production. » 

Un commentaire non dénué d’ironie lui répond : « Je n’avais pas remarqué que l’espérance de vie et l’espérance de vie en bonne santé s’effondraient année après année… Merci à toi de m’avoir éclairé, phare universel de la pensée. » Les propos de cet internaute paraissent beaucoup plus raisonnables que ceux de Tatiana Giraud, directrice de recherche au CNRS et spécialiste des champignons pathogènes, entendus sur LCI, assurant, sans le moindre contradicteur, que nous sommes « la seule espèce qui empoisonne sa nourriture – pour ne pas que d’autres espèces nous la mangent – et qui la mange après, sachant qu’on l’a empoisonnée ! »

Du côté des écologistes, la même mécanique est à l’œuvre. En témoigne la Convention consacrée à la santé environnementale, le 30 mai, à Paris, qui s’est articulée autour de deux tables rondes : l’une sur les « Pesticides, PFAS, microplastiques, cadmium… : l’empoisonnement invisible », et l’autre intitulée « En finir avec la fabrique du doute ». 

Venant en renfort à cette offensive, diverses ONG, telles que Générations Futures ou le WWF, investissent à leur habitude l’espace public avec leurs campagnes sur le thème de l’eau polluée par les pesticides ou sur la présence des pesticides dans l’alimentation. Et pendant que la population essuie une nouvelle vague de désinformation, le candidat Mélenchon se frotte les mains…

dimanche 24 mai 2026

Repenser la formation à la sécurité des aliments : Placer le consommateur au cœur des préoccupations

L’article ci-dessous s’inscrit dans la droite ligne de l’article sur le distributeur, Aldi en Belgique, à suite d’une décision de la Cour de justice européenne.

Même si ce distributeur avait vu sa démarche validée par les autorités de tutelle, « Les juges luxembourgeois ont déclaré que le droit européen de la sécurité des aliments vise à garantir la sécurité réelle des aliments pour les consommateurs, et non à se contenter de prouver, sur le papier, qu'une entreprise dispose de plans de conformité et de systèmes de contrôle. En vertu de la législation européenne, les supermarchés sont les principaux responsables de la protection des aliments tout au long de la chaîne d'approvisionnement, y compris pour les produits déjà en rayon et accessibles aux clients. »

Ci-après il est question de l’ensemble de la filière alimentaire qui doit de changer de raisonnement mais aussi, me semble-t-il, les autorité de tutelle, à vous de voir ...

Dans ce contexte, voici « Repenser la formation à la sécurité des aliments : Placer le consommateur au cœur des préoccupations ». Article d’Andrew Thomson et Matthew Wilson paru le 20 mai 2026 dans Food Safety Magazine.

Pour adopter une formation à la sécurité des aliments centrée sur le consommateur, l'industrie doit humaniser la notion de risque et repenser l'intégration en tenant compte des conséquences pour le consommateur .

L'ensemble de l'industrie alimentaire, de la production à la consommation, a consacré des décennies à axer la formation à la sécurité des aliments sur le respect des exigences réglementaires, au détriment des consommateurs. Cette approche a atteint ses objectifs, mais il est temps de changer de paradigme. Nous devons intégrer le consommateur à la formation – au sens figuré – et repenser l'enseignement et la formation en sécurité des aliments pour un impact plus ciblé.

Les consommateurs sont remarquablement absents de nos programmes et cadres de formation. Leurs besoins, leurs vulnérabilités, leurs attentes et leur confiance sont rarement pris en compte. Pourtant, ce sont eux qui sont touchés en cas de problème – qu'il s'agisse d'intoxications alimentaires, d'hospitalisations et de soins continus, de réactions allergiques, ou pire encore.

Pourquoi le statu quo ne fonctionne pas

Les faits sont éloquents : si l’approche actuelle de l’industrie alimentaire en matière de formation était réellement efficace, nous n’assisterions pas à la persistance des incidents liés à la sécurité des aliments. Dans des articles précédents, les auteurs ont mis en lumière une multitude d’incidents de ce type largement médiatisés. Il s’agit d’un problème mondial (se référer au tableau des statistiques des maladies inectieuses d’origine alimentaire, dont la France, décrit dans l’article original).

Pour beaucoup dans l’industrie alimentaire, la sécurité des aliments se résume à une simple formalité. Les employés suivent des formations en ligne mal conçues, axées principalement sur les connaissances théoriques, avec peu de compréhension, un encadrement limité et sans responsabilisation. Nombre de ces programmes ne respectent pas les principes fondamentaux de l’apprentissage chez l’adulte et proposent un contenu passif et standardisé qui ne parvient pas à impliquer véritablement les employés. Par conséquent, la formation se trouve déconnectée des réalités complexes de la sécurité des aliments en milieu professionnel. Les employés ne sont pas suffisamment préparés pour appliquer leurs connaissances dans des contextes professionnels concrets et ne sont souvent pas tenus responsables de leurs actes. Dans bien des cas, ni l'entreprise alimentaire, ni sa direction ne le sont pas plus.

Ces manquements ne se limitent pas à la simple absence d'application ou de priorité accordée aux pratiques de sécurité des aliments. Ils découlent d'un problème plus profond : une lacune fondamentale dans la compréhension, la responsabilisation et l'engagement collectif en faveur de la protection de la santé des consommateurs. Fondamentalement, ces manquements reflètent une méconnaissance réelle qui dépasse la simple conformité et une compréhension globale des risques et des conséquences. Les entreprises alimentaires ont été amenées à croire que la réussite d'un audit de conformité ou l'obtention d'un certificat de formation suffisaient à garantir la sécurité des aliments. La réalité est bien plus complexe. Une véritable sécurité des aliments exige des connaissances approfondies, activement appliquées, renforcées à tous les niveaux de l'organisation et priorisées pour protéger le bien-être des consommateurs.

Les statistiques publiques mettent en évidence le fardeau mondial des maladies d'origine alimentaire et soulignent l'urgence d'une formation efficace en matière de sécurité des aliments dans tous les secteurs de l'industrie alimentaire. Les auteurs reconnaissent que les méthodologies et les systèmes d'enregistrement varient d'un pays à l'autre, ce qui peut influencer les données publiées. La sécurité des aliments est le fruit d'une culture, de comportements, d'un leadership et d'une prise de décision, et non pas seulement de la paperasserie ou du simple contrôle des températures des chambres froides et des mesures de température des aliments à l'aide de systèmes numériques.

Pourquoi ce changement est nécessaire

La conformité à elle seule ne suffit pas à garantir la sécurité des personnes que nous servons. Les consommateurs doivent être au cœur de chaque décision prise en usine, en cuisine et dans le secteur de la restauration. Pour que ce changement s'opère, nous devons d'abord lever les obstacles qui entravent une formation efficace en matière de sécurité des aliments.

Malgré toute la bonne volonté, la formation à la sécurité des aliments est souvent insuffisante en raison de trois obstacles majeurs :

1. Manque de temps : La formation et le renforcement des acquis sont souvent sacrifiés par manque de temps, ce qui entraîne un apprentissage fragmenté ou inefficace. Les employés ne sont pas préparés à appliquer leurs connaissances en situation professionnelle.

2. Ressources et personnel limités : De nombreuses entreprises ont du mal à allouer les ressources nécessaires à une formation et à une documentation efficaces. Sans un nombre suffisant d'employés et d'outils, la formation se réduit souvent à une approche standardisée, négligeant les exigences et les spécificités de chaque poste. Des employés compétents sont nécessaires pour former les autres ou pour accomplir les tâches nécessaires au respect des bonnes pratiques.

3. Soutien insuffisant de la direction : Lorsque la direction ne fait pas de la formation une priorité, elle envoie un message clair aux employés : la sécurité des aliments n'est pas une priorité. Cela compromet le potentiel de toute initiative de formation, qui est alors perçue comme une « simple formalité » plutôt qu'un impératif sérieux de sécurité pour les entreprises et les consommateurs.

Ces obstacles ne sont pas d'ordre technique ; ils sont stratégiques et culturels. Au fond, ils mettent en lumière une faille fondamentale de l'approche actuelle : la formation à la sécurité des aliments est une obligation de conformité, et non comme un investissement essentiel dans la formation et le développement des employés, la santé publique et la confiance des consommateurs.

Le rôle du consommateur dans la sécurité des aliments : pourquoi son point de vue est important.

Imaginez si vos sessions de formation à la sécurité des aliments intégraient les témoignages et les expériences des consommateurs qui dépendent d'une alimentation saine. Et si, au lieu de nous concentrer uniquement sur les procédures et la législation alimentaire, nous renforcions les compétences des employés de la production et de la manipulation des aliments afin qu'ils pensent comme les personnes qu'ils servent : les personnes allergiques, les jeunes enfants, les personnes âgées ou celles dont le système immunitaire est affaibli ?

Les consommateurs attendent et méritent une alimentation saine pour protéger leur santé et leur bien-être. Pourtant, dans la plupart des cas, ils ne sont absolument pas représentés dans les programmes de formation à la sécurité des aliments. Cela doit changer.

Voir dans l’article original l’enquête mondiale sur la confiance des consommateur par pays.

Un problème majeur mis en lumière par de récentes enquêtes mondiales sur la sécurité des aliments est la forte baisse de la confiance des consommateurs. Aux États-Unis, la confiance dans la sécurité de l’approvisionnement alimentaire a atteint son niveau le plus bas en 13 ans, selon l’enquête 2025 de l’International Food Information Council's (IFIC's). . Malgré les progrès des technologies numériques qui devraient améliorer la sécurité des aliments, cette tendance se poursuit dans le sens inverse. De nombreux consommateurs estiment que le profit prime sur la sécurité sanitaire et que l’industrie agroalimentaire ne collabore pas efficacement pour assurer la protection des consommateurs.

Un tableau présente les principales préoccupations des consommateurs en matière de sécurité des aliments, souligne les lacunes des programmes de formation actuels et montre comment une approche repensée et axée sur le consommateur peut combler ces lacunes, améliorant ainsi les pratiques de l’industrie et la confiance des consommateurs.

Les sessions de formation aux compétences en matière de sécurité des aliments, destinées aux salariés de la production et aux manipulateurs d'aliments et conçues du point de vue du consommateur, abordent directement ces préoccupations (voir dans le texte original ce tableau). Elles garantissent que la sécurité des aliments ne se limite pas à éviter les infractions ; il s'agit de prendre chaque jour des décisions éclairées et éthiques qui protègent les personnes.

Des programmes de formation insuffisants : l'industrie reconnaît le problème

L'enquête mondiale sur la formation en matière de sécurité des aliments 2024, menée pour la huitième année consécutive, a compilé les données de plus de 3 000 entreprises alimentaires, couvrant la fabrication, l'agriculture, l'emballage, la distribution, la vente au détail et la restauration. Réalisée par un consortium d'organisations reconnues, l'enquête révèle des lacunes importantes dans la conception, la mise en œuvre et l'évaluation des formations au sein de l'industrie alimentaire. Malgré le respect des réglementations dans de nombreux cas, les efforts de formation ne parviennent souvent pas à induire de véritables changements de comportement susceptibles d'améliorer la santé publique. Selon l'enquête, près des trois quarts des entreprises alimentaires mondiales partagent l'avis suivant : « Malgré nos efforts de formation, certains de nos employés ne respectent toujours pas les protocoles établis sur le terrain. »

De plus, une entreprise sur quatre juge ses programmes de formation « médiocres », tandis que 60 % les estiment simplement « suffisants ». Seules six entreprises sur dix pensent que la formation a un impact positif sur la productivité, et un nombre important estime qu'elle n'a aucun effet sur la fidélisation du personnel, 10 % d'entre elles indiquant même qu'elle nuit à l'engagement des employés.

Ces résultats reflètent les préoccupations exprimées par les consommateurs dans des enquêtes menées à travers le monde : le fait que les entreprises privilégient les profits ou la conformité au détriment de la sécurité des aliments. Si les trois quarts des entreprises ne parviennent pas à traduire la formation en actions concrètes sur le terrain, comment le public peut-il avoir confiance dans la sécurité des aliments qu'il consomme ? Ce décalage entre la formation et la pratique sur le terrain met en lumière un problème alarmant : les consommateurs peuvent supposer que les employés sont bien formés, mais bien souvent, les entreprises elles-mêmes admettent que ce n'est pas le cas en pratique. Ces lacunes en matière de compétences nuisent non seulement à l'efficacité opérationnelle, mais surtout à la sécurité des consommateurs. Si les employés en contact direct avec la clientèle ne respectent pas les protocoles de base malgré la formation, les consommateurs sont exposés à des risques de maladies d'origine alimentaire, d'exposition à des allergènes et de contamination. La conséquence directe est une érosion croissante de la confiance des consommateurs, comme en témoigne le déclin de la confiance dans la sécurité des aliments observé à l'échelle mondiale.

Malgré ces difficultés, certaines organisations ont déjà pris l'initiative d'améliorer les règles de qualité et de sécurité des aliments.

Les responsables doivent sensibiliser et informer les employés, les sous-traitants et toute personne liée aux activités de l'entreprise ou impactée par celles-ci aux enjeux de sécurité sanitaire et de santé.

Signaux de l’industrie alimentaire : La formation est souvent négligée

Malgré les défis croissants en matière de sécurité des aliments, les données du secteur montrent systématiquement que la formation à la sécurité des aliments n'est pas une priorité. Ce problème ne concerne pas uniquement les employés de production et les manipulateurs d'aliments ; il révèle un problème systémique qui touche l'ensemble de la filière alimentaire, des dirigeants d'entreprise aux organismes de formation et de certification.

Une conclusion importante des déclarations de divulgation des risques des entreprises au Royaume-Uni a révélé que seulement 17% des entreprises alimentaires ont classé la sécurité des aliments parmi leurs dix principaux risques. Ce constat rejoint les conclusions de diverses enquêtes mondiales sur la sécurité des aliments et de rapports sur les risques des entreprises menés par les organisations du secteur. Les entreprises ont tendance à privilégier les risques financiers, la réduction des coûts et la concurrence, reléguant la formation à la sécurité des aliments au rang de charges non essentielles. Cette mentalité persiste dans de nombreuses organisations, où la formation est perçue comme un simple coût à minimiser, plutôt que comme un investissement essentiel qui améliore l'efficacité opérationnelle, réduit les risques et instaure une confiance durable des consommateurs.

Étapes pratiques : Intégrer le consommateur à la formation

Pour une formation à la sécurité des aliments axée sur le consommateur, il faut d'abord humaniser le risque. Ne vous contentez pas de parler de « contamination croisée » ou de listériose. Diffusez des vidéos ou racontez des histoires de personnes réellement touchées par des défaillances en matière de sécurité des aliments. Appuyez-vous sur des études de cas d'incidents locaux. Rendez la formation concrète et mémorable.

Deuxièmement, repensez l'intégration en tenant compte des résultats pour le consommateur. L'intégration des nouveaux employés ne doit pas se limiter à la simple démonstration des gestes à effectuer ; elle doit les amener à comprendre l'importance de ces gestes. Chaque nouvel employé doit non seulement maîtriser les aspects techniques de la sécurité des aliments, mais aussi prendre conscience des conséquences concrètes de ses actions. Il doit pouvoir répondre aux questions suivantes : Qui est-ce que je protège ? Quels sont les risques en cas de problème ?

Passez du discours sur « comment se laver les mains » à celui sur « comment l'hygiène des mains protège les personnes qui consomment nos aliments ». Ce changement de perspective permet de relier les tâches de base à leur impact concret et aide les employés à comprendre leur rôle dans le contexte plus large de la sécurité des aliments.

Lors de l'intégration de nouveaux employés, insistez sur l'aspect humain en utilisant des exemples comme ceux ci-dessous :

- « Vous travaillez sur une chaîne de production où vous emballez des plats préparés. Une contamination croisée peut entraîner une intoxication alimentaire.»

- « Vous préparez des repas pour un EHPAD dont les résidents ont un système immunitaire affaibli.»

- « Vous préparez des repas sans gluten pour des clients atteints de la maladie cœliaque.»

- « Vous êtes chef cuisinier dans un restaurant, et votre clientèle comprend des femmes enceintes, des enfants et des personnes âgées. Une cuisson insuffisante des aliments crus ou un stockage inadéquat des aliments potentiellement dangereux peuvent entraîner un transfert de contamination et mettre des vies en danger.»

Insistez sur le fait qu'il ne s'agit pas de concepts abstraits, ni d'exigences de conformité. Ce sont de vraies personnes qui dépendent de la sécurité des aliments que vous préparez. Il ne s'agit pas simplement de formation, mais d'un investissement dans la confiance et le bien-être des consommateurs.

Le leadership doit être le moteur du changement

Rien de tout cela ne fonctionnera si les dirigeants ne soutiennent pas et ne donnent pas l'exemple. Si les dirigeants considèrent les formations en sécurité des aliments comme une simple formalité, leurs équipes feront de même. En revanche, s'ils participent activement à l'apprentissage, discutent ouvertement des risques liés à la sécurité des aliments et font de la protection des consommateurs une priorité pour l'ensemble de l'entreprise, alors le changement devient possible.

Intégrez la voix du consommateur dans les conseils d'administration et les réunions d'information sur la sécurité des aliments. Remettez en question les idées reçues. Faites de la sécurité des aliments un critère d'évaluation des performances, non seulement pour les employés de première ligne, mais aussi pour les dirigeants et les cadres supérieurs.

L'appel au changement

Le temps des changements progressifs est révolu. Face à la persistance des maladies d'origine alimentaire qui affectent les consommateurs du monde entier et à la baisse historique de la confiance du public dans la sécurité des aliments, il est clair que l'industrie agroalimentaire doit dépasser le simple respect des normes minimales et adopter une véritable démarche d'amélioration continue. La sécurité des consommateurs doit devenir le moteur de tous les efforts de formation, sous peine de compromettre la confiance du public dans l'ensemble de la chaîne d'approvisionnement alimentaire.

Conclusion

Il est clair que la formation en matière de sécurité des aliments, dans sa forme actuelle, ne suffit pas à protéger les consommateurs, ni à renforcer la confiance du public dans l'industrie agroalimentaire. Nous devons remettre en question le statu quo, repenser l'éducation et la formation en matière de sécurité des aliments et créer un système où la santé et l'autonomisation des consommateurs sont au cœur de toutes nos actions. Cela exige un leadership audacieux, un investissement continu dans les compétences des employés et un engagement en faveur d'un changement significatif. L'avenir de la sécurité des aliments et la santé et le bien-être de millions de personnes dans le monde en dépendent.

NB : Pour des raisons de temps, les référence bibliographiques de l’article ne sont pas citées ainsi que différents documents instructifs proposés par les auteurs. N’hésitez pas à vous y référer pour aller plus loin .. -aa.