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mercredi 17 juin 2026

Sécurité des aliments dans l’UE : Comment fonctionne le réseau d’alerte? rapide, peu rapide ou pas rapide du tout ? C’est la question qui est posée !

En date du 22 avril 2026, la médiatrice de l’UE va ouvrir une enquête sur la manière dont la Commission garantit la fiabilité du système d’alerte de l’UE en matière de sécurité des aliments ou pour dire les choses plus précisément Comment la Commission européenne assure la protection des consommateurs contre les dangers liés aux denrées alimentaires au moyen du système d’alerte rapide pour les denrées alimentaires et les aliments pour animaux (RASFF).

Le blog a souvent qualifié, depuis plusieurs années, le RASFF de réseau d’alerte dit rapide … Le blog a publié de très nombreux articles sur les retards des rappels tant au niveau du RASFF de l’UE que de RappelConso en France, ici.

La Médiatrice européenne Teresa Anjinho a ouvert une enquête d’initiative sur la manière dont la Commission européenne assure la protection des consommateurs contre les dangers liés aux denrées alimentaires grâce au système d’alerte rapide pour les denrées alimentaires et les aliments pour animaux (RASFF).

La Médiatrice a décidé d’ouvrir l’enquête après qu’un certain nombre de parties prenantes ont fait part de leurs préoccupations quant au fonctionnement du système d’alerte. Ces préoccupations concernent d'éventuels retards dans la transmission de certaines alertes concernant un problème de sécurité des aliments ainsi que la transparence et la qualité des données mises à la disposition des citoyens.

En ouvrant l'enquête, Mme Anjinho attire l'attention sur les récents retards dans l'information des autorités nationales et européennes sur le lait infantile contaminé. Elle note également qu’un système d’alerte fiable et efficace en matière de sécurité des aliments est nécessaire pour protéger plusieurs droits au titre de la charte des droits fondamentaux de l’Union européenne, y compris le droit à la santé et à la protection des consommateurs.

La Médiatrice a posé une série de questions à la Commission pour obtenir un aperçu détaillé du fonctionnement du système. Il s’agit notamment de savoir combien de temps il faut en moyenne pour que les alertes soient diffusées aux membres du RASFF après qu’un risque a été identifié et combien de temps en moyenne il faut aux points de contact nationaux – généralement les autorités chargées de la sécurité des aliments – pour soumettre les notifications.

La Médiatrice a également demandé à la Commission si elle avait elle-même déjà identifié des risques avant qu’ils ne soient signalés par une autorité nationale et si elle envisageait d’introduire des mesures pour garantir que les notifications couvrent efficacement le commerce électronique.

Parallèlement, les médiateurs nationaux de toute l’Europe ont été invités à enquêter sur le fonctionnement du RASFF avec leurs autorités nationales, étant donné qu’un lien étroit entre les actions de la Commission et les autorités nationales concernant le système d’alerte est essentiel pour garantir son efficacité. En tant que coordinatrice du réseau européen des médiateurs, Mme Anjinho partagera ensuite ses conclusions avec la Commission.

Un certain nombre de questions à la Commission figurent à l'annexe de la présente lettre. Je vous saurais gré de bien vouloir recevoir la réponse de la Commission pour le 20 juillet 2026 au plus tard. Si la production d’informations concernant l’un des éléments nécessite une charge disproportionnée, j’invite la Commission à en informer l’équipe d’enquête dès que possible.

Liste des questions à la Commission

A) Lorsqu'un membre du réseau RASFF dispose d'informations relatives à l'existence d'un risque grave direct ou indirect découlant de denrées alimentaires et d'aliments pour animaux, il doit en informer immédiatement la Commission qui, après vérification des informations, les communique aux autres membres du RASFF. La Commission est invitée à fournir des informations sur les points suivants:
  • i. la manière dont il vérifie les informations reçues;
  • ii. Au cours des deux dernières années, combien de temps a été nécessaire en moyenne pour que les notifications d'alerte soient diffusées aux membres du RASFF après qu'un risque a été identifié; et si les délais de 48 heures et de 24 heures pour, respectivement, la soumission par les points de contact et la vérification/transmission par la Commission ont jamais été dépassés;
  • iii. dans le même délai, quel est le délai moyen pris par les points de contact pour soumettre les notifications et pour que la Commission les vérifie et les transmette dans le cas des informations, des nouvelles et des notifications de reclassement ;
  • iv. Enfin, quel est le temps moyen pris par les membres du réseau pour diffuser les notifications de rejet aux frontières, que la Commission ne vérifie qu’a posteriori ?

Pour les questions ii) à iv), la Commission est invitée à fournir l'aperçu statistique correspondant.

B) Comment la Commission procède-t-elle si elle identifie, à elle seule, un risque grave qui n'a pas (encore) été signalé par un membre du RASFF? Est-ce que cela s'est déjà produit, et si oui, comment cela a-t-il été géré ?

C) La Commission est responsable de la gestion du réseau RASFF. En outre, la Commission est également chargée d'assurer le fonctionnement, la maintenance, le support, la mise à jour ou le développement des logiciels et de l'infrastructure informatique sous-jacents à iRASFF. À la lumière de ce qui précède, la Commission est invitée à fournir des informations au Médiateur en ce qui concerne:

  • i. toutes les mesures qu’elle a prises pour garantir la qualité et la cohérence (modalités de notification, actualité) des notifications des points de contact, qu’il s’agisse de notifications d’alerte ou d’autres types de notifications;
  • ii. si elle envisage des mesures visant à garantir que les notifications tiennent mieux compte du contrôle de la sécurité des aliments par le secteur privé et couvrent efficacement le commerce électronique;
  • iii. En ce qui concerne iRASSF, la manière dont il garantit que le système repose sur la technologie la plus récente. En réponse à cette question, la Médiatrice souhaiterait que la Commission fournisse davantage d’informations sur TraceMap, y compris sur la manière dont il est concrètement utilisé dans le cadre du RASFF et sur la manière dont le contrôle humain et le respect de la législation sur l’IA sont assurés.

D) En ce qui concerne la fenêtre RASFF (y compris le portail des consommateurs), la Commission pourrait-elle expliquer si elle entend améliorer sa transparence, en particulier l’identification du nom du produit rappelé, et l’accessibilité du portail pour les citoyens vulnérables tels que les personnes âgées ou les personnes handicapées? Si la Commission n’a pas l’intention de mettre à disposition le nom des produits rappelés, pourrait-elle expliquer pourquoi son approche est différente de celle de Safety Gate pour les produits non alimentaires?

Commentaire

Je pense que la patate chaude va circuler au sein des différentes directions afin de savoir qui et comment répondre à ces interrogations, et il semble désormais évident, que le RASFF a été lié à de nombreux dysfonctionnements sur le dos des consommateurs …

Même s’il existe quelques exemples de rapidité, voir ici tout récemment, en France, RappelConso n’est pas exempt de tout reproche ...

lundi 15 juin 2026

C’est l’histoire de la fermeture en urgence d’un restaurant à Lyon

Côté pile, selon Lyon Mag, les dirigeants ont tenu à réagir après l'annonce de cette fermeture. Selon ces derniers, cette décision intervient après "le 12e contrôle sanitaire en six mois au sein de l'ensemble de nos établissements",lesquels auraient, selon eux, été "tous conclus sans anomalie majeure." 

Dans un communiqué, les restaurateurs indiquent que la préfecture leur a demandé de réaliser "certains travaux et aménagements complémentaires" à la suite des observations formulées lors du dernier contrôle de leur établissement des Cordeliers. Ils affirment notamment que des "traces de nuisibles ont été observées dans la cour de l'immeuble et non dans les espaces de préparation ou de service", précisant avoir été contraints de mener des travaux de"rebouchage et de sécurisation" de plusieurs points du bâtiment, aujourd'hui "entièrement achevés." 

D’après le communiqué, ils ont "immédiatement engagé toutes les actions nécessaires" afin de répondre aux exigences des autorités et soutiennent que "les mesures correctives ont été intégralement mises en place". Ils indiquent enfin avoir profité de cette période pour "renforcer la formation" de leurs équipes en matière d'hygiène alimentaire et de procédures HACCP. "Aujourd'hui, tout est rentré dans l'ordre et nous sommes dans l'attente de la validation des autorités compétentes pour pouvoir rouvrir nos portes très prochainement", concluent-ils, tout en remerciant leurs clients pour leur "fidélité", leur "confiance" et leurs nombreux messages de soutien.

Ētrange communication de ces restauateurs : en quoi des contrôles satisfaisants dans d’autres établissements signifient-ils que tout va bien dans un autre établissement récemment contrôlé ?

Côté face, par un arrêté préfectoral, la préfecture du Rhône a prononcé la fermeture administrative de l'établissement de restauration, mesure est effective depuis le 12 juin et restera en vigueur jusqu'à la réalisation de l'ensemble des mesures correctives exigées par les autorités.

Cette décision intervient à la suite d'un contrôle réalisé le jour même par un agent du Bureau Veritas Exploitation, dans le cadre des contrôles officiels délégués par les services de l'État. Selon l'arrêté, le rapport établi à l'issue de cette inspection a mis en évidence des "manquements graves aux règles d'hygiène."

Parmi les principaux constats figurent notamment la "présence de déjection de souris", "la détention de denrées périmées", le "non-respect des températures de conservation des denrées" ou encore "l'absence de traçabilité des denrées." Les inspecteurs ont également relevé l'absence de système de ventilation adapté dans certaines zones de production ainsi qu'un "défaut caractérisé de maintenance et de nettoyage des locaux de production et de stockage ainsi que des équipements."

L'arrêté mentionne également l'absence de plusieurs procédures sanitaires essentielles. Les services de l'État évoquent notamment "l'absence de référence HACCP", "l'absence de gestion et de surveillance concernant les opérations à risques", mais aussi l'absence d'autocontrôles microbiologiques, de bonnes pratiques d'hygiène du personnel ou encore de formation du personnel à l'hygiène alimentaire.

Last but not the least, La préfecture souligne par ailleurs que ces manquements interviennent malgré des démarches déjà engagées auparavant. Le document rappelle en effet "la non-réalisation de la mise en demeure du 11 mai 2026" et estime que "la situation sanitaire s'est dégradée depuis le 11 mai 2026."

Si au lieu de dépenser son argent en com, les dirigeants le dépensaient utilement dans la sécurité des aliments, ça se saurait ...

Stratégies similaires entre les entreprises du tabac et des aliments ultransformés

De nouvelles études suggèrent que les aliments ultratransformés pourraient créer une véritable dépendance, en utilisant des tactiques similaires à celles des grandes entreprises du tabac.

Il n'est pas rare d'entendre dire qu'un aliment est addictif. Parfois, c'est simplement une façon exagérée de dire que quelque chose a vraiment bon goût. Mais lorsqu'il s'agit des en-cas, biscuits, chips, sodas et autres aliments ultra-transformés qui nous entourent, le terme « addictif » n'est pas exagéré : en empruntant des technologies et des stratégies marketing des géants du tabac, des entreprises alimentaires ont créé des produits dont on ne peut plus se passer. Alors que plus de la moitié des calories quotidiennes des Américains proviennent désormais d’aliments ultratransformés, des experts en santé publique estiment qu'il est grand temps de révéler les secrets de cette industrie.

Dans son numéro de juin 2026, l'American Journal of Public Health a publié un dossier spécial consacré aux aliments ultratransformés, l'une des analyses les plus complètes et approfondies de leurs impacts à ce jour. Cette publication marque également le lancement d'une nouvelle campagne de sensibilisation des consommateurs, « Fed UP! » (Ça suffit !).

Menée par plusieurs contributeurs de ce numéro, ainsi que par des associations de défense de la santé publique, cette initiative vise à informer le public sur les dangers des aliments ultratransformés et les pratiques de l'industrie agroalimentaire qui ont permis leur prolifération dans nos supermarchés, nos écoles, nos restaurants et nos foyers.

Ce numéro s'appuie sur la série d'articles parus dans The Lancet et que nous avions analysés l'an dernier , en présentant de nouvelles données sur la prévalence des aliments ultratransformés dans notre alimentation et les risques sanitaires qui y sont associés, tout en retraçant l'histoire accablante de leur essor.

Plusieurs articles mettent en lumière les liens étroits entre l'industrie du tabac et celle de l'alimentaire, explorant comment l'influence des fabricants de tabac sur le secteur alimentaire a largement dépassé le simple recours à des stratégies marketing pour des produits dangereux. Si l'histoire de l'industrie du tabac a préparé le terrain à l'essor des aliments ultratransformés, elle peut aussi contribuer à leur déclin : les experts en santé publique présentés dans ce numéro proposent diverses solutions, allant des actions en justice et de la sensibilisation à la réorientation des subventions et à la réglementation, susceptibles de limiter l'influence des entreprises alimentaires sur notre environnement alimentaire et de réduire notre consommation d'aliments ultratransformés.

Vous trouverez sur le site de la caisse d’assurance maladie (Ameli), un dossier sur les aliments ultratransformés. L’Anses a aussi publié sur la question, Aliments dits ultratransformés : mieux comprendre leurs effets potentiels sur la santé.

vendredi 12 juin 2026

De l'hygiène en restauration

Un article paru dans International Journal of Food Microbiology a pour titre « Food safety assessment of last mile delivery as an alternative food distribution system for ready-to-eat multi-ingredient salad bowls » (Évaluation de la sécurité des aliments lors de la livraison du dernier kilomètre* en tant que système alternatif de distribution alimentaire pour des salades composées prêtes à consommer).

La présente étude indique que la livraison du dernier kilomètre de salades composées prêtes à consommer ne présente pas de risques microbiologiques supplémentaires par rapport à ceux déjà associés aux salades prêtes à consommer préemballées vendues en magasin ou à emporter. Les délais de livraison étaient généralement courts (35 minutes en moyenne en zone urbaine) et, bien que les salades livrées du dernier kilomètre soient destinées à une consommation immédiate, un court stockage à température ambiante ne favorise pas la prolifération de pathogènes humains ni de bactéries d'altération. Cependant, face à l'expansion continue des services de livraison de repas en ligne dans l'UE, il est recommandé de mettre en place des procédures de livraison adaptées, des recommandations, une communication efficace et un contrôle par les autorités sanitaires lors de la livraison du dernier kilomètre. Parallèlement, il demeure essentiel de sensibiliser les consommateurs à leur responsabilité en matière de sécurité alimentaire à domicile.

* Le « dernier kilomètre » est l'ensemble des agents, opérations et équipements associés et mis en œuvre dans les derniers segments de la chaîne de distribution finale des biens ou services.

Un autre article publié dans Journal of Food Protection, « Routine Restaurant Inspections: An Underutilized Data Source for Foodborne Illness Prevention » (Inspections régulières des restaurants : une source de données sous-utilisée pour la prévention des maladies infectieuses d’origine alimentaire) soutient que les données d'inspection de routine des restaurants constituent une ressource sous-utilisée pour la prévention des maladies infectieuses d'origine alimentaire, et que les analyses reliant les données d'inspection aux données de surveillance des épidémies pourraient potentiellement contribuer à prévenir les éclosions de maladies d'origine alimentaire. L’étude a porté sur les États-Unis.

Les maladies d'origine alimentaire demeurent un enjeu majeur de santé publique, et les restaurants sont des lieux fréquents de transmission. Les inspections des restaurants constituent une fonction essentielle de santé publique visant à réduire le risque de transmission de ces maladies. Bien que les données de surveillance de la santé publique et les données d'inspection des restaurants soient collectées de manière systématique et partagent un objectif commun de prévention, elles sont rarement croisées afin de comprendre le lien direct entre les infractions aux normes de sécurité alimentaire et la survenue de maladies d'origine alimentaire. Nous décrivons les éléments probants établissant un lien entre les inspections de routine des restaurants et la survenue de maladies d'origine alimentaire, les difficultés rencontrées pour croiser ces données, et soulignons les avantages potentiels de cette approche comme nouveau cadre pour réduire la fréquence de ces maladies.

jeudi 11 juin 2026

Cas groupés d'infection à Salmonella dans des nouilles instantanées et dans des graines germées dans l'UE

Éclosion dans plusieurs pays à Salmonella Stanley ST2045, source ECDC.

Des cas d'infection dans plusieurs pays à Salmonella Stanley ST2045 signalés dans le rapport sur les menaces de maladies transmissibles du 28 mai 2026 sont toujours en cours. Cela touche principalement les enfants et les jeunes adultes, avec au moins 20 cas hospitalisés, ce qui indique un impact significatif sur la santé publique. Au 5 juin 2026, 83 cas confirmés ont été signalés, les symptômes étant apparus entre décembre 2025 et mi-mai 2026. Par ailleurs, 24 autres cas de Salmonella Stanley identifiés en 2026 n’ont pas encore été séquencés et pourraient être liés à l’éclosion précédente. De nouveaux cas continuent d’être identifiés, ce qui suggère une exposition continue.

En Angleterre, 21 patients sont concernés par cette éclosion. Ils ont présenté des symptômes entre fin janvier et mi-avril. Huit patients sont des enfants et six personnes ont été hospitalisées. L'Autriche est également touchée avec six cas.

En Allemagne, des investigationss épidémiologiques suggèrent un lien avec des nouilles instantanées aromatisées au poulet et/ou les produits à base de poulet transformés. Certains patients ont déclaré avoir consommé des nouilles instantanées sans préparation, uniquement avec l'assaisonnement fourni.

Plusieurs personnes malades ont consommé des nouilles instantanées de la même marque. Cependant, ce produit n'explique pas tous les cas.

La bactérie Salmonella Stanley a été détectée dans un plat de nouilles instantanées en provenance d'Ukraine via la Pologne.

En Allemagne, des nouilles instantanées Reeva saveur poulet (60 grammes) ont fait l'objet d'un rappel. Le lot concerné porte la référence L0126 et sa date de péremption est le 5 avril 2027.

Selon les informations fournies par SLCO GmbH & Co. KG, une enquête menée par les autorités de Saxe a permis de détecter la présence de Salmonella Stanley dans le produit.

Le Centre européen de prévention et de contrôle des maladies (ECDC) a indiqué que le risque d'infection est très faible pour la population générale et faible pour les enfants et les jeunes adultes, à condition que les instructions de cuisson soient respectées.

« Les consommateurs doivent suivre les instructions du fabricant lors de la préparation et de la consommation des nouilles instantanées et du mélange d'épices associé, qui ne sont pas des aliments prêts à consommer. »

On dénombre actuellement 19 isolats humains de Salmonella Stanley regroupés dans l'outil de typage moléculaire du Centre européen de prévention et de contrôle des maladies (ECDC). Ces isolats datent tous de 2026 et proviennent de trois des pays européens.

Le Danemark a initialement détecté l’éclosion et a publié une notification dans EpiPulse le 23 mars 2026. Les cas appartiennent à un cluster (cas groupés) génétique étroit et ont été identifiés en Autriche, en République tchèque, au Danemark, en Estonie, en France, en Allemagne, en Lituanie, aux Pays-Bas et au Royaume-Uni.

L'identification d'un cluster (cas groupés) génétique étroit de S almonella  Stanley ST2045 impliquant plusieurs pays, combinée à la répartition temporelle des cas, suggère une source commune à l'origine de l'éclosion. La prédominance des jeunes pourrait indiquer un mode d'exposition, une préférence alimentaire ou des habitudes de consommation spécifiques.

D’après les connaissances actuelles, le risque global d’infection à Salmonella Stanley est considéré comme très faible pour la population générale et faible pour les enfants et les jeunes adultes, à condition de respecter les instructions de cuisson. Les consommateurs doivent suivre les instructions du fabricant lors de la préparation et de la consommation de nouilles instantanées et du mélange d’épices associé, qui ne sont pas des aliments prêts à consommer. La poursuite des investigations coordonnées est essentielle pour identifier la ou les sources et prévenir toute transmission ultérieure.

Le Centre européen de prévention et de contrôle des maladies (ECDC) et l’Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA) coordonneront une évaluation rapide conjointe de l’éclosion afin d’en déterminer plus précisément l’origine.

Par ailleurs, l’ECDC et l’EFSA élaborent également un document sur l’éclosion dans plusieurs pays à Salmonella bovismorbificans liée à la consommation de graines germées. Sa publication est prévue pour fin juin.

L’Irlande, la Finlande et le Royaume-Uni ont signalé 50 patients infectés par des isolats bactériens de Salmonella bovismorbificans génétiquement très proches entre janvier et avril 2026.

Les investigations menées dans les trois pays font état de la consommation de graines germées de différentes sortes. Au moins cinq personnes ont été hospitalisées. Les personnes infectées étaient des adultes, dont 71% étaient des femmes. La Finlande a indiqué une émergence inhabituelle de ce sérotype. Les investigations épidémiologiques menées dans ces trois pays indiquent que des graines germées de différentes variétés seraient le facteur alimentaire commun.

Selon une notification d’alerte du réseau dit d'alerte rapide pour les aliments pour animaux (RASFF), les sources suspectées sont des graines de luzerne, de trèfle, de brocoli et de radis provenant d'Italie.

lundi 8 juin 2026

Cadmium : les chiffres réels sont loin des discours alarmistes

Cadmium : les chiffres réels sont loin des discours alarmistes, article publié le 7 juin 2026 sur le site d'André Heitz.

Cadmium : les chiffres réels sont loin des discours alarmistes de Patrick Hautefeuille sur LinkedIn.

Le sujet du cadmium mérite d’être traité sérieusement.

Avec des analyses, des suivis de terrain et des données vérifiables. Pas avec des raccourcis anxiogènes.

Que montrent réellement les suivis des récoltes françaises ?

– En pommes de terre, les teneurs moyennes annuelles mesurées en France restent stables depuis plus de 15 ans autour de 0,026 mg/kg.

➡️ La limite réglementaire européenne est fixée à 0,10 mg/kg.

➡️ Les niveaux observés sont donc près de 4 fois inférieurs au seuil réglementaire.

La courbe publiée par Arvalis montre d’ailleurs des valeurs restant globalement entre 0,02 et 0,04 mg/kg depuis 2009, très loin de la ligne rouge correspondant à la norme européenne.

– En blé tendre, la teneur moyenne pluriannuelle est d’environ 0,033 mg/kg, soit environ 3 fois sous la limite réglementaire européenne.

– En blé dur, les teneurs ont diminué d’environ 50 % depuis 2010, notamment grâce au travail de sélection variétale et à l’amélioration des pratiques agronomiques.

Autre réalité souvent oubliée :

– Les apports de phosphore minéral (P₂O₅) ont chuté de 67 % en 25 ans en France.

– En blé tendre, 62 % des surfaces ne reçoivent désormais plus d’apport phosphaté annuel.

Autrement dit : pendant que certains entretiennent une peur permanente autour de l’agriculture française, les agriculteurs et les filières techniques travaillent depuis des années sur :

✔️ la sélection variétale

✔️ l’optimisation des fertilisations

✔️ le suivi analytique des récoltes

✔️ la réduction des transferts vers les cultures.

Le cadmium est un sujet de vigilance.

Mais les chiffres montrent aussi des progrès réels et mesurables.
La science mérite mieux que les caricatures.

Sources :
– Arvalis

NB : Le blog avait consacré un article suivi de deux mises à jour sur le sujet du cadmium, ici.

dimanche 7 juin 2026

Les « avancées » de l'Anses vont-elles mieux protéger les consommateurs des toxi-infections alimentaires ?

Cela suffira t'il à faire baisser les TIAC en France ? 
A vous de voir ...

L'Anses annonce le 5 juin 2026 trois avancées scientifiques au service de la sécurité sanitaire des aliments et d'indiquer que cela va « mieux protéger les consommateurs des toxi-infections alimentaires ».

  1. La spectroscopie Raman couplée au marquage isotopique : une révolution pour les diagnostics microbiologiques.
  2. Accompagner la vaccination contre Salmonella dans les élevages de poules pondeuses
  3. De nouveaux tests pour mieux maîtriser le risque lié à Listeria dans les aliments prêts à consommer

De ces trois « avancées » la première me paraît la plus prometteuse, même si ce n’est pas la première fois que l’on entend parler d’« une approche à la fois rapide et fiable, réduisant le risque de faux positifs et de faux négatifs. »

Ce qui paraît utile est que cette méthode « peut aussi les distinguer d’autres bactéries présentes dans l’échantillon et déterminer si elles sont vivantes, dormantes ou mortes, ce que les méthodes conventionnelles permettent difficilement. »

Nous verrons tout cela à l’usage …

L’Anses poursuit ainsi son approche pour mieux réduire le fardeau des TIAC en France, sans pour autant en parler, comme une espèce d’éléphant dans la pièce.

L’Anses nous avait entretenu mi-mai de la Sensibilisation à l’hygiène en cuisine : nos aliments ont quelque chose à nous  dire ! et le blog avait dit ce qu’il fallait en penser ici.

mercredi 3 juin 2026

Choses lues sur la listériose, ministère de l'Agriculture vs Santé publique France

En date du 2 juin 2026, le ministère de l’Agriculture publie, « Zoonoses : les fiches techniques ».

Chaque fiche détaille l'agent responsable de la maladie, les modes de transmission ainsi que les symptômes chez l'animal et chez l'homme. Les mesures de prévention et la conduite à tenir en cas de contaminations sont ensuite précisées.

A la lecture de la fiche sur la listériose, le blog a constaté une approximation liée au nombre de cas. Il est indiqué « En France, 250 à 300 cas par an. »

Ce n’est pas l’avis de Santé publique France qui rapporte :

Entre 1999 (première année de mise en place de la déclaration obligatoire) et 2005, le nombre annuel de cas de listériose a fluctué entre 188 et 269 cas. Ce nombre a augmenté entre 2006 et 2020, fluctuant selon les années entre 276 et 414 cas.
Depuis 2021, le nombre annuel de cas de listériose est en augmentation nette, avec 619 cas notifiés en 2024.

Dans l’article du blog du 16 mars, Choses lues sur la listériose, Anses vs Santé publique France, j’avais déjà signalé des approximations sur les données de la listériose …, et fort heureusement, le blog était déjà là !

Santé publique France recense 400 à 600 cas par an, comme le montre le document Listériose en France. Période 1999-2024. Voir la figure ci-dessous.

Tout comme le blog a signalé à plusieurs reprises la très très grande discrétion de Santé publique France dans la diffusion de l’information sur les données TIAC en France en 2023Est-on obligé de croire les fadaises de Caroline Semaille, directrice générale de Santé publique France, quand elle écrit !
  • 10 ans d'engagement et d'action au service de la santé publique
  • Construire la santé publique de demain
  • Santé publique France s'est construite sur un modèle capable de produire des données robustes et de les traduire en leviers d'action. Elle dispose de l'expérience pour relever les défis de la nouvelle décennie, avec l'appui d'un collectif de partenaires mobilisés.
Des mots, des voeux pieux, des paroles ...

Faire la vaisselle et ses effets secondaires : quand les éponges de cuisine libèrent des microplastiques ...

De la libération de microplastiques par les éponges de cuisine et effets environnementaux potentiels ou La vaisselle et ses effets secondaires : les éponges de cuisine libèrent des microplastiques ...

Les éponges de cuisine sont des ustensiles indispensables dans la plupart des foyers, mais elles pourraient aussi être une source insoupçonnée de pollution par les microplastiques. Une nouvelle étude menée par des chercheurs de l'Université de Bonn a examiné la quantité de minuscules particules de plastique libérées par les éponges lors de la vaisselle quotidienne et leur impact sur l'environnement. Source ScienceDaily. Référence : Environmental Advances, From sink to Sea: Microplastic release from kitchen sponges and potential environmental effects.

Les résultats montrent que les éponges de cuisine libèrent effectivement des quantités mesurables de microplastiques au fil du temps. Cependant, les chercheurs ont constaté que le principal impact environnemental du lavage de la vaisselle à la main ne provient pas des particules de plastique elles-mêmes, mais plutôt de la consommation d'eau 

Les éponges de cuisine comme source de microplastiques

Bien que les éponges de cuisine soient utilisées quotidiennement dans des millions de foyers, leur rôle en tant que source de microplastiques a été relativement peu étudié. L'équipe de recherche a entrepris de mesurer la quantité de plastique libérée par l'usure des éponges lors d'une utilisation normale et d'évaluer les conséquences environnementales grâce à une analyse du cycle de vie.

Pour recueillir des données réalistes, l'étude a combiné des tests en laboratoire et une démarche participative. Des ménages en Allemagne et en Amérique du Nord se sont portés volontaires pour utiliser l'un des trois types d'éponges dans le cadre de leur routine de vaisselle habituelle, tout en documentant leur utilisation.

Les chercheurs ont pesé chaque éponge avant et après utilisation afin de déterminer la quantité de matière perdue au fil du temps. Ils ont également mené des expériences contrôlées en laboratoire à l'aide d'un système de test automatisé appelé « SpongeBot », qui reproduit les contraintes mécaniques subies par les éponges lors du lavage de la vaisselle.

Quelle quantité de microplastiques les éponges libèrent-elles ?

L'étude a révélé que toutes les éponges testées perdaient de la matière lors de leur utilisation, entraînant la libération de microplastiques. Selon le type d'éponge, les émissions annuelles variaient d'environ 0,68 gramme à 4,21 grammes de microplastiques par personne.

Les éponges fabriquées avec moins de plastique ont libéré nettement moins de particules que celles ayant une teneur en plastique plus élevée.

La science participative a joué un rôle important dans ce projet, car les participants ont utilisé les éponges dans des conditions domestiques réelles. Cela a permis aux chercheurs de saisir les habitudes et les modes d'utilisation réalistes en matière de lavage de la vaisselle, ce qui a conduit à des estimations plus précises que celles obtenues par les seuls tests en laboratoire.

La consommation d'eau a le plus grand impact environnemental

Bien que la quantité de microplastiques libérée par une seule éponge puisse paraître faible, les quantités totales augmentent considérablement à grande échelle. Les chercheurs ont estimé que si un certain type d'éponge était utilisé dans chaque foyer allemand, les émissions annuelles pourraient atteindre 355 tonnes de microplastiques.

Bien que les stations d'épuration des eaux usées captent une grande partie de ces particules, plusieurs tonnes pourraient tout de même se retrouver chaque année dans les rivières, les lacs, les océans et les sols.

Néanmoins, les microplastiques n'étaient pas la principale cause des dommages environnementaux observés dans l'étude. L'évaluation environnementale a révélé qu'environ 85 à 97% de l'impact total du lavage manuel de la vaisselle provient de la consommation d'eau. Comparées à cette dernière, les émissions de microplastiques contribuent beaucoup moins aux dommages globaux causés à l'écosystème.

Comment les consommateurs peuvent réduire leur empreinte écologique ?

  • Les chercheurs ont identifié plusieurs mesures pratiques que les consommateurs peuvent prendre pour réduire l'impact environnemental du lavage de la vaisselle :
  • Utilisez moins d'eau pour faire la vaisselle, car c'est ce qui présente le plus grand avantage pour l'environnement.
  • Choisissez des éponges à faible teneur en plastique afin de réduire la libération de microplastiques.
  • Conservez les éponges en bon état plus longtemps, car prolonger leur durée de vie réduit la consommation globale de ressources.
Commentaire. La question n'est pas posée, mais faut-il utiliser un lave-vaisselle ?

mercredi 20 mai 2026

Aldi est bel et bien responsable des conditions d’hygiène dans ses magasins, selon la justice de l’UE

Belle page de pub pour Aldi et autres distributeurs car ils sont, au travers ce cas, tous concernés et responsables ...

Des excréments de rats et d’autres soucis d’hygiène valent à Aldi d'être mis en cause devant la justice européenne. La chaîne de supermarchés n'a pas réussi à convaincre la plus haute juridiction européenne que le droit de la sécurité des aliments ne concerne que les mesures de prévention et non l'état des produits en rayon. Source.

La plus haute juridiction européenne ayant déclaré que les supermarchés peuvent toujours être tenus responsables en vertu de la loi européenne sur la sécurité des aliments même s'ils affirment avoir fait tout leur possible pour empêcher les nuisibles d'entrer.

La question que la Cour de cassation (Belgique) soumet à la Cour dans le cadre de la présente demande de décision préjudicielle était la suivante :

1. Est-ce que la découverte de traces de nuisibles dans les magasins et entrepôts d’un exploitant du secteur alimentaire suffit à elle seule à établir une infraction aux règles d’hygiène prévues par le règlement (CE) n°852/2004 relatif à l’hygiène des denrées alimentaires ou l’autorité compétente doit-elle plutôt prouver que l’exploitant du secteur alimentaire concerné n’a pas respecté les obligations de moyen stipulées dans ce règlement ?

Les juges luxembourgeois ont déclaré que le droit européen de la sécurité des aliments vise à garantir la sécurité réelle des aliments pour les consommateurs, et non à se contenter de prouver, sur le papier, qu'une entreprise dispose de plans de conformité et de systèmes de contrôle. En vertu de la législation européenne, les supermarchés sont les principaux responsables de la protection des aliments tout au long de la chaîne d'approvisionnement, y compris pour les produits déjà en rayon et accessibles aux clients.

Le tribunal a déclaré que la présence répétée de traces et d'excréments de rongeurs à proximité des aliments et des équipements de restauration peut, à elle seule, constituer une infraction à plusieurs obligations d'hygiène de l'UE. Les autorités n'ont pas non plus à prouver qu'un supermarché n'a pas déployé suffisamment d'efforts ou a négligé des mesures préventives possibles.

Selon un expert, « La Cour penche clairement pour une obligation d'hygiène plus stricte, en partie axée sur les résultats, afin d'obtenir des résultats concrets en matière de sécurité des aliments ».

Un plan de lutte contre les nuisibles est nécessaire mais non suffisant, une certification est sans doute nécessaire mais était-elle suffisante, etc.

« Les distributeurs de toute l’UE pourraient être confrontés à des inspections renforcées, à une responsabilité accrue et à une pression accrue pour maintenir des systèmes de lutte antinuisibles à tolérance quasi nulle », a-t-il déclaré.

Samuele Tonello, responsable principal des politiques alimentaires à l'Organisation européenne des consommateurs (BEUC), a déclaré que ce jugement confirme que le droit de la sécurité des aliments concerne en fin de compte l'expérience des consommateurs dans les magasins, et non seulement les systèmes de conformité internes.

« Les consommateurs partent du principe que les aliments qu’ils achètent sont sûrs », a déclaré Tonello. « Cette confiance repose sur la responsabilité des détaillants quant aux conditions réelles de stockage dans leurs points de vente et entrepôts. »

« La législation en matière de sécurité des aliments existe pour protéger les personnes, et non pour certifier les procédés », a déclaré Tonello.

En France, l’actualité nous offre une nouvelle preuve de ce qui est avancé dans cette décision juridique, avec la découverte par un consommateur de présence dune partie d’un animal dans une boite de petits pois vendue chez Lidl …

Les 5 euros de dédommagement proposée par Lidl sont une insulte faite aux consommateurs et Lidl doit, si plainte est déposée, en répondre devant la justice ..

La réponse à la question initiale doit être interprétée « en ce sens que une contamination par des nuisibles constatée à plusieurs reprises pendant plusieurs mois, rendant les denrées alimentaires impropres à la consommation humaine, dans, sur et à proximité immédiate de denrées alimentaires qui se trouvent au stade de la mise sur le marché, est de nature à prouver qu’un exploitant du secteur alimentaire a manqué aux obligations qui lui incombent en vertu des règles d’hygiène prévues par la législation relative à l’hygiène alimentaire. »

Màj du 20 mai 2026. Voici qu'un magasin Auchan (19e) a été fermé pari la Préfecture de Paris pour cause présence de nuisibles (rats) dans le supermarché et dans des frigos alimentaires ...

Il ne va bientôt plus avoir de supermarchés ouverts tant le problème des nuisibles a été sous-estimé...

MàJ du 23 mai 2026La Cour de cassation belge a interrogé la CJUE concernant les obligations d'hygiène alimentaire suite à des contrôles de l'AFSCA dans des magasins et dépôts Aldi. Ces contrôles ont révélé des problèmes graves (excréments de rongeurs, articles souillés), posant la question de la responsabilité de l'enseigne face aux règlements européens d'hygiène (Règlement CE n° 852/2004). La jurisprudence indique que les supermarchés ne peuvent se contenter de simples procédures administratives si la contamination est avérée sur le terrain.

samedi 9 mai 2026

France : Les données 2025 des rappels de produits alimentaires demeurent trop élevées

Le 2 novembre 2025, je prévoyais une
forte augmentation des rappels en 2025 ; il ne fallait pas être grand clerc pour annoncer cela ...

- 3 243 en 2021

- 2 441 en 2022
- 2 023 en 2023
- 2 087 en 2024
- 2 338 en 2025

Il n'existe pas à ma connaissance de bilan des rappels de produits alimentaires en France, d'où ce petit bilan de mon cru...

Voici une méthode simple de calcul des rappels pour 2025 pour ceux que ça intéresse : le chiffre calculé est obtenu à partir de l’utilisation des données des rappels via RappelConso, entre ici et ici.

Bien entendu, il est classique, mais non prouvé de dire, plus il y a de rappels, plus le système fonctionne …

Cette brève information me permet de signaler que nos voisins et amis belges de l’AFSCA ont publié tout récemment, le 5 mai 2026, un communiqué,« Les entreprises alimentaires belges ont procédé à 378 rappels de produits et avertissements en 2025 ».

Que dire de plus ...

jeudi 7 mai 2026

98,8% de ces échantillons alimentaires conformes aux limites fixées par la législation européenne en matière de résidus de pesticides, selon l’EFSA

A l’occasion du lancement de la nouvelle marque UFC-Que Choisir, devenant « Que Choisir Ensemble », UFC-Que Choisir a lancé une campagne de comm' innommableen un mot, une campagne idéologique stigmatisant les agriculteurs pour ce mouvement désormais en perdition.

Pendant ce temps, dans la vraie vie, selon le dernier rapport de l’EFSA, le respect des limites fixées par l’UE en matière de résidus de pesticides reste élevé, comme en témoignent les résultats de plus de 125 000 échantillons alimentaires prélevés dans toute l’Europe. Le dernier rapport confirme, comme les années précédentes, que le risque pour la santé humaine résultant de la présence de résidus de pesticides dans les aliments reste faible.

Programme d'échantillonnage coordonné de l'UE 

Chaque année, les États membres de l'UE, ainsi que la Norvège et l'Islande, collectent et communiquent à l'EFSA les résultats d'analyse de milliers d'échantillons provenant d'aliments largement consommés afin de fournir une image représentative du marché de l'UE. Les mêmes produits sont ciblés tous les trois ans afin de suivre leur évolution au fil du temps.

En 2024, les autorités nationales chargées de la sécurité des aliments ont prélevé 9 842 échantillons parmi les produits suivants : aubergines, bananes, brocolis, champignons de culture, pamplemousses, melons, poivrons, raisins de table, huile d’olive vierge, grains de blé, graisse bovine et œufs de poule.

Au total, 98,8% de ces échantillons se sont révélés conformes aux limites fixées par la législation européenne, un résultat comparable aux 98,7% enregistrés en 2021, lorsque la même sélection de produits avait été analysée.

Aucun résidu mesurable de pesticide n’a été détecté dans 43,1% des échantillons, tandis que 54,5% d’entre eux contenaient un ou plusieurs résidus respectant les limites maximales de résidus (LMR). Les LMR ont été dépassées dans 2,4% des échantillons, dont 1,2 % ont été confirmés comme non conformes (ce qui signifie qu’ils dépassaient la LMR après prise en considération d'une incertitude de mesure).

Conclusion

Voilà la réalité des faits, loin de la campagne de Que Choisir qui est illustrée par cette image stigmatisant nos agriculteurs. Il s’agit une photo prise en Malaisie en 2020, montrant comme le dit la légende, une « agricultrice chinoise asiatique » (!) et son pulvérisateur…