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vendredi 20 mars 2026

2023 : Le nombre de toxi-infections alimentaires collectives est le plus élevé jamais enregistré

Les données officielles de 2023 ont enfin été publiées le 20 mars 2026.

Le blog n’était pas trop loin de ces données, citant celles publiées par l’EFSA publiées en décembre 2024, et indiquait que l’on s’orientait vers un nouveau record.

Le nombre de TIAC notifiées en 2023 est le plus élevé enregistré depuis la mise en place de la surveillance en 1987. Il a dépassé le précédent record de 2022 (1 924 TIAC déclarées).

En 2023, 2 231 toxi-infections alimentaires collectives (TIAC) ont été déclarées en France, affectant 22 282 personnes, dont 549 (2%) se sont présentées à l’hôpital (hospitalisation ou passage aux urgences) et 19 (0,1%) sont décédées.

Pour dire les choses franchement, la maîtrise de la sécurité des aliments bat de l’aile en France !

2024 devrait aussi confirmé les données de 2022 et 2023 avec un palier à plus de 2000 TIAC et plus de 20 000 personnes concernées, selon les données de l’EFSA publiées en décembre 2025.

Lieux de survenue des TIAC déclarées en 2023

En 2023, 42% des TIAC déclarées étaient liées à des repas dans des restaurants commerciaux (vs 45% en 2022) et 28% à des repas familiaux (25% en 2022). La part des TIAC survenant dans les instituts médicaux-sociaux (IMS) était de 9% et celle des TIAC liées à des repas dans d’autres types de lieux collectifs (banquets, centres de loisir, entreprises, cantines scolaires, autres lieux de collectivité) était de 21%.

En 2023, les TIAC en milieu familial ont concerné 3 074 malades (14% du nombre total de malades), 4 421 malades en restauration commerciale (20%) et 14 708 en restauration collective (66%). Pour 13 TIAC, correspondant à 79 malades (0,5% du nombre total de malades), le lieu du repas n’est pas renseigné.

Quelques faits

Malgré cette hausse observée, les TIAC demeurent historiquement sous-déclarées, avec des disparités selon les secteurs d’activité à l’origine de biais de recrutement.

Les TIAC ne représentent que la partie émergée d’un problème plus large de santé publique lié aux infections d’origine alimentaire. Bien que la majorité des cas surviennent de façon isolée, sans lien épidémique ou microbiologique apparent, le fardeau global de ces infections a été estimé entre 1,28 et 2,23 millions de personnes affectées chaque année sur la période 2008-2013.

Santé publique France nous fournit une explication non étayée par des preuves,

Cette hausse significative s’expliquerait en partie, et plus précisément pour la restauration commerciale, par l’impact de la plateforme de signalement en ligne accessible au grand public « SignalConso » qu facilite la déclaration directe et simple des suspicions de TIAC par les consommateurs à la DdecPP.

Commentaire

Face à ces données, on est sans doute en droit de pointer certaines responsabilités sur la politique de sécurité des aliments en France, mais qui le fera ?

Enfin, que dire de ce pictogramme ci-dessous de Santé publique France qui ne reflète hélas pas du tout la réalité et la gravité de la situation ...

MàJ du 24 mars 2026.
Curiosité. Santé publique France ne cite pas le document sur les TIAC, ni à la Une de son site Internet, ni sur les pages Actualités sur les maladies infectieuses d'origine alimenaire. Pas de réaction, ni du ministère de l'Agriculture, ni de l'Anses, pourtant informé depuis longtemps. On voudrait nous cacher quelque chose que l'on ne s'y prendrait pas autrement ...

lundi 9 mars 2026

Le mythe de la pomme empoisonnée revisitée

« Le mythe de la pomme empoisonnée », est un article du professeur Andreas Hensel, président du BfR, Institut fédéral de l’évaluation des en Allemagne, paru le 19 février 2026 dans le magazine "Land", publié par Familienbetriebe Land und Forst.

Comment les produits phytosanitaires sont-ils testés quant à leurs risques pour la santé ? Et pourquoi sont-ils sans danger lorsqu'ils sont utilisés conformément aux instructions, malgré toutes les critiques ?

Dans le conte de Blanche-Neige, c'est la méchante belle-mère qui empoisonne sa belle-fille avec une pomme. De nos jours, ce sont les résidus de produits phytosanitaires qui représentent un danger pour les consommateurs non avertis au rayon fruits et légumes des supermarchés. Bon, j'exagère un peu ...

Mais à peine. Car récemment, peu de gens dans ce pays semblent avoir une crainte plus grande que celle de ces résidus de pesticides. L'« Observatoire des consommateurs » de l'Institut fédéral allemand d'évaluation des risques ( BfR ) constate régulièrement dans ses enquêtes que deux tiers de la population sont préoccupés par ces résidus de pesticides.

Ces inquiétudes sont-elles justifiées ? Et d'où viennent-elles ?

« Substance toxique dans votre assiette », « Pesticides : quels aliments éviter ? », « Un danger dans votre panier » et « 140 pesticides dangereux découverts dans les aliments » sont des titres courants dans les médias grand public.

Au vu de ces informations alarmantes, il n'est pas étonnant que certaines personnes en aient des frissons dans le dos.

En règle générale, cependant, ce genre d'articles de presse cache un phénomène tout à fait banal. Même utilisés conformément aux instructions, il n'est pas rare de détecter des traces de produits phytosanitaires ou de leurs produits de dégradation dans ou sur les fruits, les légumes et autres aliments. Le facteur déterminant pour établir la dangerosité d'une substance n'est pas sa présence, mais sa concentration. 

La dose fait le poison

Le médecin Paracelse l'avait déjà compris, il y a environ 500 ans lorsqu'il affirmait : la dose fait le poison. Cela signifie qu'une très faible dose d'une substance toxique en soi (comme l'atropine contenue dans la belladone) n'entraîne pas nécessairement d'atteinte à la santé. En revanche, une forte dose d'une substance inoffensive, voire essentielle (comme le sel de table), peut s'avérer dangereuse. Et lorsque les médias « découvrent » la présence de pesticides dans les aliments, il s'agit presque toujours de quantités infimes (et donc inoffensives).

Comment en être si sûr ?, pourraient se demander certains. La raison est que les substances actives des pesticides font l'objet de tests approfondis afin de détecter d'éventuels effets sur la santé. Ce n'est que lorsque ces tests ne révèlent aucun effet néfaste qu'une substance active est autorisée au niveau de l'UE. L'Institut fédéral allemand d'évaluation des risques (BfR) participe également à cette évaluation des risques.

Pour cette évaluation, le demandeur doit notamment fournir des études dans lesquelles la substance a été testée sur des animaux. Sur la base de ces informations, des valeurs guides toxicologiques (ou quelques fois appelées valeurs limites) sont établies pour la substance. Ces valeurs indiquent la quantité maximale de la substance qui ne provoque aucune modification dangereuse détectable chez l'être humain.

Une fois autorisée, une substance peut entrer dans la composition d'un produit phytopharmaceutique (PPP). Les PPP sont des préparations disponibles dans le commerce qui peuvent contenir une ou plusieurs substances et additifs. Contrairement à l'autorisation européenne de la substance, l'autorisation d'un PPP est délivrée au niveau national, dans le pays où il sera commercialisé ou utilisé.

L'Institut fédéral allemand d'évaluation des produits phytopharmaceutiques (BfR) évalue les produits phytopharmaceutiques en termes de santé humaine et animale, de prévention des risques sanitaires liés à la contamination des sols et de méthodes d'analyse des résidus. Tous les groupes de personnes potentiellement concernés sont pris en compte : consommateurs, utilisateurs, travailleurs, riverains et personnes présentes à proximité (comme les promeneurs). La substance, dans le cadre de l'utilisation prévue du PPP, fait l'objet d'un nouvel examen approfondi en vue de son autorisation. Celle-ci n'est pas accordée de manière générale, mais uniquement pour une culture spécifique, comme les pommes, les raisins ou les tomates.

Limite maximale de résidus (LMR) : ce qui est encore autorisé

Il est impératif de garantir que les résidus de substances actives présents dans ou sur les denrées alimentaires ne présentent aucun risque pour la santé, que ce soit par ingestion quotidienne tout au long de la vie ou par la consommation de grandes quantités d’aliments en une seule occasion. À cette fin, le BfR réalise une évaluation complète des risques sanitaires des PPPs dans le cadre de la procédure d’autorisation et, sur cette base, établit des propositions de limites maximales de résidus (LMR). Il s’agit de concentrations maximales autorisées de substances actives de pesticides et de leurs produits de dégradation pouvant subsister dans les aliments. Le respect d’une limite maximale de résidus (LMR) détermine si un produit alimentaire est commercialisable ou doit être retiré du marché.

Comment le BfR détermine-t-il une limite maximale de résidus (LMR) ? Deux facteurs sont pris en compte,: premièrement, les valeurs guides mentionnées précédemment concernant l’apport de la substance active du pesticide contenue dans le produit phytopharmaceutique. Un exemple important est la DJA (Dose Journalière Admissible). La DJA correspond à la quantité d'une substance qu'une personne peut ingérer quotidiennement tout au long de sa vie sans risque sanitaire perceptible. La dose de référence aiguë (Acute reference dose ou ARfD) est également importante. Il s'agit de la quantité d'une substance qu'une personne peut ingérer avec des aliments au cours d'une journée sans risque sanitaire perceptible.

Par ailleurs, il est essentiel de prendre en compte la quantité d'une substance ingérée par un consommateur via son alimentation. Cette quantité est appelée « exposition ». En effet, la fréquence de consommation d'un aliment, comme les tomates ou les pommes de terre, ou sa rareté, comme les choux de Bruxelles ou les petits pois, a une incidence considérable. Des études de consommation fournissent des informations sur la consommation en Allemagne.

Autant que nécessaire, aussi peu que possible

L'exposition du consommateur est déterminée à partir de la quantité d'aliments habituellement consommés et du niveau de résidus présents dans ces aliments. Ce dernier peut être déterminé grâce à des études utilisant des produits phytopharmaceutiques (PPP) dans des conditions réalistes. Lors de la détermination du dosage d'une substance et de sa limite maximale de résidus (LMR) dans le produit, le principe ALARA («,aussi bas que raisonnablement possible »

ouAs Low As Reasonably Achievable ») s'applique. Une substance doit être efficace, bien entendu, mais elle ne doit pas non plus nuire à la santé.

En résumé, le BfR n'autorise l'utilisation d'un produit phytopharmaceutique que si les résidus susceptibles de subsister sur les denrées alimentaires après utilisation prévue sont inoffensifs pour la santé et si des méthodes d'analyse appropriées existent pour contrôler ces résidus. C'est finalement la principale raison pour laquelle, malgré les nombreuses informations inquiétantes, nous pouvons encore croquer à pleines dents dans une pomme.

Danger ou risque : la nuance subtile

Il convient à présent d'aborder la différence entre les termes « danger » et « risque ». Dans le langage courant, ces deux termes sont souvent utilisés comme synonymes.

En toxicologie – la science des substances toxiques –, ces termes ont des significations différentes. Le danger désigne la possibilité (théorique) qu'une substance puisse causer un dommage. Le risque, quant à lui, désigne la probabilité (pratique) que ce dommage se produise réellement.

Exemple : Un tigre est dangereux, cela ne fait aucun doute. C'est une propriété intrinsèque. Mais il ne devient une menace réelle, et donc un risque, que lorsqu'il est en liberté. C'est seulement à ce moment-là que les médias en parlent. Un tigre en cage, en revanche, n'intéresse personne, aussi fort qu'il soit. Il en va de même pour la dose d'une substance, comme mentionné précédemment. La dose détermine si une substance est toxique, s'il existe un risque réel. Une dose élevée est synonyme d'exposition élevée. De nombreuses publications et articles de presse importants négligent ce lien. Ils parlent de pesticides « dans le panier d'achat » sans mentionner la dose, pourtant essentielle. L'accent est toujours mis sur le danger, et non sur le risque.

La controverse autour du glyphosate

Vous vous souvenez peut-être du vif débat suscité par l'herbicide glyphosate. Là encore, l'accent a été mis sur les notions de « danger » et de « risque ». Au cœur de ce débat se trouvait la classification du glyphosate comme « probablement cancérogène pour l'homme » par le Centre international de recherche sur le cancer (CIRC) en mars 2015. Cette classification reposait principalement sur le fait que le CIRC ne classe que les dangers. Une telle évaluation (qui est controversée dans le cas du glyphosate) identifie la propriété d'une substance susceptible de provoquer un cancer. Cependant, la classification du CIRC ne tient pas compte de la probabilité de survenue effective d'un cancer, car celle-ci dépend de la quantité ingérée. Il convient également de noter que l'Agence européenne des produits chimiques (ECHA) a déjà jugé à deux reprises qu'il n'était pas nécessaire de classer le glyphosate comme cancérogène.

En revanche, l'Institut fédéral allemand d'évaluation des risques (BfR) réalise une évaluation des risques dans le cadre de la procédure d'autorisation des pesticides. Outre l'analyse des dangers liés à une substance, cette évaluation prend également en compte l'apport estimé de cette substance. L'institut utilise ces informations pour déterminer le risque de développer un cancer. Après avoir examiné son évaluation des risques sanitaires, le BfR a conclu que, sur la base des connaissances actuelles, il est impossible d'établir un risque cancérogène pour l'homme lorsque le glyphosate est utilisé conformément à sa destination. Toutes les autorités d'évaluation du monde entier ayant eu accès aux données originales sont parvenues à la même conclusion. En un mot : l'écart entre le danger et le risque peut être considérable.

Alors pourquoi tant de personnes s'inquiètent-elles encore ? Plusieurs facteurs sont à prendre en compte. D'une part, il existe une peur instinctive de l'empoisonnement, inhérente à chacun d'entre nous. L'idée d'ingérer une substance toxique par le biais d'une pomme est, bien sûr, alarmante. Le fait que notre alimentation soit aujourd'hui plus sûre que jamais ne contribue guère à apaiser cette crainte. La peur est une émotion puissante qui, en cas de doute, l'emporte sur la raison. Cela est particulièrement vrai lorsqu'elle est associée à une méfiance envers l'« industrie agricole ».

Le mythe de la nature bienveillante

« Industrie agricole » est un mot-clé pertinent. Ce terme est souvent associé à une profonde méfiance envers l'agriculture moderne, fondée sur la technologie, avec ses machines, l'utilisation d'engrais et de pesticides synthétiques et la « stérilité » apparente des champs. Ce monde façonné et contrôlé par l'homme est opposé à une nature intacte, sauvage et primitive. J'appelle cela le mythe de la « nature bienveillante ». C'est un cliché largement utilisé en publicité. Il se complaît dans des images romantiques d'une vie rurale idyllique. Compréhensible, certes, mais bien loin de la réalité.

C'est un cadre conceptuel riche en contrastes. « Nature » et « humanité » s'affrontent. « Bio » se mesure au « chimique », le « naturel » à l'« artificiel », le « pur » à l'« impur », le « sain » au « nocif », le « spirituel » au « mécanique ». Bien sûr, à y regarder de plus près, ce ne sont que des contradictions apparentes. Après tout, l'être humain fait partie de la nature, toute vie est aussi une affaire de chimie, et Mère Nature produit les substances toxiques les plus puissantes ; elle peut donc assurément nous rendre malades.

Essence de la pomme

Le fait qu'une telle vision « dichotomique » des choses soit néanmoins très influente tient à ce que les psychologues appellent « l'essentialisme ». Il s'agit de la tendance humaine à attribuer une « essence » spécifique et immuable à toute chose. Dans le cas d'objets « naturels » comme une pomme issue de l'agriculture biologique, cette essence est pure, authentique et intacte. Si la pomme est traitée chimiquement, en revanche, son aura est impure, suspecte et de qualité inférieure. Peu importe que les deux pommes soient probablement identiques en tous points quant à leur composition. C'est leur essence qui les distingue, et cela comporte même une dimension morale : la nature innocente se heurte à la civilisation « corrompue » par l'homme. Le jeu du « bien » et du « mal » est clairement tranché.

Le monde réel n'est pas aussi manichéen que ces affirmations le laissent entendre. L'une des missions essentielles du BfR est d'informer le public sur les risques sanitaires. Pour ce faire, nous nous efforçons de dresser un tableau nuancé, plus complexe – ou coloré – que manichéen. Et nous n'occultons pas les lacunes de ce tableau, car il se doit d'être mis en lumière, la science étant un processus continu. Le vif intérêt que portent de nombreux citoyens et les médias à notre travail témoigne de l'importance accrue d'une éducation fondée sur les faits. Profitons des bienfaits de la connaissance !


Commentaire
Article plus que bienvenu !
Il me semble que toutes les agences de sécurité sanitaire devrait publier cet article, et même, rêvons un peu, la Commission européenne ...
Une simple recherche sur un moteur de recherche avec les mots, ‘pomme et pesticides’ donne ce résultat de désinformation ignorant des réalités scientifiques.

vendredi 6 mars 2026

2025 : Les notifications au RASFF de l’UE toujours en hausse et les rappels en France de produits alimentaires en net rebond

Brève note factuelle ...

En 2025, il y a eu 5 344 notifications de produits alimentaires et de boissons au RASFF de l’UE versus 5 250 pour l'ensemble de l'année 2024, qui elles-mêmes avaient augmentées de 8% par rapport à 2023, un nouveau palier donc

Selon mes informations, pour les produits d’origine France, il y a eu 265 notifications au RASFF de l’UE cours de l’année 2025 versus 272 en 2024 et la France a été à l’origine de 535 notifications en 2025 versus 614 en 2024.

Par ailleurs, les données récupérées sur RappelConso montrent un net rebond des rappels en 2025, comme le montre le bilan des cinq dernières années:

- 3 243 en 2021
- 2 441 en 2022
- 2 023 en 2023
- 2 087 en 2024
- 2 323 en 2025

Une analyse de l'année 2025 des notifications de produits alimentaires et des boissons selon le Sedgwick’s 2026 State of the Nation Product Safety and Recall Index report vient d'être publiée. Prudence lors de la lecture car les chiffres proposés ne sont pas toujours en adéquation avec les données de l’UE, même si les chiffres proposés indiquent une hausse des notifications.

Enfin, vous lirez avec intérêt l’analyse de Joe Whitworth dans Food Safety News, European analysis finds rise in recalls.

MàJ du 14 mars 2023. Comparaison n'est pas raison dit-on, mais tout de même, chez nos voisins allemands, il y a eu respectivement pour 2022, 2023, 2024 et 2025, 311, 310, 310 et 323 rappels de produits alimentaires.

mercredi 4 mars 2026

De l'importance du nettoyage régulier du réfrigérateur, selon une étude

Tout consommateur connaît bien les études de l’Anses sur les réfrigérateurs dont Comment garantir l'hygiène des aliments dans son réfrigérateur ?

« Garder les aliments à basse température permet de ralentir la croissance des micro-organismes et de limiter la survenue de toxi-infections alimentaires, tout en préservant les qualités nutritionnelles et organoleptiques des aliments ».

Une autre étude de l’Anses avait étudié la température des réfrigérateurs des Européens pour mieux protéger les consommateurs.

« La température moyenne des réfrigérateurs domestiques en Europe est de 6,4°C et 95 % des réfrigérateurs étudiés ont une température inférieure à 10°C ».

Cela étant, si la maîtrise de la température est essentielle, « Une mauvaise hygiène a plus d'influence sur la diversité microbienne que la maîtrise de la température ».

Par « mauvaise hygiène », entendez mauvais nettoyage et désinfection ou une fréquence de nettoyage-désinfection insuffisante ...

Une étude récente menée sur la température des réfrigérateurs domestiques a confirmé ce problème déjà connu : seuls 38% des réfrigérateurs examinés affichaient une température inférieure au seuil recommandé de 5°C. De plus, 24% présentaient des températures supérieures à 7°C.

Mais cette étude a surtout souligné les risques sous-estimés liés aux réfrigérateurs : communautés microbiennes, résistance aux antimicrobiens, hygiène insuffisante

L’étude de l'Université de médecine vétérinaire de Vienne (Vetmeduni) a révélé que les réfrigérateurs hébergent des communautés microbiennes complexes qui peuvent présenter un risque pour la sécurité des aliments plus important qu'on ne le pensait auparavant, et que le nettoyage du réfrigérateur est peut-être plus important que la maîtrise de la température dans la gestion de ces communautés.

À partir de leurs conclusions, les chercheurs ont souligné l'importance de prendre en compte les réfrigérateurs privés dans le cadre de l'approche « Une seule santé » ; le réfrigérateur ne doit pas être considéré comme un espace de stockage passif, mais comme une interface active entre les humains, les aliments et les micro-organismes.

Résumé

Les réfrigérateurs domestiques sont indispensables à la conservation des aliments, mais constituent également des réservoirs pour diverses communautés microbiennes, y compris des pathogènes potentiels. Les recommandations internationales préconisent une conservation à une température inférieure à 5°C, mais fournissent peu d'indications sur l'hygiène (nettoyage et désinfection) des réfrigérateurs domestiques. Cette étude examine comment la température et l'hygiène influencent la charge microbienne, la résistance aux antimicrobiens et la structure des communautés microbiennes dans les réfrigérateurs domestiques, grâce au séquençage par métagénomique shotgun. Des prélèvements effectués sur 45 réfrigérateurs ont révélé une diversité importante, avec Acinetobacter, Pseudomonas et Staphylococcus comme genres dominants. Seuls 38% des réfrigérateurs avaient des températures inférieures à 5°C, tandis que 24% dépassaient 7°C. La fréquence de nettoyage était le principal facteur associé à la charge microbienne et à la diversité, la charge élevée étant liée à un nettoyage peu fréquent. Des espèces pathogènes, notamment Bacillus cereus et Staphylococcus aureus, ont été détectées dans 60% des réfrigérateurs ; Listeria monocytogenes et Yersinia intermedia ont été observées sporadiquement. L'analyse du résistome a permis d'identifier des gènes de résistance aux antimicrobiens, notamment des variants de blaOXA, en particulier dans les réfrigérateurs plus anciens, révélant un potentiel réservoir domestique de résistance. Ces résultats soulignent la nécessité de recommandations plus claires concernant l'hygiène et la maîtrise de la température des réfrigérateurs domestiques, et contribuent à une meilleure compréhension des communautés microbiennes présentes dans ces appareils et de leurs implications pour la santé des consommateurs, participant ainsi à l'amélioration de la sécurité des aliments à la maison.

Références

- Moritz Hartmann, Monika Dzieciol, Cameron R. Strachan, Narciso M. Quijada, Evelyne Selberherr. Cold storage, hot spots: Household refrigerators as under-recognized hubs of microbial diversity. LWT.

vendredi 6 février 2026

France: Les données des toxi-intoxications alimentaires collectives 2023 et 2024 vues par l'IA

Quand les données des Tiac en France sont confirmées par l'IA. Le blog vous avait proposé un article mettant en évidence une nette augmentation des Tiac en France en 2023 et 2024, ici, et cela semble être confirmé par l'IA. Rappelons que nous ne disposons que des données officielles de 2022, et  pourtant, nous sommes en février 2026...

Évolution des TIAC en France (2022-2024) selon l’IA de Google

Indicateurs

2022 (Consolidé)

2023 (Estimations partielles)

2024 (Tendance provisoire)

Nombre de foyers déclarés

1 924

~1 950

> 2000

Nombre de malades

16 763

~17 000

~18 500


mardi 16 décembre 2025

Sécurité des aliments en France en 2025 : Un bien étrange bilan !

 Chers Lecteurs,

Une toute petite apparition pour vous présenter mes meilleurs vœux et une bonne année 2026.

Voici quelques informations sur la sécurité des aliments en France, qui, hélas, traverse des soubresauts inquiétants, mais il n'y a pas que dans ce domaine, ...

1. Les rappels de produits alimentaires continuent sur leur lancée, après une baisse toute relative en 2023 et 2024, voici que 2025 aura été un bon cru. Voici les chiffres sur ces cinq dernières années :

- 3 243 en 2021
- 2 441 en 2022
- 2 023 en 2023
- 2 087 en 2024
- 2 321 en 2025 

2. Les données des toxi-intoxications alimentaires collectives (TIAC) notifiées en 2023 sont plus élevées qu'en 2022, qui elles-mêmes étaient les données les plus élevées jamais enregistrées depuis la mise en place de la surveillance en 1987. Voir le détail dans un précédent article ici. 2 038 TIAC et 19 823 cas  été constatées en 2023 !

Hélas, 2024 n'est pas en reste, 2023 n'était donc pas un incident isolé ! En 2024, il y a eu 2 066 TIAC et 20 340 cas, soit 29,7 personnes pour 100 000 habitants. 2024 est donc à nouveau une année où les données sont les plus élevées jamais enregistrées depuis la mise en place de la surveillance en 1987. Nous avons désormais atteint un palier !

Le plus important dans cette affaire, me semble-t-il, est l'absence de publication et/ou de communication de ces données par Santé publique France qui reste désespérément scotchée sur 2022. Nous sommes désormais en 2026 et nous n'avons toujours pas les données de 2023, retard, négligence, manque moyens, toutes les hypothèses sont sur la table.

Plus grave, cela pourrait aussi s'apparenter à un manquement à l’obligation de divulgation d'informations publiques du consommateur, du citoyen, ...

On lira sur ce sujet l'article de Joe Withworth dans Food Safety News, Le nombre de TIACs en Europe dépasse les 6 500.

3. Les inspections en sécurité des aliments, le compte n'y est toujours pas, mais qui s'en soucie ?

- 2012 : 86 239
- ...
- 2023 : 49 830
- 2024 : 50 530
2024 (année des J.O.), 106 280 inspections officielles, mais ce chiffre est en trompe-l'oeil. En effet, y a eu 55 750 inspections réalisées par des organismes délégataires privés, soit en fait 50 530 inspections réalisés par le seul service public, chiffre comparable à 2023 !

Notons que la mission de conseil pour cet appel au privé en 2024, Sécurité et qualité sanitaires de l’alimentation est de 257 437 euros. Source.

Autre donnée, celle des fermetures totales ou partielles effectives des établissements alimentaires :

- 2021 : 500
- 2022 : 810
- 2023 : 989 
- 2024 : 1 750

On constate donc que l'axiome selon lequel plus il y a des inspections, plus il y a des fermetures d'établissements, que faut-il donc en conclure ?

Conclusion
Publication de l’édition 2024 du Baromètre de Santé publique France dans lequel la sécurité des aliments est absente ; il n'y est question que d'insécurité alimentaire et de régime alimentaire ...

Et pourtant les données des TIAC en 2022, 2023 et 2024 ne sont pas bonnes du tout ...

Et pourtant selon le communiqué,

Les résultats produits éclairent les enjeux de santé publique, enrichissent les connaissances sur l’état de santé et fournissent des informations nécessaires pour guider les politiques de prévention et aider à réduire les inégalités sociales et territoriales de santé.

Totalement hors sol !


NB : Le blog a toujours de nombreux lecteurs en 2025, merci aux plus de 6 500 visiteurs en décembre et aux 123 235 personnes qui ont visualisé du contenu sur ce blog sur cette année.

dimanche 2 novembre 2025

Zoom sur les rappels de produits alimentaires en 2025 : vers une forte augmentation en perspective ...

Sécurité des aliments en France : rappels des produits alimentaire sur 5 ans, selon Rappel Conso.

- 3 243 en 2021
- 2 441 en 2022
- 2 023 en 2023
- 2 087 en 2024
- 2 094 au 18/11/2025 

La prévision de plus de 2 000 rappels est donc acquise pour 2025 comme en 2022, 2023 et 2024.

Rien ne change, donc tout va bien ?

lundi 4 août 2025

Zoom sur les données des toxi-intoxications alimentaires collectives en 2023 : un nouveau record !

Exceptionnellement, je mets en ligne le court texte suivant :

Selon Santé publique France

Le nombre de toxi-intoxications alimentaires collectives (TIAC) notifiées en 2022 est le plus élevé enregistré depuis la mise en place de la surveillance en 1987. Il a dépassé le précédent record de 2019 après une diminution en 2020-2021 dans le contexte de la pandémie de Covid-19. »


Cette information date du 21 février 2024.
Nous sommes début août 2025 et toujours pas de données pour 2023 ?
Surtout ne pas se demander pourquoi ...

Comme l’on dit, le « précédent record » se doit être battu, c’est désormais fait ...

Mais d’où proviennent ces informations ? Elles sont issues du EU One Health Zoonoses Report de l’EFSA, publiées le 10 décembre 2024.

Un constat, les TIAC sont en nette augmentation aussi en 2023 !

En 2023, 2 038 TIAC (1 924 en 2022, soit 6 % d’augmentation) ont été déclarées en France, affectant 19 823 cas versus 16 763 cas en 2022 (16 % d’augmentation).

En 2022, parmi les toxi-infections alimentaires collectives déclarées, il y a eu 643 personnes (4 %) qui se sont présentées à l’hôpital (hospitalisation ou passage aux urgences) et 13 (0,1 %) sont décédées.
En 2023, parmi les toxi-infections alimentaires collectives déclarées, il y a eu 528 personnes (3 %)  qui ont été hospitalisées et 23 (0,1 %) sont décédées.

Tout va donc bien ?

Comme le rapporte les autorités de santé,

Toutefois, les TIAC ne sont que la partie la plus visible d’un problème plus vaste. Le fardeau des infections d’origine alimentaire, dont la majorité des cas surviennent de façon sporadique sans lien apparent entre eux, est important et était estimé à entre 1,28 à 2,23 millions de personnes affectées chaque année sur la période 2008-2013

Et que dire des inspections en sécurité des aliments :


- 2012 : 86 239
- 2023 : 49 830

Bonnes vacances ...

lundi 1 janvier 2024

Articles les plus lus par les lecteurs du blog en décembre 2023

Fréquentation très exceptionnelle en décembre, la meilleure de l'année 2023, et de loin, est-ce à dire que fort de ce succès, le blog va continuer en 2024 ?
Ben non, le blog s'arrête ici définitivement, merci de m'avoir lu pendant toutes ces années ...

Mes meilleurs voeux et bonne et heureuse année 2024

  1. Val d'Oise : Deux fermetures administratives, une boulangerie à L'Isle-Adam et un restaurant à Sarcelles en raison de manquements aux règles d'hygiène
  2. Rappel de pâtes & salades poulet crudités de marque Auchan en raison de la non déclaration d'un allergène
  3. Meuse : Fermeture administrative d'un restaurant à Verdun après deux cas d’intoxication alimentaire
  4. 2023 : Top 10 de la sécurité des aliments en France
  5. Rappels de sept références de semi-conserves pour cause de risque d'intoxication par arrêté préfectoral
  6. Un avis de rappel 'oublié' par RappelConso en France mais pas par le Luxembourg, étonnant, non ?
  7. Indre-et-Loire : Fermeture administrative d'une boulangerie-pâtisserie à Ambillou pour non-respect des règles d'hygiène
  8. Sécurité des aliments en France : Chronique d'un rappel de lardons fumés en retard
  9. A propos des bactéries productrices de toxines
Commentaire
Comme vous pourrez le constatez, les aventures de la légende, le préfet du Val d'Oise, et les trop nombreux rappels sont omni présents dans les articles du blog, c'est une espèce de feuilleton auquel on a du mal à s'habituer ... 
Je pense aussi que malgré le nombre élevé de fermetures administratives, ici et là, on est encore très loin de la réalité. 
Par ailleurs, les suspicions, voire les réelles intoxication alimentaires continuent hélas à bien se porter dans notre pays après un bond en 2022, il faut dire que le repas de Noël chez Airbus va de nouveau y contribuer en 2023 ...
Enfin, la police unique sanitaire avec ou sans des auxiliaires, des supplétifs privés, n'atteindra pas loin s'en faut les chiffres de 2012, c'est dire, hélas, où l'on est tombé, un remake du grand bond en arrière ...

vendredi 29 décembre 2023

Val d'Oise : Fermeture administrative d'un restaurant à Argenteuil en raison du risque d'intoxication alimentaire

Je pensais écrire le dernier article de l’année 2023, et peut-être du blog, qui sait ? avec les premiers rappels d’huîtres, mais voici que la 'légende' a encore frappé, alors comme l’on dit, hommage au préfet du Val d'Oise, qui continue jusqu’à la fin de l’année son travail afin de protéger la santé et la sécurité des aliments des consommateurs, quel exemple rare ...

Si vous aviez l’intention de réveillonner dans le restaurant ci-dessous, à mon avis, changez vite vos plans !

- denrées dont les dates de consommation sont dépassées
- locaux sales
- denrées conservées dans des conditions inadéquates
- bonnes pratiques d’hygiène non respectées
- locaux non équipés de dispositifs permettant le nettoyage hygiénique des mains
- traçabilité non assurée

Du fait de ces manquements l’établissement présente un danger grave pour la santé publique en raison du risque de contamination ou de développement de micro-organismes et d’intoxication alimentaire.

La mesure de fermeture sera levée dès que l’établissement sera aux normes en vigueur.

Commentaire des internautes
- 2023 c’est l’année du préfet du Val d’Oise les gars. Ses meilleurs stats c’est cette année.
- Il a encore frappé! Il est en croisade le Préfet du 95
- Ses ennemis n'auront pas de répit tant qu'il n'aura pas achevé son œuvre. Les restaurants, kébab, pizzerias sont prévenus... Bientôt il frappera les KFC, McDO, et ceux qui se croient à l'abri ! Félicitations pour ce travail.
- Merci au préfet du Val d’Oise.
- Pizza Dust ouai
- Merci beaucoup
- Y’en a encore des restaurants à Argenteuil ? Mdr vraiment je ne comprends pas la crasserisation des gens.
- Un travail remarquable de la part des services de la Préfecture du Val d’Oise sur le contrôle sanitaire des restaurants. Avec ces fermetures administratives, ils nous évitent sans doute le pire.
- Merci bcp, même à l’époque de spid rabit c’était louche.
- Dinde périmée depuis 3 mois il mérite d’être lynché sur le boulevard.

jeudi 28 décembre 2023

Rappel d’huîtres d’Arcachon au Luxembourg ... et désormais en France. Norovirus inside ?

Comme noté précédemment dans un article du blog, «Gironde : Interdiction provisoire de pêche, de récolte et de commercialisation destinées à la consommation humaine des coquillages. Norovirus inside !», voici que vient d’être publié le premier avis de rappel d’huîtres d’Arcachon au Luxembourg.

Il s’agit du rappel d’Huîtres fines n°3 du Bassin d'Arcachon en raison de la présence possible de norovirus, le 28 décembre 2023.
- Unité : 24 pièces
- Code barre 3000046135305
- DLC / DDM : Toutes les DLC
-Lot : Tous les lots

Il est noté :

Les toxi-infections alimentaires causées par les Norovirus se traduisent par des troubles gastro-intestinaux souvent accompagnés des symptômes de gastro-entérite aiguë (apparition brutale de vomissements, nausées et/ou diarrhées parfois associés à des crampes abdominales, fièvre modérée, frisson, courbature et maux de tête).
Ces symptômes apparaissent après 10 à 50 heures après consommation.
Les femmes enceintes doivent être particulièrement attentives à ces symptômes, ainsi que les personnes immunodéprimées, les enfants en bas âge et les personnes âgées.

Pour l’instant, en France, pas de rappel via RappelConso, mais cela peut évoluer, et pas de message non plus de nos autorités sanitaires, ministères de l’Agriculture et de la Santé. Le communiqué du préfet de Gironde du 27 novembre 2023, «Interdiction temporaire de la pêche, de la récolte et de la commercialisation en vue de la consommation de l’ensemble des coquillages du Bassin d’Arcachon et du banc d’Arguin», doit sans doute suffire ...

Par ailleurs, il devrait y avoir, mais ce n’est pas certain, une notification au RASFF de l’UE ...

Complément
1. Récit à propos des «Huîtres du bassin d'Arcachon : des intoxications collectives à Bordeaux, «toute la famille a la gastro», source France bleu du 28 décembre 2023.
«Ça va passer, dit une jeune maman. On en mangera plus d'huîtres. En l'occurrence, je ne suis pas certaine que tout a été mis en place pour assurer la sécurité sanitaire des consommateurs. Donc moi, je suis un petit peu en colère aussi.»

2. Auchan semble être le premier distributeur à diffuser le 28 décembre 2023 un avis de rappel d’huîtres en provenance du bassin d’Arcachon, suite à sa fermeture pour contamination par des norovirus de l’ensemble du Bassin d’Arcachon.
La totalité des huîtres en provenance du bassin d’Arcachon vendues du 27/12/2023 au 28/12/2023 en rayon poissonnerie sont concernées.
Les huîtres concernées sont listées dans l'avis de rappel.
Les produits concernés ont été retirés de la vente mais ont pu être commercialisés avant. Si vous avez acheté un des produits décrits ci-dessus, nous vous demandons de ne pas les consommer et de les rapporter dans votre magasin habituel où ils vous seront remboursés. 

Pas encore de nouvelle de RappelConso ...