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dimanche 13 septembre 2026

États-Unis : L'épidémie de cyclosporose liée à la laitue de Taylor Farms s'achève avec près de 13 000 cas et deux décès recensés

L'épidémie de cyclosporose liée à la laitue de Taylor Farms s'achève avec près de 13 000 cas et deux décès recensés, source article de Bailee Henderson paru dans Food Safety Magazine.

Le 11 septembre 2026, le CDC des États-Unis a indiqué que l'épidémie nationale de cyclosporose liée à la laitue iceberg de chez Taylor Farms a décliné de façon significative. La laitue contaminée n'est plus disponible dans les commerces ni les restaurants. Au total, 12 883 cas ont été recensés dans 21 États, entraînant 570 hospitalisations et deux décès.

Selon le CDC, une baisse significative des infections récentes liées à l'épidémie a été observée. Au plus fort de l'épidémie, avant le rappel des produits, plus de 1 000 cas d’infection survenaient en une seule journée. En août, la moyenne était inférieure à deux cas par jour. L'agence a conclu : « À l'heure actuelle, il n'y a plus de risque de contracter la cyclosporose à partir de cette source. » 

Des cas liés à l'épidémie ont été signalés dans les États suivants : Arkansas, Géorgie, Iowa, Illinois, Indiana, Kansas, Kentucky, Massachusetts, Maine, Michigan, Missouri, Nebraska, New Hampshire, Caroline du Nord, Ohio, Oklahoma, Pennsylvanie, Tennessee, Texas, Virginie et Virginie-Occidentale.

La FDA poursuit son enquête sur les causes profondes et les activités de réponse à l'épidémie

L'enquête de la FDA sur l'épidémie se poursuit toutefois, en se concentrant sur Taylor Farms of Mexico/Taylor Fresh Foods, le producteur et fournisseur de la laitue incriminée. L'agence entame également des activités de suivi post-épidémie. Les actions récentes et en cours de la FDA concernant cette épidémie comprennent :
  • L'achèvement des inspections sur site et du prélèvement d'échantillons chez les producteurs de laitue iceberg et à l'usine de transformation au Mexique ; l'analyse des échantillons est en attente.
  • Des activités d'enquête sur les causes profondes chez Taylor Farms of Mexico ; les conclusions seront intégrées au plan d'action de la FDA en matière de prévention, de réponse et de recherche sur Cyclospora, ainsi qu'aux efforts de prévention menés dans le cadre du partenariat Mexique-États-Unis sur la sécurité des aliments.
  • L'envoi d'une lettre au secteur appelant à la collaboration pour lutter contre la contamination par Cyclospora tout au long de la chaîne d'approvisionnement.
  • Des réunions avec de hauts responsables mexicains de la santé publique et de l'agriculture pour encourager un engagement continu envers un cadre axé sur la prévention afin de traiter les épidémies liées aux produits agricoles cultivés au Mexique.

En juillet, la FDA a déterminé que la laitue cultivée par Taylor Farms au Mexique était le vecteur de la maladie à l'origine de l'épidémie, en se fondant sur des preuves épidémiologiques solides, à savoir que des milliers de patients touchés avaient déclaré avoir consommé des aliments de la chaîne Taco Bell contenant de la laitue iceberg, et sur des activités de traçabilité convergeant vers un fournisseur unique. Plus tôt cette semaine, les autorités de santé publique du Michigan ont publié un rapport provisoire sur les premières étapes de l'enquête menée par l'État, ce qui a contribué à orienter les efforts de traçabilité et la réponse de santé publique de la FDA. Selon ce rapport, sur les 3 114 patients interrogés par les enquêteurs du Michigan, 2 168 (soit 69,6 %) ont déclaré avoir consommé des aliments achetés auprès d'une seule chaîne de restauration (vraisemblablement Taco Bell), la laitue étant l'ingrédient le plus fréquemment consommé par les personnes interrogées. Des éléments indiquaient également une exposition à la laitue chez des personnes n'ayant pas fréquenté cette chaîne de restauration.

Par la suite, Taco Bell a cessé de s'approvisionner en laitue auprès de Taylor Farms, et Taylor Farms/Taylor Fresh Foods a annoncé un rappel de produits touchant diverses marques de la restauration et de la distribution. À ce stade, la FDA s'est déclarée « convaincue que toute la laitue iceberg rappelée en lien avec cette épidémie spécifique à Cyclospora a été retirée du marché ».

D'autres enquêtes sur des épidémies à Cyclospora sont toujours en cours

Les cas de maladie associés à l'épidémie liée à la laitue de Taylor Farms ne représentent qu'une partie du nombre inhabituellement élevé de cas de cyclosporose signalés aux États-Unis en 2026. Entre le 1er mai et le 31 août, le CDC ont reçu des signalements concernant 19 595 cas confirmés en laboratoire et contractés sur le territoire national, entraînant 1 043 hospitalisations et deux décès (les deux mêmes décès que ceux liés à l'épidémie de Taylor Farms). Ce total inclut les cas associés à l'épidémie liée à la laitue de Taylor Farms, ceux liés à d'autres épidémies, ainsi que les cas isolés (non liés à une épidémie). À titre de comparaison, 1 180 cas avaient été signalés aux États-Unis au cours de la même période en 2025.

La FDA poursuit ses enquêtes sur d'autres foyers épidémiques à Cyclospora à travers les États-Unis. Actuellement, outre l'épidémie liée à la laitue de Taylor Farms, l'agence enquête sur quatre épidémies de cyclosporose comptant respectivement 231, 38, 22 et 18 cas. Aucun vecteur de transmission n'a encore été identifié pour aucune de ces quatre épidémies.

L’épidémie de cyclosporose a suscité des inquiétudes quant à l'infrastructure de santé publique aux États-Unis

L'épidémie de cyclosporose liée aux laitues de Taylor Farms a été largement médiatisée en raison de son ampleur inédite et du nombre de cas recensés. Face à cette situation, experts en sécurité des aliments, législateurs et grand public se sont demandé si le sous-investissement dans l'infrastructure et la recherche en santé publique aux États-Unis, ainsi que les coupes budgétaires imposées aux agences fédérales sous la seconde administration Trump, avaient ralenti la détection de l'épidémie et la réponse apportée. Ainsi, en août, il a été révélé que le Congrès avait supprimé deux des trois projets fédéraux de recherche sur Cyclospora dans le cadre de l'exercice budgétaire 2026, et le troisième sera perturbé par la réorganisation de l’USDA prévue par l'administration Trump.

Lors de l'épidémie, des membres de la commission de surveillance de la Chambre des représentants ont demandé des explications à Taylor Farms concernant sa gestion de la crise, ainsi que sur les dons versés à un Super PAC soutenant Trump une semaine avant que l'administration ne reporte l'application de la règle de la FDA sur la traçabilité des aliments. Si elle avait été mise en œuvre en janvier 2026 comme prévu initialement, cette règle aurait facilité la traçabilité de la laitue à l'origine de l'épidémie de cyclosporose, permettant ainsi des rappels de produits et des interventions plus rapides.

Par ailleurs, en août, la Safe Food Coalition, qui regroupe des acteurs de la sécurité des aliments et de la protection des consommateurs, a exhorté le Congrès à abroger une disposition budgétaire interdisant à la FDA d'utiliser des fonds fédéraux pour administrer ou faire appliquer son règlement sur la traçabilité des aliments avant le 20 juillet 2028.

La Safe Food Coalition s'est également jointe à des experts, des législateurs et au grand public pour réclamer le rétablissement de financements et d'effectifs suffisants pour le CDC et les États, afin d'assurer la surveillance des maladies d'origine alimentaire et la gestion des épidémies.

jeudi 10 septembre 2026

Brève de vacances : En 2026, les rappels de produits alimentaires en France ont atteint leur vitesse de croisière

J’avais écrit cet article en mars 2026, ici, pour signaler le net rebond des rappels de produits alimentaires en France en 2025, avec 15 % d’augmentation.

Qu’en sera-t-il en 2026, vaste question ?

Il semble néanmoins acquis que le chiffre dépassera les 2000 rappels, une constante depuis 2022, car depuis le début de l’année, les rappels mensuels oscillent entre 150 et plus de 200.

- 3 243 en 2021 (de mars à décembre 2021)

- 2 441 en 2022
- 2 022 en 2023
- 2 086 en 2024
- 2 323 en 2025
- 1 572 (au 9 septembre)
Les données mentionnées ne concernent que les produits alimentaires avec un code-barre. 
Que peut-on en dire ?

- Y a-t-il beaucoup de rappels ?

Oui, incontestablement.

- Y en a-t-il davantage qu'avant ?

Ce que l’on peut dire, c'est que le nombre de rappels enregistrés est élevé depuis la création en 2021 de RappelConso, auparavant, c’était assez hétéroclite ...

- Notre alimentation est-elle devenue moins sûre ?

Bien sûr que non ! Le nombre de rappels ne suffit pas à le démontrer, mais c'est un élément dans le contexte de la sécurité des aliments en France.

lundi 7 septembre 2026

Braderie de Lille : Denrées alimentaires détruites en phase avec les deux dernières années

 Pour une bonne nouvelle, ce titre est même une excellente nouvelle !

« 330 kg d'aliments détruits, 28 000 articles saisis, 19 interpellations... Bilan de la Braderie de Lille côté sécurité », selon actu.fr.

On fait dans le classique des saisies de nourriture cette année, très très loin des années précédentes, ainsi :

- 2013, Près de 2 tonnes de denrées alimentaires détruites avant et pendant la Braderie,
- 2014, 1 763 kg de denrées alimentaires détruites,
- 2015, 1 547 kg de denrées alimentaires détruits et 437 sandwichs.

Sur les stands, les services sanitaires ont vérifié les dates de péremption, les températures de conservation, mais aussi l’hygiène et la traçabilité des produits. Ces contrôles ont conduit au retrait et à la destruction de 330 kilos de denrées alimentaires avariées ou non conformes à la réglementation versus peu de denrées détruites en 2024, 230 kg en 2025, 451kg de denrées retirées en 2023 et 885 en 2022.

Le chiffre avancé par les média d’un dispositif déployé en nombre des forces de l'ordre et de secours pour l'édition 2026 de la Braderie de Lille (Nord), n’est pas fondé du tout, car il y a eu « près de 3000 agents de l’État », soit le même chiffre depuis des années ...

samedi 5 septembre 2026

Eau de coco fraîche : comment éviter les risques ?

« Eau de coco fraîche : comment éviter les risques ? », source portail de la sécurité alimentaire du Luxembourg.

La consommation d’eau de coco provenant d’une noix fraîche et intacte est généralement sans risque. Toutefois, comme tout produit alimentaire d’origine végétale, une noix de coco peut se détériorer si elle est conservée trop longtemps ou dans de mauvaises conditions.

Dans de rares cas, des moisissures peuvent se développer à l’intérieur de la noix et produire des substances toxiques appelées mycotoxines. Celles-ci peuvent contaminer l’eau de coco ainsi que la chair et présenter un risque pour la santé.

Plusieurs cas d’intoxication liés à la consommation d’eau de coco provenant de noix altérées ont été signalés en Europe. Un cas mortel a notamment été rapporté au Danemark après la consommation d’eau de coco issue d’une noix conservée pendant environ un mois à température ambiante. Des analyses ont révélé la présence d’une moisissure productrice de toxines.

Avant toute consommation, il est recommandé de vérifier l’état de la noix de coco et de ne pas la consommer en cas d’odeur, d’aspect ou de goût inhabituels.

Plus d’informations et conseils aux consommateurs dans la fiche informative « Conseils aux consommateurs : Consommation d’eau de coco directement à partir de la noix ».

mardi 1 septembre 2026

Brève de vacances : Que Choisir et les pesticides : la désinformation augmente !

« Que Choisir et les pesticides : la désinformation augmente ! », source article documenté à lire d’André Heitz paru le 31 août sur son blog Agriculture, alimentation, santé publique... soyons rationnels.

Marronnier ? Contribution subreptice à de prochaines campagnes antipesticides d'envergure et coordonnées ? Besoin de remplir les 66 pages d'un numéro de la revue ? Quatre pages du numéro de septembre 2026 ne font pas honneur au mouvement consumériste, et encore moins à Que Choisir.

Actualité oblige, la couverture du numéro de septembre 2026 de la revue Que Choisir se devait de titrer en très grand : « Hold-up sur vos données ». En plus petit et en bas de page : « Pesticides : la contamination augmente ! ».

En page intérieure, c'est : « Pesticides – La contamination en hausse », mais en chapô, cela devient : « […] la contamination perdure... voire s'aggrave ».

Que faut-il penser du procédé mis en œuvre ici – exagération dans les titres, relative modération dans le texte ?

L’article se décline sous plusieurs paragraphes ...

- Une sémantique anxiogène
- Des choix « stratégiques » pour un effet d'aubaine
- Achetez français ?…
- ...mais non ! Il faut acheter « bio » !

L’article conseille de lire ou de relire avec intérêt « Les dérives de l’UFC-Que Choisir » de Gil Rivière-Wekstein. C'était déjà sur la base d'un article de Que Choisir sur les résidus de pesticides dans les aliments.

Commentaire

Ce mouvement consumériste semble être devenu une ONG à part entière !

Voir les précédentes brèves de vacances :

lundi 31 août 2026

Les compléments alimentaires contenant du lithium sont interdits

En avril 2026, l’Anses avait parlé du lithium afin de « mieux connaître les expositions pour maîtriser les risques sanitaires et environnementaux », mais il n’était pas question de compléments alimentaires …

Voici une autre information du 31 août 2026 issue de l'Office fédéral de la protection des consommateurs et de la sécurité des aliments (BVL) d’Allemagne, « Le lithium ne doit être pris que sous surveillance médicale. Les compléments alimentaires contenant du lithium sont interdits »

« Santé neurologique », « clarté mentale », « paix intérieure » ou « forte concentration » : autant d’allégations utilisées pour promouvoir des produits contenant du lithium, vendus en ligne comme compléments alimentaires. Or, même une légère augmentation du taux de lithium dans l’organisme peut avoir de graves conséquences sur la santé. C’est pourquoi les aliments, y compris les compléments alimentaires, contenant des composés de lithium ajoutés sont interdits dans l’Union européenne.

L’Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA) rappellent que le lithium n’est pas autorisé dans les compléments alimentaires au sein de l’Union européenne. Cette interdiction s’applique quel que soit le composé chimique contenant du lithium, notamment le carbonate de lithium et l’orotate de lithium. L’enrichissement d’autres aliments en lithium ou en ses composés chimiques est également interdit. « Le lithium est naturellement présent dans les aliments en très faibles quantités. Son rôle dans l’organisme n’est pas encore totalement élucidé. Même une légère augmentation du taux de lithium peut avoir des conséquences graves et significatives sur la santé ».

Les signes possibles d'une intoxication au lithium incluent une soif intense, des mictions fréquentes, la diarrhée, des vomissements, une déshydratation, des tremblements, des troubles neurologiques tels qu'une faiblesse musculaire, des vertiges, de la fatigue, de la confusion et des troubles de la coordination, de la parole et de la vision. Une intoxication grave peut entraîner des convulsions, un coma, voire la mort.

En raison de ses effets pharmacologiques et des risques qu'il représente pour la santé, les produits contenant des composés de lithium ajoutés et étiquetés comme aliments sont probablement soit des médicaments non autorisés, soit des produits alimentaires impropres à la consommation. Dans les deux cas, leur commercialisation est donc interdite.

Commentaire

Un simple recherche sur internet montre à l’évidence que les compléments alimentaires contenant du lithium sont commercialisés.

Pologne : Les foyers de toxi-infections alimentaires à la hausse sur la période 2021-2023

Un article, publié en 2025, Foodborne Infections and Intoxications in Poland in 2021-2023, rapporte l’évaluation de la situation épidémiologique des infections et intoxications d'origine alimentaire en Pologne sur la période 2021-2023. Au niveau des périodes, on en est au même niveau en France, où les données les plus récentes sont celles de 2023, mais publiées en mars 2026 …

Par ailleurs, le blog vous a narré récemment les aventures des œufs de Pologne ici et là en Europe, notamment au Royame-Uni, mais aussi en France.

L’objectif de cette étude était d’évaluer la situation épidémiologique des infections et des intoxications d’origine alimentaire en Pologne entre 2021-2023 (période post Covid-19), et sa comparaison avec les années 2015-2019.

Les données de surveillance systématique ont été recueillies par le PSSE (Powiatowa Stacja Sanitarno-Epidemiologicalna ou Station sanitaire et épidémiologique du district) via le registre des foyers épidémiques ont été analysées.

Résumé

Entre 2021 et 2023, une augmentation du nombre de cas d'infections et d'intoxications bactériennes a été enregistrée (plus de 90 000 cas, incidence de 80,2 pour 100 000 habitants), liée à la hausse des infections à Clostridioides difficile (56,4 pour 100 000 en 2023 contre une moyenne de 29,5 pour 100 000 sur la période 2015-2019). Une augmentation de l'incidence de la listériose a également été observée. Parmi les infections virales, les infections à rotavirus étaient les plus fréquentes, avec une hausse en 2022 suivie d'une baisse en 2023, et une incidence comprise entre 15,7 et 20,1 pour 100 000 habitants. Entre 2021 et 2023, 2 722 foyers d'origine alimentaire ont été signalés, impliquant 20 102 cas (contre 2 767 foyers et 22 681 cas entre 2017 et 2019). La majorité des foyers étaient d'étiologie bactérienne (53 %) ; parmi ceux-ci, les foyers de salmonellose prédominaient, avec 80 % de cas dus à S. Enteritidis. La proportion de foyers à Clostridioides difficile s'élevait à 21,5 % (représentant 16,5 % de l'ensemble des cas liés à des foyers) ; dans les établissements de santé, les foyers de cette étiologie représentaient 78 % du total des foyers. Au total, 27,9 % des cas d'épidémie ont nécessité une hospitalisation, principalement lors d'épidémies d'infections à Clostridium difficile et d'hépatite A. Les épidémies sont survenues surtout au sein des foyers, mais la plupart des cas ont été recensés dans les établissements de restauration et les établissements de santé. En résumé, entre 2021 et 2023, le nombre d'infections et d'intoxications d'origine alimentaire était comparable à celui de la période prépandémique, mais leur structure étiologique a évolué (augmentation des infections à Clostridium difficile et des épidémies d'origine virale). Ces résultats confirment la nécessité de renforcer la surveillance et les capacités de diagnostic en laboratoire.

Dans le cadre de la surveillance des épidémies d'origine alimentaire entre 2021 et 2023, une augmentation constante de leur nombre a été observée après la baisse liée à la pandémie du COVID-19. Au total, 2 722 foyers de cas ont été signalées, impliquant 77 452 personnes exposées, dont 20 102 personnes malades. À titre de comparaison, durant la période précédant la pandémie (2017-2019), 2 767 foyers de cas avaient été enregistrées, touchant 22 681 personnes. Le nombre de foyers de cas a augmenté entre 2021 et 2023, passant de 618 en 2021 à 884 en 2022, puis à 1 220 en 2023, soit une augmentation de près du double sur cette période. Cette tendance s'est également reflétée dans le nombre de cas : 6 114 en 2021 et 7 699 en 2023, un chiffre comparable à la moyenne observée entre 2017 et 2019 (7 416 cas).

Sur le plan étiologique, les foyers de cas d'origine bactérienne ont été les plus fréquents entre 2021 et 2023, représentant 53,3 % des foyers et 46,4 % des cas associés (n = 9 326). Par rapport à la période de trois ans précédant la pandémie, la proportion de foyers et de cas relevant de ce groupe étiologique était plus faible (44,3 % des épidémies et 40,9 % des cas). Tant avant qu'après la pandémie, Salmonella a été l'agent étiologique le plus fréquent des foyers de cas d'origine alimentaire en Pologne.

En 2021, 2022 et 2023, cette bactérie a été à l'origine de, respectivement, 37,1 %, 29,8 % et 31,6 % des foyers de cas L'agent le plus fréquemment en cause était S. Enteritidis (80 % de toutes les éclosions de salmonellose) ; en 2023, 304 éclosions et 2 107 cas associés à cette étiologie ont été signalés, contre 173 éclosions et 1 451 cas en 2021 (soit une augmentation de 76 %).

En 2023, la proportion d'éclosions de salmonellose par rapport au nombre total d'éclosions d'origine alimentaire était comparable à celle observée durant les années précédant la pandémie (environ 30 %). À titre de comparaison, cette proportion était plus élevée en 2020-2021 (plus de 40 %). Entre 2021 et 2023, on a observé une augmentation de la proportion d'éclosions à Clostridioides difficile, qui ont représenté 21 % de l'ensemble des éclosions d'origine alimentaire (n = 585) et 16,5 % (n = 3 326) de tous les cas associés à ces éclosions.

En comparaison, sur la période 2017-2019, ces éclosions représentaient 9,2 % des éclosions et 5,1 % des cas. En 2022, 209 éclosions à Clostridioides difficile et 1 072 cas ont été recensés, faisant de cette étiologie la plus fréquente à cette époque. Sur la période 2017-2023, des éclosions à Clostridioides difficile ont été signalées par 111 des 318 stations PSSE (contre 44 stations sur la période 2017-2019 et 94 sur la période 2021-2023). Les infections virales ont été à l'origine de 18,2 % (n = 490) des éclosions et de 28,3 % (n = 5 510) des cas associés sur la période 2021-2023, une proportion inférieure à celle observée avant la pandémie (sur la période 2017-2019 : 38,4 % des éclosions et 33,2 % des cas).

Parmi les foyers d'origine virale survenus entre 2021 et 2023, norovirus est prédominant, représentant 7,7 % de l'ensemble des foyers et 20,3 % des cas. À titre de comparaison, en 2017-2019, norovirus était à l'origine de 7,4 % des foyers et de 17,7 % des cas associés à ces foyers. Le nombre de foyers dus à rotavirus a considérablement fluctué au cours de la période étudiée. En 2021, 17 foyers impliquant 81 cas ont été recensés, tandis qu'en 2022, on a observé une multiplication par huit du nombre de foyers et par six du nombre de cas, se rapprochant ainsi des niveaux prépandémiques. En 2023, le nombre de foyers et de cas a diminué par rapport à l'année précédente (31 foyers, 114 cas). Malgré leur nombre limité, ces foyers se caractérisaient par un nombre relativement élevé de cas par foyer. La part des foyers liés aux rotavirus dans le total des foyers est restée faible, passant de 13,8 % en 2017-2019 à 6,9 % en 2021-2023. Sur la période 2021-2023, une proportion élevée de foyers était d'étiologie inconnue (24,2 % des foyers et 25,8 % des cas), une proportion qui a progressivement augmenté pour atteindre 34,3 % (n = 419) en 2023. À titre de comparaison, ce chiffre était de 20 % en 2019.

En 2023, une augmentation des foyers d'étiologie inconnue a été signalée par le PSSE de Gdańsk (125 foyers), contre seulement 4 en 2019. Il s'agissait pour la plupart de foyers de petite taille survenus dans un cadre familial. Entre 2021 et 2023, un total de 5 609 cas liés à des foyers ont nécessité une hospitalisation (soit 27,9 % de l'ensemble des cas associés à des foyers sur cette période). La proportion de personnes hospitalisées au cours de la période susmentionnée se situait entre 26 % et 31 %, un taux comparable à celui observé avant la pandémie de COVID-19 (31 %). Sur le plan étiologique, les taux d'hospitalisation les plus élevés ont été enregistrés lors d'éclosions causées par Clostridioides difficile (78,4 %), le virus de l'hépatite A (69,4 %) et rotavirus (63,8 %). Pour les éclosions à Salmonella, cette proportion était de 25,6 %, contre 8,7 % pour celles d'origine norovirale. Entre 2021 et 2023, comme les années précédentes, les éclosions d'origine alimentaire sont le plus souvent survenues dans un cadre familial : 1 392 foyers ayant entraîné 4 863 cas, soit plus de la moitié de l'ensemble des foyers. La part de cette catégorie était légèrement inférieure à celle observée avant la pandémie, époque où les foyers familliaux représentaient 60,5 % du total ; toutefois, une nouvelle augmentation a été constatée en 2023, ramenant ce taux à un niveau proche de celui d'avant la pandémie (59,8 %). Les infections d'origine bactérienne prédominaient parmi les foyers familliaux, en particulier ceux causés par Salmonella spp., responsables de 50 % des éclosions (n = 697). Une faible

Une faible autre part des infections était causée par des virus : rotavirus (8,5 %, n = 118) et norovirus (3,9 %, n = 54). Il convient de souligner la proportion relativement élevée d'éclosions d'étiologie indéterminée, qui représentaient 28,7 % de l'ensemble des éclosions survenues au sein des foyers familliaux (n = 399). Le deuxième cadre le plus fréquent pour ces foyers était celui des hôpitaux et autres établissements de santé, où 26,6 % des foyers (n = 724) et 5 562 cas ont été recensés. La part de ce groupe a légèrement augmenté par rapport à la période 2017-2019 (20,3 % des éclosions).

Contrairement aux éclosions survenues au sein des foyers familliaux, cette catégorie était dominée par des infections à Clostridioides difficile, responsables de près de 78 % de toutes les éclosions en établissements de santé (n = 564). Les éclosions dans les établissements de restauration collective, les restaurants et les hôtels étaient moins fréquentes (11,6 % de l'ensemble des éclosions et 5 673 cas) ; leur proportion (24,2 %) était comparable à celle observée avant la pandémie.

L'étiologie de ces infections était variée : Salmonella Enteritidis prédominait, tandis que norovirus était également observés de manière sporadique. Dans les crèches et les écoles maternelles, où les éclosions représentaient environ 5 % du total, les infections d'origine virale prédominaient, principalement celles dues à norovirus et rotavirus. En termes de nombre de cas, le chiffre le plus élevé a été enregistré lors d'éclosions survenues dans des établissements de restauration (28,2 % de l'ensemble des cas), suivis par les hôpitaux et autres établissements de santé (27,2 %).

Les vecteurs les plus fréquemment identifiés étaient les œufs et les ovoproduits (94 foyers, soit 2,8 % des foyers sur la période analysée), suivis des gâteaux à la crème sans œufs (n = 31, soit 3 % des foyers) et de la viande et des produits à base de viande (n = 27 ; 0,6 %). En 2023, on a observé une augmentation du nombre de foyers liés aux gâteaux à la crème (20 contre 6 en 2022), tandis que le nombre de foyers impliquant des œufs et des ovoproduits (42 foyers) est resté relativement stable. L'agent étiologique prédominant dans l'ensemble des foyers à vecteur connu était Salmonella Enteritidis (70,4 % de ces foyers). Cette étiologie était particulièrement fréquente dans les foyers impliquant des œufs et des ovoproduits (81,9 %), des gâteaux à la crème (100 %) ainsi que de la viande et des produits à base de viande (85,2 %). Bien qu'ils ne représentent qu'une faible proportion de l'ensemble des foyers, ceux à vecteur connu se caractérisaient par un nombre élevé de cas : 718 cas en 2023, soit 9,4 % du total des cas cette année-là.

En Pologne, des différences ont été observées dans les proportions d'étiologies virales spécifiques à l'origine des foyers. Le taux global d'étiologies virales à l'origine des foyers a diminué, passant de 32,8 % (période pré-pandémique) à 18,2 % (2021-2023). Cette baisse était particulièrement marquée pour les foyers à rotavirus, une tendance à interpréter dans le contexte de la mise en place de la vaccination obligatoire contre le rotavirus en 2021.

Conclusion

L'analyse des données de la période 2021-2023 révèle des modifications de la structure étiologique des foyers de maladies d'origine alimentaire par rapport à la période pré-pandémique, alors que le nombre total de foyers est revenu à un niveau comparable à celui des années précédant la pandémie. Ces changements incluent une proportion croissante de foyers à Clostridioides difficile (CDI), une proportion légèrement plus élevée de foyers d'étiologie inconnue et une diminution de la proportion de foyers d'origine virale, en partie liée à l'introduction de la vaccination contre le rotavirus. Ces résultats soulignent la nécessité de renforcer davantage la surveillance épidémiologique systématique des maladies d'origine alimentaire et d'étendre les capacités de diagnostic en laboratoire dans ce domaine, tout en maintenant des normes élevées d'hygiène hospitalière.

A ce contexte, il faut aussi ajouter des épidémies d'origine zoonotique et agricole en 2026.

- Peste porcine africaine (PPA) : Le nombre de foyers dans les élevages commerciaux a triplé en 2026. Des foyers majeurs ont touché de grandes exploitations, notamment une ferme de très grande taille dans la voïvodie de Poméranie-Occidentale abritant plus de 21 000 porcs, parallèlement à la persistance de cas chez les sangliers.
- Maladie de Newcastle : La Commission européenne a mis à jour en avril 2026 les zones de restriction et de surveillance dans des régions telles que Lubuskie, Śląskie et Wielkopolskie, à la suite de foyers d'infection chez les volailles survenus plus tôt cette année.

vendredi 28 août 2026

Transfert d'allergènes de produits de la mer vers d'autres aliments via une pâte à frire réutilisée et avec une persistance après friture.

Un article à paraître dans Journal of Food Protection attire l’attention sur le transfert d'allergènes de crevettes et de cabillaud vers des aliments autres que des produits de la mer via une pâte à frire réutilisée et avec une persistance après friture.

Faits saillants

  • Les allergènes de crevettes et de cabillaud s'accumulent progressivement dans de la pâte liquide réutilisée.
  • Les allergènes de produits de la mer sont transférés au poulet, aux champignons et aux courgettes via une pâte commune.
  • La friture à 180°C réduit les taux de protéines de produits de la mer détectables dans les aliments enrobés de pâte.
  • La pâte réutilisée transfère des protéines de cabillaud à des niveaux dépassant la dose de référence de 5 mg pour une consommation moyenne.
  • En cas d'usage partagé, la pâte liquide présente un risque de contamination croisée plus élevé que la panure sèche.

Résumé

Le système de pâte liquide réutilisée dans les établissements de restauration et de vente au détail constituent une source potentielle, bien que peu étudiée, de contamination croisée par des allergènes de produits de la mer. Cette étude a quantifié l'accumulation de protéines de crevettes et de cabillaud dans une pâte liquide au fil de 20 lots de préparation successifs, chacun correspondant à une portion individuelle (20-25 g), et a évalué leur transfert vers du poulet, des champignons et des courgettes préparés ultérieurement, avant et après friture à 180°C. Les concentrations en allergènes ont été mesurées à l'aide de quatre kits ELISA commerciaux (deux kits par espèce). Les concentrations en protéines de crevettes ont été multipliées par environ 7 entre les lots 5 et 20, tandis que celles en protéines de cabillaud ont été multipliées par environ 3 sur la même période. Dans l'ensemble, les résidus de cabillaud se sont accumulés dans la pâte à des niveaux nettement plus élevés que ceux de crevettes pour tous les lots. Des protéines de crevettes et de cabillaud ont été détectées dans les trois types d'aliments autres que les produits de la mer après leur préparation dans la pâte réutilisée. La friture a réduit les taux d'allergènes détectables de 1 à 67 % pour les crevettes et de 74 à 88 % pour le cabillaud. Les estimations de l'exposition des consommateurs aux crevettes n'ont pas dépassé la dose de référence de 200 mg pour aucun type d'aliment, avant ou après friture ; en revanche, l'exposition au cabillaud a dépassé la dose de référence de 5 mg de protéines de poisson, même au 25e centile de consommation*, pour tous les types d'aliments. Ces résultats démontrent que les allergènes de produits de la mer s'accumulent et se transfèrent facilement dans la pâte liquide réutilisée, ce qui présente un risque allergique potentiel pour les produits contaminés par transfert de contamination, même après friture.

* Le 25e centile d'une consommation est la valeur en dessous de laquelle se situent 25 % des consommateurs de l'ensemble des données.

mercredi 26 août 2026

États-Unis : L'épidémie de salmonellose liée aux piments jalapeños touche désormais 431 personnes dans 32 États

Bien entendu, aux États-Unis, l’épidémie liée aux laitues contaminées par Cyclospora est hors concours, avec désormaisplus de 17 000 cas, et donc il y a une « bataille » à distance entre deux autres épidémies, l’une concernant des germes de luzerne contaminées par E. coli et Salmonella et l’autre dont il va être question ci-dessous, concerne des piments jalapeños.

L'épidémie de salmonellose liée aux piments jalapeños touche désormais 431 personnes dans 32 États, source FSM.

Le nombre de cas signalés dans le cadre de l'épidémie dans plusieurs États d'infections à Salmonella Javiana liée aux piments jalapeños s'élève désormais à 431 personnes réparties dans 32 États. On dénombre 57 hospitalisations, mais aucun décès.

Ces piments ont été cultivés dans l'État de Sinaloa, Mexique, et distribués par la société Coast Citrus Distributors à des grossistes, des restaurants et des entreprises de restauration collective à travers les États-Unis, notamment des chaînes de cuisine mexicaine comme Chipotle Mexican Grill. Selon un communiqué publié par l'entreprise le 4 août, Chipotle a activé de manière proactive son système de traçabilité des ingrédients dès qu'elle a eu connaissance d'une épidémie potentielle ; elle a ainsi pu identifier les piments d'un lot spécifique comme étant un ingrédient commun servi dans les restaurants fréquentés par les personnes malades. Ces informations ont été transmises à la FDA et ont contribué à identifier la source de la contamination.

D'après les données épidémiologiques recueillies par le CDC, les personnes touchées par l'épidémie sont tombées malades entre le 19 juin et le 2 août 2026. Sur les 224 personnes interrogées, 203 (soit 91 %) ont déclaré avoir mangé dans un restaurant de cuisine mexicaine, notamment chez Chipotle Mexican Grill et Qdoba, avant l'apparition de la maladie, les repas ayant été pris entre le 14 juin et le 16 juillet.

À la suite du rappel lancé par Coast Citrus Distributors le 7 août, plusieurs autres rappels en aval ont été initiés concernant des piments jalapeños ainsi que des produits en contenant. Parmi les distributeurs concernés figurent Hannaford, Kroger, Stop and Shop, Target, Trader Joe’s, Walmart et Whole Foods Market. Les informations relatives à ces rappels sont disponibles ici.

Par ailleurs, le 8 août, le Food Safety and Inspection Service de l’USDA a émis une alerte de santé publique concernant des produits à base de viande et de volaille contenant des piments jalapeños (soumis à la réglementation de la FDA) susceptibles d'être contaminés par Salmonella Javiana. La liste des produits rappelés est disponible ici. L'investigation de la FDA se poursuit.

lundi 24 août 2026

Royaume-Uni : Leçons tirées de cas de listériose associés à des plats cuits et réfrigérés livrés à domicile

Éclosion nationale d'un foyer à Listeria monocytogenes CC4 t5.248 associée à des plats cuits et refroidis, source gov.uk

Le 15 avril 2025, la Gastrointestinal Bacteria Reference Unit (GBRU) a notifié à la Food Safety and One Health (GIFSOH) un foyer de deux cas de listériose, signalés les 17 mars et 14 avril 2025 et prélevés en mars 2025. Les souches de Listeria monocytogenes isolées chez ces patients présentaient une forte similarité génétique, mise en évidence par séquençage du génome entier (WGS), suggérant une source d'infection commune. L'analyse initiale des données épidémiologiques disponibles a révélé une exposition commune à des aliments fournis par un exploitant alimentaire basé à Londres, proposant à ses clients des plats cuisinés à réchauffer avant consommation. Le GIFSOH a notifié aux deux autorités sanitaires compétentes, à savoir la Food Standards Agency (FSA) et le conseil municipalde Havering, qui supervise l'exploitation de cet établissement.

Enquêtes sur la chaîne alimentaire

Le 10 avril 2025, le conseil municipal de Havering a inspecté les locaux de l'exploitant alimentaire. L'autorité locale a également demandé à l'entreprise de soumettre tout isolat de Listeria monocytogenes issu de ses tests internes au GBRU de l'UKHSA (UK Health Services Agency) pour séquençage du génome entier. Le 9 décembre 2025, le conseil municipal de Havering a effectué une inspection inopinée des locaux.

Des prélèvements officiels ont été effectuéss ur le site de production par le Conseil de Havering, avec le soutien de la Food Water and Environmental Microbiology (FWEM) unit . Le 23 avril 2025, le Conseil de Havering a réalisé un prélèvementnage formel sur le site, prélevant 12 prélèvements environnementaux et 2 prélèvements alimentaires, dont un prélèvement de persil destiné à être saupoudré sur certains plats. Des visites de prélèvements successifs ont été menées sur le site de production les 1er mai 2025 (15 prélèvements environnementaux et 6 prélèvements alimentaires), 20 mai (4 prélèvements environnementaux et 13 prélèvements alimentaires), 19 juin (20 prélèvements environnementaux et 9 prélèvements alimentaires) et 15 octobre (22 prélèvements environnementaux et 6 prélèvements alimentaires). Les visites des 1er mai et 19 juin ont été réalisées en collaboration avec FWEM. Au total, 109 prélèvements (73 prélèvements environnementaux et 36 prélèvements alimentaires) ont été prélevés sur le site.

Une souche de Listeria monocytogenes correspondant à la souche responsable de l'épidémie, CC4 t5.248, a été isolée dans un prélèvement alimentaire et cinq prélèvements environnementaux prélevés dans l'établissement. L'isolat alimentaire a été détecté dans du persil lavé utilisé comme garniture, prélèvement réalisé le 1er mai 2025, à une concentration inférieure à 10 UFC/g. Les cinq isolats environnementaux ont été détectés dans un siphon de cuisine froide le 23 avril 2025, sur un mur/sol de la cuisine chaude le 1er mai 2025, sur des chariots sales le 19 juin 2025 et deux isolats ont été prélevés à la jonction sol/mur de la cuisine chaude, également le 19 juin 2025.

Cette entreprise britannique de restauration produit et livre des plats cuits et réfrigérés ainsi que certains plats préparés prêts à être consommé dans tout le Royaume-Uni. Au moment de l'enquête, le conseil municipal de Havering a indiqué que l'entreprise comptait environ 22 000 clients actifs, répartis en Angleterre, au Pays de Galles et en Écosse. Elle s'adresse principalement aux personnes soucieuses de leur santé et aux adeptes du fitness. L'entreprise utilise le modèle de bouillon ComBase pour évaluer la durée de conservation, ce qui permet de simuler la survie d'un organisme dans différentes conditions au sein de certains aliments. Une société de livraison partenaire supervise et suit les livraisons, effectuées deux fois par semaine. L'entreprise réalise régulièrement des prélèvements internes sur ses produits et dans son environnement de production, et tous les tests microbiologiques sont effectués par un laboratoire accrédité UKAS. Le conseil municipal de Havering a été informé fin 2024 et début 2025 de trois plaintes pour intoxication alimentaire présumée concernant l'entreprise.

Lors de sa visite des lieux le 10 avril 2025, le Conseil de Havering a constaté plusieurs problèmes d'hygiène alimentaire, notamment de la condensation sous l'auvent, des flaques d'eau stagnante et un sol endommagé. Il a suggéré que des analyses complémentaires soient nécessaires pour déterminer la cause de la contamination à Listeria. Entre le 23 juillet et le 31 août 2025, le Conseil de Havering a adressé à l'établissement concerné trois mises en demeure d'hygiène en raison de conditions non conformes aux normes dans les zones de préparation des aliments, liées à un drainage et une ventilation insuffisants, ainsi qu'à un mauvais état des surfaces. La note d'hygiène alimentaire de l'établissement est passée de 4 à 1. L'autorité locale a recommandé que l'exploitant réalise les travaux de mise en conformité avant le 31 août 2025. L'établissement a transmis à l'autorité locale des mises à jour hebdomadaires sur l'avancement des travaux et la gestion de Listeria, ainsi que les résultats des analyses microbiologiques des prélèvements effectués en interne. Le 5 septembre 2025, le Conseil de Havering a confirmé que les mises en demeure avaient été respectées et que tous les travaux de mise en conformité étaient terminés.

Suite à l'identification de Listeria monocytogenes correspondant à la souche responsable du foyer de cas dans un prélèvement de persil en garniture, il a été établi que ce dernier était conditionné avec les repas et destiné à être réchauffé avec le plat avant consommation, et non conditionné séparément et saupoudré sur le plat après réchauffage. Il a été confirmé qu'au moins une personne avait consommé un repas contenant du persil en garniture.

Rien n'indiquait l'existence de liens communs dans la chaîne d'approvisionnement entre les deux hôpitaux où les cas avaient été admis pendant leur période d'incubation de la listériose.

Investigations épidémiologiques

Au moment du prélèvement de leurs premiers échantillons positifs, les personnes atteintes résidaient respectivement dans les régions des East Midlands et de l'Est de l'Angleterre. Il s'agissait de deux hommes ; l'âge médian était de 60 ans, l'un des patients appartenant à la tranche d'âge 50-59 ans et l'autre à la tranche 60-69 ans.

Les deux patients présentaient des comorbidités sous-jacentes et avaient été hospitalisés dans les semaines précédant l'apparition des symptômes de la listériose. Le décès de l'un des patients a été confirmé, l'infection à Listeria monocytogenes figurant comme cause du décès sur le certificat correspondant.

Communication

Suite à la première évaluation des risques, le 16 avril 2025, le conseil municipal de Havering a demandé à l'entreprise de diffuser un rappel à ses clients concernant les procédures de chauffage correctes, les températures de stockage appropriées et le respect des dates limites de consommation de ses produits.

Le 7 mai 2025, l'entreprise a mis en œuvre une campagne sur plusieurs canaux de communication afin de renforcer les bonnes pratiques de réchauffage et de décongélation auprès de ses clients. Cette campagne comprenait un dépliant imprimé inclus dans chaque colis, des courriels clients, ainsi que la mise à jour des FAQs, des conditions générales de vente sur son site internet et des étiquettes des emballages. Une nouvelle instruction a été ajoutée sur le site internet et envoyée par courriel aux clients, précisant que les plats doivent être réchauffés jusqu'à ce que de la vapeur s'échappe de la surface et du centre lorsqu'on les coupe.

Des recommandations générales sur l’importance de suivre les instructions de cuisson des aliments à haut risque ont également été incluses dans le communiqué de presse accompagnant la publication du rapport annuel de l’UKHSA sur la listériose en mai 2025, dans lequel ce sujet a été mentionné.

Comme ils nécessitent une remise en température, ces produits ne sont pas techniquement considérés comme des aliments prêts à consommer. Il n'existe pas de seuil réglementaire pour L. monocytogenes dans les plats cuisinés réfrigérés. La FSA recommande de cuire ou de réchauffer les aliments à 75°C pendant au moins 30 secondes afin de détruire L. monocytogenes éventuellement présente. Les plats peuvent être livrés sous forme d'éléments séparés et, indépendamment des instructions de réchauffage, certains composants sont plus ou moins susceptibles d'être réchauffés par les consommateurs. Ce foyer de cas met en évidence les risques associés aux plats cuisinés réfrigérés livrés à domicile ; bien que commercialisés auprès de personnes actives et soucieuses de leur santé, ils peuvent néanmoins séduire un public plus large, incluant des personnes moins autonomes et plus vulnérables.

Commentaire

Remarquable étude qui intervient peu après les faits, du bon travail d'investigation ! C'est à prendre en exemple.

Des germes de luzerne contaminées par E. coli et Salmonella rendent 55 personnes malades dans 15 États des États-Unis

Des germes de luzerne contaminées par E. coli et Salmonella rendent 55 personnes malades dans 15 États des États-Unis, source FSM du 21 août 2026.

Une épidémie touchant plusieurs États, causée par des infections à Escherichia coli producteurs de shigatoxines (STEC) et à Salmonella liées à des germes de luzerne, ou alfafa, a rendu 55 personnes malades dans 15 États.

Les produits en cause ont été distribués par l'entreprise Everything Sprouts LLC, basée à Minneapolis (Minnesota).

Les souches responsables de l'épidémie comprennent les sérotypes STEC O26:H11, O103:H25 et O168:H8, ainsi qu'une souche de Salmonella Agona. Certaines personnes ont été infectées par plus d'une souche épidémique.

Sur les 55 cas recensés, 46 personnes ont été infectées par E. coli, sept par Salmonella et deux par les deux pathogènes. Au total, quatre personnes ont été hospitalisées ; aucun décès n'a été signalé.

Les dates d'apparition des symptômes s'échelonnent du 31 mai au 8 août 2026. Sur les 34 personnes interrogées par les autorités de santé publique locales et étatiques concernant les aliments consommés avant l'apparition de la maladie, 26 (soit 76 %) ont déclaré avoir mangé des germes de luzerne.

Les éléments recueillis lors de l'enquête de traçabilité menée auprès de restaurants et de magasins d'alimentation ont permis d'identifier les germes de luzerne distribuées par Everything Sprouts comme étant la source des infections liées à cette épidémie.

Le 19 août, la FDA a entrepris une inspection et un prélèvement d'échantillons chez Everything Sprouts. La FDA et le CDC ont indiqué que leur investigation se poursuivait afin de déterminer la source de la contamination et d'établir si d'autres produits ou entreprises étaient liés aux cas de maladie.

La FDA a recommandé à Everything Sprouts de procéder à un rappel de produits. Dans l'intervalle, il a été conseillé aux consommateurs et aux détaillants de ne pas consommer, servir ni vendre de pousses de luzerne commercialisées sous les marques Calco et Everything Sprouts.

Commentaire

Les germes ou les graines germées, un aliment à haut risque ?

ECDC : Vue d'ensemble de l'épisode dans plusieurs pays à Salmonella Enteritidis ST11

On connaissait, d’après l’EFSA, le foyer épidémique multinational d'infections à Salmonella Stanley liée à des produits à base de nouilles aromatisées ainsi que les foyers épidémiques dans plusieurs pays de salmonellose liés à des graines de luzerne germées, voici désormais une suite de l’épisode dans plusieurs pays à Salmonella Enteritidis ST11 (2025-2026).

Dans la communication de l’ECDC, il est question d’œufs importés, mais le blog vous avait indiqué le 12 août 2026 que « Des œufs de Pologne sont à l'origine de quatre foyers de cas d'intoxication alimentaire à Salmonella en France ». Il s’agissait de Salmonella Enteritidis ST11.

Dans le Communicable disease threats report, 15 - 21 August 2026, week 34 de l’ECDC, il est question d’une « Vue d'ensemble de l'épisode dans plusieurs pays à Salmonella Enteritidis ST11 (2025-2026) » :

Un foyer dans plusieurs pays à  Salmonella Enteritidis ST11 a été identifié dans sept pays européens. Entre mai 2025 et août 2026, 341 cas confirmés ont été signalés, avec une augmentation notable des notifications depuis mai 2026.

Des cas ont été recensés en Autriche (2), en Belgique (15), au Danemark (1), en France (4), en Allemagne (6), aux Pays-Bas (106) et au Royaume-Uni (207).

Sur le nombre total de cas liés à l'épidémie, 152 (45 %) ont été signalés depuis mai 2026. À l'exception de sept cas, tous ont été signalés aux Pays-Bas et au Royaume-Uni. L'âge des cas varie de 0 à 90 ans (médiane : 31 ans).

Au moins 34 cas ont nécessité une hospitalisation.

Les enquêtes épidémiologiques menées au Royaume-Uni désignent des œufs importés comme source suspectée de l'infection. Les Pays-Bas ont observé un pic en août-septembre 2025. L'enquête réalisée aux Pays-Bas en 2026 a orienté les soupçons vers la viande de poulet, bien que cette conclusion repose sur un nombre limité d'entretiens avec des patients.

Au 20 août, huit isolats présents dans la base de données WGS (séquençage du génome entier) de l'ECDC présentaient une distance allélique inférieure ou égale à 5 (méthode de liaison simple) par rapport à la séquence représentative de l'épidémie (identifiant d'accès SRR38967854).

Ces isolats datent de 2025-2026 et proviennent de quatre pays européens. La souche épidémique a été impliquée dans un foyer précédent signalé par les Pays-Bas à l'ECDC (référence 2025-FWD-00071). À l'époque, les œufs ou la volaille étaient suspectés d'être à l'origine de l'infection. Aucun isolat correspondant (distance allélique inférieure ou égale à 10) n'a été identifié dans la base de données WGS de l'EFSA.

Évaluation de l'ECDC

L'épidémie dans plusieurs pays à Salmonella Enteritidis ST11 se poursuit, avec une augmentation du nombre de cas depuis mai 2026, en particulier aux Pays-Bas et au Royaume-Uni. Les investigations épidémiologiques sont en cours et désignent les œufs et les produits de poulet comme des sources potentielles d'infection. D'autres cas sont à prévoir tant que des mesures de maîtrise appropriées ne seront pas mises en œuvre à la source.

vendredi 21 août 2026

Cadmium généalogie d'une méga-désinformation

Le blog agriculture & environnement (A&E) vous propose un article publié le 17 août 2026 sobrement intitulé, « Cadmium genealogie d'une méga-désinformation »

Voici quelques courts extraits et je vous invite à lire cet article documenté en intégralité. Le blog vous avait proposé, il y a peu, quelques articles sur le cadmium, 1, 2 et 3.

L’Assemblée a voté l’abaissement de la teneur du cadmium dans les engrais en invoquant « une bombe sanitaire ». Or, une enquête de A&E révèle que le chiffre évoqué pour justifier cette urgence sanitaire repose sur un seuil théorique que l’Anses est la seule agence à avoir retenu.

« Censé apporter un éclairage objectif sur la question, l’Anses produit un discours résolument anxiogène qui surprend certains journalistes présents lors de la conférence de presse. »

« Les Français ne sont pas plus atteints d’ostéoporose, d’insuffisance rénale ou de cancers attribuables au cadmium que les populations des pays dont les seuils d’imprégnation sont inférieurs. »