lundi 22 juin 2026

PFAS : Quid de l’information du public ?

Une nouvelle étude de la Society for Risk Analysis (SRA) révèle que les informations en ligne sur les PFAS provenant de sources publiques peuvent être insuffisantes et ne fournissent pas au public suffisamment d'indications.

L’exposition aux polluants éternels, les substances perfluoroalkylées et polyfluoroalkylées (PFAS), a été associée à de graves problèmes de santé, tels que des atteintes au système immunitaire, des cancers, des complications de grossesse et des lésions hépatiques. Une nouvelle étude, publiée dans la revue Risk Analysis, révèle que les sites Internet consultés pour s’informer sur les PFAS ne fournissent pas suffisamment d’informations pour permettre aux internautes de se protéger efficacement.

Une étude de l'Université du Wisconsin a réalisé une analyse de contenu humaine et une analyse linguistique informatique de 98 sites Internet les plus consultés par les utilisateurs de Google aux États-Unis à la recherche d'informations sur les PFAS dans l'eau potable. Ces sites provenaient de tous les niveaux de gouvernement, d'organismes à but non lucratif, de services publics de distribution d'eau, de médias d'information, de centres de recherche et d'entreprises. 

En tant que principale source d'information, les plateformes en ligne doivent présenter les menaces liées aux PFAS de manière équilibrée, tout en fournissant des informations précises sur les stratégies de protection pour aider le public à réduire son exposition. Les auteurs de l'étude recommandent d'utiliser un langage clair et direct concernant les menaces connues, tout en reconnaissant les incertitudes. Par ailleurs, les plateformes en ligne devraient mieux refléter le niveau de vulnérabilité de leur public.

L'analyse a révélé que :

  • Les médias d'information décrivent correctement la menace, mais se trompent sur les solutions. Ils rendent compte avec exactitude de la gravité de la situation, mais restent insuffisants en matière de conseils pratiques.
  • La plupart des sites web ne mettaient pas en avant les informations permettant de réduire les risques. La plupart des sites web ne fournissaient pas d'informations sur la manière de réduire les risques liés aux PFAS sur leur page d'accueil, malgré des recherches antérieures suggérant que le public est avide de ces informations.

  • Les médias et les organisations à but non lucratif abordent les risques liés aux PFAS sur un ton anxiogène. Ce discours contraste fortement avec le langage employé par les sites web des collectivités locales et les régies des eaux, créant ainsi une incohérence.

  • Sans implication directe, les gens s'en désintéressent. Les sites des administrations locales et des services des eaux insistaient rarement sur le risque individuel, même lorsque des niveaux élevés de PFAS avaient été constatés dans leur région.

  • Les sites gouvernementaux peuvent induire les utilisateurs en erreur. Les informations sur l'efficacité des produits étaient souvent dissimulées derrière des liens plutôt que présentées d'emblée. Dans un cas précis, le site d'une administration locale redirigeait les utilisateurs d'un rapport à l'autre, masquant des données montrant que la contamination aux PFAS dépassait les seuils de sécurité.

Les personnes chargées de communiquer sur les PFAS sont confrontées à un défi de taille : les risques liés à l’exposition varient considérablement selon les régions et les connaissances scientifiques sont encore en évolution. Il est essentiel de communiquer efficacement sur les stratégies d’atténuation sans minimiser la menace que représentent les PFAS dans l’eau potable. 

« Si les personnes recherchant des informations sur les PFAS sont d'abord confrontées à des messages qui ne trouvent pas le juste équilibre, elles ne poursuivront pas leurs recherches sur les moyens de réduire leur exposition », explique Lyn M. van Swol, professeure en sciences de la communication à l'Université du Wisconsin-Madison et co-auteure de l'étude. « C'est pourquoi nous nous sommes concentrés sur les messages relatifs aux PFAS que le public consulte réellement, plutôt que sur toutes les sources disponibles. »

Commentaire

Le terme PFAS ou polluants éternels n'est-il pas lui-même anxiogène ? 
Est-ce que ce type d'observations est aussi valable pour l’Anses, notre agence d’évaluation des risques, à vous de voir ...

D’après mes informations, l’Anses a publié récemment :

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