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samedi 1 août 2026

En attendant la certitude : Ce que les investigations sur les épidémies révèlent sur la communication stratégique

« En attendant la certitude : Ce que les investigations sur les épidémies révèlent sur la communication stratégique », article de Marianna Naum paru le 31 juillet 2026 dans Food Safety Magazine.

Les investigations sur les épidémies d'origine alimentaire se déroulent rarement de manière linéaire. À mesure que de nouveaux éléments apparaissent, les hypothèses sont affinées, les résultats de laboratoire sont évalués, les investigations de traçabilité se poursuivent et notre compréhension de l'épidémie évolue. Pour les professionnels de la sécurité des aliments, rien d'étonnant : c'est ainsi que fonctionne la science.

L'investigation en cours sur l'épidémie à Cyclospora nous le rappelle une fois de plus. Les premiers résultats de laboratoire laissaient entrevoir une conclusion avant que des preuves supplémentaires n'apportent davantage de clarté. Au fur et à mesure de l'avancement de l'investigation, l'attention du public s'est naturellement portée sur les changements intervenus et leurs raisons.

Le problème est que la science et la prise de décision suivent rarement le même calendrier.

Tandis que les investigateurs continuent de recueillir des preuves, les acteurs de la chaîne alimentaire prennent des décisions en temps réel : les consommateurs choisissent ce qu'ils vont servir à leur famille, les entreprises évaluent les impacts opérationnels et les responsables de la santé publique déterminent la meilleure façon de communiquer l'évolution de la situation.

Aucune de ces décisions n'attend la fin d'une investigation. Cette réalité a des implications importantes sur notre conception de la communication stratégique.

La science et la prise de décision suivent des calendriers différents

La démarche scientifique est délibérément méthodique. Les chercheurs recueillent des preuves, évaluent les hypothèses concurrentes, vérifient les résultats de laboratoire, effectuent des traçabilités et affinent continuellement leurs connaissances à mesure que de nouvelles informations sont disponibles. Les recommandations évoluent au gré des avancées scientifiques.

En dehors du cadre de l'investigation, le calendrier est cependant bien différent. Les consommateurs décident si un aliment est sans danger pour leur famille, les distributeurs déterminent si les produits doivent rester en rayon, les fabricants évaluent les impacts opérationnels et envisagent les prochaines étapes, les professionnels de santé décident si les symptômes d'un patient justifient des examens complémentaires, et les responsables de la santé publique doivent trouver un équilibre entre la nécessité de communiquer rapidement et celle de garantir l'exactitude de l'information. Aucune de ces décisions n'est suspendue le temps de recueillir des preuves supplémentaires.

Comme l'a démontré l'investigation sur l'épidémie à Cyclospora, tandis que les scientifiques continuent d'évaluer de nouvelles preuves, les acteurs de la chaîne alimentaire prennent des décisions en fonction des meilleures informations disponibles à ce moment précis. Cela crée une tension naturelle.


Les scientifiques se demandent alors, à juste titre :
  • Que nous apprennent les preuves ?
  • Sommes-nous confiants dans ces résultats ?
  • De quelles informations supplémentaires avons-nous besoin ?
  • Qu’est-ce qui reste d’incertain ?

Tout le monde se demande : Que dois-je faire aujourd’hui ?

Reconnaître cette différence est l’une des premières étapes vers une communication stratégique plus efficace.

Des publics différents ; des décisions différentes

La communication stratégique commence souvent par un exercice classique : identifier le public. S’agit-il de l’industrie ? Des consommateurs ? Des professionnels de santé ? Des autorités chargés de la réglementation ? Des médias ?

Identifier le public est important, mais ce n’est que le point de départ. Une question plus pertinente serait : Quelles décisions les différents publics cherchent-ils à prendre ?

Ce changement subtil modifie notre approche de la communication.

Les personnes ne vivent pas une épidémie simplement comme des membres d’un public. Ils la vivent en tant que décideurs.

Bien que tous suivent la même investigation, les questions qu’ils se posent diffèrent. Les consommateurs se demandent si les aliments sont sans danger à consommer. Les acteurs de l’industrie s’interrogent sur les conséquences de l’investigation pour leurs activités et leurs obligations réglementaires. Les professionnels de santé cherchent à savoir comment l’évolution des informations doit influencer la prise en charge des patients. Les responsables de la santé publique s'interrogent sur la manière de communiquer rapidement les données probantes en constante évolution, tout en fournissant le contexte nécessaire à une prise de décision éclairée.

Chaque public est confronté au même événement. Chacun prend une décision différente.

L'investigation sur l'épidémie à Cyclospora illustre clairement ces différences. À mesure que les recommandations évoluent, les questions que se posent les gens évoluent également, non pas parce qu'ils doutent des données scientifiques, mais parce qu'ils ont besoin de comprendre ce que les données probantes en constante évolution impliquent pour les décisions qu'ils doivent prendre.

Lorsque la communication repose sur la compréhension de ces décisions, il devient plus facile de déterminer les informations nécessaires aux différents publics, le niveau de détail approprié et la meilleure façon de fournir un contexte pertinent.

L'objectif n'est pas de présenter des faits différents à différents publics. L'objectif est de fournir les mêmes données probantes de manière à étayer les différentes décisions.
Communiquer en situation d'incertitude

L'un des plus grands défis de la communication en matière de sécurité des aliments est que les investigations sur les épidémies nécessitent souvent de communiquer avant que toutes les réponses ne soient connues. La tentation peut être grande d'attendre que l'incertitude soit levée. Dans de nombreuses situations, cependant, cela est tout simplement impossible car les gens ont encore besoin d'informations. L'investigation en cours sur Cyclospora illustre bien cette difficulté. À mesure que les chercheurs rassemblent de nouvelles données sont recueillies, les recommandations publiques évoluent en conséquence. Cette évolution reflète la démarche scientifique, et non une incohérence. Toutefois, sans le contexte approprié, une modification des recommandations peut facilement être mal interprétée.

L’objectif n’est pas d’éliminer l’incertitude, mais l’objectif est de communiquer en tenant compte de celle-ci.

Cela implique d’exposer clairement ce qui est connu, de faire preuve de transparence sur les points encore à l’étude et d’être prêt à expliquer pourquoi les recommandations sont susceptibles d’évoluer à mesure que de nouvelles données deviennent disponibles.

La plupart des personnes comprennent que la science évolue. Ce qui suscite la frustration, ce n’est pas le changement des conclusions, mais le fait que des personnes ne comprennent pas pourquoi cela a changé. Fournir ce contexte aide le public à interpréter les nouvelles informations comme s’inscrivant dans une démarche d’investigation continue, plutôt que comme la preuve que les communications précédentes manquaient de fiabilité.

Ainsi, la transparence quant à l’incertitude peut renforcer la crédibilité au lieu de l’affaiblir.

Au-delà de la diffusion d’informations

La sécurité des aliments a toujours reposé sur une science rigoureuse. De plus en plus, elle dépend aussi de notre capacité à aider le public à suffisamment comprendre cette science pour prendre des décisions éclairées, alors même que les données continuent d’évoluer.

La communication est souvent évaluée à l’aune de la rapidité de diffusion de l’information. La rapidité, l’exactitude et la transparence sont toutes importantes. Mais un autre critère mérite tout autant d’attention : les personnes ont-elles reçu les informations nécessaires pour prendre les décisions auxquelles elles étaient confrontés ?

Bien après que les détails de l’investigation sur l’épidémie actuelle à Cyclospora seront tombés dans l’oubli, les leçons de communication qu’elle a mises en lumière resteront pertinentes. Les investigations futures soulèveront sans doute des questions scientifiques différentes, mais le défi en matière de communication restera sensiblement le même : aider les personnes à prendre des décisions éclairées alors que la science continue d’évoluer.

Les investigations sur les épidémies nous rappellent que la communication ne consiste pas simplement à transmettre une information d’un point à un autre. Il s’agit de favoriser la compréhension.

Lorsque la communication stratégique s’appuie sur une compréhension des décisions que les différents publics cherchent à prendre, elle devient bien plus qu’un simple vecteur d’information. Elle joue un rôle essentiel pour aider les gens à naviguer dans des situations complexes avec plus de clarté et de confiance.

Cette investigation finira par aboutir, mais les leçons de communication qu’elle nous enseigne devraient perdurer. 

C’est peut-être là l’un des enseignements les plus précieux que nous offrent les investigations sur les épidémies, non seulement en matière de sécurité des aliments, mais aussi quant au rôle d’une communication stratégique et efficace pour soutenir une prise de décision éclairée.

mardi 28 juillet 2026

États-Unis : L'épidémie à Cyclospora a été, et reste, un échec en matière de communication

« L'épidémie à Cyclospora a été, et reste, un échec en matière de communication », source article de Jess Steier paru le 27 juillet 2026 dans CIDRAP News.

La réponse à l'importante épidémie actuelle de maladies infectieuses d'origine alimentaire causées par un parasite microscopique constitue un échec de communication, et non un échec de l'investigation.

Certaines caractéristiques de Cyclospora rendent sa traque complexe. Comme le parasite ne peut pas être cultivé en laboratoire, les procédures habituelles ne s'appliquent pas. Pour la plupart des bactéries d'origine alimentaire, le laboratoire cultive l'organisme, le séquence et verse son empreinte génétique sur PulseNet, le réseau national qui signale lorsqu'un cas dans un État correspond à un cas dans un autre.

Le Centers for Disease Control and Prevention (CDC) des États-Unis a dû se baser sur un génotypage partiel, car le génome de Cyclospora est trop complexe pour les méthodes de séquençage efficaces sur les bactéries. La contamination des produits agricoles par Cyclospora est souvent faible et inégalement répartie ; elle se situe généralement à la limite des capacités de détection des tests, ce qui explique pourquoi de la laitue contaminée peut s'avérer négative lors de l'analyse. Les enquêteurs ont donc dû recourir aux méthodes les plus anciennes : des entretiens et l'examen des registres d'expédition.

Des indices précoces importants largement passés inaperçus

Le Dr Mike Osterholm, directeur du Center for Infectious Disease Research and Policy de l'Université du Minnesota, m'a appris que lorsque les cas commencent à affluer, le profil démographique des personnes touchées peut fournir un indice précoce précieux. Ces cas concernaient majoritairement des adultes, le CDC situant l'âge médian à 44 ans, dans une fourchette allant de 1 à 89 ans, et l'absence relative de jeunes enfants orientait les soupçons vers les légumes verts plutôt que vers les fruits.

Si vous avez de jeunes enfants, vous en comprenez parfaitement la raison : ce sont de grands amateurs de fruits, alors qu'ils sont plus réticents à l'égard des légumes.

Cela permet de restreindre le champ des recherches, mais la traque se poursuit. Il existe également d'autres facteurs importants, comme la compréhension de la manière dont une zone de culture est divisée en parcelles, la date et qui récolte de chaque produit, la façon dont les produits issus de différents champs sont regroupés chez le transformateur, le temps nécessaire pour acheminer les produits d'un champ du centre du Mexique jusqu'à un restaurant du Michigan, ainsi que la vitesse à laquelle un produit périssable s'écoule dans les rayons. Ces informations ne servent pas uniquement à désigner un coupable ; elles permettent aussi d'estimer combien de personnes ont pu être exposées et où. Elles indiquent à quel moment les produits contaminés auraient dû disparaître des rayons et les nouvelles expositions cesser, même si le nombre de cas signalés continue d'augmenter pendant les semaines suivantes. Comme le typage moléculaire ne permet pas d'obtenir une empreinte génétique aussi précise que lors d'une épidémie bactérienne, ces données sont cruciales pour déterminer si un cas survenu dans un État est lié à un autre cas dans un État différent. La traçabilité est une démarche qui relève autant du management de la chaîne d'approvisionnement que de l'épidémiologie.

Les autorités du Michigan ont analysé l'historique de consommation (ingrédient par ingrédient) de 190 personnes ayant mangé chez Taco Bell avant de tomber malades ; 90 % d'entre elles avaient consommé de la laitue iceberg. L'enquête de traçabilité menée par la FDA a remonté la piste documentaire jusqu'à un fournisseur, puis jusqu'à une exploitation agricole indépendante du centre du Mexique qui, selon Taylor Farms, représente moins de 1 % de l'approvisionnement américain en laitue iceberg. Le rappel des produits a été ordonné le 17 juillet.

Une épidémie touchant neuf États, mais 41 États au total ont été concernés

Il s'agit de la plus vaste épidémie à Cyclospora jamais documentée aux États-Unis, un point que la couverture médiatique a bien saisi. Le public a surtout retenu un chiffre alarmant qui ne cesse d'augmenter.

Ce qui échappe au public, c'est que si la cyclosporiase, nom donné à l'infection par Cyclospora, a été signalée dans 41 États, l'épidémie elle-même ne concerne que neuf États. Les chiffres communiqués reflètent des réalités différentes. Le CDC et la FDA ont recensé 1 947 cas confirmés liés à l'épidémie dans les neuf États liés à l’épidémie de Taco Bell, que les preuves épidémiologiques et la traçabilité relient à la laitue iceberg, tandis que le CDC signale par ailleurs plus de 4 000 cas confirmés contractés sur le territoire national depuis le mois de mai.

Par ailleurs, des milliers d'échantillons prélevés sur des patients attendent encore la confirmation du CDC, auxquels s'ajoutent plusieurs centaines de cas concernant des voyageurs tombés malades ailleurs. Certains États comptabilisent conjointement les cas probables et confirmés, ce qui porte leurs totaux à des niveaux encore plus élevés.

Si l'on additionne le tout, comme l'ont fait de nombreux médias, on obtient l'image d'une épidémie nationale unique qui, en réalité, n'existe pas.

Prenons l'exemple de ce qui s'est passé lorsque le CDC a ajouté quatre États à la liste des zones touchées par l'épidémie, le 24 juillet. On aurait pu croire que l'épidémie s'était propagée, mais les enquêteurs estiment que ces patients sont peut-être tombés malades à peu près au même moment que ceux des cinq premiers États, et qu'il a simplement fallu plus de temps pour établir le lien avec la même source.

La cyclosporose survient chaque été, suivant un schéma saisonnier bien établi, même si ses causes exactes demeurent inconnues, et les épidémies sont fréquemment liées à la consommation de produits frais. Plusieurs États, dont la Californie et le New Jersey, ont indiqué que les chiffres enregistrés cette année correspondent aux niveaux saisonniers habituels. La Caroline du Nord attribue sa propre hausse au persil et à la coriandre, deux aliments qui ne sont pas apparus comme des facteurs déterminants à l'échelle nationale, tandis que la FDA enquête parallèlement sur des cas groupés d'infection touchant au moins 72 personnes, sans qu'aucune source n'ait pu être identifiée.

Regrouper toutes ces données en un total cumulé nous coûte bien plus que la simple tranquillité publique : cela masque la possibilité que plusieurs foyers d'infection soient actifs simultanément.

L'Illinois, l'un des quatre États ajoutés à la liste la semaine dernière, signale que le nombre de cas recensés en juillet atteint des niveaux inédits depuis 2018. L'Illinois a raison de se référer à 2018, bien que le nombre de cas ne constitue pas la leçon la plus importante à retenir. Cet été-là avait vu apparaître 511 cas liés à un mélange de salades Fresh Express servi chez McDonald's, 250 cas associés à des plateaux de légumes de chez Del Monte, ainsi qu'un troisième foyer au Texas dont la source n'a jamais été identifiée.

Si le décompte cumulé constitue un outil de surveillance essentiel, il ne permet pas de savoir si l'on court un risque au cours de la semaine en cours, ce qui est pourtant l'information que le public recherche avant tout.

Prenons l'exemple d'une personne incluse dans ce décompte. Elle consomme une salade fin juin et ne ressent aucun symptôme pendant une semaine. Après quelques jours supplémentaires passés à croire à une simple gastro-entérite, elle consulte un médecin au cours de la deuxième semaine de juillet ; elle ne subit un test de dépistage que parce qu'un professionnel de santé pense à rechercher Cyclospora, un parasite souvent absent des analyses de selles et des panels gastro-intestinaux de routine. Le laboratoire confirme le diagnostic vers la fin du mois, et l'entretien épidémiologique a lieu ultérieurement. Il faudra peut-être attendre le mois d'août pour déterminer si son cas est lié à cette épidémie ou s'il relève de l'incidence estivale habituelle.

Chaque cas figurant sur ces graphiques reflète, à des degrés divers, ce décalage temporel ; c'est pourquoi la FDA a prévenu que le nombre de cas confirmés continuerait d'augmenter bien après le rappel des produits.

Probablement plusieurs vagues d'exposition

Le 24 juillet, le CDC a enfin publié la courbe épidémique de cette flambée, en classant les 1 947 cas associés selon la date d'apparition des symptômes plutôt que selon la date de signalement. On observe deux pics distincts : le premier (correspondant à l'apparition des symptômes chez les personnes touchées) culmine vers le 25 juin, et le second (lié au signalement de la maladie) vers le 10 juillet, avec un creux marqué entre les deux.

Cet intervalle est suffisamment important pour suggérer que l'exposition a pu se produire en plusieurs vagues. En remontant le fil à partir de la période d'incubation habituelle de Cyclospora, environ une semaine, on situe ces expositions vers la mi-juin, puis à nouveau au début du mois de juillet. Contrairement au maïs ou au soja, la laitue n'est pas récoltée en une seule fois pour être ensuite stockée ; elle est découpée de manière quasi continue et consommée dans les jours qui suivent. Par conséquent, la maladie survient peu de temps après la circulation du produit contaminé. Un tel écart suggère donc davantage de périodes d'exposition distinctes qu'une exposition prolongée et ininterrompue.

Le décompte cumulatif est un outil de surveillance essentiel, certes, mais il ne permet pas de savoir si vous courez un risque au cours de la semaine en cours.

Le premier pic de contamination était déjà retombé avant que le CDC ne publie leur avis sanitaire le 14 juillet, et avant que la FDA ne désigne publiquement la laitue comme source du problème deux jours plus tard. La courbe ne permet pas à elle seule de déterminer si ces deux vagues correspondent à des épisodes de contamination distincts, un produit contaminé par intermittence sur différents lots de récolte, ou une autre cause, et personne d'autre n'a pu l'établir non plus. Cette information a été communiquée le jour même où l'épidémie s'étendait à neuf États, une semaine après le rappel des produits et bien après que l'affaire ait été principalement présentée sous l'angle d'un chiffre national en constante augmentation.

L'élaboration de cette vue d'ensemble est la seule chose qu'aucun État n'aurait pu réaliser seul. Le Michigan publie le nombre de cas par date de signalement, avec une mise à jour hebdomadaire clairement indiquée comme telle. D'autres États publient des courbes d'apparition des symptômes, des cartes par comté ou des décomptes bihebdomadaires. Chacune de ces méthodes répond à une question concernant une juridiction spécifique, mais aucune ne permet de savoir si deux États sont touchés par la même épidémie ; en effet, aucun État ne peut répondre à une question dans plusieurs États à partir de ses seules données, aussi soigneusement soient-elles recueillies. Cette synthèse s'opère à un niveau supérieur, et il a fallu attendre la quatrième semaine de juillet pour y parvenir.

Trop tard, puis trop vite

La communication a aggravé la situation. L'avis du réseau d'alerte sanitaire (Health Alert Network) du CDC a été diffusé le 14 juillet, soit environ dix semaines après que l'agence ait commencé à recevoir des signalements faisant état d'une augmentation des cas à l'échelle nationale.

Quelques jours plus tard, le samedi 18 juillet, la FDA a annoncé la détection de Cyclospora dans un échantillon de laitue, avant de se rétracter le lendemain et sans toutefois expliquer le déroulement des faits avant l'après-midi du 20 juillet. Cet échantillon provenait d'un contrôle de routine aux frontières et non d'un produit faisant l'objet d'un rappel ; par ailleurs, les éléments épidémiologiques et les données de traçabilité incriminant la laitue de Taylor Farms ne reposaient nullement sur ce prélèvement. Entre-temps, l'information faisant état d'un « faux positif » avait déjà largement circulé dans les médias, laissant nombre de personnes croire que l'entreprise avait été mise hors de cause dans une enquête qui suscitait déjà l'attention des autorités politiques.

Osterholm, qui, j'en suis convaincu, possède peut-être un don de clairvoyance, avait exposé cet argument dans le New England Journal of Medicine en 1997, après que les autorités du Texas et de Houston eurent désigné les fraises de Californie comme source d'un foyer de cyclosporose qui s'est finalement avéré lié à des framboises du Guatemala. L'obligation d'avertir le public est bien réel, écrivait-il, et il doit être mis en balance avec le coût de l'erreur, un coût qui se paie deux fois : une première fois par la personne accusée à tort, et une seconde fois par chaque futur avertissement auquel le public cesse, en silence, de croire. Il a repris ce même argument en 1999, sous le titre « Lessons Learned Again » (Leçons apprises à nouveau), après une nouvelle épidémie du même type.

Ce second coût n'a rien d'abstrait. Il se traduit par des consommateurs qui cessent d'acheter de la laitue, quelle qu'elle soit, pour le reste de l'été ; par des producteurs qui perdent une saison de récolte ; et par des personnes qui vont ignorer le prochain avis de rappel parce que le précédent a semblé être démenti par la suite. Il se traduit aussi par un public incapable de faire la distinction entre une épidémie à source ponctuelle (où les cas sont reliés à un aliment précis) et le niveau habituel, saisonnier, d'une maladie à déclaration obligatoire ; résultat : chaque été finit par ressembler à une situation d'urgence.

Deux réponses justes, un seul message

Il y avait deux réponses justes dans cette situation, mais un seul message a été diffusé. Pour une personne sous chimiothérapie ou greffée, la cyclosporose ne se résume pas à une semaine difficile. La maladie dure plus longtemps, récidive et entraîne des complications nécessitant une véritable prise en charge médicale. Conseiller à une telle personne de s'abstenir totalement de consommer de la laitue, alors que la source de contamination était encore inconnue, était une bonne chose.

En revanche, ce n'était pas le cas pour la majeure partie de la population. Craig Hedberg de l'Université du Minnesota, défend ce point de vue depuis le début du mois ; il a raison d'affirmer que recommander une éviction alimentaire généralisée sans connaître la source du problème fait plus de mal que de bien. Diffuser ces deux messages simultanément implique de savoir à qui l'on s'adresse et de le dire clairement.

Le travail d'enquête sur cette épidémie a été mené par les services de santé des États, et il a été bien fait. M. Hedberg a décrit la suite des événements : les États repèrent une augmentation des cas bien avant que les données ne soient centralisées au niveau fédéral pour permettre aux autorités d'agir.

Il en résulte une situation hétérogène où certains États assurent une surveillance efficace tandis que d'autres en sont incapables ; or, ce système est inadapté pour un produit cultivé dans de nombreuses exploitations, mélangé dans des centres de transformation et distribué partout dans le pays.

Ce délai n'est pas inévitable, mais il devient de plus en plus difficile à éviter. Il faut bien que quelqu'un collecte, normalise et synthétise les données recueillies par les États ; or, des chercheurs de Johns Hopkins ont mis en évidence l'érosion des effectifs, du financement et des capacités d'application de la réglementation au niveau fédéral, autant d'éléments dont dépend ce travail. Il en résulte une situation hétérogène où certains États assurent une surveillance efficace tandis que d'autres en sont incapables ; une telle disparité est inadaptée pour un produit cultivé dans de nombreuses exploitations, regroupé dans une unité de transformation centrale et distribué partout.

Tous ceux qui gèrent cette épidémie font de leur mieux à partir d'informations fragmentaires, face à un public légitimement inquiet qui cherche chaque jour à savoir quels aliments sont sans danger.

Ici, la nuance et les détails revêtent une importance capitale, mais tout cela a été réduit à un chiffre unique en constante augmentation. Prendre un peu de recul pour adopter une vue d'ensemble aurait permis une communication plus fluide, plus précise et bien plus utile aux personnes cherchant à savoir quoi donner à manger à leur famille.

MàJ du 29 juillet 2026. On lira l’article paru dans CIDRAP News, « A difficult-to-trace parasite, messaging missteps contribute to summer of overwhelming Cyclospora outbreaks » (Un parasite difficile à suivre et des erreurs de communication contribuent à un été marqué par une vague massive d'épidémies à Cyclospora).

mardi 7 juillet 2026

Cas groupés de salmonellose en France liée à des œufs de Pologne

Cas groupés de salmonellose en France liée à des œufs de Pologne, source article de Joe Whitworth paru dans Food safety News 7 juillet 2026.

Une éclosion de cas de salmonellose survenue en France a probablement été causée par des œufs contaminés provenant de Pologne.

Seize personnes ont été contaminées par Salmonella Enteritidis, dont neuf hommes et sept femmes. Quatre personnes ont été hospitalisées. Les patients étaient âgés de 1 à 55 ans et présentaient principalement de la fièvre et de la diarrhée, selon Santé publique France.

En réponse aux questions de Food Safety News, la Direction générale de l'alimentation (DGAL) a indiqué que le lien initial avait été établi grâce à une enquête auprès de patients, révélant une corrélation entre l'apparition des symptômes et la consommation de produits contenant des œufs crus. L'origine de ces œufs a ensuite été déterminée grâce au code imprimé sur les coquilles.

Les œufs blancs incriminés étaient vendus en supermarché. Ils avaient déjà été consommés lorsque le lien entre la consommation d'œufs et l'apparition des symptômes a été établi, il n'y a donc pas eu de rappel.

La DGAL a indiqué avoir contacté les autorités polonaises afin de s'assurer que toutes les mesures soient prises pour garantir la sécurité des consommateurs.

Épidémie précédente :

Lors d’une précédente épidémie, l’unité régionale Île-de-France de Santé publique France avait été informée d’un foyer de 50 cas d’infection à Salmonella Enteritidis. Il s’agissait de l’épidémie la plus importante jamais enregistrée en Île-de-France, tant par le nombre de cas que par sa durée et sa gravité.

Commentaire

Un grand merci à Joe Withworth pour ces informations. Comme presque tout le temps, l’absence de transparence et d’information sont l’apanage une fois de plus de la DGAL et de Santé publique France.

lundi 22 juin 2026

PFAS : Quid de l’information du public ?

Une nouvelle étude de la Society for Risk Analysis (SRA) révèle que les informations en ligne sur les PFAS provenant de sources publiques peuvent être insuffisantes et ne fournissent pas au public suffisamment d'indications.

L’exposition aux polluants éternels, les substances perfluoroalkylées et polyfluoroalkylées (PFAS), a été associée à de graves problèmes de santé, tels que des atteintes au système immunitaire, des cancers, des complications de grossesse et des lésions hépatiques. Une nouvelle étude, publiée dans la revue Risk Analysis, révèle que les sites Internet consultés pour s’informer sur les PFAS ne fournissent pas suffisamment d’informations pour permettre aux internautes de se protéger efficacement.

Une étude de l'Université du Wisconsin a réalisé une analyse de contenu humaine et une analyse linguistique informatique de 98 sites Internet les plus consultés par les utilisateurs de Google aux États-Unis à la recherche d'informations sur les PFAS dans l'eau potable. Ces sites provenaient de tous les niveaux de gouvernement, d'organismes à but non lucratif, de services publics de distribution d'eau, de médias d'information, de centres de recherche et d'entreprises. 

En tant que principale source d'information, les plateformes en ligne doivent présenter les menaces liées aux PFAS de manière équilibrée, tout en fournissant des informations précises sur les stratégies de protection pour aider le public à réduire son exposition. Les auteurs de l'étude recommandent d'utiliser un langage clair et direct concernant les menaces connues, tout en reconnaissant les incertitudes. Par ailleurs, les plateformes en ligne devraient mieux refléter le niveau de vulnérabilité de leur public.

L'analyse a révélé que :

  • Les médias d'information décrivent correctement la menace, mais se trompent sur les solutions. Ils rendent compte avec exactitude de la gravité de la situation, mais restent insuffisants en matière de conseils pratiques.
  • La plupart des sites web ne mettaient pas en avant les informations permettant de réduire les risques. La plupart des sites web ne fournissaient pas d'informations sur la manière de réduire les risques liés aux PFAS sur leur page d'accueil, malgré des recherches antérieures suggérant que le public est avide de ces informations.

  • Les médias et les organisations à but non lucratif abordent les risques liés aux PFAS sur un ton anxiogène. Ce discours contraste fortement avec le langage employé par les sites web des collectivités locales et les régies des eaux, créant ainsi une incohérence.

  • Sans implication directe, les gens s'en désintéressent. Les sites des administrations locales et des services des eaux insistaient rarement sur le risque individuel, même lorsque des niveaux élevés de PFAS avaient été constatés dans leur région.

  • Les sites gouvernementaux peuvent induire les utilisateurs en erreur. Les informations sur l'efficacité des produits étaient souvent dissimulées derrière des liens plutôt que présentées d'emblée. Dans un cas précis, le site d'une administration locale redirigeait les utilisateurs d'un rapport à l'autre, masquant des données montrant que la contamination aux PFAS dépassait les seuils de sécurité.

Les personnes chargées de communiquer sur les PFAS sont confrontées à un défi de taille : les risques liés à l’exposition varient considérablement selon les régions et les connaissances scientifiques sont encore en évolution. Il est essentiel de communiquer efficacement sur les stratégies d’atténuation sans minimiser la menace que représentent les PFAS dans l’eau potable. 

« Si les personnes recherchant des informations sur les PFAS sont d'abord confrontées à des messages qui ne trouvent pas le juste équilibre, elles ne poursuivront pas leurs recherches sur les moyens de réduire leur exposition », explique Lyn M. van Swol, professeure en sciences de la communication à l'Université du Wisconsin-Madison et co-auteure de l'étude. « C'est pourquoi nous nous sommes concentrés sur les messages relatifs aux PFAS que le public consulte réellement, plutôt que sur toutes les sources disponibles. »

Commentaire

Le terme PFAS ou polluants éternels n'est-il pas lui-même anxiogène ? 
Est-ce que ce type d'observations est aussi valable pour l’Anses, notre agence d’évaluation des risques, à vous de voir ...

D’après mes informations, l’Anses a publié récemment :

MàJ du 1er juillet 2026. Substances per- et polyfluoroalkyles (PFAS) : des substances préoccupantes dans les emballages alimentaires

De nouvelles limites concernant les PFAS dans les emballages alimentaires entreront en vigueur en août 2026. La conformité devra être attestée par une déclaration de conformité transmise à l'importateur dans l'UE. Un guide présente les nouvelles règles et explique comment les opérateurs de la chaîne d'approvisionnement agroalimentaire peuvent s'y préparer.

mercredi 17 juin 2026

Sécurité des aliments dans l’UE : Comment fonctionne le réseau d’alerte? rapide, peu rapide ou pas rapide du tout ? C’est la question qui est posée !

En date du 22 avril 2026, la médiatrice de l’UE va ouvrir une enquête sur la manière dont la Commission garantit la fiabilité du système d’alerte de l’UE en matière de sécurité des aliments ou pour dire les choses plus précisément Comment la Commission européenne assure la protection des consommateurs contre les dangers liés aux denrées alimentaires au moyen du système d’alerte rapide pour les denrées alimentaires et les aliments pour animaux (RASFF).

Le blog a souvent qualifié, depuis plusieurs années, le RASFF de réseau d’alerte dit rapide … Le blog a publié de très nombreux articles sur les retards des rappels tant au niveau du RASFF de l’UE que de RappelConso en France, ici.

La Médiatrice européenne Teresa Anjinho a ouvert une enquête d’initiative sur la manière dont la Commission européenne assure la protection des consommateurs contre les dangers liés aux denrées alimentaires grâce au système d’alerte rapide pour les denrées alimentaires et les aliments pour animaux (RASFF).

La Médiatrice a décidé d’ouvrir l’enquête après qu’un certain nombre de parties prenantes ont fait part de leurs préoccupations quant au fonctionnement du système d’alerte. Ces préoccupations concernent d'éventuels retards dans la transmission de certaines alertes concernant un problème de sécurité des aliments ainsi que la transparence et la qualité des données mises à la disposition des citoyens.

En ouvrant l'enquête, Mme Anjinho attire l'attention sur les récents retards dans l'information des autorités nationales et européennes sur le lait infantile contaminé. Elle note également qu’un système d’alerte fiable et efficace en matière de sécurité des aliments est nécessaire pour protéger plusieurs droits au titre de la charte des droits fondamentaux de l’Union européenne, y compris le droit à la santé et à la protection des consommateurs.

La Médiatrice a posé une série de questions à la Commission pour obtenir un aperçu détaillé du fonctionnement du système. Il s’agit notamment de savoir combien de temps il faut en moyenne pour que les alertes soient diffusées aux membres du RASFF après qu’un risque a été identifié et combien de temps en moyenne il faut aux points de contact nationaux – généralement les autorités chargées de la sécurité des aliments – pour soumettre les notifications.

La Médiatrice a également demandé à la Commission si elle avait elle-même déjà identifié des risques avant qu’ils ne soient signalés par une autorité nationale et si elle envisageait d’introduire des mesures pour garantir que les notifications couvrent efficacement le commerce électronique.

Parallèlement, les médiateurs nationaux de toute l’Europe ont été invités à enquêter sur le fonctionnement du RASFF avec leurs autorités nationales, étant donné qu’un lien étroit entre les actions de la Commission et les autorités nationales concernant le système d’alerte est essentiel pour garantir son efficacité. En tant que coordinatrice du réseau européen des médiateurs, Mme Anjinho partagera ensuite ses conclusions avec la Commission.

Un certain nombre de questions à la Commission figurent à l'annexe de la présente lettre. Je vous saurais gré de bien vouloir recevoir la réponse de la Commission pour le 20 juillet 2026 au plus tard. Si la production d’informations concernant l’un des éléments nécessite une charge disproportionnée, j’invite la Commission à en informer l’équipe d’enquête dès que possible.

Liste des questions à la Commission

A) Lorsqu'un membre du réseau RASFF dispose d'informations relatives à l'existence d'un risque grave direct ou indirect découlant de denrées alimentaires et d'aliments pour animaux, il doit en informer immédiatement la Commission qui, après vérification des informations, les communique aux autres membres du RASFF. La Commission est invitée à fournir des informations sur les points suivants:
  • i. la manière dont il vérifie les informations reçues;
  • ii. Au cours des deux dernières années, combien de temps a été nécessaire en moyenne pour que les notifications d'alerte soient diffusées aux membres du RASFF après qu'un risque a été identifié; et si les délais de 48 heures et de 24 heures pour, respectivement, la soumission par les points de contact et la vérification/transmission par la Commission ont jamais été dépassés;
  • iii. dans le même délai, quel est le délai moyen pris par les points de contact pour soumettre les notifications et pour que la Commission les vérifie et les transmette dans le cas des informations, des nouvelles et des notifications de reclassement ;
  • iv. Enfin, quel est le temps moyen pris par les membres du réseau pour diffuser les notifications de rejet aux frontières, que la Commission ne vérifie qu’a posteriori ?

Pour les questions ii) à iv), la Commission est invitée à fournir l'aperçu statistique correspondant.

B) Comment la Commission procède-t-elle si elle identifie, à elle seule, un risque grave qui n'a pas (encore) été signalé par un membre du RASFF? Est-ce que cela s'est déjà produit, et si oui, comment cela a-t-il été géré ?

C) La Commission est responsable de la gestion du réseau RASFF. En outre, la Commission est également chargée d'assurer le fonctionnement, la maintenance, le support, la mise à jour ou le développement des logiciels et de l'infrastructure informatique sous-jacents à iRASFF. À la lumière de ce qui précède, la Commission est invitée à fournir des informations au Médiateur en ce qui concerne:

  • i. toutes les mesures qu’elle a prises pour garantir la qualité et la cohérence (modalités de notification, actualité) des notifications des points de contact, qu’il s’agisse de notifications d’alerte ou d’autres types de notifications;
  • ii. si elle envisage des mesures visant à garantir que les notifications tiennent mieux compte du contrôle de la sécurité des aliments par le secteur privé et couvrent efficacement le commerce électronique;
  • iii. En ce qui concerne iRASSF, la manière dont il garantit que le système repose sur la technologie la plus récente. En réponse à cette question, la Médiatrice souhaiterait que la Commission fournisse davantage d’informations sur TraceMap, y compris sur la manière dont il est concrètement utilisé dans le cadre du RASFF et sur la manière dont le contrôle humain et le respect de la législation sur l’IA sont assurés.

D) En ce qui concerne la fenêtre RASFF (y compris le portail des consommateurs), la Commission pourrait-elle expliquer si elle entend améliorer sa transparence, en particulier l’identification du nom du produit rappelé, et l’accessibilité du portail pour les citoyens vulnérables tels que les personnes âgées ou les personnes handicapées? Si la Commission n’a pas l’intention de mettre à disposition le nom des produits rappelés, pourrait-elle expliquer pourquoi son approche est différente de celle de Safety Gate pour les produits non alimentaires?

Commentaire

Je pense que la patate chaude va circuler au sein des différentes directions afin de savoir qui et comment répondre à ces interrogations, et il semble désormais évident, que le RASFF a été lié à de nombreux dysfonctionnements sur le dos des consommateurs …

Même s’il existe quelques exemples de rapidité, voir ici tout récemment, en France, RappelConso n’est pas exempt de tout reproche ...

lundi 15 juin 2026

C’est l’histoire de la fermeture en urgence d’un restaurant à Lyon

Côté pile, selon Lyon Mag, les dirigeants ont tenu à réagir après l'annonce de cette fermeture. Selon ces derniers, cette décision intervient après "le 12e contrôle sanitaire en six mois au sein de l'ensemble de nos établissements",lesquels auraient, selon eux, été "tous conclus sans anomalie majeure." 

Dans un communiqué, les restaurateurs indiquent que la préfecture leur a demandé de réaliser "certains travaux et aménagements complémentaires" à la suite des observations formulées lors du dernier contrôle de leur établissement des Cordeliers. Ils affirment notamment que des "traces de nuisibles ont été observées dans la cour de l'immeuble et non dans les espaces de préparation ou de service", précisant avoir été contraints de mener des travaux de"rebouchage et de sécurisation" de plusieurs points du bâtiment, aujourd'hui "entièrement achevés." 

D’après le communiqué, ils ont "immédiatement engagé toutes les actions nécessaires" afin de répondre aux exigences des autorités et soutiennent que "les mesures correctives ont été intégralement mises en place". Ils indiquent enfin avoir profité de cette période pour "renforcer la formation" de leurs équipes en matière d'hygiène alimentaire et de procédures HACCP. "Aujourd'hui, tout est rentré dans l'ordre et nous sommes dans l'attente de la validation des autorités compétentes pour pouvoir rouvrir nos portes très prochainement", concluent-ils, tout en remerciant leurs clients pour leur "fidélité", leur "confiance" et leurs nombreux messages de soutien.

Ētrange communication de ces restauateurs : en quoi des contrôles satisfaisants dans d’autres établissements signifient-ils que tout va bien dans un autre établissement récemment contrôlé ?

Côté face, par un arrêté préfectoral, la préfecture du Rhône a prononcé la fermeture administrative de l'établissement de restauration, mesure est effective depuis le 12 juin et restera en vigueur jusqu'à la réalisation de l'ensemble des mesures correctives exigées par les autorités.

Cette décision intervient à la suite d'un contrôle réalisé le jour même par un agent du Bureau Veritas Exploitation, dans le cadre des contrôles officiels délégués par les services de l'État. Selon l'arrêté, le rapport établi à l'issue de cette inspection a mis en évidence des "manquements graves aux règles d'hygiène."

Parmi les principaux constats figurent notamment la "présence de déjection de souris", "la détention de denrées périmées", le "non-respect des températures de conservation des denrées" ou encore "l'absence de traçabilité des denrées." Les inspecteurs ont également relevé l'absence de système de ventilation adapté dans certaines zones de production ainsi qu'un "défaut caractérisé de maintenance et de nettoyage des locaux de production et de stockage ainsi que des équipements."

L'arrêté mentionne également l'absence de plusieurs procédures sanitaires essentielles. Les services de l'État évoquent notamment "l'absence de référence HACCP", "l'absence de gestion et de surveillance concernant les opérations à risques", mais aussi l'absence d'autocontrôles microbiologiques, de bonnes pratiques d'hygiène du personnel ou encore de formation du personnel à l'hygiène alimentaire.

Last but not the least, La préfecture souligne par ailleurs que ces manquements interviennent malgré des démarches déjà engagées auparavant. Le document rappelle en effet "la non-réalisation de la mise en demeure du 11 mai 2026" et estime que "la situation sanitaire s'est dégradée depuis le 11 mai 2026."

Si au lieu de dépenser son argent en com, les dirigeants le dépensaient utilement dans la sécurité des aliments, ça se saurait ...

mercredi 3 juin 2026

Choses lues sur la listériose, ministère de l'Agriculture vs Santé publique France

En date du 2 juin 2026, le ministère de l’Agriculture publie, « Zoonoses : les fiches techniques ».

Chaque fiche détaille l'agent responsable de la maladie, les modes de transmission ainsi que les symptômes chez l'animal et chez l'homme. Les mesures de prévention et la conduite à tenir en cas de contaminations sont ensuite précisées.

A la lecture de la fiche sur la listériose, le blog a constaté une approximation liée au nombre de cas. Il est indiqué « En France, 250 à 300 cas par an. »

Ce n’est pas l’avis de Santé publique France qui rapporte :

Entre 1999 (première année de mise en place de la déclaration obligatoire) et 2005, le nombre annuel de cas de listériose a fluctué entre 188 et 269 cas. Ce nombre a augmenté entre 2006 et 2020, fluctuant selon les années entre 276 et 414 cas.
Depuis 2021, le nombre annuel de cas de listériose est en augmentation nette, avec 619 cas notifiés en 2024.

Dans l’article du blog du 16 mars, Choses lues sur la listériose, Anses vs Santé publique France, j’avais déjà signalé des approximations sur les données de la listériose …, et fort heureusement, le blog était déjà là !

Santé publique France recense 400 à 600 cas par an, comme le montre le document Listériose en France. Période 1999-2024. Voir la figure ci-dessous.

Tout comme le blog a signalé à plusieurs reprises la très très grande discrétion de Santé publique France dans la diffusion de l’information sur les données TIAC en France en 2023Est-on obligé de croire les fadaises de Caroline Semaille, directrice générale de Santé publique France, quand elle écrit !
  • 10 ans d'engagement et d'action au service de la santé publique
  • Construire la santé publique de demain
  • Santé publique France s'est construite sur un modèle capable de produire des données robustes et de les traduire en leviers d'action. Elle dispose de l'expérience pour relever les défis de la nouvelle décennie, avec l'appui d'un collectif de partenaires mobilisés.
Des mots, des voeux pieux, des paroles ...

dimanche 17 décembre 2023

Pyrénées-Orientales : Fermeture administrative d'un restaurant à Perpignan suite à des manquements et en raison du risque pour la santé des consommateurs

Enfin, cela commence à bouger dans d‘autres département que le 95,93 et 30, bienvenue aux Pyrénées-Orientales !
 De nombreuses non conformités ont été relevées, notamment :
- défaut d’évacuation des eaux usées par les canalisations,
- infestation par les nuisibles (cafards),
- vétusté et manque d'entretien des locaux et des équipements,
- absence de poste de lavage des mains pour assurer l’hygiène des manipulations,
- denrées comportant des dates limites de consommation dépassées.

Du fait de la gravité de ces manquements et en raison du risque pour la santé des consommateurs, le préfet du 66 a pris la décision de fermer l'établissement.
La mesure de fermeture sera levée dès que l’établissement sera aux normes en vigueur.

Commentaires d’internautes
- Enfin, après toutes ces années où il a profité de tous les employés qu’il a eu de l’argent volé du temps passé dans ce restaurant dégueulasse des travaux promis, mais jamais fait sous payer sous prétexte qu’il fallait payer des choses dans le restaurant.
- Absence de poste de lavage des mains et il prend juste une fermeture administrative ?
- C'était un problème bien connu dans ce restaurant visiblement.
- Ça veut imiter le préfet95 mais vous arriverez jamais à leur cheville.
- non mais cette dinguerie ! Le préfet du 66 rentre dans le ring avec le préfet du 95 et le préfet du 93 ! c'est plus un match mais une battle-royale ! Si ça continue, on va passer les fêtes de fin d'année sans choper une touristas à cause de la malbouffe hygiéniques des restos ! merci à eux!