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lundi 16 octobre 2023

Suisse : Les PFAS dans l'eau potable, selon l’Association des chimistes cantonaux

«PFAS dans l’eau potable : derniers résultats de l’Association des chimistes cantonaux de Suisse (ACCS), 12 octobre 2023.

Fabriquées par l’industrie depuis des décennies, les substances per- et polyfluoroalkylées (PFAS) forment un groupe de produits chimiques difficilement dégradables. Parmi elles, on peut citer les PFOS (acide perfluorooctane sulfonique et ses sels) et les PFOA (acide perfluorooctanoïque et ses sels), deux composés entièrement fluorés. En raison de leurs propriétés techniques, ces deux substances ont été utilisées pendant de nombreuses années dans divers processus et produits industriels, notamment dans les textiles, les appareils électroniques, les enduits pour le papier, les peintures, les mousses anti-incendie et les farts. Elles se distinguent par leur stabilité biologique, chimique et thermique ainsi que par leurs propriétés hydrofuges et antigraisse. Bien que l’UE ait entre-temps largement interdit l’utilisation des PFOS et des PFOA afin de réduire les risques potentiels pour la santé et l’environnement, ces substances sont toujours décelées dans l’environnement, la chaîne alimentaire et le corps humain.

Les PFAS s’accumulent notamment dans les aliments d’origine animale et l’eau potable. Des valeurs maximales pour certaines PFAS, tels les PFOS et les PFOA, ont déjà été définies dans l’ordonnance sur l’eau potable et l’eau des installations de baignade et de douche accessibles au public (OPBD). L’Office fédéral de la sécurité alimentaire et des affaires vétérinaires (OSAV) prévoit par ailleurs de reprendre la valeur maximale applicable à la «somme PFAS» introduite dans la directive de l’UE sur l’eau potable 2020/2184. Englobant 20 PFAS considérées comme préoccupantes pour l’eau destinée à la consommation humaine, cette valeur maximale cumulée a été fixée à 0,1 µg/l.

Des analyses menées par les laboratoires cantonaux ces trois dernières années ont révélé que, en Suisse, l’eau potable pouvait contenir des PFAS. L’Association des chimistes cantonaux de Suisse (ACCS) a réalisé en 2023 une évaluation complète sur la présence de PFAS dans l’eau potable en Suisse. Ses objectifs ? Se faire une idée de la situation à l’échelle nationale et pouvoir, si nécessaire, prendre des mesures avant même l’introduction de valeurs maximales plus strictes.

Campagne 2023 de l’ACCS sur l’eau potable : résultats

Cinq laboratoires cantonaux ont analysé 564 échantillons d’eau potable prélevés dans toute la Suisse et dans la Principauté de Liechtenstein. Ces prélèvements couvraient l’approvisionnement en eau potable d’environ 70% de la population suisse.

Les analyses n’ont décelé aucun résidu de PFAS dans 306 échantillons (54%). Tous les échantillons étaient conformes aux valeurs maximales qui figurent dans l’OPBD. Seuls cinq échantillons sur 564 (0,9%) dépassaient la valeur maximale européenne (directive sur l’eau potable 2020/2184) pour la «somme PFAS» (0,1 µg/l), qui n’est à l’heure actuelle pas contraignante en Suisse. À noter que des voies d’apport ponctuelles de PFAS, comme les terrains d’entraînement à la lutte contre le feu, peuvent souvent expliquer une légère augmentation des teneurs mesurées.

Les résultats indiquent que l’eau potable issue des eaux souterraines présente des valeurs de PFAS légèrement plus élevées que celle provenant des eaux de surface. Le bilan de cette campagne est comparable aux chiffres obtenus par l’Office fédéral de l’environnement (OFEV) dans ses analyses des eaux souterraines.

Et ensuite ?

Les laboratoires cantonaux compétents ont informé les distributeurs d’eau des résultats. Ils ont recommandé aux cinq distributeurs d’eau potable concernés par une teneur en PFAS supérieure au futur plafond «somme PFAS» de 0,1 µg/l d’en avertir les consommateurs. Étant donné que la Confédération devrait reprendre les valeurs maximales plus strictes de l’UE, les distributeurs d’eau seront dans l’obligation de déterminer quelles mesures leur permettront de respecter la nouvelle valeur maximale cumulée.

Si la campagne s’est soldée par un constat réjouissant en ce qui concerne les résidus présents dans l’eau potable en Suisse, l’ACCS estime cependant que des substances difficilement dégradables ne devraient pas se retrouver dans l’environnement, et encore moins dans l’eau potable. Ce n'est qu'en protégeant consciencieusement les ressources en eau potable que l'on peut éviter des processus de traitement de l'eau complexes et coûteux. Les distributeurs d’eau potable et l’ACCS maintiendront un suivi régulier de l’évolution des teneurs en PFAS de l’eau de nos robinets

Complément

Selon la directive précité,

Par «Somme PFAS», on entend la somme des substances alkylées per- et polyfluorées qui sont considérées comme préoccupantes pour les eaux destinées à la consommation humaine et dont la liste figure à l’annexe III, partie B, point 3. Il s’agit d’un sous-ensemble des substances constituant le Total PFAS qui contiennent un groupement de substances perfluoroalkylées comportant trois atomes de carbone ou plus (à savoir, –CnF2n–, n ≥ 3) ou un groupement de perfluoroalkyléthers comportant deux atomes de carbone ou plus (à savoir, –CnF2nOCmF2 m–, n et m ≥ 1). 

Mise à jour du 25 octobre 2023

La Royal Society of Chemistry (RSC) a appelé le gouvernement britannique à mettre en œuvre des réglementations plus strictes concernant les substances per- et polyfluoroalkyles (PFAS) dans l'eau potable. L'appel de la RSC fait suite aux preuves croissantes de la nature répandue et persistante des PFAS, communément appelés «produits chimiques éternels», dans l'environnement et de leurs effets néfastes sur la santé humaine. 

mercredi 27 juillet 2022

De nombreux joints de couvercles sont inadaptés pour les conserves, selon les chimistes cantonaux de Suisse

Communiqué de presse du 26 juillet 2022 sur la Campagne de contrôle des chimistes cantonaux de Suisse et de la Principauté de Liechtenstein, «Nombreux joints de couvercles inadaptés pour les conserves de verre au contenu huileux».

Dans le cadre d'une campagne nationale menée par les chimistes cantonaux, des aliments contenant de l'huile ont été analysés dans des conserves en verre afin de déterminer s'ils étaient contaminés par des plastifiants provenant des joints de couvercle. Dans environ un quart des échantillons avec des joints de couvercle en PVC, les teneurs en plastifiants dans les aliments étaient si élevées qu'elles ont dû être contestées. Il existe certes des alternatives aux joints en PVC, mais elles sont encore trop rarement utilisées.

En raison de leurs propriétés chimiques, les plastifiants utilisés dans les joints de couvercles en PVC peuvent être absorbés par les aliments contenant une forte proportion d'huile, par exemple les légumes mis en place ou le pesto. L'utilisation de couvercles en PVC n'est pas interdite. Il convient toutefois d'être particulièrement prudent dans le choix des plastifiants utilisés à cet effet.

Nombreuses réclamations
Le problème est connu depuis des années dans le secteur alimentaire. Les autorités suisses de contrôle des denrées alimentaires ont déjà mené des enquêtes de ce type il y a plusieurs années et ont émis à plusieurs reprises de nombreuses contestations. Lors de la campagne actuelle, trop d'échantillons ont également dû être contestés en raison de l'utilisation de matériaux d'étanchéité inappropriés : Les aliments étaient en partie massivement contaminés par des plastifiants.

Les échantillons non conformes ont dû être retirés de la vente. Les entreprises concernées ont été invitées à accorder plus d'attention à la migration des plastifiants des joints de couvercles dans le cadre de l'auto-contrôle.

Pas de risque immédiat pour la santé
Malgré les dépassements de la valeur maximale constatés, la nature et la quantité des plastifiants trouvés ainsi que la faible quantité consommée de ces produits ne permettent pas de conclure à un risque pour la santé. Les impuretés sont toutefois considérées comme évitables et sont donc indésirables. La charge totale en plastifiants, qui provient également d'autres sources telles que les cosmétiques, les revêtements de sol, les emballages plastiques, les jouets, les vernis, les colles, les câbles, etc. C'est pourquoi des mesures de réduction doivent également être prises pour les denrées alimentaires et leurs emballages et des valeurs maximales doivent être respectées.

Il existe des alternatives aux joints en PVC
Sur certains des produits recensés, le joint du couvercle n'était pas en PVC. Ces couvercles ne sont pas critiques en ce qui concerne la migration des plastifiants et sont disponibles en grandes quantités depuis une dizaine d'années. Une proportion plus élevée de ces joints de couvercle a été trouvée, en particulier dans les fabricants de denrées alimentaires . produits des grands distributeurs et des grands La proportion d'échantillons conformes avec des joints en PVC était également plus élevée dans les produits de ces fournisseurs.

Les petits producteurs et ceux d'outremer ne veillent pas encore suffisamment couvercles appropriés. L'objectif de cette campagne était de sensibiliser à utiliser une nouvelle fois les entreprises responsables et de les inviter à un autocontrôle plus efficace .

Aux lecteurs du blog
La revue PROCESS Alimentaire censure pour une triste question d’argent les 10 052 articles initialement publiés gracieusement par mes soins de 2009 à 2017 sur le blog de la revue, alors que la revue a bénéficié de la manne de la publicité faite lors de la diffusion de ces articles. La revue PROCESS Alimentaire a fermé le blog et refuse tout assouplissement. Derrière cette revue, il faut que vous le sachiez, il y a une direction aux éditions du Boisbaudry, pleine de mépris, et un rédacteur en chef complice !

vendredi 10 juin 2022

Listériose en Suisse: les mesures de protection sont insuffisantes contre les agents pathogènes

«Listériose : mesures de protection insuffisantes contre les agents pathogènes», selon l’Association des chimistes cantonaux de Suisse.

La listériose est une maladie infectieuse bactérienne grave, principalement causée par des aliments contaminés. C'est pourquoi les producteurs de denrées alimentaires doivent prendre des mesures de protection qui garantissent la sécurité de leurs produits. Dans le cadre d'un contrôle effectué dans toute la Suisse par les chimistes cantonaux, plus de 100 entreprises alimentaires ont été inspectées sur le respect de leurs obligations légales. Ces contrôles révèlent que des améliorations sont nécessaires.

L'agent pathogène Listeria monocytogenes peut se retrouver à différentes étapes de la production d’aliments d'origine animale et végétale. Les aliments crus et les produits prêts à consommer tels que les produits laitiers, la charcuterie, les poissons fumés ou les salades prêtes à l'emploi sont le plus souvent concernés. Cet agent pathogène peut provoquer des symptômes graves, en particulier chez les personnes dont les défenses immunitaires sont affaiblies, et entraîner une fausse couche chez les femmes enceintes. En Suisse, plusieurs épidémies de listériose se sont manifestées ces dernières années, provoquant de nombreux cas de maladie voire des décès.

Deux tiers des établissements contrôlés présentent des lacunes
Afin que les produits remis aux consommateurs soient sûrs et ne présentent aucun risque pour la santé, les entreprises du secteur alimentaire doivent prendre des mesures de protection appropriées. Celles-ci comprennent, par exemple, la garantie d'une hygiène de production irréprochable ou des analyses périodiques en laboratoire des produits et de leur environnement de fabrication. Les chimistes cantonaux de Suisse et de la Principauté du Liechtenstein ont contrôlé l'application de ces mesures de protection dans 115 entreprises qui produisent des denrées présentant un risque élevé de contamination par la Listeria. Deux tiers (65%) des entreprises ne remplissaient pas les exigences du droit alimentaire, de sorte que des contestations ont dû être prononcées. Les manquements les plus fréquents concernaient l'infrastructure, l'hygiène de production ou le contrôle de l'environnement de production. Les chimistes cantonaux ont ordonné des mesures pour remédier à ces manquements. De plus, trois entreprises ont été dénoncées à l’autorité pénale.

A propos des contrôle des denrées alimentaires en Suisse
Le contrôle des denrées alimentaires et des objets usuels est effectué par les cantons, qui procèdent à des inspections et à des analyses de laboratoire approfondies. Sous la direction des chimistes cantonaux, ils veillent au respect des prescriptions légales et garantissent ainsi la sécurité des denrées alimentaires et la protection des consommateurs.

Commentaire
Chez nous, pas de communiqué en ce sens, il est vrai qu'il suffit de suivre les rappels relatifs à la présence de Listeria monocytogenes qui sont très nombreux, autour de 150-160 rappels depuis le début de l'année 2022, qui dit mieux ?

Aux lecteurs du blog
Je suis en conflit depuis plusieurs années avec la revue PROCESS Alimentaire pour une triste question d’argent qui permettrait de récupérer et de diffuser correctement les 10 052 articles initialement publiés gracieusement par mes soins de 2009 à 2017 sur le blog de la revue, alors qu’elle a bénéficié de la manne de la publicité faite lors de la diffusion de ces articles. La revue PROCESS Alimentaire s’est comportée et continue de se comporter en censeur et refuse tout assouplissement pour la modique somme de 500 euros. N’ayant pas les moyens d’aller devant la justice, je leur fait ici de la publicité gratuite. Derrière cette revue, il y a des aimables censeurs, les journalistes complices de la direction !