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lundi 11 mai 2026

Où il est question de l’« hypothèse d’une colonisation secondaire » par Listeria monocytogenes pour expliquer sa persistance

Une mini revue paru récemment dans J. Food Protection traite de l’« hypothèse d’une colonisation secondaire » par Listeria monocytogenes pour expliquer la persistance de cette bactérie dans les environnements de fabrication alimentaire (The Secondary Colonizer Hypothesis: an Ecological View of Listeria monocytogenes Persistence in Food Processing Environments). A suivre si vous pensez que cette hypothèse est acceptable...

L'hypothèse d’un colonisation secondaire repose sur la spécialisation de L. monocytogenes en tant qu'opportuniste écologique exploitant la dynamique temporelle de la succession des communautés de biofilms, ciblant préférentiellement les niches créées par la dispersion du biofilm.

Faits saillants

- Proposition d’une « hypothèse d’une colonisation secondaire » par Listeria monocytogenes.
- L. monocytogenes exploite les vides des biofilms et utilise de nouvelles voies métaboliques.
- Le métabolisme du propylène glycol, de l’éthanolamine, du glycérol et du fer lui confère des avantages.
- Veillonella est identifiée comme une espèce potentiellement intermédiaire dans la succession écologique.
- Les protocoles de nettoyage doivent être revus afin de gérer cette niche écologique.

Résumé

Listeria monocytogenes présente une persistance remarquable dans les environnements de transformation alimentaire, en particulier dans les zones où des biofilms sont déjà établis. Cette communication synthétise les données émergentes en faveur d’une nouvelle stratégie écologique selon laquelle L. monocytogenes agit comme un colonisateur secondaire, exploitant les vides créés lors de la dispersion des biofilms bactériens Gram négatif.

Nous proposons l’« hypothèse de colonisation secondaire » : L. monocytogenes utilise une stratégie de succession temporelle sophistiquée, colonisant les vides des biofilms caractérisés par de forts gradients d’oxygène et des débris riches en phosphatidyléthanolamine provenant des colonisateurs primaires dispersés. Cette stratégie met en œuvre des voies métaboliques spécialisées, notamment le catabolisme de l'éthanolamine, du propylène glycol et du glycérol dépendant de la cobalamine, tout en utilisant simultanément la réduction du fer ferrique pour la respiration. Ce couplage métabolique permet à chaque cellule bactérienne d'accumuler du fer via le stockage de protéines de type ferritine, créant ainsi des avantages compétitifs grâce à une limitation localisée. Des données récentes identifient Veillonella comme une espèce clé, susceptible de faciliter cette succession écologique par complémentarité métabolique. Notamment, bien que L. monocytogenes coexiste avec des bactéries Gram-positif, sa spécialisation métabolique pour la capture de l'éthanolamine et du fer suggère une adaptation préférentielle aux milieux riches en nutriments de biofilms dispersés de bactéries Gram-négatif. Les implications pour les protocoles de sécurité des aliments, en particulier les formulations de produits chimiques de nettoyage et les stratégies de surveillance écologique, exigent une attention immédiate.

Conclusions et perspectives

L’hypothèse du colonisateur secondaire offre un cadre unificateur pour comprendre la persistance environnementale et la pathogénicité de Listeria monocytogenes à travers le prisme de la succession écologique plutôt que du simple opportunisme métabolique. En agissant comme un colonisateur secondaire spécialisé qui exploite la dynamique temporelle du renouvellement des biofilms, ce pathogène a développé des mécanismes sophistiqués pour identifier, coloniser et maintenir des niches écologiques dans les environnements de transformation alimentaire. Cette compréhension écologique exige une révision des approches de management de la sécurité des aliments, prenant en compte la dynamique de succession de communautés plutôt que de se concentrer uniquement sur les populations individuelles de pathogènes.

L’écart temporel entre la formation du biofilm primaire et la colonisation secondaire suggère qu’une gestion proactive de la dynamique des biofilms, plutôt qu’une détection réactive du pathogène, pourrait s’avérer plus efficace pour le contrôle de la contamination à long terme. Des recherches prioritaires devraient se concentrer sur la caractérisation de la dynamique temporelle de la succession des biofilms dans les environnements de transformation alimentaire. Les paramètres clés incluent le moment de la dispersion, les facteurs environnementaux déclencheurs du renouvellement des communautés et la cinétique de colonisation des espèces secondaires. Un suivi écologique à long terme en milieu industriel devrait permettre d’établir une succession de profils et d’identifier les facteurs environnementaux qui favorisent ou inhibent la colonisation secondaire. Les recherches sur les interactions spécifiques entre les bactéries formant les biofilms primaires et Listeria monocytogenes nécessitent le développement de systèmes de biofilms multi-espèces contrôlés, reproduisant les conditions industrielles. Une analyse détaillée des microenvironnements des biofilms devrait quantifier la disponibilité des nutriments, les gradients d'oxygène, le pH et la spéciation du fer dans différents contextes industriels. La compréhension des conditions physico-chimiques spécifiques favorisant la colonisation secondaire permettra des modifications environnementales ciblées. Le développement d'approches perturbant la succession écologique sans induire de pression de sélection pour la résistance devrait privilégier les interventions temporelles, la restructuration des communautés microbiennes et l'élimination des niches écologiques défavorables.

L'hypothèse d'un colonisateur secondaire redéfinit fondamentalement la perception de L. monocytogenes, passant d'une bactérie opportuniste tolérante au stress à une bactérie spécialiste sophistiquée, adaptée à l'exploitation de profils de succession prévisibles. Ce changement de perspective est essentiel pour l'élaboration de la prochaine génération de stratégies de sécurité des aliments qui prennent en compte le contexte écologique de la persistance des pathogènes plutôt que de considérer la contamination comme un ensemble d'événements isolés.

lundi 4 mai 2026

Maîtrise de Listeria monocytogenes dans l'environnement de transformation des aliments : Leçons tirées d'une entreprise de transformation du saumon

Maîtriser Listeria monocytogenes dans l'environnement de transformation des aliments : Leçons tirées d'une entreprise de transformation du saumon associée à des épidémies (Controlling Listeria monocytogenes in the food processing environment: Lessons learned from a salmon processor associated with outbreaks). International Journal of Food Microbiology Volume 449, 16 March 2026.

Cette étude examine les sources de contamination et les mesures de réduction selon une approche approche de ‘recherche et destruction’ (Seek and Destroy') chez un producteur de saumon fumé à froid impliqué dans deux épidémies de listériose dues à L. monocytogenes ST 121.

Sur une période de 11 semaines, 329 échantillons ont été analysés (140 surfaces en contact avec les aliments, 41 surfaces non en contact avec les aliments et 148 échantillons de saumon ou de produits dérivés). Les analyses effectuées sur la chaîne de production ont révélé une contamination après le pelage et/ou le salage. La machine à peler a été identifiée comme la principale source de contamination : la souche responsable de l'épidémie a persisté sur deux convoyeurs et un rouleau rempli d'air.

Malgré un nettoyage et une désinfection approfondis, un traitement de la salle entière au peroxyde d'hydrogène et une exposition de la machine à décortiquer à une température de 80°C pendant 66 heures (à l'exclusion des convoyeurs et du rouleau thermosensibles), la contamination a récidivé. Le remplacement de la machine à peler, associé à un renforcement des mesures d'hygiène (incluant le démontage et l'ébullition des aiguilles d'injection de saumure), a permis d'éliminer toute trace de la bactérie dans 34 échantillons de saumon et 53 échantillons environnementaux entre les semaines 8 et 11. Au cours des 8 mois de suivi, aucun des 220 échantillons de produits testés n'a présenté de résultat positif.

Le séquençage du génome entier (SGE) a été réalisé sur 37 isolats : 21 prélevés lors de l'investigation menée dans l’usine (semaines 1 à 11), neuf isolats historiques et sept isolats issus d'expériences de suivi réalisées avec la machine à peler mise au rebut (cette pratique a été déjà souligné par le blog à plusieurs reprises -aa). Tous appartenaient au ST121, et un groupe correspondait à la souche responsable de l'épidémie.

Cette étude souligne l'importance d'une conception hygiénique des équipements de transformation alimentaire (en particulier les matériaux et interfaces des bandes transporteuses et des rouleaux) et l'intérêt du SGE pour identifier les contaminations persistantes lors de la transformation des produits de la mer prêts à consommer.

Un autre enseignement opérationnel est que les prélèvements classiques par écouvillonnage peuvent ne pas détecter certaines zones internes. Un échantillonnage normal avec des écouvillons en tissu n'a pas permis de déceler de contamination sur les pièces suspectes, tandis que l'immersion de pièces de machine dans un bouillon de pré-enrichissement pour Listeria a permis d'identifier L. monocytogenes sur les courroies et le rouleau. Cette méthode a été mise en œuvre dans une installation de biosécurité conçue pour la manipulation de matériaux contaminés et n'est pas adaptée à l'industrie agroalimentaire, car elle peut entraîner une prolifération importante de L. monocytogenes. Elle a toutefois démontré que la contamination dans les zones de refuge peut échapper à la détection par les méthodes d'échantillonnage de surface conventionnelles.

Conclusion

La maîtrise de la persistance de Listeria monocytogenes dans les installations de transformation alimentaire exige une approche multifactorielle.

La conception hygiénique des équipements est essentielle, car la détection de L. monocytogenes sur des surfaces « propres » est difficile en raison de la faible concentration de la bactérie cible et de la présence de zones poreuses ou inaccessibles.

La décontamination chimique seule s'est avérée insuffisante pour une élimination efficace, malgré un nettoyage en profondeur approfondi, un démontage et d'autres interventions.

De plus, l'utilisation de la chaleur comme mesure de maîtrise est limitée lorsque les matériaux ne supportent pas l'exposition à la chaleur. Le séquençage du génome entier (WGS) est précieux pour identifier plusieurs souches persistantes étroitement apparentées, mais son coût élevé et l'accès limité aux données de séquençage de santé publique peuvent entraver la confirmation de l'élimination des clones responsables d'épidémies.

Dans le cas précis de cette étude, l'identification et lenlèvement de la machine à peler contaminée, associés à des protocoles de nettoyage renforcés, ont finalement permis d'éliminer la souche responsable de l'épidémie liée à l'établissement.

Le partage des résultats détaillés et des stratégies de réduction issues des enquêtes sur les contaminations persistantes à L. monocytogenes peut fournir des informations précieuses à l'industrie alimentaire, contribuant ainsi à améliorer la sécurité des aliments et à réduire le risque de futures épidémies de listériose.

Commentaire.

Si chacun pouvait faire profiter de son expérience en la matière ...

mercredi 29 avril 2026

Listeria et nettoyage-désinfection : un jour sans fin ?

Un article va bientôt paraître dans la revue Journal of Food Protection, « Gestion de Listeria par le nettoyage-désinfection : retours d’expérience des entreprises alimentaires et des fabricants de produits de nettoyage et de désinfection ».

L’expérience de 130 transformateurs alimentaires de 15 pays a été recueillie par le biais d'une enquête en ligne, et 12 fabricants d'agents de nettoyage et de désinfection de six pays ont été interrogés.

64% ont dit avoir détecté Listeria spp. dans l’environnement de transformation alimentaire au moins une fois au cours des cinq dernières années.

13% ont signalé des détections répétées (ou contamination persistante) au même endroit pendant plus de trois mois.« Il est souvent nécessaire de moderniser les équipements pour lutter contre la contamination persistante à Listeria. », entendez par là, « lorsque le nettoyage et la désinfection ne permet pas d'éradiquer Listeria spp., il peut être nécessaire d'éliminer physiquement le site de contamination, en remplaçant l'équipement entier ou les parties colonisées. »

Il me semble qu’il faut remplacer dans le texte « il peut être nécessaire d'éliminer physiquement le site de contamination » par « il est nécessaire d'éliminer physiquement le site de contamination.» 

L’expérience a montré que des échanges d’équipements entre différents sites alimentaires d’un même groupe ont permis de se ‘refiler’ la contamination par Listeria spp., en particulier avec des bandes convoyage ...
De même, si au bout de trois nettoyage-désinfection, Listeria spp. est toujours persistent, l’équipement est à changer ...

Étant donné que les protocoles de>ttoyage et de désinfection ne sont pas uniques, et pas toujours bien mis en œuvre, il apparaît difficile de comparer l’efficacité des produits de nettoyage d’une part et les produits de désinfection d’autre part. 

L’article indique qu’« Aucune corrélation a été établie entre le principe actif des agents de décontamination utilisés et l'élimination de Listeria spp. » 

L’article parle de « sols » mais ne dit rien sur les siphons de sols, qui sont pourtant les témoins réels de la contamination d’un atelier de production alimentaire, sans doute dans une prochaine étude ...

mardi 24 mars 2026

Listeria monocytogenes pour les Nuls. Plus que 99 jours d'ici le 1er juillet 2026 !

Vient de paraître dans Food Protection Trends, un article payant intitulé, Listeria monocytogenes for Beginners: Hard Lessons Learned, que le blog a traduit par Listeria monocytogenes pour les Nuls ...

Si vous êtes novice en matière de Listeria monocytogenes (et même si ce n'est pas le cas), cet article vous fournira des informations utiles sur cet organisme : sa nature, son mode de développement, les risques qu'il représente pour la santé publique et son statut réglementaire à travers le monde. Nous vous expliquerons comment détecter la bactérie et vous présenterons des ressources utiles à cette recherche. Listeria monocytogenes est un problème courant dans presque toutes les usines agroalimentaires ; de nombreuses ressources sont donc disponibles pour vous aider.

Ce site rappelle fort opportunément que le tournant du 1er juillet 2026 arrive bientôt avec l’application du Règlement UE 2024/2895 (règlement (UE) 2024/2895 de la Commission du 20 novembre 2024 modifiant le règlement (CE) n°2073/2005 en ce qui concerne Listeria monocytogenes) qui introduitune rupture majeure’ dans la gestion des aliments prêts à l’emploi ou prêts à être consommés.

L’inversion de la charge de la preuve. L’industriel doit désormais prouver notamment via un challenge test, que le seuil de 100 ufc/g ne sera pas dépassé sur toute la durée de vie du produit.

Le critère d’absence par défaut. En l’absence de données de validation robustes, la norme devient l’absence totale (non détection dans 25g), augmentant aissi le risque de non-conformité réglementaire.
La base étant la maîtrise de l’environnement de fabrication, l'absence de Listeria monocytogenes dans l’environnement signifie absence de Listeria monocytogenes dans le produit fini.

Le compte à rebours a déjà commencé. Nous sommes à 99 jours du 1er juillet 2026.

vendredi 13 mars 2026

Contamination croisée et dramatiques conséquences par l'exemple

Santé publique France est sélectif dans ses informations sur la santé publique et encore plus sur la sécurité des aliments.

Pas un mot sur les laits infantiles contaminés par une toxine de Bacillus cereus, mais abondance relative d’informations sur de cas de listériose en lien avec la consommation de produits de charcuterie prêts à consommer. 

Cela étant, le compte n’y est pas

Santé publique France communique le12 mars, sur un point au 10 mars de « Cas de listériose en lien avec la consommation de produits de charcuterie prêts à manger de l’entreprise Drôme Ardèche Tradition ».

La raison probable est que les produits de cet établissement sont susceptibles d’avoir été contaminés après cuisson

12 patients atteints de listériose, avec des prélèvements positifs réalisés entre le 13/10/2025 et le 23/01/2026. Parmi ces cas, 7 ont été recensés en janvier 2026. Aucun nouveau cas n’a été identifié depuis le 11/02/2026. 2 décès ont été signalés.

Les cas identifiés résident dans les régions : Auvergne-Rhône-Alpes (9), Bourgogne-Franche-Comté (1), Normandie (1), et Nouvelle-Aquitaine (1).

Depuis 2021, le nombre annuel de cas de listériose est en augmentation nette, avec 619 cas notifiés en 2024. Sur la période 2021-2024, l’incidence régionale moyenne de la listériose était la plus forte en Bretagne, en Normandie, et en Corse. Voilà que cette épidémie semble changer la donne ...

Origine de la contamination

Les investigations épidémiologiques ont permis d’identifier, début février, que plusieurs patients avaient consommé du pâté en croûte. Les enquêtes de traçabilité ont confirmé que ces produits provenaient d’une même entreprise, Drôme Ardèche Tradition (26). Par mesure de sécurité, la mise sur le marché de tous les produits de cet établissement susceptibles d’avoir été contaminés après cuisson a été suspendue. Un retrait-rappel des produits commercialisés (lien de Food Safety News plus fiable que celui fourni par la préfecture de la Drôme) a été lancé le 5 mars 2026.

A noter une notification au RASFF de l’UE, 2026.1933, le 12 mars de la présence de Listeria monocytogenes dans des produits de viande suite à un autocontrôle de l’entreprise, sans plus de précision ...

Les analyses du CNR des Listeria ont confirmé que des souches isolées de produits de l’établissement présentaient les mêmes caractéristiques que celles isolées chez les personnes malades.

Quelques questions

Pourquoi le rappel aurait dû être effectif plus tôt. 
Selon le ministère de l’agriculture« Les enquêtes alimentaires et de traçabilité engagées par les services de l’État autour de ces cas ont conduit, le 24 février 2026, à suspecter des produits mis sur le marché par l’établissement Drôme Ardèche Tradition situé à Bourg de Péage (26). Un contrôle de l’établissement a été diligenté et des prélèvements officiels ont donc été réalisés par les services de la Direction départementale de la protection des populations de la Drôme. Au vu des constats effectués lors du contrôle, un arrêté préfectoral de suspension d’activité a été pris et l’entreprise a procédé au retrait et au rappel de tous les produits fabriqués sur le site, sous la supervision des services de l’Etat. »

On ne connaît pas la quantité de Listeria monocytogenes présents dans ces aliments, élément utile pour comprendre cette épidémie ...

On cite l’entreprise, mais qu’en est-il des inspections sanitaires réalisées dans cette entreprise. Le site Alim’confiance ne nous apprendra rien, car « Suite à des contraintes techniques, les résultats des contrôles Alim'confiance sont provisoirement indisponibles. »

Comment se fait-il qu’en 2026, il existe encore des entreprises alimentaires qui ne savent pas que le cru et le cuit sont deux usines strictement séparées afin de prévenir toute contamination croisée ou transfert de contamination ?

mardi 26 décembre 2023

Police sanitaire unique, tenez bons, les renforts arrivent !

Selon le ministère de l’Agriculture du 18 décembre 2023, «Réforme de la sécurité sanitaire des aliments : la police sanitaire unique de l’alimentation pleinement effective au 1er janvier 2024.»

… certains contrôles et prélèvements dans le cadre des plans de surveillance et de contrôle seront délégués à des opérateurs publics et privés afin d’accroître l’action de l’État en matière de protection des consommateurs :

- dans les établissements effectuant de la remise directe au consommateur (distribution, métiers de bouche, restauration commerciale, marchés...) ;

- pour les contrôles de l’effectivité de la mise en œuvre des retraits et des rappels dans les points de vente à la suite d’alertes sanitaires ;

- pour une partie des prélèvements dans le cadre des plans de surveillance et plans de contrôle.

Le blog est en mesure de vous informer que les renforts arrivent ...

A l’issue d’un appel à candidatures publié en mai 2023 et d’un processus de sélection, les organismes suivants ont été retenus en région Auvergne-Rhône-Alpes :

- le BUREAU VERITAS EXPLOITATION pour la réalisation des inspections dans le secteur de la remise directe au consommateur, ainsi que pour les contrôles de l’effectivité des retraits et rappels suite à alerte sanitaire,

- le groupement momentané d’entreprises constitué du GIP TERANA, du LDA 01 et du LIDAL, dont le mandataire est le GIP TERANA, pour la réalisation de prélèvements dans le cadre des plans de surveillance et de contrôle.  
Source préfecture du Puy de Dôme du 15 décembre 2023, «Mise en place d’une police unique sanitaire des aliments – délégation à des organismes tiers».

Le blog a tenté de verifier si l’information est aussi présente dans quelques départements témoins, Finistère, Val d’Oise, Hérault, Indre et Loire, Gard, Nord, Rhône, Val de Marne, Deux Sèvres, Seine Saint-Denis, Loire et Cher, Bouches du Rhône, mais sans succès …
A suivre ...

On lira ce passage d'un communiqué de la DGCCRF du 15 décembre 2023, une sorte de requiem ...

Dorénavant, l’ensemble des questions relatives à la sécurité des aliments, et notamment la gestion des crises sanitaires ou des contaminations à l’origine d’intoxications, de TIAC (toxi-infection alimentaire collective), de maladies, voire, dans de plus rares cas, de mortalité relèveront de la gestion de la DGAl. Les missions de sécurité et de loyauté des produits alimentaires étant parfois étroitement liées, les deux administrations veilleront donc à coopérer étroitement dans l’intérêt des consommateurs.

Amen. 

Commentaire
L’histoire ne dit pas ce qu’il se passera en cas de conflit d’intérêt ; un opérateur alimentaire sous contrat avec Veritas contrôlé de façon indépendante par la nouvelle police unique sanitaire composée d'un supplétiste Veritas ?

Complément
Le message n'est pas toujours passé ...

mardi 12 décembre 2023

Irlande, une cause pas banale de fermeture administrative

Régulièrement, le blog publie un article sur les sanctions en termes de sécurité des aliments de la part des autorités sanitaires d'Irlande. Le dernier en date s’intitule L’Irlande, est-il le pays des sanctions en matière d’hygiène et de sécurité des aliments ?

En 2022, il y avait eu 77 fermetures de lieux de restauration, et en 2023, à novembre, nous en sommes déjà à 85, c'est dire ...
La Food Safety Authority of Ireland publie mensuellement la liste des sanctions et des entreprises, c'es rare et cela mérite d'être signalé.

Joe Whiworth de Food Safety News nous informe d’une cause pas banale de sanction.
En effet, ce qui retient l’attention avec la dernière livraison des sanctions de novembre 2023 c’est que parmi les raisons justifiant des mesures coercitives figuraient des preuves que des personnes vivaient et dormaient dans la zone de préparation des aliments.

Vendredi 15 décembre 2023, le blog fera paraître le Top 10 de l’année 2023 de la sécurité des aliments en France. Il s’gait d’une mise en perspective de quelques faits saillants, mais aussi avec des absents …

mercredi 6 décembre 2023

Il paraît qu’il existe un partage d’informations entre Etats membres de l’Union européenne

Le blog souhaite revenir sur le document de nos autorités sanitaire, «Comment fonctionne le système d'alerte alimentaire ?»

Le blog s’était étonné dans un précédent article qu’après huit rappels de fromages de brebis en quatre mois pour cause de présence de Listeria monocytogenes où étaient les mesures adaptées dans l’entreprise pourtant mentionnées explicitement dans le fonctionnement du système d’alerte alimentaire.

Dans un autre cas, le blog aimerait signaler un autre dysfonctionnement dans le seul but d’améliorer le système de sécurité sanitaire des aliments en France.

Le blog avait signalé en son temps, le 20 novembre le rappel de filets d’anchois en raison d’un risque de teneur en histamine au-delà du seuil réglementaire. Le second rappel en un mois pour cette entreprise et on se retrouve là ausi dans le même cas de figure que celui énoncé ci-dessus.

Mais le souci principal n’est pas là car voici que survient un autre problème.

Le blog avait signalé que «tous les rappels dans les pays de l'UE de produits d'origine France ne font pas l'objet d'une notification au RASFF de l'UE, voir le cas des filets d'anchois, notamment ...»

Pourtant, le document de nos autorités sanitaires sur le fonctionnement du système d’alerte alimentaire semble clair,
La gestion des alertes par la DGAL comprend six points, mais le propos de notre démonstration, je prendrais le point suivant :

- le partage d’informations entre Etats membres de l’Union européenne et avec des pays tiers via le réseau européen d’alerte rapide RASFF (Rapid Alert System for Food and Feed).

Que faut-il constater ?
1. Pas de notification au RASFF pour les filets d’anchois en raison de la présence d’histamine,
2. Le Luxembourg informe le 5 décembre 2023 du rappel des filets d’anchois (pourtant rappelés en France le 20 novembre 2023).

Commentaire
Il est où le partage d’informations entre Etats membres de l’Union européenne ?
Autre aspect pour ceux qui s'intéressent aux dysfonctionnements des rappels en France, deux rappels de produits alimentaires signalés hier par le blog ne font toujours pas l’objet d’une information par RappelConso. Rappelons que le rappel initial à eu lieu le lundi 5 décembre 2023. Ce sera vraisemblablement pour le 7 décembre ...

mardi 5 décembre 2023

Les restrictions sont levées en Martinique suite à une suspicion de contamination à Salmonella dans un élevage de poules pondeuses

Suspicion de contamination à la salmonelle d’un élevage de poules pondeuses en Martinique : «les restrictions sont levées»,
source Martinique 1 du 4 décembre 2023.

A la suite de la suspicion de la présence d’une bactérie pathogène dans un bâtiment d’élevage de poules pondeuses en Martinique, les résultats d’analyses des prélèvements rendus par le laboratoire territorial d’analyses (LTA) «se sont révélés favorables» annonce la préfecture. «Les restrictions sont levées mais la vigilance sanitaire demeure» pour assurer la protection des consommateurs.

Dans un communiqué diffusé en fin de semaine dernière (vendredi 1er décembre 2023), la préfecture signale que «la suspicion de contamination d’un élevage de poules pondeuses par Salmonella Typhimurium n’est pas confirmée».
Les prélèvements effectués par le laboratoire territorial d’analyses (LTA) « se sont révélés favorables».

Selon la Préfecture,

En conséquence, les mesures de précaution mises en place en collaboration avec le producteur, dont le retrait de la commercialisation des œufs de l’élevage suspect, ont été levées mercredi 29 novembre. Il est par ailleurs rappelé qu’aucun cas de toxi-infection alimentaire à Salmonella en lien avec les œufs produits dans les établissements d’élevage de Martinique n’a été, à ce jour, signalé.

«La vigilance sanitaire demeure»
Dans ce contexte, «le protocole de contrôle sanitaire mis en place par les services vétérinaires de la DAAF, qui s’articule autour d’inspections, de prélèvements et d’analyses, va se poursuivre avec une attention particulière sur les œufs et les ovoproduits», prévient la préfecture.

Plus de 8000 contrôles par an
Cet événement sanitaire permet de rappeler que ce sont plus 8 600 contrôles qui sont annuellement conduits par le Service de l’Alimentation de la DAAF, tout au long de la chaîne alimentaire, c’est-à-dire du champ à l’assiette, en passant par les importations.
Ces contrôles concernent l’ensemble des filières de production et d’importation de denrées alimentaires animales et végétales.
«Ils visent à garantir un haut niveau de sécurité sanitaire des aliments commercialisés sur le territoire de la Martinique, afin de protéger la santé, tant des consommateurs que des cheptels et cultures martiniquais.»

Huit rappels de fromages de brebis en quatre mois pour cause de présence de Listeria monocytogenes : Elles sont où les mesures adaptées dans l’entreprise ?

Parmi les objectifs d’une alerte alimentaire, les autorités sanitaires nous disent :

- éviter que la situation ne se reproduise (par exemple en mettant en place des mesures adaptées au sein de l’entreprise concernée).

Dans ces conditions, il seraient intéressant et utile de connaître les mesures adaptées qui ont été mises en place en raison de la résence de Listeria monocytogenes. En effet, nous voici avec pas moins de huit rappels de fromages depuis quatre mois :

- 05/12/2023 : Fromage fermier pur brebis au lait cru de marque Kukulu
- 17/11/2023 : Fromage brebis poivron piment (Kukulu, Ezpela, Tomme d'Espelette, Kalaka, Saloirs d'Espelette, Antonin)
- 14/11/2023 : Fromage brebis poivron piment (Kukulu, Ezpela, Tomme d'Espelette, Kalaka)
- 10/11/2023 : Fromage brebis poivron piment (Kukulu, Ezpela, Tomme d'Espelette, Kalaka)
- 20/10/2023 : Fromage brebis poivron piment (Kukulu, Ezpela)
- 12/10/2023 : Fromage brebis poivron piment (Kukulu, Les Saloirs d'Espelette, Antonin, Tomme d'Espelette, Kalaka)
- 04/10/2023 : Etxean pur brebis fermier Antonin de marque Kukulu
- 18/08/2023 : Kukulu fermier 3 à 6 mois (Kukulu Espelette)

Pour information, voici les objectifs d’une alerte :
- faire cesser l’exposition du consommateur au produit (c’est le retrait du produit des rayons des magasins concernés) ;
- informer le consommateur qui a déjà acheté le produit afin qu’il ne le consomme pas ou, s’il l’a déjà consommé, qu’il puisse en parler à son médecin en cas de symptômes (c’est ler appel du produit) ;
- éviter que la situation ne se reproduise (par exemple en mettant en place des mesures adaptées au sein de l’entreprise concernée).

lundi 4 décembre 2023

Publication d'une mise à jour d'un document EHEDG : Méthode d'évaluation de la nettoyabilité en place des équipements de transformation des aliments

Cela ne nous rajeunit pas, mais c'est ainsi, cela fait plus de trente ans que l’EHEDG a publié la première version de la ligne directrice n°2.

Le document comprend le matériel nécessaire (par exemple les micro-organismes et les substrats), la procédure de réalisation de la salissure et de séchage de l'équipement, la procédure de nettoyage, la procédure d'application de la gélose et l'incubation de l'équipement nettoyé pour la détection des micro-organismes restants, et enfin la procédure d'évaluation. les résultats de l’essai de nettoyabilité.

Ce document est une révision de la troisième édition de cette ligne directrice, datée de juillet 2004 et mise à jour en juin 2007. Cette révision clarifie la description de la méthode. pour évaluer la nettoyabilité sur place des équipements de transformation des aliments et comprend des optimisations de la méthode sans modifier les principes fondamentaux. Les optimisations sont basées sur des données empiriques issues de l'expérience en matière d’essais et visent à améliorer la répétabilité et la reproductibilité afin de renforcer encore l'assurance qualité des essais pour tous les laboratoires d'essais agréés par EHEDG (EHEDG Authorized Testing Laboratories).

Commentaire
Rien ne vaut un nettoyage-désinfection en place d'un équipement de transformation des aliments, mais surtout un nettoyage-désinfection en place validé, c'est beaucoup mieux !

Lituanie : Plusieurs interventions des autorités constatent des non-conformités à l'hygiène

«Plusieurs interventions des autorités constatent des non-conformités à l'hygiène en Lituanie», source article de Food safety News paru le 3 décembre 2023.

Les autorités lituaniennes ont découvert un certain nombre de non-conformités des règles d'hygiène chez différents producteurs lors d'une série d'opérations récentes.

Dans le premier cas, les inspecteurs du Service alimentaire et vétérinaire de l'État (VMVT) ont découvert une conserverie de viande illégale dans le garage d'un immeuble résidentiel.

Les inspecteurs du département de Šiauliai du VMVT ont organisé un achat témoine avec la division de Šiauliai de l'Inspection nationale du travail (VDI) et la police de Šiauliai après avoir reçu un rapport sur une éventuelle production illégale de viande.

Au cours de l'opération, il a été révélé que la personne manipulait de la viande en conserve dans une maison et un garage, sans autorisation. Les cartons remplis de conserves prêts à la vente étaient conservés dans un garage.

Les autorités ont déclaré que la viande en conserve fabriquée dans des conditions insalubres présentait un risque pour la santé. Les aliments en conserve préparés dans des conditions de sécurité des aliments et d'hygiène médiocres peuvent héberger des bactéries et des toxines responsables du botulisme. Ils ont encouragé les consommateurs à vérifier que le fabricant est conforme et que le produit est correctement étiqueté avant l'achat, ou à en informer les autorités.

Un autoclave pour la mise en conserve a été trouvé dans le garage mais aucun document n'a été fourni démontrant la sécurité sanitaire de l'opération. Tout le matériel sera confisqué dans le cadre de l'enquête et des mesures administratives ont été ouvertes contre le suspect.

Dans un autre cas, les inspecteurs du département Telšiai du VMVT ont effectué une inspection inopinée dans une usine de production appartenant à l'UAB Restera.

Lors de la visite, des non-conformités à l'hygiène ont été constatés avec un mauvais entretien ainsi que des moisissures et des salissures sur le site. Les activités de l'entreprise ont été suspendues jusqu'à ce que tous les problèmes soient résolus et elle fait également face à une sanction financière.

Les responsables ont dit que certaines matières premières étaient stockées dans des conditions incorrectes et elles seront donc détruites. Les registres d'autocontrôle, qui détaillent les facteurs importants pour la sécurité des aliments, tels que les enregistrements de nettoyage et les changements de température, étaient mal remplis car il était écrit que les locaux étaient nettoyés quotidiennement.

Viande dangereuse et foyers potentiels
En octobre également, les inspecteurs de Vilnius ont aidé à découvrir des non-conformités en matière d'hygiène dans un atelier de découpe et dans le équipements.

Lors d'une inspection, plus de 4 tonnes de découpes de porc ont été retrouvées. Les produits n'étaient pas étiquetés, les autorités ne pouvaient donc pas vérifier la traçabilité, la durée de conservation, la sécurité sanitaire et la qualité de la viande. Les enregistrements des autocontrôles n’étaient pas non plus remplis.

Pendant ce temps, des agents du département VMVT de Kaunas ont découvert plus de 300 kg de viande potentiellement dangereuse chez un producteur.

Les résultats d'une inspection ont conduit à la suspension du producteur. Des produits carnés non étiquetés et une carcasse qui ne semblait pas avoir été vérifiée par un vétérinaire agréé ont été retrouvés. Il y avait également un manque de documentation et certains équipements étaient en mauvais état.

Le département de Šiauliai du VMVT faisait partie d'une équipe qui a enquêté sur une suspicion d’intoxication alimentaire.

D'après les informations du Centre national de santé publique (NVSC), un nombre indéterminé de personnes ayant assisté à un événement privé ont présenté des symptômes d'infection tels que des nausées, des vomissements et de la fièvre.

Un magasin de kebabs à Radviliškis a été suspendu après qu'une inspection ait révélé l'absence d'eau chaude courante dans la zone de manipulation des aliments, un risque de contamination croisée, des produits alimentaires périmés et de mauvaises pratiques de cuisson.

Lors d'une autre éclosion, les responsables de Marijampole ont évalué la sécurité des aliments dans un jardin d'enfants après que six enfants soient tombés malades.

Une inspection n'a révélé aucune non-conformité de l'hygiène personnelle ou de la sécurité sanitaire des pratiques de production alimentaire, les aliments étant stockés dans des conditions appropriées. Des prélèvements d’aliments, d'eau et de l'environnement ont été envoyés pour analyses.