Nos amis suisses ont voté le dimanche 27 septembre 2026. Les Suisses ont massivement balayé deux initiatives populaires, l'une sur une redéfinition rigoriste de la neutralité, l'autre sur l'agriculture et l'alimentation. Elles ont été balayées. Source article du blog Agriculture, alimentation, santé publique... soyons rationnels
C'était une initiative « Pour une alimentation sûre – grâce au renforcement de la production indigène durable, à davantage de denrées alimentaires végétales et à une eau potable propre »
On aura compris à la lecture de son intitulé que l'initiative est complexe. Elle l'est encore plus quand on lit le texte de la modification constitutionnelle proposée et soumise au vote.
Voici un résumé issu par l'administration fédérale :
« L’initiative sur l’alimentation demande que la Suisse produise nettement plus de denrées alimentaires afin d’être moins dépendante de l’étranger. À l’avenir, au moins 70 % des aliments consommés en Suisse devront être produits dans le pays. Pour y parvenir, l’agriculture suisse devra produire moins d’aliments d’origine animale et davantage d’aliments végétaux. De la sorte, les mêmes surfaces pourraient nourrir un plus grand nombre de personnes. En outre, l’initiative veut mieux protéger l’environnement, l’eau potable, la fertilité des sols et la biodiversité. Les agriculteurs devront utiliser moins de produits phytosanitaires et d’engrais. Les objectifs doivent être atteints dans les dix ans à compter de l’acceptation de l’initiative. »
L'initative avait été déposée par un comité citoyen dont la figure de proue est la militante écologiste Franziska Herren, déjà à l’origine d’une initiative sur l’eau potable rejetée en 2021, et qui réunissait notamment des agriculteurs (dont certains agriculteurs bio), des chercheurs et des spécialistes de l’eau.
Elle n'avait été soutenue par aucun parti politique. Sans surprise, elle a aussi été vivement combattue par les milieux agricoles.
Elle a été rejetée par 75,52 % des votants (5,37 points de plus que pour la votation sur la neutralité), avec 47,04 % de participation (0,03 points de moins) et par tous les cantons.
La Tribune de Genève a titré à juste titre : « L'initiative alimentation s’écrase, mais les enjeux restent » (article payant).
Dans un autre article, M. Florent Quiquerez relève l'entêtement des initiants, pour qui tout compromis relevait de la compromission :
« Ce manque d’appui ne tombe pas de nulle part. Si les buts des initiants étaient louables – préserver les eaux, les sols et augmenter le taux d’autoapprovisionnement en misant davantage sur la production végétale –, ils ont fait preuve d’un entêtement à ne rien vouloir changer à leur texte.
Or, il y avait un chemin pour accepter les mains tendues de la gauche sur les questions environnementales. Voire pour chercher à bâtir un pont avec les milieux agricoles pour doper la production de denrées indigènes. Mais en croyant à tort que tout compromis était synonyme de compromission, ils se sont autosabordés. »
Bref, on n'aura pas fini de parler de ces questions en Suisse.