« La lumière bleu-violet antimicrobienne s'avère prometteuse pour réduire la présence de Campylobacter résistants aux antimicrobiens sur la volaille », source Food Safety Magazine.
Une nouvelle étude a démontré l'efficacité d'un traitement par lumière bleu-violet de faible puissance contre divers isolats de Campylobacter associés à la volaille, y compris des souches résistantes aux antimicrobiens (RAM). Ces travaux ont été menés par des chercheurs de l'Université de Reading en collaboration avec UK Animal and Plant Health Agency (APHA).
Publiée dans la revue Microbiology, One light to rule them all: photodynamic inactivation of diverse Campylobacter (Une seule lumière pour les gouverner toutes : l'inactivation photodynamique de diverses souches de Campylobacter), l'étude a évalué la technique d'inactivation photodynamique par la lumière bleu-violet (VB-PDI pour Violet-Blue-Photodynamic Inactivation), qui utilise une lumière visible de 405 nanomètres (nm) pour activer des photosensibilisateurs naturellement présents dans les cellules bactériennes. Ce processus génère des espèces réactives de l'oxygène intracellulaires à des niveaux létaux pour Campylobacter. Les chercheurs étudient la lumière VB-PDI comme une intervention non chimique potentielle pour réduire la contamination de surface des produits avicoles.
Campylobacter est la principale cause de gastro-entérite bactérienne dans le monde. Au Royaume-Uni, environ 70 000 cas confirmés en laboratoire ont été signalés en 2024 et en 2025. Le coût économique annuel lié aux infections à Campylobacter au Royaume-Uni est estimé à 0,7 milliard de livres sterling. De plus, Campylobacter est présent sur environ deux tiers des poulets crus vendus par les distributeurs britanniques.
Efficacité de la VB-PDI selon les espèces de Campylobacter et les profils de résistance
Les 64 isolats ont tous présenté une sensibilité à la VB-PDI dépendante de la dose. À la dose la plus élevée testée, soit 36 joules par centimètre carré (J/cm²), tous les isolats ont subi une réduction d'au moins 2 log du nombre de cellules viables, et 44 % ont connu une réduction supérieure à 4 log. Les chercheurs n'ont observé aucune différence significative de sensibilité entre les trois espèces de Campylobacter. Une analyse bio-informatique distincte portant sur 6 658 génomes représentant 53 espèces de Campylobacter a également révélé que les gènes associés au mécanisme de sensibilité à la VB-PDI étaient omniprésents au sein du genre.
Lors d'expériences complémentaires, la réduction de la charge bactérienne a augmenté de manière linéaire en fonction de la durée d'exposition. Aucune cellule viable n'a été détectée après 15 minutes de traitement à une puissance élevée de 50 milliwatts, ni après 80 minutes à une puissance plus faible de 10 milliwatts, ce qui correspond à des réductions supérieures à 5 log (soit 99,999 %). Par ailleurs, les chercheurs n'ont pas détecté de cellules persistantes dans les conditions expérimentales retenues.
Il est important de noter que la résistance aux antimicrobiens (RAM) préexistante n'a pas altéré l'efficacité de la VB-PDI. Parmi les isolats, 61,5 % étaient résistants à la ciprofloxacine, 55,4 % à la tétracycline et 16,9 % à l'ertapénème. De plus, 18,5 % présentaient une multirésistance. Aucune corrélation significative n'a été observée entre ces phénotypes de résistance et la sensibilité à la VB-PDI. L'aérotolérance, facteur pouvant contribuer à la persistance de Campylobacter dans les environnements de production avicole, n'a pas non plus eu d'incidence significative sur la sensibilité au traitement.
Aucune preuve d'apparition d'une résistance à la VB-PDI n'a été mise en évidence
Aucune augmentation significative de la tolérance à la VB-PDI n'a été observée à la suite de ces traitements répétés. Les chercheurs ont attribué ce faible potentiel d'apparition de résistance, en partie, au mécanisme d'action de la VB-PDI : celle-ci provoque des dommages médiés par des espèces réactives de l'oxygène sur de multiples cibles cellulaires, contrairement à de nombreux antibiotiques qui agissent sur une cible unique. Ils ont toutefois reconnu que des recherches supplémentaires seraient nécessaires pour caractériser de manière plus concluante le risque d'émergence d'une résistance.
Une réduction de 2 log pourrait diminuer de 90 % le risque pour la santé publique
En utilisant des LED à faible consommation d'énergie, dotées d'une longue durée de vie et nécessitant un entretien minimal, la technique VB-PDI pourrait constituer une solution économiquement abordable, y compris pour les producteurs des pays à revenu faible ou intermédiaire.
Les applications dans la transformation de la volaille nécessitent des études complémentaires