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samedi 19 septembre 2026

Des chercheurs identifient une molécule intestinale inhibant la croissance de Campylobacter

« Des chercheurs identifient une molécule intestinale inhibant la croissance de Campylobacter », source Food Safety Magazine.

Bon à savoir
  • L'indole est une substance naturelle produite par les bactéries intestinales, qui inhibe la croissance de Campylobacter jejuni.
  • Chez la souris, l'inflammation intestinale réduit les niveaux d'indole, affaiblissant ainsi une défense naturelle qui contribue à limiter la croissance de C. jejuni.
  • Ces résultats pourraient favoriser le développement de méthodes non antibiotiques pour lutter contre Campylobacter, bien que des recherches supplémentaires soient nécessaires.

Des chercheurs de l'Université d'État du Michigan (MSU) ont identifié un métabolite issu du microbiote intestinal qui inhibe la croissance et la colonisation de Campylobacter jejuni, ouvrant ainsi la voie à de futures interventions non antibiotiques contre ce pathogène d'origine alimentaire.

L'étude, publiée dans Science Advances, a démontré que l'indole, une molécule produite par la métabolisation du tryptophane par certaines bactéries intestinales, supprime C. jejuni en perturbant la respiration et le métabolisme énergétique bactériens. Chez la souris, l'administration d'indole a réduit la colonisation par C. jejuni d'un facteur 1 000 environ, tandis qu'un probiotique produisant de l'indole l'a réduite d'un facteur 100 environ.

« Campylobacter est la cause la plus fréquente d'intoxications alimentaires bactériennes aux États-Unis, mais nous le connaissons encore beaucoup moins que d'autres pathogènes intestinaux », a déclaré Victor DiRita, professeur et directeur du département de microbiologie, génétique et immunologie de l'Université d'État du Michigan (MSU), qui a dirigé l'étude. « Cette étude nous permet de mieux comprendre les mécanismes par lesquels Campylobacter provoque la maladie, mais le plus intéressant est que nous avons identifié une molécule produite par le microbiote intestinal capable d'inhiber sa croissance. »

L'inflammation crée des conditions favorables à C. jejuni

S'appuyant sur des travaux antérieurs montrant que l'inflammation intestinale favorisait la croissance de C. jejuni chez le furet, les chercheurs ont développé un modèle murin utilisant un traitement de courte durée au sulfate de dextran sodique (DSS) pour induire temporairement une inflammation intestinale. Les souris conventionnelles sont généralement résistantes à la colonisation par C. jejuni, sauf si leur microbiote ou leurs voies inflammatoires sont altérés.

Trois jours après l'infection, les souris traitées au DSS hébergeaient environ 10⁹ à 10¹⁰ unités formant colonies (UFC) de C. jejuni par gramme de tissu colique, tandis que le pathogène était indétectable ou inférieur au seuil de détection chez les souris infectées n'ayant pas reçu de DSS. L'infection a également exacerbé l'inflammation et les lésions du tissu intestinal chez les souris traitées au DSS.

L'analyse du microbiote intestinal a montré que le traitement au DSS entraînait la disparition de plusieurs groupes de bactéries anaérobies strictes associées à la production d'acides gras à chaîne courte et d'indole. La spectrométrie de masse a confirmé des concentrations d'indole colique significativement plus faibles chez les souris traitées au DSS, tandis que le tryptophane s'accumulait, suggérant une conversion microbienne réduite du tryptophane en indole.

« Nous avons constaté une diminution significative des bactéries productrices d'indole, ce qui nous a amenés à nous interroger sur une éventuelle baisse des niveaux d'indole », explique Ritam Sinha, spécialiste de recherche universitaire à l'Université d'État du Michigan et premier auteur de l'étude. « L'analyse de l'indole dans l'intestin de la souris a confirmé cette hypothèse. »

L'indole perturbe la respiration et le métabolisme de C. jejuni

Les chercheurs ont ensuite exposé C. jejuni à des concentrations d'indole de 0,25 à 1 millimolaire (mM), concentrations que l'étude qualifie de physiologiquement pertinentes pour l'intestin. Peu d'effet a été observé à 0,25 mM, tandis que les concentrations de 0,5 et 1 mM ont inhibé significativement la croissance. À 1 mM, C. jejuni a présenté une perte de viabilité quasi totale après 30 heures. Le séquençage de l'ARN a permis de comprendre comment l'indole exerce cet effet. L'exposition à 0,5 mM d'indole a réduit les transcrits impliqués dans la respiration aérobie et la respiration des nitrates (forme de respiration anaérobie -aa), l'utilisation du lactate, le cycle de l'acide tricarboxylique et la voie de l'acétate, une voie importante de production d'ATP. L'activité respiratoire a diminué d'environ dix fois, tandis que les niveaux d'ATP intracellulaire ont chuté d'environ trois fois. L'exposition à l'indole a également abaissé le pH intracellulaire de C. jejuni d'environ 7,2 à 6.

Ces résultats suggèrent que l'indole perturbe la capacité du pathogène à produire et à utiliser l'énergie nécessaire à sa croissance. L'importance de ces voies métaboliques a été confirmée chez la souris, où les mutants de C. jejuni déficients dans l’absorption du lactate, en respiration des nitrates ou dans la voie ackA/pta (ou voie acétate kinase-phosphotransacétylase) de production d'acétate présentaient des déficits de fitness environ 100 fois, voire plus, par rapport à la souche sauvage.

Un probiotique producteur d'indole réduit la colonisation par Campylobacter

Pour déterminer si la production microbienne d'indole pouvait conférer une protection similaire, les chercheurs ont utilisé la souche probiotique de Escherichia coli Nissle 1917 (EcN), qui produit de l'indole à partir du tryptophane.

La souche sauvage de EcN a réduit la colonisation de C. jejuni chez la souris d'un facteur 100 environ, comparativement à un mutant EcN incapable de produire de l'indole. Ce mutant n'a conféré aucune protection comparable, confirmant ainsi la conclusion des chercheurs selon laquelle l'indole d'origine probiotique contribue à la résistance à la colonisation.

Ces résultats constituent une première étape vers des traitements sans antibiotiques

Ces découvertes pourraient, à terme, orienter des approches impliquant l'indole, des micro-organismes producteurs d'indole ou d'autres méthodes visant à renforcer la résistance à C. jejuni médiée par le microbiote. Toutefois, ces travaux en sont encore au stade préclinique, et les chercheurs ont souligné une question importante qui reste en suspens : si l'indole est naturellement présent dans l'intestin humain, comment C. jejuni parvient-il à contourner cette protection lors d'une infection ? « Nous menons encore beaucoup de recherches fondamentales, mais celles-ci constituent le socle de toute nouvelle approche thérapeutique que nous ou d'autres pourrions développer », a déclaré le Dr DiRita. « Face à la résistance croissante de Campylobacter aux antibiotiques, ces travaux nous orientent vers des méthodes innovantes et sans antibiotiques pour lutter contre l'infection. »

mercredi 2 septembre 2026

Eclairage sur Campylbacter en Nouvelle-Zélande et en France

1. Un article récemment paru dans Journal of the Royal Society of New Zealand, traite de la « Detection of Antibiotic‐Resistant Campylobacter on Retail Chicken in New Zealand: A Sentinel Survey » ou Détection de Campylobacter résistant aux antibiotiques dans le poulet vendu au détail en Nouvelle-Zélande : une enquête sentinelle.

Résumé

Les antibiotiques sont essentiels pour traiter et prévenir les infections chez l'homme, l'animal et les végétaux. Toutefois, l'utilisation d'antimicrobiens, en particulier lorsqu'elle est inutile ou inappropriée, a contribué à l'émergence et à la propagation de l'antibiorésistance. La transmission par voie alimentaire de bactéries résistantes aux antibiotiques constitue une préoccupation croissante de santé publique, notamment via la volaille contaminée par Campylobacter jejuni.

Cette étude a examiné la prévalence de la contamination par Campylobacter et l'antibiorésistance associée dans du poulet réfrigéré acheté dans le commerce en Nouvelle-Zélande. Campylobacter a été détecté dans 50 % (12/24 ; IC à 95 % : 31,3 %-68,7 %) des échantillons grâce à des méthodes de culture sélective, de PCR et de séquençage.

Parmi les isolats confirmés, des taux élevés de résistance à la tétracycline (92 %) et à la ciprofloxacine (83 %) ont été observés, tandis que 83 % des isolats étaient sensibles à l'érythromycine. Aucun isolat ne s'est révélé totalement sensible à l'ensemble des antibiotiques testés. Ces résultats préliminaires indiquent que des souches de Campylobacter résistantes aux antibiotiques peuvent être détectées dans le poulet réfrigéré vendu au détail en Nouvelle-Zélande ; ils soulignent la nécessité de mener des études de surveillance probabilistes de plus grande envergure afin d'établir des estimations nationales de la prévalence et de la résistance. La poursuite de la surveillance, l'adoption de politiques plus strictes concernant les produits avicoles contaminés et le développement d'alternatives aux antibiotiques classiques sont recommandés pour protéger la santé publique.

Discussion

Les auteurs soulignent, « nos données indiquent que la résistance aux antimicrobiens de première intention reste fréquente dans les produits de volaille vendus au détail. Les implications de ces résultats en matière de politique publique doivent être examinées dans le contexte du cadre actuel de sécurité sanitaire des aliments en Nouvelle-Zélande. Des études antérieures ont souligné la faible sensibilisation des consommateurs à la contamination des volailles crues par Campylobacter et ont proposé l'apposition d'un étiquetage d'avertissement obligatoires comme stratégie potentielle de réduction des risques. Si l'étiquetage peut attirer l'attention sur le risque au moment de l'achat, des campagnes d'éducation du public complètes, axées sur les bonnes pratiques de préparation des aliments, seraient probablement plus efficaces pour prévenir la campylobactériose. D'autres mesures réglementaires envisageables incluent le durcissement des objectifs de performance concernant Campylobacter sur les carcasses lors de la transformation et/ou la restriction de la vente de poulet réfrigérés dépassant les seuils de contamination convenus. Il a été démontré que la congélation réduit considérablement la charge en Campylobacter ; certaines juridictions encouragent donc les consommateurs à privilégier l'achat de volaille surgelée afin de limiter les risques. L'optimisation des contrôles industriels, le renforcement de l'éducation des consommateurs et le développement d'alternatives à l'utilisation traditionnelle d'antimicrobiens ou les peptides antimicrobiens pourraient contribuer à réduire la pression de sélection antibiotique tout en préservant le bien-être animal. »

En conclusion, le poulet vendu au détail en Nouvelle-Zélande demeure un vecteur potentiel de transmission de souches de Campylobacter résistantes aux antimicrobiens. Une surveillance continue et des réponses coordonnées de la part du secteur seront essentielles pour limiter la propagation de Campylobacter résistant et protéger la santé publique.

2. Un peu auparavant l’article en Nouvelle-Zélande, un article paru Antimicrobial Agents and Chemotherapy traite de la « Contributions of whole-genome sequencing to the epidemiological monitoring of Campylobacter spp. in France » ou Apport du séquençage du génome entier à la surveillance épidémiologique de Campylobacter spp. en France.

Résumé

Les techniques de séquençage de nouvelle génération ont révolutionné l'épidémiologie et la compréhension des infections à Campylobacter spp. Dans cette étude, nous présentons les résultats d'une analyse par séquençage de nouvelle génération (NGS) réalisée en 2024 sur 2 360 souches de Campylobacter spp. isolées en France, incluant 1 959 souches de Campylobacter jejuni, 358 de Campylobacter coli et 43 de Campylobacter fetus. Nous décrivons la diversité des souches en circulation et dressons un panorama des principaux mécanismes de résistance aux antibiotiques. Nous avons identifié divers mécanismes de résistance, notamment vis-à-vis des pénicillines du groupe A. Il convient de souligner l'identification d'un nouveau promoteur en amont du gène codant pour une bêta-lactamase. À l'aide de marqueurs d'attribution de source pour C. jejuni et C. coli, nous avons identifié la volaille comme le principal vecteur d'infection par ces deux espèces. Toutefois, la viande de ruminant est à l'origine d'une proportion significative d'infections à C. jejuni en France. Cette étude démontre comment une stratégie de séquençage permet de générer des données à grande échelle et à haute résolution pour mieux comprendre les infections à Campylobacter spp.

Dans l’introduction à cet article, les auteurs indiquent, « Grâce à la culturomique, le rôle de Campylobacter spp. dans l'épidémiologie des diarrhées infectieuses aiguës est mieux compris. Campylobacter est désormais considéré comme la principale étiologie, occupant une place encore plus centrale que la salmonellose. »


Dans la discussion, les auteurs rapportent :
C. jejuni était l'espèce prédominante dans notre étude, ce qui concorde avec l'épidémiologie des infections à Campylobacter spp. en France et dans d'autres pays industrialisés.

La volaille constitue la principale source d'infection par C. jejuni et C. coli. En France, les ruminants sont à l'origine d'une proportion importante des infections à C. jejuni, tandis que les porcs sont responsables d'une part plus limitée des infections à C. coli. Ces données concordent avec nos analyses antérieures et diffèrent de celles observées dans d'autres pays.

La surveillance stricte des clones de Campylobacter spp. se poursuit et sera encore renforcée dans les années à venir grâce à des études menées en collaboration avec Santé publique France et l'Anses.

Nous estimons que les données présentées apportent un éclairage nouveau sur les infections à Campylobacter spp., en particulier en France. Dans les années à venir, nous suivrons les données relatives à l'antibiorésistance et à l'attribution des sources ; celles-ci pourront servir de base à des études comparatives pour d'autres laboratoires souhaitant mettre en œuvre une approche de séquençage de nouvelle génération (NGS) dans le cadre de l'étude systématique des infections à Campylobacter spp.

jeudi 30 juillet 2026

Contribution de l’élevage industriel des volailles à la propagation de Campylobacter, selon une étude

« L’élevage industriel de volailles accélère la propagation d’une importante maladie d’origine alimentaire », est le titre du communiqué de l’Institut Ineos d'Oxford paru le 27 juillet 2026.

Une nouvelle étude de l'Institut Ineos pour la recherche antimicrobienne révèle que l'élevage industriel de volailles a entraîné une augmentation de plus de 100 fois de la propagation de Campylobacter, permettant à des souches qui circulaient autrefois chez les oiseaux sauvages de se mélanger largement dans les populations de volailles commerciales.

Campylobacter est la principale cause bactérienne de diarrhée dans le monde, responsable  chaque année au Royaume-Uni de plus de 3,5 fois plus de cas de gastro-entérite que toutes les autres bactéries d'origine alimentaire surveillées réunies. L'augmentation des taux de résistance aux antimicrobiens (RAM), qui survient lorsque les bactéries résistent aux médicaments conçus pour les éliminer, rend les infections à Campylobacter de plus en plus difficiles à traiter. 

Campylobacter, la bactérie responsable des intoxications alimentaires les plus fréquentes au monde, est couramment présente dans le microbiote intestinal des poulets. 

Publiée dans PNAS, « Accelerating Campylobacter zoonosis in the Anthropocene », une étude a analysé près de 2 800 génomes bactériens prélevés sur des poulets et des oiseaux sauvages dans 30 pays (dont le Royaume-Uni et les États-Unis) entre 1979 et 2024. Les chercheurs ont constaté que l'expansion mondiale massive de l'élevage de poulets a créé des conditions idéales pour que la bactérie se propage, se mélange et acquière de nouvelles caractéristiques qui l'aident à survivre.

Depuis les années 1960, le nombre de poulets dans le monde a été multiplié par sept, atteignant environ 31 milliards d'individus. Aujourd'hui, les poulets représentent près de 70 % de la biomasse aviaire totale sur Terre. Si cette augmentation a permis une production à grande échelle de protéines animales abordables, elle a également créé des conditions idéales pour l'adaptation et la prolifération des bactéries. 

Grâce à l'analyse génomique, les chercheurs ont identifié des modifications génétiques chez Campylobacter associées à son adaptation à l'environnement avicole. Parmi celles-ci figurent des gènes impliqués dans la résistance aux antimicrobiens, la tolérance au stress oxydatif, l'acquisition de métaux et la mobilité, ainsi que des caractéristiques favorisant la survie et la prolifération des bactéries dans les systèmes modernes de production avicole.

L’agriculture industrielle a créé l’un des plus vastes habitats animaux de la planète. Nos résultats apportent de nouvelles preuves que les modifications environnementales d’origine humaine peuvent accroître la propagation des maladies infectieuses.

Avec l'augmentation des populations de poulets, les bactéries autrefois confinées aux oiseaux sauvages ont désormais beaucoup plus d'opportunités de pénétrer dans les élevages de volailles, de s'y propager et de s'y implanter. Comprendre ces conséquences évolutives est essentiel pour réduire les risques futurs de zoonoses et de résistance aux antimicrobiens.

Le professeur Sam Sheppard, professeur de génomique et d'évolution microbienne à l'université d'Oxford et auteur principal de l'article a déclaré : L'étude suggère également que les vastes élevages de poulets à forte densité peuvent agir comme des « éponges à pathogènes » écologiques, absorbant et amplifiant les souches bactériennes provenant de sources multiples. La modélisation mathématique a montré qu'une fois que les populations de poulets atteignent une taille critique, les souches provenant d'oiseaux sauvages peuvent se maintenir au sein de ces populations, même lorsqu'elles sont mal adaptées à leur nouvel hôte. 

Une étude précédente de l'Institut Ineos a révélé que 80 % des  infections humaines à Campylobacter dans l'Oxfordshire sont associées à la viande de volaille et que nombre de ces infections sont résistantes aux antibiotiques.

À mesure que les souches de Campylobacter s'adaptent à la vie chez les volailles, elles peuvent acquérir des caractéristiques qui les aident à survivre dans des environnements difficiles, notamment des caractéristiques liées à la résistance aux antimicrobiens. Comprendre comment les pratiques d'élevage influencent l'évolution bactérienne est une étape importante pour réduire le fardeau des maladies d'origine alimentaire.

Commentaire

Selon Santé publique France, Campylobacter est au deuxième rang estimé du nombre total des infections d’origine alimentaire. Le nombre de cas d’infections à Campylobacter d’origine alimentaire en France estimé à 392 000. Voir aussi le bilan de la surveillance des infections à Campylobacter en France en 2023.

samedi 4 juillet 2026

Hausse des infections d'origine alimentaire à Campylobacter et Listeria au Danemark en 2025

« Hausse des infections d'origine alimentaire à Campylobacter et Listeria au Danemark en 2025, source Food Safety Magazine Editorial Team. Article traduit et adapté par les soins -aa.

Le Danemark a signalé une augmentation des infections à Campylobacter et à Listeria en 2025, tout en continuant à renforcer son système de surveillance « Une seule santé » (One Health) grâce à la mise en place d'une nouvelle plateforme de séquençage du génome entier (WGS), selon le dernier rapport annuel du pays sur les zoonoses.

Campylobacter : principale cause de maladies d'origine alimentaire

Campylobacter est resté la principale cause de maladies d'origine alimentaire au Danemark :

- 5 714 cas en 2025,

- 5 546 cas en 2024
- 5 186 en 2023.

Le nombre de cas de salmonellose a diminué, passant de 1 266 en 2024 à 1 051 en 2025. Le Danemark a également signalé 84 cas d'infection à Listeria monocytogenes, soit une augmentation de près de 38% par rapport à 2024 et le total annuel le plus élevé depuis 2022.

Au total, 56 foyers de maladies d'origine alimentaire ont été à l'origine de 1 109 cas en 2025, un chiffre comparable aux 55 foyers signalés l'année précédente. Les foyers signalés impliquaient Campylobacter, Salmonella, L. monocytogenes, norovirus, Escherichia coli, des bactéries sporulantes, Cryptosporidium, le virus de l'hépatite A, ainsi que trois foyers locaux causés par des lectines présentes dans des haricots mal préparés.

Parmi les 13 foyers de salmonellose signalés, deux foyers nationaux d'envergure étaient liés à des produits réfrigérés. L'un des épisodes était associé à une éclosion internationale récurrente à S. Strathcona liée à des tomates italiennes, tandis que de la laitue importée était le vecteur suspecté d'une seconde éclosion à S. Typhimurium.

Le nombre de cas de Campylobacter a fortement augmenté au cours de l'été et de l'automne, principalement en raison de deux grandes éclosions liées à de la viande de poulet. Neuf des onze éclosions à Campylobacter signalées en 2025 étaient associées à du poulet.

Le rapport a également mis en évidence six éclosions nationales de listériose, dont la plus importante a touché 11 personnes et était liée à des galettes de poisson prêtes à consommer.

Par ailleurs, six éclosions à norovirus sont survenues au Danemark en 2025 ; toutes étaient liées à des activités de traiteur ou à des établissements de restauration.

Commentaire

En France, le dernier bilan de la surveillance des infections à Campylobacter est celui de 2023. Santé publique France indique que Campylobacter est au 2e rang estimé du nombre total d’infections d’origine alimentaire.

Le nombre de cas estimés est environ de 50 000 à 60 000 cas annuels de campylobactériose en France, sur la base de la surveillance et des modèles épidémiologiques.

Au niveau des bilans publiés, les bilans plus ou moins récents en France sont ceux de 2024 sur la listériose et le syndrome hémolytique et urémique pédiatrique ; signalons aussi le bilan 2023 des TIAC. C’est dire les progrès qu’il nous reste encore à faire sur l’information et la communication.

MàJ du 4 juillet 2027Le nouveau gouvernement danois supprime le ministère de l’Agriculture. Mette Frederiksen a constitué un nouveau Gouvernement au Danemark. Il est constitué à partir d’une coalition minoritaire de centre gauche. Le ministère de l’Agriculture, de l’Alimentation et de la Pêche est remplacé par un ministère de la Nature et du Bien-être animal. 

mardi 5 décembre 2023

Royaume-Uni : Le projet Campylobacter révèle que les laboratoires peuvent mieux faire

«Le projet Campylobacter révèle que les laboratoires peuvent mieux faire», source article de Food Safety News paru le 5 décembre 2023.

Selon un rapport, un seul laboratoire a obtenu un score élevé dans le cadre d'un exercice d’essais sur Campylobacter, ce qui suggère qu'il y a place à amélioration.

En 2018, la Food Standards Agency (FSA) a chargé l’Agence britannique de santé (UKHSA) de fournir un programme d’évaluation externe de la qualité (EQA) de la détection et du dénombrement de Campylobacter à partir d’une matrice simulée représentant du poulet cru.

Il était disponible dans 20 laboratoires au Royaume-Uni qui fournissaient un essai accrédité pour Campylobacter dans les aliments. À l’époque, il n’existait aucun essai fiable pour identifier l’agent pathogène.

L’EQA s’est déroulée de mars 2019 à novembre 2021, en raison des perturbations liées au COVID-19. Au total, 39 échantillons ont été envoyés ; 26 pour dénombrer les niveaux de Campylobacter, s'il est détecté, et 13 pour la détection du micro-organisme.

Une EQA fournit aux laboratoires une évaluation externe indépendante de leurs performances. Une participation régulière fait partie des procédures de qualité et contribue à garantir l'exactitude des résultats des tests. Cela donne également une assurance aux clients.

Principales conclusions de l’évaluation
Les souches de Campylobacter choisies pour simuler des échantillons alimentaires variaient et contenaient des espèces communes telles que C. jejuni, C. lari et C. coli. Des niveaux élevés de micro-organismes ont été inclus pour simuler le contenu du poulet cru.

Il y avait des variations dans les résultats du dénombrement rapportés, même si tous les laboratoires disaient que la même méthode avait été utilisée.

Les laboratoires ont renvoyé un résultat acceptable ou douteux pour au moins 80% des échantillons examinés pour le dénombrement ou la détection de Campylobacter. Cela montre qu'ils peuvent entreprendre des essais pour détecter les agents pathogènes dans les aliments en utilisant les deux méthodes, selon le rapport.

Un laboratoire a contacté l'UKHSA au début du programme car les résultats étaient systématiquement en dehors de la plage attendue. Après conseils, les performances se sont considérablement améliorées, la plupart des résultats rapportés sur le dénombrement se situant dans la fourchette attendue. Tous les laboratoires ont signalé des dénombrements en dehors de la plage attendue ; cependant, la cause profonde n’a pas été étudiée.

Pour la partie détection, deux laboratoires ont rapporté un résultat faussement négatif pour deux échantillons. Deux laboratoires ont enregistré un faux négatif pour un échantillon. Un laboratoire a également obtenu un résultat faussement positif pour le seul échantillon qui ne contenait pas de Campylobacter.

Un seul laboratoire a rapporté tous ses dénombrements dans la plage attendue, obtenant une performance globale de 100 pour cent pour toutes les distributions et les échantillons examinés. Un laboratoire a signalé un dénombrement en dehors de la plage attendue pour quatre des 25 échantillons de dénombrement analysés.

«La participation régulière à l'EQA permettra aux laboratoires de contrôler tout changement dans les conditions de fonctionnement telles que les milieux et les niveaux du personnel. Combler les lacunes identifiées grâce à une EQA contribuera à garantir que les incidents de santé publique soient détectés tôt et gérés efficacement», indique le rapport.

Radioactivité dans les aliments
Entre-temps, les autorités britanniques ont publié un rapport annuel contenant des échantillons et des analyses sur les niveaux de substances radioactives dans les aliments et dans l'environnement.

Les activités de surveillance sont conçues ou entreprises par l'Environment Agency, la FSA, Food Standards Scotland, la Northern Ireland Environment Agency, Natural Resources Wales et la Scottish Environment Protection Agency.

Le rapport 2022 publié récemment a révélé que l'exposition du public à toutes les sources de radioactivité artificielle présente dans les aliments et dans l'environnement était faible et dans la limite légale de 1 millisievert (mSv) par an. Les aliments et les sources d'eau potable publiques qui constituent l'alimentation générale des personnes ont été analysés pour détecter leur radioactivité dans tout le Royaume-Uni. Les radionucléides artificiels ne contribuent qu’à une faible proportion du rayonnement public présent dans l’alimentation humaine.

Un système de surveillance est en place pour détecter la radioactivité dans les envois. Aucune radioactivité significative au-dessus des niveaux de dépistage n’a été détectée aux points d’entrée. En juin 2022, les réglementations de l’UE sur les contrôles des importations de Fukushima ont été supprimées pour l’Angleterre, l’Écosse et le Pays de Galles.

jeudi 16 novembre 2023

France : Bilan de la surveillance des infections à Campylobacter en 2022. Le nombre de souches isolées augmente ...

Qu’en est-il en 2022 ?

Voici que Santé publique France publie le Bilan de la surveillance des infections à Campylobacter en France en 2022.

Points clés

En 2022, la surveillance des infections à Campylobacter en France a confirmé les tendances épidémiologiques et biologiques déjà observées ces dernières années :

- une prédominance de l’espèce C. jejuni ;
- un nombre de cas et une incidence plus élevés chez les enfants ;
- une prédominance des infections chez les hommes ;
- un pic saisonnier pendant la période estivale sauf pour C. fetus;
- une résistance élevée aux fluoroquinolones et aux tétracyclines, restée stable ces dernières années ;
- une absence d’augmentation significative des taux de résistances des six antibiotiques testés en routine.

Pour en savoir plus, il vous faut aller dans un autre document.

Caractéristiques des patients infectés par Campylobacter rapportés par le CNR

En 2022, l’âge à l’infection variait entre 0 et 102 ans, avec une moyenne à 34 ans et une médiane à 27 ans. L’incidence était maximale pour la classe d’âge 0-9 ans (27 cas/100 000 habitants).

Globalement, l’incidence était plus élevée chez les hommes (15 cas/100 000 habitants) que chez les femmes (12 cas/100 000 habitants). Cette tendance était observée dans toutes les classes d’âge, sauf chez les 20-29 ans.

Les infections par C. fetus ont été principalement rapportées chez des personnes de 60 ans et plus (91% des infections), tandis que les infections par C. jejuni ont été majoritairement rapportées chez des enfants et jeunes adultes de moins de 30 ans (55% des infections).

Autant en 2021, le bilan s’était cantonné aux caractéristiques des souches de Campylobacter isolées en 2022 répertoriées par le CNR, cette fois-ci, et pour la premère fois, il est fait d’un nombre de patients en 2022.

Le CNR a répertorié 9 160 souches de Campylobacter spp. isolées en 2022 (versus 8 875 en 2021 et 7 920 en 2020), correspondant à 10 498 patients infectés (dont 60 avec plusieurs souches isolées).

Conclusion de la surveillance 2022
Le nombre de souches de Campylobacter répertoriées par le CNR est en augmentation depuis 2013, année de la mise en place de la saisie des données en ligne par les laboratoires du réseau. L’augmentation observée en France pourrait être un reflet d’une réelle augmentation des infections à Campylobacter.

Commentaire

Si le nombre de souches augmente, cela peut vouloir signifier que le nombre de cas augmente …
Le reste des constats et des recomandations de ce bilan est assez proche de celui de 2021.
Ce bilan cite en référence une étude de 2018,

 En France, le nombre annuel moyen de cas symptomatiques d’infections à Campylobacter a été estimé à 493 000 (intervalle de crédibilité (IC) 90% : 273 000-1 080 000), dont 392 000 cas auraient été infectés par transmission alimentaire. Campylobacter serait responsable de 26% du nombre total estimé des infections d’origine alimentaire et de 31% des hospitalisations associées à ces infections.

Peut-être faudrait-il actualiser cette étude qui a désormais 5 ans ...

mardi 31 octobre 2023

Les distributeurs britanniques informent de la présence de Campylobacter chez le poulet pour 2023

C’est une chose inconnue chez nous mais pas au Royaume-Uni où «Les distributeurs britanniques informent de la présence de Campylobacter chez le poulet pour 2023», source article de Joe Whitworth paru le 31 octobre 2023 dans Food Safety News.

Les supermarchés du Royaume-Uni ont rapporté des résultats nuancés de la présence et du dénombrement de Campylobacter chez le poulet pour les deux premiers trimestres de 2023.

Le niveau cible maximum de la Food Standards Agency (FSA) va jusqu'à 7% des oiseaux avec plus de 1 000 unités formant colonie par gramme (UFC/g) de Campylobacter.

Les données des distributeurs couvrent le premier semestre 2023 et font état de concentrations élevées de Campylobacter dans des poulets réfrigérés achetés en magasin et produits au Royaume-Uni.

Les résultats chez Morrisons, Asda et Sainsbury’s ont augmenté tandis que Marks and Spencer a enregistré des niveaux plus faibles. Le pourcentage de positifs variait selon les trimestres chez Waitrose et Lidl et restait le même pour Co-op.

Campylobacter est la cause la plus fréquente d’intoxication alimentaire bactérienne au Royaume-Uni, et la dose nécessaire pour rendre les gens malades peut être aussi faible que quelques centaines de cellules.

Tesco a cessé de publier des données car il a modifié la façon dont il surveille l'agent pathogène chez le poulet, de sorte que les résultats ne sont pas comparables à ceux d'autres distributeurs. Aldi n'a pas mis à jour sa page internet correspondante, ni fourni les chiffres lorsque la Food Safety News lui a demandé de le faire.

Résultats par distributeur

Morrisons avait 2,3% de 86 poulets au niveau le plus contaminé d'avril à juin et 2,4% sur 84 échantillons de janvier à mars 2023, contre 2% au quatrième trimestre 2022.

Lidl a enregistré près de 4% d'oiseaux dans la catégorie la plus élevée d'avril à juin et 2% de janvier à mars 2023. Ce chiffre était d'environ 3% fin 2022.

Marks and Spencer n'a eu aucun échantillon au seuil supérieur d'avril à juin. Le distributeur n’en avait également aucun au-dessus de 1 000 UFC/g en janvier et 1% chacun pour février et mars 2023 sur 376 prélèvements. Cela se compare à 1% dans la catégorie maximale en octobre, novembre et décembre pour le même nombre de poulets prélevés.

Asda a signalé que 3,6% des échantillons étaient supérieurs à 1 000 UFC/g au premier trimestre 2023 et 3,5% au deuxième trimestre. Cela se compare à aucun poulet à ce niveau au dernier trimestre de 2022.

Les résultats de Sainsbury’s pour Campylobacter au premier trimestre 2023 ont montré que 3% des poulets présentaient des niveaux supérieurs à 1 000 UFC/g, contre 1% au deuxième trimestre 2023 et 1% au quatrième trimestre 2022.

Co-op a poursuivi sa série de résultats montrant qu'aucun poulet testé n'était contaminé à des niveaux supérieurs à 1 000 UFC/g. La dernière fois qu’un échantillon avait des niveaux aussi élevés, c’était au troisième trimestre 2021.

Waitrose and Partners a enregistré 2% de tests positifs pour Campylobacter à des niveaux supérieurs à 1 000 UFC/g d’avril à juin, contre 4% de janvier à mars 2023 et 2% au dernier trimestre 2022.

«La clé de nos bons résultats continue de résider dans le travail incroyablement acharné de nos agriculteurs et de nos fournisseurs, combiné à notre collecte et analyse rigoureuses des données, en enquêtant sur le poulet à la fois à l'usine et dans les rayons des supermarchés», a déclaré un porte-parole de Waitrose and Partners.

vendredi 27 octobre 2023

Campylobacterioses : Où en est-on en Suisse ?

En Suisse, la majorité des infections intestinales sont dues à la bactérie Campylobacter. Elles sont souvent provoquées par la consommation de viande de volaille pas assez cuite. Une hygiène insuffisante en cuisine peut aussi provoquer une infection par contamination croisée. 

Quelles mesures ont déjà été mises en place pour réduire le nombre d’infections, et avec quels résultats ? Tour d’horizon dans un document de l’OSAV (Office fédéral de la sécurité alimentaire et des affaires vétérinaires) de 15 pages. Il s’agit d’un point de la situation.

La campylobactériose est une maladie infectieuse causée par des bactéries du genre Campylobacter. En Suisse, entre 7000 et 8000 cas sont déclarés chaque année à l’Office fédéral de la santé publique (OFSP). Les personnes touchées considèrent cette infection comme une maladie sérieuse. Environ 15% des patients sont hospitalisés. En Suisse, cette maladie entraîne des coûts directs de la santé avoisinant 25 à 39 millions de francs chaque année. Bien que les antibiotiques soient utilisés seulement pour traiter les cas graves, le taux de résistance très élevé à un antibiotique considéré comme le médicament de choix est préoccupant. Chez l’être humain, les infections à Campylobacter sont principalement d’origine alimentaire. Plusieurs études cas-témoins indiquent que la viande de volaille, en particulier le poulet, serait la principale source d’infection. En Suisse, le secteur avicole examine les carcasses de volailles et la viande de volaille dans le cadre de l’autocontrôle, comme prescrit par la législation. Environ 1300 échantillons sont ainsi prélevés et analysés chaque année. Entre 2016 et 2020, le taux d’échantillons positifs à Campylobacter a toujours dépassé les 20%. La résistance aux antibiotiques des Campylobacter isolés chez des poulets de chair et dans de la viande de volaille a augmenté pendant des années, et la fréquence de la résistance de Campylobacter jejuni aux antibiotiques à base de fluoroquinolones a atteint un plateau à un niveau élevé. La Suisse a pris des mesures stratégiques, opérationnelles, réglementaires et de communication à différents niveaux afin de réduire le nombre de cas de campylobactériose chez l’être humain. Les mesures mises en place jusqu’à présent ne permettent pas encore de réduire l’incidence de la campylobactériose aux niveaux prévus par le plan de contrôle national pluriannuel (PCNP).

Situation en Europe

En France, en Islande et en Irlande, l’incidence est faible par rapport aux autres pays européens et à la Suisse.

Même en tenant compte des différences entre les pays en ce qui concerne la consommation de viande de poulet, il apparaît que l’incidence reste faible en France et élevée en Autriche, en Allemagne et en Suisse.

Toutefois, l’EFSA/ECDC estime que la tendance générale des cas de campylobactériose sur la période 2016-2020 pour l’ensemble de l’UE n’a pas connu de changement significatif d’un point de vue statistique.

Conclusion

L’état des lieux montre que le nombre de cas de campylobactériose se maintient à un niveau élevé depuis des années. Les mesures mises en place jusqu’à présent n’ont pas encore permis d’atteindre les objectifs fixés d’une incidence maximale de 61,6 cas pour 100 000 habitants. Pour ce faire, des efforts supplémentaires sont nécessaires tout au long de la chaîne agroalimentaire, de la production primaire aux consommateurs.

mercredi 18 octobre 2023

Mondeville : Retour sur une contamination de 120 enfants après un repas à la cantine. Norovirus et Campylobacter tiennent la corde ...

Le blog vous en parlé le 29 septembre dans un article qui rapportait, «120 enfants malades après un repas à la cantine. Ce n'est qu'une suspicion d'intoxication alimentaire». Cela donnait le ton et vous allez voir que si l’intoxication alimentaire collective semble acquise, c’est sans doute pas le cas de tout le monde ...

Voici une suite avec «Près de Toulouse. 120 enfants tombés malades à l'école : ce qu'il s'est passé», source actu.fr du 18 octobre 2023. Le compte-rendu est un peu surréaliste ...

Les 120 élèves tombés malades à Mondonville en septembre n'auraient pas été victimes d'une intoxication alimentaire mais d'un norovirus et d'une autre bactérie.  

Quelques semaines à peine après la rentrée, l’affaire avait fait grand bruit au groupe scolaire Caroline Aigle de Mondonville (Haute-Garonne), au nord-ouest de Toulouse.

De nombreux enfants avaient subitement été pris de nausées, maux de ventre et autres vomissements fin septembre 2023. Pas moins de 120 élèves étaient soudainement tombés malades, selon le décompte des autorités municipales et sanitaires, quand les parents d’élèves assuraient plutôt que «la moitié» des effectifs de cette grosse école élémentaire (qui compte 350 élèves, NDLR) étaient touchés.

Suspicion d’intoxication alimentaire à la cantine

Les élèves concernés ayant déjeuné le mardi 26 septembre à la cantine de l’établissement, la centrale de restauration qui fournit les repas avait rapidement été soupçonnée, et une enquête avait été diligentée par l’ARS, pour suspicion d’intoxication alimentaire. Pour les parents d’élèves, le coupable était tout trouvé : c’était le poulet, servi ce jour-là qui, d’après eux, «n’était pas cuit».

Faute de cuisine centrale à Mondonville, les plats arrivent ici en liaison froide, avant d’être cuits sur place par les agents de la mairie.

Le fournisseur des repas mis hors de cause par l’ARS

Vendredi 13 octobre 2023, les différentes parties ont enfin été informées du résultat de l’inspection mandatée par les autorités sanitaires. Dans un mail envoyé aux parents d’élèves qu’Actu Toulouse a pu consulter, la mairie de Mondonville énonce le verdict : «Aucun agent pathogène [n’a été] retrouvé dans les plats témoins analysés (poulet, carbonade de bœuf et carottes râpées)».

«La responsabilité du repas servi est donc écartée au profit d’un épisode viral sans lien avec la prise de repas», assure de son côté CRM Rodez, le prestataire de restauration en question – qui livre de nombreuses communes de la région, et où aucun cas similaire n’avait été relevé. La société aveyronnaise soutient : « Aucun agent bactérien susceptible de pouvoir être associé aux symptômes présentés par les enfants n’a été retrouvé dans les échantillons témoins des plats préparés sur la cuisine».

Les enfants ont contracté un norovirus

Mais si cela ne provient pas du fameux repas pris à la cantine, par quoi ces quelque 120 enfants ont-ils pu être simultanément contaminés ?

«Les résultats de coproculture d’élèves envoyés au Conseil national de référence des virus entériques (CNR) pour des analyses plus poussées ont fait ressortir la présence de norovirus», avance la mairie de Mondonville.

Les norovirus étant l’une des principales causes de gastroentérites aigües, c’est donc, selon les autorités, une épidémie foudroyante qui aurait subitement rendu malade un tiers à la moitié de l’école. Dans un premier temps, la mairie a donc avancé aux parents d’élèves que «la conclusion de l’enquête se porte sur des troubles digestifs manuportés type épidémie de gastroentérite».

Un enfant a aussi contracté une bactérie

Mais le lendemain, cette même mairie s’est fendue d’un autre mail aux parents, où elle indique avoir reçu un résultat d’analyse de coproculture d’un des élèves malades, qui s’avère être «positif à la bactérie Campylobacter».

Cette toxi-infection alimentaire «n’a pas été retrouvée dans l’analyse des plats de la cantine» servis ce jour-là, relève toutefois la mairie, citant toujours l’ARS, avant de préciser que cette bactérie «peut se diffuser de manière manuportée».

C’est quoi, cette bactérie Campylobacter ?

Comme le souligne l’Anses «la campylobactériose humaine est une maladie qui se transmet de l’animal à l’Homme le plus souvent par voie alimentaire (principalement volailles, mais aussi bovins, porcins ou eau contaminés), mais également par contact avec des individus, des animaux ou encore des carcasses infectés».

Les cas d’infection sont «souvent corrélés à la consommation d’eau, de lait cru ou de viandes de volailles contaminés». Générant diarrhées, vomissements et autres douleurs abdominales, cette pathologie contagieuse «se caractérise par une entérite aiguë causée par une infection intestinale, dont la guérison est spontanée en quelques jours». D’où la difficulté de faire une différence avec la gastro.

«Une co-circulation des deux pathogènes»

D’après les autorités sanitaires, s’il s’agit bien une toxi-infection alimentaire, la Campylobacter n’aurait donc pas trouvé sa source dans l’alimentation collective. L’un des élèves est-il tombé malade en dehors de l’école, avant de contaminer ses camarades, également touchés par un norovirus ? A-t-il contracté lors d’un autre repas ? Tant d’hypothèses qui ne pourront sans doute jamais être confirmées.

«Il est possible qu’il y ait eu une co-circulation des deux pathogènes puisque le norovirus a aussi été retrouvé dans des coprocultures», conclut auprès des parents la mairie de Mondonville, citant l’ARS.

«Ils voulaient étouffer l’affaire», disent les parents

Ces explications laissent dubitatifs nombre de parents de l’école Caroline Aigle : «Déjà, le comptage des élèves infectés nous paraît biaisé», souffle une maman. «Mais même s’il n’y avait eu que 120 enfants touchés, comment peuvent-ils tomber malades tous en même temps ?»

«Les informations qui nous ont été communiquées ne sont pas claires, et on ne saura jamais le fin mot de cette histoire», soupire-t-elle. Cet autre parent en est persuadé : «Ils voulaient étouffer l’affaire le plus rapidement possible, et se sont d’ailleurs bien gardés de communiquer les conclusions au grand public».

Contactés pour davantage de précisions, l’ARS Occitanie et la mairie de Mondonville n’ont pas répondu à nos sollicitations.

Commentaire

J’ai indiqué que «le compte-rendu est un peu surréaliste» et pour preuve, j’indique ce qui est écrit en début d’article, «Les 120 élèves tombés malades à Mondonville en septembre n'auraient pas été victimes d'une intoxication alimentaire mais d'un norovirus et d'une autre bactérie.» C'est très inquiétant !
Décidément, quand on ne veut pas parler d’intoxication alimentaire, tous les moyens sont bons, quant à l'absence de communication de l'ARS, c'est un classique !

Complément du 19 octobre 2023
De nouveau à l’ordre du jour avec cette information de O.-F. du 19 octobre 2023, «Une centaine d’élèves tombent malades en même temps, la piste de l’intoxication alimentaire écartée.»
Fin septembre 2023, un tiers des élèves d’une école de Haute-Garonne ont été pris de nausées, maux de ventre et vomissements. Si la piste d’une intoxication alimentaire a dans un premier temps été évoquée, les enfants auraient en fait contracté un norovirus, et, pour l’un d’entre eux, une bactérie. Il n’y aurait aucun lien avec le plat servi à la cantine ce jour-là.

Complément du 22 octobre 2023
Les toxi-infections alimentaires collectives à norovirus existent !
Je conteste donc le fait qu'il s'agit d'une simple gastro-entérite à norovirus. Ainsi selon la Surveillance des toxi-infections alimentaires collectives. Données de la déclaration obligatoire, 2021, il y a eu 19 foyers de TIAC à norovirus déclarés aux ARS ou DDPP en 2021, représentant un total de 493 personnes et 8 hospitalisations.