vendredi 18 septembre 2026

Italie : un nouveau cadre structuré fondé sur des données probantes pour la gestion des risques liés au virus de l’hépatite A

Déjà en 1996, une investigation épidémiologique réalisée montrait une forte association entre les cas d’hépatite A et la consommation de fruits de mer crus ; le stockage des fruits de mer dans de l'eau de mer sur le lieu de vente était également associé à une augmentation du risque d'infection.

En avril 2026, selon cette information, le virus se propage rapidement en Campanie, région italienne qui comprend Naples, la côte amalfitaine et l'île de Capri. Selon le bulletin du système de surveillance Seieva, coordonné par l'Istituto Superiore di Sanità, on observe une nette augmentation par rapport à 2025. Entre janvier et mars 2026, 65 cas d'infection ont été recensés dans la zone et selon Rai News, 70 personnes étaient hospitalisées fin mars.

D'après les autorités, la propagation de l'hépatite A semble liée à la consommation de fruits de mer crus. Selon toute vraisemblance, les moules auraient d'abord été infectés, puis le virus se serait propagé de la Campanie à différentes régions italiennes, dont Rome.

Selon l'Istituto Superiore di Sanità, 262 cas ont été enregistrés au cours des trois premiers mois de 2026, dont 160 pour le seul mois de mars. Une grande partie a été recensée en Campanie. La consommation de fruits de mer contaminés est considérée comme une cause possible. C'est pourquoi il est désormais interdit de servir des fruits de mer crus à Naples, toute infraction étant passible d'une amende pouvant aller jusqu'à 20 000 euros. Il est également déconseillé d'en consommer à titre privé.

Une conférence a été publiée dans Italian Journal of Food Safety, Regional Management of Hepatitis A Outbreak and Risk-Based Control of Bivalve Molluscs in Campania (Italy), dans le cadre de la XXXV National Conference of the Italian Association of Veterinary Food Hygienists, qui s’est tenue du 9 au 11 septembre 2026.

Objectif

Au début de l'année 2026, la région de Campanie a connu une augmentation significative des cas signalés d'hépatite A, en particulier dans la zone métropolitaine de Naples. Les enquêtes épidémiologiques ont rapidement mis en évidence un lien potentiel entre l'épidémie et la consommation de coquillages, rejoignant ainsi les conclusions de l'épidémie régionale d'hépatite A survenue en 2015. Cette étude visait à décrire la réponse de santé publique face à l'épidémie de virus de l'hépatite A (VHA) dans la région de Campanie.

Méthodes

La réponse régionale a combiné surveillance épidémiologique, enquêtes de traçabilité, surveillance environnementale et analyses virologiques approfondies : en février 2026, un programme régional de surveillance exceptionnel a été lancé, ciblant toutes les zones de production de coquillages classées de la région ainsi que les lots provenant d'autres régions italiennes et de pays de l'Union européenne. Parallèlement, des contrôles officiels et des enquêtes épidémiologiques ciblées ont permis de détecter le VHA dans des coquillages destinés à la vente au détail, puis dans des centres d'expédition. La détection du VHA dans les coquillages a entraîné l'interdiction immédiate de la récolte dans les zones de production concernées et le déclenchement de notifications via le Système d'alerte rapide pour les denrées alimentaires et les aliments pour animaux (RASFF). Bien que la majorité des zones de production surveillées soient restées négatives au VHA, la détection répétée du virus dans certaines zones et dans des lots de coquillages a étayé l'hypothèse selon laquelle les moules jouaient un rôle majeur dans le maintien de la circulation virale. Les enquêtes de traçabilité ont permis de relier plusieurs lots contaminés à la zone de production du lac Fusaro, un site largement utilisé pour l'engraissement des moules.

Résultats

Des analyses virologiques intensives portant sur 57 lots de moules présents dans le lac Fusaro ont permis d'identifier sept lots positifs au VHA, incluant des lots provenant tant de zones de production italiennes que d'autres zones de l'UE. Un défi majeur en matière de gestion est apparu lorsqu'environ 300 tonnes de moules sont restés soumis à des restrictions de déplacement au sein du lac Fusaro. Les conditions environnementales saisonnières, telles que l'augmentation de la température de l'eau, la baisse du taux d'oxygène dissous et la limitation des échanges d'eau, faisaient peser un risque important de mortalité massive des coquillages, avec des conséquences environnementales et économiques potentiellement graves. Pour atténuer ces risques, les autorités régionales ont mis en œuvre une mesure de gestion des risques ad hoc autorisant le transfert, sous contrôle vétérinaire officiel, des moules du lac Fusaro vers la zone de récolte de Punta Cavallo, déjà soumise à des restrictions. Cette intervention s'est appuyée sur des systèmes de traçabilité renforcés, une séparation stricte des lots, des plans de surveillance spécifiques et le maintien des interdictions de récolte. L'expérience acquise lors de l'épidémie de 2026 a conduit à une révision complète de la procédure régionale de gestion du VHA. Le protocole actualisé introduit un cadre de gestion par étapes fondé sur des données virologiques, une évaluation des risques environnementaux, une modélisation prédictive et des mesures de contrôle graduées. Il établit des critères pour les restrictions de récolte, le suivi et la gestion des zones de production, la levée des interdictions de récolte et l'autorisation des transferts de coquillages.

Conclusion

L'épidémie d'hépatite A de 2026 en Campanie a mis en évidence l'importance d'intégrer la surveillance épidémiologique, le suivi virologique, les contrôles de traçabilité et l'évaluation environnementale afin de permettre l'identification rapide des lots de coquillages contaminés, la mise en œuvre opportune de restrictions de récolte ciblées et l'élaboration de stratégies de gestion des mouvements de coquillages. La procédure régionale révisée offre un cadre structuré, fondé sur des données probantes et basé sur le principe de précaution, pour la gestion des risques liés au VHA et peut servir de modèle précieux pour d'autres régions confrontées à des épidémies virales similaires.

NB : Merci à Joe Whitworth de Food Safety News d‘avoir signalé cette information.

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