Déjà en 1996,
une
investigation épidémiologique
réalisée montrait une forte association entre les cas d’hépatite
A et la consommation de fruits de mer crus ; le stockage des fruits
de mer dans de l'eau de mer sur le lieu de vente était également
associé à une augmentation du risque d'infection.
En
avril 2026, selon cette
information, le virus se propage rapidement en Campanie, région
italienne qui comprend Naples, la côte amalfitaine et l'île de
Capri. Selon le bulletin du système de surveillance Seieva,
coordonné par l'Istituto Superiore di Sanità, on observe une nette
augmentation par rapport à 2025. Entre janvier et mars 2026, 65 cas
d'infection ont été recensés dans la zone et selon Rai
News, 70 personnes étaient hospitalisées fin mars.
D'après
les autorités, la propagation de l'hépatite A semble liée à la
consommation de fruits de mer crus. Selon toute vraisemblance, les
moules auraient d'abord été infectés, puis le virus se serait
propagé de la Campanie à différentes régions italiennes, dont
Rome.
Selon
l'Istituto Superiore di Sanità, 262 cas ont été enregistrés au
cours des trois premiers mois de 2026, dont 160 pour le seul mois de
mars. Une grande partie a été recensée en Campanie. La
consommation de fruits de mer contaminés est considérée comme une
cause possible. C'est pourquoi il est désormais interdit de servir
des fruits de mer crus à Naples, toute infraction étant passible
d'une amende pouvant aller jusqu'à 20 000 euros. Il est également
déconseillé d'en consommer à titre privé.
Une
conférence
a été publiée dans Italian
Journal of Food Safety,
Regional
Management
of
Hepatitis
A Outbreak
and
Risk-Based
Control of Bivalve Molluscs in Campania (Italy),
dans
le
cadre de la XXXV
National Conference of the Italian Association of Veterinary Food
Hygienists, qui s’est tenue
du 9 au 11 septembre 2026.
Objectif
Au
début de l'année 2026, la région de Campanie a connu une
augmentation significative des cas signalés d'hépatite A, en
particulier dans la zone métropolitaine de Naples. Les enquêtes
épidémiologiques ont rapidement mis en évidence un lien potentiel
entre l'épidémie et la consommation de coquillages, rejoignant
ainsi les conclusions de l'épidémie régionale d'hépatite A
survenue en 2015. Cette étude visait à décrire la réponse de
santé publique face à l'épidémie de virus de l'hépatite A (VHA)
dans la région de Campanie.
Méthodes
La
réponse régionale a combiné surveillance épidémiologique,
enquêtes de traçabilité, surveillance environnementale et analyses
virologiques approfondies : en février 2026, un programme régional
de surveillance exceptionnel a été lancé, ciblant toutes les zones
de production de coquillages classées de la région ainsi que les
lots provenant d'autres régions italiennes et de pays de l'Union
européenne. Parallèlement, des contrôles officiels et des enquêtes
épidémiologiques ciblées ont permis de détecter le VHA dans des
coquillages destinés à la vente au détail, puis dans des centres
d'expédition. La détection du VHA dans les coquillages a entraîné
l'interdiction immédiate de la récolte dans les zones de production
concernées et le déclenchement de notifications via le Système
d'alerte rapide pour les denrées alimentaires et les aliments pour
animaux (RASFF). Bien que la majorité des zones de production
surveillées soient restées négatives au VHA, la détection répétée
du virus dans certaines zones et dans des lots de coquillages a étayé
l'hypothèse selon laquelle les moules jouaient un rôle majeur dans
le maintien de la circulation virale. Les enquêtes de traçabilité
ont permis de relier plusieurs lots contaminés à la zone de
production du lac Fusaro, un site largement utilisé pour
l'engraissement des moules.
Résultats
Des
analyses virologiques intensives portant sur 57 lots de moules
présents dans le lac Fusaro ont permis d'identifier sept lots
positifs au VHA, incluant des lots provenant tant de zones de
production italiennes que d'autres zones de l'UE. Un défi majeur en
matière de gestion est apparu lorsqu'environ 300 tonnes de moules
sont restés soumis à des restrictions de déplacement au sein du
lac Fusaro. Les conditions environnementales saisonnières, telles
que l'augmentation de la température de l'eau, la baisse du taux
d'oxygène dissous et la limitation des échanges d'eau, faisaient
peser un risque important de mortalité massive des coquillages, avec
des conséquences environnementales et économiques potentiellement
graves. Pour atténuer ces risques, les autorités régionales ont
mis en œuvre une mesure de gestion des risques ad hoc autorisant le
transfert, sous contrôle vétérinaire officiel, des moules du lac
Fusaro vers la zone de récolte de Punta Cavallo, déjà soumise à
des restrictions. Cette intervention s'est appuyée sur des systèmes
de traçabilité renforcés, une séparation stricte des lots, des
plans de surveillance spécifiques et le maintien des interdictions
de récolte. L'expérience acquise lors de l'épidémie de 2026 a
conduit à une révision complète de la procédure régionale de
gestion du VHA. Le protocole actualisé introduit un cadre de gestion
par étapes fondé sur des données virologiques, une évaluation des
risques environnementaux, une modélisation prédictive et des
mesures de contrôle graduées. Il établit des critères pour les
restrictions de récolte, le suivi et la gestion des zones de
production, la levée des interdictions de récolte et l'autorisation
des transferts de coquillages.
Conclusion
L'épidémie
d'hépatite A de 2026 en Campanie a mis en évidence l'importance
d'intégrer la surveillance épidémiologique, le suivi virologique,
les contrôles de traçabilité et l'évaluation environnementale
afin de permettre l'identification rapide des lots de coquillages
contaminés, la mise en œuvre opportune de restrictions de récolte
ciblées et l'élaboration de stratégies de gestion des mouvements
de coquillages. La procédure régionale révisée offre un cadre
structuré, fondé sur des données probantes et basé sur le
principe de précaution, pour la gestion des risques liés au VHA et
peut servir de modèle précieux pour d'autres régions confrontées
à des épidémies virales similaires.
NB :
Merci à Joe
Whitworth de Food Safety News d‘avoir signalé cette
information.
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