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jeudi 15 octobre 2026

Plaidoyer pour l’andouille traditionnelle de Guéméné

Être ministre de l’Agriculture n’est pas simple, surtout quand on se met à rapporter des contre-vérités …

Pourtant la com s’était bien mise en marche avec deux communiqués, l’un du ministère de l’Agriculture et l’autre du préfet du Morbihan, et tout ça pourquoi ? Pour l’andouille de Guéméné !

- « Andouille de Guémené : Annie Genevard (la ministre) réaffirme son attachement à ce savoir-faire, la protection des consommateurs et l’égalité de traitement des fabricants. » « Un seul fabricant est concerné par un dépassement des teneurs maximales en hydrocarbures aromatiques polycycliques (HAP), que les services de l’État accompagnent depuis plus de dix ans. »

Quant au préfet, il est à l’unisson de la ministre, « Dans le Morbihan, la production d’une seule sociétéest concernée par le dépassement de cesseuils.Les services de l’État, notamment la direction départementale de la protection des populations, accompagnent l’entreprise concernée depuis 2016 pour qu’elle puisse, comme les autres fabricants d’andouilles de Guémené aujourd’hui, garantir un produit de tradition tout en préservant la santé humaine. Pendant 10 ans, des améliorations notables ont été constatées au sein de cette andouillerie pour tendrevers un respect progressif des taux de HAP. Grâce à l’appui d’un institut technique agricole avec lequel l’entreprise travaille, un procédé de fabrication est en passe d’être fiabilisé pour garantir une parfaite qualité sanitaire de ses produits. »

Et qu’en pense l’intéressé de ce qu’on dit de lui, la réponse est à retrouver ici :

Contacté, Benoît Rivalan, président de la Maison de l'andouille, n'est pas, à cette heure, informé d'une quelconque avancée. L'une des solutions pourrait être que les recherches, débutées il y a trois mois, soient terminées et validées. La technique des chaussettes contre les particules nocives pourrait en effet aider à améliorer la situation.

Depuis 35 ans, Benoît Rivalan respecte à la lettre ce savoir-faire et pour lui, pas question de changer de méthode. « C'est peut-être mon côté Breton, mais je ne changerai pas, si on refuse que je travaille comme je l'ai toujours fait, j'arrête », nous confie-t-il ce mercredi.

Si on fait passer en avant les HAP, c'est le fumage qui risque d'être moins bien fait. Plus les HAP sont hauts, plus le goût de l'andouille est agréable, plus les HAP sont bas, plus le goût de l'andouille est atténué. »

Question au gouvernement

Ce mercredi, le Sénateur du Morbihan Yves Bleunven s'est adressé à la ministre de l’Agriculture, Annie Genevard, lors des questions d'actualité : « Faut-il menacer un savoir-faire traditionnel quand une simple mention sur l’emballage pourrait informer le consommateur ? »

La solution proposée par le sénateur : « informer plutôt qu’interdire ». Il demande ainsi « d’abroger l’instruction imposant de mesurer les HAP avec la peau et de la remplacer par une mention d’information sur l’emballage. L’objectif : protéger la santé des consommateurs sans condamner des savoir-faire transmis de génération en génération ».

« Au-delà de l’andouille de Guémené, c’est aussi l’avenir de tout un patrimoine charcutier artisanal qui est en jeu », ajoute-t-il encore.