mardi 13 octobre 2026

ECDC : Point sur l'épidémie transfrontalière à Salmonella Strathcona de 2023-2026 en Europe

L’ECDC fait un point le 9 octobre 2026 sur l’épidémie transfrontalière à Salmonella Strathcona, UE/EEE de 2023-2026.

Aperçu

L'épidémie transfrontalière prolongée de Salmonella Strathcona ST2559 se poursuit dans l'Union européenne et l'Espace économique européen (UE/EEE). La souche épidémique circule dans l'UE/EEE depuis 2011, date à laquelle une première épidémie a été signalée au Danemark ; des tomates ‘datterino’ (petites tomates allongées) commercialisées depuis la Sicile (Italie) avaient alors été identifiées comme la source des infections. Entre 2023 et 2025, environ 670 cas confirmés de S. Strathcona ST2559 ont été recensés dans l'UE/EEE. Par ailleurs, des cas ont été signalés au Royaume-Uni (73), au Canada (10), aux États-Unis (24) et en Serbie (2). En 2025, les enquêtes épidémiologiques, microbiologiques et de traçabilité menées en Autriche ont identifié des petites tomates commercialisées depuis la Sicile (Italie) comme source des infections, tout comme lors de l'épidémie survenue en Autriche en 2023 et de celle survenue en Italie en 2024. La même conclusion avait été établie pour une épidémie de S. Strathcona ST2559 au Danemark en 2011. Cette hypothèse a été renforcée par des prélèvements officiels effectués en novembre 2024 chez un producteur primaire en Italie, où la souche épidémique a été détectée dans un échantillon d'eau d'irrigation provenant d'un puits. Une enquête de suivi menée en Autriche après la publication de l'évaluation rapide de l'épidémie en 2025 a confirmé la présence de la souche épidémique dans des tomates cerises commercialisées depuis l'Italie, grâce au séquençage (RASFF 2025.9937). Des enquêtes épidémiologiques menées en Suède en décembre 2025 ont également mis en cause un lot de tomates.

Au 9 octobre 2026, dix pays de l'UE/EEE au total (Autriche, Danemark, France, Allemagne, Irlande, Italie, Luxembourg, Pays-Bas, Norvège et Suède) avaient signalé plus de 160 nouveaux cas liés à l'épidémie répertoriée sous la référence EpiPulse 2023-FWD-00090 (ce lien est réservé -aa). Pour la grande majorité d'entre eux, la date d'apparition des symptômes ou de prélèvement se situait entre juillet et septembre 2026.

Le séquençage est en attente pour environ 100 cas supplémentaires. Plusieurs pays ont signalé des cas impliquant des personnes résidant en Italie ou y ayant séjourné avant l'apparition des symptômes, ce qui suggère une exposition commune en Italie. Toutefois, l'exposition ne se limite pas à l'Italie ; des cas autochtones continuent d'être signalés dans d'autres pays. Les enquêtes épidémiologiques concernant les cas signalés en 2026 sont en cours. À ce jour, l'Allemagne et le Luxembourg ont indiqué que tous les cas interrogés en 2026 (respectivement huit et trois) avaient consommé des tomates cerises. L'Italie a également fait état d'une consommation de tomates parmi les cas recensés.

Dans l'ensemble, il s'agit d'une épidémie saisonnière récurrente, avec plus de 800 cas confirmés signalés entre janvier 2023 et septembre 2026. La plupart des cas sont survenus à la fin de l'été, en particulier entre juin et octobre, chaque année. Le nombre de cas atteint systématiquement un pic entre juillet et septembre dans les pays touchés, une tendance saisonnière observée sur plusieurs années.

La réapparition de cas en 2026, y compris chez des personnes n'ayant pas voyagé, suggère une transmission continue et la distribution de produits contaminés aussi bien en Italie qu'au-delà de ses frontières. Des investigations supplémentaires doivent être menées pour vérifier si les petites tomates provenant d'Italie sont bien le vecteur des infections récemment signalées dans tous les pays concernés, d'autres aliments pouvant également être, ou devenir, impliqués dans la transmission.

Évaluation de l'ECDC

Le risque de nouvelles infections persiste tant que se poursuit la distribution saisonnière de produits contaminés. De nouvelles flambées épidémiques sont susceptibles de survenir lors des prochaines saisons tant que la cause première de la contamination n'aura pas été identifiée et que des mesures de contrôle n'auront pas été mises en œuvre.

Actions

Deux évaluations conjointes et rapides de l'épidémie ont été réalisées par l'ECDC et l'EFSA concernant cet événement : en novembre 2024 et en octobre 2025.

L'ECDC suit l'événement via EpiPulse et assure la liaison avec FWD-Net et l'EFSA pour surveiller et coordonner les efforts de réponse.

L'EFSA poursuit sa collaboration avec les autorités compétentes, facilitant l'échange d'informations et restant très attentive à l'évolution de la situation. Des mises à jour épidémiologiques sur le nombre de cas signalés ont également été publiées dans le cadre de la notification RASFF 2024.0384 en août et septembre 2026 ; des préoccupations concernant la réapparition de cette épidémie touchant plusieurs pays ont été communiquées aux gestionnaires des risques aux niveaux européen et national en septembre 2026. L'EFSA continue de suivre les mesures de gestion de l'épidémie telles qu'elles sont communiquées via la plateforme RASFF.

Les pays sont encouragés à continuer d'actualiser EpiPulse avec des informations sur les nouveaux cas, qu'il s'agisse de données épidémiologiques ou du partage de données de séquençage du génome entier (WGS). Cela revêt une importance particulière dans le cadre de cette épidémie afin de permettre l'étude du foyer épidémique par une analyse centralisée au niveau européen, la souche en cause semblant présenter de légères variations génétiques, potentiellement liées à une origine environnementale. Se limiter à la comparaison avec un seul isolat représentatif de l'épidémie au niveau national pourrait restreindre la compréhension de la dynamique du foyer épidémique.

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire