« Le rapport de l'UE sur les alertes en sécurité des aliments met en évidence les principaux dangers et incidents majeurs de 2025 », source article traduit et adapté de Food Safety Magazine. Difficile de qualifier ce bilan mais il est certain qu'il entre dans la lignée des précédents où les notifications d'alertes auhementent, augmentent ...

C’est donc désormais un classique, la Commission européenne a publié son rapport annuel 2025 sur le réseau d'alerte et de coopération (ACN pour Alert and Cooperation Network), révélant que ce réseau a traité un nombre record de 10 490 notifications en 2025, soit une augmentation de 11% par rapport à 2024.
L'ACN englobe le système d'alerte rapide pour les denrées alimentaires et les aliments pour animaux (RASFF), le système d'assistance administrative et de coopération (AAC), le réseau de l'UE contre la fraude agroalimentaire ainsi que d'autres réseaux ; il permet aux autorités des États membres de l'UE d'échanger des informations et de coordonner leurs interventions face aux incidents de sécurité des aliments, aux fraudes agroalimentaires, aux problèmes de santé végétale et de bien-être animal, ainsi qu'à d'autres cas de non-conformité transfrontalière.
Comme nous l’avons ici le fonctionnement du RASFF est lui-même sujet à débat au sein de l’UE ...
Les notifications RASFF ont augmenté de 2% en 2025, tandis que les notifications d'alerte ont progressé de 14%, dépassant les refus aux frontières pour devenir le type de notification le plus fréquent. L'Allemagne, les Pays-Bas et la Belgique sont les pays ayant transmis le plus grand nombre de notifications. La Commission a également fait état d'une baisse de 46% des notifications signalées comme fraudes alimentaires présumées, principalement parce que les notifications concernant des résidus de pesticides dans des produits issus de pays tiers ne sont plus automatiquement classées comme fraudes potentielles.
- Fruits et légumes : 1 572 notifications (18% des notifications concernant les denrées alimentaires)
- Aliments diététiques, compléments alimentaires et aliments enrichis : 709 notifications (8%)
- Fruits à coque, produits à base de fruits à coque et graines : 703 notifications (13%)
- Viande et produits à base de viande : environ 10,4% des notifications
- Céréales et produits de boulangerie : 487 notifications (6%)
- Aliments pour animaux : 494 notifications (5%)
- Herbes et épices : 377 notifications (4%)
- Poissons et produits de la pêche : 347 notifications (4%)
- Confiseries : 339 notifications (4%)
- Matériaux entrant en contact avec des aliments : 250 notifications (2,8%)
- Lait et produits laitiers : 228 notifications (2,6%)
- Produits à base de cacao, de café et de thé : 225 notifications (2,6%)
Principaux faits en matière de sécurité des aliments
- Fruits et légumes : les résidus de pesticides ont représenté 59% des notifications, suivis par les mycotoxines (15%). La plupart des notifications (78%) concernaient des produits importés de pays hors UE, notamment de Turquie et d'Égypte.
Fruits à coque et graines : plus de la moitié (53%) des notifications concernaient des mycotoxines, principalement des aflatoxines dans les arachides et les pistaches. Les alertes pour les micro-organismes pathogènes (15%), en particulier Salmonella, et aux défauts de documentation ou de contrôle (10%) arrivaient respectivement en deuxième et troisième position.
Compléments alimentaires : près de 71% des notifications ont été signalées comme des cas de fraude potentielle, et environ la moitié concernaient des produits vendus en ligne. Les allégations de santé trompeuses (41%) et les non-conformités liées au cannabidiol (CBD) (10%) constituaient les motifs de signalement les plus fréquents. La présence de dioxyde de titane (E171) demeure également un problème récurrent (4%) parmi les cas de non-conformité liés à divers autres ingrédients, qu'ils soient autorisés ou non.
Produits de viande : Salmonella constituait le principal danger (43%), en particulier dans la volaille, tandis que Escherichia coli producteurs de shigatoxines (STEC) et Listeria monocytogenes étaient fréquemment signalés dans les produits de viande bovine et de porc.
Produits de la pêche : Les micro-organismes pathogènes, principalement L. monocytogenes, représentaient la catégorie de danger la plus importante (19%), suivis par les métaux lourds comme le mercure et le cadmium (16%), les problèmes de traçabilité (12%), la falsification et la substitution d'espèces (8%), les parasites (8%) et les contaminants biologiques, principalement dus à l'histamine (7%).
Matériaux en contact avec les aliments : Plus de la moitié des notifications concernaient des risques de migration chimique, notamment les amines aromatiques primaires (14% de tous les problèmes signalés), le formaldéhyde (7%) et les composés organiques volatils (7%).
Incidents notables liés à la sécurité des aliments dans l'UE en 2025
Épidémie à Listeria touchant plusieurs pays et liée à des fromages de France : Une épidémie dans plusieurs pays à L. monocytogenes, liée à des fromages au lait de vache et de chèvre pasteurisé produits en France, a entraîné 21 cas de maladie et deux décès. Le rappel a fini par s'étendre à des fromages distribués sous diverses marques distributeur dans 65 pays à travers le monde. Le rapport a souligné que la contamination s'était probablement produite lors de la production plutôt que par l'utilisation de lait cru.
Contamination par le céréulide dans des préparations pour nourrissons : Le rapport a décrit l'incident impliquant des préparations pour nourrissons contaminées par le céréulide comme l'un des événements de sécurité des aliments transfrontaliers les plus importants gérés via le RASFF ces dernières années. Des analyses de routine ont d'abord détecté la contamination par le céréulide dans l'usine de Nestlé aux Pays-Bas fin 2025. Des enquêtes ultérieures ont permis de remonter la source de la contamination jusqu'à une huile riche en acide arachidonique (huile AHA) importée de Chine, qui avait été fournie à plusieurs fabricants de préparations pour nourrissons. L'incident a touché des produits distribués dans plus de 60 pays et a entraîné des rappels coordonnés, la publication d'une évaluation rapide des risques, de nouveaux contrôles d'urgence de l'UE sur les importations d'huile AHA chinoise, ainsi que l'établissement de seuils de sécurité pour le céréulide dans les préparations pour nourrissons. Aucun cas grave confirmé n'a été signalé, ce qui s'explique par les faibles niveaux de contamination et par la mise en œuvre rapide des rappels et des mesures réglementaires.
Épidémie à Salmonella Strathcona liée à des tomates : Le rapport a également mis en évidence une épidémie prolongée et transfrontalière à S. Strathcona associée à des tomates cerises et des tomates italiennes provenant de Sicile (Italie). Entre 2023 et 2025, l'épidémie a causé plus de 400 cas de maladie en Italie, en Allemagne, en Autriche et dans d'autres pays de l'UE, ainsi qu'au Royaume-Uni, au Canada et aux États-Unis. Des prélèvements environnementaux ont permis d'identifier la souche épidémique dans l'eau d'irrigation sur le site d'un producteur de tomates, confirmant ainsi le rôle de l'environnement dans la contamination des tomates.
Intoxication à la ciguatera liée à des vivaneaux importés : Les autorités allemandes ont signalé trois cas d'intoxication à la ciguatera après la consommation de vivaneaux rouges (vivaneaux de Malabar) importés d'Inde. Les poissons en cause avaient été distribués dans plusieurs pays européens, ce qui a entraîné des retraits coordonnés du marché, bien qu'aucun autre cas de maladie n'ait été identifié.
Contaminants pharmaceutiques dans des concombres : Les autorités slovènes ont détecté du paracétamol (également appelé acétaminophène) dans des concombres et des cornichons importés d'Inde ; les produits contaminés ont été retirés du marché avant toute transformation. Un autre lot distinct, de moindre importance et provenant d'un fournisseur indien différent, s'est révélé contenir par la suite de faibles concentrations de ce médicament. Les enquêteurs ont envisagé plusieurs voies de contamination possibles, notamment l'utilisation d'acide acétique contaminé dans la chaîne d'approvisionnement, l'eau d'irrigation contaminée, l'absorption environnementale par les plantes ou l'utilisation d'intrants agricoles contaminés, tels que des produits de lutte contre les serpents.
Métaux lourds dans les matériaux au contact des aliments : Les autorités slovènes ont signalé des tasses en émail décorées, importées de Chine, qui libéraient du plomb, de l'aluminium, du nickel, du cobalt, du baryum et du manganèse. Les produits avaient été largement distribués à travers l'Europe, ce qui a entraîné des retraits coordonnés, la destruction des produits et des mesures de suivi dans plusieurs pays.
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