Affichage des articles dont le libellé est curiosité. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est curiosité. Afficher tous les articles

dimanche 24 mai 2026

Repenser la formation à la sécurité des aliments : Placer le consommateur au cœur des préoccupations

L’article ci-dessous s’inscrit dans la droite ligne de l’article sur le distributeur, Aldi en Belgique, à suite d’une décision de la Cour de justice européenne.

Même si ce distributeur avait vu sa démarche validée par les autorités de tutelle, « Les juges luxembourgeois ont déclaré que le droit européen de la sécurité des aliments vise à garantir la sécurité réelle des aliments pour les consommateurs, et non à se contenter de prouver, sur le papier, qu'une entreprise dispose de plans de conformité et de systèmes de contrôle. En vertu de la législation européenne, les supermarchés sont les principaux responsables de la protection des aliments tout au long de la chaîne d'approvisionnement, y compris pour les produits déjà en rayon et accessibles aux clients. »

Ci-après il est question de l’ensemble de la filière alimentaire qui doit de changer de raisonnement mais aussi, me semble-t-il, les autorité de tutelle, à vous de voir ...

Dans ce contexte, voici « Repenser la formation à la sécurité des aliments : Placer le consommateur au cœur des préoccupations ». Article d’Andrew Thomson et Matthew Wilson paru le 20 mai 2026 dans Food Safety Magazine.

Pour adopter une formation à la sécurité des aliments centrée sur le consommateur, l'industrie doit humaniser la notion de risque et repenser l'intégration en tenant compte des conséquences pour le consommateur .

L'ensemble de l'industrie alimentaire, de la production à la consommation, a consacré des décennies à axer la formation à la sécurité des aliments sur le respect des exigences réglementaires, au détriment des consommateurs. Cette approche a atteint ses objectifs, mais il est temps de changer de paradigme. Nous devons intégrer le consommateur à la formation – au sens figuré – et repenser l'enseignement et la formation en sécurité des aliments pour un impact plus ciblé.

Les consommateurs sont remarquablement absents de nos programmes et cadres de formation. Leurs besoins, leurs vulnérabilités, leurs attentes et leur confiance sont rarement pris en compte. Pourtant, ce sont eux qui sont touchés en cas de problème – qu'il s'agisse d'intoxications alimentaires, d'hospitalisations et de soins continus, de réactions allergiques, ou pire encore.

Pourquoi le statu quo ne fonctionne pas

Les faits sont éloquents : si l’approche actuelle de l’industrie alimentaire en matière de formation était réellement efficace, nous n’assisterions pas à la persistance des incidents liés à la sécurité des aliments. Dans des articles précédents, les auteurs ont mis en lumière une multitude d’incidents de ce type largement médiatisés. Il s’agit d’un problème mondial (se référer au tableau des statistiques des maladies inectieuses d’origine alimentaire, dont la France, décrit dans l’article original).

Pour beaucoup dans l’industrie alimentaire, la sécurité des aliments se résume à une simple formalité. Les employés suivent des formations en ligne mal conçues, axées principalement sur les connaissances théoriques, avec peu de compréhension, un encadrement limité et sans responsabilisation. Nombre de ces programmes ne respectent pas les principes fondamentaux de l’apprentissage chez l’adulte et proposent un contenu passif et standardisé qui ne parvient pas à impliquer véritablement les employés. Par conséquent, la formation se trouve déconnectée des réalités complexes de la sécurité des aliments en milieu professionnel. Les employés ne sont pas suffisamment préparés pour appliquer leurs connaissances dans des contextes professionnels concrets et ne sont souvent pas tenus responsables de leurs actes. Dans bien des cas, ni l'entreprise alimentaire, ni sa direction ne le sont pas plus.

Ces manquements ne se limitent pas à la simple absence d'application ou de priorité accordée aux pratiques de sécurité des aliments. Ils découlent d'un problème plus profond : une lacune fondamentale dans la compréhension, la responsabilisation et l'engagement collectif en faveur de la protection de la santé des consommateurs. Fondamentalement, ces manquements reflètent une méconnaissance réelle qui dépasse la simple conformité et une compréhension globale des risques et des conséquences. Les entreprises alimentaires ont été amenées à croire que la réussite d'un audit de conformité ou l'obtention d'un certificat de formation suffisaient à garantir la sécurité des aliments. La réalité est bien plus complexe. Une véritable sécurité des aliments exige des connaissances approfondies, activement appliquées, renforcées à tous les niveaux de l'organisation et priorisées pour protéger le bien-être des consommateurs.

Les statistiques publiques mettent en évidence le fardeau mondial des maladies d'origine alimentaire et soulignent l'urgence d'une formation efficace en matière de sécurité des aliments dans tous les secteurs de l'industrie alimentaire. Les auteurs reconnaissent que les méthodologies et les systèmes d'enregistrement varient d'un pays à l'autre, ce qui peut influencer les données publiées. La sécurité des aliments est le fruit d'une culture, de comportements, d'un leadership et d'une prise de décision, et non pas seulement de la paperasserie ou du simple contrôle des températures des chambres froides et des mesures de température des aliments à l'aide de systèmes numériques.

Pourquoi ce changement est nécessaire

La conformité à elle seule ne suffit pas à garantir la sécurité des personnes que nous servons. Les consommateurs doivent être au cœur de chaque décision prise en usine, en cuisine et dans le secteur de la restauration. Pour que ce changement s'opère, nous devons d'abord lever les obstacles qui entravent une formation efficace en matière de sécurité des aliments.

Malgré toute la bonne volonté, la formation à la sécurité des aliments est souvent insuffisante en raison de trois obstacles majeurs :

1. Manque de temps : La formation et le renforcement des acquis sont souvent sacrifiés par manque de temps, ce qui entraîne un apprentissage fragmenté ou inefficace. Les employés ne sont pas préparés à appliquer leurs connaissances en situation professionnelle.

2. Ressources et personnel limités : De nombreuses entreprises ont du mal à allouer les ressources nécessaires à une formation et à une documentation efficaces. Sans un nombre suffisant d'employés et d'outils, la formation se réduit souvent à une approche standardisée, négligeant les exigences et les spécificités de chaque poste. Des employés compétents sont nécessaires pour former les autres ou pour accomplir les tâches nécessaires au respect des bonnes pratiques.

3. Soutien insuffisant de la direction : Lorsque la direction ne fait pas de la formation une priorité, elle envoie un message clair aux employés : la sécurité des aliments n'est pas une priorité. Cela compromet le potentiel de toute initiative de formation, qui est alors perçue comme une « simple formalité » plutôt qu'un impératif sérieux de sécurité pour les entreprises et les consommateurs.

Ces obstacles ne sont pas d'ordre technique ; ils sont stratégiques et culturels. Au fond, ils mettent en lumière une faille fondamentale de l'approche actuelle : la formation à la sécurité des aliments est une obligation de conformité, et non comme un investissement essentiel dans la formation et le développement des employés, la santé publique et la confiance des consommateurs.

Le rôle du consommateur dans la sécurité des aliments : pourquoi son point de vue est important.

Imaginez si vos sessions de formation à la sécurité des aliments intégraient les témoignages et les expériences des consommateurs qui dépendent d'une alimentation saine. Et si, au lieu de nous concentrer uniquement sur les procédures et la législation alimentaire, nous renforcions les compétences des employés de la production et de la manipulation des aliments afin qu'ils pensent comme les personnes qu'ils servent : les personnes allergiques, les jeunes enfants, les personnes âgées ou celles dont le système immunitaire est affaibli ?

Les consommateurs attendent et méritent une alimentation saine pour protéger leur santé et leur bien-être. Pourtant, dans la plupart des cas, ils ne sont absolument pas représentés dans les programmes de formation à la sécurité des aliments. Cela doit changer.

Voir dans l’article original l’enquête mondiale sur la confiance des consommateur par pays.

Un problème majeur mis en lumière par de récentes enquêtes mondiales sur la sécurité des aliments est la forte baisse de la confiance des consommateurs. Aux États-Unis, la confiance dans la sécurité de l’approvisionnement alimentaire a atteint son niveau le plus bas en 13 ans, selon l’enquête 2025 de l’International Food Information Council's (IFIC's). . Malgré les progrès des technologies numériques qui devraient améliorer la sécurité des aliments, cette tendance se poursuit dans le sens inverse. De nombreux consommateurs estiment que le profit prime sur la sécurité sanitaire et que l’industrie agroalimentaire ne collabore pas efficacement pour assurer la protection des consommateurs.

Un tableau présente les principales préoccupations des consommateurs en matière de sécurité des aliments, souligne les lacunes des programmes de formation actuels et montre comment une approche repensée et axée sur le consommateur peut combler ces lacunes, améliorant ainsi les pratiques de l’industrie et la confiance des consommateurs.

Les sessions de formation aux compétences en matière de sécurité des aliments, destinées aux salariés de la production et aux manipulateurs d'aliments et conçues du point de vue du consommateur, abordent directement ces préoccupations (voir dans le texte original ce tableau). Elles garantissent que la sécurité des aliments ne se limite pas à éviter les infractions ; il s'agit de prendre chaque jour des décisions éclairées et éthiques qui protègent les personnes.

Des programmes de formation insuffisants : l'industrie reconnaît le problème

L'enquête mondiale sur la formation en matière de sécurité des aliments 2024, menée pour la huitième année consécutive, a compilé les données de plus de 3 000 entreprises alimentaires, couvrant la fabrication, l'agriculture, l'emballage, la distribution, la vente au détail et la restauration. Réalisée par un consortium d'organisations reconnues, l'enquête révèle des lacunes importantes dans la conception, la mise en œuvre et l'évaluation des formations au sein de l'industrie alimentaire. Malgré le respect des réglementations dans de nombreux cas, les efforts de formation ne parviennent souvent pas à induire de véritables changements de comportement susceptibles d'améliorer la santé publique. Selon l'enquête, près des trois quarts des entreprises alimentaires mondiales partagent l'avis suivant : « Malgré nos efforts de formation, certains de nos employés ne respectent toujours pas les protocoles établis sur le terrain. »

De plus, une entreprise sur quatre juge ses programmes de formation « médiocres », tandis que 60 % les estiment simplement « suffisants ». Seules six entreprises sur dix pensent que la formation a un impact positif sur la productivité, et un nombre important estime qu'elle n'a aucun effet sur la fidélisation du personnel, 10 % d'entre elles indiquant même qu'elle nuit à l'engagement des employés.

Ces résultats reflètent les préoccupations exprimées par les consommateurs dans des enquêtes menées à travers le monde : le fait que les entreprises privilégient les profits ou la conformité au détriment de la sécurité des aliments. Si les trois quarts des entreprises ne parviennent pas à traduire la formation en actions concrètes sur le terrain, comment le public peut-il avoir confiance dans la sécurité des aliments qu'il consomme ? Ce décalage entre la formation et la pratique sur le terrain met en lumière un problème alarmant : les consommateurs peuvent supposer que les employés sont bien formés, mais bien souvent, les entreprises elles-mêmes admettent que ce n'est pas le cas en pratique. Ces lacunes en matière de compétences nuisent non seulement à l'efficacité opérationnelle, mais surtout à la sécurité des consommateurs. Si les employés en contact direct avec la clientèle ne respectent pas les protocoles de base malgré la formation, les consommateurs sont exposés à des risques de maladies d'origine alimentaire, d'exposition à des allergènes et de contamination. La conséquence directe est une érosion croissante de la confiance des consommateurs, comme en témoigne le déclin de la confiance dans la sécurité des aliments observé à l'échelle mondiale.

Malgré ces difficultés, certaines organisations ont déjà pris l'initiative d'améliorer les règles de qualité et de sécurité des aliments.

Les responsables doivent sensibiliser et informer les employés, les sous-traitants et toute personne liée aux activités de l'entreprise ou impactée par celles-ci aux enjeux de sécurité sanitaire et de santé.

Signaux de l’industrie alimentaire : La formation est souvent négligée

Malgré les défis croissants en matière de sécurité des aliments, les données du secteur montrent systématiquement que la formation à la sécurité des aliments n'est pas une priorité. Ce problème ne concerne pas uniquement les employés de production et les manipulateurs d'aliments ; il révèle un problème systémique qui touche l'ensemble de la filière alimentaire, des dirigeants d'entreprise aux organismes de formation et de certification.

Une conclusion importante des déclarations de divulgation des risques des entreprises au Royaume-Uni a révélé que seulement 17% des entreprises alimentaires ont classé la sécurité des aliments parmi leurs dix principaux risques. Ce constat rejoint les conclusions de diverses enquêtes mondiales sur la sécurité des aliments et de rapports sur les risques des entreprises menés par les organisations du secteur. Les entreprises ont tendance à privilégier les risques financiers, la réduction des coûts et la concurrence, reléguant la formation à la sécurité des aliments au rang de charges non essentielles. Cette mentalité persiste dans de nombreuses organisations, où la formation est perçue comme un simple coût à minimiser, plutôt que comme un investissement essentiel qui améliore l'efficacité opérationnelle, réduit les risques et instaure une confiance durable des consommateurs.

Étapes pratiques : Intégrer le consommateur à la formation

Pour une formation à la sécurité des aliments axée sur le consommateur, il faut d'abord humaniser le risque. Ne vous contentez pas de parler de « contamination croisée » ou de listériose. Diffusez des vidéos ou racontez des histoires de personnes réellement touchées par des défaillances en matière de sécurité des aliments. Appuyez-vous sur des études de cas d'incidents locaux. Rendez la formation concrète et mémorable.

Deuxièmement, repensez l'intégration en tenant compte des résultats pour le consommateur. L'intégration des nouveaux employés ne doit pas se limiter à la simple démonstration des gestes à effectuer ; elle doit les amener à comprendre l'importance de ces gestes. Chaque nouvel employé doit non seulement maîtriser les aspects techniques de la sécurité des aliments, mais aussi prendre conscience des conséquences concrètes de ses actions. Il doit pouvoir répondre aux questions suivantes : Qui est-ce que je protège ? Quels sont les risques en cas de problème ?

Passez du discours sur « comment se laver les mains » à celui sur « comment l'hygiène des mains protège les personnes qui consomment nos aliments ». Ce changement de perspective permet de relier les tâches de base à leur impact concret et aide les employés à comprendre leur rôle dans le contexte plus large de la sécurité des aliments.

Lors de l'intégration de nouveaux employés, insistez sur l'aspect humain en utilisant des exemples comme ceux ci-dessous :

- « Vous travaillez sur une chaîne de production où vous emballez des plats préparés. Une contamination croisée peut entraîner une intoxication alimentaire.»

- « Vous préparez des repas pour un EHPAD dont les résidents ont un système immunitaire affaibli.»

- « Vous préparez des repas sans gluten pour des clients atteints de la maladie cœliaque.»

- « Vous êtes chef cuisinier dans un restaurant, et votre clientèle comprend des femmes enceintes, des enfants et des personnes âgées. Une cuisson insuffisante des aliments crus ou un stockage inadéquat des aliments potentiellement dangereux peuvent entraîner un transfert de contamination et mettre des vies en danger.»

Insistez sur le fait qu'il ne s'agit pas de concepts abstraits, ni d'exigences de conformité. Ce sont de vraies personnes qui dépendent de la sécurité des aliments que vous préparez. Il ne s'agit pas simplement de formation, mais d'un investissement dans la confiance et le bien-être des consommateurs.

Le leadership doit être le moteur du changement

Rien de tout cela ne fonctionnera si les dirigeants ne soutiennent pas et ne donnent pas l'exemple. Si les dirigeants considèrent les formations en sécurité des aliments comme une simple formalité, leurs équipes feront de même. En revanche, s'ils participent activement à l'apprentissage, discutent ouvertement des risques liés à la sécurité des aliments et font de la protection des consommateurs une priorité pour l'ensemble de l'entreprise, alors le changement devient possible.

Intégrez la voix du consommateur dans les conseils d'administration et les réunions d'information sur la sécurité des aliments. Remettez en question les idées reçues. Faites de la sécurité des aliments un critère d'évaluation des performances, non seulement pour les employés de première ligne, mais aussi pour les dirigeants et les cadres supérieurs.

L'appel au changement

Le temps des changements progressifs est révolu. Face à la persistance des maladies d'origine alimentaire qui affectent les consommateurs du monde entier et à la baisse historique de la confiance du public dans la sécurité des aliments, il est clair que l'industrie agroalimentaire doit dépasser le simple respect des normes minimales et adopter une véritable démarche d'amélioration continue. La sécurité des consommateurs doit devenir le moteur de tous les efforts de formation, sous peine de compromettre la confiance du public dans l'ensemble de la chaîne d'approvisionnement alimentaire.

Conclusion

Il est clair que la formation en matière de sécurité des aliments, dans sa forme actuelle, ne suffit pas à protéger les consommateurs, ni à renforcer la confiance du public dans l'industrie agroalimentaire. Nous devons remettre en question le statu quo, repenser l'éducation et la formation en matière de sécurité des aliments et créer un système où la santé et l'autonomisation des consommateurs sont au cœur de toutes nos actions. Cela exige un leadership audacieux, un investissement continu dans les compétences des employés et un engagement en faveur d'un changement significatif. L'avenir de la sécurité des aliments et la santé et le bien-être de millions de personnes dans le monde en dépendent.

NB : Pour des raisons de temps, les référence bibliographiques de l’article ne sont pas citées ainsi que différents documents instructifs proposés par les auteurs. N’hésitez pas à vous y référer pour aller plus loin .. -aa.

vendredi 22 mai 2026

L'OMS déplore des progrès insuffisants dans la lutte contre les maladies d'origine alimentaire

Je ne sais pas quels sont les pays visés, mais il me semble que chez nous, comme le budget 'sécurité sanitaire des aliments est en baisse pour la deuxième année consécutive, 2025 et 2026, on a du mouron à se faire.

Lors de la 79ᵉ Assemblée mondiale de la santé, l'Organisation mondiale de la santé (OMS) a exprimé des préoccupations concernant les progrès insuffisants dans la lutte contre les maladies d'origine alimentaire. Ces maladies, causées par des aliments contaminés par des bactéries, des virus, des parasites ou des substances chimiques, affectent chaque année 600 millions de personnes dans le monde, entraînant 420 000 décès et la perte de 33 millions d'années de vie en bonne santé, OMS.

Selon l'OMS, les capacités nationales de surveillance des maladies d'origine alimentaire se sont légèrement améliorées, mais restent insuffisantes.

L’Organisation mondiale de la santé (OMS) a présenté un bilan des progrès accomplis concernant la Stratégie mondiale pour la sécurité sanitaire des aliments lors de la 79e Assemblée mondiale de la santé.

Les données montrent que malgré une amélioration progressive de la surveillance des maladies d'origine alimentaire et de la contamination des aliments, les objectifs ne seront pas atteints au rythme actuel. FSN.

mardi 19 mai 2026

Mercosur et sécurité des aliments. Les viandes du Brésil bientôt interdites d'exportation !

Y aurait-il des trous dans la raquette Mercosur ?

L'UE et le Mercosur confrontés à la réalité, les exportations de viande brésiliennes menacées d'interdiction par l'UE. Source. C'est un revers majeur pour la Commission européenne face à la réalité de la sécurité des aliments.

Deux semaines se sont écoulées depuis l'entrée en vigueur provisoire de l'accord commercial UE-Mercosur. Pourtant, un événement majeur est survenu : le Brésil, principal partenaire du Mercosur, sera interdit d'exporter de la viande vers l'UE à partir de septembre en raison de l'utilisation d'antimicrobiens pour favoriser la croissance animale.

Cette décision est-elle irréversible, et que pouvons-nous en apprendre ?

Jeudi (12 mai), l'UE a mis à jour sa liste de pays autorisés à exporter de la viande vers l'UE, à la lumière des règles sanitaires et phytosanitaires de l'UE.

Sans grande surprise, le Brésil a été retiré de la liste. Selon la Commission, le Brésil ne peut prouver que la viande exportée vers l'UE est exempte de facteurs de croissance antimicrobiens.

Pourquoi maintenant ?

Avant la signature de l'accord commercial UE-Mercosur en début d'année, la Commission a dû rassurer les Européens sur le renforcement des contrôles sanitaires et phytosanitaires sur la viande importée.

L’idée était de convaincre les agriculteurs de tout le continent que tous les produits entrant sur le marché de l’UE seraient conformes aux normes de l’UE et, par conséquent, ne leur feraient pas concurrence à armes égales.

Et maintenant, place à la mise en œuvre concrète.

Après les contrôles, il est apparu que le Brésil utilisait toujours des facteurs de croissance antimicrobiens. Mais plus grave encore, le pays est incapable de démontrer que la viande exportée vers l'UE est conforme à la réglementation européenne et exempte de facteurs de croissance antimicrobiens.

Cette décision pourrait-elle être annulée ?

Le retrait de la liste des pays autorisés ne prendra effet que le 3 septembre.

Interrogé un responsable de la Commission, a expliqué que deux facteurs allaient influencer le processus.

Premièrement, le Brésil doit mettre en place des mesures telles que des modifications législatives et des contrôles pour éliminer les facteurs de croissance antimicrobiens des chaînes de production.

Deuxièmement, le Brésil doit s'assurer que les produits exportés à l'avenir respecteront les nouvelles exigences. En règle générale, un morceau de bœuf exporté dans six mois ne sera probablement pas conforme, car l'animal aura reçu des antimicrobiens par le passé.

Il est donc difficile de dire si le Brésil pourra réintégrer la liste d'ici septembre.

Mais avec une volonté politique et certains arrangements techniques, cela pourrait se produire.

Le Brésil milite depuis longtemps pour la signature de l'accord de libéralisation des échanges entre l'UE et le Mercosur. L'exportation de viande vers l'UE revêt une grande importance économique pour le pays.

Et jusqu'à présent, des compromis ont été trouvés entre les deux blocs pour résoudre tous les problèmes qui avaient empêché la conclusion de l'accord ces dernières années.

mercredi 13 mai 2026

Ÿnsect : autopsie d’un fiasco industriel

« Ÿnsect : autopsie d’un fiasco industriel » est un article de Gil Rivière-Wekstein paru sur son blog Agriculture et Environnement.
Extraits

La liquidation judiciaire d’Ÿnsect, prononcée le 1er décembre 2025 par le tribunal de commerce d’Évry laisse une usine vide et 43 chômeurs, alors que plus de 600 millions d’euros avaient été levés, dont 148 millions d’argent public. Retour sur l’un des symboles d’une décennie d’égarement politique.

L’État a endossé et financé ce projet, qui relevait bel et bien d’une sorte de fantasme collectif. 

Loin d’être une mésaventure isolée, cette affaire témoigne de l’égarement politique et industriel français des années Macron.

Dans le même temps, le président Macron voyait en Ÿnsect un « champion de demain », tandis que le ministre de l’Économie de l’époque, Bruno Le Maire, notait, il y a à peine trois ans : « Je pense par exemple à Ÿnsect ou Innovafeed, qui inventent la filière agroalimentaire de demain. »

A lire dans le détail car ce fiasco financier mais aussi écologique est une illustration parmi d'autres de l'illusion de la trop fameuse et vaseuse transition écologiste.

samedi 9 mai 2026

France : Les données 2025 des rappels de produits alimentaires demeurent trop élevées

Le 2 novembre 2025, je prévoyais une
forte augmentation des rappels en 2025 ; il ne fallait pas être grand clerc pour annoncer cela ...

- 3 243 en 2021

- 2 441 en 2022
- 2 023 en 2023
- 2 087 en 2024
- 2 338 en 2025

Il n'existe pas à ma connaissance de bilan des rappels de produits alimentaires en France, d'où ce petit bilan de mon cru...

Voici une méthode simple de calcul des rappels pour 2025 pour ceux que ça intéresse : le chiffre calculé est obtenu à partir de l’utilisation des données des rappels via RappelConso, entre ici et ici.

Bien entendu, il est classique, mais non prouvé de dire, plus il y a de rappels, plus le système fonctionne …

Cette brève information me permet de signaler que nos voisins et amis belges de l’AFSCA ont publié tout récemment, le 5 mai 2026, un communiqué,« Les entreprises alimentaires belges ont procédé à 378 rappels de produits et avertissements en 2025 ».

Que dire de plus ...

vendredi 8 mai 2026

Les bilans des TIAC 2022 et 2023 ne sont pas à la Une des informations de Santé publique France. Étonnant, non ?

Nouveau coup de gueule du blog à l’adresse de Santé publique France qui persévère à cacher des informations en ne les diffusant pas à la Une de ses actualités !

Ci-après, l’image de gauche représente le dernier communiqué de presse de Santé publique France et, à droite, un montage à ma façon afin de leur dire, svp, arrêtez de cacher la réalité des faits et publiez à la Une de vos informations le bilan des TIAC 2022 et 2023 !

Il faut aussi briser le silence du ministère de l’Agriculture et de l’Anses qui regardent ailleurs et qui ne disent rien sur cette situation, dont ils sont, avec Santé publique France, co-responsables, qu'on se le dise !

Santé publique France, svp, elle est où l'information du grand public ? 

Ci-dessous, le pictogramme des "missions" de Santé publique relatives aux Toxi-infections alimentaires collectives ...

jeudi 7 mai 2026

98,8% de ces échantillons alimentaires conformes aux limites fixées par la législation européenne en matière de résidus de pesticides, selon l’EFSA

A l’occasion du lancement de la nouvelle marque UFC-Que Choisir, devenant « Que Choisir Ensemble », UFC-Que Choisir a lancé une campagne de comm' innommableen un mot, une campagne idéologique stigmatisant les agriculteurs pour ce mouvement désormais en perdition.

Pendant ce temps, dans la vraie vie, selon le dernier rapport de l’EFSA, le respect des limites fixées par l’UE en matière de résidus de pesticides reste élevé, comme en témoignent les résultats de plus de 125 000 échantillons alimentaires prélevés dans toute l’Europe. Le dernier rapport confirme, comme les années précédentes, que le risque pour la santé humaine résultant de la présence de résidus de pesticides dans les aliments reste faible.

Programme d'échantillonnage coordonné de l'UE 

Chaque année, les États membres de l'UE, ainsi que la Norvège et l'Islande, collectent et communiquent à l'EFSA les résultats d'analyse de milliers d'échantillons provenant d'aliments largement consommés afin de fournir une image représentative du marché de l'UE. Les mêmes produits sont ciblés tous les trois ans afin de suivre leur évolution au fil du temps.

En 2024, les autorités nationales chargées de la sécurité des aliments ont prélevé 9 842 échantillons parmi les produits suivants : aubergines, bananes, brocolis, champignons de culture, pamplemousses, melons, poivrons, raisins de table, huile d’olive vierge, grains de blé, graisse bovine et œufs de poule.

Au total, 98,8% de ces échantillons se sont révélés conformes aux limites fixées par la législation européenne, un résultat comparable aux 98,7% enregistrés en 2021, lorsque la même sélection de produits avait été analysée.

Aucun résidu mesurable de pesticide n’a été détecté dans 43,1% des échantillons, tandis que 54,5% d’entre eux contenaient un ou plusieurs résidus respectant les limites maximales de résidus (LMR). Les LMR ont été dépassées dans 2,4% des échantillons, dont 1,2 % ont été confirmés comme non conformes (ce qui signifie qu’ils dépassaient la LMR après prise en considération d'une incertitude de mesure).

Conclusion

Voilà la réalité des faits, loin de la campagne de Que Choisir qui est illustrée par cette image stigmatisant nos agriculteurs. Il s’agit une photo prise en Malaisie en 2020, montrant comme le dit la légende, une « agricultrice chinoise asiatique » (!) et son pulvérisateur…

Des coureurs auraient été intoxiqués à cause de bouses de vaches sur la Famenne Ardenne Classic

Ce n’est pas une histoire belge, mais une réalité narrée par
le journal sportif L’Equipe le 6 mai 2026, « La moitié du peloton est tombée malade » : des coureurs auraient été intoxiqués à cause de bouses de vaches sur la Famenne Ardenne Classic.

D'après la formation Lotto-Intermarché, de nombreux coureurs seraient tombés malades à la suite de la Famenne Ardenne Classic. Des projections d'excréments sur les routes humides seraient à l'origine, et trois coureurs de la formation belge ont dû être brièvement hospitalisés.

Selon la télévision flamande Sporza, d'autres équipes (Alpecin, Flanders-Baloise, Roubaix-VanRysel) sont également touchées, tandis que, d'après le coureur français Maxime Bouet, cité par son équipe (Arkea), « la moitié du peloton est malade ». L'équipe Lotto explique que les coureurs auraient été contaminés à cause de bouses de vaches, présentes le long du parcours de la course ardennaise, les routes humides ayant provoqué des projections d'excréments.

Si l'origine n'est pas encore établie avec certitude, Campylobacter, une bactérie responsable de la gastro-entérite d'origine alimentaire, serait en cause.

Le blog vous avait rapporté en son temps, Facteurs de risque de développement d'infections gastro-intestinales, cutanées ou respiratoires aiguës après la participation à une course d’obstacles et de boue et Attention aux parcours d’endurance dans la boue: Le risque E. coli existe.

Le Brésil, les produits de volaille et Salmonella, avec ou sans l'accord Mercosur

15 notifications au RASFF de l’UE pour des produits de viande de volaille du Brésil, le plus grand exportateur de viande de poulet au monde, depuis le début de l’année 2026, beau palmarès !

- 14 notifications concernent la présence de Salmonella et une notification est liée à un souci de température.

- 13 notifications sur 15 ont fait l’objet d’un rejet aux frontières de l’UE.

Ces notifications ne concerne pas l’accord Mercosur qui est sensé entrer en vigueur le 1er mai 2025, et pourtant, selon une information du 5 mai 2026, ça part fort, « Mercosur : 80% du premier lot de poulets brésiliens contaminés à la salmonelle en Grèce ».

Trois jours après l'entrée en vigueur provisoire de l'accord UE-Mercosur, la Grèce renvoie un lot massivement contaminé. La filière française redoute le précédent.

Sur trois tonnes de poulets congelés brésiliens débarqués en Grèce, 80% étaient porteurs de salmonelle. Le premier test grandeur nature de l'accord UE-Mercosur vire au fiasco sanitaire.

Avec ou sans traité Mercosur, Salmonella répond présent !

A suivre ...

lundi 4 mai 2026

Maîtrise de Listeria monocytogenes dans l'environnement de transformation des aliments : Leçons tirées d'une entreprise de transformation du saumon

Maîtriser Listeria monocytogenes dans l'environnement de transformation des aliments : Leçons tirées d'une entreprise de transformation du saumon associée à des épidémies (Controlling Listeria monocytogenes in the food processing environment: Lessons learned from a salmon processor associated with outbreaks). International Journal of Food Microbiology Volume 449, 16 March 2026.

Cette étude examine les sources de contamination et les mesures de réduction selon une approche approche de ‘recherche et destruction’ (Seek and Destroy') chez un producteur de saumon fumé à froid impliqué dans deux épidémies de listériose dues à L. monocytogenes ST 121.

Sur une période de 11 semaines, 329 échantillons ont été analysés (140 surfaces en contact avec les aliments, 41 surfaces non en contact avec les aliments et 148 échantillons de saumon ou de produits dérivés). Les analyses effectuées sur la chaîne de production ont révélé une contamination après le pelage et/ou le salage. La machine à peler a été identifiée comme la principale source de contamination : la souche responsable de l'épidémie a persisté sur deux convoyeurs et un rouleau rempli d'air.

Malgré un nettoyage et une désinfection approfondis, un traitement de la salle entière au peroxyde d'hydrogène et une exposition de la machine à décortiquer à une température de 80°C pendant 66 heures (à l'exclusion des convoyeurs et du rouleau thermosensibles), la contamination a récidivé. Le remplacement de la machine à peler, associé à un renforcement des mesures d'hygiène (incluant le démontage et l'ébullition des aiguilles d'injection de saumure), a permis d'éliminer toute trace de la bactérie dans 34 échantillons de saumon et 53 échantillons environnementaux entre les semaines 8 et 11. Au cours des 8 mois de suivi, aucun des 220 échantillons de produits testés n'a présenté de résultat positif.

Le séquençage du génome entier (SGE) a été réalisé sur 37 isolats : 21 prélevés lors de l'investigation menée dans l’usine (semaines 1 à 11), neuf isolats historiques et sept isolats issus d'expériences de suivi réalisées avec la machine à peler mise au rebut (cette pratique a été déjà souligné par le blog à plusieurs reprises -aa). Tous appartenaient au ST121, et un groupe correspondait à la souche responsable de l'épidémie.

Cette étude souligne l'importance d'une conception hygiénique des équipements de transformation alimentaire (en particulier les matériaux et interfaces des bandes transporteuses et des rouleaux) et l'intérêt du SGE pour identifier les contaminations persistantes lors de la transformation des produits de la mer prêts à consommer.

Un autre enseignement opérationnel est que les prélèvements classiques par écouvillonnage peuvent ne pas détecter certaines zones internes. Un échantillonnage normal avec des écouvillons en tissu n'a pas permis de déceler de contamination sur les pièces suspectes, tandis que l'immersion de pièces de machine dans un bouillon de pré-enrichissement pour Listeria a permis d'identifier L. monocytogenes sur les courroies et le rouleau. Cette méthode a été mise en œuvre dans une installation de biosécurité conçue pour la manipulation de matériaux contaminés et n'est pas adaptée à l'industrie agroalimentaire, car elle peut entraîner une prolifération importante de L. monocytogenes. Elle a toutefois démontré que la contamination dans les zones de refuge peut échapper à la détection par les méthodes d'échantillonnage de surface conventionnelles.

Conclusion

La maîtrise de la persistance de Listeria monocytogenes dans les installations de transformation alimentaire exige une approche multifactorielle.

La conception hygiénique des équipements est essentielle, car la détection de L. monocytogenes sur des surfaces « propres » est difficile en raison de la faible concentration de la bactérie cible et de la présence de zones poreuses ou inaccessibles.

La décontamination chimique seule s'est avérée insuffisante pour une élimination efficace, malgré un nettoyage en profondeur approfondi, un démontage et d'autres interventions.

De plus, l'utilisation de la chaleur comme mesure de maîtrise est limitée lorsque les matériaux ne supportent pas l'exposition à la chaleur. Le séquençage du génome entier (WGS) est précieux pour identifier plusieurs souches persistantes étroitement apparentées, mais son coût élevé et l'accès limité aux données de séquençage de santé publique peuvent entraver la confirmation de l'élimination des clones responsables d'épidémies.

Dans le cas précis de cette étude, l'identification et lenlèvement de la machine à peler contaminée, associés à des protocoles de nettoyage renforcés, ont finalement permis d'éliminer la souche responsable de l'épidémie liée à l'établissement.

Le partage des résultats détaillés et des stratégies de réduction issues des enquêtes sur les contaminations persistantes à L. monocytogenes peut fournir des informations précieuses à l'industrie alimentaire, contribuant ainsi à améliorer la sécurité des aliments et à réduire le risque de futures épidémies de listériose.

Commentaire.

Si chacun pouvait faire profiter de son expérience en la matière ...

vendredi 1 mai 2026

La Ferme France en déroute, mais la partie n’est pas terminée

Les extraits qui suivent sont issus de l’article du 28 avril 2026 de Gil Rivière-Wekstein, « La Ferme France en déroute, mais la partie n’est pas terminée ».

Le sénateur Laurent Duplomb dresse le constat d’un solde commercial agricole en chute libre et de filières en souffrance sous trop de normes étouffantes, tandis que, pendant ce temps, le reste de l’Europe progresse.

À l’occasion des premières Assises de la lutte contre le déclin agricole, qui ont eu lieu au Sénat le 2 février dernier, le sénateur Laurent Duplomb a rendu publics ses travaux visant à actualiser les chiffrages du rapport La France, un champion agricole mondial : pour combien de temps encore ? publié en 2019. Ses conclusions, dont la presse a fait peu de cas, sont sans appel, et présentées sous un titre qui les résume parfaitement : Balance commerciale agricole : chronique d’une chute annoncée. Y a-t-il un pilote dans le tracteur France ?

La démarche du rapporteur s’inscrit dans la continuité de son travail sénatorial. En effet, dès 2019, Laurent Duplomb identifiait trois «  » : la stagnation en volume de la production française, le risque de disparition de l’excédent commercial agricole et la montée des importations alimentaires. Ces tendances ont malheureusement été confirmées en 2022 par un rapport sur la compétitivité de la Ferme France. Depuis lors, les choses ont empiré, dépassant les prévisions les plus sombres.

L’Europe avance, la France recule

En 2019, son solde commercial agricole s’élevait à 7,7 milliards d’euros. En 2024, il était tombé à 3,9 milliards, soit une chute de 49 % en cinq ans. Dans le même temps, le solde italien progressait de 66 % et le solde espagnol de 34 %. À la fin 2025, la situation est devenue historiquement critique.

Les causes d’une contre-performance historique

Inutile de tourner autour du pot : les causes sont bel et bien franco-françaises et ne sont pas imputables aux contraintes imposées par l’UE, ni aux futurs accords de libre-échange.
Sans surprise, le rapporteur souligne que les causes structurelles, bien connues, étaient déjà documentées dans son rapport de 2022 : la perte de compétitivité y joue un rôle essentiel. Et d’ajouter que le poids considérable des normes françaises est sans équivalent en Europe. Reprenant les propos de l’ancien Premier ministre François Bayrou, en janvier 2025, Laurent Duplomb rappelle ainsi que le coût des normes s’évalue à 0,17 % du PIB en Allemagne, 0,8 % en Italie, mais à près de 4 % en France, soit une charge vingt fois supérieure à celle de son principal concurrent européen. Traduit en euros, cela représente 120 milliards par an, « de quoi boucher le déficit budgétaire plusieurs fois »

Cinq défis inchangés depuis 2019

Pour y parvenir, cela nécessite en premier lieu de retrouver de la compétitivité, qui, selon le rapporteur, représente « le nerf de la guerre ». Le desserrement des contraintes normatives inutiles et la lutte contre les surtranspositions franco-françaises constituent à cet égard des leviers prioritaires. En second lieu, il convient de lutter contre la concurrence déloyale et de maintenir une politique agricole commune ambitieuse. Or, les premières annonces faites par la Commission européenne à la fin 2025 laissaient présager une baisse de 22 à 30 % des crédits de la prochaine PAC. Pour la France, cela représenterait une enveloppe de 50,9 milliards d’euros sur la période, soit plus de 7 milliards par an contre plus de 9 milliards actuellement. Un recul qui serait donc considérable à l’heure où, souligne le rapporteur, le soutien public à l’agriculture serait plus que jamais nécessaire.

Définir enfin un cap

Le rapporteur insiste sur l’importance de retrouver un cap stratégique pour l’agriculture française.
Le constat d’échec de la gouvernance agricole française reste le plus préoccupant, les chiffres de la balance commerciale ne faisant qu’accompagner la réalité d’un déclin, qui a pris racine dès 2007 avec le fameux Grenelle de l’environnement et la mise en place d’une politique de réelle décroissance, sous les présidences successives de Nicolas Sarkozy, François Hollande et Emmanuel Macron.
Certes, la partie n’est pas encore perdue pour la France, car notre pays dispose toujours, malgré tout, de la première surface agricole utile d’Europe et d’agriculteurs d’un haut niveau d’excellence. Mais chaque année d’immobilisme rendra cependant le redressement de plus en plus difficile et coûteux.

mercredi 29 avril 2026

Listeria et nettoyage-désinfection : un jour sans fin ?

Un article va bientôt paraître dans la revue Journal of Food Protection, « Gestion de Listeria par le nettoyage-désinfection : retours d’expérience des entreprises alimentaires et des fabricants de produits de nettoyage et de désinfection ».

L’expérience de 130 transformateurs alimentaires de 15 pays a été recueillie par le biais d'une enquête en ligne, et 12 fabricants d'agents de nettoyage et de désinfection de six pays ont été interrogés.

64% ont dit avoir détecté Listeria spp. dans l’environnement de transformation alimentaire au moins une fois au cours des cinq dernières années.

13% ont signalé des détections répétées (ou contamination persistante) au même endroit pendant plus de trois mois.« Il est souvent nécessaire de moderniser les équipements pour lutter contre la contamination persistante à Listeria. », entendez par là, « lorsque le nettoyage et la désinfection ne permet pas d'éradiquer Listeria spp., il peut être nécessaire d'éliminer physiquement le site de contamination, en remplaçant l'équipement entier ou les parties colonisées. »

Il me semble qu’il faut remplacer dans le texte « il peut être nécessaire d'éliminer physiquement le site de contamination » par « il est nécessaire d'éliminer physiquement le site de contamination.» 

L’expérience a montré que des échanges d’équipements entre différents sites alimentaires d’un même groupe ont permis de se ‘refiler’ la contamination par Listeria spp., en particulier avec des bandes convoyage ...
De même, si au bout de trois nettoyage-désinfection, Listeria spp. est toujours persistent, l’équipement est à changer ...

Étant donné que les protocoles de>ttoyage et de désinfection ne sont pas uniques, et pas toujours bien mis en œuvre, il apparaît difficile de comparer l’efficacité des produits de nettoyage d’une part et les produits de désinfection d’autre part. 

L’article indique qu’« Aucune corrélation a été établie entre le principe actif des agents de décontamination utilisés et l'élimination de Listeria spp. » 

L’article parle de « sols » mais ne dit rien sur les siphons de sols, qui sont pourtant les témoins réels de la contamination d’un atelier de production alimentaire, sans doute dans une prochaine étude ...