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mardi 8 septembre 2026

Les produits de nettoyage parfumés créent une pollution de l'air invisible, selon une étude

« Les produits de nettoyage parfumés créent une pollution de l'air invisible », source ACS.

Les nettoyants de surface enlèvent les germes et la saleté, mais leurs parfums réagissent avec l'ozone intérieur pour former des nanoparticules à des niveaux comparables à ceux de la circulation urbaine.

Quelle est l'odeur d'une pièce propre ? Beaucoup pensent aux agrumes, au pin ou aux fleurs, car ces parfums sont courants dans les produits de nettoyage. Une équipe de recherche dirigée par Brandon Boor a découvert que les composés odorants des produits de nettoyage, conventionnels et à base d'huiles essentielles végétales, réagissent rapidement dans l'air, formant des nanoparticules qui peuvent pénétrer profondément dans les poumons par inhalation. Pour réduire l'exposition à cette pollution invisible, l'équipe suggère d'utiliser des produits sans parfum, de faire fonctionner les ventilateurs d'extraction et d'éviter les appareils générant de l'ozone pendant le nettoyage.

Les chercheurs présenteront leurs résultats lors de la réunion d'automne de l'American Chemical Society (ACS), dans le cadre du symposium « Espaces intérieurs sains : le lien entre microbiome et chimie » (« Healthy Indoor Spaces: Bridging the Microbiome and Chemistry »). « Il est important de noter que le nettoyage enlève virus et bactéries des surfaces, mais il peut aussi générer une pollution de l'air invisible. On ne voit ni poussière, ni fumée dans l'air, mais ces particules se forment. », selon Brandon Boor.

« Nous avons démontré que les réactions de l'ozone intérieur avec les parfums des produits de nettoyage produisent des nanoparticules dont la dose respiratoire est comparable, voire supérieure, à celle que l'on subirait en se tenant à l'extérieur, près d'une route très fréquentée », explique Boor, professeur adjoint de génie civil et de la construction à l'Université Purdue, qui étudie la qualité de l'air intérieur. « La composition des particules est différente, mais la dose totale peut être plus élevée. On ne voit ni fumée, ni poussière, ni brume dans l'air. On a plutôt l'impression que l'air sent bon, donc qu'il est propre. »

Boor et sa collègue Nusrat Jung, également professeure adjointe de génie civil et de la construction à Purdue, ont commencé à étudier l'impact des produits de nettoyage et des désinfectants chimiques sur les environnements intérieurs pendant la pandémie du COVID-19. Dans le cadre de leurs travaux, ils ont observé que nombre de ces produits étaient fortement parfumés. « C'est souvent pour créer une ambiance olfactive agréable à l'intérieur », précise Boor. « Mais l'air pur ne devrait pas sentir les agrumes très concentrés. Il ne devrait pratiquement rien sentir. »

Des chimistes de l'atmosphère ont précédemment établi que les terpènes émis par les plantes, comme le pinène des pins, réagissent avec l'ozone pour créer des nanoparticules en suspension dans l'air. Ces nanoparticules s'agrègent et finissent par atteindre une taille suffisante pour ensemencer les nuages. Or, dans les forêts, les concentrations de terpènes sont relativement faibles, la formation de ces particules est donc lente.

L'utilisation de produits parfumés à l'intérieur libère des terpènes lorsque les composés odorants s'évaporent des surfaces ou des gouttelettes pulvérisées. Parmi les terpènes courants présents dans les liquides de nettoyage, on trouve le pinène, le limonène (citron), le thymol (thym) et le linalol (lavande), à des concentrations bien supérieures à celles que l'on trouve naturellement à l'extérieur. Par conséquent, les concentrations de terpènes dans l'air pendant le nettoyage peuvent atteindre des dizaines, voire des centaines de fois celles présentes dans une forêt, explique Boor.

Pour étudier ce qui se passe lors du nettoyage quotidien, les chercheurs ont testé des produits liquides parfumés classiques ainsi que des sprays et des lingettes désinfectantes à base de plantes dans une maison témoin sur le campus de Purdue. Cette minuscule maison est équipée d'une cuisine fonctionnelle, d'un parquet et d'une salle de bain. Les chercheurs ont découvert que les mêmes réactions chimiques qui forment des nanoparticules à l'extérieur se produisent à l'intérieur, mais plus rapidement et à des concentrations plus élevées, ce qui a des conséquences importantes pour la santé humaine.

Des activités comme laver les sols, vaporiser des produits sur les plans de travail et essuyer les surfaces avec des produits parfumés ont généré des milliards, voire des milliards de milliards de particules, selon le produit utilisé. La plupart de ces particules, appelées nanoparticules ou particules ultrafines, mesuraient entre 1 et 30 nanomètres, une taille souvent indétectable par les appareils de mesure de la qualité de l'air domestiques. En les suivant, les chercheurs ont observé que le nettoyage régulier peut générer une pollution par particules ultrafines à des niveaux supérieurs à ceux de l'extérieur. Cela représente un risque potentiel pour la santé, car ces particules sont suffisamment petites pour se déposer dans les voies respiratoires et profondément dans les poumons. Elles peuvent alors contribuer à l'irritation et à l'inflammation du système respiratoire, ou potentiellement pénétrer dans la circulation sanguine.

Le plus surprenant pour les chercheurs a été la rapidité avec laquelle ces particules se formaient et grossissaient : quelques minutes seulement. « Le temps de nettoyer un espace intérieur, on a déjà formé et inhalé une grande quantité de nanoparticules », explique Boor.

Plus récemment, Boor et Ernest Blatchley, professeur à Purdue, ont découvert que la désinfection simultanée de l'air avec des lampes germicides à ultraviolets lointains (UV-C) et le nettoyage des surfaces avec des produits parfumés créent un environnement propice à la formation de nanoparticules. En effet, les lampes interagissent avec l'oxygène de l'air et génèrent de l'ozone, ce qui porte les niveaux d'ozone dans la mini-maison à environ 20 à 40 parties par milliard, un niveau comparable, bien qu'un peu inférieur, aux niveaux extérieurs au moment des expériences. La combinaison d'une concentration élevée d'ozone et de fortes concentrations de terpènes a entraîné une formation de particules encore plus intense.

Boor souhaite que ces résultats éclairent les choix des consommateurs, et non les alarment. Il propose plusieurs mesures pour réduire l'exposition lors du nettoyage :

- Choisir des produits peu parfumés ou sans parfum.
- Éviter d'utiliser plusieurs produits parfumés au cours d'une même séance de nettoyage.
- Utiliser un ventilateur d'extraction ou ouvrir les fenêtres pour aérer la pièce.
- Ne pas nettoyer simultanément des surfaces avec des produits parfumés et des appareils générant de l'ozone, comme les lampes UV-C.

« Il est important de noter que le nettoyage enlève les virus et les bactéries des surfaces, mais il peut aussi générer une pollution atmosphérique invisible », explique Boor. « Il n'y a pas de poussière, ni de fumée visibles dans l'air, mais ces particules se forment. »

mardi 11 juillet 2023

Un nouvel outil de surveillance de l'air détecte les variants de la COVID-19 en 5 minutes

 

«Un nouvel outil de surveillance de l'air détecte les variants de la COVID-19 en 5 minutes», source article de Stéphanie Soucheray paru le 10 juillet 2023 dans CIDRAP News.

Un nouveau dispositif de preuve de concept conçu par des chercheurs de l'Université de Washington à Saint-Louis surveille des prélèvements d'air pour détecter des variants du virus de la COVID-19 en 5 minutes environ, selon une étude publiée dans Nature Communications.

L’étude est basée sur la construction antérieure par une équipe interdisciplinaire d'un biocapteur à micro-immunoélectrode (MIE) qui détecte la bêta-amyloïde comme biomarqueur de la maladie d'Alzheimer. Les chercheurs ont échangé l'anticorps qui reconnaît la bêta-amyloïde contre un nanocorps d'un lama qui reconnaît la protéine de pointe du virus SARS-CoV-2.

Utilisant la technologie des cyclones humides, le biocapteur permet aux échantillons d'air de se mélanger à des vitesses élevées, créant un vortex de surface piégeant les aérosols viraux. Cela permet au biocapteur de détecter les particules virales dans les fluides collectés.

«La récupération élevée du virus par le cyclone humide peut être attribuée à son débit extrêmement élevé, qui lui permet de prélever un plus grand volume d'air sur une collecte d'échantillons de 5 minutes par rapport aux préleveurs d’air disponibles dans le commerce», a dit le co-auteur principal Rajan Chakrabarty dans un communiqué de presse. Chakrabarty dirige le Complex Aerosol Systems Research Laboratory à l'Université de Washington.

Les chercheurs ont testé le biocapteur dans des chambres où deux personnes qui avaient récemment été testées positives pour la COVID-10 et sept échantillons d'air prélevés dans les chambres des patients ont correctement identifié les particules virales dans l'air.

Appareil compact et portatif

L'appareil est compact, mesurant 30,5 cm de large et 25,5 cm de haut, et a un débit de 1 000 litres par minute. Les auteurs de l'étude ont dit que l'appareil pourrait être utilisé par les écoles, les hôpitaux et les lieux publics pour détecter le SRAS-CoV-2, ainsi que d'autres virus aéroportés, notamment le virus respiratoire syncytial et la grippe. Il s'allume lorsqu'un virus est détecté, alertant ses opérateurs pour augmenter le débit d'air dans la pièce. 

«Si vous êtes dans une salle avec 100 personnes, vous ne voulez pas savoir cinq jours plus tard si vous pourriez être malade ou non. L'idée avec cet appareil est que vous pouvez savoir essentiellement en temps réel, soit toutes les 5 minutes, s'il y a un virus vivant», a déclaré le co-auteur principal John Cirrito.

lundi 19 septembre 2022

Etude de cas : Les silos de farine de l'usine de Buitoni Nestlé à Caudry

L’article sur le blog, La farine est bien à l'origine de la contamination des pizzas Fraich'Up par des STEC, selon Buitoni Nestlé, a suscité le commentaire pertinent suivant d’un internaute,  

Espérons que les investigations auront couvert l’étape des livraisons de la farine en citerne vrac.

Il est fréquent dans le secteur des farines que les citernes vrac ne soient lavées que toutes les 6 semaines, et/ou quand la glue, formée par le gluten en présence de condensation, compromets le dépotage.

Après 6 semaines d’utilisation, la couche de moisissures & levures peut être «intéressante» à observer visuellement, en particulier sur la face interne du sommet de la citerne et dans le cône de fluidisation.

Dans ce cas, le traitement thermique de la farine avant son chargement en citerne vrac ne peut suffire à garantir la propreté microbiologique de la farine à réception dans l’usine de transformation.

Ceci est encore plus complexe sur des citernes vrac à plusieurs compartiments avec un collecteur commun ; et dépotant avec un air de pousse venant d’un compresseur camion à filtre G3.

La maîtrise de la condensation est difficile mais essentielle. La condensation peut apparaître dès le premier chargement après le lavage de la citerne.

Quelques transporteurs pionniers proposent des citernes vrac sous ventilation permanente contrôlée. Cependant la filtration de l’air n’est pas toujours au niveau d’un air usine F7 et plus.

Les 4 silos de farine sur le site de Caudry : les photos semblent montrer une protection minimale contre les intempéries des systèmes de ventilation (filtres et vannes de pressurisation) situés en sommet des silos. Sûrement une piste d’amélioration.

En réponse à ces éléments, j’indiquais,

Merci de votre commentaire documenté. Comme l’avez bien dit «Espérons que». Ce la étant, sur un reportage vidéo de France info et une autre vidéo de La Voix du Nord, toutes deux du 13 avril 2022, on voit la situation que vos avez décrite sur le haut des quatre silos avec des gendarmes réalisant des prélèvements.
Pour les lecteurs du blog non familiers avec la filtration de l’air, ce lien peut s’avérer utile.

L’internaute a répondu à mon commentaire.

Merci pour les liens vidéos!
La vidéo de la Voix du Nord de 1:03 m'a fait frissonner : elle montre des prélèvements faits en sommet de silos sous la pluie et le vent... Ce qui souligne le fragilité hygiénique des silos de stockage extérieurs et sans cahute fermée en sommet de silos pour protéger les points de contact pluri-quotidiens avec l'extérieur (vannes compression et décompression) et de contacts moins fréquents mais plus larges (trappe ouverte pendant le changement des filtres, prélèvements, maintenance, nettoyage etc).

Le sommet des silos de stockage de matières à risques microbiologiques devrait être considéré et appréhendé comme une zone...à risque !

J’indiquais en réponse, «Comme quoi, il est possible de faire un audit à distance.»
Voici donc ces deux vidéos afin de vous faire votre propre opinion.

Vidéo de France info 13 avril 2022. L’usine de Caudry perquisitionnée suite à l’ouverture d’une enquête, les silos sont visibles à partir de 00:17.
Vidéo de La Voix du Nord du 13 avril 2022. Une perquisition dans l’entreprise Buitoni de Caudry, les silos sont présents à partir de 1:03
Si vous aussi souhaitez apporter des observations à partir des commentaires et/ou des vidéos, n'hésitez pas, le blog vous est ouvert ...

mardi 8 mars 2022

Les masques en tissu sont inférieurs dans la protection contre la propagation virale aéroportée, selon une nouvelle étude

Légende de l'image. Le tissu (fabric) est un matériau poreux avec une structure sur plusieurs échelles de longueur. Les trois images du haut, de gauche à droite, représentent des échelles de longueur successivement plus petites. À la plus grande échelle de longueur, le tissu est un treillis tissé à partir de fils (yarn) perpendiculaires qui passent par-dessus et desssous d'autres fils à angle droit par rapport à eux. Crédit Richard P. Sear.  

On sait désormais en France que les masques en tissus ne sont plus recommandés, certains lieux mettent cela en avant car «Les masques en tissu sont inférieurs dans la protection contre la propagation virale aéroportée», source journal Physics of Fluids en liaison avec l’article Modeling the filtration efficiency of a woven fabric: The role of multiple lengthscales.

Comme de nombreux autres virus, le COVID-19 se transmet principalement par des particules transportées dans l'air. Une personne infectée expire des particules contenant le virus dans l'air, qui peuvent ensuite être inhalées par une autre personne, qui devient alors infectée.

Les masques sont largement considérés comme une défense de première ligne importante contre la transmission aérienne de la maladie, comme le prouve une prépondérance de preuves. Alimentée par le variant omicron, la dernière vague de la pandémie a incité les responsables de la santé publique à recommander des masques plus protecteurs car tous les masques ne sont pas créés égaux.

Dans Physics of Fluids, par AIP Publishing, des chercheurs d'Angleterre, d'Allemagne et de France concentrent leur expertise, et leurs microscopes, sur l'examen de l'efficacité de la filtration des particules par du tissu tissé, qui, contrairement au matériau utilisé dans les filtres à air et les masques standard, consiste en fibres torsadées en fils. Il existe donc deux échelles de longueur : les diamètres de la fibre et du fil.

À l'aide d'images 3D produites par microscopie confocale pour voir les canaux d'écoulement d'air, les scientifiques simulent le flux d'air à travers ces canaux et calculent l'efficacité de filtration pour les particules d'un micromètre et plus de diamètre. L'étude conclut que pour les particules de cette gamme de taille, l'efficacité de filtration est faible.

«Les masques sont des filtres à air et les tissus tissés, comme le coton, font de bons jeans, chemises et autres vêtements, mais ce sont de mauvais filtres à air», a déclaré le co-auteur Richard Sear, de l'Université du Surrey. «Donc, utilisez du tissu tissé pour les vêtements et des N95 ou FFP2 ou KF94 pour les masques.»

En effet, les simulations de flux suggèrent que lorsqu'une personne respire à travers un tissu, la majeure partie de l'air circule à travers les interstices entre les fils du tissu tissé, entraînant avec lui plus de 90% des particules.

«En d'autres termes, ces écarts relativement importants sont responsables du fait que le tissu est un mauvais matériau pour fabriquer des filtres à air», a déclaré Sear. «En revanche, la couche filtrante d'un masque N95 est constituée de fibres beaucoup plus petites de 5 micromètres avec des espaces 10 fois plus petits, ce qui le rend bien meilleur pour filtrer les particules désagréables de l'air, comme celles contenant des virus.»

Alors que des recherches antérieures ont révélé des résultats similaires, cette étude est la première à simuler des particules traversant directement les interstices du tissu tissé.

Sear a ajouté que les bons masques devraient comporter les «deux Fs pour bonne filtration et bon fit ou bon ajustement».

Les masques chirurgicaux s'adaptent mal, donc beaucoup d'air passe non filtré au-delà des bords du masque par les joues et le nez», a déclaré Sear.

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mercredi 12 janvier 2022

Les sèche-linges sont une source sous-estimée de microfibres en suspension dans l'air

Les sèche-linges individuels pourraient rejeter jusqu'à 120 millions de microfibres par an dans l'environnement, selon une étude pilote.
«Les sèche-linges sont une source sous-estimée de microfibres en suspension dans l'air», source ACS News.

Référence: Microfibers Released into the Air from a Household Tumble Dryer, Environmental Science & Technology Letters.

Personne n'aime quand ses vêtements préférés se trouent ou s'effilochent après de nombreux cycles de machine à laver. Mais qu'arrive-t-il aux fragments de tissu et de couture qui se détachent ? Bien que l'on sache que le lavage des vêtements libère des microfibres dans les eaux usées, l'impact du séchage sur l'environnement n'est pas clair. Désormais, une étude pilote publiée dans Environmental Science & Technology Letters de l'ACS rapporte qu'un seul sèche-linge pourrait décharger jusqu'à 120 millions de microfibres par an, bien plus que les machines à laver.

Les microfibres peuvent provenir de tissus naturels, tels que le coton, ou synthétiques, tels que le polyester, qui sont également considérés comme des microplastiques. La libération de microfibres dans l'environnement est préoccupante car elles peuvent adsorber et transporter des polluants sur de longues distances. Et les fibres elles-mêmes peuvent être irritantes si elles sont ingérées ou inhalées. Des études antérieures ont montré que les microfibres sont libérées des lave-linges dans l'eau de lessive, mais ces déchets sont traités, éliminant une partie ou la plupart des fibres avant que l'eau ne soit déversée dans les rivières ou les ruisseaux. Cependant, il existe très peu d'informations sur la question de savoir si les sèche-linges, dont l'air passe à travers un conduit et est évacué directement vers l'extérieur, sont une source importante de microfibres en suspension dans l'air et de contamination de microplastiques dans la nature. Ainsi, Kai Zhang, Kenneth Leung et leurs collègues ont voulu compter les microfibres générées par les vêtements en coton et en polyester dans un sèche-linge pour estimer la quantité rejetée dans l'air extérieur par le linge d'un ménage chaque année.

Les chercheurs ont séché séparément les vêtements en polyester et ceux en coton dans un sèche-linge doté d'un conduit d'aération vers l'extérieur. Alors que la machine fonctionnait pendant 15 minutes, ils ont collecté et compté les particules en suspension dans l'air qui sortaient de l'évent. Les résultats ont montré que les deux types de vêtements produisaient des microfibres, ce qui, selon l'équipe, provient du frottement des vêtements qui se frottent les uns aux autres lorsqu'ils sont brassés. Pour les deux tissus, le sèche-linge a libéré entre 1,4 et 40 fois plus de fragments microscopiques que ceux générés par les machines à laver dans les études précédentes pour la même quantité de vêtements. Ils ont également constaté que la libération de microfibres de polyester augmente avec plus de vêtements dans la séche-linge, tandis que la libération de microfibres de coton reste constante quelle que soit la taille de la charge. Les chercheurs suggèrent que cela se produit parce que certaines microfibres de coton s'agrègent et ne peuvent pas rester en suspension dans l'air, un processus qui ne se produit pas pour le polyester. Enfin, l'équipe a estimé qu'entre 90 et 120 millions de microfibres sont produites et rejetées dans l'air extérieur par le sèche-linge d'un ménage canadien moyen chaque année. Pour maîtriser la libération de ces microfibres en suspension dans l'air, des systèmes de filtration supplémentaires devraient être adaptés pour les évents du sèche-linge, selon les chercheurs.

Complément du 14  janvier 2022. Suivez les conseils de l'Anses ...

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mercredi 22 décembre 2021

Des microplastiques retrouvés dans l’« air pur » des Pyrénées

Je vous souhaite un très bon et très joyeux Noël, de belles fêtes de fin d’année

«Des microplastiques retrouvés dans l’« air pur » des Pyrénées», source communiqué du CNRS du 21 décembre 2021.

© Jeroen Sonke 
Après la découverte de microplastiques dans les fleuves, les océans ou encore la neige, c’est dans l’« air pur » des montagnes que leur présence a été confirmée. En effet, une équipe de recherche internationale impliquant des scientifiques du CNRS, de l’Université Grenoble Alpes et de l’Université de Strathclyde (Ecosse) a découvert la présence de microplastiques au sommet du Pic du Midi (2 877 mètres d’altitude). Grâce à une pompe installée à l’Observatoire du Pic du Midi aspirant 10 000 m3 d’air par semaine, l’équipe de recherche a pu analyser la composition de cet air de haute altitude et ainsi déterminer la présence d’environ un microplastique tous les 4 m3. Ces polymères, comme le polystyrène ou le polyéthylène, trouvent leur origine dans les emballages. Si leur présence ne représente pas de risque directe, elle reste surprenante dans un endroit éloigné des sources de pollution. Les scientifiques ont également réussi à déterminer l’origine de ces particules grâce à des modélisations mathématiques des trajectoires des masses d’air. Ces plastiques proviendraient d’Afrique, d’Amérique du Nord ou encore de l’océan Atlantique, confirmant un transport aérien intercontinental des microplastiques. Ces résultats, publiés dans Nature Communications le 21 décembre 2021, décrivent une étape du cycle de vie des microplastiques, tout en permettant d’expliquer leur présence dans des régions reculées du monde, comme les pôles ou l’Everest.

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vendredi 26 novembre 2021

COVID-19, souffler n'est pas jouer !

Le site de l’association Robin des bois attire l’attention sur «les catapultes à COVID et autres pathogènes». Il est rapporté,  

Les souffleurs de feuilles à air pulsé, fonctionnant au pétrole ou avec des batteries au plomb ou au lithium, dispersent des agents toxiques et infectieux dont les coronavirus. Le Haut Conseil de la Santé Publique (HCSP) saisi par la Direction Générale de la Santé (DGS) a recommandé dans son avis du 4 avril 2020 pendant la première des vagues Covid, de «ne surtout pas employer d’appareils pour souffler des poussières des sols de type souffleurs de feuilles».  

La phrase exacte de l’avis du 24 avril 2020 du HCSP, Préconisations du Haut Conseil de la santé publique relatives à l’adaptation des mesures barrières et de distanciation sociale à mettre en œuvre en population générale, hors champs sanitaire et médico-social, pour la maîtrise de la diffusion du SARS-CoV-2, est la suivante:

«De ne pas employer d’appareils pouvant souffler des poussières des sols de type souffleurs de feuilles ou jet à pression

C'est sans doute une des raisons qui font qu'à Paris, les feuilles tombées des arbres s'accumulent sur les trottoirs, devenus ainsi de véritables patinoires ...

Cela étant, des souffleurs d’air, il en existe ailleurs …

Sur l’hygiène des mains, l’avis du HCSP indique que c’est une mesure essentielle pour lutter contre la transmission croisée des virus entre les personnes.

L’hygiène des mains comprend le lavage à l’eau et au savon pendant au moins 30 secondes, avec un séchage soigneux de préférence avec une serviette en papier jetable. Les serviettes à usage partagé sont à proscrire.

Ce qui n’est pas indiqué en revanche, c’est de proscrire les sèche-mains électriques ou automatiques car ce sont des souffleurs ou de jets d’air pulsé pour le séchage des mains !

Le blog avait déjà rapporté cela en juillet 2020 dans Les sèche-mains électriques peuvent-ils servir de réservoir microbien pour une contamination?

Ainsi, l’Anses n’indique pas clairement comment se sécher les mains, y compris dans sa fiche sur l’hygiène domestique, mis à part d’éviter les torchons sales …

Les lecteurs du blog savent que le meilleur séchage des mains est obtenu avec un essuie-mains en papier à usage unique. Ils savent aussi que par temps de Covid ou non, il ne faut pas utiliser de sèche-mains électriques ou automatiques

Un article scientifique avaient rapporté ce qu’il en est de ces sèche-mains soit disant automatiques dans «Les sèche-mains automatiques peuvent être une source de contamination microbienne», source ASM News.

L’étude présentée lors de ASM Microbe Online avait révélé que les sèche-mains automatisés pour toilettes peuvent héberger et propager des bactéries, notamment des staphylocoques et des coliformes. L'étude a montré qu'après le lavage des mains, les mains peuvent être inoculées de nouveau par des micro-organismes présents à l'intérieur du sèche-mains.

Malheureusement dans des questions-réponses, l'OMS tombe dans le panneau et rapporte à propos du Nouveau coronavirus (2019-nCoV) : conseils au grand public - En finir avec les idées reçues,

Les sèche-mains sont-ils efficaces pour tuer le nCoV 2019 ?
Non. Les sèche-mains ne sont pas efficaces pour tuer le 2019-nCoV. Pour vous protéger contre le nouveau coronavirus, vous devez vous nettoyer fréquemment les mains avec un produit hydro-alcoolique ou à l’eau et au savon. Une fois que vos mains sont propres, vous devez les sécher soigneusement à l’aide de serviettes en papier ou d’un séchoir à air chaud.
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jeudi 11 novembre 2021

Des chercheurs découvrent un nouveau moyen de détecter le coronavirus à travers les systèmes de ventilation des bâtiments

«Détection aéroportée. Des chercheurs de l'ECU découvrent un nouveau moyen de détecter le coronavirus à travers les systèmes de ventilation des bâtiments», source communiqué de l’East Carolina University.

Des chercheurs de la Brody School of Medicine de l'East Carolina University ont trouvé un nouveau moyen de détecter le virus qui cause la COVID-19 en analysant l'air traversant les systèmes de ventilation des bâtiments. La découverte pourrait conduire à une détection plus précoce du virus, à des protocoles de quarantaine améliorés, à une transmission réduite et à moins d'épidémies.

Le Dr Sinan Sousan, professeur au Département de santé publique et de recherche de Brody au North Carolina Agromedicine Institute, et expert en exposition environnementale et professionnelle à l'air, et la Dr Rachel Roper, professeur au Département de microbiologie et d'immunologie avec une importante connaissance sur l'étude des coronavirus, a été le fer de lance des efforts pour savoir si le SRAS-CoV-2 pouvait être détecté dans les systèmes de chauffage, de ventilation et de climatisation (CVAC) dans les dortoirs des étudiants.

Leurs travaux ont été récemment publiés dans The American Journal of Infection Control (texte complet en accès libre) et représentent une percée dans la manière dont le virus peut être détecté avant qu'un individu ne soit positif.

«Je pense que c'est important parce que vous voulez savoir si quelqu'un dans le bâtiment est infecté, potentiellement contagieux et infectant d'autres personnes, c'est donc une mesure de santé publique vraiment importante», a dit Roper à propos de l'étude, ajoutant que cette méthode pourrait également être utilisée pour rechercher d'autres virus et pathogènes en suspension dans l'air, tels que le virus de la grippe.

Les chercheurs ont collecté des échantillons dans deux grands dortoirs pour étudiants et une suite d'isolement hébergeant des étudiants, qui avaient été testés positifs pour la COVID-19, plusieurs fois par semaine pendant plus de trois mois à partir de janvier 2021.

L'équipe de Sousan a collecté un total de 248 échantillons d'air, testant quatre méthodes de collecte qui déposaient des échantillons dans de petits filtres, des solutions salines et des cartouches qui ont ensuite été conservés et transportés au laboratoire de Roper pour une analyse par RT-PCR. Les tests ont révélé la présence du SRAS-COV-2 dans les échantillons d'air de la salle d'isolement dans 100% du temps. Dans les dortoirs où les étudiants n'étaient pas déjà en isolement de la COVID-19, les chercheurs ont pu détecter le virus dans les échantillons d'air dans 75% du temps lorsque les étudiants du même étage ont ensuite été testés positifs via un écouvillon nasal.

L'astuce du succès consistait à capturer des échantillons d'air avec un virus suffisamment concentré pour être détecté et à maintenir la stabilité du virus dans les échantillons pour le ramener au laboratoire avec de l'ARN intact pour l'analyse PCR, a dit Roper.

De la même manière que pour tester les eaux usées d'un bâtiment, la mise en œuvre d'un échantillonnage de l'air du bâtiment à plus grande échelle pourrait permettre une détection plus précoce du virus, en particulier dans les espaces partagés.

«La détection dans l'air fournit un préavis d'expositions potentielles à des endroits spécifiques dans un bâtiment», a dit Mike Van Scott, vice-chancelier par intérim de la division de la recherche, du développement économique et de l'engagement d'ECU. «Il était fortuit que le SRAS-CoV-2 puisse être détecté dans les eaux usées, mais le prochain virus respiratoire que nous rencontrerons pourrait ne pas être aussi stable, et la détection dans l'air nous permettrait de réagir rapidement.»


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dimanche 8 août 2021

Comment les microbiomes urbains contribuent à l'écologie de la vie en ville

«Comment les microbiomes urbains contribuent à l'écologie de la vie en ville», source article de Madeleine Baron dans ASM News.

Chaque ville a un microbiome. En fait, les paysages urbains hébergent des communautés microbiennes résidentes et transitoires qui peuplent tout, du sol et de l'air aux eaux usées et à l'intérieur et à l'extérieur des bâtiments. La composition de ces communautés varie d'une ville à l'autre. Il est important de noter que les microbes citadins jouent de nombreux rôles, largement inexplorés, dans la structure et la fonction des espaces urbains et la santé de ceux qui les habitent. Une meilleure compréhension des microbiomes urbains pourrait faciliter la conception de villes avec des microbes et leur importance pour le bien-être de la ville et des citoyens.

Comme le microbiome humain se compose de consortiums microbiens habitant des régions du corps (c'est-à-dire l'intestin, la peau, les poumons, etc.), les microbiomes urbains sont un ensemble de communautés microbiennes qui occupent divers réservoirs dans les paysages urbains, des profondeurs des égouts aux sommets des bâtiments. En tant que tel, il existe plusieurs réservoirs avec des rôles connus et émergents dans la santé et le fonctionnement des villes et de leurs habitants.

Sol

Le sol est l'une des substances les plus microbiennes et les plus diversifiées de la planète, et les écologistes microbiens découvrent les merveilles du microbiome du sol depuis des décennies. Les sols urbains (en particulier ceux des espaces verts, comme les parcs) contiennent une biodiversité considérable. En fait, Central Park à New York conserve un degré de diversité microbienne comparable à celui des paysages naturels du monde entier, y compris les sols tropicaux et désertiques. Comme dans les milieux naturels, les microbes du sol remplissent des fonctions biochimiques importantes pour l'écosystème urbain, notamment en facilitant le cycle des nutriments et le stockage du carbone.

Au-delà de ces fonctions, les microbes du sol urbain peuvent affecter la santé des habitants de la ville. Il est bien établi que les interactions avec les microbes environnementaux, y compris ceux du sol, sont nécessaires au bon développement et au bon fonctionnement du système immunitaire. Les sols urbains peuvent également héberger des pathogènes issus de la contamination par les eaux usées et d'autres déchets, ainsi que de nouveaux produits naturels dérivés de microbes ayant un potentiel thérapeutique. Des gènes microbiens censés coder un certain nombre de produits naturels thérapeutiquement pertinents, y compris l'agent anticancéreux épothilone et l'antibiotique érythromycine, ont été identifiés dans les sols des parcs de la ville de New York.

Air

L'air contient des populations microbiennes transitoires dont les compositions varient en fonction de l'utilisation des terres (par exemple, quelle partie du paysage est recouverte de végétation par rapport au béton). Les microbes qui occupent les surfaces des plantes peuvent être balayés dans l'atmosphère et aider à façonner la composition d’«aérobiome». En tant que telles, les communautés bactériennes planant au-dessus des parcs urbains sont distinctes et plus diversifiées sur le plan de la composition que celles au-dessus des parkings. De plus, le type de végétation dans les zones urbaines influence la diversité des aérobiomes urbains, avec une plus grande diversité microbienne observée dans les régions riches en arbres par rapport aux zones herbeuses.

Du point de vue de la santé, des études ont établi un lien entre les aérobiomes urbains et de moins bons résultats pour la santé par rapport aux zones rurales, notamment une prévalence accrue d'affections telles que l'asthme et les allergies. Cela peut être dû à l'abondance et à la diversité microbiennes accrues dans l'air rural par rapport aux zones urbaines, bien que seules quelques études aient évalué expérimentalement le lien entre les aérobiomes ruraux et urbains et la santé humaine. Ces études suggèrent que, par rapport aux espaces urbains, les aérobiomes ruraux orientent la réponse immunitaire vers une réponse T-régulatrice et de type Th1 (cellules T helper de type 1) plutôt qu'une réponse Th2 associée à l'allergie et l'asthme. Néanmoins, il existe un plus grand besoin d'explorations mécanistes sur les facteurs qui façonnent les communautés microbiennes aéroportées et leurs effets sur les citadins.

Eaux usées

Sous les villes animées se trouvent des réseaux de canalisations d'égouts; à travers ces tuyaux s'écoulent les déchets humains, les produits chimiques et les eaux de ruissellement. Les systèmes d'égouts contiennent des consortiums microbiens qui maintiennent des taxons de communautés sources (par exemple, des microbes dérivés d'excréments humains), mais diffèrent également de ces sources, suggérant une adaptation des microbes à l'environnement nutritionnellement et chimiquement distinct du système d'égouts. 

De plus, les biofilms bactériens le long de l'intérieur des tuyaux sont uniques du point de vue de la composition des populations transitoires dans les déchets qui s'écoulent, mettant l'accent sur la diversité de l'habitat au sein du système d'égout lui-même. Notamment, les eaux usées peuvent être utilisées pour surveiller la prévalence et la propagation des microbes pathogènes, y compris le SRAS-CoV-2, ainsi que des organismes résistants aux antibiotiques. Les microbes sont également bénéfiques pour la purification des déchets ; les usines de traitement des eaux usées s'enrichissent en micro-organismes qui digèrent les boues (c'est-à-dire les eaux usées filtrées pour éliminer le sable) pour les étapes ultérieures de purification de l'eau.


Bâtiments
Les villes ne sont pas appelées «jungles de béton» pour rien, les surfaces artificielles sont les fondements de la vie urbaine. L'intérieur des bâtiments héberge des assemblages de microbes largement dérivés de l'homme, comme ceux de la peau, ainsi que ceux introduits par l'air, le sol et l'eau. Les interactions avec ces microbes peuvent conduisent principalement à l'acquisition de microbes pathogènes et bénéfiques.

L'extérieur des bâtiments, qui communique avec l'air et d'autres réservoirs, héberge des communautés microbiennes qui influencent l'intégrité structurelle de la ville. Par exemple, les bactéries oxydant les sulfures déposées sur les surfaces des bâtiments peuvent produire des acides qui dégradent les métaux, tandis que certains champignons peuvent se transformer en pierre et produire des métabolites qui causent des dommages physiques et biochimiques. D'autre part, les microbes peuvent également protéger contre une telle dégradation et destruction. Par exemple, certains microbes non corrosifs produisent des antimicrobiens qui inhibent la croissance des espèces corrosives. Une meilleure compréhension des attributs structurels et fonctionnels des communautés habitant l'environnement ‘bâti’ peut favoriser l'application de méthodes microbiologiques pour préserver l'architecture de la ville, y compris les éléments précieux comme les monuments.

Bien que chacun des réservoirs ci-dessus soit caractérisé par son propre profil microbien, le microbiome urbain dans son ensemble est un ensemble de ceux associés à son sol, son atmosphère, son eau et ses surfaces. Les communautés microbiennes au sein des réservoirs se croisent pour façonner l'écosystème microbien à l'échelle de la ville. De plus, il existe des réservoirs au-delà de ceux discutés ici, tels que les animaux et les humains, qui contribuent aux assemblages microbiens des paysages urbains.

La composition des microbiomes urbains est spécifique à la ville

Il existe des variations considérables dans la composition des microbiomes urbains à travers le monde. Des facteurs tels que l'abondance d'espaces verts et l'exposition du sol, l'architecture urbaine et la composition des eaux usées varient d'une ville à l'autre. D'autres facteurs comme la géographie et le climat influencent également le type de microbes qui survivent dans les paysages urbains. Par conséquent, aucune ville n'a le même microbiome. Lorsque les scientifiques ont effectué des analyses du microbiome sur des échantillons prélevés sur diverses surfaces dans des immeubles de bureaux à Toronto, au Canada, Flagstaff, Arizona et San Diego, Californie, ils ont découvert que chacun présentait une structure de communauté bactérienne spécifique à la ville.

Plus récemment (et à plus grande échelle), le séquençage métagénomique d'échantillons prélevés dans des stations de transport en commun dans 60 villes du monde, de Denver à Tokyo, a révélé que chaque ville avait une empreinte microbienne unique. Il est important de noter que ces empreintes n'étaient pas des reflets directs des microbiomes humains ou du sol, illustrant que le microbiome urbain dans son ensemble est plus que la somme de ses parties. De plus, les chercheurs ont identifié 750 bactéries et plus de 10 900 virus dont les séquences ne correspondaient à aucune base de données de référence, soulignant qu'une grande partie de la vie microbienne habitant les espaces urbains, et leurs implications fonctionnelles en termes de structure de la ville et de santé des résidents, restent à explorer. Cette variation microbienne offre une excellente occasion de comprendre comment l'emplacement, la conception et les opérations de la ville influencent son microbiome, ce qui pourrait donner un aperçu de la façon dont les villes peuvent façonner leur microbiome pour un avantage fonctionnel maximal.

Vers une compréhension fonctionnelle des microbiomes urbains

Les progrès technologiques ont rendu de plus en plus évidents la complexité, le dynamisme et l'importance potentielle des microbiomes urbains, et de nombreuses questions restent sans réponse. Par exemple, l'importance relative des réservoirs microbiens spécifiques (par exemple, le sol, l'air, etc.) dans le paysage urbain varie-t-elle en fonction de la ville et du temps ? Comment les populations microbiennes au sein de ces réservoirs interagissent-elles et s'influencent-elles les unes les autres ? Une meilleure compréhension de ces interactions fournirait une vision plus nuancée des réseaux microbiens complexes qui définissent les microbiomes urbains dans leur ensemble.

De plus, une grande partie de ce que l'on sait sur les microbiomes urbains provient d'analyses d'acides nucléiques microbiens (principalement bactériens) dispersés dans les espaces urbains. Bien que cette approche donne un aperçu de la composition et des fonctions potentielles des communautés microbiennes, elle fait peu pour révéler les fonctions biologiques et écologiques réelles des microbes urbains et ce qu'elles signifient pour la santé humaine. Détecter les fragments d'ADN de pathogènes, par exemple, ne signifie pas nécessairement qu'ils sont largement répandus, ou même vivants. En effet, une analyse métagénomique du métro de New York a détecté Yersinia pestis et Bacillus anthracis (bactéries respectivement responsables de la peste et de la fièvre charbonneuse), bien que l'absence de cas signalés de peste ou de fièvre charbonneuse dans la ville suggère que ces pathogènes ne posent pas de problème de risque net pour la santé humaine. En fin de compte, obtenir des informations phénotypiques sur les communautés microbiennes urbaines, couplées à des enquêtes approfondies sur si et comment elles interagissent avec les humains et les infrastructures, permettrait de faire la lumière sur le rôle et l'utilisation potentielle de ces microbes dans la modulation de la santé de nos villes.