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lundi 31 juillet 2023

La crainte d’Europe Écologie Les Verts

Je reproduits ci-après l’éditorial de la revue Paysans & société mai et juin 2023 (N° 399) de Pierre Pagesse, «La crainte d’Europe Écologie Les Verts».

L’obstination dogmatique des dirigeants Verts allemands les a conduits à décider la suppression des trois dernières centrales nucléaires présentes sur leur territoire. Cette décision prend sa source chez Greenpeace qui milite dans le monde contre l’atome. Cette organisation est très implantée outre-Rhin : l’ancienne patronne de Greenpeace International, Jennifer Morgan, intégrée au gouvernement, a désormais le titre d’Ambassadrice du climat. Le ministre allemand de l’Économie et du Climat, Robert Habeck (Grünen), rêve d’imposer son modèle à l’Europe et pourquoi pas au monde entier. Siemens, notre partenaire dans la centrale de Flamanville, s’est retiré du projet et s’est converti dans la production de turbines à gaz et d’éoliennes. Ces orientations vont à l’encontre des réductions des émissions de CO2, objectif pourtant affiché par le Giec, nécessaires à la transition énergétique.

La France, dont le budget de l’État ressemble au «tonneau des Danaïdes», saura-t-elle se redonner les moyens de réagir ? Notre pays, avec sa production électrique assurée à 70% par nos centrales nucléaires, est considéré comme vertueux. La totalité de ses émissions représente 0, 9% de celles de la planète. Si la France était à l’arrêt, nous effacerions un peu moins de six mois des augmentations de CO2 de la Chine et de l’Inde. L’influence des Verts est aussi européenne. Le numéro deux de la Commission Frans Timmermans, un Néerlandais, a pour chef de cabinet un ancien de Greenpeace…. Et ce n’est qu’une infime partie visible de l’iceberg. Dans ce contexte, pas de quoi s’étonner des fondements de la nouvelle Pac qui par ses nouvelles contraintes et sa limitation des ressources ne manquera pas, si elle est appliquée en l’état, de faire régresser la production au détriment de notre indépendance alimentaire.

Les violences des manifestations à Sainte-Soline dans les Deux-Sèvres procèdent de la même démarche. Personnellement cela me choque. Je voudrais saluer les efforts d’organisation des agriculteurs de ce secteur. Ils se sont constitués en coopérative et ont fait preuve d’une grande patience. Douze ans d’études et de démarches pour obtenir enfin une validation de leur projet, y compris par la Direction régionale de l’environnement, de l’aménagement et du logement et par le Bureau de recherches géologiques et minières. Au fil du temps, leur prélèvement d’eau a diminué de moitié, passant de 24 à 12 millions de m3, notamment en raison de la disparition d’un certain nombre d’agriculteurs irrigants. Pour les douze millions de m3 restants, le projet consiste à faire des réserves appelées « bassines » ou « méga-bassines » afin de stocker la moitié de l’eau nécessaire lorsque la hauteur de la nappe phréatique, mesurée par des piézomètres, le permet. Ceci est fait pour diminuer de moitié les pompages pendant la période estivale. Un projet vertueux s’il en est, très peu souvent présenté comme tel.

Membre du Comité de Bassin Loire Bretagne, j’ai expliqué une fois de plus la nécessité de faire des retenues supplémentaires pendant la période d’abondance dans nos cours d’eau afin de pouvoir satisfaire l’ensemble des usages y compris pendant les périodes critiques de faible pluviométrie. Ce serait beaucoup plus efficace que la sobriété mise en avant pour l’économie de notre pays.

L’accès à l’énergie et à l’eau à un coût raisonnable est indispensable aux activités de toute nature, y compris agricoles et industrielles. Seulement 4,7% de l’eau disponible dans nos rivières sont stockées, barrages EDF compris. C’est 20% en Espagne et 50% au Maroc. Ne vous étonnez pas si 40% de nos légumes viennent de ces régions-là, pourtant plus pauvres en ressources que notre beau pays.

À ce même Comité de Bassin, et pour la première fois de ma vie, un des participants présents appartenant à la fonction publique m’a indiqué en aparté qu’il ne partageait pas mes préconisations parce qu’il était favorable à la décroissance ! Un comble pour quelqu’un qui vit de nos impôts…

Cette décroissance ne manquera pas d’appauvrir notre pays et de provoquer la révolte de nos concitoyens. Nous en percevons les premiers signes. La Française, Valérie Masson-Delmotte, directrice de recherche au Commissariat énergie atomique et co-présidente de l’un des groupes du Giec, a soutenu publiquement le collectif «des Soulèvements de la terre», acteur principal des émeutes de Sainte-Soline, les mêmes zadistes de Sivens et de Notre-Dame-des-Landes.

Je voudrais réaffirmer qu’il y a un lien étroit entre le carbone du gaz carbonique de l’air et l’eau disponible dans le sol en ce qui concerne l’efficacité de la photosynthèse. Cette efficacité pourrait, à elle toute seule, neutraliser l’augmentation des émissions de CO2 à l’échelle de la planète. Cette augmentation représente aujourd’hui environ 9 gigatonnes par an (1 gigatonne = 1 milliard de tonnes) : cinq sont recyclées à travers les océans et les forêts, les quatre restantes pourraient être stockées dans nos sols par une simple évolution de nos pratiques culturales grâce à l’Agriculture de conservation des sols. Cette évolution doit, bien entendu, prendre en compte l’environnement agro-pédo-climatique de chacun de nos territoires. Ce fameux 4 pour 1000 de la COP 21, présidée par la France, pourrait nous permettre, à lui tout seul, d’atteindre a minima la stabilité carbone tant recherchée et les objectifs qui lui sont liés.

Oui l’agriculture, loin d’être un problème, fait partie des solutions. À condition de ne pas la conduire dans une impasse et de lui laisser jouer son rôle, y compris, bien sûr, alimentaire. Il est grand temps, comme l’a écrit Jean-Paul Oury dans Atlanticoque tous les grands courants politiques, et pas seulement les idéologues écologistes, s’occupent de politique scientifique pour réfléchir aux justes usages de la science et de la technologie, porteurs d’avenir. Lorsque l’idéologie veut, sous couvert de progressisme, ignorer les faits - la science, la technologie et les lois de la physique - ce sont toujours la technique et la physique qui l’emportent à la fin. Serons-nous dans le wagon ?

samedi 29 juillet 2023

Le regard des Anciens sur les écologistes

vendredi 28 juillet 2023

Les Français et l’activisme des soi disant écologistes, selon un sondage

Les Français déclarent désapprouver quasi unanimement les méthodes d’action utilisées par les activistes écologistes, selon le dernier baromètre «sécurité des Français» réalisé par Fiducial/Odoxa. Leur enquête, parue fin juillet 2023, pointe en particulier les sabotages d’infrastructures et d’exploitations agricoles : 85% de la population indiquent réprouver ces attaques et agressions. Source La France Agricole.

Les infiltrations dans des sites sensibles comme les centrales nucléaires et les sites industriels (77%) ou encore les «mains collées» empêchant les forces de l’ordre d’évacuer les militants (74%) ainsi que les blocages de routes et d’aéroports (72%) sont aussi dénoncés. En conséquence, les trois quarts des Français estiment que les services de renseignements doivent pouvoir utiliser les mêmes moyens que l’antiterrorisme pour surveiller et arrêter les activistes qui comptent saboter des sites sensibles, souligne encore le baromètre.

Le grand écart avec les besoins des populations rurales

Interrogés sur les causes défendues par les mouvements écologiques, seuls 40% des Français expriment leur soutien à l’interdiction des réserves d’eau. Cette disparité est encore plus prononcée parmi les populations rurales, où 70% s’y opposent. Au sujet du nucléaire, seulement 29% des Français soutiennent l’opposition des écologistes.

Les Français désapprouvent ainsi quasi-unanimement les actions consistant à asperger de peinture les œuvres d’art (88%) ainsi que les sabotages d’infrastructure et d’exploitations agricoles (85%) comme ce fût le cas récemment sur l’usine Lafarge ou encore sur les serres à Pont-Saint-Martin.

Désapprobation des différentes méthodes d’action des mouvements écologistes
Ce qui m’inquiète en revanche, ce sont les résultats ci-dessous :
En revanche, 84% de la population approuvent l’idée de protéger les espèces animales et d’interdire les projets qui pourraient les mettre en danger. Plus des trois quarts des Français partagent aussi la volonté des mouvements écologistes de lutter contre le dérèglement climatique (78%) ainsi que celle d’interdire les pesticides dans l’agriculture (76%).

Commentaire

Est-ce que la population sait que la protection inconditionnelle du loup, qui s'attaque désormais aux bovins, et de l’ours qui ne cesse de faire des ravages et pose un énorme problème aux éleveurs. Ces deux espèces animales prolifèrennt désomais dans toute l'Europe.
Pour faire simple, je ne pense pas que les mouvements écologistes aient la volonté de lutter contre le dérèglement climatique.
Quant à l’interdiction des pesticides, il faut faire preuve de pédagogie car on a besoin des pesticides, mais comment peut-on expliquer la démarche, quant on voit des médias publics et privés faire en permanence de l’agribashing. Par ailleurs, l’agriculture bio utilise aussi des pesticides ...

mercredi 19 juillet 2023

Après des pommiers en France, voici que des peupliers sont abattus en Angleterre par des activistes de l'environnement

Des écologistes abattent des arbres au nom de la biodiversité, source The Telegrah du 18 juillet 2023.
L'abattage des bois a provoqué la colère, mais les écologistes disent qu'il est nécessaire de protéger les autres plantes et la faune.

Autre exemple mais c'est soi disant pour la bonne cause ... 

samedi 15 juillet 2023

7500 pommiers saccagés aux vergers de Fontorbe à Lavaur (Tarn) : des collectifs pour l'environnement pointés du doigt par le propriétaire

Plus de 15 000 greffons arrachés sur plus de 7 500 arbres. Dans la nuit de jeudi à vendredi, des individus se sont introduits dans le Domaine de Fontorbe à Lavaur (Tarn) et ont saccagé 3 hectares de plantation de pommiers. Source La Dépêche du 14 juillet 2023.

Complément
On en apprend un peu plus sur cet article de France bleu.

Mise à jour du 17 juillet 2023
Nouveau rebondissement dans l'affaire des 7 500 pommiers détruits dans la nuit du jeudi 13 au vendredi 14 juillet près de Lavaur, dans le Tarn.
Ce lundi 17 juillet, un collectif inconnu, baptisé «Le chardon», a produit un communiqué de presse intitulé «L'avenir se noircit», pour revendiquer l'action perpétrée sur le domaine de Fontorbe. Source La Dépêche.
«Nous, habitant.e.s des campagnes ou des villes, descendant.e.s des paysan.ne.s qui ont nourri les humains de ce monde pendant des millénaires sans le détruire, nous ne pouvons plus croire des menteurs avérés. Une promesse de bio qui repasse directement en conventionnel n'est qu'un exemple de ce à quoi fait face une population entière : une agression actuelle, injustifiée, réelle, conduisant inévitablement à une défense nécessaire, simultanée et proportionnée» détaille le document reçu par La Dépêche du Midi. «Vous avez créé un peuple en état de légitime défense. Et ce peuple va se défendre, et sauver ses enfants de vos poisons» poursuit le communiqué. 

Mise à jour du 18 juillet 2023

jeudi 8 juin 2023

Le vrai prix de la salade. Décidément, les écologistes ont vraiment un problème avec les maths

Compléments


On lira aussi une mise au point par rapport au calcul fantaisiste de Madame Tondelier ...

mardi 22 novembre 2022

Des producteurs de fruits portent plainte contre Julien Bayou

Plusieurs organisations syndicales représentant des producteurs de fruits et légumes déposent une plainte contre Julien Bayou pour incitation à la désobéissance civile. 

Mise à jour du 26 novembre 2022
«Stupéfaits et dépités», les producteurs de fruits et légumes déplorent ce vendredi 25 novembre 2022, le classement sans suite de leur plainte déposée contre le député écologiste Julien Bayou pour «incitation à la dégradation de propriétés privées». Ils annoncent se tourner vers le Garde des Sceaux. Source La France Agricole.

Mise à jour du 28 novembre 2022
«La justice est parfois rapide», source blog-notes d’Olivier Masbou.
Qui a dit que la justice française était lente ? Le 18 novembre, l’Association Nationale Pommes Poires (ANPP), la Fédération Française de la Coopération Fruitière, Légumière et Horticole (FELCOOP), la Fédération Nationale des Producteurs de Fruits (FNPF) et l’Association d’Organisation de Producteurs «Tomates et Concombres de France» ont annoncé porter plainte contre Julien Bayou, député (EELV, Paris) pour «provocation suivie ou non d’effet à commettre un délit, infractions réprimées par la loi sur la presse du 29 juillet 1881». Etaient visés des propos du député, sur BFM-TV le 23 août qui a «explicitement encouragé les actes de destruction contre les réserves d’eau agricoles, et assuré qu’il soutiendrait devant les tribunaux toute personne commettant de tels actes» selon les plaignants. Ils estiment que «en appelant à la destruction de ces réserves d’eau, Monsieur Julien Bayou a directement encouragé et provoqué, mais aussi légitimé la commission des évènements de Sainte-Soline». Selon nos informations, la plainte a été envoyée le 18 novembre par LRAR au Procureur de la République de Poitiers. Le 25 novembre, la plainte était classée sans suite par le magistrat. Moins d’une semaine entre le dépôt de plainte et la décision, pas mal !
Devant cette célérité, l’ANPP, FELCOOP, la FNPF et l’AOP « Tomates et Concombres de France » ont décidé de saisir le ministre de la Justice, Éric Dupont-Moretti.

lundi 15 novembre 2021

Lettre au ministre de l’Agriculture : l’État doit choisir entre les agriculteurs et les écologistes [par Jean-Paul Pelras]

Lettre au ministre de l’Agriculture : l’État doit choisir entre les agriculteurs et les écologistes par Jean-Paul Pelras, parue dans l'agri le 12 novembre 2021.

Monsieur le ministre,
en tant que rédacteur en chef d’un journal agricole, en tant qu’auteur de plusieurs ouvrages sur la ruralité, mais aussi en tant qu’ancien agriculteur, je viens vous alerter solennellement et sans détours sur les dérives que suscite le discours environnementaliste ambiant. Dérives qui impactent le monde agricole, le commerce, l’artisanat, l’agro-industrie et les journalistes qui osent encore exercer leur métier sans céder aux pressions des tendances imposées.

Tout comme vous avez condamné le saccage des “bassines” dans les Deux Sèvres, vous n’êtes pas sans savoir que, régulièrement, d’autres pratiques tout aussi intimidantes sont à déplorer sur l’ensemble du territoire. Et ce, que ce soit directement sur les exploitations ou dans les entreprises comme par téléphone, par mail ou via les réseaux sociaux. Dernière en date, l’entreprise Ecomiam qui privilégie la production locale et défend l’éthique des filières agricoles françaises, a choisi, en s’exprimant par la voix de son directeur, de ne pas céder au chantage de l’association L214. Son courage, car il s’agit bien de courage au regard des menaces encourues, mérite d’être salué.

Reste à connaître, Julien De Normandie, votre position et celle du gouvernement concernant à la fois ces agissements et les choix que l’État compte adopter pour soutenir notre agriculture, à l’heure où se profile un Farm to fork dévastateur, à l’heure où le député européen Benoit Biteau et Europe Écologie Les Verts cautionnent impunément le saccage des retenues collinaires, à l’heure où Sandrine Rousseau déclare qu’il faut “accepter une baisse de rendement agricole”, à l’heure où France Télévision, par l’intermédiaire notamment de madame Lucet, stigmatise régulièrement les pratiques agricoles, à l’heure où la gestion du Grand débat sur l’agriculture a été confiée à des experts… en urbanisme, à l’heure où, de la maternelle au lycée, l’éducation se charge de diffuser des messages à charge contre l’agriculture conventionnelle, à l’heure où les administrations agricoles sont, sur le terrain comme dans les bureaux, de plus en plus sensibles aux discours environnementaux…

Mais aussi et surtout, monsieur le ministre de l’Agriculture, à l’heure où Barbara Pompili, ministre de l’Écologie, signait voici quelques mois le manifeste des Coquelicots, association qui dénigre systématiquement le modèle agricole français, seul capable de nourrir en temps et en heure, qualitativement et quantitativement, 67 millions de consommateurs, qui cultive 28 millions d’hectares, pèse 75 milliards d’euros et emploie 1,5 million de personnes.

Le “en même temps” ne fonctionnera pas sur ce coup-là, monsieur le ministre

Un “témoignage de solidarité” dont je me suis ému auprès du Premier ministre avec une tribune diffusée dans le Point et dans L’Agri. Car le monde agricole est en droit de se demander désormais quelles orientations vont être prises, qui sera écouté et dans quelles proportions le modèle qui permet de garantir notre sécurité alimentaire va-t-il être préservé ? Car si, comme le prédit le Sénat, la France risque de connaître son premier déficit agricole en 2023, notre pays va inexorablement basculer dans l’inconnu que suscite la géopolitique des dépendances alimentaires.

Au même titre que la santé, la défense ou l’enseignement, l’agriculture demeure un secteur incontournable dont le sort ne peut être confié à des comités Théodule irresponsables et aux promoteurs de la décroissance économique, de la déconstruction agronomique.

Le laxisme et parfois même la complaisance dont l’État fait preuve à l’égard des lobbies écologistes menace directement la compétitivité du monde paysan, déjà suffisamment malmené par le jeu des compétitions déloyales mondiales et intra européennes. Céder aux caprices des environnementalistes qui réclament, sans connaître de l’outil ni l’usage ni le prix, toujours plus de normes, toujours plus de contrôles, toujours plus de directives allant bien souvent à l’encontre du bon sens paysan, relève de la manipulation sociétale et équivaut à déstabiliser de façon irréversible l’ensemble des filières agricoles.

L’État français doit donc désormais clairement se positionner, soit en faveur des agriculteurs, soit en faveur des écologistes. Compte tenu du contexte et de la confusion, voire de la désinformation, qui chemine dans l’esprit des consommateurs, le “en même temps” ne fonctionnera pas sur ce coup-là, monsieur le ministre.

Vos services pourraient à ce titre et, bien sûr, en toute impartialité, estimer ce que pourrait réellement produire une agriculture dite “écologique” en tenant compte des règles que veulent imposer les ONG et autres activistes du moment. Nous saurions alors si vous pouvez vraiment leur confier la clé des champs !


Aux lecteurs du blog
Grâce à la revue PROCESS Alimentaire, vous n'avez plus accès aux 10 052 articles initialement publiés par mes soins de 2009 à 2017 sur le lien suivanthttp://amgar.blog.processalimentaire.com/. Triste histoire de sous ... 

lundi 20 septembre 2021

Faut-il laisser la clé des champs aux écologistes ?

Jadot/Rousseau : Faut-il laisser la clé des champs aux écologistes ? (article paru dans l’agri lu 20 septembre 2021 par Jean-Paul Pelras)

Le 28 novembre 2019, l’écologiste Yannick Jadot déclarait sur l’antenne de France Inter au micro de Léa Salamé et de Nicolas Demorand : «On sort des pesticides, on installe 200 000 paysans ou plus dans notre pays». (Notons qu’Eric Piolle devait tenir, quelques mois plus tard, un discours assez proche de celui-ci … ) Léa Salamé a alors demandé à celui qui est également député européen : «Est-ce que vous entendez la colère des paysans ? Ils sont fatigués du discours des écologistes, ils en ont assez qu’on les insulte …» Jadot répondit : «S’il y a une formation politique qui est depuis des années aux côtés des éleveurs, de l’ensemble des paysans, ce sont les écologistes. C’est nous qui les défendons»

Et puis, deux ans plus tard, arrive «la primaire» relayée par tous les médias de l’hexagone, comme si l’avenir du pays était suspendu au choix d’un parti politique et de ses 106 622 sympathisants votants. Une primaire qui augure un palpitant second tour fin septembre, avec Jadot qui tient la corde pour 2 petits points et Sandrine Rousseau qui créée la surprise avec son projet «écologiquement radical».

«Choc de productivité négatif …, baisse de rendement»

Concernant l’agriculture, la candidate qui sait, de toute évidence, ce qu’il en coûte de passer sa vie dans les champs, déclarait récemment : «Il faut un choc de productivité négatif dans l’agriculture. Il faut accepter une baisse de rendement, mais aussi que l’agriculture sans pesticides soit plus intensive en main-d’œuvre» Les écologistes en prônant la déconstruction du modèle agricole français soutenus par une quantité non exhaustive d’ONG, d’associations, d’artistes aussi bien engagés pour la défense de l’environnement que pour celle du prêt à porter, instillent progressivement dans l’esprit des citoyens une pensée verdoyante tout autant inacceptable que risquée et inadaptée.

Comment peut-on en effet parler de «choc de productivité négatif ? Comment peut-on dire qu’il faut accepter une baisse des rendements» à l’heure où, plus que jamais, notre agriculture doit retrouver le chemin de la compétitivité, à l’heure où notre pays s’apprête à connaître le premier déficit agricole et agroalimentaire de son histoire ?

La question est posée. Et si elle n’est, pour l’instant, qu’entre les mains de 106 622 sympathisants, n’oublions pas qu’elle concerne aussi l’autosuffisance alimentaire de 67 millions de Français.


Avis aux lecteurs
Pour mémoire, il y a eu 114 produits alimentaires rappelés du 13 au 18 septembre 2021 et 209 produits alimentaires rappelés depuis le début du mois de septembre 2021, et nous n'en sommes qu'à mi chemin de septembre ...

Voici une liste des causes de ces rappels du 13 au 18 septembre :
- oxyde d’éthylène: 102
Salmonella: 3
- étiquetage: 2
Listeria monocytogenes: 1
Escherichia coli: 1
Bacillus cereus: 1
- acariens: 1
- allergène: 1
- défaut d’étanchéité: 1
- moisissures: 1

vendredi 29 janvier 2021

Quand une agricultrice écrit à Yann Arthus Bertrand !

Un vrai pavé dans la mare ou le marigot des écologistes , il s'agit d'une «Tribune : Quand une agricultrice écrit à Yann Arthus Bertrand !», parue dans le journal l'agri de Jean-Paul Pelras le 27 janvier 2020.

Claire juillet est agricultrice en Saône et Loire à l’Earl du Paquier (élevage bovins allaitants, porcs plein air, maraîchage, agriculture biologique). Elle adresse ici un message «nécessaire» au photographe dont le discours à charge contre une certaine agriculture est devenu inacceptable.

Monsieur Arthus Bertrand,

La presse unanime annonce avec enthousiasme la diffusion imminente de votre dernier (?) film “Legacy” qui sera projeté sur M6 dans quelques jours. Avant tout, je tiens à préciser que je conserve précieusement dans ma bibliothèque votre magnifique livre “Bestiaux”, acquis dès sa parution et que je feuillette régulièrement avec le plus grand plaisir, tant les portraits qu’il contient montrent toute l’humanité des éleveurs et le lien particulier qui les unit à “leurs bêtes”.

Au vu de la bande annonce de votre film, bien que je comprenne qu’il s’agit d’une mise en bouche destinée à appâter le spectateur, j’ai d’abord été prise de colère, puis d’indignation. Depuis quand vous sentez-vous pousser des ailes de procureur ? Qui vous permet, apôtre de la décroissance sur le tard, familier des milliardaires, utilisateur compulsif des moyens de locomotion les plus polluants, de donner des leçons au reste de l’humanité ? Certes, personne n’est irréprochable, mais votre commentaire en voix off dans ce petit teaser est un ramassis d’approximations qui viendra, une fois de plus, alimenter l’infime minorité agissante de ceux qui veulent la peau des agriculteurs en général et celle des éleveurs en particulier. Où avez-vous filmé les images terrifiantes de ces concentrations de bovins ? Pas en France, bien sûr, mais le film ne le dit pas. Vous laissez croire que tous les bovins seraient soumis à un régime d’injections chimiques de toutes sortes. Ignorez-vous que c’est interdit chez nous ? Vous semblez trouver scandaleux que la consommation mondiale de viande ait été multipliée par 3 en 40 ans. Avez-vous bien réalisé que, dans le même temps, la population mondiale a doublé et qu’elle se répartit comme suit : 59,5 % en Asie et 17,2 % en Afrique, loin devant l’Europe qui représente moins de 10 % ?

Laissez-moi vous apprendre que dans cette même période la consommation de viande en Chine a été multipliée par 12, celle du Brésil par 2 et que, depuis 2004, l’Inde est devenu le premier producteur mondial de lait. Je vous suggère sur ce point la lecture du rapport de 2006 de la FAO sur l’élevage, dans lequel vous pourrez découvrir que le centre de gravité des activités liées à l’élevage se déplace inéluctablement du Nord vers le Sud depuis 1995. Que vous en soyez désolé n’y change rien : il se trouve que les populations des pays émergents ont aussi envie d’avoir accès à une nourriture autrefois réservée aux “riches” et qu’ils en acquièrent peu à peu les moyens. Au nom de quel principe vous sentez-vous autorisé à leur faire la morale ? Auriez-vous le toupet de proposer que, pour lutter contre le réchauffement climatique, il conviendrait que le Botswana mette fin à une politique agricole qui tend à l’autosuffisance alimentaire de sa population ?

Que n’utilisez-vous votre entregent considérable pour aller faire, pourquoi pas, la leçon à Xi Jinping ou à Bolsonaro ? Il est vrai que c’est un poil plus risqué que de culpabiliser la ménagère de moins de cinquante ans, de cajoler la vegane trentenaire ou de désigner comme tant d’autres avant vous, les agriculteurs comme boucs émissaires.

Venons-en au passage le plus ridicule de votre texte. Vous prétendez qu’un hectare cultivé peut nourrir deux carnivores ! De quels carnivores parlez-vous ? Je crois comprendre que vous faites allusion à l’être humain dans une pirouette sémantique destinée à flatter vos amis animalistes. Car vous ne pouvez pas ignorer que, d’une part, Homo Sapiens est omnivore (sinon il ne pourrait pas choisir de devenir végétarien) et, d’autre part, qu’on ne verra pas de si tôt vos chers lions brouter la savane. Au passage, vos deux carnivores ont un solide appétit car un hectare, c’est à peu près ce qu’il faut sous nos climats pour élever un bovin. Dans mon entourage, je ne connais personne d’assez affamé pour avaler la moitié d’un bœuf (soit 200 kg) par an.

Vous semblez par ailleurs réellement croire que le même hectare pourrait nourrir 50 végétariens. Ah bon ? C’est dommage, mais votre optimisme vous égare ou alors vous n’avez pas beaucoup pratiqué l’agriculture. 50 végétariens, c’est peut-être possible dans le cadre d’une agriculture ultra intensive chère aux industriels de la chimie, mais sûrement pas en agriculture biologique que vous prétendez défendre et en respectant les cycles nécessaires à la rotation des cultures. Une hypothèse plus raisonnable n’aboutirait alors qu’à la possibilité de nourrir 4 à 5 personnes sur cette surface. Mais bien sûr, asséner un slogan, ça marque davantage le spectateur qu’une leçon d’agronomie.
Cher Monsieur, il est possible que la bande annonce de votre film ne reflète pas avec exactitude le contenu de celui-ci. Ce ne serait pas la première fois que la pub ne correspondrait pas à la réalité du produit proposé. Mais, voyez-vous, il devient de plus en plus insupportable de recevoir, à longueur de journée et par trop de canaux médiatiques, ces incessantes leçons de morale, surtout lorsqu’elles viennent d’écologistes de salon dont les modes de vie sont aux antipodes de ce qu’ils exigent du citoyen lambda. Et vos récents efforts de soit disant “compensation carbone” visant à annuler l’impact écologique de vos déplacements dans les transports les plus polluants du monde ne sont rien d’autre qu’une version moderne du commerce des indulgences. C’est ce qu’on appelle s’acheter une conscience pour pas cher.

Soyez aimable Monsieur et quittez ce costume paternaliste passé de mode qui fleure la naphtaline néocoloniale. Nous sommes fatigués des discours de cette génération qui, après avoir profité sans réserve des Trente glorieuses, s’autorise à vouloir imposer à tous une prétendue sagesse acquise bien tardivement. Vous nous assurez que vous avez un cœur. À la bonne heure.

À l’avenir, servez-vous aussi de votre cerveau pour éviter de raconter n’importe quoi. Vos images sont plus éloquentes que vous. Vous feriez bien de vous en contenter ou d’employer vos talents et votre influence à mettre un terme à la dérégulation sauvage des échanges commerciaux qui est la véritable responsable du saccage de notre belle planète.

Claire Juillet

Mise à jour du 31 janvier 2021. On lira d'André Heitz, «Legacy – notre héritage» de M. Yann Arthus-Bertrand : des réponses cinglantes d'agriculteurs.

mardi 6 octobre 2020

Les bonnes paroles du ministre de l'agriculture, mais maintenant, il faut des actes ...

 « Disons du bien du ministre », par Olivier Masbou sur son blog-notes du 5 octobre 2020.
Je sais, ce n’est pas l’habitude, mais il nous semble que Julien Denormandie mérite quelques compliments. Il ne lui reste plus qu’à passer de la (bonne) parole aux actes.
Nous avons relevé plusieurs prises de parole récentes du ministre de l’Agriculture. Dans le contexte de boboïsation des esprits, elles détonnent, et paraissent même courageuses. Cela nous change de « l’agriculture de mes grands parents » de son prédécesseur.

Madame Ducros parle même d'un virage à 180 degrés incarné par le nouveau ministre ... 

Florilège :
« Nos agriculteurs sont aussi dans une dépendance économique : les transitions écologiques et l’amélioration du bien-être animal ont un coût (.) L’agroécologie, c’est un moyen et non une finalité. La finalité, c’est la souveraineté. Et l’agroécologie est essentielle pour l’obtenir. Elle permet de réduire les dépendances (aux importations, aux intrants, à l’eau…) et d’améliorer la durabilité. Cela impose donc que le temps de la transition soit compatible avec celui de la souveraineté. Les betteraves en sont un parfait exemple : il faut sortir des néonicotinoïdes, c’est une évidence ; mais si cela aboutit à faire tomber la filière française du sucre, leader européenne, avant même de faire sa transition, c’est que la temporalité est inadaptée. On se retrouverait alors à importer du sucre étranger. Cela ne ferait aucun sens (.) Une agriculture forte est à la fois une agriculture de circuit court et une agriculture qui exporte (.) Je dénonce et condamne ces intrusions et ces destructions. On n’entre pas dans les propriétés privées, cela ne fait aucun débat. » (l’Opinion, 30/09/2020) ;
« Je respecte les processus démocratiques mais je ne pense pas que ce soit le bon véhicule (.) on ne sait pas ce que c’est l’élevage intensif » (à propos du Rip sur le bien-être animal). « Toutefois, la société veut cette transition, et vite, ajoute-t-il. Le débat doit alors se concentrer sur le coût de cette transition et mettre la rémunération de l’éleveur au centre de la discussion. » (déclaration faite à Rennes le 16 septembre dans le cadre du Space virtuel).
Le 30 septembre, le ministre réagit sur son compte Twitter aux propos de Yannick Jadot, député européen EELV, qui explique sur RTL qu’il faut « se passer des néonicotinoïdes ». « Il n’y a pas d’alternative & le bio est touché. La transition agroécologique, ce n’est pas tuer une filière puis importer du sucre de pays aux normes environnementales moins-disantes ! La recherche prend du temps. Or, le courage en politique, c’est d’affronter le temps ».
«L’écologie sans solution est une écologie d’impasse», Le Figaro, 10 septembre 2020.
Olivier Masbou indique que « M. Le Foll aussi » monte au créneau contre les écologistes ...

Il paraît que le très ancien ministre de l'agriculture, M. Le Foll a fait presque pareil (Ouest France, 26 septembre 2020) que l'actuel ministre de l'agriculture, mais ce blog a une sacré dent contre M. Le Foll en raison de la descente aux enfers du nombre d'inspection en sécurité des aliments en France sous son règne ininterrompu de cinq ans … beau travail, et dire qu'il n'est même pas inquiété pour avoir fait cela, c'est dire, la piètre considération que le blog lui porte ...

Pour compléter les propos rapportés plus haut, on lira dans Alerte EnvironnementJulien Denormandie : « L’écologie, ce n’est pas tuer une filière pour importer du sucre étranger ».