Affichage des articles dont le libellé est agriculteurs. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est agriculteurs. Afficher tous les articles

mercredi 21 octobre 2026

Agriculture : quand l’audiovisuel public cautionne le semis de plantes invasives [par Jean-Paul Pelras]

« Agriculture : quand l’audiovisuel public cautionne le semis de plantes invasives » par Jean-Paul Pelras*

A la suite d’André Heitz du blog Agriculture, alimentation, santé publique... soyons rationnels, je me permets l'« emprunt » d'une chronique publiée dans Le Point. En ces temps de convergence des luttes, il y a aussi des convergences d'indignations.

Chronique. Sur France Inter une chroniqueuse encourage à cultiver une mauvaise herbe, dont la prolifération est pourtant redoutée par l’Anses et le monde agricole.

L’actualité étant de toute évidence consacrée à la convergence des luttes, évoquons l’émission intitulée La Terre au carré diffusée du lundi au vendredi sur France Inter. Une émission dédiée à l’écologie où, le 14 octobre dernier, Ophélie Damblé, youtubeuse connue sous le pseudonyme de Ta Mère Nature, était invitée au micro de Mathieu Vidard pour y lire sa chronique, sans être dérangée par le moindre contradicteur.

La vidéaste aux 200.000 abonnés sur Instagram commença son propos en vantant les atouts de l’amarante, plante résistant au glyphosate [elle n'est pas résistante partout], dont certaines variétés, grâce à la sélection naturelle, pourraient être consommées comme céréales. Une information qui aurait mérité l’avis de ceux qui ne peuvent se contenter d’expériences lunaires pour nourrir, trois fois par jour et 365 jours par an, 68 millions de Français.

L’amarante pas si marrante

En 2025, un rapport de l’Anses (Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail) mettait, à ce titre, en garde contre la prolifération possible de l’amarante de Palmer, très invasive et, effectivement, résistante à plusieurs herbicides. Avec des pertes de rendements constatées aux États-Unis de 91 % sur le maïs et de 79 % sur le soja.

Présente dans les pays transfrontaliers, l’amarante pourrait rapidement coloniser champs, vignes et vergers avec, toujours selon l’Anses, une probabilité « très élevée » d’introduction en France. La même agence, dans son rapport de décembre 2025, recommande de classer l’amarante de Palmer comme organisme nuisible, sachant que, si aux États-Unis elle impacte les secteurs céréaliers, viticoles et maraîchers, en Espagne et en Italie c’est la luzerne qui est concernée. D’où les réserves émises sur le soja et le maïs importés ainsi que sur les aliments pour bétail.

Et la chroniqueuse de poursuivre en évoquant ladite « résistance » de certaines plantes qui serait, selon elle, devenue « un symbole politique ». D’où, non sans une certaine satisfaction, l’énumération d’actions menées par des activistes : « En avril dernier, dans le Finistère, des militants ont semé des graines dans un champ de tulipes industrielles accusées de polluer les sols et l’eau avec des pesticides. En juillet 2024, dans les Deux-Sèvres, des militants ont fait voler des cerfs-volants au-dessus d’une mégabassine pour larguer des lentilles d’eau. Petites plantes aquatiques qui se développent rapidement et peuvent boucher pompes et tuyaux mettant ainsi l’ouvrage hors d’état de nuire. »

La réalité des champs

Et ainsi de suite avant l’intervention de Mathieu Vidard, dépourvue de toute ambiguïté : « Est-ce que les plantes seraient la solution pour renverser l’agrobusiness ? » Réponse d’Ophélie Damblé : « Et si les autres êtres vivants n’étaient pas seulement des victimes qu’il fallait protéger, mais plutôt des alliés avec lesquels inventer d’autres moyens d’habiter le monde et de lutter ensemble. Franchement si ça donne quelques idées à nos lycéens actuellement dans la rue, ça me va ! »

Et voilà comment nous retrouvons la convergence des luttes entre ceux qui n’ont pas encore quitté l’école et ceux qui veulent les initier à l’écologie avec, offert en prime aux saboteurs en herbe, le tutoriel du petit semis contestataire. Qui dans le studio, ce jour-là, pour donner la mesure de ce que pourrait provoquer la prolifération d’une plante invasive, avec un impact sur le prix des denrées alimentaires en période de pénurie ? Et comment ne pas s’interroger sur la responsabilité du service audiovisuel public, qui maintient la diffusion de ce genre d’émission sans avis agronomique ou scientifique étayé.

Car il faut aussi se mettre à la place de celui qui écoute la radio sur son tracteur, dans son étable ou dans son champ, alors que depuis Paris, installés derrière un micro, des intervenants parlent de son activité sans jamais être interrompus, sans savoir forcément ce qu’il en coûte de cultiver, de nourrir et de protéger, de produire suffisamment pour rembourser ses prêts et rémunérer ses salariés, entre autres charges rarement évoquées par ceux qui se contentent d’idéaliser.

C’est ainsi que le rouleau compresseur des environnementalistes avance sur notre agriculture, jour après jour, émission après émission, pour affaiblir tout un secteur d’activité et, de facto, concéder des pans entiers de nos marchés traditionnels aux marchandises importées.

* Jean-Paul Pelras est écrivain, ancien syndicaliste agricole et journaliste. Lauréat du prix Méditerranée Roussillon pour « Un meurtre pour mémoire » et du prix Alfred-Sauvy pour « Le Vieux Garçon », il est l’auteur de 23 ouvrages dont « Le sacrifice paysan » paru aux éditions Erick Bonnier.

Source Agriculture : quand l’audiovisuel public cautionne le semis de plantes invasives.

NB : Les autres articles de Jean-Paul Pelras, qui n’ont pas pris une ride, sont à lire sur le blog : 1, 2, 3, 4, 5, 6, 7, 8, 9, 10, 11, 12, 13 et 14.


dimanche 18 octobre 2026

Pesticides et suicides : le projecteur vise à côté

Je relaie bien volontiers l’article de Gil Rivière-Wekstein, « Pesticides et suicides : le projecteur vise à côté », paru le 13 octobre 2026 sur le site agriculture et environnement (A&E).

Une étude de l’université de Poitiers affirme avoir établi un lien statistique entre l’usage des pesticides et les tentatives de suicide dans le monde agricole.

Décryptage

Le 24 septembre 2026, Armand Chatard, professeur de psychologie à l’université de Poitiers, a présenté à l’AFP son étude publiée le 4 septembre dans la revue BMC Public Health. Selon lui, cette étude, qui envoie « un signal clair », serait « une brique supplémentaire dans un faisceau de preuves qui devient de plus en plus important au niveau international, notamment depuis une méta-analyse, publiée en 2023 », qui aurait permis « de conclure à un effet nocif de l’exposition aux pesticides sur la dépression et le suicide ». Et il enfonce le clou : « Toutes choses égales par ailleurs, la fréquence des comportements suicidaires est plus importante dans les départements où on épand plus de pesticides. » Le communiqué du CNRS avance un chiffre : quand l’indicateur de traitements augmente d’une unité, le taux de tentatives de suicide hospitalisées serait supérieur « d’environ 10 % en 2020 et 8 % en 2021 et 2022 ». Chacune de ces affirmations va au-delà de ce que démontre l’étude. Pire encore, certaines se trouvent contredites par l’étude elle-même. Face au drame des suicides d’agriculteurs, la manière dont ce travail a été présenté au public pose un grave problème.

Ce que l’on sait du suicide agricole
Le suicide agricole est une réalité sérieuse, dramatique et largement documentée.

Il est suivi depuis 2011 par Santé publique France et la Mutualité sociale agricole (MSA), et a fait l’objet d’un rapport du Sénat en 2021. Les chiffres sont alarmants : en 2022, le risque de décès par suicide des assurés agricoles de 15 à 64 ans dépassait de 46 % celui des autres assurés, et de 57 % chez les exploitants. Mis bout à bout, les éléments disponibles brossent un tableau évident. Les agriculteurs qui se suicident le plus sont des éleveurs qui utilisent peu de pesticides (jusqu’à +56 % en lait et +127 % en viande selon les années), et des retraités (+77 % en 2022 chez les 65 ans et plus), qui n’en utilisent plus. Et toutes les institutions qui étudient ce drame depuis quinze ans, de Santé publique France à la MSA en passant par le Sénat, décrivent des causes multiples, où prévalent la détresse économique, l’isolement et l’épuisement. Aussi, braquer le projecteur sur les pesticides, alors que rien de ce que l’on sait du suicide agricole n’y invite, revient à ajouter de la confusion sur un sujet déjà suffisamment complexe. Et c’est d’autant plus affligeant que la solidité de l’étude est, elle aussi, largement contestable.

Une étude prudente, un auteur qui ne l’est pas

Le principe de l’étude est simple. Pour chaque département, sur les années 2020, 2021 et 2022, les auteurs ont mis en regard deux données : l’intensité d’utilisation des pesticides, mesurée par l’indicateur de fréquence de traitements (IFT) du ministère de l’Agriculture, et le nombre de tentatives de suicide ayant conduit à une hospitalisation parmi les affiliés de la MSA.

Braquer le projecteur sur les pesticides, alors que rien de ce que l’on sait du suicide agricole n’y invite, revient à ajouter de la confusion sur un sujet déjà suffisamment complexe

A&E a vérifié les calculs : les chiffres sont exacts et l’article scientifique bien plus mesuré que les déclarations d’Armand Chatard, puisqu’il précise avoir comparé des territoires et non des personnes, avertit que ses chiffres ne disent rien du risque individuel et consacre de longs paragraphes à ses limites. De même, il ne mentionne aucune méta-analyse montrant un effet des pesticides sur le suicide, et va jusqu’à reconnaître que les comportements suicidaires ont été « comparativement moins étudiés », la seule synthèse récemment publiée portant sur la dépression. Aussi, affirmer à la presse qu’une méta-analyse aurait permis de « conclure à un effet nocif de l’exposition aux pesticides sur la dépression et le suicide », c’est forcer la littérature scientifique à dire ce que l’article lui-même ne se permet pas.

Un résumé démenti par ses propres annexes

Mais le plus grave est ailleurs. Le résumé de l’étude affirme que, quelle que soit la façon de faire les calculs, le lien reste solide. Or, ses propres annexes disent exactement le contraire. Ainsi, pour l’année 2022, dès que l’on tient compte du chômage, de la pauvreté et du caractère rural des départements, l’écart attribué aux pesticides tombe à 4 %. Et pire, l’incertitude autour de ce chiffre devient telle que les données sont parfaitement compatibles avec l’absence de tout lien. C’est ce qu’on appelle un résultat statistiquement non significatif. L’affirmation « toutes choses égales par ailleurs » du professeur Chatard ne tient donc pas, à commencer dans ses propres données.

Et ce n’est pas tout. Les départements qui utilisent beaucoup de pesticides en 2020 sont quasiment les mêmes en 2021 et en 2022, les auteurs ayant en réalité regardé trois fois la même carte. A&E a repris leurs données pour poser une question simple : quand l’IFT d’un même département varie d’une année sur l’autre, les tentatives de suicide varient-elles dans le même sens ? Résultat : aucun lien statistique n’apparaît. L’association n’existe que lorsqu’on compare les départements entre eux mais elle disparaît si l’on compare chaque département à lui-même. Cela ne prouve pas que les pesticides sont sans effet, car trois ans est un laps de temps court. Mais cela montre que le « signal » de l’étude vient des différences durables entre territoires, et non d’une relation entre les traitements et les tentatives de suicides.

Tout repose en partie sur la Gironde

Cela se corse si l’on braque le projecteur sur la Gironde. Son indicateur de traitements atteint 8,1, très loin devant le deuxième département, les Deux-Sèvres, à 5,6. Dans un calcul de ce type, un point aussi éloigné des autres pèse beaucoup plus lourd sur le résultat. La Gironde est d’ailleurs le département qui influence le plus le résultat, pour chacune des trois années.

Sans la Gironde, l’effet passe d’environ 8 % à environ 5 % en 2021 et 2022, et bascule dans la zone du statistiquement non significatif, devenant trop incertain pour confirmer le lien. Sur les trois années, il n’en reste alors qu’une seule - 2020 -, où l’association tienne encore. Un seul département suffit par conséquent à faire vaciller le « signal clair ».

Or, la Gironde ne se distingue pas seulement par ses traitements. Son agriculture dominée par une viticulture en difficulté a poussé en décembre 2022 la préfète Fabienne Buccio à réunir une cellule de crise pour faire face à l’urgence sociale vécue par de nombreux viticulteurs, avec la participation de la MSA. Rien ne permet cependant d’affirmer que cette crise explique à elle seule les tentatives de suicide observées en Gironde. Mais l’étude ignore cette réserve, préférant ne voir qu’un département qui traite beaucoup et où les tentatives sont nombreuses, dans l’incapacité de dire si les secondes tiennent aux pesticides ou aux difficultés économiques de ceux qui les utilisent.

Sans la Gironde, « l’effet » bascule dans la zone du statistiquement non significatif

Pour aller plus loin, A&E a comparé les données de l’étude aux statistiques agricoles officielles (Agreste) sur les cultures de chaque département. La prise en compte du type de cultures ne fait pas disparaître le lien : il serait donc faux de le réduire à un simple effet de la vigne. Mais savoir qu’un département est viticole ne dit rien de la santé économique de sa filière, deux vignobles pouvant très bien traverser la même période dans des situations radicalement différentes. Et d’autres secteurs agricoles, dans d’autres régions, sont aussi fortement affectés par la crise que traverse l’agriculture.

Le choix des indicateurs

Reste la question des indicateurs. L’IFT est un indicateur agronomique : il renseigne sur l’intensité des traitements appliqués aux cultures d’un territoire. Il ne mesure en rien l’exposition réelle des personnes. C’est pourtant lui qui sert, dans l’étude, de substitut à l’exposition de l’ensemble de la population MSA d’un département.

Son usage à l’échelle départementale laisse d’ailleurs perplexe. La Vienne affiche un IFT inférieur à 0,7, alors que les Deux-Sèvres voisines, aux cultures comparables, dépassent 5,6. La Somme, pays de la betterave et de la pomme de terre, est à 1,6 contre 4,9 pour l’Aisne ; le Vaucluse à 1,8 quand l’Hérault atteint 4,8. Ces écarts ne prouvent pas que l’IFT est faux, mais ils interdisent de l’interpréter comme la quantité de pesticides à laquelle les agriculteurs d’un département seraient exposés.

Quant à la population MSA, elle n’est pas composée d’utilisateurs de pesticides. À peine la moitié des affiliés sont en activité, les autres étant retraités, conjoints ou enfants, et parmi les actifs, beaucoup de salariés ne manipulent jamais de produits phytosanitaires. Comparer des départements ne dit donc rien du risque d’une personne, comme l’étude le reconnaît. C’est pourtant ce raccourci qui a fait florès dans les médias : « Une unité de pesticide en plus, c’est 10 % de tentatives en plus. »

Le mécanisme, enfin, reste entièrement à démontrer. L’étude ne sait rien de l’exposition réelle des personnes ayant fait une tentative de suicide : ont-elles manipulé des pesticides ? Si oui, lesquels, à quelle dose, pendant combien de temps ?

Deux explications possibles, une seule retenue

D’autres faiblesses de l’étude mériteraient d’être relevées, mais tenons-nous-en au seul résultat : les départements qui utilisent durablement le plus de pesticides comptent, en moyenne, un peu plus de tentatives de suicide hospitalisées parmi les affiliés MSA. Admettons. Mais ces départements se distinguent aussi par leurs productions, leurs revenus, leur endettement, leurs conditions de travail, les crises de leurs filières et la population qui les compose. Un département qui traite beaucoup peut aussi être un département dont l’agriculture est sous forte pression économique. Les auteurs le reconnaissent eux-mêmes, et leur étude ne permet pas de faire la part des choses.

Des explications contraires à celle qu’avance Armand Chatard restent donc possibles, la plus plausible étant celle de régions cumulant à la fois un usage important de pesticides et des difficultés économiques ou sociales, et ce sont ces dernières qui pèsent sur la santé mentale.

Une instrumentalisation indigne

Qu’une équipe de psychologues et de psychiatres, sans un seul épidémiologiste, agronome ni toxicologue, puisse produire une corrélation fragile, fondée sur un indicateur agronomique utilisé comme substitut d’une exposition humaine qu’il ne mesure pas, a déjà de quoi interpeller. Mais que le CNRS se fasse l’écho de cette « association observée » dans un communiqué est beaucoup plus préoccupant.

Le suicide des agriculteurs ne doit pas être instrumentalisé pour alimenter, sans preuve, le procès des pesticides

Le suicide des agriculteurs, cette tragédie qui frappe des familles entières et que médecins et élus tentent de combattre sur le terrain, ne doit pas être instrumentalisé pour alimenter, sans preuve, le procès des pesticides. Non seulement on détourne ainsi l’attention des causes réelles, mais on ajoute encore à la détresse des agriculteurs un soupçon de plus : celui d’être les artisans de leur propre malheur. Il est profondément déplorable qu’un universitaire se prête à cet exercice destructeur, de surcroît sous le sceau du CNRS.

Complément. On lira aussi l’article paru sur le blog Agriculture, alimentation, santé publique... soyons rationnels , « Pesticides, suicides... et désinformation ».

jeudi 30 juillet 2026

Destruction de quatre réserves de substitution ordonnée par la justice en Charente-Maritime : une décision ubuesque qui va à contre-sens de l'intérêt du territoire

Merci à André Heitz d’avoir publié ce texte sur son blog Agriculture,alimentation, santé publique... soyons rationnels que je relaie bien volontiers.

Une construction légale, financée et encadrée par l'État

En 2010, lorsque ces projets de réserves de substitution se sont achevés, ils étaient pleinement conformes au cadre légal et réglementaire en vigueur, au point d'avoir été autorisés par l'État et financés à hauteur de 62,5 % par des fonds publics.

Aujourd'hui, alors que les irrigants assument leurs emprunts et que les cotisations issues de l'activité économique réalisée sur le territoire ont largement contribué à rentabiliser l'investissement public, l'acharnement de l'association Nature Environnement 17 à saisir le tribunal administratif de Poitiers confine au harcèlement. L'ordonnance de destruction va imposer aux agriculteurs un préjudice et une charge financière considérables et hors normes qu'ils seront dans l'incapacité d'assumer en plus de leurs dettes d'investissement et dans un contexte agricole de crise sans précédent.

Un non-sens mortifère pour notre production agricole et l'économie du territoire

À l'heure où l'Assemblée nationale et le Sénat viennent d'adopter une loi d'urgence pour la protection et la souveraineté agricoles, confortant le développement du stockage de l'eau, avec pour objectif le doublement des volumes stockés d'ici dix ans, l'ordonnance de destruction de quatre réserves de substitution constitue un non-sens absolu, dans le contexte et à l'heure où l'on doit urgemment mettre en place des outils d'adaptation au changement climatique pour l'agriculture.

Nous ne pouvons, d'un côté, acter, au niveau législatif, le doublement des capacités, et, de l'autre, détruire des infrastructures existantes, construites légalement, financées et intégrées aux territoires. Cette situation heurte de plein fouet le principe de cohérence de l'action publique, crée une insécurité juridique pour le monde agricole, met en péril la survie de plusieurs exploitations et soulève une interrogation fondamentale sur la conciliation entre les orientations fixées par la législation et l'exécution des décisions de justice.

L'agriculture est aujourd'hui l'otage d'une situation administrative et judiciaire ubuesque, incompréhensible et parfaitement inacceptable. Nous ne pouvons accepter d'être le jouet d'une philosophie de bureau déconnectée des réalités du terrain. Nos territoires ont besoin de solutions concrètes, pas de la destruction d'outils qui participent justement à leur adaptation.

Des réserves à double intérêt en pleine période de sécheresse

Alors que des vagues de chaleur et de sécheresse historiques frappent nos territoires, ces réserves d'eau constituent un levier vital pour la sauvegarde des exploitations et du territoire.

En retenant une toute petite partie de l'eau de la nappe de surface l'hiver, quand elle est abondante, ces ouvrages évitent les prélèvements dans le milieu naturel durant les périodes critiques l'été. Il est ainsi possible de concilier la préservation de la ressource hydrique locale et la sécurisation de la production agricole indispensable à notre souveraineté alimentaire.

Et pourtant, en demandant la disparition de ces ouvrages, l'association Nature Environnement 17 prend le risque de favoriser le retour de prélèvements estivaux directs, précisément lorsque ceux-ci ont le plus d'impact sur les cours d'eau. Un paradoxe difficilement compréhensible. De plus, le refus de l'association Nature Environnement 17 de participer à une médiation montre leur vrai visage : ils n'ont aucune intention de trouver une issue positive pour le territoire.

En pleine période de sécheresse, et à l'heure où les incendies s'intensifient, ordonner la destruction de ces réserves d'eau relève presque de l'inconscience. Au-delà de leur rôle agricole, ces infrastructures constituent des points de ravitaillement stratégiques et vitaux pour les pompiers qui font face à de nombreux départs de feu (forêts, récoltes, habitations, etc.). Détruire délibérément des réserves, alors que les pompiers appellent à plus de moyens, constituerait un crime pour nos territoires.

Ainsi, nous apportons notre soutien plein et entier à l'ensemble des agriculteurs-irrigants et des structures qui portent un ouvrage de stockage d'eau pour nourrir leurs concitoyens. Tous font preuve d'un courage sans faille et continuent de porter leurs projets dans cette tempête de textes, d'études, d'arrêtés, d'injonctions et de menaces sur leur avenir, qui va à l'encontre même de leur volonté pour améliorer la situation.

L'agriculture nourrit les Français, s'adapte chaque jour, fait évoluer ses pratiques, diversifie ses assolements, réduit ses impacts et contribue à corriger les erreurs du passé. Pour réussir cette transition, elle a besoin d'outils d'adaptation. Les réserves de substitution en font partie. Les détruire serait une faute pour l'avenir de nos territoires. Nous utiliserons tous les leviers à notre disposition pour faire barrage à cette décision.

Contacts : ADIV & Aquanide - Octavine Daguet - 86adiv.communicationt@gmail.com - 06 32 51 46 23. Irrigants de France - Guillaume Le Hoan - guillaume.le-hoan@agpm.com - 06 16 09 42 30.

Source « Cela coûterait plus cher que la construction» : condamnés à détruire leurs réserves d'eau, les irrigants font appel.

mardi 28 juillet 2026

Le droit est devenu un terrain de guerre contre l’agriculture

Je dédie cet article au commentaire récent d’un inconnu ou d'un anonyme qui disait, « Il me semble opportun de garder ses idéaux politiques pour soi... Surtout en matière agricole/environnementale, qui n'est pas le sujet du blog ». Ben voyons ...

Alors pour cet inconnu, mais surtout pour tous les lecteurs du blog, voici quelques extraits d’un article proposé par le blog agriculture et environnement intitulé, « Le droit est devenu un terrain de guerre contre l’agriculture ».

Carole Hernandez-Zakine, docteure en droit, membre de l’Académie d’agriculture, est l’auteure d’une note « Judiciarisation des projets agricoles et alimentaires », publiée en mai 2026 par le think tank Les Z’Homnivores.

Vous venez de publier une analyse d’une quarantaine de pages sur la judiciarisation de l’agriculture. Pourquoi cette note et pourquoi maintenant ?

Carole Hernandez-Zakine

Parce que le phénomène produit désormais pleinement ses effets et que personne ne le dit clairement. Les agriculteurs ressentent depuis des années une pression croissante venue des tribunaux, mais ce ressenti est systématiquement renvoyé à une hypersensibilité du monde agricole. Ce que j’ai voulu faire, c’est objectiver la réalité : montrer, avec des décisions de justice à l’appui, qu’il s’agit d’une dynamique documentée, structurée et délibérément construite. On parle beaucoup des normes, des prix, du renouvellement des générations. On parle très peu du fait que le juge est en train de devenir un acteur central de la politique agricole française – sans y avoir été invité par les urnes.

Ce que Les Z’Homnivores publient est une synthèse accessible d’un travail de fond beaucoup plus dense, puisqu’il repose sur des décisions de justice, choisies pour leur exemplarité, à tous les niveaux de juridiction : civile, pénale, administrative, constitutionnelle, européenne. Ce qui m’a frappée, c’est la cohérence d’ensemble. On pourrait croire à une accumulation de litiges disparates. Bien au contraire, les contentieux se nourrissent les uns des autres et convergent vers le même objectif : abattre un modèle agricole productif, non pas dans l’arène politique, mais devant les tribunaux.

La suite est à lire ici.

vendredi 26 juin 2026

La Cour Suprême des États-Unis donne raison au fabricant de Roundup

Je relaie bien volontiers l’article d’André Heitz paru sur son blog Agriculture, alimentation, santé publique... soyons rationnels , « Décision de la Cour Suprême des États-Unis d'Amérique sur le glyphosate et « information » selon l'AFP ».

Ce jeudi 25 juin 2026, la Cour Suprême des États-Unis d'Amérique a rendu un verdict attendu par les uns, redouté par les autres.

Prenons cet article du Monde qui a repris une dépêche de l'AFP : « Roundup : la Cour suprême des Etats-Unis donne raison à Bayer face aux milliers de plaintes pour risque de cancer ».

« Le géant allemand s’est félicité de la décision en faveur de son herbicide, à base de glyphosate, accusé d’être cancérigène et à l’origine de procès coûtant plus de 10 milliards de dollars au groupe. »

La décision a été prise par sept juges sur neuf. Il faudra voir ce qu'elle dit dans le détail. L'AFP écrit :

« La Cour suprême a cassé les décisions des juridictions inférieures. La loi fédérale prévoit que les avertissements sanitaires apposés sur les pesticides soient uniformes sur le territoire américain. »

Sous-entendu : les États fédérés ne peuvent pas imposer un étiquetage différent – à voir de plus près compte tenu notamment des exigences californiennes relatives aux produits « connus pour causer le cancer » – et, en tout cas, il ne saurait être reproché à un fabricant de produits phytosanitaires de ne pas avoir apposé un avertissement de danger non prévu par le système d'homologation fédéral.

L'AFP écrit :

« Or l’Agence fédérale de protection de l’environnement (EPA) n’impose pas d’avertissement en matière de cancer pour le Roundup, dans la mesure où elle ne considère pas le glyphosate comme cancérogène. La molécule reste très contestée. Elle est classée "cancérogène probable" par le Centre international de recherche sur le cancer de l’Organisation mondiale de la santé (OMS). »

Il y a une première subtilité dans le choix du verbe et de la position de la forme négative :

« [L'EPA] ne considère pas le glyphosate comme cancérogène » n'est pas la même chose que « l'EPA a établi que le glyphosate n'est pas cancérogène ».

La deuxième formule est plus exacte, mais il faut ajouter un bémol car « absence de preuve [de cancérogénicité] ne vaut pas preuve de l'absence [de cancérogénicité]. Cela se traduit par une formule souvent utilisée et difficile... à traduire.

Ainsi, « L'EPA a conclu que l'utilisation du glyphosate, conformément aux instructions figurant sur son étiquette actuelle, ne présente aucun risque préoccupant pour la santé humaine. L'EPA a également conclu qu'il était peu probable que le glyphosate soit cancérigène pour l'homme. »

Y a-t-il eu travail approximatif ou choix délibéré à l'AFP ? En tout cas, cela s'accorde parfaitement avec la « chute » : « La molécule reste très contestée. Elle est classée "cancérogène probable" par le Centre international de recherche sur le cancer de l’Organisation mondiale de la santé (OMS). »

Quel intérêt y avait-il à remettre une pièce dans le bastringue de la contestation et du dénigrement du glyphosate ?

Entretenir cette contestation et ce dénigrement, pardi !

Le Parisien (repris par MSN) a en quelque sorte succombé à la tentation avec un intertitre, « Une molécule très contestée ».

On ne fera pas l'injure à l'auteur de la dépêche (quoique...) d'affirmer qu'il ne sait pas que la décision du CIRC est, dans les faits, contestée par toutes les agences d'évaluation et d'homologation qui se sont prononcées sur le glyphosate, ainsi que, du reste, par l'OMS.

On ne sort décidément pas d'un écosystème médiatique qui pratique le matraquage médiatique.

Post scriptum

La décision de la Cour Suprême est ici (53 pages).

Voici la conclusion de la majorité :

« En ce qui concerne l’étiquetage des pesticides, la loi FIFRA [loi fédérale sur les insecticides, fongicides et rodenticides] exige "[l’]uniformité" et prévaut expressément sur les exigences d’étiquetage des États qui s’ajoutent aux exigences fédérales ou qui en diffèrent. § 136v(b). L’action intentée par M. Durnell au titre de la loi de l’État pour défaut d’avertissement impliquerait l’apposition d’un avertissement concernant le cancer sur l’étiquette du Roundup – une exigence "s’ajoutant à" et "différente de" l’étiquetage requis par l’EPA en vertu de la loi FIFRA. La loi FIFRA prévaut donc expressément sur l’action de M. Durnell. Nous annulons l’arrêt de la Cour d’Appel du Missouri et renvoyons l’affaire pour qu’elle fasse l’objet d’une nouvelle procédure qui ne soit pas incompatible avec le présent avis.
Il en est ainsi ordonné. »

Dans un autre article, « Monsanto remporte le procès sur l’étiquetage », il est rapporté ce qui suit :

« La Cour suprême a statué que les étiquettes exigées par l'Agence de protection de l'environnement du gouvernement fédéral sont suffisantes. »

Les étiquettes de l'EPA n'exigent aucune mention du risque de cancer.

La National Wheat Growers Association (Association nationale des producteurs de blé) a salué cette décision.

« Cette décision est une victoire pour les agriculteurs et l’ensemble de la communauté agricole », a déclaré Sam Kieffer, directeur général de la National Wheat Growers Association.

« Les agriculteurs comptent sur une réglementation claire, prévisible et fondée sur des données scientifiques, ainsi que sur un accès continu à des outils efficaces de protection des cultures. La décision d'aujourd'hui confirme que l'étiquette de l'EPA, basée sur un processus rigoureux d'examen scientifique, fait foi. La NAWG continue de soutenir un système réglementaire fondé sur des données scientifiques solides, la transparence et la cohérence. »

Un troisième article rapporte que « La Cour suprême statue que les réglementations de l'EPA prévalent sur les lois des États concernant les avertissements sanitaires relatifs aux pesticides. »

Enfin, pour Food Safety News, « La Cour suprême donne raison au fabricant de Roundup ».

La Cour suprême des États-Unis a tranché en faveur du fabricant de pesticides Bayer dans l'affaire Monsanto Company c. Durnell, statuant que la législation fédérale prévaut sur les poursuites engagées par des patients atteints de cancer qui imputent leur maladie au Roundup.

Le site donne la parole à l'organisation Food and Water Watch, « La Cour suprême accorde aux fabricants de pesticides une immunité contre les poursuites liées au cancer. »

A suivre ...

samedi 7 février 2026

Mercosur, on est sûr de rien !

« Mercosur : le point » est un article synthèse d'Olivier Masbou paru sur son blog-notes le 3 février 2026 

Tout va bien dans le système européen de contrôles des produits agricoles et alimentaires importés de pays tiers. C’est en substance ce que nous dit la Commission pour calmer les inquiétudes des Européens après la signature de l’accord de libre-échange avec les pays du Mercosur. Tout va tellement bien que la CE a indiqué, le 26 janvier, mettre en place « un groupe de travail pour renforcer les contrôles à l’importation en matière de sécurité alimentaire ». Tout va bien mais ça ira mieux demain ;

nous avons, récemment, interrogé la Commission, sur les contrôles des viandes bovines en provenance de la zone Mercosur. Nous publions sa réponse dans son intégralité : « L’audit de 2024 auquel il est fait référence a révélé que la supervision par les autorités brésiliennes du système dual de production des bovins était insuffisante ; En effet, les contrôles officiels ne permettaient pas de garantir pleinement la fiabilité des déclarations sous serment des éleveurs quant à la non-utilisation d’œstradiol à des fins zootechniques (reproduction) chez les bovins femelles destinés à l’abattage pour l’exportation vers l’UE ; Ce constat a conduit l’UE à formuler la recommandation n°2 du rapport d’audit de 2024 visant à remédier à cette lacune ; En réaction, le Brésil s’est engagé à mettre en place un protocole privé susceptible de traiter le problème identifié ; Afin de vérifier l’efficacité du dispositif brésilien, un audit de suivi fut réalisé au Brésil fin octobre 2025. Le rapport d’audit est en cours de finalisation et sera publié une fois prêt ; En d’autres termes, lorsqu’une défaillance est identifiée, il est demandé au pays tiers de mettre en place les mesures correctives nécessaires. Si jamais il s’avère que ces mesures sont insuffisantes, il est possible, en cas de risque sérieux pour la santé humaine et/ou animale, de procéder au delisting du pays tiers, c’est-à-dire de suspendre l’autorisation d’exportation vers l’UE pour les biens concernés. L’existence d’un accord commercial tel que l’accord UE-Mercosur ne modifie en rien cette approche ». Limpide et rassurant !

C’est par 334 voix contre 324 et 11 abstentions que les députés européens ont voté le 21 janvier en faveur d’une saisine de la Cour de justice de l’Union européenne. Une réelle victoire pour les agriculteurs européens qui ont manifesté massivement contre cet accord, victoire pour les Etats membres comme la France qui ont voté contre cet accord, et défaite pour la Commission, et singulièrement sa présidente qui n’a pas ménagé ses efforts pour faire passer cet accord en force, on peut l’écrire. Le vote en faveur de la saisine n’était pas acquis d’avance, et il a fallu aller chercher les voix une par une. Au récent congrès de l’UNPT, Céline Imart (député européen, PPE-LR) racontait comment, avec d’autres collègues français, elle est allée chercher le vote des socialistes roumains par exemple. Cette saisine est en principe suspensive de l’application de l’accord. Espérons que Mme von der Leyen sera bonne joueuse et ne décidera pas l’exécution provisoire de l’accord. Ce qui serait un véritable déni de démocratie.

Commentaire. Un déni de démocratie ? Un de plus pour la présidente de la CE ...

Màj : Le Parlement européen a définitivement adopté le 11 février une clause de sauvegarde qui comprend des mesures de protection des agriculteurs face à l’impact éventuel de l’accord commercial avec les pays latino-américains du Mercosur.

Màj du 27 février 2026. Ce qui devait arriver est hélas arrivé :

Malgré la saisine de la Cour de justice de l'UE par le Parlement européen, Ursula von der Leyen annonce l'application provisoire de l'accord commercial avec le Mercosur.

vendredi 15 décembre 2023

A propos du prix de vente aux consommateurs : il y a des intermédiaires !

Un exemple parmi d'autres ...

jeudi 14 décembre 2023

Manifestations d'agriculteurs ici et là en France

Vendredi 15 décembre 2023, le blog fera paraître le Top 10 de l’année 2023 de la sécurité des aliments en France. Il s’gait d’une mise en perspective de quelques faits saillants, mais aussi avec des absents …

lundi 11 décembre 2023

«On marche sur la tête» : La colère des agriculteurs

vendredi 8 décembre 2023

Troubles de voisinage et agriculteurs !

Campagnes vides = Assiettes vides

mardi 5 décembre 2023

France : 10 000 communes «marchent sur la tête»

Manifs agricoles : 10 000 communes «marchent sur la tête»,
source article d’Olivier Masbou dans son blog-notes du 5 décembre 2023.

La mobilisation organisée par la FNSEA et JA contre «le ras-le-bol normatif» a été un succès avec 100% des départements mobilisés a annoncé Arnaud Rousseau le 30 novembre en sortant d’un rendez-vous avec Marc Fesneau. «Ces actions se sont déroulées dans le respect des biens malgré une très forte pression» s’est félicité le président de la FNSEA. Symbole de cette mobilisation, le panneau d’entrée de commune démonté et remonté à l’envers. Cette initiative, parti des JA du Tarn pour montrer que pour les questions agricoles «on marche sur la tête», s’est rapidement étendue à tous le pays. Plus de 10 000 communes ont eu leurs panneaux renversés estime la FNSEA.

Arnaud Rousseau et Arnaud Gaillot, président des JA, ont désormais rendez-vous ce mardi 5 décembre en fin d’après-midi avec Elisabeth Borne. Un rendez-vous qu’ils espèrent constructif et décisif, notamment pour le Pacte et loi d'orientation et d'avenir agricoles, les hausses de la fiscalité, la question de l’eau, du loup…

Et si ce n’est pas le cas ? «Tout dépend comment le Président de la République veut déambuler au sein du SIA» a répondu Arnaud Rousseau.

A bon entendeur.

lundi 4 décembre 2023

Nos agriculteurs ont raison : «On marche sur la tête »

«Nos jeunes agriculteurs ont raison : on marche sur la tête !», Tribune parue dans Le Point par David Lisnard et Yves d’Amécourt*.
Le ras-le-bol des agriculteurs français, les bons élèves de l’Europe, est légitime. Il est temps pour le gouvernement français d’agir afin de les protéger davantage.
L'article est disponible en intégralité.

*David Lisnard est maire de Cannes et président de Nouvelle Énergie et Yves d'Amécourt, viticulteur, est un ancien élu local de Gironde (ancien maire de Sauveterre-de-Guyenne).

Agriculteurs et justice : «On marche sur la tête»

Nombreux sont ceux qui, ces dernières années, ont fui la ville pour l'air de la campagne. En quête de nature et de verdure, certains se passeraient pourtant volontiers du chant du coq ou de l'odeur des vaches. Ce problème finit par toucher les agriculteurs : 490 d'entre eux sont actuellement en procédure judiciaire pour des questions de trouble du voisinage. source RTL.

Et pourtant, si l'on en croit le ministre de la justice (c'est un effet du même temps),
«Troubles de voisinage : Éric Dupond-Moretti soutient les agriculteurs», source La France Agricole.
Le ministre de la Justice Éric Dupond-Moretti a soutenu le 1er décembre 2023, dans une ferme du Morbihan, une proposition de loi visant à éviter aux agriculteurs des plaintes de néoruraux venus s’installer près de leurs exploitations.

Cette proposition de loi devrait être débattue à l’Assemblée nationale le lundi 4 décembre 2023. «Ceux qui viennent s’installer dans la ruralité ne peuvent pas exiger que les paysans, qui sont des travailleurs, qui nous nourrissent, changent de mode de vie», a déclaré le ministre après une visite de l’exploitation du Gaec de Saint-Barthélémy, à Pleucadeuc (Morbihan).  

mercredi 29 novembre 2023

L'agribashing ou l'écoterrorisme au quotidien en France

Voilà le résultat de l'idéologie pseudo écologiste, de l'écoterrorisme à l'état pur : on peut y lire "assassins" et "paysans pollueurs crève", sans oublier les dégradations ... c'est incensé !

vendredi 24 novembre 2023

Pourquoi en France on marche sur la tête ?

jeudi 23 novembre 2023

«On marche sur la tête», une suite sans fin ...

Après Les agriculteurs du Tarn nous rappellent qu'en France «On marche sur la tête» !, voici une suite ...

mardi 21 novembre 2023

Les agriculteurs jouent un rôle majeur dans l’alimentation des Français

L’image des agriculteurs comprend néanmoins des dimensions parfois contrastées.
Bien que les agriculteurs expriment souvent leur sentiment d’être mal aimés, la très grande majorité des Français considère qu’ils jouent un rôle majeur dans l’alimentation des Français (85%) et trois Français sur quatre font confiance aux agriculteurs (74%). L’image des agriculteurs évoqué aussi la nature, le maintien de la biodiversité, sujet qui conduit les Français à considérer que les agriculteurs ont un rôle à jouer dans le développement d’énergies alternatives (72%). Et alors que l’image de l’agriculture, et des agriculteurs, vis-à-vis du respect de l’environnement avait souffert durant plusieurs années à cause de scandales dans l’agroalimentaire, elle est en hausse depuis 2017 (44% avec affaire Monsanto) pour atteindre un haut historique (61%).

mardi 14 novembre 2023

Les agriculteurs du Tarn nous rappellent qu'en France «On marche sur la tête» !

On le savait que parfois, voire souvent, nos élites marchent sur la tête, pour reprendre cette expression très parlante ...

Mais voilà que selon des agriculteurs du Tarn qui manifestent, «On marche sur la tête».

Quelques centaines d’agriculteurs du Tarn ont dénoncé dans les rues d’Albi la taxation du gazole agricole (GNR), les retards de paiement des aides européennes, et plus généralement les normes et contraintes imposées au monde agricole.

«Il y a un mal-être dans les campagnes, un ras-le-bol général. Est-ce qu’on veut encore de nos agriculteurs en France ? Les enfants ne reprennent plus les exploitations, c’est beaucoup de travail et on a du mal à sortir un salaire», explique à l’AFP Lionel Aussenac, 34 ans, à la tête d’une exploitation de 50 vaches laitières à Castres (Tarn). Également secrétaire général du syndicat JA du Tarn, il s’inquiète notamment des effets de la taxation du GNR sur «les trésoreries précaires» des éleveurs, vignerons et céréaliers du département.

«Déjà qu’on ne s’y retrouve pas, si on nous rajoute des taxes et normes, des formations pour appliquer les normes, de la paperasse, on ne va pas y arriver. Et pendant ce temps, on importe des denrées qui ne respectent pas les normes qu’on nous exige en France», dénonce l’éleveur. Source article de La France Agricole. 


Complément
Complément bis