mardi 21 juillet 2026

L’impossible équation du 100% bio

« L’impossible équation du 100% bio » est un article de Gil Rivière-Wekstein paru sur son site, agriculture et environnement, le 20 juillet 2026.

Le blog vous en propose quelques extraits de cet article très documenté et à lire en intégralité.

Reprise timide mais réelle, clame l’Agence Bio pour 2025. Un examen des données montre plutôt un modèle qui stagne, et qui ne pourra jamais remplacer l’agriculture conventionnelle.

Le 16 juin, Bruno Martel, le président de l’Agence Bio, a présenté le « livret annuel des chiffres du bio » pour l’année 2025, en se félicitant de la consolidation d’un marché de quelque 12,6 milliards d’euros. Selon lui, la reprise serait enfin là, timide mais réelle, avec une croissance de 3,6 % en valeur et de 2% en volume par rapport à 2024.

Et de déployer la communication habituelle de l’Agence en l’étayant d’une batterie de chiffres censés démontrer que les bonnes perspectives sont de retour, et que cette embellie, « confirmant l’attractivité du bio », est de nature à susciter un regain d’optimisme chez les producteurs et à encourager les conversions et installations. « La crise est derrière nous », a confirmé au Nouvel Obs Franck Poncet, directeur général de Biocoop, le leader des magasins spécialisés qui a enregistré en 2025 une année « record » en termes de chiffre d’affaires et une hausse de fréquentation de 6,5%.

(...)
L’Agence Bio a beau insister sur le fait que 59% des Français déclarent aujourd’hui manger bio au moins une fois par mois et 35 % au moins une fois par semaine – soit cinq points de plus qu’en 2024 – et assurer que « toutes les catégories de population sont concernées, sans considération d’âge ou de niveau de vie », les chiffres sont têtus : 94 % des denrées composant l’assiette des Français restent issues de l’agriculture conventionnelle. Quant à la restauration collective, qui devait atteindre 20 % de bio avec la loi EGalim, elle plafonne à 552 millions d’euros, c’est-à-dire 6% du total.
(…)
Le « 100% bio » – manière détournée d’imposer la sortie des pesticides – pose donc une équation que la géographie a déjà tranchée : la France ne possède pas, et ne possédera jamais, les terres que ce modèle réclamerait. S’il existe indubitablement un marché bio, qui représente 5 à 6% de la consommation alimentaire des Français, est-il pour autant souhaitable de l’étendre en y consacrant de l’argent public? La question reste ouverte…

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