« L’impossible équation du
100% bio » est un article
de Gil Rivière-Wekstein paru sur son site, agriculture et
environnement, le 20 juillet 2026.
Le blog vous en propose quelques
extraits de cet article très documenté et à lire en intégralité.
Reprise
timide mais réelle, clame l’Agence Bio pour 2025. Un examen des
données montre plutôt un modèle qui stagne, et qui ne pourra
jamais remplacer l’agriculture conventionnelle.
Le 16 juin, Bruno Martel, le président
de l’Agence Bio, a présenté le « livret annuel des chiffres du
bio » pour l’année 2025, en se félicitant de la consolidation
d’un marché de quelque 12,6 milliards d’euros. Selon lui, la
reprise serait enfin là, timide mais réelle, avec une croissance de
3,6 % en valeur et de 2% en volume par rapport à 2024.
Et de déployer la communication
habituelle de l’Agence en l’étayant d’une batterie de chiffres
censés démontrer que les bonnes perspectives sont de retour, et que
cette embellie, « confirmant
l’attractivité du bio »,
est de nature à susciter un regain d’optimisme chez les
producteurs et à encourager les conversions et installations. « La
crise est derrière nous »,
a confirmé au Nouvel Obs
Franck Poncet, directeur
général de Biocoop, le leader des magasins spécialisés qui a
enregistré en 2025 une année « record »
en termes de chiffre d’affaires et une hausse de fréquentation de
6,5%.
(...)
L’Agence Bio a beau insister sur le
fait que 59% des Français déclarent aujourd’hui manger bio au
moins une fois par mois et 35 % au moins une fois par semaine –
soit cinq points de plus qu’en 2024 – et assurer que « toutes
les catégories de population sont concernées, sans considération
d’âge ou de niveau de vie »,
les chiffres sont têtus : 94 % des denrées composant l’assiette
des Français restent issues de l’agriculture conventionnelle.
Quant à la restauration collective, qui devait atteindre 20
% de bio avec la loi EGalim, elle plafonne à 552 millions
d’euros, c’est-à-dire 6% du total.
(…)
Le « 100% bio » – manière
détournée d’imposer la sortie des pesticides – pose donc une
équation que la géographie a déjà tranchée : la France ne
possède pas, et ne possédera jamais, les terres que ce modèle
réclamerait. S’il existe indubitablement un marché bio, qui
représente 5 à 6% de la consommation alimentaire des Français,
est-il pour autant souhaitable de l’étendre en y consacrant de
l’argent public? La question reste ouverte…
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