« Un rapport accablant du Sénat sur les pratiques de la grande distribution », source blog-notes d’Olivier Masbou du 29 mai 2026.
« Menaces », « relations commerciales brutales », le rapport d’une commission d’enquête du Sénat sur les pratiques de la grande distribution (rapport sur les marges des industriels et de la grande distribution) dit enfin clairement ce que les agriculteurs dénoncent depuis des années. « Nous avons constaté l’existence de pratiques prédatrices des distributeurs, envers les industriels et les agriculteurs. En témoigne ce chiffre : seulement 8 % de la valeur ajoutée de l’alimentaire va aux agriculteurs », a déclaré Antoinette Guhl, sénateur (Ecologistes, Paris), rapporteur de la Commission.
Le rapport relève que la répartition de la valeur est « très déséquilibrée au détriment de l’amont (agriculteurs, producteurs, transformateurs et industriels) et au profit de l’aval (grande distribution) ». Ces « relations commerciales brutales » fragilisent la « souveraineté alimentaire du pays ». « L’industrie française est mise sous pression et les marges ont tendance, en particulier pour les PME, à se réduire ».
Le rapport dénonce également « des méthodes de négociation assises sur la menace, l’intimidation et la contrainte ». Il épingle aussi les centrales d’achat européennes qui « sont devenues l’outil favori des distributeurs pour contourner la loi française au profit de droits étrangers ».
Une suite avec David contre Goliath dans le blog-notes d'Olivier Masbou du 6 juillet 2026.
Olivier Mevel est universitaire, maître de conférences en marketing, commerce et distribution. Il est auditionné le 20 janvier dernier dans le cadre de la commission d’enquête parlementaire sur « Les marges des industriels et de la grande distribution ». Le rapport, on le sait, est très sévère contre la grande distribution qui a réagi durement.
Aujourd’hui, les enseignes vont plus loin. Olivier Mevel a reçu, par huissier, mandaté par la FCD, une ‘sommation interpellative’ lui enjoignant de répondre à plusieurs questions concernant son audition (cf. linkedin.com/in/olivier-mevel-090a93b6). Pourquoi est-ce grave ?
Une commission d’enquête parlementaire est, après le vote de la loi, le plus haut niveau d’action du Sénat ou de l’Assemblée nationale. Les personnes entendues doivent prêter serment et un faux témoignage est passible des sanctions prévues par le code pénal (cinq ans d’emprisonnement et 75 000 euros d’amende). Une audition devant une commission d’enquête, c’est pas Jo le Rigolo au bistro du coin!
Si la FCD conteste les propos d’Olivier Mevel, ou de n’importe qu’elle autre personne auditionnée, elle se retourne vers le Sénat qui fera les investigations nécessaires. La méthode retenue par la Fédération, c’est purement, simplement et méchamment de l’intimidation.
Qui osera témoigner dans une autre commission d’enquête (alors que par ailleurs, on ne peut pas se soustraire à une convocation) ?
C’est donc l’institution parlementaire qui est ainsi menacée. Les sénateurs, le président du Sénat, doivent réagir, mais aussi les députés, la présidente de l’Assemblée nationale, le Gouvernement (et notamment le ministre du Commerce qui connaît parfaitement le sujet !) et même le Président de la République, car s’attaquer à une commission d’enquête parlementaire, c’est s’attaquer à la démocratie.
Mevel contre la FCD, c’est David contre Goliath. Je crois me souvenir que c’est David qui gagne à la fin !
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