mercredi 7 octobre 2026

Après le Brésil, la Commission européenne progresse et découvre des défaillances dans le dispositif de contrôle des exportations de viande de volailles et de produits à base de volailles de Thaïlande vers l’UE

« Après le Brésil, la Thaïlande », source blog-notes d’Olivier Masbou.

La Commission européenne progresse. Elle découvre que les partenaires commerciaux de l’Union ne sont pas toujours fiables. Après le Brésil (1 et 2), un audit de la Commission publié récemment met en lumière d’importantes lacunes dans le dispositif de contrôle thaïlandais sur les exportations de viande de volailles et de produits à base de volailles depuis la Thaïlande vers l’Union européenne. « Les défaillances relevées concernent des éléments fondamentaux du dispositif de contrôle sanitaire : traçabilité des produits, contrôles officiels dans les établissements et abattoirs, vérification des procédures, séparation des produits destinés au marché européen et des autres productions, contrôle de la qualité de l’eau ou encore supervision exercée par les autorités compétentes. Plus grave encore, la Commission européenne estime que ces insuffisances compromettent même certaines des garanties apportées par les certificats sanitaires accompagnant les exportations vers l’Union européenne » rapporte l’interprofession Anvol qui demande la suspension de ces importations.

Deux audits pour la Thaïlande

1. Un audit pour évaluer les contrôles sanitaires animaux en vigueur en ce qui concerne l'exportation de viande de volaille, d'œufs et de leurs produits vers l'Union européenne, qui a eu lieu du 18 au 29 mai 2026 et publié le 17 septembre 2026.

Il en ressort que les autorités compétentes thaïlandaises mettent en œuvre un dispositif de surveillance approfondi concernant l'influenza aviaire hautement pathogène et la maladie de Newcastle, appuyé par un réseau solide de laboratoires officiels. Ce cadre offre une assurance raisonnable quant à la détection précoce des maladies et soutient le respect des exigences de certification pour les produits d'origine aviaire exportés vers l'Union européenne. Toutefois, l'audit a mis en évidence certaines lacunes en matière de surveillance des maladies et de préparation à la gestion des foyers. En outre, l'absence d'analyse approfondie des causes profondes des incohérences observées dans les résultats des tests de diagnostic utilisés pour la surveillance (analyses moléculaires par rapport aux tests sérologiques) nuit à la confiance dans le système. Dans l'ensemble, bien que le système soit globalement fiable, la correction des faiblesses identifiées en renforcera la fiabilité.

2. Un audit concernant les viandes et produits de volaille destinés à l'exportation vers l'UE, qui a eu lieu du 4 au 23 juin 2026 et publié le 10 septembre 2026.

L'objectif de l'audit était d'évaluer si les contrôles officiels, portant sur les aspects de santé publique et les systèmes de certification régissant la production de viandes de volaille et de produits dérivés destinés à la consommation humaine et à l'exportation vers l'Union européenne (UE), offrent des garanties suffisantes quant à la conformité de la production de ces denrées aux exigences de la législation de l'UE et permettent d'étayer les attestations de santé publique figurant dans les certificats sanitaires ou officiels accompagnant l'entrée de ces produits dans l'UE. L'audit conclut qu'un système de contrôle officiel est en place pour la chaîne de production des viandes de volaille et des produits à base de volaille destinés à l'exportation vers l'UE. Ce système s'appuie sur un cadre juridique et administratif globalement adéquat, des autorités compétentes bien organisées et des procédures appropriées pour l'agrément des établissements. Les contrôles officiels sont réalisés de manière systématique et couvrent les exigences relatives à la certification pour l'exportation. Des dispositifs de supervision sont également en place pour vérifier l'efficacité du système. Toutefois, les garanties fournies et certifiées par le biais des certificats sanitaires d'exportation sont compromises par des lacunes importantes et systémiques. Celles-ci concernent la vérification officielle des procédures fondées sur HACCP, les contrôles de l'eau, la traçabilité, et en particulier la séparation entre les produits éligibles et non éligibles pour l'UE, ainsi que les contrôles vétérinaires dans les abattoirs, notamment les inspections ante-mortem et post-mortem. L'audit révèle également que le personnel ne fait pas toujours preuve d'une compréhension suffisante de certaines exigences applicables aux exportations vers l'UE. Par ailleurs, d'autres faiblesses du système et des écarts par rapport aux règles de l'UE ont été relevés concernant certaines lignes directrices sur les contrôles officiels, le suivi des notifications RASFF et les procédures de certification. Ces lacunes affaiblissent la capacité des autorités compétentes à fournir des assurances fiables.

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