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mercredi 2 septembre 2026

Les aliments ultra-transformés sont à l'origine de la plupart des notifications de risque élevé pour la sécurité des aliments concernant l'acrylamide dans l'UE

« Les aliments ultra-transformés sont à l'origine de la plupart des notifications de risque élevé pour la sécurité des aliments concernant l'acrylamide dans l'UE », source article de Bailee Henderson paru le 2 septembre 2026 dans Food Safety Magazine.

Les aliments ultra-transformés (AUTs) ont constitué la plupart des notifications de risque grave et d'alerte concernant l'acrylamide signalées par le biais du système d'alerte rapide de l'UE pour les denrées alimentaires et les aliments pour animaux (RASFF) sur une période de 17 ans, selon une nouvelle analyse.

Publiée dans la revue Toxics et menée par l'Université de Novi Sad, l'étude a examiné 98 notifications RASFF relatives à la présence d'acrylamide dans les aliments, signalées entre 2009 et 2025. Les chercheurs ont analysé les notifications par catégorie d'aliment, décision de risque, classification de la notification et pays d'origine, et ont classé les produits signalés selon le système de classification des aliments NOVA*.

Le système de classification alimentaire NOVA à quatre catégories définit les AUTs dans la catégorie 4 comme « des produits alimentaires fabriqués industriellement composés de plusieurs ingrédients (formulations) comprenant du sucre, des huiles, des graisses et du sel, ainsi que des substances alimentaires d'usage culinaire nul ou rare ».

L'acrylamide est un contaminant qui se forme lors de la cuisson à haute température (supérieure à 120 °C), comme la friture ou le rôtissage, dans les aliments riches en amidon, en certains sucres ou en certains acides aminés. Ce composé peut être neurotoxique, génotoxique, cancérogène et nuire à la santé reproductive et au développement. Des études ont également établi un lien entre ce contaminant et certains cancers, comme le cancer du sein.

Les auteurs ont noté que la fréquence de notification au RASFF ne représente pas la prévalence réelle de la contamination par l'acrylamide et ne peut pas, sans données supplémentaires sur la consommation et la concentration, être utilisée pour estimer l'exposition alimentaire, l'incidence du cancer ou la charge de morbidité.

Augmentation des notifications suite à la mise en œuvre de la réglementation européenne

L'étude a révélé une forte augmentation des notifications liées à l'acrylamide suite à l'entrée en vigueur du règlement (UE) 2017/2158 en 2017, qui fixait des seuils de référence et des stratégies de réduction d'acrylamide dans différentes catégories d'aliments, et en 2019, année où les catégories d'aliments soumises à la surveillance de l'acrylamide ont été élargies. Les chercheurs ont souligné que cette hausse des notifications était davantage due à un renforcement de la surveillance et des contrôles qu'à une réelle augmentation de la contamination. Le nombre de notifications est resté constamment élevé entre 2023 et 2025.

Céréales, produits de boulangerie en tête des notifications

Les céréales et les produits de boulangerie, notamment les biscuits, étaient la catégorie d'aliments la plus fréquemment impliquée, suivies des plats préparés et des en-cas, principalement des chips. Ces deux catégories subissent un traitement thermique, comme la cuisson au four, la friture ou le rôtissage, dans des conditions propices à la formation d'acrylamide. Sur les 98 notifications, 28 (28,6 %) ont été classées comme présentant un risque grave.

Ces résultats concordent avec les études alimentaires menées auprès des populations de l'UE. Par exemple, la plus récente étude sur l'alimentation totale française 3 (EAT3), publiée en 2026, a révélé que les pommes de terre frites, les pommes de terre sautées, les chips et les biscuits étaient les aliments les plus susceptibles d'être contaminés par l'acrylamide.

Les AUTs représentaient 85 % des notifications d'acrylamide

Lors de la catégorisation des produits selon le système NOVA, les AUTs représentaient 84,7 % des notifications liées à l'acrylamide. Elles représentaient également 85,7 % des notifications classées comme présentant un risque grave et 77,3 % des alertes.

Dans la catégorie AUT, 32,4 % des notifications ont été classées comme présentant un risque grave, 14,9 % comme présentant un risque potentiellement grave et 21,6 % comme présentant un risque potentiel.

Des études de surveillance du marché montrent une variabilité de la teneur en acrylamide dans les aliments

Les chercheurs ont également analysé des études récentes de surveillance du marché et constaté une variabilité importante des concentrations d'acrylamide, tant au sein des catégories d'aliments transformés traités thermiquement qu'entre elles. Bien que les mesures de réduction aient permis de réduire la teneur en acrylamide dans certains produits et sur certains marchés, des concentrations élevées continuent d'être signalées dans des catégories telles que les produits de pommes de terre, les céréales pour petit-déjeuner, les biscuits, les gaufrettes, le maïs soufflé et le café torréfié.

Ceci confirme des recherches antérieures suggérant que la formation de contaminants lors des procédés de transformation thermique diffère selon les types de procédés, tels que la cuisson par extrusion, le soufflage et le grillage. Par exemple, une étude menée en 2026 par l'Université de Münster a révélé que le soufflage à l'air chaud produisait les concentrations les plus élevées d'acrylamide dans les céréales.

Appels à un renforcement des mesures de réduction et de surveillance de l'acrylamide

Les chercheurs de l'Université de Novi Sad ont conclu que les aliments ultra-transformés (AUTs) devraient être une priorité en matière de réduction de l'acrylamide et de surveillance réglementaire. Ils ont préconisé une surveillance continue, un renforcement du contrôle réglementaire, l'optimisation des technologies de transformation et des stratégies de réduction plus efficaces tout au long de la chaîne d'approvisionnement alimentaire.

Dans cette optique, et suite aux demandes des associations de consommateurs visant à renforcer le règlement (UE) 2017/2158, l'UE envisage de fixer des seuils maximaux d'acrylamide spécifiques et juridiquement contraignants pour certains aliments. Par ailleurs, la Food Standards Agency du Royaule-Uni examine les données relatives aux niveaux de présence d'acrylamide afin d'éclairer d'éventuelles décisions politiques.

Il existe des preuves que les efforts déployés par l'industrie agroalimentaire pour réduire la présence d'acrylamide dans les aliments peuvent porter leurs fruits. Par exemple, une conclusion notable de la plus récente étude sur l'alimentation totale française 3 a été la diminution des niveaux d'acrylamide dans les aliments les plus contaminés, considérés comme les principales sources d'exposition, notamment l'absence d'acrylamide dans le café torréfié.

* Pour la classification NOVA, voir cet article. Elle catégorise les aliments selon 4 groupes, en fonction de leur degré de transformation industrielle : aliments peu ou pas transformés (NOVA1), ingrédients culinaires comme le sucre, le sel, l’huile ou le beurre (NOVA2), aliments transformés (NOVA3), aliments ultra-transformés (NOVA4). 

NB : On lira sur le site de l’Inserm, « Pas si super – C’est quoi un aliment ultra-transformé ? »

vendredi 28 août 2026

La communication de l’UE sur les notifications au RASFF de l’UE, l’exemple des six premiers mois de l'année 2026

L’UE publie tous les mois un bilan des notifications du RASFF concernant des produits alimentaires entrant dans l'Union européenne (UE) en provenance de pays à faibles et moyens revenus :

Juin 2026

  • 219 notifications concernant des denrées alimentaires provenant de 44 pays dont les pays suivants : Cameroun, Chine, Équateur, Égypte, Ghana, Guatemala, Honduras, Inde, Jordanie, Liban, Malaisie, Nigeria, Pakistan, Paraguay, Pérou, Sri Lanka, Syrie, Thaïlande, Turquie, Ukraine, Viet Nam.
  • 4 notifications concernant des aliments pour animaux
  • 2 notifications concernant des matériaux en contact avec les denrées alimentaires

Mai 2026

  • 136 notifications concernant des denrées alimentaires
  • 3 notifications concernant des aliments pour animaux
  • 8 notifications concernant des matériaux en contact avec les denrées alimentaires

Avril 2026

  • 217 notifications concernant des denrées alimentaires
  • 4 notifications concernant des aliments pour animaux
  • 3 notifications concernant des matériaux en contact avec les denrées alimentaires

Mars 2026

  • 204 notifications concernant des denrées alimentaires
  • 5 notifications concernant des aliments pour animaux
  • 9 notifications concernant des matériaux en contact avec les denrées alimentaires

Février 2026

  • 145 notifications concernant des denrées alimentaires
  • 4 notifications concernant des aliments pour animaux
  • 3 notifications concernant des matériaux en contact avec les denrées alimentaires

Janvier 2026

  • 145 notifications concernant des denrées alimentaires
  • 3 notifications concernant des aliments pour animaux
  • 8 notifications concernant des matériaux en contact avec les denrées alimentaires

L’UE met en avant ces notifications mais, comme vous allez le voir, cela ne représente qu’une partie du total des notifications au RASFF de l’UE, tous pays confondus, la partie émergée de l’iceberg en quelque sorte des notifications au RASFF, celle qu’on voit et qu’on remarque. Les autres pays, dont ceux de l’UE, forment ce qu’il est convenu d’appeler la partie d’immergée de l’iceberg. Il me semble que c’est aussi un remarke de l’expression « voir la paille dans l'œil du voisin et ne pas voir la poutre dans le sien ».

  • Juin 2026, 489 notifications versus 219 pour les pays à faibles et moyens revenus
  • Mai 2026, 451 notifications versus 136 pour les pays à faibles et moyens revenus
  • Avril 2026, 511 notifications versus 217 pour les pays à faibles et moyens revenus
  • Mars 2026, 479 notifications versus 136 pour les pays à faibles et moyens revenus
  • Février 2026, 356 notifications versus 136 pour les pays à faibles et moyens revenus
  • Janvier 2026, 362 notifications versus 136 pour les pays à faibles et moyens revenus

On lira aussi l’article de Joe Whitworth dans Food Safety News, « Supplements dominate cross-border alerts in Europe. Twenty alerts mentioned the United States ».

mercredi 26 août 2026

L’UE évalue les contrôles de sécurité des aliments sur la viande tant en France qu’en Allemagne

En France, mais pas en Allemagne, on a coutume de parler de couple Franco-Allemand. Loin de moi de faire de la politique, mais le hasard a réuni deux rapports d’audit par la DG SANTÉ de la Commission européenne, d’où l’idée de réunir les deux résumés de ces audits, à titre anecdotique, bien entendu ...

- Audit en Allemagne (CT-2025-0160), Production et mise sur le marché de préparations et de produits carnés, mis en ligne le 13 juillet 2026, afin d’évaluer les contrôles de sécurité des aliments en place régissant la production et la mise sur le marché des préparations de viande et des produits à base de viande.

- Audit en France (CT-2025-0159), préparations et de produits carnés, mis en ligne le 9 juillet 2026, afin d’évaluer les contrôles de sécurité des aliments en place régissant la production et la mise sur le marché des préparations de viande et des produits à base de viande.


France
Le rapport présente les conclusions d'un audit réalisé en France du 12 au 30 septembre 2025 par la direction générale de la santé et de la sécurité des aliments de la Commission européenne, afin d'évaluer les systèmes de contrôle en place régissant la production de préparations de viande et de produits à base de viande.

Le système français de contrôles officiels applicables aux produits à base de viande et à leur production est bien structuré et étayé par des lignes directrices, des instructions et des avis scientifiques complets. En outre, la réalisation de ces contrôles est renforcée par une formation spécialisée et un soutien assurés par un réseau d'agents possédant une expertise dans le domaine de la production de viande. Malgré la solidité de ce dispositif, certains problèmes affectent son efficacité globale :

- l'autorité compétente centrale ne dispose pas d'outils adéquats pour identifier les situations où l'insuffisance des ressources au niveau local pourrait nuire à la réalisation des contrôles. Cela concerne aussi bien la conduite des contrôles programmés que la garantie de leur qualité ;

- des cas de non-respect des procédures ont été constatés lors de l'agrément des établissements. Il en a résulté l'octroi d'agréments à des installations qui n'étaient pas pleinement opérationnelles ou, dans certains cas, l'exercice d'activités non couvertes par l'agrément ;

- toutes les non-conformités relevées lors des contrôles officiels ne font pas l'objet d'un traitement rapide et approfondi. Ce défaut de suivi en temps utile des mesures correctives signifie que les défaillances risquent de ne pas être réexaminées avant l'inspection programmée suivante, ce qui accroît le risque d'aggravation de ces problèmes.

Le rapport formule des recommandations à l’intention des autorités compétentes afin de remédier aux lacunes identifiées et de renforcer davantage le système de contrôle.

Allemagne
Le rapport présente les conclusions d’un audit réalisé en Allemagne du 22 septembre au 7 octobre 2025 par la direction générale de la santé et de la sécurité des aliments de la Commission européenne, afin d’évaluer les systèmes de contrôle en place régissant la production de préparations à base de viande et de produits à base de viande.

L’audit a révélé que le système de contrôle officiel en place, fondé sur l’analyse des risques et étayé par des procédures documentées complètes, est, dans l’ensemble, mis en œuvre de manière satisfaisante et généralement efficace pour identifier les non-conformités pertinentes en matière d’entretien et d’hygiène des établissements. Ce système prévoit des prélèvements officiels aux fins d’analyses microbiologiques afin de vérifier la sécurité des produits à base de viande et des préparations à base de viande.

Toutefois, certaines lacunes ou faiblesses systémiques affectent la surveillance officielle de la production de produits à base de viande et compromettent l’efficacité du système de contrôle, notamment :

- Des lacunes relevées concernant les contrôles effectués par les autorités compétentes auprès des petites entreprises alimentaires, en particulier en ce qui concerne la conception et la mise en œuvre de procédures fondées sur HACCP. Le système en place permet à ces entreprises d’accéder à des plans HACCP génériques, figurant dans les guides nationaux de bonnes pratiques d’hygiène destinés aux bouchers artisans, et de les adapter aux conditions spécifiques de leur établissement. Comme ces plans ne sont pas adaptés individuellement aux conditions propres aux établissements inspectés, ils sont moins aptes à traiter les dangers liés à des procédés de production spécifiques ; cela nuit également à l’efficacité des contrôles officiels visant à vérifier que les exploitants du secteur alimentaire respectent la législation en vigueur.

- Des faiblesses constatées dans l’évaluation, par les autorités compétentes, de la pertinence des plans HACCP et des plans d’échantillonnage pour les autocontrôles des exploitants du secteur alimentaire au sein des entreprises de taille moyenne ou grande.

Le rapport formule des recommandations à l’intention des autorités compétentes afin de remédier aux lacunes identifiées et de renforcer davantage le système de contrôle en place.

Bon, il faudrait peut-etre (re)former un couple franco-allemand en matière de sécurité des aliments, qui sait ?

samedi 22 août 2026

Une enquête italienne révèle des risques pour la sécurité des aliments et la fraude liés aux produits alimentaires importés illégalement dans l'UE

« Une enquête italienne révèle des risques pour la sécurité des aliments et la fraude liés aux produits alimentaires importés illégalement dans l'UE », source FSM.

  • Des inspections menées dans des commerces vendant des produits alimentaires internationaux en Italie ont permis d'identifier cinq magasins d'alimentation chinoise proposant des snacks d'origine animale non conformes, certains étant faussement étiquetés comme étant à base de blé ou de soja.
  • Les enquêteurs ont constaté un étiquetage trompeur ou incomplet, notamment des traductions inexactes, l'absence de déclaration des allergènes, l'absence de date limite de consommation et l'omission d'informations sur l'exploitant de l'entreprise alimentaire.
  • Les autorités ont saisi environ 4 tonnes de denrées alimentaires interdites et ont engagé des poursuites judiciaires contre cinq opérateurs.
  • Ces constatations ont donné lieu à une campagne d'inspection coordonnée à l'échelle nationale ciblant les importations alimentaires illégales, en particulier la viande et les produits carnés.
  • Des chercheurs ont expliqué que les produits interdits peuvent échapper aux contrôles de l'UE sur les importations en provenance de pays tiers grâce à la dissimulation, au faux étiquetage et à l'entrée par des points de passage moins réglementés.

Une enquête italienne menée auprès de détaillants de produits alimentaires internationaux a mis au jour un trafic organisé de denrées importées de Chine. Certaines de ces denrées étaient vendues frauduleusement comme des snacks végétaux alors qu'elles contenaient des ingrédients d'origine animale. Des analyses ont également révélé la présence d'allergènes non déclarés, du virus de la peste porcine africaine et d'espèces interdites. Ces découvertes ont incité les autorités nationales à lancer une campagne d'inspection coordonnée à l'échelle nationale.

L'enquête a été détaillée dans un nouvel article, Global trade: is the European Union ready to manage the potential risks of ethnic food?, publié dans Italian Journal of Food Safety, dans lequel des chercheurs de l'Autorité sanitaire locale de Naples et de l'Université de Naples ont examiné comment les aliments interdits peuvent contourner les contrôles de l'UE sur les produits importés de pays tiers.

L'enquête a été initiée dans le cadre du Plan de contrôle régional pluriannuel 2023-2027 de la région italienne de Campanie et suite aux préoccupations soulevées lors du contrôle de l'identification des espèces dans les produits carnés provenant de pays non membres de l'UE.

Les enquêteurs ont effectué 17 visites dans des commerces alimentaires ethniques – principalement pakistanais, ukrainiens, philippins et chinois – à Naples, en Italie. Ils ont notamment constaté que cinq commerces chinois vendaient des aliments d'origine animale dont la composition était douteuse, présentés comme des « en-cas salés sucrés « , des produits à base de blé ou de soja.

Les inspecteurs ont utilisé des applications de traduction automatique basées sur l'intelligence artificielle (IA) pour comparer les emballages en chinois avec les étiquettes italiennes. Selon les chercheurs, les étiquettes italiennes suivaient un modèle standardisé, listant systématiquement des ingrédients végétaux similaires tout en omettant ou en présentant de manière erronée des informations sur la composition réelle des produits.

Des informations obligatoires manquaient également, notamment l'identification de l'exploitant responsable de ces informations, les déclarations relatives aux allergènes et les dates limites de consommation ou de durabilité minimale. En revanche, les informations numériques, telles que le poids net, les dates de production, les numéros de lot et les valeurs nutritionnelles, correspondaient généralement à celles de l'emballage d'origine.

Des analyses détectent des espèces interdites, des allergènes non déclarés et de l'ADN du virus de la peste porcine africaine (PPA)

Les autorités ont prélevé 46 échantillons pour analyse en laboratoire ; 17 d'entre eux ont fait l'objet d'une identification d'espèce, incluant neuf produits à base de viande et huit produits de la pêche transformés. Vingt-neuf autres produits contenant du porc ont été analysés pour détecter le virus de la peste porcine africaine (PPA) par la technique de réaction en chaîne par polymérase en temps réel (RT-PCR).

L'analyse des espèces pour les neuf produits à base de viande a révélé la présence de matrices d'origine animale, notamment du porc et du bœuf, dont l'importation était interdite selon les chercheurs.

L'analyse des huit produits de la pêche a également mis en évidence des espèces de poissons et de mollusques non déclarées, représentant un risque allergène qui n'était pas mentionné sur les étiquettes italiennes.

Par ailleurs, 12 des 29 échantillons à base de porc se sont révélés positifs à l'ADN viral de la PPA. Les chercheurs ont souligné que la détection par PCR en temps réel démontrait la présence d'ADN viral, sans toutefois confirmer la présence d'un virus infectieux capable de provoquer la maladie.

Ces constats incitent à la mise en place de contrôles nationaux

Suite à la confirmation de l'importation illégale de produits animaux, les autorités ont partagé l'information via la plateforme en ligne du système d'alerte rapide de l'UE pour les denrées alimentaires et les aliments pour animaux (iRASFF). Le ministère italien de la Santé a ensuite publié, en décembre 2023, une directive instituant une campagne d'inspection nationale coordonnée ciblant les détaillants et les marchés locaux vendant des produits alimentaires importés présentant des non-conformités similaires.

La campagne prévoyait au moins 30 inspections par région et 15 par province autonome au cours du premier trimestre 2024. Les autorités ont reçu pour instruction d'accorder une attention particulière aux viandes et produits carnés importés illégalement en raison de leur rôle potentiel dans la transmission d'agents pathogènes zoonotiques. Face à l'urgence sanitaire liée à la peste porcine africaine (PPA) en Italie, la surveillance a également été étendue à des tests exceptionnels de dépistage du virus de la PPA dans les aliments non conformes contenant des matières porcines.

Les éléments recueillis lors de l'enquête de Naples suggèrent que les détaillants pourraient n'être que les maillons finaux d'un vaste réseau de distribution illicite, plutôt que les importateurs principaux. Les enquêteurs ont trouvé des rouleaux et des paquets d'étiquettes adhésives stockés avec des produits emballés, y compris à l'intérieur de cartons, ce qui corrobore leur hypothèse selon laquelle les produits illicites et les matériaux d'étiquetage falsifiés étaient fournis ensemble, les étiquettes étant potentiellement apposées au niveau du point de vente.

Les chercheurs ont conclu que les efforts de contrôle devraient s'étendre au-delà des points de vente au détail et s'appuyer davantage sur les enquêtes fondées sur les données, la coopération interinstitutionnelle et internationale, les réseaux d'alerte et les technologies telles que l'IA . Selon eux, ces outils pourraient améliorer la traçabilité, l'analyse des données et l'identification rapide des nouveaux risques pour la sécurité des aliments liés au commerce international frauduleux.

jeudi 30 juillet 2026

Nouvelles règles de l'UE relatives aux techniques de génomique végétale

Le 20 juin 2026 est paru un article de Catherine Regnault Roger le 20 juin 2026 dans European Scientist intitué « Réglementation européenne sur les NGT : enfin un brin d’innovation ? »

Il y a 7 ans commençait la procédure de révision de la réglementation européenne pour les NGT (selon l’acronyme anglais New Genomic Technics proposé par la Commission européenne en 2021). Un laborieux processus qui vient de se conclure par le vote positif du Parlement européen le 17 juin 2026.

Des obstacles ont été dressés tout au long du processus évoqué, notamment des tentatives d’obstructions parlementaires comme des « irrégularités » informatiques suspectes, heureusement rectifiées, mais aussi des pluies d’amendements pour retarder les votes des instances parlementaires : une guérilla menée par les opposants traditionnels aux biotechnologies végétales, hier anti-OGM, aujourd’hui anti-NGT qui comptent des eurodéputés influents dans leurs rangs et de plusieurs lobbys bien introduits à Bruxelles. 

L’Union européenne vient de publier ce communiqué sur les « Nouvelles règles de l'UE relatives aux techniques de génomique végétale ».

De nouvelles règles de l'Union européenne (UE) ont été adoptées concernant la commercialisation des cultures produites à l'aide de certaines nouvelles techniques génomiques (NGT) qui modifient le matériel génétique des plantes (Commission européenne 2025). Les nouvelles règles classent les NGT en deux catégories :

  • Les plantes NGT de la catégorie 1 - qui peuvent être produites naturellement ou par sélection conventionnelle - ne seront pas considérées comme des organismes génétiquement modifiés (OGM). Elles devront uniquement faire l'objet d'une procédure de vérification et n'auront pas besoin d'être soumises à une évaluation des risques et à une autorisation.

  • Les plantes de la catégorie 2 des NGT - dont les modifications ne peuvent pas se produire naturellement ou par sélection conventionnelle - devront se conformer aux règles relatives aux OGM, y compris en ce qui concerne l'évaluation des risques et l'autorisation.

Le Conseil de l'UE et le Parlement européen ont donné leur accord provisoire à cette mesure, qui devra être formellement approuvée.

Selon l’article précité de European Scientist,

On sait maintenant que l’édition génomique permet d’obtenir, avec des modifications génétiques minimes, des changements épigénétiques marqués. Et c’est sans doute là-dessus que parie le secteur semencier européen pour saluer l’avancée réglementaire obtenue. Mais celle-ci sera-telle suffisante pour que l’Union européenne, qui s’est illustrée par un refus de fait des cultures transgéniques au XXè siècle, se donne les moyens d’adopter pleinement la révolution biotechnologique du XXIè siècle, les NGT ? Sera-t-elle armée avec ce nouveau règlement pour affronter les bouleversements géopolitiques en cours et la nouvelle donne économique mondiale ?

(…)
Ont été écartés de la nouvelle réglementation, à ce jour, les micro-organismes et les animaux : une exclusion qui ne serait que partie remise, murmure-t-on dans les couloirs ministériels, mais surprenante quand même ! Faut-il rappeler le rôle historique joué des micro-organismes transgéniques pour la biosynthèse de l’insuline humaine qui révolutionna le traitement des diabètes humains ? Ou encore les recherches menées aux Etats-Unis et en Chine avec des techniques NGT qui permettent d’améliorer le bien-être et la santé des animaux, évitant par exemple la castration chimique ou chirurgicale des porcs (travaux de la société Acceligen dans le Minnesota) ou diminuant la sensibilité des porcelets au froid et leur mortalité en hiver (travaux de l’Académie des sciences de Chine à Beijing) ?. L’Union européenne peut-elle se priver de l’outil technologique de l’édition génomique dans ces deux domaines ?

Concernant les végétaux, l’ISF (International Seed Federation), par la voix de son Secrétaire général, Michael Keller, a récemment plaidé pour que le « patchwork des réglementations conflictuelles » laisse la place à une réglementation universelle des NGT basée sur la science qui s’alignerait sur celle des semences conventionnelles et lèverait ainsi les obstacles au commerce mondial des semences ! Il est clair qu’alors le progrès génétique serait à même de donner une réponse à la hauteur des enjeux planétaires de développement et de durabilité de l’agriculture ! Puisse ce souhait devenir réalité !

mercredi 15 juillet 2026

Suspicion de fraude alimentaire au sein de l'UE pour les cinq premiers mois de 2026

En mai 2026, l'Union européenne a enregistré 150 suspicions de fraude alimentaire parmi les 760 notifications au iRASFF*, représentant environ 20% des cas. Les types de fraudes identifiées incluent des manipulations de produits, des falsifications documentaires et d'autres non-conformités. Les contrôles du marché demeurent la principale source de détection de ces fraudes.

Le nombre de signalements relatifs à des fraudes potentielles a diminué en mai par rapport au mois précédent, tout en restant supérieur à celui enregistré à la même période en 2025. On a compté 150 signalements en mai, 188 en avril, 204 en mars, 159 en février et 189 en janvier 2026. Source FFN.

Répartition par catégorie de produit en mai 2026

  • Aliments diététiques, compléments alimentaires et aliments enrichis : 28 suspicions
  • Viandes et produits à base de viande (hors volaille) : 17 suspicions
  • Autres produits alimentaires/mélangés : 15 suspicions
  • Fruits et légumes : 9 suspicions
  • Confiserie : 8 suspicions
  • Céréales et produits de boulangerie : 8 suspicions
  • Boissons non alcoolisées : 6 suspicions
  • Poissons et produits à base de poisson : 6 suspicions
  • Soupes, bouillons, sauces et condiments : 5 suspicions
  • Crustacés et produits dérivés : 5 suspicions
  • Matières grasses et huiles : 4 suspicions
  • Aliments pour animaux : 4 suspicions
  • Animaux vivants : 3 suspicions
  • Viandes de volaille et produits à base de volaille : 3 suspicions
  • Herbes et épices : 2 suspicions
  • Plats préparés et en-cas : 2 suspicions
  • Miel et gelée royale : 2 suspicions
  • Lait et produits laitiers : 2 suspicions
  • Glaces et desserts : 1 suspicion
  • Vin : 1 suspicion
  • Cacao et préparations à base de cacao, café et thé : 1 suspicion
  • Gastéropodes : 1 suspicion
  • Mollusques bivalves et produits dérivés : 1 suspicion
  • Fruits à coque, produits à base de fruits à coque et graines : 1 suspicion
  • Additifs alimentaires et arômes : 1 suspicion
  • Préparations pour aliments pour animaux : 1 suspicion
  • Additifs pour aliments pour animaux : 1 suspicion
  • Aliments composés pour animaux : 1 suspicion
  • Œufs et produits à base d'œufs : 1 suspicion

Répartition par catégorie de fraude

  • Autres non-conformités (violations implicites des allégations) : 94 suspicions
  • Altération de produit : 20 suspicions
  • Altération de documents : 18 suspicions
  • Autres : 15 suspicions
  • Falsification de documents : 1 suspicion
  • Falsification de produits : 1 suspicion

Sources de détection

  • Contrôle du marché : 94 suspicions
  • Contrôle aux frontières : 20 suspicions
  • Plainte de consommateur : 18 suspicions
  • Contrôle interne de l'entreprise : 15 suspicions
  • Information d'un lanceur d'alerte : 1 suspicion
  • Contrôle officiel dans un pays non membre : 1 suspicion
  • Surveillance des médias : 1 suspicion
Ces données soulignent l'importance continue des contrôles du marché pour détecter les fraudes alimentaires et la nécessité d'une vigilance accrue dans la chaîne d'approvisionnement alimentaire.

Mois (2026)

Nombre de signalements de suspicion de fraude

Tendance & Observations

Janvier

189

Reprise d'activité après les fêtes. Forte pression sur les fruits et légumes importés.

Février

159

Légère baisse du volume global. Apparition marquée de fraudes aux colorants.

Mars

204

Pic de la période. Contrôles intensifiés aux frontières à l'approche du printemps.

Avril

188

Maintien d'un niveau d'alerte élevé. Focus sur les falsifications de documents de transport.

Mai

150

Recul global des signalements (niveau le plus bas de la période), mais supérieur à mai 2025.

*iRASFF, système électronique mettant en œuvre les procédures RASFF et d’assistance administrative et de coopération décrites, respectivement, à l’article 50 du règlement (CE) n°178/2002 du Parlement européen et du Conseil et aux articles 102 à 108 du règlement (UE) 2017/625.

vendredi 10 juillet 2026

Carte postale de la sécurité des aliments en images ...

Ça ne s’invente pas !
« LA VIE est BELLE », je serai tenté de dire, ça dépend pour qui ...

« En accord avec l’AFSCA, La Vie Est Belle BV retire les produits « Tartin'o Original », « Salade de la mer » et « Salade de curry » de la marque La Vie est Belle de la vente et les rappelle auprès des consommateurs en raison de la présence possible de Listéria monocytogenes. » Source AFSCA de Belgique.


Autre exemple, si vous lisez le site de l'EFSA, au programme des actualités, deux foyers épidémiques (1 et 2) au sein de l'UE, la vie est décidément vraiment belle ...

lundi 6 juillet 2026

Depuis le 1er juillet 2026, qu’est-ce qui a changé dans la maîtrise de Listeria dans les aliments réfrigérés prêts à être consommés ?

Le blog vous avait proposé fin mars 2026, Listeria monocytogenes pour les Nuls. Plus que 99 jours d'ici le 1er juillet 2026.

Contexte

Le critère de sécurité sanitaire des aliments précédemment en vigueur pour les denrées alimentaires prêtes à être consommées permettant le développement de L. monocytogenes ne fixait pas de limite réglementaire pour L. monocytogenes dans les aliments prêts à consommer une fois ceux-ci sortis du contrôle direct du fabricant, lorsque ce dernier n'était pas en mesure de démontrer que la concentration en L. monocytogenes, si la bactérie était présente dans le produit, ne dépasserait pas la limite de 100 UFC/g pendant toute la durée de conservation.

Cette situation créait un vide juridique dans les cas où il n'était pas garanti que la prolifération de L. monocytogenes dans des aliments prêts à consommer contaminés mis sur le marché resterait en deçà de la limite de 100 UFC/g. Les données scientifiques indiquent qu'une exposition à L. monocytogenes à des niveaux inférieurs à 100 UFC/g présente un faible risque de contracter la listériose pour les adultes en bonne santé, alors que des niveaux inférieurs à 100 UFC/g peuvent néanmoins provoquer une maladie chez les populations les plus vulnérables. Dans l'intérêt de la santé publique, une nouvelle limite plus stricte a été fixée pour combler ce vide juridique.

Eh oui, la date du 1er juillet est désormais dépassée et une agence de sécurité sanitaire des aliments, la Food safety Authority of Ireland, propose des des recommandations à l’intention des entreprises alimentaires suite à l’entrée en vigueur de la nouvelle réglementation européenne relative au contrôle de Listeria dans les aliments prêts à consommer.

Quel impact le nouveau critère aura-t-il sur les entreprises alimentaires et les consommateurs ?

Le nouveau seuil fixé pour L. monocytogenes étant plus strict que la limite actuelle de 100 UFC/g applicable aux aliments prêts à consommer permettant le développement de L. monocytogenes mis sur le marché, on peut s'attendre à une augmentation des cas de non-conformité pour certains de ces produits. Cette situation risque davantage de se produire si les entreprises ne disposent pas de procédures robustes pour gérer efficacement les risques de contamination croisée et de prolifération de L. monocytogenes dans les aliments prêts à consommer qu'elles fabriquent et/ou commercialisent. Toutefois, bien que ces nouvelles règles imposent des exigences plus strictes aux entreprises, elles garantiront, à terme, une meilleure protection globale des consommateurs, en particulier des plus vulnérables, contre le risque de listériose. Source FSAI.

Autre initiative, un étiquetage pour lutter contre Listeria

Des chercheurs du DTU National Food Institute du Danemark proposent un nouvel étiquetage à propos de Listeria pour le saumon fumé et d'autres aliments prêts à consommer afin de réduire le nombre d'infections à Listeria et par conséquent à aider les consommateurs à choisir des produits qui inhibent la croissance de Listeria.

« Il conviendrait d'introduire un système d'étiquetage pour les aliments prêts à consommer ayant été stabilisés lors de leur production afin de prévenir la prolifération de Listeria. Cela nous permettra de réduire le nombre de personnes contractant une infection à Listeria. L'étiquetage doit inspirer confiance aux consommateurs lorsqu'ils mangent des produits de la pêche, par ailleurs sains, mais susceptibles de contenir Listeria », explique Martin Laage Kragh, chercheur à l'Institut national des aliments de la DTU.

Il existe déjà des produits fabriqués de telle sorte que Listeria ne puisse pas s'y développer. Toutefois, il est actuellement difficile pour les consommateurs de savoir quels produits ont été stabilisés pour prévenir la prolifération de la bactérie et peuvent donc être consommés sans risque.

Les chercheurs proposent un système d'étiquetage volontaire utilisant le terme « STABILISÉ », ce qui devrait permettre aux consommateurs de choisir plus facilement des aliments présentant un risque minimal d'infection à Listeria.

« L'étiquetage ne doit être utilisée que par les producteurs capables de démontrer que Listeria ne peut pas se développer dans leurs produits », précise la professeure Lisbeth Truelstrup Hansen, de l'Institut national des aliments à la DTU.

En bref, la stabilité signifie que la conservation du produit doit être adaptée à la durée de vie indiquée.

« De nombreux produits ont une durée de vie trop longue compte tenu de leur mode de fabrication. Or, en modifiant la recette – souvent une simple petite modification suffit –, il est possible de rendre ces produits sûrs », indique le professeur émérite Paw Dalgaard, de l'Institut national des aliments à la DTU.

Eh oui, les DLC les plus courtes sont les meilleures !

A voir si cette initiative danoise aura une durée de vie assez longue ...

Incidence de la listériose en France et dans l’UE

Entre 1999 et 2020, le nombre annuel de cas de listériose a varié entre 188 et 414, avec des incidences annuelles entre 3,1 et 6,2 cas par million d’habitants ; en 2024, 619 cas ont été notifiés, pour une incidence de 9 cas par million d’habitants. Source Santé publique France.

Le nombre de cas de listériose dans l'UE est passé de 0,40 pour 100 000 habitants en 2010 à 0,69 pour 100 000 en 2024.