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dimanche 24 mai 2026

Repenser la formation à la sécurité des aliments : Placer le consommateur au cœur des préoccupations

L’article ci-dessous s’inscrit dans la droite ligne de l’article sur le distributeur, Aldi en Belgique, à suite d’une décision de la Cour de justice européenne.

Même si ce distributeur avait vu sa démarche validée par les autorités de tutelle, « Les juges luxembourgeois ont déclaré que le droit européen de la sécurité des aliments vise à garantir la sécurité réelle des aliments pour les consommateurs, et non à se contenter de prouver, sur le papier, qu'une entreprise dispose de plans de conformité et de systèmes de contrôle. En vertu de la législation européenne, les supermarchés sont les principaux responsables de la protection des aliments tout au long de la chaîne d'approvisionnement, y compris pour les produits déjà en rayon et accessibles aux clients. »

Ci-après il est question de l’ensemble de la filière alimentaire qui doit de changer de raisonnement mais aussi, me semble-t-il, les autorité de tutelle, à vous de voir ...

Dans ce contexte, voici « Repenser la formation à la sécurité des aliments : Placer le consommateur au cœur des préoccupations ». Article d’Andrew Thomson et Matthew Wilson paru le 20 mai 2026 dans Food Safety Magazine.

Pour adopter une formation à la sécurité des aliments centrée sur le consommateur, l'industrie doit humaniser la notion de risque et repenser l'intégration en tenant compte des conséquences pour le consommateur .

L'ensemble de l'industrie alimentaire, de la production à la consommation, a consacré des décennies à axer la formation à la sécurité des aliments sur le respect des exigences réglementaires, au détriment des consommateurs. Cette approche a atteint ses objectifs, mais il est temps de changer de paradigme. Nous devons intégrer le consommateur à la formation – au sens figuré – et repenser l'enseignement et la formation en sécurité des aliments pour un impact plus ciblé.

Les consommateurs sont remarquablement absents de nos programmes et cadres de formation. Leurs besoins, leurs vulnérabilités, leurs attentes et leur confiance sont rarement pris en compte. Pourtant, ce sont eux qui sont touchés en cas de problème – qu'il s'agisse d'intoxications alimentaires, d'hospitalisations et de soins continus, de réactions allergiques, ou pire encore.

Pourquoi le statu quo ne fonctionne pas

Les faits sont éloquents : si l’approche actuelle de l’industrie alimentaire en matière de formation était réellement efficace, nous n’assisterions pas à la persistance des incidents liés à la sécurité des aliments. Dans des articles précédents, les auteurs ont mis en lumière une multitude d’incidents de ce type largement médiatisés. Il s’agit d’un problème mondial (se référer au tableau des statistiques des maladies inectieuses d’origine alimentaire, dont la France, décrit dans l’article original).

Pour beaucoup dans l’industrie alimentaire, la sécurité des aliments se résume à une simple formalité. Les employés suivent des formations en ligne mal conçues, axées principalement sur les connaissances théoriques, avec peu de compréhension, un encadrement limité et sans responsabilisation. Nombre de ces programmes ne respectent pas les principes fondamentaux de l’apprentissage chez l’adulte et proposent un contenu passif et standardisé qui ne parvient pas à impliquer véritablement les employés. Par conséquent, la formation se trouve déconnectée des réalités complexes de la sécurité des aliments en milieu professionnel. Les employés ne sont pas suffisamment préparés pour appliquer leurs connaissances dans des contextes professionnels concrets et ne sont souvent pas tenus responsables de leurs actes. Dans bien des cas, ni l'entreprise alimentaire, ni sa direction ne le sont pas plus.

Ces manquements ne se limitent pas à la simple absence d'application ou de priorité accordée aux pratiques de sécurité des aliments. Ils découlent d'un problème plus profond : une lacune fondamentale dans la compréhension, la responsabilisation et l'engagement collectif en faveur de la protection de la santé des consommateurs. Fondamentalement, ces manquements reflètent une méconnaissance réelle qui dépasse la simple conformité et une compréhension globale des risques et des conséquences. Les entreprises alimentaires ont été amenées à croire que la réussite d'un audit de conformité ou l'obtention d'un certificat de formation suffisaient à garantir la sécurité des aliments. La réalité est bien plus complexe. Une véritable sécurité des aliments exige des connaissances approfondies, activement appliquées, renforcées à tous les niveaux de l'organisation et priorisées pour protéger le bien-être des consommateurs.

Les statistiques publiques mettent en évidence le fardeau mondial des maladies d'origine alimentaire et soulignent l'urgence d'une formation efficace en matière de sécurité des aliments dans tous les secteurs de l'industrie alimentaire. Les auteurs reconnaissent que les méthodologies et les systèmes d'enregistrement varient d'un pays à l'autre, ce qui peut influencer les données publiées. La sécurité des aliments est le fruit d'une culture, de comportements, d'un leadership et d'une prise de décision, et non pas seulement de la paperasserie ou du simple contrôle des températures des chambres froides et des mesures de température des aliments à l'aide de systèmes numériques.

Pourquoi ce changement est nécessaire

La conformité à elle seule ne suffit pas à garantir la sécurité des personnes que nous servons. Les consommateurs doivent être au cœur de chaque décision prise en usine, en cuisine et dans le secteur de la restauration. Pour que ce changement s'opère, nous devons d'abord lever les obstacles qui entravent une formation efficace en matière de sécurité des aliments.

Malgré toute la bonne volonté, la formation à la sécurité des aliments est souvent insuffisante en raison de trois obstacles majeurs :

1. Manque de temps : La formation et le renforcement des acquis sont souvent sacrifiés par manque de temps, ce qui entraîne un apprentissage fragmenté ou inefficace. Les employés ne sont pas préparés à appliquer leurs connaissances en situation professionnelle.

2. Ressources et personnel limités : De nombreuses entreprises ont du mal à allouer les ressources nécessaires à une formation et à une documentation efficaces. Sans un nombre suffisant d'employés et d'outils, la formation se réduit souvent à une approche standardisée, négligeant les exigences et les spécificités de chaque poste. Des employés compétents sont nécessaires pour former les autres ou pour accomplir les tâches nécessaires au respect des bonnes pratiques.

3. Soutien insuffisant de la direction : Lorsque la direction ne fait pas de la formation une priorité, elle envoie un message clair aux employés : la sécurité des aliments n'est pas une priorité. Cela compromet le potentiel de toute initiative de formation, qui est alors perçue comme une « simple formalité » plutôt qu'un impératif sérieux de sécurité pour les entreprises et les consommateurs.

Ces obstacles ne sont pas d'ordre technique ; ils sont stratégiques et culturels. Au fond, ils mettent en lumière une faille fondamentale de l'approche actuelle : la formation à la sécurité des aliments est une obligation de conformité, et non comme un investissement essentiel dans la formation et le développement des employés, la santé publique et la confiance des consommateurs.

Le rôle du consommateur dans la sécurité des aliments : pourquoi son point de vue est important.

Imaginez si vos sessions de formation à la sécurité des aliments intégraient les témoignages et les expériences des consommateurs qui dépendent d'une alimentation saine. Et si, au lieu de nous concentrer uniquement sur les procédures et la législation alimentaire, nous renforcions les compétences des employés de la production et de la manipulation des aliments afin qu'ils pensent comme les personnes qu'ils servent : les personnes allergiques, les jeunes enfants, les personnes âgées ou celles dont le système immunitaire est affaibli ?

Les consommateurs attendent et méritent une alimentation saine pour protéger leur santé et leur bien-être. Pourtant, dans la plupart des cas, ils ne sont absolument pas représentés dans les programmes de formation à la sécurité des aliments. Cela doit changer.

Voir dans l’article original l’enquête mondiale sur la confiance des consommateur par pays.

Un problème majeur mis en lumière par de récentes enquêtes mondiales sur la sécurité des aliments est la forte baisse de la confiance des consommateurs. Aux États-Unis, la confiance dans la sécurité de l’approvisionnement alimentaire a atteint son niveau le plus bas en 13 ans, selon l’enquête 2025 de l’International Food Information Council's (IFIC's). . Malgré les progrès des technologies numériques qui devraient améliorer la sécurité des aliments, cette tendance se poursuit dans le sens inverse. De nombreux consommateurs estiment que le profit prime sur la sécurité sanitaire et que l’industrie agroalimentaire ne collabore pas efficacement pour assurer la protection des consommateurs.

Un tableau présente les principales préoccupations des consommateurs en matière de sécurité des aliments, souligne les lacunes des programmes de formation actuels et montre comment une approche repensée et axée sur le consommateur peut combler ces lacunes, améliorant ainsi les pratiques de l’industrie et la confiance des consommateurs.

Les sessions de formation aux compétences en matière de sécurité des aliments, destinées aux salariés de la production et aux manipulateurs d'aliments et conçues du point de vue du consommateur, abordent directement ces préoccupations (voir dans le texte original ce tableau). Elles garantissent que la sécurité des aliments ne se limite pas à éviter les infractions ; il s'agit de prendre chaque jour des décisions éclairées et éthiques qui protègent les personnes.

Des programmes de formation insuffisants : l'industrie reconnaît le problème

L'enquête mondiale sur la formation en matière de sécurité des aliments 2024, menée pour la huitième année consécutive, a compilé les données de plus de 3 000 entreprises alimentaires, couvrant la fabrication, l'agriculture, l'emballage, la distribution, la vente au détail et la restauration. Réalisée par un consortium d'organisations reconnues, l'enquête révèle des lacunes importantes dans la conception, la mise en œuvre et l'évaluation des formations au sein de l'industrie alimentaire. Malgré le respect des réglementations dans de nombreux cas, les efforts de formation ne parviennent souvent pas à induire de véritables changements de comportement susceptibles d'améliorer la santé publique. Selon l'enquête, près des trois quarts des entreprises alimentaires mondiales partagent l'avis suivant : « Malgré nos efforts de formation, certains de nos employés ne respectent toujours pas les protocoles établis sur le terrain. »

De plus, une entreprise sur quatre juge ses programmes de formation « médiocres », tandis que 60 % les estiment simplement « suffisants ». Seules six entreprises sur dix pensent que la formation a un impact positif sur la productivité, et un nombre important estime qu'elle n'a aucun effet sur la fidélisation du personnel, 10 % d'entre elles indiquant même qu'elle nuit à l'engagement des employés.

Ces résultats reflètent les préoccupations exprimées par les consommateurs dans des enquêtes menées à travers le monde : le fait que les entreprises privilégient les profits ou la conformité au détriment de la sécurité des aliments. Si les trois quarts des entreprises ne parviennent pas à traduire la formation en actions concrètes sur le terrain, comment le public peut-il avoir confiance dans la sécurité des aliments qu'il consomme ? Ce décalage entre la formation et la pratique sur le terrain met en lumière un problème alarmant : les consommateurs peuvent supposer que les employés sont bien formés, mais bien souvent, les entreprises elles-mêmes admettent que ce n'est pas le cas en pratique. Ces lacunes en matière de compétences nuisent non seulement à l'efficacité opérationnelle, mais surtout à la sécurité des consommateurs. Si les employés en contact direct avec la clientèle ne respectent pas les protocoles de base malgré la formation, les consommateurs sont exposés à des risques de maladies d'origine alimentaire, d'exposition à des allergènes et de contamination. La conséquence directe est une érosion croissante de la confiance des consommateurs, comme en témoigne le déclin de la confiance dans la sécurité des aliments observé à l'échelle mondiale.

Malgré ces difficultés, certaines organisations ont déjà pris l'initiative d'améliorer les règles de qualité et de sécurité des aliments.

Les responsables doivent sensibiliser et informer les employés, les sous-traitants et toute personne liée aux activités de l'entreprise ou impactée par celles-ci aux enjeux de sécurité sanitaire et de santé.

Signaux de l’industrie alimentaire : La formation est souvent négligée

Malgré les défis croissants en matière de sécurité des aliments, les données du secteur montrent systématiquement que la formation à la sécurité des aliments n'est pas une priorité. Ce problème ne concerne pas uniquement les employés de production et les manipulateurs d'aliments ; il révèle un problème systémique qui touche l'ensemble de la filière alimentaire, des dirigeants d'entreprise aux organismes de formation et de certification.

Une conclusion importante des déclarations de divulgation des risques des entreprises au Royaume-Uni a révélé que seulement 17% des entreprises alimentaires ont classé la sécurité des aliments parmi leurs dix principaux risques. Ce constat rejoint les conclusions de diverses enquêtes mondiales sur la sécurité des aliments et de rapports sur les risques des entreprises menés par les organisations du secteur. Les entreprises ont tendance à privilégier les risques financiers, la réduction des coûts et la concurrence, reléguant la formation à la sécurité des aliments au rang de charges non essentielles. Cette mentalité persiste dans de nombreuses organisations, où la formation est perçue comme un simple coût à minimiser, plutôt que comme un investissement essentiel qui améliore l'efficacité opérationnelle, réduit les risques et instaure une confiance durable des consommateurs.

Étapes pratiques : Intégrer le consommateur à la formation

Pour une formation à la sécurité des aliments axée sur le consommateur, il faut d'abord humaniser le risque. Ne vous contentez pas de parler de « contamination croisée » ou de listériose. Diffusez des vidéos ou racontez des histoires de personnes réellement touchées par des défaillances en matière de sécurité des aliments. Appuyez-vous sur des études de cas d'incidents locaux. Rendez la formation concrète et mémorable.

Deuxièmement, repensez l'intégration en tenant compte des résultats pour le consommateur. L'intégration des nouveaux employés ne doit pas se limiter à la simple démonstration des gestes à effectuer ; elle doit les amener à comprendre l'importance de ces gestes. Chaque nouvel employé doit non seulement maîtriser les aspects techniques de la sécurité des aliments, mais aussi prendre conscience des conséquences concrètes de ses actions. Il doit pouvoir répondre aux questions suivantes : Qui est-ce que je protège ? Quels sont les risques en cas de problème ?

Passez du discours sur « comment se laver les mains » à celui sur « comment l'hygiène des mains protège les personnes qui consomment nos aliments ». Ce changement de perspective permet de relier les tâches de base à leur impact concret et aide les employés à comprendre leur rôle dans le contexte plus large de la sécurité des aliments.

Lors de l'intégration de nouveaux employés, insistez sur l'aspect humain en utilisant des exemples comme ceux ci-dessous :

- « Vous travaillez sur une chaîne de production où vous emballez des plats préparés. Une contamination croisée peut entraîner une intoxication alimentaire.»

- « Vous préparez des repas pour un EHPAD dont les résidents ont un système immunitaire affaibli.»

- « Vous préparez des repas sans gluten pour des clients atteints de la maladie cœliaque.»

- « Vous êtes chef cuisinier dans un restaurant, et votre clientèle comprend des femmes enceintes, des enfants et des personnes âgées. Une cuisson insuffisante des aliments crus ou un stockage inadéquat des aliments potentiellement dangereux peuvent entraîner un transfert de contamination et mettre des vies en danger.»

Insistez sur le fait qu'il ne s'agit pas de concepts abstraits, ni d'exigences de conformité. Ce sont de vraies personnes qui dépendent de la sécurité des aliments que vous préparez. Il ne s'agit pas simplement de formation, mais d'un investissement dans la confiance et le bien-être des consommateurs.

Le leadership doit être le moteur du changement

Rien de tout cela ne fonctionnera si les dirigeants ne soutiennent pas et ne donnent pas l'exemple. Si les dirigeants considèrent les formations en sécurité des aliments comme une simple formalité, leurs équipes feront de même. En revanche, s'ils participent activement à l'apprentissage, discutent ouvertement des risques liés à la sécurité des aliments et font de la protection des consommateurs une priorité pour l'ensemble de l'entreprise, alors le changement devient possible.

Intégrez la voix du consommateur dans les conseils d'administration et les réunions d'information sur la sécurité des aliments. Remettez en question les idées reçues. Faites de la sécurité des aliments un critère d'évaluation des performances, non seulement pour les employés de première ligne, mais aussi pour les dirigeants et les cadres supérieurs.

L'appel au changement

Le temps des changements progressifs est révolu. Face à la persistance des maladies d'origine alimentaire qui affectent les consommateurs du monde entier et à la baisse historique de la confiance du public dans la sécurité des aliments, il est clair que l'industrie agroalimentaire doit dépasser le simple respect des normes minimales et adopter une véritable démarche d'amélioration continue. La sécurité des consommateurs doit devenir le moteur de tous les efforts de formation, sous peine de compromettre la confiance du public dans l'ensemble de la chaîne d'approvisionnement alimentaire.

Conclusion

Il est clair que la formation en matière de sécurité des aliments, dans sa forme actuelle, ne suffit pas à protéger les consommateurs, ni à renforcer la confiance du public dans l'industrie agroalimentaire. Nous devons remettre en question le statu quo, repenser l'éducation et la formation en matière de sécurité des aliments et créer un système où la santé et l'autonomisation des consommateurs sont au cœur de toutes nos actions. Cela exige un leadership audacieux, un investissement continu dans les compétences des employés et un engagement en faveur d'un changement significatif. L'avenir de la sécurité des aliments et la santé et le bien-être de millions de personnes dans le monde en dépendent.

NB : Pour des raisons de temps, les référence bibliographiques de l’article ne sont pas citées ainsi que différents documents instructifs proposés par les auteurs. N’hésitez pas à vous y référer pour aller plus loin .. -aa.

jeudi 16 novembre 2023

Sécurité des aliments : Une enquête révèle les inquiétudes des petites entreprises en Irlande

«Une enquête révèle les inquiétudes des petites entreprises en Irlande», source article paru dans Food safety News du 16 novembre 2023.

Selon une enquête, près des deux tiers des entreprises sont très préoccupées par l'impact d'un audit ou d'une mauvaise application de la sécurité alimentaire sur leur activité.

L’étude a révélé qu'un peu moins de la moitié des entreprises alimentaires affirment que la sécurité des aliments et le respect des réglementations sont leurs principales priorités.

Alors que près des trois quarts des propriétaires et dirigeants d’entreprises alimentaires estiment être très bien informés en matière de sécurité des aliments, seuls 52% estiment que leur personnel possède ce niveau de connaissances sur le sujet.

Safefood a interrogé 400 propriétaires et dirigeants d'entreprises alimentaires en Irlande en juillet et août. Les entreprises concernées comptaient entre un et 49 salariés. Le groupe promeut la sécurité des aliments et la nutrition en Irlande du Nord et en République d'Irlande.

Trish Twohig, directrice de la sécurité des aliments chez Safefood, a dit : «Nous savons que diriger une entreprise alimentaire s'accompagne d'une longue liste de choses à faire et que la formation peut souvent rester en veilleuse en raison de demandes concurrentes ; plus de la moitié des entreprises ayant participé à notre enquête ont déclaré que trouver du temps était pour elles le plus grand défi en matière de formation du personnel. Le coût de la formation était le deuxième plus grand défi pour plus d’une entreprise alimentaire sur trois.

Module de formation pour les entreprises

Safefood a créé un outil de formation en ligne gratuit sur la sécurité des aliments pour les petites entreprises.

L'analyse des personnes ayant accès à la formation a révélé que 67% sont des apprenants du secteur de la vente au détail de produits alimentaires ou de la restauration, suivis de 17% dans l'enseignement et 14% travaillent dans la transformation et la production de denrées alimentaires ou d'aliments pour animaux.

«Avec déjà plus de 3 000 utilisateurs uniques, cela reflète la demande réelle parmi les propriétaires et les gestionnaires d'entreprises alimentaires de fournir une formation adaptée aux exigences de leur personnel», a dit Twohig.

La plateforme utilise des modules de formation multimédias et interactifs avec des mises en situation réelles. Les gestionnaires et les propriétaires de petites entreprises peuvent suivre les progrès du personnel pendant la formation, afin de pouvoir l'utiliser pour les nouveaux employés dans le cadre du processus d'intégration, comme recyclage pour ceux qui reviennent dans l'industrie ou comme formation de recyclage.

Les sujets abordés sont l'importance de la sécurité des aliments, de la microbiologie alimentaire, du contrôle de la température, de l'hygiène personnelle, du nettoyage, du contrôle des allergènes, de la lutte contre les nuisibles et HACCP.

Seany McCleary, un utilisateur de formation de Blasta Street Kitchen à Monaghan, a dit: «Nous sommes en affaires depuis 2017, et trouver du temps pour suivre une formation sur la sécurité des aliments peut être difficile. Je peux également vérifier en ligne comment cela marche. En tant que propriétaire d’une petite entreprise, cela me donne beaucoup de confiance.

jeudi 7 septembre 2023

Désinfectants et écoles : risque de brûlures chez les enfants

Après les intoxications causées par les désinfectants pour piscine, voici les «Désinfectants dans les écoles : attention aux brûlures chez les enfants»,
source Anses.

Des accidents en nette augmentation pendant l’épidémie de Covid-19

Sur la période 2017-2022, les centres antipoison ont enregistré 118 cas d’atteintes cutanées chez des enfants en collectivité. Ces accidents ont le plus souvent eu lieu dans les écoles maternelles suit
e à la
désinfection des toilettes avec des produits biocides. Une forte augmentation a été observée en 2020 et 2021, très probablement liée au renforcement des actions de désinfection lors de l’épidémie de Covid-19, notamment la désinfection d’objets tels que des tables, chaises, jouets.
En 2023, de nouveaux accidents continuent à être signalés, traduisant la persistance de la problématique.

Les fillettes de moins de 6 ans les plus touchées

La peau des enfants de moins de 6 ans étant la plus fragile, ils constituent la population la plus concernée, en particulier les petites filles qui s’assoient sur la cuvette des toilettes.

Si les atteintes cutanées étaient en très grande majorité de faible gravité, onze enfants ont néanmoins présenté une brûlure du second degré et un enfant a reçu une greffe de peau pour une brûlure au troisième degré à la fesse.

Des erreurs d’utilisation des produits

Les accidents sont principalement liés à des erreurs d’utilisation des désinfectants : absence de rinçage ou de dilution, produit inadapté à l’usage qui en a été fait, etc.

Ces erreurs ont pu être favorisées par :

- des modalités d’utilisation variant pour un même produit selon la surface désinfectée : par exemple le produit est à utiliser pur pour le sol mais à diluer pour les autres surfaces ;
- des notices d’utilisation qui ne sont pas à la disposition des personnes manipulant les produits ;
- des mentions sur les étiquettes prêtant à confusion : par exemple, il est écrit «utiliser immédiatement la solution prête à l’emploi» alors que le produit est à diluer.

Six recommandations pour limiter les risques d’accidents avec les produits désinfectants

- utiliser des produits adaptés aux surfaces à désinfecter ;
- privilégier les produits les moins dangereux, en particulier dans les collectivités de jeunes enfants ;
- choisir en priorité des produits prêts à l’emploi pour éviter les erreurs de dilution et des produits dont le mode d’emploi est clair et simple ;
rincer les produits après application ou déversement accidentel, ou au minimum les essuyer ;
- ne pas réaliser les opérations de nettoyage-désinfection en présence des enfants et respecter le temps d’attente après la désinfection avant de permettre aux enfants d’accéder à la zone désinfectée ;
- former le personnel à la bonne utilisation des produits désinfectants.

En cas de contact avec la peau : enlever les vêtements imprégnés et laver soigneusement la peau avec de l'eau. Lorsque la zone contaminée est étendue ou que des lésions cutanées apparaissent, consulter un médecin ou appeler un centre antipoison.

On rappelera cet autre document de l’Anses qui cible «Désherbant «faits maison»: ne jamais mélanger javel et vinaigre».

En raison de l’interdiction de la vente aux particuliers de nombreux produits de désherbage, de plus en plus de particuliers choisissent de les fabriquer eux-mêmes. Mais mélanger certains produits comme la javel et le vinaigre peut provoquer des intoxications pouvant conduire à l’hospitalisation. L’Anses et les Centres antipoison mettent en garde contre cette pratique dangereuse pour la santé et recommandent d’utiliser uniquement les produits portant la mention «Emploi autorisé au jardin».

Voir aussi l’article du blog, Pourquoi il ne faut pas fabriquer chez vous de gaz moutarde ?

mardi 2 mai 2023

Hygiène et sécurité des aliments : Tout ce que vous avez voulu savoir sur les formations sans jamais oser le demander

Reconnaissez-vous cette situation ? Est-elle applicable à votre entreprise ?

Voici un site belge, très bien fait, qui vous aidera à réaliser des «Formations efficaces dans le domaine de l’hygiène et de la sécurité alimentaire».

Je pense que le contenu de ce site doit vous aider pleinement à assurer le succès de vos formations, alors n'hésitez plus !

Êtes-vous un formateur, un responsable formation ou un responsable qualité interne ? Et souhaitez-vous mettre sur pied des formations et processus d'apprentissage efficaces sur l'hygiène et la sécurité alimentaire dans votre entreprise alimentaire ?

Ce site internet vous donne quelques conseils et astuces pour garantir et prolonger la durabilité de votre politique de formation en matière de sécurité alimentaire !

Ces conseils sont présentés par thème. Chaque thème concerne une situation problématique relative aux formations en hygiène et en sécurité alimentaire. La seule chose que vous ayez à faire est d'identifier le niveau pour lequel vous souhaitez les conseils et astuces sur un thème donné : débutant, moyen, avancé.

Vous pouvez ensuite, dans chaque thème, naviguer vers les autres niveaux,

 Téléchargez le guide complet de 70 pages et bonne formation !

mercredi 12 avril 2023

Voulez-vous maîtriser les pathogènes dans l’environnement de vos fabrication ? Suivez le guide !

Voulez-vous maîtriser les pathogènes dans l’environnement de vos fabrication ?
C’est désormais possible grâce à l’initative de la Fevia, la fédération belge des entreprises alimentaires !

Inutile de chercher un document identique auprès de l’ANIA, l’association des entreprise salimetaires en Franvce, vous perdriez votre temps …

Ailleurs, en France, je ne sais pas si cela existe, retiré des affaires depuis pas mal de temps, je n’ai pas vu d’information et/ou de formation à ce sujet avec un tel niveau d,e détails, si cela existe, n'hésitez pas à m'en informer ...

Voici donc «Maîtrise des agents pathogènes environnementaux : comment s'y prendre en tant qu'entreprise ?», source Fevia.

Fevia et ses fédérations sectorielles, en collaboration avec l'Université de Gand, ont élaboré un nouveau chapitre sur la maîtrise des agents pathogènes environnementaux au sein d'une entreprise. Une étape supplémentaire dans le contrôle préventif de la sécurité alimentaire. Les entreprises alimentaires peuvent l'utiliser pour détecter et éliminer les agents pathogènes environnementaux sur leur site de production : commencez dès aujourd'hui !

Un besoin de contrôle préventif des pathogènes environnementaux
Ces dernières années, de plus en plus d'entreprises alimentaires ont été confrontées à des problèmes de sécurité alimentaire dus à la présence de pathogènes environnementaux sur le site de production. Des incidents récents montrent que certaines souches persistantes, également appelées « souches résidentes », sont très difficiles à garder sous contrôle. L'AFSCA constate également que trop souvent, les entreprises ne mettent pas en œuvre leur système d'autocontrôle, et appelle à une vigilance accrue.

L'avènement de techniques analytiques modernes telles que le whole genome sequencing (SGE) constitue un défi supplémentaire. Il s'agit là d'une révolution qui permettra aux épidémies liées à l’alimentation d'être détectées plus rapidement. Leur utilisation lors des récents incidents montre aujourd'hui leur impact considérable sur notre industrie.

Alors que l'accent a été mis jusqu'à présent sur le respect des critères microbiologiques dans le produit final, il est désormais devenu nécessaire d'accorder une attention particulière à ce qu'il n'y ait pas de souches résidentes dans l'environnement de production. Pour répondre à ce problème émergent, nous nous tournons à présent vers ce chapitre pour traiter de manière proactive les agents pathogènes environnementaux dans une entreprise.

Ce chapitre constitue un document complémentaire aux guides d'autocontrôle existants. L'AFSCA l'a validé et publié sur son site web. Il a été élaboré grâce à la collaboration de Fevia et de ses fédérations sectorielles, de la professeure Liesbeth Jacxsens (département de technologie alimentaire, de sécurité et de santé, faculté de bio-ingénierie, UGent) et du docteur Koen De Reu (ILVO).

Il s’agit du Module GM4 Maîtrise des agents pathogènes environnementaux dans l'industrie alimentaire - Module complémentaire aux guides d’autocontrôle - Fevia - UGent 2023, 65 pages.

Que couvre-t-il ?
Ce chapitre vise à informer les entreprises sur le contrôle environnemental des agents pathogènes et à prévenir la contamination croisée entre les aliments et les agents pathogènes.
En termes de contenu, nous nous concentrons sur deux piliers dans le chapitre :
  1. Mesures préventives grâce à de bonnes pratiques d'hygiène et de production : quelles mesures pouvez-vous prendre en tant qu'entreprise pour prévenir la contamination microbiologique de votre environnement de production ?

  2. Surveillance environnementale efficace : vérification de l'efficacité des mesures préventives et prise d'actions correctives en cas de découverte d'un échantillon environnemental positif.

Période de transition
Compte tenu de la technicité du module, il est essentiel que les entreprises disposent de suffisamment de temps pour transposer cela au niveau de l'entreprise. Une période de transition de deux ans à compter de la date de publication est prévue pour permettre aux entreprises de mettre en œuvre le module dans leurs activités. Pendant cette période, le chapitre ne sera pas encore utilisé lors des audits d'autocontrôle.

dimanche 7 août 2022

Pourquoi certains programmes de formation à la sécurité des aliments réussissent là où d'autres échouent ?

«Pourquoi certains programmes de formation réussissent là où d'autres échouent : résultats et analyse d’une enquête mondiale sur la formation en sécurité des aliments», source alchemy systems.

Les résultats et l'analyse de l'enquête mondiale sur la formation en sécurité des aliments 2022 sont disponibles. Les données de plus de 2 000 entreprises ont été analysées et croisées pour identifier clairement les pratiques et caractéristiques spécifiques qui permettent à certaines organisations d'obtenir de meilleurs résultats grâce à leurs efforts de formation en sécurité des aliments.

L'enquête 2022 a reçu 2 118 réponses individuelles de professionnels du secteur.

En tenant compte de ceux qui ont identifié leurs réponses comme représentant les multiples installations qu'ils gèrent, l'enquête 2022 présente les données de plus de 3 000 installations de production alimentaire dans le monde.

Pour télécharger ce rapport gratuit, il vous faut fournir des coordonnées, puis vous pourrez accéder à des dizaines de données qui tracent un plan clair et éprouvé pour de meilleures pratiques de sécurité des aliments sur le terrain. Vous pouvez utiliser cette étude indépendante pour soutenir vos efforts visant à fournir les ressources nécessaires pour répondre aux besoins en constante évolution de notre industrie en matière de sécurité des aliments.

Ce rapport de 56 pages commence par une inspection de haut niveau sur l'état de la formation à la sécurité des aliments, et présente une série de constats contradictoires. Par exemple, seules 12% des entreprises estiment qu'elles ne sont pas en mesure de fournir de la formation à la sécurité des aliments nécessaire pour adopter des comportements appropriés et cohérents en matière de sécurité des aliments. Pourtant, 60 % de ces mêmes entreprises affirment que malgré toute la formation qu'elles dispensent, elles ont encore des employés qui ne suivent pas leurs programmes de sécurité des aliments sur le terrain.

Parmi les nombreuses conclusions clés du rapport, vous apprendrez :
- des éléments d'action clés que tout établissement peut mettre en œuvre pour améliorer les résultats en matière de sécurité alimentaire
- La quantité de formation en sécurité des aliments nécessaire pour éviter la «zone dangereuse» menant à un plus grand risque d’incidents de sécurité des aliments
- Comment l'adaptation de la formation à des rôles professionnels spécifiques augmente la probabilité de 22% à 81% qu'un employé en première ligne interrompra la production si nécessaire pour prévenir un incident lié à la sécurité des aliments.
- Les employés très motivés sont plus de 2 fois plus susceptibles de respecter systématiquement les protocoles de sécurité des aliments sur le terrain.
• Les cinq actions que les organisations peuvent prendre pour maintenir la motivation des employés et améliorer les résultats en matière de sécurité sanitaire des aliments. Par exemple, 78% des entreprises disposant d'un programme de perfectionnement avancé ont des employés très motivés, contre 43% pour les entreprises sans programme de perfectionnement.

Parce que le risque et les ramifications sont si élevés, la récompense de l'amélioration est également grande.

Vous trouverez ci-dessous un récapitulatif consolidé de cinq meilleures pratiques qui, selon les données, peuvent conduire à une plus grande sécurité des aliments
au sein d'une entreprise.

1. Offrir au moins 16 heures de formation en sécurité des aliments par an aux employés en première ligne, de préférence plus de 30 heures.
2. Inclure des exemples spécifiques au site comme des photos et des vidéos dans le matériel de formation des employés sur la sécurité des aliments.
3. Adaptez la formation que les employés reçoivent au rôle spécifique de cet employé.
4. Utiliser un learning management system (LMS) qui est un logiciel qui accomagne et gère l'apprentissage .
5. Mettre en œuvre et maintenir un programme de perfectionnement.

De plus, les entreprises dont les employés sont très motivés réussissent beaucoup mieux à réduire les risques liés à la sécurité des aliments que les employés sans motivation. Gardez cela à l'esprit lorsque vous envisagez les recommandations ci-dessus et leur impact sur la motivation des employés.

Détaillons le point 3 ci-dessus, Adapter la formation à des rôles spécifiques:
Offrir le même contenu de formation à tous les employés, quel que soit leur rôle, est une pratique dangereuse. Lorsque le contexte de l'apprentissage n'est pas pertinent pour le rôle spécifique d'un employé ou le domaine d'un usine de fabrication, une personne commence à «se déconnecter». C'est naturel puisque ce n'est pas lié à son activité ou ce n’est pas clair de savoir comment il s'appliquerait cela à ses activités quotidiennes.

Par exemple, un employé, qui travaille dans un entrepôt conduit des chariots élévateurs et utilise des palettes, vit un environnement de travail quotidien différent avec des responsabilités différentes de celles d'un employé travaillant sur une ligne de production.

Si ce conducteur de chariot élévateur reçoit une formation sur la sécurité sanitaire des ligne de production - ce qui n'est pas son rôle - il ne s’identifiera pas au contenu et pourrait commencer à perdre en concentration. Ainsi, lorsqu'une formation pertinente est présentée, comme les pratiques sécuritaires d’utilisation des palettes, ils pourrait déjà être déconnecté. Cela pourrait conduire à manquer des informations critiques pour leur travail qui pourraient entraîner des aliments endommagés et contaminés si certains articles sont empilés sur d'autres.

Si cet exemple n'est pas suffisamment illustratif, les faits ci-dessous devraient l'être.
- Il y a 2 fois plus de chances que les employés ne respectent pas les protocoles de sécurité des aliments lors d’une formation non spécifique à leur rôle, 42 % avec formation spécifique à leur rôle, 81 % sans.
- 70 % des entreprises disposant d'une formation métier ont des salariés très motivés. Inversement, les entreprises qui déclarent ne pas adapter la formation à des rôles spécifiques sont 3 fois plus susceptibles d'avoir employés non motivés.
- Dans les entreprises disposant d'une formation spécifique au rôle, 82% auront des employés qui arrêtent la production pour éviter tout risque pour la sécurité des aliments contre seulement 22 % sans.

Autre exemple 
Disparité dans la sensibilisation à la culture de la sécurité alimentaire et l'action sur le terrain
Lorsqu'un risque pour la sécurité des aliments est présent, soit la production est arrêtée, soit elle se poursuit. Comme pour la plupart des mesures de sécurité des aliments, il n'y a pas d'intermédiaire. La production devrait être arrêtée. Cela met en évidence une autre disparité : que 81% des entreprises comprennent parfaitement ce qu'il faut pour construire et maintenir une solide culture de la sécurité des aliments, mais seulement 22% reflètent qu’il s’agit de l'un des résultats les plus importants d'une telle culture.
L'enquête mondiale sur la formation en sécurité des aliments a été conçue en partenariat avec les sponsors de l'étude : Intertek, Alchemy et Campden BRI, en partenariat avec BRCGS, BSI, Cultivate, SGS, Safe Quality Food Institut et TSI.

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vendredi 1 octobre 2021

Un rapport révèle un manque d'évaluation de la formation en sécurité des aliments

«Un rapport révèle un manque d'évaluation de la formation en sécurité des aliments», source article de Joe Whitworth paru le 1er octobre 2021 dans Food Safety News.

Selon un rapport publié par la Lloyd's Register Foundation, un cadre est nécessaire pour évaluer l'efficacité des programmes de formation et de compétences en matière de sécurité des aliments.

Le rapport a identifié les programmes de formation en sécurité des aliments à l'échelle mondiale, s'ils ont un impact sur la réduction des maladies et des décès d'origine alimentaire, et leur utilisation dans différentes cultures et contextes sociaux. L'étude a été financée par la fondation et rédigée par Alex Caveen, Michaela Archer et Mike Platt de RS Standards, une société de conseil.

Les mesures actuelles ont tendance à être développées pour des initiatives ou des lieux spécifiques. Les recommandations pour créer un cadre universel comprennent l'identification des publications informelles des programmes d'évaluation de la sécurité des aliments et l'utilisation des connaissances existantes pour créer des orientations afin de surveiller et évaluer la formation en matière de sécurité des aliments. Avant de concevoir un programme de formation, l'une des premières étapes consiste à comprendre les risques spécifiques grâce à l'analyse comparative, selon le rapport.

Besoin d'évaluer le travail existant

Plusieurs programmes ont été identifiés avec des initiatives menées par des organisations telles que la FAO, l'OMS, la Banque mondiale, l'Union internationale des sciences et technologies alimentaires (IUFoST) et la GFSI.

Les programmes de formation sont classés en trois types : formels tels que les qualifications professionnelles et l'apprentissage structuré; apprentissage non formel, y compris semi-structuré; et informel, y compris l'apprentissage sur le tas, basé sur l'expérience. La formation pour les entreprises, les programmes publics, l'apprentissage à distance et la culture de la sécurité des aliments sont également couverts.

Il existe plusieurs organisations intéressées par le développement de programmes de formation et de renforcement des capacités, avec des attributions qui se chevauchent souvent, conduisant à des politiques interinstitutionnelles et à une inefficacité des ressources dans le financement et l'exécution du travail, indique le rapport.

L'examen prospectif de la fondation sur la sécurité des aliments en 2019 a indiqué que l'amélioration de la formation et de l'éducation était l'un des trois domaines clés pour réduire les maladies et les décès dus aux aliments contaminés.

Tim Slingsby, directeur des compétences et de l'éducation à la Lloyd's Register Foundation, a déclaré qu'il fallait des conseils pratiques pour suivre et évaluer la formation dans différents contextes sociaux.

«Actuellement, des preuves issues de la littérature évaluée par des pairs établissant un lien entre la formation en sécurité des aliments et la réduction des incidents en matière de sécurité des aliments sont inexistantes. Bien qu'il existe une gamme de programmes gérés par des prestataires privés et institutionnels de formation à la sécurité des aliments et des organisations internationales, il y a un manque de suivi et d'évaluation pour prouver leur efficacité», a-t-il dit.

Slingsby a dit qu'il y a souvent un manque de ressources et de capacités pour collecter des données dans les pays à revenu faible et intermédiaire (PRFI).

«Pour avoir un impact durable sur les performances de sécurité des aliments dans les PRFI, des facteurs de développement plus larges tels que le manque d'infrastructures, la pauvreté et les niveaux d'alphabétisation doivent être pris en compte pour garantir que les programmes sont inclusifs et ne répondent pas seulement aux besoins des marchés haut de gamme.»

Manque de preuves sur l'impact de la formation

Seules 11 études évaluées par des pairs ont été trouvées qui mesuraient l'impact des programmes de formation dans les PRFI.

Une formation standard associée à des interventions comportementales telles que des récompenses incitatives et un soutien à la gestion semblaient être le meilleur moyen d'améliorer les performances des manipulateurs.

Les experts ont constaté un manque d'informations sur les coûts-bénéfices des différents types de formation, le niveau qu'il soit de base ou avancé, et d'autres facteurs tels que la disponibilité des outils et de l'équipement, la motivation et les dimensions culturelles. Les attitudes, les croyances et la motivation des employés se sont avérées plus influentes sur le comportement en matière de sécurité des aliments que la simple connaissance.

La formation ne devrait pas non plus être un événement ponctuel et le comportement pourrait être amélioré grâce à des recyclages réguliers, selon le rapport. Le succès se traduira par une amélioration de la conformité des entreprises constatée à travers les inspections, et les entreprises ayant un niveau de conformité élevé auront un nombre d'incidents inférieur.

La fondation mène des programmes en Afrique de l'Est et dans les Caraïbes pour renforcer les capacités de la main-d'œuvre avec la FAO. En Afrique de l'Est, l'accent est mis sur la contamination des céréales par des aflatoxines produites par des moisissures dans les chaînes d'approvisionnement céréalières. Dans les Caraïbes, l'éducation est ciblée sur l'industrie du tourisme pour réduire les intoxications alimentaires dans la restauration et fournir une assurance dans un secteur dont dépendent les économies de ces pays.


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