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lundi 12 octobre 2026

Enjeux sanitaires et environnementaux : Avant même les chiffres, les mots ont gagné

Je relaie bien volontiers cet article de l’Afis (association française pour l’information scientifique) intitulé, « Avant même les chiffres, les mots ont gagné », publié en ligne le 10 octobre 2026.

La mise en récit des enjeux sanitaires et environnementaux structure les controverses [1]. Elle décide de ce qui sera débattu, en quels termes, et quels propos sembleront raisonnables. Avant que le premier argument ne soit avancé, les mots ont souvent déjà fait une partie du travail.

Le choix des termes n’est jamais neutre. Ainsi, l’acétamipride est, selon le locuteur, un « pesticide tueur d’abeilles » ou un « produit phytosanitaire sans alternative pour les noisetiers ». La controverse autour de la loi Duplomb s’est largement jouée sur ce terrain lexical, bien davantage que sur les données relatives au risque pour les abeilles ou la santé humaine. « Mégabassine », plutôt que « réserve de substitution », convoque la démesure et l’accaparement. « Fermeusine » circule partout sans jamais être défini : à partir de combien d’animaux ? selon quelles conditions d’élevage ? L’expression « OGM cachés » est mise en avant pour discréditer d’emblée les nouvelles techniques génétiques.

Ensuite, c’est la généralisation qui écrase le raisonnement au cas par cas. Ainsi, ce sont « les pesticides » qu’il conviendrait de bannir dans l’absolu, englobant des composés très variés, utilisés par ailleurs dans tous les types d’agriculture, conventionnelle, raisonnée, biologique… De même, les « polluants éternels » recouvrent une famille de plusieurs milliers de composés chimiques dont les caractéristiques (persistances, mobilités, toxicités) peuvent varier dans des rapports de un à cent, mille ou plus. Évaluer molécule par molécule, usage par usage, n’est pas une coquetterie de spécialiste : c’est la condition d’une réglementation efficace.

Autre confusion fréquente : celle des niveaux. Trace, présence, seuil toxicologique, seuil réglementaire, pollution, contamination : ces termes sont souvent traités, à tort, comme équivalents. Les méthodes actuelles de chimie analytique détectent des concentrations de l’ordre du nanogramme par litre (l’équivalent d’un morceau de sucre dissous dans plus de mille piscines olympiques), voire du picogramme (mille fois moins). Pour autant, des traces d’or dans un jardin ne font pas de son propriétaire un millionnaire (l’or est naturellement présent dans les sols). On trouve de l’arsenic d’origine naturelle dans toutes les eaux, du robinet ou en bouteille ; si les teneurs doivent être surveillées, boire de l’eau ne nous empoisonne pas.

L’air des grandes métropoles peut contenir des traces de cocaïne ou d’héroïne [2], sans que cela ne transforme les habitants en toxicomanes. La bonne question n’est jamais « y en a-t-il ? », pourtant très souvent mise en avant dans les médias, mais « quelle quantité, et par rapport à quelle référence ? »

Enfin, la confusion entre danger et risque est la plus lourde de conséquences. Le danger est une propriété intrinsèque, le risque résulte de l’exposition à ce danger. Si un requin est dangereux car il dispose de dents acérées et d’une mâchoire puissante, il n’y a risque que si l’on nage à proximité, et même là, la plupart des espèces de requins sont inoffensives. Le Circ (Centre international de recherche sur le cancer, dépendant de l’OMS) classe la charcuterie cancérogène avéré pour l’Homme (groupe 1), dans le même groupe que le tabac, l’amiante ou le rayonnement solaire, du fait d’une solidité des preuves comparable. Mais cette classification recouvre des ampleurs de risque sans commune mesure. Nul ne propose de vivre dans une cave pour fuir le soleil : on gère l’exposition. Le glyphosate est « probablement cancérogène » (groupe 2A) au même titre que le travail de nuit, les boissons de plus de 65 °C ou la viande rouge : faut-il tout interdire ? Des politiques fondées sur la gestion du danger et non du risque peuvent conduire à des décisions contre-productives et inutilement coûteuses.

Les termes ne sont donc jamais neutres. N’est-ce pas là une bonne raison de choisir les moins chargés d’émotion ? L’alarme permanente use l’alerte : quand tout est « contaminé », « toxique », « empoisonné », comment reconnaître un risque réel et important ? Un vocabulaire précis et tempéré n’est pas un renoncement, la nuance est la condition de la précision et, derrière, la possibilité de décisions plus adaptées et plus efficaces.

Références

1 | Nisbet MC, “Framing, the media, and risk communication in policy debates”, In Cho et al. (eds), The Sage Handbook of Risk Communication, Sage, 2015, 216-227.
2 | Postigo C et al., “Determination of drugs of abuse in airborne particles by pressurized liquid extraction and liquid chromatography-electrospray-tandem mass spectrometry”, Anal Chem, 2009, 81 :4382-8.

Remarque : Le blog a souvent cité des évènements où il était question de 'traces de Listeria', voir 1, 2, 3 et 4.

mardi 28 juillet 2026

Le droit est devenu un terrain de guerre contre l’agriculture

Je dédie cet article au commentaire récent d’un inconnu ou d'un anonyme qui disait, « Il me semble opportun de garder ses idéaux politiques pour soi... Surtout en matière agricole/environnementale, qui n'est pas le sujet du blog ». Ben voyons ...

Alors pour cet inconnu, mais surtout pour tous les lecteurs du blog, voici quelques extraits d’un article proposé par le blog agriculture et environnement intitulé, « Le droit est devenu un terrain de guerre contre l’agriculture ».

Carole Hernandez-Zakine, docteure en droit, membre de l’Académie d’agriculture, est l’auteure d’une note « Judiciarisation des projets agricoles et alimentaires », publiée en mai 2026 par le think tank Les Z’Homnivores.

Vous venez de publier une analyse d’une quarantaine de pages sur la judiciarisation de l’agriculture. Pourquoi cette note et pourquoi maintenant ?

Carole Hernandez-Zakine

Parce que le phénomène produit désormais pleinement ses effets et que personne ne le dit clairement. Les agriculteurs ressentent depuis des années une pression croissante venue des tribunaux, mais ce ressenti est systématiquement renvoyé à une hypersensibilité du monde agricole. Ce que j’ai voulu faire, c’est objectiver la réalité : montrer, avec des décisions de justice à l’appui, qu’il s’agit d’une dynamique documentée, structurée et délibérément construite. On parle beaucoup des normes, des prix, du renouvellement des générations. On parle très peu du fait que le juge est en train de devenir un acteur central de la politique agricole française – sans y avoir été invité par les urnes.

Ce que Les Z’Homnivores publient est une synthèse accessible d’un travail de fond beaucoup plus dense, puisqu’il repose sur des décisions de justice, choisies pour leur exemplarité, à tous les niveaux de juridiction : civile, pénale, administrative, constitutionnelle, européenne. Ce qui m’a frappée, c’est la cohérence d’ensemble. On pourrait croire à une accumulation de litiges disparates. Bien au contraire, les contentieux se nourrissent les uns des autres et convergent vers le même objectif : abattre un modèle agricole productif, non pas dans l’arène politique, mais devant les tribunaux.

La suite est à lire ici.

mercredi 13 mai 2026

Ÿnsect : autopsie d’un fiasco industriel

« Ÿnsect : autopsie d’un fiasco industriel » est un article de Gil Rivière-Wekstein paru sur son blog Agriculture et Environnement.
Extraits

La liquidation judiciaire d’Ÿnsect, prononcée le 1er décembre 2025 par le tribunal de commerce d’Évry laisse une usine vide et 43 chômeurs, alors que plus de 600 millions d’euros avaient été levés, dont 148 millions d’argent public. Retour sur l’un des symboles d’une décennie d’égarement politique.

L’État a endossé et financé ce projet, qui relevait bel et bien d’une sorte de fantasme collectif. 

Loin d’être une mésaventure isolée, cette affaire témoigne de l’égarement politique et industriel français des années Macron.

Dans le même temps, le président Macron voyait en Ÿnsect un « champion de demain », tandis que le ministre de l’Économie de l’époque, Bruno Le Maire, notait, il y a à peine trois ans : « Je pense par exemple à Ÿnsect ou Innovafeed, qui inventent la filière agroalimentaire de demain. »

A lire dans le détail car ce fiasco financier mais aussi écologique est une illustration parmi d'autres de l'illusion de la trop fameuse et vaseuse transition écologiste.

MàJ du 16 juin 2026. J’apprends la liquidation de Swap Food : le mirage du « faux poulet » à 20 euros le kilo.

La start-up française Swap Food (ex-Umiami), fleuron des substituts végétaux, a été judiciairement liquidée le 11 juin et va cesser son activité. Malgré une levée de fonds massive de 100 millions d'euros, l'entreprise n'a pas su pérenniser son modèle économique. Sa technologie de pointe, visant à imiter la fibre de chair de poulet à partir de soja et de levures, illustre les limites desnproduits ultra-transformés à haut coût de production, avec un positionnement « premium » affiché à 20 euros le kg.

mercredi 22 avril 2026

L'enquête sur la nomination d’Anne Le Strat à l’Office Français de la Biodiversité est classée sans suite !

Après l’article, « Office Français de la Biodiversité : une nomination qui ne passe pas ! », voici qu’après la « Nomination d’Anne Le Strat à l’OFB : circulez, il n’y a rien à voir », source Le blog-notes d’Olivier Masbou.

La nomination, en janvier dernier, d’Anne Le Strat, ancienne adjointe au maire de Paris, et ancienne membre du bureau exécutif du parti Les Ecologistes, au poste de directrice générale déléguée de l’OFB avait fait grand bruit. Surtout dans le monde agricole dont les interrogations avaient été relayées par des parlementaires.

A tel point que le Premier ministre avait décidé de lancer une enquête administrative sur les conditions de cette nomination. Et bien cette enquête est « classée » a indiqué, le 17 avril, la ministre de la transition écologique, Monique Barbut.

« Les conclusions administratives nous disent que le dossier a été fait dans les règles. Donc voilà, dont acte : terminé, classé », a déclaré la ministre.

On aimerait bien les lire ces « conclusions administratives » de cette affaire classée sans suite ! On saura s’en souvenir …

Selon Gil Rivière-Wekstein, Mais la vraie question n’est pas procédurale : une ex-membre du bureau politique d’EELV est-elle le bon profil pour «mobiliser la société» sur la biodiversité sans crisper les agriculteurs ? Je reste (très) dubitatif.

samedi 31 janvier 2026

Office Français de la Biodiversité : une nomination qui ne passe pas !

Office Français de la Biodiversité : une nomination qui ne passe pas », est un article d'Olivier Masbou paru le 29 janvier 2026 dans son blog-notes.

« Ancienne adjointe (EELV) à la Mairie de Paris (2008-2014), militante et membre du parti Les Ecologistes (elle a été notamment membre du bureau exécutif du parti de 2024 à 2025, c’est pas vieux !), Anne Le Start est nommée Directrice générale déléguée de l’OFB en charge de la “mobilisation de la société » ! 
La nomination de cette militante de l’écologie radicale, proche et soutien de mouvements comme les « Soulèvements de la Terre » et « Extinction Rebellion » passe mal dans les milieux agricoles, de la chasse, de la ruralité. 
Et chez certains élus : « Opposée à toute logique productive. Engagée dans les combats les plus hostiles au monde agricole. Elle se retrouve soudain propulsée aux commandes d’un organisme censé travailler en toute neutralité avec… ceux qu’elle a toujours ciblés ! »  a ainsi déclaré le sénateur Laurent Duplomb. 
Qui a eu l’idée de cette nomination : le DG de l’OFB, les ministres de tutelles (Ecologie et Agriculture) ? Même si la nomination ressort du seul DG, la ministre de l’Agriculture, en tant que co-tutelle, à son mot à dire. Si Annie Genevard n’intervient pas, c’est qu’elle soutient et valide cette étrange nomination. 
A la veille du Salon de l’agriculture (qui s’annonce déjà très compliqué), et de la présentation de la loi d’urgence agricole qui voit les ONG environnementales vent debout (lire ci-dessous), cette nomination interroge sur la sincérité des projets du Gouvernement !

Màj du 13 mars 2026. On lira dans Agriculture & Environnement, OFB : tollé après une nomination déplacée.

Màj du 8 avril 2026. On lira dans Agriculture & Environnement, OFB : le vert est dans le fruit ou comment l'écologie politique (les escrologistes) influence la politique agricole ...

En retraçant la genèse de l’OFB, notre enquête dévoile comment la mouvance écologiste a pu imprégner les politiques publiques de son idéologie décroissante dans le domaine agricole.

mardi 19 décembre 2023

France : Démonstration de la nécessité des retenues d'eau et de la stupidité des écologistes

lundi 18 décembre 2023

L'Agriculture en France est le modèle le plus durable au monde !

Mille mercis à nos agriculteurs et à nos éleveurs !!!!

mercredi 29 novembre 2023

L'agribashing ou l'écoterrorisme au quotidien en France

Voilà le résultat de l'idéologie pseudo écologiste, de l'écoterrorisme à l'état pur : on peut y lire "assassins" et "paysans pollueurs crève", sans oublier les dégradations ... c'est incensé !

jeudi 23 novembre 2023

Agribashing en France, l'exemple avec les agents forestiers

mercredi 18 octobre 2023

Décryptage du dossier glyphosate pour Le Figaro par Gil Rivière-Wekstein : "Il n'y a pas de risque pour la santé et pour l'environnement"

samedi 7 octobre 2023

Des bactéries génétiquement modifiées décomposent des plastiques présents dans l'eau salée

«Des bactéries génétiquement modifiées décomposent des plastiques présents dans l'eau salée», source communiqué de North Carolina State University.

Des chercheurs ont génétiquement modifié un micro-organisme marin pour décomposer le plastique présent dans l’eau salée. Plus précisément, le micro-organisme modifié peut décomposer le polyéthylène téréphtalate (PET), un plastique utilisé dans tout, des bouteilles d’eau aux vêtements, et qui contribue de manière significative à la pollution microplastique des océans.

«C'est passionnant car nous devons lutter contre la pollution plastique dans les environnements marins», déclare Nathan Crook, auteur correspondant d'un article sur les travaux et professeur de génie chimique et biomoléculaire à la North Carolina State University.

«Une option consiste à retirer le plastique de l’eau et à le mettre dans une décharge, mais cela pose également des défis. Ce serait mieux si nous pouvions décomposer ces plastiques en produits réutilisables. Pour que cela fonctionne, vous avez besoin d’un moyen peu coûteux de décomposer le plastique. Notre travail ici constitue un grand pas dans cette direction.»

Pour relever ce défi, les chercheurs ont travaillé avec deux espèces de bactéries. La première bactérie, Vibrio natriegens, prospère dans l'eau salée et est remarquable, en partie, parce qu'elle se reproduit très rapidement. La deuxième bactérie, Ideonella sakaiensis, est remarquable car elle produit des enzymes qui lui permettent de décomposer le PET et de le manger.

Les chercheurs ont prélevé l'ADN de I. sakaiensis, responsable de la production des enzymes qui décomposent le plastique, et ont incorporé cette séquence génétique dans un plasmide. Les plasmides sont des séquences génétiques qui peuvent se répliquer dans une cellule, indépendamment du chromosome de la cellule. En d’autres termes, vous pouvez introduire un plasmide dans une cellule étrangère, et cette cellule exécutera les instructions contenues dans l’ADN du plasmide. Et c’est exactement ce que les chercheurs ont fait ici.

En introduisant le plasmide contenant les gènes de I. sakaiensis dans la bactérie V. natriegens, les chercheurs ont pu amener V. natriegens à produire les enzymes souhaitées à la surface de leurs cellules. Les chercheurs ont ensuite démontré que V. natriegens était capable de décomposer le PET dans un environnement d'eau salée à température ambiante.

«C'est scientifiquement passionnant car c'est la première fois que quelqu'un rapporte avoir réussi à amener V. natriegens à exprimer des enzymes étrangères à la surface de ses cellules», explique Crook.

«D'un point de vue pratique, il s'agit également du premier micri-organisme génétiquement modifié que nous connaissons capable de décomposer les microplastiques de PET dans l'eau salée», explique Tianyu Li, premier auteur de l'article et titulaire d'un doctorat. étudiant à NC State Univeristy. «C'est important, car il n'est pas économiquement réalisable d'éliminer les plastiques de l'océan et de rincer les sels à haute concentration avant de commencer tout processus lié à la décomposition du plastique.»

«Cependant, même s'il s'agit d'une première étape importante, il reste encore trois obstacles importants», explique Crook. «Premièrement, nous aimerions incorporer l'ADN de I. sakaiensis directement dans le génome de V. natriegens, ce qui ferait de la production d'enzymes dégradant le plastique une caractéristique plus stable des organismes modifiés. Deuxièmement, nous devons modifier davantage V. natriegens afin qu'il soit capable de se nourrir des sous-produits qu'il produit lors de la décomposition du PET. Enfin, nous devons modifier V. natriegens pour produire un produit final souhaitable à partir du PET, comme une molécule qui constitue une matière première utile pour l'industrie chimique.

«Honnêtement, ce troisième défi est le plus simple des trois», déclare Crook. «La décomposition du PET dans l'eau salée a été la partie la plus difficile.»

«Nous sommes également disposés à discuter avec des groupes industriels pour en savoir plus sur les molécules qui seraient les plus souhaitables pour que nous puissions les produire avec V. natriegens», a dit Crook. «Étant donné la gamme de molécules que nous pouvons inciter les bactéries à produire et l’échelle de production potentiellement vaste, pour quelles molécules l’industrie pourrait-elle constituer un marché ?

L’article original qui s’intitule «Breakdown of PET microplastics under saltwater conditions using engineered Vibrio natriegens» a été publié dans AIChE Journal.

Crédit photo Naja Bertolt Jensen.

NB : Merci à André Heitz d’avoir fourni l’information sur son blog avec cet article, Des bactéries génétiquement modifiées pour lutter contre la pollution des océans en décomposant les plastiques dans l'eau salée.

mercredi 20 septembre 2023

Les fermes usines en France, ça n'existe pas !

mardi 19 septembre 2023

Des bactéries psychrotrophes dotées de caractéristiques de virulence et de colonisation peuplent l'environnement de fabrication de crème glacée

Les microbes associés aux installations de transformation des aliments peuvent contaminer les produits alimentaires. Valentino et coll. montrent dans Applied and Environmental Microbiology que certains taxons psychrotrophes vivant en surface peuvent être transférés et enrichis dans les produits de crème glacée. La présence dans ces bactéries de gènes codant pour les adhésines de surface et la résistance aux antimicrobiens met en évidence la nécessité de stratégies de nettoyage-désinfection réduisant la transmission des microbes adaptés au froid.

Résumé

Plusieurs taxons microbiens ont été associés aux installations de transformation des aliments, et ils pourraient résister en se fixant sur des outils et des équipements même après des procédures de nettoyageèdésinfection, produisant ainsi des biofilms qui adhèrent aux surfaces et pourraient intégrer d'autres micro-organismes, notamment des micro-organismes d’altération et des pathogènes. Il est de plus en plus évident que ces communautés peuvent être transférées au produit fini. Pour explorer les voies de contamination microbienne dans une installation produisant des glaces, nous avons collecté des aliments et des écouvillons environnementaux sur des surfaces industrielles d'équipements et d'outils et effectué des analyses taxonomiques et fonctionnelles de l'ADN microbien extrait des échantillons environnementaux.

Nos résultats suggèrent que des communautés complexes dominées par des bactéries psychrotrophes (par exemple Pseudomonas et Acinetobacter spp.) habitent l'environnement de transformation des aliments, et nous démontrons que ces communautés pourraient être transférées des surfaces aux produits.

L'analyse fonctionnelle réalisée sur des échantillons environnementaux a mis en évidence la présence de plusieurs gènes liés à la résistance aux antimicrobiens et à l'adhérence sur les surfaces abiotiques ; ces gènes étaient plus abondants sur les surfaces en contact des aliments que sur d’autres surfaces.

Les génomes assemblés par métagénome (MAG) de Pseudomonas stutzeri ont montré des gènes liés à la formation et à la motilité du biofilm, qui sont sûrement liés aux capacités de colonisation dans les chaînes de transformation.

L’étude met en évidence les avantages potentiels évidents de l’application de la cartographie du microbiome dans l’industrie alimentaire pour le suivi des sources de contamination microbienne et pour la planification de stratégies appropriées de nettoyage-désinfection ad hoc.

Importance

Plusieurs espèces microbiennes peuvent s'établir de façon permanente dans les installations de transformation des aliments, contribuant ainsi aux pertes alimentaires. En fait, les surfaces en contact avec les aliments peuvent transférer des micro-organismes vers des intermédiaires et des produits, ce qui représente potentiellement un danger pour la santé humaine. Dans ce travail, nous apportons la preuve de l’existence de communautés microbiennes complexes surmontant le nettoyage-désinfection dans une installation de production de crème glacée. Ces communautés hébergeaient plusieurs gènes susceptibles de conduire à l’attachement aux surfaces et à la résistance aux antimicrobiens. En outre, la prévision des voies de contamination a montré que plusieurs taxons potentiels de d’altération pourraient se retrouver dans le produit fini. Surtout, dans ce travail, nous montrons que la cartographie du microbiome environnemental est une technique à haute résolution qui pourrait aider les exploitants du secteur alimentaire à garantir la qualité et la sécurité des aliments grâce à la détection de micro-organismes potentiellement dangereux.

samedi 26 août 2023

Quand ce qui est 'bon pour l'environnement' est 'mauvais pour vous'. A propos des ustensiles en carton et en bois. PFAS inside ?

Ce que rappelle ce tweet très explicite ci-dessous, c’est ce qu’a rapporté un député à l’Assemblée Nationale le 6 octobre 2022, «Nos concitoyens ne savent par exemple pas qu'une assiette en carton ou des couverts en bois sont recouverts de PFAS.»

Mise à jour du 28 août 2023
La preuve avec ce rappel d'assiettes en carton en France ... 

mardi 15 août 2023

Rubrique, une fois passées les bornes, il n’y a plus de limites, aujourd'hui le cas de l'adjointe à la mairie de Paris chargée la santé publique

La maire-adjointe de Paris, chargée de la santé publique & environnementale, lutte contre les pollutions, réduction des risques est connue des lecteurs du blog avec des propos à l’emporte-pièce, elle qui avait déclaré, «Il n'y a aucun problème sanitaire à ce que des enfants soient au contact des rats.»

Ou bien, «Quand nos enfants se retrouvent nez à nez avec des rats, est-ce qu’il y a un risque sanitaire ? Honnêtement, non !»

La voici qui récidive ...

Ce que rapporte François Pignon est sourcé, il suffit de lire ses tweets ... 

lundi 14 août 2023

Peut-on encore faire la promotion du barbecue ?

Illustration par l'Anses d'une cuisson au barbecue avec le plein de conseils en sécurité des aliments, mais l'Anses sait-elle que cela peut être politiquement incorrect de faire la promotion du barbecue ? ...

On relira, «Est-ce vraiment le rôle de la Cour des comptes d'expliquer ce que les Français doivent mettre dans leurs assiettes ?»

dimanche 6 août 2023

France : Quand le goudron remplace le glyphosate

La mondialisation existe pour les aliments : Des poires d'Argentine conditionnées en Thaïlande ...

Si vous ne voyez pas bien, voici le concept, des poires produites en Argentine vers la Thaïlande, où elles sont conditionnées et vendues aux Etats-Unis ...


 

mercredi 2 août 2023

Principes d'un programme de surveillance environnementale pour la gestion de Listeria monocytogenes

Vu le nombre de rappels en France ayant pour origine la présence de Listeria monocytogenes, ce fascicule britannique de la Chilled Food Association, «Principles of an Environmental Monitoring Program for the Management of Listeria monocytogenes» (ou Principes d'un programme de surveillance environnementale pour la gestion de Listeria monocytogenes) devrait intéresser bon nombre d’entreprises alimentaires.

Ces lignes directrces définissent une gestion efficace de l'hygiène environnementale à l'aide de la surveillance et des actions préventives et correctives et expliquent comment interpréter ces données et les relier à d'autres résultats provenant des matières premières, des composants et du produit. Cela donne des détails indispensables pour soutenir les bonnes pratiques d'hygiène, en particulier pour les PME et pour l'application non seulement par les autorités compétentes mais aussi commercialement, par les opérateurs du secteur alimentaire qui achètent des ingrédients prêts à consommer auprès de fournisseurs et pour les clients du produit fini en distribution.

lundi 31 juillet 2023

La crainte d’Europe Écologie Les Verts

Je reproduits ci-après l’éditorial de la revue Paysans & société mai et juin 2023 (N° 399) de Pierre Pagesse, «La crainte d’Europe Écologie Les Verts».

L’obstination dogmatique des dirigeants Verts allemands les a conduits à décider la suppression des trois dernières centrales nucléaires présentes sur leur territoire. Cette décision prend sa source chez Greenpeace qui milite dans le monde contre l’atome. Cette organisation est très implantée outre-Rhin : l’ancienne patronne de Greenpeace International, Jennifer Morgan, intégrée au gouvernement, a désormais le titre d’Ambassadrice du climat. Le ministre allemand de l’Économie et du Climat, Robert Habeck (Grünen), rêve d’imposer son modèle à l’Europe et pourquoi pas au monde entier. Siemens, notre partenaire dans la centrale de Flamanville, s’est retiré du projet et s’est converti dans la production de turbines à gaz et d’éoliennes. Ces orientations vont à l’encontre des réductions des émissions de CO2, objectif pourtant affiché par le Giec, nécessaires à la transition énergétique.

La France, dont le budget de l’État ressemble au «tonneau des Danaïdes», saura-t-elle se redonner les moyens de réagir ? Notre pays, avec sa production électrique assurée à 70% par nos centrales nucléaires, est considéré comme vertueux. La totalité de ses émissions représente 0, 9% de celles de la planète. Si la France était à l’arrêt, nous effacerions un peu moins de six mois des augmentations de CO2 de la Chine et de l’Inde. L’influence des Verts est aussi européenne. Le numéro deux de la Commission Frans Timmermans, un Néerlandais, a pour chef de cabinet un ancien de Greenpeace…. Et ce n’est qu’une infime partie visible de l’iceberg. Dans ce contexte, pas de quoi s’étonner des fondements de la nouvelle Pac qui par ses nouvelles contraintes et sa limitation des ressources ne manquera pas, si elle est appliquée en l’état, de faire régresser la production au détriment de notre indépendance alimentaire.

Les violences des manifestations à Sainte-Soline dans les Deux-Sèvres procèdent de la même démarche. Personnellement cela me choque. Je voudrais saluer les efforts d’organisation des agriculteurs de ce secteur. Ils se sont constitués en coopérative et ont fait preuve d’une grande patience. Douze ans d’études et de démarches pour obtenir enfin une validation de leur projet, y compris par la Direction régionale de l’environnement, de l’aménagement et du logement et par le Bureau de recherches géologiques et minières. Au fil du temps, leur prélèvement d’eau a diminué de moitié, passant de 24 à 12 millions de m3, notamment en raison de la disparition d’un certain nombre d’agriculteurs irrigants. Pour les douze millions de m3 restants, le projet consiste à faire des réserves appelées « bassines » ou « méga-bassines » afin de stocker la moitié de l’eau nécessaire lorsque la hauteur de la nappe phréatique, mesurée par des piézomètres, le permet. Ceci est fait pour diminuer de moitié les pompages pendant la période estivale. Un projet vertueux s’il en est, très peu souvent présenté comme tel.

Membre du Comité de Bassin Loire Bretagne, j’ai expliqué une fois de plus la nécessité de faire des retenues supplémentaires pendant la période d’abondance dans nos cours d’eau afin de pouvoir satisfaire l’ensemble des usages y compris pendant les périodes critiques de faible pluviométrie. Ce serait beaucoup plus efficace que la sobriété mise en avant pour l’économie de notre pays.

L’accès à l’énergie et à l’eau à un coût raisonnable est indispensable aux activités de toute nature, y compris agricoles et industrielles. Seulement 4,7% de l’eau disponible dans nos rivières sont stockées, barrages EDF compris. C’est 20% en Espagne et 50% au Maroc. Ne vous étonnez pas si 40% de nos légumes viennent de ces régions-là, pourtant plus pauvres en ressources que notre beau pays.

À ce même Comité de Bassin, et pour la première fois de ma vie, un des participants présents appartenant à la fonction publique m’a indiqué en aparté qu’il ne partageait pas mes préconisations parce qu’il était favorable à la décroissance ! Un comble pour quelqu’un qui vit de nos impôts…

Cette décroissance ne manquera pas d’appauvrir notre pays et de provoquer la révolte de nos concitoyens. Nous en percevons les premiers signes. La Française, Valérie Masson-Delmotte, directrice de recherche au Commissariat énergie atomique et co-présidente de l’un des groupes du Giec, a soutenu publiquement le collectif «des Soulèvements de la terre», acteur principal des émeutes de Sainte-Soline, les mêmes zadistes de Sivens et de Notre-Dame-des-Landes.

Je voudrais réaffirmer qu’il y a un lien étroit entre le carbone du gaz carbonique de l’air et l’eau disponible dans le sol en ce qui concerne l’efficacité de la photosynthèse. Cette efficacité pourrait, à elle toute seule, neutraliser l’augmentation des émissions de CO2 à l’échelle de la planète. Cette augmentation représente aujourd’hui environ 9 gigatonnes par an (1 gigatonne = 1 milliard de tonnes) : cinq sont recyclées à travers les océans et les forêts, les quatre restantes pourraient être stockées dans nos sols par une simple évolution de nos pratiques culturales grâce à l’Agriculture de conservation des sols. Cette évolution doit, bien entendu, prendre en compte l’environnement agro-pédo-climatique de chacun de nos territoires. Ce fameux 4 pour 1000 de la COP 21, présidée par la France, pourrait nous permettre, à lui tout seul, d’atteindre a minima la stabilité carbone tant recherchée et les objectifs qui lui sont liés.

Oui l’agriculture, loin d’être un problème, fait partie des solutions. À condition de ne pas la conduire dans une impasse et de lui laisser jouer son rôle, y compris, bien sûr, alimentaire. Il est grand temps, comme l’a écrit Jean-Paul Oury dans Atlantico, que tous les grands courants politiques, et pas seulement les idéologues écologistes, s’occupent de politique scientifique pour réfléchir aux justes usages de la science et de la technologie, porteurs d’avenir. Lorsque l’idéologie veut, sous couvert de progressisme, ignorer les faits - la science, la technologie et les lois de la physique - ce sont toujours la technique et la physique qui l’emportent à la fin. Serons-nous dans le wagon ?