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dimanche 14 juin 2026

Bilan globalement positif de la culture de la sécurité des aliments, selon un rapport de l'UE

Nouveau rapport de la Commission européenne sur l'état des contrôles de la culture de la sécurité alimentaire dans l'UE

Un rapport récemment publié le 10 juin 2026 par la Commission européenne offre un aperçu des progrès réalisés en matière de contrôle de la culture de la sécurité sanitaire des aliments dans les États membres de l'UE. Cette évaluation fait suite à des exigences législatives relativement récentes visant à s'aligner sur les normes internationales en intégrant la culture de la sécurité sanitaire des aliments dans les activités des entreprises agroalimentaires.

Pour ceux qui souhaite connaître ce concept de culture de la sécurité alimentaire, voir ce règlement de l’UE du 3 mars 2021. A noter que ce règlement ne donne pas une définition de la culture de la sécurité des aliments mais il liste un certain nombre d’items.

Ce règlement fait état de la culture de la sécurité alimentaire au lieu de culture de la sécurité des aliments.

Dans le document de position de la Global Food Safety Initiative (GFSI), publié en 2018, la culture de la sécurité des aliments est ainsi définie, “Un ensemble de valeurs, croyances et normes communes qui ont une incidence sur l’état d’esprit et le comportement à l’égard de la sécurité des aliments au sein d’une organisation, à l’échelle de l’organisation et dans l’ensemble de celle-ci.”

Le rapport présente l’état de la mise en œuvre des modifications législatives de l’UE et constate que les contrôles officiels vérifient activement les aspects liés à la culture de la sécurité alimentaire dans environ deux tiers des États membres, principalement dans le cadre d’inspections et d’audits réguliers. Malgré ces progrès, des difficultés persistent, notamment pour évaluer objectivement les éléments culturels et maintenir des normes de contrôle uniformes dans l’ensemble du secteur agroalimentaire.

Face aux difficultés identifiées, plusieurs États membres ont lancé des initiatives nationales visant à aider les entreprises du secteur alimentaire à adopter une culture rigoureuse de la sécurité sanitaire des aliments et les contrôles officiels y afférents. Certaines de ces mesures novatrices sont présentées dans le rapport afin d'être susceptibles d'être reprises et développées par d'autres autorités.

Résumé

Ce rapport décrit les conclusions d'un projet de la Commission portant sur l'approche des États membres en matière de contrôles officiels relatifs à la “culture de la sécurité alimentaire (CSA)”.

Conformément aux normes internationales, les exigences de la CSA ont été introduites dans la législation de l'Union européenne en 2021. Ce concept relativement nouveau met en lumière l'importance des aspects culturels, tels que les valeurs, les mentalités et les comportements, pour garantir l'efficacité des systèmes de management de la sécurité sanitaire des aliments.

Certains États membres ont mis en place des initiatives visant à faciliter la mise en œuvre de la CSA par l'industrie agro-alimentaire. Sur la base des résultats des contrôles officiels et, dans une moindre mesure, des résultats des audits réalisés par des tierce parties, un petit nombre d'autorités compétentes ont évalué la mise en œuvre des exigences de la CSA au niveau des établissements. Les résultats (limités) suggèrent un niveau global de mise en œuvre des exigences de la CSA globalement meilleur dans les grandes et moyennes entreprises, ce qui pourrait être lié aux audits réalisés par des tierce parties portant sur la CSA. Des contrôles officiels de la CSA sont en place dans environ deux tiers des États membres, au moins dans certains secteurs alimentaires, ciblant spécifiquement les exigences de la CSA de la législation ou étant intégrés aux contrôles (déjà existants) des systèmes de management de la sécurité sanitaire des aliments des exploitants alimentaires. Les contrôles de la CSA sont généralement effectués dans le cadre d'inspections et/ou d'audits réguliers de portée plus large. Un petit nombre d'autorités compétentes ont signalé avoir constaté des non-conformités aux exigences de la CSA et avoir pris des mesures coercitives liées à ces non-conformités.

La plupart des États membres rencontrent des difficultés dans la mise en œuvre des contrôles officiels de la CSA. Outre les aspects communs à d'autres domaines de contrôle, tels que les ressources, les difficultés découlent principalement de la relative nouveauté des exigences de la CSA, en particulier la dimension “culturelle” et la manière de la contrôler efficacement et objectivement, en garantissant la cohérence de ces contrôles dans l'ensemble de la filière alimentaire. Face à des ressources limitées de contrôle et à un retour sur investissement incertain pour les contrôles spécifiques de la CSA, certains États membres ne les mettent pas en œuvre et ne sont pas favorables à des investissements supplémentaires dans leur développement.

Environ la moitié des États membres ont entrepris ou continuent d'entreprendre des efforts pour trouver des solutions aux défis identifiés. Certaines des approches qu'ils ont adoptées ainsi que les résultats de leurs travaux sont mis à disposition pour une éventuelle reprise et un développement ultérieur par d'autres autorités compétentes.

Commentaire

Un résumé peut cacher bien des choses et vous lirez avec intérêt ce qui est rapporté dans le détail du rapport.

L’Irlande a publié en 2025 un guide sur la culture de la sécurité des aliments, ici.

Parmi les initiatives innovantes sur la CSA parmi les États membres, la France est citée (cocorico) ; en effet, l’autorité compétente a contribué financièrement et techniquement aux travaux de l’Afnor pour l’élaboration d’un guide définissant les spécifications requises pour se conformer aux exigences de la CSA.

Un guide de la CSA (décembre 2025) intitulé curieusement, Guide à l’usage des dirigeants pour la mise en oeuvre d’une culture positive de la sécurité des alimentsest disponible en consultation gratuite, mais il est possible de l’obtenir gratuitement, par exemple, ici.

Une question quand je lis l’intitulé de ce guide, pourquoi une culture positive ? Veut-on faire en sorte que les salariés du secteur alimentaire soient heureux dans leur travail ? Pas simple du tout ! À suivre ...

mardi 24 mars 2026

Mise en œuvre en France des contrôles zoosanitaires relatifs à l’influenza aviaire selon un rapport d'audit. Peut mieux faire ...

Vient de paraître un rapport d’un audit de l'UE concernant la France effectué du 3 au 18 juin 2025 afin d’évaluer la mise en œuvre des contrôles zoosanitaires relatifs à l’influenza aviaire.

Le présent rapport décrit les résultats d’un audit effectué en France, du 3 au 18 juin 2025, dans le cadre du programme de travail de la direction générale de la santé et de la sécurité alimentaire.

L’objectif de cet audit était d’évaluer l’application des mesures prises par l’Union européenne pour la prévention de l’influenza aviaire hautement pathogène (IAHP) et la lutte contre cette maladie au cours des saisons 2022/2023, 2023/2024 et 2024/2025, y compris des campagnes de vaccination, et d’assurer le suivi d’un ensemble de lacunes constatées lors du précédent audit de la Commission en 2022 [DG(SANTE) 2022/7496)].

L’audit a révélé que la France avait considérablement amélioré sa préparation et sa réaction à l’IAHP. L’introduction de la vaccination préventive des canards, une première au niveau de l’UE, a été bien structurée, largement mise en œuvre et efficacement surveillée, contribuant ainsi à une forte réduction des foyers. Le système de contrôle bénéficie d’une bonne coordination entre les niveaux central et local, d’une planification structurée des mesures d’urgence et d’un cadre juridique et opérationnel clair. Les changements organisationnels récents, l’amélioration des systèmes de données et l’augmentation des effectifs ont renforcé la capacité de la France à gérer les risques d’IAHP.

La détection précoce et la réaction à l’apparition de la maladie sont rapides et solides, soutenues par des capacités de laboratoire fiables. Les contrôles officiels relatifs aux mesures de gestion des foyers sont cohérents et rapides, avec des preuves de la mise en œuvre rapide des restrictions de mouvement, du dépeuplement et des procédures de désinfection. La surveillance des oiseaux sauvages est complète et bien ciblée.

Toutefois, certaines faiblesses subsistent. Tous les établissements avicoles ne font pas régulièrement l’objet d’inspections de biosécurité officielles en fonction des risques, et l’autorité compétente n’a pas accès aux résultats des contrôles privés. La surveillance passive renforcée dans les cheptels vaccinés n’est pas mise en œuvre conformément aux exigences de l’UE et les procédures visant à vérifier son application correcte sont inefficaces. L’absence de délégation formelle aux éleveurs de tâches de surveillance constitue également une violation des dispositions légales.

NB : On lira aussi ce document du 22 mars 2026, La gestion des maladies animales sous une approche « Une seule santé/One Health ». Le cas de l’influenza aviaire hautement pathogène (IAHP) en questions/réponses.

lundi 9 mars 2026

Contrôles de l’huile d’olive dans l’UE: des auditeurs pointent des lacunes

Les règles européennes définissent des exigences minimales concernant l’étiquetage, la vérification des catégories et les analyses sur la présence de pesticides. Cependant, les audditeurs ont constaté que certains contrôles de conformité sont incomplets et que des segments du marché sont parfois exclus des contrôles fondés sur les risques. Ces lacunes pourraient nuire à la qualité du produit et, en définitive, saper la confiance des consommateurs.

Les contrôles visant à détecter la présence de résidus de pesticides dans l’huile d’olive européenne sont bien établis et aboutissent rarement à la détection de manquements. Ceux concernant d’autres contaminants sont en revanche incohérents et l’approche fondée sur les risques n’est pas toujours documentée. Bien que l’UE importe l’équivalent d’environ 9 % de sa production annuelle d’huile d’olive, les auditeurs ont constaté, dans les États membres qu’ils ont visités, que les contrôles sur la présence de pesticides et d’autres contaminants dans ces importations étaient soit inexistants soit sporadiques.

Les Vingt-Sept surveillent la traçabilité à des degrés divers lors de leurs contrôles de la sécurité et de la conformité des denrées alimentaires. Afin de renforcer la transparence et d’éviter les fraudes, des pays tels que l’Espagne et l’Italie utilisent des registres électroniques pour remonter jusqu’à l’origine des olives et de l’huile à tous les stades de la chaîne d’approvisionnement.

Cela étant, il s’avère difficile de suivre l’huile d’olive au-delà des frontières nationales, notamment lorsqu’elle provient de plusieurs pays européens ou qu’elle est obtenue par assemblage d’huiles originaires de l’Union et de pays tiers. En outre, aucune règle ou orientation n’indique précisément comment ou quand il faut contrôler la traçabilité. Enfin, certaines exigences légales – concernant, par exemple, l’assemblage d’huiles de différentes catégories ou années de récolte – manquent de clarté. Résultat: les pratiques varient d’un pays à l’autre, et la qualité des produits risque de s’en ressentir au fil du temps.

La Commission européenne ne connaît que partiellement le fonctionnement des systèmes de contrôle nationaux. Sa capacité à les surveiller efficacement est limitée, car les rapports annuels et les réunions avec les autorités nationales ne suffisent pas à partager toutes les informations pertinentes.

Source


NB : Les articles du blog sur l'huile d'olive sont ici.

vendredi 22 décembre 2023

Une investigation révèle qu'un manipulateur d'aliments infecté est à l'origine d'une épidémie à E. coli dans une école

Analyser les aliments comme d’hab est utile, voire très utile, mais parfois, l’origine d’une intoxication alimentaire n’est pas là où l’on pense, car voici qu’«Une investigation révèle qu'un manipulateur d'aliments infecté est à l'origine d'une épidémie à E. coli dans une école», source article de Coral Beach paru le 22 décembre 2023 dans Food Safety News.

Un manipulateur d'aliments infecté a été identifié comme la source la plus probable d'une épidémie à E. coli dans un lycée de l'Illinois qui a vu 16 élèves tombés malades et deux hospitalisés.

Une rupture du protocole de lavage des mains était la cause la plus probable de ces maladies, selon un rapport de 152 pages du McHenry County Department of Health (MCDH). Un manipulateur d'aliments infecté a été identifié par des analyses en laboratoire à partir d'échantillons de selles.

L’épidémie à la Huntley High School (HHS) s’est produite en septembre de cette année. Le département de la santé du comté a publié son rapport final cette semaine. Le directeur du district scolaire a communiqué le rapport du département de la santé.

«Il s’agit d’une situation malheureuse qui a entraîné des conséquences involontaires. Le bien-être de nos étudiants et de notre personnel est notre priorité absolue. Nous continuerons à collaborer avec le MCDH pour faire tout notre possible pour garantir la santé et la sécurité des aliments, y compris en renforçant les pratiques sûres de manipulation des aliments et de nettoyage-désinfection de nos cafétérias et en ajoutant des niveaux de surveillance supplémentaires en tant que mesures proactives dans toutes les cafétérias scolaires de Huntley», indique le communiqué du district.

Au total, 1 526 élèves ou membres du personnel de l'école secondaire Huntley ont été interrogés, soit par le personnel chargé des maladies transmissibles, soit via des questionnaires d'enquête sur les épidémies. Seize cas ont été identifiés. Quinze patients sur 16 ont mangé à la cafétéria le même jour.

Le département de santé du comté a clairement conclu qu'un manipulateur d'aliments du lycée était responsable de l'épidémie.

«Le mode de transmission le plus probable des STEC (E. coli producteurs de shigatoxines) dans la cafétéria de la HHS était par l’intermédiaire d’un manipulateur d’aliments infecté. Au moment de l'investigation, un manipulateur d'aliments du HHS qui travaillait à la fois à la station de sandwichs froids, fournissant des garnitures, laitue et fromage dans les sandwichs, et à la station cookies, a été confirmé par (tests en laboratoire) qu'il excrétait des STEC par intermittence, Stx2», selon le rapport du département de la Santé, qui ajoute que l’épidémie était probablement plus importante que celle documentée.

«… Étant donné que la plupart des infections sont spontanément résolutives, la plupart des individus ne recherchent pas de soins de santé et ne sont pas testés. Puisqu'il a été documenté que des STEC peuvent être excrétées pendant une période allant jusqu'à 62 jours, il est probable que la personne qui manipulait les aliments était auparavant légèrement malade et n'a pas associé cette maladie à cette enquête sur l'épidémie. Étant donné que l’excrétion du pathogène diminue avec le temps, il n’est pas surprenant qu’une culture ne puisse pas être réalisée.»

L'enquête du comté a révélé que sur les 15 patients atteints par l’épidémie qui ont mangé à la cafétéria, tous ont mangé un sandwich du poste de sandwichs froids et tous les cas pour lesquels des informations étaient disponibles sur la laitue ont mangé de la laitue dans leur sandwich.

Les responsables du comté ont informé le département de la Santé de l'Illinois, la Food and Drug Administration et le Centers for Disease Control and Prevention lorsque l'épidémie a été déclarée. Les responsables de l’État et du gouvernement fédéral pensaient que l’épidémie dans les écoles pourrait faire partie d’une épidémie plus importante dans plusieurs États.

«L'épidémie à STEC au HHS était liée à une épidémie dans plusieurs États par WGS (séquençage du génome entier)», selon le rapport du comté.

«Cependant, cela n’implique pas que la source de l’épidémie dans plusieurs États, qui n’est pas identifiée à ce jour, soit la même que celle de l’épidémie au HHS. L’épidémie dans plusieurs États et l’épidémie au HHS partagent probablement une source commune, un étudiant ou un membre du personnel du HHS tombant malade de STEC après avoir été exposé à la source de l’épidémie dans plusieurs États dans un lieu externe. Une fois introduits dans le HHS, les STEC se transmettaient principalement via la cafétéria du HHS.

Le rapport du comté indique que la cuisine du lycée, en ce qui concerne les mesures de sécurité des aliments, est en relativement bon état. Même si certaines infractions, comme un lave-vaisselle défectueux, ont été constatées, ces problèmes ont été résolus.

«La cafétéria de la cuisine du HHS est bien organisée, avec des responsabilités désignées en matière de manipulation des aliments, et il existe une culture claire du lavage des mains parmi les manipulateurs d'aliments. Malheureusement, même une panne occasionnelle dans les procédures ou techniques de lavage des mains peut entraîner la transmission de maladies», indique le rapport du comté.

«Lors des observations des procédures de manipulation des aliments au HHS, deux manipulateurs d'aliments n'ont pas réussi à utiliser fermer correctement les robinets de l’évier. Cela confirme que même dans une cuisine dotée d'un personnel formé et où le lavage des mains est encouragé, une panne technique peut survenir, principalement lorsque le personnel est extrêmement occupé et distrait par plusieurs tâches.

«Dans cette épidémie, le scénario le plus probable est que la personne infectée manipulant des aliments n'a pas réussi à se laver les mains correctement, ou suffisamment soigneusement, ou assez fréquemment, ce qui a entraîné une contamination des surfaces (plateaux, ustensiles, emballages alimentaires, etc.) ou des aliments à la station des sandwichs froids et à la station cookies... Sans autre étape de cuisson après la contamination, l’agent pathogène est resté viable, entraînant une maladie après consommation. STEC peut être présent jusqu’à 16 mois sur des surfaces sans désinfection appropriée.»

NB : Il ne semble pas possible depuis la France de télécharger le rapport du McHenry County Department of Health.

mercredi 13 décembre 2023

Les cas à Listeria ont atteint un niveau record en Europe en 2022

Il est toujours bon d’avoir un autre éclairage sur ce rapport, et de plus, par certains égards, il est bien plus complet que mon article initial.

Ainsi Joe Whitworth de Food Safety News a publié un article paru le 13 décembre 2023, «Les cas à Listeria ont atteint un niveau record en Europe en 2022».

Les infections à Listeria ont atteint des niveaux records en Europe tandis que les cas à Salmonella et à E. coli ont également augmenté en 2022, selon les derniers chiffres.

Les données proviennent du rapport 2022 One Health Zoonoses de l’Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA) et du Centre européen de prévention et de contrôle des maladies (ECDC).

La plupart des décès étaient associés à la listériose avec 286, dont 81 liés à la salmonellose.

Les cas déclarés de campylobactériose, la maladie zoonotique la plus fréquente, sont restés stables en 2022 par rapport à l'année précédente, avec 137 107 cas. Il y a eu plus de 10 500 hospitalisations et 34 décès. La viande de poulet était la source d'infection la plus courante.

Les taux de notification par pays les plus élevés ont été enregistrés au Luxembourg, en République tchèque, en Slovaquie et au Danemark. Les taux les plus faibles ont été enregistrés en Pologne, en Bulgarie, en Roumanie et en Grèce. L'Allemagne a enregistré le plus grand nombre de cas, avec près de 43 500.

Vingt-quatre États membres et l'Irlande du Nord ont soumis des données sur le critère d'hygiène des procédés pour Campylobacter défini dans la réglementation de l'UE. Seize pays et l'Irlande du Nord ont signalé 7 905 résultats de tests issus des contrôles officiels, avec 19,4% qui sont supérieurs à 1 000 UFC/g. Vingt pays ont signalé 58 372 résultats de surveillance des entreprises, dont 17,5% dépassaient 1 000 UFC/g. Une douzaine de pays ont partagé les résultats de leurs prélèvements, montrant que le nombre dépassant la limite était nettement plus élevé dans les échantillons officiels, avec 22,1%, que dans les autocontrôles qui étaient à 9%.

Statistiques sur Salmonella
La salmonellose était la deuxième maladie la plus courante, avec 65 208 cas, contre 60 169 en 2021. Les principaux sérotypes acquis dans l'UE étaient Salmonella Enteritidis, Typhimurium, Salmonella Typhimurium monophasique, Infantis, Newport et Derby.

Les taux de notification les plus élevés ont été enregistrés en République tchèque et en Slovaquie, tandis que la Bulgarie, la Grèce, l'Italie, la Lettonie, le Portugal et la Roumanie ont enregistré les taux les plus faibles. La France compte le plus grand nombre de cas, avec 11 162.

Sur les 4 135 cas associés à des voyages pour lesquels des informations sur le pays probable d'infection ont été enregistrés, la Turquie, l'Égypte, le Maroc et la Thaïlande étaient les destinations en dehors de l'UE les plus fréquemment signalées. Les principaux pays d'infection pour les cas associés aux voyages en Europe étaient l'Espagne et l'Italie.

«Le nombre de cas humains signalés pour les deux maladies d’origine alimentaire les plus courantes reste inférieur à celui d’avant la pandémie. Cependant, étant donné l'impact de ces infections sur la santé humaine, une vigilance accrue et des efforts supplémentaires pour réduire le nombre de cas sont nécessaires», a déclaré Ole Heuer, chef de la section des maladies à tendance épidémique à l'ECDC.

La yersiniose arrive en troisième position avec près de 8 000 cas. Il s’agit du plus grand nombre d’infections au cours des 10 dernières années.

Données sur E. coli et Listeria
Viennent ensuite E. coli producteurs de shigatoxines (STEC) avec plus de 7 100 cas et Listeria monocytogenes avec 2 738.

Les STEC ont provoqué 1 130 hospitalisations et 28 décès dus à des infections, contre 6 406 en 2021.

Les taux de notification les plus élevés étaient en Irlande, à Malte, en Suède et au Danemark, tandis que les plus faibles étaient au Portugal, en Slovaquie et en Pologne. La Bulgarie, Chypre et la Lituanie n'ont enregistré aucun cas d’infection en 2022. L'Allemagne a enregistré le plus grand nombre de cas, avec 1 873.

Sur la base des informations provenant de 3 374 cas, les principaux sérogroupes étaient O157, O26, O103 et O146.

L'Espagne, la Grèce, l'Italie et la Croatie étaient les pays d'Europe les plus susceptibles d'être infectés. Pour les pays non membres de l'UE, la Turquie était le principal pays d'infection, suivie par l'Égypte et le Maroc.

Au total, 562 cas de syndrome hémolytique et urémique (SHU) ont été signalés, touchant principalement des enfants âgés de moins de 4 ans, et 20 d'entre eux sont décédés. Les principaux sérogroupes étaient O26, O157, O80 et O145.

Les infections à Listeria ont provoqué 1 330 hospitalisations et les cas (2 738 cas) ont augmenté par rapport aux 2 365 cas de 2021. Il s’agit du nombre le plus élevé signalé depuis le début de la surveillance au niveau de l’UE en 2007.

Le Danemark, la Finlande, la Suède, l'Espagne, la Slovénie et la Belgique affichaient les taux de notification les plus élevés. La Bulgarie, la Croatie, Chypre, la Grèce, Malte et la Roumanie ont enregistré les taux les plus bas. L'Allemagne compte le plus grand nombre de patients, avec 548.

La République tchèque a enregistré 48 cas en 2022 contre 24 en 2021, et la Slovaquie est passée de 13 à 25. En Italie, les cas ont augmenté de 115 ; en Espagne, ils ont augmenté de 82. Douze infections associées aux voyages ont été signalées en dehors de l'UE, notamment au Royaume-Uni, aux États-Unis et en Afrique du Sud.

Les décès ont augmenté de 100 contre 186 en 2021. La France a enregistré le plus grand nombre de cas mortels avec 73, suivie par l’Espagne avec 67 cas, Allemagne, 33 cas et la Pologne, 22 cas.

Les cas de Brucella sont passés de 162 à 198, mais les infections à Trichinella ont chuté de 77 à 41.

Vendredi 15 décembre 2023, le blog fera paraître le Top 10 de l’année 2023 de la sécurité des aliments en France. Il s’gait d’une mise en perspective de quelques faits saillants, mais aussi avec des absents …

mardi 12 décembre 2023

Les foyers de toxi-infection alimentaire signalés dans l'UE ont augmenté de 44%, la campylobactériose et la salmonellose restent inférieures aux niveaux d'avant la pandémie, selon le rapport 2022 de l’EFSA-ECDC sur les zoonoses

«La campylobactériose et la salmonellose restent inférieures aux niveaux d'avant la pandémie - Les infections au virus du Nil occidental en hausse», source EFSA du 12 décembre 2023.

La campylobactériose et la salmonellose ont été les maladies zoonotiques les plus fréquemment signalées chez l'homme dans l'UE en 2022. Toutefois, le nombre de cas est resté inférieur à celui des années prépandémiques 2018-2019.

Pour le virus du Nil occidental, une augmentation du nombre d'infections a été observée. Ces informations, ainsi que d'autres informations sur les zoonoses, ont été publiées aujourd'hui par l'EFSA et l'ECDC dans le dernier rapport annuel de l’UE sur les zoonoses.

Le nombre de cas signalés de campylobactériose, la maladie zoonotique la plus fréquemment signalée, est resté stable en 2022 par rapport à l'année précédente, avec 137 107 cas. La viande de poulet est la source la plus fréquente des infections.

La salmonellose est la deuxième zoonose la plus signalée, avec 65 208 cas en 2022, contre 60 169 en 2021. Cependant, dix-neuf États membres et le Royaume-Uni (Irlande du Nord) ont atteint tous les objectifs fixés pour la réduction de la salmonellose dans les populations de volailles. Il s'agit du résultat le plus élevé depuis 2018, l'année où 14 États membres avaient atteint tous les objectifs – une étape importante dans les efforts collectifs pour lutter contre les maladies zoonotiques et protéger la santé publique.

«Le nombre de cas humains signalés pour les deux maladies d'origine alimentaire les plus courantes reste inférieur à ce qu'il était avant la pandémie», a déclaré Ole Heuer, chef de la section ‘Maladies à potentiel épidémique’ à l'ECDC. «Toutefois, compte tenu de l'impact de ces infections sur la santé humaine, il convient de rester vigilant et de redoubler d'efforts pour continuer à réduire le nombre de cas.»

Augmentation des infections par le virus West Nile
L'année 2022 est la deuxième année présentant le nombre de cas le plus élevé d'infections par le virus du Nil occidental jamais enregistré dans l'UE (1 133 cas) ; 2018 étant l'année où le nombre de cas était le plus élevé jusqu'à présent (1 612 cas). Ces chiffres sans précédent pourraient être dus à des conditions climatiques plus favorables à l'activité des moustiques.

«Le changement climatique accroît la recrudescence des maladies à transmission vectorielle. C’est pourquoi aujourd’hui, une approche «Une seule santé» (One Health) intégrant l’évaluation des risques à la fois pour l’homme et pour l’animal est la voie à suivre», a déclaré Frank Verdonk, chef de l’unité ‘Risques biologiques et santé et bien-être des animaux’ de l’EFSA.

En 2022, 431 oiseaux et 166 chevaux ont été testés positifs au virus du Nil occidental dans l'Union européenne, soit environ le double des chiffres de l'année précédente. Le virus a également étendu sa zone géographique, atteignant des régions jusque-là épargnées (sud-ouest de la France, nord de l'Allemagne et sud de l'Italie).

Le rapport publié ne se contente pas d'examiner les cas de maladie signalés de manière sporadique mais il se penche également sur les foyers de toxi-infection alimentaire, c'est-à-dire les cas où un minimum de deux personnes contractent la même maladie après avoir consommé le même aliment contaminé.

Le nombre de foyers de toxi-infection alimentaire signalés dans l'UE a augmenté de 44%, passant de 4 005 en 2021 à 5 763 en 2022, atteignant des niveaux similaires à ceux des années prépandémiques et provoquant le plus grand nombre de décès liés à des foyers de toxi-infection au cours de la dernière décennie (64). Les décès ont été principalement attribués à Listeria monocytogenes et ont été associés à une grande variété d'aliments, allant de la viande et des produits laitiers au poisson et aux légumes. L'utilisation plus fréquente du séquençage du génome entier est susceptible d'avoir amélioré la sensibilité de la surveillance, augmentant ainsi la capacité à détecter les foyers dans les États membres de l’UE.

Il y a aussi une Infographie qui rapporte dans quelle mesure vos aliments sont-ils sûrs ?
Sources et nombre d'épidémies d'origine alimentaire dans l'Union européenne en 2022.
Commentaire
On découvre les données 2022 sur la listeriose en France avec 451 cas (6,5 cas par million d’habitants), soit une augmentation significative, selon le rapport de l’EFSA-ECDC, alors que Santé publique France est restée à 2019 (6,2 cas par millions d’habitants), étonnant, non ?

Pour les STEC, en France, une tendance à la hausse significative (p < 0,05) a été observée sur la période 2018–2022 en France.

Pour les données relatives aux toxi-infections alimentaires collectives en France, Santé publique France rapporte en 2021, 1 309 toxi-infections alimentaires collectives (TIAC) ont été déclarées en France, affectant 11 056 personnes. Selon le rapport 2022 de l’EFSA-ECDC, la France a signalé en 2022, 1 861 foyers de TIAC, affectant 16 102 personnes.

Mise à jour du 18 décembre 2023
On lira l'article de Joe Whitworth paru le 18 décembre 2023 dans Food Safety News«Data shows outbreaks rose across Europe in 2022» (Les données montrent une hause des foyers de cas d'intoxication alimentaire en Europe en 2022.

lundi 13 novembre 2023

L''agence irlandaise des produits de la mer révèle des incidents et des contrôles critiques en 2022

«L'agence irlandaise des produits de la mer révèle des incidents et des contrôles critiques en 2022», source article de Food Safety News paru le 13 novembre 2023.

L’agence irlandaise responsable du contrôle des produits de la mer a révélé des maladies présumées dues aux coquillages et la détection d’agents pathogènes dans les produits dans son rapport annuel 2022.

La Sea-Fisheries Protection Authority (SFPA) est chargée de garantir la sécurité sanitaire des produits de la mer pour les consommateurs jusqu'à la vente au détail et de vérifier le commerce des produits de la mer.

L’année 2022 a été décrite comme une année difficile pour le secteur irlandais des produits de la mer, avec les répercussions continues du Brexit, les retombées de l’invasion russe de l’Ukraine, l’impact du COVID-19 sur les marchés d’exportation et les crises de l’énergie et du coût de la vie.

Les agents de protection des pêches maritimes (SFPOs) ont effectué 1 958 contrôles officiels de sécurité des aliments dans 2 323 locaux. Cela comprenait des inspections d'établissements agréés, des échantillonnages, des contrôles d'hygiène des navires et la certification d'un envoi de produits alimentaires exportés vers un autre pays. Au total, 1 249 échantillons ont été prélevés, la majorité étant des produits alimentaires.

Incidents liés à des cas de maladie

La SFPA a répondu à 74 incidents liés à des préoccupations concernant la sécurité ou la qualité des aliments qui nécessitaient une enquête en raison de risques pour la santé publique.

Vingt-trois incidents concernaient des cas de maladie présumées consécutives à la consommation de mollusques bivalves vivants, en particulier des huîtres. Six étaient dus à la détection de Listeria monocytogenes dans des produits de la mer, et cinq étaient suspectés comme étant la présence de norovirus dans des coquillages, sans aucun cas de maladie signalé.

La SFPA a traité 12 plaintes en 2022. Celles-ci allaient d'une plainte d’un client en raison de la présence de plusieurs arêtes dans une darne de saumon, d'un morceau de métal dans du saumon fumé et d'une autre concernant l'utilisation d'un produit biocide non autorisé par une entreprise.

L'application des règles en matière de sécurité saniatire des produits de la mer allait de mesures consultatives informelles à l'envoi d'avis de conformité et à l'ouverture de poursuites pénales en cas de non-conformité grave.

Deux poursuites pénales ont été engagées contre des entreprises alimentaires pour de non-conformités à la réglementation en matière d'hygiène, de contrôle de la température, de lutte antiparasitaire et de traçabilité. Seize avis de conformité ont été émis en 2022.

Le Brexit et un travail plus élargi

Le Brexit a conduit à des exigences accrues envers la SFPA. Les exportations de coquillages irlandais vers des destinations internationales en dehors de l'UE ont nécessité que la SFPA traite 3 670 certificats sanitaires pour 78 171 tonnes de produits. En outre, 688 certificats de capture ont été délivrés pour exporter 10 800 tonnes de produits de la mer irlandais vers des pays, dont le Royaume-Uni.

Un portail de signalement confidentiel a reçu 73 contacts avec un événement lié à la sécurité des aliments.

Le groupe d'experts de l'UE sur l'hygiène alimentaire et le contrôle des aliments d'origine animale s'est réuni trois fois en 2022 et a discuté de la fraude et du contrôle du thon, des opérateurs intermédiaires dans la chaîne d'approvisionnement des coquillages, de la super-réfrigération des produits de la pêche et des modifications de la réglementation de l'UE. Le groupe de travail de l'UE sur les mollusques bivalves vivants s'est réuni une fois et les sujets comprenaient la gestion de norovirus.

La SFPA participe à la protection de la durabilité de la pêche maritime et à la protection contre la pêche illégale.

En 2022, les SFPOs ont procédé à 1 903 inspections de navires de pêche, ce qui représente une augmentation de 41% par rapport à 2021. 87 dossiers ont été ouverts en raison de 161 non-conformités présumées dans le domaine de la pêche maritime. Ce chiffre représente à la fois les infractions en matière de sécurité des aliments et des produits de la mer.

Paschal Hayes, responsable de la SFPA, a dit : «2022 a été une année de changements importants au sein de la SFPA avec la nomination d'une nouvelle autorité et de nouveaux membres de la haute direction dans l'ensemble de l'organisation. La protection de la sécurité sanitaire des produits de la mer est essentielle à la réputation de l’offre irlandaise de produits de la mer, tant au pays qu’à l’étranger, et, en fin de compte, à la santé et au bien-être des consommateurs de produits de la mer irlandais.»

jeudi 9 novembre 2023

Les agences alimentaires britanniques soulignent le manque de personnel dans un rapport sur les normes alimentaires

«Cet article montre que, malgré toute la technologie et la réflexion basée sur les risques, vous avez toujours besoin de troupes sur le terrain», nous dit un tweet de Joe Whitworth de Food Safety News.

«Les agences alimentaires britanniques soulignent le manque de personnel dans un rapport sur les normes alimentaires», source article de Joe Whitworth paru le 9 novembre 2023 dans Food Safety News.

Les agences alimentaires du Royaume-Uni ont soulevé des préoccupations en matière de ressources dans un rapport sur les normes alimentaires.

La Food Standards Agency (FSA) et Food Standards Scotland (FSS) ont publié un rapport examinant les normes alimentaires à travers le Royaume-Uni. Ce rapport a examiné si elles s’étaient améliorées, ont diminué ou sont restées les mêmes en 2022 et il constitue la deuxième analyse de ce type depuis que le Royaume-Uni a quitté l’Union européenne.

Les normes alimentaires sont jugées stables en 2022, malgré les pressions liées à l’inflation, à la pénurie de main-d’œuvre et à la guerre en Ukraine. Cependant, il existe des lacunes dans les rôles nécessaires pour assurer la sécurité des aliments, comme les vétérinaires et les inspecteurs des aliments. Sans suffisamment de personnes possédant les compétences nécessaires pour effectuer des contrôles, il sera plus difficile d'identifier, de surveiller et de répondre aux risques liés à la sécurité alimentaire, laissant ainsi les consommateurs et les entreprises vulnérables, ont dit la FSA et la FSS.

En 2022, la FSA et la FSS ont conseillé aux ministres d'ajouter cinq types de produits à la liste existante des aliments à haut risque non d'origine animale (HRFNAO pour High-Risk Food Not of Animal Origin) et d'augmenter les contrôles sur 13 autres. Trois produits ont été retirés de la liste et les contrôles ont été réduits sur cinq produits.

Des contrôles officiels intensifiés ont été appliqués à 11 reprises, dont cinq fois dans des usines de volailles au Brésil, en raison de la présence de Salmonella. Les problèmes persistants liés à Salmonella Enteritidis dans le poulet polonais ont entraîné une surveillance et un échantillonnage accrus de ces produits.

Manque de ressources

La professeure Susan Jebb, responsable de la FSA, a déclaré que la sécurité sanitaire et les normes alimentaires dépendent de bonnes procédures et de personnes qualifiées pour garantir que des contrôles appropriés soient effectués.

«Il faut du temps pour recruter et développer ces compétences et nous craignons que sans mesures spécifiques visant à renforcer la main-d'œuvre, notamment pour recruter davantage de vétérinaires officiels et d'inspecteurs des autorités locales, il ne soit pas possible de maintenir ces normes élevées à l'avenir. L’incapacité à recruter et à former des professionnels à des postes clés peut avoir des répercussions sur de nombreuses années à venir», a-t-elle dit.

Les données historiques d’inspection n’indiquent pas une réduction du respect par les entreprises des normes d’hygiène alimentaire. Il y avait 39 500 entreprises non notées fin 2022 en Angleterre, au Pays de Galles et en Irlande du Nord. On a également constaté une diminution des prélèvements par les autorités locales ces dernières années, ce qui rend plus difficile la détection d'éventuels problèmes de sécurité sanitaire et d'authenticité.

L'analyse de la FSA montre une baisse de 14% des postes d'hygiène alimentaire dans les autorités locales d'Angleterre, du Pays de Galles et d'Irlande du Nord au cours de la dernière décennie, avec plus de 13% des postes disponibles vacants. En Écosse, le nombre de responsables de la législation alimentaire qui effectuent des travaux en matière d'hygiène et de normes alimentaires a diminué d'un quart par rapport à 2016. Le nombre de responsables des normes alimentaires au Royaume-Uni a chuté de 45% par rapport à il y a 10 ans, et nombre d'entre eux sont également proches de la retraite. La FSA et la FSS ont déclaré que de tels problèmes peuvent augmenter le risque que des problèmes de sécurité des aliments soient ignorés.

La profession vétérinaire britannique a connu une baisse de 27% du nombre de personnes rejoignant le secteur entre 2019 et 2022, créant des problèmes pour garantir qu'il y ait suffisamment de vétérinaires officiels (VO). Le manque de VO présente des risques pour la santé et le bien-être des animaux, une perturbation potentielle de l’approvisionnement alimentaire national et la capacité d’exporter des produits d’origine animale.

Heather Kelman, responsable de la FSS, a djt qu'il était important de reconnaître les défis à venir et les problèmes potentiels qu'un manque de ressources dans les rôles d'agent de santé environnementale et de VO pourrait causer au système alimentaire.

«Il est essentiel que, ensemble, nous fassions tout ce que nous pouvons pour garantir que nous disposons d'un système d'assurance modernisé pour soutenir les entreprises qui fournissent des aliments sûrs pour tous et que les normes alimentaires élevées du Royaume-Uni soient maintenues, malgré les pressions sur les coûts et la main-d'œuvre que nous avons. continuer à faire face», a-t-elle dit.

Épidémies et criminalité alimentaire

L'analyse des incidents signalés et des épidémies d'origine alimentaire, les résultats des programmes nationaux d'échantillonnage et les renseignements sur la criminalité alimentaire ne suggèrent aucun changement significatif dans les normes de sécurité sanitaire et d'authenticité des aliments au cours de 2022, ont dit la FSA et la FSS.

Entre janvier et décembre 2022, 40 foyers ont fait l’objet d’une enquête. Onze étaient dus à Salmonella, huit à Clostridium perfringens, cinq à Listeria et trois chacun à STEC O157 et trois à non-STEC O157.

Le taux de la plupart des maladies d'origine alimentaire est revenu aux niveaux d'avant la pandémie en 2022. Cependant, les cas de E. coli producteurs de shigatoxine (STEC) O157 ont atteint leur niveau le plus élevé depuis 2015, en grande partie en raison d'une épidémie majeure survenue à l'été 2022. Les cas à Salmonella ont augmenté mais restent inférieurs aux niveaux d’avant la pandémie de COVID-19. Les infections à Campylobacter et Listeria monocytogenes sont comparables aux chiffres d’avant la pandémie.

En Angleterre, au Pays de Galles et en Irlande du Nord, la National Food Crime Unit (NFCU) s'est concentrée sur la lutte contre les menaces dans le secteur de la viande rouge, le détournement de sous-produits animaux dans la chaîne alimentaire et la vente en ligne d'articles tels que la drogue diététique illégale 2. ,4-Dinitrophénol (DNP).

Les enquêtes de la Scottish Food Crime and Incident Unit (SFCIU) ont porté sur des soupçons de fraude liés à de la contrefaçon d'alcool ainsi que la traçabilité et la falsification dans la chaîne d'approvisionnement en viande et l'abattage illégal. Elle s'est également attaquée à la fraude concernant le thé, les confiseries et le miel cultivés en Écosse.

Commentaire

En France, selon le ministère de l’Agriculture, «A partir de 2024, une augmentation de 10% des contrôles est prévue grâce à l’apport de cette délégation. Elle doit aussi permettre d’accroître la fréquence de contrôle des établissements de remise directe de +80% (commerces de bouches, détaillants, GMS, restaurants commerciaux, etc.) se traduisant par la réalisation de 100 000 contrôles annuels.»

Le souci, ce n'est pas dit, quand seront réalisés les 100 000 contrôles annuels, vœu pieux ou volonté d’aboutir ?

Une augmentation de 10% des contrôles en 2024 signifie que nous aurons peut-être atteint les chiffres de 2016 !

L'EFSA évalue les dangers liés à l'utilisation de l'eau dans le secteur des fruits et légumes

«L'EFSA évalue les dangers liés à l'utilisation de l'eau dans le secteur des fruits et légumes», source article de Food Safety News paru le 8 novembre 2023.

Des experts de l'EFSA ont examiné la qualité de l'eau utilisée lors des opérations dans le secteur des produits frais et surgelés.

L'Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA) a demandé au groupe scientifique sur les dangers biologiques (BIOHAZ) un avis scientifique sur les dangers microbiologiques associés à l'utilisation de l'eau dans la manipulation et la transformation après récolte des fruits, légumes et herbes frais et surgelés.

L'utilisation de l'eau pendant la récolte et la transformation constitue un facteur de risque important de contamination de ces produits. Les risques microbiens pertinents comprennent Listeria monocytogenes, Salmonella, E. coli et des virus tels que le norovirus.

De grands volumes d’eau sont utilisés pour le lavage, le rinçage, le transfert hydraulique, la réfrigération, le nettoyage général et la désinfection. Par exemple, de grandes quantités d’eau sont nécessaires pour produire des salades en sachet. La plupart des transformateurs après récolte préfèrent utiliser la même eau pendant de nombreuses heures de fonctionnement afin d'économiser de l'eau et de l'énergie, car l'accès à l'eau potable peut être limité ou coûteux.

Selon les pratiques actuelles, l'eau potable est utilisée pour remplir les équipements et les réservoirs pendant la première heure du matin et n'est pas remplacée avant plusieurs heures, voire plusieurs jours dans certains cas, période pendant laquelle de grands volumes de fruits, légumes et herbes peuvent être traitées, selon le rapport paru le 3 novembre 2023.

Traitement de l'eau

La contamination de l'eau de traitement dépend de plusieurs facteurs, notamment le type de produit traité, la durée de l'opération et le transfert de micro-organismes du produit à l'eau et vice versa.

Pour éviter la contamination croisée du produit due à l'utilisation d'eau contaminée, des traitements de désinfection de l'eau sont nécessaires pour éliminer ou réduire les micro-organismes à un niveau acceptable, mais ils ne doivent pas nuire à la qualité et à la sécurité sanitaire du produit.

L'efficacité des traitements de désinfection dépend des conditions spécifiques de l'opération de transformation, notamment de la qualité initiale de l'eau et du type de traitement.

Les désinfectants à base de chlore et l'acide peroxyacétique sont des traitements courants de désinfection de l'eau. La validation, la surveillance opérationnelle et la vérification pour démontrer les performances sont nécessaires. Les pratiques d'hygiène comprennent l'entretien des infrastructures, la formation du personnel et le refroidissement de l'eau de traitement après récolte.

Gestion de l'eau

Les efforts des experts comprenaient une revue de la littérature, des données de surveillance des épidémies et une enquête auprès de l'industrie.

La maîtrise de l’eau basé uniquement sur un programme de conditions préalables de base (PRP) n’est pas réalisable et une approche HACCP est nécessaire pour la gestion de l’eau. Les bonnes pratiques de fabrication (BPF) et les bonnes pratiques d'hygiène (BPH) liées à un plan de gestion de l'eau et à la mise en œuvre d'un système de gestion de l'eau sont essentielles.

D'après les réponses à l'enquête de l'industrie, trois bonnes pratiques ne sont pas encore bien mises en œuvre : le remplacement des infrastructures pour éviter la formation de biofilm, la recherche de la formation de biofilm dans le système de gestion de l'eau et le refroidissement par l’eau. Les réponses ont montré que la surveillance de la qualité de l’eau de traitement était absente ou faible.

Lors de certaines éclosions de listériose, les enquêtes ont révélé que la contamination s'était produite à l'usine de transformation ; cependant, des bactéries peuvent également pénétrer dans l’usine à partir de la production primaire. Malgré les enquêtes menées sur l'épidémie, la voie de contamination a rarement été confirmée.

Les pratiques agricoles émergentes telles que la culture hydroponique, l'agriculture verticale et l'agriculture urbaine peuvent introduire des agents pathogènes dans la chaîne alimentaire, même si l'ampleur de ce phénomène devrait être inférieure à celle de l'agriculture conventionnelle, selon le rapport.

Le groupe BIOHAZ a recommandé que davantage d'informations soient incluses dans les rapports d'enquête sur les épidémies et que des lignes directrices claires soient disponibles pour les entreprises afin de clarifier les exigences sur la manière dont les traitements de désinfection de l'eau peuvent être utilisés pour maintenir la qualité microbiologique de l'eau utilisée dans la manipulation et le traitement après récolte. de fruits, légumes et herbes.

Commentaire

Quand on lit le rapport, les experts semblent sous le charme de l’ariculture urbaine, hydroponique et autres fermes verticales. Auant de billvesées qui ne recouvrent le marché actuellement. Sinon, trien de bien neuf et je suggère aux experts de passer une semaine dans des usines de transformation de fruis et de légumes ...

vendredi 3 novembre 2023

Bilan 2022 du réseau d'alerte de la Commission européenne : Augmentation dans les rayons !

Le texte ci-après est issu du Portail de la sécurité alimentaire du Luxembourg que je remercie parce le rapprot de la Commission euroéenne est devenu de plus en plus illisible, voici donc un compte-rendu du «Rapport annuel de la Commission européenne sur le réseau d'alerte et de coopération iRASFF».

La Commission européenne a publié son rapport annuel 2022 du réseau d'alerte et de coopération couvrant toutes les informations partagées au sein de l’iRASFF, entre les membres du réseau d'alerte et de coopération (ACN - Alert and Cooperation Network) qui inclut le réseau RASFF (Rapid Alert System for Food and Feed), le réseau AAC (Administrative Assistance and Cooperation) et le réseau FFN (Agri-Food Fraud Network).

En 2022, les réseaux AAC et FFN ont enregistré le plus grand nombre de notifications jamais transmises tandis que le RASFF a connu la deuxième année la plus active en termes de notifications originales, après l’année 2021 marquée par l'incident de l'éthylène oxyde :

- 4361 notifications transmises via RASFF, concernant des risques sanitaires liés à des denrées alimentaires, des aliments pour animaux ou des matériaux en contact avec des denrées alimentaires (- 6 % par rapport à 2021)
- 2554 notifications transmises via AAC, concernant des non-conformités à la législation de l'Union européenne sur la chaîne agroalimentaire ne présentant a priori pas de risque sanitaire (+ 12 %)
- 600 suspicions de fraude via FFN détectées (+ 32 %).

Conformément aux années précédentes, un grand nombre des notifications RASFF étaient liées aux résidus de pesticides en 2022, principalement dans les fruits et légumes.

Le type de non-conformité le plus notifié en 2022 était lié à des étiquetages erronées ou à des allégations, concernant des étiquettes sur lesquelles les informations obligatoires pour les consommateurs étaient non conformes ou manquantes (nom du produit, liste des ingrédients, déclaration nutritionnelle) ou des allégations de santé non autorisées.

Les actions coordonnées de l'UE menées en 2022 (fraude sur le miel & commerce illégal de chats et chiens) ont eu un impact significatif sur l'augmentation du nombre total de notifications de fraude.

Il est aussi proposé un aperçu du compte-rendu du réseau d'alerte et de coopération (ACN) en 2022 en une page.

Commentaire

- Malgré le découpage de la Commission européenne en trois volets de l’iRASFF, ACN, AAC et FFN, tout ou presque augmente !
- La France (226) dans le trio de tête des notifications au RASFF pour les produit d’origine, derrière la Pologne (312), à la première place suivie des Pays-Bas (257).
- Le nombre de notification en 2022 pour les produits d’origine France a été de 226 versus 274 en 2021, un bon point à nuancer car les prévions de 2022 indique que le chiffre sera supérieur à celui de 2022.