Affichage des articles dont le libellé est rapport. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est rapport. Afficher tous les articles

lundi 13 juillet 2026

Irlande et la sécurité des aliments en 2025 : Hausse des incidents et des plaintes des consommateurs alors que le pays a enregistré sa plus importante épidémie de listériose

Encore un pays, l’Irlande, en l’occurrence la Food Safety Authority of Ireland (FSAI) qui publie des informations sous forme de rapport annuel 2025. Chez nous, ce sera plus tard, en octobre vraisemblablement ...

Rapport 2025 de la FSAI

En 2025, un total de 140 avertissements publics concernant le retrait de produits alimentaires du marché ont été émis sous forme d'alertes alimentaires (83) et d'alertes relatives aux allergènes alimentaires (57), ce qui représente une augmentation de 11 % par rapport au chiffre de 2024 (126).

En 2025, 83 alertes alimentaires ont été diffusées pour conseiller au public de ne pas consommer des aliments présentant un risque pour la santé.

Les principales causes de ces alertes alimentaires en 2025 étaient liées à une menace directe ou indirecte pour la santé et les intérêts des consommateurs, telle que la présence de corps étrangers, de contaminants chimiques ou de micro-organismes pathogènes comme Salmonella ou Listeria.

Incidents alimentaires

Au cours de l'année, l'Autorité a continué de gérer et à coordonner les incidents alimentaires, les enquêtes et les signalements protégés conformément aux procédures établies, garantissant ainsi que la protection des consommateurs restait au cœur de toutes les actions. À la fin de l'année, 820 incidents alimentaires avaient été traités, nécessitant une capacité d'intervention 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7. Cela représente une augmentation de 3 % par rapport aux 796 incidents alimentaires traités en 2024.

Bon nombre de ces incidents alimentaires étaient complexes et difficiles à gérer ; l'un d'eux concernait notamment la plus vaste épidémie de listériose d'origine alimentaire jamais enregistrée en Irlande. Comme toujours, un soutien technique a été apporté aux organismes officiels et aux entreprises du secteur alimentaire, avec l'intervention d'experts dans le cadre de la réponse à cette épidémie.

En 2025, l'Autorité a réalisé 96 évaluations des risques pour appuyer la gestion des incidents et les enquêtes en matière de sécurité sanitaire des aliments. Parmi celles-ci, 45 portaient sur la sécurité biologique, 27 sur la sécurité chimique, 8 sur la sécurité nutritionnelle et 16 sur les sciences et technologies alimentaires. L'Autorité a également traité 30 demandes iRASFF relatives à la fraude alimentaire. Sept d'entre elles ont nécessité une intervention et ont été transmises au Department of Agriculture, Food and the Marine (DAFM). À la fin de l'année, ces sept dossiers avaient tous été clôturés de manière appropriée.

La plus importante épidémie de listériose en Irlande

En 2025, la FSAI a géré la plus importante épidémie de listériose jamais survenue en Irlande, au cours de laquelle neuf cas humains ont été signalés aux autorités de santé publique. À la suite de cette épidémie, la FSAI a entrepris de définir des mesures visant à renforcer les contrôles existants concernant Listeria. Ces travaux ont notamment porté sur l'analyse de la souche spécifique associée à l'épidémie, l'évaluation des pratiques des consommateurs lors de la préparation des repas à l'origine de l'épidémie, ainsi que l'élaboration de lignes directrices à l'intention des producteurs.

La FSAI a publié trois alertes alimentaires pour informer les consommateurs de rappels effectués par un exploitant du secteur alimentaire, ainsi qu'une page complète de questions-réponses sur cette épidémie, afin de répondre aux préoccupations et aux interrogations des consommateurs.

Hausse des plaintes de consommateurs auprès du service d'information de la FSAI en 2025

Au total, 9 882 plaintes et demandes de renseignements ont été traitées par le service d'information de la FSAI en 2025. En dévoilant aujourd'hui les détails de ces signalements, la FSAI a indiqué avoir reçu 6 135 plaintes de consommateurs ; 33 % d'entre elles concernaient des aliments impropres à la consommation et 28 % un manque d'hygiène. Source FSAI.

Dans l'ensemble, les 6 135 plaintes enregistrées en 2025 représentent une augmentation de 23 % par rapport à l'année précédente, qui en comptait 4 996. Ces chiffres reflètent une tendance à la hausse observée au cours de la dernière décennie. Toutes les plaintes reçues par la FSAI en 2025 ont fait l'objet d'un suivi et d'une enquête de la part d'inspecteurs sanitaires à travers le pays.

Les aliments impropres à la consommation - c'est-à-dire ceux qui présentent un risque pour la santé - ont constitué le motif de plainte le plus fréquent en 2025. Cette catégorie inclut également les cas de contamination par des corps étrangers. Parmi les corps étrangers fréquemment signalés dans les aliments, on peut citer : du plastique, une pile, des insectes ou chenilles, une limace et un ongle.

Voici quelques exemples de plaintes : un ongle trouvé dans un gâteau, une agrafe dans un plat indien, une pile dans un sachet d'amandes, une mouche flottant dans une bouteille de lait, une limace dans un plat de nouilles et un papillon de nuit vivant dans un sachet de salade.

La deuxième catégorie de plaintes la plus fréquente concernait le manque d'hygiène. Les signalements récurrents incluaient la présence de rongeurs dans des établissements alimentaires, le port de tenues inadaptées par le personnel, une mauvaise hygiène personnelle (changement de gants trop peu fréquent, absence de lavage des mains), le personnel fumant en portant son tablier, ainsi qu'un stockage incorrect des aliments (réfrigérateurs et congélateurs insuffisamment froids). La troisième catégorie la plus fréquemment signalée concernait des cas présumés d'intoxication alimentaire, représentant 26 % du total des plaintes en 2025. Ce chiffre est en baisse par rapport aux 29 % enregistrés en 2024.


La répartition de l'ensemble des plaintes s'établit comme suit :
- Aliments impropres à la consommation, 2 030
- Règles d'hygiène, 1 693
- Intoxication alimentaire présumée, 1 570
- Étiquetage, 656
- Informations sur les allergènes, 50
- Autres, 36

Ordonnances envers des établissements alimentaires en 2025
Une peitite baisse pas très significative. La FSAI a indiqué que 127 injonctions ont été signifiées à des entreprises alimentaires pour infractions à la législation sur la sécurité des aliments en 2025, soit une baisse de 4,5 % par rapport aux 132 signifiées en 2024. Entre le 1er janvier et le 31 décembre 2025, 102 ordonnances de fermeture, 23 ordonnances d’interdiction et 2 ordonnances d’amélioration ont été émises par les agents de santé environnementale du Service exécutif de la santé, les agents de protection des pêches maritimes de l’Autorité de protection des pêches maritimes et par les agents de la FSAI à l’encontre d’entreprises alimentaires dans tout le pays.

Il y avait eu respectivement, 92 et 77 injonctions en 2023 et 2022. Tout augmente !

samedi 11 juillet 2026

Une lecture du rapport d'activités 2025 de l'Anses

J’ai parcouru le rapport d'activité 2025 de l’Anses, Protéger les santés, et voici ce qu'on trouve à dire sur la sécurité sanitaire des aliments :

« En sécurité sanitaire des aliments, les toxi-infections alimentaires collectives demeurent un sujet de vigilance. En 2023, leur nombre a atteint un niveau inédit depuis le début de la surveillance, avec plus de 2 200 cas groupés d’infection de même origine alimentaire déclarés en France. »

Santé publique France parle de « record » mais pudiquement l’Anses parle « niveau inédit », on ne serait pas en plein déni par hasard …

Et pourtant, l’Anses indique « Depuis 2010, l’Anses apporte les repères scientifiques nécessaires pour protéger notre santé contre les risques liés à l’alimentation, .. ».

Dès lors pourquoi ce « niveau inédit » dans les les toxi-infections alimentaires collectives ?

« L’ANSES se dit, L’Agence de toutes les santés », une curiosité à surtout ne pas prendre au pied de la lettre, car que deviennent Santé publique France et les ARS ?

On peut aussi lire dans un langage creux, une série de mots-clés :

« Une seule santé », une réponse collective, des systèmes alimentaires durables : soutenir une transition agricole associant agroécologie, sécurité sanitaire et nutrition. » 
Ouf ! 

A noter, le terme « sécurité alimentaire » n’est utilisé qu’une seule fois et le terme « sécurité sanitaire des aliments » n’est utilisée que trois fois, notamment pour indiquer que c’est un des 8 axes scientifiques transversaux.

Rien de bien nouveau dans une agence qui trop embrasse mal étreint ...

mercredi 8 juillet 2026

Les étonnantes méthodes de la grande distribution ...

« Un rapport accablant du Sénat sur les pratiques de la grande distribution », source blog-notes d’Olivier Masbou du 29 mai 2026.

« Menaces », « relations commerciales brutales », le rapport d’une commission d’enquête du Sénat sur les pratiques de la grande distribution (rapport sur les marges des industriels et de la grande distribution) dit enfin clairement ce que les agriculteurs dénoncent depuis des années. « Nous avons constaté l’existence de pratiques prédatrices des distributeurs, envers les industriels et les agriculteurs. En témoigne ce chiffre : seulement 8 % de la valeur ajoutée de l’alimentaire va aux agriculteurs », a déclaré Antoinette Guhl, sénateur (Ecologistes, Paris), rapporteur de la Commission.

Le rapport relève que la répartition de la valeur est « très déséquilibrée au détriment de l’amont (agriculteurs, producteurs, transformateurs et industriels) et au profit de l’aval (grande distribution) ». Ces « relations commerciales brutales » fragilisent la « souveraineté alimentaire du pays ». « L’industrie française est mise sous pression et les marges ont tendance, en particulier pour les PME, à se réduire ».

Le rapport dénonce également « des méthodes de négociation assises sur la menace, l’intimidation et la contrainte ». Il épingle aussi les centrales d’achat européennes qui « sont devenues l’outil favori des distributeurs pour contourner la loi française au profit de droits étrangers ».

Une suite avec David contre Goliath dans le blog-notes d'Olivier Masbou du 6 juillet 2026.

Olivier Mevel est universitaire, maître de conférences en marketing, commerce et distribution. Il est auditionné le 20 janvier dernier dans le cadre de la commission d’enquête parlementaire sur « Les marges des industriels et de la grande distribution ». Le rapport, on le sait, est très sévère contre la grande distribution qui a réagi durement.

Aujourd’hui, les enseignes vont plus loin. Olivier Mevel a reçu, par huissier, mandaté par la FCD, une ‘sommation interpellative’ lui enjoignant de répondre à plusieurs questions concernant son audition (cf. linkedin.com/in/olivier-mevel-090a93b6). Pourquoi est-ce grave ?

Une commission d’enquête parlementaire est, après le vote de la loi, le plus haut niveau d’action du Sénat ou de l’Assemblée nationale. Les personnes entendues doivent prêter serment et un faux témoignage est passible des sanctions prévues par le code pénal (cinq ans d’emprisonnement et 75 000 euros d’amende). Une audition devant une commission d’enquête, c’est pas Jo le Rigolo au bistro du coin!

Si la FCD conteste les propos d’Olivier Mevel, ou de n’importe qu’elle autre personne auditionnée, elle se retourne vers le Sénat qui fera les investigations nécessaires. La méthode retenue par la Fédération, c’est purement, simplement et méchamment de l’intimidation.

Qui osera témoigner dans une autre commission d’enquête (alors que par ailleurs, on ne peut pas se soustraire à une convocation) ?

C’est donc l’institution parlementaire qui est ainsi menacée. Les sénateurs, le président du Sénat, doivent réagir, mais aussi les députés, la présidente de l’Assemblée nationale, le Gouvernement (et notamment le ministre du Commerce qui connaît parfaitement le sujet !) et même le Président de la République, car s’attaquer à une commission d’enquête parlementaire, c’est s’attaquer à la démocratie.

Mevel contre la FCD, c’est David contre Goliath. Je crois me souvenir que c’est David qui gagne à la fin !

lundi 6 juillet 2026

Une enquête de l'UE révèle des lacunes dans les contrôles concernant l'histamine dans les poissons par les États membres

« Une enquête de l'UE révèle des lacunes dans les contrôles concernant l'histamine dans les poissons par les États membres », source article de la Food Safety Magazine Editorial Team du 6 juillet 2026.

Un nouveau rapport de synthèse de la Commission européenne a mis en évidence des incohérences dans la manière dont les États membres de l'UE effectuent les contrôles officiels de l'histamine dans les poissons, soulignant des lacunes au niveau des procédures d'inspection, de la formation du personnel et de l'harmonisation des méthodes d'analyse. L'UE signale des centaines de cas de maladies liées à l'histamine chaque année.

Le rapport complet est en anglais ; il existe en français un résumé des soucis rencontrés lors des inspections et contrôles de l’histamine.

Le rapport résume les conclusions d'un projet mené en 2025-2026, qui a examiné les approches des États membres en matière de contrôle de l'histamine. Cette substance peut provoquer une intoxication alimentaire lorsque les consommateurs ingèrent du poisson mal manipulé ou altéré.

Des centaines de cas d'intoxication à l'histamine sont signalés chaque année ; en 2024, l'UE a enregistré 264 cas de maladie et 55 foyers d'infection, entraînant 27 hospitalisations. Le pic d'intoxications a été observé en 2022, avec 513 cas, 100 foyers et 44 hospitalisations.

Le rapport souligne que le maintien d'une hygiène adéquate et d'une maîtrise des températures tout au long de la chaîne du froid, y compris lors de la manipulation, du stockage, du transport et de la distribution, est essentiel pour minimiser le risque de contamination par l'histamine.

Approches et besoins de l'UE en matière d'échantillonnage et d'analyse de l'histamine

Selon le rapport, tous les États membres incluent l'échantillonnage et l'analyse de l'histamine dans leurs programmes de contrôle officiel, et la plupart des pays font appel à des laboratoires accrédités et officiellement désignés. Environ la moitié des États membres utilisent la méthode analytique de référence de l'UE (à savoir la norme EN ISO 19343), tandis que d'autres s'appuient sur des méthodes analytiques alternatives validées selon des normes internationales.

Le rapport a mis en évidence des lacunes réglementaires concernant les méthodes analytiques alternatives pour la détection de l'histamine. Bien que la législation de l'UE autorise des méthodes alternatives validées par rapport à la méthode de référence, elle n'établit pas de normes adéquates pour la validation de ces méthodes par rapport à la méthode de référence. En outre, les États membres manquent de critères harmonisés pour l'utilisation de méthodes analytiques alternatives validées. L'absence de laboratoire de référence de l'UE pour l'histamine a pu limiter l'harmonisation des méthodes d'analyse et des pratiques de laboratoire au sein du bloc.

Incohérences dans les contrôles de l'histamine entre les États membres

L'enquête a révélé des faiblesses dans les systèmes de contrôle officiel de plusieurs États membres. Ces problèmes comprenaient des lacunes dans les procédures d'inspection, une formation insuffisante du personnel des autorités compétentes et des difficultés à garantir que les exploitants du secteur alimentaire respectent les exigences de l'UE en matière d'histamine. Les autorités ont également signalé que certains exploitants peinent à mettre en œuvre les plans d'échantillonnage et les méthodes d'analyse requis en raison d'une compréhension ou d'une formation limitées.

Dans certains cas, les autorités compétentes autorisent les exploitants à modifier le plan d'échantillonnage établi en vertu de la législation de l'UE, ce qui suscite des inquiétudes quant à l'application cohérente des exigences de contrôle de l'histamine dans l'ensemble des États membres.

Suisse : Augmentation des maladies infectieuses d'origine alimentaire en 2025

L’Office fédéral de la sécurité alimentaire et des affaires vétérinaires (OSAV) rapporte : « En 2025, le nombre de toxi-infections alimentaires a augmenté. Les infections les plus fréquentes étaient la campylobactériose, la salmonellose et l’infection par Escherichia coli producteurs de shigatoxines (STEC). »

La Suisse n’est pas la seule à avoir une augmentation des toxi-infections alimentaires, le blog vous avait aussi récemment rapporté le cas du Danemark.

Comme le montre le rapport fédéral sur les zoonoses pour l’année 2025, les chiffres relatifs aux toxi-infections alimentaires sont relativement stables depuis plusieurs années, mais restent à un niveau élevé.

La campylobactériose reste de loin la zoonose la plus fréquemment enregistrée chez l’être humain. Au total, 8 654 cas de campylobactériose confirmés par diagnostic de laboratoire ont été déclarés, ce qui représente une légère augmentation par rapport à l’année 2024 (8 269 cas). Dans l’ensemble, on constate une tendance fluctuante mais stable à un niveau élevé au cours des dix dernières années.

Une stabilisation est constatée pour la salmonellose, qui reste la deuxième zoonose la plus fréquemment enregistrée en Suisse en 2025, avec 2 280 cas confirmés par diagnostic de laboratoire déclarés chez l’être humain (contre 2 257 cas en 2024), ce qui correspond à un taux de déclaration de 25,1 nouveaux cas pour 100 000 habitants. On observe toutefois une augmentation du nombre de cas par rapport aux dix dernières années. On ne sait pas encore si cette augmentation est due à un nombre de cas réellement plus élevé ou à une augmentation du nombre de tests en raison de l’utilisation croissante de méthodes PCR multiplex avec, par conséquent, une détection plus fréquente. L’augmentation des voyages de la population suisse ainsi que l’accroissement de la consommation d’œufs au cours des dernières années sont également avancés comme causes possibles.

Avec un total de 1 433 cas déclarés en 2025, la légère augmentation des infections dues aux Escherichia coli producteurs de shigatoxine (STEC) observée ces dernières années chez l’être humain se poursuit (1 382 cas en 2024). Cela correspond à un taux de déclaration de 15,8 nouveaux cas pour 100 000 habitants, le plus élevé enregistré depuis l’introduction de l’obligation de déclaration en 1999. Il est difficile de dire si cette augmentation continue des infections est due à un accroissement du nombre de tests effectués avec les méthodes PCR multiplex qui permettent une détection plus fréquente des cas.

53 cas d’infections dues à Listeria monocytogenes ont été déclarés en 2025 versus 51 en 2024). Le séquençage du génome entier a permis d’attribuer 24 cas à un cluster et d’identifier la source d’infection de deux clusters.

Le nombre de foyers de toxi-infection alimentaire collective est resté relativement stable ces dernières années. Depuis 2021, il se situe entre 37 et 43 cas par an. En 2025, les autorités ont signalé 72 foyers de toxi-infections alimentaires collectives, un nombre significativement plus élevé de foyers que celui des années précédentes. Plus de 660 personnes sont tombées malades, au moins 21 d’entre elles ont été hospitalisées et 2 sont décédées. Tous ces foyers étaient circonscrits à un seul canton. Cette augmentation du nombre de foyers ne reflète pas nécessairement une détérioration de la situation en Suisse, mais permet plutôt de conclure à une meilleure sensibilisation.

NB : Ce qu’il y a d’intéressant dans cette information en provenance de Suisse, comme pour le cas du Danemark, c’est que les données sont de 2025. Chez nous, pour les données des toxi-infections alimentaires collectives, il est question de record pour les données de 2023. 

Eh oui, c’est ainsi, nous n’en sommes qu’en 2023, pour 2025, rendez-vous en 2028 (?) ...

dimanche 14 juin 2026

Bilan globalement positif de la culture de la sécurité des aliments, selon un rapport de l'UE

Nouveau rapport de la Commission européenne sur l'état des contrôles de la culture de la sécurité alimentaire dans l'UE

Un rapport récemment publié le 10 juin 2026 par la Commission européenne offre un aperçu des progrès réalisés en matière de contrôle de la culture de la sécurité sanitaire des aliments dans les États membres de l'UE. Cette évaluation fait suite à des exigences législatives relativement récentes visant à s'aligner sur les normes internationales en intégrant la culture de la sécurité sanitaire des aliments dans les activités des entreprises agroalimentaires.

Pour ceux qui souhaite connaître ce concept de culture de la sécurité alimentaire, voir ce règlement de l’UE du 3 mars 2021. A noter que ce règlement ne donne pas une définition de la culture de la sécurité des aliments mais il liste un certain nombre d’items.

Ce règlement fait état de la culture de la sécurité alimentaire au lieu de culture de la sécurité des aliments.

Dans le document de position de la Global Food Safety Initiative (GFSI), publié en 2018, la culture de la sécurité des aliments est ainsi définie, “Un ensemble de valeurs, croyances et normes communes qui ont une incidence sur l’état d’esprit et le comportement à l’égard de la sécurité des aliments au sein d’une organisation, à l’échelle de l’organisation et dans l’ensemble de celle-ci.”

Le rapport présente l’état de la mise en œuvre des modifications législatives de l’UE et constate que les contrôles officiels vérifient activement les aspects liés à la culture de la sécurité alimentaire dans environ deux tiers des États membres, principalement dans le cadre d’inspections et d’audits réguliers. Malgré ces progrès, des difficultés persistent, notamment pour évaluer objectivement les éléments culturels et maintenir des normes de contrôle uniformes dans l’ensemble du secteur agroalimentaire.

Face aux difficultés identifiées, plusieurs États membres ont lancé des initiatives nationales visant à aider les entreprises du secteur alimentaire à adopter une culture rigoureuse de la sécurité sanitaire des aliments et les contrôles officiels y afférents. Certaines de ces mesures novatrices sont présentées dans le rapport afin d'être susceptibles d'être reprises et développées par d'autres autorités.

Résumé

Ce rapport décrit les conclusions d'un projet de la Commission portant sur l'approche des États membres en matière de contrôles officiels relatifs à la “culture de la sécurité alimentaire (CSA)”.

Conformément aux normes internationales, les exigences de la CSA ont été introduites dans la législation de l'Union européenne en 2021. Ce concept relativement nouveau met en lumière l'importance des aspects culturels, tels que les valeurs, les mentalités et les comportements, pour garantir l'efficacité des systèmes de management de la sécurité sanitaire des aliments.

Certains États membres ont mis en place des initiatives visant à faciliter la mise en œuvre de la CSA par l'industrie agro-alimentaire. Sur la base des résultats des contrôles officiels et, dans une moindre mesure, des résultats des audits réalisés par des tierce parties, un petit nombre d'autorités compétentes ont évalué la mise en œuvre des exigences de la CSA au niveau des établissements. Les résultats (limités) suggèrent un niveau global de mise en œuvre des exigences de la CSA globalement meilleur dans les grandes et moyennes entreprises, ce qui pourrait être lié aux audits réalisés par des tierce parties portant sur la CSA. Des contrôles officiels de la CSA sont en place dans environ deux tiers des États membres, au moins dans certains secteurs alimentaires, ciblant spécifiquement les exigences de la CSA de la législation ou étant intégrés aux contrôles (déjà existants) des systèmes de management de la sécurité sanitaire des aliments des exploitants alimentaires. Les contrôles de la CSA sont généralement effectués dans le cadre d'inspections et/ou d'audits réguliers de portée plus large. Un petit nombre d'autorités compétentes ont signalé avoir constaté des non-conformités aux exigences de la CSA et avoir pris des mesures coercitives liées à ces non-conformités.

La plupart des États membres rencontrent des difficultés dans la mise en œuvre des contrôles officiels de la CSA. Outre les aspects communs à d'autres domaines de contrôle, tels que les ressources, les difficultés découlent principalement de la relative nouveauté des exigences de la CSA, en particulier la dimension “culturelle” et la manière de la contrôler efficacement et objectivement, en garantissant la cohérence de ces contrôles dans l'ensemble de la filière alimentaire. Face à des ressources limitées de contrôle et à un retour sur investissement incertain pour les contrôles spécifiques de la CSA, certains États membres ne les mettent pas en œuvre et ne sont pas favorables à des investissements supplémentaires dans leur développement.

Environ la moitié des États membres ont entrepris ou continuent d'entreprendre des efforts pour trouver des solutions aux défis identifiés. Certaines des approches qu'ils ont adoptées ainsi que les résultats de leurs travaux sont mis à disposition pour une éventuelle reprise et un développement ultérieur par d'autres autorités compétentes.

Commentaire

Un résumé peut cacher bien des choses et vous lirez avec intérêt ce qui est rapporté dans le détail du rapport.

L’Irlande a publié en 2025 un guide sur la culture de la sécurité des aliments, ici.

Parmi les initiatives innovantes sur la CSA parmi les États membres, la France est citée (cocorico) ; en effet, l’autorité compétente a contribué financièrement et techniquement aux travaux de l’Afnor pour l’élaboration d’un guide définissant les spécifications requises pour se conformer aux exigences de la CSA.

Un guide de la CSA (décembre 2025) intitulé curieusement, Guide à l’usage des dirigeants pour la mise en oeuvre d’une culture positive de la sécurité des alimentsest disponible en consultation gratuite, mais il est possible de l’obtenir gratuitement, par exemple, ici.

Une question quand je lis l’intitulé de ce guide, pourquoi une culture positive ? Veut-on faire en sorte que les salariés du secteur alimentaire soient heureux dans leur travail ? Pas simple du tout ! À suivre ...

mardi 24 mars 2026

Mise en œuvre en France des contrôles zoosanitaires relatifs à l’influenza aviaire selon un rapport d'audit. Peut mieux faire ...

Vient de paraître un rapport d’un audit de l'UE concernant la France effectué du 3 au 18 juin 2025 afin d’évaluer la mise en œuvre des contrôles zoosanitaires relatifs à l’influenza aviaire.

Le présent rapport décrit les résultats d’un audit effectué en France, du 3 au 18 juin 2025, dans le cadre du programme de travail de la direction générale de la santé et de la sécurité alimentaire.

L’objectif de cet audit était d’évaluer l’application des mesures prises par l’Union européenne pour la prévention de l’influenza aviaire hautement pathogène (IAHP) et la lutte contre cette maladie au cours des saisons 2022/2023, 2023/2024 et 2024/2025, y compris des campagnes de vaccination, et d’assurer le suivi d’un ensemble de lacunes constatées lors du précédent audit de la Commission en 2022 [DG(SANTE) 2022/7496)].

L’audit a révélé que la France avait considérablement amélioré sa préparation et sa réaction à l’IAHP. L’introduction de la vaccination préventive des canards, une première au niveau de l’UE, a été bien structurée, largement mise en œuvre et efficacement surveillée, contribuant ainsi à une forte réduction des foyers. Le système de contrôle bénéficie d’une bonne coordination entre les niveaux central et local, d’une planification structurée des mesures d’urgence et d’un cadre juridique et opérationnel clair. Les changements organisationnels récents, l’amélioration des systèmes de données et l’augmentation des effectifs ont renforcé la capacité de la France à gérer les risques d’IAHP.

La détection précoce et la réaction à l’apparition de la maladie sont rapides et solides, soutenues par des capacités de laboratoire fiables. Les contrôles officiels relatifs aux mesures de gestion des foyers sont cohérents et rapides, avec des preuves de la mise en œuvre rapide des restrictions de mouvement, du dépeuplement et des procédures de désinfection. La surveillance des oiseaux sauvages est complète et bien ciblée.

Toutefois, certaines faiblesses subsistent. Tous les établissements avicoles ne font pas régulièrement l’objet d’inspections de biosécurité officielles en fonction des risques, et l’autorité compétente n’a pas accès aux résultats des contrôles privés. La surveillance passive renforcée dans les cheptels vaccinés n’est pas mise en œuvre conformément aux exigences de l’UE et les procédures visant à vérifier son application correcte sont inefficaces. L’absence de délégation formelle aux éleveurs de tâches de surveillance constitue également une violation des dispositions légales.

NB : On lira aussi ce document du 22 mars 2026, La gestion des maladies animales sous une approche « Une seule santé/One Health ». Le cas de l’influenza aviaire hautement pathogène (IAHP) en questions/réponses.

lundi 9 mars 2026

Contrôles de l’huile d’olive dans l’UE: des auditeurs pointent des lacunes

Les règles européennes définissent des exigences minimales concernant l’étiquetage, la vérification des catégories et les analyses sur la présence de pesticides. Cependant, les audditeurs ont constaté que certains contrôles de conformité sont incomplets et que des segments du marché sont parfois exclus des contrôles fondés sur les risques. Ces lacunes pourraient nuire à la qualité du produit et, en définitive, saper la confiance des consommateurs.

Les contrôles visant à détecter la présence de résidus de pesticides dans l’huile d’olive européenne sont bien établis et aboutissent rarement à la détection de manquements. Ceux concernant d’autres contaminants sont en revanche incohérents et l’approche fondée sur les risques n’est pas toujours documentée. Bien que l’UE importe l’équivalent d’environ 9 % de sa production annuelle d’huile d’olive, les auditeurs ont constaté, dans les États membres qu’ils ont visités, que les contrôles sur la présence de pesticides et d’autres contaminants dans ces importations étaient soit inexistants soit sporadiques.

Les Vingt-Sept surveillent la traçabilité à des degrés divers lors de leurs contrôles de la sécurité et de la conformité des denrées alimentaires. Afin de renforcer la transparence et d’éviter les fraudes, des pays tels que l’Espagne et l’Italie utilisent des registres électroniques pour remonter jusqu’à l’origine des olives et de l’huile à tous les stades de la chaîne d’approvisionnement.

Cela étant, il s’avère difficile de suivre l’huile d’olive au-delà des frontières nationales, notamment lorsqu’elle provient de plusieurs pays européens ou qu’elle est obtenue par assemblage d’huiles originaires de l’Union et de pays tiers. En outre, aucune règle ou orientation n’indique précisément comment ou quand il faut contrôler la traçabilité. Enfin, certaines exigences légales – concernant, par exemple, l’assemblage d’huiles de différentes catégories ou années de récolte – manquent de clarté. Résultat: les pratiques varient d’un pays à l’autre, et la qualité des produits risque de s’en ressentir au fil du temps.

La Commission européenne ne connaît que partiellement le fonctionnement des systèmes de contrôle nationaux. Sa capacité à les surveiller efficacement est limitée, car les rapports annuels et les réunions avec les autorités nationales ne suffisent pas à partager toutes les informations pertinentes.

Source


NB : Les articles du blog sur l'huile d'olive sont ici.

vendredi 22 décembre 2023

Une investigation révèle qu'un manipulateur d'aliments infecté est à l'origine d'une épidémie à E. coli dans une école

Analyser les aliments comme d’hab est utile, voire très utile, mais parfois, l’origine d’une intoxication alimentaire n’est pas là où l’on pense, car voici qu’«Une investigation révèle qu'un manipulateur d'aliments infecté est à l'origine d'une épidémie à E. coli dans une école», source article de Coral Beach paru le 22 décembre 2023 dans Food Safety News.

Un manipulateur d'aliments infecté a été identifié comme la source la plus probable d'une épidémie à E. coli dans un lycée de l'Illinois qui a vu 16 élèves tombés malades et deux hospitalisés.

Une rupture du protocole de lavage des mains était la cause la plus probable de ces maladies, selon un rapport de 152 pages du McHenry County Department of Health (MCDH). Un manipulateur d'aliments infecté a été identifié par des analyses en laboratoire à partir d'échantillons de selles.

L’épidémie à la Huntley High School (HHS) s’est produite en septembre de cette année. Le département de la santé du comté a publié son rapport final cette semaine. Le directeur du district scolaire a communiqué le rapport du département de la santé.

«Il s’agit d’une situation malheureuse qui a entraîné des conséquences involontaires. Le bien-être de nos étudiants et de notre personnel est notre priorité absolue. Nous continuerons à collaborer avec le MCDH pour faire tout notre possible pour garantir la santé et la sécurité des aliments, y compris en renforçant les pratiques sûres de manipulation des aliments et de nettoyage-désinfection de nos cafétérias et en ajoutant des niveaux de surveillance supplémentaires en tant que mesures proactives dans toutes les cafétérias scolaires de Huntley», indique le communiqué du district.

Au total, 1 526 élèves ou membres du personnel de l'école secondaire Huntley ont été interrogés, soit par le personnel chargé des maladies transmissibles, soit via des questionnaires d'enquête sur les épidémies. Seize cas ont été identifiés. Quinze patients sur 16 ont mangé à la cafétéria le même jour.

Le département de santé du comté a clairement conclu qu'un manipulateur d'aliments du lycée était responsable de l'épidémie.

«Le mode de transmission le plus probable des STEC (E. coli producteurs de shigatoxines) dans la cafétéria de la HHS était par l’intermédiaire d’un manipulateur d’aliments infecté. Au moment de l'investigation, un manipulateur d'aliments du HHS qui travaillait à la fois à la station de sandwichs froids, fournissant des garnitures, laitue et fromage dans les sandwichs, et à la station cookies, a été confirmé par (tests en laboratoire) qu'il excrétait des STEC par intermittence, Stx2», selon le rapport du département de la Santé, qui ajoute que l’épidémie était probablement plus importante que celle documentée.

«… Étant donné que la plupart des infections sont spontanément résolutives, la plupart des individus ne recherchent pas de soins de santé et ne sont pas testés. Puisqu'il a été documenté que des STEC peuvent être excrétées pendant une période allant jusqu'à 62 jours, il est probable que la personne qui manipulait les aliments était auparavant légèrement malade et n'a pas associé cette maladie à cette enquête sur l'épidémie. Étant donné que l’excrétion du pathogène diminue avec le temps, il n’est pas surprenant qu’une culture ne puisse pas être réalisée.»

L'enquête du comté a révélé que sur les 15 patients atteints par l’épidémie qui ont mangé à la cafétéria, tous ont mangé un sandwich du poste de sandwichs froids et tous les cas pour lesquels des informations étaient disponibles sur la laitue ont mangé de la laitue dans leur sandwich.

Les responsables du comté ont informé le département de la Santé de l'Illinois, la Food and Drug Administration et le Centers for Disease Control and Prevention lorsque l'épidémie a été déclarée. Les responsables de l’État et du gouvernement fédéral pensaient que l’épidémie dans les écoles pourrait faire partie d’une épidémie plus importante dans plusieurs États.

«L'épidémie à STEC au HHS était liée à une épidémie dans plusieurs États par WGS (séquençage du génome entier)», selon le rapport du comté.

«Cependant, cela n’implique pas que la source de l’épidémie dans plusieurs États, qui n’est pas identifiée à ce jour, soit la même que celle de l’épidémie au HHS. L’épidémie dans plusieurs États et l’épidémie au HHS partagent probablement une source commune, un étudiant ou un membre du personnel du HHS tombant malade de STEC après avoir été exposé à la source de l’épidémie dans plusieurs États dans un lieu externe. Une fois introduits dans le HHS, les STEC se transmettaient principalement via la cafétéria du HHS.

Le rapport du comté indique que la cuisine du lycée, en ce qui concerne les mesures de sécurité des aliments, est en relativement bon état. Même si certaines infractions, comme un lave-vaisselle défectueux, ont été constatées, ces problèmes ont été résolus.

«La cafétéria de la cuisine du HHS est bien organisée, avec des responsabilités désignées en matière de manipulation des aliments, et il existe une culture claire du lavage des mains parmi les manipulateurs d'aliments. Malheureusement, même une panne occasionnelle dans les procédures ou techniques de lavage des mains peut entraîner la transmission de maladies», indique le rapport du comté.

«Lors des observations des procédures de manipulation des aliments au HHS, deux manipulateurs d'aliments n'ont pas réussi à utiliser fermer correctement les robinets de l’évier. Cela confirme que même dans une cuisine dotée d'un personnel formé et où le lavage des mains est encouragé, une panne technique peut survenir, principalement lorsque le personnel est extrêmement occupé et distrait par plusieurs tâches.

«Dans cette épidémie, le scénario le plus probable est que la personne infectée manipulant des aliments n'a pas réussi à se laver les mains correctement, ou suffisamment soigneusement, ou assez fréquemment, ce qui a entraîné une contamination des surfaces (plateaux, ustensiles, emballages alimentaires, etc.) ou des aliments à la station des sandwichs froids et à la station cookies... Sans autre étape de cuisson après la contamination, l’agent pathogène est resté viable, entraînant une maladie après consommation. STEC peut être présent jusqu’à 16 mois sur des surfaces sans désinfection appropriée.»

NB : Il ne semble pas possible depuis la France de télécharger le rapport du McHenry County Department of Health.

mercredi 13 décembre 2023

Les cas à Listeria ont atteint un niveau record en Europe en 2022

Il est toujours bon d’avoir un autre éclairage sur ce rapport, et de plus, par certains égards, il est bien plus complet que mon article initial.

Ainsi Joe Whitworth de Food Safety News a publié un article paru le 13 décembre 2023, «Les cas à Listeria ont atteint un niveau record en Europe en 2022».

Les infections à Listeria ont atteint des niveaux records en Europe tandis que les cas à Salmonella et à E. coli ont également augmenté en 2022, selon les derniers chiffres.

Les données proviennent du rapport 2022 One Health Zoonoses de l’Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA) et du Centre européen de prévention et de contrôle des maladies (ECDC).

La plupart des décès étaient associés à la listériose avec 286, dont 81 liés à la salmonellose.

Les cas déclarés de campylobactériose, la maladie zoonotique la plus fréquente, sont restés stables en 2022 par rapport à l'année précédente, avec 137 107 cas. Il y a eu plus de 10 500 hospitalisations et 34 décès. La viande de poulet était la source d'infection la plus courante.

Les taux de notification par pays les plus élevés ont été enregistrés au Luxembourg, en République tchèque, en Slovaquie et au Danemark. Les taux les plus faibles ont été enregistrés en Pologne, en Bulgarie, en Roumanie et en Grèce. L'Allemagne a enregistré le plus grand nombre de cas, avec près de 43 500.

Vingt-quatre États membres et l'Irlande du Nord ont soumis des données sur le critère d'hygiène des procédés pour Campylobacter défini dans la réglementation de l'UE. Seize pays et l'Irlande du Nord ont signalé 7 905 résultats de tests issus des contrôles officiels, avec 19,4% qui sont supérieurs à 1 000 UFC/g. Vingt pays ont signalé 58 372 résultats de surveillance des entreprises, dont 17,5% dépassaient 1 000 UFC/g. Une douzaine de pays ont partagé les résultats de leurs prélèvements, montrant que le nombre dépassant la limite était nettement plus élevé dans les échantillons officiels, avec 22,1%, que dans les autocontrôles qui étaient à 9%.

Statistiques sur Salmonella
La salmonellose était la deuxième maladie la plus courante, avec 65 208 cas, contre 60 169 en 2021. Les principaux sérotypes acquis dans l'UE étaient Salmonella Enteritidis, Typhimurium, Salmonella Typhimurium monophasique, Infantis, Newport et Derby.

Les taux de notification les plus élevés ont été enregistrés en République tchèque et en Slovaquie, tandis que la Bulgarie, la Grèce, l'Italie, la Lettonie, le Portugal et la Roumanie ont enregistré les taux les plus faibles. La France compte le plus grand nombre de cas, avec 11 162.

Sur les 4 135 cas associés à des voyages pour lesquels des informations sur le pays probable d'infection ont été enregistrés, la Turquie, l'Égypte, le Maroc et la Thaïlande étaient les destinations en dehors de l'UE les plus fréquemment signalées. Les principaux pays d'infection pour les cas associés aux voyages en Europe étaient l'Espagne et l'Italie.

«Le nombre de cas humains signalés pour les deux maladies d’origine alimentaire les plus courantes reste inférieur à celui d’avant la pandémie. Cependant, étant donné l'impact de ces infections sur la santé humaine, une vigilance accrue et des efforts supplémentaires pour réduire le nombre de cas sont nécessaires», a déclaré Ole Heuer, chef de la section des maladies à tendance épidémique à l'ECDC.

La yersiniose arrive en troisième position avec près de 8 000 cas. Il s’agit du plus grand nombre d’infections au cours des 10 dernières années.

Données sur E. coli et Listeria
Viennent ensuite E. coli producteurs de shigatoxines (STEC) avec plus de 7 100 cas et Listeria monocytogenes avec 2 738.

Les STEC ont provoqué 1 130 hospitalisations et 28 décès dus à des infections, contre 6 406 en 2021.

Les taux de notification les plus élevés étaient en Irlande, à Malte, en Suède et au Danemark, tandis que les plus faibles étaient au Portugal, en Slovaquie et en Pologne. La Bulgarie, Chypre et la Lituanie n'ont enregistré aucun cas d’infection en 2022. L'Allemagne a enregistré le plus grand nombre de cas, avec 1 873.

Sur la base des informations provenant de 3 374 cas, les principaux sérogroupes étaient O157, O26, O103 et O146.

L'Espagne, la Grèce, l'Italie et la Croatie étaient les pays d'Europe les plus susceptibles d'être infectés. Pour les pays non membres de l'UE, la Turquie était le principal pays d'infection, suivie par l'Égypte et le Maroc.

Au total, 562 cas de syndrome hémolytique et urémique (SHU) ont été signalés, touchant principalement des enfants âgés de moins de 4 ans, et 20 d'entre eux sont décédés. Les principaux sérogroupes étaient O26, O157, O80 et O145.

Les infections à Listeria ont provoqué 1 330 hospitalisations et les cas (2 738 cas) ont augmenté par rapport aux 2 365 cas de 2021. Il s’agit du nombre le plus élevé signalé depuis le début de la surveillance au niveau de l’UE en 2007.

Le Danemark, la Finlande, la Suède, l'Espagne, la Slovénie et la Belgique affichaient les taux de notification les plus élevés. La Bulgarie, la Croatie, Chypre, la Grèce, Malte et la Roumanie ont enregistré les taux les plus bas. L'Allemagne compte le plus grand nombre de patients, avec 548.

La République tchèque a enregistré 48 cas en 2022 contre 24 en 2021, et la Slovaquie est passée de 13 à 25. En Italie, les cas ont augmenté de 115 ; en Espagne, ils ont augmenté de 82. Douze infections associées aux voyages ont été signalées en dehors de l'UE, notamment au Royaume-Uni, aux États-Unis et en Afrique du Sud.

Les décès ont augmenté de 100 contre 186 en 2021. La France a enregistré le plus grand nombre de cas mortels avec 73, suivie par l’Espagne avec 67 cas, Allemagne, 33 cas et la Pologne, 22 cas.

Les cas de Brucella sont passés de 162 à 198, mais les infections à Trichinella ont chuté de 77 à 41.

Vendredi 15 décembre 2023, le blog fera paraître le Top 10 de l’année 2023 de la sécurité des aliments en France. Il s’gait d’une mise en perspective de quelques faits saillants, mais aussi avec des absents …

mardi 12 décembre 2023

Les foyers de toxi-infection alimentaire signalés dans l'UE ont augmenté de 44%, la campylobactériose et la salmonellose restent inférieures aux niveaux d'avant la pandémie, selon le rapport 2022 de l’EFSA-ECDC sur les zoonoses

«La campylobactériose et la salmonellose restent inférieures aux niveaux d'avant la pandémie - Les infections au virus du Nil occidental en hausse», source EFSA du 12 décembre 2023.

La campylobactériose et la salmonellose ont été les maladies zoonotiques les plus fréquemment signalées chez l'homme dans l'UE en 2022. Toutefois, le nombre de cas est resté inférieur à celui des années prépandémiques 2018-2019.

Pour le virus du Nil occidental, une augmentation du nombre d'infections a été observée. Ces informations, ainsi que d'autres informations sur les zoonoses, ont été publiées aujourd'hui par l'EFSA et l'ECDC dans le dernier rapport annuel de l’UE sur les zoonoses.

Le nombre de cas signalés de campylobactériose, la maladie zoonotique la plus fréquemment signalée, est resté stable en 2022 par rapport à l'année précédente, avec 137 107 cas. La viande de poulet est la source la plus fréquente des infections.

La salmonellose est la deuxième zoonose la plus signalée, avec 65 208 cas en 2022, contre 60 169 en 2021. Cependant, dix-neuf États membres et le Royaume-Uni (Irlande du Nord) ont atteint tous les objectifs fixés pour la réduction de la salmonellose dans les populations de volailles. Il s'agit du résultat le plus élevé depuis 2018, l'année où 14 États membres avaient atteint tous les objectifs – une étape importante dans les efforts collectifs pour lutter contre les maladies zoonotiques et protéger la santé publique.

«Le nombre de cas humains signalés pour les deux maladies d'origine alimentaire les plus courantes reste inférieur à ce qu'il était avant la pandémie», a déclaré Ole Heuer, chef de la section ‘Maladies à potentiel épidémique’ à l'ECDC. «Toutefois, compte tenu de l'impact de ces infections sur la santé humaine, il convient de rester vigilant et de redoubler d'efforts pour continuer à réduire le nombre de cas.»

Augmentation des infections par le virus West Nile
L'année 2022 est la deuxième année présentant le nombre de cas le plus élevé d'infections par le virus du Nil occidental jamais enregistré dans l'UE (1 133 cas) ; 2018 étant l'année où le nombre de cas était le plus élevé jusqu'à présent (1 612 cas). Ces chiffres sans précédent pourraient être dus à des conditions climatiques plus favorables à l'activité des moustiques.

«Le changement climatique accroît la recrudescence des maladies à transmission vectorielle. C’est pourquoi aujourd’hui, une approche «Une seule santé» (One Health) intégrant l’évaluation des risques à la fois pour l’homme et pour l’animal est la voie à suivre», a déclaré Frank Verdonk, chef de l’unité ‘Risques biologiques et santé et bien-être des animaux’ de l’EFSA.

En 2022, 431 oiseaux et 166 chevaux ont été testés positifs au virus du Nil occidental dans l'Union européenne, soit environ le double des chiffres de l'année précédente. Le virus a également étendu sa zone géographique, atteignant des régions jusque-là épargnées (sud-ouest de la France, nord de l'Allemagne et sud de l'Italie).

Le rapport publié ne se contente pas d'examiner les cas de maladie signalés de manière sporadique mais il se penche également sur les foyers de toxi-infection alimentaire, c'est-à-dire les cas où un minimum de deux personnes contractent la même maladie après avoir consommé le même aliment contaminé.

Le nombre de foyers de toxi-infection alimentaire signalés dans l'UE a augmenté de 44%, passant de 4 005 en 2021 à 5 763 en 2022, atteignant des niveaux similaires à ceux des années prépandémiques et provoquant le plus grand nombre de décès liés à des foyers de toxi-infection au cours de la dernière décennie (64). Les décès ont été principalement attribués à Listeria monocytogenes et ont été associés à une grande variété d'aliments, allant de la viande et des produits laitiers au poisson et aux légumes. L'utilisation plus fréquente du séquençage du génome entier est susceptible d'avoir amélioré la sensibilité de la surveillance, augmentant ainsi la capacité à détecter les foyers dans les États membres de l’UE.

Il y a aussi une Infographie qui rapporte dans quelle mesure vos aliments sont-ils sûrs ?
Sources et nombre d'épidémies d'origine alimentaire dans l'Union européenne en 2022.
Commentaire
On découvre les données 2022 sur la listeriose en France avec 451 cas (6,5 cas par million d’habitants), soit une augmentation significative, selon le rapport de l’EFSA-ECDC, alors que Santé publique France est restée à 2019 (6,2 cas par millions d’habitants), étonnant, non ?

Pour les STEC, en France, une tendance à la hausse significative (p < 0,05) a été observée sur la période 2018–2022 en France.

Pour les données relatives aux toxi-infections alimentaires collectives en France, Santé publique France rapporte en 2021, 1 309 toxi-infections alimentaires collectives (TIAC) ont été déclarées en France, affectant 11 056 personnes. Selon le rapport 2022 de l’EFSA-ECDC, la France a signalé en 2022, 1 861 foyers de TIAC, affectant 16 102 personnes.

Mise à jour du 18 décembre 2023
On lira l'article de Joe Whitworth paru le 18 décembre 2023 dans Food Safety News«Data shows outbreaks rose across Europe in 2022» (Les données montrent une hause des foyers de cas d'intoxication alimentaire en Europe en 2022.