« Au-delà des connaissances et des comportements : explorer les facteurs modifiant la sécurité des aliments domestique des personnes âgées » (Beyond knowledge and behaviour: Exploring the modifying factors influencing older adults’ domestic food safety) est un article à paraître dans Journal of Food Protection.
Faits saillants
- Les dimensions du bien-être ont été utilisées pour explorer les facteurs influençant la sécurité des aliments domestique.
- Les résultats mettent en évidence la complexité des influences sur les comportements alimentaires des personnes âgées.
- Des facteurs interdépendants ont influencé les achats, la manipulation et le stockage des aliments à domicile.
- Le chevauchement entre les déterminants suggère la nécessité de simplifier les classifications.
- Un nouveau cadre est proposé pour faciliter l'élaboration de futures interventions ciblées en matière de sécurité des aliments
Résumé
Les personnes âgées présentent un risque accru de maladies d'origine alimentaire en raison des modifications de leur système immunitaire liées à l'âge. Des recherches antérieures ont mis en évidence des divergences entre les connaissances, les attitudes, les pratiques déclarées et les comportements observés en matière de sécurité des aliments chez les personnes âgées ; toutefois, les raisons de l'adoption de pratiques potentiellement dangereuses en matière de sécurité des aliments restent inconnues. Le modèle des croyances relatives à la santé identifie des facteurs modificateurs influençant les comportements de santé, or ces facteurs sont rarement pris en compte dans les recherches sur la sécurité des aliments des consommateurs. Cette étude visait à explorer les facteurs modificateurs influençant les croyances et les comportements en matière de sécurité des aliments domestique chez les personnes âgées. Une analyse qualitative rétrospective a été menée à partir des transcriptions d'entretiens issus d'une étude doctorale achevée, conduite auprès de 100 adultes âgés de 60 ans et plus vivant au Pays de Galles.
L'étude initiale avait identifié des divergences entre les connaissances et les comportements en matière de sécurité des aliments, mais les facteurs contribuant à ces différences n'avaient pas été explorés. Les transcriptions d'entretiens ont été analysées à l'aide des dimensions du bien-être (physique, intellectuel, émotionnel, social, spirituel, professionnel, financier et environnemental) comme cadre d'analyse afin d'examiner les facteurs modificateurs du modèle des croyances relatives à la santé. Les facteurs influençant les croyances et les comportements en matière de sécurité des aliments incluent les changements de santé, le déclin sensoriel, les transitions familiales, la situation sociale, l'accès à l'alimentation, les ressources financières et l'évolution de l'environnement alimentaire. Les résultats indiquent que les comportements en matière de sécurité des aliments sont façonnés par des facteurs de vie plus larges que par les seules connaissances et perceptions. Bien que les huit dimensions aient fourni un cadre exploratoire utile, un chevauchement considérable a mis en évidence la nécessité de les affiner en cinq déterminants plus généraux : biologiques, physiques, psychologiques, économiques et sociaux. Ce cadre révisé offre une approche plus structurée pour comprendre les facteurs modifiant les comportements en matière de sécurité des aliments chez les personnes âgées. Il peut également soutenir les recherches futures et le développement d'interventions ciblées en matière de sécurité des aliments.
Conclusion
Les résultats de cette étude suggèrent que les croyances et les comportements des personnes âgées en matière de sécurité des aliments sont influencés par un ensemble de facteurs interagissant, allant au-delà des seules connaissances et perceptions du risque. L'application des huit dimensions du bien-être comme facteurs modificateurs au sein du modèle des croyances relatives à la santé a permis une meilleure compréhension des influences physiques, psychologiques, intellectuelles, professionnelles, économiques, sociales et spirituelles qui influent sur les décisions alimentaires et, par conséquent, sur la sécurité des aliments. L'analyse des relations et des recoupements entre ces dimensions suggère la nécessité d'affiner le cadre en cinq déterminants plus larges : biologiques, physiques, psychologiques, économiques et sociaux.
Ce cadre affiné élargit la composante des facteurs modificateurs du modèle des croyances relatives à la santé en reconnaissant les circonstances plus générales qui influencent la capacité des personnes âgées à mettre en œuvre les pratiques recommandées en matière de sécurité des aliments. Des recherches supplémentaires sont nécessaires pour explorer l'applicabilité de ce cadre aux populations âgées actuelles et pour déterminer comment ces déterminants interagissent pour influencer la vulnérabilité en matière de sécurité des aliments, ainsi que pour éclairer l'élaboration d'interventions ciblées en matière de sécurité des aliments. Les futures recherches sur la sécurité des aliments devraient aller au-delà de la simple mesure et de la prise en compte des connaissances, des attitudes et des pratiques déclarées en matière de sécurité des aliments, mais aussi considérer les facteurs modificateurs qui influencent ce que les consommateurs savent, croient et, en fin de compte, font.
Facteurs financiers. Certains des facteurs précédents faisaient allusion aux finances. Par exemple, une modification des revenus liée à la retraite aurait également modifié les habitudes d'achat des participants ; certains ont déclaré disposer d'un budget plus important, tandis que d'autres ont signalé une réduction du budget disponible pour l'alimentation. Ainsi, les participants comme le 87, qui bénéficiaient de plus d'argent après leur retraite, achetaient ce qu'ils désiraient sans le consommer immédiatement, déclarant: « Maintenant, je peux me permettre d'acheter ce que je veux. » Le participant 37 a également indiqué avoir plus d'argent : « J'ai plus d'argent maintenant et, évidemment, je n'ai plus à faire les courses pour mes enfants, donc je peux plus ou moins me faire plaisir. » Le participant 14 a fait de même, car il nourrissait moins de personnes : « Maintenant, je fais généralement mes courses pour deux, alors qu'il y a quelques années, c'était pour six. Les contraintes budgétaires influençaient davantage mes achats à l'époque. » En revanche, les personnes disposant de revenus plus faibles, comme le participant 31, récemment retraité, achetaient de grandes quantités d'aliments avant leur date limite de consommation en raison de leur prix réduit, afin de les faire durer le plus longtemps possible : « Je vis avec un revenu fixe, ce qui signifie que le prix que je paie pour les aliments est très important. »
Il est évident que le coût et l'accessibilité des aliments ont un impact significatif sur les comportements alimentaires. Il est également suggéré que les pratiques des populations en situation d'insécurité des aliments peuvent avoir des conséquences importantes sur la sécurité des aliments. De plus, depuis la réalisation de cette étude, le Royaume-Uni a connu une crise du coût de la vie. Par conséquent, on peut s'attendre à ce que des facteurs financiers, tels que le coût des aliments et le coût de l'énergie nécessaire au fonctionnement des appareils ménagers, influencent davantage les pratiques. Par exemple, certaines personnes peuvent utiliser différentes méthodes de cuisson, comme le micro-ondes ou l‘air fryer ou friteuse à air chaud, pour éviter d'utiliser le four pendant de longues périodes. Cependant, le manque de familiarité avec ces différentes techniques de cuisson peut entraîner des risques pour la sécurité des aliments. De même, certaines personnes peuvent choisir de faire fonctionner leur réfrigérateur à une température plus élevée afin d'éviter une consommation d'énergie excessive. Compte tenu de l'impact potentiel de la crise du coût de la vie au Royaume-Uni, les facteurs financiers devraient être intégrés aux recherches futures.
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