Dans
son rapport
d'activités 2025 Santé
humaine, animale et végétale,
l’AFSCA de Belgique nottait
à propos d’une toxi-infection alimentaire collective à « STEC
: chercher une aiguille dans une botte de foin » :
Sur
base des données de traçabilité et du traitement statistique des
informations recueillies lors des interviews des résidents des
maisons de repos et de soins concernées (EPHAD
en France -aa),
il a été présumé que du filet américain contaminé constituait
la source de l’infection à l’origine de cette épidémie à
Escherichia
coli
producteurs de shigatoxines (STEC). Cette hypothèse n’a toutefois
pas pu être confirmée par des analyses. Cela montre une nouvelle
fois que l’enquête visant à identifier la cause d’une maladie
d’origine alimentaire revient souvent à chercher une aiguille dans
une botte de foin : les micro organismes pathogènes sont souvent
présents en faibles quantités et se répartissent de manière
hétérogène dans les denrées alimentaires.
Mais
dans
une rubrique Plus
d’informations concernant le recensement des cas, des impacts sur
la santé et des aliments impliqués de
ce rapport,
on
découvre qu’il y a eu auprès des résidents de cette maison de
soins et de repos, 88 personnes malades, 13 personnes hospitalisées
et 10 décès. On sait aujourd’hui que le coupable, si l’on peut
dire, est bien
le
« filet américain », sorte
de steak
tartare
à
bas de
viande de bœuf où la mayonnaise remplace le ketchup.
«
Le nombre de décès dus à des maladies infectieuses d'origine
alimentaire a doublé en Belgique en 2025 », source Food
Safety Magazine du 24 juin 2026.
Selon
le rapport
2025 de l'Agence fédérale pour la sécurité de la chaîne
alimentaire (AFSCA), le nombre de décès liés à des maladies
d'origine alimentaire a doublé, passant de six en 2024 à 12 en
2025. Des décès attribuables à une épidémie à STEC.
C’est
dans ce contexte que vient de paraître cet article,
« Large outbreak of severe Shiga toxin-producing E.
coli O157:H7
infections in multiple nursing homes in Belgium, August 2025 ».
Résumé
En
août 2025, plusieurs maisons de repos et de soins en Belgique ont
signalé des cas de gastro-entérite parmi les résidents, confirmés
par la suite comme étant dus à des STEC O157. Une équipe nationale
d'investigation des épidémies a été mise en place pour identifier
la source et mettre en œuvre des mesures de contrôle. Les autorités
sanitaires régionales ont mené des enquêtes de terrain, incluant
des visites dans les établissements, des entretiens et une
évaluation des expositions. Les investigations microbiologiques et
celles portant sur la chaîne alimentaire ont été coordonnées au
niveau national. Nous avons comparé les menus et initié des
enquêtes de traçabilité pour les aliments présentant un risque
élevé de contamination par les STEC. À l'aide d'une étude
cas-témoins rétrospective, nous avons calculé des rapports de
chances (odds ratios) spécifiques aux aliments ainsi que des
intervalles de confiance à 95 %. Par ailleurs, nous avons classé
les expositions selon leur importance de permutation dans un modèle
de prédiction de type « forêt aléatoire » (random forest). Les
investigations ont désigné le « filet américain »,
consommé le 13 août, comme la source la plus probable. Aucun reste
d'aliment n'était disponible pour une confirmation microbiologique.
Nous avons identifié un lot de viande hachée de bœuf crue
distribué à 104 établissements, dont les maisons de repos et de
soins touchées, et avons mis en évidence des échantillons positifs
aux STEC liés à ce lot. Avec 71 cas et 10 décès, il s'agissait de
l'une des plus importantes épidémies à STEC survenues en Belgique
; cet événement a incité les autorités à diffuser des messages
déconseillant aux populations à risque la consommation de viande
crue et à souligner la nécessité de réviser les recommandations
existantes concernant les aliments à haut risque d'infections
d'origine alimentaire.
Conclusion
Il
s'agissait de l'une des épidémies à STEC les plus graves signalées
en Belgique ; elle a suscité une attention médiatique nationale
considérable en raison de son taux de létalité élevé et de son
impact étendu à toutes les régions. Durant l'enquête, la priorité
a été d'identifier le plus rapidement possible les maisons de soins
et de repos touchées, ce qui nécessitait une confirmation rapide
par le Centre national de référence (CNR) d'au moins un cas de STEC
O157 par établissement. Au moment où la viande hachée crue a été
identifiée comme la source la plus probable des infections à STEC
O157, l'épidémie était déjà terminée. Le lot suspect de viande
de bœuf hachée crue ayant déjà été consommé ou retiré, aucune
mesure de rappel ou de retrait n'a été nécessaire. À la suite de
l'épidémie, l'AFSCA a diffusé des recommandations conseillant aux
personnes à risque d'infections d'origine alimentaire sévères
(personnes âgées, jeunes enfants, femmes enceintes et personnes
immunodéprimées) d'éviter de consommer des produits carnés crus
ou insuffisamment cuits. Le « filet américain » est un
plat traditionnel de la cuisine belge, souvent considéré comme un
mets de choix. Dans ce contexte, les recommandations en matière de
gestion des risques doivent concilier les impératifs de sécurité
des aliments et la qualité de vie des personnes vivant en
collectivité, en tenant compte des facteurs culturels et sociaux.
Cet équilibre doit être recherché grâce à une communication
ciblée et à des groupes de travail pluridisciplinaires. En
Belgique, cette épidémie a mis en évidence la nécessité de
revoir les pratiques existantes, conduisant à la création d'un
groupe de travail associant toutes les parties prenantes concernées
afin d'élaborer des recommandations sur les aliments présentant un
risque élevé d'infections d'origine alimentaire.
Commentaire
Etait-il raisonnable de donner du filet américain à des résidents de maisons de soins et de repos ? La question reste posée ...
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