jeudi 20 août 2026

Du fromage de chèvre au lait cru et de la mâche à l'origine d'une éclosion de 166 cas en France en 2025

Avoir des informations sur la sécurité des aliments en France relève parfois du parcours du combattant. Ainsi en est-il aussi des éclosions de maladies infectieuses d’origine alimentaire, jugez plutôt !

Santé publique France met en ligne une information publiée le 6 juin 2026 sur une enquête sur une éclosion d'origine alimentaire à Cryptosporidium parvum en France en 2025. Cette information est publiée uniquement en anglais. No comment.

Ce texte renvoie à un article paru dans Food and Waterborne Parasitology et intitulé « Addition of multi-locus variable number tandem repeat analysis (MVLA) to assist Cryptosporidium parvum foodborne outbreak investigation - France, 2025 ».

En clair, cela signifie que le Centre National de Référence a mené des analyses poussées (profils MLVA) pour déterminer l'origine de la contamination, liée à de potentiels vecteurs alimentaires ou hydriques.

Entre janvier et septembre 2025, 166 cas d'infection par C. parvum ont été identifiés, contre moins de 20 cas annuels les années précédentes.
Cryptosporidium spp. est un parasite responsable de gastro-entérites chez l'homme et associé à des épidémies d'origine hydrique et alimentaire.

Les autorités chargées de la sécurité des aliments ont obtenu des données d'achat issues de cartes de fidélité, effectué une traçabilité des produits alimentaires et communiqué avec les producteurs. Les enquêtes épidémiologiques ont révélé une consommation élevée de fromage au lait de chèvre pour le premier profil (17 des 23 cas interrogés) et de la mâche préemballée pour le second (19 des 21 cas interrogés). La traçabilité a permis d'identifier l'origine des produits ; les producteurs ont été informés et des mesures préventives ont été recommandées. Le typage MLVA a apporté une précision accrue au sein du génotype C. parvum IIdA24G1, facilitant ainsi l'enquête sur l'épidémie et l'identification de la source. Il convient d'envisager une surveillance spécifique de Cryptosporidium ainsi que des mesures d'hygiène préventives pour les produits laitiers non pasteurisés et les produits végétaux frais.

En conclusion, les auteurs notent :

Nous rapportons ces deux foyers de toxi-infection alimentaire à Cryptosporidium parvum afin de sensibiliser les professionnels de tous les maillons de la chaîne alimentaire à ce type d'événement : producteurs de fruits et légumes frais et de produits laitiers, autorités de sécurité sanitaire, cliniciens, laboratoires et autorités de santé publique. La précision accrue offerte par la méthode MLVA pour distinguer des clusters (cas groupés) au sein d'un même génotype s'est avérée précieuse, permettant de mener une investigation épidémiologique ciblée pour identifier les sources probables d'infection. Les pistes de prévention incluent la sensibilisation et la promotion de bonnes pratiques agricoles et d'hygiène sur les sites de production alimentaire. Un plan de surveillance, mis en œuvre par la Direction générale de l'alimentation (DGAL) pour évaluer la présence d'oocystes de C. parvum dans les produits laitiers au lait cru (il s’agissait ici de fromage de chèvre non pasteurisé -aa)et les fruits et légumes frais, permettrait d'approfondir nos connaissances sur la contamination par C. parvum des denrées alimentaires à risque en France.

Complément

L’affaire ne s’arrête pas là.
Aux 166 cas d'infection à C. parvum (Cryptosporidium parvum IIa A15G2R, génotype majoritaire en France) entre janvier et septembre 2025, il faudrait peut-être y ajouter les sept cas d’enfants contaminés lors d’une épidémie de cryptosporidiose dans une crèche en Auvergne-Rhône-Alpes entre le 3 septembre et le 7 octobre 2025. Dans cette étude, « Les origines alimentaire ou hydrique ont été écartées. ».

En conclusion, les auteurs notent :

En France, les cas groupés de cryptosporidiose sont rarement identifiés et investigués, d’où l’intérêt de la description et l’investigation autour de cette épidémie en crèche en Auvergne-Rhône Alpes. Bien qu’aucun lien épidémiologique entre les différents cas (crèche et autres cas) n’ait été mis en évidence, le génotype identique était en faveur d’une circulation du parasite dans la population dans un secteur géographique limité. Cet épisode souligne l’importance d’une coordination réactive entre les partenaires de santé publique. Le strict respect des mesures d’hygiène habituelles en collectivité, et en particulier le lavage des mains, est essentiel pour limiter la transmission interhumaine.

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