Avoir des
informations sur la sécurité des aliments en France relève parfois
du parcours du combattant. Ainsi en est-il aussi des éclosions de
maladies infectieuses d’origine alimentaire, jugez plutôt !
Santé
publique France met en ligne une information publiée le 6 juin
2026 sur une enquête
sur une éclosion d'origine alimentaire à Cryptosporidium
parvum
en France en 2025. Cette information est publiée uniquement en
anglais. No comment.
Ce texte renvoie
à un article paru dans Food
and Waterborne Parasitology
et
intitulé « Addition
of multi-locus variable number tandem repeat analysis (MVLA)
to
assist Cryptosporidium
parvum foodborne
outbreak investigation - France, 2025 ».
En
clair, cela signifie que le Centre National de Référence a mené
des analyses poussées (profils MLVA) pour déterminer l'origine de
la contamination, liée à de potentiels vecteurs alimentaires ou
hydriques.
Entre
janvier et septembre 2025, 166 cas d'infection par C. parvum
ont été identifiés, contre moins de 20 cas annuels les années
précédentes.
Cryptosporidium
spp. est un parasite responsable de gastro-entérites chez l'homme et
associé à des épidémies d'origine hydrique et alimentaire.
Les
autorités chargées de la sécurité des aliments ont obtenu des
données d'achat issues de cartes de fidélité, effectué une
traçabilité des produits alimentaires et communiqué avec les
producteurs. Les enquêtes épidémiologiques ont révélé une
consommation élevée de fromage au lait de chèvre pour le premier
profil (17 des 23 cas interrogés) et de la mâche préemballée pour
le second (19 des 21 cas interrogés). La traçabilité a permis
d'identifier l'origine des produits ; les producteurs ont été
informés et des mesures préventives ont été recommandées. Le
typage MLVA a apporté une précision accrue au sein du génotype C.
parvum IIdA24G1, facilitant ainsi l'enquête sur l'épidémie et
l'identification de la source. Il convient d'envisager une
surveillance spécifique de Cryptosporidium ainsi que des
mesures d'hygiène préventives pour les produits laitiers non
pasteurisés et les produits végétaux frais.
En
conclusion, les auteurs notent :
Nous
rapportons ces deux foyers de toxi-infection alimentaire à
Cryptosporidium parvum afin de sensibiliser les professionnels
de tous les maillons de la chaîne alimentaire à ce type d'événement
: producteurs de fruits et légumes frais et de produits laitiers,
autorités de sécurité sanitaire, cliniciens, laboratoires et
autorités de santé publique. La précision accrue offerte par la
méthode MLVA pour distinguer des clusters (cas groupés) au sein
d'un même génotype s'est avérée précieuse, permettant de mener
une investigation épidémiologique ciblée pour identifier les
sources probables d'infection. Les pistes de prévention incluent la
sensibilisation et la promotion de bonnes pratiques agricoles et
d'hygiène sur les sites de production alimentaire. Un plan de
surveillance, mis en œuvre par la Direction générale de
l'alimentation (DGAL) pour évaluer la présence d'oocystes de C.
parvum dans les produits laitiers au lait cru (il s’agissait
ici de fromage de chèvre non pasteurisé -aa)et les fruits et
légumes frais, permettrait d'approfondir nos connaissances sur la
contamination par C. parvum des denrées alimentaires à
risque en France.
Complément
L’affaire
ne s’arrête pas là.
Aux 166 cas
d'infection à
C.
parvum
(Cryptosporidium
parvum
IIa
A15G2R, génotype majoritaire en France)
entre
janvier et septembre 2025, il faudrait peut-être y ajouter les sept cas d’enfants
contaminés lors d’une
épidémie
de cryptosporidiose dans une crèche en Auvergne-Rhône-Alpes
entre le
3 septembre et le 7 octobre 2025. Dans
cette étude, « Les
origines alimentaire ou hydrique ont été écartées. ».
En
conclusion, les auteurs notent :
En France, les
cas groupés de cryptosporidiose sont rarement identifiés et
investigués, d’où l’intérêt de la description et
l’investigation autour de cette épidémie en crèche en
Auvergne-Rhône Alpes. Bien qu’aucun lien épidémiologique entre
les différents cas (crèche et autres cas) n’ait été mis en
évidence, le génotype identique était en faveur d’une
circulation du parasite dans la population dans un secteur
géographique limité. Cet épisode souligne l’importance d’une
coordination réactive entre les partenaires de santé publique. Le
strict respect des mesures d’hygiène habituelles en collectivité,
et en particulier le lavage des mains, est essentiel pour limiter la
transmission interhumaine.
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