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vendredi 31 juillet 2026

Les vagues de chaleur prolongées accroissent le risque de maladies infectieuses en Europe

« Alors que les vagues de chaleur prolongées accroissent le risque de maladies infectieuses en Europe, l’ECDC intensifie son action et appelle à la coopération », source ECDC du 29 juillet 2026.

Le risque de contracter certaines maladies infectieuses augmente à mesure que les étés s'allongent et se réchauffent en Europe ; une coopération étroite entre les pays et les secteurs est donc vitale pour prédire, prévenir et réagir efficacement, a déclaré aujourd'hui le Centre européen de prévention et de contrôle des maladies (ECDC). L’ECDC évalue régulièrement l’état de préparation et la résilience des pays face aux menaces pour la santé publique ; les données récentes indiquent qu’environ la moitié des États membres de l’UE disposent d’un plan national d’adaptation au changement climatique.

Si les vagues de chaleur actuelles font la une de l’actualité, ce sont les températures constamment plus élevées et de plus longue durée qui créent les conditions propices à la propagation de nombreuses infections. Cet été, la surveillance et la collecte de données menées par l’ECDC mettent en lumière quatre domaines d’une importance particulière :

Maladies infectieuses d’origine alimentaire : elles figurent parmi les maladies estivales les plus fréquentes, les températures plus élevées favorisant la prolifération bactérienne dans les aliments.

  • Veiller à une bonne hygiène, laver les fruits et légumes avant de les consommer et cuire soigneusement les aliments (en particulier la viande) peut aider à prévenir les infections.
Vibriose : les eaux côtières chaudes et à faible salinité, comme celles de la mer Baltique ou des estuaires, offrent des conditions optimales au développement des bactéries comme Vibrio, responsable de la vibriose. L’ECDC a récemment lancé un outil interactif de visualisation des données, mis à jour, qui permet de prédire les zones où le risque d’infection est potentiellement plus élevé.
  • Éviter de se baigner en présence de plaies ouvertes, d’égratignures ou de piercings récents, et s’assurer que les coquillages et crustacés de mer provenant de ces zones sont bien cuits, permet de réduire la probabilité d’infection.
Maladies transmises par les moustiques : l’allongement des saisons chaudes et humides favorise la prolifération de moustiques envahissants dans des régions où ils étaient auparavant rares, voire absents. Les maladies transmises par les moustiques, telles que la dengue, le chikungunya et le virus du Nil occidental, constituent une préoccupation croissante pour la santé publique en Europe.
  • L’utilisation de répulsifs, le port de vêtements couvrants et les mesures de protection à l’intérieur (moustiquaires aux fenêtres, climatisation ou moustiquaires de lit) offrent une protection efficace. Il est également important d’éviter de laisser de l’eau stagnante à proximité des habitations et des jardins, car il s’agit d’un lieu de reproduction idéal pour les moustiques.
Maladies transmises par les tiques : les tiques sont présentes dans toute l’Europe et leur période d’activité s’allonge à mesure que le printemps et l’automne deviennent plus doux dans de nombreuses régions. Les tiques infectées peuvent transmettre la maladie de Lyme et l’encéphalite à tiques, deux affections susceptibles d’entraîner de graves complications à long terme.
  • Le port de manches longues et de pantalons longs lors de randonnées ou de sorties dans les parcs peut aider à prévenir les piqûres de tiques ; il est également recommandé de s’examiner pour détecter la présence éventuelle de tiques et de les retirer après avoir passé du temps en extérieur. Il existe un vaccin efficace contre l’encéphalite à tiques.

L’ECDC a élaboré des informations pratiques sur ces questions de santé — ainsi que sur d’autres, qui revêtent une importance particulière durant les mois d’été, contribuant ainsi à protéger les individus comme la collectivité dans son ensemble.

Parallèlement, alors que le changement climatique multiplie les menaces pour la santé publique, il devient de plus en plus nécessaire d’instaurer une collaboration et une coopération stratégiques à long terme entre les secteurs de la santé humaine, de l’environnement et de la santé animale. L’approche « Une seule santé » (One Health) de l’UE concrétise cet engagement commun en faveur d’un travail interdisciplinaire, en soulignant la nécessité d’une coopération pour garantir la santé des personnes, des animaux, des plantes et de notre environnement commun.

L’ECDC évalue régulièrement la mise en œuvre de l’approche « Une seule santé » au sein de l’UE, aidant ainsi les États membres à renforcer leur état de préparation et leur résilience face aux vagues de chaleur et autres phénomènes météorologiques extrêmes. Les évaluations les plus récentes révèlent que plus de la moitié des États membres de l’UE disposent d’un plan national d’adaptation au changement climatique ; toutefois, des efforts restent nécessaires pour garantir la mise en place de mesures spécifiques visant à traiter, de manière transversale, les répercussions des phénomènes météorologiques extrêmes sur la santé publique.

jeudi 23 juillet 2026

Plus de 1 000 foyers de cas de maladies infectieuses d’origine alimentaire enregistrés aux Pays-Bas en 2025

Source résumé en anglais du RIVM, L'Institut national de la santé publique et de l'environnement est une agence publique du Ministère de la Santé, du Bien-être et des Sports des Pays-Bas.

La consommation d'aliments contenant diverses bactéries, virus ou parasites peut rendre des personnes malades. Ces pathogènes peuvent également provoquer des maladies par d'autres voies. Ils peuvent, par exemple, se transmettre d'une personne à l'autre, souvent par contact avec des matières fécales, ou par l'intermédiaire d'animaux. Cela entraîne généralement des symptômes gastro-intestinaux tels que des vomissements, des douleurs abdominales ou des diarrhées (parfois sanglantes). Dans certains cas, les conséquences peuvent être plus graves, comme une hépatite, une septicémie ou une méningite.

Tout comme en 2023 et 2024, le nombre de personnes tombées malades à cause de Salmonella Enteritidis a été plus élevé en 2025 qu'au cours de la période 2015-2019.

La présence de ce type de bactérie chez les poules pondeuses aux Pays-Bas a également augmenté. Cela signifie que les mesures de contrôle n'ont pas encore eu l'effet escompté.

Par ailleurs, davantage de personnes ont été touchées par des bactéries telles que. E. coli producteurs de shigatoxines (STEC), par le virus de l'hépatite A et par norovirus. Ce phénomène ne présente pas de cause évidente.

Au total, on estime que près de 2 millions de personnes aux Pays-Bas ont été infectées par des pathogènes d'origine alimentaire en 2025.

La charge de morbidité est exprimée à l'aide d'une unité de mesure internationale : le DALY (année de vie corrigée de l'incapacité). La charge totale estimée pour 14 agents pathogènes d'origine alimentaire en 2025 s'élève à 12 000 DALY. Ce chiffre est identique à celui de 2024. La part de cette charge attribuable à une transmission par voie alimentaire est estimée à 4 700 DALY pour 2025, un niveau également comparable à celui de 2024.

Le coût total pour la santé lié à ces 14 agents pathogènes d'origine alimentaire, toutes voies de transmission confondues, est estimé à 581 millions d'euros pour 2025.

Ce montant est sensiblement le même qu'en 2024 (586 millions d'euros, soit une baisse de 0,9 %). Les coûts estimés des infections dues aux aliments contaminés en 2025 s'élèvent à 202 millions d'euros, un chiffre également comparable à celui de 2024 (199 millions d'euros, soit une hausse de 0,5 %).

Chaque année, l'Institut national de la santé publique et de l'environnement (RIVM) recense les cas d'infections d'origine alimentaire et entérique aux Pays-Bas et assure le suivi des épidémies ainsi que de la charge de morbidité, y compris les coûts associés. Le RIVM mène ces activités en collaboration avec des partenaires tels que l'Autorité néerlandaise de sécurité des aliments et des produits de consommation (NVWA) et Wageningen Food Safety Research (WFSR).

En 2025, les Pays-Bas ont enregistré plus de 1 000 foyers de cas (équivalent aux TIAC en France) de maladies d'origine alimentaire, un chiffre remarquable qui souligne la prévalence des infections alimentaires dans le pays. Au total, 1 178 foyers de cas ont été signalées, positionnant les Pays-Bas parmi les pays européens avec le plus grand nombre de foyers de cas en 2025. Les agents pathogènes les plus fréquemment identifiés étaient :

Salmonella avec 1 238 cas, norovirus avec 631 cas, et Listeria monocytogenes avec 38 cas.

Les aliments les plus souvent impliqués dans ces foyers comprennent : les œufs, les produits laitiers au lait cru et les graines germées.

Enfin, il est noté dans le rapport une sous-déclaration des foyers de cas de la part des centres municipaux de santé.

Commentaire

Encore un pays européen qui publie des données sur les maladies infectieuses d’origine alimentaire en 2025. Chez nous, pour les TIAC, nous en sommes à 2023, 2024, si on prend en compte le rapport 2024 de l’EFSA sur les zoonoses dans le cadre de l’initiative « Une seule santé » de l’Union européenne. Pour accéder à toutes les données des maladies infectieuses d’origine alimentaire en France, il faut rechercher les documents « éparpillés façon puzzle » ici et là.

Chose insensée chez nous, ici, on connaît le coût des maladies infectieuses d’origine alimentaire, il est vrai qu’en France, la santé n’a pas de prix ...

lundi 6 juillet 2026

Suisse : Augmentation des maladies infectieuses d'origine alimentaire en 2025

L’Office fédéral de la sécurité alimentaire et des affaires vétérinaires (OSAV) rapporte : « En 2025, le nombre de toxi-infections alimentaires a augmenté. Les infections les plus fréquentes étaient la campylobactériose, la salmonellose et l’infection par Escherichia coli producteurs de shigatoxines (STEC). »

La Suisse n’est pas la seule à avoir une augmentation des toxi-infections alimentaires, le blog vous avait aussi récemment rapporté le cas du Danemark.

Comme le montre le rapport fédéral sur les zoonoses pour l’année 2025, les chiffres relatifs aux toxi-infections alimentaires sont relativement stables depuis plusieurs années, mais restent à un niveau élevé.

La campylobactériose reste de loin la zoonose la plus fréquemment enregistrée chez l’être humain. Au total, 8 654 cas de campylobactériose confirmés par diagnostic de laboratoire ont été déclarés, ce qui représente une légère augmentation par rapport à l’année 2024 (8 269 cas). Dans l’ensemble, on constate une tendance fluctuante mais stable à un niveau élevé au cours des dix dernières années.

Une stabilisation est constatée pour la salmonellose, qui reste la deuxième zoonose la plus fréquemment enregistrée en Suisse en 2025, avec 2 280 cas confirmés par diagnostic de laboratoire déclarés chez l’être humain (contre 2 257 cas en 2024), ce qui correspond à un taux de déclaration de 25,1 nouveaux cas pour 100 000 habitants. On observe toutefois une augmentation du nombre de cas par rapport aux dix dernières années. On ne sait pas encore si cette augmentation est due à un nombre de cas réellement plus élevé ou à une augmentation du nombre de tests en raison de l’utilisation croissante de méthodes PCR multiplex avec, par conséquent, une détection plus fréquente. L’augmentation des voyages de la population suisse ainsi que l’accroissement de la consommation d’œufs au cours des dernières années sont également avancés comme causes possibles.

Avec un total de 1 433 cas déclarés en 2025, la légère augmentation des infections dues aux Escherichia coli producteurs de shigatoxine (STEC) observée ces dernières années chez l’être humain se poursuit (1 382 cas en 2024). Cela correspond à un taux de déclaration de 15,8 nouveaux cas pour 100 000 habitants, le plus élevé enregistré depuis l’introduction de l’obligation de déclaration en 1999. Il est difficile de dire si cette augmentation continue des infections est due à un accroissement du nombre de tests effectués avec les méthodes PCR multiplex qui permettent une détection plus fréquente des cas.

53 cas d’infections dues à Listeria monocytogenes ont été déclarés en 2025 versus 51 en 2024). Le séquençage du génome entier a permis d’attribuer 24 cas à un cluster et d’identifier la source d’infection de deux clusters.

Le nombre de foyers de toxi-infection alimentaire collective est resté relativement stable ces dernières années. Depuis 2021, il se situe entre 37 et 43 cas par an. En 2025, les autorités ont signalé 72 foyers de toxi-infections alimentaires collectives, un nombre significativement plus élevé de foyers que celui des années précédentes. Plus de 660 personnes sont tombées malades, au moins 21 d’entre elles ont été hospitalisées et 2 sont décédées. Tous ces foyers étaient circonscrits à un seul canton. Cette augmentation du nombre de foyers ne reflète pas nécessairement une détérioration de la situation en Suisse, mais permet plutôt de conclure à une meilleure sensibilisation.

NB : Ce qu’il y a d’intéressant dans cette information en provenance de Suisse, comme pour le cas du Danemark, c’est que les données sont de 2025. Chez nous, pour les données des toxi-infections alimentaires collectives, il est question de record pour les données de 2023. 

Eh oui, c’est ainsi, nous n’en sommes qu’en 2023, pour 2025, rendez-vous en 2028 (?) ...

samedi 4 juillet 2026

Hausse des infections d'origine alimentaire à Campylobacter et Listeria au Danemark en 2025

« Hausse des infections d'origine alimentaire à Campylobacter et Listeria au Danemark en 2025, source Food Safety Magazine Editorial Team. Article traduit et adapté par les soins -aa.

Le Danemark a signalé une augmentation des infections à Campylobacter et à Listeria en 2025, tout en continuant à renforcer son système de surveillance « Une seule santé » (One Health) grâce à la mise en place d'une nouvelle plateforme de séquençage du génome entier (WGS), selon le dernier rapport annuel du pays sur les zoonoses.

Campylobacter : principale cause de maladies d'origine alimentaire

Campylobacter est resté la principale cause de maladies d'origine alimentaire au Danemark :

- 5 714 cas en 2025,

- 5 546 cas en 2024
- 5 186 en 2023.

Le nombre de cas de salmonellose a diminué, passant de 1 266 en 2024 à 1 051 en 2025. Le Danemark a également signalé 84 cas d'infection à Listeria monocytogenes, soit une augmentation de près de 38% par rapport à 2024 et le total annuel le plus élevé depuis 2022.

Au total, 56 foyers de maladies d'origine alimentaire ont été à l'origine de 1 109 cas en 2025, un chiffre comparable aux 55 foyers signalés l'année précédente. Les foyers signalés impliquaient Campylobacter, Salmonella, L. monocytogenes, norovirus, Escherichia coli, des bactéries sporulantes, Cryptosporidium, le virus de l'hépatite A, ainsi que trois foyers locaux causés par des lectines présentes dans des haricots mal préparés.

Parmi les 13 foyers de salmonellose signalés, deux foyers nationaux d'envergure étaient liés à des produits réfrigérés. L'un des épisodes était associé à une éclosion internationale récurrente à S. Strathcona liée à des tomates italiennes, tandis que de la laitue importée était le vecteur suspecté d'une seconde éclosion à S. Typhimurium.

Le nombre de cas de Campylobacter a fortement augmenté au cours de l'été et de l'automne, principalement en raison de deux grandes éclosions liées à de la viande de poulet. Neuf des onze éclosions à Campylobacter signalées en 2025 étaient associées à du poulet.

Le rapport a également mis en évidence six éclosions nationales de listériose, dont la plus importante a touché 11 personnes et était liée à des galettes de poisson prêtes à consommer.

Par ailleurs, six éclosions à norovirus sont survenues au Danemark en 2025 ; toutes étaient liées à des activités de traiteur ou à des établissements de restauration.

Commentaire

En France, le dernier bilan de la surveillance des infections à Campylobacter est celui de 2023. Santé publique France indique que Campylobacter est au 2e rang estimé du nombre total d’infections d’origine alimentaire.

Le nombre de cas estimés est environ de 50 000 à 60 000 cas annuels de campylobactériose en France, sur la base de la surveillance et des modèles épidémiologiques.

Au niveau des bilans publiés, les bilans plus ou moins récents en France sont ceux de 2024 sur la listériose et le syndrome hémolytique et urémique pédiatrique ; signalons aussi le bilan 2023 des TIAC. C’est dire les progrès qu’il nous reste encore à faire sur l’information et la communication.

MàJ du 4 juillet 2027Le nouveau gouvernement danois supprime le ministère de l’Agriculture. Mette Frederiksen a constitué un nouveau Gouvernement au Danemark. Il est constitué à partir d’une coalition minoritaire de centre gauche. Le ministère de l’Agriculture, de l’Alimentation et de la Pêche est remplacé par un ministère de la Nature et du Bien-être animal. 

jeudi 25 juin 2026

Décès liés aux TIAC en Belgique et en France

« Le nombre de décès dus à des maladies infectieuses d'origine alimentaire a doublé en Belgique en 2025 », source Food Safety Magazine du 24 juin 2026.

Selon le rapport 2025 de l'Agence fédérale pour la sécurité de la chaîne alimentaire (AFSCA), le nombre de décès liés à des maladies d'origine alimentaire a doublé, passant de six en 2024 à 12 en 2025. Des décès attribuables à une épidémie à STEC.

La majorité (neuf) des 12 décès signalés en 2025 sont survenus dans le cadre d'une épidémie d'infections à Escherichia coli producteurs de shigatoxines (STEC), liée à la consommation de viande hachée dans 11 établissements de soins de longue durée à travers la Belgique. Plus de 70 personnes ont été touchées par cette épidémie, survenue au mois d'août.

NB : En France, on est toujours en attente du bilan 2025 de la DGAL ...

Cet article m'a donné envie de voir quel était le bilan des décès liés aux TIAC déclarées en France ; la source est, sauf cas particulier, Santé publique France,

- 6 en 2024 selon l'EFSA
- 19 en 2023
- 17 en 2022
- 16 en 2021
- 9 en 2020
- 12 en 2019
- 2 en 2018
- 5 en 2017
- 3 en 2016

MàJ du 10 juillet 2026. On lira « Premières estimations de l’impact des maladies d’origine alimentaire en Belgique », source Sciensano.

Epidémie à Salmonella dans plusieurs pays liée à des graines germées de luzerne

Ah les graines germées !

Rien de bien neuf, les graines germées sont des aliments à haut risque. L’ECDC nous en parle en ce 25 juin 2026 avec cette épidémie à Salmonella dans plusieurs pays qui serait liéeà des graines germées de luzerne. Le rapport est ici.

Les graines germées de luzerne ont été identifiées comme la source probable d'un foyer dans plusieurs pays d'infections à Salmonella Bovismorbificans, selon une évaluation rapide des épidémies publiée par l'EFSA et l'ECDC.

Entre janvier et mai 2026, 109 cas confirmés ont été signalés dans 10 pays de l’Union européenne/de l’Espace économique européen (UE/EEE) et au Royaume-Uni. Les pays concernés sont l’Allemagne, l’Autriche, la Belgique, le Danemark, l’Espagne, la Finlande, l’Irlande, le Luxembourg, les Pays-Bas, le Royaume-Uni et la Tchéquie. La plupart des cas sont survenus chez les adultes, la majorité chez les femmes. Dix-huit personnes ont dû être hospitalisées et un décès a été signalé parmi les cas confirmés. 

Les preuves indiquent des graines germées 

Des études épidémiologiques et microbiologiques indiquent que les graines germées de luzerne sont la principale source d'infection. Cela est corroboré par des liens identifiés lors d’entretiens de cas dans plusieurs pays, par la détection de la souche épidémique dans l’eau utilisée pour la production de graines germées aux Pays-Bas et au Royaume-Uni (Irlande du Nord) et par des liens épidémiologiques avec un producteur en Finlande.

La traçabilité suggère une source de contamination en dehors de l'UE 

Les enquêtes ont permis d'identifier un fournisseur de semences commun, les graines de luzerne impliquées ayant été importées d'Inde et largement distribuées dans toute l'Europe.

Les preuves suggèrent que les graines peuvent avoir été contaminées avant d'entrer en Europe, avant la distribution et la germination dans les différents pays européens.

Mesures de maîtrise et risques actuels 

Les autorités des pays touchés ont mis en œuvre des mesures de maîtrise, notamment: 
  • retrait des lots de semences concernés 
  • rappels de produits à base de graines germées 
  • destruction des produits suspectés 

Depuis que ces mesures ont été mises en œuvre, le nombre de cas a diminué. Cependant, d'autres cas d’infections ne peuvent être exclues tant que la source de contamination n'a pas été entièrement identifiée et contrôlée. 

Sur la base des preuves actuelles et étant donné qu'aucun nouveau cas n'a été signalé à ce jour en juin, le risque pour les personnes qui consomment fréquemment des graines germées est évalué comme faible à modéré. 

Les autorités responsables de la santé publique et de la sécurité des aliments sont encouragées à continuer d'enquêter sur de nouveaux cas et de partager des données, et à veiller à ce que des mesures de prévention et de contrôle appropriées restent en place. 

Les consommateurs sont encouragés à suivre les bonnes pratiques d’hygiène à la maison, y compris le rinçage des produits frais et le respect des instructions du fabricant lors de la manipulation et de la consommation de graines germées. 


Une étude de Food Standards Scotland identifie les facteurs de risque de maladies d'origine alimentaire chez les personnes âgées 

« Une étude de Food Standards Scotland identifie les facteurs de risque de maladies d'origine alimentaire chez les personnes âgées », source Food Safety Magazine.

Une étude conduite dans le cadre d'une bourse de recherche de l'Institut écossais de recherche sur l'environnement, l'alimentation et l'agriculture (SEFARI) en collaboration avec Food Standards Scotland (FSS) a identifié une série de facteurs sanitaires, sociaux, environnementaux et économiques susceptibles d'accroître les risques de maladies infectieuses d'origine alimentaire chez les adultes de 65 ans et plus.

Selon l’étude, les personnes âgées sont touchées de manière disproportionnée par les maladies d'origine alimentaire en Écosse, bien qu'elles représentent environ 20 % de la population. Les données de surveillance de Public Health Scotland ont montré que les adultes de 65 ans et plus représentaient :

  • 68 % des cas de listériose confirmés en laboratoire entre 2012 et 2022,
  • 23 % des infections à Campylobacter entre 2013 et 2017,
  • 60 % des cas confirmés de norovirus entre 2012 et 2023.

L'étude a utilisé des groupes de discussion en ligne et en présentiel, réunissant des adultes de 65 ans et plus ainsi que leurs aidants familiaux, afin d'examiner leurs perceptions, leurs comportements et leur vulnérabilité perçue en matière de sécurité des aliments. Les chercheurs ont analysé les résultats à l'aide d'un cadre d'analyse combinant le modèle des croyances relatives à la santé (qui suggère que certains comportements de santé sont influencés par la perception qu'a un individu de la gravité d'un problème et de sa propre vulnérabilité, ainsi que par les avantages et les obstacles perçus à ce comportement) avec les déterminants biologiques, physiques, psychologiques, économiques et sociaux de ces comportements.

Facteurs influençant les pratiques de sécurité des aliments des personnes âgées

Des chercheurs ont identifié plusieurs facteurs qui augmentent la probabilité pour les personnes âgées de contracter une intoxication alimentaire. Plus précisément :
  • Problèmes de santé liés à l'âge :
  • La mobilité réduite, les troubles de la vision, le déclin cognitif et la diminution de l'appétit influent sur les habitudes d'achat, de préparation, de conservation et de consommation des aliments. Les aidants familiaux ont fait part de leurs inquiétudes quant à la conservation prolongée des aliments à domicile, aux difficultés à suivre les instructions de cuisson et au non-respect des dates limites de consommation.
  • Facteurs environnementaux : des options de transport limitées, la dépendance aux courses hebdomadaires ou aux livraisons en ligne et un accès réduit aux détaillants alimentaires pourraient entraîner des périodes de conservation des aliments plus longues, ce qui accroît l’importance d’une réfrigération adéquate et de pratiques de décongélation sûres
  • Isolement social : les participants vivant seuls ont fait état d’une motivation moindre à préparer des repas frais et d’une plus grande dépendance aux plats préparés, aux aliments surgelés et aux plats cuisinés en grande quantité, ce qui pourrait accroître la probabilité de mauvaises pratiques de conservation et de réchauffage.
  • Pressions économiques : Les participants ont indiqué acheter des aliments à prix réduit, faire des achats en gros et congeler des aliments pour faire face à la hausse des prix. Les chercheurs ont noté que une méconnaissance des nouveaux appareils de cuisson, comme l’air fryer et l’autocuiseur, pouvait engendrer des problèmes supplémentaires de sécurité des aliments si les aliments ne sont pas cuits à la température interne adéquate.

Écarts dans la perception des risques

L'étude a révélé que de nombreuses personnes âgées ne se percevaient pas comme étant plus à risque de contracter une intoxication alimentaire et associaient souvent ces infections aux repas préparés à l'extérieur. Les aidants familiaux, quant à eux, étaient généralement plus conscients de la vulnérabilité liée à l'âge et de la gravité potentielle des intoxications alimentaires chez les personnes âgées.

Les chercheurs ont indiqué que l'expérience personnelle des maladies d'origine alimentaire, l'inquiétude pour les membres vulnérables de la famille et l'accès à des outils de sécurité des aliments tels que les thermomètres de réfrigérateur influençaient la motivation à suivre les pratiques recommandées en matière de sécurité des aliments.

Recommandations pour les futurs messages sur la sécurité des aliments

D’après ces résultats, les chercheurs ont recommandé à FSS d’élaborer des communications ciblées sur la sécurité des aliments à destination des personnes âgées et d’autres groupes vulnérables sur le plan clinique. Les stratégies suggérées comprennent :
  • Sensibilisation accrue à la susceptibilité aux maladies infectieuses d'origine alimentaire liée à l'âge,

  • Souligner la gravité potentielle des infections

  • Éliminer les obstacles à la manipulation sécuritaire des aliments

  • Fournir des conseils pratiques adaptés aux situations des personnes âgées.

Le rapport conclut que les futures campagnes de sécurité des aliments devraient intégrer des principes de changement de comportement, des appels à l'action clairs et des messages qui reconnaissent les effets interdépendants des facteurs sanitaires, financiers et environnementaux sur les pratiques de sécurité des aliments chez les personnes âgées.

vendredi 22 mai 2026

L'OMS déplore des progrès insuffisants dans la lutte contre les maladies d'origine alimentaire

Je ne sais pas quels sont les pays visés, mais il me semble que chez nous, comme le budget 'sécurité sanitaire des aliments est en baisse pour la deuxième année consécutive, 2025 et 2026, on a du mouron à se faire.

Lors de la 79ᵉ Assemblée mondiale de la santé, l'Organisation mondiale de la santé (OMS) a exprimé des préoccupations concernant les progrès insuffisants dans la lutte contre les maladies d'origine alimentaire. Ces maladies, causées par des aliments contaminés par des bactéries, des virus, des parasites ou des substances chimiques, affectent chaque année 600 millions de personnes dans le monde, entraînant 420 000 décès et la perte de 33 millions d'années de vie en bonne santé, OMS.

Selon l'OMS, les capacités nationales de surveillance des maladies d'origine alimentaire se sont légèrement améliorées, mais restent insuffisantes.

L’Organisation mondiale de la santé (OMS) a présenté un bilan des progrès accomplis concernant la Stratégie mondiale pour la sécurité sanitaire des aliments lors de la 79e Assemblée mondiale de la santé.

Les données montrent que malgré une amélioration progressive de la surveillance des maladies d'origine alimentaire et de la contamination des aliments, les objectifs ne seront pas atteints au rythme actuel. FSN.

vendredi 13 mars 2026

Contamination croisée et dramatiques conséquences par l'exemple

Santé publique France est sélectif dans ses informations sur la santé publique et encore plus sur la sécurité des aliments.

Pas un mot sur les laits infantiles contaminés par une toxine de Bacillus cereus, mais abondance relative d’informations sur de cas de listériose en lien avec la consommation de produits de charcuterie prêts à consommer. 

Cela étant, le compte n’y est pas

Santé publique France communique le12 mars, sur un point au 10 mars de « Cas de listériose en lien avec la consommation de produits de charcuterie prêts à manger de l’entreprise Drôme Ardèche Tradition ».

La raison probable est que les produits de cet établissement sont susceptibles d’avoir été contaminés après cuisson

12 patients atteints de listériose, avec des prélèvements positifs réalisés entre le 13/10/2025 et le 23/01/2026. Parmi ces cas, 7 ont été recensés en janvier 2026. Aucun nouveau cas n’a été identifié depuis le 11/02/2026. 2 décès ont été signalés.

Les cas identifiés résident dans les régions : Auvergne-Rhône-Alpes (9), Bourgogne-Franche-Comté (1), Normandie (1), et Nouvelle-Aquitaine (1).

Depuis 2021, le nombre annuel de cas de listériose est en augmentation nette, avec 619 cas notifiés en 2024. Sur la période 2021-2024, l’incidence régionale moyenne de la listériose était la plus forte en Bretagne, en Normandie, et en Corse. Voilà que cette épidémie semble changer la donne ...

Origine de la contamination

Les investigations épidémiologiques ont permis d’identifier, début février, que plusieurs patients avaient consommé du pâté en croûte. Les enquêtes de traçabilité ont confirmé que ces produits provenaient d’une même entreprise, Drôme Ardèche Tradition (26). Par mesure de sécurité, la mise sur le marché de tous les produits de cet établissement susceptibles d’avoir été contaminés après cuisson a été suspendue. Un retrait-rappel des produits commercialisés (lien de Food Safety News plus fiable que celui fourni par la préfecture de la Drôme) a été lancé le 5 mars 2026.

A noter une notification au RASFF de l’UE, 2026.1933, le 12 mars de la présence de Listeria monocytogenes dans des produits de viande suite à un autocontrôle de l’entreprise, sans plus de précision ...

Les analyses du CNR des Listeria ont confirmé que des souches isolées de produits de l’établissement présentaient les mêmes caractéristiques que celles isolées chez les personnes malades.

Quelques questions

Pourquoi le rappel aurait dû être effectif plus tôt. 
Selon le ministère de l’agriculture« Les enquêtes alimentaires et de traçabilité engagées par les services de l’État autour de ces cas ont conduit, le 24 février 2026, à suspecter des produits mis sur le marché par l’établissement Drôme Ardèche Tradition situé à Bourg de Péage (26). Un contrôle de l’établissement a été diligenté et des prélèvements officiels ont donc été réalisés par les services de la Direction départementale de la protection des populations de la Drôme. Au vu des constats effectués lors du contrôle, un arrêté préfectoral de suspension d’activité a été pris et l’entreprise a procédé au retrait et au rappel de tous les produits fabriqués sur le site, sous la supervision des services de l’Etat. »

On ne connaît pas la quantité de Listeria monocytogenes présents dans ces aliments, élément utile pour comprendre cette épidémie ...

On cite l’entreprise, mais qu’en est-il des inspections sanitaires réalisées dans cette entreprise. Le site Alim’confiance ne nous apprendra rien, car « Suite à des contraintes techniques, les résultats des contrôles Alim'confiance sont provisoirement indisponibles. »

Comment se fait-il qu’en 2026, il existe encore des entreprises alimentaires qui ne savent pas que le cru et le cuit sont deux usines strictement séparées afin de prévenir toute contamination croisée ou transfert de contamination ?

mardi 26 décembre 2023

Canada : L'épidémie liée aux melons cantaloups a fait un nouveau décès. La liste des patients continue de s'allonger

«L’épidémie liée aux melons cantaloups au Canada a fait un nouveau décès. La liste des patients continue de s'allonger», source article de Coral Beach du 22 décembre 2023 paru dans Food Safety News.

Le nombre de personnes malades suite à une éclosion d'infections à Salmonella attribuée au cantaloup est en augmentation au Canada.

Il y a maintenant 164 patients confirmés en laboratoire, contre 129 patients signalés le 7 décembre par l'Agence de la santé publique du Canada. Une personne supplémentaire est décédée, ce qui porte le nombre total de décès à sept.

L'épidémie est liée à une épidémie aux États-Unis où 302 personnes sont tombées malades et quatre sont décédées.

Dans les deux pays, des personnes sont tombées malades entre la mi-octobre et la mi-décembre. L’épidémie est considérée comme en cours et les enquêteurs s’efforcent toujours de retrouver d’autres victimes.

Dans les deux pays, les très jeunes enfants et les personnes âgées ont été les plus durement touchés. Au Canada, 36% des victimes sont des enfants de cinq ans ou moins et 45% sont des personnes de 65 ans et plus.

Un certain nombre de rappels ont été lancés dans les deux pays, deux rappels étant essentiels aux épidémies. Les melons cantaloups entiers des marques Malichita et Rudy en provenance du Mexique semblent être à l'origine du problème et ont été rappelés aux États-Unis et au Canada. Cependant, des rappels supplémentaires de produits de melons cantaloup fraîchement découpés, y compris des produits à base de fruits mélangés, font également l'objet d'un rappel car ils contiennent du melon cantaloup des marques Malichita et Rudy.

Aux États-Unis, les produits à base de cantaloup rappelés sont répertoriés ici.

Au Canada, les listes des cantaloups rappelés peuvent être retrouvées ici en faisant défiler vers le bas sous le rappel individuel.

samedi 23 décembre 2023

Choses lues sur la sécurité des aliments, selon le Seismo Info de décembre 2023

Seismo Info, le célèbre couteau suisse de la sécurité des aliments de l'OSAV vous propose le numéro de décembre 2023
Certains des sujets ont été traités par le blog, voici donc une sélection des nombreux éléments diffusés par Seismo.

L'objectif de Seismo Info la détection précoce pour la sécurité des aliments.
Afin de garantir la sécurité des aliments à long terme et de prévenir les fraudes, l’OSAV identifie les dangers émergents pour la santé des consommateurs suisses. Détecter ces dangers suffisamment tôt permet de prendre les bonnes mesures au bon moment.

Microbiologie
Prévalence élevée de Clostridium perfringens virulent, multirésistant et formant des biofilms : Au total, 280 échantillons de viande, de contenu intestinal, d’eau et d’écouvillons passés sur les mains ont été analysés pour détecter la contamination par Clostridium perfringens. L’occurrence globale de C. perfringens atteignait 22,5%. Presque tous les isolats (95,24%) étaient multirésistants et 68,25% d’entre-eux formaient des biofilms. Foods, 7 pages. (20.11.2023).

Formation de biofilms et survie à la dessiccation de Listeria monocytogenes : Cette étude visait à caractériser la croissance et la diversité dans un cocktail de souches de L. monocytogenes pendant la formation d’un biofilm sur du chlorure de polyvinyle (PVC) et de l’acier inoxydable, en l’absence et en présence de différents microbiotes de l’environnement. Les résultats montrent qu’après un nettoyage et une désinfection, L. monocytogenes est capable de former des biofilms mono-espèce et multi-espèces sur le PVC avec une grande diversité de souches. IntJFoodMicr, 10 pages. (30.11.2023).

Listeria monocytogenes dans des aliments d’origine végétale prêts-à-consommer : Des échantillons de sandwichs végétariens et végétaliens, de mélanges de légumes à feuilles fraîchement coupés et de salades multiingrédients ont été collectés sur le marché belge afin d’analyser la prévalence de L. monocytogenes (par ex. pour 25 g de nourriture). L. monocytogenes n’a pas été détectée dans les échantillons de sandwiches (0 sur 51 lots), tandis qu’elle a été mise en évidence dans 1 lot de légumes à feuilles fraîchement coupés sur 51 et dans 6 lots de salades multi-ingrédients sur 48. IntJFoodMicr 1 page. (25.11.2023).

Des lacunes en matière de sécurité des aliments dans l’agriculture en milieu contrôlé aux États-Unis : Un article a mis en évidence les lacunes et les besoins qui doivent être comblés en matière de sécurité des aliments dans le secteur de l’agriculture en milieu contrôlé. Des recherches doivent être menées en particulier dans les domaines de l’eau, des semences et des substrats sans sol, ainsi que de la conception hygiénique, du nettoyage et de la désinfection. FoodSafetyMag, 3 pages. (23.11.2023). Publication originale : JFoodProt.

Influence des nouvelles sources d’alimentation sur la sécurité des aliments : L’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) a publié un résumé des conclusions d’une récente rencontre sur les aspects techniques et la réflexion prospective concernant les nouvelles sources d’alimentation et les nouveaux systèmes de production. La rencontre avait pour objectif d’évaluer les questions de sécurité des aliments liées aux produits alimentaires d’origine végétale, aux nouvelles applications de la fermentation de précision et à l’impression 3D alimentaire, ainsi que d’illustrer, par le biais d’un exercice de prospective, ce à quoi pourrait ressembler les nouveaux aliments et les nouveaux systèmes de production dans le futur. FoodSafetyMag, 5 pages. (05.12.2023). Publication originale : FAO.

Priorités de l’industrie des produits frais concernant la sécurité des aliments : Actuellement, il n’existe pas de vision globale claire des priorités définies par les membres de la communauté industrielle concernant la sécurité des aliments dans la chaîne d’approvisionnement des produits frais. Dans le cadre d’une étude, 281 participants ont classé 24 priorités en matière de sécurité des produits frais. La santé et l’hygiène, la formation, l’hygiène après la récolte, la traçabilité et l’assainissement des récoltes ont été classées parmi les cinq premières priorités en matière de sécurité des aliments. JFoodProt, 15 pages. (28.10.2023).

Bacillus cereus sensu lato isolé dans des baies crues et des produits à base de baies : On estime que Bacillus cereus est responsable de 1,4 à 12% de toutes les intoxications alimentaires dans le monde. Une étude récente s’est penchée sur le potentiel toxigène de 181 isolats de B. cereus récupérés sur différents types de baies et de produits à base de baies (fraises, framboises, mûres et myrtilles) en évaluant la présence de gènes d’entérotoxines (hblA, hblC, hblD, nheA, nheB, nheC et cytK) et d’un gène de céréulide synthétase (ces), une toxine émétique. Vingt-trois profils toxigéniques ont été trouvés. Foods, 11 pages. (03.11.2023).

Streptococcus suis dans la viande de porc : Les autorités sanitaires thaïlandaises recommandent vivement de ne pas consommer de porc cru ou pas assez cuit. Le département de contrôle des maladies a signalé qu’entre janvier et novembre 2023, 500 cas d’infection à Streptococcus suis se sont déclarés dans plusieurs provinces et 24 décès ont été constatés. Les patients ont déclaré avoir mangé du porc cru ou pas assez cuit, des repas contenant du sang de porc et avoir travaillé avec des animaux potentiellement infectés. ProMed, 3 pages. (05.11.2023). Publication originale : FSN.

Interaction entre les agents pathogènes et les produits prêts-à-consommer : Une étude récente publiée dans la revue Food Microbiology rassemble la preuve des interactions entre les bactéries entériques pathogènes et les fruits et légumes prêts-à-consommer. MedNewsToday, 5 pages. (06.11.2023). Publication originale : Food Microbiol.

Présence de Salmonella dans les insectes d’élevage : Les insectes constituent une source d’alimentation durable et riche en protéines. Il convient d’étudier et de réaliser un monitoring de la présence et de l’impact des pathogènes dans cette nouvelle chaîne d’approvisionnement, comme cela se fait pour les autres animaux de rente. Les sérovars de Salmonella Wandsworth et Stanley n’ont été isolés que dans un seul échantillon de grillons prêts-àconsommer. Une deuxième étude a permis de détecter des unités taxonomiques opérationnelles (OTU) liées à S. enterica dans des farines de grillons et de vers de farine. Aucune étude utilisant des mises en culture n’a mis en évidence de Salmonella dans les vers de farine. IntJFoodMicr, 10 pages. (09.11.2023). Voir aussi FSN.

Propagation de Salmonella Infantis multirésistante le long de la chaîne agroalimentaire : Récemment, une augmentation des cas de Salmonella Infantis multirésistantes porteuses des gènes blaCTX-M impliqués dans la résistance aux céphalosporines de troisième génération a été constatée dans l’UE. En Italie centrale, une étude a signalé la présence de souches de S. Infantis hébergeant des plasmides de type pESI, porteurs des gènes blaCTX-M1, à différents points d’échantillonnage le long de la chaîne agroalimentaire. Les résultats d’analyse ont confirmé la présence de plasmides de type pESI dans 97% des 35 échantillons prélevés. Au total, 118 gènes de virulence ont été identifiés dans les isolats hébergeant le plasmide de type pESI. IntJFoodMicr, 10 pages. (17.11.2023).

Chimie
Acrylamide et composés furanoïques dans les substituts de viande : Une étude a révélé que la teneur en acrylamide et en composés furanoïques après une cuisson à la poêle était plus importante dans les substituts de viande d’origine végétale que dans la viande conventionnelle. Si l’on considère la dose tolérable calculée par le groupe scientifique de l’EFSA sur les contaminants de la chaîne alimentaire, ces quantités ne présentent pas de risque pour la santé. Néanmoins, comme la consommation de nouveaux aliments d’origine végétale augmente, les recherches sur la formation de contaminants alimentaires dans les nouveaux aliments transformés doivent être poursuivies. FoodChem, 7 pages. (23.11.2023).

Exposition alimentaire à l’acrylamide dans les cantines espagnoles : Une étude a révélé que les pommes de terre transformées constituent la principale source d’acrylamide et que, selon la garniture choisie, le risque d’exposition peut être multiplié par plus de quatre. Le calcul de la marge des valeurs d’exposition pour les effets néoplasiques a indiqué que le risque pour la santé est important, et qu’il est plus élevé chez les femmes que chez les hommes, même si l’on ne considère que le repas principal de la journée. Foods, 15 pages. (25.11.2023).

Absorption d’arsenic et accumulation dans les haricots et la laitue : Une étude s’est penchée sur l’absorption d’arsenic et son accumulation dans les haricots et la laitue. Les plantes ont ainsi été arrosée avec de l’eau contaminée par de l’arsenic à différentes concentrations. L’étude a aussi évalué le risque que présente, pour la santé humaine, la consommation de ces légumes contenant de l’arsenic. Les résultats ont montré que la concentration d’arsenic varie selon les parties de la plante, avec des concentrations plus élevées dans la laitue que dans les haricots. Environ Sci Pollut Res Int., 12 pages. (02.11.2023).

Bioaccessibilité des PFAS dans le poisson pendant la cuisson : Une étude s’est penchée sur trois types de poissons ayant différentes teneurs en matières grasses. La bioaccessibilité des PFAS pendant le traitement de cuisson (vapeur et friture) a été évaluée en utilisant une simulation gastro-intestinale in vitro. Les résultats ont révélé que la bioaccessibilité d’un PFAS individuel variait considérablement en fonction de sa structure moléculaire, allant de 26,0 à 108,1%. La cuisson peut réduire la bioaccessibilité des PFAS, et la cuisson à la vapeur est plus efficace que la friture. JAgrFoodChem, 10 pages. (20.11.2023).

Nutrition
Consommation d’aliments ultra-transformés et multimorbidité : Une étude de cohorte prospective a été réalisé dans sept pays européens auprès de 266 666 participants (dont 60% de femmes) ne présentant pas de cancer, de maladie cardiovasculaire et de diabète de type 2 au moment du recrutement. Après un suivi d’une durée médiane de 11,2 ans, les résultats montrent qu’une consommation plus élevée d’aliments ultra-transformés (∼260 g/jour sans boissons alcoolisées) est associée à un risque accru de multimorbidité comme le cancer et les maladies cardiométaboliques. Les boissons sucrées et édulcorées artificiellement, les produits d’origine animale, les sauces, les pâtes à tartiner et les condiments ont été associés à un risque accru de multimorbidité, ce qui n’est pas le cas pour d’autres produits : cela suggère qu’il faudrait réaliser des analyses plus nuancées par sousgroupes pour les aliments ultra-transformés. Lancet Reg. Health - Eur., 20 pages. (01.12.2023).

Les marqueurs d’ultra-transformation sont plus fréquents dans les produits de viande végétale : Une étude a analysé les produits de viande végétale et les produits de viande conventionnelle prélevés sur un marché allemand et il en ressort que les marqueurs d’ultra-transformation étaient plus fréquents dans les premiers que dans les seconds. L’étude a aussi mis en évidence des différences dans la composition des nutriments, les produits de viande végétale ayant une teneur plus faible en énergie, en graisses totales, en graisses saturées et en protéines, mais une teneur plus élevée en glucides, en sucres, en fibres et en sel. Les chercheurs estiment que remplacer les produits de viande conventionnelle par des produits de viande végétale pourrait avoir des effets négatifs sur la santé en raison de la prévalence plus élevée des marqueurs ultra-transformés. PHN, 25 pages. (06.11.2023).

Ingrédients adaptogènes dans les aliments et les boissons : Ces derniers temps, les consommateurs montrent plus d’intérêt pour les ingrédients adaptogènes végétaux. Un groupe pharmaceutique passe en revue la littérature sur le sujet afin de mieux comprendre les nombreux ingrédients, leurs mécanismes d’action, leur étiquetage et leurs utilisations potentielles. La prudence est de mise pour la consommation de ces ingrédients, car certains peuvent interagir avec les hormones, comme l’ashwagandha, qui a été interdit au Danemark en 2023. FSN, 2 pages. (23.11.2023). Publication originale : SLV. Informations complémentaires : VitafoodsInsight.