« Salmonella dans des tomates cerises siciliennes : interdiction dans les cantines scolaires des Pouilles. Foyers en Lombardie, Latium et Frioul », source article de Roberto La Pira du 3 octobre 2026 paru sur le site il fatto alimentare.
Il s'agit de la même souche qui circule en Europe depuis 2023 et qui a touché 437 personnes. Des foyers ont également été signalés en Lombardie, dans le Latium et au Frioul. Et sans doute dans le Val Trompia ?
Interdiction des tomates crues dans les cantines des crèches, écoles, hôpitaux et maisons de retraite. Place aux légumes cuits ! Telle est la mesure demandée par la région des Pouilles aux municipalités et aux restaurateurs dans une déclaration urgente du ministère de la Santé. Selon la directive, citée par l’ANSA, cette décision fait suite à la réunion du Groupe de travail national du 30 septembre concernant les nombreux cas de salmonellose recensés dans les Pouilles, Lombardie, Latium et Frioul-Vénétie Julienne, attribués à la consommation de tomates fraîches, notamment de tomates cerises crues.
Pour les lecteurs d' Il Fatto Alimentare, ce n'est pas une surprise. Il y a un an, nous avions déjà signalé qu'une même souche de salmonelle, liée aux tomates cerises siciliennes, rendait malades des centaines de personnes en Europe. Et il y a deux semaines, alors que nous enquêtions sur l'épidémie dans les écoles de Val Trompia, un lecteur nous a suggéré de nous concentrer sur les tomates cerises. Aujourd'hui, cette hypothèse se confirme. Quatre régions, une seule souche.
La région des Pouilles interdit la consommation de tomates cerises crues dans les cantines scolaires.
La directive des Pouilles fait suite à une augmentation des cas de salmonellose à Salmonella Strathcona ST2559 et aux foyers de salmonellose recensés en septembre. Les enquêtes épidémiologiques menées par les services de prévention établissent un lien entre ces cas et la consommation de tomates fraîches, notamment de tomates cerises crues. Des analyses ont révélé la présence de Salmonella dans un lot de tomates provenant de la province de Caltanissetta. Les autorités sanitaires locales ont décrété une interdiction, applicable immédiatement, concernant les crèches, les écoles maternelles et primaires, les cantines d'hôpitaux, les EHPAD et les maisons de retraite.
Parallèlement, le ministère de la Santé a émis un avis de rappel concernant un lot de tomates cerises G&V Ortaggi, produites à Gela (Caltanissetta), en raison de la présence de Salmonella spp. Il s'agit du lot n°210, conditionné en emballages d'environ 6,5 kg (nous avons publié l'alerte il y a quelques jours). L'avis de rappel ne précise pas si le produit était destiné à la restauration ou à la vente au détail et ne contient aucune image. On ignore s'il s'agit du même lot que celui mentionné par la région des Pouilles.
De forts soupçons planent sur un lot de tomates cerises siciliennes.
Un problème connu depuis 2011
Des enquêtes menées en Autriche (2023 et 2025) et en Italie (2024) ont identifié les tomates cerises siciliennes comme source de la contamination. Une étude européenne collaborative a reconstitué 662 cas sur 14 ans, liés à une source commune, et estime que le nombre réel de cas est bien plus élevé. La découverte la plus significative concerne l'origine : en janvier 2025, la souche a été détectée dans l'eau d'irrigation d'un puits appartenant à un producteur sicilien.
L’ECDC a exigé des vérifications et des contrôles avant récolte, en commençant par l'eau d'irrigation. Les producteurs siciliens ont rejeté ce lien, affirmant qu'aucune contamination n'avait jamais été constatée dans les tomates analysées. Par ailleurs, en septembre 2026, une enquête allemande sur une épidémie ayant touché plus d'une centaine de personnes a de nouveau mis en cause les tomates italiennes.
Et qu'en est-il de Salmonella dans la vallée de Val Trompia ?
Selon la presse locale, les inspections des centres de restauration et des cafétérias n'ont révélé aucune anomalie. L'ATS a annoncé des tests sur des « repas tests » stockés, mais n'a pour l'instant divulgué ni le sérotype isolé chez les enfants, ni les résultats des analyses alimentaires. Cependant, un lecteur nous a écrit pour nous inciter à concentrer nos efforts sur les tomates cerises.
Aujourd'hui, la directive des Pouilles inclut la Lombardie parmi les quatre régions concernées, et nous savons que des foyers épidémiques liés aux tomates cerises dans les Pouilles ont été recensés en septembre. Les dates concordent. Cependant, le lien reste hypothétique : aucune autorité ne l'a confirmé. Il y a une semaine, nous avons écrit à l'ATS de Brescia pour obtenir des nouvelles de l'enquête, mais nous n'avons reçu aucune réponse.
Les laver suffit-il ?
Les bactéries proviennent généralement de l'eau d'irrigation, du sol, des engrais organiques ou des animaux sauvages et restent en surface. Dans de rares cas, cependant, Salmonella peut pénétrer dans la plante par des micro-lésions ou les stomates, notamment en cas de différence de température entre l'eau d'irrigation et l'eau de lavage.
Point crucial : la souche Strathcona a été détectée dans de l’eau d’irrigation d’une entreprise sicilienne. C’est l’une des raisons pour lesquelles, dans les cafétérias accueillant enfants, personnes âgées et malades, il est préférable de privilégier les légumes cuits.
Les questions qui demeurent
Pour les consommateurs, le risque en magasin demeure faible, mais les conseils de Paparella restent valables : bien laver les tomates à l’eau courante, nettoyer les plans de travail, les couteaux et les assiettes, choisir des fruits entiers et les conserver au réfrigérateur. Les jeunes enfants, les personnes âgées, les femmes enceintes et les personnes vulnérables peuvent privilégier les tomates cuites pour le moment.