Merci à André Heitz d’avoir publié ce texte sur son blog Agriculture,alimentation, santé publique... soyons rationnels que je relaie
bien volontiers.
Une
construction légale, financée et encadrée par l'État
En
2010, lorsque ces projets de réserves de substitution se sont
achevés, ils étaient pleinement conformes au cadre légal et
réglementaire en vigueur, au point d'avoir été autorisés par
l'État et financés à hauteur de 62,5 % par des fonds publics.
Aujourd'hui,
alors que les irrigants assument leurs emprunts et que les
cotisations issues de l'activité économique réalisée sur le
territoire ont largement contribué à rentabiliser l'investissement
public, l'acharnement de l'association Nature Environnement 17 à
saisir le tribunal administratif de Poitiers confine au harcèlement.
L'ordonnance de destruction va imposer aux agriculteurs un préjudice
et une charge financière considérables et hors normes qu'ils seront
dans l'incapacité d'assumer en plus de leurs dettes d'investissement
et dans un contexte agricole de crise sans précédent.
Un
non-sens mortifère pour notre production agricole et l'économie du
territoire
À
l'heure où l'Assemblée nationale et le Sénat viennent d'adopter
une loi d'urgence pour la protection et la souveraineté agricoles,
confortant le développement du stockage de l'eau, avec pour objectif
le doublement des volumes stockés d'ici dix ans, l'ordonnance de
destruction de quatre réserves de substitution constitue un non-sens
absolu, dans le contexte et à l'heure où l'on doit urgemment mettre
en place des outils d'adaptation au changement climatique pour
l'agriculture.
Nous
ne pouvons, d'un côté, acter, au niveau législatif, le doublement
des capacités, et, de l'autre, détruire des infrastructures
existantes, construites légalement, financées et intégrées aux
territoires. Cette situation heurte de plein fouet le principe de
cohérence de l'action publique, crée une insécurité juridique
pour le monde agricole, met en péril la survie de plusieurs
exploitations et soulève une interrogation fondamentale sur la
conciliation entre les orientations fixées par la législation et
l'exécution des décisions de justice.
L'agriculture
est aujourd'hui l'otage d'une situation administrative et judiciaire
ubuesque, incompréhensible et parfaitement inacceptable. Nous ne
pouvons accepter d'être le jouet d'une philosophie de bureau
déconnectée des réalités du terrain. Nos territoires ont besoin
de solutions concrètes, pas de la destruction d'outils qui
participent justement à leur adaptation.
Des
réserves à double intérêt en pleine période de sécheresse
Alors
que des vagues de chaleur et de sécheresse historiques frappent nos
territoires, ces réserves d'eau constituent un levier vital pour la
sauvegarde des exploitations et du territoire.
En
retenant une toute petite partie de l'eau de la nappe de surface
l'hiver, quand elle est abondante, ces ouvrages évitent les
prélèvements dans le milieu naturel durant les périodes critiques
l'été. Il est ainsi possible de concilier la préservation de la
ressource hydrique locale et la sécurisation de la production
agricole indispensable à notre souveraineté alimentaire.
Et
pourtant, en demandant la disparition de ces ouvrages, l'association
Nature Environnement 17 prend le risque de favoriser le retour de
prélèvements estivaux directs, précisément lorsque ceux-ci ont le
plus d'impact sur les cours d'eau. Un paradoxe difficilement
compréhensible. De plus, le refus de l'association Nature
Environnement 17 de participer à une médiation montre leur
vrai visage : ils n'ont aucune intention de trouver une issue
positive pour le territoire.
En
pleine période de sécheresse, et à l'heure où les incendies
s'intensifient, ordonner la destruction de ces réserves d'eau relève
presque de l'inconscience. Au-delà de leur rôle agricole, ces
infrastructures constituent des points de ravitaillement stratégiques
et vitaux pour les pompiers qui font face à de nombreux départs de
feu (forêts, récoltes, habitations, etc.). Détruire délibérément
des réserves, alors que les pompiers appellent à plus de moyens,
constituerait un crime pour nos territoires.
Ainsi,
nous apportons notre soutien plein et entier à l'ensemble des
agriculteurs-irrigants et des structures qui portent un ouvrage de
stockage d'eau pour nourrir leurs concitoyens. Tous font preuve d'un
courage sans faille et continuent de porter leurs projets dans cette
tempête de textes, d'études, d'arrêtés, d'injonctions et de
menaces sur leur avenir, qui va à l'encontre même de leur volonté
pour améliorer la situation.
L'agriculture
nourrit les Français, s'adapte chaque jour, fait évoluer ses
pratiques, diversifie ses assolements, réduit ses impacts et
contribue à corriger les erreurs du passé. Pour réussir cette
transition, elle a besoin d'outils d'adaptation. Les réserves de
substitution en font partie. Les détruire serait une faute pour
l'avenir de nos territoires. Nous utiliserons tous les leviers à
notre disposition pour faire barrage à cette décision.
Contacts
: ADIV & Aquanide - Octavine Daguet -
86adiv.communicationt@gmail.com
- 06 32 51 46 23. Irrigants de France - Guillaume Le Hoan - guillaume.le-hoan@agpm.com
- 06 16 09 42 30.
Source
« Cela
coûterait plus cher que la construction» : condamnés à
détruire leurs réserves d'eau, les irrigants font appel.