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samedi 27 juin 2026

La culture de la sécurité des aliments, c'est sur le terrain que cela se passe !

« Développer une culture de la sécurité des aliments grâce à des compétences concrètes sur le terrain », par Andrew Thomson et Matthew Wilson. Article paru dans Food Safety Magazine. Traduit et adapté par mes soins -aa.

Lorsque les compétences du personnel sont négligées, cela soulève des questions plus générales quant à l'engagement de la direction envers à la fois la protection des employés et des consommateurs. Construire une solide culture de la sécurité des aliments exige plus que des politiques et des audits ; cela nécessite un investissement constant dans les personnes chargées de fournir des aliments sûrs au quotidien.

Les décisions en matière de sécurité des aliments reflètent les priorités organisationnelles.

Culture de la sécurité des aliments : Quelle place occupent les compétences du personnel ?

La culture de la sécurité des aliments est un sujet d'actualité. Elle est largement abordée lors de conférences, ateliers et sur les réseaux sociaux. Ces discussions ont contribué à sensibiliser à des concepts clés tels que l'engagement de la direction et les valeurs partagées. Certains dirigeants réagissent en posant des questions pratiques sur les compétences et les performances, tandis que d'autres la relèguent au second plan. Dans une récente enquête (1, 2) publiée par Food Safety Magazine, plus de 170 entreprises alimentaires du monde entier ont été interrogées sur la culture de sécurité des aliments de leur organisation. De manière encourageante, 76 % des répondants ont indiqué que leur entreprise possède une bonne culture de sécurité des aliments.

Interrogés sur les indicateurs clés de performance qu'ils suivent et communiquent, les répondants ont cité des mesures telles que les résultats de la surveillance environnementale, les réclamations clients, les scores en hygiène, les écarts au HACCP et aux BPF, ainsi que les taux de résolution des actions correctives. Ce sont autant d'indicateurs importants de la performance du système de sécurité des aliments.

Cependant, les résultats soulèvent également une question importante : quelle est la place de la formation dans la construction d'une solide culture de sécurité des aliments ? Bien que de nombreuses entreprises alimentaires investissent massivement dans la formation à la sécurité des aliments et d'autres programmes d'apprentissage, l'efficacité de ces efforts est rarement mesurée en termes de capacité opérationnelle et de capacité des employés à appliquer systématiquement les connaissances et les compétences en matière de sécurité des aliments dans leur pratique quotidienne.

Plusieurs répondants ont également noté que les indicateurs de la culture de sécurité des aliments sont fréquemment définis et suivis au niveau de l'entreprise, avec une visibilité limitée au niveau de l'usine. Ce décalage peut rendre difficile pour les organisations d'évaluer si la formation en sécurité des aliments se traduit par une amélioration des performances là où cela compte le plus : dans leurs opérations quotidiennes. Lorsque les connaissances ne sont pas systématiquement mises en pratique, les erreurs et les écarts de processus sont plus fréquents.

Les articles précédents des auteurs ont exploré les fondements plus larges des compétences des personnels en matière de sécurité des aliments. L’article « Constituer un personnel qualifié et compétent dans l'industrie alimentaire » a souligné la nécessité pour l'industrie de dépasser une conformité superficielle et de se concentrer sur une véritable compétence. L’article « La compétence, et non la conformité, devrait être le moteur de la sécurité des aliments » a examiné comment les entreprises alimentaires doivent s'attacher à identifier et à gérer les risques au sein de leurs environnements de production ou de cuisine spécifiques. L’article « L'intérêt économique du développement des compétences en sécurité des aliments » a expliqué comment investir dans les compétences de la main-d'œuvre peut renforcer la résilience, réduire les risques et soutenir la compétitivité à long terme.

S'appuyant sur ces idées, cet article passe de la théorie à la pratique. Il examine ce que font les entreprises du monde entier pour renforcer les compétences en sécurité des aliments, combler les lacunes en matière de compétences et garantir que les exigences en matière de sécurité des aliments sont appliquées de manière cohérente sur le terrain. Nous proposons ici des approches pragmatiques et des perspectives pertinentes en nous concentrant sur une dimension souvent négligée de la culture de la sécurité des aliments : les compétences du personnel et leur application au quotidien.

Plutôt que de considérer la culture de la sécurité des aliments comme un concept abstrait, nous examinons comment les priorités du leadership, la confiance, la responsabilisation et les systèmes opérationnels créent les conditions propices à une application cohérente et efficace des compétences en matière de sécurité des aliments. Ainsi, la culture d'entreprise du secteur alimentaire devient un facteur clé de performance fiable.

Leurs observations, issues de différents secteurs de l'industrie alimentaire, alimentent notre réflexion sur la manière dont les entreprises peuvent dépasser le simple suivi des formations et des résultats d'audit, pour se concentrer sur le développement des compétences pratiques nécessaires à la production d'aliments sûrs.

Une culture de la sécurité des aliments forte doit se refléter dans les compétences et la rigueur opérationnelle du personnel, ainsi que dans la capacité des employés à appliquer leurs connaissances et compétences en matière de sécurité des aliments de manière fiable au quotidien.

Le cas Chipotle

L'approche de Chipotle, entreprise de restauration commerciale, impliquée dans une série d'incidents liés à la sécurité des aliments en 2015 est désormais fréquemment citée en exemple pour montrer comment une entreprise alimentaire peut mettre en place un système de sécurité des aliments et instaurer une discipline opérationnelle plus rigoureuse.

Le Conseil consultatif sur la sécurité des aliments (Food Safety Advisory Council) fournit des avis d'experts indépendants, tandis que le Conseil d'administration de Chipotle assure la supervision de la gouvernance et des performances en matière de sécurité des aliments. Cette surveillance externe garantit que la sécurité des aliments est traitée comme une priorité stratégique, étayée par l'expertise et une démarche d'amélioration continue. Ces structures de gouvernance témoignent, auprès des employés, des fournisseurs et des clients, du fait que la sécurité des aliments constitue une priorité pour la direction et fait l'objet d'un suivi constant.
Chipotle reconnaît que la performance en matière de sécurité des aliments ne repose pas uniquement sur des procédures documentées, mais aussi sur la capacité des employés, à tous les niveaux de l'exploitation, à les appliquer de manière cohérente.

Au sein des restaurants, le développement des compétences en matière de sécurité des aliments commence dès l'intégration. Les nouveaux employés suivent une formation structurée qui présente à la fois les procédures opérationnelles et les principes de sécurité des aliments qui les sous-tendent. Il est important de noter que Chipotle reconnaît que l'apprentissage ne se limite pas à l'enseignement formel. Les compétences pratiques s'acquièrent grâce aux routines quotidiennes, à l'encadrement et au rappel constant des exigences en matière de sécurité des aliments sur le terrain.

Les nouveaux membres de l'équipe participent à une formation en compagnonnage, travaillant initialement aux côtés de responsables expérimentés en sécurité des aliments. Cette approche permet aux employés d'observer la bonne exécution des tâches, de les pratiquer dans des conditions réelles et de recevoir un retour immédiat tout en assumant leurs responsabilités.
En associant un apprentissage structuré en situation de travail à un accompagnement et à une supervision, Chipotle renforce les exigences en matière de sécurité des aliments lors des opérations quotidiennes. Cela permet de s'assurer que les employés non seulement comprennent les exigences de sécurité des aliments, mais les appliquent également de manière cohérente dans leur travail, au quotidien. Cela démontre aussi aux employés que ces exigences sont activement soutenues dans les opérations courantes, et ne sont pas simplement énoncées dans les supports de formation.

Chipotle s'attache également à prévenir l'une des causes les plus fréquentes de maladies infectieuses d'origine alimentaire : le travail d'employés souffrants. Au début de chaque service, le responsable désigné pour la sécurité des aliments effectue et consigne une vérification de l'état de santé de chaque membre de l'équipe avant qu'il ne commence à travailler en cuisine. Les employés doivent confirmer l'absence de symptômes tels que vomissements, diarrhées ou nausées. Les visiteurs accédant aux zones de préparation des aliments sont soumis aux mêmes contrôles. Les employés signalant une maladie peuvent consulter des infirmiers formés pour déterminer s'ils doivent être écartés du travail ; un congé payé est prévu pour faciliter la prise de décisions appropriées. Chipotle a également investi massivement dans les compétences de son personnel grâce à des programmes structurés de formation et de certification.

La formation à la sécurité des aliments est renforcée par des sessions trimestrielles destinées à tous les employés des restaurants. Ces sessions sont axées sur les « Food Safety Seven » (les sept principes de sécurité des aliments) de l'entreprise, un ensemble de règles pratiques couvrant la santé des employés, l'hygiène, la manipulation des produits, le contrôle des températures, le nettoyage et la désinfection, ainsi que la procédure de signalement des problèmes potentiels. En rappelant régulièrement ces attentes, Chipotle veille à ce que les connaissances en matière de sécurité des aliments se traduisent par des pratiques quotidiennes cohérentes dans tous ses restaurants.

Ces pratiques illustrent la manière dont la culture de la sécurité des aliments se concrétise sur le terrain lorsque les entreprises investissent dans les compétences de leur personnel et créent les conditions permettant aux employés d'appliquer systématiquement ces compétences au quotidien.

Si ces systèmes opérationnels montrent comment une entreprise tente d'intégrer des compétences en sécurité des aliments à l'ensemble de ses activités, les défenseurs des droits des consommateurs soulignent que le véritable test d'une culture de sécurité des aliments réside dans l'efficacité avec laquelle ces attentes sont traduites en pratiques quotidiennes.

Les défenseurs des consommateurs en faveur d'une meilleure culture de la sécurité des aliments

Bien que les compétences techniques spécifiques requises dans le secteur alimentaire puissent varier d'un domaine à l'autre, un facteur demeure constant : la nécessité d'une culture de la sécurité des aliments forte et positive, portée par un personnel compétent. Cela inclut des personnes capables d'évaluer l'état de la culture de sécurité des aliments au sein de leur organisation, de communiquer des attentes claires concernant les pratiques sûres et de travailler en permanence au renforcement de ces pratiques.

Il est important de noter que lorsque les employés disposent de compétences adéquates et sont soutenus pour les appliquer de manière cohérente, les organisations sont bien plus à même de prévenir les maladies d'origine alimentaire et de protéger les consommateurs.

Lorsque les employés développent un sentiment d'appropriation plutôt qu'une simple conformité aux exigences ; cela renforce une culture solide de sécurité des aliments.

L'identification précoce des lacunes en matière de compétences est une autre capacité essentielle des organisations performantes. Les entreprises alimentaire solides ne partent pas du principe que leurs systèmes sont parfaits. Au contraire, elles anticipent l'existence de lacunes en matière de connaissances et de compétences et mettent en place des mécanismes pour les identifier avant qu'elles n'entraînent des incidents liés à la sécurité des aliments.

Bien que les enquêtes et les évaluations formelles puissent fournir des informations utiles, certaines des indications les plus précieuses proviennent d'échanges directs avec les employés. Demander aux employés comment et pourquoi ils effectuent certaines tâches peut révéler si les procédures sont réellement comprises. Lorsque la réponse est « Parce que je suis obligé de le faire », cela signale souvent une opportunité de renforcer la compréhension de la manière dont les rôles individuels contribuent à la sécurité des aliments et à la santé publique.

La formation seule conduit rarement à des améliorations durables de la performance. Sans renforcement, une grande partie de ce qui a été appris lors d'une formation formelle s'estompe rapidement. Une façon de relever ce défi consiste à expliquer clairement les raisons qui sous-tendent les attentes en matière de sécurité des aliments. Lorsque les employés comprennent les conséquences des défaillances en la matière, l'apprentissage prend tout son sens.

Les récits et les études de cas illustrant l'impact des maladies infectieuses d'origine alimentaire peuvent être particulièrement percutants. Des exemples aident les employés à faire le lien entre leurs tâches quotidiennes et les conséquences potentielles pour les consommateurs, créant ainsi ces moments de prise de conscience qui font passer l'apprentissage du stade de la simple conformité à celui d'un véritable engagement.
Il est tout aussi important d'intégrer les compétences en matière de sécurité des aliments dans le travail quotidien. Les pressions liées à la production, les pénuries de personnel et les contraintes de temps ne sont pas près de disparaître. Dans ces situations, les dirigeants doivent être prêts à prendre des décisions difficiles, notamment celle de ralentir ou d'arrêter la production lorsque les aliments ne peuvent être produits en toute sécurité.

Le comportement des dirigeants joue un rôle crucial dans le renforcement des attentes. Lorsque les dirigeants sont présents sur le terrain et respectent eux-mêmes systématiquement les procédures de sécurité des aliments, ils envoient un message clair quant aux priorités. Les employés prêtent une attention particulière aux actes des dirigeants, et pas seulement à leurs paroles.

Les organisations devraient aller au-delà des indicateurs traditionnels pour évaluer l'évolution de leurs capacités en matière de sécurité des aliments. Si des indicateurs tels que les réclamations, les rappels de produits et les conclusions d'audits restent importants, les comportements observables dans les ateliers de production fournissent souvent des signaux plus révélateurs de la performance réelle. L'entraide entre employés, la correction des pratiques dangereuses et la prise de parole lorsqu'une anomalie est constatée sont autant d'indicateurs montrant que les compétences en matière de sécurité des aliments sont réellement mises en pratique.

Points de vue de l’industrie sur les compétences en sécurité des aliments

S'appuyant sur ces observations, les auteurs ont posé aux dirigeants du secteur alimentaire une série de questions axées sur les capacités du personnel : quelles sont les compétences les plus importantes en matière de sécurité des aliments, comment les organisations identifient-elles les lacunes avant qu'elles n'entraînent des incidents, et quelles approches pratiques permettent de transformer les connaissances en une performance constante ?

Les réponses ont mis en évidence un thème récurrent. Si les connaissances techniques demeurent essentielles, l'application constante des compétences en sécurité des aliments dans les opérations quotidiennes repose sur une combinaison de compétences pratiques, de soutien de la direction et des systèmes organisationnels favorisant les comportements sûrs.

Ainsi, une entreprise a indiqué que les compétences les plus précieuses allient savoir-faire pratique sur le terrain et solide compréhension théorique. Parmi les compétences clés figurent les pratiques d'hygiène alimentaire, l'application des principes de HACCP, la vérification des compétences, l'analyse des causes profondes et une bonne maîtrise des risques microbiologiques. Elle souligne toutefois que le facteur le plus critique consiste à s'assurer que les employés comprennent les raisons qui sous-tendent les exigences en matière de sécurité des aliments. Lorsque les membres de l'équipe comprennent le « pourquoi » des choses, ils sont plus enclins à adopter des comportements cohérents favorisant la réduction des risques et le renforcement de la culture de la sécurité des aliments.

Une entreprise de traiteur organisant des événements d'entreprise et privés s'appuie sur une équipe opérationnelle centrale d'environ 20 employés répartis au Royaume-Uni, aux États-Unis et en Europe. Son dirigeant, a expliqué que pour identifier les lacunes en matière de compétences en sécurité des aliments, il fallait aller au-delà des simples suppositions sur l'efficacité de la formation et observer directement les comportements sur le terrain. Les quasi-incidents, les corrections répétées et les contrôles incohérents révélaient souvent des lacunes de compétences plus rapidement que les audits formels. En réponse, l'entreprise a remplacé les formations traditionnelles annuelles en salle par de courtes séances de remise à niveau axées sur les tâches et intégrées au travail quotidien. Les superviseurs ont également été formés et habilités à accompagner les équipes (coaching) plutôt qu'à simplement imposer la conformité, créant ainsi un environnement où les employés se sentaient plus à l'aise pour signaler des problèmes et proposer des améliorations.

En Allemagne, pour un distributeur de produits surgelés, la supervision de la culture de sécurité des aliments incombe à l’équipe qualité, qui a souligné l'importance de la conscience situationnelle et de la communication transversale. Les employés de tous les services doivent être capables de repérer et de signaler rapidement les anomalies, qu'il s'agisse d'arrêts d'équipement, de risques liés aux allergènes ou d'une contamination potentielle par des corps étrangers. La capacité des équipes de production, qualité et technique à communiquer efficacement et à coordonner les actions correctives et préventives en cas de problème est tout aussi cruciale.

Identifier les lacunes de compétences en sécurité des aliments sur le terrain

Lorsqu'on leur a demandé comment les organisations identifient les lacunes de compétences en sécurité des aliments au-delà des dossiers de formation et des résultats d'audit, les dirigeants interrogés ont insisté sur l'importance de l'observation directe et de l'interaction avec les employés sur le lieu de travail.

Cette entreprise laitière a expliqué qu'une supervision visible de l'assurance qualité joue un rôle clé. La présence régulière du personnel qualité dans les ateliers de production, les inspections de routine des bonnes pratiques de fabrication (BPF) et l'observation des comportements permettent aux superviseurs d'identifier les lacunes de compétences. Les non-conformités, qu'elles concernent la documentation, des écarts de processus ou des manquements aux procédures, révèlent souvent des problèmes de compétences sous-jacents nécessitant une formation ciblée ou un accompagnement.

Une approche similaire a été observée dans cette autre entreprise, où les équipes s'appuient largement sur des pratiques structurées sur le terrain pour mettre en évidence les lacunes de compétences. Les « tournées d'observation sur le terrain » dédiées à la sécurité des aliments encouragent les responsables à observer les comportements en matière d'hygiène, à poser des questions et à échanger directement avec les employés sur leur travail. Les réunions quotidiennes en atelier, impliquant les équipes de production, qualité et technique, offrent également l'occasion de discuter des problèmes émergents et d'harmoniser rapidement les actions correctives. D'autres sources de données, telles que les évaluations de la qualité dès la première exécution et la validation de l'hygiène par des analyses microbiologiques, fournissent des informations supplémentaires sur les domaines où les processus ou les pratiques des employés pourraient être améliorés.

L'observation des pratiques opérationnelles, plutôt que la simple consultation des dossiers de formation, a permis d'identifier une lacune spécifique en matière de maîtrise des allergènes lors de la préparation d’événements pur cette entreprise de traiteur. Bien que les employés aient suivi une formation formelle sur la sécurité des aliments, des irrégularités dans le changement de gants et une séparation insuffisante des zones de préparation « sans allergènes » sont apparues lors des périodes de forte activité.

Comme l'ont souligné ces professionnels du secteur, une fois les lacunes identifiées, il est nécessaire de mettre en œuvre des interventions pratiques et ciblées pour les combler, plutôt que de recourir à des formations généralistes axées uniquement sur la conformité.

Combler les lacunes en matière de compétences grâce à l'apprentissage pratique

Cette entreprise a expliqué que la résolution des lacunes en matière de compétences repose sur un cadre de formation structuré, étayé par une vérification documentée des acquis. Les employés suivent des plans de formation définis, bénéficient de tutorat et d'encadrement, et doivent démontrer leur maîtrise pratique avant d'être validés. Lorsqu'ils changent d'équipement ou de zone de production, le processus de formation est reconduit afin de garantir le maintien d'un niveau de compétence constant. Fait important, les non-conformités sont considérées comme des opportunités d'apprentissage visant à renforcer les compétences tout en préservant une culture positive de la sécurité des aliments.

Une autre entreprise a décrit une approche tout aussi pragmatique. Plutôt que de renvoyer le personnel en salle de formation, elle a mis en place de courtes séances de rappel axées sur des tâches spécifiques, dispensées lors des briefings précédant la prise de poste. Ces exercices en situation réelle simulaient des scénarios concrets de gestion des allergènes, obligeant les superviseurs à démontrer les bonnes pratiques. En quelques semaines, l'entreprise a constaté une réduction des quasi-incidents liés aux allergènes, une amélioration des résultats des audits internes et une augmentation des signalements de risques potentiels de contamination croisée par le personnel — signe que les employés se sentaient plus à l'aise pour s'exprimer.

Cette entreprise de surgelés a souligné l'importance d'instaurer la confiance et une communication ouverte pour remédier aux lacunes en matière de compétences. Les responsables de terrain encouragent le dialogue régulier et les retours constructifs, permettant ainsi de traiter les problèmes en amont. Cette démarche reflète le type d'engagement proactif qui est considéré comme essentiel pour identifier et combler les lacunes en matière de compétences.

Ces exemples montrent comment un leadership compétent, une communication ouverte et une observation directe sur le terrain permettent de traduire la culture de la sécurité des aliments en pratiques cohérentes. Les actions correctives sont adaptées à chaque situation : des formations de remise à niveau ciblées peuvent être proposées en cas d’omission d’étapes procédurales spécifiques, tandis que des séances de sensibilisation plus larges sont organisées lorsque des incidents récurrents se produisent au sein des équipes. Cette approche garantit la pérennité des améliorations grâce au renforcement des compétences et au partage des connaissances dans toute l’organisation.

Ces exemples illustrent que l’identification et la réduction des lacunes en matière de compétences en sécurité des aliments nécessitent un leadership actif, une observation continue et un renforcement pratique des compétences sur le lieu de travail. Les programmes de formation restent importants, mais ils sont plus efficaces lorsqu’ils sont associés à des systèmes permettant aux organisations de détecter rapidement les lacunes en matière de compétences et d’y répondre par des interventions ciblées qui améliorent les performances quotidiennes.

Leadership et sécurité des aliments sous pression opérationnelle

Interrogés sur la manière dont les responsables de première ligne et les équipes d’assurance qualité soutiennent l’application cohérente des compétences en matière de sécurité des aliments sous pression opérationnelle, les intervenants ont souligné l’importance d’un leadership compétent et de routines organisationnelles solides.

Cette entreprise laitière a expliqué qu’un leadership efficace commence par le développement de solides compétences chez les superviseurs et le personnel qualité. Les responsables doivent posséder des compétences polyvalentes et une solide connaissance des équipements et des processus qu'ils supervisent. Cette compétence opérationnelle leur permet de prendre des décisions éclairées lorsque la pression sur la production augmente, sans compromettre les normes de sécurité des aliments.

Il a été également souligné l'importance d'utiliser les données opérationnelles, de tenir des registres précis et d'effectuer des visites régulières pour maintenir la visibilité des risques. Ces pratiques permettent aux responsables et aux équipes d'identifier rapidement les problèmes émergents et de promouvoir les bons comportements au sein du personnel. Former les responsables à la culture de la sécurité des aliments renforce ce processus en veillant à ce qu'ils incarnent systématiquement les bons comportements et rappellent les attentes au quotidien. Lorsque les responsables sont présents et accessibles sur le terrain, les employés peuvent exprimer leurs préoccupations ou discuter des problèmes potentiels, au lieu d'avoir l'impression de devoir « frapper à une porte fermée » pour être entendus.

Ici, l’équipe qualité a souligné l'importance de routines structurées et d'une communication ouverte pour favoriser des performances sûres. Des contrôles réguliers sur la chaîne de production, la collaboration entre les services et des procédures opérationnelles claires contribuent à identifier rapidement les risques et à renforcer les bonnes pratiques grâce à un retour d'information direct. Il a été également mis en place un système de gestion des idées ouvert permettant aux employés de soumettre des suggestions d'amélioration à tout moment. En encourageant la participation et le dialogue, ce système contribue à renforcer l'engagement et soutient l'amélioration continue des pratiques de sécurité des aliments au sein de l'organisation.

Cette entreprise de traiteur dit que les responsables en première ligne ont un impact majeur car ils donnent le ton. Lorsque les superviseurs adoptent systématiquement de bonnes pratiques de sécurité des aliments, effectuent des contrôles rapides pendant le service et encouragent activement le personnel à s'exprimer, ces normes s'ancrent, même en période de forte activité.

L'assurance qualité soutient cette démarche en proposant des formations pratiques, fréquentes et étroitement liées aux opérations quotidiennes. Des rappels courts et ciblés, des repères visuels clairs et un retour d'information en temps réel sont bien plus efficaces pour renforcer les bonnes pratiques que de s'appuyer uniquement sur des audits formels ou des formations en salle.

Cette approche reflète les principes mis en avant : intégrer les compétences en matière de sécurité des aliments aux routines quotidiennes, veiller à ce que les responsables adoptent les bons comportements et créer un environnement où les employés comprennent l'impact de leurs actions et se sentent habilités à signaler leurs préoccupations. En associant un encadrement pratique à une culture de responsabilisation, les organisations renforcent leurs compétences et améliorent leurs performances globales en matière de sécurité des aliments.

Ces exemples soulignent que le maintien des règles de sécurité des aliments sous pression opérationnelle repose fortement sur les compétences du leadership. Lorsque les responsables de première ligne et les équipes qualité possèdent les compétences requises, suivent des procédures claires et utilisent des canaux de communication efficaces, ils peuvent renforcer de manière constante les exigences en matière de sécurité des aliments au sein de l'organisation, garantissant ainsi l'intégration des bonnes pratiques dans les opérations quotidiennes.

Interrogés sur les conseils qu'ils donneraient aux entreprises alimentaires souhaitant créer un cercle vertueux d'amélioration continue des compétences et des performances en matière de sécurité des aliments, les intervenants ont souligné l'importance de dépasser une approche purement conforme à la réglementation.

Les organisations doivent véritablement investir dans leurs employés. Ces derniers ont besoin des compétences, des connaissances et de la compréhension de l'importance de la sécurité des aliments pour contribuer de manière significative à la réduction des risques et à la performance de l'entreprise.

Il a également noté que les politiques et les procédures ne devraient pas être considérés uniquement comme des documents de référence lors d'audits ou d'inspections. Ils doivent au contraire servir d'outils dynamiques guidant les opérations quotidiennes. Intégrer ces attentes aux pratiques courantes, renforcer systématiquement les normes, valoriser les comportements positifs et considérer les erreurs comme des occasions de formation continue : autant d'éléments qui favorisent une amélioration durable.

Il est important de créer un environnement organisationnel propice à l'apprentissage et à l'ouverture. La confiance, des valeurs claires et une communication efficace encouragent les employés à prendre des responsabilités, à faire part de leurs préoccupations et à contribuer activement à l'amélioration de la sécurité des aliments.
ont également mis en avant le rôle de la collaboration interservices, du retour d'information constructif et du partage d'enseignements tirés d'expériences tant positives que négatives. Une fois ce socle culturel établi, les outils numériques, les tableaux de bord et les indicateurs de performance peuvent être utilisés efficacement pour suivre les tendances, identifier les problèmes émergents et orienter des améliorations ciblées.

Pour garantir une amélioration continue, les entreprises doivent envisager la sécurité des aliments comme un dialogue permanent. Les dirigeants doivent examiner les incidents, demander aux équipes comment optimiser les processus et ajuster ces derniers en conséquence. Lorsque le personnel participe activement à cette dynamique, la sécurité sanitaire devient une habitude plutôt qu'une simple contrainte de conformité.
Ces points de vue renforcent un message clé : l'amélioration continue de la sécurité des aliments repose sur le renforcement des compétences du personnel, l'encouragement d'une communication ouverte et l'intégration de l'apprentissage dans les activités quotidiennes.

De la formation au renforcement des compétences : consolider la culture de la sécurité des aliments

Les expériences partagées dans cet article par des acteurs de l'industrie et des représentants des consommateurs confirment un constat simple mais souvent négligé : la culture de la sécurité des aliments se reflète, en fin de compte, dans les compétences du personnel.

Si les politiques, les audits et les programmes de formation restent essentiels, ils ne suffisent pas à garantir la sécurité des aliments. Les entreprises alimentaires qui obtiennent des résultats constants en la matière misent sur le renforcement des compétences pratiques, l'observation des méthodes de travail et l'accompagnement des employés dans l'application de leurs connaissances au quotidien.

Bien que les approches puissent varier selon l'organisation, plusieurs thèmes communs se dégagent. Les responsables restent présents sur le terrain, les lacunes en matière de compétences sont identifiées grâce à l'observation et aux données opérationnelles, et des dispositifs de coaching ciblé ainsi que des formations axées sur les tâches concrètes sont mis en œuvre pour renforcer les capacités des employés.

Pour les entreprises souhaitant consolider leur culture de la sécurité des aliments, la voie à suivre est claire : investir dans les compétences du personnel, le leadership et des systèmes d'apprentissage pratiques permet de faire de la sécurité sanitaire non pas une simple obligation de conformité, mais une composante intégrée de la prise de décision quotidienne. En fin de compte, une culture solide de la sécurité des aliments ne se définit pas par ce que les entreprises du secteur alimentaire déclarent à ce sujet, mais par la constance avec laquelle les employés mettent en pratique les compétences appropriées.

jeudi 16 novembre 2023

Sécurité des aliments : Une enquête révèle les inquiétudes des petites entreprises en Irlande

«Une enquête révèle les inquiétudes des petites entreprises en Irlande», source article paru dans Food safety News du 16 novembre 2023.

Selon une enquête, près des deux tiers des entreprises sont très préoccupées par l'impact d'un audit ou d'une mauvaise application de la sécurité alimentaire sur leur activité.

L’étude a révélé qu'un peu moins de la moitié des entreprises alimentaires affirment que la sécurité des aliments et le respect des réglementations sont leurs principales priorités.

Alors que près des trois quarts des propriétaires et dirigeants d’entreprises alimentaires estiment être très bien informés en matière de sécurité des aliments, seuls 52% estiment que leur personnel possède ce niveau de connaissances sur le sujet.

Safefood a interrogé 400 propriétaires et dirigeants d'entreprises alimentaires en Irlande en juillet et août. Les entreprises concernées comptaient entre un et 49 salariés. Le groupe promeut la sécurité des aliments et la nutrition en Irlande du Nord et en République d'Irlande.

Trish Twohig, directrice de la sécurité des aliments chez Safefood, a dit : «Nous savons que diriger une entreprise alimentaire s'accompagne d'une longue liste de choses à faire et que la formation peut souvent rester en veilleuse en raison de demandes concurrentes ; plus de la moitié des entreprises ayant participé à notre enquête ont déclaré que trouver du temps était pour elles le plus grand défi en matière de formation du personnel. Le coût de la formation était le deuxième plus grand défi pour plus d’une entreprise alimentaire sur trois.

Module de formation pour les entreprises

Safefood a créé un outil de formation en ligne gratuit sur la sécurité des aliments pour les petites entreprises.

L'analyse des personnes ayant accès à la formation a révélé que 67% sont des apprenants du secteur de la vente au détail de produits alimentaires ou de la restauration, suivis de 17% dans l'enseignement et 14% travaillent dans la transformation et la production de denrées alimentaires ou d'aliments pour animaux.

«Avec déjà plus de 3 000 utilisateurs uniques, cela reflète la demande réelle parmi les propriétaires et les gestionnaires d'entreprises alimentaires de fournir une formation adaptée aux exigences de leur personnel», a dit Twohig.

La plateforme utilise des modules de formation multimédias et interactifs avec des mises en situation réelles. Les gestionnaires et les propriétaires de petites entreprises peuvent suivre les progrès du personnel pendant la formation, afin de pouvoir l'utiliser pour les nouveaux employés dans le cadre du processus d'intégration, comme recyclage pour ceux qui reviennent dans l'industrie ou comme formation de recyclage.

Les sujets abordés sont l'importance de la sécurité des aliments, de la microbiologie alimentaire, du contrôle de la température, de l'hygiène personnelle, du nettoyage, du contrôle des allergènes, de la lutte contre les nuisibles et HACCP.

Seany McCleary, un utilisateur de formation de Blasta Street Kitchen à Monaghan, a dit: «Nous sommes en affaires depuis 2017, et trouver du temps pour suivre une formation sur la sécurité des aliments peut être difficile. Je peux également vérifier en ligne comment cela marche. En tant que propriétaire d’une petite entreprise, cela me donne beaucoup de confiance.

jeudi 9 novembre 2023

Les agences alimentaires britanniques soulignent le manque de personnel dans un rapport sur les normes alimentaires

«Cet article montre que, malgré toute la technologie et la réflexion basée sur les risques, vous avez toujours besoin de troupes sur le terrain», nous dit un tweet de Joe Whitworth de Food Safety News.

«Les agences alimentaires britanniques soulignent le manque de personnel dans un rapport sur les normes alimentaires», source article de Joe Whitworth paru le 9 novembre 2023 dans Food Safety News.

Les agences alimentaires du Royaume-Uni ont soulevé des préoccupations en matière de ressources dans un rapport sur les normes alimentaires.

La Food Standards Agency (FSA) et Food Standards Scotland (FSS) ont publié un rapport examinant les normes alimentaires à travers le Royaume-Uni. Ce rapport a examiné si elles s’étaient améliorées, ont diminué ou sont restées les mêmes en 2022 et il constitue la deuxième analyse de ce type depuis que le Royaume-Uni a quitté l’Union européenne.

Les normes alimentaires sont jugées stables en 2022, malgré les pressions liées à l’inflation, à la pénurie de main-d’œuvre et à la guerre en Ukraine. Cependant, il existe des lacunes dans les rôles nécessaires pour assurer la sécurité des aliments, comme les vétérinaires et les inspecteurs des aliments. Sans suffisamment de personnes possédant les compétences nécessaires pour effectuer des contrôles, il sera plus difficile d'identifier, de surveiller et de répondre aux risques liés à la sécurité alimentaire, laissant ainsi les consommateurs et les entreprises vulnérables, ont dit la FSA et la FSS.

En 2022, la FSA et la FSS ont conseillé aux ministres d'ajouter cinq types de produits à la liste existante des aliments à haut risque non d'origine animale (HRFNAO pour High-Risk Food Not of Animal Origin) et d'augmenter les contrôles sur 13 autres. Trois produits ont été retirés de la liste et les contrôles ont été réduits sur cinq produits.

Des contrôles officiels intensifiés ont été appliqués à 11 reprises, dont cinq fois dans des usines de volailles au Brésil, en raison de la présence de Salmonella. Les problèmes persistants liés à Salmonella Enteritidis dans le poulet polonais ont entraîné une surveillance et un échantillonnage accrus de ces produits.

Manque de ressources

La professeure Susan Jebb, responsable de la FSA, a déclaré que la sécurité sanitaire et les normes alimentaires dépendent de bonnes procédures et de personnes qualifiées pour garantir que des contrôles appropriés soient effectués.

«Il faut du temps pour recruter et développer ces compétences et nous craignons que sans mesures spécifiques visant à renforcer la main-d'œuvre, notamment pour recruter davantage de vétérinaires officiels et d'inspecteurs des autorités locales, il ne soit pas possible de maintenir ces normes élevées à l'avenir. L’incapacité à recruter et à former des professionnels à des postes clés peut avoir des répercussions sur de nombreuses années à venir», a-t-elle dit.

Les données historiques d’inspection n’indiquent pas une réduction du respect par les entreprises des normes d’hygiène alimentaire. Il y avait 39 500 entreprises non notées fin 2022 en Angleterre, au Pays de Galles et en Irlande du Nord. On a également constaté une diminution des prélèvements par les autorités locales ces dernières années, ce qui rend plus difficile la détection d'éventuels problèmes de sécurité sanitaire et d'authenticité.

L'analyse de la FSA montre une baisse de 14% des postes d'hygiène alimentaire dans les autorités locales d'Angleterre, du Pays de Galles et d'Irlande du Nord au cours de la dernière décennie, avec plus de 13% des postes disponibles vacants. En Écosse, le nombre de responsables de la législation alimentaire qui effectuent des travaux en matière d'hygiène et de normes alimentaires a diminué d'un quart par rapport à 2016. Le nombre de responsables des normes alimentaires au Royaume-Uni a chuté de 45% par rapport à il y a 10 ans, et nombre d'entre eux sont également proches de la retraite. La FSA et la FSS ont déclaré que de tels problèmes peuvent augmenter le risque que des problèmes de sécurité des aliments soient ignorés.

La profession vétérinaire britannique a connu une baisse de 27% du nombre de personnes rejoignant le secteur entre 2019 et 2022, créant des problèmes pour garantir qu'il y ait suffisamment de vétérinaires officiels (VO). Le manque de VO présente des risques pour la santé et le bien-être des animaux, une perturbation potentielle de l’approvisionnement alimentaire national et la capacité d’exporter des produits d’origine animale.

Heather Kelman, responsable de la FSS, a djt qu'il était important de reconnaître les défis à venir et les problèmes potentiels qu'un manque de ressources dans les rôles d'agent de santé environnementale et de VO pourrait causer au système alimentaire.

«Il est essentiel que, ensemble, nous fassions tout ce que nous pouvons pour garantir que nous disposons d'un système d'assurance modernisé pour soutenir les entreprises qui fournissent des aliments sûrs pour tous et que les normes alimentaires élevées du Royaume-Uni soient maintenues, malgré les pressions sur les coûts et la main-d'œuvre que nous avons. continuer à faire face», a-t-elle dit.

Épidémies et criminalité alimentaire

L'analyse des incidents signalés et des épidémies d'origine alimentaire, les résultats des programmes nationaux d'échantillonnage et les renseignements sur la criminalité alimentaire ne suggèrent aucun changement significatif dans les normes de sécurité sanitaire et d'authenticité des aliments au cours de 2022, ont dit la FSA et la FSS.

Entre janvier et décembre 2022, 40 foyers ont fait l’objet d’une enquête. Onze étaient dus à Salmonella, huit à Clostridium perfringens, cinq à Listeria et trois chacun à STEC O157 et trois à non-STEC O157.

Le taux de la plupart des maladies d'origine alimentaire est revenu aux niveaux d'avant la pandémie en 2022. Cependant, les cas de E. coli producteurs de shigatoxine (STEC) O157 ont atteint leur niveau le plus élevé depuis 2015, en grande partie en raison d'une épidémie majeure survenue à l'été 2022. Les cas à Salmonella ont augmenté mais restent inférieurs aux niveaux d’avant la pandémie de COVID-19. Les infections à Campylobacter et Listeria monocytogenes sont comparables aux chiffres d’avant la pandémie.

En Angleterre, au Pays de Galles et en Irlande du Nord, la National Food Crime Unit (NFCU) s'est concentrée sur la lutte contre les menaces dans le secteur de la viande rouge, le détournement de sous-produits animaux dans la chaîne alimentaire et la vente en ligne d'articles tels que la drogue diététique illégale 2. ,4-Dinitrophénol (DNP).

Les enquêtes de la Scottish Food Crime and Incident Unit (SFCIU) ont porté sur des soupçons de fraude liés à de la contrefaçon d'alcool ainsi que la traçabilité et la falsification dans la chaîne d'approvisionnement en viande et l'abattage illégal. Elle s'est également attaquée à la fraude concernant le thé, les confiseries et le miel cultivés en Écosse.

Commentaire

En France, selon le ministère de l’Agriculture, «A partir de 2024, une augmentation de 10% des contrôles est prévue grâce à l’apport de cette délégation. Elle doit aussi permettre d’accroître la fréquence de contrôle des établissements de remise directe de +80% (commerces de bouches, détaillants, GMS, restaurants commerciaux, etc.) se traduisant par la réalisation de 100 000 contrôles annuels.»

Le souci, ce n'est pas dit, quand seront réalisés les 100 000 contrôles annuels, vœu pieux ou volonté d’aboutir ?

Une augmentation de 10% des contrôles en 2024 signifie que nous aurons peut-être atteint les chiffres de 2016 !

mercredi 25 octobre 2023

Ecosse et le manque de personnel en sécurité des aliments

 Le problème est connu et des efforts sont faits pour le résoudre mais quand même ...

«Le manque de personnel en sécurité des aliments en Écosse est un désastre imminent», source Daily News du 23 ocyobre 2023.

Il est profondément préoccupant qu’un quart des conseils ne disposent pas de suffisamment d’agents de sécurité aliments. Le fait qu’il y ait un déficit de 20% du nombre d’officiers dans la plupart des conseils écossais est profondément inquiétant.

Il s’agit d’une catastrophe imminente qui risque de provoquer une crise de santé publique majeure. Il n’est pas surprenant que le Brexit ait aggravé le problème.

Les agents de sécurité des aliments jouent un rôle essentiel en s'assurant que les entreprises vendent des produits légaux et respectent les règles de santé et de sécurité sanitaire.

Faire des économies ne peut pas être une option en matière de sécurité des aliments. Mais le problème n’est pas isolé. Il n’y a pas suffisamment d’agents de santé environnementale et les effectifs des agents de sécurité des aliments vieillissent.

Avec seulement 5% des responsables de la sécurité des aliments de moins de 35 ans et près de la moitié des agents des conseils ayant un âge moyen supérieur à 50 ans, le problème ne fera que s'aggraver.

Ce manque de spécialistes est un autre reflet du mauvais état de nos autorités locales. Ils souffrent d’un sous-financement chronique depuis des années et si rien n’est fait, il y aura bientôt un énorme problème.

Si nous ne pouvons même pas vérifier que nos aliments et notre eau sont saines, la situation est désastreuse.

Après avoir connu une pandémie et toujours au milieu d’une crise du coût de la vie, la dernière chose dont nous avons besoin en ce moment est une autre alerte alimentaire comme la listeria, la grippe aviaire ou E. coli.

Les conseils ont besoin d'un financement adéquat dès maintenant pour pouvoir au moins assurer les tâches de base, comme garantir la sécurité des aliments.

Commentaire

Comparaison n’est pas raison et pourtant en France on est passé, selon les données de la DGAL, de 86 239 inspections en sécurité des aliments en 2012 à 48 960 en 2023, Cela fait quelques dizaines de pourcentage en moins, le tout dans le plus grand silence ! Qui s’en est inquiété ?  Et maintenant, on entend soi disant rattraper le retard avec une police sanitaire unique ...

lundi 17 octobre 2022

Royaume-Uni : La Food Standards Agency aux prises avec un déficit de compétences après le Brexit, selon un rapport

Après Un vent mauvais souffle sur la sécurité des aliments au Royaume-Uni et La Food Standards Agency présente un plan pour combler les lacunes du système de laboratoires, voici «La FSA aux prises avec un déficit de compétences après le Brexit, selon un rapport», source Food Safety News du 17 octobre 2022.

Selon un rapport, des autorités telles que la Food Standards Agency (FSA) sont aux prises avec un déficit de compétences après la sortie du Royaume-Uni de l'Union européenne.

Le House of Commons Public Accounts Committee (Comité des comptes publics de la Chambre des communes) a dit que les agences avaient du mal à recruter et à conserver les compétences nécessaires pour réglementer efficacement dans leurs rôles nouveaux et élargis.

Il y a une pénurie de vétérinaires pour surveiller la sécurité des aliments et le bien-être des animaux dans les abattoirs et de toxicologues pour évaluer les risques alimentaires et la sécurité chimique, ce qui augmente les risques pour les consommateurs.

Un manque de vétérinaires dans les abattoirs en raison d'une demande accrue a conduit à des mesures temporaires à l'automne 2021 pour s'assurer qu'il y avait suffisamment de personnel. La FSA revoit les rémunérations et les conditions pour rendre la carrière plus attractive. Environ 95% des vétérinaires fournis par Eville and Jones viennent de l'étranger.

La FSA a écrit aux propriétaires d'abattoirs et d'ateliers de découpe au sujet des changements potentiels concernant la manière dont les contrôles sont effectués par les vétérinaires officiels.

Junior Johnson, directeur des opérations de la FSA, a dit : «Malgré les difficultés de recrutement vétérinaire, l'agence a maintenu une prestation de service complète et continue des contrôles officiels dans les abattoirs et il n'y a eu aucune interruption de service à ce jour.»

«Les vétérinaires officiels sont cependant très rares et nous travaillons avec des partenaires pour trouver des solutions à ce qui est un problème de ressourcement systémique afin que la FSA puisse continuer à fournir un service fiable à l'industrie et à maintenir la sécurité des aliments, protéger la santé et le bien-être des animaux, et permettre aux entreprises de vendre de la nourriture au pays et à l'étranger.»

Ressources et accès au système réduits
La FSA a également perdu l'accès complet au système d'alerte rapide pour les denrées alimentaires et les aliments pour animaux (RASFF), qui donne aux pays membres de l'UE des informations sur la sécurité des aliments. L'agence a estimé qu'elle avait besoin d'environ 65% de ressources humaines supplémentaires pour fournir le même échange international d'informations.

Le Royaume-Uni a également été exclu du réseau des chefs d'agences de sécurité des aliments et s'est donc recentré sur le Forum international des chefs d'agences alimentaires, qui comprend l'Australie, l'Irlande, le Japon, Singapour, la Chine et l'Arabie saoudite.

Les services réglementaires ont été invités à modéliser des réductions de personnel de 20% à 40%. La FSA a déclaré qu'une réduction de 20% aurait un impact significatif sur l'industrie de la viande qui ne peut pas mettre de viande sur le marché au Royaume-Uni ou l'exporter sans surveillance vétérinaire. La réglementation actuelle définit le rôle des vétérinaires dans les contrôles d'hygiène de la viande et des changements nécessiteraient de nouvelles lois.

Les retards du gouvernement signifient que la FSA n'effectuera pas de contrôles complets des importations d'aliments à haut risque importés de l'UE avant la fin de 2023.

Impact des différentes règles
Les divergences entre l'UE et le Royaume-Uni, et au sein du marché intérieur britannique offrent des opportunités, mais peuvent rendre la législation moins efficace et plus coûteuse pour les services réglementaires, les consommateurs et les entreprises. Un exemple est l'interdiction de l'UE sur le dioxyde de titane, qui est toujours autorisé comme additif alimentaire au Royaume-Uni.

Les plans à plus long terme incluent la réforme des contrôles d'hygiène dans l'industrie de la viande afin d'introduire une approche davantage basée sur les risques. Cependant, de tels changements pourraient empêcher les exportations de viande vers l'Europe si les articles sont produits selon des règles différentes.

Meg Hillier, présidente de la commission des comptes publics, a dit : «Six ans après le vote sur le Brexit et avec des accords commerciaux internationaux clés encore en suspens pendant des années, les retards répétés dans la mise en œuvre d'un nouveau régime d'importation continuent d'avoir un impact sur les entreprises britanniques et d'augmenter les risques pour les consommateurs. . Les effets d'éventuelles réductions d'effectifs allant jusqu'à 40% ne sont pas clairs mais, s'ils étaient mis en œuvre, ils rendraient les modèles réglementaires actuels insoutenables sans une réforme fondamentale, y compris des modifications de la législation.»

«La mauvaise préparation et planification du gouvernement s'est combinée aux réalités politiques internationales et le résultat est l'exposition des consommateurs et des entreprises britanniques à des risques et des coûts plus importants. Les services réglementaires et les départements politiques doivent maintenant identifier l'impact des réductions potentielles sur le risque réglementaire et définir les domaines où des changements importants dans le modèle réglementaire seraient nécessaires pour les atténuer.»

Commentaire
Je rappelle à ceux qu’il l’auraient oublié que nous aussi Français avont voté contre dans le référendum sur la Constitution européenne par 54,86% versus 45,14% qui étaient pour. La participation était de 70% …

Bien sûr, c’est la galère au Royaume-Uni (peut-être aussi en France, où l'on ne sait pas bien où l'on va), mais au moins il a été tenu compte du vote des électeurs !

dimanche 7 août 2022

Pourquoi certains programmes de formation à la sécurité des aliments réussissent là où d'autres échouent ?

«Pourquoi certains programmes de formation réussissent là où d'autres échouent : résultats et analyse d’une enquête mondiale sur la formation en sécurité des aliments», source alchemy systems.

Les résultats et l'analyse de l'enquête mondiale sur la formation en sécurité des aliments 2022 sont disponibles. Les données de plus de 2 000 entreprises ont été analysées et croisées pour identifier clairement les pratiques et caractéristiques spécifiques qui permettent à certaines organisations d'obtenir de meilleurs résultats grâce à leurs efforts de formation en sécurité des aliments.

L'enquête 2022 a reçu 2 118 réponses individuelles de professionnels du secteur.

En tenant compte de ceux qui ont identifié leurs réponses comme représentant les multiples installations qu'ils gèrent, l'enquête 2022 présente les données de plus de 3 000 installations de production alimentaire dans le monde.

Pour télécharger ce rapport gratuit, il vous faut fournir des coordonnées, puis vous pourrez accéder à des dizaines de données qui tracent un plan clair et éprouvé pour de meilleures pratiques de sécurité des aliments sur le terrain. Vous pouvez utiliser cette étude indépendante pour soutenir vos efforts visant à fournir les ressources nécessaires pour répondre aux besoins en constante évolution de notre industrie en matière de sécurité des aliments.

Ce rapport de 56 pages commence par une inspection de haut niveau sur l'état de la formation à la sécurité des aliments, et présente une série de constats contradictoires. Par exemple, seules 12% des entreprises estiment qu'elles ne sont pas en mesure de fournir de la formation à la sécurité des aliments nécessaire pour adopter des comportements appropriés et cohérents en matière de sécurité des aliments. Pourtant, 60 % de ces mêmes entreprises affirment que malgré toute la formation qu'elles dispensent, elles ont encore des employés qui ne suivent pas leurs programmes de sécurité des aliments sur le terrain.

Parmi les nombreuses conclusions clés du rapport, vous apprendrez :
- des éléments d'action clés que tout établissement peut mettre en œuvre pour améliorer les résultats en matière de sécurité alimentaire
- La quantité de formation en sécurité des aliments nécessaire pour éviter la «zone dangereuse» menant à un plus grand risque d’incidents de sécurité des aliments
- Comment l'adaptation de la formation à des rôles professionnels spécifiques augmente la probabilité de 22% à 81% qu'un employé en première ligne interrompra la production si nécessaire pour prévenir un incident lié à la sécurité des aliments.
- Les employés très motivés sont plus de 2 fois plus susceptibles de respecter systématiquement les protocoles de sécurité des aliments sur le terrain.
• Les cinq actions que les organisations peuvent prendre pour maintenir la motivation des employés et améliorer les résultats en matière de sécurité sanitaire des aliments. Par exemple, 78% des entreprises disposant d'un programme de perfectionnement avancé ont des employés très motivés, contre 43% pour les entreprises sans programme de perfectionnement.

Parce que le risque et les ramifications sont si élevés, la récompense de l'amélioration est également grande.

Vous trouverez ci-dessous un récapitulatif consolidé de cinq meilleures pratiques qui, selon les données, peuvent conduire à une plus grande sécurité des aliments
au sein d'une entreprise.

1. Offrir au moins 16 heures de formation en sécurité des aliments par an aux employés en première ligne, de préférence plus de 30 heures.
2. Inclure des exemples spécifiques au site comme des photos et des vidéos dans le matériel de formation des employés sur la sécurité des aliments.
3. Adaptez la formation que les employés reçoivent au rôle spécifique de cet employé.
4. Utiliser un learning management system (LMS) qui est un logiciel qui accomagne et gère l'apprentissage .
5. Mettre en œuvre et maintenir un programme de perfectionnement.

De plus, les entreprises dont les employés sont très motivés réussissent beaucoup mieux à réduire les risques liés à la sécurité des aliments que les employés sans motivation. Gardez cela à l'esprit lorsque vous envisagez les recommandations ci-dessus et leur impact sur la motivation des employés.

Détaillons le point 3 ci-dessus, Adapter la formation à des rôles spécifiques:
Offrir le même contenu de formation à tous les employés, quel que soit leur rôle, est une pratique dangereuse. Lorsque le contexte de l'apprentissage n'est pas pertinent pour le rôle spécifique d'un employé ou le domaine d'un usine de fabrication, une personne commence à «se déconnecter». C'est naturel puisque ce n'est pas lié à son activité ou ce n’est pas clair de savoir comment il s'appliquerait cela à ses activités quotidiennes.

Par exemple, un employé, qui travaille dans un entrepôt conduit des chariots élévateurs et utilise des palettes, vit un environnement de travail quotidien différent avec des responsabilités différentes de celles d'un employé travaillant sur une ligne de production.

Si ce conducteur de chariot élévateur reçoit une formation sur la sécurité sanitaire des ligne de production - ce qui n'est pas son rôle - il ne s’identifiera pas au contenu et pourrait commencer à perdre en concentration. Ainsi, lorsqu'une formation pertinente est présentée, comme les pratiques sécuritaires d’utilisation des palettes, ils pourrait déjà être déconnecté. Cela pourrait conduire à manquer des informations critiques pour leur travail qui pourraient entraîner des aliments endommagés et contaminés si certains articles sont empilés sur d'autres.

Si cet exemple n'est pas suffisamment illustratif, les faits ci-dessous devraient l'être.
- Il y a 2 fois plus de chances que les employés ne respectent pas les protocoles de sécurité des aliments lors d’une formation non spécifique à leur rôle, 42 % avec formation spécifique à leur rôle, 81 % sans.
- 70 % des entreprises disposant d'une formation métier ont des salariés très motivés. Inversement, les entreprises qui déclarent ne pas adapter la formation à des rôles spécifiques sont 3 fois plus susceptibles d'avoir employés non motivés.
- Dans les entreprises disposant d'une formation spécifique au rôle, 82% auront des employés qui arrêtent la production pour éviter tout risque pour la sécurité des aliments contre seulement 22 % sans.

Autre exemple 
Disparité dans la sensibilisation à la culture de la sécurité alimentaire et l'action sur le terrain
Lorsqu'un risque pour la sécurité des aliments est présent, soit la production est arrêtée, soit elle se poursuit. Comme pour la plupart des mesures de sécurité des aliments, il n'y a pas d'intermédiaire. La production devrait être arrêtée. Cela met en évidence une autre disparité : que 81% des entreprises comprennent parfaitement ce qu'il faut pour construire et maintenir une solide culture de la sécurité des aliments, mais seulement 22% reflètent qu’il s’agit de l'un des résultats les plus importants d'une telle culture.
L'enquête mondiale sur la formation en sécurité des aliments a été conçue en partenariat avec les sponsors de l'étude : Intertek, Alchemy et Campden BRI, en partenariat avec BRCGS, BSI, Cultivate, SGS, Safe Quality Food Institut et TSI.

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C'est à lire !

Aux lecteurs du blog
La revue PROCESS Alimentaire censure pour une triste question d’argent les 10 052 articles initialement publiés gracieusement par mes soins de 2009 à 2017 sur le blog de la revue, alors que la revue a bénéficié de la manne de la publicité faite lors de la diffusion de ces articles. La revue PROCESS Alimentaire a fermé le blog et refuse tout assouplissement. Derrière cette revue, il faut que vous le sachiez, il y a une direction aux éditions du Boisbaudry, pleine de mépris, et un rédacteur en chef complice !