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lundi 26 octobre 2026

Récits et risques : comment des histoires façonnent les perceptions liées à la sécurité sanitaire des produits laitiers, une analyse narrative

Voici un article à paraître dans Journal of Food Protection, et je vous recommande tout particulièrement, « Récits et risques : comment des histoires façonnent les perceptions liées à la sécurité sanitaire des produits laitiers, une analyse narrative »

Faits saillants

- Les récits relatifs aux catastrophes rares peuvent nuire à la perception de la sécurité intrinsèque des aliments .
- Les récits alarmistes gagnent rapidement en popularité et persistent souvent même après que les risques ont été réduits.
- Les résultats scientifiques mesurés attirent moins l'attention du public que les récits alarmistes.
- Privilégier la recherche sur les risques futurs plutôt que l'étude répétée des incidents passés.
- Présenter les résultats scientifiques de manière claire et attrayante afin d'éviter toute mauvaise interprétation.

Résumé

La perception de la sécurité des produits laitiers est souvent fortement influencée par des récits qui mettent l'accent sur des événements rares et médiatisés plutôt que sur des évaluations des risques régulières et fondées sur des données probantes. Cet article examine comment les communications techniques et non techniques ont contribué à l'inquiétude persistante, et parfois disproportionnée, du public concernant les préparations pour nourrissons, en comparant la chronologie et le message de deux études de cas : (i) la crise de la contamination à la mélamine de 2008 en Chine et (ii) l'enquête de Consumer Reports de mars-avril 2025 sur les contaminants chimiques dans les préparations pour nourrissons. En combinant l'analyse de la littérature scientifique et l'étude de la chronologie médiatique, nous comparons le contenu des données toxicologiques, cliniques et épidémiologiques primaires avec la manière dont elles sont présentées et amplifiées dans les titres de la presse et les résumés populaires. Nous constatons que les récits alarmistes ont rapidement acquis une grande visibilité et une longue durée de vie, tandis que les résultats scientifiques mesurés ultérieurs ont reçu une attention publique comparativement limitée. Dans l'exemple de Consumer Reports, l'étiquetage catégoriel des produits, fondé sur de faibles différences de concentration (par exemple, des différences à l'échelle du µg/kg) et des hypothèses d'exposition prudentes, a été facilement décontextualisé par les médias, aboutissant à des présentations simplistes « sûr/dangereux » susceptibles d'induire en erreur un public non spécialisé. Cet article soutient que la distinction entre détection des dangers et gestion des risques, la communication transparente des niveaux d'analyse et des hypothèses d'exposition, ainsi que la promotion de résultats nuls lors des contrôles de routine sont essentielles à l'élaboration d'un discours public proportionné. Des recommandations pratiques sont proposées aux chercheurs, aux communicants et aux organismes de réglementation afin d'améliorer la présentation des risques, de limiter la diffusion involontaire d'inquiétudes et de favoriser une compréhension publique équilibrée et fondée sur des données probantes de la sécurité des produits laitiers.

Introduction

En matière d'évaluation des risques, un « danger » est un agent ou une situation susceptible de causer un dommage. Dans le secteuralimentaire, les dangers pour la sécurité des aliments comprennent les dangers chimiques et microbiologiques. Les dangers chimiques incluent des substances, des résidus d'antibiotiques et des métaux lourds, dont la dangerosité dépend de leur concentration et de leur toxicocinétique. Les dangers microbiologiques peuvent inclure (sans s'y limiter) Salmonella, Listeria, Escherichia coli, Bacillus cereus et Staphylococcus aureus, la dangerosité dépendant du nombre de bactéries viables et/ou de la dose infectieuse des micro-organismes et/ou de leurs toxines. Le risque combine la probabilité de dommage lié à ces dangers avec la gravité des conséquences (Risque = Probabilité × Conséquence) et dépend donc de la dose, des voies d'exposition et du contexte (par exemple, transformation, stockage, sensibilité de l'hôte).

Les dangers peuvent être inhérents à un produit ou à un procédé, mais peuvent également être introduits par des actes délibérés, des accidents ou une négligence. Les termes « adultération » et « contamination » sont souvent associés à des risques introduits, mais la terminologie employée est hétérogène et peut prêter à confusion. Les dictionnaires définissent généralement l’adultération alimentaire comme l’ajout, la substitution ou le retrait de substances qui diminuent la valeur ou la qualité d’un aliment, sans distinction entre les actes intentionnels et non intentionnels. L’usage réglementaire varie selon les juridictions ; notamment, la FDA des États-Unis utilise une définition juridique large du terme « adultéré » qui englobe les aliments dangeruex pour la santé, contaminés ou préparés/manipulés dans des conditions insalubres. Ainsi, un lait présentant une prolifération bactérienne excessive peut être qualifié d’« adultéré » même si aucune contamination n’a été intentionnellement ajoutée. Aux États-Unis, en vertu de la loi fédérale américaine sur les aliments, les médicaments et les cosmétiques (Food, Drug, and Cosmetic Act), un aliment peut être considéré comme « falsifié » s’il « contient une substance toxique ou dangereuse », s’il est « sale, putride ou décomposé », ou s’il a été produit dans des conditions insalubres, entre autres critères (voir par exemple 21 U.S.C. § 342.

Afin de réduire cette ambiguïté dans le présent document et d’assurer la cohérence de la discussion, nous réservons le terme « falsification » aux actes délibérés, c’est-à-dire l’ajout ou la substitution intentionnels, et utilisons les termes « contamination » ou « contamination par négligence » pour décrire respectivement les dangers présents involontairement ou introduits par négligence.

Les produits laitiers qui font l’objet de procédés de transformation et de contrôles de qualité rigoureux présentent intrinsèquement un haut degré de sécurité des aliments. Autrement dit, pour de nombreux produits laitiers transformés, la sécurité est avant tout assurée par des contrôles préventifs et des procédés hygiéniques tout au long de la chaîne d'approvisionnement des ingrédients, plutôt que par de simples analyses microbiologiques ou chimiques en fin de chaîne. Les analyses, à elles seules, ne garantissent pas le niveau de sécurité de base offert par des systèmes de production et de contrôle validés ; elles constituent plutôt un niveau d'assurance supplémentaire et complémentaire, capable de détecter les écarts par rapport aux conditions attendues, de signaler les défaillances de processus ou de fournir des données pour la gestion des risques. Cette distinction est particulièrement importante pour les préparations pour nourrissons, pour lesquelles les normes réglementaires et industrielles exigent des contrôles préventifs rigoureux et des mesures de protection de la chaîne d'approvisionnement qui privilégient l'élimination des risques plutôt que le recours aux analyses pour réduire les dangers identifiés. Le contrôle de la sécurité des produits laitiers doit prendre en compte les risques chimiques et microbiologiques (par exemple, la prévention de la contamination, le respect des limites maximales de résidus/des apports journaliers admissibles, la pasteurisation, la maîtrise du temps et de la température, l'hygiène). La communication sur la sécurité des produits laitiers doit distinguer la simple détection d'un danger (potentiel) d'un risque réel (probable). Ainsi, une détection hors contexte (dose, voie d'exposition, sensibilité) peut susciter une inquiétude disproportionnée.

Néanmoins, des événements passés et actuels démontrent que des tests (même de routine) peuvent parfois générer une inquiétude au sein du public. Dans une minorité de cas, ces alertes ont été liées à des dommages réels, mais bien plus souvent, elles ont reflété des « faux positifs » ou des résultats mal interprétés (parfois délibérément) hors de leur contexte. Les rappels de produits, qu'ils soient essentiels (problème connu) ou préventifs (problème potentiel), peuvent faire partie de ces événements, où le public est alarmé par tous les aspects, y compris la couverture médiatique et les pénuries de produits qui en résultent (avec un risque d'achats paniqués de produits alternatifs, si ceux-ci continuent d'être perçus comme sûrs). Même dans le cadre de rappels préventifs, la méfiance du public envers les produits alimentaires semble souvent dépasser le cadre des marques, des produits et des zones géographiques concernés ; paradoxalement, une culture de la sécurité des aliments caractérisée par peu d’avertissements préventifs semble renforcer la confiance.

À titre d’exemple de cette méfiance généralisée, Sariman et al. 2025 ont fourni des informations intéressantes sur les incidents liés aux préparations pour nourrissons survenus aux États-Unis en 2025. Les nouveau-nés ont des besoins nutritionnels spécifiques et essentiels, auxquels le lait maternel répond de manière optimale.

Lorsque l’allaitement maternel est impossible ou insuffisant, les préparations pour nourrissons disponibles dans le commerce, dont beaucoup sont à base de produits laitiers, constituent une solution de remplacement nutritionnellement complète. Par conséquent, les parents et les personnes en charge des nourrissons s’attendent, à juste titre, à ce que ces préparations soient au moins aussi sûres (voire plus) que les autres modes d’alimentation infantile. Toute incertitude, réelle ou perçue, quant à la sécurité de ces produits suscite donc une vive inquiétude au sein du public, ce qui peut, par ricochet, influencer les pratiques en matière d’alimentation des nourrissons. Sariman et al. (2025) ont mis en évidence des comportements préoccupants chez les consommateurs, sources de nouveaux risques, tels que le constitution de stocks, la dilution des préparations pour nourrissons ou encore la préparation de formules « maison ».

Dans cet article, nous examinons deux études de cas illustrant la manière dont la perception et les comportements du public peuvent être affectés. La première concerne l’affaire de la contamination à la mélamine en Chine en 2008 : une falsification délibérée d’ingrédients laitiers a entraîné des lésions rénales chez des nourrissons chinois, provoquant même des décès tragiques. La seconde porte sur une enquête publiée en 2025 par Consumer Reports, faisant état de la présence de divers « contaminants chimiques » (un terme employé par Consumer Reports et généralement perçu comme ayant une connotation négative) dans des préparations pour nourrissons ; dans ce cas précis, aucune preuve épidémiologique de préjudice pour les nourrissons n’a été établie. Pour chaque étude de cas, nous distinguons les faits empiriques, mesures validées, données toxicologiques et cliniques, événements documentés au sein de la chaîne d’approvisionnement, des récits qui ont émergé par la suite dans les sphères techniques, réglementaires et médiatiques.

Nous utilisons ces exemples pour illustrer un phénomène plus large : l’évolution des discours publics sur la sécurité des aliments s’éloigne souvent des données techniques, en particulier lorsque des informations contextuelles plus globales (telles que l’évaluation de l’exposition, les seuils toxicologiques ou la réglementation des pratiques de production) ne sont pas communiquées, voire sont présentées de manière erronée. Dans l’affaire de la mélamine, les faits attestent d’une falsification délibérée ayant entraîné des préjudices cliniques avérés ; dans l’exemple de Consumer Reports, les faits se limitent à des mesures analytiques, sans contexte clinique ou épidémiologique confirmant l’existence d’effets néfastes. Pourtant, dans les deux cas, ces événements peuvent être invoqués, parfois de manière irrationnelle, dans les discours et les comportements du public par la suite. Par exemple, un parent ou un responsable d’enfant inquiet, qui prépare un lait infantile « maison » pour parer à un risque perçu de contamination, peut involontairement exposer l’enfant à un risque élevé de malnutrition ou à d’autres dangers. L’origine d’un tel comportement peut, semble-t-il, être attribuée à des craintes amplifiées par certains types de récits portant sur des incidents antérieurs.

Les êtres humains intègrent les informations par le biais de cadres narratifs ; des récits percutants ont souvent plus d’influence que des arguments techniques nuancés. Comme l’a fait remarquer Housel, 2023, « c’est la meilleure histoire qui l’emporte » ; autrement dit, la saillance et la résonance émotionnelle dictent souvent davantage l’interprétation du public que la rigueur analytique. Un récit qui interprète mal ou applique de manière erronée des données probantes peut ainsi s’imposer et susciter des comportements en contradiction avec les recommandations fondées sur l’évaluation des risques. Ce phénomène est exacerbé lorsque les résultats techniques sont décontextualisés lors de leur passage de la littérature scientifique spécialisée vers les médias grand public ou les plateformes sociales.

Dans le domaine de la sécurité des aliments, les données brutes comprennent des mesures microbiologiques et chimiques validées, des études toxicologiques in vitro et in vivo, des observations cliniques contrôlées ainsi que des enquêtes épidémiologiques. La traduction de ces données en messages cohérents destinés au public exige une contextualisation minutieuse (prenant en compte, par exemple, la dose d’exposition, la biodisponibilité et les populations vulnérables), ainsi qu’une communication claire sur les incertitudes et les limites des résultats. Lorsque le contexte est perdu, l’interprétation du public peut devenir inexacte et disproportionnée par rapport au risque réel ; de telles représentations erronées peuvent alors facilement devenir « virales ». Un exemple extrême, issu de la littérature technique (Poonia et al., 2017), est l’idée selon laquelle « ajouter de l’eau au lait est dangereux », sans pour autant préciser les circonstances. Une telle affirmation ne peut être vraie sans son contexte : les personnes qui ajoutent frauduleusement de l’eau au lait le font parfois de telle manière qu’elles introduisent d’autres dangers.

Les études de cas présentées ici visent à illustrer comment des messages techniques peuvent être déformés au fil des canaux de communication. Le modèle classique de Lasswell pose la question suivante : « qui dit quoi, par quel canal, à qui et avec quel effet ? » ; ce modèle englobe non seulement les mots, mais aussi les images, les vidéos, le ton, le langage corporel et d’autres éléments de communication. La présente analyse se concentre uniquement sur la première composante, « qui dit quoi », et n’évalue pas directement les effets de la communication. Pour illustrer une éventuelle influence sur le public, nous retenons une hypothèse prudente selon laquelle les résultats de recherche sur Google les mieux classés pourraient façonner les comportements par un phénomène d’alignement sur les tendances. Les effets réels pourraient être moins marqués ; par exemple, les parents qui envisagent d’utiliser du lait infantile sollicitent généralement l’avis de professionnels de santé ainsi que des sources médiatiques (Appleton et al., 2022). Les exemples doivent donc être interprétés comme des illustrations qualitatives de récits déformés, plutôt que comme des estimations de leur prévalence ou de leur impact.

L’objectif de présenter ces études de cas n’est pas de nier les préoccupations légitimes suscitées par des incidents liés à la sécurité des aliments, mais de favoriser une prise de conscience sur la manière dont les canaux de communication façonnent la compréhension et les comportements du public. Cela est particulièrement crucial lorsque ces comportements engendrent des risques nouveaux, potentiellement bien plus graves. Nous analysons la façon dont les messages techniques peuvent être déformés au fil de leur diffusion et identifions des points précis où ces défauts de communication peuvent être atténués. À la suite de ces études de cas, nous formulons des recommandations visant à accroître la fidélité des récits publics concernant la sécurité des aliments ; celles-ci mettent l’accent sur une présentation des faits fondée sur des données probantes, une clarification des notions d’exposition et de risque, ainsi qu’une communication proactive auprès des parties prenantes. Bien que le récit le plus marquant continue probablement de dominer la perception du public, des stratégies de communication réfléchies et transparentes permettent de construire des récits plus conformes aux données techniques, favorisant ainsi, de manière plus efficace, des comportements sains et sans danger.

Deux études de cas sont proposées :

- Étude de cas 1 : Falsification à visée économique et catastrophe liée à la mélamine en Chine en 2008
- Étude de cas 2 : Contaminants dans les préparations pour nourrissons et réactions à une enquête de Consumer Reports aux États-Unis

Conclusion

Les récits viraux et chargés d'émotion continueront d'apparaître car ils sont simples et percutants, même s'ils ne sont pas nécessairement exacts. Les deux études de cas présentées ici illustrent comment une peur disproportionnée peut naître lorsque des résultats sont rapportés hors contexte. Une terminologie claire, des données contextualisées (y compris les résultats négatifs de routine) et un leadership serein et fondé sur des preuves peuvent réduire les erreurs d'interprétation et contribuer à préserver, voire à renforcer, la confiance du public dans la sécurité des aliments.

Ces mesures s'appliquent à un large éventail de risques pour la sécurité des aliments, qu'ils soient chimiques, microbiologiques ou liés à des corps étrangers, où le risque réel doit primer sur les récits sensationnalistes. Les recommandations formulées ici ne sont pas exhaustives ; toutefois, une meilleure contextualisation et une communication plus efficace contribueront à atténuer la propagation et l'impact des informations trompeuses.

NB : Précision l’expression et al. après un auteur est l'abréviation de la locution latine et alii (ou ses variantes et aliae, et alia). Elle signifie littéralement « et les autres ». D’où l’usage de l’écrire en italiques.

lundi 21 septembre 2026

Finlande : évaluation de la sécurité sanitaire des alternatives végétales aux produits laitiers

« Les alternatives végétales aux produits laitiers sont généralement sûres, mais des recherches supplémentaires sont nécessaires », source Ruokavisrato. Il s’agit d’une agence gouvernementale de sécurité des aliments sous le contrôle du ministère de l'Agriculture et des Forêts de la Finlande. Merci à Joe Whitworth de Food Safety News de m’avoir signalé cet article.

Les alternatives végétales aux produits laitiers et les desserts végétaliens disponibles sur le marché finlandais sont généralement de haute qualité en matière de sécurité des aliments. Selon l'évaluation des risques menée dans le cadre du projet VEGETURVA par l'Autorité finlandaise de sécurité des aliments et VTT, les risques microbiologiques des produits étaient généralement faibles et les concentrations de mycotoxines étudiées sont restées inférieures au seuil de détection. Cependant, les résultats montrent que les pratiques de conservation des consommateurs, les matières premières utilisées et la présence de certains contaminants peuvent avoir une incidence importante sur la sécurité alimentaire.

L'utilisation des alternatives végétales aux produits laitiers a connu une croissance rapide ces dernières années. Bien que de nombreuses recherches aient été menées sur leurs propriétés nutritionnelles, les informations disponibles sur leur innocuité restent nettement limitées. Le projet VEGETURVA, fruit d'une collaboration entre l'Autorité finlandaise de sécurité des aliments et VTT, a étudié les risques microbiologiques et chimiques des boissons végétales, des produits de type yaourt végétal et des desserts végétaliens, ainsi que les questions de sécurité liées à leur consommation.

« Globalement, le niveau de sécurité alimentaire des produits s’est avéré bon. Parallèlement, nous avons identifié plusieurs points nécessitant des recherches supplémentaires afin d’évaluer plus précisément les risques liés à ce groupe de produits en forte croissance », explique Johanna Suomi, professeure de recherche à l’Autorité finlandaise de sécurité des aliments.

Seuls quelques microbes dangereux ont été détectés

Seuls quelques micro-organismes pathogènes ont été détectés dans les produits testés. Aucune bactérie du genre Clostridium n'a été trouvée, et les bactéries du groupe Bacillus cereus n'ont été identifiées que dans certains échantillons. Le risque d'intoxication alimentaire a été jugé faible pour ces produits.

Cependant, selon une enquête auprès des consommateurs, certains conservent les emballages de boissons végétales ouverts plus longtemps que recommandé par les fabricants ou les laissent à température ambiante pendant plusieurs heures. D'après une modélisation, ces pratiques de conservation peuvent favoriser la prolifération microbienne et accroître le risque d'intoxication alimentaire. Plusieurs participants à l'enquête ont indiqué se fier à l'évaluation sensorielle pour détecter l'altération. Or, les boissons végétales ne présentent pas toujours de signes évidents d'altération, même en cas de forte concentration bactérienne, ou les changements sont si minimes qu'ils peuvent passer inaperçus.

La sécurité des boissons végétales dépend non seulement du processus de fabrication, mais aussi du comportement des consommateurs. Les produits ouverts doivent être conservés au réfrigérateur et utilisés conformément aux instructions du fabricant, rappelle Petra Pasonen, chercheuse à l'Autorité finlandaise de sécurité des aliments.

Aucune mycotoxine n'a été détectée, mais des informations supplémentaires sont nécessaires sur les nouvelles mycotoxines

Aucune concentration de mycotoxines, c'est-à-dire de toxines de moisissures, dépassant le seuil de détection n'a été détectée dans les produits finlandais testés.

Cependant, la littérature scientifique internationale a mis en évidence la présence de plusieurs mycotoxines à faibles concentrations dans les produits d'origine végétale. Des recherches supplémentaires sont nécessaires, notamment sur la présence et les effets sur la santé des mycotoxines dites nouvelles ou émergentes, telles que les enniatines, la beauvéricine et les composés produits par les moisissures du genre Alternaria .

Les chercheurs soulignent également que les données de l'échantillon finlandais restent relativement limitées. Un suivi de sécurité à long terme exige des ensembles de données plus importants et l'étude d'un plus grand nombre de groupes de produits. Les connaissances sur les effets sanitaires et les doses efficaces des mycotoxines émergentes demeurant partiellement limitées, des recherches toxicologiques internationales supplémentaires sont nécessaires pour l'évaluation des risques.

Les matières premières influent sur le profil de risque

Des différences ont été observées dans la sécurité des produits à base de plantes en fonction des matières premières utilisées.

Les boissons à base de riz se distinguent des autres produits par le risque associé à l'arsenic inorganique. Bien que les concentrations mesurées soient faibles, les résultats confirment la recommandation actuelle de ne pas consommer les boissons à base de riz comme boisson principale. Compte tenu du risque de cancer lié à l'exposition à l'arsenic et de la faible valeur nutritionnelle des boissons à base de riz, d'autres boissons végétales seraient préférables.

Une consommation importante de produits à base d'avoine et de soja peut légèrement accroître l'exposition au cadmium et au nickel. Chez la plupart des adultes, le risque demeure faible, mais chez les jeunes enfants, une consommation similaire pourrait entraîner une exposition plus importante.

Toutefois, ces résultats ne justifient pas d'éviter les produits à base d'avoine ou de soja. Au contraire, par exemple, les produits à base d'avoine peuvent augmenter l'apport en fibres alimentaires, ce qui est bénéfique pour la population. Cependant, une consommation variée reste une approche judicieuse pour gérer les risques d'exposition potentiels, indique Suomi.

Complément

On lira une étude danoise de 2025 sur des produits de la réaction de Maillard dans les alternatives végétales au lait, dans laquelle les auteurs indiquent :

En résumé, cette étude met en lumière la composition complexe et la dynamique de transformation des boissons à bas de proteines de soja, soulignant la nécessité de poursuivre les recherches afin d'améliorer la compréhension et de traiter les implications nutritionnelles et la qualité des produits dans ce secteur en pleine expansion des alternatives végétales aux produits laitiers.

L'EFSA joue un rôle essentiel dans l'évaluation des contaminants alimentaires, en étudiant rigoureusement leur impact et en établissant des valeurs de référence grâce à diverses méthodes de recherche. La réglementation actuelle de l'EFSA cible des produits de la réaction de Maillard spécifiques et ne couvre que certaines catégories d'aliments (Benford et al., 2022 ; Commission européenne, 2021 ; Zheng et al., 2019 ; Commission européenne, 2003 ; EFSA, 2015). Les agences comme l'EFSA ont établi des lignes directrices principalement pour des composés spécifiques lorsqu'un risque sanitaire clair lié au contact alimentaire est présent, mais des lacunes subsistent dans l'application de cette réglementation aux nouvelles technologies alimentaires et aux nouveaux ingrédients. Or, la complexité de la transformation des aliments exige des études plus approfondies dans ce domaine. Pour bien comprendre les risques potentiels et établir des lignes directrices plus claires, il est primordial de mener des études exploratoires comme la nôtre, ainsi que des études multidisciplinaires intégrant des approches pharmacologiques et chimiques. De plus, compte tenu du caractère exploratoire de cette étude, nous nous sommes concentrés sur un échantillon spécifique et clairement défini de boissons à bas de proteines de soja disponibles dans le commerce afin d'évaluer la variabilité au sein des produits typiques du marché ; toutefois, des études ultérieures portant sur des échantillons plus importants seront indispensables pour une généralisation plus large de ces résultats.

Commentaire

La question que je me pose est la suivante, « le lait de vache doit-il vraiment être remplacé ? »

lundi 14 septembre 2026

Éclairage sur des produits laitiers fabriqués selon des méthodes traditionnelles et la maîtrise de Listeria monocytogenes

Un article autrichien paru dans International Journal of Food Microbiology fait le point sur un fromage, le kajmak, et sa fabrication traditionnelle dans les Balkans. Il rapporte des stratégies pour limiter la recontamination par Listeria monocytogenes. Tout un programme pour des produits laitiers locaux avec une typicité et une authencité bien ancrées parmi les habitants mais aussi à l’extérieur de ces pays.

Le kajmak est un produit riche, de type crème, obtenu en faisant chauffer lentement puis refroidir du lait, traditionnellement issu de vaches, de bufflonnes ou de brebis. Il existe une variété jeune qui est blanche, et une variété plus âgée, jaune.

Les faits décrits montrent tout le chemin à accomplir pour maîtriser Listeria monocytogenes dans le produit et son environnement.

Cela étant, ces progrès restent encore à concrétiser, et selon les auteurs, le Kajmak ne serait pas le seul en cause, « Entre 2020 et 2024, la France (48,1 %), l'Italie (17,1 %) et les Pays-Bas (6,9 %) ont été les pays ayant enregistré le plus grand nombre de rappels de lait et de produits laitiers associés à L. monocytogenes (n = 233). En Autriche, L. monocytogenes a été identifié comme étant l’agent causal dans 100% des rappels de lait et de produits laitiers de 2020 à 2025. » Bref, y’a du boulot !

Cet article vise à sensibiliser aux enjeux d'hygiène alimentaire liés au kajmak traditionnel des Balkans et à illustrer comment des produits très vulnérables à courte durée de conservation peuvent être préservés grâce à de bonnes pratiques d'hygiène, des procédés de fabrication robustes, une surveillance environnementale efficace et le respect de la démarche HACCP.

Résumé

Entre 2020 et 2022, une épidémie de listériose est survenue en Autriche, entraînant dix cas, dont trois mortels. L'épidémie a été attribuée à un produit laitier traditionnel d'Europe du Sud appelé Kajmak, une crème légèrement salée. Le séquençage ultérieur d'isolats cliniques et alimentaires appartenant au complexe clonal (CC) 1 et au type clonal (CT) 6568 a permis d'identifier l'origine de l'épidémie. Le CT6568 est classé au sein du CC1, un groupe qui présente une diversification notable parmi les isolats humains, avec 14 CT distincts identifiés entre 2020 et 2022.

La clientèle de la fromagerie se composait principalement de restaurants balkaniques locaux, de comptoirs de charcuterie et de petites boulangeries. Le système d'autocontrôle en place ainsi que le programme HACCP ne répondaient pas aux normes d'adéquation requises. Listeria monocytogenes a été détectée dans la salle de production et d'affinage, indiquant une recontamination potentielle du Kajmak lors des étapes de conditionnement manuel et d'affinage. Le produit hautement périssable en question portait également un étiquetage incorrect, indiquant une date de durabilité minimale (supérieure à 21 jours) au lieu d'une date limite de consommation. De plus, des informations cruciales pour les consommateurs, telles que la nécessité d'une réfrigération stricte à 4°C, étaient absentes.

L'épidémie a probablement été favorisée par la production discontinue de Kajmak, ce qui a conduit à une hygiène environnementale insuffisante. Le rapport rétrospectif sur cette épidémie met en évidence l'absence d'analyse des risques dans les études portant sur la sécurité des aliments produits à petite échelle selon des méthodes traditionnelles. Il est essentiel que les producteurs alignent leurs pratiques sur les principes de la méthode HACCP et sur des systèmes d'autocontrôle efficaces.

Remarques finales

Dans le contexte de la production traditionnelle de Kajmak, il est nécessaire que les fabricants, les autorités publiques et les groupes d'experts-conseils coordonnent leurs positions afin d'assurer la sécurité sanitaire du produit. Cette collaboration est essentielle pour garantir la sécurité de ce produit très apprécié. Il est pertinent d'établir des comparaisons et de prendre en compte les enseignements tirés des épidémies de listériose liées aux fromages de type mexicain, ces derniers étant considérés comme des produits à haut risque. Il existe également un potentiel pour élaborer des formations destinées aux fabricants ainsi que des programmes éducatifs pour les transformateurs (restaurants, épiceries fines et boulangeries), leur permettant de tirer des conclusions utiles de ces études.

Quelques références

La bibibliographie de l'article est très utile pour mieux appréhender la maîtrise de Listeria monocytogenes et j’ai extrait ci-dessous quelques références utiles pour les fabricants :

samedi 5 août 2023

Des produits laitiers sont rappelés façon puzzle …

Dans la série des rappels façon puzzle, voici des produits laitiers …

Le 27 juillet 2023, rappel de lait écrémé de montagne UHT 1L de marque Carrefour extra, en raison de bouteilles fuyardes/lait caillé.

Le 28 juillet 2023, Auchan procède au rappel du lait croissance liquide dès 12 mois 12x25cL de marque Auchan Baby, suite à un risque de caillage du lait. Pour les lecteurs attentifs de RappelConso, ce rappel n'a été publié que le 4 août 2023. A signaler, un rappel au Luxembourg le 29 juillet 2023.

Le 31 juillet 2023, rappel de lait demi-écrémé sans OGM stérilisé UHT en bouteille 1L de marque Envia, en raison de la mise en évidence ponctuelle de bouteilles fuyardes pouvant entrainer un caillage du lait.

Le 31 juillet 2023, rappel de lait demi-écrémé stérilisé UHT de marque Netto en raison de la mise en évidence ponctuelle de bouteilles fuyardes pouvant entrainer un caillage du lait

Le 2 août 2023, rappel de lait UHT demi-écrémé 1 L bouteille de marque Milsani en raison d’un défaut de fabrication, défaut d'étanchéité (exemple : micro fuites, thermocollage défectueux).

Le 5 août 2023, rappel de crème Fleurette entière de marque Paturages en raison d’une potentielle contamination bactérienne pouvant provoquer un gonflement de l’emballage et/ou une dégradation organoleptique.

Série en cours …

Comme vous l‘avez noté, en neuf jours, plusieurs produits laitiers sont rappelés, bravo la traçabilité !

mercredi 21 septembre 2022

Autriche : Trois décès dans une épidémie à Listeria

«Autriche : Trois décès dans une épidémie à Listeria», source article de Joe Whitworth paru le 20 septembre 2022 dans Food Safety News.

Les autorités autrichiennes enquêtent sur une épidémie pluriannuelle à Listeria liée à trois décès.

Käserei Gloggnitz a rappelé un certain nombre de produits en relation avec l'incident.

Des analyses des cas groupés par l'Agence autrichienne pour la santé et la sécurité alimentaire (AGES) ont révélé que huit cas d’infection se sont produits depuis 2020 en raison d'une souche identique de Listeria. Trois personnes sont décédées entre 2020 et 2022.

L’AGES ne donnera aucun détail démographique sur les personnes malades ou une ventilation des cas par an, mais a déclaré que les enquêtes étaient en cours, des échantillons étant actuellement séquencés du génome entier, et les résultats étaient attendus d'ici le milieu de la semaine.

Le ministère des Affaires sociales, de la Santé, des Soins et de la Protection des consommateurs (BMSGPK) a demandé à l'AGES d'enquêter sur la suspicion d'épidémie d'origine alimentaire dans plusieurs États.

Les premières découvertes indiquent une entreprise en Basse-Autriche. Les produits qui ont déjà été libérés sont rappelés et les articles nouvellement produits ne peuvent être mis sur le marché qu'après un résultat négatif pour Listeria et l'approbation des autorités alimentaires.

Le rappel par Käserei Gloggnitz couvre tous les produits de kajmak, du yaourt à boire et de fromage à la crème en raison d'une contamination potentielle par Listeria monocytogenes. Kajmak est un type de fromage.

En 2021 en Autriche, 38 cas de listériose invasive confirmés en laboratoire ont été signalés. La mortalité à 28 jours (= mortalité globale dans les 28 jours suivant le diagnostic) pour la listériose invasive était de 18,4% (7 cas sur 38).

Mise à jour du 26 septembre
Selon Joe Whitworth de Food Safety News du 26 septembre, Austrian officials find Listeria at company linked to outbreak.

jeudi 8 septembre 2022

Contrôles officiels liés à la sécurité sanitaire du lait et des produits laitiers en Suède, selon un audit de la DG Santé

Respecter la réglementation européenne s’avère de difficile à très difficile, voici un exemple avec la Suède.

Malgré une mise en garde que vous lirez en fin d’article, voici un extrait du rapport d’un audit effectué par la DG santé et sécurité alimentaire en Suède du 7 au 22 mars 2022 afin d’évaluer les contrôles officiels liés à la sécurité sanitaire du lait et des produits laitiers.

Résumé
Le rapport décrit les résultats d’un audit effectué en Suède du 7 au 22 mars 2022 par la direction générale de la santé et de la sécurité alimentaire de la Commission européenne, dont l’objectif était d’évaluer le système en place pour les contrôles officiels liés à la sécurité sanitaire du lait et des produits laitiers.

L’audit a permis de constater que les autorités centrales compétentes, l’Agence suédoise de l’alimentation et la direction nationale de l’agriculture, sont clairement chargées d’exécuter les contrôles officiels du lait cru et partagent la responsabilité de ces contrôles. Elles ont établi des lignes directrices et des instructions complètes et mis en place une formation adéquate à l’intention du personnel opérant les contrôles. Les contrôleurs sont habilités à prendre des mesures coercitives s’ils constatent des cas de non-conformité à l’occasion des contrôles officiels. Des modalités de coopération et de coordination existent au niveau central, mais elles ne se répercutent pas au niveau du comté ou des services locaux, alors que cela ajouterait à l’efficacité et à l’efficience des contrôles.

L’enregistrement et l’agrément de tous les opérateurs de la chaîne de production laitière sont conformes aux exigences de l’UE, les listes des producteurs primaires enregistrés n’étant toutefois pas tout à fait à jour.

Il existe un système de contrôles fondés sur les risques dans les exploitations laitières visant à vérifier la santé animale, l’hygiène de la traite et l’utilisation de médicaments vétérinaires.

Les exploitants du secteur alimentaire informent les services du comté des résultats non conformes concernant la qualité du lait cru et la présence de résidus d’antibiotiques dans le lait cru, mais ils ne le font qu’une fois par mois, ce qui entraîne des retards systémiques dans le suivi et le contrôle de ces irrégularités. Conjugués au mode d’échantillonnage, ces retards débouchent sur des situations d’utilisation potentielle de lait contenant des résidus d’antibiotiques dans la fabrication de produits destinés à la consommation humaine. Bien que les contrôles officiels des établissements laitiers soient globalement adéquats, l’audit a mis en évidence des lacunes systémiques dans les contrôles des produits laitiers industriels de qualité inférieure destinés à l’industrie alimentaire, ainsi que dans les contrôles des sous-produits.

Les déficiences du dépistage de L. monocytogenes dans les produits laitiers prêts à la consommation, ainsi que l’absence de programmes officiels de surveillance du lait et des produits laitiers sur les critères microbiologiques, peuvent avoir d’importantes conséquences sur la sécurité des denrées alimentaires, comme l’ont montré le récent foyer épidémique de L. monocytogenes lié aux produits laitiers et les cas isolés de listériose humaine en Suède. Les lignes directrices du secteur approuvées par l’Agence suédoise de l’alimentation ne sont pas conformes aux exigences de l’UE en matière d’échantillonnage et d’analyse pour L. monocytogenes.

Le système de contrôle officiel s’appuie sur un réseau de laboratoires accrédités pourvoyeur de résultats fiables. Les autorités compétentes ont choisi de ne pas utiliser de programmes d’échantillonnage officiels pour recouper l’efficacité des programmes de contrôle mis en place par les exploitants (critères relatifs au lait cru, teneur en cellules somatiques, dénombrements sur plaque, résidus de médicaments vétérinaires dans le lait cru, critères microbiologiques et phosphatase alcaline pour la vérification de l’efficacité du traitement thermique). Un échantillonnage officiel est mené sous la forme de projets spécifiques. Les enquêtes sur les notifications RASFF sont généralement efficaces, même si des retards ont été constatés. Le rapport contient des recommandations adressées aux autorités compétentes afin qu’elles remédient aux lacunes constatées et renforcent encore leurs systèmes de contrôle.

NB: le texte qui suit est la traduction de parties du rapport d’audit original [n° de réf. DG(SANTE)/2022- 7441]. destiné à être consulté par les visiteurs de ce site, il n’a cependant aucune valeur officielle. en tout état de cause, il convient de se reporter au texte intégral du rapport original.

lundi 25 juillet 2022

12 enfants contaminés par STEC O26 : les produits d'une ferme de Trets rappelés

Merci à Bruno Longhi de m’avoir signalé cette information. «Douze enfants contaminés par la bactérie Escherichia coli : les produits d'une ferme de Trets rappelés», source France 3 Provence du 23 juillet 2022. 

A noter que s’est un peu plus qu’un banal E. coli, par conséquent, chaque fois que vous lirez Escherichia coli dans l’article, notez qu’il s’agit il s’agit d’un Escherichia coli producteurs de shigatoxines ou STEC.

Les enfants, âgés de 11 mois à 9 ans, souffraient du syndrome hémolytique urémique. Après investigation, les autorités sanitaires ont décidé le retrait et rappel de tous les produits laitiers commercialisés par la Fromagerie de l'Aupillon à Trets. 

Sauf erreur de ma part, pas encore de rappel du côté de RappelConso.

Depuis le 4 juin 2022, douze cas de syndrome hémolytique et urémique (SHU) ont été signalés en Paca et Occitanie. Il s'agit d'une atteinte rénale sévère qui peut survenir suite à une contamination à la bactérie Escherichia coli.

Ces enfants, 5 filles et 7 garçons, âgés 11 mois à 9 ans, ont présenté des symptômes entre le 4 juin et le 18 juillet dernier. 

Après détection des cas dans les services hospitaliers pédiatriques des deux régions, les autorités sanitaires ont «immédiatement lancé des investigations (...) afin d'identifier une éventuelle source de contamination commune et de mettre en place les mesures appropriées», explique la Préfecture des Bouches-du-Rhône par voie de communiqué du 22 juillet 2022.

Détection dans une petite fromagerie familiale de Trets, tous les produits rappelés
C'est ainsi que le Centre National de Référence des Escherichia coli de l'Institut Pasteur a identifié que «cinq de ces enfants étaient infectés par la bactérie E.coli O26, ayant les mêmes caractéristiques».

Après contrôle, cette souche a également été détectée dans un fromage frais, issu de la Fromagerie de l'Aupillon, située à Trets.

«Les autorités sanitaires en lien avec le producteur ont décidé le retrait et rappel de toutes les denrées commercialisées ou produites par cette ferme, quelle que soit leur date de fabrication : lait, yaourts, fromages frais ou affinés (brousse, ricotta, pecorino, tomme...)», précise la préfecture.

Contacté par téléphone, le producteur de la petite ferme familiale se dit «anéanti» , et c'est les sanglots dans la voix qu'il avoue «ne plus dormir depuis deux jours».

«L'important c'est que les enfants guérissent et que ce ne soit plus qu'un mauvais souvenir. La suite c'est mon problème», explique-t-il. 

Il a du détruire 300 kilos de produits, récupérés chez ses clients ou les restaurateurs environnants : «la production est totalement stoppée, il n'y a plus de risque de propagation de la bactérie».

Emu, il sait que c'est la fin de sa petite ferme : «c'est 35 ans de travail. Je n'aurais pas la force de repartir». Le producteur explique devoir congédier un CDI et un CDD, et surtout vendre son cheptel : «Nos animaux, on vit avec eux. Les voir partir c'est une épreuve difficile. Mais je le répète, ma préoccupation principale, c'est la santé des enfants».

Quant à savoir comment cette bactérie a pu être présente dans un de ses fromages, l'exploitant avoue ne pas savoir : «j'ai 80 bovins, 300 brebis. J'ai certainement commis une erreur, mais je ne sais pas où. Je fais tout de A à Z, de la production à la traite, en passant par les naissances des animaux».

(…) Les personnes ayant visité et acheté des produits de la fromagerie de Trets sont donc invités à ne pas les consommer et les détruire. En cas de diarrhées, douleurs abdominales, ou encore infections rénales, dans les 3-4 jours après leur consommation, il faut rapidement consulter un médecin.

Complément
Rappelons que Santé publique France avait publié le 19 juillet 2022 une information, «Syndrome hémolytique et urémique pédiatrique : les mesures de prévention face aux risques de l’été». Le blog avait rapporté l’information ici.

Un tweet de l'ARS Provence informe du rappel de produits laitiers de la fromagerie de l'Aupillon à Trets (Bouches-du-Rhône)

A noter que l’association SHU typique, sortons du silence, a lancé une pétition pour que «Dès la 1 ère contamination (Escherichia Coli: Syndrôme Hémolytique et Urémique) une enquête DOIT obligatoirement être menée !»
«1 enfant contaminé tous les 2 jours par la bacterie E. coli soit 3 affaires Buitoni par an!», selon une pétition.

Communiqué du 22 juillet de la Préfecture de la région Provence-Alpes-Côte-d’Azur
RETRAIT – RAPPEL de tous les produits issus de la Fromagerie de l’Aupillon à Trets (Bouches-du-Rhône) dans le cadre d’investigations sur des cas groupés de SHU pédiatriques dans les régions Provence-Alpes-Côte-d’Azur et Occitanie

Au 22 juillet 2022, 12 cas de syndrome hémolytique et urémique (SHU) ont été signalés en PACA et Occitanie depuis le 4 juin 2022. Les 12 cas sont âgés de 11 mois à 9 ans. Il s’agit de 5 filles et 7 garçons, qui ont présenté des symptômes entre le 4 juin et le 18 juillet 2022.

Santé publique France, en lien avec le Centre National de Référence des Escherichia coli(Institut Pasteur - Paris) et son laboratoire associé (Laboratoire de microbiologie de l’hôpital Robert Debré - Paris), la Direction générale de l’Alimentation, et en coordination avec la Direction générale de la Santé, ont immédiatement lancé les investigations sur les cas de SHU pédiatriques signalés depuis le mois de juin 2022 dans ces deux régions afin d’identifier une éventuelle source de contamination commune et de mettre en place les mesures appropriées.

Le CNR et son laboratoire associé ont confirmé que cinq de ces enfants étaient infectés par une bactérie Escherichia coli (E. coli) O26 ayant les mêmes caractéristiques.

Cette même bactérie a été détectée dans un fromage frais produit par la Fromagerie de l’Aupillon située à Trets (Bouches-du-Rhône).

Suite à ces résultats, les autorités sanitaires en lien avec le producteur ont décidé le retrait et rappel de toutes les denrées commercialisées ou produites par cette ferme, quelle que soit leur date de fabrication : lait, yaourts, fromages frais ou affinés (brousse, ricotta, pecorino, tomme...). Sur la période à risque, les produits vendus par la ferme de l’Aupillon ont essentiellement été distribués dans le Var et les Bouches-du-Rhône, dans des commerces de détail et des restaurants. Les points de vente concernés par la distribution des produits suspects procèdent à leur retrait et à l’information des consommateurs grâce à des affichettes mises sur les lieux devente concernés.

Il est demandé aux personnes qui détiendraient ces produits de ne pas les consommer etde les détruire. Une attention particulière est recommandée aux personnes qui auraient visité la Ferme de l’Aupillon située à Trets (Bouches-du-Rhône) ou acheté des produits laitiers non pasteurisés issus de cette ferme.

Les personnes qui dans les 3-4 jours après la consommation des produits issus de la fermeou de la visite de la ferme (10 jours maximum) présenteraient de la diarrhée, des douleurs abdominales ou des vomissements, sont invitées à consulter rapidement leur médecintraitant en lui signalant cette consommation et le rappel des produits par l’entreprise et àconserver l’emballage du produit.

En l’absence de symptômes il n’y a pas lieu de s’inquiéter.

Pour plus d’informations :
Mise à jour du 27 juillet 2022. Comme annoncé par la préfecture le 22 juillet, voici venir le 27 juillet les avis de rappels de produits laitiers par RappelConso. No comment.

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