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vendredi 23 octobre 2026

Considérations sur les rappels de produits alimentaires en France

Sur les rappels de produits alimentaires, tout le monde a une idée sur l'importance du nombre de rappels …

Le blog a adopté une position constante, il y a trop de rappels de produits alimentaires, et sans doute beaucoup trop en France, surtout si l’on se compare avec les autres pays européens, voire même avec les États-Unis, c’est dire !

- 3 243 en 2021 (de mars à décembre 2021)

- 2 441 en 2022
- 2 022 en 2023
- 2 086 en 2024
- 2 323 en 2025
- 1858 au 23 octobre 2026

Ce qui semble acté est une constance autour des plus de 2 000 rappels annuels ; l’année 2026 dépassera-t’elle les données de l’année 2025, la question

reste d’actualité …

Pourquoi est-ce important d’avoir un indicateur sur le nombre de rappel de produits alimentaires faible ?

Le nombre de rappels fait partie des indicateurs clés de la sécurité des aliments, avec le nombre d’inspections en sécurité des aliments, qui viennent, depuis deux ans, d’augmenter significativement, sans qu’on connaissance pourtant les objectifs visés par cette soudaine augmentation ; le troisième indicateur est le nombre de toxi-infections alimentaires collectives dont on sait, via Santé publique France, que les données 2024 demeurent trop élevées, et ce, depuis trois ans ...

Dans une émission de radio de 2025, la question était, « Pourquoi y a-t-il autant de rappels de produits alimentaires?». La réponse tient en gros avec cette phrase, « Une hausse réelle mais à relativiser ».

Le ministère de l'Agriculture nuance le nombre de rappels dans l'alimentaire en expliquant que « pour une même alerte sur un produit, il peut y avoir une seule ou de nombreuses fiches sur RappelConso, en fonction du nombre de présentations commerciales du produit soumis à alerte ». Pas très convainquant ...


« Il est normal d'observer une montée en puissance. La visibilité du nombre de rappels en cours donnée par le site Rappel conso peut être vue positivement: en France, il existe un haut niveau d'information des consommateurs sur les produits sur le marché qui ne devraient pas être consommés », selon le ministère de l’agriculture. Toujours pas convainquant ...

La Voix du Nord signale en juillet 2025, « Plus de cinq alertes par jour sur toute l’année » et pose la question sans y répondre, «

 pourquoi y a-t-il autant de rappels de produits alimentaires ? »

Sur ce site de consommateurs, cet article de mars 2026, « Les rappels de produits alimentaires : une hausse inquiétante ou un signe de progrès ? »

Des chiffres en constante augmentation et une conclusion, « la hausse des rappels alimentaires n’est pas forcément synonyme de baisse de qualité, mais plutôt d’un système de contrôle plus efficace et plus réactif. Elle invite cependant à rester vigilant et à exiger toujours plus de transparence de la part des industriels et des autorités. »

Plus récemment, en septembre 2026, le site Alerte-Conso, que je découvre, et qui me semble très bien fait, indique dans « Toujours plus de rappels produits, vraiment ? »,

Lors de mes échanges, on me dit souvent, comme un constat non réfutable, qu’il y a de plus en plus de rappels… J’ai donc regardé les chiffres et, surtout, ce qui se cache derrière leur évolution. Avec seulement quatre années complètes, la réponse est moins spectaculaire que le total.

Pour les produits alimentaires, « Je n’en conclus pas pour autant que 2026 finira au même niveau que les années précédentes. Les rappels alimentaires sont déjà 6,2 % plus nombreux qu’à la même date en 2025, et l’année peut donc finir au-dessus de 2025. Pour le moment, c’est un signal de hausse… Pas une explosion ;) ».

Ce qu’il y a d’intéressant dans ce site est qu’il indique régulièrement combien de temps se passe entre la commercialisation et la publication du rappel; autrement dit, pour ce produit donné, c’est un exemple, il est indiqué que le rappel a été publié 8 jours après la fin de vente.

Cela vient contredire ce que rapporte le ministère de l’Agriculture, « Le site RappelConso permet à chaque consommateur de trouver toutes les informations utiles à l’occasion d’un rappel de produit. », et précisément, c’est ce qui lui est souvent reproché, la réponse de nos autorités n’est pas assez proactive !

Enfin, sur le site Alerte-Conso, dans l’observatoire des rappels de produits, vous trouverez ce qui suit :

- Par famille de risque : microbiologique, chimique, allergène, physique ou non-conformité (j'aurais mis Par famille de danger)
- Dans les rappels alimentaires : Listeria, Salmonella et E. coli (STEC)

Trois suggestions pour ce site, à qui je souhaite longue vie, 

i) compléter la liste des distributeurs et enseignes avec Lidl et Aldi, 
ii) compléter la liste des pathogènes en y ajoutant Staphylococus aureus, Bacillus cereus et norovirus et parmi les contaminants chimiques, ajouter les mycotoxines, et, 
iii) établir la liste des rappels de produits alimentaires issus de l’agriculutre biologique ou bio.

MàJ du 24 ocrobre 2026. 

1. On lira avec intérêt, sérieux et amusement l’article d’André Heitz, « Rappels conso : un peu de pédagogie », paru sur son blog Agriculture, alimentation, santé publique... soyons rationnels.
Il prend prétexte d’un rappel de produit, dix jours après la fin de la commercialisation, pour faire un peu de pédagogie.
« Surtout ne les consommez pas » est une injonction fréquente des médias qui relaient les rappels conso.
Cette démonstration est à lire sans modération !

2. Cela augmente en ce 24 octobre 2026, nous en sommes désormais à 1 871 rappels pour octobre 2026 !

jeudi 10 septembre 2026

Brève de vacances : En 2026, les rappels de produits alimentaires en France ont atteint leur vitesse de croisière

J’avais écrit cet article en mars 2026, ici, pour signaler le net rebond des rappels de produits alimentaires en France en 2025, avec 15 % d’augmentation.

Qu’en sera-t-il en 2026, vaste question ?

Il semble néanmoins acquis que le chiffre dépassera les 2000 rappels, une constante depuis 2022, car depuis le début de l’année, les rappels mensuels oscillent entre 150 et plus de 200.

- 3 243 en 2021 (de mars à décembre 2021)

- 2 441 en 2022
- 2 022 en 2023
- 2 086 en 2024
- 2 323 en 2025
- 1 572 (au 9 septembre)
Les données mentionnées ne concernent que les produits alimentaires avec un code-barre. 
Que peut-on en dire ?

- Y a-t-il beaucoup de rappels ?

Oui, incontestablement.

- Y en a-t-il davantage qu'avant ?

Ce que l’on peut dire, c'est que le nombre de rappels enregistrés est élevé depuis la création en 2021 de RappelConso, auparavant, c’était assez hétéroclite ...

- Notre alimentation est-elle devenue moins sûre ?

Bien sûr que non ! Le nombre de rappels ne suffit pas à le démontrer, mais c'est un élément dans le contexte de la sécurité des aliments en France.


MàJ du 21 octobre 2026. Nous en sommes désormais à 1 833 rappels au 21 octobre 2026. La barre fatidique des 2 000 rappels annuels se rapproche lentement mais sûrement...

vendredi 4 septembre 2026

France : Des graines de courge à l'origine d'un foyer de 81 cas groupés de salmonellose

Il était une fois une notification au RASFF de l’UE, 2026.7693, du 1er septembre par la France au sujet de la présence de Salmonella Enteritidis dans des graines de courge de France.

Le produit a fait l’objet d’un rappel au Luxembourg et en Belgique le 1er septembre et aurait été distribué en Suisse.

En France, il y a eu deux rappels le 28 août 2026, 1 et 2, et un rappel le 3 septembre, ici.

Mais ce qui frappel le plus est l’information selon laquelle il y aurait 76 cas de maladie …

Mercredi 2 septembre 2026, Joe Whitworth de Food Safety News a posé des questions à Santé publique France, et aujourd’hui, 4 septembre 2026, nous avons un communiqué du ministère de l’agriculture, « Cas groupés de salmonellose : retrait-rappel de graines de courge »

Pas de response directement, mais nous avons ce communiqué, « la pression, ça marche (peut-etre un petit peu…) », me dit Joe Whitworth ...

Des cas groupés de Salmonella Enteritidis causés par une même souche bactérienne ont été identifiés par les autorités sanitaires.

Au 4 septembre 2026, il y avait 81 cas et le 2 septembre 2026, 76 cas.

Les investigations menées par Santé publique France en lien avec le Centre national de référence (CNR) des Salmonella et le ministère chargé de l’Agriculture, en coordination avec le ministère chargé de la Santé, orientent vers une contamination par des graines de courge provenant d’un transformateur situé dans le Lot-et-Garonne (47), distribuées principalement dans le réseau de magasins de l’enseigne Grand Frais.

D’autres enseignes de distributions sont également concernées, tant par des graines crues seules que par des mélanges de graines contenant les graines de courge contaminées.

Les investigations se poursuivent afin de préciser la source de la contamination.

Point de situation épidémiologique

Santé publique France en lien avec le Centre national de référence (CNR) des Salmonella de l’Institut Pasteur a identifié un regroupement génomique de Salmonella Enteritidis impliquant à ce jour 81 cas ayant été infectés par une même souche.

Les souches ont été isolées entre le 3 mai et le 12 août 2026 chez des personnes malades. Les cas sont répartis dans plusieurs régions françaises.

Des investigations épidémiologiques ont été menées par Santé publique France. Elles ont notamment permis d’interroger certains malades sur les produits consommés, les dates et lieux d’achats, etc. Parmi les malades interrogés, 6 ont été hospitalisés et 2 ont consulté aux urgences pour leur infection. Tous ont connu une évolution favorable de leurs symptômes et sont rentrés à domicile.

Selon le court communiqué de Santé publique France du 4 septembre 2026, on apprend :

Les personnes ont été malades entre le 3 mai et le 12 aout 2026. Il s’agit de 56 femmes et 25 hommes, âgés en moyenne de 36 ans. Ces personnes sont réparties dans 10 régions : Auvergne-Rhône-Alpes (27), Île-de-France (12), Hauts-de-France (8), Bourgogne-Franche-Comté (8), Provence-Alpes-Côte d’Azur (8), Grand Est (5), Bretagne (5), Occitanie (4), Pays de la Loire (2) et Normandie (2).  

Investigations et mesures de gestion

Une inspection a été menée par la Direction départementale chargée de la protection des populations (DDPP) du Lot-et-Garonne auprès du transformateur concerné, sans que la source de la contamination n’ait pu être identifiée à ce stade. Sans attendre les résultats de l’enquête sur la source de la contamination, les éléments épidémiologiques et analytiques ont conduit le transformateur à mettre en œuvre un retrait-rappel. Les éléments de traçabilité font apparaître une distribution vers plusieurs enseignes de supermarchés dont essentiellement les magasins de l’enseigne Grand Frais.

Symptômes et conduite à tenir

Les toxi-infections alimentaires causées par les salmonelles se traduisent par des troubles gastro-intestinaux (diarrhée, vomissements) d’apparition généralement brutale, souvent accompagnés de fièvre et de maux de tête qui surviennent généralement dans les 6 à 72 heures suivant la consommation d’un produit contaminé. Ces symptômes peuvent être plus prononcés chez les jeunes enfants, les femmes enceintes, les sujets immunodéprimés et les personnes âgées.

Les personnes qui auraient consommé ce produit et qui présenteraient ces symptômes sont invitées à consulter leur médecin traitant en lui signalant cette consommation. En cas d’urgence, appelez le 15.

En l’absence de symptômes dans les 7 jours après la consommation du produit concerné, il est inutile de s’inquiéter et de consulter un médecin.

Si vous détenez ce produit, ne le consommez pas et jetez-le. Si vous le souhaitez, vous pouvez le rapporter au point de vente.

Produits rappelés

Le ministère de l’agriculture indique dans son communiqué la liste des produits rappelés par Grand Frais : il s’agit de deux rappels déjà mentionnés plus haut le 28 septembre 2026. Un troisième rappel du 3 septembre 2026, pas par Grand Frais, a semble-t-il, été omis …

Un grand merci à Joe Whitwoth sans qui nous n’aurions sans doute pas eu accès à cette information.

Complément du 5 septembre 2026

Il y a eu, en 2018, un rappel de graines de courge aux États-Unis pour cause de présence de Listeria monocytogenes.

jeudi 3 septembre 2026

94 % des adultes américains s'inquiètent de la fréquence des rappels de produits alimentaires, selon un sondage. Quid en France ?

« Selon un sondage, 94 % des adultes américains s'inquiètent de la fréquence des rappels de produits alimentaires », source Food Safety Magazine Editorial Team.

Un nouveau sondage auprès des consommateurs, commandé par GS1 US, révèle que 94 % des adultes américains se disent préoccupés par la fréquence des rappels de produits alimentaires, un chiffre en légère hausse par rapport aux 93 % enregistrés en 2025. Parallèlement, 80 % des personnes interrogées estiment que les rappels de produits alimentaires sont efficaces pour protéger la santé et la sécurité sanitaire publiques, contre 85 % en 2025.

Le sondage indique également que les consommateurs prennent des précautions plus larges à la suite d'incidents liés à la sécurité des aliments. Parmi les répondants :

- 67 % ont déclaré avoir évité une catégorie entière de produits alimentaires après un rappel, contre 60 % en 2025 ;
- 66 % ont affirmé hésiter à racheter le même produit ou la même marque, contre 59 % en 2025 ;
- 59 % ont indiqué avoir jeté des aliments faisant l'objet d'un rappel, même si leur État ou leur région n'était pas touché, contre 57 % en 2025.

Bien que 9 % des consommateurs aient déclaré qu'ils n'achèteraient plus jamais une marque ayant fait l'objet d'un rappel, les personnes envisageant un nouvel achat ont mentionné plusieurs facteurs susceptibles d'influencer leur décision. Il s'agit notamment du délai écoulé depuis le rappel et de la gravité de la contamination (tous deux cités par 39 % des répondants), ainsi que des recommandations des autorités (citées par 35 % d'entre eux).

Bob Carpenter, dirigeant de GS1 US, a souligné que le système de rappel des produits alimentaires constitue une ligne de défense importante pour la protection des consommateurs. Il a suggéré qu'une traçabilité plus complète et un meilleur partage des données pourraient aider les entreprises à identifier les produits concernés et à fournir aux consommateurs des informations plus claires sur l'ampleur des rappels.

Traçabilité alimentaire et codes-barres 2D pour une meilleure gestion des rappels

GS1 US a réaffirmé son soutien à la réglement de la FDA sur la traçabilité alimentaire, établie en vertu de la section 204 de la loi FSMA (Food Safety Modernization Act), en promouvant l'application des normes GS1, la formation du secteur et la diffusion de recommandations. GS1 US a également souligné l'adoption des codes-barres bidimensionnels (2D) comme un outil potentiel pour la gestion des rappels de produits. Selon l'organisation, les données produit encodées dans ces codes ou accessibles par leur biais, notamment les informations relatives au lot, permettraient aux partenaires commerciaux et aux consommateurs d'identifier plus précisément les produits concernés lors d'incidents liés à la sécurité des aliments.

Commentaire

Je fais partie des français qui s'inquiètent de la fréquence des rappels de produits alimentaires. Pas vous ?
Pour information, en 2026, au 9 septembre 2026, il y a eu 1 576 rappels d'aliments en France.

mardi 18 août 2026

La FDA renforce le rappel d'œufs en raison des «conséquences graves pour la santé, voire mortelles»

La FDA renforce le rappel d'œufs en raison des « conséquences graves pour la santé, voire mortelles », source CIDRAP News du 17 août 2026.

La FDA a reclassé le rappel de 19 millions d'œufs, effectué en juillet en raison d'une contamination à Salmonella, en rappel de classe 1, soit le niveau de risque le plus élevé. Ce reclassement vise à indiquer « une situation dans laquelle il existe une probabilité raisonnable que l'utilisation d'un produit non conforme, ou l'exposition à celui-ci, entraîne des conséquences graves pour la santé, voire le décès ».

Le mois dernier, Midwest Poultry Services a procédé au rappel volontaire d'environ 19 millions d'œufs vendus dans des supermarchés de six États américains : Texas, Oklahoma, Arkansas, Louisiane, Mississippi et Nouveau-Mexique. Ces œufs étaient principalement vendus dans les supermarchés Kroger et Brookshire. 

Le Texas concentre la part du lion des cas

Les œufs ont été produits et distribués par des fermes du Texas entre le 6 juin 2026 et le 3 juillet 2026, avec des dates limites de vente ou de consommation optimale comprises entre le 20 juillet 2026 et le 17 août 2026. 

Au moment du rappel initial, la FDA a fait état de 26 hospitalisations et d'aucun décès parmi les 98 personnes infectées par la souche de Salmonella esponsable de l'épidémie et liée aux œufs. Des cas ont été signalés dans 17 États, mais la FDA n'a pas mis à jour le nombre de cas depuis ce premier rapport. Le Texas enregistre de loin le plus grand nombre de cas, avec 73 cas. La Louisiane arrive ensuite, avec cinq cas.

La FDA a indiqué que les consommateurs qui possèdent encore ces œufs doivent les jeter ou les rapporter au lieu d'achat. 

mercredi 17 juin 2026

Sécurité des aliments dans l’UE : Comment fonctionne le réseau d’alerte? rapide, peu rapide ou pas rapide du tout ? C’est la question qui est posée !

En date du 22 avril 2026, la médiatrice de l’UE va ouvrir une enquête sur la manière dont la Commission garantit la fiabilité du système d’alerte de l’UE en matière de sécurité des aliments ou pour dire les choses plus précisément Comment la Commission européenne assure la protection des consommateurs contre les dangers liés aux denrées alimentaires au moyen du système d’alerte rapide pour les denrées alimentaires et les aliments pour animaux (RASFF).

Le blog a souvent qualifié, depuis plusieurs années, le RASFF de réseau d’alerte dit rapide … Le blog a publié de très nombreux articles sur les retards des rappels tant au niveau du RASFF de l’UE que de RappelConso en France, ici.

La Médiatrice européenne Teresa Anjinho a ouvert une enquête d’initiative sur la manière dont la Commission européenne assure la protection des consommateurs contre les dangers liés aux denrées alimentaires grâce au système d’alerte rapide pour les denrées alimentaires et les aliments pour animaux (RASFF).

La Médiatrice a décidé d’ouvrir l’enquête après qu’un certain nombre de parties prenantes ont fait part de leurs préoccupations quant au fonctionnement du système d’alerte. Ces préoccupations concernent d'éventuels retards dans la transmission de certaines alertes concernant un problème de sécurité des aliments ainsi que la transparence et la qualité des données mises à la disposition des citoyens.

En ouvrant l'enquête, Mme Anjinho attire l'attention sur les récents retards dans l'information des autorités nationales et européennes sur le lait infantile contaminé. Elle note également qu’un système d’alerte fiable et efficace en matière de sécurité des aliments est nécessaire pour protéger plusieurs droits au titre de la charte des droits fondamentaux de l’Union européenne, y compris le droit à la santé et à la protection des consommateurs.

La Médiatrice a posé une série de questions à la Commission pour obtenir un aperçu détaillé du fonctionnement du système. Il s’agit notamment de savoir combien de temps il faut en moyenne pour que les alertes soient diffusées aux membres du RASFF après qu’un risque a été identifié et combien de temps en moyenne il faut aux points de contact nationaux – généralement les autorités chargées de la sécurité des aliments – pour soumettre les notifications.

La Médiatrice a également demandé à la Commission si elle avait elle-même déjà identifié des risques avant qu’ils ne soient signalés par une autorité nationale et si elle envisageait d’introduire des mesures pour garantir que les notifications couvrent efficacement le commerce électronique.

Parallèlement, les médiateurs nationaux de toute l’Europe ont été invités à enquêter sur le fonctionnement du RASFF avec leurs autorités nationales, étant donné qu’un lien étroit entre les actions de la Commission et les autorités nationales concernant le système d’alerte est essentiel pour garantir son efficacité. En tant que coordinatrice du réseau européen des médiateurs, Mme Anjinho partagera ensuite ses conclusions avec la Commission.

Un certain nombre de questions à la Commission figurent à l'annexe de la présente lettre. Je vous saurais gré de bien vouloir recevoir la réponse de la Commission pour le 20 juillet 2026 au plus tard. Si la production d’informations concernant l’un des éléments nécessite une charge disproportionnée, j’invite la Commission à en informer l’équipe d’enquête dès que possible.

Liste des questions à la Commission

A) Lorsqu'un membre du réseau RASFF dispose d'informations relatives à l'existence d'un risque grave direct ou indirect découlant de denrées alimentaires et d'aliments pour animaux, il doit en informer immédiatement la Commission qui, après vérification des informations, les communique aux autres membres du RASFF. La Commission est invitée à fournir des informations sur les points suivants:
  • i. la manière dont il vérifie les informations reçues;
  • ii. Au cours des deux dernières années, combien de temps a été nécessaire en moyenne pour que les notifications d'alerte soient diffusées aux membres du RASFF après qu'un risque a été identifié; et si les délais de 48 heures et de 24 heures pour, respectivement, la soumission par les points de contact et la vérification/transmission par la Commission ont jamais été dépassés;
  • iii. dans le même délai, quel est le délai moyen pris par les points de contact pour soumettre les notifications et pour que la Commission les vérifie et les transmette dans le cas des informations, des nouvelles et des notifications de reclassement ;
  • iv. Enfin, quel est le temps moyen pris par les membres du réseau pour diffuser les notifications de rejet aux frontières, que la Commission ne vérifie qu’a posteriori ?

Pour les questions ii) à iv), la Commission est invitée à fournir l'aperçu statistique correspondant.

B) Comment la Commission procède-t-elle si elle identifie, à elle seule, un risque grave qui n'a pas (encore) été signalé par un membre du RASFF? Est-ce que cela s'est déjà produit, et si oui, comment cela a-t-il été géré ?

C) La Commission est responsable de la gestion du réseau RASFF. En outre, la Commission est également chargée d'assurer le fonctionnement, la maintenance, le support, la mise à jour ou le développement des logiciels et de l'infrastructure informatique sous-jacents à iRASFF. À la lumière de ce qui précède, la Commission est invitée à fournir des informations au Médiateur en ce qui concerne:

  • i. toutes les mesures qu’elle a prises pour garantir la qualité et la cohérence (modalités de notification, actualité) des notifications des points de contact, qu’il s’agisse de notifications d’alerte ou d’autres types de notifications;
  • ii. si elle envisage des mesures visant à garantir que les notifications tiennent mieux compte du contrôle de la sécurité des aliments par le secteur privé et couvrent efficacement le commerce électronique;
  • iii. En ce qui concerne iRASSF, la manière dont il garantit que le système repose sur la technologie la plus récente. En réponse à cette question, la Médiatrice souhaiterait que la Commission fournisse davantage d’informations sur TraceMap, y compris sur la manière dont il est concrètement utilisé dans le cadre du RASFF et sur la manière dont le contrôle humain et le respect de la législation sur l’IA sont assurés.

D) En ce qui concerne la fenêtre RASFF (y compris le portail des consommateurs), la Commission pourrait-elle expliquer si elle entend améliorer sa transparence, en particulier l’identification du nom du produit rappelé, et l’accessibilité du portail pour les citoyens vulnérables tels que les personnes âgées ou les personnes handicapées? Si la Commission n’a pas l’intention de mettre à disposition le nom des produits rappelés, pourrait-elle expliquer pourquoi son approche est différente de celle de Safety Gate pour les produits non alimentaires?

Commentaire

Je pense que la patate chaude va circuler au sein des différentes directions afin de savoir qui et comment répondre à ces interrogations, et il semble désormais évident, que le RASFF a été lié à de nombreux dysfonctionnements sur le dos des consommateurs …

Même s’il existe quelques exemples de rapidité, voir ici tout récemment, en France, RappelConso n’est pas exempt de tout reproche ...

samedi 9 mai 2026

France : Les données 2025 des rappels de produits alimentaires demeurent trop élevées

Le 2 novembre 2025, je prévoyais une
forte augmentation des rappels en 2025 ; il ne fallait pas être grand clerc pour annoncer cela ...

- 3 243 en 2021

- 2 441 en 2022
- 2 023 en 2023
- 2 087 en 2024
- 2 338 en 2025

Il n'existe pas à ma connaissance de bilan des rappels de produits alimentaires en France, d'où ce petit bilan de mon cru...

Voici une méthode simple de calcul des rappels pour 2025 pour ceux que ça intéresse : le chiffre calculé est obtenu à partir de l’utilisation des données des rappels via RappelConso, entre ici et ici.

Bien entendu, il est classique, mais non prouvé de dire, plus il y a de rappels, plus le système fonctionne …

Cette brève information me permet de signaler que nos voisins et amis belges de l’AFSCA ont publié tout récemment, le 5 mai 2026, un communiqué,« Les entreprises alimentaires belges ont procédé à 378 rappels de produits et avertissements en 2025 ».

Que dire de plus ...

vendredi 13 mars 2026

Contamination croisée et dramatiques conséquences par l'exemple

Santé publique France est sélectif dans ses informations sur la santé publique et encore plus sur la sécurité des aliments.

Pas un mot sur les laits infantiles contaminés par une toxine de Bacillus cereus, mais abondance relative d’informations sur de cas de listériose en lien avec la consommation de produits de charcuterie prêts à consommer. 

Cela étant, le compte n’y est pas

Santé publique France communique le12 mars, sur un point au 10 mars de « Cas de listériose en lien avec la consommation de produits de charcuterie prêts à manger de l’entreprise Drôme Ardèche Tradition ».

La raison probable est que les produits de cet établissement sont susceptibles d’avoir été contaminés après cuisson

12 patients atteints de listériose, avec des prélèvements positifs réalisés entre le 13/10/2025 et le 23/01/2026. Parmi ces cas, 7 ont été recensés en janvier 2026. Aucun nouveau cas n’a été identifié depuis le 11/02/2026. 2 décès ont été signalés.

Les cas identifiés résident dans les régions : Auvergne-Rhône-Alpes (9), Bourgogne-Franche-Comté (1), Normandie (1), et Nouvelle-Aquitaine (1).

Depuis 2021, le nombre annuel de cas de listériose est en augmentation nette, avec 619 cas notifiés en 2024. Sur la période 2021-2024, l’incidence régionale moyenne de la listériose était la plus forte en Bretagne, en Normandie, et en Corse. Voilà que cette épidémie semble changer la donne ...

Origine de la contamination

Les investigations épidémiologiques ont permis d’identifier, début février, que plusieurs patients avaient consommé du pâté en croûte. Les enquêtes de traçabilité ont confirmé que ces produits provenaient d’une même entreprise, Drôme Ardèche Tradition (26). Par mesure de sécurité, la mise sur le marché de tous les produits de cet établissement susceptibles d’avoir été contaminés après cuisson a été suspendue. Un retrait-rappel des produits commercialisés (lien de Food Safety News plus fiable que celui fourni par la préfecture de la Drôme) a été lancé le 5 mars 2026.

A noter une notification au RASFF de l’UE, 2026.1933, le 12 mars de la présence de Listeria monocytogenes dans des produits de viande suite à un autocontrôle de l’entreprise, sans plus de précision ...

Les analyses du CNR des Listeria ont confirmé que des souches isolées de produits de l’établissement présentaient les mêmes caractéristiques que celles isolées chez les personnes malades.

Quelques questions

Pourquoi le rappel aurait dû être effectif plus tôt. 
Selon le ministère de l’agriculture, « Les enquêtes alimentaires et de traçabilité engagées par les services de l’État autour de ces cas ont conduit, le 24 février 2026, à suspecter des produits mis sur le marché par l’établissement Drôme Ardèche Tradition situé à Bourg de Péage (26). Un contrôle de l’établissement a été diligenté et des prélèvements officiels ont donc été réalisés par les services de la Direction départementale de la protection des populations de la Drôme. Au vu des constats effectués lors du contrôle, un arrêté préfectoral de suspension d’activité a été pris et l’entreprise a procédé au retrait et au rappel de tous les produits fabriqués sur le site, sous la supervision des services de l’Etat. »

On ne connaît pas la quantité de Listeria monocytogenes présents dans ces aliments, élément utile pour comprendre cette épidémie ...

On cite l’entreprise, mais qu’en est-il des inspections sanitaires réalisées dans cette entreprise. Le site Alim’confiance ne nous apprendra rien, car « Suite à des contraintes techniques, les résultats des contrôles Alim'confiance sont provisoirement indisponibles. »

Comment se fait-il qu’en 2026, il existe encore des entreprises alimentaires qui ne savent pas que le cru et le cuit sont deux usines strictement séparées afin de prévenir toute contamination croisée ou transfert de contamination ?

vendredi 6 mars 2026

2025 : Les notifications au RASFF de l’UE toujours en hausse et les rappels en France de produits alimentaires en net rebond

Brève note factuelle ...

En 2025, il y a eu 5 344 notifications de produits alimentaires et de boissons au RASFF de l’UE versus 5 250 pour l'ensemble de l'année 2024, qui elles-mêmes avaient augmentées de 8% par rapport à 2023, un nouveau palier donc …

Selon mes informations, pour les produits d’origine France, il y a eu 265 notifications au RASFF de l’UE cours de l’année 2025 versus 272 en 2024 et la France a été à l’origine de 535 notifications en 2025 versus 614 en 2024.

Par ailleurs, les données récupérées sur RappelConso montrent un net rebond des rappels en 2025, comme le montre le bilan des cinq dernières années:

- 3 243 en 2021
- 2 441 en 2022
- 2 022 en 2023
- 2 086 en 2024
- 2 323 en 2025

Une analyse de l'année 2025 des notifications de produits alimentaires et des boissons selon le Sedgwick’s 2026 State of the Nation Product Safety and Recall Index report vient d'être publiée. Prudence lors de la lecture car les chiffres proposés ne sont pas toujours en adéquation avec les données de l’UE, même si les chiffres proposés indiquent une hausse des notifications.

Enfin, vous lirez avec intérêt l’analyse de Joe Whitworth dans Food Safety News, European analysis finds rise in recalls.

MàJ du 14 mars 2023. Comparaison n'est pas raison dit-on, mais tout de même, chez nos voisins allemands, il y a eu respectivement pour 2022, 2023, 2024 et 2025, 311, 310, 310 et 323 rappels de produits alimentaires.

mardi 16 décembre 2025

Sécurité des aliments en France en 2025 : Un bien étrange bilan !

 Chers Lecteurs,

Une toute petite apparition pour vous présenter mes meilleurs vœux et une bonne année 2026.

Voici quelques informations sur la sécurité des aliments en France, qui, hélas, traverse des soubresauts inquiétants, mais il n'y a pas que dans ce domaine, ...

1. Les rappels de produits alimentaires continuent sur leur lancée, après une baisse toute relative en 2023 et 2024, voici que 2025 aura été un bon cru. Voici les chiffres sur ces cinq dernières années :

- 3 243 en 2021
- 2 441 en 2022
- 2 023 en 2023
- 2 087 en 2024
- 2 321 en 2025 

2. Les données des toxi-intoxications alimentaires collectives (TIAC) notifiées en 2023 sont plus élevées qu'en 2022, qui elles-mêmes étaient les données les plus élevées jamais enregistrées depuis la mise en place de la surveillance en 1987. Voir le détail dans un précédent article ici. 2 038 TIAC et 19 823 cas  été constatées en 2023 !

Hélas, 2024 n'est pas en reste, 2023 n'était donc pas un incident isolé ! En 2024, il y a eu 2 066 TIAC et 20 340 cas, soit 29,7 personnes pour 100 000 habitants. 2024 est donc à nouveau une année où les données sont les plus élevées jamais enregistrées depuis la mise en place de la surveillance en 1987. Nous avons désormais atteint un palier !

Le plus important dans cette affaire, me semble-t-il, est l'absence de publication et/ou de communication de ces données par Santé publique France qui reste désespérément scotchée sur 2022. Nous sommes désormais en 2026 et nous n'avons toujours pas les données de 2023, retard, négligence, manque moyens, toutes les hypothèses sont sur la table.

Plus grave, cela pourrait aussi s'apparenter à un manquement à l’obligation de divulgation d'informations publiques du consommateur, du citoyen, ...

On lira sur ce sujet l'article de Joe Withworth dans Food Safety News, Le nombre de TIACs en Europe dépasse les 6 500.

3. Les inspections en sécurité des aliments, le compte n'y est toujours pas, mais qui s'en soucie ?

- 2012 : 86 239
- ...
- 2023 : 49 830
- 2024 : 50 530
2024 (année des J.O.), 106 280 inspections officielles, mais ce chiffre est en trompe-l'oeil. En effet, y a eu 55 750 inspections réalisées par des organismes délégataires privés, soit en fait 50 530 inspections réalisés par le seul service public, chiffre comparable à 2023 !

Notons que la mission de conseil pour cet appel au privé en 2024, Sécurité et qualité sanitaires de l’alimentation est de 257 437 euros. Source.

Autre donnée, celle des fermetures totales ou partielles effectives des établissements alimentaires :

- 2021 : 500
- 2022 : 810
- 2023 : 989 
- 2024 : 1 750

On constate donc que l'axiome selon lequel plus il y a des inspections, plus il y a des fermetures d'établissements, que faut-il donc en conclure ?

Conclusion
Publication de l’édition 2024 du Baromètre de Santé publique France dans lequel la sécurité des aliments est absente ; il n'y est question que d'insécurité alimentaire et de régime alimentaire ...

Et pourtant les données des TIAC en 2022, 2023 et 2024 ne sont pas bonnes du tout ...

Et pourtant selon le communiqué,

Les résultats produits éclairent les enjeux de santé publique, enrichissent les connaissances sur l’état de santé et fournissent des informations nécessaires pour guider les politiques de prévention et aider à réduire les inégalités sociales et territoriales de santé.

Totalement hors sol !


NB : Le blog a toujours de nombreux lecteurs en 2025, merci aux plus de 6 500 visiteurs en décembre et aux 123 235 personnes qui ont visualisé du contenu sur ce blog sur cette année.