mercredi 19 décembre 2018

Prévalence de norovirus dans des salades et des framboises vendues au Royaume-Uni

NoVAS (Norovirus Attribution Study) est un projet britannique dirigé par la Food Standards Agency (FSA) afin d’évaluer la contribution dans la chaîne alimentaire du fardeau des infection à norovirus acquise au Royaume-Uni.

Le Work Package 4 concerne « l’acquisition de données sur les niveaux de contamination des salades et des baies vendues au détail ».

Des échantillons de framboises et de laitues distribuées au détail  (y compris des points de vente dans les exploitations agricoles) seront collectés et analysés pour détecter la présence de norovirus. Les données quantitatives seront obtenues dans la mesure du possible en utilisant une méthodologie basée sur le qPCR harmonisée avec la collecte de données sur les huîtres (Work Package 3).

C’est ce qui vient d’être publié dans le numéro de juin 2019 de la revue Food Microbiology, « Prevalence of Norovirus in produce sold at retail in the United Kingdom » (Prévalence de norovirus dans les produits frais vendus au détail au Royaume-Uni).

Plus d'une laitue sur 20 vendues au Royaume-Uni sont contaminées par norovirus un microbe potentiellement dangereux.

Sur les 568 échantillons de laitue examinées, 30 (5,3%) se sont révélés positifs à norovirus, selon l’étude NoVAS. Norovirus est plus particulièrement répandu en hiver.
Sur les 30 échantillons de laitue positifs, 24 ont été cultivés au Royaume-Uni, et 19 de ces 24 échantillons contenaient le génotype GI de norovirus, connu pour infecter l'homme.

Au total, 1 152 échantillons de produits frais vendus au détail au Royaume-Uni ont été analysés pour détecter norovirus sur une période de 13 mois. L'étude a également révélé que 2,3% des framboises fraîches et 3,6% des échantillons congelés de framboises étaient positifs à norovirus.

Six des sept échantillons de framboises fraîches qui ont été retrouvés positifs sont importés, mais aucune prédominance de génogroupe, ni aucune saisonnalité, n'a été observée.

Dix des 274 échantillons de framboises congelées étaient positifs au norovirus. Le pays d'origine des échantillons de framboises congelés ayant fait l'objet de tests positifs n'a pas été identifié dans sept cas.

Sur les 274 échantillons de framboises congelés observés, 10 étaient positifs au norovirus. Les pays d'origine des échantillons positifs de framboises congelés n'ont pas été identifiés dans sept cas sur dix.

Les données collectées s'ajoutent au corpus d'informations actuellement limité sur la prévalence de norovirus dans les produits frais et indiquent la nécessité de mettre en œuvre une management efficace de la sécurité sanitaire vis-à-vis des virus d'origine alimentaire.

Une autre étude publiée, il y a un mois, montrait que « Des végétaux présents dans les supermarchés hébergeraient des gènes de résistance aux antibiotiques », source ASM Communications du 6 novembre 2018.

En France, l’étude de l’InVS paru en janvier 2018 sur l’« Estimation de la morbidité et de la mortalité liées aux infections d’origine alimentaire en France métropolitaine, 2008-2013 », nous avons 
Les norovirus apparaissent responsables du plus grand nombre de cas (517 593 cas, soit 34% du nombre total de cas d’origine alimentaire) ; ils sont au 3e rang en nombre d’hospitalisations (3 447 hospitalisations, 20% du nombre total d’hospitalisations pour infection d’origine alimentaire) et au 7e en nombre de décès (8 cas décédés, 3% du nombre total de cas décédés d’origine alimentaire).
Pour les norovirus, une transmission alimentaire est possible, notamment via les aliments qui peuvent être contaminés soit directement (coquillages), soit lors de leur manipulation sans précautions d’hygiène par une personne infectée. Au vu des estimations pour cet agent pathogène, il faut continuer à sensibiliser le personnel de cuisine sur le risque fécal-oral et sur le respect des bonnes pratiques d’hygiène lors de la manipulation des aliments. Au niveau familial, les règles d’hygiène doivent être respectées scrupuleusement en cas de présence d’un malade au sein du foyer. (1)

mardi 18 décembre 2018

Les feuilles fraîches d’Aloe vera, l'Anses confirme le danger


L’Anses a été saisie le 8 août 2018, conjointement par la direction générale de la santé (DGS) et ladirection de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF) pour la réalisation de l’appui scientifique et technique suivant : « Demande d’avis relatif à la sécurité des feuilles fraîches d’Aloe vera destinées à la consommation humaine ».
Conclusions de l'Anses
Les conclusions de l’évaluation de l’Efsa et du BfR relatives à l’évaluation de la sécurité d’utilisation des dérivés hydroxyanthracéniques (DHA), présents dans les préparations ou extraits de feuilles entières d’Aloe vera, conduisent à considérer, en l’état des connaissances, ces composés comme potentiellement génotoxiques et cancérogènes. De plus, ces évaluations n’ont pas pu établir, pour les DHA, une dose journalière sans effet délétère pour la santé. L’Efsa indique par ailleurs que d’autres composés génotoxiques seraient présents dans les extraits de feuille entières d’aloès. D’une façon générale, il convient de réduire, le plus possible, l’exposition des consommateurs aux substances potentiellement génotoxiques et cancérogènes. 
La recommandation d’écarter les couches externes des feuilles d’Aloe vera, contenant des DHA, pour l’élaboration de produits ou préparations alimentaires à partir du gel nécessiterait, pour être pleinement opérationnelle, d’être complétée par une indication qualitative (ex. couleur des couches à écarter) ou quantitative (ex. épaisseur) qui n’est aujourd’hui pas accessible ; par ailleurs, elle ne traite pas d’éventuels composés susceptibles d’être présents dans le gel. 
Néanmoins, l’Anses estime nécessaire de rappeler les recommandations d’ores et déjà formulées par les autorités dans leur communiqué du 2 août 2018.
Enfin, l’Anses rappelle que le statut des dérivés hydroxyanthracéniques (contenus notamment dans des extraits de feuilles entières d’Aloe vera) et des ingrédients alimentaires en contenant doit être prochainement soumis au vote à la Commission européenne pour un classement à l’annexe III du règlement (CE) n° 1925/2006. 
Le communiqué du 2 août précité rapporte :
A l’occasion de ses activités de contrôle et de surveillance des marchés, la DGCCRF a constaté que les feuilles fraîches de cette plante sont parfois proposées à la vente afin que les consommateurs puissent les cuisiner eux-mêmes. 
En effet, la partie externe de la feuille d’Aloe vera secrète un liquide de couleur jaune (appelé latex) riche en dérivés hydroxyanthracéniques, des molécules qui ont un effet laxatif très puissant et qui sont à l’origine de multiples effets indésirables largement documentés. 
Par ailleurs, l’Agence européenne de sécurité des aliments (EFSA), dans un avis publié en janvier 2018, indique que ces dérivés hydroxyanthracéniques sont également susceptibles d’endommager l’ADN et d’être cancérigènes. 
Les modes de préparation conseillés sur les emballages ou sur les nombreux sites Internet proposant des recettes à base d’Aloe vera oublient le plus souvent de rappeler les risques liés à la consommation du latex et n’expliquent pas comment s’en débarrasser. 
Dans l’attente des résultats de cette expertise, la DGCCRF et la DGS recommandent d’éliminer la partie externe et toute présence de latex des feuilles d’Aloe vera pour ne consommer que le gel situé au centre de la feuille (cf. schéma ci-dessous). Par précaution, la DGCCRF et la DGS recommandent également d’éviter la consommation de feuilles fraiches d’Aloe vera, y compris du gel, par les enfants, les femmes enceintes et allaitantes et les personnes fragiles.
 
C’est quoi désormais la suite, des recommandations, des précautions, une interdiction or not une interdiction ?

Autorité compétente unique de la sécurité des aliments en France ou comment renforcer une usine à gaz ?



La newsletter de la revue PROCESS Alimentaire du 17 décembre 2018 rapporte « les propositions du gouvernement à propos d’une éventuelle  Autorité unique de sécurité sanitaire ». 
La question a de nouveau été posée mi-décembre à l’Assemblée Nationale par le député Dominique Potier. Dans une réponse écritele ministère de l’Agriculture et de l’Alimentation indique que le gouvernement entend porter plusieurs propositions au niveau européen.
Le texte de la question peut se résumer à ce qui suit :
Cette réforme de l'organisation administrative des contrôles pourrait se concevoir sous différentes formes : premièrement, un ministère reconnu leader avec une direction générale de ce même ministère rassemblant l'ensemble des compétences actuellement réparties entre la DGAL et la DGCCRF ; deuxièmement, une direction interministérielle, rattachée au Premier ministre, regroupant les compétences et les moyens des deux ministères ; troisièmement, un établissement public placé sous la tutelle des différents ministères concernés. Il y a tout juste vingt ans, les crises sanitaires du sang contaminé et de la vache folle avaient conduit à l'adoption, sur une initiative parlementaire, de la loi du 1er juillet 1998, qui avait permis de structurer le dispositif public d'évaluation des risques. Le moment est venu aujourd'hui de renforcer la gouvernance de la gestion des risques sur la chaîne alimentaire. C'est la raison pour laquelle il lui demande donc de renforcer aujourd'hui la gouvernance de la gestion des risques en créant une autorité unique de contrôle sanitaire sur la chaîne alimentaire.
 La réponse du ministre de l’agriculture, daté du 11 décembre, c’est-à-dire en pleine crise des « gilets jaunes » et pourtant la réponse du ministre se fait stratosphérique et à côté du sujet ; les Français ne veulent pas ou plus déléguer à Bruxelles le soin d’organiser la vie de leur pays, mais voilà pourtant ce que propose le ministre :
S'agissant de la gouvernance de la sécurité sanitaire des aliments, le Gouvernement entend porter plusieurs propositions au niveau européen. La première est de proposer la création d'une force européenne d'enquête et de contrôle pour lutter contre les fraudes en sécurité sanitaire des aliments qui avaient été à l'origine par exemple de la contamination des œufs par le fipronil en 2017.
Sur ce point, le ministre ne sait sans doute pas qu’il existe déjà au niveau européen un ‘EU Food Fraud Network’, depuis, non pas la contamination des œufs par le fipronil en 2017, mais depuis la crise de la viande de cheval en 2013.
La seconde serait de créer un réseau européen de chefs de la sécurité sanitaire des aliments (CFSO) qui faciliterait le partage des mesures de gestion des risques sanitaires entre les États membres, que ce soit dans un contexte de crise ou non. La mise en place de ce réseau renvoie à la question de la gouvernance de la sécurité sanitaire en France. Comme cela est souligné par les rapports susmentionnés, il est nécessaire de clarifier les attributions des administrations compétentes dans le domaine de la sécurité sanitaire des aliments. La création d'une autorité compétente unique (police sanitaire unique) qui regrouperait les missions d'inspection, de gestion des alertes et de surveillance dans le domaine de la sécurité sanitaire des aliments a été proposée par les parlementaires. Le Gouvernement va donc conduire des réflexions sur cette base. C'est en agissant sur tous ces leviers que le dispositif de sécurité sanitaire des aliments gagnera en performance via une chaîne de commandement unique et efficace, allant du niveau européen jusqu'au plus près des consommateurs.
Demander « de créer un réseau européen de chefs de la sécurité sanitaire des aliments (CFSO) » est demander de créer un ‘machin’ de plus, sachant qu’il existe déjà l’ECDC et l’EFSA. Par ailleurs, il existe aussi des « Points de contact EFSA, 10 ans de mise en réseau pour la sécurité des aliments en Europe », mais le ministre ne le sait pas non plus ...

Mais quel sera l’envoyé de la France, un membre du ministère de l’agriculture, un membre du ministère de la santé ou un membre du ministère de l’économie ? 

Par ailleurs, le ministre renvoie la création d'une autorité compétente unique (police sanitaire unique) à une proposition des parlementaires … on est tranquille de ce côté là pour un moment …

Pour l’instant, hélas, le rapport fait toujours pschitt !

Irlande : Un adulte sur quatre a eu un désastre lors d'un dîner de Noël, selon une étude


« Une nouvelle étude révèle qu'un adulte sur quatre en République d'Irlande a eu un désastre lors d'un dîner de Noël », source Safe food.
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C’est comme dans un film d’une comédie de Noël, on passe des heures à préparer le dîner de Noël et ensuite on voit se gâcher. Et selon une nouvelle étude commanditée par Safe food, une personne sur quatre (27%) en République d'Irlande a connu un désastre culinaire lors de la cuisson de la dinde de Noël. Avec la saison des fêtes qui s'annonce, et ses nombreuses recettes, Safe food propose tous les conseils nécessaires pour aider les personnes à déguster la dinde la plus sûre et la plus savoureuse de Noël.

En République d’Irlande, près d’un million de dindes sont préparées et cuites le jour de Noël, mais 15% des Irlandais ont eu des problèmes de cuisson insuffisante (6%) ou de cuisson de leur dinde (9%). La recherche a également montré qu'oublier d'allumer le four (7%) ou de décongeler la dinde (4%) était deux des causes les plus courantes de calamité du jour de Noël.

La Dr. Linda Gordon, spécialiste en sciences des aliments chez Safe food a commenté l’étude :
« Le dîner de Noël est l’un des repas les plus spéciaux de l’année. La dinde occupe souvent une place centrale. Mais cela peut être une expérience accablante pour certains, surtout si vous ne l’avez pas fait cuire avant ou si vous n’êtes pas habituée à cuisiner pour un nombre important de personnes. Planifier à l'avance est le meilleur moyen de rester au fait des choses pour la cuisine de Noël. L'année dernière, plus de 80 000 personnes ont visité le site Internet de Safe food sur la sécurité des aliments entre la veille de Noël et le jour de Noël. Les recherches les plus populaires étaient : comment décongeler une dinde ; où la conserver ; le temps de cuisson; faut-il ou non la farcir  et comment savoir quand elle est bien cuite. »

« Nous sommes ici pour éliminer le stress de Noël pour les cuisiniers. Quel que soit le mode de cuisson, le temps ou les recettes que vous utilisez, vous savez si votre dinde est bien cuite lorsqu'il n'y a pas de viande rosée dans la partie la plus épaisse de la poitrine et de la cuisse, le jus qui coule doit être clair et la viande est très chaude. Notre site Internet regorge de ressources utiles, notamment un calculateur de temps de cuisson de la dinde, des vidéos de démonstration, de nombreuses recettes de Noël savoureuses. Et pour les questions de dernière minute le jour de Noël, notre chef Safe food sera également disponible pour répondre à vos questions via Facebook messenger @safefood.eu»

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Ce qui serait bien plus utile que des conseils qualitatifs pour la cuisson de la dinde est de proposer d'utiliser un thermomètre à viande afin de connaître la température précise de la cuisson …