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samedi 3 octobre 2026

L’EFSA définit ses besoins scientifiques en matière de préparation réglementaire et d’évaluation des risques

« L’EFSA définit ses besoins scientifiques en matière de préparation réglementaire et d’évaluation des risques », source Food Safety Magazine.

Le 29 septembre, l’Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA) a publié un document décrivant les capacités scientifiques et les investissements nécessaires pour suivre le rythme de l’innovation dans le système alimentaire, des risques émergents et de l’évolution des politiques de l’UE, tout en permettant une évaluation des risques efficace et efficiente.

Ce document identifie les besoins scientifiques selon six axes interdépendants :

1. Innovation et compétitivité
2. Progrès méthodologiques et techniques
3. Durabilité et approche « Une seule santé »
4. Préparation et réponse rapide
5. Communication des risques et sciences sociales
6. Intelligence artificielle (IA) et données.

Ce document vise à alimenter la future stratégie 2034 de l’EFSA et les discussions lors de la conférence de l’agence, Safe Food, One Future (ou Des aliments sûrs, un avenir pour tous), qui se tiendra du 29/09 au 01/10/2027 à Parme, Italie.

Défis réglementaires liés à l'innovation alimentaire

L'EFSA a mis en lumière plusieurs domaines où l'innovation engendre de nouveaux défis en matière de réglementation, notamment les aliments issus de cultures cellulaires, la fermentation de précision, l'agriculture moléculaire végétale, les produits à base de microbiote, les biopesticides, les bactériophages, les nouvelles techniques génomiques (NGT), l'économie circulaire des aliments pour l'alimentation humaine et animale, les nouveaux matériaux en contact avec les aliments et les systèmes agricoles émergents.

Parmi les défis spécifiques décrits dans le document figurent l'évaluation des produits à base de cellules animales cultivées, des additifs alimentaires innovants, des biopesticides, ainsi que des nouveaux matériaux recyclés en contact avec les aliments et des technologies de recyclage.

L'EFSA a également souligné des lacunes scientifiques concernant l'allergénicité et la sécurité des protéines, les microbiomes, l'évaluation des risques environnementaux et les risques potentiels pour la santé associés aux microplastiques et nanoplastiques.

L'agence a indiqué que des méthodes d'évaluation des risques adaptées seront nécessaires pour traiter les nouveaux produits, les matériaux avancés, les nouvelles données probantes et les scénarios impliquant de multiples dangers.

Appel à des progrès dans les nouvelles approches méthodologiques, la science de l'exposition et l'évaluation probabiliste des risques

L'EFSA a identifié des besoins continus en matière de recherche et d'investissement concernant les nouvelles approches méthodologiques (NAMs), susceptibles de faciliter la transition vers l'abandon des tests sur les animaux. Malgré les progrès réalisés, l'EFSA a indiqué que les méthodes alternatives isolées sont insuffisantes pour une évaluation complète des dangers. Des travaux supplémentaires sont nécessaires sur les batteries de tests intégrées, les méthodes toxicocinétiques, les chemins menant à des effets néfastes de façon quantitative (qAOP pour quantitative adverse outcome pathways), les approches omiques et l'intégration de nouveaux types de données et de preuves dans l'évaluation réglementaire des risques.

Le document appelle également à des progrès dans la science de l'exposition, notamment une meilleure intégration de la biosurveillance humaine, de l'exposition agrégée, des informations sur l'exposome, de la modélisation de l'exposition tout au long de la vie et du dépistage non ciblé.

De plus, l'EFSA a déclaré que les approches probabilistes pourraient améliorer les évaluations de l'exposition combinée à plusieurs substances chimiques et d'autres scénarios d'exposition complexes pour lesquels les approches basées sur des seuils sont insuffisantes.

Une seule santé, surveillance et risques liés au climat pour la sécurité des aliments

L'EFSA a identifié la coopération « Une seule santé » comme un autre élément important de la préparation réglementaire future. Les domaines nécessitant des investissements supplémentaires incluent la résistance aux antimicrobiens (RAM), les microbiomes, les biomarqueurs d'effet, le bien-être animal, les maladies vectorielles, la surveillance intégrée, l'évaluation des risques environnementaux et le changement climatique.

Par exemple, l'EFSA a préconisé le développement de systèmes de surveillance interopérables et étendus, capables d'intégrer les informations de différents secteurs et de les diffuser suffisamment rapidement pour faciliter l'émission d'alertes. L'EFSA a également identifié la nécessité de mieux quantifier les effets du changement climatique sur la sécurité des aliments, notamment ses impacts sur les aflatoxines et la propagation des maladies vectorielles.

L'EFSA a indiqué que la préparation future devrait progressivement passer d'une réponse réactive aux crises à un modèle anticipatif et systémique. Parmi les capacités proposées figurent la veille stratégique assistée par l'IA, l'apprentissage automatique et le traitement automatique du langage naturel, les systèmes d'alerte précoce, la prospective par scénarios, la modélisation prédictive et les jumeaux numériques (digital twins) pour simuler les vulnérabilités des systèmes alimentaires.

L'EFSA envisage une évaluation des risques pilotée par l'humain et assistée par l'IA

L'IA et les données occupent une place prépondérante dans la vision de l'EFSA pour l'avenir de la science réglementaire. L'agence a déclaré qu'elle devrait passer d'une évaluation des risques largement basée sur des documents à un modèle piloté par l'humain et s'appuyant sur l'IA, dans lequel l'autorité scientifique reste entre les mains des experts, des groupes d'experts, du personnel et des structures de gouvernance responsables de l'EFSA.

Dans un tel modèle, l'IA pourrait appuyer des tâches telles que la formulation du problème, les recherches bibliographiques, la recherche et le tri des preuves, l'extraction de données, l'évaluation critique, la synthèse des preuves, l'analyse de l'incertitude, l'examen des dossiers, la rédaction et les contrôles de qualité. L'EFSA a souligné que l'IA viendrait appuyer, et non remplacer, le jugement scientifique.

L'EFSA envisage également de passer des avis scientifiques au format PDF à des dossiers d'évaluation des risques structurés et lisibles par machine, contenant des preuves et des données et des références aux modèles, des informations sur l'incertitude, des liens de traçabilité, des étapes de validation humaine et des résultats réutilisables.

L'EFSA a conclu que le maintien de l'excellence scientifique et de la préparation réglementaire nécessiterait une recherche et une innovation soutenues en matière de méthodes, d'infrastructures de données, d'expertise spécialisée, de renforcement des capacités, de partenariats et d'engagement dans la recherche. Selon l'EFSA, l'intégration de ces capacités pourrait permettre de fournir des avis scientifiques plus rapides et davantage tournés vers l'anticipation, tout en préservant la rigueur scientifique, la transparence et la confiance du public.

Crédit image : Magnific.

mardi 15 septembre 2026

L'UE propose des conditions de stockage plus flexibles pour certaines viandes fraîches avant congélation

« L'UE propose des conditions de stockage plus flexibles pour certaines viandes fraîches avant congélation », source Food Safety Magazine.

La Commission européenne a proposé des modifications aux réglementations de l'UE sur l'hygiène des denrées alimentaires. Ces changements offriraient aux opérateurs alimentaires une plus grande flexibilité concernant le stockage de la viande fraîche d'ongulés domestiques (bovins, ovins, porcins) avant sa congélation, en s'appuyant sur un avis scientifique récent de l'EFSA.

Le projet de règlement délégué modifierait l'annexe III du règlement (CE) n° 853/2004, qui fixe des règles d'hygiène spécifiques pour les denrées alimentaires d'origine animale. La proposition est ouverte aux commentaires du public jusqu'au 5 octobre 2026.

Selon les exigences actuelles, la viande d'ongulés domestiques destinée à être congelée doit l'être « sans retard excessif », tout en tenant compte, si nécessaire, d'une période de stabilisation de plusieurs jours pour atteindre un pH et une température à cœur stables.

Les modifications proposées rendraient les exigences plus précises tout en autorisant des approches alternatives pour le stockage avant congélation, notamment différentes combinaisons de durée et de température. Les opérateurs alimentaires pourraient également fournir des preuves microbiologiques, jugées satisfaisantes par les autorités compétentes, démontrant la sécurité de la viande fraîche avant congélation et après décongélation.

Lors de l'élaboration de la réglementation, la Commission européenne a consulté un groupe d'experts représentant les autorités compétentes de tous les États membres de l'UE et a obtenu le soutien de ce groupe. Des organisations privées représentant les parties prenantes ont également été consultées.

S'il est adopté, le règlement entrera en vigueur 20 jours après sa publication et s'appliquera six mois après celle-ci.

L'EFSA a examiné la croissance microbienne sur la viande de bovins, d'ovins et de porcins

Ces changements s'appuient sur un avis scientifique de l'EFSA concernant la sécurité microbiologique de la viande d'ongulés destinée à être congelée puis décongelée, adopté par l'agence en décembre 2025. L'EFSA a comparé la croissance de micro-organismes pertinents (pathogènes, d'altération et indicateurs) selon cinq scénarios de réfrigération, de stockage et de décongélation pour la viande de bovins, d'ovins et de porcins. L'évaluation a utilisé des modèles de microbiologie prédictive prenant en compte la température et, dans la mesure du possible, le pH et l'activité de l'eau.

Les conclusions de l'EFSA ont fourni une base scientifique pour préciser l'exigence actuelle de congélation « sans retard excessif » figurant dans la réglementation de l'UE et pour autoriser des combinaisons alternatives de durée et de température, ou le recours à des preuves microbiologiques, afin de démontrer la sécurité sanitaire de la viande.

L'EFSA n'a pas été en mesure d'évaluer la viande d'ongulés sauvages, ni d'extrapoler les résultats obtenus pour les ongulés domestiques aux ongulés sauvages en raison de données insuffisantes.

MàJ du 22 septembre 2026. On lira ce document de l’UE sur les règles d'hygiène applicables à la viande fraîche issue de mammifères domestiques.

Résumé

L'Union européenne (UE) a notifié au Comité des mesures sanitaires et phytosanitaires (SPS) de l'Organisation mondiale du commerce (OMC) un nouveau projet de règles d'hygiène relatives aux conditions de stockage de la viande fraîche provenant de mammifères domestiques (non sauvages), notamment les vaches, les porcs, les moutons, les chèvres et les chevaux (G/SPS/N/EU/965).

Les règles actuelles exigent que la viande destinée à la congélation soit congelée sans retard injustifié. La Commission européenne propose désormais des règles plus précises concernant le nombre de jours suivant l'abattage et les températures de congélation de la viande fraîche issue de mammifères domestiques. (Les règles applicables à la viande de gibier d'élevage resteront inchangées.)

Évaluation des risques liés aux substances non intentionnellement ajoutées dans les matériaux au contact des aliments, selon le BfR

« Les autorités allemandes publient des lignes directrices de l'évaluation des risques liés aux substances non intentionnellement ajoutées (NIAS) dans les matériaux au contact des aliments », source Food Safety Magazine.

L'Institut fédéral allemand d'évaluation des risques (BfR) a publié des lignes directrices exposant son approche de l'évaluation des risques liés aux substances non-intentionnellement ajoutées (NIAS pour non-intentionally added substances) dans les matériaux au contact des aliments (MCAs), incluant des exigences analytiques et toxicologiques fondées sur les niveaux de migration.

Ces lignes directrices visent principalement à étayer les dossiers relatifs aux nouvelles substances soumises en vue de leur inclusion dans les recommandations du BfR pour les MCAs (BfR Recommendations for FCMs) ou dans l'annexe 14 de l'Ordonnance allemande sur les biens de consommation. Elles ne sont pas destinées aux essais de conformité, bien que le BfR ait indiqué que certains aspects de cette approche pourraient servir de base à d'autres évaluations des risques liés aux NIAS.

Conformément aux exigences de l'UE, les substances intentionnellement ajoutées (IAS pour intentionally added substances) et les NIAS doivent satisfaire aux mêmes exigences de sécurité sanitaire pour les MCAs. Les NIAS peuvent inclure des impuretés et des sous-produits associés aux substances utilisées pour fabriquer les MCAs, ainsi que des produits de réaction et de dégradation formés au cours de la production. Le BfR considère généralement que les NIAS dont la masse moléculaire est inférieure à 1 000 daltons (Da) doivent être évaluées ; les substances dépassant 1 000 Da doivent également être prises en compte si elles sont susceptibles de se dégrader dans le tractus gastro-intestinal.

Le BfR a élaboré ces lignes directrices avec la contribution de sa Commission pour les produits de consommation, des parties prenantes du secteur des MCAs et des membres du réseau de l'EFSA consacré aux MCAs.

Exigences analytiques et toxicologiques pour les NIAS

Pour les NIAS non prévisibles, le BfR préconise un dépistage effectué sur le produit commercial et sur un extrait du MCA fini. Ce dépistage doit généralement faire appel, au minimum, à la chromatographie en phase gazeuse couplée à la spectrométrie de masse (GC-MS) et à la chromatographie en phase liquide couplée à la spectrométrie de masse (LC-MS), ou à des méthodes équivalentes, sauf si des dérogations sont scientifiquement justifiées.

Une tentative d'élucidation de la structure doit être effectuée lorsque l'on prévoit une migration supérieure à 0,15 microgramme par kilogramme (µg/kg) d'aliment. À un niveau égal ou inférieur à 0,15 µg/kg, le BfR indique qu'aucune donnée toxicologique n'est requise, que la structure de la NIAS ait été identifiée ou non.

Les NIAS identifiées migrant à des niveaux compris entre 0,15 et 50 µg/kg d'aliment doivent faire l'objet d'une évaluation de leur potentiel génotoxique. En l'absence de données expérimentales, le BfR accepte diverses approches, notamment la consultation de bases de données, le recours justifié à la méthode du « read-across » (extrapolation par analogie) et, dans certaines circonstances, les prédictions in silico. La mise en évidence d'un potentiel génotoxique nécessiterait la réalisation d'essais expérimentaux.

Lorsqu'une substance non intentionnellement ajoutée (NIAS) ne peut être identifiée malgré des efforts analytiques suffisants, le BfR considère qu'une évaluation formelle des risques est impossible, mais qu'une migration allant jusqu'à 10 µg/kg d'aliment peut être tolérée. Pour les NIAS non identifiées migrant à des niveaux compris entre 10 et 50 µg/kg, une évaluation au cas par cas par des experts est requise.

Pour les NIAS migrant à des niveaux compris entre 50 et 5 000 µg/kg d'aliment, il convient également d'évaluer la toxicité subchronique et le potentiel d'accumulation chez l'homme. Au-delà de 5 000 µg/kg, les exigences incluent en outre l'évaluation de la toxicité chronique et de la cancérogénicité, de la toxicité pour la reproduction, ainsi que des paramètres d'absorption, de distribution, de métabolisme et d'excrétion.

vendredi 11 septembre 2026

Glycérol dans les aliments : la valeur guide sanitaire s’applique non seulement à la glace pilée, mais aussi aux aliments solides, selon le BfR

« Selon des responsables allemands de la sécurité des aliments, les limites d'exposition au glycérol pour les boissons devraient également s'appliquer aux aliments solides », source Food Safety Magazine Editorial Team.

L'Institut fédéral allemand d'évaluation des risques (BfR) a conclu que les valeurs sanitaires établies pour l'exposition aiguë au glycérol issu de boissons devraient également s'appliquer aux aliments solides contenant cet additif. Cette position vient enrichir les discussions menées par les autorités de l'UE et du Royaume-Uni concernant les risques d'intoxication au glycérol chez les jeunes enfants et les niveaux d'exposition sans danger.

Le glycérol (ou glycérine), autorisé dans l'UE sous le code E 422, est utilisé aussi bien dans des boissons comme les granités que dans des aliments solides tels que les produits de boulangerie fine. Aucune teneur maximale n'a été fixée pour le glycérol ; il est autorisé selon le principe du quantum satis, ce qui signifie qu'il peut être utilisé en quantité nécessaire pour obtenir l'effet recherché.

Le dernier avis de 2025 du BfR visait à déterminer si les conclusions antérieures concernant les effets potentiels du glycérol sur la santé dans les boissons s'appliquaient également aux aliments solides. En se fondant sur les études disponibles chez l'homme et en l'absence de données expérimentales humaines pour des matrices alimentaires spécifiques, le BfR a jugé justifié de supposer que le glycérol provenant d'aliments solides n'est pas absorbé plus lentement que celui provenant de boissons.

Par conséquent, le BfR a indiqué que la dose aiguë de référence (ArfD pour acute reference dose) de 125 milligrammes par kilogramme (mg/kg) de poids corporel (pc), établie par l'EFSA, ainsi que la dose minimale thérapeutiquement efficace de 250 mg/kg pc précédemment identifiée par le BfR, peuvent également être appliquées à l'évaluation du glycérol dans les aliments solides, notamment les produits de boulangerie fine.

L'intoxication au glycérol chez les jeunes enfants suscite l'attention des autorités réglementaires européennes

Cette conclusion s'appuie sur l'évaluation récente, par les autorités européennes, de l'exposition au glycérol, en particulier chez les jeunes enfants consommant des granités. L'EFSA a fixé la dose aiguë de référence à 125 mg/kg de poids corporel en mars 2026, après avoir conclu que les enfants et les adultes pouvaient dépasser ce seuil en consommant une seule portion de certaines boissons contenant du glycérol. L'EFSA a également recommandé à la Commission européenne d'envisager l'établissement de teneurs maximales pour le glycérol dans les boissons.

Par ailleurs, en 2025, le BfR a constaté que même une petite portion de granité contenant des concentrations moyennes mesurées de glycérol pouvait exposer les jeunes enfants à des niveaux susceptibles d'entraîner des effets sur la pression intracrânienne. Des inquiétudes concernant le glycérol ont commencé à émerger en 2023, lorsque la Food Standards Agency a recommandé de ne pas vendre de granités contenant du glycérol aux enfants âgés de quatre ans ou moins, à la suite de cas d'intoxication au glycérol ayant entraîné des hospitalisations. En cas d'exposition à des niveaux très élevés, généralement lorsque plusieurs portions sont consommées par un enfant sur une courte période, l'intoxication au glycérol peut provoquer un état de choc, une hypoglycémie et une perte de connaissance.

EFSA : L'utilisation du sel d’aspartame-acésulfame ou E 962 ne soulève pas de préoccupations en matière de sécurité sanitaire

Autant le dire de suite, Que Choisir juge que le sel d’aspartame-acésulfame (E962) est ‘peu recommandables, il est préférable d’éviter d’en consommer’. Pour être complet, si l’on peut dire, je lis dans 20minutes, « C’est scandaleux », tempêtent les ONG foodwatch, Yuka et la Ligue contre le cancer ».

Passons donc plus sereinement à l’information scientifique du 10 septembre 2026 de l’EFSA qui conclut que le sel d’aspartame-acésulfame (E 962) est sans danger aux niveaux d’exposition actuels.

L’EFSA a achevé la réévaluation de l’additif alimentaire « sel d’aspartame-acésulfame » (E 962) et a conclu que son utilisation ne soulève pas de préoccupations en matière de sécurité sanitaire.

Le sel d’aspartame-acésulfame est un édulcorant autorisé dans divers aliments et boissons sans sucre ou à teneur énergétique réduite. Une fois ingéré, il se dissocie en ses composants individuels : l’aspartame et l’acésulfame.

Le groupe d’experts n’a relevé aucune préoccupation en matière de sécurité sanitaire associée aux usages et aux niveaux d’utilisation actuellement déclarés pour l’acésulfame K (E 950), l’aspartame (E 951) et le sel d’aspartame-acésulfame (E 962).

Cette conclusion repose sur la dose journalière admissible (DJA) pour l’aspartame, fixée précédemment à 40 mg/kg de poids corporel par jour (et désormais confirmée), ainsi que sur la DJA pour l’acésulfame K, récemment révisée à 15 mg/kg de poids corporel par jour. Les estimations actuelles de l’exposition pour toutes les tranches d’âge restent inférieures à ces DJA.

Les experts recommandent de mettre à jour les spécifications de l’UE pour le E 962 afin de garantir leur conformité avec celles de l’aspartame et de l’acésulfame K utilisés dans sa fabrication.

Conformément à l’approche appliquée à d’autres édulcorants réévalués, ils recommandent également de revoir les limites d’arsenic et de plomb figurant dans les spécifications de l’aspartame (E 951).

Contexte

L’avis scientifique a été adopté en juillet 2026 lors d’une réunion plénière publique du groupe d’experts de l’EFSA sur les additifs alimentaires et les arômes (FAF), permettant aux observateurs d’assister au processus décisionnel collectif du groupe.

L’évaluation a suivi le protocole d’identification et de caractérisation des dangers liés aux édulcorants (publié pour consultation publique en 2019) ainsi que le protocole d’évaluation de l’exposition aux édulcorants (publié pour consultation publique en 2020).

samedi 29 août 2026

L'EFSA explique les nouvelles exigences de l'UE en matière de partage de données de séquençage du génome entier pour les foyers de maladies d'origine alimentaire

Un vent de communication souffle sur l’EFSA, cela nous change avec ce qui se passe en France …

« Questions-réponses : L'EFSA explique les nouvelles exigences de l'UE en matière de partage de données de séquençage du génome entier (WGS) pour les foyers de maladies d'origine alimentaire », par Bailee Henderson dans Food Safety Magazine.

Ce qu'il faut savoir

  • Le règlement (UE) 2025/179, entré en vigueur le 23 août, impose aux États membres de l'UE de réaliser un séquençage du génome entier (WGS) sur cinq agents pathogènes clés lors des investigations sur les foyers de maladies d'origine alimentaire.

  • Un partage plus rapide et plus complet des données WGS via le système conjoint EFSA-ECDC « One Health WGS » peut révéler des liens transfrontaliers entre foyers épidémiques et faciliter des interventions rapides.

  • Les entreprises alimentaire doivent coopérer avec les autorités compétentes en fournissant, sur demande, les isolats de pathogènes et les données WGS lors des investigations sur les foyers épidémiques.

  • Le Dr Frank Verdonck, chef de l'unité des dangers biologiques (BIOHAZ) de l'EFSA, explique l'importance du règlement (UE) 2025/179, ses modalités d'application concrètes et la manière dont les acteurs du système alimentaire doivent s'y préparer.

  • La conférence de l'EFSA intitulée Science Meets Polic (La science rencontre la réglementation), qui se tiendra les 2 et 3 septembre à Rome, abordera les défis de mise en œuvre, les préoccupations et idées reçues du secteur, la collaboration public-privé ainsi que l'utilisation des données WGS dans le cadre du nouveau règlement.

Le 23 août 2026, le règlement (UE) 2025/179 est entré en vigueur, imposant aux États membres de l'UE de réaliser un séquençage du génome entier (WGS) sur les isolats de cinq pathogènes importants lors des investigations sur les foyers de maladies d'origine alimentaire. Les résultats du WGS seront transmis au système conjoint « One Health WGS » de l'EFSA et de l’ECDC, permettant ainsi à l'EFSA de comparer les données WGS issues d'isolats alimentaires et d'isolats cliniques humains. Ce nouveau règlement vise à faciliter les investigations sur les foyers de maladies d'origine alimentaire et à permettre une détection rapide des sources et des causes de ces foyers.

Frank Verdonck, chef de l'unité « Dangers biologiques et santé et bien-être des animaux » (BIOHAZ) de l'EFSA, s'est entretenu avec Food Safety Magazine au sujet des exigences du nouveau règlement, des informations clés pour le secteur, des idées reçues, des progrès en matière de partage des données, des défis de la mise en œuvre et de la troisième conférence « Science Meets Policy ». Cette conférence se tiendra les 2 et 3 septembre 2026 à Rome (Italie) avec le thème : « De la réglementation à la pratique : transformer le séquençage du génome entier (WGS) en actions concrètes pour l'investigation des foyers de maladies d'origine alimentaire ».

Le règlement (UE) 2025/179 est entré en vigueur le 23 août. Quel problème ce règlement visait-il à résoudre et quels changements fondamentaux apportera-t-il à la manière dont les données de séquençage du génome entier (WGS) sont générées, partagées et utilisées lors des investigations sur les foyers de maladies d'origine alimentaire dans l'UE ?

Les foyers de maladies d'origine alimentaire impliquent de plus en plus de cas qui, au départ, semblent sporadiques et sans lien entre eux, et concernent souvent des produits distribués dans plusieurs pays. Dans ces situations, pour déterminer si des cas signalés dans des lieux différents proviennent de la même source, il est nécessaire de comparer en détail les pathogènes isolés à partir d'aliments, d'animaux, d'environnements de production et de personnes infectées. Le WGS offre ce niveau de résolution en générant l'empreinte génétique d'un micro-organisme, ce qui permet aux scientifiques de déterminer si les isolats sont étroitement apparentés et pourraient appartenir au même foyer épidémique.

Le règlement (UE) 2025/179 comble trois lacunes pratiques dans l'utilisation du WGS lors des investigations sur les foyers de maladies d'origine alimentaire dans l'UE :

1. Premièrement, concernant la génération de données : le WGS est déjà utilisé dans de nombreux pays, mais sa mise en œuvre reste inégale au sein de l'UE en raison de disparités en matière de capacités, de coûts, d'expertise et d'infrastructures. En imposant la fourniture de données WGS pour les isolats pertinents liés à des foyers épidémiques, le règlement agit comme un levier important pour accélérer la mise en œuvre au niveau national et favoriser une utilisation plus harmonisée du WGS dans les investigations.

2. Deuxièmement, concernant le partage des données : le règlement établit un cadre juridique plus clair précisant quelles informations doivent être partagées au niveau de l'UE et à quel moment. Cela aide les autorités compétentes à prendre des décisions plus cohérentes en matière de partage de données, en clarifiant les raisons pour lesquelles certaines données sont essentielles à l'évaluation des foyers épidémiques à l'échelle de l'Union. Le champ d’application reste limité aux données relatives aux foyers épidémiques, mais il constitue un point de départ important pour un partage de données plus large et plus systématique à l’avenir.

3. Troisièmement, concernant l’utilisation des données : les données de séquençage du génome entier (WGS) doivent toujours être interprétées conjointement avec des informations épidémiologiques et des données relatives à la chaîne alimentaire. Le règlement devrait améliorer l’exhaustivité et la rapidité de disponibilité des données au niveau de l’UE, favorisant ainsi des comparaisons plus robustes à l’échelle européenne et améliorant la détection et l’investigation des foyers épidémiques transfrontaliers.

Le règlement impose aux autorités compétentes de collecter des isolats de Salmonella enterica, Listeria monocytogenes, Escherichia coli, Campylobacter jejuni et Campylobacter coli lorsqu’ils sont associés ou suspectés de l’être à un foyer épidémique, et de transmettre les résultats du séquençage du génome entier « sans retard injustifié ».

Concrètement, à quoi correspondent une collecte et un partage de données effectués dans des délais appropriés, et comment cela peut-il aider les investigateurs ?

Les avantages du séquençage du génome entier ne se concrétisent que lorsque les données génomiques sont rendues disponibles pour le partage, permettant ainsi des comparaisons entre différents secteurs et au-delà des frontières. En pratique, l’expression « sans retard injustifié » signifie que les autorités compétentes doivent collecter les isolats pertinents, générer des données de séquençage du génome entier (WGS) et partager les résultats dès qu'ils sont disponibles, suffisamment rapidement pour appuyer les investigations pendant le déroulement d'une épidémie. L'objectif est d'éviter que les données soient générées et utilisées au niveau national, mais partagées au niveau de l'UE beaucoup plus tard, lorsque leur utilité pour détecter des liens plus larges est réduite.

Un partage de données plus rapide et plus complet peut contribuer à révéler des liens qui pourraient autrement passer inaperçus, aidant ainsi à identifier des liens transfrontaliers que les pays individuels ne peuvent pas détecter individuellement.

Il n'existe pas de délai fixe unique, car celui-ci dépend de l'investigation et de la disponibilité des isolats et des résultats de séquençage.

Le système One Health WGS de l'EFSA et de l'ECDC permet de comparer les isolats provenant d'aliments, d'aliments pour animaux, d'animaux et de l'environnement avec les isolats provenant de cas humains. Comment la mise en commun de ces différents flux d'informations génomiques peut-elle améliorer les investigations multinationales sur les épidémies ?

>Le principal avantage du partage de données génomiques au niveau de l'UE est qu'il offre une vision plus large que celle qu'un seul pays peut avoir individuellement. Ceci est particulièrement pertinent dans un marché ouvert, où des produits contaminés peuvent être fabriqués dans un pays, distribués dans d'autres et provoquer des cas transfrontaliers.

En centralisant ces différentes sources d'information, le système One Health WGS permet aux investigateurs de comparer les empreintes génétiques des pathogènes provenant de sources multiples dans un cadre commun. Cela peut contribuer à identifier des liens qui pourraient ne pas apparaître lorsque les données sont analysées séparément au niveau national ou sectoriel, facilitant ainsi la détection précoce des signaux dans les populations humaines et la chaîne alimentaire avant qu'ils ne se transforment en épidémies de plus grande ampleur.

Le WGS peut établir que les isolats sont génétiquement apparentés, mais les informations épidémiologiques et de traçabilité restent nécessaires pour comprendre la signification de cette relation. Comment intégrer les données génomiques, épidémiologiques et de traçabilité pour passer de la détection d'un foyer à l'identification de sa source et à la mise en œuvre de mesures ?

Au niveau des États membres, les autorités compétentes sont responsables au premier chef des investigations et du contrôle des épidémies, conformément à la directive européenne sur les zoonoses. Microbiologistes, épidémiologistes, experts de la chaîne alimentaire, évaluateurs et gestionnaires des risques apportent tous des éléments de preuve différents, nécessaires à la compréhension de l'événement et à la décision des mesures appropriées. Lorsqu'une épidémie peut être multinationale, le rôle de l'EFSA, de l'ECDC et de la Commission européenne devient essentiel. Leur collaboration permet de rassembler les informations des secteurs alimentaire et de la santé publique, de coordonner les États membres concernés et de favoriser une compréhension commune rapide de l'épidémie et des mesures de gestion des risques nécessaires.

Des articles précédents dans Food Safety Magazine rédigés par des auteurs de l'EFSA ont mis en lumière les différences entre les plateformes de séquençage, les chaînes de traitement bioinformatiques, les infrastructures et les capacités nationales, autant d'obstacles à la mise en œuvre du WGS et à l'harmonisation des données. Quels progrès ont été réalisés et quels défis pratiques ou d'interopérabilité subsistent ?

Des progrès significatifs ont été accomplis ces dernières années dans la mise en place des fondements techniques et organisationnels nécessaires à une utilisation plus large du WGS dans les investigations sur les foyers d'origine alimentaire. De nombreux États membres ont renforcé leurs capacités de séquençage et appliquent le WGS de manière systématique. La collaboration intersectorielle s'est intensifiée et le système One Health WGS de l’EFSA-ECDC fournit désormais un cadre commun pour la collecte et l'analyse des données relatives aux épidémies au niveau de l'UE. Les flux de travail bioinformatiques s'harmonisent de plus en plus, et celui de l'EFSA pour le secteur alimentaire, interopérable avec le système de l'ECDC, est de plus en plus utilisé comme référence au niveau national. Les laboratoires de référence de l'UE ont également joué un rôle important en soutenant la formation, le transfert de connaissances et une mise en œuvre plus cohérente entre les pays.

Les défis restants portent moins sur la possibilité d'utiliser le WGS que sur la manière de garantir que les données soient utilisées de façon comparable, opportune et interprétable. De nouvelles technologies de séquençage continueront d'émerger, rendant essentiel le maintien de la comparabilité entre les plateformes de séquençage et les flux de travail bioinformatiques. L'interprétation des cas groupés (clusters) par WGS demeure complexe et nécessite l'intégration de données épidémiologiques, de traçabilité et contextuelles, ainsi qu'une compréhension partagée de la dynamique et de l'évolution des populations bactériennes.

Avec l'entrée en vigueur de la nouvelle réglementation, l'attention se porte de plus en plus sur la garantie d'une mise en œuvre cohérente entre les pays et les secteurs. Des efforts continus seront nécessaires pour soutenir la qualité des données, l'interopérabilité, le partage rapide des informations et l'utilisation efficace du WGS dans les investigations sur les épidémies. La conférence Science Meets Policy de septembre sera l'occasion d'aborder ces défis pratiques et de favoriser les échanges d'expériences entre les parties prenantes.

En vertu du règlement (UE) 2025/179, les entreprises alimentaires et d'alimentation animale peuvent être tenus de fournir des isolats disponibles de pathogènes et des données relatives à ces isolats isues des résultats du WGS lors de suspicions d'épidémies. Que doivent comprendre les entreprises concernant cette obligation, et comment les entreprises, notamment les plus petites disposant de ressources plus limitées, peuvent-elles s'y préparer ?

Ce sera l'un des thèmes centraux de la conférence Science Meets Policy. Les entreprises alimentaire sont légalement tenus de coopérer avec les autorités compétentes lors des investigations sur les épidémies d'origine alimentaire. L'article 15 du règlement (UE) 2017/625 stipule clairement que les exploitants doivent assister et coopérer avec les autorités compétentes lors des contrôles officiels et autres activités officielles, y compris les investigations sur les épidémies. Cette coopération est également dans leur propre intérêt : en aidant à identifier la source de contamination et les lots concernés, les entreprises peuvent contribuer à limiter l'impact d'une épidémie sur la santé publique et à réduire les conséquences pour leurs propres activités.

Bien que la coopération avec les autorités compétentes fasse déjà partie du cadre juridique de l'UE, le règlement (UE) 2025/179 précise le rôle spécifique des exploitants en matière de WGS. Il n'oblige pas les exploitants à réaliser systématiquement un WGS, ni à partager systématiquement les données génomiques. En revanche, à la demande des autorités compétentes lors d'une investigation épidémiologique, les opérateurs doivent fournir les isolats pathogènes, s'ils sont disponibles, et partager les résultats du WGS qu'ils ont produits ou commandés de leur propre initiative.

ar conséquent, on attend principalement des entreprises, et notamment des PME, non pas qu'elles investissent directement dans la mise en œuvre de capacités de WGS, mais plutôt qu'elles soient prêtes à coopérer activement avec les autorités compétentes lors des investigations épidémiologiques, à comprendre ce qu'est le WGS et comment il est utilisé par les autorités, et à envisager de consacrer du temps à la formation du personnel concerné afin qu'il puisse répondre efficacement aux demandes d'isolats ou de résultats de WGS existants.

Quels aspects de la mise en œuvre du règlement (UE) 2025/179 pourraient encore limiter son efficacité, et comment surmonter ces difficultés ?

Les principaux obstacles se situent probablement au niveau des États membres, notamment en ce qui concerne la capacité à collecter et à organiser toutes les informations nécessaires à la soumission. Le règlement exige le partage non seulement des résultats de WGS, mais aussi des métadonnées contextuelles nécessaires à leur interprétation. Cela nécessite une coordination entre les laboratoires, les épidémiologistes, les autorités chargées de la sécurité des aliments et les gestionnaires des risques, afin que les informations pertinentes soient collectées, structurées et partagées avec l'EFSA en temps opportun. Dans certains États membres, il pourrait être nécessaire d'adapter les procédures d'investigation épidémiologique existantes afin de garantir la disponibilité simultanée des données génomiques et contextuelles au moment opportun.

Pour certains pays, la mise en œuvre pratique du WGS constituera un autre défi. Lorsque les capacités de WGS ne sont pas encore pleinement établies, un délai supplémentaire pourrait être nécessaire avant que le système ne soit pleinement opérationnel. La formation continue, le transfert de connaissances et le soutien de l'EFSA et des laboratoires de référence de l'UE seront essentiels pour combler ces lacunes et garantir une mise en œuvre plus cohérente dans toute l'UE.

L'EFSA restera disponible pour fournir un soutien technique et opérationnel supplémentaire si nécessaire.

La conférence Science Meets Policy, qui se tiendra à Rome les 2 et 3 septembre, interviendra quelques jours seulement après l'entrée en vigueur du règlement. Quels sont les malentendus ou les incertitudes concernant les nouvelles exigences que vous rencontrez le plus fréquemment de la part des exploitants du secteur alimentaire ? Qu'espérez-vous que la conférence permettra d'éclaircir ?

Nous espérons que cette conférence permettra tout d'abord de mieux comprendre les possibilités et les limites du WGS. Certaines préoccupations des exploitants du secteur alimentaire sont liées à des questions concrètes de mise en œuvre, tandis que d'autres sont alimentées par des idées fausses sur l'interprétation des résultats du WGS. C'est pourquoi la conférence inaugurale portera sur la valeur scientifique et les limites du WGS, notamment sur les conclusions que l'on peut et ne peut pas tirer des seules données génomiques.

L'une des préoccupations récurrentes qui sera abordée lors de la conférence est le risque que les données du WGS restent dans les bases de données après l'évaluation d'une épidémie et soient utilisées ultérieurement pour justifier des mesures réglementaires, du simple fait de la détection d'un cluster génomique. En réalité, la nécessité scientifique de comprendre la dynamique des populations de pathogènes et celle d'identifier les sources d'une épidémie sont complémentaires, et non contradictoires. Lors des investigations épidémiologiques, l'attribution de la source ne peut reposer uniquement sur le WGS ; elle exige une évaluation combinée des données génomiques, épidémiologiques et de traçabilité.

Un autre point d'incertitude concerne l'utilisation et le partage des données de WGS par les autorités compétentes. La conférence présentera des exemples d'États membres illustrant leur préparation à la nouvelle réglementation, l'intégration du WGS dans les systèmes nationaux et les interactions entre les autorités et les entreprises alimentaires. Nous avons également invité des intervenants américains à présenter les interactions entre les agences et les opérateurs aux États-Unis, offrant ainsi un point de comparaison utile pour les acteurs européens.

>Enfin, le programme abordera la question de la valeur pratique du WGS pour l'industrie. Certains opérateurs s'interrogent sur l'utilité du séquençage dans un contexte commercial, au-delà des exigences réglementaires. Des sessions réunissant des opérateurs alimentaires (notamment des multinationales) et des représentants de filières telles que la viande, les produits réfrigérés et les abattoirs montreront comment le WGS peut appuyer les investigations internes, la prévention et la participation au partage de données à l'échelle de l'UE et au niveau mondial. La discussion finale, animée par un modérateur, fera le point sur ces questions et se concentrera sur les principaux défis restant à relever, tant au niveau des États membres que de celui des opérateurs.

La conférence abordera également des exemples de collaboration entre les autorités compétentes et l'industrie. À quoi ressemblerait un partenariat public-privé réussi en matière de partage de données WGS ?

Pour les opérateurs du secteur alimentaire, l'élément le plus important est une bonne coopération avec les autorités compétentes. Cette collaboration s'amorce au niveau national : le premier échange a lieu entre les opérateurs du secteur alimentaire et l'autorité nationale compétente. Tout partage de données à l'échelle de l'UE s'effectue par l'intermédiaire de l'autorité nationale compétente, qui demeure responsable du traitement des données et en garantit la traçabilité (chaîne de contrôle). Un partenariat public-privé réussi autour du WGS repose sur une répartition claire des rôles, une communication rapide et une compréhension mutuelle : le partage de données et d'isolats via l'autorité compétente peut aider à identifier plus rapidement les sources de contamination et à réduire l'impact d'une épidémie.

Si la mise en œuvre se déroule comme prévu, à quoi ressemblera, selon vous, une investigation sur une épidémie de maladie d'origine alimentaire en Europe dans quelques années, par rapport à une investigation menée avant le règlement (UE) 2025/179 ?

>Si la mise en œuvre est efficace, le changement principal ne sera pas seulement technique, mais aussi culturel. Le règlement (UE) 2025/179 a le potentiel de favoriser une prise de conscience plus large : le partage rapide de données à l'échelle de l'UE est essentiel pour gérer efficacement les épidémies.

Par rapport au passé, les investigations seront davantage interconnectées. Les données génomiques et contextuelles seront disponibles plus rapidement pour être comparées à l'échelle de l'UE, ce qui permettra aux autorités d'évaluer plus tôt si un signal est limité à un seul pays ou s'il s'inscrit dans un événement plus vaste impliquant plusieurs pays.

À plus long terme, cela pourrait favoriser un système plus proactif. Lorsque les données relatives à la sécurité des aliments et à la santé publique sont partagées et comparées en temps utile, certains signaux d'épidémie peuvent être détectés dès le stade du secteur alimentaire ; cela permet aux autorités et aux opérateurs d'agir plus tôt et de prévenir que des épisodes de contamination ne dégénèrent en épidémies à part entière.

lundi 24 août 2026

ECDC : Vue d'ensemble de l'épisode dans plusieurs pays à Salmonella Enteritidis ST11

On connaissait, d’après l’EFSA, le foyer épidémique multinational d'infections à Salmonella Stanley liée à des produits à base de nouilles aromatisées ainsi que les foyers épidémiques dans plusieurs pays de salmonellose liés à des graines de luzerne germées, voici désormais une suite de l’épisode dans plusieurs pays à Salmonella Enteritidis ST11 (2025-2026).

Dans la communication de l’ECDC, il est question d’œufs importés, mais le blog vous avait indiqué le 12 août 2026 que « Des œufs de Pologne sont à l'origine de quatre foyers de cas d'intoxication alimentaire à Salmonella en France ». Il s’agissait de Salmonella Enteritidis ST11.

Dans le Communicable disease threats report, 15 - 21 August 2026, week 34 de l’ECDC, il est question d’une « Vue d'ensemble de l'épisode dans plusieurs pays à Salmonella Enteritidis ST11 (2025-2026) » :

Un foyer dans plusieurs pays à  Salmonella Enteritidis ST11 a été identifié dans sept pays européens. Entre mai 2025 et août 2026, 341 cas confirmés ont été signalés, avec une augmentation notable des notifications depuis mai 2026.

Des cas ont été recensés en Autriche (2), en Belgique (15), au Danemark (1), en France (4), en Allemagne (6), aux Pays-Bas (106) et au Royaume-Uni (207).

Sur le nombre total de cas liés à l'épidémie, 152 (45 %) ont été signalés depuis mai 2026. À l'exception de sept cas, tous ont été signalés aux Pays-Bas et au Royaume-Uni. L'âge des cas varie de 0 à 90 ans (médiane : 31 ans).

Au moins 34 cas ont nécessité une hospitalisation.

Les enquêtes épidémiologiques menées au Royaume-Uni désignent des œufs importés comme source suspectée de l'infection. Les Pays-Bas ont observé un pic en août-septembre 2025. L'enquête réalisée aux Pays-Bas en 2026 a orienté les soupçons vers la viande de poulet, bien que cette conclusion repose sur un nombre limité d'entretiens avec des patients.

Au 20 août, huit isolats présents dans la base de données WGS (séquençage du génome entier) de l'ECDC présentaient une distance allélique inférieure ou égale à 5 (méthode de liaison simple) par rapport à la séquence représentative de l'épidémie (identifiant d'accès SRR38967854).

Ces isolats datent de 2025-2026 et proviennent de quatre pays européens. La souche épidémique a été impliquée dans un foyer précédent signalé par les Pays-Bas à l'ECDC (référence 2025-FWD-00071). À l'époque, les œufs ou la volaille étaient suspectés d'être à l'origine de l'infection. Aucun isolat correspondant (distance allélique inférieure ou égale à 10) n'a été identifié dans la base de données WGS de l'EFSA.

Évaluation de l'ECDC

L'épidémie dans plusieurs pays à Salmonella Enteritidis ST11 se poursuit, avec une augmentation du nombre de cas depuis mai 2026, en particulier aux Pays-Bas et au Royaume-Uni. Les investigations épidémiologiques sont en cours et désignent les œufs et les produits de poulet comme des sources potentielles d'infection. D'autres cas sont à prévoir tant que des mesures de maîtrise appropriées ne seront pas mises en œuvre à la source.

vendredi 14 août 2026

Un rapport de l'EFSA évalue la sécurité des aliments des substituts végétaux ou des faux aliments d'origine végétale

Un rapport réalisé dans différents pays au sein de l’UE, dont la France, représentée par l’Anses, propose « Une étude de prévalence en magasin visant à examiner les niveaux de contamination microbiologique des substituts végétaux prêts à consommer (PAC) de produits laitiers, de viande et de poisson ». Source EFSA du 12 août 2026.

Avec d’autres mots, que valent les fakes aliments (ou les faux aliments : les fauxmages,la fausse viande,etc., en termes de sécurité des aliments. Il y a, selon moi, des gens qui ont vraiment de l’argent à perdre, surtout quand il s’agit d’aliments ultratransformés …

Résumé

Ce rapport exhaustif examine la contamination microbiologique des substituts végétaux prêts à consommer (PAC) de produits laitiers, de viande et de poisson, reflétant l'intérêt croissant du marché et des consommateurs pour les sources de protéines alternatives.

L'objectif principal était d'évaluer la prévalence et les niveaux des principaux indicateurs microbiens et pathogènes dans ces produits, afin d'évaluer leur innocuité et les risques potentiels pour la santé publique. Une stratégie d'échantillonnage systématique a été mise en œuvre, couvrant une gamme diversifiée de substituts végétaux PAC disponibles dans le commerce. Les échantillons ont fait l'objet d'analyses microbiologiques rigoureuses, incluant le dénombrement des germes viables totaux, des entérobactéries, de Listeria monocytogenes, de Salmonella spp. et d'autres micro-organismes pertinents, selon des protocoles de laboratoire standardisés. Les résultats ont révélé des niveaux de contamination microbienne variables selon les catégories de produits, certains échantillons dépassant les seuils de sécurité établis pour certains pathogènes ou indicateurs d'hygiène. Notamment, la présence de Listeria monocytogenes et de Salmonella spp. était rare, mais a souligné la nécessité d'une vigilance constante dans les chaînes de production et d'approvisionnement.

L'étude a identifié des facteurs influençant la contamination, tels que la formulation du produit, les conditions de transformation et les pratiques de stockage, soulignant l'importance de systèmes de gestion de la sécurité alimentaire robustes et adaptés aux produits végétaux prêts à consommer.

En conclusion, bien que la majorité des substituts végétaux prêts à consommer aient démontré une qualité microbiologique satisfaisante, des cas isolés de niveaux de contamination élevés justifient l'attention de l'industrie et des autorités réglementaires. Les résultats confirment la nécessité d'une surveillance continue, d'une évaluation ciblée des risques et de l'élaboration de lignes directrices spécifiques pour garantir la sécurité des aliments végétaux prêts à consommer.

Ce rapport fournit des données essentielles pour éclairer les politiques, orienter les meilleures pratiques de l'industrie et protéger la santé publique, alors que le secteur continue de se développer.

Conclusion

Bien que la qualité microbiologique des échantillons analysés dans le cadre de cette enquête ait été globalement satisfaisante, certains problèmes ont été relevés. L'enquête met en évidence la présence de pathogènes d'origine alimentaire dans des substituts végétaux (produits laitiers, viandes et poissons) prêts à consommer ; bien que rare, ce phénomène peut survenir de manière sporadique. La maîtrise adéquate des risques potentiels doit être prise en compte dans le cadre des bonnes pratiques d'hygiène (BPH) de l'exploitant du secteur alimentaire et des procédures fondées sur HACCP, au sein de son système de management de la sécurité des denrées alimentaires. Les exploitants doivent gérer ces dangers de manière appropriée grâce aux programmes préalables : contrôle rigoureux des matières premières auprès des fournisseurs, programmes d'hygiène adéquats, formation du personnel, ainsi qu'un entretien approprié et une maîtrise de la température de la chaîne du froid. À défaut, il existe un risque que toute contamination pathogène potentielle atteigne des niveaux susceptibles de provoquer de graves maladies d'origine alimentaire, de manière comparable à ce qui est observé pour les produits d'origine animale (produits laitiers, viandes et poissons) prêts à consommer.

Des recherches supplémentaires sont nécessaires pour mieux comprendre la prévalence des pathogènes dans les matières premières utilisées pour les aliments végétaux prêts à consommer et pour valider les procédés de transformation. Comme le montre cette enquête, le marché de détail propose une gamme variée de substituts végétaux (produits laitiers, viandes et poissons) prêts à consommer. Des investigations complémentaires sont requises pour identifier les points nécessitant une attention particulière, notamment les points critiques pour leur maîtrise ou CCP dans les procédés de fabrication de ces substituts végétaux émergents.

Ces études devraient orienter l'élaboration de lignes directrices spécifiques concernant les BPH, les paramètres temps/température et les recommandations de formulation des produits, afin de garantir la sécurité microbiologique lors de la transformation et de la conservation. Par ailleurs, des modèles prédictifs adaptés et des challenge tests devraient étayer la détermination de la durée de conservation, en fournissant aux exploitants des orientations fondées sur des données scientifiques pour fixer cette durée.

Au cours de cette enquête collaborative menée dans 15 États membres, il a été observé que, si certains pays participants ont établi des lignes directrices nationales incluant des critères microbiologiques recommandés pour surveiller la contamination des produits végétaux PAC présents sur le marché, ce n'est pas le cas de manière uniforme dans tous les États membres. L'élaboration et la mise en œuvre de critères microbiologiques harmonisés pour évaluer la qualité microbiologique de ces substituts végétaux PAC seraient utiles pour favoriser la cohérence des évaluations officielles de la conformité microbiologique de ces types de produits. Enfin, les consommateurs perçoivent souvent les aliments d'origine végétale comme étant plus sûrs que leurs équivalents d'origine animale. Une vigilance continue de la part des autorités de réglementation et des exploitants du secteur alimentaire est nécessaire pour maintenir les normes de sécurité sanitaire des aliments et pour traiter les cas isolés susceptibles de poser un problème de santé publique s'ils ne sont pas gérés. Il est recommandé aux autorités chargées de la sécurité sanitaire des aliments, en collaboration avec les parties prenantes concernées, de revoir et de mettre à jour la communication sur les risques destinée aux consommateurs concernant le stockage et l'utilisation des produits végétaux PAC. 

Les produits végétaux réfrigérés PAC échantillonnés dans le cadre de cette enquête portaient souvent une date de durabilité minimale (« à consommer de préférence avant le... ») plutôt qu'une date limite de consommation (« à consommer jusqu'au... »). Ce constat a été fait pour 77 % (n = 334/436) des substituts de fromage et 63 % (n=323/509) des substituts de viande. La date de durabilité minimale concerne la qualité de l'aliment, tandis que la date limite de consommation a trait à la sécurité des aliments. Cela signifie que les consommateurs peuvent choisir de consommer un aliment portant une date de durabilité minimale après l'échéance de celle-ci, si son aspect, son odeur et son goût semblent normaux. 

En vertu de la législation sur la sécurité des aliments, les exploitants du secteur alimentaire doivent prendre en compte le comportement des consommateurs en évaluant les conditions raisonnablement prévisibles de distribution, de stockage et d'utilisation, ainsi que la consommation normale d'un produit alimentaire, lorsqu'ils déterminent si un aliment présente un risque pour la sécurité des aliments. Le non-respect des températures de conservation et les longues durées de conservation des produits portant une date de durabilité minimale, que certains consommateurs peuvent choisir de consommer bien après la date indiquée, sont susceptibles de favoriser la prolifération de micro-organismes nocifs jusqu'à des niveaux jugés dangereux pour la sécurité sanitaire. Il est important de fournir aux consommateurs des informations claires sur les risques, soulignant la nécessité de respecter les conditions de conservation indiquées sur l'étiquette et d'assurer une manipulation adéquate des produits végétaux prêts à consommer, en particulier après ouverture, lorsque la durée de conservation au réfrigérateur est limitée, afin de garantir la sécurité sanitaire des aliments jusqu'à l'assiette.

NB : On lira dans Food Safety Magazine un article qui traite du rapport de l’EFSA avec ce titre, « Une étude de l'UE sur les pathogènes dans les aliments d'origine végétale prêts à consommer suggère un potentiel de croissance microbienne et la nécessité d'une attention réglementaire » (EU Survey of Pathogens in RTE Plant-Based Foods Suggests Microbial Growth Potential, Need for Regulatory Attention).

Commentaire

Pour faire court, des gens du marketing se sont emparés de ce marché et ne connaissent, le plus souvent, peu ou pas grand-chose en matière de réglementation en hygiène et sécurité des aliments. J’espère qu'avec cette étude, l’EFSA ne fait pas la promotion de ces produits ...
Pour se rendre compte de ce que sont ces « produits », lire cet article du blog du 28 juin 2023, « Qui est l’un des plus grands experts de la listéria dans l’agroalimentaire ? » C’est édifiant !