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samedi 18 juillet 2026

Écosse : Une personne sur trois consomme des burgers insuffisamment cuits

Je vous avais déjà entretenu de l’hygiène et la sécurité des aliments en Écosse ici le 2 juillet. Voici un nouvel échantillon de ce qui s’y passe …

« Des chiffres alarmants révèlent qu'une personne sur trois consomme des burgers insuffisamment cuits, s'exposant ainsi à un risque d'intoxication alimentaire », source Food Standards Scotland (FSS).

Une nouvelles étude a révélé que les consommateurs écossais prennent des risques avec la sécurité des aliments à domicile avec près d'un sur trois (31 %) admettant manger des burgers de bœuf roses ou dont le jus est rose, au moins occasionnellement.

Les résultats de l'enquête Food and You 2 vague 11 de la FSS mettent en lumière toute une série d'habitudes potentiellement dangereuses à l'approche de la saison des barbecues, et interviennent peu après la mise à jour par la FSS de sa définition des personnes présentant un risque plus élevé d'intoxication alimentaire.

La définition mise à jour précise que les jeunes enfants, les femmes enceintes et les personnes âgées de 65 ans et plus, ainsi que les personnes souffrant de certaines affections comme le diabète ou prenant des médicaments spécifiques tels que les inhibiteurs de la pompe à protons, peuvent être plus susceptibles de tomber gravement malades.

La FSS met en garde contre les risques liés à la cuisson insuffisante des burgers. Contrairement au steak, où les bactéries se trouvent généralement en surface et peuvent être éliminées à la cuisson, les produits de viande hachée peuvent contenir des bactéries réparties dans tout le produit. Par conséquent, pour consommer des burgers en toute sécurité, il est impératif de les cuire à cœur.

Les personnes présentant un risque accru d'intoxication alimentaire, notamment celles atteintes de diabète, de cancer ou d'un système immunitaire affaibli, ainsi que celles prenant des médicaments comme des immunosuppresseurs ou certains antiacides – sont plus susceptibles de développer une forme grave de la maladie, en particulier en cas d'exposition à des bactéries dangereuses présentes dans des aliments insuffisamment cuits. Ce risque est encore plus élevé si une personne présente plusieurs de ces facteurs de risque.

L'enquête a révélé qu'un cinquième des personnes interrogées (20 %) déclarent ne pas toujours cuire les aliments jusqu'à ce qu'ils soient bien cuits à cœur, tandis que plus d'un tiers (37 %) décongèlent la viande ou le poisson à température ambiante, où les bactéries dangereuses peuvent se multiplier, au lieu de les décongeler au réfrigérateur.

Un nombre plus faible de consommateurs interrogés ont déclaré consommer occasionnellement des saucisses (6 %) ou du poulet (5 %) lorsqu'ils étaient roses ou avaient un jus rose.

L'étude a également révélé qu'un tiers des personnes (33 %) lavent le poulet cru, malgré les conseils avertissant que cela peut ,propager, par éclaboussures des bactéries dangereuses dans la cuisine.

« Lors des barbecues en particulier, il est important de ne pas se fier au hasard : assurez-vous que les aliments soient bien cuits à cœur et, si possible, utilisez un thermomètre à viande pour vérifier qu'ils sont entièrement cuits avant de servir. »

Les données montrent également qu'un quart des personnes (25 %) consomment les restes après trois jours ou plus, malgré les recommandations de les consommer dans les deux jours. 

La FSS exhorte la population à suivre des étapes simples cet été :

  • Décongelez les aliments au réfrigérateur.
  • Ne lavez pas le poulet cru
  • Faites bien cuire à cœur les burgers, les saucisses et le poulet.
  • Utilisez un thermomètre à viande afin de vérifier que vos aliments soient bien cuits et propres à la consommation.
  • Consommez les restes dans les 48 heures.
NB : Le terme 'burger' est générique et peut aussi bien signifier hamburger, steak haché, viande hachée,etc.

mercredi 15 juillet 2026

Suspicion de fraude alimentaire au sein de l'UE pour les cinq premiers mois de 2026

En mai 2026, l'Union européenne a enregistré 150 suspicions de fraude alimentaire parmi les 760 notifications au iRASFF*, représentant environ 20% des cas. Les types de fraudes identifiées incluent des manipulations de produits, des falsifications documentaires et d'autres non-conformités. Les contrôles du marché demeurent la principale source de détection de ces fraudes.

Le nombre de signalements relatifs à des fraudes potentielles a diminué en mai par rapport au mois précédent, tout en restant supérieur à celui enregistré à la même période en 2025. On a compté 150 signalements en mai, 188 en avril, 204 en mars, 159 en février et 189 en janvier 2026. Source FFN.

Répartition par catégorie de produit en mai 2026

  • Aliments diététiques, compléments alimentaires et aliments enrichis : 28 suspicions
  • Viandes et produits à base de viande (hors volaille) : 17 suspicions
  • Autres produits alimentaires/mélangés : 15 suspicions
  • Fruits et légumes : 9 suspicions
  • Confiserie : 8 suspicions
  • Céréales et produits de boulangerie : 8 suspicions
  • Boissons non alcoolisées : 6 suspicions
  • Poissons et produits à base de poisson : 6 suspicions
  • Soupes, bouillons, sauces et condiments : 5 suspicions
  • Crustacés et produits dérivés : 5 suspicions
  • Matières grasses et huiles : 4 suspicions
  • Aliments pour animaux : 4 suspicions
  • Animaux vivants : 3 suspicions
  • Viandes de volaille et produits à base de volaille : 3 suspicions
  • Herbes et épices : 2 suspicions
  • Plats préparés et en-cas : 2 suspicions
  • Miel et gelée royale : 2 suspicions
  • Lait et produits laitiers : 2 suspicions
  • Glaces et desserts : 1 suspicion
  • Vin : 1 suspicion
  • Cacao et préparations à base de cacao, café et thé : 1 suspicion
  • Gastéropodes : 1 suspicion
  • Mollusques bivalves et produits dérivés : 1 suspicion
  • Fruits à coque, produits à base de fruits à coque et graines : 1 suspicion
  • Additifs alimentaires et arômes : 1 suspicion
  • Préparations pour aliments pour animaux : 1 suspicion
  • Additifs pour aliments pour animaux : 1 suspicion
  • Aliments composés pour animaux : 1 suspicion
  • Œufs et produits à base d'œufs : 1 suspicion

Répartition par catégorie de fraude

  • Autres non-conformités (violations implicites des allégations) : 94 suspicions
  • Altération de produit : 20 suspicions
  • Altération de documents : 18 suspicions
  • Autres : 15 suspicions
  • Falsification de documents : 1 suspicion
  • Falsification de produits : 1 suspicion

Sources de détection

  • Contrôle du marché : 94 suspicions
  • Contrôle aux frontières : 20 suspicions
  • Plainte de consommateur : 18 suspicions
  • Contrôle interne de l'entreprise : 15 suspicions
  • Information d'un lanceur d'alerte : 1 suspicion
  • Contrôle officiel dans un pays non membre : 1 suspicion
  • Surveillance des médias : 1 suspicion
Ces données soulignent l'importance continue des contrôles du marché pour détecter les fraudes alimentaires et la nécessité d'une vigilance accrue dans la chaîne d'approvisionnement alimentaire.

Mois (2026)

Nombre de signalements de suspicion de fraude

Tendance & Observations

Janvier

189

Reprise d'activité après les fêtes. Forte pression sur les fruits et légumes importés.

Février

159

Légère baisse du volume global. Apparition marquée de fraudes aux colorants.

Mars

204

Pic de la période. Contrôles intensifiés aux frontières à l'approche du printemps.

Avril

188

Maintien d'un niveau d'alerte élevé. Focus sur les falsifications de documents de transport.

Mai

150

Recul global des signalements (niveau le plus bas de la période), mais supérieur à mai 2025.

*iRASFF, système électronique mettant en œuvre les procédures RASFF et d’assistance administrative et de coopération décrites, respectivement, à l’article 50 du règlement (CE) n°178/2002 du Parlement européen et du Conseil et aux articles 102 à 108 du règlement (UE) 2017/625.

dimanche 24 mai 2026

Repenser la formation à la sécurité des aliments : Placer le consommateur au cœur des préoccupations

L’article ci-dessous s’inscrit dans la droite ligne de l’article sur le distributeur, Aldi en Belgique, à suite d’une décision de la Cour de justice européenne.

Même si ce distributeur avait vu sa démarche validée par les autorités de tutelle, « Les juges luxembourgeois ont déclaré que le droit européen de la sécurité des aliments vise à garantir la sécurité réelle des aliments pour les consommateurs, et non à se contenter de prouver, sur le papier, qu'une entreprise dispose de plans de conformité et de systèmes de contrôle. En vertu de la législation européenne, les supermarchés sont les principaux responsables de la protection des aliments tout au long de la chaîne d'approvisionnement, y compris pour les produits déjà en rayon et accessibles aux clients. »

Ci-après il est question de l’ensemble de la filière alimentaire qui doit de changer de raisonnement mais aussi, me semble-t-il, les autorité de tutelle, à vous de voir ...

Dans ce contexte, voici « Repenser la formation à la sécurité des aliments : Placer le consommateur au cœur des préoccupations ». Article d’Andrew Thomson et Matthew Wilson paru le 20 mai 2026 dans Food Safety Magazine.

Pour adopter une formation à la sécurité des aliments centrée sur le consommateur, l'industrie doit humaniser la notion de risque et repenser l'intégration en tenant compte des conséquences pour le consommateur .

L'ensemble de l'industrie alimentaire, de la production à la consommation, a consacré des décennies à axer la formation à la sécurité des aliments sur le respect des exigences réglementaires, au détriment des consommateurs. Cette approche a atteint ses objectifs, mais il est temps de changer de paradigme. Nous devons intégrer le consommateur à la formation – au sens figuré – et repenser l'enseignement et la formation en sécurité des aliments pour un impact plus ciblé.

Les consommateurs sont remarquablement absents de nos programmes et cadres de formation. Leurs besoins, leurs vulnérabilités, leurs attentes et leur confiance sont rarement pris en compte. Pourtant, ce sont eux qui sont touchés en cas de problème – qu'il s'agisse d'intoxications alimentaires, d'hospitalisations et de soins continus, de réactions allergiques, ou pire encore.

Pourquoi le statu quo ne fonctionne pas

Les faits sont éloquents : si l’approche actuelle de l’industrie alimentaire en matière de formation était réellement efficace, nous n’assisterions pas à la persistance des incidents liés à la sécurité des aliments. Dans des articles précédents, les auteurs ont mis en lumière une multitude d’incidents de ce type largement médiatisés. Il s’agit d’un problème mondial (se référer au tableau des statistiques des maladies inectieuses d’origine alimentaire, dont la France, décrit dans l’article original).

Pour beaucoup dans l’industrie alimentaire, la sécurité des aliments se résume à une simple formalité. Les employés suivent des formations en ligne mal conçues, axées principalement sur les connaissances théoriques, avec peu de compréhension, un encadrement limité et sans responsabilisation. Nombre de ces programmes ne respectent pas les principes fondamentaux de l’apprentissage chez l’adulte et proposent un contenu passif et standardisé qui ne parvient pas à impliquer véritablement les employés. Par conséquent, la formation se trouve déconnectée des réalités complexes de la sécurité des aliments en milieu professionnel. Les employés ne sont pas suffisamment préparés pour appliquer leurs connaissances dans des contextes professionnels concrets et ne sont souvent pas tenus responsables de leurs actes. Dans bien des cas, ni l'entreprise alimentaire, ni sa direction ne le sont pas plus.

Ces manquements ne se limitent pas à la simple absence d'application ou de priorité accordée aux pratiques de sécurité des aliments. Ils découlent d'un problème plus profond : une lacune fondamentale dans la compréhension, la responsabilisation et l'engagement collectif en faveur de la protection de la santé des consommateurs. Fondamentalement, ces manquements reflètent une méconnaissance réelle qui dépasse la simple conformité et une compréhension globale des risques et des conséquences. Les entreprises alimentaires ont été amenées à croire que la réussite d'un audit de conformité ou l'obtention d'un certificat de formation suffisaient à garantir la sécurité des aliments. La réalité est bien plus complexe. Une véritable sécurité des aliments exige des connaissances approfondies, activement appliquées, renforcées à tous les niveaux de l'organisation et priorisées pour protéger le bien-être des consommateurs.

Les statistiques publiques mettent en évidence le fardeau mondial des maladies d'origine alimentaire et soulignent l'urgence d'une formation efficace en matière de sécurité des aliments dans tous les secteurs de l'industrie alimentaire. Les auteurs reconnaissent que les méthodologies et les systèmes d'enregistrement varient d'un pays à l'autre, ce qui peut influencer les données publiées. La sécurité des aliments est le fruit d'une culture, de comportements, d'un leadership et d'une prise de décision, et non pas seulement de la paperasserie ou du simple contrôle des températures des chambres froides et des mesures de température des aliments à l'aide de systèmes numériques.

Pourquoi ce changement est nécessaire

La conformité à elle seule ne suffit pas à garantir la sécurité des personnes que nous servons. Les consommateurs doivent être au cœur de chaque décision prise en usine, en cuisine et dans le secteur de la restauration. Pour que ce changement s'opère, nous devons d'abord lever les obstacles qui entravent une formation efficace en matière de sécurité des aliments.

Malgré toute la bonne volonté, la formation à la sécurité des aliments est souvent insuffisante en raison de trois obstacles majeurs :

1. Manque de temps : La formation et le renforcement des acquis sont souvent sacrifiés par manque de temps, ce qui entraîne un apprentissage fragmenté ou inefficace. Les employés ne sont pas préparés à appliquer leurs connaissances en situation professionnelle.

2. Ressources et personnel limités : De nombreuses entreprises ont du mal à allouer les ressources nécessaires à une formation et à une documentation efficaces. Sans un nombre suffisant d'employés et d'outils, la formation se réduit souvent à une approche standardisée, négligeant les exigences et les spécificités de chaque poste. Des employés compétents sont nécessaires pour former les autres ou pour accomplir les tâches nécessaires au respect des bonnes pratiques.

3. Soutien insuffisant de la direction : Lorsque la direction ne fait pas de la formation une priorité, elle envoie un message clair aux employés : la sécurité des aliments n'est pas une priorité. Cela compromet le potentiel de toute initiative de formation, qui est alors perçue comme une « simple formalité » plutôt qu'un impératif sérieux de sécurité pour les entreprises et les consommateurs.

Ces obstacles ne sont pas d'ordre technique ; ils sont stratégiques et culturels. Au fond, ils mettent en lumière une faille fondamentale de l'approche actuelle : la formation à la sécurité des aliments est une obligation de conformité, et non comme un investissement essentiel dans la formation et le développement des employés, la santé publique et la confiance des consommateurs.

Le rôle du consommateur dans la sécurité des aliments : pourquoi son point de vue est important.

Imaginez si vos sessions de formation à la sécurité des aliments intégraient les témoignages et les expériences des consommateurs qui dépendent d'une alimentation saine. Et si, au lieu de nous concentrer uniquement sur les procédures et la législation alimentaire, nous renforcions les compétences des employés de la production et de la manipulation des aliments afin qu'ils pensent comme les personnes qu'ils servent : les personnes allergiques, les jeunes enfants, les personnes âgées ou celles dont le système immunitaire est affaibli ?

Les consommateurs attendent et méritent une alimentation saine pour protéger leur santé et leur bien-être. Pourtant, dans la plupart des cas, ils ne sont absolument pas représentés dans les programmes de formation à la sécurité des aliments. Cela doit changer.

Voir dans l’article original l’enquête mondiale sur la confiance des consommateur par pays.

Un problème majeur mis en lumière par de récentes enquêtes mondiales sur la sécurité des aliments est la forte baisse de la confiance des consommateurs. Aux États-Unis, la confiance dans la sécurité de l’approvisionnement alimentaire a atteint son niveau le plus bas en 13 ans, selon l’enquête 2025 de l’International Food Information Council's (IFIC's). . Malgré les progrès des technologies numériques qui devraient améliorer la sécurité des aliments, cette tendance se poursuit dans le sens inverse. De nombreux consommateurs estiment que le profit prime sur la sécurité sanitaire et que l’industrie agroalimentaire ne collabore pas efficacement pour assurer la protection des consommateurs.

Un tableau présente les principales préoccupations des consommateurs en matière de sécurité des aliments, souligne les lacunes des programmes de formation actuels et montre comment une approche repensée et axée sur le consommateur peut combler ces lacunes, améliorant ainsi les pratiques de l’industrie et la confiance des consommateurs.

Les sessions de formation aux compétences en matière de sécurité des aliments, destinées aux salariés de la production et aux manipulateurs d'aliments et conçues du point de vue du consommateur, abordent directement ces préoccupations (voir dans le texte original ce tableau). Elles garantissent que la sécurité des aliments ne se limite pas à éviter les infractions ; il s'agit de prendre chaque jour des décisions éclairées et éthiques qui protègent les personnes.

Des programmes de formation insuffisants : l'industrie reconnaît le problème

L'enquête mondiale sur la formation en matière de sécurité des aliments 2024, menée pour la huitième année consécutive, a compilé les données de plus de 3 000 entreprises alimentaires, couvrant la fabrication, l'agriculture, l'emballage, la distribution, la vente au détail et la restauration. Réalisée par un consortium d'organisations reconnues, l'enquête révèle des lacunes importantes dans la conception, la mise en œuvre et l'évaluation des formations au sein de l'industrie alimentaire. Malgré le respect des réglementations dans de nombreux cas, les efforts de formation ne parviennent souvent pas à induire de véritables changements de comportement susceptibles d'améliorer la santé publique. Selon l'enquête, près des trois quarts des entreprises alimentaires mondiales partagent l'avis suivant : « Malgré nos efforts de formation, certains de nos employés ne respectent toujours pas les protocoles établis sur le terrain. »

De plus, une entreprise sur quatre juge ses programmes de formation « médiocres », tandis que 60 % les estiment simplement « suffisants ». Seules six entreprises sur dix pensent que la formation a un impact positif sur la productivité, et un nombre important estime qu'elle n'a aucun effet sur la fidélisation du personnel, 10 % d'entre elles indiquant même qu'elle nuit à l'engagement des employés.

Ces résultats reflètent les préoccupations exprimées par les consommateurs dans des enquêtes menées à travers le monde : le fait que les entreprises privilégient les profits ou la conformité au détriment de la sécurité des aliments. Si les trois quarts des entreprises ne parviennent pas à traduire la formation en actions concrètes sur le terrain, comment le public peut-il avoir confiance dans la sécurité des aliments qu'il consomme ? Ce décalage entre la formation et la pratique sur le terrain met en lumière un problème alarmant : les consommateurs peuvent supposer que les employés sont bien formés, mais bien souvent, les entreprises elles-mêmes admettent que ce n'est pas le cas en pratique. Ces lacunes en matière de compétences nuisent non seulement à l'efficacité opérationnelle, mais surtout à la sécurité des consommateurs. Si les employés en contact direct avec la clientèle ne respectent pas les protocoles de base malgré la formation, les consommateurs sont exposés à des risques de maladies d'origine alimentaire, d'exposition à des allergènes et de contamination. La conséquence directe est une érosion croissante de la confiance des consommateurs, comme en témoigne le déclin de la confiance dans la sécurité des aliments observé à l'échelle mondiale.

Malgré ces difficultés, certaines organisations ont déjà pris l'initiative d'améliorer les règles de qualité et de sécurité des aliments.

Les responsables doivent sensibiliser et informer les employés, les sous-traitants et toute personne liée aux activités de l'entreprise ou impactée par celles-ci aux enjeux de sécurité sanitaire et de santé.

Signaux de l’industrie alimentaire : La formation est souvent négligée

Malgré les défis croissants en matière de sécurité des aliments, les données du secteur montrent systématiquement que la formation à la sécurité des aliments n'est pas une priorité. Ce problème ne concerne pas uniquement les employés de production et les manipulateurs d'aliments ; il révèle un problème systémique qui touche l'ensemble de la filière alimentaire, des dirigeants d'entreprise aux organismes de formation et de certification.

Une conclusion importante des déclarations de divulgation des risques des entreprises au Royaume-Uni a révélé que seulement 17% des entreprises alimentaires ont classé la sécurité des aliments parmi leurs dix principaux risques. Ce constat rejoint les conclusions de diverses enquêtes mondiales sur la sécurité des aliments et de rapports sur les risques des entreprises menés par les organisations du secteur. Les entreprises ont tendance à privilégier les risques financiers, la réduction des coûts et la concurrence, reléguant la formation à la sécurité des aliments au rang de charges non essentielles. Cette mentalité persiste dans de nombreuses organisations, où la formation est perçue comme un simple coût à minimiser, plutôt que comme un investissement essentiel qui améliore l'efficacité opérationnelle, réduit les risques et instaure une confiance durable des consommateurs.

Étapes pratiques : Intégrer le consommateur à la formation

Pour une formation à la sécurité des aliments axée sur le consommateur, il faut d'abord humaniser le risque. Ne vous contentez pas de parler de « contamination croisée » ou de listériose. Diffusez des vidéos ou racontez des histoires de personnes réellement touchées par des défaillances en matière de sécurité des aliments. Appuyez-vous sur des études de cas d'incidents locaux. Rendez la formation concrète et mémorable.

Deuxièmement, repensez l'intégration en tenant compte des résultats pour le consommateur. L'intégration des nouveaux employés ne doit pas se limiter à la simple démonstration des gestes à effectuer ; elle doit les amener à comprendre l'importance de ces gestes. Chaque nouvel employé doit non seulement maîtriser les aspects techniques de la sécurité des aliments, mais aussi prendre conscience des conséquences concrètes de ses actions. Il doit pouvoir répondre aux questions suivantes : Qui est-ce que je protège ? Quels sont les risques en cas de problème ?

Passez du discours sur « comment se laver les mains » à celui sur « comment l'hygiène des mains protège les personnes qui consomment nos aliments ». Ce changement de perspective permet de relier les tâches de base à leur impact concret et aide les employés à comprendre leur rôle dans le contexte plus large de la sécurité des aliments.

Lors de l'intégration de nouveaux employés, insistez sur l'aspect humain en utilisant des exemples comme ceux ci-dessous :

- « Vous travaillez sur une chaîne de production où vous emballez des plats préparés. Une contamination croisée peut entraîner une intoxication alimentaire.»

- « Vous préparez des repas pour un EHPAD dont les résidents ont un système immunitaire affaibli.»

- « Vous préparez des repas sans gluten pour des clients atteints de la maladie cœliaque.»

- « Vous êtes chef cuisinier dans un restaurant, et votre clientèle comprend des femmes enceintes, des enfants et des personnes âgées. Une cuisson insuffisante des aliments crus ou un stockage inadéquat des aliments potentiellement dangereux peuvent entraîner un transfert de contamination et mettre des vies en danger.»

Insistez sur le fait qu'il ne s'agit pas de concepts abstraits, ni d'exigences de conformité. Ce sont de vraies personnes qui dépendent de la sécurité des aliments que vous préparez. Il ne s'agit pas simplement de formation, mais d'un investissement dans la confiance et le bien-être des consommateurs.

Le leadership doit être le moteur du changement

Rien de tout cela ne fonctionnera si les dirigeants ne soutiennent pas et ne donnent pas l'exemple. Si les dirigeants considèrent les formations en sécurité des aliments comme une simple formalité, leurs équipes feront de même. En revanche, s'ils participent activement à l'apprentissage, discutent ouvertement des risques liés à la sécurité des aliments et font de la protection des consommateurs une priorité pour l'ensemble de l'entreprise, alors le changement devient possible.

Intégrez la voix du consommateur dans les conseils d'administration et les réunions d'information sur la sécurité des aliments. Remettez en question les idées reçues. Faites de la sécurité des aliments un critère d'évaluation des performances, non seulement pour les employés de première ligne, mais aussi pour les dirigeants et les cadres supérieurs.

L'appel au changement

Le temps des changements progressifs est révolu. Face à la persistance des maladies d'origine alimentaire qui affectent les consommateurs du monde entier et à la baisse historique de la confiance du public dans la sécurité des aliments, il est clair que l'industrie agroalimentaire doit dépasser le simple respect des normes minimales et adopter une véritable démarche d'amélioration continue. La sécurité des consommateurs doit devenir le moteur de tous les efforts de formation, sous peine de compromettre la confiance du public dans l'ensemble de la chaîne d'approvisionnement alimentaire.

Conclusion

Il est clair que la formation en matière de sécurité des aliments, dans sa forme actuelle, ne suffit pas à protéger les consommateurs, ni à renforcer la confiance du public dans l'industrie agroalimentaire. Nous devons remettre en question le statu quo, repenser l'éducation et la formation en matière de sécurité des aliments et créer un système où la santé et l'autonomisation des consommateurs sont au cœur de toutes nos actions. Cela exige un leadership audacieux, un investissement continu dans les compétences des employés et un engagement en faveur d'un changement significatif. L'avenir de la sécurité des aliments et la santé et le bien-être de millions de personnes dans le monde en dépendent.

NB : Pour des raisons de temps, les référence bibliographiques de l’article ne sont pas citées ainsi que différents documents instructifs proposés par les auteurs. N’hésitez pas à vous y référer pour aller plus loin .. -aa.

jeudi 14 mai 2026

Nouvelle infographie de l'Anses : 10 gestes utiles en cuisine pour ne pas tomber malade

Depuis le bilan 2023 des données des TIAC par Santé publique France, qui n’a pas été bon, comme celui de 2022, et probablement celui de 2024 (données publiées par l’EFSA), le blog se demandait quand et comment des 'autorités' allaient répondre à ces défis posés par ces ‘records’ de TIAC et de personnes malades. Le mot ‘record’ n’est pas de mon cru, mais de Santé publique France.

« Le nombre de TIAC notifiées en 2023 est le plus élevé enregistré depuis la mise en place de la surveillance en 1987. Il a dépassé le précédent record de 2022 (1 924 TIAC déclarées). »

Une réponse a été fournie par l’Anses avec un article publié le 11 mai 2026, Sensibilisation à l’hygiène en cuisine : nos aliments ont quelque chose à nous dire !

« Nous avons décidé de parler d'hygiène en cuisine sur un ton différent : en faisant parler les aliments eux-mêmes dans des situations au plus près du quotidien. Nos scientifiques viennent en appui pour décrypter les mécanismes microbiologiques qui échappent à l’œil nu et donner à chacun les clés d’une cuisine sûre et responsable. Notre philosophie : mieux comprendre pour mieux agir » explique Marianne Chemaly, directrice scientifique de la sécurité sanitaire des aliments à l’Anses.

L’objectif est de « Renforcer la sécurité sanitaire des aliments » et la cible principale est le consommateur car, selon l’Anses, « Chaque année, près d’un tiers des toxi-infections alimentaires déclarées surviennent à domicile, sachant que celles qui ne sont pas signalées aux médecins et aux autorités sont sans doute très nombreuses également ! »

L’Anses propose pour chaque item de son infographie deux petites vidéos, l’une ludique, et l’autre qui la complète avec un discours plus technique et scientifique, « En cuisine, le meilleur ingrédient, c’est l’hygiène ! ».

Je n’ai pas visionné toutes les vidéos, mais les propos associés à la cuisson des aliments, Contre les infections, respectez la cuisson, me semblent poser souci, on y parle de couleur et de jus clair, bref, autant de propos non validés scientifiquement, à vous de voir ...

J’ai retenu le meilleur pour la GT fin à savoir l’infographie simple et très bien faite autour de « 10 gestes en cuisine pour ne pas tomber malade ». Ces 10 gestes vont à l’essentiel.

Merci l’Anses !

A quand des infographies pour la restauration commerciale et collective ?

vendredi 8 mai 2026

Les bilans des TIAC 2022 et 2023 ne sont pas à la Une des informations de Santé publique France. Étonnant, non ?

Nouveau coup de gueule du blog à l’adresse de Santé publique France qui persévère à cacher des informations en ne les diffusant pas à la Une de ses actualités !

Ci-après, l’image de gauche représente le dernier communiqué de presse de Santé publique France et, à droite, un montage à ma façon afin de leur dire, svp, arrêtez de cacher la réalité des faits et publiez à la Une de vos informations le bilan des TIAC 2022 et 2023 !

Il faut aussi briser le silence du ministère de l’Agriculture et de l’Anses qui regardent ailleurs et qui ne disent rien sur cette situation, dont ils sont, avec Santé publique France, co-responsables, qu'on se le dise !

Santé publique France, svp, elle est où l'information du grand public ? 

Ci-dessous, le pictogramme des "missions" de Santé publique relatives aux Toxi-infections alimentaires collectives ...

samedi 11 novembre 2023

France : Les rappels sont-ils interdits les jours fériés !

Défense de faire un rappel pendant un jour férié car RappelConso suit le calendrier à la lettre …

Après le pont du 15 août, le 1er novembre, voici désormais le 11 novembre, et pourtant les rappels, eux ne s’arrêtent pas !

La société Elivia (site de Villers Bocage (FR 14.752.010 CE) procède au rappel de la vente de ‘steaks haches surgelés halal’ 15% MG 10X80g Carrefour Sensation, suite à la mise en évidence d’un conditionnement de Burgers Halal avec des protéines végétales de soja (allergène) et des traces éventuelles de gluten dans des boites de Steaks Hachs Pu Bœuf Halal. Source site internet des rappels de Carrefour.

Cette erreur de conditionnement induit un risue allergène dans quelques produits pour les personnes allergiques au soja. Par principe de précaution, nous avons décidé de rappeler les produits concernés, tout en en informant les autorités.

Commentaire

Ce courrier est daté du 10 novembre et aurait ‘normalement’ dû apparaître sur l’application RappelConso, l’application de la start-up nation, que le monde netier nous envie. Oui mais voilà, après le 10 novembre, vient le 11 novembre qui est jour férié, les consommateurs sont priés d'attendre ...

Ce courrier indique que les autorités sont informés, mais personne ne répond pour l’instant, merci de renouveler votre appel …

Ce courrier note que ce rappel est fait au nom du principe de précation. Erreur, grossière erreur que de croire cela. Ce qu’a réalisé cette entrepris est une mesure de précaution puisque le risque encourru par le consommateur est connu.

Ce courrier mentionne qu’il s’agit de produits surgelés et par coséquent, il faut vérifier si ces produits ne sont dans le congélateur des consommateurs, puisqu'il n'est indiqué la date de début de la commercialisation ...

jeudi 26 novembre 2020

OGM naturel ? La patate douce est génétiquement modifiée, mais il y a 8 000 ans !

Voici une grosse racine car les patates douces ne sont pas des tubercules ou des tiges épaissies, comme les pommes de terre. Les patates douces sont des racines, gonflées et remplies d'amidon.

Les OGM naturels existent, des scientifiques les ont rencontrés !

« OGM naturel? La patate douce génétiquement modifiée il y a 8 000 ans », source blog NPR’s Goats and Soda.

La première culture génétiquement modifiée n'a pas été faite par une méga-corporation ou un scientifique universitaire essayant de concevoir une tomate plus durable. Non, pas du tout, la nature l'a fait, il y a au moins 8 000 ans.

Eh bien, en fait, les bactéries du sol étaient des ingénieurs. Et le travail manuel du microbe est présent dans les patates douces partout dans le monde aujourd'hui.

Des scientifiques de l'International Potato Center à Lima, Pérou, ont trouvé des gènes de bactéries dans 291 variétés de patates douces, y compris celles cultivées aux États-Unis, en Indonésie, en Chine, dans certaines parties de l'Amérique du Sud et en Afrique. Les résultats suggèrent que des bactéries ont inséré les gènes dans l'ancêtre sauvage de la culture, bien avant que les humains ne commencent à faire des frites de patates douces.

«Les gens mangent un OGM depuis des milliers d'années sans le savoir», explique le virologue Jan Kreuze, qui a dirigé l'étude. Lui et ses collègues ont rapporté leurs découvertes le mois dernier dans Proceedings of the National Academy of Sciences.

Un doux arc-en-ciel: les Américains aiment leurs patates douces orange et remplies de sucre. Mais en Afrique, les variétés jaunes et blanches sont également populaires. Ils ont tendance à être moins sucrés.

Kreuze pense que l'ADN supplémentaire a aidé à la domestication du légume sucré en Amérique centrale ou du Sud.

Les patates douces ne sont pas des tubercules, comme les pommes de terre. Ce sont des racines, des parties gonflées de la racine. «Nous pensons que les gènes des bactéries aident la plante à produire deux hormones qui changent la racine et en font quelque chose de comestible», explique Kreuze à Goats and Soda. «Nous devons le prouver, mais pour le moment, nous ne pouvons pas trouver de patates douces sans ces gènes.»

Lorsque nos ancêtres ont commencé à cultiver des patates douces, dit Krezue, ils ont très probablement remarqué la racine gonflée et sélectionné des plantes qui portaient les gènes étrangers. Les gènes ont persisté alors que la patate douce s'est répandue dans le monde entier, d'abord en Polynésie et en Asie du Sud-Est, puis en Europe et en Afrique.

Aujourd'hui, la patate douce est la septième culture la plus importante au monde, en termes de livres de denrées alimentaires produites, selon l'Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture.

«Aux États-Unis, cela ne semble important qu'à Thanksgiving», plaisante Kreuze. «Mais dans certaines régions d'Afrique, c'est une culture de base. Elle est très robuste. Quand toutes les autres cultures échouent, les patates douces poussent encore.»

En Chine, les patates douces sont utilisées pour nourrir le bétail. Et dans de nombreux autres endroits, les gens cuisinent les feuilles de la plante pour en faire un délicieux plat appelé les feuilles de patates douces.

Tous ces agriculteurs, qu'ils aient tendance à cultiver des parcelles au Rwanda ou à dans des méga-fermes en Chine, cultivent un OGM naturel.

«Je ne pense pas que ce soit si surprenant», déclare Greg Jaffe, expert des OGM au Center for Science in the Public Interest de Washington. «Quiconque est familier avec le génie génétique ne serait pas surpris que (la bactérie) Agrobacterium ait inséré de l'ADN dans certaines cultures.»

Faire des plantes GM est étonnamment facile. Des scientifiques prennent quelques cellules végétales et les mélangent avec une bactérie spéciale, appelée Agrobacterium. Le microbe agit un peu comme un virus: il injecte un petit morceau d'ADN dans les cellules végétales, qui finit par trouver son chemin vers le génome de la plante.

Les biologistes amènent ensuite les cellules modifiées à se répliquer et à se développer en une plante entière, avec des racines et des pousses. Chaque cellule de cette plante contient alors les gènes de la bactérie. Voila! Vous avez une plante GM. (Contrairement aux animaux, les plantes n'ont pas besoin de pousser à partir d'un embryon. De nombreuses espèces peuvent germer à partir de divers types de cellules.)

Agrobacterium est omniprésent dans les sols du monde entier et infecte plus de 140 espèces végétales. Il ne faut donc pas beaucoup d'imagination pour voir comment l'ADN de la bactérie pourrait éventuellement se retrouver dans notre nourriture. «Je suppose que si vous regardez plus de cultures, vous trouverez d'autres exemples», dit Jaffe.

Alors pourquoi une patate douce GM de 8 000 ans est-elle importante? L'exemple pourrait être utile pour les services réglementaires et les scientifiques qui s'intéressent à la sécurité sanitaire des cultures GM, dit Jaffe. «Dans de nombreux pays africains, certains services réglementaires et scientifiques sont sceptiques et s'inquiètent de savoir si ces cultures sont sûres», dit Jaffe. «Cette étude leur apportera probablement un certain réconfort. Elle met cette technologie en contexte.»

Mais l'étude n'apaisera pas les inquiétudes de nombreux consommateurs concernant les OGM, dit Jaffe. «Beaucoup de gens ne se soucient pas seulement de savoir si ce que les scientifiques ont fait est naturel ou si les cultures sont bonnes à manger.»

Beaucoup de gens se demandent si les OGM augmentent l'utilisation de pesticides et d'herbicides ou que certaines entreprises utilisent la technologie pour faire de la propriété intellectuelle des semences. «Dans ces cas, vous devez examiner les OGM au cas par cas», explique Jaffe.

Dans le cas des patates douces, au moins, le monde semble clair sur tous ces sujets.

samedi 21 mars 2020

Bilan en demi-teinte de l'opération alimentation « Fêtes de fin d'année » 2019. Diminution de 6,7% des inspections en restauration commerciale

Le ministère de l’agriculture présente le « Bilan de l'opération alimentation « Fêtes de fin d'année » 2019 » avec cette note de service de la DGAL, DGAL/SDSSA/2020-191 du 12-03-2020.

Pour bien comprendre le bilan de cette opération, je vous suggère de lire ou de relire l’article du 31 octobre 2019 consacré à l’annonce de cette opération où il était précisément question, « Vous avez dit « renforcement des contrôles pour l'opération fêtes de fin d'année » ? »

Ce bilan 2019/20 indique :
Sur l'ensemble de cette période (1er novembre 2019 au 15 janvier 2020), 11 899 inspections et re-contrôles, tous secteurs d'activités confondus, ont été enregistrés dans le système d'information RESYTAL.
Parmi ces inspections, 8110 entrent dans le périmètre de cette opération dont 5 444 dans le seul domaine de la remise directe au consommateur (commerce de détail, métiers de bouche, restauration commerciale, production fermière). 

En 2018, l’OFFA avait conduit à 8 095 inspections des services du ministère de l'agriculture dans toute la France. Un statut quo des inspections … voir les tableaux de synthèse 2018 versus 2019 et même une baisse pour la restauration commerciale ...

Dans le détail, cette OFFA 2019 n’apporte rien de bien réjouissant au niveau de l’hygiène des aliments, jugez plutôt …
Parmi les 8 110 contrôles entrant dans le champ de l'OFFA, 7 773 inspections complètes (versus 7 837 en 2018 -aa), pour lesquelles tous les points de contrôle ont été observés, ont permis de juger du niveau de maîtrise des risques sanitaires des établissements pour donner lieu à leur évaluation globale.
Il apparaît encore que la restauration commerciale est particulièrement concernée par :
  • des établissements évalués en « D » (perte de maîtrise des risques) : 3,6 % en 2019 et 3,3 % en 2018
  • des établissements évalués en « C » (maîtrise insuffisante des risques) : 14,7 % en 2019 et 14 % en 2018
  • A noter également le niveau de non-conformité « C » et « D » voisin de 10 % dans le secteur de l'abattage/découpe de volailles-gibiers, ayant conduit respectivement à 74 mises en demeure et 2 fermetures effectives d'établissements.
Si l’on regarde le bilan global, le directeur général de l’alimentation nous dit :
Comparé à 2018, il ressort globalement une diminution du nombre d'interventions, notamment en restauration commerciale, mais corrélée à une légère progression des mises en demeure et des fermetures. En revanche, le nombre de procès-verbaux est globalement en léger recul excepté pour les métiers de bouche.

Où sont donc les contrôles renforcés annoncés ? Cela signifie que le secteur le plus concerné par cette opération, la restauration commerciale, a vu son nombre d’interventions diminuer de 6,7% et les fermetures augmenter de 6,2% ...

Sur les tableaux ci-dessous voici les bilans détaillés de l’OFFA 2018/19 et de l'OFFA 2019/20 :
Bilan de l'OFFA 2019/20
Bilan de l'OFFA 2018/19