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jeudi 30 juillet 2026

Contribution de l’élevage industriel des volailles à la propagation de Campylobacter, selon une étude

« L’élevage industriel de volailles accélère la propagation d’une importante maladie d’origine alimentaire », est le titre du communiqué de l’Institut Ineos d'Oxford paru le 27 juillet 2026.

Une nouvelle étude de l'Institut Ineos pour la recherche antimicrobienne révèle que l'élevage industriel de volailles a entraîné une augmentation de plus de 100 fois de la propagation de Campylobacter, permettant à des souches qui circulaient autrefois chez les oiseaux sauvages de se mélanger largement dans les populations de volailles commerciales.

Campylobacter est la principale cause bactérienne de diarrhée dans le monde, responsable  chaque année au Royaume-Uni de plus de 3,5 fois plus de cas de gastro-entérite que toutes les autres bactéries d'origine alimentaire surveillées réunies. L'augmentation des taux de résistance aux antimicrobiens (RAM), qui survient lorsque les bactéries résistent aux médicaments conçus pour les éliminer, rend les infections à Campylobacter de plus en plus difficiles à traiter. 

Campylobacter, la bactérie responsable des intoxications alimentaires les plus fréquentes au monde, est couramment présente dans le microbiote intestinal des poulets. 

Publiée dans PNAS, « Accelerating Campylobacter zoonosis in the Anthropocene », une étude a analysé près de 2 800 génomes bactériens prélevés sur des poulets et des oiseaux sauvages dans 30 pays (dont le Royaume-Uni et les États-Unis) entre 1979 et 2024. Les chercheurs ont constaté que l'expansion mondiale massive de l'élevage de poulets a créé des conditions idéales pour que la bactérie se propage, se mélange et acquière de nouvelles caractéristiques qui l'aident à survivre.

Depuis les années 1960, le nombre de poulets dans le monde a été multiplié par sept, atteignant environ 31 milliards d'individus. Aujourd'hui, les poulets représentent près de 70 % de la biomasse aviaire totale sur Terre. Si cette augmentation a permis une production à grande échelle de protéines animales abordables, elle a également créé des conditions idéales pour l'adaptation et la prolifération des bactéries. 

Grâce à l'analyse génomique, les chercheurs ont identifié des modifications génétiques chez Campylobacter associées à son adaptation à l'environnement avicole. Parmi celles-ci figurent des gènes impliqués dans la résistance aux antimicrobiens, la tolérance au stress oxydatif, l'acquisition de métaux et la mobilité, ainsi que des caractéristiques favorisant la survie et la prolifération des bactéries dans les systèmes modernes de production avicole.

L’agriculture industrielle a créé l’un des plus vastes habitats animaux de la planète. Nos résultats apportent de nouvelles preuves que les modifications environnementales d’origine humaine peuvent accroître la propagation des maladies infectieuses.

Avec l'augmentation des populations de poulets, les bactéries autrefois confinées aux oiseaux sauvages ont désormais beaucoup plus d'opportunités de pénétrer dans les élevages de volailles, de s'y propager et de s'y implanter. Comprendre ces conséquences évolutives est essentiel pour réduire les risques futurs de zoonoses et de résistance aux antimicrobiens.

Le professeur Sam Sheppard, professeur de génomique et d'évolution microbienne à l'université d'Oxford et auteur principal de l'article a déclaré : L'étude suggère également que les vastes élevages de poulets à forte densité peuvent agir comme des « éponges à pathogènes » écologiques, absorbant et amplifiant les souches bactériennes provenant de sources multiples. La modélisation mathématique a montré qu'une fois que les populations de poulets atteignent une taille critique, les souches provenant d'oiseaux sauvages peuvent se maintenir au sein de ces populations, même lorsqu'elles sont mal adaptées à leur nouvel hôte. 

Une étude précédente de l'Institut Ineos a révélé que 80 % des  infections humaines à Campylobacter dans l'Oxfordshire sont associées à la viande de volaille et que nombre de ces infections sont résistantes aux antibiotiques.

À mesure que les souches de Campylobacter s'adaptent à la vie chez les volailles, elles peuvent acquérir des caractéristiques qui les aident à survivre dans des environnements difficiles, notamment des caractéristiques liées à la résistance aux antimicrobiens. Comprendre comment les pratiques d'élevage influencent l'évolution bactérienne est une étape importante pour réduire le fardeau des maladies d'origine alimentaire.

Commentaire

Selon Santé publique France, Campylobacter est au deuxième rang estimé du nombre total des infections d’origine alimentaire. Le nombre de cas d’infections à Campylobacter d’origine alimentaire en France estimé à 392 000. Voir aussi le bilan de la surveillance des infections à Campylobacter en France en 2023.

mercredi 17 mai 2023

L’élevage industriel, quésaco ?

«Elevage industriel cherche définition», source blog-notes d’Olivier Masbou.

L’élevage industriel est régulièrement mis en cause en France et en Europe. Mais, au fait, l’élevage industriel, quésaco ?

Si l’on sait à peu près ce que veut dire ‘élevage intensif’ (grosso modo la population d’animaux rapportée au nombre d’hectares d’une exploitation et/ou au nombre de m2 d’un bâtiment), il n’existe pas de définition de l’élevage industriel.

A tel point que le Conseil d’Etat à décidé, le 22 mars, de saisir la Cour de justice de l’Union européenne (CJUE) sur cette question. La plus haute juridiction administrative française demande à la Cour de préciser si «la notion d’élevage industriel qui y figure est équivalente à celle d’élevage hors sol» ; ou, si la notion d’élevage industriel est distincte de la notion d’élevage hors sol, de déterminer «quels sont les critères à prendre en compte pour déterminer si un élevage doit être qualifié d’industriel» ?

La réponse de la CJUE pourrait tarder à venir car, rapporte le quotidien l’Opinion (17 mars), les ministres de l’Environnement de l’UE, le Parlement et la Commission européenne sont en train de se disputer pour savoir «à quel moment un élevage devient ‘industriel’».

Bref, nous en concluons que, à ce jour, personne ne sait, en France et en Europe, ce qu’est un élevage industriel. Dans l’attente d’une définition officielle, l’expression ne devrait plus pouvoir être employée. On peut rêver !

vendredi 17 mars 2023

Qu’est un «élevage industriel» ? Mauvaise surprise, la limite est extrêmement basse

Les ministres de l’Environnement européens ont donné à leur tour, jeudi 16 mars, leur avis sur ce qu’est un «élevage industriel», c’est-à-dire devant être soumis aux règles des industries lourdes. Mauvaise surprise pour le monde de l'élevage, la limite est extrêmement basse.

Un maquigon est une personne qui fait des affaires frauduleuses ou indélicates et a pour synonyme margoulin. Margoulin, voilà qui me semble coller bien à la Commission européenne ... 

Mise à jour du 14 avril 2023
Les élevages industriels existent aux Etats-Unis où l'on apprend que 18 000 vaches ont été tuées dans l’explosion d’une ferme au Texas, source 20 minutes.
La déflagration serait liée à l’embrassement du méthane suite à la surchauffe d’une machine dans cette exploitation très dense